Séminaire Numérique Grand Emprunt – Part 2

Publié le 11 septembre 2009 et mis à jour le 15 septembre 2009 - 5 commentaires -
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Pas­sons aux prio­ri­tés sui­vantes lis­tées par NKM pour le grand emprunt et le numé­rique… et dans un domaine que je connais un petit peu !

Inves­tir dans le logiciel

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Là aussi, deux inter­ven­tions sor­taient du lot dans le débat, assez bien animé par Hervé Novelli, secré­taire d’Etat en charge d’un tas de choses dont les PME :

Marc Simoncini Sept2009

  • Marc Simon­cini, le fon­da­teur de Mee­tic (ci-dessus), qui vou­drait bien éviter que la valeur ne se créé qu’aux USA. Il est l’un des rares numé­ros un mon­diaux fran­çais du numé­rique, ex-aequo avec une entre­prise amé­ri­caine (Match.com). Même nombre de client et chiffre d’affaire. Mais pour Match : 1 site, 1 langue, 1 action­naire. Et pour Mee­tic: 16 sites, 13 langues, 1 IPO. Il a couru un 110m haie vs face à un autre qui cou­rait un 110m à plat. Il a iden­ti­fié huit haies: mar­ché uni­fié vs frag­menté, une langue vs Babel, une culture tour­née vers l’innovation et l’entrepreneuriat (US), la for­ma­tion des uni­ver­si­tés qui est plus avan­cée, la masse cri­tique de talents, les inves­tis­se­ments en R&D, la déré­gu­la­tion, et l’absence de la bar­rière de la langue pour s’approprier les nou­velles tech­no­lo­gies. L’Etat peut-il sup­pri­mer cer­taines haies ? Pour lui, oui, dans la for­ma­tion, la R&D et l’esprit entre­pre­neu­rial. Pour la langue, la France est le 119eme pays du monde dans sa mai­trise de l’anglais. On a besoin de com­prendre la culture et pas seule­ment la langue. Les fran­çais ne mettent pas assez les pieds à l’étranger (je nuan­ce­rai : dans le numé­rique car dans d’autres indus­tries, ce n’est pas vrai). Il rap­pelle aussi que s’il y a de nom­breux joueurs de ten­nis aux USA, le cham­pion du monde est Suisse. Donc, avec les bonnes com­pé­tences, les bons moyens, et l’envie, on peut y arriver.

Elie Noam Sept2009

  • Eli Noam (ci-dessus), pro­fes­seur à la Colum­bia Busi­ness School qui était étonné d’entendre dire autant de bien des USA. Quelques carac­té­ris­tiques à sou­li­gner : le gou­ver­ne­ment fédé­ral inves­tit 10% de la R&D du sec­teur privé (en France, c’est plus de la moi­tié). Il y a beau­coup d’aides du gou­ver­ne­ment pour les PME (tous sec­teurs confon­dus, dans le Small Busi­ness Act). Les grands don­neurs d’ordre que sont la Défense et la NASA com­mandent beau­coup de R&D à des PME. Il met l’accent sur l’importance de la sélec­tion des pro­jets. Le gou­ver­ne­ment ne devrait pas finan­cer les meilleurs pro­jets, déjà bien arro­sés par le privé, mais les pro­jets qui génèrent un béné­fice social ou col­lec­tif impor­tant et un béné­fice privé moins signi­fi­ca­tif. Je me demande à quoi il fai­sait exac­te­ment allu­sion exac­te­ment. Il évoque aussi le plan de relance amé­ri­cain et ses $7B pour le haut débit. Les grandes socié­tés n’ont pas fait de demande car le pro­ces­sus est trop com­plexe et avec trop de conditions.

