Back from the Silicon Valley 3

Publié le 9 décembre 2007 et mis à jour le 17 février 2008 - 17 commentaires -
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La fas­ci­na­tion qu’exerce la Sili­con Val­ley est grande. Le nombre de voyages orga­ni­sés là-bas pour des comi­tés de direc­tion d’entreprises et autres grou­pe­ments pro­fes­sion­nels, par des indé­pen­dants tels que Jean-Michel Billaut et récem­ment par l’Ins­ti­tut d’Entreprise en atteste. On ne revient pas indemne de ce genre de voyage. Le suc­cès écla­tant de la Sili­con Val­ley génère quelque envie de repro­duire le sys­tème en France. Com­pa­ra­ti­ve­ment à la Sili­con Val­ley, la situa­tion en France va de “pas bonne” à “catas­tro­phique” selon les uns et les autres. Ega­ler la Sili­con Val­ley est pro­ba­ble­ment hors de por­tée car on ne recons­ti­tue pas comme cela 150 années d’histoire. Mais on peut ten­ter de s’en rap­pro­cher tout en res­pec­tant nos spé­ci­fi­ci­tés nationales.

Il en va de notre capa­cité à inno­ver et à amé­lio­rer la com­pé­ti­ti­vité de la France dans le monde. Ten­tons donc un état des lieux de la situa­tion. Puis pro­po­sons des pistes pour aller de l’avant et redon­ner un fouet d’innovations à la France.

C’est l’objet de ce troi­sième et der­nier post sur ce voyage.

Les autres pays

Beau­coup de pays ont lancé cette bataille depuis long­temps. A com­men­cer par la Chine et l’Inde qui ont repris cer­tains éléments de suc­cès de la Sili­con Val­ley, notam­ment un très fort inves­tis­se­ment dans l’enseignement supé­rieur et la concen­tra­tion de res­sources dans des pôles à taille cri­tique. Le mar­ché du tra­vail y est évidem­ment très flexible en plus d’être à bas coûts. La légen­daire culture entre­pre­neu­riale des chi­nois fait le reste. La Chine est en fait l’un des pays les plus capi­ta­listes du monde, mal­gré son régime com­mu­niste. Un grand para­doxe vite levé car le pays n’a de com­mu­nisme que le régime poli­tique, pas du tout le modèle social. La fis­ca­lité y est bien plus légère qu’en Europe et évidem­ment en France. Dans les TIC, l’Inde est plus tra­di­tion­nel­le­ment orien­tée vers les ser­vices infor­ma­tiques, et moins dans les pro­duits manu­fac­tu­rés grand public. Mais elle pour­rait rapi­de­ment acqué­rir un savoir faire dans ce der­nier domaine.

Dans les pays dits occi­den­taux, le plus à l’Est, Israël, est pro­ba­ble­ment le plus proche de la Sili­con Val­ley. Avec une sur­face utile équi­va­lente et une culture locale très voi­sine de la culture de l’ouest. Le sens du risque est lié à l’expérience mili­taire ou dans le ren­sei­gne­ment de nom­breux créa­teurs de star­tups cumulé au fait que même les femmes font leur ser­vice mili­taire. L’excellence de l’enseignement supé­rieur, une popu­la­tion tra­di­tion­nel­le­ment tour­née vers les sciences et la tech­no­lo­gie, l’absence de res­sources natu­relles locales à part le soleil et un mar­ché inté­rieur poussent le pays à expor­ter des tech­no­lo­gies de pointe. De nom­breuses star­tups Inter­net et logi­cielles ont été intro­duites en bourse ou reven­dues, ce qui a généré du cash et per­mis aux inves­tis­seurs locaux de bou­cler la boucle en inves­tis­sant dans d’autres star­tups. Le cercle ver­tueux est ainsi né, rela­ti­ve­ment récem­ment: moins d’une ving­taine d’années. Le tout est concen­tré sur deux zones, l’une près de Tel Aviv et l’autre près de Haifa. Avec moins de 100 km entre les deux. Là encore, l’état d’esprit des élite compte plus que le reste. C’est tou­jours une affaire de culture.

Encore plus à l’est, Sin­ga­pour rap­pelle Israël: petit pays, pas de res­sources natu­relles, et un volon­ta­risme écono­mique et poli­tique cer­tains. Le pays a l’une des écono­mies les plus libres au monde.

En Europe, il n’y a pas d’équivalent de la Sili­con Val­ley. Ce qui s’en rap­proche le plus est Cam­bridge au Royaume Uni et Gre­noble en France. Cam­bridge du fait de son uni­ver­sité qui est l’une des meilleures du monde et des entre­prises et labo­ra­toires de recherche qui gra­vitent autour. C’est une ville entiè­re­ment tour­née vers le savoir et les tech­no­lo­gies. Gre­noble car on y pro­duit du sili­cium, qu’il y a une masse cri­tique de labo­ra­toires (INRIA, CEA-LETI), d’universités et grandes écoles scien­ti­fiques, de star­tups (pôle Mina­tec) et grandes entre­prises (STM, Soi­tec). Mais l’ensemble n’a évidem­ment pas la dimen­sion de la Sili­con Val­ley et est fra­gile: le dés­in­ves­tis­se­ment de Philips/Freescale à Crolles en est un exemple récent. On peut aussi citer les petits pays baltes qui sont très dyna­miques, des sortes de “Hol­lande” au nord.

Ce qui manque par rap­port à la Sili­con Valley

Repre­nant le schéma des cercles ver­tueux et fac­teurs de suc­cès de la Sili­con Val­ley, j’ai créé son équi­va­lent pour la France, en for­çant le trait (il est télé­char­geable en PDF):

EcosystemFrance

Pour chan­ger les choses, il faut en effet exa­gé­rer la situa­tion. C’est l’un des aspects ou le pes­si­misme peut être utile: lorsqu’il conduit à se remettre en cause et à réfor­mer pro­fon­dé­ment un système.

La machine de l’innovation semble donc bien grip­pée en France :

