Le jeudi 25 juin 2009 avait lieu la publi­ca­tion du pal­ma­rès du Concours Natio­nal d’Aide à la Créa­tion d’Entreprises Inno­vantes 2009.

L’annonce a été assez dis­crète avec peu de retours presse, arri­vés tout du moins dans mon lec­teur RSS. Il faut dire que ce concours est main­te­nant une rou­tine annuelle bien hui­lée. Cette année, il y avait 171 lau­réats pour 1161 dos­siers reçus. En 2008, il y avait eu 170 lau­réats pour 1174 dos­siers reçus. Un nombre de can­di­dats éton­nam­ment stable qui doit s’expliquer par le nombre sous-jacent de labo­ra­toires et autres incu­ba­teurs qui encou­ragent leurs pou­lains à concourir.

Le dos­sier de presse de cette édition du concours fait état de diverses don­nées intéressantes :

  • 60% des lau­réats pro­viennent de la recherche. 53% des lau­réats (qui sont des indi­vi­dus et pas des socié­tés) sont Doc­teurs – 55% en 2008. Et 27% des ingé­nieurs pour 23% en 2008. Faci­le­ment expli­cable : le concours sert sur­tout à encou­ra­ger les cher­cheurs à créer des entre­prises. Mais comme les % ne sont pas indi­qués pour les can­di­dats, impos­sible de savoir s’il y a un biais dans la sélec­tion des pro­jets dans un sens ou dans un autre.
  • Il y a deux caté­go­ries dans le concours : les pro­jets dits en “émer­gence”, qui en sont au stade d’une étude de fai­sa­bi­lité, avec 97 élus rece­vant en moyenne 30K€ de sub­ven­tion qui couvre jusqu’à 70% de tra­vaux de matu­ra­tion du pro­jet et de preuve de concept. Et puis, les pro­jets en “création-développement”, au nombre de 74, qui reçoivent en moyenne 229K€ de sub­ven­tion, cou­vrant 50% de leurs dépenses de R&D, et étalée sur deux années.  Ce qui fait un total d’environ 20m€, hors frais de gestion.
  • Les TIC repré­sentent 30% des élus, et l’électronique/traitement du signal/télécom en repré­sente 12% (vs 34% et 14% en 2008). Avec 15 élus TIC en Ile de France. Cela donne une chance de réus­site pour les cen­taines de pro­jets pou­vant poten­tiel­le­ment concou­rir dans la région. Je connais quelques uns des gagnants dans la liste, croi­sés à dif­fé­rents endroits. Au moins l’un d’entre eux n’a pas en propre la tech­no­lo­gie qu’il pré­sente. Un autre n’a pas de vrai modèle écono­mique. Un troi­sième a déjà effec­tué la plu­part des déve­lop­pe­ments logi­ciels de son pro­jet. Bon bon.
  • Le taux de sur­vie des entre­prises issues du concours depuis 1999 est de 77%. Comme il y a plein de méthodes dif­fé­rentes de cal­cul de ce taux (nombre d’années d’ancienneté de réfé­rence, etc), cela ne veut pas dire grand chose. Mais en com­pa­rant ce chiffre avec des don­nées équi­va­lentes d’autres orga­ni­sa­tions (incu­ba­teurs, prêts d’honneur, etc), il n’a rien d’extraordinaire car chez eux, les taux de sur­vie sont sou­vent supé­rieurs à 90% à 5 ans. Dans l’informatique, par exemple, nombre de star­tups peuvent sur­vivre en se trans­for­mant en simples socié­tés de ser­vice. C’est un mode de sur­vie modeste qui fausse les statistiques.
  • Le dos­sier de presse du concours et en avant les “emplois créés grâce au concours”. Et plus les socié­tés sont anciennes, plus grands sont leur chiffre d’affaires et leur nombre d’emplois créés. Mais com­pa­ra­ti­ve­ment à quoi… ? . Heu heu. Ce sont les entre­pre­neurs et les clients qui créent des emplois. Les sub­ven­tions ne sont que des dopants, par­fois toxiques. Cer­taines boites passent plus de temps à cher­cher des sub­ven­tions que des clients. Et elles créent à la fin moins d’emploi que celles qui ont des clients ! Mais les lau­réats béné­fi­cient d’un coa­ching busi­ness de la part d’HEC Star­tup et de l’EM Lyon. C’est le plus “com­pé­tences” louable du concours.

Palmares 2009 Concours National Entreprises Technologies Innovantes

Les lau­réats

Dans le numé­rique, il y a un peu de tout. De la sécu­rité (avec notam­ment un pro­jet de navi­ga­teur web qui tourne dans une machine vir­tuelle), un peu d’IPTV et de pro­duc­tion de vidéo ou de cinéma en syn­thèse ani­mée, du déve­lop­pe­ment logi­ciel, de la repré­sen­ta­tion gra­phique de don­nées, des logi­ciels autour des jeux, de la 3D et de la simu­la­tion, de l’affichage tri­di­men­sion­nel sur un cube trans­pa­rent, de la ges­tion de publi­cité et des appli­ca­tions pour le com­merce en ligne comme en maga­sin, de la télé­pré­sence, de la robo­tique. Dif­fi­cile de cer­ner une ten­dance par­ti­cu­lière, genre “cette année, le jury a pri­vi­lé­gié tel type de pro­jet”.

