Les faux semblants de Quaero

Publié le 24 mars 2008 et mis à jour le 29 mars 2018 - 23 commentaires -
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Depuis le déblocage du dossier du financement public français de Quaero par la Commission Européenne le 11 mars 2008 dernier (annonce ici), on entend à nouveau parler de Quaero. Ce financement est de 99m€, un peu plus que ce qui avait été initialement annoncé en 2006. Le programme coutera 199m€ sur 5 ans sachant que l’Etat en finance la moitié. En été 2007, la Commission Européenne avait également autorisé le gouvernement allemand à subventionner à hauteur de 120m€ leur projet THESEUS, qui est une sorte de “spin-off” de Quaero.

Le projet Quero a été compris comme un “moteur de recherche français” construit de toutes pièces. Il a été abondamment critiqué car voué à l’échec. Il aura certainement du plomb dans l’aile, mais pas pour les raisons généralement avancées.

Nous allons creuser la question en nous appuyant sur les informations récemment rendues publiques au sujet de Quaero.

Un faux projet

En effet, Quaero n’est tout simplement pas un projet ! C’est plutôt une sorte de pôle de compétitivité déguisé de la recherche Internet, sans attache géographique particulière puisque les entreprises concernées sont disséminées en France, et quelques unes en Allemagne. Comme dans un pôle de compétitivité, on distribue des subventions à différentes structures (entreprises, laboratoires de recherche publics et privés) et on tente de les faire travailler ensemble. Libre à elles ensuite de créer des produits et de les commercialiser. C’est l’esprit qui est derrière Quaero, bien décrit dans l’article correspondant de Wikipedia.

Contrairement aux volontés affichées par Jacques Chirac en 2005 et 2006, l’Etat s’est donc bien gardé de se mêler de stratégie industrielle dans la mise en oeuvre de cette priorité inscrite dans l’agenda de feu l’Agence de l’Innovation Industrielle créée en août 2005. Quaero est l’un des projets définis en avril 2006, parmi 16 au total. L’AII a été intégrée en début d’année 2008 dans le périmètre d’Oséo. En effet, la mission d’Oséo est de distribuer prêts et subventions pour faire éclore des innovations. La fusion des deux agences était parfaitement censée pour réduire le nombre d’organismes public de financement de l’innovation. Une bonne approche de défragmentation de l’Etat que j’avais eu l’occasion de décrire et encourager il y a un an avant l’élection présidentielle dans l’essai “Trop d’Etat – Oui mais où ça?“.

Avec Quaero, l’Etat a fait initialement croire à une grande vision, alors que l’on n’a fait que distribuer des subventions de R&D, comme d’habitude. C’est écrit dans les textes ! Prenons ainsi le communiqué de presse de la Commission Européenne. On y trouve la structure de Quaero qui…

se concentrera sur les technologies du traitement automatique de la parole, du langage, de la musique, de l’image et de la vidéo. QUAERO élaborera des solutions nouvelles ou aux performances fortement accrues pour la recherche automatique et l’interprétation d’informations numériques multimédias et multilingues sous divers formats.

Le programme est coordonné par le groupe Thomson, acteur mondial des technologies de l’image dont plusieurs filiales françaises et allemandes collaborent avec 22 autres partenaires. Grâce à QUAERO, Thomson enrichira à terme son offre commerciale pour les plateformes de distribution de contenus audiovisuels sur protocole Internet (télévision sur IP, vidéo à la demande, etc.) et pour les systèmes de gestion de contenus multimédia numériques. La clientèle visée par Thomson se compose notamment des opérateurs de réseaux IP, des diffuseurs de contenus et des studios de production cinématographique. […]

Le plus drôle, c’est qu’il existe un http://www.quaero.com/ mais il appartient à une société américaine de services marketing qui existe au moins depuis début 2005, soit avant la création de l’AII. Personne n’a visiblement vérifié la disponibilité du nom de domaine Quaero quand le projet a été lancé ! Même si ce n’était peut-être pas destiné à être une marque commerciale, cela fait désordre ! C’est sur http://www.quaero.fr que l’on trouve de l’information sur Quaero, sur un site tout frais créé il y a quelques semaines. On y trouve enfin la liste des sociétés intégrées dans le programme et, transparence oblige, le montant des subventions par bénéficiaire. Pendant trois ans, il n’y avait aucun site web public d’information sur Quaero !

