Alerte : Oséo asphyxie les startups !

Publié le 7 février 2009 et mis à jour le 23 février 2009 - 94 commentaires -
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Depuis début 2008, et de manière plus appuyée depuis octobre, le gou­ver­ne­ment fran­çais a réorienté les prio­ri­tés d’Oséo sur les gazelles, ces PME qui sortent du stade de la star­tup et doivent gran­dir pour atteindre la taille critique.

Dans le même temps, poussé par des res­tric­tions bud­gé­taires, Oséo et sa branche Inno­va­tion semblent com­plè­te­ment cham­bou­ler la donne dans les aides aux entre­prises en créa­tion : réduc­tion des aides et avances, chan­ge­ment des règles en cours de route et absence de trans­pa­rence pour les startups.

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Mon pro­pos est de relayer quelques retours de star­tups ren­con­trées ces der­nières semaines. Retours qui sont loin d’être anec­do­tiques et qui jus­ti­fient un véri­table cri d’alarme : les chan­ge­ments de prio­rité du gou­ver­ne­ment sont en train de désta­bi­li­ser la chaîne du finan­ce­ment de l’innovation au point de mettre en dan­ger de nom­breuses star­tups, alors même que le rôle de l’Etat devrait être de les aider à tra­ver­ser la crise quand le finan­ce­ment privé se fait défaillant.

Com­prendre les évolu­tions du bud­get d’Oséo innovation

Les aides à l’innovation concer­nant les star­tups (avances rem­bour­sables, finan­ce­ment de la R&D) sont cou­vertes par le bud­get d’Oseo Inno­va­tion. Ce bud­get aurait été divisé par deux à 320 mil­lions d’euros en 2009 par rap­port à 2008 selon Le Monde qui indique “la dota­tion d’Oseo Inno­va­tion, qui est un acteur clé du finan­ce­ment des PME de bio­tech­no­lo­gie, a été divi­sée par deux, à 320 mil­lions d’euros en 2009” ‘(dans cet article, ci-dessous).

 LeMonde Financement Biotech

Mais cette infor­ma­tion n’est pas véri­fiable. Le bud­get 2007 d’Oséo Inno­va­tion était de 365m€. Oséo ne com­mu­nique pas sur son bud­get pour l’année en cours et il faut attendre encore quelques mois pour dis­po­ser de son rap­port d’activité de l’année pré­cé­dente, 2008. Le bud­get d’Oséo est inté­gré à la Loi de Finances 2009 dans celui de l’économie, mais sans que l’on puisse clai­re­ment y iden­ti­fier ce qui ali­mente Oséo, d’autant plus que l’Etat n’est pro­ba­ble­ment pas sa seule source de finan­ce­ment (il y a aussi la CDC, etc). On en est donc réduit à inter­pré­ter ce que l’on entend de toutes parts : le bud­get d’Oséo Inno­va­tion aurait dimi­nué sur 2008 et sur 2009, entrai­nant un ralen­tis­se­ment du trai­te­ment des dos­siers des star­tups, une dimi­nu­tion des avances rem­bour­sables et un dur­cis­se­ment des condi­tions d’obtention de ces avances ou aides.

En 2008, Oséo Inno­va­tion aurait même épuisé son bud­get dans cer­taines régions comme l’Ile de France dès le mois de juillet. Ces bud­gets sont en effet sau­cis­son­nés par région. Cer­taines régions à fort poten­tiel tech­no­lo­gique (Ile de France, Gre­noble, etc) consomment leur bud­get bien plus rapi­de­ment que des régions avec des écono­mies plus tra­di­tion­nelles. Et il n’y a pas de trans­va­se­ments pos­sibles entre régions. Pour cer­taines star­tups, un finan­ce­ment est par­fois bien plus facile dans cer­taines régions que dans les régions dites encombrées.

L’impact sur les startups

Prin­ci­pal symp­tôme : les condi­tions d’obtention des avances remboursables.

Les avances rem­bour­sables d’Oséo sont condi­tion­nées par un mon­tant équi­va­lent en fonds propres. Le ration était cou­ram­ment de 1 pour 1. Deux star­tups m’ont indi­qué la semaine der­nière qu’Oséo avait condi­tionné son avance rem­bour­sable de finan­ce­ment de la R&D du pro­jet par un équi­va­lent de cinq fois le mon­tant en fonds propres pour l’une, et six fois pour l’autre ! En chan­geant bru­ta­le­ment les règles du jeu alors que ces star­tups sui­vaient le pro­ces­sus de due dili­gence comme il se devait. Pour­tant, le taux d’aide sur le cofi­nan­ce­ment de la R&D est pour­tant affi­ché comme allant de 25% à 60% – donc au pire, un ratio de 1 pour 4 entre l’avance Oséo et apport de fonds propres autres.

Une star­tup qui atten­dait 100K€ pour finan­cer sa R&D se voit impo­sée du jour au len­de­main de faire une levée de fonds de 600K€ en phase d’amorçage, alors qu’elle tablait sur une levée de 100K€ et quelques ! Sans comp­ter que son dos­sier était par­fois blo­qué depuis 2008 car les bud­gets 2008 étaient consom­més. Ce mul­tiple de taux de finan­ce­ment en fonds propres est qua­si­ment un arrêt de mort vu qu’une telle levée est assez dif­fi­cile à réa­li­ser en ce moment et sur­tout en très peu de temps. Est-ce que Oséo et l’Etat ont conscience de cette conséquence ?

Ces avances rem­bour­sables ne sont bien entendu qu’un dis­po­si­tif d’Oséo Inno­va­tion. Il y a aussi notam­ment la garan­tie des prêts ban­caires. Mais ces prêts sont aussi de plus en plus dif­fi­ciles à obte­nir auprès des banques !

Oseo

Les star­tups se voient sou­vent répondre par Oséo que “les gazelles ont la prio­rité”. C’est par­fois une excuse bidon per­met­tant d’éviter de dire ouver­te­ment à l’entrepreneur que son pro­jet ne tient pas la route ou que les bud­gets sont à sec, comme ce fut le cas pen­dant l’été 2008 dans cer­taines régions.

La dif­fi­culté d’obtention des avances rem­bour­sables serait anec­do­tique si elle n’était pas un point clé du finan­ce­ment de la R&D de tant de star­tups tech­no­lo­giques. En fait, Oséo semble faire tout à l’envers d’après les star­tups que j’ai ren­con­trées : ils garan­tissent un inves­tis­se­ment d’amorçage de FCPI mais alour­dissent la déli­vrance des avances rem­bour­sables qui per­mettent jus­te­ment de créer de la valeur dans la R&D pour faci­li­ter l’obtention d’investissements de FCPI. Comme si Oséo se foca­li­sait sur­tout sur l’aval et pas sur l’amont de la chaine de l’innovation. Ils mettent même en veilleuse des star­tups qu’ils ont en por­te­feuille et qui comp­taient sur Oséo pour avan­cer dans leur croissance.

La logique vou­drait cer­tai­ne­ment que les aides à la créa­tion d’Oséo soient peu plus sélec­tives. Le nombre de pro­jets far­fe­lus finan­cés par Oséo est signi­fi­ca­tif (mais je n’ai pas d’indicateur…). Un fil­trage un peu plus sérieux serait de bon aloi. Mais les star­tups aidées après ce fil­trage devraient l’être avec les mêmes condi­tions qu’avant. Or cela ne semble pas être le cas. On ne com­prend pas dans le mode opé­ra­toire d’Oséo si le tri est plus sévère ou les condi­tions de finan­ce­ment sont plus res­treintes, ou les deux à la fois !

En enle­vant le tapis sous les star­tups en phase d’amorçage, Oséo risque fort d’accélérer un détour­ne­ment des inves­tis­se­ments pri­vés vers ces star­tups. Car les fonds pri­vés, notam­ment les fonds dits “TEPA” pour­raient s’orienter vers des inves­tis­se­ments moins ris­qués, donc vers les gazelles en forte croissance.

La foca­li­sa­tion sur les gazelles

Depuis 2006, le gou­ver­ne­ment a donc décidé de pri­vi­lé­gier les aides aux PME dites ETI, “entre­prises de taille inter­mé­diaires”, appe­lées com­mu­né­ment les “gazelles”, ces PME en forte crois­sances à même de créer un maxi­mum d’emplois et aussi, à géné­rer des expor­ta­tions. D’où le Pro­gramme Gazelle qui label­lise les gazelles (2000 socié­tés label­li­sées en 2006) et struc­ture diverses aides, les prin­ci­pales rele­vant de finan­ce­ment de tré­so­re­rie et de mise en réseau.

Oseo Gazelles

Ce plan à des­ti­na­tion des gazelles a été ren­forcé avec le lan­ce­ment en décembre 2008 d’un plan de relance lié à la crise écono­mique. Le plan de relance en est une pro­lon­ga­tion natu­relle : il contient des mesures de finan­ce­ment diverses de la tré­so­re­rie des entre­prises qui four­nissent de grands don­neurs d’ordre publics et pri­vés. Avec notam­ment, Avance+ qui est une avance sur créances, sorte d’affacturage. Il y a aussi un fond de garan­tie spé­ci­fique pour le ren­for­ce­ment de la tré­so­re­rie des PME. Il prend la forme de prêts de 2 à 7 ans pou­vant aller jusqu’à 1,5m€. Prêts qui ont ten­dance à se sub­sti­tuer au rôle des banques, qui mal­gré leur reca­pi­ta­li­sa­tion et les prêts de l’Etat, ne jouent plus véri­ta­ble­ment leur rôle.

L’Etat se contente de prendre en compte que quelques uns des fac­teurs pour les­quelles nos PMEs ne gran­dissent pas assez vite comme chez nos voi­sins alle­mands avec leurs Mit­tel­stands. Il com­pense les dif­fi­cul­tés de paie­ment par les grands don­neurs d’ordre au lieu de modi­fier par la loi ces condi­tions de paie­ment qui sont en déca­lage com­plet avec ce qui se passe chez nos col­lègues euro­péens. Il ali­mente les BFR (besoins en fonds de roulement).

Il reste cepen­dant à trai­ter d’autres points qui ralen­tissent nos gazelles : les charges sociales, la flexi­bi­lité du mar­ché du tra­vail ren­dant dans l’ensemble les patrons plus pru­dents dans les embauches, la struc­ture patri­mo­niale des PME, le manque d’ambition, ou les ambi­tions vite rati­boi­sées par l’écosystème qui décou­rage et enfin, sur­tout, le manque d’orientation à l’export. On pour­rait aussi ajou­ter que les PME n’attirent pas assez les jeunes diplô­més, plus friands des entre­prises du CAC40, sur­tout à la sor­tie des grandes écoles. Et aussi des pra­tiques mana­gé­riales par­fois d’un autre âge, qui limitent la capa­cité d’innovation des équipes.

Bref, s’il est censé d’aider les gazelles, il serait bon de trai­ter l’ensemble des pro­blèmes qui les affectent, pas juste une partie.

Désha­biller Pierre pour habiller Paul…

Même si la lisi­bi­lité finan­cière des dis­po­si­tifs d’Oséo n’est pas évidente, le mes­sage est clair : moins d’aide pour les star­tups en créa­tion et plus d’aides aux PME, tous sec­teurs d’activité confon­dus. En quelques sortes, un moyen de sou­te­nir l’emploi exis­tant au détri­ment de la créa­tion d’emplois dans un futur plus loin­tain. Quand on se remé­more les lacunes du plan France Numé­rique 2012 concer­nant l’entreprenariat, cela ne fait que ren­for­cer une impres­sion de malaise.

Ce chan­ge­ment d’équilibre mérite réflexion ! En France, les aides publiques sont à la fois le résul­tat d’un inter­ven­tion­nisme public fort et d’une fai­blesse struc­tu­relle du finan­ce­ment privé de l’innovation, que ce soit au niveau de l’amorçage avec les busi­ness angels ou du déve­lop­pe­ment avec le ven­ture capi­tal (VCs). Avec un phé­no­mène d’oeuf et de poule, relié en grande par­tie à la fis­ca­lité du pays (cf cette com­pa­rai­son entre les cercles ver­tueux de la Sili­con Val­ley et le grip­page équi­va­lent en France).

En temps de crois­sance, l’Etat peut dimi­nuer son inter­ven­tion en dyna­mi­sant le finan­ce­ment privé, en par­ti­cu­lier par une poli­tique fis­cale adap­tée. C’est ce qui a été réa­lisé avec la bien contes­tée loi TEPA de 2007 et la fameuse exo­né­ra­tion d’ISF pour les inves­tis­se­ments dans les PME (peut-être l’une des rares dis­po­si­tions de cette loi qui avait du sens, mais qui n’a pas donné lieu à une com­mu­ni­ca­tion grand public car elle aurait été assi­mi­lée à un “cadeau pour les riches”). Les garan­ties de prêts ban­caires d’Oséo relèvent d’une démarche simi­laire. Elles créent un effet de levier pour déclen­cher des finan­ce­ments privés.

Mais en temps de crise, le finan­ce­ment privé se délite. C’est dans un tel cas que le finan­ce­ment public est par­ti­cu­liè­re­ment jus­ti­fié. D’où l’interventionnisme à gogo des états pour relan­cer les écono­mies, que ce soit en sou­te­nant les banques de diverses manières, ou en sou­te­nant l’investissement par de grands tra­vaux. Et enfin, mal­gré des résul­tats incer­tains, une relance de la consom­ma­tion (qui consiste à finan­cer du pou­voir d’achat aujourd’hui par une aug­men­ta­tion de la dette sur les géné­ra­tions futures, dette qui pré­sente la carac­té­ris­tique d’enrichir ses détenteurs).