C’est cepen­dant du côté des green­techs que je me suis le plus pen­ché. Ce sujet n’a pas sa caté­go­rie à part dans le concours ce qui est bien dom­mage. Il est dom­mage qu’une ambi­tion asso­ciée ne soit pas affi­chée dans le cadre de ce concours. On trouve cepen­dant quelques pro­jets green­techs dans les lau­réats du concours 2009 :

  • Cinq pro­jets d’énergie éolienne, le plus sou­vent pour de l’équipement urbain. Cer­tains m’ont l’air bien fumeux…
  • Trois pro­jets autour du pho­to­vol­taïques dont un pro­jet de créa­tion de tuiles de toit pho­to­vo­laïques et un autre qui se pro­pose d’améliorer le pro­ces­sus de fabri­ca­tion des cel­lules PV en CIGS.
  • De la pro­duc­tion de car­bu­rant à par­tir des algues (pas la pre­mière ini­tia­tive du genre).
  • Un sys­tème de chauf­fage à base de moteur Stir­ling (assez courant).
  • De l’éclairage tech­nique à base de LED de grande puissance.
  • De la cli­ma­ti­sa­tion à base d’eau de mer froide, uti­li­sable notam­ment dans les DOM-TOM.
  • Un sys­tème de cap­tage de l’énergie des vagues, qui néces­si­tera sans doute beau­coup de capi­taux pour voir le jour.
  • De la pro­duc­tion de briques en terre crue com­pres­sée pour la construc­tion d’habitat.
  • Des sys­tèmes de détec­tion de pol­luants divers.

Il y a aussi une caté­go­rie santé et bio­techs très bien repré­sen­tée dans les lau­réats et c’est d’ailleurs plu­tôt dans cette caté­go­rie que les pro­jets lau­réats semblent faire avan­cer l’état de l’art de leur discipline.

Le pro­ces­sus de sélection

Les pro­jets en phase “émer­gence” sont sélec­tion­nés par des jurys régio­naux, les can­di­da­tures étant à dépo­ser auprès de la repré­sen­ta­tion Oséo locale. Il y avait 97 lau­réats dans cette caté­go­rie. Les jurys semblent com­po­sés de membres des Direc­tions Régio­nales d’Oséo, d’un incu­ba­teur local et de la Direc­tion Régio­nale à la Recherche et à la Tech­no­lo­gie, les repré­sen­ta­tions du Minis­tère de la Recherche dans les régions.

Les pro­jets en phase “création-développement” sont pré­sé­lec­tion­nés par ces mêmes jurys régio­naux et un jury natio­nal effec­tue la sélec­tion à par­tir de cette pré­sé­lec­tion. Il en conserve envi­ron les deux tiers (74 sur 129 en 2009). Le jury est assez hété­ro­clite est com­posé d’un tiers de repré­sen­tants de labo­ra­toires publics (sou­vent, leurs res­pon­sables du trans­fert de tech­no­lo­gie), d’un tiers de repré­sen­tants d’entreprises publiques ou pas, et le reste avec des inves­tis­seurs divers (AFIC, VC, etc), quelques incu­ba­teurs et struc­tures d’accompagnement et deux écoles de com­merce impli­quées dans le coa­ching busi­ness des pro­jets lau­réats (HEC et l’EM Lyon). Il serait inté­res­sant d’y ajou­ter des repré­sen­ta­tion de star­tups sous une forme ou une autre.

Bref, un pro­ces­sus quelque peu alam­bi­qué. En tout état de cause, une bonne rela­tion avec votre chargé d’affaire Oséo et votre incu­ba­teur local doit aider à gagner des points dans le pro­ces­sus de sélection !

Si vous n’avez pas gagné…

Si vous avez concouru et perdu (ou pas, d’ailleurs…), vous pou­vez reten­ter votre coup avec l’appel à pro­jet Serious gaming / Web 2.0. Vous avez jusqu’au 6 juillet 2009 pour dépo­ser votre dos­sier ! Sachant que rien que sur ces deux sujets, un mon­tant équi­va­lent à tout le concours natio­nal a été alloué (re-20m€ de sub­ven­tions), avec l’idée de sub­ven­tion­ner des pro­jets dans des enve­loppes supé­rieures à celle du concours natio­nal phase “création-développement”. Mais mon petit doigt m’indique tout de même que les chances d’obtenir quelque chose devraient être plus grandes ici que dans le Concours Natio­nal. Pour les pro­jets Inter­net bien entendu…

Bref, la chasse aux sub­ven­tions est ouverte en permanence !

Même si ce sys­tème parait utile au pre­mier abord, je me demande si son foi­son­ne­ment actuel n’est pas une trop grande source de dis­trac­tion pour les entre­pre­neurs. Sur­tout avec la démul­ti­pliée qui serait intro­duite par l’emprunt que lance le gou­ver­ne­ment et qui pour­rait aug­men­ter la manne qui finance les pôles de com­pé­ti­ti­vité, dont l’efficacité reste à démontrer.


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Publié le 28 juin 2009 Post de Olivier Ezratty | Entrepreneuriat, Innovation, Startups | 19 commentaires

Les 19 commentaires sur “Enseignements du Concours 2009 des (blabla) Entreprises Innovantes” :

  • [1] - Fabien a écrit le 28 juin 2009 :

    Drôle de bilan. La pre­mière sélec­tion (en amont)des pro­jets du concours est réa­li­sée par Ernst & Young jus­te­ment pour plus d’objectivité. Je le sais pour les avoir ren­con­tré pour un de mes pro­jets, qui n’a pas été retenu (bien­sur). Mais a priori, selon vous, la qua­lité de la sélec­tion n’est tou­jours pas au ren­dez vous. Dommage.

