Résultats de l’appel à projets Serious Gaming et Web 2.0

Publié le 16 septembre 2009 et mis à jour le 18 septembre 2009 - 92 commentaires -
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En mai der­nier, le gou­ver­ne­ment avait lancé un appel à pro­jets de 30m€ pour finan­cer des pro­jets de créa­tion de solu­tions de Serious Gaming et Web 2.0 (au sens large du terme). L’idée était d’intégrer le numé­rique et les créa­teurs de pro­jets dans le plan de relance écono­mique du gou­ver­ne­ment qui avait fait un peu trop la part belle au bitume.

Le 15 sep­tembre 2009, Natha­lie Kosciusko-Morizet accom­pa­gnée de Luc Rous­seau, le Direc­teur de la DGCIS (Direc­tion Géné­rale de la Com­pé­ti­ti­vité, des Indus­tries et des Ser­vices, qui dépend de Bercy) annon­çaient les résul­tats de cet appel à pro­jet. Ils en pro­fi­taient pour mettre en valeur par leur témoi­gnage cinq pro­jets extraits des 92 sélectionnés.

Voici quelques détails sur les résul­tats de cet appel à projet…

Le pro­ces­sus de sélection

La DGCIS qui assu­rait le dépouille­ment des can­di­da­tures pen­dant l’été 2009 a été sur­prise par le nombre de pro­jets : 500 – pile poil ! Pas éton­nant vus les mon­tants dis­tri­bués, qui relèvent de ce que l’on obtient avec des busi­ness angels plus que pour un pre­mier tour d’avances rem­bour­sables d’Oséo !

Le jury consti­tué pour l’occasion était consti­tué essen­tiel­le­ment de res­pon­sables concer­nés de l’administration (Oséo, CNC, ANR, Minis­tères de la Santé, de l’Intérieur, etc), deux pôles de com­pé­ti­ti­vité (Cap Digi­tal, Ima­gi­nove), une CCI (de Valen­ciennes) et un consul­tant, Julien Alva­rez (pas iden­ti­fiable avec pré­ci­sion). Il man­quait peut-être juste quelqu’un du sec­teur privé, entre­pre­neur, busi­ness angel, ou autre.

Les résul­tats

Ils sont publiés sur le site de la DGCIS, avec la liste des heu­reux élus (pro­jets et par­te­naires des pro­jets). En voici une syn­thèse chiffrée :

Résultats appel à projets serious gaming et web 2 sept2009

A noter que comme annoncé, le taux de sub­ven­tion­ne­ment des pro­jets était supé­rieur pour les PME, pour les pro­jets col­la­bo­ra­tifs et par­rai­nés par un pôle de com­pé­ti­ti­vité. Les pro­jets semblent bien répar­tis sur le ter­ri­toire, sans pas­ser par l’écueil des pôles de com­pé­ti­ti­vité, un pro­jet sur un thème donné étant éligible quelle que soit sa loca­li­sa­tion géographique.

Les plus grosses enve­loppes attri­buées l’ont été à un pro­jet web 2.0 des­tiné aux per­sonnes âgées pour 800K€ et porté par Alca­tel (Maza­doo 2.0) et à au pro­jet Vir­tual Clone Stu­dio de créa­tion de clone vir­tuel à par­tir d’une per­sonne réelle porté par plu­sieurs star­tups (Vocally, Soli­da­nim, Spi­rops, etc), et pour 900K€.

Les pro­jets finan­cés ne pour­ront pas l’être une nou­velle fois via les pôles de com­pé­ti­ti­vité. Les pro­jets reca­lés pour­ront par contre dépo­ser leur dos­sier dans le neu­vième appel à pro­jets (dit “P9”) des pôles de com­pé­ti­ti­vité géré par la DGCIS pour le par le Fonds Unique Inter­mi­nis­té­riel, la date limite étant fin novembre 2009 (il y a deux appels à pro­jets par an pour les pôles).

Côté bud­get, par rap­port à l’annonce de mai 2009, “l’opération NKM” a été un peu modifiée :

  • 15m€ ont été alloués aux pro­jets web 2.0 au lieu des 10m€ de pré­vus, en rai­son du grand nombre de pro­jets candidats.
  • Le sur­croît de 5m€ a été retran­ché de la seconde phase de l’opération des­ti­née aux appels d’offre publics. Il reste donc 15m€ au lieu de 20m€. Ces 15m€ se répar­tissent entre 10m€ pour l’appel à pro­jets Proxima Mobile clôt le 14 sep­tembre 2009, un por­tail d’information mobile ras­sem­blant des ser­vices gra­tuits, et 5m€ de com­mande publique à venir. NKM et son équipe doivent ainsi uti­li­ser les résul­tats de l’appel à pro­jets pour sen­si­bi­li­ser les dif­fé­rentes admi­nis­tra­tions cen­trales pour lan­cer des appels d’offre spé­ci­fiques. Pro­ba­ble­ment la par­tie la plus déli­cate du processus.

Carac­té­ris­tiques des pro­jets retenus

Les pro­jets rete­nus dans l’appel à pro­jets sont très variés. La majo­rité sont le résul­tat de par­te­na­riats, dans une mix­ture que l’on retrouve sou­vent dans les pôles de com­pé­ti­ti­vité : une grosse boite, une ou deux PME, et un labo­ra­toire de recherche public. Sachant que c’est sou­vent la grosse boite ou l’une des PME qui est motrice du pro­jet. Cer­tains comme Total Immer­sion ou Exa­lead ont trouvé le moyen de figu­rer dans deux pro­jets sélec­tion­nés. Cela me choque un peu pour ce der­nier, étant déjà lar­ge­ment fami­lier des sub­ven­tions, avec le pro­jet Quaero qui lui a per­mis de récu­pé­rer la baga­telle de 9m€ d’aides publiques !

Dans les noms connus (de moi…) on retrouve : Tha­lès, ATOS, le CEA, Rue89, Wikio, la FING, KXEN, Daily Motion, Sky­rock, La Poste, MylD.is Cer­ti­fied qui était à la der­nière confé­rence LeWeb, tout comme Haploid, Alca­tel, Sémio­cast (hébergé chez l’incubateur Ago­ra­nov à Paris), Eeple, le créa­teur du por­tail pour ado­les­cents Melty sou­tenu par Bouygues Télé­com, Fit­ting­box (et son sys­tème de réa­lité aug­men­tée pour choi­sir ses lunettes) et Ima­gi­na­tio (pro­jet Splayce de cou­plage de ges­tion de la connais­sance et de réseau social). En tout cas, une majo­rité de PME ce qui nous change de nombre de pôles de com­pé­ti­ti­vité où dominent les pro­jets pilo­tés par de grands groupes.

Site de data.gov

En avril der­nier, NKM avait été séduite par ce qu’elle avait vu aux USA avec le pro­jet data.gov qui vise à rendre acces­sibles par les entre­prises une grande richesse de don­nées publiques, pour créer de nou­veaux ser­vices. Dans l’appel à pro­jets web 2.0, elle sou­hai­tait favo­ri­ser les pro­jets qui feraient appel à des don­nées publiques exis­tantes, ou dont la publi­ca­tion serait deman­dée à l’occasion. Au final, 10 des 44 pro­jets rete­nus sont dans cette caté­go­rie, ce qui est pas mal. Il y a en par­ti­cu­lier, Data­Pu­blica, qui se veut être une place de mar­chés de don­nées publiques et ras­semble une boite de conseil en ecom­merce (Araok) et deux spé­cia­listes de l’open source (Talend et Nexedi). Et puis Geo+, un ser­vice de par­tage de don­nées publiques géolocalisées.

L’appel à pro­jets met­tait aussi l’accent sur les usages des­ti­nés aux citoyens, avec le lien avec des appels d’offres publics. Une consé­quence indi­recte : de nom­breux pro­jets sortent un peu du champ de l’économie de mar­ché tra­di­tion­nelle, notam­ment dans la santé ou dans l’éducation. C’est cepen­dant une carac­té­ris­tique habi­tuelle de pro­jets en phase d’amorçage : ils n’ont pas encore trouvé leur modèle écono­mique. Mais le sys­tème foi­son­nant des aides publiques n’encourage mal­heu­reu­se­ment pas les por­teurs de pro­jets à se poser la ques­tion du modèle écono­mique ! Il y a bien entendu aussi pas mal de pro­jets autour des réseaux sociaux, mais assez tour­nés vers l’outillage d’analyse comme le pro­jet ARSA porté par SAP et l’Ecole Cen­trale et Cèdres porté par KXEN.

Dans le serious gaming, on constate une domi­nante sur la santé, l’éducation et la for­ma­tion, et l’outillage de créa­tion de jeux.

Le pro­jet retenu le plus intri­guant est sans doutes Cime­tières 2.0, un logi­ciel de ges­tion de cime­tières en SaaS. On est bien dans l’épure : une solu­tion pour les ser­vices publics, ici, les col­lec­ti­vi­tés locales qui ont la charge des cimetières.

Les pro­jets mis en avant

Cinq pro­jets sont mis en avant dans le résul­tat de cet appel d’offre. Ils se pré­sen­taient lors de la confé­rence de presse d’annonce des résul­tats du 15 sep­tembre 2009 :

Médi­kids de Valen­cienne (la ville de Jean-Louis Bor­loo…) qui sera un jeu vidéo pour accom­pa­gner les enfants pen­dant leur hos­pi­ta­li­sa­tion en les infor­mant sur la manière dont leur trai­te­ment ou leur opé­ra­tion va avoir lieu pour mini­mi­ser la dou­leur et la durée d’hospitalisation. Le jeu expli­quera par exemple le fonc­tion­ne­ment de l’imagerie IRM, pour­quoi il faut y être tout seul et pour­quoi il ne faut pas bou­ger pen­dant l’examen.

Pixim, une pla­te­forme col­la­bo­ra­tive de for­ma­tion en entrai­ne­ment de per­son­nels à la ges­tion des risques asso­ciant Sim­for (une PME de 10 per­sonnes), S2i (un groupe de 3000 per­sonnes) et et un labo­ra­toire de l’Université d’Aix-Marseille. Le pro­jet met en images 3D des pro­cé­dures d’intervention.

Don­geons et Radon, un jeu de rôle pour amé­lio­rer l’attractivité des sciences expé­ri­men­tales auprès des élèves de col­lèges. Un pro­jet sou­tenu par Micro­soft France !

Cobuse, un pro­jet de la star­tup Cobuzz lancé avec le concours de Fran­çois Bour­doncle, le créa­teur d’Exalead, qui vise à créer une base de don­née de la dis­co­gra­phie – qui n’existerait pas (CDDB ? Ulike.net ?). Quid du busi­ness model ?

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Et City­pulse, porté par Daniel Kaplan que l’on ne pré­sente plus (fon­da­teur de la FING, et, c’est moins connu car ancien, rédac­teur du PAGSI, le pre­mier plan numé­rique sérieux du gou­ver­ne­ment, du temps de Lio­nel Jos­pin). C’est le pro­jet de montre verte qui per­met de col­lec­ter des don­nées envi­ron­ne­men­tales dans les agglomérations.

What’s next ?

Les pro­jets sélec­tion­nés devront four­nir des éléments d’information détaillés à la DGCIS d’ici un mois. Les avances sont ver­sées avant la fin de l’année 2009, sui­vies d’un paie­ment inter­mé­diaire puis du solde à la fin du pro­jet. Ensuite a lieu une évalua­tion des pro­jets, qui doit être pro­ba­ble­ment assez succincte.

NKM a sinon en tête d’organiser un ou plu­sieurs événe­ments dans les­quels les pro­jets sélec­tion­nés seraient mis en valeur. Elle sou­haite aussi créer une émula­tion entre admi­nis­tra­tions et uti­li­ser l’avant-garde des entre­pre­neurs Inter­net pour ame­ner les PME à se numé­ri­ser. Par exemple, en créant un gui­chet unique admi­nis­tra­tif en ligne pas seule­ment pour les auto entre­pre­neurs mais aussi pour les TPE et PME.

Vaste pro­gramme…

Post-mortem (ajouté le 18 sep­tembre 2009)

Les com­men­taires de cet article sont riches de conte­nus. Il y a beau­coup de scep­ti­cisme sur l’intérêt de tels appels à pro­jets. Mais les équipes sou­mis­sion­naires ont remonté quelques pistes sur les dif­fé­rentes manières de les amé­na­ger. En voici une synthèse :

  • Sim­pli­fier les dos­siers de candidature.
  • Pré­voir un peu plus de temps pour pré­pa­rer les can­di­da­tures (deux mois au lieu d’un mois).
  • Allouer des bud­gets pro­por­tion­nels à l’importance rela­tive des sujets.
  • S’appuyer sur les res­sources d’Oséo pour faire un pré-tri des dossiers.
  • Inté­grer des pro­fes­sion­nels du sec­teur concerné dans le jury.
  • Ne pas autant favo­ri­ser les pro­jets collaboratifs.
  • Répar­tir les bud­gets sur un plus grand nombre de candidats.
  • Infor­mer direc­te­ment les por­teurs de pro­jets des résul­tats de la sélec­tion et des rai­sons de la non sélec­tion lorsqu’il y a lieu.

A bons entendeurs…

Publié le 16 septembre 2009 et mis à jour le 18 septembre 2009 Post de | Entrepreneuriat, France, Innovation, Internet, Logiciels, Politique, Startups | 22892 lectures

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Les 92 commentaires et tweets sur “Résultats de l’appel à projets Serious Gaming et Web 2.0” :

  • [1] - Olivier Auber a écrit le 16 septembre 2009 :

    Bizarre que l’on ne trouve pas dans cette longue liste de pro­jets (tous plus ou moins déglingues AMHA) celui-ci vrai­ment digne d’intérêt dans le domaine du e-gov, non?

    http://www.nosdeputes.fr/

    • [1.1] - Olivier Ezratty a répondu le 16 septembre 2009 :

      S’était-il porté can­di­dat et avait-il besoin de financement ?

      • [1.1.1] - Olivier Auber a répondu le 16 septembre 2009 :

        Je ne pense pas que le pro­jet http://www.nosdeputes.fr/ a répondu à l’appel à pro­jets de NKM et ils ont bien fait.

        Sachant qu’il faut en moyenne 2 mois x homme pour répondre à un tel appel à pro­jets, que 408 pro­jets ont été recalé, c’est envi­ron (408 x 2)/12 = 68 années de tra­vail qui sont par­ties en fumée.

        On pour­rait se conso­ler d’un tel gâchis en ima­gi­nant que les meilleurs pro­jets ont fina­le­ment été sélec­tion­nés. Ce n’est évidem­ment pas le cas. Com­ment cela pourrait-il l’être d’ailleurs, étant donné que le jury n’était en rien com­posé de pra­ti­ciens de la chose qu’ils étaient cen­sés évaluer (des pro­jets numériques).