  • La culture locale n’est pas la plus pro­pice à l’entrepreneuriat et à l’innovation. Son sys­tème de valeur pêche par un faible goût pour le risque et le suc­cès écono­mique. Il n’y a qu’à lire en ce moment tout ce qui s’écrit et se dit sur “les riches”, “les patrons” et les “fonds d’investissement”. La France est le pays qui fait le moins confiance à la mon­dia­li­sa­tion et au libé­ra­lisme dans le monde. La France est un pays qui se méfie, qui voit tou­jours le verre à moi­tié vide au lieu d’envisager plus serei­ne­ment les oppor­tu­ni­tés. Cela tient à notre sys­tème de valeur et à notre ensei­gne­ment fait d’incitations néga­tives, de mPascal Baudryéfiance vis à vis de l’économie, de cynisme, et d’acceptation impli­cite de la mal­hon­nê­teté dans la vie cou­rante. L’économiste Jean Tirole l’a décrit récem­ment dans “Belief in a just world and redis­tri­bu­tive poli­tics”. Pour lui, le scep­ti­cisme euro­péen (et à for­tiori fran­çais) conduit à favo­ri­ser des poli­tiques de redis­tri­bu­tion fortes, et donc un inter­ven­tion­nisme élevé de la puis­sance publique et de hauts niveaux de taxa­tion. Les ori­gines sociales de ce phé­no­mène ont été for­mi­da­ble­ment décrites par Pas­cal Bau­dry dans “L’autre rive” (télé­char­geable gra­tui­te­ment). Pas facile à chan­ger mais com­men­cer par accep­ter nos dif­fé­rences serait un bon moyen de les réduire lorsqu’elles nous péna­lisent. Lais­sons de côté au pas­sage l’exception cultu­relle fran­çaise qui a ten­dance à nous iso­ler du reste monde lorsqu’elle touche à notre com­pé­ti­ti­vité indus­trielle: faible maî­trise de l’anglais, refus de l’utiliser dans cer­tains domaines (rédac­tion de bre­vets, etc).
  • L’argent ne cir­cule pas bien. Les riches s’en vont ou n’investissent pas dans l’innovation. Il n’y a pas assez de busi­ness angels.  Une image: com­bien les mil­liar­daires fran­çais (Bet­ten­court, Bol­loré, Arnaut, Pinault) ont-ils inves­tit dans la recherche, l’innovation et l’enseignement supé­rieur? Com­bien de bâti­ments dans les grandes écoles et uni­ver­si­tés ont béné­fi­cié de leurs suFondation Louis Vuittonbsides? Ils pré­fèrent inves­tir dans les beaux-arts en rela­tion avec leur acti­vité d’origine (musée à Venise, fon­da­tions pour la créa­tion, etc). En consé­quence de quoi la puis­sance publique (état, régions) se sub­sti­tue de manière frag­men­tée aux manques du pays qu’elle a par­fois elle-même pro­vo­qués. Et les acteurs écono­miques se foca­lisent sur la néces­sité d’un Small Busi­ness Act - sur­tout pour obte­nir que les orga­ni­sa­tions publiques donnent leur chance aux PME - alors que celui-ci n’a pas cet impact aux USA dans la high-tech. Tout sim­ple­ment parce que l’industrie high-tech est aussi tour­née vers les consom­ma­teurs et pas sim­ple­ment vers les entre­prises. Aux USA, les aides de l’Etat à l’innovation se mani­festent essen­tiel­le­ment sous la forme de contrats de recherche pour les labo­ra­toires et entre­prises. Ils n’ont pas tout ce fatras d’aides et d’exonérations fis­cales que nous avons en France. On ne pourra pas se débar­ras­ser de ces dis­po­si­tions du jour au lendemain.
  • Les talents ne cir­culent pas bien. En amont, nous per­dons une part de nos élites qui vont étudier ou faire de la recherche à l’étranger là où il y a plus de moyens. En aval, nos écoles d’ingénieur pro­duisent des mana­gers cali­brés pour les entre­prises du CAC40 et pas suf­fi­sam­ment pour l’entreprenariat. Quand à l’université, c’est plus une machine à décou­ra­ger qu’autre chose. Le pau­pé­risme qui l’affecte est une véri­table plaie pour le pays. Les néces­saires ten­ta­tives de l’ouvrir vers l’entreprise ren­contrent oppo­si­tions et blo­cages. Sans par­ler de cette fameuse inéga­lité des chances, com­mune à tous les pays, mais pire encore en France, qui pâtie de ses ghet­tos. Eux aussi inves­tissent trop dans la créa­tion artis­tique, à l’autre extré­mité du spectre (bou­tade, cf ci-dessous une photo prise dans la ban­lieue Nord de Paris à notre retour de San Fran­cisco). Cer­tains poli­tiques fran­çais ont tou­jours comme réfé­rence les ghet­tos amé­ri­cains, mais on n’y détruit ni les écoles ni les bibliothèques!

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  • Les idées ne cir­culent pas bien. En effet, autant nous avons de bons cher­cheurs et scien­ti­fiques - mal­gré leur criant manque de moyens, autant nous ne savons pas trans­for­mer ces idées et tra­vaux en pro­duits. Le cycle de l’innovation est bou­ché dans sa phase de créa­tion de pro­duits, d’industrialisation et de mar­ke­ting. Si ce point est contes­table dans les lignes de force de la France, c’est en tout cas vrai dans la high-tech (TIC). La faible culture du risque entraine des len­teurs et un manque d’intérêt pour l’innovation, tout du moins dans les entre­prises, très fri­leuses. A mon sens, la France n’a pas besoin de plus de recherche fon­da­men­tale, elle doit en prio­rité mieux valo­ri­ser ce qu’elle trouve sous forme de bre­vets et de pro­duits. On aurait beau dou­bler les bud­gets de la recherche publique, elle ne pro­dui­rait pas pour autant plus de richesse indus­trielle faute d’être inté­grée dans un cycle ver­tueux continu.

On pour­rait égale­ment glo­ser sur les élites, sur l’incurie poli­tique dans la poli­tique indus­trielle, sur l’éloignement des poli­tiques avec les TIC et les jeunes, sur le manque de confiance vis à vis des jeunes, sur le capi­ta­lisme fami­lial pas assez tourné vers l’innovation, sur les modes de management.

Mar­chés pro­fes­sion­nels et grand public

Dans le mar­ché des TIC, la France pré­sente une autre carac­té­ris­tique par­ti­cu­lière: l’abandon des mar­chés de volume et du grand public par les grands indus­triels. J’essaye de l’expliquer dans le schéma ci-dessous (égale­ment télé­char­geable en PDF).

Innovation en France

En gros, dans la high-tech, la France est forte dans sa capa­cité à créer des pro­duits très com­plexes ven­dus à faible volume. Cen­trales nucléaires, TGV, Air­bus, Rafale, Ariane, satel­lites, arme­ment. Cela a déteint his­to­ri­que­ment sur l’écosystème infor­ma­tique avec de grandes SSII et cabi­nets d’ingénierie comme Altran, agis­sant en sous-traitance de ces grands pro­jets, en plus des pro­jets infor­ma­tiques clas­siques des grands groupes. Ceci a conduit à une pola­ri­sa­tion des com­pé­tences en France, attire les jeunes ingé­nieurs, et se fait au détri­ment des mar­chés grand public des TIC. Cette spé­cia­li­sa­tion per­met aussi de ne pas trop inves­tir en mar­ke­ting car la vente de ces sys­tèmes com­plexes passe plus par des rela­tions poli­tiques à haut niveau et par des des­sous de table que par du mar­ke­ting grand public!

A part les logi­ciels de jeux et quelques rares construc­teurs (LaCie, Archos), la France a pro­gres­si­ve­ment aban­donné le ter­rain des TIC pour le grand public et les mar­chés de volume. Thom­son, Alca­tel et Safran (Sagem) revendent par appar­te­ments toutes leurs acti­vi­tés grand public pour se foca­li­ser sur le pro­fes­sion­nel. Thom­son com­mer­cia­li­sait des télé­vi­sions et des bala­deurs MP3; ils se spé­cia­lisent sur la vidéo pro­fes­sion­nelle (camé­ras, post­pro­duc­tion, etc). Alca­tel et Safran ont de leur côté aban­donné les mobiles. Les trois conçoivent encore des set-top-box mais pour le compte d’opérateurs (Canal+, France Tele­com) et sans briller à l’international. Cette ten­dance s’explique par les dif­fi­cul­tés propres à ces busi­ness grand public et aussi à l’incapacité mar­ke­ting des grands groupes fran­çais. Pour­tant, les com­pé­tences mar­ke­ting existent en France, mais elles s’orientent plus faci­le­ment vers les acti­vi­tés de volume hors des TIC: cos­mé­tique, dis­tri­bu­tion, finance, agro-alimentaire. Il y a une excep­tion notable à ce tableau noir: l’industrie auto­mo­bile. Avec Renault, PSA, Miche­lin et Valeo, la France n’est pas à plaindre. D’autant plus que les véhi­cules contiennent de plus en plus de haute tech­no­lo­gie (jusqu’à 45 pro­ces­seurs par voi­ture). Nous avons aussi Legrand et Schnei­der, mais ils peinent à entrer dans les mar­chés nais­sants de la domotique.