Or, en ce moment, le gou­ver­ne­ment a fait des choix bud­gé­taires qui vont indi­rec­te­ment assé­cher le “pipe” des star­tups en amont. On pri­vera ainsi le pays de star­tups qui pour­raient deve­nir des gazelles avec la reprise écono­mique. Et ces choix bud­gé­taires sont vrai­ment curieux car l’emphase mise sur les gazelles repré­sente des mil­liards d’Euro - sur­tout lorsque l’on intègre le plan de relance, alors que l’effort qui était consenti pour les star­tups ne dépas­sait pas 350m€ chez Oséo. On a donc désha­billé un petit Pierre pour habiller un grand Paul qui était déjà bien mieux habillé !

Amé­lio­rer la méthode

Comme toute réduc­tion de bud­get, celle qui semble concer­ner Oséo Inno­va­tion sur les star­tups a été faite en cati­mini. Pas de com­mu­ni­ca­tion claire et ouverte. Pas de coor­di­na­tion avec l’écosystème du finan­ce­ment de l’innovation. Pas de mise en pers­pec­tive de l’impact de ces chan­ge­ments sur la chaîne com­plexe du finan­ce­ment de l’innovation. 

On ne sait même pas vrai­ment qui a décidé quoi dans l’histoire. Est-ce Luc Cha­tel (en charge de l’Industrie), est-ce Chris­tine Lagarde, sa Ministre de tutelle à Bercy ? Est-ce que cette déci­sion a été docu­men­tée, com­mu­ni­quée expli­ci­te­ment ? Est-ce que ces réal­lo­ca­tions sont aussi le résul­tat de luttes internes à Oséo dont j’ai eu vent, entre la branche inno­va­tion et les autres branches, à voca­tion très finan­cière (ancien­ne­ment BDPME). Où ont-elles été sim­ple­ment impo­sées à Oséo par le gou­ver­ne­ment ? Très sou­vent, les déci­sions les plus impor­tantes sont prises de la manière la plus légère – sans véri­table concer­ta­tion ni réflexion - et il semble que ce fut le cas pour ces réal­lo­ca­tions budgétaires.

Voilà en tout cas une oppor­tu­nité d’amélioration de sa com­mu­ni­ca­tion pour le gou­ver­ne­ment et pour Oséo : indi­quer com­ment évoluent ses moyens finan­ciers et l’impact que cela a sur les deman­deurs d’aides, garan­ties et autres avances.

Si vous avez des infor­ma­tions sur les évolu­tions réelles du bud­get d’Oséo Inno­va­tion, n’hésitez pas à les par­ta­ger. Tout comme si vous avez vécu comme entre­pre­neur les déboires racon­tés plus haut. Ou au contraire, si tout s’est bien passé avec Oséo Inno­va­tion pour vous.

Et la relance par le numérique ?

Tout ce qui vient d’être évoqué concer­nait les star­tups de tous sec­teurs confon­dus. Mais sur le numé­rique, on n’est pas plus avancé. C’est même plu­tôt le désert des Tar­tares : le numé­rique est absent des plans de relance de l’Etat par l’investissement, même dans la rhé­to­rique. Nos plans de relance indus­triels font très “20 ième siècle”, foca­li­sés qu’ils sont sur les infra­struc­tures. Sur des pro­jets forts utiles, mais qui ne posi­tionnent pas for­cé­ment la France dans la moder­nité, les nou­veaux mar­chés et l’immatériel.

Natha­lie Kosciusko-Morizet pourra peut-être faire ici la dif­fé­rence par rap­port à son pré­dé­ces­seur qui avait quelque peu négligé la “relance par l’offre” dans son plan France Numé­rique 2012. Au vu de ce qui se passe en ce moment, la Secré­taire d’Etat en charge du numé­rique et son équipe devront se pen­cher sur la vraie vie des star­tups et sur l’impact de déci­sions bud­gé­taires comme celle qui a affecté Oséo. Il est encore temps d’agir…

Et si en lan­çant cette alerte, je n’ai fait que crier au loup et me trom­per, alors… tant mieux !


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Publié le 7 février 2009 Post de Olivier Ezratty | Economie, Entrepreneuriat, France, Innovation, Politique, Technologie | 94 commentaires

Les 94 commentaires sur “Alerte : Oséo asphyxie les startups !” :

  • Ma petite pierre à l’édifice :
    42stores a été sou­te­nue par l’OSEO (Haute-Normandie) en octobre-novembre 2008 sous forme d’une avance rem­bour­sable, de la moi­tié des fonds propres.
    Le dos­sier a été traité avec une rapi­dité exem­plaire.
    A aucun moment, je n’ai remar­qué de frein.

    Même si, il faut aussi remar­quer que cer­tain fond sont main­te­nant flé­ché pôle de com­pé­ti­ti­vité (notam­ment au niveau des régions)…

  • [2] - Olivier Ezratty a écrit le 7 février 2009 :

    Merci Oli­vier,

    Cela confirme au moins une chose : une dif­fé­rence notable de trai­te­ment selon les régions, que j’évoque dans l’article.

  • Au delà des avances rem­bour­sables OSEO per­met­tait de finan­cer la phase de fai­sa­bi­lité écono­mique et tech­no­lo­gique: Vous êtes un por­teur de pro­jet ( donc pas encore un créa­teur) et vous avez besoin de faire inter­ve­nir un pres­ta­taire externe pour avan­cer sur la réa­li­sa­tion du pro­to­type, embrayer sur une étude de mar­ché, dépo­ser un brevet…

    Il était donc pos­sible d’obtenir une subvention…et bien ce type d’outil tend a disparaître…

    Si l’on suit le post d’Olivier on risque de consta­ter la même évolu­tion que celle sur la filière capi­tal inves­tis­se­ment: ceux qui fai­saient du capi­tal risque ont migré vers le capi­tal déve­lop­pe­ment puis le capi­tal trans­mis­sion (LBO).. lais­sant la phase amor­çage orpheline…si OSEO fait de même…je vais avoir de plus en plus de mal à moti­ver les jeunes étudiants à se lan­cer dans la créa­tion d’entreprise innovantes…

    Si l’on pour­suit la ten­dance actuelle dans 10 ans la créa­tion d’entreprises inno­vantes relé­vera d’une caste qui regrou­pera ceux qui ont les moyens financiers…

  • [4] - Olivier Ezratty a écrit le 8 février 2009 :

    Bon­jour Jean-Philippe,

    Toi qui suit de près l’actualité du finan­ce­ment des star­tups dans ton excellent blog, aurais-tu jus­te­ment des infor­ma­tions sur l’évolution exacte du bud­get d’Oséo Inno­va­tion qui est en ques­tion ici ?

    Sans “hard data”, nous en sommes réduits à des obser­va­tions ponc­tuelles et on pourra tou­jours nous rétor­quer qu’il s’agit d’exceptions !

    Oli­vier

  • Bon­jour Mon­sieur Ezratty

    Merci de cet article qui met en lumière quelques constats que je confirme, de ma posi­tion de conseil spé­cia­li­sée dans le finan­ce­ment de la R&D depuis 15 ans.

    J’aimerais rajou­ter quelques élèments :

    - Le bud­get Oséo 2009 a fondu de 40% par rap­port à 2008.
    - Il demeure cette année encore tout à fait insuf­fi­sant pour l’Ile de France et en par­ti­cu­lier pour Paris.
    - Face à la dif­fi­culté de ser­vir tout le monde, Oséo a effec­ti­ve­ment posé ds cri­tères de sélec­tion orien­tés vers la PME de crois­sance ainsi que la “rup­ture technologique”.

    Je sou­haite pla­cer cette évolu­tion dans une double pers­pec­tive : celle de la fusion ANVAR/BDPME il y a 3 ou 4 ans et celle de l’évolution récente du cré­dit impot recherche.

    - L’évolution actuelle d’Oséo inno­va­tion a une logique si nous la repla­çons dans le cadre de la fusion opé­rée il y a quelques années entre la BDPME et l’ANVAR, fusion à mon sens contre nature. La BDPME (aujourd’hui Oséo finan­ce­ment) et l’ANVAR (auj. oséo inno­va­tion) n’ont ni les mêmes approches, ni les mêmes cibles. Pour­tant, on tente depuis le départ de créer des pro­duits com­muns entre les deux et malheureusement,c’est bien la logique finan­ce­ment qui a déteint sur celle d’Oséo inno­va­tion. La logique d’Oséo finan­ce­ment est celle de la PME de crois­sance, celle du prêt ban­caire, uni­que­ment accordé aux entre­prises à beaux bilans (donc exit les start ups inno­vantes). L’évolution que vous décri­vez est aussi à repla­cer dans ce contexte et nous pou­vons même poser la ques­tion de la nature de l’aide inno­va­tion d’ici quelques années : on peut sup­po­ser la dis­pa­ri­tion pro­gres­sive ou le confi­ne­ment de l’avanace rem­bour­sable à taux zéro en cas de suc­cès com­mer­cial pour son rem­pla­ce­ment par du prêt avec taux d’intérêt, quelque soit l’issue com­mer­ciale du projet.

    - Il faut égale­ment repla­cer la chute du bud­get Oséo dans la pers­pec­tive de l’augmentation du cré­dit impot recherche (CIR). L’état semble vou­loir sou­te­nir la R&D davan­tage via le CIR (qui est une véri­table sub­ven­tion pour les entre­prises non béné­fi­ciaires) que via Oséo. Seul hic, et il faut bien connaitre le CIR pour cela : la bar­rière à l’entrée est plus forte. Là où Oséo inno­va­tion finance de la R&D très appli­quée, voire par­fois de ser­vice, le CIR lui est beau­coup plus res­tric­tif en matière de nature de R&D et soyons clairs,si les textes du CIR étaient sui­vis à la lettre, seule une poi­gnée de PME y aurait droit car tout est très orienté R&D amont : ver­rous tech­no­lo­giques, obs­tacles scien­ti­fiques … Si ceci ne pose aucun pro­blème dans cer­tains sec­teurs comme la bio­tech, ce n’est pas le cas dans les tech­no­lo­gies de l’information où la géné­ra­li­sa­tion de l’open source et la for­mi­dable créa­ti­vité logi­cielle ont déplacé les efforts de la R&D tech­no­lo­gique à la R&D plus mar­ke­ting, édito­riale, bref … le ser­vice. Donc, même si l’on pou­rait croire que le CIR vient com­pen­ser à terme la baisse Oséo, en pra­tique, ses condi­tions d’accès n’ont rien de simple.

    Au de là de cette mise en pers­pec­tive, je sou­haite ajouter :

    - Oséo, lors de l’éclatement de la pre­mière bulle Inter­net avait joué un rôle de sou­tien for­mi­dable pour les PME : là où nous avions constaté un repli de l’investissement privé capi­tal risque, Oséo a réel­le­ment assuré et sou­tenu énor­mé­ment de pro­jets. Ceci ne se renou­vel­lera pas aujourd’hui.

    - je vou­drais enfin tem­pé­rer quelques points.

    Oséo conti­nue à aider des PME non gazelles, parce que dans les faits, vous avez cer­tains char­gés d’affaires qui demeurent sen­sibles à l’entrepreunariat, à la start up, aux beaux pro­jets et qui de fait, mettent par­fois de coté les direc­tives hié­rar­chiques, et donnent effec­ti­ve­ment un coup de pouce à des pro­jets. Vous en avez effec­ti­ve­ment d’autres qui vont pre­tex­ter de cette nou­velle orien­ta­tion pour ne pas prendre les pro­jets dont ils n’ont pas envie. Ceci c’est la part de l’humain. Mais il est vrai qu’il faut s’attendre, d’ici quelques années, à ce que les plus volon­taires des char­gés d’affaires n’aient plus les mêmes marges de manoeuvre.

    - Je vou­drais égale­ment tem­pé­rer votre titre “Oseo Asphixie les atart ups”.

    Tout d’abord la règle du 1 pour 1 en terme fonds propres / aides. Les gens d’Oséo devrait ces­ser de l’énoncer car non seule­ment effec­ti­ve­ment c’est au cas par cas, mais en plus, elle n’est pas just­fiée. Il est de nom­breux cas où Oséo fait bien de pré­voir de deman­der plus de fonds propres au vu de la fra­gi­lité de cer­taines socié­tés, sans quoi elle peut tout aussi bien dans cer­tains cas jeter son argent (qui est celui du contri­buable) par les fenetres. On ne peut pas deman­der à Oséo de ne pas mener une ana­lyse finan­cière pous­sée d’un coté et de l’autre stig­ma­ti­ser la mau­vaise uti­li­sa­tion de l’argent public. Ce n’est pas ce que vous faites dans votre article, mais il faut com­prendre égale­ment que ces ins­ti­tu­tions sont regar­dées par la cour des comptes, par Bruxelles et qu’elles doivent égale­ment mon­trer qu’elles allouent les aides avec une cer­taines ratio­na­lité économique.

    Plus que jamais, les entre­pre­neurs doivent consi­dé­rer l’aide publique pour ce qu’elle est réel­le­ment : une cerise sur le gateau, pas une manne essen­tielle à leur sur­vie, sans quoi effec­ti­ve­ment, ils seront asphyxiés.

    Merci encore pour votre article car il est très impor­tant que la situa­tion de l’innovation en France soit mon­trée telle qu’elle est réellement.