Sinon, Hervé Yahi, le (nou­veau) PDG de Man­driva fait la promo de l’open source, de sa boite (4ième ISV Linux mon­dial…, n’a jamais été pro­fi­table et fait moins de 4m€ de CA annuel), et évoque la bien connue frag­men­ta­tion de l’industrie du logi­ciel fran­çaise (2500 éditeurs, 800 de plus de 12 sala­riés, le 50eme fait 10m€ de CA). Les VC revendent les boites à des groupes étran­gers. 56% du CA du logi­ciel était repré­senté par les trois pre­miers acteurs en 2006 et 75% en 2008. Peu ont les moyens de se consa­crer à un enjeu stra­té­gique. Il fau­drait trou­ver “un ou deux sujets”. Au hasard, l’open source et autre chose…

Laure de la Raudière Sept2009

Laure de la Rau­dière (ci-dessus), Dépu­tée d’Eure-et-Loire qui anime les débats à l’Assemblée Natio­nale sur le grand emprunt vou­drait fixer des  prio­ri­tés. Elle veut inves­tir dans les ser­vices et les logi­ciels et se concen­trer là où “on est fort”. Elle évoque les logi­ciels embar­qués, le serious gaming, la santé. Elle vou­drait aussi que l’Etat évite que nos éditeurs soient reven­dus à des acteurs étran­gers. Mais il faut essayer de com­prendre pour­quoi nos géants se cassent la gueule ! Sagem, Thom­son, Alca­tel, STM et même Bull (qui est un pâle reflet de ce qu’il fut). Com­bien de star­tups ont-ils acheté dans le numé­rique ? Elle veut aussi encou­ra­ger les “clus­ters” comme Cap Digi­tal. Il fau­drait aussi créer un “fond stra­té­gique d’investissement” dédié aux logiciels.

Henri Ver­dier de Cap Digi­tal a d’autres cri­tères de choix sec­to­riels : les domaines où les posi­tions sont encore à prendre. Il met aussi l’accent sur l’accès aux grands comptes et aux achats publics pour les entre­prises inno­vantes. Et de citer aussi l’opportunité des “green­techs” pour le numé­rique. Bien vu.

Enfin, Pierre-Marie Le Huchet de Ber­ger Levrault évoque l’importance de l’archivage et de l’identification… son métier. Erreur de casting !

Donc, NKM retient de tout cela qu’il fau­drait créer un fond spé­cial pour le logi­ciel. Le lob­bying de l’AFDEL semble avoir bien fonc­tionné ! Ce que j’en pense ? Pas sûr que cela soit la bonne solu­tion ni que le pro­blème soit bien défini.

Tout d’abord, créer un fond de plus ne me semble pas appro­prié. En effet, le finan­ce­ment de l’innovation est déjà bien com­plexe et est à près des deux tiers d’origine publique quand on addi­tionne les apports des col­lec­ti­vi­tés locales, d’Oséo, de la CDC, les exo­né­ra­tions fis­cales pour les par­ti­cu­liers (TEPA/ISF) et pour les entre­prises (Cré­dit Impôt Recherche, charges sociales, IS). C’est déjà beau­coup trop ! Quand j’avais à gérer un gros bud­get mar­ke­ting, j’avais l’habitude de devoir rai­son­ner à péri­mètre constant. Sans cesse, il fal­lait réal­louer. Un exer­cice que la puis­sance publique a bien du mal à faire ce qui explique l’explosion des bud­gets et de la dette publiques. Pour la com­pré­hen­sion, je vous res­sert ce schéma approxi­ma­tif publié en avril der­nier qui per­met de com­prendre un peu la situation :

Financement public et prive de l'innovation en France 

Voici quelques idées de réal­lo­ca­tions à sérieu­se­ment envisager :