La struc­ture indus­trielle de la France est res­tée très tra­di­tion­nelle: les grands groupes sont les mêmes qu’il y a 20 ans alors qu’aux USA, nom­breux ont été balayés par une nou­velle vague d’entreprises inno­vantes. Et l’Etat accom­pagne ces entre­prises avec un jaco­bi­nisme inadapté à la révo­lu­tion de la connais­sance. La créa­tion de l’Agence de l’Innovation Indus­trielle en 2005 en était un par­fait exemple, foca­li­sée qu’elle était sur le lan­ce­ment de grands pro­jets aux chances de suc­cès plus que faibles (Quaero, etc).

La situa­tion est égale­ment contras­tée dans les usages des TICs. Si le grand public s’est bien mis au dia­pa­son, les entre­prises, notam­ment les PME, accusent tou­jours un retard par rap­port aux pays occidentaux.

Du point de vue des indus­tries high­tech, la sur spé­cia­li­sa­tion de la France est dan­ge­reuse. En effet, le mar­ché des consom­ma­teurs est non seule­ment très por­teur, mais il struc­ture égale­ment les grandes inno­va­tions du sec­teur. Les inno­va­tions vont du grand public vers l’entreprise et moins dans l’autre sens. Notre struc­ture indus­trielle de l’innovation va donc à rebrousse poil du sens d’adoption des inno­va­tions par le marché.

Autre impact: les mar­chés de volume per­mettent de déga­ger des marges impor­tantes pour finan­cer la R&D. Les quatre sec­teurs d’activité les plus pro­fi­tables au monde sont les logi­ciels, l’Internet, les semi-conducteurs et la phar­ma­cie! Quelle est notre posi­tion dans les trois premiers?

Ce qui se fait, ce qui va et ce qui s’améliore

La prise de conscience du besoin d’innover en France est là. Tous les grands groupes mettent l’innovation en avant dans leur com­mu­ni­ca­tion. Les gou­ver­ne­ments suc­ces­sifs se sont mobi­li­sés sur la ques­tion. Que ce soit en créant d’innombrables sub­ven­tions, prêts et aides fis­cales pour les PME inno­vantes ou avec les pôles de com­pé­ti­ti­vité. La croyance dans l’omniscience et la néces­site de l’intervention publique pré­do­minent. On se tourne faci­le­ment vers l’Etat, vers les régions, pour obte­nir aides et sub­sides. Il fau­dra pro­ba­ble­ment conti­nuer à en pas­ser par là pour chan­ger les choses dans la décen­nie qui vient.

Dans ce qui va, il y a dans l’ensemble la qua­lité de notre ensei­gne­ment supé­rieur scien­ti­fique. Les grandes écoles se remettent en cause régu­liè­re­ment. Cen­trale, HEC, les Télé­coms intègrent des filières entre­pre­neurs dans leurs cur­sus. Elles poussent à inter­na­tio­na­li­ser les études, elles ouvrent les ingé­nieurs sur les dis­ci­plines non tech­niques. Reste à l’université de faire pareil pour ses scientifiques.

Quelques autres éléments encou­ra­geants méritent d’être cités :

  • La France est le second pays en Europe pour l’inves­tis­se­ment en capi­tal risque après le Royaume Uni (ces der­niers ont plus de busi­ness angels) et devant l’Allemagne. C’est à la fois lié à un afflux de capi­taux et au côté entre­pre­na­rial qui existe mal­gré tout en France. 
  • La réforme des uni­ver­si­tés en cours qui encou­rage les finan­ce­ments pri­vés et la créa­tion de fon­da­tions.  C’est une mesure qui semble ins­pi­rée de ce qui se passe aux US. Elle inci­tera les plus riches des fran­çais et les entre­prises à inves­tir ou faire des dona­tions dans l’enseignement supé­rieur, la recherche et l’innovation. Il est tout de même éton­nant que si peu de mil­liar­daires fran­çais aient laissé leur trace dans ces domaines. Est-ce parce que l’enseignement supé­rieur est en grande par­tie public? Quand on visite HEC, on voit que l’école a pu béné­fi­cier de nom­breux dona­teurs anciens élèves. C’est ce à quoi sert la Fon­da­tion HEC. La loi LRU per­met­tra ces mon­tages pour les uni­ver­si­tés. C’est très bien vu.
  • La pro­mo­tion de la valeur “tra­vail” pro­mue par notre pré­sident. Elle l’est peut-être mal­adroi­te­ment (heures sup­plé­men­taires non taxées), mais cela va dans le bon sens sur la sym­bo­lique. Les valeurs de l’entrepreneuriat et de l’innovation  devraient vite suivre. Et pas sim­ple­ment par des mesures fis­cales comme la sup­pres­sion de l’IFA (impo­si­tion for­fai­taire annuelle) pour les PME récem­ment annon­cée par Nico­las Sarkozy.
  • La réforme en vue d’une sim­pli­fi­ca­tion du droit du tra­vail pour plus de flexi­bi­lité d’un côté et de sécu­rité pour les sala­riés de l’autre. Reste à voir ce qui acou­chera des dis­cus­sions en cours entre Etat, le patro­nat et les syndicats.
  • Les évolu­tions gra­duelles de la fis­ca­lité: notam­ment les exo­né­ra­tions d’ISF pour les inves­tis­se­ments dans les PME innovantes.
  • La sen­si­bi­lité des cher­cheurs à l’importance du dépôt de bre­vets pour valo­ri­ser leurs tra­vaux. Elle a démarré sous l’égide du Minis­tère de la Recherche il y a quelques années et doit se pour­suivre. Reste à trou­ver des moyens de récom­pen­ser les cher­cheurs qui déposent des bre­vets, comme le fait le SRI dans la Sili­con Val­ley. Il y a pro­ba­ble­ment des obs­tacles sta­tu­taires, mais il serait bon de les mettre sur la table.
  • L’arrêt de l’augmentation du nombre de pôles de com­pé­ti­ti­vité récem­ment déci­dée par Chris­tine Lagarde. Il y en avait déjà envi­ron 70, ce qui est beau­coup trop. Belle pré­sence d’esprit de la Ministre. Dans la même veine, la fusion de l’Agence Fran­çaise de l’Innovation avec l’Oséo est de bon augure. Cela évitera de finan­cer à fonds per­dus les grands pro­jets de l’AFI et se trans­fè­rera vers les PME. Chris­tine Lagarde aurait aussi insuf­flé une culture de résul­tats plus forte au Minefi, qui est des­cen­due jusqu’aux Mis­sions Eco­no­miques à l’étranger, qui ont main­te­nant des objec­tifs quanti et quali plus clairs qu’auparavant. Cela semble les avoir bien secoués dans le bon sens.
  • La défrag­men­ta­tion admi­nis­tra­tive du pays, pour l’instant opé­rée par petites touches (RG/DST, ANPE/UNEDIC, Minefi, AFI/Oséo, Tri­bu­naux de Pre­mière Ins­tance, Tri­bu­naux de Prud­hommes). C’est l’une des voies per­met­tant de faire des écono­mies dans le bud­get du sec­teur public tout en amé­lio­rant les services. 