    Ce sys­tème de concours avec le minis­tère de la recherche et d’appel à pro­jets avec le 2.0 et le serious game pour l’Industrie sert sur­tout à faire mous­ser les ministres. D’un côté, Pécresse qui veut sur­tout que ces cher­cheurs et doc­to­rants soient sélec­tion­nés dans son concours ; de l’autre, NKM qui va bien­tôt nous dire qu’heureusement qu’elle était là pour sou­te­nir le numé­rique, alors que fran­che­ment on l’a pas atten­due. Sans comp­ter les concours régio­naux (la Ville de Paris, par exemple), et les villes qui ont besoin de mettre en valeur leurs incu­ba­teurs avec des pro­jets qui ont des chances d’être finan­cés par un biais ou par un autre. Comme cela tout le monde rentre dans ses frais.

    Il y a Oséo, mais vous dites qu’ils sont trop hard dans la sélec­tion et peut être un peu trop à che­val sur les réa­li­tés économiques.

    De toute façon, on enten­dra bien­tôt plus Oséo, vu que tout le bud­get de l’innovation (non par­don, le grand emprunt na-tio-nal…) ira aux pôles de com­pé­ti­ti­vité et à leur sys­tème d’appels à pro­jets. Le copi­nage et tout le reste.
    Avec des prio­ri­tés bien étranges : nano­tech­no­lo­gies, bio­tech­no­lo­gies, numé­riques… Mais du moment que tout le monde est content.

  • [2] - Olivier Ezratty a écrit le 28 juin 2009 :

    C’est une bonne chose que d’être sen­sible aux réa­li­tés écono­miques, mais jus­te­ment, je ne suis pas cer­tain qu’elles soient tou­jours prises en compte dans ce genre d’opération, Oséo ou pas. Il ne faut pas me faire dire (ou écrire) ce que je n’ai pas écrit tout de même !

    Dans toutes ces aides publiques, il s’agit par­fois d’identifier le “moindre mal”. Oséo Inno­va­tion, Pôles de Com­pé­ti­vité, Appels à Pro­jets, Concours Natio­nal, TEPA/ISF, Cré­dit Impôt Recherche, etc ? Com­ment équi­li­brer ce bazar où l’on a bien l’impression qu’il n’y a aucun archi­tecte derrière ?

    Ne voyons pas le mal ou le com­plot par­tout pour autant. Sur­tout en l’absence d’un grand architecte !

    Les pôles de com­pé­ti­ti­vité ne sont pas à rejet­ter radi­ca­le­ment. Diag­nos­ti­quons ce qui ne va pas dedans et pro­po­sons des alternatives !

    Par exemple :
    - Il y en a beau­coup trop ce qui dillue l’effort et l’investissement. Il faut d’urgence en réduire le nombre. Bon, le prix poli­tique à payer pour cela est assez élevé…
    - La part des aides qui va aux grandes entre­prises est trop impor­tantes. Il fau­drait que sta­tu­tai­re­ment, les aides aillent aux 3/4 mini­mum aux star­tups et dans une cer­taine mesure aux labo­ra­toires. Il vaut mieux avoir ces entre­prises comme clients que comme par­tie pre­nante des pro­jets pour éviter de se faire dépouiller.
    - Dans le numé­rique, le rôle des grandes entre­prises est un véri­table “poi­son” pour l’écosystème des star­tups. En effet, la plu­part d’entre elles ne vont pas très bien ou sont trop can­ton­nées au mar­ché natio­nal (sui­vez mon regard). Résul­tat : elles ne peuvent pas décem­ment aider les star­tups à réus­sir. D’autant plus qu’une grande part des inno­va­tions dans le numé­rique sont plus socié­tales que tech­no­lo­giques.
    - La pola­rité géo­gra­phique n’a pas vrai­ment de sens dans le numé­rique. Pour­quoi les solu­tions de paie­ment sécu­ri­sées devraient-elles venir de Nor­man­die par exemple ? Pour­quoi les jeux de Lyon ? Etc.
    - Pôle ou pas, il faut trou­ver le moyen d’aider dans autre chose que la R&D, ou la recherche col­la­bo­ra­tive. Ce n’est pas le pro­blème de l’innovation en France ! C’est l’écoute des clients, le mar­ke­ting, la vente, la com­mu­ni­ca­tion, l’international qui ne vont pas. Recon­nais­sons à ce titre que le coa­ching des star­tups lau­réates du Concours Natio­nal par des busi­ness schools et un bon pas en avant.

    Bref, il faut reprendre l’histoire à zéro et refaire un diag­nos­tic de ce qui ne va pas et trou­ver les solu­tions qui vont avec.

    Je viens de ter­mi­ner un très bon bou­quin sur l’innovation “The myths of inno­va­tion” qui indique à la fin que les meilleures inno­va­teurs sont ceux qui passent le plus de temps pos­sible à défi­nir le pro­blème à résoudre avant de déter­mi­ner la solu­tion. Les pôles de com­pé­ti­ti­vité sont visi­ble­ment une solu­tion à un pro­blème qui n’a pas été bien défini !

  • [3] - Fabien a écrit le 28 juin 2009 :

    Je suis d’accord en gros avec vous. Mais pour­quoi a t-on démul­ti­plié le nombre d’acteurs ? Il y avait l’aide à l’innovation (régit par un décret) et géré par Anvar et ses struc­tures régio­nales. Il suf­fi­sait de tra­vailler là des­sus en élar­gis­sant au mar­ke­ting, en par­te­na­riat avec les conseils régio­naux. Mais pour­quoi tout ce fra­tras de créé depuis 2000 ? Dites le moi ? J’ai l’impression de devoir cou­rir encore plus de gui­chets qu’avant. C’est fati­guant.
    Je lis des articles qui indique que l’un des gros objec­tifs d’Estrosi à Bercy c’est de contour­ner les X Mines. Pour­quoi ? Ce sont des gens ultra com­pé­tents qui ont le sens de l’organisation justement

    http://www.nicerendezvous.com/FR/JEAN-MICHEL-DEREVET-DIRCAB-DU-MINISTRE-ESTROSI-MAIRE-DE-NICE-n-5339.html

    http://blogs.lexpress.fr/barbier/2009/06/la-tactique-des.php

  • [4] - Olivier Ezratty a écrit le 29 juin 2009 :

    L’empilement est la consé­quence de plu­sieurs fac­teurs :
    - Mor­cel­le­ment admi­nis­tra­tif, notam­ment en région.
    - Prise de conscience de l’importance de l’innovation dans l’économie.
    - Cha­cun dans la chaine de pou­voir veut faire quelque chose et lance son ini­tia­tive, en pen­sant bien faire : incu­ba­teurs, pépi­nière, fonds régio­naux, pôles, etc.