  • Réduire la por­tée du Cré­dit Impôt Recherche, sur­tout dans les grandes entre­prises. Il y a un à deux mil­lards d’Euros à récu­pé­rer, oui, rien que cela ! Ce truc génère sur­tout un effet d’aubaine pour les grandes entre­prises béné­fi­ciaires. C’est une niche fis­cale deve­nue une usine à gaz, et avec une forte déper­di­tion en ligne liée notam­ment à des inter­mé­diaires qui prennent de belles com­mis­sions sur les ris­tournes fis­cales obte­nues. Pour les PME inno­vantes, c’est un bon dis­po­si­tif, mais il méri­te­rait au contraire d’être étendu à l’ensemble des acti­vi­tés rele­vant de l’innovation (la créa­tion de pro­duits, l’industrialisation, le marketing).
  • Réorien­ter les exo­né­ra­tions fis­cales ISF vers les FCPI. C’est un peu tech­nique, mais voici que voilà : aujourd’hui, un rede­vable de l’ISF béné­fi­cie de 75% d’exonération pour un inves­tis­se­ment dans une hol­ding ou un fond ISF tan­dis que l’exonération n’est que de 50% pour les FCPI. Or, para­doxe, les fonds et hol­dings ISF n’investissent pas for­cé­ment dans les nou­velles tech­no­lo­gies ni là où il y a des risques à prendre alors que les FCPI inves­tissent dans des star­tups label­li­sées Entre­prises Inno­vates au titre des FCPI par Oséo. En 2009, les inves­tis­se­ments pous­sés par la loi TEPA modi­fiée en 2008 ont déplacé l’argent vers les fonds et hol­dings ISF au détri­ment des FCPI qui ali­mentent les fonds des VCs. En révi­sant le taux d’exonération et en favo­ri­sant plus le taux pour les FCPI, les VCs concer­nés auraient plus de faci­lité à lever des fonds. Or ce sont les VCs qui peuvent finan­cer la crois­sance des star­tups dans l’étape que l’on appelle le “capi­tal déve­lop­pe­ment”. Mon point est d’autant plus impor­tant que le besoin n’est pas ponc­tuel (one shot) mais struc­tu­rel (dans la durée).
  • Aug­men­ter les moyens d’Oséo Inno­va­tion qui joue un rôle clé dans l’amorçage des entre­prises technologiques.
  • Aug­men­ter éven­tuel­le­ment les moyens des fonds d’investissement régio­naux qui couvrent aussi la phase d’amorçage des startups.

Dans le logi­ciel comme dans le numé­rique ou les nou­velles tech­no­lo­gies en géné­ral, la puis­sance publique est très foca­li­sée sur le finan­ce­ment de la R&D et de la créa­tion de tech­no­lo­gies. Mais elle inter­vient très peu là où la France pêche : le mar­ke­ting, la com­mu­ni­ca­tion, la vente, ou les expor­ta­tions (la France repré­sente moins de 3% du mar­ché mon­dial du numé­rique !). On ne manque pas de bons ingé­nieurs ou de bons déve­lop­peurs. On manque d’entrepreneurs expé­ri­men­tés et de bons “busi­ness mens/women”. On pour­rait dou­bler le bud­get R&D de la France sans pour autant en béné­fi­cier écono­mi­que­ment. On aurait par exemple, grâce au CIR, des entre­prises étran­gères établis­sant leur labo­ra­toire de R&D chez nous, ce qui créé­rait certes des emplois, mais pas de richesse écono­mique indi­recte. Le pro­blème est que la tech­no­struc­ture de l’Etat ne mai­trise pas ces dis­ci­plines non tech­no­lo­giques et que la règle­men­ta­tion (Euro­péenne, OMC) réduit le champs pos­sible de l’intervention publique, qui ne doit pas intro­duire de dis­tor­sion (trop visible) du mar­ché. Il y a une solu­tion : se pen­cher sur l’amont avec les jeunes et l’éducation. Aider encore plus les jeunes à créer des entre­prises devrait être une prio­rité, en leur don­nant des moyens de tes­ter de nou­velles idées. J’ai déjà eu l’occasion d’élaborer quelques pro­po­si­tions sur le sujet. Elles res­tent tou­jours valables. Et comme elles portent sur nos géné­ra­tions futures, elles pour­raient éven­tuel­le­ment s’intégrer à l’emprunt.