        A mon humble avis, les ser­vices de l’Etat sont payés (ou devraient l’être) pour savoir ce qui se passe d’intéressant - ce n’est pas très dif­fi­cile - et pour sou­te­nir les pro­jets qui le méritent du point de vue de l’intérêt géné­ral, pas pour orga­ni­ser des courses à l’échalote entre des mil­liers d’innovateurs, ou répu­tés tels, pour fina­le­ment en lais­ser 82% sur le car­reau et ne gar­der que les 18% qui, en fait d’innovateurs, sont sou­vent les meilleurs lob­byistes (cour­ti­sans) du moment.

        Connais­sant ces us et cou­tumes mal­saines, je n’ai pas concouru et je m’en porte très bien. Les vrais pro­jets inté­res­sants se déve­loppe dans les fis­sures de ce sys­tème mor­bide en cours d’implosion.

        • [1.1.1.1] - Olivier Auber a répondu le 16 septembre 2009 :

          PS: j’ajoute que dans le règle­ment du concours, il était sti­pulé que les pro­jets sou­mis­sion­nés ne devaient pas être dèjà en cours de déve­lop­pe­ment, donc répu­tés “nou­veaux”.
          Or j’en connais un bon nombre parmi les lau­réats qui traînent dans les labos ou chez les star­tu­pers depuis des lustres. Je ne cite pas de noms…

          • [1.1.1.1.1] - Olivier Ezratty a répondu le 16 septembre 2009 :

            Cette clause existe dans un tas d’appels à pro­jets ou finan­ce­ments divers d’origine publique. C’est je crois lié à une règle­men­ta­tion sur les finan­ce­ments publics. Elle s’applique aussi à toute pres­ta­tion pour le sec­teur public. Et effec­ti­ve­ment, cela truande un max pour contour­ner la mesure.

            Par contre, les équipes pro­jets à qui il faut 2 hommes mois pour rem­plir un dos­sier de can­di­da­ture sont vrai­ment mal orga­ni­sées pour ne pas dire pire… :) Cela peut se tor­cher en un à deux jours pour les boites qui ont déjà rem­pli un dos­sier Oséo ou équi­va­lent ! Pour un mon­tant d’aide accordé de 400K€, c’est dix fois plus ren­table que n’importe quel pro­cess de due dili­gence avec un club de busi­ness angels, qui appor­tera même moins (dans les 250/300K€), avec moins de chances de clo­sing, et avec en plus une dilu­tion du capi­tal. Donc, cet inves­tis­se­ment temps, dans ce cas là, était loin d’être mauvais.

            Pour avoir déjà par­ti­cipé à divers jurys, le pre­mier tri est sou­vent assez facile. Plein de pro­jets n’ont pas le niveau de qua­lité suf­fi­sant sur quelques cri­tères de base (valeur d’usage, mar­ché poten­tiel, modèle écono­mique, réelle ori­gi­na­lité par rap­port à l’état de l’art - il y a énor­mé­ment de “me toos”). La dif­fi­culté est plu­tôt de dépar­ta­ger les pre­miers dans le cas d’un prix où il faut iden­ti­fier par exemple les trois meilleurs.

            Là, ils ont gardé envi­ron 20% des pro­jets sou­mis­sion­naires ce qui est un taux assez élevé. Mais le jury a pro­ba­ble­ment eu du mal à iden­ti­fier les pro­blèmes de modèles écono­miques tout comme l’originalité des solu­tions. Ce n’est pas évident de connaitre toutes les arcanes du web et des jeux !

            • [1.1.1.1.1.1] - Olivier Auber a répondu le 17 septembre 2009 :

              Oli­vier, nous ne par­lons pas des mêmes per­sonnes ni des mêmes projets.

              Je parle des pro­jets véri­ta­ble­ment “nou­veaux”, qui donc res­pectent les termes du concours, c’est-à-dire des “inno­va­tions de rup­ture” dont tout le monde s’accorde à dire qu’ils sont indis­pen­sables pour sor­tir du marasme actuel, pas de ceux qui ont été déjà pré­sen­tés 20 fois à Oséo, aux col­lec­ti­vi­tés locales, au cré­dit d’impôts, aux VCs et autres, ou pire de ceux por­tés par des groupes spé­cia­li­sés, moins dans la R&D que dans l’influence et le ratis­sage des sub­ven­tions - seul hori­zon de leur busi­ness model -. En effet pour ces der­niers, il faut 2 jours pour remou­li­ner un dos­sier. Les pre­miers quant à eux doivent ramer bien plus, ne serait-ce que pour aller cher­cher les com­pé­tences qui leur manquent au risque de lâcher leur bonnes idées aux second. Pour ceux-là, en comp­tant les apports mul­tiples, il faut bien 2 mois de tra­vail. Cela m’a été encore confirmé tout à l’heure par plu­sieurs vic­times de cet appel à projets…

              Force est de consta­ter à la vue du résul­tat qu’il n’y a pra­ti­que­ment que des pro­jets de deuxième et troi­sième caté­go­rie, comme tu le dis, “bou­clés en 2 jours” et guère de pro­jets de “cra­pauds fous” (inno­va­teurs de rup­ture), pour­tant chers à NKM (cf. son pro­chain bouquin).

              On n’en sor­tira pas tant que l’on aura des jurys ayant “du mal à iden­ti­fier les pro­blèmes de modèles écono­miques tout comme l’originalité des solu­tions” et pour les­quels “ce n’est pas évident de connaitre toutes les arcanes du web et des jeux”, bref des jurys incom­pé­tents dans la matière qu’ils manipulent.

              Un autre modèle est pos­sible, je l’avait indi­qué il y a plu­sieurs années à la FING, et il y a quelques mois à NKM et à d’autres, c’est celui de l’”auto-jury”. S’agissant d’investir l’argent public dans l’intérêt géné­ral (c’est bien ça non?), il est par­fai­te­ment pos­sible à l’Etat de mettre une cer­taine somme d’argent sur la table et de deman­der aux por­teurs de pro­jets, tous spé­cia­listes de leur matière, de voter de manière trans­pa­rente sur les pro­jets des autres, sachant qu’eux-mêmes sont évalués de la même manière. Un groupe pro­jet = i voie et au final les N pre­miers rem­portent le morceau.

              On m’a regardé comme un uto­piste, un naïf ou un com­mu­niste. Ok, les star­tu­pers jaloux de leur secret de poli­chi­nelle, comme les lob­byistes n’aimeront pas trop ça, mais les per­sonnes qui ont un cer­tain sou­cis du bien public adoreront.

              Je n’ai rien inventé, cette for­mule com­mence à exis­ter ailleurs et à four­nir ses fruits. Demande par exemple “Netz­Netz” à Google.

              • [1.1.1.1.1.1.1] - Olivier Ezratty a répondu le 17 septembre 2009 :

                Quelques remarques, en espé­rant ne pas faire implo­ser le sys­tème de com­men­taires imbri­qués de WordPress :

                - Je ne suis pas bien cer­tain de la cor­ré­la­tion entre inno­va­tion de rup­ture et le fait d’être entiè­re­ment neuf dans le pro­ces­sus de créa­tion d’entreprise ou de pro­jet. L’innovation est un flot continu avec des pro­jets qui avancent plus ou moins, et plus ou moins vite dans le pro­ces­sus de créa­tion d’entreprise. La rup­ture, de toutes manières, tu ne t’en rends compte qu’à la fin de l’histoire, pas au début ! En met­tant de côté les grands groupes spé­cia­listes des sub­ven­tions, les star­tups qui sont dans le cir­cuit ne sont pas moins “de rup­ture” que les autres, elles sont juste un peu plus orga­ni­sées et avan­cées, et font ce qu’il faut pour trou­ver des finan­ce­ments. D’autres, rares, arrivent à se finan­cer sans pas­ser par les aides/avances publiques, ou passent direc­te­ment par la case VC. Ce sont sur­tout les serial entre­pre­neurs. D’autres encore plus rares, fonc­tionnent uni­que­ment sur fonds propres et grâce à la pro­fi­ta­bi­lité de leur busi­ness. Dans le numé­rique, c’est bien rare, sauf à être une SSII, donc pas dans la rup­ture. Pour créer une inno­va­tion de rup­ture mon­diale, il faut de toutes manières des com­pé­tences et une belle équipe, savoir com­mu­ni­quer et vendre son idée, une solu­tion qui résoud un vrai pro­blème impor­tant, et de l’ambition, ce qui per­met ensuite d’obtenir des moyens. L’inventeur incom­pris qui n’a ni réseau ni moyens ni équipe a effec­ti­ve­ment moins de chances de créer une rupture.

                - Si tu as une vraie source de pro­jets de rup­ture incom­pris de tous mais qui serait de grande valeur, quelques lec­teurs de ce blog sont sûre­ment inté­res­sés à la visiter !

                - Ta pro­po­si­tion de vote par les pairs est très inté­res­sante. Il y a pro­ba­ble­ment des moda­li­tés pra­tiques à inven­ter. Mais pour com­men­cer, ce serait plus simple pour com­men­cer par inté­grer des spé­cia­listes du sec­teur dans les jurys.

                - De toutes manières, dans tout vote de jury, il y a un truc énorme qui manque : le fait de voir les équipes. Le suc­cès d’un pro­jet est lié à plus de 70% à la qua­lité de l’équipe, ce qui ne se voit pas for­cé­ment dans un dos­sier, même s’il com­porte des indices inté­res­sants. Je vais bien­tôt être dans un jury qui, lui, dépar­tage quelques fina­listes en les ren­con­trant, pour iden­ti­fier un élu à la fin. Ren­con­trer 100 boites pen­dant l’été est plus difficile…

              • [1.1.1.1.1.1.2] - Olivier Ezratty a répondu le 17 septembre 2009 :

                Autre remarque : la pro­pen­sion du gou­ver­ne­ment à favo­ri­ser les pro­jets dits col­la­bo­ra­tifs est contre-productive. Elle cherche à appli­quer au numé­rique des méthodes qui fonc­tionnent peut-être dans d’autres dis­ci­plines. Mais pas ici !

                Si on observe les quelques suc­cès de la France dans le numé­rique, il y avait tout au plus une équipe d’entrepreneurs qui s’est appuyée sur un labo ou un ou plu­sieurs cher­cheurs. Mais pas trois PME et un grand comptes asso­ciés dans un projet.

                - Kel­koo fondé par Pierre Chap­paz et avec trois anciens cher­cheurs de Bull.
                - Busi­ness Objects fondé par Ber­nard Liau­taud et Denis Payre, avec un déve­lop­peur indé­pen­dant, Jean-Michel Cam­bot.
                - ILOG est une spin-off de l’INRIA.
                - Das­sault Sys­tèmes est une spin-off de Das­sault Avia­tion.
                - Soi­tec est une spin-off du CEA-LETI.
                - Mee­tic, Iliad, Mil­le­Mer­cis, Mode­labs, Witbe, Cegid, toutes ces boites n’ont pas été créées à par­tir de JV de pro­jets multi-entités.

                J’irai jusqu’à dire qu’à par­tir de trois enti­tés asso­ciées dans un pro­jet de créa­tion d’entreprise ou un pro­jet tout court, les chances d’aboutir deviennent qua­si­ment nulles. Deux est un maxi­mum. Et encore, dans les cas sus­ci­tés, il n’y avait qu’une entité por­teuse du pro­jet, même si elle assem­blait des équipes d’origines diverses.

                Et c’est pareil aux USA, plus pro­lixes que nous en inno­va­tions de rup­ture ayant véri­ta­ble­ment ren­con­tré leur marché.

  • [2] - macha a écrit le 16 septembre 2009 :

    Effec­ti­ve­ment. Drôle de sélec­tion quand même. Perso, je ne vois pas l’intérêt de ce type d’opération. Les reca­lés iront voir l’Oséo, vous savez le truc qui est soit disant dif­fi­cile d’accès selon vous. Mais quand je lis les bilans de cet orga­nisme rien que sur 2008, je trouve que le nombre de pro­jets sou­te­nus est très impor­tant. Et cela fait moins “résul­tats du bac”.

  • [3] - sylvain a écrit le 17 septembre 2009 :

    Macha et Oli­vier : Oséo n’a pas du tout été impli­qué dans cet appel à pro­jets (2.0, serious game et autre). L’appel a entiè­re­ment été géré par la DGCIS. Je ne pense pas qu’Oséo pourra finan­cer ceux qui ont été reje­tés. Les entre­pre­neurs ne devront pas se plaindre auprès d’Oséo mais direc­te­ment auprès de NKM et de la DGCIS. Ne vous trom­pez pas de cible. Bon courage.

  • [4] - MAS a écrit le 17 septembre 2009 :

    Bon­jour,
    Je fais par­tie des mal­heu­reux reca­lés.
    Bien sûr, je pense que mon pro­jet est excellent, … Bla bla bla ‚… ;-)

    Au sujet du pro­ces­sus de sélec­tion:
    - Le vote par les pairs peut aussi induire des biais, notam­ment par la créa­tion d’alliances.
    - La pré­sence dans les membres du jury de “pro­fes­sion­nels” du W2 ou des Serious Games pèsera aussi sur l’objectivité des débats : ils trou­ve­ront tou­jours que le pro­jet de leurs amis font plu­tôt par­tie des meilleurs.
    Bref, on pourra tou­jours dis­cu­ter du pro­ces­sus de sélec­tion, qui ne peut pas être un pro­ces­sus par­fait.
    Cepen­dant, le fait de ne pas voir l’équipe est en effet curieux (je pense que nous aurions pu gagner des points!).

    Mais le vrai pro­blème vient plu­tôt de la clause de non début des tra­vaux.
    On ne sait pas si les tra­vaux débu­tés après envoi du dos­sier mais avant la réponse peuvent être éligibles (ce qui nous a fait perdre 2 mois et 2 mois, ce peut être une oppor­tu­nité de contrat ratée).
    En plus de cela, j’apprends ici (Merci Oli­vier Aubert) que cer­tains pro­jets qui ont gagné avaient déjà commencé.

    Il fau­drait deux choses :
    - Que les règles du concours soient res­pec­tées, ce qui ne semble pas être le cas.
    - Sup­pri­mer cette règle de non début des tra­vaux car cela per­met­trait au jury de mieux se rendre compte de la qua­lité du pro­jet (mais ça ne m’aurait pas aidé sur ce pro­jet, la plu­part des éléments étant sur papier).

    A Oli­vier Ezratty : Et P9, ça vaut le coût d’essayer? On peut débu­ter le pro­jet avant ?

    • [4.1] - Olivier Ezratty a répondu le 17 septembre 2009 :

      Pour P9, je ne connais pas trop le pro­ces­sus en détail. Il me semble qu’il com­porte ce fort biais de R&D “col­la­bo­ra­tive” dont j’ai déjà écrit ce que j’en pensais.