    Pour ce qui est des X-Mines, le pb est celui de toutes les castes qui se pro­tègent plus qu’elle ne servent l’intérêt géné­ral. Les X-Mines sont effec­ti­ve­ment très intel­li­gents, de cette intel­li­gence brute géné­rée par le fil­trage suc­ces­sif des classes pré­pas, des concours, de celui de l’X, puis du clas­se­ment de sor­tie qui les mène dans la “botte”, le top du top étant le Corps des Mines (une dizaine d’élus par an). Est-ce que cela en fait pour autant des vision­naires, des inno­va­teurs, des agents du chan­ge­ment, et de bons mana­gers à défaut de lea­ders ? Ca se dis­cute au cas par cas ! A signa­ler que le Corps des Mines a inté­gré celui des Télé­coms (que l’on ren­contre plus sou­vent dans notre indus­trie du numé­rique) et au sein du CGIET. Conseil dont la pro­duc­tion écrite laisse quelque peu circonspect…

  • [5] - boris a écrit le 29 juin 2009 :

    Bon­jour,

    Pour­quoi le taux de sur­vie des entre­prise est le fac­teur clés qui est (tou­jours) pris en compte pour jus­ti­fier l’existence ou la réus­site de tel ou telle aide/concours etc?

    Mon avis est que c’est seule­ment avec un taux d’échec (et donc un risque) élevé qu’on favo­ri­sera l’émergence de boites à très fort poten­tiel de crois­sance (et avec une tech­no­lo­gie ou un modèle écono­mique de rup­ture). Il me semble en effet que l’immense majo­rité des start-up lau­réates du concours n’ont jamais dépassé les 50 employés.

    N’est ce pas d’ailleurs la marche que suivent les VC ? (10 finan­ce­ments avec à la clés 5 échecs, 3 nuls et 2 qui font tout exploser).

    Boris,

    PS : en tant que lau­réat 2008 dans la caté­go­rie création-développement (avis peut être non objec­tif mais réa­lité ter­rain), ce concours nous a vrai­ment aidé à finan­cer la R&D (en plus l’argent alloué est allé direc­te­ment à la créa­tion d’emplois). Les pro­jets de pôles de com­pé­ti­ti­vi­tés ne sont pas adap­tés aux start-ups car ils obligent à dévier de l’objectif tech­no­lo­gique de base. Enfin, le concours de l’OSEO est la seule sub­ven­tion (ou même prêt) qui ne soit pas limité aux fonds propres de l’entreprise.

    Merci pour ce super blog

  • [6] - Yann a écrit le 29 juin 2009 :

    L’important nombre de gui­chets est aussi une double volonté/intérêt :
    *De nom­breuses agences=+d’emplois pour les per­sonnes au sein de ses agences…
    *Cela consti­tue la pre­mière épreuve pour le créa­teur d’entreprise. Je cite (un res­pon­sable régio­nal) “si il n’est pas capable de sur­mon­ter cela, il ne pourra pas trou­ver ses clients, se remettre en ques­tion, créer sa société …

  • [7] - Olivier Ezratty a écrit le 29 juin 2009 :

    @Boris : le taux de sur­vie est sou­vent mis en évidence, mais asso­cié à de la créa­tion d’emploi et à de la crois­sance de chiffre d’affaire. Est-ce qu’un taux d’échec plus fort aug­men­tera les chances de voir émer­ger des cham­pions de taille cri­tique ? Pas si sûr. Ce n’est pas en ayant plus de mau­vais pro­jets qu’on en aura plus de meilleurs. On en a déjà assez, de mau­vais pro­jets ! La sur­vie est sou­vent un sta­tut “médiocre” qui n’a rien de glo­rieux. Les 50% d’échec des star­tups chez les VCs ne cor­res­pondent pas for­cé­ment à un taux de mor­ta­lité des entre­prises finan­cées. Mais à celles qui ne per­mettent de pas de retrou­ver sa mise de départ (modulo infla­tion et frais de ges­tion…) dans la “sor­tie” de la société du fond d’investissement.

    Le Concours Natio­nal pré­sente en effet quelques avan­tages par rap­port à d’autres sources de finan­ce­ment : pas d’obligation à faire de la R&D col­la­bo­ra­tive comme dans les pôles, un taux de fonds propre rai­son­nable, et un finan­ce­ment (pour création-développement) de niveau res­pec­table sur­tout au vu de l’investissement (dos­sier à rem­plir avant jan­vier). Par contre, le pro­ces­sus est un peu long : 6 mois, sans comp­ter l’étalement de l’attribution de la sub­ven­tion, en deux ou trois temps je crois.

    @Yann : cause ou consé­quence ? Je penche plus pour la consé­quence. Toute orga­ni­sa­tion jus­ti­fie et défend son exis­tence comme elle le peut…

  • [8] - Fabien a écrit le 29 juin 2009 :

    La mul­ti­pli­ca­tion des gui­chets peut aussi être source de stress pour les dif­fé­rents col­la­bo­ra­teurs des agences men­tion­nées. Une forme de concur­rence peut s’installer. Pas sûr que cela soit pro­fi­table à l’entrepreneur. D’autant que les bud­gets ne sont pas exten­sibles non plus.