Les domaines couverts par Quaero

Les programmes de recherche financés par Quaero couvrent cinq domaines applicatifs dont deux auront des débouchés pratiques dans l’Internet grand public et les trois autres, plutôt dans des applications professionnelles :

  • La recherche de contenus multimédias sur Internet (piloté par Exalead). C’est la composante la plus grand public de Quaero, celle qui fait penser à la bataille “contre Google”. A l’origine, Quaero était en effet positionné comme orienté sur la recherche de contenus multimédias sur Internet, manière de chevaucher une nouvelle rupture de l’Internet. En 2005, c’était presque visionnaire. YouTube venait de démarrer et de commencer à monter en puissance. Mais depuis… il a été acquis par Google !
  • La sélection et la diffusion personnalisée de vidéos (piloté par France Telecom) qui semble-t-il vise les nouvelles interfaces de set-top-box pour consommer la télévision numérique. C’est un sujet très intéressant, mais très différent de la notion classique de moteur de recherche. Le domaine du middleware pour set-top-box est encore assez mouvant (voir “La bulle des set-top-boxes“). La numérisation et le passage progressif par Internet de la diffusion de la télévision est une véritable rupture technologique. Mais France Telecom est plus un opérateur de service qu’un fournisseur de technologie. Donc, pas sûr que l’on arrose au bon endroit !
  • L’enrichissement des services d’accès aux contenus audiovisuels sur les portails (piloté par Thomson et l’INA). L’aboutissement potentiel semble être des logiciels de gestion de contenus pour les professionnels. On est encore loin des moteurs de recherche.
  • La gestion de ressources audiovisuelles professionnelles (piloté par Thomson), encore une application professionnelle.
  • La numérisation et enrichissement des contenus des bibliothèques, du patrimoine audiovisuel et de l’édition scientifique (piloté par Jouve). On est quasiment dans la gestion documentaire, et donc toujours dans les applications professionnelles.

Le site de Quaero présente ce tableau de synthèse qui permet d’identifier les entreprises et laboratoires associées à ces cinq branches :

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Les PME bénéficiaires des subventions de Quaero ne sont pas bien connues du grand public car elles sont plutôt fournisseurs de logiciels ou services professionnels, et sont pour la plupart assez anciennes (au moins 10 à 15 ans d’existence) :

  • Jouve est un spécialiste français de la gestion d’information et documentaire, sous traitant de longue date pour la production de documentations techniques pour des industriels comme dans l’aérospatial. La société fait plus de 1000 personnes et 100m€ de CA.
  • Bertin Technologies est une société d’ingénierie et d’innovation d’environ 400 personnes et de 43m€ de CA qui travaille souvent pour le compte de tiers. Ils sont connus pour le fameux aérotrain mort-né pendant les années 1970 et ont heureusement créé plein d’innovations très spécialisées à usage industriel (télédétection de gaz par imagerie infrarouge, détection de défauts par vision artificielle, capteurs, engins de manutention sur coussins d’air).
  • Synapse est une société française basée à Toulouse spécialisée dans le traitement linguistique : correction orthographique et traduction. Elle a eu Microsoft comme client pour sa suite Office.
  • LTU Technologies est un éditeur de logiciel de moteur de recherche d’image français, qui appartient depuis 2005 à un groupe Japonais, Jastec.
  • Vecsys est un éditeur de logiciels français spécialisé dans le traitement de la parole.

Et THESEUS? D’après le site du projet allemand :

THESEUS developed out of the Quaero initiative suggested by a German-French industry study group in April 2005. In the wake of working out the details of the individual research projects, both sides realized that different focuses had evolved. Therefore, at the request of France, the decision was made at the turn of the year 2006/2007, to continue with the two programs separately for the time being. THESEUS – as the German part has been called since – and Quaero complement one another and are closely interlinked through study groups, which meet on a regular basis. The plans are to tap joint synergy and cooperation potentials.

On apprend donc que les projets allemand et français on divergé à la demande de ces derniers ! Et que ces projets sont différents et complémentaires. En effet, la focalisation allemande porte beaucoup sur le “web sémantique” et les interfaces utilisateurs. Elle semble encore plus éloignée d’une approche grand public que l’approche française.

Les débouchés de Quaero

Selon le site de Quaero :

Le programme Quaero vise des débouchés principaux dans les secteurs grand public, culturels, scientifiques et professionnels :

  • Des portails et outils de recherche et de navigation de document multimédias grand public, par exemple la recherche de podcasts, photos ou vidéo sur PC, télévision ou téléphone mobile;
  • Des outils pour la numérisation, l’enrichissement et la diffusion du patrimoine audiovisuel et des bibliothèques numériques ;
  • Des solutions professionnelles intégrées de gestion de contenus audiovisuels et de métadonnées (analyse, fusion, agrégation, indexation, archivage).

Pour aboutir à des innovations largement diffusées, les projets de Quaero devront être exploités par ceux des industriels impliqués qui proposent une offre complète à leurs clients, les autres étant plutôt des offreurs de “composants logiciels” (comme Vecsys, Synapse ou LTU).

Dans l’Internet, France Telecom et Exalead semblent être ceux à qui échoit cette lourde responsabilité. Exalead a une focalisation très “entreprise” qui se conçoit bien vue la concurrence dans l’Internet Grand Public. Donc, il y a fort à parier que si Quaero aura un impact, cela sera plutôt dans des applications professionnelles, ou des applications grand public exploitées par France Telecom ou des services publics (gares, aéroports, etc). Net net, le grand bénéficiaire de Quaero semble être France Telecom. Mais ce groupe de 52md€ de chiffre d’affaire avec un bénéfice net de 6,3md€ en 2007 avait-il besoin d’une subvention de 6,5m€ pour mener ces programmes de recherche ? Surtout pour améliorer les logiciels de ses set-top-boxes, en concurrence avec des opérateurs privés comme Free et NeufTelecom. Et sans approche de vente de technologie, FT n’étant pas un fournisseur de set-top-boxes (qu’il fait fabriquer par Thomson, Alcatel et d’autres) ni de middleware (qu’il achète en partie à des spécialiste).