  • Voila une ana­lyse fort inté­res­sante du sou­tien aux entre­prises et je la trouve bien para­doxale: pour moi, une start-up devrait être une gazelle alors que la PME patri­mo­niale a moins vel­léité à croître rapi­de­ment (je parle de crois­sance de 50-100% annuelle). Oppo­ser gazelles aux start-up est donc pour moi un peu mys­té­rieux… Fusion­ner BDPME et Oseo était une erreur? On ne devrait pas mettre startup/gazelles et PMEs dans le même panier? La gazelle c’est bien Busi­ness Objects qui n’était plus une PME. Et au fait, BO a-t-elle eu besoin de l’Anvar à l’époque. je dois dire que je n’en ai aucune idée. Il serait donc bien utile qu’une agence publique est une trans­pa­rence totale de ses comptes et de ses acti­vi­tés. Mais c’est sans doute un rêve…

  • [7] - Olivier Ezratty a écrit le 8 février 2009 :

    Karine,

    Merci pour ces com­plé­ments qui confirment bien la direc­tion que prend Oséo. La fusion avec la BDPME est effec­ti­ve­ment à l’origine des évolu­tions d’Oséo vers le rôle d’une sorte de banque. Ce qui était l’ANVAR a ten­dance a être noyé dans la masse et à perdre de son influence.

    Ce que je dénonce dans l’article est à la fois l’évolution en tant que telle mais la méthode (ou l’absence de méthode) employée par Oséo Inno­va­tion. Oséo com­mu­nique plu­tôt peu et de manière peu trans­pa­rente sur les évolu­tions de ses offres et des règles du jeu. Tout du moins sur son site web et dans sa com­mu­ni­ca­tion ins­ti­tu­tion­nelle. Après, avec les char­gés d’affaire Oséo, cela dépend évidem­ment des per­sonnes. Les star­tups qui m’ont témoi­gné leur aven­ture racon­taient com­ment Oséo Inno­va­tion a changé les règles du jeu en cours de route pen­dant le trai­te­ment de leur dos­sier. Ce sont ces chan­ge­ments qui asphyxient les star­tups encore plus que les nou­velles règles elles-mêmes. Oséo n’échappe visi­ble­ment pas à cette malé­dic­tion des grandes orga­ni­sa­tions et du gou­ver­ne­ment qui peinent à com­mu­ni­quer et à faire de la pédagogie.

    Pour ce qui est du CIR, effec­ti­ve­ment, le gou­ver­ne­ment a mis le paquet des­sus. C’était d’ailleurs un des moyens d’afficher une aug­men­ta­tion des bud­gets de la recherche par Valé­rie Pécresse en 2007. Mais le CIR a ten­dance a être plus consommé par les grandes entre­prises (en par­tie, par effet d’aubaine) que par les star­tups. De plus, les grandes entre­prises ne sont pas bien infor­mées de ce qu’elles peuvent faire appel à des star­tups label­li­sées Oséo (liste ici) pour sous-traiter des pro­jets de recherche en pro­fi­tant du CIR. Enfin, le CIR est un rem­bour­se­ment sur une dépense qui a eu lieu. Et sans capa­cité d’investissement au départ, la star­tup ne peut pas pro­fi­ter du CIR ! Donc, le CIR est bien trop « aval » dans le cycle de l’innovation pour avoir du sens pour les star­tups en phase de démarrage.

    Enfin, le CIR comme toutes ces aides pré­sentent l’énorme incon­vé­nient d’être uni­que­ment orien­tées vers le finan­ce­ment de la R&D. La tech­no­struc­ture fran­çaise est encore ancrée dans ses convic­tions selon les­quelles inno­va­tion = R&D. Les aides vont donc avec. L’avantage des avances rem­bour­sables d’Oséo Inno­va­tion, c’est qu’elles étaient moins rigou­reuses que le CIR sur l’aspect « recherche ». Oséo n’a pas de res­sources pour véri­ta­ble­ment contrô­ler l’usage qui est fait de ses avances alors que c’est le fisc (Ser­vices d’Imposition des Entre­prises) qui contrôle la bonne appli­ca­tion du CIR. Et de manière assez tatillonne.

    Au pas­sage, quelle est votre source publique sur la baisse de 40% du bud­get Oséo ? On parle d’Oséo Inno­va­tion ou d’Oséo tout court pour ces 40% ?

    Hervé,

    En effet, la notion de gazelle est toute rela­tive. La réa­lité doit être plus pro­saïque, l’effort sur les gazelles doit tou­cher en majo­rité des PME à crois­sance rela­ti­ve­ment modé­rée car il n’y a pas 2000 PME qui ont des taux de crois­sance de plu­sieurs dizaines de % en France, sinon, cela se sau­rait et elles embau­che­raient mas­si­ve­ment ! Et atten­tion, quand on parle de gazelle, il s’agit de tous les sec­teurs d’activité, pas que de la high-tech.

    Pour ce qui est de la trans­pa­rence des comptes, je ne jet­te­rai pas la pierre à Oséo. Ils publient chaque année un rap­port d’activité com­plet et leurs comptes finan­ciers. Il faut certes pas mal de patience pour les décryp­ter mais c’est pos­sible. La dif­fi­culté se situe dans l’indisponibilité d’informations de ce type sur l’année en cours. Aujourd’hui, on dis­pose des comptes 2007 d’Oséo. On aura les comptes 2008 vers le milieu du prin­temps. Oséo n’affiche pas son bud­get en cours ni son évolu­tion. Ce qui les concerne est noyé dans la Loi de Finances et est indé­chif­frable pour le novice. C’est pour­tant cette infor­ma­tion qui per­met­trait d’améliorer la lisi­bi­lité de sa stra­té­gie et de ses orientations.

  • Rebon­jour

    Tout à fait en ligne avec votre réponse Oli­vier, en par­ti­cu­lier sur les auters incon­vé­nients du CIR, dont la trésorerie !

    La dimi­ni­nu­tion des 40% ne concerne qu’oséo innovation.

    Pour la réponse d’Hervé, bien entendu, on devrait mettre Start up et gazelles dans le même panier. Mais quand on est ban­quier, on est plu­tot tenté de les distinguer .…

    Un élèment que je sou­hai­te­rais rajou­ter. Pour moi, ce qui asphyxie en pre­mier lieu les start ups, c’est le manque de capi­tal risque à l’early stage. Car sans cela, Oséo ou non, une entre­prise inno­vante ne tient pas. Oséo, tout comme l’état, ne peut se sub­sti­tuer à cette masse d’argent pri­vée, abso­lu­ment vitale pour le dyna­misme de l’innovation !

    Karine.

  • Oli­vier,
    Merci pour votre appré­cia­tion et de plus vous m’avez don­nez un idée pour­quoi ne pas les inter­ro­ger direc­te­ment ? je vais ten­ter une itw dans ce sens…

    Pour confir­mer la dif­fé­rence entre le CIR et les Aides OSEO, l’étude de mar­ché, la phase de pro­duc­tion (sous la forme d’amortissement) et de com­mer­cia­li­sa­tion pou­vaient être prises en charge par OSEO pas le CIR…

    A suivre donc

  • [10] - Axel a écrit le 8 février 2009 :

    Oli­vier,

    En cours de créa­tion d’une star­tup tech­no­lo­gique, je comp­tais sur Oseo pour nous aider à réduire notre temps de déve­lop­pe­ment en fai­sant appel à des res­sources externes. Ton article n’est pas vrai­ment ras­su­rant pour nous.
    Enfin, si il faut faire sans Oseo, nous ferons sans aide.
    Par contre, je ne com­prend pas bien la logique qui pousse à réduire le bud­get 2009 de 40%, alors que le bud­get de 2008 n’a per­mis d’aider que 50% des star­tups qui l’auraient mérité (je fais réfé­rence au bud­get épuisé en juillet 2008 à Paris).

  • [11] - Olivier Ezratty a écrit le 8 février 2009 :

    Axel,

    Il ne faut pas lais­ser tom­ber Oséo pour autant. Ils n’ont pas coupé le robi­net, juste ralenti son débit ! Si ton pro­jet est de qua­lité, il peut très bien pas­ser avec suc­cès leur pro­ces­sus de sélection.

    Quand au ration­nel de la réduc­tion, c’est à la fois le résul­tat de contraintes bud­gé­taires (que l’on peut com­prendre) et de réal­lo­ca­tions vers les gazelles (ce qui est plus discutable).

    Phi­lippe, bonne idée pour l’itw. Tu peux par exemple essayer de contac­ter Laure Rein­hart, direc­trice d’Oséo Inno­va­tion. Je l’ai croi­sée en novembre der­nier et c’est elle qui m’avait expli­qué la réorien­ta­tion d’Oséo sur les gazelles, mais on n’avait pas parlé des moda­li­tés pré­cises de cette réorien­ta­tion ! Elle a pris ses fonc­tions chez Oséo en octobre 2008, en pro­ve­nance du Minis­tère de la Recherche.

    Oli­vier

  • Il faut aussi cher­cher les rai­sons de cette situa­tion en pre­nant en compte d’autres fac­teurs plus pra­tiques et terre à terre.

    L’un des plus inté­res­sants est tout sim­ple­ment de se pla­cer dans la peau d’un conseiller oseo :

    Qu’est ce que je préfère ? :

    1- ren­con­trer 20 star­tups en amor­çage pour n’en finan­cer que 10 à hau­teur de 50K€, et donc mon­ter 10 dos­siers, les défendre et sur­tout les suivre.

    2- ren­con­trer 4 gazelles, choi­sir les 2 qui m’ont été ame­nées ou recom­man­dées par des “copains”, et les finan­cer à hau­teur de 250K€.

    Dans le second cas, j’ai 7 à 5 fois moins de tra­vail, d’embêtements et sur­tout mes res­pon­sables ne pour­ront pas venir me repro­cher que sur les 10 dos­siers que j’ai défendu dans le pre­mier cas, 3 seule­ment ont ren­con­tré leur mar­ché et les autres sont mortes.

    Ceci dit, pour l’amorçage en France, il faut plu­tôt favo­ri­ser l’arrivée de fonds pri­vés par des mesures inci­ta­tives fis­cales comme l’a déjà per­mis un volet de la loi TEPA.

    C’est beau­coup plus intel­li­gent que de créer des offi­cines semi publiques dont le fonc­tion­ne­ment est quasi opaque.

  • [13] - Olivier Ezratty a écrit le 9 février 2009 :

    Oli­vier, est-ce qu’il s’agit vrai­ment des mêmes conseillers ? Je croyais qu’il y en avait qui étaient spé­cia­li­sés sur les star­tups (Oséo Inno­va­tion) et d’autres qui étaient spé­cia­li­sés sur les PME (Oséo Financement).

    Je suis sinon 100% d’accord sur la néces­sité de dyna­mi­ser les finan­ce­ments pri­vés. La loi TEPA/ISF a eu du bon de ce côté là, mais ce n’est qu’un petit bout du che­min. Et il faut être réa­liste : de nom­breux busi­ness angels ont pris un gros bouillon avec la baisse de la bourse de plus de 40% pen­dant 2008. La consé­quence directe est simple : leur patri­moine aura baissé d’autant (selon la part de leur patri­moine en valeurs mobi­lières bour­sières) et donc, leur ISF va bais­ser… donc, leur capa­cité et leur volonté d’investissement. La “mois­son” d’investissements avant juin ne sera donc pas aussi bonne qu’en juin 2008. D’autant plus qu’en 2008, le pro­ces­sus d’investissement était quelque peu chao­tique si ce n’est ama­teur et qu’il va pro­ba­ble­ment se pro­fes­sion­na­li­ser un peu cette année, et être redou­blé d’une pru­dence accrue de la part des investisseurs.

    Quand aux VCs, ils sont encore plus fri­leux qu’ils l’étaient déjà et ont ten­dance à se foca­li­ser sur les socié­tés qu’ils ont déjà en portefeuille.

    Les star­tups vont donc avoir des dif­fi­cul­tés à se finan­cer par tous les canaux simul­ta­né­ment. Il n’est pas ques­tion de créer une offi­cine de plus (il y en a effec­ti­ve­ment assez) mais de faire en sorte que celle qui joue un rôle pivot dans l’écosystème du finan­ce­ment ne se dérobe pas à sa mis­sion cen­trale au moment où on en a le plus besoin, et du fait d’une baisse de son bud­get dont le timing me semble plus que contestable.

    Après, les star­tups pour­ront aussi être créa­tives, par exemple, en mon­tant des par­te­na­riats de R&D avec des grands groupes, qui béné­fi­cient eux, d’aides Oséo spé­ci­fiques, via le pro­gramme Pas­se­relle.

  • La situa­tion en Ile-de-France est un peu aty­pique, par rap­port aux autres régions. La région pari­sienne est celle (avec Rhône-Alpes et PACA entre autres) où se concentre le plus grand nombre de créa­teurs d’entreprises inno­vantes. Les demandes de ces pro­fils sont donc plus fortes auprès d’OSEO dans la Capi­tale qu’ailleurs.

    Les conseillers OSEO en Ile-de-France sont par­ti­cu­liè­re­ment sol­li­ci­tés et répondent rapi­de­ment aux très nom­breuses demandes, et ils se doivent du coup aussi d’être plus sélec­tifs. L’Ile-de-France repré­sente le plus fort volume d’aides à l’innovation par rap­port au volume natio­nal. Mais il est vrai que le poten­tiel écono­mique de cette région est his­to­ri­que­ment très fort et le sou­tien à l’innovation peut être en deça de ce qu’il devrait être (mal­gré un effort très mar­qué du conseil régio­nal de son côté, et de l’Etat via OSEO de l’autre). OSEO se doit aussi d’être équi­table du point de vue bud­gé­taire avec les autres régions qui ont besoin d’attirer des entre­pre­neurs pour le déve­lop­pe­ment écono­mique et l’emploi.

    Même avec des taux d’aide peut être plus avan­ta­geux dans d’autres régions, cer­taines start up (santé, numé­rique) pré­fèrent de loin démar­rer en Ile-de-France qu’ailleurs, en rai­son des res­sources scien­ti­ti­fiques et uni­ver­si­taires pré­sentes (pôles de com­pé­ti­ti­vité des TIC, de la santé…), des infra­struc­tures et de l’image que confère la Capi­tale à l’international.