Sinon, pour­quoi créer un fond pour les logi­ciels ? Les 200 et quelques fonds d’investissement inves­tissent presque tous déjà dans les logi­ciels et Inter­net. Cer­tains sont plus typés : com­merce élec­tro­nique, mobi­lité et télé­com­mu­ni­ca­tions, logi­ciels libres, etc. Le logi­ciel est déjà bien traité. 18% des inves­tis­se­ments sur H2 2008, avec 17% pour Inter­net et 8% pour les télé­coms. Soit 43% du total (source : indi­ca­teur Chaus­son Finance, ci-dessous) !

Indicateur Chausson Finance H2 2008

Alors, nous dit-on, le pro­blème se situe au niveau des gros tickets d’investissement, supé­rieurs à 10m€, notam­ment au moment où il faut faire croire géo­gra­phi­que­ment la star­tup à l’international. Oui, c’est vrai. Les star­tups du numé­rique qui lèvent (sou­vent en troi­sième tour) un mon­tant de ce niveau se comptent sur les doigts d’une à deux mains par an. Mais c’est lié au “pipe”. Au fait que peu d’entre elles abou­tissent jusque là, avec un bon pro­duit répon­dant au besoin du mar­ché, un bon mar­ke­ting, un bon modèle écono­mique et de véri­tables vél­léi­tés de se déve­lop­per à l’international et notam­ment aux USA. Les fonds sont aussi quelque peu fri­leux, c’est un peu vrai. Nous avons aussi France Inves­tis­se­ment qui sous la coupe de la CDC, oriente et foca­lise les inves­tis­se­ments ban­caires dans les FCPI. Et puis aussi le Fonds Stra­té­gique d’Investissement qui jusqu’à pré­sent n’a pas trop trempé dans le numé­rique. Bref, on ne manque ni d’argent ni de struc­tures pour en inves­tir. On manque sur­tout d’un “pipe” de qua­lité suf­fi­sante. C’est ce que disent tous les investisseurs.

Il fau­drait aussi se foca­li­ser sur les domaines “où on est bons” et où les posi­tions ne sont pas encore prises. Mais où est-on bons ? Et selon quels cri­tères ? Tech­no­lo­giques ? Parts de mar­ché, export ? Quand on connait à la vitesse à laquelle les mar­chés du numé­rique évoluent, bien malins sont ceux qui savent pré­dire ces dif­fé­rentes ten­dances plu­sieurs années à l’avance. Pour réus­sir dans l’innovation, il faut avoir beau­coup de fers au feu. La Sili­con Val­ley est connue pour ses grands suc­cès (Google & co), mais elle génère aussi ses mil­liers d’échecs, à ceci près qu’elle les recycle mieux. Et les inno­va­tions de rup­ture appa­raissent très sou­vent dans des caté­go­ries qui n’existent pas encore. Donc, oui pour le sec­teur du logi­ciel et de l’Internet, mais de là à sous-segmenter au niveau de la puis­sance publique ! Seuls les domaines qui relèvent de la défense natio­nale ou de la sou­ve­rai­neté écono­mique pour­raient le jus­ti­fier (sécu­rité, cryp­tage, etc).

De plus, rien qu’autour du logi­ciel, c’est la foire d’empoigne pour défi­nir les prio­ri­tés : il y a les jeux (à com­men­cer par les “pas sérieux” qui pour l’instant repré­sentent encore le plus gros chiffre d’affaire), l’Internet en géné­ral, le com­merce élec­tro­nique, la publi­cité en ligne, la e-santé, les logi­ciels embar­qués, l’internet des objets, l’internet mobile, la sécu­rité, le paie­ment élec­tro­nique et les cartes à puces, les infra­struc­tures logi­cielles pour le cloud com­pu­ting (midd­le­ware, outils de déve­lop­pe­ment, etc), les arts gra­phiques et la 3D, la télé­vi­sion et le cinéma numé­riques (la France, numéro un mon­dial de l’IPTV…), etc.