Notons que malgré l’existence du projet Allemand THESEUS, Quaero implique bien quelques laboratoires allemands. Même si certains ont quitté Quaero depuis l’annonce de 2006: le Laboratoire DFKI (un laboratoire de recherche allemand spécialisé dans l’intelligence artificielle), Siemens, Arvato (une filiale de Berstelmann qui propose des services de stockage de données média), Empolis (une autre filiale de Berstelmann, spécialisée dans les moteurs de recherche pour entreprise, sorte d’Exalead allemand) ainsi que Lycos Europe (un comble, une boite américaine subventionnée par la France !). Ces sociétés ont rejoint l’initiative allemande THESEUS.

La répartition des subventions

Depuis le 12 mars 2008, la répartition des subventions attribuées par Oséo (qui a intégré l’Agence de l’Innovation Industrielle) est publique :

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On constate que la répartition est assez équilibrée entre PME, grandes entreprise et laboratoires publics :

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Et on remarque que deux universités allemandes récupèrent un total de 10,2m€ sur les 99m€ de Quaero. La pareille n’est pas directement rendue par les allemands aux français dans THESEUS, autrement que par la participation pour un montant non divulgué d’une filiale de Thomson.

Mais autant il est louable de financer la recherche publique sur programmes, ainsi que des PME innovantes, autant les 38m€ distribués à France Telecom et Thomson sont largement questionnables !

Le cas d’Exalead

En mettant de côté France Telecom, le seul véritable acteur de l’Internet de la bande de Quaero semble être Exalead. Loin d’être un Google français, c’est toutefois un acteur de niche qui se porte plutôt bien. Orienté entreprise et Intranet plus que grand public et Internet, sa taille est toujours sous-critique avec une centaine d’employés. Son chiffre d’affaire 2007 a triplé à 8,3m€ par rapport aux 2,7m€ réalisés en 2006, grâce au passage de la base installée de 50 à 100 clients, pour moitié hors de France, notamment aux USA et au Royaume Uni. Exalead prévoit d’ouvrir de nouvelles filiales européennes en 2008 et d’une équipe OEM dans la Silicon Valley, en plus de ses implantations actuelles en Allemagne, aux USA, au Royaume Uni et en Italie. Pour un éditeur de logiciels d’entreprise, c’est une  belle croissance.

On a vu qu’Exalead va bénéficier de la seconde plus grosse subvention Oséo de Quaero avec 9,6m€. Cela sous-entend que Quaero prévoit d’investir au moins le double en R&D dans les cinq ans à venir. Compte-tenu de ce qu’un éditeur de logiciels investit en moyenne un quart de son CA en R&D, cela se tient, même à chiffre d’affaire constant.

Exalead1

L’offre d’Exalead est constituée de moteurs de recherche pour les entreprises et d’un moteur de recherche grand public : http://www.exalead.fr/search.

Ce dernier moteur présente quelques caractéristiques intéressantes : le preview de sites sous forme de thumbnails (qui existe sous Firefox avec le plug-in Google Preview) et la possibilité d’affiner les recherches en sélectionnant le type de sites, d’information ou de fichiers recherchés. Cela permet par exemple d’exclure rapidement les résultats de sites de vente dans la recherche d’information sur un produit.

Exalead2

Mais ces quelques différences ne suffisent pas pour générer du trafic ! Voyons ce qu’il en est : chez Alexa (qui a tendance à mesure l’audience chez les geeks, équipés d’une barre dans leur navigateur), le trafic est très modéré. L’ “Alexa rank” qui classe les sites selon leur trafic fait apparaitre Exalead bien loin derrière les challengers de la recherche Internet que sont Lycos, Altavosta et AskJeeves, et en échelle logarithmique !

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Chez Compete qui mesure le trafic à la source chez les opérateurs télécoms, la tendance est meilleure, mais avec juste 40K utilisateurs uniques mensuels (aux US probablement). A peine le niveau d’une startup quelconque du web 2.0.

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Exalead a également lancé son service Baagz, actuellement en beta – vous trouverez une démo sur le site de Jean-Michel Billaut. Difficile à définir, Baagz est une sorte de réseau social qui permet de créer des pages personnelles en mode “mashup/bureau virtuel” où l’on partage ses “passions” avec des contenus et des pointeurs sur des contenus externes. Il s’appuie sur le moteur de recherche d’Exalead. Baagz permet de retrouver des utilisateurs partageant ses passions. Mais c’est un peu le genre de solution à la recherche de son problème !

Donc, chez Exalead, nous avons en fait trois activités: le moteur de recherche pour entreprise, le moteur pour grand public et le réseau social couplé au moteur de recherche. N’est ce pas un peu trop pour une seule boite ? Une perte de focalisation compte-tenu de ses moyens ? Chez Exalead, on m’a expliqué que le moteur de recherche Internet était presque une sorte de vitrine pour la vente de logiciels d’entreprise. Que ces derniers représentaient bien le coeur de métier de l’éditeur.