    Ensuite, ces entre­prises ne pro­gressent pas for­cé­ment très rapi­de­ment en effec­tif dans la région, en rai­son du coût des locaux à Paris, à moins d’être for­te­ment capi­ta­li­sées. Elles délo­ca­lisent le plus sou­vent par la suite leur pro­duc­tion, voire même leur centre de R&D en pro­vince… C’est en ce sens, qu’elles pro­fitent ensuite à d’autres régions.

    Ce sont des points à ne pas négli­ger pour com­prendre aussi la situa­tion qui est plus nuan­cée qu’on ne pour­rait le croire.

    Les régions plus “indus­trielles” (Rhône-Alpes par exemple) dis­posent de davan­tage d’entreprises de taille inter­mé­diaire et peuvent donc plus faci­le­ment répondre aux objec­tifs actuels du gou­ver­ne­ment sur cette cible, pour le main­tien des emplois et les voca­tions à l’export. Enfin, les toutes petites régions se battent pour atti­rer chez elles des start ups, mais ce n’est pas évident, même avec la poli­tique des pôles de com­pé­ti­ti­vité, car on voit bien que seuls les grands pôles mon­diaux (en Rhône-Alpes et en Ile-de-France notam­ment) attirent du monde et de l’argent pour l’instant.

    Le sujet est déli­cat et à manier avec pré­cau­tion. Il touche certes au finan­ce­ment de l’innovation, mais aussi à l’aménagement glo­bal du territoire…

  • [15] - Olivier Ezratty a écrit le 10 février 2009 :

    Merci pour ce com­plé­ment pré­cis qui confirme les pro­pos des uns et des autres dans cet article et les commentaires.

    Il n’en reste pas moins que si dans le même temps, le bud­get en ques­tion est réduit de 40% (ce qui reste à véri­fier), la pénu­rie est dure à gérer pour Oséo et explique que le pro­pos de mon article ne soit pro­ba­ble­ment pas qu’anecdotique.

  • Comme Oli­vier de 42Stores (1er com­men­taire) je suis dans une star­tup à Rouen. Et il ne semble pas avoir (je suis dans la par­tie “tech” pas “com­mer­ciale”) de pro­blème de financement.

    Il faut dire qu’à Rouen pos­sède une concen­tra­tion de société tech­no­lo­gique bien infé­rieur à l’Ile de France ou tout le monde “s’entasse”.

    Je vous encou­rage donc, tous et toutes ‚à pen­ser à venir tra­vai­ler en pro­vince ou les ingé­nieurs sont tout aussi bons (la preuve se sont des wagons entiers qui débarquent tous les jours dans les gares apri­siennes) qu’à paris.

    Nous (“tekos”) ne deman­dons qu’à expri­mer (et déve­lop­per) nos talent dans des star­tup :)

  • [17] - Olivier Ezratty a écrit le 10 février 2009 :

    Pourvu que cela dure pour vous…

    Car la baisse du bud­get des avances rem­bour­sables d’Oséo pour les star­tups ne man­quera pas d’affecter aussi les régions en 2009.

    Cf article du Monde et une dépêche AFP reprise dans Les Echos qui couvre une confé­rence de presse d’Oséo de ce matin, sans men­tion­ner cette baisse de bud­get significative.

    Il reste à récu­pé­rer le tableau avec les bud­gets 2007, 2008 et 2009 par région pour en avoir le coeur net… ! Pas sûr que cela puisse sor­tir faci­le­ment du siège d’Oséo !

  • J’ai lu les articles dans la presse. Ils men­tionnent bien une baisse de la dota­tion pour l’innovation, sachant qu’ils en ont déjà beau­coup fait pour l’innovation l’année der­nière. Je ne vois pas trop le rap­port. Si OSEO n’avait pas absorbé l’Agence de l’innovation indus­trielle l’année der­nière, je ne sais pas si l’Etat aurait bien doté le bud­get d’OSEO consa­cré aux PME inno­vantes tech­no­lo­giques en 2008.

    Est ce la mort pro­chaine de l’aide à l’innovation ? Va t-on devoir pas­ser par sa banque pour obte­nir un prêt à la R&D garanti ? Mais lorsque l’on démarre, on n’a pas de bilan à pré­sen­ter et les ban­quiers ne croient pas à nos pré­vi­sions. C’est peut être pour cela que la par­tie ban­caire d’OSEO fait le for­cing pour cibler l’aide à l’innovation sur les entre­prises de taille inter­mé­diaire qui dis­posent d’une acti­vité bien établie et donc clientes poten­tielles de banques… C’est louche quand même.

    Evi­dem­ment dans les régions moins inno­vantes, les direc­tions d’OSEO sont contentes de trou­ver le moindre pro­jet à finan­cer pour jus­ti­fier leur acti­vité. Mais ne vau­drait il pas mieux bien doter les régions qui ont de pro­jets d’innovation et en volume ? C’est nor­mal que les grosses villes attirent. Il y a tout un tas d’avantages à cela. Qui irait se ter­rer dans la Creuse ?

    Il y a le concours du minis­tère de la recherche pour les start up de la recherche publique. Mais quand on n’est pas issu de la recherche, com­ment fait on ? Mon ami vient de s’inscrire cette année à ce concours, sur Lyon, et n’ose pas trop y croire. La sélec­tion est stricte aussi (100 à 200 lau­réats par an seule­ment). S’il n’est pas pris , il ira voir OSEO. C’est forcé. La pro­cé­dure est plus souple et sur­tout plus rapide.

  • [19] - Olivier Ezratty a écrit le 10 février 2009 :

    Dans le jar­gon Oséo, il est sou­vent fait allu­sion à la vague notion d’innovation alors qu’il n’en est rien pour de nom­breuses PME qui sont sur des busi­ness tra­di­tion­nels qui ne se trans­forment pas énor­mé­ment. L’innovation sous-entend : “nou­veauté mise sur le mar­ché” et si pos­sible forte crois­sance. Il y a confu­sion des genres notam­ment avec le plan de relance qui consiste à sou­te­nir les besoins de fonds de rou­le­ment de PME qui sont mises à mal par la crise. Mais ces PME ne sont pas for­cé­ment innovantes.

    Oséo parle de 5000 entre­prises inno­vantes aidées et c’est par contre assez crédible.

    Pour ce qui est du concours natio­nal d’aide à la créa­tion d’entreprises de tech­no­lo­gies inno­vantes, les don­nées 2008 sont : 170 lau­réats sur 1174 dos­siers reçus, donc une chance sur 7 de gagner. 15% des lau­réats n’étaient pas issues d’un labo ou d’une uni­ver­sité. J’en connais au moins 2 dans le tas ! Quand au prix, il s’agit d’une sub­ven­tion et pas d’un prêt, mais cette sub­ven­tion est condi­tion­née comme les avances Oséo par un apport en fonds propres. Et dans un ratio qui n’a pas l’air d’augmenter comme chez Oséo. Il est en géné­ral de 1 pour 1.

    Ce concours est plu­tôt une bonne ini­tia­tive, à ceci près qu’il se pose tou­jours la ques­tion des cri­tères de sélec­tion: scien­ti­fiques et/ou pers­pec­tives écono­miques et capa­cité de l’équipe à délivrer ?

    Pour ce qui est de la fusion avec l’AII, il y a beau­coup à redire. J’avais l’année der­nière essayé de décor­ti­quer ce qu’il était advenu des sub­ven­tions du méta-projet Quaero. On y voyait que les grandes entre­prises récu­pé­raient 38% des sub­ven­tions alors qu’elles n’en ont fran­che­ment pas besoin (dans le cas de France Télé­com qui récu­pé­rait 6,5 m€). Ca fait déjà une tren­taine de star­tups avec une avance de 200K€ cha­cune, sachant que le bud­get de l’AII était fait de sub­ven­tions et pas d’avances…

    Enfin, les star­tups peuvent aussi creu­ser du côté des pôles de com­pé­ti­ti­vité. Le plus sou­vent en accep­tant de deve­nir par­te­naires de grandes entre­prises. Et étant loca­lisé dans la bonne région puisque ces pôles sont des couples domaine technique/région.

  • Sophie B.

    “Evi­dem­ment dans les régions moins inno­vantes, les direc­tions d’OSEO sont contentes de trou­ver le moindre pro­jet à finan­cer pour jus­ti­fier leur activité.”

    En quoi pense tu que cer­taines régions sont moins inno­vantes que d’autres ?
    Certes, en nombre de pro­jets l’IDF domine mais en terme de qua­lité je ne vois pas pour­quoi OSEO devrait se rabatre sur des pro­jet “tres moyens” alors qu’il y en a de très bons.

  • Mais ces pôles de com­pé­ti­ti­vité sont ils des lieux sûrs pour les PME ? Peuvent elles être cer­taines de ne pas perdre la par­te­nité de leurs inno­va­tions au pro­fit des grands groupes? Ca m’a l’air un peu com­pli­qué d’y accé­der. Je n’y crois pas trop. Il faut obli­ga­toi­re­ment mener de la recherche col­la­bo­ra­tive et par­fois c’est un peu lourd.

    Par ailleurs, je croyais que plus de 60% des lau­réats du concours étaient issus de la recherche et de l’université. C’est ce que Pécresse prô­nait l’année der­nière… jus­te­ment pour jus­ti­fier l’apport du minis­tère dans ce cadre (si non on ne voit pas trop pourquoi…)

  • [22] - Olivier Ezratty a écrit le 10 février 2009 :

    Sophie, 85% des pro­jets lau­réats du concours du Minis­tère de la Recherche sont issus du supé­rieur ou de la recherche (je disais que 15% n’en sont pas issus!). On est donc en phase.

    Pour les pôles, je suis tout autant cir­cons­pect, mais cela semble dépendre des endroits et des sec­teurs d’activité. Cer­tains pôles comme Cap Digi­tal donnent la part belle aux PME, d’autres sont clai­re­ment trus­tés par les grandes entreprises.

    Laurent a sinon rai­son d’insister : les pro­jets ne sont pas à priori de moindre qua­lité en région. Mais il ne sont pas pour autant plus mau­vais dans les régions à forte den­sité et un dés­équi­libre des aides pour des rai­sons d’aménagement du ter­ri­toire va fina­le­ment les désavantager !

    Par contre, quand il s’agit de pro­jets néces­si­tant un fort écosys­tème, ils sont peut-être désa­van­ta­gés. Dixit un copain qui est à Lyon et que cela divi­sait par deux ses chances de réus­site. Résul­tat : il passe la moi­tié de son temps en IDF.

    La régio­na­li­sa­tion des aides pose d’autres pro­blèmes: une mul­ti­pli­ca­tion et la redon­dance des ins­tances et des varia­tions dans les aides qui rendent le sys­tème assez incompréhensible.

    Sans sub­ven­tions et aides de l’état, le pro­blème est d’ailleurs voi­sin aux USA. Les boites de la high­tech se concentrent dans la Sili­con Val­ley au grand damne des autres régions. Il n’en reste pas moins que c’est là où les choses se passent. Où les talents se concentrent. Ou le capi­tal risque est dis­posé à inves­tir (pas loin de ses ouailles). Après, il y a d’autres pôles, comme la santé dans la côté est, la pub, les médias et (feu?) la finance à NYC, ou encore l’automobile à Détroit (enfin, pour ce qui va en res­ter…). Mais aucun n’est à la hau­teur de la SV.

  • Oli­vier
    Entre les annonces et la réa­lité le fossé est grand. Il n’y a pas que les banques dans la vie ! Ce n’est pas le même monde.
    ANVAR c’est fini c’est ça ?
    Le concours de la recherche ne per­met pas de finan­cer grand chose. J’ai reçu 30 000 euros l’année der­nière. Main­te­nant je suis en panne. J’ai pos­tulé pour le concours de cette année. Si je suis sélec­tionné, il me faut attendre sep­tembre ou novembre pro­chain pour avoir la sub com­plé­men­taire. Je vais bien­tôt lever des fonds. L’aide d’OSEO est indis­pen­sable comme label. Le chargé d’affaires m’a bien aidé sur mon plan de finan­ce­ment, les ques­tions de pro­priété intel­lec­tuelle et pour trou­ver des par­te­naires.
    Mon pro­blème, ce n’est pas la tré­so­re­rie (ça c’est pour les vieilles boîtes). Je n’en suis pas là. Je ne sais plus quoi faire. Quel gâchis. Côté conseil régio­nal et CCI, ce n’est pas leur job de faire du sou­tien aux start up et la R&D. L’innovation n’est pas une ques­tion régio­na­liste. Ce n’était pas le moment de nous foutre dans un bour­bier pareil.

  • Bon­soir !

    Aux US, c’est 30 mil­liards de dol­lars d’aide pour le numé­rique grâce à Obama. Et sur les tech­nos vertes, je pense qu’ils vont mettre le paquet.

    L’artice des Echos sur OSEO est som­maire. Pas indi­quée la baisse du bud­get Inno­va­tion en France. Heu­reu­se­ment que les autres médias sont plus pré­cis. Le pré­sident d’OSEO a beau jeu de dire qu’il n’a jamais autant financé l’innovation que l’année der­nière. Ca veut dire… pas­sez ya rien à voir…pour la suite. Superbe.

    En fai­sant un petit cal­cul tout simple… Si OSEO-ANVAR doit finan­cer main­te­nant des ETI, des grosses socié­tés quoi, qui ont de gros fonds propres… OSEO pourra t-il suivre en mon­tant d’aide (à hau­teur des fonds) ? Avec une baisse de son bud­get ? C’est illo­gique. Dans 2 mois c’est plié.

    Pour les créa­tions d’entreprises, côté banques, il y a le PCE. Mais pour 45 000 euros de prêts maxi. On va pas bien loin avec ça. A si, on peut mon­ter une épice­rie (et encore), c’est pas trop ris­qué. Et à quel taux ?