      La règle de non début des tra­vaux ne me semble pas négo­ciable car elle est gou­ver­née par dif­fé­rentes lois pas si simples à modi­fier, dont pro­ba­ble­ment une règle­men­ta­tion européenne.

      Par contre, la faire res­pec­ter pour ne finan­cer que les véri­tables nou­veaux pro­jets serait utile. Reste à dis­po­ser des moyens de véri­fier que les pro­jets sont véri­ta­ble­ment nou­veaux. Cela ne doit pas être bien évident. Quelqu’un aurait-il une piste pour y arri­ver sans que cela néces­site des armées de fonctionnaires ?

  • [5] - Wolden Avro a écrit le 17 septembre 2009 :

    D’un autre recalé ;-)

    En tant que micro-structure iso­lée et sans aucun contact avec ces grands groupes, labos de rech ou pôles, il était clair que les chances de suc­cès étaient proches de zéro. Pour nous qui ne savons ni ce qu’est Oseo, ni même mon­ter un dos­sier aussi com­plexe que celui demandé (des jours de bou­lot non-passés à faire autre chose…) il était tout aussi clair que nous n’atteindrions pas les condi­tions d’éligibilité.
    Pour­quoi sou­mettre un pro­jet, alors ? Parce que. Pour voir. Pour dire qu’on y était et attendre les résul­tats comme des col­lé­giens.
    Déçu ? For­cé­ment un peu. En puis c’est comme au loto, on se dit que sur x mil­lions de chances c’eut été trop beau de décro­cher le pom­pon.
    Reste que c’est un job à plein temps de décro­cher des sub­ven­tions et que ce temps nous ne l’avons pas, pas plus que nous n’avons les moyens que payer qq’un pour ça. Ce que nous avons, c’est de l’énergie pour faire de la R&D inno­vante quand le taff au quo­ti­dien est bou­clé. Les nuits. Les week-end.
    C’est ça qu’on aurait aimé voir récom­pensé, toute cette éner­gie que des cen­taines de micro-structures mettent à créer des choses pas­sion­nantes, mais sans moyens écono­miques pour les faire plei­ne­ment abou­tir. C’est ça qu’il allait sou­te­nir, ce vivier d’innovateurs, et pas les mas­to­dontes pour qui 300 000 euros repré­sentent quelques jour­nées d’exploitation… et qui de toute façon ont DEJA les moyens humains, écono­miques, tech­niques pour faire abou­tir leurs pro­jets.
    Pour nous, 300 000 euros c’est une somme tel­le­ment colos­sale qu’on n’aurait même pas su com­ment s’y prendre. Fina­le­ment c’est aussi bien qu’on les ait pas eux ;)

  • [6] - MAS a écrit le 17 septembre 2009 :

    Je plus­soie Wolden

  • [7] - OlivierSeres a écrit le 17 septembre 2009 :

    Encore d’un autre recallé,
    cet AAP me laisse un goût un peu amer; nous avons bossé d’arrache pied pen­dant 3 semaines pour construire un pro­jet col­la­bo­ra­tif cohé­rent avec 3 autres socié­tés autour du tac­tile et rem­plir comme des ânes un dos­sier hyper­com­plexe pré­paré depuis février 2009 par des rédac­teurs fous en chambre.
    Pour­quoi ? Pour pas grand chose. Le temps aurait pu être mieux uti­lisé ailleurs. C’est la vie, me diriez vous, z’aviez qu’à pas participer…

    @oezratti : quand tu parles de 2 jours, ca me fait hur­ler, je crois que tu as un peu sur­volé le dos­sier… J’ai dis­cuté avec d’autres pro­jets bien staf­fés avec des grosses boites (qui ont été nomi­nés) ils ont bossé à minima full time,3 semaines à 2 ou à 3.
    Mes ques­tions :
    * Pour­quoi un délai si court au regard d’un bud­get si impor­tant ?
    * Pour­quoi ce sujet “serial Gaming” sorti du cha­peau, doté d’un bud­get de 20M€ (pour faire plai­sir à qui) ?
    * Pour­quoi ce dos­sier obli­ga­toire si complexe ?

    AMHA il aurait été plus effi­cace d’effectuer une pre­mière sélec­tion avec des slides pré­sen­tant le pro­jet, afin de véri­fier si les cri­tères d’éligibilité fussent réunis.
    Et de ne gar­der que le tiers des pro­jets par exemple.
    Cela aurait per­mis à 88% des équipes de ne pas perdre 2 moisx­homme (merci @OlivierAuber pour ton cal­cul et ana­lyse).
    Par ailleurs il me semble que la part “lob­bying” et repré­sen­ta­ti­vité (1 grosse boite pour la sta­bi­lité finan­cière, 1 PME pour l’innovation, 1 labo de recherche pour …le minis­tère) était très incon­tour­nable… => start-ups avec juste la bonne idée : pas vrai­ment avantagés.

    Je ter­mine sur une note posi­tive en me disant que cet AAP aura au moins eu le mérite de rap­pro­cher 3 entre­prises et d’envisager une col­la­bo­ra­tion ulté­rieure sans AAP. Peut être.

    • [7.1] - Olivier Ezratty a répondu le 17 septembre 2009 :

      Le dos­sier est effec­ti­ve­ment lour­dingue et ta pro­po­si­tion de sélec­tion en deux temps est tout à fait censée.

      Ceci étant, quand tu as un busi­ness plan bien ficelé, tu peux faire pas mal de copier col­ler pour rem­plir le dos­sier ! Et évide­ment, si tu as déjà fait une demande d’aide Oséo, tu es encore mieux pré­paré. Même si ce n’est pas la pana­cée, il y des boites et des consul­tants indé­pen­dants (PAS MOI!!!) qui peuvent aider à rem­plir ces dossiers.

      Bon, et l’argent gra­tuit, cela n’existe pas…

      Pour tes ques­tions sur l’AAP, quelques vagues pistes :

      1) NKM est quelqu’un de pres­sée, elle vou­lait aller plus vite que d’autres pro­ces­sus (comme le Concours Natio­nal de l’Entreprise Inno­vante) qui eux sont bien trop lents. L’autre solu­tion aurait été de pas­ser l’été, récu­pé­rer les dos­siers début sep­tembre et d’annoncer les résul­tats fin octobre ou début novembre.

      2) Le “serious gaming”, c’est clai­re­ment NKM et c’est effec­ti­ve­ment dis­cu­table parmi plein d’autres prio­ri­tés indus­trielles dans le numé­rique. Mais bon, cela s’argumente aussi : la France est bonne dans l’industrie du jeu, même si cela cha­hute en ce moment, il y a des oppor­tu­ni­tés de réuti­li­ser des concepts btoc dans le btob. Pour­quoi pas. Mais de là à y inves­tir plus que dans presque “tout le reste du web”, c’était un peu too much.

      3) Pour le dos­sier com­plexe, NKM n’a pas d’équipe en propre pour gérer ce genre d’AAP. Donc elle s’appuie sur les minis­tères qui peuvent le faire. La DGCIS qui gère déjà les AAP des pôles de com­pé­ti­ti­vité a été ainsi mise à contri­bu­tion en réuti­li­sant visi­ble­ment des dos­siers exis­tants pour les pôles (à véri­fier…). Ils ont d’ailleurs bossé dur. Les gens de la DGCIS que j’ai croi­sés mardi à la conf de presse de NKM avaient l’air com­plè­te­ment “explo­sés”. Et en plus, ils n’ont pas ter­miné le bou­lot car il leur faut main­te­nant suivre 92 pro­jets, dis­tri­buer les aides, etc.

  • [8] - Olivier Auber a écrit le 17 septembre 2009 :

    (le thread word­press semble avoir atteint ses limites, je conti­nue ici. Salut Oli­vier Seres et les autres ;-) )

    Oli­vier E, toutes les boîtes que tu cites (Kel­koo, Busi­ness Objects,ILOG, Das­sault Sys­tèmes, Soi­tec, Mee­tic, Iliad, Mil­le­Mer­cis, Mode­labs, Witbe, Cegid…) sont des reje­tons du siècle pré­cé­dent. Que s’est-il passé depuis? Pas grand choses. A mon sens les for­mules qui ont per­mis leur créa­tion ne fonc­tionnent plus aujourd’hui… Mais là n’est pas mon propos.

    Mon pro­pos vise l’action de l’Etat dans le domaine de l’innovation. L’appel à pro­jets de NKM (que je ne veux pas acca­bler per­son­nel­le­ment) me paraît être un tra­gique exemple de poli­tique contre-productive, car comme le sou­ligne Fré­dé­ric Mon­ta­gnon (1), il intro­duit des dis­tor­sions de concur­rence, tue les petits entre­pre­neurs (cf. le com­men­taire de Wol­den Avro [5]), et ne contri­bue en rien à l’intérêt géné­ral et au bien public.

    Je suis d’accord avec toi quand tu dis “l’innovation est un flot continu avec des pro­jets qui avancent plus ou moins” et que les inno­va­tions de rup­ture sont tou­jours vues après coup, mais je ne pense pas du tout que “pour créer une inno­va­tion de rup­ture mon­diale, il faut de toutes manières des com­pé­tences et une belle équipe”. Google a bien com­mencé avec deux types, non? Et bien c’est ces deux types qu’on assas­sine ici avec l’usine à gaz des sub­ven­tions à la Française!

    Tu me demandes si j’ai de telles inno­va­tions de rup­ture en maga­sin. Peut-être, mais je n’en ferai pas l’étalage ici, les curieux trou­ve­ront par eux-mêmes ou me contac­te­ront. Cer­tains de ces pro­jets ont 25 ans et attendent leur heure, d’autres quelques mois seule­ment et se déve­loppent actuellement.

    Je ne cite­rai que deux inno­va­tions, “de rup­ture” à mes eux, bien que n’ayant rien de tech­no­lo­gique, aux­quelles je par­ti­cipe sans en être l’auteur, c’est celles-ci:

    http://www.sard-info.org/
    http://appelpourlerevenudevie.org

    PS: au fait, merci pour ton compte-rendu qui donne l’occasion de dis­cu­ter sin­cè­re­ment :-)

    (1)fondateur d’Overblog
    http://www.fred-montagnon.over-blog.com/article-36180906.html

    • [8.1] - Olivier Ezratty a répondu le 17 septembre 2009 :

      Non, Word­Press n’est pas vrai­ment en cause. Ton com­men­taire était blo­qué dans la rubrique spam car il conte­nait deux URL. Je viens de le valider.

      100% d’accord sur le trop d’Etat dans le finan­ce­ment de l’innovation. Mais vu de l’étranger, notre pays est un para­dis fis­cal pour finan­cer la R&D de boites de toutes tailles ! Ne cra­chons pas trop sur la soupe.

      Mais l’absence de suc­cès à la Google n’est pas seule­ment impu­table au méca­nisme de finan­ce­ment de l’innovation par l’Etat. Cf le très bon résumé de Marc Simon­cini de la semaine dernière.

      Mee­tic a d’ailleurs été créé en 2001, les Sky­blogs en 2002 (l’un des rares réseaux sociaux pro­fi­tables en Europe voire dans le monde), Via­deo en 2003, etc. Qu’est ce qui a changé depuis 2000 dans les condi­tions de suc­cès de l’industrie du numé­rique ? Sur­tout le poids de l’Internet, mais pas au point de rendre le tra­vail PLUS dif­fi­cile pour les boites françaises.

      Tient, et pour ter­mi­ner sur une note posi­tive, un petit pro­jet web fran­çais qui s’est fait remar­quer lors du Tech­crunch 50 de cette semaine à San Fran­cisco : Stribe de Nyou­link (c’était le seul pro­jet fran­çais il me semble dans les 50 sélec­tion­nés qui “pit­chaient” en séance plé­nière). Ils sont incu­bés chez Tele­com Pari­tech et aidés entre autres par Scien­ti­pôle Initiative.

      • [8.1.1] - Olivier Auber a répondu le 17 septembre 2009 :

        Merci pour ta réponse, mais Stribe me console guère des 68 années homme fou­tues en l’air par l’AAP d’NKM qui tôt ou tard devra en répondre, mal­heu­reu­se­ment. Je dis mal­heu­reu­se­ment, car je la consi­dère comme la seule per­sonne inté­res­sante de ce Gou­ver­ne­ment et ça m’a fait mal de l’avoir vu faire cette conne­rie qui abou­tit à l’inverse de ce qu’elle aurait sou­haité faire, sans doute sincèrement.

      • [8.1.2] - Olivier Auber a répondu le 13 octobre 2009 :

        C’est emmer­dant la sor­tie de Google Side­Wiki pour stribe, non?
        Et Side­Wiki démode d’un seul cout d’un seul une bonne dou­zaine de web­ser­vices du même genre.

        En fait ce simple détail illustre bien mon propos :

        IL EST INUTILE DE SINGER LES PRODUITS ET LES PROCESSUS DE DEVELOPPEMENT US. IL FAUT FAIRE RADICALEMENT AUTRE CHOSE.

        • [8.1.2.1] - Kamel (Stribe) a répondu le 14 octobre 2009 :

          Bon­jour Olivier,

          La pro­po­si­tion de valeur de Stribe et Side­Wiki sont com­plè­te­ment différentes.Vous avez d’un côté Stribe, un logi­ciel de ser­vice (SaaS) qui per­met à un site web (BtoB­toC) de créer, d’intégrer et d’animer sur son site son propre réseau social pour tous ses visi­teurs. De l’autre côté, vous avez un Side­Wiki, un plug-in à télé­char­ger qui per­met aux inter­nautes (BtoC) de com­men­ter les pages web qu’ils visitent.

          Stribe intègre en effet un module “com­men­taire” mais égale­ment de nom­breuses fonc­tion­na­li­tés sociales comme une chat­box­pu­blic, un IM, un web­mail, un pro­fil uti­li­sa­teur, des membres, un sha­re­this, un com­mu­nity mana­ger ana­ly­tique etc…

          De cette manière, Stribe s’apparente plus à un “Ning” embar­qué dans un site web avec des outils d’interaction trans­verses aux sites web ce qui per­met de nou­veaux usages comme celui de répondre aux membres des com­mu­nau­tés auquel un inter­naute appar­tient de n’importe quel site stribé.

          Est ce que cela vous semble un peu plus clair? :)

          N’hésites pas à reve­nir vers moi.

          Merci de votre inté­rêt et de partager.