    Enfin, vous avez des entre­pre­neurs qui par­viennent très bien à trou­ver des finan­ce­ments, sans pour autant par­ve­nir à géné­rer du chiffre d’affaires.

    L’intérêt de la mul­ti­pli­ca­tion des gui­chets vaut pour des apports, des ser­vices com­plé­men­taires. C’est dans ce cas une sorte de chaîne d’accompagnement, de ser­vices et de finan­ce­ments qui viennent se com­plé­ter de façon logique et très lisible, selon les phases des pro­jets. Là c’est inter­es­sant. Pour le reste, je ne pense pas du tout que ce soit bon.

    En ce moment, c’est la mode de la clus­te­ri­sa­tion en tout genre, y com­pris au niveau euro­péen et mon­dial. Tout le monde veut ses “sili­con val­ley” pour atti­rer inves­tis­seurs et entre­pre­neurs. Mais toutes les régions fran­çaises ne devraient pas ten­ter d’avoir cha­cune leur pôle. Cela n’a pas de sens. La preuve, les pôles mon­diaux se trouvent sur­tout en Rhône-Alpes et en Ile-de-France. C’est his­to­rique et logique. C’est pour­quoi Bal­la­dur veut réduire le nombre de régions. Mais cette réforme va t-elle abou­tir ? Je ne le pense pas.

    Le concours demeure un objet de com­mu­ni­ca­tion pour le minis­tère de la recherche qui ne veut pas lais­ser le filon de l’innovation au seul minis­tère de l’Industrie. C’est une gué­guerre entre la Recherche et l’Industrie. N’aurait il pas mieux fallu avoir un “minis­tère de l’innovation” ??? Un unique ? Et mettre l’enseignement supé­rieur avec l’éducation ?

  • [9] - macha a écrit le 29 juin 2009 :

    Oli­vier. Je ne sais pas si en dehors du dos­sier de presse sur le concours vous avez eu le temps de fouiller sur d’autres bilans que vous recher­chiez jus­te­ment. Je l’ai fait pour vous.

    Il y a eu un bilan TIC assez inter­es­sant pré­senté par Oséo. Plus de 1200 pro­jets numé­riques et mul­ti­mé­dia sou­te­nus l’année der­nière. très beau score quand même
    Voici un article qui résume
    http://www.innovationlejournal.com/spip.php?article4381

    Et il y a le bilan d’activité 2008 que tout le monde atten­dait. Les bilans des 3 socié­tés du groupe se trouvent à cet endroit
    http://www.oseo.fr/notre_mission/information_financiere/rapports_annuels

    Dans le rap­port annuel de l’oséo Inno­va­tion, on y apprend que ce sont 388 mil­lions d’euros d’aide à l’innovation qui ont été conclues en 2008, dont plus de 100 mil­lions pour la seule région Ile de France (dont 40 mil­lions d’euros pour Paris Intra Muros). Rhône-Alpes n’a fait que 38 mil­lions d’euros.
    Si on exa­mine encore plus, on s’aperçoit par contre qu’en nombre de pro­jets, l’Ile de France n’est pas en tête. Il n’y a eu que 268 pro­jets sou­te­nus, contre 352 en PACA et 315 en Rhône-Alpes.

  • [10] - Olivier Ezratty a écrit le 30 juin 2009 :

    Merci Macha pour ces poin­teurs tout frais sur les comptes 2008 d’Oséo. Ils dépeignent une situa­tion qui ne cor­res­pond pas à l’expérience des star­tups du numé­rique en Ile de France pen­dant la seconde moi­tié de 2008. Ce qui veut dire qu’il fau­drait pous­ser l’analyse sur l’Ile de France avec le peu de don­nées four­nies. Il serait inté­res­sant de cal­cu­ler les aides et avances par société. Du pain sur la planche pour l’investigation…

  • [11] - macha a écrit le 30 juin 2009 :

    Je me suis trom­pée. C’est 688 pro­jets sou­te­nus en Ile-de-France (dont 268 pour Paris). C’est énorme!!! Donc bien plus que Rhône-Alpes et PACA.
    Pour un bud­get total de 100 mil­lions d’euros d’aide sur l’Ile de France, cela fait une moyenne d’aide située entre 150 000 et 300 000 euros par pro­jet. C’est pas mal.

    En 2009, si le bud­get de l’oséo est réduit d’au moins 40% comme il a été dit dans la presse (Le Monde). Donc on peut ima­gi­ner que 100 mil­lions moins 40%, ça fait 60 mil­lions d’euros de bud­get sur l’Ile-de-France, dont 20 mil­lions pour Paris. Ca pour­rait faire, pour le même nombre de pro­jets à sou­te­nir (envi­ron 260), une moyenne de 1O0 000 euros d’aide par pro­jet cette année sur l’Ile-de-France. C’est un peu juste (non ?). Soit il y aura un nombre simi­laire de pro­jets, pour un mon­tant d’aide plus bas (il fau­dra que l’entreprise com­plète), soit il y aura une sélec­tion encore plus dure cette année. C’est l’un ou l’autre. Qu’en pen­sez vous ?

    Le mon­tant total des inves­tis­se­ments de recherche sou­te­nus en 2008 est d’au moins 200 mil­lions d’euros, voire 300 mil­lions d’euros rien que pour l’Ile-de-France, puisque l’aide Oséo c’est maxi la moi­tié du mon­tant des frais de recherche.