    J’oubliais le PPA (Prêt Par­ti­ci­pa­tif d’Amorçage) : com­bien d’entreprises peuvent en béné­fi­cier chaque année ? Une petite cen­taine ? Là aussi, il faut être cau­tionné à fond.

    OSEO ne fera bien­tôt plus que de la garan­tie de finan­ce­ment privé (banques, capi­tal risque)… Comme ces der­niers limitent les risques ou requièrent une aide d’OSEO en amont, cela pro­met un gros car­nage sur la high tech.

    L’Etat se désen­gage sur le sou­tien à l’innovation. C’est clair main­te­nant. Mais est ce nor­mal ? Doit on l’accepter ? Et l’accompagnement ?

    BDPME + ANVAR = BDPME ???
    Petit tour de passe passe…

    Il n’ont pas encore fusionné tota­le­ment les struc­tures. Mais demain ? Le site web de l’organisme parle de “métiers” bien dis­tincts… Ouais… On y croit à fond.

    Avec la sup­pres­sion de la taxe pro­fes­sion­nelle, les régions n’auront même plus les moyens de compenser.

    Guillaume

  • [25] - Olivier Ezratty a écrit le 11 février 2009 :

    J’avais eu la même réac­tion que vous sur les Echos, mais leur article n’est que la reprise à chaud d’une dépêche de l’AFP qui couvre une confé­rence de presse d’Oséo. Il ne faut donc pas leur jeter la pierre sur l’analyse, qui pour­rait arri­ver dans le numéro d’aujourd’hui ou plus tard.

    Obama et ses 30 mil­liards ? Atten­dons un peu pour voir et nuan­cer. Sachant que si ils existent bien, ils seront orien­tés vers la créa­tion d’infrastructures haut débit. Mais pas pour l’aide aux star­tups qui ont aussi des dif­fi­cul­tés outre-Atlantique. Sachant que le point de départ, c’était 30 mil­liards de dol­lars de capi­tal risque et autant d’investissements de busi­ness angels injec­tés dans l’innovation par an. A com­pa­rer à envi­ron 2 mil­liards d’Euros toutes sources de finan­ce­ment confon­dues pour la France. Plus de 20 fois plus aux USA alors que les ratios écono­miques devraient être au pire de 1 pour 10 et plus idéa­le­ment de 1 pour 5.

  • Oli­vier,
    Votre blog et vos réseaux peuvent-ils vous per­mettre de faire entendre la voix des star­tups auprès des déci­deurs de ce pays ?
    Vous citiez Natha­lie Kosciusko-Morizet. Ne pouvez-vous pas aller la voir pour mettre en place un sta­tut de la star­tup (numé­rique ?), qui per­mette, par exemple de ne pas payer de charges patro­nales pen­dant 4 ans ? Les star­tups n’ont pas for­cé­ment de réseau, j’ai l’impression qu’elles ne sont repré­sen­tées par per­sonne. Un club existe pour l’économie numé­rique (Club éner­gie numé­rique) mais il est l’émanation de grands patrons tout de assez foca­li­sés sur l’accès au numérique.

    Un tel club pour­rait avoir pour objec­tifs :
    - De faire des pro­po­si­tions au gou­ver­ne­ment pour faci­li­ter la créa­tion de star­tups, leur via­bi­lité et leur trans­for­ma­tion en gazelles de demain.
    - D’aider les star­tups grâce à des per­sonnes comme vous ou Karine (C ?) ou des outils appro­priés à leur déve­lop­pe­ment (Bureaux vir­tuels, DSI exter­na­lisé, DRH exter­na­lisé, un truc éton­nant : gérant exter­na­lisé !…)
    - De per­mettre aux star­tups de se connaître et de voir si des syner­gies, des col­la­bo­ra­tions étaient possibles.

    Pour ma part, je par­ti­ci­pe­rais volon­tiers et acti­ve­ment à un tel club.

  • [27] - Alex a écrit le 11 février 2009 :

    Bon­jour Olivier,

    Merci pour ton inter­ven­tion une fois de plus très pertinente.

    Je vou­drais cepen­dant appor­ter un témoi­gnage posi­tif car OSEO nous à beau­coup aidé dans notre déve­lop­pe­ment quand les inves­tis­seurs n’étaient pas encore au RDV en démar­rant avec un PCE puis une aide à l’innovation.

    Nous avons ren­con­tré des inter­lo­cu­teurs de qua­lité, très à l’écoute et conscients de nos difficultés.

    Aujourd’hui quand la situa­tion écono­mique se tend il faut main­te­nir la recon­nais­sance sur les aides qui nous sont appor­tées mêmes si nous en aurions voulu un peu plus.

    Je retiens aussi les pro­pos de Marc Antoine sur l’opportunité d’insister sur l’impérieuse néces­sité de trou­ver les moyens de faire encore plus pour cet uni­vers numé­rique source d’innovation et d’emplois.

    Pour info : l’association Renais­sance Numé­rique joue un rôle non négli­geable dans cette démarche.

    Pour les entre­prises d’IDF : la région va relan­cer d’ici mars un appel a pro­jet PM’UP doté de subventions

    Bon cou­rage

  • Bon­jour à tous,

    Juste pour vous signa­ler un article du figaro d’aujourd’hui : http://www.lefigaro.fr/entreprise/2009/02/11/05011-20090211ARTFIG00324-oseo-se-flatte-d-avoir-sauve-plus-de-40-000-emplois-.php

    Bien entendu, aucune men­tion du la baisse de 40% du bud­get inno­va­tion évoqué dans les commentaires…

    Encore un article bien vague et qui ne relève d’aucune ana­lyse de la part du journaliste…

  • [29] - Olivier Ezratty a écrit le 11 février 2009 :

    @Marc-Antoine : il existe déjà pas mal d’associations qui militent en faveur des star­tups : Crois­sance Plus (PME de crois­sance), l’IE Club (assez orienté web) ou l’AFDEL (pour le logi­ciel) pour n’en prendre que quelques unes. Mais il est vrai qu’il n’y a pas d’association pro­fes­sion­nelle 100% dédiée aux star­tups. Ce qui s’explique d’ailleurs assez faci­le­ment : seules les boites établies peuvent consa­crer un peu de res­sources béné­voles à ce qui relève du lob­bying. D’où des asso­cia­tions où les membres actifs sont sou­vent issus de boites de taille cri­tique. Sans pour autant que les star­tups soient exclues. Mais il est clair que les star­tups se feront tou­jours moins entendre que les groupes divers qui occupent la rue en ce moment. Pour ce qui est de NKM, j’aurai sans doutes l’occasion de faire pas­ser le mes­sage un de ces 4. Stay tuned. Sachant qu’il y a une base de tra­vail : les 29 pro­po­si­tions que j’avais ras­sem­blées pour les assises du numé­rique avec dif­fé­rentes asso­cia­tions comme l’IE Club, l’Echangeur PME et CyberElles.

    @Alex : heu­reu­se­ment qu’il y a des cas posi­tifs et on en trou­vera des cen­taines. Ce qui gêne aujourd’hui, c’est une baisse de régime d’une orga­ni­sa­tion et d’un pro­ces­sus qui avaient trouvé leur place et qui struc­tu­raient le reste de l’écosystème du finan­ce­ment des startups.

    @Stanislas : le Figaro écrit tout de même que
    Oséo a consa­cré l’an der­nier 800 mil­lions au finan­ce­ment de l’innovation car elle a repris les dos­siers de l’ex-Agence pour l’innovation indus­trielle, lan­cée par Jacques Chi­rac quand il était pré­sident de la Répu­blique. «Nous n’avons jamais autant financé l’innovation», se féli­cite Fran­çois Drouin, indi­quant que plus de 5 000 entre­prises inno­vantes ont été accom­pa­gnées. Après ce pic, la somme va redes­cendre cette année à 500 mil­lions.
    . Ne jetons donc pas trop la pierre aux jour­na­listes. Le Fig a eu 24h pour écrire cet article. Il suf­fit que le jour­na­liste ne soit pas bien bran­ché avec ce sec­teur pour lou­per ce qui ne va pas. La jour­na­liste du Monde (Annie Kahn) est tom­bée sur ce post par le tru­che­ment d’une recom­man­da­tion d’un ami com­mun et la veille de la confé­rence de presse d’Oséo (que j’ignorais tota­le­ment). Donc, un peu par hasard.

  • Le site oseo.fr est encore plus opaque. Il vient d’annoncer la confé­rence, mais pas men­tion de la baisse du bud­get. C’est langue de bois ?
    http://www.oseo.fr/a_la_une/actualites/oseo_activite_2008_et_engagements_pour_2009

  • [31] - Anne a écrit le 11 février 2009 :

    Guillaume, J’ai trouvé sur un blog les mésa­ven­tures d’un jeune entre­pre­neur inno­vant pour obte­nir un simple PCE (Prêt ban­caire à la Créa­tion d’Entreprise) d’oséo. Il démontre bien que les banques n’aiment pas l’innovation.
    http://blog.van-proosdij.fr/2009/01/10/hsbc-et-creation-dentreprise-lerreur-de-casting

    C’est éton­nant ce manque d’info sur les vrais chiffres d’oséo entre la part ban­caire (sofa­ris) et la part de sou­tien à la recherche=développement (anvar). On ne sait plus quoi pen­ser. Sur leur plaque “oséo s’engage” de la confé­rence d’hier, ils mettent pour­tant l’innovation en pre­mière page et même l’avance rem­bour­sable et les jeunes pousses. Est ce un pro­duit d’attrait sim­ple­ment ? Sorte de tête de gon­dole ? Pour­quoi pas, mais si on ne peut pas faci­le­ment obte­nir un prêt à la banque pour créer sa boîte, cela va deve­nir un peu dur…

  • Je recom­mande la lec­ture des 29 pro­po­si­tions d’Olivier, c’est très inté­res­sant (voir lien en commentaire.…29!).

    Je suis notam­ment à 100% d’accord sur l’Essonne. On y trouve HEC et Poly­tech­nique (j’espère que ces écoles ont la bonne idée de tra­vailler ensemble, pour que les mar­ke­teux d’HEC aident les ingé­nieurs de Poly­tech­nique). On y trouve aussi System@tic.….

    Mais l’accès y est déplo­rable!
    Soit on se tape des bou­chons, soit Metro + RER +Train +Bus +marche à pied.

    29 n’est pas un chiffre rond, alors je vous pro­pose:
    30, Déve­lop­per les réseaux fer­rés et rou­tiers de l’Essonne.

    .… heu, je ne dis pas que c’est le point le plus impor­tant de votre document!

  • Bon­soir tous. J’ai lu les pro­po­si­tions d’Olivier.
    Effec­ti­ve­ment il fau­drait aug­men­ter le finan­ce­ment de l’innovation, sur­tout privé. Mais le prin­cipe du capi­tal risque est de limi­ter les pertes pour opti­mi­ser les gains, sur­tout en période de crise, la sélec­tion est encore plus dras­tique. Le capi­tal inves­tis­se­ment s’est beau­coup déve­loppé en France et a inves­tit des mil­liards ces der­nières années. Le prin­cipe est ensuite de se reti­rer avec une plus value… (ils vont attendre un peu trop long­temps main­te­nant.) Une petite poi­gnée de pri­vi­lé­giés en béné­fi­cie. Moins de 5% de pro­jets rete­nus. Et encore, lorsque l’Etat a misé en amont sur les entre­prises en ques­tion, par les FCPI ou l’aide, la plu­part du temps.

    Avec le der­nier écla­te­ment de la bulle inter­net, les inves­tis­seurs sont pru­dents… Ils ne peuvent pas se perdre d’accroître leur risque de perte. Et avec les pré­vi­sions de réces­sion mon­diale (cf. FMI et BIT), le bon inves­tis­seur privé ne va pas jouer au bon sama­ri­tain (ce n’est pas son job). Oséo garan­tit cer­tains fonds de capi­tal risque (comme si cela ne suf­fi­sait pas). En période de crise, l’Etat est le seul à jouer à contre-cycle, en inves­tis­sant direc­te­ment (+ retour direct vers lui si cela marche, nor­mal) pour relan­cer la machine qui sinon à ten­dance à se replier, à végé­ter… D’où les mil­liards injec­tés dans le plan amé­ri­cain. Obama a bien indi­qué ce rôle indis­pen­sable de la puis­sance publique. Les USA vont deve­nir pro­tec­tion­nistes, parce qu’ils n’ont pas envie que l’Europe pro­fite de ce plan de relance.

    Il ne tient qu’à nous de sau­ver nos emplois, notre écono­mie… avec ou sans les autres. Et à tous ceux qui se plaignent sans arrêt des charges et autres impôts, je dirais que la soli­da­rité doit pri­mer aujourd’hui. La loi TEPA c’est bien, mais cela ne per­met pas vrai­ment de finan­cer les fonds propres des entre­prises et cela a fait perdre plus de 15 mil­liards d’euros à l’Etat, qui auraient pu être inves­tis dans autre chose, et entre autres, l’innovation.

  • [34] - Olivier Ezratty a écrit le 12 février 2009 :

    Guillaume, nous en sau­rons plus sur la baisse du bud­get dans la publi­ca­tion des comptes 2008 détaillés. Visi­ble­ment, ils ne sont pas inter­ve­nus mardi pen­dant la confé­rence de presse d’Oséo. Il fau­dra attendre encore quelques mois pour dis­po­ser des comptes 2008. Et pour 2009, attendre le prin­temps 2010… :) .

    Anne, n’est-ce pas un peu rapide de dire que les banques n’aiment pas l’innovation dans le cas de Louis van Proos­dij de Fair­play TV ? En effet, il a obtenu son prêt (et son pro­jet est très inté­res­sant, il me l’a pré­senté il y a quelques semaines). C’est sur­tout le pro­cess qui ne fonc­tion­nait pas bien dans la banque !