Côté investisseurs, Exalead appartient à un groupe d’investissement, Qualis-SCA, qui gère un portefeuille d’une demi-douzaine d’entreprises faisant un total d’environ 1md€ de CA. On y trouve de tout : de la cave à vin (EuroCave), des fixations pour écrans plats (Erard), de la finance et de l’immobilier (Akerys) et un autre éditeur de logiciels, MASA Group, qui modélise les comportements humains pour des applications professionnelles. On peut espérer que cet investisseur saura donner les moyens de son développement à Exalead – pas seulement financiers – car le financement de sa R&D ne suffira pas pour le faire décoller comme acteur sérieux de l’Internet.

Dans le pire  des cas, son positionnement dans l’entreprise lui permettra de bien se développer. Mais il est encore loin de pouvoir jouer dans la cour des grands sur Internet. Et la participation à Quaero va sûrement alléger son compte d’exploitation, à défaut d’améliorer sa position concurrentielle.

De la recherche au produit et à l’innovation

En France, les élites dirigeantes ont visiblement du mal à comprendre comment fonctionne le chemin qui va de la recherche au produit, du chemin qui va au produit sans passer nécessairement par la recherche, et enfin, du produit à l’innovation, c’est-à-dire, au succès commercial et à grande échelle.

Le système d’aide à l’innovation est très orienté sur la R&D, avec une croyance presque religieuse dans l’importance du progrès technique comme facteur de réussite. La formation des décideurs concernés – ingénieurs, chercheurs, X + Corps d’Etat – explique beaucoup ce phénomène. C’est certainement un facteur, mais loin d’être le seul, et particulièrement sur Internet. La dimension temporelle compte beaucoup. Il faut agir vite pour réussir et lorsque les dés sont jetés, le marché se structure rapidement avec des leaders difficiles à déloger sauf lorsqu’ils passent à côté d’une innovation de rupture. Or aucun des concurrents de Google n’a trouvé d’innovation de rupture permettant de rebattre le jeu dans les moteurs de recherche. Aucun site web n’a trouvé un mode de monétisation meilleur que la recherche, même les réseaux sociaux censés permettre de gérer de la publicité très contextualisée !

Dans le cas de Quaero, la puissance publique s’est cependant bien gardée de vouloir créer un meccano industriel puisqu’elle saupoudre ses crédits sur deux dizaines de sociétés et laboratoires, et les laissant libres d’exploiter les travaux résultants. L’Etat a au moins compris, semble-t-il, que l’approche jacobine pilotée par les corps d’Etat n’est pas adaptée aux NTIC. Le colbertisme ne fonctionne pas dans ce secteur, sauf s’il est focalisé sur les intérêts vitaux (comme les super-calculateurs du CEA qui servent à simuler l’arme nucléaire).

On peut faire le parallèle entre Quaero et les efforts récents de Microsoft dans sa course effrenée contre Google Search. Microsoft a investit des milliards de $ dans la R&D pour améliorer son moteur (Live Search, dont la page d’accueil est maintenant aussi dépouillée que celle de Google Search) et construire des datacenters de plusieurs centaines de millions de $. Et sans aboutir. Le pire, c’est que sur 2 à 3 ans, Microsoft a même perdu des parts de marché face à Google ! Et pourtant, il y a quelques nouveautés dans le moteur Live. Comme la possibilité de modifier la taille des thumbnails dans la recherche d’image.

Le temps de l’Internet n’est pas celui de la mécanisme bruxello-étatique de distribution de subventions. Quaero a été annoncé il y a trois ans, soit une éternité ! Il remplace maladroitement le capital risque et les business angels. Il ne favorise pas véritablement les entrepreneurs au vu des bénéficiaires (France Telecom, Thomson, les labos). Il aide des chercheurs sans produits et sans modèle économique. Il permet peut-être à quelques centaines de chercheurs de travailler dans des conditions décentes mais très suffisant pour s’attaquer aux entreprises américaines dominantes du secteur.

Dans l’Internet, les succès futurs ne sont pas ceux d’aujourd’hui. Ils ne peuvent pas être bâtis de manière traditionnelle. Ils doivent l’être dans une approche entrepreneuriale laissant la place à plein de tentatives et d’échecs. C’est le cas de toutes les réussites de l’Internet en France, et même de celles qui ont réussi à l’international – au moins en termes d’audience (Kelkoo, Wikio, NetVibes).

Que faire ?

Commençons par appeler un chat un chat : Quaero est un outil de financement de la recherche, pas un outil “industriel”. C’est l’une des pompes à finance des grands groupes, spécialisés dans le sport de collecte de subventions (notamment à l’Europe avec les programmes FP6/FP7). Elle bénéficie au tiers seulement à des PME, et encore, à part une ou deux, il se n’agit pas de “PME innovantes de l’Internet”.

L’Etat serait mieux avisé de réduire ces aides lorsqu’elles concernent de grands groupes profitables, et à fortiori, ceux qui n’ont pas de logique industrielle de création de logiciels ou de services Internet pour des marchés de volume (et au delà de leur chasse gardée de clients captifs comme France Telecom).