    Sur Paris, il y a au moins 40% des entre­prises qui sont des créa­tions d’entreprises (cf. les stats de l’Insee et de la CCI). On peut déjà le consta­ter dans les résul­tats du concours, où l’Ile de France est num­ber one… Donc de toute façon Oséo n’a pas le choix que de les sou­te­nir. D’ailleurs Dela­noé en fait une prio­rité en met­tant 2 mil­lions d’euros de plus dans le bud­get inno­va­tion. Ouf.

    Sur toute la France, le nombre total de pro­jet finan­cés par Oséo est de 4 000 rien que pour 2008 !!!Quand on voit que les pôles ont financé 1400 pro­jets depuis 2005, on ima­gine le bou­lot d’Oséo chaque année.

  • Heu­reux que tu parles de ce sujet, dif­fi­cile sujet d’ailleurs. Il se trouve que j’ai été membre du jury natio­nal pen­dant 2 (ou 3 ?) éditions.
    Si d’un coté, je trouve que ne rien faire est sou­vent la pire des choses, je me suis tout de même inter­rogé sur l’efficacité du dis­po­si­tif et sur­tout s’il n’y avait pas lieu d’aider à la par­faire ou l’améliorer.
    La der­nière fois où j’ai été appelé à être jury (natio­nal), j’ai mon­tré une atti­tude un peu moins poli­cée que celle de “dis­tri­buer” 30 M€ sans remettre en cause le juge­ment d’un jury régio­nal.
    Je dois dire qu’ensuite, je n’ai plus été appelé … ceci explique peut être cela, mais en tous les cas, je n’en retire aucune acri­mo­nie.
    Mes sources de per­plexi­tés et sur­tout d’interpellation :
    - l’attitude de cer­tains de reverse inge­nee­ring consis­tant à se pla­cer en mis­sion de “dis­tri­buer” (top down) 30 M€. Je suis entre­pre­neur, je connais (un peu) la valeur de l’argent et j’ai été un peu agacé, je le recon­nais de voir des M€ aller dans des pro­jets “par défaut”, car il fal­lait “dis­tri­buer” l’enveloppe.
    - mon impres­sion que le jury natio­nal ne pou­vait pas vrai­ment aller à l’encontre du choix d’un jury régio­nal. Je vais être clair … un pro­jet est un pro­jet et l’angle du prisme d’examen géo­gra­phique n’en change pas la qua­lité. Re-en clair … j’ai com­pris que cela ne se fai­sait pas trop de ne pas être d’accord avec un consen­sus régio­nal … sur­tout de régions où il n’y a pas beau­coup de pro­jets
    - et sur­tout … je me suis inter­rogé publi­que­ment sur la méthode, tant on m’avait donné un sec­teur où je devais noter le même genre de dos­sier, avec les mêmes avan­tages et fai­blesse. Tu le sais mieux que moi, le suc­cès de nom­breux pro­jets est la qua­lité de leur ouver­ture / réseau / éco-système. Quand on voit 4 fois le même genre de pro­jet, fait par un cher­cheur en math fon­da­men­tale, dans le fin fond de sa région (que je res­pecte) on peut très jus­te­ment se deman­der si on doit don­ner la note de 0 ou de 20. Ne doit on pas essayer de regrou­per les forces de gens qui veulent faire la même chose, avec les mêmes idées pour leur don­ner plus de force et éviter de sau­pou­drer ?
    Bref … on se demande pour­quoi, je ne suis plus ré-invité ;-)
    Main­te­nant je le redis, la démarche est inté­res­sante … il suf­fi­rait juste d’associer un peu plus d’autres gens et d’ouvrir le moule. C’est beau­coup d’argent qui est donné … et je dis bien donné dans de nom­breux cas. Oui, il com­mence à y avoir bcp d’aides et je suis d’une géné­ra­tion où l’on avait à arbi­trer entre les cou­rir ou cou­rir der­rière les clients.
    Ceci dit, c’est bien, c’est mieux, MAIS .. il manque de l’entrepreneur là dedans. Il manque de l’ambition. Il manque de l’orientation vers des sec­teurs por­teurs et stra­té­giques. Bref, si tu peux les aider, j’en serais le pre­mier heu­reux … en tant que contri­buable et action­naire indi­rect de ces efforts et en tant que père de famille qui aime­rait un jour que le “sys­tème” aide aussi sa pro­gé­ni­ture, un jour peut être …

  • @jmplanche : Ton com­men­taire est très inté­res­sant. Je ne suis pas encore sur le mar­ché du tra­vail, mais je vais essayer d’apporter quelques argu­ments (à prendre avec des pin­cettes, donc).

    Je suis sûr que tu as une idée là des­sus : pour l’entrepreneuriat, ça ne sont pas les idées qui manquent. Non, c’est leur réa­li­sa­tion ou sim­ple­ment la pen­sée de leur réa­li­sa­tion qui bloque.

    Pre­nons un exemple : si tu as du talent, tu as un bou­lot. Bien payé. Que ne va-tu jeter ton emploi (dans des temps où le bou­lot ne se trouve pas par­tout, non plus), sachant que tu n’es pas sûr d’arriver à bout de ton pro­jet entre­pre­neu­rial, que tu ne peux rien dire quand à la date où tu pourra réel­le­ment obte­nir un quel­conque ROI, que tu a entendu un peu par­tout que prendre des employés c’est la der­nière des chose à faire tel­le­ment c’est com­pli­qué et cher, etc.

    Donc incer­ti­tude + fri­lo­sité = dimi­nu­tion du nombre de pro­jets = dimi­nu­tion de la pro­ba­bi­lité de voir arri­ver de très bonnes idées.