    Marc-Antoine, il semble que le gou­ver­ne­ment se soit lancé dans la créa­tion d’un gros pôle recherche/industrie dans la zone Saclay/Orsay/Palaiseau et cherche à se coor­don­ner avec les par­ties pre­nantes pour les infra­struc­tures. Mais cela n’a pas l’air facile effec­ti­ve­ment. Et les moyens finan­ciers vont manquer.

    Syl­vie, les 29 pro­po­si­tions méri­te­raient cer­tai­ne­ment une petite réac­tua­li­sa­tion post-crise. Elles datent de juillet 2008, la pré­his­toire écono­mique… ! J’y évoquais le besoin de mieux sou­te­nir très en amont les pro­jets de jeunes entre­pre­neurs. En temps de crise, le cur­seur entre finan­ce­ment public en amont et privé en aval mérite effec­ti­ve­ment d’être déplacé vers l’aval du fait de la défaillance du privé. Dans le cas d’Oséo qui nous occu­pait ini­tia­le­ment dans ce thread, le glis­se­ment se pro­duit à l’envers. Ce qui est com­plè­te­ment incom­pré­hen­sible. Ceci étant, il y a tou­jours du risque dans un inves­tis­se­ment. Et même Oséo cherche à mini­mi­ser les risques. Mais les seuls qui prennent véri­ta­ble­ment un risque dans l’investissement sont les busi­ness angels car ils inves­tissent leur propre argent. En amont, les asso­cia­tions comme Scien­ti­pôle où je suis expert et membre du comité de sélec­tion comme Oséo inves­tissent l’argent du contri­buable, pas le leur. En aval, les VCs inves­tissent aussi l’argent des autres. Avec certes un inté­res­se­ment, mais pas de risque en cas l’échec, seule­ment un “upside” en cas de réus­site. Le manque de busi­ness angels en France tra­duit deux phé­no­mènes: une culture du risque plus faible qu’aux USA, et aussi, plus pro­sai­que­ment, le fait qu’il y a moins de réus­sites écono­miques, tout du moins dans le sec­teur high­tech. Ah, et puis aussi, l’ISF qui a dis­crè­te­ment fait fuir la moi­tié des vraies grandes for­tunes du pays. Pour la loi TEPA, la seule par­tie qui a généré des inves­tis­se­ments est l’exonération d’ISF pour les prises de par­ti­ci­pa­tion dans des PME inno­vantes ou dans des FCPI/FCPR. Mais cela ne repré­sente que quelques cen­taines de mil­lions d’Euros sur 15 mil­liards. Dans la loi TEPA, c’est la dimi­nu­tion des droits de suc­ces­sion qui me sem­blait être la mesure la plus contes­table et la moins répu­bli­caine. L’éviter per­met­tait de déga­ger 4 mil­liards d’Euros je crois. En bonne ges­tion, cela aurait été cela d’économisé dans l’appronfondissement de la dette… Avant qu’on lâche tota­le­ment le lest dans les dif­fé­rents plans de relance post-Lehman.

  • [35] - Marc a écrit le 13 février 2009 :

    Le sujet n’est pas nouveau:

    http://www.ifrap.org/L-ANVAR-detruit-l-innovation,0506.html

    L’ANVAR était déjà un bou­let (>20% de frais de fonc­tion­ne­ment dans le bud­get, à titre de com­pa­rai­son, son homo­logue en Israel est à moins de 1% de frais et les prêts sont obte­nus dans la semaine). La fusion­ner avec la BDPME n’a fait que créer un nou­veau mil­le­feuille admi­nis­tra­tif des­tiné à héber­ger les ser­vi­teurs de l’état en manque de mission.

    L’état peut faire l’économie de ces machins:
    - au lieu de dis­tri­buer des sous, il en fait écono­mi­ser via la fis­ca­lité et les allè­ge­ments de charges,
    - trans­for­mer Oséo en banque pri­vée de l’innovation, mise en concur­rence avec les autres acteurs du mar­ché des financements.

  • L’IFRAP encore ce machin ? Déci­dé­ment, 30 ans de lutte inutile de la part de vieux grin­cheux tou­jours en train de cher­cher à cas­ser tout type de ser­vice public… et prêts à dire que seule la loi du mar­ché vain­cra. Si ANVAR (OSEO Inno­va­tion) est si inutile, pour­quoi les entre­pre­neurs accourent pour obte­nir un finan­ce­ment de leur part ? Le finan­ce­ment privé a besoin de l’appui OSEO pour prê­ter à son tour. Mais com­ment se fait il que durant la crise actuelle l’IFRAP ose encore taper sur la tête de l’ANVAR. C’est lamen­table. Et vos témoi­gnages sont nuls.

  • Sabrina. De toute façon, le sou­tien à l’innovation c’est 0,1% du bud­get de l’Etat. Je ne vois pas pour­quoi ces per­sonnes de l’IFRAP viennent nous rabâ­cher les soit disantes écono­mies de bout de chan­delles que pour­rait faire l’Etat en sup­pri­mant oséo=innovation. Les coûts logis­tiques d’OSEO-innovation sont infé­rieurs à 8% du bud­get alloué. Le per­son­nel d’oséo (soit le 1/3 de l’effectif total d’oséo, dont la grosse part est un per­son­nel dédié au finan­ce­ment ban­caire et à la garan­tie) n’est pas “fonc­tion­naire”, mais est régit par un contrat de tra­vail de droit privé. Quand je lis, “trans­for­mer oséo en banque pri­vée de l’innovation”, cela me fait dou­ce­ment rigo­ler. C’est pra­ti­que­ment déjà le cas. Et au fur et à mesure du désen­ga­ge­ment de l’Etat, les prises de risque sont moindre. D’où le coup de colère d’Olivier.

  • Il n’y a pas eu 800 M€ d’aides directes Inno­va­tion d’OSEO en 2008. Le site web pré­sente la confé­rence du pré­sident d’oséo en indi­quant que 2008 a per­mis 800 mil­lions d’aide directe, mais c’est faux. Le mon­tant n’était que de 520 mil­lions en 2008 et pour 2009, c’est 320 millions.

    Il y a eu en 2008 :

    - 300 M€ d’aide directe (non encore com­plè­te­ment conclus) pour les gros pro­grammes ISI (inno­va­tion stra­té­gique, grosses PME ; ex-A2I),

    - 280 M€ pour garan­tir des prêts ban­caires (donc ce n’est pas de l’aide directe à l’innovation) et donc doter le fonds natio­nal de garan­tie (sofa­ris, oseo garantie)

    - et seule­ment 220 M€ pour l’aide directe à l’innovation clas­sique (anvar/oseo inno­va­tion), dont une part pour les star­tups, et un pour­cen­tage en aug­men­ta­tion pour les entre­prises plus mures (effec­tif supé­rieur à 50 ou 100 personnes).

    Pour 2009, la garan­tie des seuls prêts ban­caires béné­fi­cie de plu­sieurs mil­liards de la part de l’Etat (voir le plan de relance pour la tré­so­re­rie des boîtes), donc elle n’a pas besoin de pré­le­ver sur le bud­get dédié à l’innovation. Par contre, l’aide à l’innovation directe passe de 520 mil­lions à 320 mil­lions de dota­tion de l’Etat, dont une cen­taine de mil­lions pour les gros pro­grammes stra­té­giques col­la­bo­ra­tifs de l’ex-AII (pro­jets ISI)…

    Les mil­liards annon­cés sur d’autres actions sont en fait des prêts ban­caires garan­tis : on compte le mon­tant de la garan­tie, mais sur­tout le mon­tant des prêts accor­dés par les banques elles-mêmes. La garan­tie est une assu­rance en cas de non rem­bour­se­ment d’une par­tie du prêt accordé à la PME. ELle peut ne pas être uti­li­sée. Donc on peut se flat­ter en mil­liards, mais la réa­lité est tout autre.

    L’article de la confé­rence de février 2009:
    http://www.oseo.fr/a_la_une/actualites/oseo_bilan_2008_et_engagements_pour_2009

    Les annonces de 2008
    http://www.oseo.fr/a_la_une/dossiers/fonds_propres_capital_risque_tepa_investisseurs_pme/sommaire/oseo_aide_a_passer_le_relais

    http://www.oseo.fr/a_la_une/actualites/oseo_integre_l_aii_et_cree_un_nouveau_programme

    Il va fal­loir être vigilants…

  • Bon­jour. Aide + CIR + Pôles = 4 mil­liards E. Les echanges sont très inter­es­sants pour com­prendre les sommes en jeu. D’un côté de 5 à 10 mil­liards pour sou­te­nir les prêts ban­caires, de l’autre, envi­ron 4 à 5 mil­liards pour sou­te­nir la recherche appli­quée des entre­prises. Le seul incon­vé­nient réside dans le fait que l’ensemble des sou­tiens à l’innovation ne sont pas encore regrou­pés au sein de la Branche Inno­va­tion d’OSEO : le fonds des pôles est géré par la DGE (soit 700 mil­lions d’euros, voire 1 mil­liard) ; le Cré­dit d’impôt Recherche (CIR)+ Concours Créa­tion, du res­sort du minis­tère chargé de la Recherche (soit 1 à 3 mil­liards pour la seule année 2009, avec rem­bour­se­ment immé­diat des créances dans la veine du plan de relance), et l’aide à l’innovation est gérée par OSEO innovation-anvar.

    Lorsque tout sera regroupé, les comptes seront plus clairs. Mais on voit qu’il y a équi­libre. Le seul pro­blème, ce sont les star­tups effec­ti­ve­ment, qui ne sont ni dans les pôles, ni dans le CIR et peu dans l’aide… Il fau­drait connaître le pour­cen­tage exact de celles qui par­viennent à être sou­te­nues par la puis­sance publique (y com­pris par les villes et régions, avec les incu­ba­teurs et aides régio­nales), en dehors du finan­ce­ment haut de bilan (busi­ness angels, capi­tal d’amorçage…). De toute façon, l’ensemble des inter­lo­cu­teurs compte sur oséo pour don­ner le “la” sur telle ou telle entre­prise : une aide inno­va­tion déclenche sou­vent tout le reste.

  • [40] - Olivier Ezratty a écrit le 15 février 2009 :

    Bon point. Avec la forêt des aides, il est dif­fi­cile d’avoir une vision d’ensemble. Cela fait d’ailleurs vivre par mal de socié­tés qui conseillent les star­tups pour leur faire récu­pé­rer des aides, vali­der leur CIR, etc. Et qui se rému­nèrent sou­vent au %. Donc, une perte en ligne des finan­ce­ments. La com­plexité nour­rit la complexité…

    Il me semble qu’environ un tiers des aides qui vont aux pôles de com­pé­ti­ti­vité sont des­ti­nées aux PME. Après, com­bien de star­tups dans ces PME, il n’y a pas d’indicateur !

    Un autre pro­blème est généré par notre sys­tème d’aides com­plexe : la len­teur. Le concours du Minis­tère de la Recherche est pas mal, mais ali­gné sur remise de dos­sier en jan­vier, annonce des gagnants en juin, et étale­ment ensuite sur plus d’un an de l’aide en fonc­tion des capi­taux propres levés. Le trai­te­ment d’un dos­sier chez Oséo peut prendre plu­sieurs mois. Chez des BA et VCs aussi d’ailleurs.

    Il fau­drait apprendre à faire tour­ner tout cela plus vite! La rapi­dité d’action est une aussi forte bar­rière à l’entrée que toute pro­tec­tion de la pro­priété intellectuelle !

  • Si le concours n’existait pas, il y aurait tout sim­ple­ment une aide directe oseo (finan­cée sur fond du minis­tère de la recherche) au fil de l’eau, tout au long de l’année dédié aux start ups et c’est tout. Là, avec le sys­tème du concours, il y a embou­teillage les pre­miers mois de l’année, une forte sélec­tion (car résul­tats de recherche publique pri­vi­lé­giés). Résul­tats en juin et paie­ment en fin d’année…
    Avec une aide clas­sique (en sub­ven­tion) les délais seraient raccourcis.

  • [42] - Olivier Ezratty a écrit le 15 février 2009 :

    Si c’était plus simple… ce serait moins com­pli­qué :) . Mais les orga­ni­sa­tions pré­fèrent faire plus com­pli­qué pour contrô­ler leur pré-carré. La rela­tion entre Bercy et la rue Des­cartes est des plus alambiquées !

    Reste à savoir si le pro­ces­sus de sélec­tion du concours est réa­lisé avec plus de soins que celui d’Oséo, ou le contraire. Chez Oséo, une star­tup a (ou avait…) je crois plus d’une chance sur deux d’être aidée. Avec le concours, c’est une sur sept.

    Et pour répondre à Marc (com­men­taire 35), la dimi­nu­tion glo­bale des impôts si on sup­pri­mait Oséo n’enclencherait pas direc­te­ment une aug­men­ta­tion du nombre de busi­ness angels en France ni à for­tiori de VCs. N’oublions pas que le manque de BA en France dans les TIC pro­vient de ce qu’il n’y a pas eu assez de suc­cès chez nous. Et que les plus gros suc­cès ont donné lieu à pas mal d’expatriations du fait de l’ISF. Ce der­nier n’est pas prêt de dis­pa­raitre. Et le bou­clier fis­cal comme l’exonération de la loi TEPA pour inves­tis­se­ment dans les PME inno­vantes est une avan­cée mais il n’est pas à l’abri d’une dis­pa­ri­tion à la pro­chaine alter­nance politique.