          Stri­be­ment,

          Kamel
          @stribe

  • [9] - Wolden Avro a écrit le 17 septembre 2009 :

    D’un autre côté il faut com­prendre nos poli­tiques : 340 pro­jets 2.0 tous plus ou moins inno­vants (de un peu à très…) et un jury pro­ba­ble­ment inca­pable (aussi de un peu à très) d’auditer/qualifier ces pro­jets dans une pers­pec­tive et au regard d’enjeux dans les­quels nous bai­gnons, nous, jour et nuit.

    Se rabattre sur de grands noms connus était donc la meilleure façon de faire. La plus sûre au niveau poli­tique (aider les gros c’est plus payant qu’aider les petits), admi­nis­tra­tif (leurs dos­siers sont clairs, com­plets, pré­cis, détaillés… le pro­jet devient alors immé­dia­te­ment “jau­geable”), tech­nique (on com­prend pas for­cé­ment grand’chose mais si c’est eux c’est for­cé­ment du sérieux) et stra­té­gique (Bruxelles inter­di­sant le sub­ven­tion­ne­ment direct, le recours à l’appel à pro­jet n’est pas critiquable).

    On ne peut donc pas cri­ti­quer la méthode, c’était la seule pos­sible. Rien à redire. Fal­lait trier, ils ont trié. Ils l’ont fait à leur manière. Une autre était-elle pos­sible ? dans ce cadre-là pas si sûr.

    Si nous on veut se la jouer Apple, Google ou Twit­ter on n’a qu’à conti­nuer dans nos garages res­pec­tifs. Du coup je me suis remis dès ce matin au pro­jet pro­posé et que j’avais inter­rompu pen­dant deux mois à cause de cette étrange clause de “nou­veauté” ;-)

    • [9.1] - Olivier Auber a répondu le 17 septembre 2009 :

      hou­lala, il y a de quoi ali­men­ter des géné­ra­tions de socio­logues de l’innovation, voire de psy­cha­na­lystes, dans ce que tu dis Wol­den. La vic­time accep­tant pla­te­ment l’acte du bour­reau, c’est beau! ;-)

      • [9.1.1] - Wolden Avro a répondu le 18 septembre 2009 :

        Non rassure-toi c’est pas exac­te­ment ça, c’est qu’on dirait qu’un cer­tain nombre d’entre nous viennent de décou­vrir que la poli­tique existe :-) Tout ça parce que sur ce coup-là ça nous concerne direc­te­ment… Mais c’est le quo­ti­dien de mil­lions de gens, ça : l’arbitraire, le copi­nage, les arran­ge­ments, etc. Ca marche comme ça et pas autre­ment.
        Qu’on y prenne du plai­sir est une autre paire de manche (pas maso à ce point…), mais en être conscient et l’accepter parce que **de toute façon il n’y a rien d’autre à faire** me paraît plus que raisonnable.

        • [9.1.1.1] - Olivier Auber a répondu le 18 septembre 2009 :

          En gros on va dans le mur, et il n’est pas ques­tion de s’écarter de cette trajectoire.

          Der­nière minute: on me souffle dans l’oreillette (un cher­cheur connu inter­na­tio­na­le­ment dans son domaine des Tele­com) que l’un des pro­jets lau­réat, pré­senté par un gros labo de recherche (…), est une “daube” fon­dée sur une “techno has been” (…) et que ça n’est qu’un pré­texte pour filer du fric en sous main à une grosse boîte qui part en vrille (…) En gros on confond finan­ce­ment de l’innovation, sau­ve­tage indus­triel, assis­tance sociale, et clien­tè­lisme politique.

          • [9.1.1.1.1] - Olivier Ezratty a répondu le 18 septembre 2009 :

            Ces canards boi­teux, les spé­cia­listes les connaissent en effet. Vas voir dans Quaero par exemple !

            Il y a tout de même des pro­jets de gens qui ont bossé dur et sans faire de lob­bying dans les élus de cet appel à pro­jet. Evi­tons de som­brer dans ce tra­vers fran­çais bien connu qui consiste à ne voir que la par­tie à moi­tié vide d’un verre aux 2/3 pleins !

            Un truc qui serait très inté­res­sant à faire serait de prendre les 500 pro­jets arri­vés à la DGCSIS et de faire une sélec­tion paral­lèle. Mais… avant la publi­ca­tion des résul­tats de la DGCIS. His­toire de com­pa­rer. A mon humble avis, il y aurait une grosse part de recou­vre­ment dans les deux sélec­tions. Il ne faut pas oublier que les créa­teurs de pro­jets doivent aussi savoir vendre leur pro­jet. Tous n’arrivent pas à bien le faire. C’est une com­pé­tence clé pour faire avan­cer un pro­jet, sur­tout dans le monde marchand.

            Un der­nier point sur la notion de “rup­ture”. La plu­part des grandes rup­tures tech­no­lo­giques dans le numé­rique sont le fait de plate-formes exten­sibles (ou bien par­fois très inté­grées ver­ti­ca­le­ment) rela­ti­ve­ment géné­riques. Pour ne prendre que le web 2.0, Face­book a explosé au moment où il ouvrait ses APIs en 2007. Plus des deux tiers des uti­li­sa­teurs de Twit­ter ne vont jamais sur son site web et uti­lisent un client tierce par­tie. L’iPhone, c’est sur­tout 60000 appli­ca­tions, etc.

            Dans l’AAP, il n’y avait pas vrai­ment de pro­jets dans cette caté­go­rie. Et c’est vrai dans les star­tups fran­çaises du web en général.

            • [9.1.1.1.1.1] - Olivier Auber a répondu le 18 septembre 2009 :

              Je suis bien d’accord pour voir les choses de manière posi­tive, c’est ce que je fais tous les jours dans mon acti­vité, c’est ce que j’ai fait ici en pro­po­sant des pistes. Je suis même prêt à admettre qu’il y a des pro­jets inté­res­sants parmi les lau­réats d’NKM, heureusement!

              Posi­tif oui mais pas niais, ni rési­gné. Je dénonce l’hypocrisie, le sui­visme et l’inefficacité du sys­tème de finan­ce­ment de l’innovation “à la fran­çaise” que l’on vient de voir à nou­veau à l’oeuvre dans toute sa splendeur.

              Un mot sur le sui­visme en par­ti­cu­lier: les suc­cess sto­ries citées en exemple sont presque toutes amé­ri­caines, ce sont des modèles cen­tra­li­sés on ne peut plus capi­ta­listes. A ce jeu-là, nous n’avons stric­te­ment aucune chance comme j’ai tenté de le mon­trer dans le texte , une contri­bu­tion aux assises du numé­riques du pré­dé­ces­seur d’NKM. (on nous exhi­bera le contre exemple de Mee­tic, ah la belle affaire! Beurk!) Arrê­tons, sous cou­vert de la sacro-sainte “com­pé­ti­ti­vité”, de sin­ger avec 3€50 ce qui est déve­loppé de l’autre côté de l’atlantique avec $3 500 000. Déve­lop­pons des modèles tota­le­ment alter­na­tifs, c’est notre seule porte de sortie.

              Un simple exemple, dans un domaine très par­ti­cu­lier, celui de la généalogie.

              - Voici ce qu’on fait aux US : http://www.geni.com un truc web2.0 (2D, cen­tra­lisé, crowd­sour­cing méchant + pri­va­ti­sa­tion des don­nées per­son­nelles, etc.) déve­loppé à grand frais $$$ par le fon­da­teur de Pay­pal.
              - Voilà une alter­na­tive mai­son à l’état de pro­to­type déve­loppé avec 3€50: http://arbre.km2.net (3D, P2P abso­lu­ment acen­tré, Libre, aucune exploi­ta­tion des don­nées per­son­nelles, etc.)

              Tu me diras que l’alternative que je pro­pose n’est pas faite pour le “monde réel”. Au pre­mier coup d’oeil peut-être… Mais que fait le monde réel et mer­veilleux du finan­ce­ment de l’innovation en atten­dant: et bien il a financé en pure perte des clones fran­chouillards de geni.com qui sont arri­vés trop tard et n’ont donc eu stric­te­ment aucune chance…

              Pour­quoi, ni moi ni beau­coup d’autres à la tête de pro­jets du même ton­neau, n’avons pas can­di­daté à l’appel d’NKM? Et bien parce que nos pro­jets ne peuvent, ni ne veulent en aucun cas s’inscrire dans la lubie de la “com­pé­ti­ti­vité”. Ce qui nous inté­resse nous, c’est la réa­lité des ser­vices que nous pro­jets peuvent pro­po­ser aux gens et l’autonomie et la liberté qui peut être la leur en tant qu’utilisateur et contributeur.

              OK, mais où est le modèle écono­mique? diras-tu.

              Et bien pré­ci­sé­ment dans une “écono­mie de la contri­bu­tion”, comme l’appelle Stie­gler, qu’il s’agit de fon­der sur les ruines de la sky­zo­phre­nie Hadopi, et dont l’un des maillons pour­rait être ceci:

              http://www.sard-info.org/

  • [10] - Michel a écrit le 17 septembre 2009 :

    L’APP Serious Games a récom­pensé prin­ci­pa­le­ment des chas­seurs de sub­ven­tions multi réci­di­vistes dont les capa­ci­tés de lob­bying dans les bureaux des minis­tères ne sont plus à démon­trer et dépassent lar­ge­ment leur chiffre d’affaires avec de vrais clients… Et si parmi les reca­lés il y avait de futurs cham­pions mon­diaux sur leur mar­ché ? espé­rons que ces résul­tats ne les auront pas découragés.

    Atten­tion l’abus de sub­ven­tions nuit gra­ve­ment à la com­pé­ti­ti­vité et la lon­gé­vité des entre­prises béné­fi­ciaires…
    A consom­mer avec modé­ra­tion en com­plé­ment de capi­taux propres de vrais inves­tis­seurs et de vrais chiffres d’affaires avec de vrais clients.

  • [11] - sylvain a écrit le 17 septembre 2009 :

    Mon­ter un pro­jet col­la­bo­ra­tif est effec­ti­ve­ment un peu lourd. Par contre, les reca­lés peuvent contac­ter Oséo. Les pro­jets avec une seule entre­prise ou à 2 entre­prises peuvent être sou­te­nus par cet orga­nisme. L’accompagnement est pré­sent avec l’aide d’un expert. Le seul sou­cis pour Oséo, c’est son bud­get en baisse face à la hausse des bud­gets pour de tels appels à pro­jets comme celui de NKM avec la DGCIS (effets d’annonce très tac­tique poli­tique) du plan de relance et pour le cré­dit d’impôt recherche. Autre­ment, il est clair que le finan­ce­ment serait continu de la part d’Oséo et les pro­jets valables, sans lobby, auraient leur chance à tout moment de l’année. Oséo n’est pas un orga­nisme impli­qué poli­ti­que­ment. C’est peut être pour cela qu’il n’est pas privilégié.

    • [11.1] - Olivier Auber a répondu le 17 septembre 2009 :

      Donc un membre d’Oséo (tu en es un n’est-ce-pas?) nous dit qu’on a désha­billé Pierre pour habiller Paul (Emploi) à des fins poli­tiques, c’est génial!

  • [12] - Michel a écrit le 18 septembre 2009 :

    En résumé des fonc­tion­naires de plu­sieurs minis­tères ont choisi entre eux de finan­cer les pro­jets des start up les plus pro­met­teurs à leurs yeux, exclu­si­ve­ment sur dos­siers et en huit clos. Voici un joli sujet pour une pièce de théatre qu’aurait appr­cié de son vivant Samuel Beckett. OSEO aurait cer­tai­ne­ment été un meilleur choix car jamais de telles déci­sions n’ont été aussi décriées sur la toile…

  • [13] - sylvain a écrit le 18 septembre 2009 :

    oli­vier aubert. Je n’en suis pas. Je suis financé par Oséo et c’est ce que j’ai pu consta­ter en direct live. Mais il ne serait pas juste de dire que la sélec­tion de l’appel à pro­jets par le minis­tère a été mau­vaise. Je pense qu’ils l’ont fait sérieu­se­ment. Il existe d’autres sources de finan­ce­ment pour les recalés.

  • [14] - gwendal a écrit le 18 septembre 2009 :

    Tout le monde déteste le for­mat des appels à pro­jets. D’ailleurs un post récent d’un cher­cheur aca­dé­mique pro des appels à pro­jets :
    http://www.daniel-lemire.com/blog/archives/2009/09/15/the-hard-truth-about-research-grants

    La sou­mis­sion à un appel à pro­jets de recherche, c’est un sport : il y a un cane­vas lou­foque qui est imposé, il faut un peu de pra­tique pour en com­prendre les subtilités.

    Ce qui me sur­prend ici, c’est le nombre de sou­mis­sions ! Sans doute que NKM a su créer un buzz qui a tou­ché des non-habitués de ces appels à pro­jets de recherche. Pour ces primo-soumettants, la chance de pas­ser était d’autant plus faible que cet appel à pro­jets a eu fina­le­ment un ratio d’acceptation qui est le plus faible parmi tous les appels à pro­jets riche­ment dotés (ANR, pole de com­pe­ti­ti­vité; etc.)

  • [15] - Guillaume a écrit le 18 septembre 2009 :

    Je ne com­prends pas égale­ment cette mode des appels à pro­jets façon concours. Alors qu’il existe des voies plus simples à tra­vers les aides régio­nales et les aides natio­nales type Oséo ou autres.

    La secré­taire d’Etat à l’économie numé­rique a tout de même réussi à rafler plus de 80 mil­lions d’euros dans le plan de relance comme cela en quelques mois, pen­dant que les bud­gets d’autres ins­ti­tu­tions sont au plus bas. Pour­quoi ne s’est elle pas appuyée sur les sys­tèmes exis­tants en amé­lio­rant leur dota­tion.
    Et pour­quoi pri­vi­lé­gier les pro­jets en col­la­bo­ra­tion avec d’autres (genre PME, labo­ra­toires, etc)?

    Plu­sieurs de mes connais­sances ont par­ti­cipé à cet appel à pro­jets et n’ont pas réussi à être selec­tion­nées. Du temps perdu. Un espoir évanoui. Je ne pense pas qu’elles recom­men­ce­ront. Je les avais prévenues.

    A t-on voulu faire un coup média­tique ? Je ne trouve pas cela drôle.

  • [16] - Furtenberg a écrit le 18 septembre 2009 :

    Oli­vier liste en fin de son article les points d’amélioration pos­sibles pour ces opérations.