Autres pistes de changements

Peut-on chan­ger la culture et les états d’esprit? J’ai posé la ques­tion à Mary­lène Delbourg-Delphis à San Fran­cisco. Sa réponse: elle parle à qui elle peut un par un. pro­ba­ble­ment effi­cace mais pas très “sca­lable”. Les relais prin­ci­paux sont les asso­cia­tions, les ensei­gnants et les médias. Les médias qui savent se mobi­li­ser pour un oui ou pour un non sur une thé­ma­tique montre que c’est pos­sible. Rappelons-nous la réha­bi­li­ta­tion de l’entrepreneuriat dans les années 1980 sous le pre­mier sep­ten­nat de Fran­çois Mitterrand.

La Com­mis­sion Attali sur la crois­sance pour­rait ser­vir d’aiguillon à la prise de conscience d’un néces­saire chan­ge­ment. Au départ, Jacques Attali expli­quait que les dif­fi­cul­tés de la France pro­ve­naient de spé­ci­fi­ci­tés cultu­relles. Depuis, il semble avoir aban­donné la piste. On verra ce que cela don­nera lors de la remise de son rap­port final en jan­vier 2008. Espé­rons qu’il ira plus loin que la sup­pres­sion de la Loi Gal­land sur les grandes sur­faces. Amé­lio­rer la flui­dité du com­merce ne chan­gera pas grand chose à la capa­cité du pays à pro­duire plus d’innovations. Tout au plus s’agira-t-il d’une amé­lio­ra­tion à la marge de l’efficacité interne du marché.

L’un des gros pans de réformes concerne l’enseignement supé­rieur et la recherche, suf­fi­sam­ment décrié en ce moment :

  • Il faut de l’ambition. Cela pour­rait com­men­cer par un grand chan­tier de défrag­men­ta­tion et de concen­tra­tion des uni­ver­si­tés et grandes écoles en créant ou conso­li­dant quelques grands pôles mul­ti­dis­ci­pli­naires (notam­ment dans la val­lée de Che­vreuse, etc). Le chan­tier per­met­trait de rap­pro­cher les filières scien­ti­fiques et tech­niques des filières mar­ke­ting et com­mer­ciales. C’est docu­menté ici. Les pro­grammes de regrou­pe­ments vir­tuels tels que l’Institut Euro­péen de Tech­no­lo­gie n’auront jamais le même effet que la créa­tion d’espaces phy­siques à dimen­sion critique.
  • Pour­suivre la réforme des uni­ver­si­tés: aug­men­ter les droits d’inscription et aug­men­ter les bourses dans le même temps. Elles sont actuel­le­ment ridi­cules: entre 1300€ et 3000€ par an pour la majo­rité des étudiants. Il fau­drait une pro­gres­si­vité en fonc­tion du revenu des parents et non pas un cou­pe­ret unique. Cela serait une véri­table mesure de redis­tri­bu­tion de la richesse et elle don­ne­rait plus leur chance aux classes moyennes et défa­vo­ri­sées. En même temps, cela aug­men­te­rait le finan­ce­ment des uni­ver­si­tés. Cou­pler cela à de la sélec­tion en amont pour éviter d’engorger cer­taines filières. Et réorien­ter les élèves qui ne peuvent pas aller à l’Université dans des filières dites “pro­fes­sion­na­li­santes”. C’est un gros mot pour cer­tains syn­di­cats mais c’est une néces­sité écono­mique autant qu’humaine, pour éviter de créer des diplômes sans débou­chés. Et en aug­men­tant les moyens des uni­ver­si­tés, on amé­lio­re­rait notre capa­cité à atti­rer les meilleurs élèves, non pas sim­ple­ment des pays d’Afrique comme aujourd’hui, mais des pays d’Europe et d’Asie.
  • Encou­ra­ger les filières tech­niques et scien­ti­fiques qui sont désaf­fec­tées alors que le besoin est là. La com­pé­ti­ti­vité passe par là. Com­ment? Je ne sais pas trop. Il faut faire rêver mal­gré la bana­li­sa­tion des nou­velles tech­no­lo­gies. Cela peut pas­ser par des visites en entre­prises orga­ni­sées en fin d’enseignement secon­daire, par le finan­ce­ment de pro­grammes TV scien­ti­fiques sur les chaînes publiques, et par la mobi­li­sa­tion média­tique de grands scientifiques.

Sinon, voici quelques autres pistes économiques :

  • Lan­cer un grand pro­gramme d’investissement dans les infra­struc­tures numé­riques. Cela peut prendre la forme du “plan fibre optique” de Jean-Michel Billaut pro­posé à la com­mis­sion pour la crois­sance de Jacques Attali.
  • Réduire le nombre de pôles de com­pé­ti­ti­vité à une dou­zaine et concen­trer les inves­tis­se­ments, notam­ment dans les clean­techs où la France a des atouts et des chances de bien se pla­cer dans la com­pé­ti­tion mon­diale.  Ceci de manière syn­chrone avec la défrag­men­ta­tions des uni­ver­si­tés et grandes écoles.
  • Concen­trer les aides de l’Etat à l’innovation sur les PME inno­vantes, pas sur les grandes entre­prises en déclin. Notam­ment sur les phases aval de l’innovation où elles pêchent : le mar­ke­ting et les expor­ta­tions. Quand on constate qu’il n’y a que 25 entre­prises fran­çaises qui exposent au Consu­mer Elec­tro­nics Show sur 2700 expo­sants, on se dit qu’il y a du poten­tiel pour bou­ger les PME de ce secteur! 
  • Amé­lio­rer la capa­cité des entre­prises à faire de la veille stra­té­gique, comme le recom­mande André-Yves Port­noff (auteur d’un mani­feste “Pour une nuit du 4 août” bien senti pré­cé­dant les der­nières élec­tions pré­si­den­tielles, voir égale­ment son récent sup­port de pré­sen­ta­tion sur la détec­tion des inno­va­tions sec­to­rielles). Et pas seule­ment comme le fait l’agence de l’intelligence écono­mique. Cela peut pas­ser par un plus grand nombre de voyages d’études à l’étranger comme celui auquel je viens de par­ti­ci­per. Et res­sort plu­tôt d’initiatives pri­vées même si l’Etat peut aider au tra­vers de ses mis­sions écono­miques à l’étranger.
  • Réduire les délais de paie­ment entre entre­prise. L’Etat et les col­lec­ti­vi­tés locales pour­raient com­men­cer par don­ner l’exemple en payant à moins de 30 jours. Cela faci­li­te­rait la crois­sance des PME  qui ont tou­jours du mal à gérer leur fond de rou­le­ment en phase de croissance.
  • Oser sup­pri­mer l’ISF qui est main­te­nant une excep­tion fran­çaise dans les pays de l’OCDE (la Suède y a renoncé) et encou­ra­ger le recy­clage des for­tunes vers l’innovation. Comme il fau­drait lâcher du lest ailleurs, contrai­re­ment à ce qui a été fait sur le bou­clier fis­cal de juillet 2007, il fau­drait dans le même temps sup­pri­mer le bou­clier fis­cal pour les hauts reve­nus qui est une usine à gaz. Pour­quoi pas réaug­men­ter les tranches hautes de l’impôt sur le revenu mais aug­men­ter les exo­né­ra­tions pour l’investissement dans les PME inno­vantes, ce qui pous­se­rait les hauts reve­nus à inves­tir au lieu de thérauriser?
  • Ren­for­cer nos atouts comme le tou­risme. Nous sommes la pre­mière des­ti­na­tion mon­diale. On peut encore mieux faire. La France devrait éviter de dor­mir sur ses lau­riers. Le pays peut inves­tir sur la qua­lité de l’accueil, sur les langues sup­por­tées (dans les musées notam­ment), sur l’information, sur les trans­ports. Plu­tôt que de bais­ser la TVA sur les hôtels et res­tau­rants, il vau­drait mieux avoir des inci­ta­tions fis­cales à l’amélioration de la qua­lité de ser­vices ren­dus et inci­ter les tou­ristes à res­ter plus long­temps et à dépen­ser plus. C’est une forme de mar­ke­ting à l’échelle du pays, qui peut se faire sans pour autant le trans­for­mer en un Dis­ney­land. Des inves­tis­se­ments autour du tou­risme dans les nou­velles tech­no­lo­gies seraient égale­ment les bien­ve­nus. Là aussi, la France peut et doit innover.