    Au pas­sage, je rap­pel­le­rais que la majo­rité des auto-entrepreneurs du web le deviennent une fois seule­ment qu’ils gagnent de l’argent au black avec leur acti­vité, et ce depuis assez long­temps (en gros, ils deviennent auto-entrepreneur pour se “régu­la­ri­ser”). Inter­net four­nis donc un ter­rain d’expérimentation des pro­jets que tu ne trouves pas ailleurs dans la société civile (parce que ça engendre des coûts tout se suite plus impor­tants et repé­rés : fac­tures obli­ga­toires, etc).

  • @AbriCocotier : Je suis sûr que tu as une idée là des­sus : pour l’entrepreneuriat, ça ne sont pas les idées qui manquent. Non, c’est leur réa­li­sa­tion ou sim­ple­ment la pen­sée de leur réa­li­sa­tion qui bloque.

    Il y a bcp de lieux com­muns à pour­fendre.
    Cer­tains disent que le plus impor­tant est la réa­li­sa­tion et que l’idée ne vaut rien. Je dis NON.
    La chaîne de la valeur est pour moi :
    1/ l’entrepreneur (et c’est ce qui manque le plus)
    2/ les idées et les bonnes (et elles ne sont pas si cou­rantes
    3/ l’écosystème
    4/ la réa­li­sa­tion est une consé­quence. J’ai vu de bonnes idées, mal réa­li­sées fonc­tion­ner. L’inverse, existe aussi, tant que les fonds sont là. (syn­drome startup)

    En fait pour moi le pro­blème est tout simple : savoir tra­vailler ENSEMBLE : c’est le plus dif­fi­cile. Déjà d’y par­ve­nir, mais en amont : avoir la “bonne équipe”.
    Quand on l’a … on déplace des mon­tagnes. (j’ai quelques exemples la des­sus … com­ment créer le 2ème opé­ra­teur Fran­çais Inter­net à par­tir de 0 … com­ment créer un des lea­ders dans la super­vi­sion triple play à l’échelle inter­na­tio­nale face à des géants ;-) …)

  • [15] - Marc a écrit le 1 juillet 2009 :

    @olivier et @jmplanche

    Bas­tringue à la fran­çaise. A rem­pla­cer d’urgence par un site inter­net:
    - tu pré­sentes ton pro­jet (que tout le monde sache où va l’argent)
    - ceux qui veulent peuvent commenter/critiquer/féliciter
    - après rapide véri­fi­ca­tion de 5 cri­tères max, tu touches une sub­ven­tion non rem­bour­sable, la même pour tous
    - tu es exo­néré de charges sociales com­plè­te­ment pen­dant 3 ans
    - tu ne peux reve­nir au robi­net à sub­ven­tion que si tu as déjà des clients

    En plus, en sup­pri­mant toute la bureau­cra­tie autour, on doit pour­voir au moins dou­bler le bud­get alloué aux subventions.

  • [16] - Marc a écrit le 1 juillet 2009 :

    @jmplanche

    Un entre­pre­neur, ça s’éduque à coup d’échecs et de réus­sites. On ne naît pas entre­pre­neur. Mais si on ne va pas voir des clients, aucune chance de le devenir.

    Les idées, c’est un peu pareil. Grosse pro­por­tion de busi­ness qui se cherchent avant de trou­ver le bon modèle. La break­through tech­no­logy qui sort du labo et révo­lu­tionne le mar­ché, je n’en ai pas vu beaucoup.

    Plu­tôt que l’écosystème, c’est la concur­rence qui fait croître les busi­ness. Les par­te­na­riats et autres émolients dis­solvent la volonté de se battre.

    Et oui, l’exécution est clé une fois qu’on a un vrai pro­jet de lan­ce­ment de vraie offre dans un vrai mar­ché, pas une vague idée de piste de recherche pour laquelle on a pas pu avoir de bud­get au ministère.

  • @Marc : Un entre­pre­neur, ça s’éduque à coup d’échecs et de réussites.

    On a géné­ra­le­ment beau­coup de mal à “éduquer” des entre­pre­neurs … même si il semble y avoir des écoles spé­cia­li­sées. Par contre, un entre­pre­neur, c’est en constant apprentissage.

    >On ne naît pas entre­pre­neur.
    Ca je n’en suis pas per­suadé et j’ai déjà eu ce genre de dis­cus­sion. Il fau­drait aussi reve­nir à la défi­ni­tion de ce qu’est un entre­pre­neur et …

    >Mais si on ne va pas voir des clients, aucune
    >chance de le deve­nir.
    il n’y a pas for­cé­ment de rap­port entre un entre­pre­neur et la notion de client. Ou alors, là aussi, il fau­drait défi­nir ce qu’est un client.
    On peut être entre­pre­neur dans beau­coup d’endroit … dans le social, dans l’humanitaire, dans l’éducation natio­nale, dans le gou­ver­ne­ment … la notion de client est donc un peu plus large.

    >Les idées, c’est un peu pareil. Grosse
    >pro­por­tion de busi­ness qui se cherchent avant de
    >trou­ver le bon modèle. La break­through
    >tech­no­logy qui sort du labo et révo­lu­tionne le
    >mar­ché, je n’en ai pas vu beau­coup.
    les entre­pre­neurs sont des machines à idée. Une idée géniale sans per­sonne der­rière, cela ne fait rien. Mais la valeur est dans ceux qui ont les idées. (aussi)

    >Plu­tôt que l’écosystème, c’est la concur­rence
    >qui fait croître les busi­ness.
    ??? je crois que lorsque je parle d’écosystème, je parle de quelque chose d’un peu plus grand.