Il y a enfin un domaine où l’Etat doit jouer un rôle, c’est comme client. Il doit être exem­plaire dans l’innovation en l’appliquant à lui-même. On sait com­bien c’est dif­fi­cile tant la culture du risque n’est pas – par construc­tion - l’apanage de la fonc­tion publique. L’appel à pro­jet web 2.0 et serious gaming lancé par NKM et dont les résul­tats seront annon­cés la semaine pro­chaine est consi­déré comme un peu gad­get. Il y a eu plus de 500 sou­mis­sion­naires ! Et c’est une démarche inté­res­sante qui, si elle est bien pilo­tée dans sa seconde phase (appels d’offres, après les appels à pro­jets), peut aider les star­tups à se créer de belles réfé­rences clients. Comme aux USA, l’Etat comme les grandes col­lec­ti­vi­tés locales telles que Paris doivent per­sé­vé­rer dans cette piste.

Comme nous avons eu droit lors du Sémi­naire du 10 sep­tembre 2009 à un key­note du patron de la plus grande SSII fran­çaise (Cap Gemini), un mot pour ter­mi­ner sur les ser­vices pour les exclure TOTALEMENT du grand emprunt. En effet, ces entre­prises inves­tissent peu et ne font pas de R&D. Les emplois sont locaux avec peu ou pas d’exportations puisque les SSII comme Cap Gemini qui font du busi­ness à l’étranger emploient à l’étranger pour pro­duire, et importent un béné­fice net modeste au regard de la faible marge de ce sec­teur d’activité. Les demandes de ce sec­teur concernent sur­tout la baisse de taxes et charges diverses. Pas ques­tion d’emprunter pour cela !

Voilà, j’ai mis sur la table quelques éléments de dis­cus­sion. Est-ce qu’un véri­table débat aura lieu quelque part ?

Suite et fin avec les trois autres pistes de NKM au pro­chain numéro (ça ira vite doc­teur ? car, là, je com­mence à avoir mal…).

Le compte rendu offi­ciel des débats est dis­po­nible. Et le flux Twit­ter #emprunt trace les débats pen­dant et après le sémi­naire tout comme les liens sur les autres compte-rendus de l’événement par la presse et les blog­geurs. Et mes pho­tos de l’événement sont sur Picasa Web Album comme d’habitude.

Publié le 11 septembre 2009 et mis à jour le 15 septembre 2009 Post de | Actualités, Enseignement supérieur, Entrepreneuriat, Innovation, Internet, Logiciels, Logiciels libres, Loisirs numériques, Marketing, Startups, USA | 8787 lectures

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Les 5 commentaires et tweets sur “Séminaire Numérique Grand Emprunt – Part 2” :

  • [1] - Corto a écrit le 11 septembre 2009 :

    Merci Oli­vier de ce feed­back com­plet et sur­tout des pistes sug­gé­rées qui vont en effet dans le bon sens. J’ai trans­mis à Vincent Mar­caté (Pré­sident du Pôle Image&Réseaux qui hélas n’a pas par­ti­cipé au bon ate­lier) une serie de recom­man­da­tions à trans­mettre au gou­ver­ne­ment en tant que CEO d’Atlantic Mana­ge­ment mais sur­tout vice-président d’Atlantic 2.0 (clus­ter d’entreprises inno­vantes de l’Ouest). Nos recom­man­da­tions vont dans le meme sens : small busi­ness act, éduca­tion numé­rique orien­tée usages inno­vants des jeunes, des acteurs de l’accompagnement, des fonc­tion­naires, des élus etc. + révi­sion des dis­po­si­tifs d’aide d’OSEO et des FCPI etc. notam­ment pour sou­tien de l’innovation d’usages, du mar­ke­ting, de l’innovation orga­ni­sa­tion­nelle (source de pro­duc­ti­vité pour toutes les entre­prises) etc.
    Nos pro­po­si­tions tiennent sur une Map (tra­vaillée sous Mind­Ma­na­ger) pour une vision glo­bale. Elles sont le fruit de notre ana­lyse col­lec­tive et de nos expé­riences propres dans nos recherches (par­fois déses­pé­rées) de finan­ce­ments : dif­fi­cile de convaincre quand on est à la fois sur inno­va­tion d’usages et tech­nos, d’expliquer les nou­veaux modèles écono­miques a des gens qui, par exemple, n’ont jamais enten­due par­lés des réseaux sociaux…;-)) Je peux t’envoyer cette map de syn­thèse et serai heu­reux de reprendre contact (nous nous sommes connus chez MS). N’hésites pas à m’écrire sur fbadenes@atlanti-management.fr.
    Bien à toi et merci encore de ton long compte rendu.