  • Je crois qu’oseo a pour tutelles jus­te­ment Bercy et le ministre de la Recherche. C’est ce qui per­met de faire la jonc­tion entre 2 minis­tères peu enclins à tra­vailler ensemble. Oséo sert de pas­se­relle. Mais ce qui serait bien aussi c’est qu’oséo nous pré­sente des bilans conso­li­dés de toutes les actions menées sur la recherche et l’innovation des entre­prises, que les bud­gets pro­viennent de tel ou tel minis­tère, peu importe. Après il y a la pub que les ministres veulent se faire, mais oséo sait les mettre en valeur. Il suf­fit de voir ce qui est fait pour le concours de pécresse par exemple, ou pour l’aide à l’innovation avec novelli et cha­tel. On a aussi oublié de par­ler des règles de Bruxelles qui régissent l’aide directe d’Etat en France. L’aide à l’innovation est concer­née : il y a plu­sieurs degré d’innovations à prendre en compte, avec du coup des mon­tants d’aide plus ou moins élevés en fonc­tion du risque et de la techno. L’aide directe aux entre­prises doit être excep­tion­nelle. Avec le CIR on pour­rait contour­ner en ne res­pec­tant pas et en priant pour qu’il n’y ait pas de redres­se­ment fis­cal der­rière. Je pense qu’il faut amé­lio­rer les règles aussi au niveau de Bruxelles pour que la France puisse souf­fler un peu.

  • Ma consta­ta­tion des der­niers 6 mois: si vous vou­lez faire finan­cer votre start-up dans le cli­mat actuel, par­tez ou res­tez en région!

    les FVPI/FIP/FCPR, certes leur mon­tant sont encore modeste mais une part non négli­geable sont regle­men­te­re­ment réservé pour les start up.
    En bre­tagne notam­ment, je vois les fonds ges­tion­naires de FVPI/FIP/FCPR proac­ti­ve­ment en défi­cit de bons dos­siers start up, venir chas­ser en IDF pour encou­ra­ger des bons pro­jets start up de se relo­ca­li­ser dans l’ouest. Par exemple, vous met­tez votre siège social et votre R&D a Rennes (2 heures de TGV de Mont­par­nasse et vous gar­dez bien sur le com­mer­cial sur Paris.

    Cou­plé avec les aides OSEO qui efec­ti­ve­ment sont moins sol­li­ci­tées en pro­vince, le finan­ce­ment start up via ces fonds régio­naux reste dans les temps actuel une valeur sure. J’ai vu des dos­siers se bou­cler en moins de 3 mois.
    My 2 cents
    Jean Eudes

  • Je confirme que l’aide publique devient cru­ciale face à la fri­lo­sité actuelle (et future) des inves­tis­seurs. Ces der­niers se recentrent sur leur por­te­feuille et se lancent dif­fi­ci­le­ment sur de nou­veaux pro­jets. NKM a affirmé récem­ment que son secré­ta­riat pour­rait appor­ter une ral­longe bud­gé­taire pour les star­tups numé­riques, mais pense t-elle à oseo ? Peut elle appor­ter un bud­get com­plé­men­taire à cette orga­ni­sa­tion qui connaît bien les besoins de ce type d’entreprise ? Le cré­dit d’impôt recherche pro­fite sur­tout aux grands groupes et aux entre­prises moyennes, cibles pour­tant des pou­voirs publics via oséo, ce qui est illo­gique. Il fau­drait per­mettre à oséo anvar de retrou­ver son métier ini­tial. Cela fait 6 mois que je cherche déses­pé­ré­ment des fonds com­plé­men­taires pour mon entre­prise, et en vain. Je suis en sta­tut JEI. Oséo m’impose une levée de fonds de 100 000 euros supé­rieure au mon­tant de l’aide, pour me lan­cer avec un pré­vi­sion­nel plus confor­table dans le contexte écono­mique incer­tain actuel. Je le com­prends, mais vais y par­ve­nir ? Si Oséo me finan­çait plus for­te­ment, cela me per­met­trait de tenir un peu plus long­temps et peut être d’attirer plus faci­le­ment les VCs. Pour­quoi cette obses­sion pour les Entre­prises Moyennes à grosses? Ont elles besoin d’aides à l’innovation? Je lis dans la presse que telle ou telle grosse PME obtient 2 à 4 mil­lions d’oséo. Cela me met mal à l’aise alors que j’ai tant besoin d’argent. Mon équipe est payée avec qua­si­ment rien. Cela ne peut plus durer. Il faut m’aider pour que je puisse arri­ver jusqu’au mar­ché. Après cela ira mieux. Je ne com­prends pas. Le Mon­sieur Plan de Relance a t-il des marges de manoeuvre ? Avec nos pauvres 26 mil­liards d’euros, par rap­port aux 50 voire 80 mil­liards alle­mands, cela ne tient pas la route. Ou bien il faut qu’oséo se détourne des grosses boîtes et se recentre sur les entre­prises plus petites, et l’occurence les créa­tions d’entreprises tech­no­lo­giques et innovantes.

    Pou­vez vous faire quelque chose M. Ezratty ?

  • Ca y est la presse se réveille : http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2009/02/10/les-petites-societes-innovantes-deplorent-l-abandon-des-pouvoirs-publics_1153295_1101386.html

    (article du monde de Annie Kahn ;-)

    Et l’IFrap répond en arguant qu’il ne faut rien attendre de l’Etat pour les star­tup si ce n’est des aides fis­cales :
    http://www.ifrap.org/Oseo-n-investira-plus-dans-les-start-up,1097.html

    Qu’en pensez-vous?

  • [47] - Olivier Ezratty a écrit le 19 février 2009 :

    Le Monde n’a pas tardé à se réveiller puisque l’article d’Annie Kahn est sorti à peine trois jours après le mien !

    Pour ce qui est de l’IFRAP, leur point de vue est tou­jours un peu extrême sur les dépenses de l’Etat.

    On pour­rait tour­ner l’argumentaire à l’envers : aider les star­tups là où le risque est très élevé et où le finan­ce­ment privé est défaillant est peut-être plus utile et censé que de le faire là où le risque est plus faible et où le finan­ce­ment privé fonc­tionne beau­coup mieux. Dans le finan­ce­ment à fort risque, il y a beau­coup moins de concur­rence du privé ! Idem dans la recherche fondamentale.

    Les évolu­tions récentes de la poli­tique d’Oséo Inno­va­tion désta­bi­lisent trop rapi­de­ment le finan­ce­ment d’amorçage des star­tups sans que cela cor­res­ponde à une poli­tique concer­tée. Si le gou­ver­ne­ment affi­chait une véri­table poli­tique avec un véri­table trans­fert d’activité du finan­ce­ment d’amorçage aux BAs, on pour­rait voir le bout du tun­nel. Mais on en est loin. Le relai est bien loin de fonctionner.

    Ceci étant, je suis d’accord avec le besoin d’avoir plus de busi­ness angels dans les phases d’amorçage comme cela fonc­tionne aux USA. Et aussi d’avoir un dis­po­si­tif fis­cal qui favo­ri­ser encore plus les fonds d’amorçage. Cela fait par­tie des 29 pro­po­si­tions pour le plan numé­rique, qui datent de juillet dernier.

    Mais l’aflux de busi­ness angels ne peut pas inter­ve­nir comme cela en peu de temps. Tout d’abord, il n’y a pas suf­fi­sam­ment de suc­cès locaux pour amor­cer la pompe (tout du moins dans l’IT). Ensuite, la moi­tié des for­tunes se sont exi­lées à cause de l’erreur ori­gi­nelle de la créa­tion de l’ISF qu’on l’apprécie ou pas. Et si le bou­clier fis­cal et les exo­né­ra­tions diverses d’ISF ont limité les départs, ils n’ont pas généré de retours signi­fi­ca­tifs. Pour­quoi ? Parce qu’on ne change pas de vie du jour au len­de­main, et que la poli­tique fis­cale fran­çaise est tout sauf stable (les alle­mands on résolu le pro­blème en inté­grant le bou­clier fis­cal dans leur consti­tu­tion je crois).

  • [48] - Guil a écrit le 19 février 2009 :

    Oli­vier. Mais les fonds en amor­çage existent et les for­tunes pour inves­tir aussi en France, avec des défis­ca­li­sa­tions en tout genre. Pour­quoi les star­tups ont donc tant de mal à réunir des fonds pri­vés à leur démar­rage ? Les socié­tés que citent Zim­mern de l’IFRAP tels que Pri­ce­mi­nis­ter de Kociusko Mori­zet, n’ont pas eu besoin de OSEO. Mais désor­mais le Pdg de Pri­ce­mi­nis­ter inves­tit dans des star­tups et il est pre­mier (en tant qu’investisseur) à conseiller le recours à l’aide à l’innovation d’oséo. Je crois que l’on confond la star­tup de tech­no­lo­gie inno­vante et la star­tup d’innovation de ser­vices, qui ne rentre pas for­cé­ment dans le cadre de l’aide à la R&D pure. C’est le cas de Pri­ce­Mi­nis­ter à ces débuts, de Mille Mer­cis, etc. Mais des star­tups comme Euro­fins Scien­ti­fic, Mai­lin­Black, Gen­fit, Cel­lec­tis… doivent beau­coup à anvar. Le niveau de R&D est bien supé­rieur.
    http://www.oseo.fr/a_la_une/paroles_d_entrepreneurs/sur_lci/eurofins_scientific

    Le public mal inten­tionné mélange tout. M. Zim­mern est en lutte contre Anvar et désor­mais Oséo inno­va­tion depuis plus de 30 ans. C’est mala­dif chez lui. Il y a des rai­sons per­son­nelles contre le pre­mier pré­sident de ANVAR au début des années 80. Et main­te­nant il conti­nue par prin­cipe, car il ne veut pas recon­naître qu’il a tort.

    En quoi oséo inno­va­tion concur­rence le capi­tal risque ? France Inves­tis­se­ment (CDC) détient plus de 2 mil­liards d’euros pour sou­te­nir le capi­tal risque en France. Une ini­tia­tive de Jacques Chi­rac
    http://www.netpme.fr/actualite-entreprise/650-deux-milliards-d-euros-pour-developpement-pme.html

    http://www.france-investissement.fr/

    Résul­tat : que­dal. Alors pour­quoi les VCs hésitent ??? Pour­quoi de telles sélections ?

    Si oséo inno­va­tion n’existait pas (avec l’action très forte des régions), les prises de risque de la part des VCs seraient encore infé­rieures. Et le prin­cipe qui est de dire que dans les pays anglo­saxons les aides sont réduites, il faut aussi regar­der les autres formes de sou­tiens publics qui pro­fitent exclu­si­ve­ment à leurs star­tups au détri­ment des nou­veaux entrants venus de l’étranger. Ils se montrent libé­raux vis à vis de nous, mais ils le sont beau­coup moins en réalité…

    Regar­dez donc les 50 000 comptes amé­ri­cains (fraude fis­cale) qui devront être dévoi­lés par la banque suisse UBS… à la demande toute récente de l’Etat américain.

    Les temps ont bien changé…

  • [49] - igor a écrit le 20 février 2009 :

    Je suis d’accord avec Guil. Un nombre très impor­tant d’entreprises inno­vantes n’auraient jamais vu le jour sans l’Anvar et main­te­nant OSEO. Je ne cite­rai pas le nom de mon entre­prise, mais en l’occurence, lorsque je l’ai créée, pas un BA, pas un fond de capi­tal risque ne misait sur moi. Après avoir été aidé par Anvar à l’époque, les portes se sont ouvertes. Et j’ai pu lever jusqu’à 4 mil­lions d’euros. Je pense que les ana­lyses de cet orga­nisme ras­surent sur le pro­jet et le rendent plus cré­dible aux yeux des partenaires.

  • [50] - AZER a écrit le 20 février 2009 :

    Au sein d’OSEO notre mis­son est de faire du pognon sans risque, le vrai métier de banquier..c’est la course au PNB, au tou­jours plus..
    L’innovation on s’en tape, ce qu’on sou­haite c’est de pre­ter qu’aux boites riches.…

  • [51] - igor a écrit le 21 février 2009 :

    Azer, qui êtes vous ? Un col­la­bo­ra­teur d’oséo, ver­sus banque (bdpme) ? C’est éton­nant cette réflexion. Si oséo devait deve­nir une simple banque, je ne vois pas l’intérêt. Je crains effec­ti­ve­ment pour les jeunes créa­teurs qui démarrent avec peu d’argent.

  • Aide publique et prêt ban­caire font bon ménage ces temps-ci pour par­ta­ger les risques. C’est là que l’on voit l’intérêt de rap­pro­cher anvar et bdpme. Il y a actuel­le­ment des pro­jets qui se financent pour 1/3 avec l’aide à l’innovation (anvar, oseo inno­va­tion) et l’autre 1/3 en prêt garanti (oseo finan­ce­ment garan­tie, bdpme/sofaris).
    Lire l’article de Sud Ouest
    http://www.sudouest.com/gironde/actualite/rive-gauche/article/509950/mil/4201415.html

    Je ne trouve pas cela idiot. L’entreprise béné­fi­cie de 2 exper­tises : l’une technique/économique, l’autre finan­cière, avec l’opportunités d’être mis en contact avec d’autres partenaires.