    Mais je lis qu’on pour­rait s’appuyer sur oséo pour faire un pré-tri des can­di­dats (le gros du bou­lot quoi). Et puis quoi encore ? Vous les pre­nez pour des mules à Oséo ? Le der­nier recours ? On leur a demandé leur avis quand l’appel à pro­jets à été lancé ? Je ne crois pas. Ils ne sont pas fonc­tion­naires eux. Pour­tant, si oséo avait coor­donné cela aurait été utile pour tout le monde et le résul­tat aurait cer­tai­ne­ment pro­vo­qué moins de polé­miques. Vous avez vu le nombre de pro­jets que Oséo a sou­tenu déjà dans le 2.0 et les jeux depuis plu­sieurs années? Et dans d’autres sec­teurs encore plus utiles ??? Et bien regar­dez, vous ver­rez qu’ils ont déjà fait beau­coup. Ils auraient pu faire plus si le plan de relance avait pensé à eux pour l’innovation. Oli­vier Ezratty a assez ralé comme cela sur la baisse du bud­get d’Oséo sur l’innovation, avec son magni­fique post sur l’asphyxie des startups.

    Non, le mieux c’est que la DGCSIS conti­nue de bos­ser en plein mois d’août. Que cela devienne une bonne habi­tude. En pleine cha­leur, c’est bon pour sélec­tion­ner. Je ne sais pas com­bien ils sont de fonc­tion­naires dans cette direc­tion, mais ils doivent être nombreux.

    Les pro­jets de l’appel à pro­jets étaient de pré­fé­rence en mode col­la­bo­ra­tif (proche du FUI de la DGCSIS et des pôles de com­pé­ti­ti­vité) parce qu’en mode “mono­par­te­naire” il existe déjà l’aide à l’innovation clas­sique chez oséo. Et du coup, pas sûr que la DGCSIS aurait été la plus à même…

    Tout cela c’est pour habiller Pierre. Je suis d’accord avec le mes­sage ici de Oli­vier Auber (11.1). Mais bon, il faut bien que tout le monde bosse.

  • [17] - OlivierSeres a écrit le 18 septembre 2009 :

    @oezratty : merci pour ta réponse à mon com­men­taire
    si je puis me per­mettre…
    1°) “Il y a tout de même des pro­jets de gens qui ont bossé dur et sans faire de lob­bying dans les élus de cet appel à pro­jet“
    >j’espère bien! ce serait bien inquié­tant sinon…

    2°) “Dans l’AAP, il n’y avait pas vrai­ment de pro­jets dans cette caté­go­rie (des pro­jets de rup­ture)“
    >Ah bon, tu les as tous vus ? Tu fai­sais donc par­tie du comité de selection ?

    3°) “Et c’est vrai dans les star­tups fran­çaises du web en géné­ral.“
    > voilà un bien triste constat. Il faut donc se poser la ques­tion : pour­quoi les fran­cais sont si nuls (et com­ment les 50M€ dépen­sés pour les AAP Web2 et Serious gaming vont ils rele­ver le niveau ?)

    • [17.1] - Olivier Ezratty a répondu le 18 septembre 2009 :

      Non, je n’étais pas dans le comité de sélec­tion. Mais j’ai juste consulté la liste. Il y en a peut être quelques uns, mais cite moi les pro­jets de rup­ture de type plate-forme qui te marquent le plus…

      Vous char­gez tous sacré­ment sévè­re­ment la barque les gars sur cet AAP. Vous oubliez un peu un de ses éléments direc­teurs ini­tiaux : abou­tir ensuite à des appels d’offre pour insuf­fler des inno­va­tions Inter­net dans l’administration. Faire de l’Etat un bon client pour les star­tups est pro­ba­ble­ment une gageure, mais n’est-ce pas inté­res­sant de creu­ser la piste de manière expérimentale ?

      Je dis “ini­tiaux” car une par­tie du bud­get ayant été réal­louée aux pro­jets web 2.0, il reste la ridi­cule somme de 5m€ pour des appels d’offre de pro­jets asso­ciés, 10m€ allant à un por­tail de ser­vices mobile. Cela a une consé­quence : il ne reste plus grand chose pour finan­cer d’éventuels pro­jets de serious gaming pour l’Etat, qui concer­naient notam­ment des formes inno­vantes de formation.

  • [18] - Furtenberg a écrit le 18 septembre 2009 :

    @OlivierSeres. Et en quoi les pro­jets dits de “rup­ture” sont ils essen­tiels dans ce pro­ces­sus ? Ce sont des inno­va­tions de ser­vices avant tout dans ce domaine (2.0, serious game…). C’est à ce niveau que les finan­ce­ments font défaut. Mais comme les besoins sont mul­tiples (beau­coup de pro­jets), alors cela fait peur (on évite le sau­pou­drage dit NKM, bien­sûr). On pré­fère sélec­tion­ner par la high tech. Mettre plu­sieurs mil­lions dans quelques pro­jets, pour faire par­ler plus faci­le­ment de l’appel à pro­jets. Alors que ce der­nier aurait dû jus­te­ment finan­cer ces pro­jets de ser­vices inno­vants (uti­li­sant des tech­no­lo­gies connues) qui ne peuvent trou­ver de sou­tien par exemple par le concours du minis­tère de la recherche qui pour cause vise la haute techno proche des labos.
    Micro­soft a pu trou­ver de quoi s’alimenter dans cet appel à pro­jets. C’est déjà ça de gagné pour Olivier.

    • [18.1] - Olivier Ezratty a répondu le 18 septembre 2009 :

      Facile la pro­voc ! Je ne vois pas ce qu’il y a de gagné pour moi par rap­port à MS. Sur­tout dans la mesure où je n’ai rien joué là dedans ni n’aie aucune bille dans les boites impliquées !

      Pour ce qui est d’Oséo, c’est une piste mais ce n’est pas la pana­cée. Je ren­contre régu­liè­re­ment des por­teurs de pro­jets qui se font bala­der par Oséo, sur­tout en Ile de France. Mais le taux d’échec est plus faible (je crois envi­ron 1 sur 2, vs 6 sur 7 pour l’AAP). D’où une meilleure impres­sion d’ensemble.

      Ce qui est inté­res­sant dans vos diverses réac­tions, c’est que, même si elles ne viennent pas des mêmes per­sonnes, elles ne font pas bien écho à tous ceux qui au début de l’année 2009 se plai­gnaient de l’absence du numé­rique dans le plan de relance. NKM a cor­rigé le tir assez rapi­de­ment avec les moyens du bord. J’étais moi-même sur­pris, en cou­vrant l’annonce de l’AAP, du mon­tant alloué à ces pro­jets. Oui, le mon­tant aurait fina­le­ment été mieux dépensé en réin­jec­tant la somme dans Oséo sur la filière logiciels+Internet. Et notam­ment dans les régions où le bud­get Oséo est sous pres­sion (IDF essentiellement).

      Autre point : vous êtes tous remon­tés contre cet AAP. Mais il n’est pas une pre­mière puisque la DGCIS a déjà lancé plein d’autres AAP du même genre dans le numé­rique. Ces AAP étaient plus dis­crets média­ti­que­ment il est vrai. Par ailleurs, le pro­ces­sus de sélec­tion qu’ils ont uti­lisé est le même que celui des pôles de com­pé­ti­ti­vité, qui repré­sentent 500m€ de sub­ven­tions par an, une grosse part étant cap­tée par le numé­rique (23% sur 2005-2008). Un bien petit train peut cacher une belle gare de triage… :) .

      Par rap­port aux AAP des pôles de com­pé­ti­ti­vité, l’AAP avait tout de même trois avan­tages : l’absence de dis­cri­mi­na­tion géo­gra­phique, la faible pré­sence de grandes entre­prises dans les pro­jets rete­nus (et can­di­dats ?) et la rapi­dité du pro­ces­sus de sélec­tion. Il y avait une inci­ta­tion à exploi­ter des don­nées publiques pour créer de nou­veaux ser­vices aux citoyens.

      Quant à ceux qui ont passé plu­sieurs semaines pour rem­plir leur dos­sier, je suis d’accord que ce n’était pas un bon inves­tis­se­ment. Si j’avais été can­di­dat, je n’aurai par­ti­cipé que si l’investissement temps néces­saire n’avait été que de 2 à 4 jours maxi­mum. En m’appuyant sur un tra­vail déjà accom­pli de rédac­tion de busi­ness plan dans le cadre de la recherche de finan­ce­ments d’amorçage et de par­te­na­riats exis­tant ou sur le point d’être mon­tés. Une équipe qui veut démar­rer un pro­jet mais n’en est pas à ce stade de pré­pa­ra­tion est effec­ti­ve­ment très “R&D” mais pas encore véri­ta­ble­ment entre­pre­neu­riale. Même si NKM ne cher­chait pas spé­ci­fi­que­ment à atti­rer des entre­pre­neurs dans son AAP.

      Entre “por­teur de pro­jet” et “entre­pre­neur”, il y a un petit gap. C’est peut-être une lacune qui devrait faire réflé­chir. On aide tel­le­ment la R&D en France qu’on oublie cette dis­tinc­tion. Je sais, je me répète…

  • [19] - Furtenberg a écrit le 18 septembre 2009 :

    Je suis d’accord avec vous quand vous dites que ce n’est pas le pre­mier AAP du genre, puisque le FUI de la DGCSIS ne fait que cela. Mais jus­te­ment… A quoi cela tout cela sert il ? On démul­ti­plie les actions et les bud­gets pour rien. Pour­quoi NKM ne s’est elle pas inté­grée dans les dis­po­si­tifs exis­tants notam­ment auprès d’Oséo ? La DGCSIS s’est empa­rée du sujet avec moulte célé­rité (et pour cause…). On ne parle plus désor­mais que des pôles de com­pé­ti­ti­vité et du cré­dit d’împôt recherche dans les actions en faveur de l’innovation en France. Même Fillon oublie le reste. Pour­quoi ? On ne parle d’Oséo que pour l’activité ban­caire (certes impor­tante avec la garan­tie pour la relance et qui porte ses fruits). Or il n’y a pas que cela au sein d’Oséo !!! C’est tout de même incroyable. Alors qu’Oséo tra­vaille aussi avec les col­lec­ti­vité ter­ri­to­riales et est tout à fait capable de pro­mou­voir (lorsque néces­saire) les pro­grammes col­la­bo­ra­tifs
    http://www.lefigaro.fr/lentreprise/2009/09/17/09001-20090917ARTFIG00326-pour-francois-fillon-les-pme-sont-la-cle-du-rebond-.php
    Mme Rein­hart d’Oséo Inno­va­tion tente de faire entendre sa petite voix au cha­pitre de l’action d’Oséo sur les pro­jets inno­vants. Mais qui l’entend ? Pour l’instant elle com­mu­nique sur les pro­jets en santé, mais il n’y a pas que cela, loin de là.
    http://www.innovationlejournal.com/spip.php?article4627

  • [20] - Olivier Auber a écrit le 19 septembre 2009 :

    Oséo & NKM, même lubie de la “com­pé­ti­ti­vité”, la deuxième ayant les paillettes en plus (cela dit en tout res­pect). Même à HEC, il y a des voix qui disent STOP!!! C’est pas ça le pro­blème: le monde bascule!

    http://www.contre-feux.com/profile/brunolemaire/

  • [21] - Michel a écrit le 19 septembre 2009 :

    Il y a au moins un des can­di­dats à cet APP serious games dont le pro­jet a été retenu, qui sur son site n’utilise que des conte­nus en vio­la­tion de tous les copy­rights.
    Espé­rons que l’argent de ce pro­jet lui per­met­tra de s’acquiter des licences dues, un futur Naps­ter financé par l’argent public ça pour­rait faire désordre…

    • [21.1] - Fabien a répondu le 22 septembre 2009 :

      Michel, Quel est le nom de l’entreprise qui ne res­pecte pas le droit des bre­vets ? Est celle qui a été rete­nue dans plu­sieurs pro­jets ? A quel niveau les droits ne sont pas res­pec­tés ? Des­sins, oeuvre, techno ?

  • [22] - macha a écrit le 19 septembre 2009 :

    Michel. Quel le nom de la boîte qui viole le droit de pro­priété intel­lec­tuelle dans la liste des rete­nues ? Ce serait le comble quand meme. Vous avez des preuves ?
    J’en pro­fite pour indi­quer à Oli­vier Auber que confondre l’oséo avec une ministre c’est un peu too much. D’ailleurs d’après ce que je lis ici, les 2 ne se sont de toute évidence pas du tout ren­con­trés. Peut être sont ils en froid.

    • [22.1] - Olivier Auber a répondu le 19 septembre 2009 :

      @macha: Je ne les confonds pas, je les mets car­ré­ment dans le même sac, c’est blanc bon­net et bon­net blanc. Le débat “plus d’Oséo, moins d’NKM”, ou l’inverse, ne semble à côté de la plaque. L’”innovation” qui reste dans l’environnement idéo­lo­gique de la “com­pé­ti­ti­vité” ne pré­sente aucun inté­rêt à mes yeux.

  • [23] - Michel a écrit le 19 septembre 2009 :

    @Machat oui j’ai des preuves. Le lob­bying actif de cer­tains peut par­fois faire oublier la loi…Je tiens l’info de dis­po­nible pour toute per­sonne ayant le pou­voir d’agir.

    • [23.1] - Fabien a répondu le 22 septembre 2009 :

      Quel est le nom de cette entre­prise ? Est ce dans le serious gaming ? Com­ment le jury aurait il pu savoir ?

      • [23.1.1] - Michel Nizon a répondu le 22 septembre 2009 :

        Oui Serious Games et en allant sur leur site inter­net pour se rendre compte de l’écart entre le dis­cours et la réalité…

        • [23.1.1.1] - fabien a répondu le 22 septembre 2009 :

          Vous par­lez de cette entre­prise créée par un conseil en pro­priété intel­lec­tuelle ??? qui a aussi par­ti­cipé à l’appel à pro­jets et qui a été rete­nue plu­sieurs fois ? Si c’est cette entre­prise, c’est incom­pré­hen­sible, vu d’où elle vient. C’est impos­sible voyons. Sur quelle page de leur site y a t-il violation ?

  • [24] - David Delon a écrit le 19 septembre 2009 :

    Ces dis­cus­sions me font pen­ser aux pro­po­si­tions de Jean-Michel Cornu sur le finan­ce­ment de pro­jet coopé­ra­tifs: on pour­rait ima­gi­ner des finan­ce­ments a pos­te­riori sur des pro­jets qui ont bien fonc­tionné (l’évaluation étant faite par les uti­li­sa­teurs), avec l’idée que les por­teurs de pro­jet ‚avec cet argent, puissent ainsi finan­cer d’autres pro­jets et ainsi de suite. Voir http://www.cornu.eu.org/news/3-2-les-modeles-economiques : les recherches de financement.