Dans l’ensemble, il nous faut apprendre à aller plus vite et à faire de la qua­lité en même temps. Les sim­pli­fi­ca­tions admi­nis­tra­tives, l’accélération des paie­ments, la flexi­bi­lité du droit du tra­vail, tout ceci peut conver­ger pour per­mettre aux entre­prises d’être plus réac­tives dans un mar­ché mon­dial qui évolue tou­jours plus vite.

Quand aux élites et aux poli­tiques, je suis cir­cons­pect par rap­port aux pro­po­si­tions de sup­pres­sion de l’ENA (avan­cée par Fran­çois Bay­rou pen­dant la der­nière pré­si­den­tielle). On peut faire évoluer les pro­grammes de cette école, mais la sup­pri­mer pour la rem­pla­cer par une autre ins­ti­tu­tion ne serait que de la cos­mé­tique. Un décloi­son­ne­ment entre poli­tiques, hauts fonc­tion­naires et cadres du privé serait le bien­venu pour faire cir­cu­ler les idées et bonnes pra­tiques. Cela peut néces­si­ter de revoir le fonc­tion­ne­ment des corps de l’Etat qui cloi­sonnent l’accès aux postes à res­pon­sa­bi­li­tés publiques. Quand on voit le lyn­chage des Ministres issus de la “société civile” (Ferry, Mer, Lar­garde), on se dit qu’il faut chan­ger les moeurs pour habi­tuer les gou­ver­nants à cotoyer des res­pon­sables qui ne sont pas des pro­fes­sion­nels de la poli­tique. Cela doit évidem­ment s’accompagner de règles déon­to­lo­giques pour éviter les abus de pou­voirs. En pas­sant notam­ment par la vali­da­tion des nomi­na­tions par le par­le­ment comme pro­posé par la Com­mis­sion Balladur.

En tout état de cause, il me semble pos­sible de pro­fon­dé­ment réfor­mer la France pour lui per­mettre d’augmenter sa puis­sance d’innovation indus­trielle, et sans pour autant aban­don­ner ses prin­cipes fon­da­teurs, son modèle social et sa richesse culturelle.

J’en oublie sûre­ment. Donc à vous de jouer…


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Publié le 9 décembre 2007 Post de Olivier Ezratty | Economie, Entrepreneuriat, France, Innovation, Marketing, Politique, Startups, Technologie | 17 commentaires

Les 17 commentaires sur “Back from the Silicon Valley 3” :

  • Dif­fi­cile de dire autre chose qu’un grand bravo sur la syn­thèse réa­li­sée. Une piste qui me semble inté­res­sante à explo­rer : la francophonie.

    Deux points faible sou­li­gné :
    - La masse cri­tique.
    - Le manque de dyna­misme de l’économie.

    Je suis ins­tallé au Maroc qui est un véri­table pays émer­geant fran­co­phone. Quelques don­nées :
    - 30 mil­lions d’habitant
    - 450 000 abon­nés ADSL (1er pays connecté d’afrique)

    Certes le PIB reste modeste (50 MMeu­ros) mais l’économie est dyna­mique. Les besoins sont énormes en terme d’enseignement (50% de taux d’analphabétisme), d’énergie. Les ser­vices inter­net vont se développer.

    Si l’on ajoute au Maroc tous les autres pays d’afrique de l’ouest on a un mar­ché rela­ti­ve­ment pro­tégé pour les entre­prises fran­çaises : La mon­dia­li­sa­tion “à la Fran­çaise” elle est là (en Asie, fran­che­ment on a aucune chance :( ).

    PS : dispo pour en dis­cu­ter avec toute per­sonne inté­ressé pour déve­lop­per des choses dans ce sens.

    Laurent Ber­vas
    lbervas@cavisa.com

  • Deuxième grand bravo pour toi, cher homonyme.

    Je ne crois pas qu’il soit impos­sible en France de faire bou­ger les choses, un point qui ne me semble pas assez relayé dans ton ana­lyse > la rela­tive décon­trac­tion et l’accès facile aux per­sonnes. La culture fran­çaise pri­vi­lé­gie encore beau­coup le filtrage.

    Pour le reste, loin de moi l’idée de chan­ger la France ou même son Eco­no­mie (même si c’est un Marx qui parle et que Chal­lenges fait sa couv sur son retour après Attali qui a écrit un bkin sur lui -rires-), cepen­dant sup­prim­mer les délais de paie­ment serait (rien que cela) un grand pas en avant pour nombre d’entrepreneurs.

    Pour l’esprit d’entrepreneuriat, il faut me semble-t-il le déve­lop­per dès le plus jeune âge et que des entre­pre­neurs inter­viennent dans les Ecoles & Uni­ver­si­tés pour démys­ti­fier tout cela. Cer­taines ini­tia­tives se font déjà (100 000 entre­pre­neurs par ex).

    Et puis bien sûr, le Panthère’s Club est fon­da­men­tal (rires). Le 25 Jan­vier, in Paris. Juste le temps de vous rem­mettre du Web 3, auquel je ne serais pas.

    BRAVO encore Oli­vier pour cette ana­lyse, t’as plus qu’à faire le bou­quin avec quelques témoi­gnages. Tu le dif­fuses gra­tui­te­ment en PDF et hop. Sous le titre > A la recherche de la Sili­con Val­ley française…

    A bien­tôt

    /Olivier
    G.O. Panthère’s Club
    Entre­pre­neur & blog­geur
    Par­ti­ci­pant au Sili­con Val­ley Trip - Nov 2007

  • [3] - Olivier Ezratty a écrit le 9 décembre 2007 :

    Laurent, la piste de la fran­co­pho­nie est évidente. C’est sou­vent la pre­mière qui est adop­tée par les acteurs fran­çais de notre indus­trie. Mais je dirais que c’est une solu­tion de faci­lité et qu’elle fait même “petit joueur”. Le mar­ché de la fran­co­pho­nie est ridi­cule au regard de celui de l’anglophonie et des autres langues. Il faut donc d’emblée avoir une ambi­tion mon­diale, même si elle doit se réa­li­ser pas à pas.