Il devrait aider en priorité les startups, et au lieu de simplement les financer, faire en sorte que les grands groupes apprennent à se sourcer chez les startups (combien d’acquisitions ?), promouvoir une culture de l’innovation et dédiaboliser le succès économique. Comme le montre le succès de la Silicon Valley, l’innovation passe notamment par un cercle vertueux de financements qui fait bien circuler l’argent pour l’essentiel privé. Et aux financements publics, il faut préférer la commande publique. Notre marché intérieur est trop timoré par aversion du risque (voir mon précédent post sur la nomination d’Eric Besson). La puissance publique pourrait inverser cela en le dynamisant. Mais il ne faut pas non plus rêver car la relation au risque n’est pas meilleure dans le public que dans les grandes entreprises privées.

Autres éléments de réflexion: la partie des aides publiques qui aide au marketing, à la commercialisation et à l’export pour les PME innovantes est bien trop réduite. Comme le capital d’amorçage est encore trop faible, c’est bien là que l’effort devrait être porté. En attendant que les transformations de l’atmosphère économique et fiscale locale développent le financement privé, atrophié, de l’innovation.

RRR

 
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Publié le 24 mars 2008 et mis à jour le 29 mars 2018 Post de | Economie, Entrepreneuriat, France, Google, Innovation, Internet, Logiciels, Microsoft, Startups | 31360 lectures

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Les 23 commentaires et tweets sur “Les faux semblants de Quaero” :

  • [1] - Mickael a écrit le 24 mars 2008 :

    Un très bel article, précis, argumenté, et surtout d’un clarté limpide.

    Merci

  • [2] - Pierre a écrit le 24 mars 2008 :

    Oui lecture intéressante et agréable.
    Désolé j’ai commenté chez Kelblog qui faisait référence a l’article ( http://www.kelblog.com/2008/03/quaero-expliqu.html )plutot qu’ici, mais je n’en pense pas moins.

  • [3] - Olivier Ezratty a écrit le 24 mars 2008 :

    Oui, je vois ce débat en parallèle sur le blog de Pierre Chappaz. J’y ai ajouté également un commentaire. Mais rien n’empêche d’avoir ce débat ici même… :).

  • [4] - Pierre a écrit le 24 mars 2008 :

    Et bien alors je repose ici mes questions naives: que pensez-vous de la stratégie de SFR qui préfère investir/collaborer dans des projets externes via sfrdeveloppement plutôt que de financer (ou faire financer par les programmes de recherche publique) une R&D interne ? Si cela s’avère être une voie intéressante et plus porteuse pour l’innovation, comment promouvoir cette façon de faire ? Quels freins faudrait-il lever ? Et y a-t-il moyen d’en faire une entreprise a part entiere?

  • [5] - Olivier Ezratty a écrit le 25 mars 2008 :

    J’en pense plutôt du bien, car cette stratégie est rare en France, et est porteuse d’un meilleur recyclage des idées et de la création de richesse. Les entreprises high-tech françaises n’achètent pas assez de startups et préfèrent trop souvent mener de la R&D interne. Alors que l’innovation provient plus souvent des petites structures, que les grandes doivent apprendre à identifier, acquérir et digérer.

    Le leader en la matière aux US est Cisco. Les grands de l’Internet procèdent également à de nombreuses acquisitions (Google, Yahoo, MS, etc) pour aller vite au lieu de vouloir tour faire en interne. Mais réussir ces acquisitions est une autre paire de manche.

    Comment promouvoir cela en France? Pas évident car le système repose sur la non intervention de l’Etat (sauf en matière régulatoire pour limiter les entraves à la concurrence). Cela devrait commencer par la limitation des subventions de R&D pour les grands groupes et leur concentration sur les PME innovantes (et réellement indépendante, pas les PME filiales de grands groupes). Ainsi, cela contribuerait à l’éclosion des PME innovantes (avec d’autres facteurs) et pousserait les grandes entreprises à se bouger, et à faire des acquisitions. Il y a par ailleurs tout l’environnement de valeur autour du risque et de la culture du résultat à faire graduellement évoluer. C’est un programme au long cours!

    Seul écueil en France: nous n’avons quasiment plus d’industriels des TIC pouvant déclencher ce cercle vertueux de l’innovation. Les poids lourds des TIC sont des entreprises de services: télécoms et SSII pour l’essentiel. S’ils achètent des startups, ce n’est pas dans la logique de création de valeur industrielle, mais pour renforcer leurs services. Souvent, avec un impact plutôt local. Nous avons une déficience claire dans notre industrie des TIC (comme en Europe en général). Un grand “restart” est nécessaire, qui doit faire relativement abstration des grandes entreprises existantes. Sinon, on n’arrivera pas à créer en Europe de nouveaux acteurs mondiaux des technologies.

    Petite comparaison pour illustrer cela : ces 5 dernières années, Dassault Systèmes a probablement du acquérir plus de startups que France Télécom, qui est 50 fois plus grand. Mais je n’ai pas les chiffres sous la main, c’est une intuition basée sur l’observation de l’actualité.