    • [24.1] - Olivier Auber a répondu le 19 septembre 2009 :

      héhé, pas bête, en tant que grand dona­teur via la SARD ;-)
      http://www.sard-info.org/

    • [24.2] - Olivier Auber a répondu le 19 septembre 2009 :

      David, c’est peut-être le moment de rap­pe­ler l’histoire de SPIP? Je tente de résu­mer… Créé autour des années 2000 par une bande de pas­sion­nés béné­voles, SPIP, d’origine fran­çaise, est l’un des pre­miers CMS libre au monde. SPIP a été repris par nombre de société de ser­vices qui l’ont inté­gré à leur offre. De nom­breux sites de l’Etat fran­çais ont ainsi fonc­tionné “sous SPIP”, dont celui du Pre­mier Ministre. C’est encore aujourd’hui le CMS de réfé­rence du CNRS…
      SPIP a créé des emplois, c’est bien, mais les créa­teurs ori­gi­naux n’ont eu que des miettes. C’est assu­ré­ment une perte sèche car leur capa­cité d’innovation, si elle avait été recon­nue et encou­ra­gée, aurait sans doute sus­cité d’autres créa­tions, qui a leur tour auraient créé des emplois. C’est à ce type de cas, loin d’être excep­tion­nels, que l’idée de “des finan­ce­ments a pos­te­riori” rap­pe­lée par David, pour­rait répondre. Encore faut-il trou­ver un mode opé­ra­toire trans­pa­rent et légal, c’est là que l’idée de la SARD intervient.

  • [25] - olivier a écrit le 19 septembre 2009 :

    concer­nant cet appel web 2.0, je confirme la décep­tion de beau­coup de stés qui ont répondu à cet appel.
    C’est un appel coup de poing pas du tout anti­cipé par l’ecosystéme et avec un délai de réponse trés court. De plus, allouer 10M€ (qui a été aug­menté à 15) pour le web 2.0 en france c’est un peu se moquer du monde.…Le FUI alloue 20 fois plus par an.
    La DGCIS ne peut pas être incri­miné car ils ont exé­cuté les ordres de NKM et ont fait leur pos­sible pour pas­ser cet appel aprés le FUI P8 d’avril, l’IPER-SMSC de mai et avant le proxima mobile d’aout. Que de concours !
    Main­te­nant, ne per­dons pas de vue que der­rière cela il y a un interêt poli­tique : NKM veut mon­trer des gros bras et arri­ver avec des bis­cuits pour la négo de l’allocation des sommes du grand emprunt. Autant de pro­jets = autant de bis­cuits et tant pis pour ceux qui ont bossé

    Concer­nant le pro­chain P9 du FUI (dépot des dos­sier fin novembre), c’est un appel qui semble moins adapté au logi­ciel qu’a la tech­no­lo­gie dure. N’oubliez pas que notre admi­nis­tra­tion consi­dére encore l’innovation comme de la R&D tech­no­lo­gique bas niveau (semi-conducteur, télé­coms, firm­ware etc…) avec pos­si­bi­lité de pro­duc­tion impor­tante et n’a pas encore bien pris le virage du software/internet et du déploie­ment mas­sif de ser­vices web sans …beau­coup d’emplois à la clef contrai­re­ment à une bonne et belle usine de fabri­ca­tion de télé­phones ou de puces.…

    J’ai vu aussi que l’on par­lais beau­coup d’OSEO. C’est vrai que c’est un gui­chet vers qui les déçus de l’appel se tour­ne­ront mais je consi­dére qu’OSEO a encore beau­coup de mal avec les busi­ness de type soft­ware et inter­net. Donc pas trop d’illusions.

    Enfin sur le col­la­bo­ra­tif, c’est vrai que cela peut être lourd mais c’est aussi par­fois trés enri­chis­sant car des entre­prises et des labos d’horizons dif­fé­rents apportent sou­vent des nou­veau­tés et des enri­chis­se­ments qu’un seul n’aurait peut-être pas imaginé…Et puis n’oublions pas que le gou­ver­ne­ment veut depuis logn­temps rap­pro­cher le monde universitaire/recherche des entreprises..

  • [26] - fabien a écrit le 19 septembre 2009 :

    Il y a des cen­taines de por­teurs de pro­jets qui vont devoir frap­per à une autre porte et cette porte là (le conseil régio­nal, oséo…) risque de “gueu­ler” ou d’accepter avec rési­gna­tion en deman­dant des ral­longes qui ne vien­dront jamais.

    Et pour ce qui est des par­te­na­riats, les entre­prises qui se sont pré­sen­tées ont elles été aidées par les minis­tères pour trou­ver des labo­ra­toires par­te­naires ? Je suis cer­tain que non. Les tra­vaux de col­la­bo­ra­tion étaient déjà ficelés.

    Sur Twit­ter, NKM vient d’indiquer que OSEO était dans un des deux comi­tés de sélec­tion. Je me demande quel poids pou­vait avoir OSEO face à la DGCIS. C’est tou­jours fair play de le mettre dans la “liste”.. mais c’est un peu hypo­crite. J’imagine l’ambiance : “allez on prend ce pro­jet là et les autres, c’est oséo qui expli­quera, hein cher ami !”.

    Sans comp­ter, que désor­mais il va y avoir sus­pi­cion sur ceux qui ont été reca­lés. Je ne parle même pas des busi­ness angels et de VC’s qui vont car­ré­ment les igno­rer. Alors qu’il doit y avoir cer­tai­ne­ment de très bons pro­jets parmi les recalés.

  • [27] - sglsgl a écrit le 19 septembre 2009 :

    Ces com­men­taires et les efforts d’OEY pour cal­mer et être rai­son­nables sont sympathiques.

    Mais, la chose la plus impor­tante c’est que de l’argent sup­plé­men­taire soit dis­tri­bué, comme avec la loi Tepa.

    Ya t’il du mérite à être lau­réat ? Non, mais parmi ceux-ci, yaura peut être des gens qui en feront bon usage.

    On n’ose pas le tirage au sort ? cela pour­rait être pas mal ?

    Com­ment faire s’exprimer, aussi, ici des vrais lau­réats qui ont mérité de gagner ?

    OEY pour­rait il les inter­vie­wer ? leur envoyer un mail d’invitation ?

    • [27.1] - Olivier Ezratty a répondu le 19 septembre 2009 :

      Les élus sont dis­crets, c’est assez nor­mal. Ils n’ont pas à se plaindre. J’en connais cepen­dant quelques uns qui sont évidem­ment contents, et bossent dur comme tous les autres.

      Il ne faut pas non plus céder au catas­tro­phisme sur les pro­jets qui ne sont pas élus. D’abord, la liste des non rete­nus n’est pas publiée, donc cela n’aura pas de poids sur leur deve­nir, tout du moins vis à vis des sources de finan­ce­ment pri­vées. Pour Oséo, les cri­tères de sélec­tion ne sont pas les mêmes que ceux de l’AAP. A la limite, ils sont plus “busi­ness” alors que l’AAP visait à encou­ra­ger la créa­tion de ser­vices des­ti­nés aux citoyens, fai­sant usage des don­nées publiques, etc. Avec donc des busi­ness models à mon avis moins solides que ceux d’entreprises visant le btob voire le btoc classiques.

      La vie des entre­pre­neurs est un éter­nel pro­ces­sus de sélec­tion. Le plus dur n’est pas celui des sub­ven­tions, c’est celui du mar­ché. Envi­ron une sur dix accède au capi­tal risque. Seule une star­tup sur cinq envi­ron réus­sit vrai­ment à décol­ler ! C’est trop injuste !

      Et puis, vous avez aussi, tant que vous y êtes, les 1004 pro­jets non rete­nus dans le cadre du Concours Natio­nal des Entre­prises de Tech­no­lo­gie Inno­vantes. Curieux que per­sonne n’aie râlé à ce moment là ! Et puis, il y a tous ces étudiants de Science Po qui ont été refu­sés au concours de l’ENA, les 17% d’élèves de ter­mi­nale qui n’ont pas eu leur Bac dont cer­tains à quelques point près, etc etc etc.

      Cer­tains des com­men­taires rap­pellent aussi l’attitude fran­çaise dans le sport et les com­pé­ti­tions inter­na­tio­nales. On passe plus de temps à remettre en cause les règles du jeu, le rôle des arbitres, la météo, que sais-je, plu­tôt que de se remettre en cause soi-même ou d’apprendre des échecs. S’échafaudent aussi quelques théo­ries (DGCIS contre Oséo, Oséo qui n’a jamais vu NKM, etc) qui ne sont pas fon­dées sur des faits observables.

      Sommes nous un pays de mau­vais perdants ?

      • [27.1.1] - Michel a répondu le 20 septembre 2009 :

        Pour désa­mor­cer cette vague de mécon­ten­te­ment AMHA, Il aurait fallu d’abord infor­mer par cour­rier chaque can­di­dat de la déci­sion du jury, de lui moti­ver la déci­sion et de l’informer des alter­na­tives de finan­ce­ment avant de rendre public dans un pre­mier temps, la liste des pro­jets sélec­tion­nés puis la liste des socié­tés ayant porté ces pro­jets puis ensuite les membres du jury, puis ensuite les règles de sélec­tion, puis ensuite les voies alter­na­tives de fina­ce­ment, puis ensuite,…
        Quant aux VC je pense qu’ils fuient effec­ti­ve­ment comme la peste les socié­tés qui n’ont aucun modèle écono­mique et qui sont des éter­nels chas­seurs de sub­ven­tions.
        Ce feuille­ton numé­rique ne fait sans doute que com­men­cer…
        Il y a cer­tai­ne­ment des mau­vais per­dants mais il peut aussi y avoir des “mau­vais gagnants”…

      • [27.1.2] - Olivier Auber a répondu le 20 septembre 2009 :

        Tu oublies tous ceux qui ne veulent pas jouer à ce jeux de sélec­tion infan­ti­li­sant et qui n’admettent qu’une seule sanc­tion: celle des uti­li­sa­teurs. Ceux-là tra­vaillent dans l’ombre, et passent allè­gre­ment sous le radar des OSEO, DGCIS et autres NKM qui croient régner en maître sur les pro­ces­sus d’innovation.

  • [28] - macha a écrit le 20 septembre 2009 :

    D’accord avec Oli­vier Auber. Il y avait déjà des concours très sélec­tifs (comme celui de la Recherche, ce qui est nor­mal puisqu’il vise les labos), il était inutile d’en créer un autre. Sur­tout pas en outre dans les ser­vices numé­riques qui ont tant de mal à trou­ver des finan­ce­ments. Je pen­sais que NKM vou­lait jus­te­ment faire autre­ment. Alors là il y a l’angle de l’usage en matière d’activité citoyenne (l’administration, etc). Mais c’est tou­jours pareil, on créé un enton­noir, un pré­texte pour ne rete­nir qu’une petite par­tie répon­dant à l’angle, mais qui ne sont pas for­cé­ment la crème. Tous les autres sont à nou­veau sans rien. Chez Oséo c’est des avances rem­bour­sables à zéro taux d’intérêt, autre­ment plus com­pli­quées à attri­buer et à gérer der­rière, qu’une simple sub­ven­tion. D’où le regard sur ce que cela va géné­rer en chiffre d’affaires. On peut pas leur repro­cher.
    Per­sonne ne règne sur quoi que ce soit de toute façon. IL y a des gens qui font leur mieux d’un côté comme de l’autre, avec des moyens réduits et des tas de contraintes. Va fal­loir s’y faire. L’entrepreneur fran­çais est le meilleur du monde. Ne l’oublions pas.
    Et au fait, on n’est pas le seuls à faire des appels à pro­jets. Dans les autres pays c’est très à la mode aussi : on appelle cela des pro­grammes. ET par­fois ailleurs les aides sont encore plus com­pli­quées que chez nous. On a une orga­ni­sa­tion qui est plus cohé­rente je trouve avec la DGCIS, OSEO et les col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales.
    Exemples ailleurs :
    http://www.innovation.public.lu/html/portal/FR/81/464/
    http://www.ipyme.org/IPYME/es-ES/ServiciosInteractivos/SIE/Consulta+Interactiva/AyudasIncentivos/
    http://www.berr.gov.uk/aboutus/corporate/performance/Departmental-Investment-Strategy/page27453.html

  • [29] - Marc a écrit le 21 septembre 2009 :

    Qu’est-ce que c’est un AAP ministériel?

    1- une occa­sion de faire de la comm pour le(la) ministre
    2- une néces­sité pour les fonc­tion­naires du jury qui peuvent (re)justifier leur poste
    3- une aubaine pour les 2/3 grosses boites à court de cash et bien connec­tées
    4- un bon sujet pour les trolls
    5- le tout avec NOTRE ARGENT, celui de nos impôts écra­sants et de notre dette abyssale

    Que tant d’entrepreneurs aient passé des semaines à rem­plir des dos­siers admi­nis­tra­tifs au lieu de cher­cher des clients est, à mon sens, la vraie leçon de ce bazar. Tant que la France fonc­tion­nera comme ça, nous n’irons nulle part.

  • [30] - Olivier Auber a écrit le 21 septembre 2009 :

    Oli­vier Ezratty dixit le 17 sep­tembre 2009 <a href=“h sur la pro­po­si­tion d’Olivier Auber de refonte des pro­ces­sus d’appel à pro­jets sur fonds publics:

    “Ta pro­po­si­tion de vote par les pairs [por­teurs de pro­jets] est très inté­res­sante. Il y a pro­ba­ble­ment des moda­li­tés pra­tiques à inven­ter. Mais pour com­men­cer, ce serait plus simple pour com­men­cer par inté­grer des spé­cia­listes du sec­teur dans les jurys.”

    Tu sais bien que contrai­re­ment à ce qui s’est fait semble-t’il, dans le cadre de l’AAP d’ NKM, d’ors et déjà les jurys font sou­vent appel à des spé­cia­listes du sec­teur consi­déré. Mal­heu­reu­se­ment, les “vrais spé­cia­listes” aptes à juger les pro­jets car entre­pre­neurs eux-mêmes, et donc habi­tués à ne pas y aller par quatre che­mins, ne durent pas très long­temps dans ce contexte. Pour s’en convaincre, il suf­fit de lire les mésa­ven­tures de Jean-Michel Planche rela­tées sur ton blog

    Res­tent donc… les autres; des consul­tants qui la ferment parce que c’est le seul moyen de durer, des uni­ver­si­taires - spé­cia­listes en chambre -, ou des indus­triels qui en pro­fitent pour faire du lob­bying, du Busi­ness Intel­li­gence comme on dit (espion­nage) et au final écra­ser toute forme de nouveauté…

    Bref, je ne pense pas que “l’intégration de spé­cia­listes du sec­teur dans les jurys” soit un pas dans la direc­tion que je pro­pose. Ce serait même l’inverse : l’illusion d’un pas en avant…

    Si on veut renou­ve­ler les moda­li­tés de finan­ce­ment de pro­jets sur fonds publics, c’est bien les por­teurs de pro­jets eux-mêmes qui doivent sié­ger dans les jurys. Les pou­voirs publics n’étant là que pour véri­fier que les règles du jeu sont bien respectées.