    De plus, cela dépend du busi­ness. Par exemple, le magh­reb est pro­ba­ble­ment inté­res­sant pour le logi­ciel et le maté­riel d’entreprise. Mais pour les ser­vices Inter­net, son taux d’équipement est encore trop faible, sans comp­ter la matu­rité des mar­chés publi­ci­taires. Mais je n’ai peut-être pas les bonnes don­nées pour véri­ta­ble­ment juger sur ces points.

  • [4] - Olivier Ezratty a écrit le 9 décembre 2007 :

    Oli­vier, oui je vais conso­li­der et com­plé­ter tout cela dans un PDF uni­fié. J’attends d’avoir un peu de temps, et aussi quelques com­men­taires et discussions.

  • Pour les ser­vices Inter­net, c’est jus­te­ment là ou de nou­veaux mar­ché s’ouvrent. La seule fron­tière qui reste sur Inter­net est la langue : les PME fran­çaises de l’internet ont un mar­ché poten­tiel a conquérir …

    L’OLPC (ex. ordi­na­teur à 100$) et tous pro­jets d’ordinateurs pour les pays émer­gents (les PC pour “the next bil­lion”) sont là pour prou­ver la consis­tence de ce marché.

    Pour reste soyons modeste. Même si les diri­geants fran­çais ont un égo natio­nal déve­loppé, la France est un “petit” pays. Avant de se réver acteur mon­dial, soyons déjà un acteur régio­nal (europe et fran­co­pho­nie) crédible.

  • Oli­vier,

    Merci de nous faire par­ti­ci­per a ton voyage grace a ces trois longs rapports.

    Je pense que la france devrait essayer de creer quelques examples reus­sites (et en apprendre les les­sons) avant d’essayer de mettre en oeuvre des grands chantiers.

    Par example, un pro­gramme de finan­ce­ment et de par­rai­nage pour­rait etre mis en place pour les per­sonnes etant pres a quit­ter leur poste et 50% de leur salaire pour creer une nou­velle entre­prise. Le par­rai­nage offri­rait aux entre­pre­neurs l’echange d’experiences et le melange de com­pe­tences neces­saire a l’incubation d’une nou­velle idee.

    Le crea­tion d’une nou­velle entre­prise se decom­pose gene­ra­le­ment en deux phases: “mar­ket fit” et “scale”. Dans la phase de mar­ket fit, une petite equipe 3-10 per­sonnes font des ite­ra­tions et des test pour trans­for­mer une idee/un concept en un produit/prototype et defi­nissent leurs cybles. C’est la phase la plus dure et celle ou le risque et le plus grand. Mais c’est la plus par du temps une phase de pure talent avec peu de besoin ( moins 10$M). C’est cet etape qu’il faut sti­mi­ler. C’est pour cela qu’il est impor­tant d’avoir une culture qui accepte et valo­rise l’echec.

    Dans la phase de scale, le pro­duit et le marche on t ete teste et il s’agit de mettre en place les equipe et les pro­ces­sus pour gran­dir et gros­sir. Les obs­tacles sont humains, mar­ke­ting et deal making…Base plus sur l’experience que le talent pur. Les risques sont des risques d’execution.

    Une des causes pri­ci­pales d’echec de star­tups a mon avis c’est qu’ils font la phase 1 sur papier et sur d’eux vont direc­te­ment a la phase deux.

    La pro­ble­ma­tique est pro­ba­ble­ment un peu plus com­plex si tu tiens comptes des dyna­miques dif­fe­rentes qui existent dans le monde de l’entreprise et le monde des consom­ma­teurs: dans le monde de l’entreprise, la phase 2 - pro­ble­ma­tique de vente, refe­rence et adop­tion est cle.

    Ayant fait mes etudes en France et tra­vaillant depuis dix ans dans la silli­con val­lee, je pense que les avan­tages com­pe­ti­tifs de la val­lee dimi­nuent au fur et a mesure du temps: La france dis­pose d’un pool de talent excep­tio­nel, soft­ware as a ser­vice et open source contri­buent a la glo­ba­li­za­tion - ex: une per­sonne accen­dant a Net­vibes ne sait pas vrai­ment ou est construit et deploye le ser­vice et il y a en France des gens d’experience qui peuvent “men­to­rer” les plus jeunes entrepreneurs.

    La crea­tion d’entreprise c’est jamais gla­mour, c’est 4 a 6 ans de jour­nees longues, c’est beau­coup de mau­vaises nou­velles, c’est enor­me­ment de non…cette par­tie la est la meme par­tout. Les gens qui vont font croire que l’herbe est plus verte en Silli­con Val­ley sont des menteurs.

    Quelques examples/heros pour­rait chan­ger cette perception/dynamique.

  • [7] - Olivier Ezratty a écrit le 10 décembre 2007 :

    Une grande par­tie des dis­po­si­tifs que tu décris existent déjà. Le finan­ce­ment? Il est assuré lar­ge­ment par les ASSEDIC, pre­mier fond d’amorçage et “busi­ness angel” de France pour les entre­pre­neurs qui viennent du sala­riat! Il y a aussi plé­thore de pro­grammes et orga­ni­sa­tions pour aider les entre­pre­neurs: INRIA Trans­fert, Scien­ti­pôle, Paris Déve­lop­pe­ment, des pôles en régions, etc. Ce qui peut man­quer par­fois à ces pôles, c’est une forte expé­rience mar­ke­ting. Mais on peut en trouver.

    Les moyens finan­ciers dis­po­nibles ne per­mettent par contre pas sou­vent de pro­cé­der aux ité­ra­tions que tu décris. Ils sont à l’échelle de la France: plus réduits qu’aux USA pour un busi­ness équi­va­lent. En même temps, les mon­tants d’investissements aux USA donnent à pen­ser qu’il y a beau­coup de gas­pillage et de déper­di­tion là-bas.

    Tu as rai­son sinon de rap­pe­ler que la situa­tion dans la Sili­con Val­ley est loin d’être idyl­lique. Elle est meilleure à la France sur un grand nombre de points mais elle a aussi ses points noirs. Comme nous disait Jean-Louis Gas­sée, c’est un “soleil froid”. Les grands groupes regorgent de cadres qui n’ont pas réussi dans les star­tups. Mais au moins, les allers et retours sont pos­sibles entre grandes boites et startups.

  • Si les dis­po­si­tifs sont la, il suf­fi­rait peut etre de mettre en place un centre d’incubation, gere par quelques paraints d’experience et qui aurait pour objec­tif de creer dans les 3 annees a venir 30 societes et les aider a ite­rer dans la phase de mar­ket fit (Un Y com­bi­na­tor a plus grand echelle). Un cer­tain nombres devrait sur­vivre et deve­nir un example, un noyau pour construire un plus gros eco-systeme.

    Apres reflexion, il fau­drait peut etre 2 centres d’incubation, l’un pour les ser­vices orientes consom­ma­teur et l’autre pour les ser­vices entreprise.

    Le clef: 100-200M euros et 5-10 per­sonnes avec ton niveau d’experience, reparti sur la tech­nique et le go to mar­ket. Un pro­grame simple, defini dans le temps, avec des objec­tifs mesurables.