  • [2] - Fabien a écrit le 12 septembre 2009 :

    Il existe davan­tage de pro­jets en inno­va­tions de ser­vices et de mar­ke­ting, qu’en R&D pure. Si les bud­gets publics de sou­tien à l’innovation (d’Oseo par exemple) aug­mentent, ces inno­va­tions moins “tech­no­lo­giques” pour­ront être sou­te­nues plus for­te­ment. S’il existe une bar­rière à l’entrée, c’est quand même mieux ; cette bar­rière (qui freine la concur­rence) est tou­jours sou­hai­table. C’est logique. Par ailleurs, pour les entre­prises qui ont passé le cap des 3 ans, Oséo pro­pose d’autres solu­tions pour finan­cer les dépenses com­mer­ciales et les expor­ta­tions. Ce sont, entre autres, des contrats de déve­lop­pe­ment (sorte de prêts ban­caires garan­tis) ; l’entreprise doit dis­po­ser d’une tré­so­re­rie et de fonds propres suf­fi­sants. Nor­mal, puisque l’on finance à ce moment là la phase aval, très proche du mar­ché Les conseils régio­naux aussi aident pour cette phase. Le risque d’échec tech­nique et com­mer­cial est plus réduit. Par contre, l’entreprise a besoin de finan­ce­ment pour ne pas trop tirer sur sa tréso et pour réus­sir sa crois­sance. C’est une période dif­fi­cile (crois­sance du CA, des effec­tifs, promo, marketing…).

  • [3] - Mickael a écrit le 16 septembre 2009 :

    Je trouve l’article et plus par­ti­cu­liè­re­ment la syn­thèse per­son­nelle très intéressante.

    Pour avoir passé un peu de temps au CEA en com­pa­gnie des cher­cheurs, je confirme tout à fait les pro­pos tenus par l’auteur: nous avons le savoir, nous avons les ingé­nieurs mais nous n’avons pas cette capa­cité à trans­for­mer l’état de l’art en business.

    Cepen­dant j’emmètrerais une toute petite nuance avec l’auteur:
    Je cite: “On ne manque pas de bons ingé­nieurs ou de bons déve­lop­peurs. On manque d’entrepreneurs expé­ri­men­tés et de bons “busi­ness mens/women”“
    Sur ce point je trouve que la plume de l’auteur porte quelque peu les stig­mates de ce qu’il réfute. A savoir une France pro­met­teuse mais trop conser­va­trice. Nous n’avons aps for­cém­ment besoin d’entrepreneurs expé­ri­men­tés:
    - Quelles sont les plus gros success-story outre-atlantique? - Qui en sont à l’origine?
    - Quels âges ont les Zucker­berg, Brin et autres?

    Le logi­ciel doit, je le pense être “drivé” certes par des per­sonnes expé­ri­men­tées mais égale­ment par des jeunes, qui uti­lisent et connaissent les der­nières tendances.