  • [6] - ZISERMAN a écrit le 25 mars 2008 :

    Parfaitement en phase avec tout ça.

    Dommage pour plusieurs raisons :
    – Comme je le dis dans mon dernier billet ( http://www.ziserman.com/blog/2008/03/24/lapres-google/ ), il y a vraiment des choses à faire, sur des nouveaux usages liés à la recherche, en rupture par rapport au modèle de Google ;
    – La commission européenne n’est pas satisfaite par cette situation. Je connais un peu les équipes là bas, pour avoir travaillé avec eux. Ils rêveraient d’aider vraiment les industriels européens pour contrer la domination américaine dans le logiciel. Le problème est qu’ils n’ont pas d’interlocuteurs. Le “système” a généré ses “parasites”. Exemple : les grandes sociétés de services qui poussent pour des projets open-source, parce que ce sont les projets qui leurs permettront de manger le plus : l’avenir du logiciel en europe, ils s’en battent les …

    Mais concrètement, si vous avez des projets, il y a des interlocuteurs intéressants à Bruxelle. Après, faudra convaincre, négocier… Le chemin est très probablement étroit mais peut être pas impossible.

  • [7] - Aurélien a écrit le 27 mars 2008 :

    Un grand merci pour cet article, le plus clair que j’ai trouvé sur ce sujet.

  • [8] - herve lebret a écrit le 27 mars 2008 :

    Je suis d’accord avec l’analyse et je trouve tout cela désolant (et je sors de ce moule des grandes écoles et haut fonctionnaire). J’ai écrit sur le sujet dans mon recent livre “start-up” en mentionnant un article de la revue Spectrum au début 2007 (http://spectrum.ieee.org/jan07/4842) où l’Europe était la risée de la communauté technologique. Quaero y était présenté comme un loser. Je ne suis pas sûr que ces millions von changer le qualificatif… l’innovation passe par les start-up et pas par des consortiums “top-down”; combein faudra-t-il encore de décennies avant que nos décideurs comprennent?

  • [9] - Frederic a écrit le 27 mars 2008 :

    Je ne peux qu’abonder…

    Et “amusant” de constater qu’en ce moment, par un mouvement de balancier inverse, les fonds européens destinés au capital risque (FEI http://europa.eu/institutions/financial/eif/index_fr.htm ) se font plutôt rares… “le cercle vertueux du financement” disais-tu ?

    Sinon, pour couper les cheveux en huit, je précise que France Telecom est revenu sur le secteur des STB en créant une structure commune avec SAGEM et THOMSON (enore…) pour y développer ses Livebox
    http://www.orange.com/fr_FR/presse/communiques/cp080220fr.html
    sans oublier VIACCESS (qui est plus un CAS)
    http://www.viaccess.com/en/

    Et je recoupe le cheveu en signalant une coquille sur la sté du portefeuille de QUALIS : MASA

  • [10] - Christophe Thévignot a écrit le 28 mars 2008 :

    Pour rappel, les pays de l’Union se sont mis d’accord pour financer des projets de recherche dans le domaine des TIC à hauteur de 9,1 milliards d’euros de 2007 à 2013. La description est dispo sur et le programme de travail pour les années 2007-2008 est dispo sur .

  • [11] - Christophe Thévignot a écrit le 28 mars 2008 :

    Mauvaise manip dans mon commentaire précédent. Voici les liens :

    http://cordis.europa.eu/fp7/ict/

    et

    ftp://ftp.cordis.lu/pub/fp7/ict/docs/ict-wp-2007-08_fr.pdf

  • [12] - Olivier Ezratty a écrit le 30 mars 2008 :

    Frédéric, j’ai corrigé le texte pour MASA.

    J’avais bien noté la création de la JV FT/Thomson/Sagem mais sa mission était quelque peu obscure et il n’était pas explicitement fait allusion au business des STB, mais plutôt de la domotique. Si la JV sert “juste” à faire évoluer la Livebox, c’est une mission bien limitée. Mais je parie que cette JV va aussi obtenir des subventions pour mener ses “recherches”…

  • [13] - Hugues a écrit le 1 avril 2008 :

    l faut quand même noter que Exalead est une startup fondée par un X-Mines sur la base de ses travaux de recherche, et qui a réussi à partir de capitaux privés à devenir rentable.

    Tu devrais donc selon ta logique te féliciter qu’elle puisse récupérer des fonds pour pouvoir déployer son savoir-faire technologique. Sinon, ton argument est circulaire:
    “je pense que la recherche ne doit pas être financé par l’état, donc c’est pas bien qu’exalead soit financé par l’etat”; c’est ton avis.
    Ca a fait ses preuves historiquement sur des projets industriels lourds (ariane, airbus, tgv…)

    Donc plutôt que de voir le verre à moitié vide, voyons le à moitié plein: c’est plutôt satisfaisant d’avoir un des meilleurs acteurs du search en europe pilote sur la recherche européenne sur le search internet.
    D’ailleurs à l’échelle de l’état, les sommes en jeu sont dérisoires et méritent cette “prise de risques”

    Enfin, concernant France Télécom, il serait naïf de penser qu’on peut travailler sur des set top box indépendamment des fournisseurs d’accès qui les fabriquent et pour lesquels elles sont un enjeu stratégique.
    De ce point de vue, l’europe est nettement en avance sur les US, et il n’y a rien d’absurde à vouloir imposer un standard européen

  • [14] - Olivier Ezratty a écrit le 1 avril 2008 :

    Hugues, ne me fais pas écrire ce que je n’ai pas écrit! Je note qu’Exalead est la société pour laquelle les aides de Quaero ont le plus de sens, et dénonce plutôt les aides aux grands groupes comme France Telecom qui ont déjà largement de quoi financer leur R&D.