  • [9] - Olivier Ezratty a écrit le 11 décembre 2007 :

    Edwin, tout ceci existe aussi déjà ou a existé. Sauf le mon­tant de 200m€ que tu évoques.

    Mais n’a pas donné des résul­tats extra­or­di­naires, tout du moins au regard de ce que génère la Sili­con Val­ley. Tous les moyens existent ici mais sont très dis­per­sés et en masse sous-critique. Rien qu’à Paris, il y a plu­sieurs incu­ba­teurs et divers pro­grammes d’accompagnement de la Ville de Paris qui s’appuient sur des experts.

    La ten­dance ici est d’avoir plu­tôt des experts de l’industrie “lourde” et des ingé­nieurs qui ont une vision assez tech­nique des pro­jets. Mais peu d’expertise en “b-to-c” et en mar­ke­ting consommateur.

    Autre annec­dote : je par­ti­cipe pour ma part au comité de sélec­tion de Scien­ti­pole Ini­tia­tive, une asso­ca­tions 1901 finan­cée par la région Ile de France et dif­fé­rentes ins­ti­tu­tions finan­cières comme la CDC. Quand des pro­jets Inter­net sont pré­sen­tés, l’une des ques­tions clas­siques qui revient est “quelle est la bar­rière à l’entrée”. Sous-entendu bar­rière à l’entrée tech­no­lo­gique. Alors que dans ces busi­ness, il y a bien des bar­rières à l’entrée mais elles ne sont pas tech­no­lo­giques et sont plu­tôt liées à la rapi­dité d’exécution, à la valeur uti­li­sa­teur, à l’extensibilité de la plate-forme et aux inves­tis­se­ment de créa­tion d’un écosys­tème de pro­duits ou ser­vices complémentaires.

    Ce que tu pro­poses res­semble un peu à l’Agence de l’Innovation Indus­trielle créée en 2005 et diri­gée par Jean-Louis Beffa, le CEO de Saint Gobain. Mais au lieu de finan­cer 6 pro­jets “gouffres finan­ciers”, en aurait financé quelques dizaines avec des mon­tants plus faibles. Et en fai­sant inter­ve­nir d’autres com­pé­tences que les poly­tech­ni­ciens et autres têtes bien pen­santes de la tech­no­struc­ture locale.

  • Oli­vier,

    merci beau­coup pour ce 3° volet foca­lisé sur notre beau pays.
    Pour aller dans le sens d’Edwin, il faut que l’on arrive à se “dé-intoxiquer” de la peur de l’echec. C’est fon­da­men­tal. Auto­ri­sons et encou­ra­geons droit à l’échec.
    La peur de l’echec est à mon avis un mal pro­fond relayée par toutes les strates de la société et sur­tout les médias (ou on passe des heures voire des jours à se gaus­ser des échecs des autres).
    C’est une des clés pour l’innovation et l’entrepreunariat et ca com­mence sur­ement avec les parents et à l’école.
    Il me semble que nous devrions aussi avoir plus une atti­tude tour­née vers le “pro­to­ty­page”. Arrê­tons de nous foca­li­ser sur le par­fait et le beau et com­men­cons par le semi-fini, le non par­fait et nous aurons pro­ba­ble­ment beau­coup plus de réa­li­sa­tion concrétes de nos idées pas que du bla-bla. Nous com­men­cons à la faire dans le logi­ciel, il faut le faire aussi dans le “hard­ware” pour recon­que­rir les mar­chés de volume.
    Enfin, en plus du tou­risme, il me semble que le sec­teur de la santé est un mar­ché dans lequel nous avons tout pour réus­sir fortement.

  • Oli­vier E.,
    Je pense que les nuances que tu apportes (besoin de com­pe­tences mar­ke­ting, masse cri­tique E200-300M, et concen­tra­tion des forces) sont tres impor­tantes. Elles per­met­traient de don­ner de l’envergure a l’initiative tout and gar­dant l’approve tres tres focusse et iterative.

    Oli­vier C.,
    Ce que tu sur­lignes est ega­le­ment tres impor­tant et tres bien dit. Il y a un livre tres inter­es­sant dans ce domaine de Carol S. Dweck appele Mind­set.
    http://www-psych.stanford.edu/~dweck/

  • Merci et bravo Mr. Attali… heu Ezratty pour ce compte-rendu étayé. J’ai pris mon élan pour tout lire mais ça valait vrai­ment le coup.
    J’ajouterai pêle-mêle qq notions qui méritent d’être abor­dée si tu envi­sages un compte-rendu des compte-rendus :
    - VC : ont besoin de res­sen­tir une super-passion à défaut d’une super-expertise pour les por­teurs de pro­jets > n’attendez pas les entre­pre­neurs en herbe !
    - E-commerce : offre d’énormes oppor­tu­ni­tés (plus sol­vable que le web 2.0) à condi­tion d’inventer une expé­rience dif­fé­rente de la vie réelle > à vos méninges !
    - Rompre avec l’idée : pas de concur­rence, pas de mar­ché > Exemples de You­Tube et de Flikr qui ont lit­té­ra­le­ment créé des mar­chés sans réelle concur­rence > bon­jour le dis­rup­tif, adieu le me-too !
    - Culture du Can Do en France : i) J’ai une idée, ii) Je réflé­chis (trop), iii) J’y vais pas (et je cherche à m’en convaincre). Par oppo­si­tion au Let Du aux US : i) J’ai une idée, ii) ça a du sens, iii) J’y vais > Let Do !
    That’s all folks
    A très bien­tôt,
    Fred Boya

  • [13] - Olivier Ezratty a écrit le 16 décembre 2007 :

    Oui Fred, c’est la dif­fé­rence entre les pion­niers et les autres! Le mythe de l’Ouest amé­ri­cain n’est pas né pour rien!

  • Je saute un peu tard dans cette dis­cus­sion que je viens de trou­ver suite à un article d’Olivier Seres (http://www.oseres.com/fr/2008/04/une-semaine-s-4.html). J’ai aussi publié le mes­sage sur mon blog: http://www.ludovic.org/xwiki/bin/view/Main/InnovationdanslesTICenEurope

    Cet article est une superbe ana­lyse et cette ana­lyse merite d’être pous­sée. J’aime beau­coup l’analyse sur les mar­chés grand publics TIC qui ont été petit à petit delais­sés. Nous avons en effet des com­pé­tences Mar­ke­ting mais elles s’oriente sur d’autres métiers et celle qui res­tent vont vers les filiales des groupes de la Sili­con Valley.

    Mais je vois une grand absence de l’analyse: la fai­blesse du mar­ché local TIC qui est loin d’être le mar­ché idéal pour l’innovation et la forte dis­tance du mar­ché qui compte en terme de com­mu­ni­ca­tion (les USA).