    • [30.1] - Olivier Ezratty a répondu le 21 septembre 2009 :

      Il y a tou­jours deux approches possibles :

      - Un chan­ge­ment radi­cal… mais l’administration n’est pas friande de cette perte de contrôle. As-tu des exemples de mise en pra­tique du modèle d’autogestion que tu pro­poses qui pour­raient ser­vir de base de départ, et dans un dis­po­si­tif ou se dis­tri­bue de l’argent public ? La radi­ca­lité bloque les gens pour qui la prise de risque pro­fes­sion­nelle est limi­tée. C’est pour cela qu’il vaut mieux l’éviter.

      - Un chan­ge­ment pro­gres­sif, qui me semble plus appro­prié. Le jury dont fai­sait par­tie Jean-Michel Planche était plé­tho­rique et il était isolé comme entre­pre­neur. Mais ce n’est pas parce que cela n’a pas mar­ché dans ce cas que cela ne peut pas fonc­tion­ner cor­rec­te­ment avec des ajus­te­ments. Une bonne règle serait d’avoir une moi­tié de “pra­ti­ciens” (entre­pre­neurs, inves­tis­seurs pri­vés, etc) et une moi­tié seule­ment d’administratifs. Ce qui compte est la diver­sité des pro­fils et des expé­riences. En met­tant un ou deux entre­pre­neurs, un ou deux busi­ness angels, un membre de l’AFIC, et un ou deux consul­tants (en RH, IP, autre), on peut arri­ver à un bon panel qui aura une meilleure appré­hen­sion du ter­rain et du métier que les repré­sen­tants des administrations.

      Dans son com­men­taire, Jean-Michel Planche met sur­tout en avant la dif­fi­culté de conci­lier le rôle des repré­sen­tants des régions et des repré­sen­tants natio­naux. Dis­tinc­tion qui n’existe pas dans les AAP natio­naux… même si on avait un repré­sen­tant de la CCI de Valen­ciennes dans l’AAP NKM et curieu­se­ment, un pro­jet de Valen­cienne fai­sant par­tie des sélec­tion­nés ! Il indique aussi que le sys­tème est amé­lio­rable de manière non radicale.

      • [30.1.1] - Olivier Auber a répondu le 22 septembre 2009 :

        Un “chan­ge­ment pro­gres­sif” est à mon sens une “illu­sion de pas en avant”, ce qui est bien pire qu’un recul…

        C’est vrai que c’est à la mode, mais jusqu’à quand? Les caisses sont vides! Plus on attend, plus le retour de bâton sera violent, ce que je ne sou­haite pas, bien entendu.

        Tu me demandes si j’ai des exemples de vraies avan­cées en matière de sou­tien à l’innovation sur fonds publics, oui j’en ai plu­sieurs (j’ai déjà cité Netz­Netz) mais je ne vais pas écrire un rap­port de pré­co­ni­sa­tion dans une petite case de commentaire.

  • [31] - Michel a écrit le 21 septembre 2009 :

    Pour­quoi la CCI de Valen­cienne fai­sait par­tie du jury serious games ?
    Pour­quoi deux poles de com­pé­ti­ti­vité en fai­saient par­tie et pas le pole réseaux et images ?
    John MKeynes pré­co­ni­sait pen­dant la grande crise de 29 de payer des gens pour faire des trous et d’autres pour les rebou­cher, on en est pas très éloi­gné avec ces appels à pro­jet en terme d’utilité.

  • [32] - pragmatic a écrit le 21 septembre 2009 :

    Un truc m’étonne dans tout ce fatras où figure cepen­dant un ou deux billets bien sen­tis.
    Puisque tout le monde ici est censé faire de la recherche (oui le R de R&D c’est bien ça, nor­ma­le­ment) pour­quoi per­sonne n’a de démarche scien­ti­fique dans son approche ? Je vois un tas de géné­ra­li­tés toutes plus ou moins déjà raba­chées, mais aucune ana­lyse digne d’un quel­conque scien­ti­fique.
    A par­tir de la liste ano­ny­mi­sée des pro­jets pré­sen­tés ou accep­tés, qui donc a étudié chaque cas, les biblio­gra­phies cor­res­pon­dantes et pris soin de clas­si­fier mathé­ma­ti­que­ment ses résul­tats avant d’affirmer quoique ce soit de per­ti­nent ?
    Si mes col­lègues ento­mo­lo­gistes tra­vaillaient comme on le voit ici, tous les insectes aurait six pattes et quatre paires d’élytres…du strict point de vue scien­ti­fique, bien sur :-) . L’appellation “sciences de l’information” serait-elle usurpée ?

    • [32.1] - Olivier Ezratty a répondu le 21 septembre 2009 :

      Une telle étude serait effec­ti­ve­ment inté­res­sante. Deux condi­tions devraient être réunies pour la mener :
      - Trou­ver quelqu’un se suf­fi­sam­ment motivé pour la mener. Soit comme indé­pen­dant dis­po­sant de temps, soit atta­ché à une orga­ni­sa­tion qui aurait un sens à la dili­gen­ter.
      - Que la DGCIS publie la liste inté­grale des candidats.

      Il fau­drait défi­nir ce que l’on recherche. Vali­der l’équité du juge­ment d’un jury ? Iden­ti­fier par des sta­tis­tiques des biais du jury en faveur de telle ou telle caté­go­rie de pro­jets (liées à régions, pôles, etc) et cor­ré­ler cela à une évalua­tion objec­tive de la qua­lité des pro­jets ? Là, on serait effec­ti­ve­ment proche du rebou­chage de trous cité par Michel !

      Je met ma main à cou­per qu’on ne trou­ve­rait pas grand chose d’autre que des biais humains clas­siques :
      - Les pro­jets connus des membres du jury - notam­ment des pôles - ont eu un bonus.
      - Une bonne moi­tié des pro­jets ont dû être élimi­nés car ils étaient hors sujet ou de qua­lité insuf­fi­sante. Je me base sur ma propre expé­rience dans d’autres jurys ayant eu à trier des dizaines de dos­siers can­di­dats (mais dans un contexte privé-privé, pas de sec­teur public impli­qué).
      - Qu’il y a eu un biais favo­ri­sant les pro­jets col­la­bo­ra­tifs. Mais les sta­tis­tiques publiées par la DGCIS le montrent et c’était une des règles du jeu de l’AAP. C’est cette doc­trine qui méri­te­rait d’être revue.

      A noter que la pre­mière liste des élus publiée le 15 sep­tembre par la DGCIS men­tion­nait les pro­jets mais pas les “enti­tés por­teuses” (PME, grandes entre­prises, labos). Ce qui ren­dait toute ana­lyse dif­fi­cile, d’autant plus que cer­tains noms de pro­jets sont impos­sibles à “goo­glei­zer” pour les pis­ter. J’en ai fait la demande et l’information a été ajou­tée sur le site de la DGCIS en quelques heures. Comme quoi qui ne demande rien n’a rien. Et quand c’est rai­son­nable, on peut y arriver…

      On devrait arrê­ter là la dis­cus­sion, mais par res­pect des débats et comme les pro­ta­go­nistes se res­pectent plu­tôt bien, je ne ferme pas les com­men­taires de ce post.

      • [32.1.1] - Olivier Auber a répondu le 22 septembre 2009 :

        Ca me rap­pelle l’histoire du poly­tech­ni­cien qui s’interroge pour savoir pour­quoi une mouche refuse de voler…

        Une telle étude, menée par ledit poly­tech­ni­cien per­met­trait peut-être d’évaluer ce qu’il voit (les pro­jets ren­dus), mais pas ce qu’il ne voit pas, à savoir les pro­jets por­tés par des équipes par­fai­te­ment com­pé­tentes et socia­le­ment enga­gées, mais qui ne n’ont pas pré­senté leur tra­vail à NKM parce ces gens ne sont pas naifs et ils refusent de perdre leur temps dans le jeu tru­qué qu’on leur impo­sait. J’ai déjà cité l’un de ces pro­jets (1), je pour­rais vous en sor­tir beau­coup d’autres du plus grand intérêt…

        Après beau­coup de temps passé sur l’affaire, ledit poly­tech­ni­cien s’apercevrait peut-être, mais ça n’est pas cer­tain, que plu­sieurs pro­jets lau­réats sont pilo­tés en sous-main par les YES MEN (2) et qu’NKM et son armée de conseiller sont tom­bés dans le pan­neau! Ha ha devi­nez les­quels :-)

        (1) http://www.nosdeputes.fr/
        (2) YES MEN http://tinyurl.com/mskypf

  • [33] - Michel Nizon a écrit le 22 septembre 2009 :

    Et le jack­pot revient à la société…
    Une même société a gagné 4 fois à l’APP de NKM pour un mon­tant total de pro­jets de 4 mil­lions d’euros, si l’on en croit le com­mu­ni­qué sur la page d’accueil de leur site:

    http://www.ktm-advance.com/viewArticle_fr.php?id=79

    Le feuille­ton continue…

  • [34] - JustinThemiddle a écrit le 22 septembre 2009 :

    Le cumul des man­dats fait des émule avec désor­mais le cumul des sub­ven­tions. S’est-on au moins posé la ques­tion de la monté en charge de tra­vail, qui même pour des entre­prises d’importance comme exa­lead, repré­sente un risque sur le suivi opé­ra­tion­nel. Com­ment peut-on gérer de la sorte 4 pro­jets en parallèle???

  • [35] - JustinThemiddle a écrit le 22 septembre 2009 :

    Après une lec­ture appro­fon­die de la liste des lau­réats, on peut quand même se poser la ques­tion de l’impartialité des résul­tats. Par exemple, que vient foutre MyMa­jor­Com­pa­gny (site détenu par le fils de J.J. Glod­man) dans la liste des lau­réats alors que ce site existe depuis belle lurette? Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres qui laisse à pen­ser que le prin­ci­pal moteur de sélec­tion a été le coup de coeur et le copinage.

    De plus, je trouve très bien de sou­te­nir une indus­trie qui a besoin d’être sou­te­nue mais il aurait été quand même bien venu de se mon­trer un peu plus exi­geant concer­nant les béné­fices atten­dus. De quel nature (finan­cier, social…)? Pour qui (citoyens, col­lec­ti­vité, entreprises…)?

    90% des pro­jets rete­nus sont voués de par leur nature à n’apporter qu’un béné­fice très limité : pas de récur­rence CA (voir pas de CA du tout), pas d’utilité sur la durée…

    Sur les 10% on peut s’attendre à voir 90% d’entre eux échouer pour diverses rai­sons non impu­tables au pro­ces­sus de sélec­tion. Faite le calcul…

    Le cumul des sub­ven­tions reste pro­fon­dé­ment choquant.

  • [36] - macha a écrit le 22 septembre 2009 :

    Ces sub­ven­tions sont elles condi­tion­nées à un niveau de fonds propres suf­fi­sant ? Dom­mage que ce ne soit pas des avances rem­bour­sables. Il y aurait eu moins de can­di­dats, mais au moins un peu plus sérieux.

    • [36.1] - Michel Nizon a répondu le 22 septembre 2009 :

      Un des points clé du règle­ment serious games était que le pro­jet ne devait pas abou­tir à un pro­duit direc­te­ment com­mer­cia­li­sable, ce qui est l’opposé du cri­tère de l’investisseur privé…beaucoup des socié­tés sélec­tion­nées ont en com­mun des pertes très impor­tantes et un chiffre d’affaires sou­vent insignifiant…C’est la “danse” des canards boi­teux de l’économie française…

  • [37] - Fabien a écrit le 22 septembre 2009 :

    Henri Ver­dier, pré­sident de Cap Digi­tal, a par contre l’air ravi sur twit­ter des résul­tats de cette opé­ra­tion. Sur 92 pro­jets sélec­tion­nés, 45 le sont dans le cadre du pôle de com­pé­ti­ti­vité Cap Digi­tal à Paris… Tu parles. Cet Henri Ver­dier est tout jeune, frai­che­ment sorti de l’Ecole Nor­male, sans aucune expé­rience. Un intello un peu à côté des réa­li­tés.
    Pour KTM par contre, cette société est très connue dans le Serious Game et la for­ma­tion. Elle fait du chiffre. Je ne com­prends l’intérêt pour elle de par­ti­ci­per à tout ça. Sans doute va t-elle se faire bouf­fer par ses autres par­te­naires de pro­jet. Comme l’indique un des mes­sa­gers ici, l’entreprise a 4 pro­jets à suivre en même temps en tant que par­te­naire. C’est inhu­main. Pour­quoi son Pdg fait il savoir sur son site inter­net qu’il a tous ces pro­jets dans le pipe? Ca fait peur.

    • [37.1] - JustinThemiddle a répondu le 23 septembre 2009 :

      Pour­quoi KTM par­ti­cipe à tout ça?

      C’est pour­tant évident. Avec toutes les sub­ven­tions tou­chées la société va déga­ger des taux de ren­ta­bi­lité énormes, à vrai dire elle va vendre à coût 0 ce qui je le pense n’est pas trop dans l’esprit de l’appel à pro­jet… Ou du moins, ne devrait pas l’être…

      Faut quand même savoir que la majo­rité des Serious Game (notam­ment ceux de KTM) se vendent en réa­lité sous forme de ser­vice! Autre­ment dit, on ne vend pas deux fois le même Serious Game. Seul les Serious Game qui adressent un besoin de mar­ché (et non une demande d’un client) et les outils de déve­lop­pe­ment auraient du être sub­ven­tion­nés et sous forme d’avance rem­bour­sable s’il vous plait. C’est quand même de l’argent public…

      • [37.1.1] - Fabien a répondu le 23 septembre 2009 :

        Peut être que la sélec­tion a ren­voyé vers les avances rem­bour­sables les pro­jets qui pou­vaient l’être. Qu’en savez vous ? Et sans doute ont ils réservé aux sub­ven­tions les recherches qui méri­taient d’être finan­cées par ce biais, car très éloi­gnées d’une ren­ta­bi­lité proche du mar­ché. On parle sans savoir. Il ne faut pas cri­ti­quer à ce point.

        • [37.1.1.1] - JustinThemiddle a répondu le 23 septembre 2009 :

          Effec­ti­ve­ment je ne connais pas le dos­sier en détail (je connais en revanche bien le mar­ché et les acteurs du Serious Game) mais il y a mani­fes­te­ment des “ano­ma­lies” trop grosses pour qu’on puisse les lais­ser passer.

          Pour qu’il n’y ai pas de mal­en­tendu, je ne cri­tique aucun des can­di­dats à l’appel a pro­jet mais l’organisation et le manque de clarté de l’AAP. D’autant plus qu’il s’agit d’argent public. Mais bon der­niè­re­ment on a vu pire dans ce genre…

  • [38] - Michel Nizon a écrit le 23 septembre 2009 :

    Cet appel à pro­jet sur­en­ché­rit il le prix d’un Serious Game ?