    Un bon busi­ness model c’est une bonne CVP “cus­to­mer value pro­po­si­tion” d’où l’importance d’y inté­grer les jeunes et s’émanciper un peu de cette tra­di­tion fran­çaise qui fait rimer l’expérience avec les che­veux blancs

    • [3.1] - Olivier Ezratty a répondu le 16 septembre 2009 :

      Bonne nuance sur mon pro­pos qui était effec­ti­ve­ment sim­pli­fi­ca­teur. J’ai eu l’occasion de m’exprimer plus en détail sur le sujet il y a deux ans en reve­nant de la Sili­con Val­ley (tome 1 et tome 3).

      J’aurais du pré­ci­ser, on manque de “com­pé­tences et d’aptitudes busi­ness” plus que de spé­cia­listes du sujet. La carac­té­ris­tique des entre­pe­neurs du numé­rique aux US, c’est qu’ils sont sou­vent des uni­ver­si­taires scien­ti­fiques (Brin, Ser­gei, Zucker­berg, etc). A ceci près qu’ils baignent dans une culture où le busi­ness est dans l’air de la société, une valeur posi­tive dans l’éducation, et une com­pé­tence - notam­ment en com­mu­ni­ca­tion - qui s’acquiert très tôt dans le sys­tème éduca­tif et dans la mise en confiance de soi (trop, par­fois…). Ils ont donc des apti­tudes qui les aident à réus­sir et qui sont plus rares en France. Ils sont bien enten­dus aidés par d’autres fac­teurs macro-économiques : la taille des USA, leur homo­gé­néité lin­guis­tique, la domi­nance mon­diale de l’anglais, une culture plus tour­née vers le risque et l’innovation.

      A contra­rio, chez nous, dans les écoles d’ingénieur (j’y enseigne…) qui pro­duisent une grande part nos élites, et cer­tai­ne­ment aussi dans les uni­ver­si­tés scien­ti­fiques, la vente, le mar­ke­ting et la com­mu­ni­ca­tion sont déva­lo­ri­sés comme dis­ci­plines, cur­sus et com­pé­tences. Les mots qui viennent à la bouche sont “le pipo­tage”. Ce n’est pas for­cé­ment le fait de la poli­tique de ces établis­se­ments. C’est l’air ambiant et le sys­tème de valeur de notre pays qui veulent cela.

      Favo­ri­ser l’intégration des jeunes dans les pro­ces­sus d’innovation me semble effec­ti­ve­ment être une prio­rité. J’espère qu’elle se retrou­vera d’une manière ou d’une autre dans le grand emprunt.

      • [3.1.1] - Mickael a répondu le 18 septembre 2009 :

        D’accord sur toute la ligne.
        Nous man­quons cruel­le­ment de ce que vous appe­lez la “confiance en soi”, ce que les amé­ri­cains appel­le­raient “the faith”.

        Espé­rons que le Grand Emprunt déroge à la règle, j’en serai le pre­mier heu­reux car j’ai moins de 30 ans, je tra­vaille dans les nou­velles tech­no­lo­gies mais les fonc­tions liées à la stra­té­gie et au “busi­ness deve­lop­ment” sont sou­vent chasse gar­dée des “che­veux blanc”. (contre qui je n’ai abso­lu­ment rien)

        En tout cas, je réitère mon pre­mier com­men­taire, votre article est vrai­ment très pertinent.

        Cor­dia­le­ment,
        Mickael




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Les clivages de la présidentielle 2012 sur le numérique :
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Voyages

Voici les compte-rendu de divers voyages d'études où j'ai notamment pu découvrir les écosystèmes d'innovation dans le numérique de ces différents pays : Chine (2010) à Shanghai et Beijing Corée du Sud (2009) à Séoul Israël (2010) à Tel Aviv Japon (2009) à Tokyo Japon (2011) au CEATEC de Tokyo Japon (2012) au CEATEC de Tokyo Silicon Valley (2007) Silicon Valley (2011)