    Ceci me semble un point clé, en tout cas pour le mar­ché entre­prise soft­ware. Il s’agit bien sur d’un effet dérivé de la fai­blesse de l’eco-système. Mais je pense que cela merite de s’y atta­cher un peu et de voir com­ment on peut aider à com­pen­ser ces pro­blémes. L’analyse sera sûre­ment dif­fé­rente pour le web grand public ou je pense qu’il y a plus de pos­si­bi­li­tés d’approche glo­bale mais ou le mar­ché est aussi plus du coup de poker (prendre le mar­ché en pre­mier de suite ou perdre). Je me foca­lise donc dans mon ana­lyse sur le software:

    Quels sont les faiblesses:

    - les clients locaux ne cherchent pas les mêmes pro­duits. Les pro­duits inno­vants sont en concur­rences non pas avec des pro­duits inno­vants de la val­lée mais aux pro­duits de la géné­ra­tion d’avant en train d’être géné­ra­li­sés. Pour don­ner un exemple pré­cis dans notre cas (les outils col­la­bo­ra­tifs web, wikis dans notre cas). Les entre­prises n’ont pas for­ce­ment encore fait le tour des outils bureau­tiques et n’ont pas encore fait l’apprentissage des pro­blemes qui en decoulent. Pro­po­ser des outils plus inno­vants (outils web, outils wiki) ou même de sub­sti­tu­tion (Open Office) est un tra­vail plus lourd. Dans cer­tains cas cela peut être un avan­tage en fai­sant sau­ter une étape. Mais glo­ba­le­ment cela me semble un pro­bléme ralen­tis­sant le go-to market.

    - les par­te­naires les plus inté­res­sants sont loins et pré­ferent bien entendu comme par­te­naires des entre­prises locales. L’introduction dans l’eco-systeme glo­bal est donc plus dif­fi­cile. Une société inno­vante en Sili­con Val­ley peut rapi­de­ment mettre en place des par­te­na­riats locaux boos­tant leur acti­vi­tée. Une société euro­péenne doit voyager.

    - le mar­ché euro­péen est frag­menté. Il est dif­fi­cile d’attaquer tout le mar­ché d’un coup. Une fois les pre­mières armes effec­tuées en local (Paris par exemple), l’effort pour s’étendre est lourd. Il faut aller dans plu­sieurs pays en plu­sieurs langues et négo­cier com­mer­cia­le­ment avec des clients de culture différente.

    - la com­mu­ni­ca­tion doit elle être diri­gée sur la mar­ché qui compte, la ou les médias parlent d’innovation ? Ou bien sur le mar­ché local, la ou les médias parlent de ce qui inté­ressent les clients, c.a.d la mise en oeuvre des TIC.

    - tout cela fait que sou­vent les entre­prises euro­péennes se can­tonnent à ser­vir leur mar­ché local, soit par un “me-too”, soit par une dérive natu­relle du pro­duit qui cherche à résoudre les besoins de ses clients. Par exemple, à quoi bon faire du Wiki Appli­ca­tif Séman­tique de 2eme, 3eme ou 12eme géné­ra­tion, si déjà le besoin urgent de vos clients locaux (ceux que vous arri­vez à sai­sir) doivent déjà com­men­cer par du plus basique ou même revoir leur infra­struc­ture réseau pour don­ner accès au ser­vices web inter­net de manière effi­cace à l’ensemble des employés du groupe.

    Hors, mal­heu­reu­se­ment c’est un mar­ché plus vola­tile que la moyenne des mar­chés. Le soft­ware l’est moins que les ser­vices web. Prendre un temps de retard est catas­tro­phique dans ce mar­ché. A inno­va­tion de départ égale (avec autant d’investissement, ce qui n’est pas for­ce­ment la cas), au bout de 2 ou 3 ans si on fait le point, l’entreprise de la Sili­con Val­ley va avoir été natu­rel­le­ment pous­sée à plus d’innovation. Celle en Europe aura plu­tôt été ralen­tie par le mar­ché. Assez natu­rel­le­ment l’entreprise euro­péenne devient une proie assez facile pour l’entreprise de la Sili­con Val­ley. Ceci rein­jecte poten­tiel­le­ment de l’argent dans le cycle d’innovation mais contri­bue aussi à l’absence d’acteur majeur.

    Je noir­cis un peu le tableau bien entendu, mais pour moi les entre­pre­neurs dans les TIC en par­ti­cu­lier dans le soft­ware sont poussé à une cer­taine schi­zo­phré­nie afin de ser­vir aussi bien le mar­ché local que pour exis­ter au niveau glo­bal. C’est une rai­son forte qui m’a fait diri­ger mon entre­prise vers l’approche Open Source. Il est clé non seule­ment d’avoir un dif­fé­ren­tia­teur par rap­port aux approches exis­tantes et sur­tout il faut pou­voir péné­trer pro­gres­si­ve­ment le mar­ché glo­bal. L’Open Source est une solu­tion extrê­me­ment inté­res­sante car non seule­ment elle repré­sente une ten­dance au niveau mon­diale et elle aide à se déployer mon­dia­le­ment à plus faible coûts. Cela per­met aussi de faire l’innovation en co-développement (avec la com­mu­nauté) tout en tra­vaillant avec les clients sur de la mise-en-oeuvre plus terre-à-terre.

  • [15] - Olivier Ezratty a écrit le 11 avril 2008 :

    Ludo­vic, c’est bien vu. J’ai traité ce sujet dans le post sui­vant qui date de la semaine der­nière : Mar­ke­ting de l’IT en France.

    Ma convic­tion est qu’il faut tou­te­fois trou­ver rapi­de­ment le moyen de s’extraire du mar­ché fran­çais plu­tôt que de s’évertuer à y ren­trer. Il vaut mieux deve­nir une belle boite inter­na­tio­nale qui se com­porte comme si elle était danoise ou israé­lienne (càd: issue d’un pays dont le mar­ché inté­rieur est tout petit) plu­tôt que comme une boite moyenne can­ton­née au mar­ché fran­çais ou “euro­péen proche”.

    La clé, c’est en tout cas d’aller vite, de croitre vite, de prendre rapi­de­ment posi­tion sur les mar­chés (d’innovations). A moins d’effectivement choi­sir de cibler des mar­chés exis­tants en mode “me-too” avec une bonne qua­lité d’exécution. Mais ce n’est pas le fort des boites fran­çaises de faire cela non plus, donc attention.

    Par contre, je suis pre­neur des trucs qui per­mettent réel­le­ment à un éditeur open source fran­çais de deve­nir inter­na­tio­nal, et plus rapi­de­ment qu’un éditeur tra­di­tion­nel. J’attend encore d’en trou­ver mal­gré toute la crois­sance que l’on observe dans l’open source. La proxi­mité des modèles écono­miques et humains des ser­vices rend dif­fi­cile la mise à l’échelle inter­na­tio­nale pour les ISV open source.

  • Pour com­plé­ter l’excellente ana­lyse d’Olivier Ezratty, voir
    “Les obs­tacles cultu­rels à la com­pé­ti­ti­vité numé­rique des pme fran­çaises” (contri­bu­tion volon­taire à la Mis­sion pour la Com­pé­ti­ti­vité Numé­rique des PME (M. Jean-Paul Cha­rié, Par­le­men­taire en mis­sion), sur
    http://www.wdhb.com/fr/publications/publication_12.php

    • [16.1] - Olivier Ezratty a répondu le 2 novembre 2009 :

      En effet ! Et tou­jours d’actualité, la note à JP Cha­rié datant de 2003 si je com­prend bien.

      Com­plète fort à pro­pos une remarque que je suis fait il y a un an et demi dans une contri­bu­tion aux Assises du Numé­rique. A savoir qu’en France, les poli­tiques et les pou­voirs publicsse trompent bien sou­vent dans les diag­nos­tics sur les retards de la France dans le numé­rique. D’où des recettes un peu à côté de la plaque. Et quand de sur­croit les diri­geants ne sont pas exem­plaires, cela n’arrange pas la situation.




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