    Oui semble t-il d’après cette Vidéo inter­es­sante sur la société qui a rem­porté le jack­pot de l’appel à pro­jets serious games: 4 pro­jets pour 4 mil­lions d’euros, on y apprend de la bouche même du patron de cette société qu’un Serious Games en moyenne est vendu de 100 à 200 000 euros, soit… 5 à 10 fois moins que le prix annoncé dans le cadre de cet APP en moyenne…

    http://www.bakchich.info/BNP-Paribas-specule-au-salon-du,08750.html

  • [39] - Fabien a écrit le 23 septembre 2009 :

    Je ne pense pas que cette entre­prise reçoive 4 mil­lions d’euros de sub­ven­tion. Ces 4 mil­lions repré­sentent le coût total des inves­tis­se­ments, dont une bonne part sera sup­por­tée par les entre­prises lau­réates. Faire de la R&D à ce niveau est un risque pour elles. L’appel à pro­jets per­met peut être jus­te­ment de bais­ser à terme le coût d’achat de ces ser­vices très oné­reux jusqu’à pré­sent. C’est une bonne chose globalement.

  • [40] - macha a écrit le 23 septembre 2009 :

    Ce type a l’air très bien. Le dg de KTM. Pour une fois qu’il y a un entre­pre­neur fran­çais qui se bouge !!! C’est un lea­der dans le serious game et il va tirer les autres avec lui. Que deman­der de mieux. Tant que le mar­ché n’est pas étendu, le ser­vice sera cher. S’il explose, alors il pourra en vendre davan­tage pour moins cher. Et il aura cer­tai­ne­ment d’autres clients que les banques et des jeux plus per­ti­nents poru la société. J’ai vu la video sur back­chich. C’est vrai que le jeu pour BNP est un peu too much. Mais c’est un vieux jeu d’avant la crise. Il va en conce­voir d’autres cer­tai­ne­ment plus adap­tés à la situa­tion actuelle. La France a un grand savoir-faire dans le jeu vidéo, autant pro­fi­ter du nou­veau mar­ché “serious game” pour des appli­ca­tions en for­ma­tion ou autre.

    • [40.1] - Michel Nizon a répondu le 23 septembre 2009 :

      Les pro­jets de cette société sont de très bonne qua­lité, là n’est pas la ques­tion mais il est anor­mal qu’une même société puisse cumu­ler 4 sub­ven­tions sur le même appel à pro­jet. C’est juste une ques­tion d’éthique et de veiller au jeu nor­mal de la concur­rence. Ce cumul de sub­ven­tions va sur­tout lui per­mettre de cou­ler ses concur­rents en abais­sant de manière arti­fi­cielle ses coûts de revient.

      • [40.1.1] - Olivier Auber a répondu le 24 septembre 2009 :

        Il fau­drait arrê­ter 5 secondes de par­ler d’argent, de tech­nique et de com­pé­ti­tion, et ouvrir un peu les yeux! Les serious games sont des machines à décer­ve­ler. Ils sont dépas­sés dans leur scé­na­rio sitôt conçus. Ils figent un monde à l’instant t alors qu’il a déjà dis­paru. Ils abreuvent les gens d’illusions et nour­rissent les illu­sion­nistes. La preuve: les serious game auraient changé; il y aurait ceux “d’avant la crise” et “d’après la crise” disent les experts…

        Rai­son­nons au moins pen­dant 5 secondes en citoyens au risque de pas­ser pour des sim­plets dans ce monde de brutes: le rôle de l’Etat est d’éduquer, pas de condi­tion­ner. Il n’a pas à inves­tir là-dedans, ne serait-ce qu’un euro! A moins que ces serious games soit tel­le­ment addic­tifs et nocifs qu’il faille créer une “Fran­çaise des serious games” comme il y a eu la “Fran­çaise des jeux” ou les Régie des tabacs. On n’en est pas là j’espère.

        Mais que fait NKM dans cette galère?

        • [40.1.1.1] - Michel Nizon a répondu le 24 septembre 2009 :

          Ce sont les com­por­te­ments de cer­taines per­sonnes qui sont addic­tifs, pas les serious games par eux mêmes.On peut noter le fait que si on parle de “serious games” en uti­li­sant deux mots anglais, c’est qu’on a un pro­blème à les défi­nir en fran­çais ou ça évite de trop réflé­chir. Le jeu infor­ma­tisé, nou­vel ava­tar de l’EAO (Edu­ca­tion assis­tée par Ordi­na­teur) peut être intro­duit avec inté­rêt en for­ma­tion pour sou­te­nir la moti­va­tion de l’apprenant mais ne peut rem­pla­cer le for­ma­teur. Il doit res­ter un simple outil sous le contrôle d’un for­ma­teur et ne doit pas se sub­sti­tuer à une for­ma­tion clas­sique. L’Etat surin­ves­tit dans les tech­no­lo­gies en oubliant trop sou­vent de réflé­chir sur les usages, ce qui est la recette de l’échec. Le plus sou­vent ces “serious games” res­tent dans les pla­cards bou­dés par les uti­li­sa­teurs ciblés.

  • [41] - macha a écrit le 24 septembre 2009 :

    En tout cas, on peut sou­hai­ter que de nou­velles façons d’apprendre en mode col­la­bo­ra­tif puisse naitre par le jeu vidéo ou disons le mode inter­ac­tif. Je trouve inter­es­sant que des pré­cur­seurs se penchent sur ce phé­no­mène mul­ti­mé­dia qui de toute façon com­mence à prendre son essor en Aus­tra­lie et aux Etats-Unis. L’Europe ne doit pas être en reste, quitte à y ajou­ter des règles strictes. Il serait idiot de lais­ser par­tir nos génies fran­çais du jeu vidéo aux USA ou ailleurs sous pré­texte qu’on ne les aide pas à diver­si­fier les appli­ca­tions dans la for­ma­tion, le e-commerce, la visite vir­tuelle de musée, ou encore tout un tas de choses à décou­vrir.… Ce mar­ché est for­te­ment créa­teur d’emplois. Ne l’oublions pas. Il y a les uti­li­sa­teurs certes, mais il y a aussi les créa­teurs. Pen­sons aux créa­teurs, tout en sur­veillant les dérives.

  • [42] - Olivier Auber a écrit le 25 septembre 2009 :

    Oui il y a énor­mé­ment de talents en France dans ce domaine, dont beau­coup en sont réduits mal­heu­reu­se­ment à perdre leur temps (et à gagner bête­ment de l’argent) en répon­dant à des pro­jets klee­nex mar­ke­teux idiots…
    Bon, ok c’est la loi du privé… mais quand l’Etat s’en mêle et que ça ne décolle pas plus, c’est insupportable.

  • [43] - abourgeo a écrit le 29 octobre 2009 :

    Ma jeune société (7 mois d’activité) détient pro­ba­ble­ment le record des échecs à des “appels à pro­jets gou­ver­ne­men­taux” durant l’année 2009 : pas moins de 3 !
    - échec en Juin sur la RFID/NFC : 13 rete­nus sur 38
    - échec en Sep­tembre sur le Web inno­vant : 44 rete­nus sur 340
    - échec en Octobre sur Proxima mobile : 68 rete­nus sur 250.

    C’est vrai qu’après de tels résul­tats, en se posi­tion­nant sur de l’innovation pure, sur des tech­no­lo­gies por­teuses et avec des concepts nou­veaux on est en droit de se poser des questions !!!

  • [44] - y a écrit le 2 novembre 2009 :

    Le com­men­taire ci-dessous est un copy/paste d’un post sup­primé de son uri d’origine. Il a pour voca­tion de mon­trer que le pro­blème traité ici doit être res­ti­tué dans son contexte glo­bal, celui d’un sys­tème qui s’effondre sur lui-même. Heu­reu­se­ment , il reste le wabi-sabi…

    --

    Liberté, égalité, fra­ter­nité, book­marks TV (29/10/2009/ y/x-arn.org)

    Une série de docu­men­taires dif­fu­sés cette semaine sur les télé­vi­sions publiques per­met de com­prendre la nature du sys­tème glo­bal dans lequel nous inter­agis­sons. L’intérêt de ces docu­men­taires réside sur­tout à mon sens dans leur capa­cité à mettre les choses en rela­tion entre le local et le glo­bal, à mettre en évidence les rôles des acteurs et leurs inter­ac­tions. Ces docu­men­taires com­posent et pro­posent un point de vue sys­té­mique. Ils per­mettent de consta­ter la cruelle, et pro­ba­ble­ment fatale, absence de fina­lité de ce sys­tème qui soit fon­dée sur des valeurs par­ta­gées et/ou partageables.

    Lundi 26 octobre 2009, France 3

    La mise à mort du tra­vail, Une série docu­men­taire de Jean-Robert Vial­let Sur une idée de Chris­tophe Nick. Pre­mière partie

    Résumé de la pre­mière par­tie: En France, 3 sala­riés sur 4 tra­vaillent dans les ser­vices. S’il il y a une crise du tra­vail, c’est donc de là qu’il faut l’observer. Nous nous sommes ins­tal­lés dans une entre­prise ano­dine, une entre­prise comme il en existe aujourd’hui des dizaines de mil­liers dans le monde : Car­glass. Mon­dia­li­sée, stan­dar­di­sée, Car­glass est une filiale du groupe anglais Bel­ron pré­sent dans plus de 30 pays du monde. Ici, deux credo : une pro­duc­ti­vité maxi­male et un client roi tota­le­ment satis­fait… Deux notions qui, aujourd’hui, dans toutes les entre­prises de ser­vices du monde, imposent la mise en place d’un mana­ge­ment de la manipulation

    Mardi, 27 octobre 2009, Arte

    Moi et ma banque, (France, 2009, 45mn), ARTE F, Réa­li­sa­teur: Isa­belle Vigouroux

    Alors que les situa­tions de sur­en­det­te­ment se mul­ti­plient, la réa­li­sa­trice montre de l’intérieur le dur­cis­se­ment de la rela­tion entre les ban­quiers et leurs clients. Pour com­prendre l’impact de la crise déclen­chée voici un an, Isa­belle Vigou­roux explore de l’intérieur la manière dont elle a affecté la rela­tion entre les banques et leurs clients, par­ti­cu­liers ou entre­prises. Poussé par son ban­quier à inves­tir dans les actions Natixis, l’un des témoins a perdu tout son capi­tal. Cette femme, elle, a glissé petit à petit dans l’angoisse du sur­en­det­te­ment, comme des mil­lions de gens en Europe. Quant à ce patron de PME, il ne digère pas que sa banque, après avoir perdu des mil­liards en Bourse, lui refuse un prêt au motif qu’il serait ris­qué. Hausse des inté­rêts et des taux variables, frais ban­caires en expan­sion… Des conseillers finan­ciers témoignent de l’engrenage de la pres­sion com­mer­ciale. Som­més de faire du chiffre, ils ont vendu cré­dit et pro­duits ban­caires sans tenir compte de l’intérêt des clients. Un film qui, à tra­vers des his­toires per­son­nelles, raconte com­ment nous avons perdu confiance dans les banques

    Mardi, 27 octobre 2009, Arte

    Qui veut gagner des mil­liards ?, (France, 2009, 45mn), ARTE F, Réa­li­sa­teur: Antoine Vitkine

    Un an après la chute de Leh­man Bro­thers, la vie quo­ti­dienne de la City de Londres, où la crise n’a stric­te­ment rien changé. Sur quelques kilo­mètres car­rés au bord de la Tamise, la City de Londres repré­sente la plus grande concen­tra­tion de banques au monde, employant 300 000 per­sonnes de toutes natio­na­li­tés et bras­sant, chaque jour, des cen­taines de mil­liards de livres ster­ling. Bien que les excès des banques aient entraîné une crise écono­mique majeure, et en dépit des pres­sions inter­na­tio­nales, la City refuse d’être sou­mise à quelque régu­la­tion que ce soit. Tout semble y avoir recom­mencé comme avant : ban­quiers sur­payés, fonds spé­cu­la­tifs, pra­tiques ris­quées… Plon­gée au coeur d’un uni­vers aussi feu­tré que cynique, ce film cherche à com­prendre pour­quoi. Il raconte com­ment ce petit bout d’Angleterre est devenu, au fil des décen­nies, la capi­tale du sys­tème ban­caire mon­dial et pour­quoi il a fini par oublier sa mis­sion pre­mière : finan­cer l’économie

    Mer­credi, 28 octobre 2009, France 3

    La mise à mort du tra­vail, Une série docu­men­taire de Jean-Robert Vial­let Sur une idée de Chris­tophe Nick. Deuxième partie

    Résumé de la deuxième par­tie: Alors que la crise fait vaciller le capi­ta­lisme finan­cier, La Dépos­ses­sion raconte l’extraordinaire pou­voir des action­naires sur le tra­vail et les tra­vailleurs. L’histoire nous trans­porte d’une usine Fen­wick – un fabri­cant indus­triel de maté­riel de manu­ten­tion implanté dans le centre de la France – jusqu’aux arcanes de la finance new-yorkaise. Petite entre­prise fran­çaise née il y a 150 ans, Fen­wick est racheté en 2006 par l’un des finan­ciers les plus redou­tés des États-Unis, Henry Kra­vis. Un homme à la tête du fonds d’investissement KKR, dont les ventes annuelles dépassent celles de Coca-cola, Dis­ney et Micro­soft cumu­lées. Avec ce rachat, pour les sala­riés fran­çais de Fen­wick, la donne va radi­ca­le­ment chan­ger. Cette même his­toire se déroule dans des dizaines de mil­liers d’entreprises à tra­vers le monde

    Une liste à com­plé­ter avec « L’Argent Dette » de Paul Gri­gnon (FR inté­gral en ligne) + Le web ment-il sur la crise ? Best of @si pour apprendre et com­prendre que l’ensemble de ce sys­tème est fondé inté­gra­le­ment sur une absence, un vide qui ne peut que, et doit, gran­dir inver­se­ment pro­por­tion­nel­le­ment à la crois­sance productive.

    Ce soir , il y a aussi, « Krachs » – Une his­toire des crises bour­sières, Docu­men­taire. Réa­lisé par Syl­vain Ber­gère. Auteur Sté­phane Osmont. Pro­duit par No One. Copro­duit par l’Ina. Avec la par­ti­ci­pa­tion de France 2. Voir la fiche sur le site de l’INA qui cite Henry Ford: « C’est une chance que les gens de la nation ne com­prennent pas notre sys­tème ban­caire et moné­taire parce qui si tel était le cas, je crois qu’il y aurait une révo­lu­tion avant demain matin ».

    sic ?

  • [45] - Citation a écrit le 13 décembre 2009 :

    Merci pour cet article très intéressant




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