    >Les par­te­na­riats et autres émolients dis­solvent
    >la volonté de se battre.
    c’est une vision, pas une géné­ra­lité et là encore ce n’est pas for­cé­ment ce que je décris. Oui, comp­ter sur l’association de 3 grands comptes, d’un petit labo et d’une PME pour faire un cham­pion de demain n’est pas une condi­tion néces­saire et suf­fi­sante et peut pouss­ser à endor­mir la volonté de se battre.
    Mais ce n’est pas le sujet (ou du moins le sujet de mon pro­pos). Lorsque je dis ENSEMBLE, je suis tou­jours sub­ju­gué de voir des gens qui ne com­prennent pas que la réus­site d’une équipe n’est pas d’avoir que des bras droits hyper­tro­phiés, sauf si on veut gagner Roland Gar­ros. Ce que les Amé­ri­cains savent depuis le début, nous le savons aussi … mais avec toutes les peines du monde pour le mettre en oeuvre. Résul­tat, sur les 100% de l’argent dis­tri­bué, seule une par­tie congrue revient à véri­ta­ble­ment créer de la valeur pour le pro­jet. L’essentiel est absorbé en mou­ve­ment brow­nien, qui aurait pu être évité (pour le moins for­te­ment dimi­nué) par une réflexion un peu plus mutua­li­sante et de type écosys­tème. On amé­lio­re­rait aussi la taux de sur­vie et sur­tout le taux de réus­site et le fac­teur temps de mise sur le mar­ché.
    Mais bon, ce que j’en dis … cela fait un moment que je ne me bats plus sur ce sujet pour les autres et m’occupe de moi ;-)

    >Et oui, l’exécution est clé une fois qu’on a un
    >vrai pro­jet de lan­ce­ment de vraie offre dans un
    >vrai mar­ché, pas une vague idée de piste de
    >recherche pour laquelle on a pas pu avoir de
    >bud­get au minis­tère.
    oui, là nous sommes d’accord.

  • [18] - macha a écrit le 1 juillet 2009 :

    Je crois que Fré­dé­ric Ise­lin d’HEC Start Up (qui accom­pagne les lau­réats du concours) a écrit une thèse la des­sus
    “Pro­po­si­tion de valeur et posi­tion­ne­ment prix. La place de la valeur client dans le pri­cing d’offres inno­vantes : le cas des start-up tech­no­lo­giques” (thèse de doc­to­rat, 2009)

    https://studies2.hec.fr/jahia/Jahia/iselin/pid/980

    Si dans les équipes vous avez un ingé­nieur, un com­mer­cial et un finan­cier… les trois com­po­santes clés per­mettent d’arriver jusqu’au marché.

    Evi­ter de finan­cer les mêmes pro­jets un peu par­tout… ca n’est pos­sible que si il y a cen­tra­li­sa­tion de la dis­tri­bu­tion de sub­ven­tion. Avec les acteurs qui se mul­ti­plient dans le sou­tien à l’innovation, c’est plus dur.

  • [19] - Olivier Ezratty a écrit le 2 juillet 2009 :

    @jmplanche & les autres : la valeur de l’idée est un vrai sujet en France.

    Je suis de ceux qui effec­ti­ve­ment rela­ti­visent la valeur de l’idée dans les pro­jets. En fai­sant allu­sion à “l’idée nue” sans pro­fon­deur sur la réa­li­sa­tion, en gros, sans vrai busi­ness plan, et sou­vent sans les tech­no­lo­gies asso­ciées. J’ai sou­vent ren­con­tré des entre­pre­neurs, avec une longue expé­rience pro­fes­sion­nelle “non-entrepreneur” qui croyaient avoir une idée du siècle et vou­laient bâtir une boite des­sus. Alors que leur idée était banale, que plein de gens l’avaient eu. Et en plus, ils vou­laient bre­ve­ter l’idée sans même avoir de tech­no­lo­gie en propre (ce qui ne se fait pas en Europe, mais peut se faire aux USA). Ils n’avaient pas d’équipe, pas de BP, pas de techno. Mais juste l’idée. Ca fait bien maigre.

    Jean-Michel, ta défi­ni­tion assez large de l’idée, qui va jusqu’aux aspects de sa mise en oeuvre, me va mieux !

    Autre tra­vers à sou­le­ver : la ten­dance à défi­nir la solu­tion avant d’avoir défini le pro­blème ! Un bon pro­jet est un pro­jet où l’on a passé beau­coup de temps à défi­nir le pro­blème à résoudre, et pour qui (les clients). Le pro­blème, ce sont les “pain points” de seg­ments clients, que l’on peut décrire avec autant de pré­ci­sion que pos­sible, et que l’on peut éven­tuel­le­ment chif­frer. En btob, cela peut être du genre “les grandes entre­prises du sec­teur X passent Y temps/argent à faire ceci cela avec telle méthode exis­tante, cela a tel impact sur leur busi­ness, leur qua­lité de ser­vice, leur marge, leur crois­sance, etc”. Pour résoudre ce pro­blème, il fau­drait faire ceci ou cela en res­pec­tant telles et telles contraintes, de mise en oeuvre, de bud­get, de temps, de sim­pli­cité, etc. Le tout en étant plus effi­cace que les solu­tions exis­tantes qui sont impar­faites pour telles et telles rai­sons (car il y en a toujours).

    La défi­ni­tion de la solu­tion arrive ensuite, et coule un peu de source, et avec quelques com­pro­mis et équi­libres. Cette méthode de “busi­ness design” est très utile ensuite dans la vente du pro­jet et le mar­ke­ting de la société.

    Les pro­jets qui viennent de la recherche, et même d’autres encore, partent sou­vent d’une solu­tion et cherchent les pro­blèmes à résoudre. D’où sou­vent une dif­fi­culté à ren­con­trer son marché.

    Bref, la capa­cité de l’entrepreneur à trou­ver de vrais bons pro­blèmes à résoudre compte autant que celle consis­tant à avoir “des idées” (sous-entendu, de solutions).




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