    Malgré tout, la taille d’Exalead en fait un acteur réellement mineur à l’échelle mondiale. Les PME françaises et européenne high-tech ont toujours bien du mal à avoir une croissance rapide.

    C’est bien documenté dans le livre “Startups” d’Hervé Lebret, qui est intervenu plus haut dans les commentaires de cet article. Une fois le bootstrap de la R&D déclenché (comme avec Exalead), le développement de la boite n’est plus réellement une affaire de R&D, mais plutôt de sales/marketing/management/leadership/financement.C’est plus là que l’on pêche en France que dans la R&D.

    Pour les stb, je demande à voir et me demande si FT veut réellement créer un standard européen ou simplement prendre de l’avance par rapport à Free et NeufTelecom dont les parts de marché croissantes commencent à gratouiller le leader Orange…

  • [15] - Herve Lebret a écrit le 4 avril 2008 :

    Je réagis également au post de Hugues avec lequel je suis plutôt en désaccord: que l’Etat finance la recherche, là dessus aucun débat,je suis 100% d’accord. Mais ma mémoire d’ancien du capital-risque me fait penser qu’une start-up, une PME n’a pas vraiment les moyens de faire de la recherche; elle innove, elle développe, elle fait des produits. Or Exalead est déjà une start-up ancienne (fondée en 2000 je crois) et j’ai des doutes sur l’efficacité des fonds publics à ce stade. En tout cas, il me semble que les start-up de la Silicon Valley ont une approche bien différente et je suis par contre d’accord avec Olivier quand il dit que Exalead est un acteur mineur. Y aurait-il un lien de causalité entre la nature de ces financements publics et la relative faible croissance des start-up européennes?

  • [16] - Olivier Ezratty a écrit le 4 avril 2008 :

    On peut aussi noter la confusion générale entre le R(ercherche) et le D(éveloppement) dans les financements publics. Oséo comme Quaero dans ce cas là financent beaucoup de D, surtout dans le cas d’Exalead. Et même probablement également chez pas mal d’autres acteurs concernés. Ce qui est intéressant, c’est de voir comment la quasi-totalité des startups qui demandent des financements à Oséo maquillent du D en R pour faire joli et améliorer les chances d’acceptationd de leur dossier. Comme la distinction entre R et D en informatique n’est pas toujours évidente, cela passe.

  • [17] - Hugues a écrit le 11 avril 2008 :

    Mon point était de dire qu’il était un peu paradoxal de s’appuyer sur le projet Quaero pour dénoncer la culture européenne de financement de l’innovation à partir de fonds public, dans la mesure où Exalead, qui est un acteur important du projet Quaero est d’une certaine façon l’illustration que ça peut marcher.

    On a d’autres exemples, en Corée et au Japon, d’innovation très fortes poussées par l’Etat.

    Concernant la faiblesse de l’innovation technologique en France, je pense que c’est d’abord une question culturelle d’aversion au risque, ensuite l’absence d’un écosystème géographique favorable permettant de regrouper des compétences et du financement.
    Discutez un peu avec de jeunes étudiants et vous serez très surpris de leur peu d’intérêt pour les startups
    La responsabilité de l’Etat dans cette situation est assez faible, et il y a là aussi un paradoxe à en appeler à l’Etat pour apporter des remèdes.

    Et je partage le point de vue d’Olivier que les faiblesses chez les PMEs sont bien dans le marketing et l’execution commerciale et en particulier dans la capacité à se développer à l’export

    Enfin, que les grands groupes français chassent les subventions, ce n’est pas nouveau, mais encore une fois , que des acteurs des set tops boxes récupèrent les subventions sur les set top boxes, quoi de choquant ?

    D’autant plus qu’en l’occurence, pour développer sa LiveBox, FT a travaillé étroitement avec une startup (Inventel) (depuis rachetée par Thomson) , et qu’on est donc clairement dans le modèle “SFR” sur ce coup.

    La question de la politique d’acquisition externe de FT est complexe et ne peut pas être dissociée de son histoire récente (endettement massif à réduire, labos de recherche existants issus de l’époque où elle était une administration)

  • [18] - Olivier Ezratty a écrit le 11 avril 2008 :

    Hugues, dans mon article sur Quaero, j’ai tenté de mettre l’accent sur le fait que la seule société pour laquelle Quaero avait un sens était Exalead. Mais que malgré tout, cette société ne grandissait pas assez vite pour devenir un véritable acteur mondial de poids, comme la plupart des startups françaises du secteur de l’IT.

    Il y a effectivement des innovations poussées ou financées par les Etats dans le monde. Il serait intéressant d’analyser celles qui fonctionnent ou pas pour créer de véritables business profitables et internationaux. Très souvent, ces innovations ont du mal à sortir des frontières. On peut aussi faire le tri entre commandes spécifiques (par exemple, la Darpa américaine qui commande des prototypes divers au complexe militaro-industriel américain et finance ainsi leur R&D) et de simples subventions (un modèle courant en Europe). Ne vaut-il pas mieux avoir l’état comme client que comme subventionneur pour les innovations?

  • [19] - TT a écrit le 21 avril 2008 :

    J’arrive un peu tard pour ce post (vacances! 🙂 ), mais il semble un peut léger de penser que FT cherche réellement à développer des services domotiques et convergents (les problématiques d’installations électriques ne sont pas de son champ d’action). La dure vérité c’est que FT a trouvé un bon moyen pour récupérer la main sur le middleware de ses STB et sur le prix de licencing (brevets) utilisé, notamment ceux de Thomson (qui souffre actuellement) et le savoir (vite) faire de Sagem Com.

    De plus, comme les Darty, Alice et autres FAI 3 play n’ont pas de solutions de rechange pour s’offrir des STB à moindre coûts sans être contraint de changer de parc matériel ni de système de gestion de STB. Ils devront continuer de travailler avec les Thomson/Sagem via cette offre logicielle JV. FTRD se garantie un ROI dès que les services évolués seront demandés, i.e. Time Shifting, PVR, Unik (passerelle mobile) monnayant qqs euros le logiciel/boite.

    Tout le monde sait que Thomson et FT sont très fort dans la récupération de subvention! Il n’y a donc rien de surprenant au vu des chiffres.

  • [20] - Olivier Ezratty a écrit le 21 avril 2008 :

    Il y a effectivement embrouille dans la communication sur cette Jv avec Thomson !

    Par contre, est-ce que les concurrents de FT seront vraiment obligés d’en passer par là pour leurs STB? Pas sur. Il y a plein de constructeurs chinois prêts à créer toute stb sur commande. Ils sont de plus en plus souples et capables de répondre aux cahiers des charges européens.

    Et quel est le middleware de FT dans la LiveBox (ou plutôt les briques middleware car elles doivent être d’origine variée)? C’est full-FT, ou d’origine tierce?

  • [21] - TT a écrit le 23 avril 2008 :

    En effet, nos voisins chinois sont très souples, mais le marché des STB est encore très fragmenté et il est devenu très compétitif en terme de flexibilité sur les services à offrir. Je pense que FT cherche à maximiser cette réactivité via cette JV et ne pas se disperser en cherchant le meilleur coût. Mais FT a toujours eu une politique fermé de sa gestion d’IP (intelectual property), tout comme le fait d’intégrer (payer) du logiciel extérieur n’est pas le bien venu (même s’il est moins cher). Ils ont une politique verticale complète, a l’image des spinoff et autres sociétés créés de toute pièce par FT comme par exemple Viaccess (accès conditionnel) et du virage opérationnel pour devenir un fournisseur de services de bout en bout.

    Au sujet de la JV, c’est bien un échange ou pool commun d’IP puis une synergie des efforts entre FT, Thomson et Sagem coté technique. En gros, plusieurs experts middleware des 3 sociétés sont réunis en un même lieu pour développer les services qui suivront à l’offre Unik.

    Je pense qu’ils font très fort!

  • [22] - Olivier Ezratty a écrit le 23 avril 2008 :

    Je pensais en fait aux concurrents de FT pour les chinois ! Mais ton raisonnement s’applique aussi à eux car réduire les coûts variables des STB est très important pour tous les acteurs. Certains le font en adoptant des couches open source pour le middleware, mais leur l’écosystème open source des STB n’est pas suffisamment encore assez dense par rapport aux offres de middleware propriétaire.

    FT est peut-être fort, mais en tout cas, leur stratégie n’est pas clean car ils avancent masqués dans le domaine. Ils prétendraient donc travailler sur un standard domotique, qui a certainement été un bon moyen d’obtenir des subventions ou aides publiques. Alors qu’ils sont sur un autre cheval, bien plus prosaïque.

  • [23] - bwaje a écrit le 28 décembre 2011 :

    A rapprocher du gâchis qu’est le projet Galileo qui engloutit depuis plus de 10 ans des subventions (on serait passé de 3,4 Mds d’euros à 5,4 Mds)…Pour se rendre autonome de la norme GPS Nord-Américaine l’Europe s’est dotée d’un “machin” incapable de produire autre chose que des communiqués de presse.
    Le “pauvre projet Galiléo est devenu le symbole du suicide de
    toute ambition européenne” affirme avec raison Nicolas Dupont Aignan.

    Résultat : Rien de visible avant 2019, alors que la Chine, avec le programme Beidou – Grande Ourse en français – qui a lancé son propre projet de géolocalisation en même temps que l’Europe, est en ordre de marche avec pas moins de 10 satellites chinois en orbite.




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