  • Bon­soir. Ce sujet est très inter­es­sant et mérite d’être ali­menté. Une page sur “wiki­ver­sité” est consa­crée à ce thème
    http://fr.wikiversity.org/wiki/Quelques_t%C3%A9moignages_sur_la_vie_des_start-up/Que_peuvent_faire_les_pouvoirs_publics_%3F

    Le secré­taire de la sec­tion socia­liste de Fon­te­nay dans le 94 (lieu d’implantation du siège social d’oséo) s’interesse de près aux pro­blèmes de finan­ce­ment des star­tups et des baisses de bud­get d’oséo dans ce cadre.
    http://dd2007.parti-socialiste.fr/2009/02/16/la-politique-industrielle-de-nicolas-sarkozy-contre-les-start-up/

    Le plus drôle (comme quoi ce n’est pas nou­veau), Loic Le Meur l’année der­nière a déjeuné avec Eric Bes­son (pré­dé­ces­seur de NKM) sur ce sujet épineux du finan­ce­ment des start up du numé­rique. Il dit qu’en Israel l’Etat inves­tit direc­te­ment dans le capi­tal des start up (ce qui bien sûr contre­dit les dires de Mis­ter Zim­mern.… qui dit tout et son contraire bien­sûr). Loic dit que si Oséo fai­sait cela, on crie­rait au scan­dale. C’est tout à fait vrai, puisqu’Anvar (oseo inno­va­tion) l’a tenté avec ses BSA en 2000, et que les hordes de VCs et la CDC s’y sont oppo­sés.… Ououou… L’Etat n’était pas un mau­vais inves­tis­seur (pas du tout) et ses choix étaient très judi­cieux… contrai­re­ment aux imbé­ci­li­tés que l’on entend sur l’incompétence de l’anvar oseo dans ce domaine… Ma boîte avait béné­fi­cié de ces BSA et Anvar a fait une belle opé­ra­tion. Résul­tat, anvar a dû se défaire de ces bons de sou­crip­tions en actions pour que les VCs cessent de lui taper des­sus. Main­te­nant, plus per­sonne n’investit en amor­çage et on baisse le bud­get de l’aide à l’innovation. C’est du tout faux.

    http://loiclemeur.com/france/2008/09/djeuner-avec-er.html

    Allez. Bon cou­rage. Deman­dez à Loic d’organiser le web09 sur ce sujet du financement.

    Quelle belle année.…

  • Bon­soir,
    Merci pour cet article qui, avec bien d’autres (Cf. article sur Le Monde du 11/02/2009), fait le constat de la dérive d’OSEO vers le métier de pur ban­quier.
    Cela a été relevé dans de nom­breux com­men­taires, le sou­tien aux jeunes entre­prises inno­vantes semble désor­mais trop ris­qué pour OSEO qui pré­fère finan­cer des entre­prises déjà for­te­ment capi­ta­li­sées, qui garan­ti­ront un rem­bour­se­ment de l’avance, plu­tôt que des entre­prises inno­vantes en créa­tion.
    Il est vrai que cette ten­dance est plus ou moins forte selon les régions mais, en aban­don­nant le finan­ce­ment de la phase d’amorçage, OSEO nous oblige – acteurs locaux de l’innovation (Régions, ARI, …) – à ima­gi­ner des solu­tions pour pal­lier cette carence(Incubateurs, Fonds d’amorçages, …).
    Bonne continuation.

  • [55] - Balzac a écrit le 1 mars 2009 :

    Le rap­pro­che­ment des deux struc­tures anvar et bdpme était déjà un acte contre-nature avec d’un côté un orga­nisme qui dis­pose d’une solide exper­tise de l’innovation et d’un sens aigu du ser­vice public, et de l’autre d’une banque qui n’a pour seul souci que d’équlibrer son compte de résul­tats et faire du chiffre, ban­quiers qui au pas­sage ne se rendent même pas compte que sans le sou­tien de l’état ils n’existeraient plus depuis longtemps…

    Les bud­gets inno­va­tion ont été cor­rects ces trois der­nières années pour faire pas­ser la pilule de la dis­pa­ri­tion de l’anvar, mais aujourd’hui,ils fondent comme neige au soleil, et on peut être inquiet quant au sou­tien des JEI. Même si on voyait bien que des choses devaient évoluer pour l’anvar, iln’en demeure pas moins que bon nombre de JEI comme nous n’existeraient pas aujourd’hui sans le sou­tien au départ de cet orga­nisme qui reste ( res­tait ) le plus com­pé­tent en matière de sou­tien public à l’innovation (accom­pa­gne­ment ET finan­ce­ment).. Au lieu de le ren­for­cer en moyens et champs d’action, l’état pré­fère le sacri­fier sans que l’on en com­prenne vrai­ment le sens. Tou­jours curieux cette incons­tance de l’état dans la conduite des poli­tiques essen­tielles à la com­pé­ti­ti­vité de nos entre­prises et de nos territoires.…Bruxelles peut conti­nuer de démon­ter notre pays…

  • [56] - Energo a écrit le 2 mars 2009 :

    La genèse du cycle écono­mique, l’innovation est presque deve­nue un mal nécessaire!

    En quelques années nous avons au moins réussi dans l’hexagone à créer dans l’inconscient col­lec­tif une image fort néga­tive de l’innovation, telle qu’elle ne repré­sente plus aujourd’hui que du risque. Désor­mais le finan­ce­ment du renou­veau du cycle écono­mique ne peut s’entendre qu’avec un arse­nal de mesures fis­cales et de garan­ties. Un label à même été créé pour tra­cer et ras­su­rer les dif­fé­rents inter­ve­nants de la filière. Une entre­prise inno­vante n’a d’intérêt pour les busi­ness angels, les indus­triels, les fip, les fcpi, ou des banques d’affaires qu’après qua­li­fi­ca­tion par Oséo. Cette agence natio­nale est au moins célèbre pour la qua­lité de ces évalua­teurs en grande majo­rité experts non-indépendants, ses cri­tères d’éligibilité, les délais d’attribution qu’elle pra­tique, sans oublier ses émolu­ments : 2600€ par label attri­bué, ce qui sou­lève d’autres pro­blèmes. Ce sésame est pour­tant à double tran­chant. Il est à la fois sélec­tif et veut répondre à trop d’items. L’évaluation des pro­jets se fait sur les cri­tères tech­no­lo­giques, la confor­mité aux axes des pôles de com­pé­ti­ti­vité, le niveau d’inventivité… . Pour sim­pli­fier le pro­pos, les aides accor­dées ne concernent que des efforts de R&D, qu’ils soient de rup­ture ou plus sou­vent incré­men­tiels. Par­ler de com­mu­ni­ca­tion ou de mar­ke­ting c’est intro­duire le trouble dans l’esprit des char­gés de mis­sion d’Oséo qui soup­çon­ne­raient des dépenses non éligibles et dégui­sées. Le plus sou­vent ces ques­tions sont détour­nées, l’obligé recon­nai­tra lui-même qu’il n’a aucune com­pé­tence dans le domaine (!) de sur­croit pour des ques­tions d’éthique, de loyauté vis-à-vis des entre­prises concur­rentes, Oséo ne sau­rait inter­ve­nir dans un domaine commercial…

    De facto pas un euro n’est alloué aux tests com­mer­ciaux, au mar­ché d’amorce. Il n’est pas ques­tion de remettre en cause le busi­ness modèle des start-ups, mais pro­mou­voir un modèle selon lequel une entre­prise devien­dra pros­père uni­que­ment sur des dépenses de R&D sans concré­ti­sa­tion de l’offre ? En fait, ce modèle est effi­cace pour les bro­kers de société, des socié­tés de ges­tion de fcpi par exemple. Pour elles la ligne vente n’a pas à être valo­ri­sée. Cela n’aura pas de réelle inci­dence lors de la revente de la pépite à un groupe pourvu d’un réseau commercial.

  • [57] - startuper a écrit le 2 mars 2009 :

    J’ai une ques­tion naïve concer­nant la garan­tie de des finan­ce­ments en capital-risque. J’ai lu qu’Oseo pou­vait garan­tir jusqu’à 70 % des sommes inves­ties. Cela veut dire quoi exac­te­ment ? Des sommes inves­ties par qui et de quel type de garan­tie s’agit-il ? En cas d’accident qui est rem­boursé de quoi ?

  • [58] - Olivier Ezratty a écrit le 2 mars 2009 :

    @Energo : je suis 100% d’accord, l’ensemble du sys­tème des aides publiques en tout genre est bien trop orienté sur la R&D en France, grand pays des Corps de l’Etat et d’ingénieurs (j’en suis un pour­tant…). On confond inno­va­tion et inven­tion, on oublie qu’au sens exact, une inno­va­tion, c’est une solu­tion qui a ren­con­tré son mar­ché. Mais on finance leur créa­tion plus que la ren­contre en question.

    Par contre, il n’est pas exact d’affirmer que “pas un euro nest alloué aux tests com­mer­ciaux”. Il existe pas mal d’aides diverses pour l’international, la pro­priété intel­lec­tuelle, et pour faire appel à des ser­vices divers. Elles sont sur­tout régio­nales (CRITT/ARITT).

    Par contre, je serais curieux de com­prendre com­ment fonc­tionnent les exper­tises des pro­jets chez Oséo. J’ai entendu dire qu’ils les fai­saient de plus en plus en interne, et pas via des experts indépendants.

    @startuper : je crois qu’Oséo garanti seule­ment les prêts ban­caires. On appelle cela des prêts “sofa­ri­sables”, du nom de la Sofa­ris, qui a été inté­grée dans Oséo au moment de la fusion ANVAR/BDPME. Les inves­tis­se­ments en capi­tal des VCs et des Busi­ness Angels ne sont pas “sofa­ri­sables”. Quand ils perdent leur inves­tis­se­ment, ils perdent tout. Pour ce qui est des FCPI, j’ai un doute mais ne pense pas que les inves­tis­se­ments dans des FCPI (le véhi­cule le plus cou­rant pour les VCs avec les FCPR) soient cou­verts par la garan­tie de 70%. D’autant plus que les FCPI intègrent des inves­tis­se­ments en capi­tal, pas sous forme d’avances ou de prêts en compte courant.

  • Les aides d’Etat sont régies par Bruxelles, d’où l’accent sur la R&D (voir ce qui se dit sur ce sujet, cela vous éclai­rera)
    http://www.6minutes.be/FR/Artikel.aspx?ArtikelID=13485&RubriekID=84
    Le régime noti­fié de l’aide à l’innovation se trouve sur le site d’oséo
    http://www.oseo.fr/votre_projet/innovation/aides_et_financements/aides

    OSEO garan­tit aussi les FCPI, et cer­tains réseaux pro­fes­sion­na­li­sés de BA. Donc c’est très très bien.
    Lire le détail à cet endroit :
    http://www.oseo.fr/a_la_une/dossiers/fonds_propres_capital_risque_tepa_investisseurs_pme/sommaire/oseo_aide_a_passer_le_relais

    Pour les aides à la com­mer­cia­li­sa­tion de l’innovation, il y a le CDI (Contrat de Déve­lop­pe­ment Inno­va­tion)
    http://www.oseo.fr/notre_mission/notre_offre/innovation/financements_bancaires/contrat_de_developpement_innovation

    et bien­sûr les aides régio­nales (mais inégal selon les régions). A ce stade (com­mer­cial), le risque est moins élevé (preuve du concept faite), et le finan­ce­ment privé doit jouer son rôle…

    Si vous avez d’autres ques­tions n’hésitez pas (aussi) à contac­ter direc­te­ment OSEO. Ce sera plus simple. A bientôt.

  • [60] - Olivier Ezratty a écrit le 3 mars 2009 :

    Merci beau­coup pour la pré­ci­sion sur la garan­tie des FCPI. Je n’en connais­sai pas bien le mécanisme.

    Comme quoi, le risque est sérieu­se­ment réduit pour ce qui les concerne. Tant qu’ils en acceptent la règle de par­tage pour le cas du suc­cès. Sait-on quelle est la part des FCPI qui est ainsi cou­verte par Oséo ?

    Sinon, puisque vous avez l’air d’être chez Oséo, il serait inté­res­sant de vous voir réagir sur le pro­pos de l’article et l’évolution des condi­tions d’accès aux avances rem­bour­sables pour les star­tups en phase d’amorçage.

  • [61] - Energo a écrit le 3 mars 2009 :

    Une amorce de solu­tion, l’offre créative,

    Face à l’abondance de nou­veaux pro­duits ou ser­vices, le consom­ma­teur final ne sait plus quelle offre choi­sir. Faute d’acquérir un bien qui ne lui cor­res­pond pas, il a besoin d’être guidé dans la défi­ni­tion de son besoin, c’est le rôle de son four­nis­seur de référence.

    Ce pro­fes­sion­nel clef est à la croi­sée des che­mins entre besoin pres­senti et offre tech­no­lo­gique. C’est avec lui que l’offre créa­tive peut se construire. La ren­contre du cher­cheur tech­no­logue en amont du pro­ces­sus indus­triel est indis­pen­sable avec ce réfé­rent, le plus sou­vent vision­naire à trois ou cinq ans, il est à même de conduire aux pistes d’exigence non encore for­ma­li­sées. Cette pra­tique implique direc­te­ment le consom­ma­teur via son four­nis­seur de réfé­rence qui mai­trise le ‘’déco­dage’’. La méthode est telle quelle va jusqu’à pro­po­ser une indi­vi­dua­li­sa­tion du pro­duit par une com­bi­nai­son d’options. La for­mule fait recette regar­dez notam­ment les concept-car néo-rétro, la F.500! 22 000 com­bi­nai­sons dif­fé­rentes d’un même modèle!

    Cette démarche plus proche du mar­ché pour­rait davan­tage convaincre sur le réel poten­tiel. Conduite tout au long du cycle de déve­lop­pe­ment, elle réduit le besoin de finan­ce­ment du BFR pen­dant la période d’amorçage et serait de nature à ins­tau­rer davan­tage de confiance auprès des par­te­naires. De facto tra­duite dans un busi­ness plan plus réa­liste, le contrat avec les finan­ceurs pose­rait des bases plus loyales.

  • En réponse à votre ques­tion Oli­vier, le bud­get 2009 est sen­si­ble­ment le même que celui de 2007. Main­te­nant, doit il être plus élevé dans le contexte actuel ? Ou plus adapté dans cer­taines grosses régions ? Pour les startups ? …

    Enfin, pour l’amorçage, OSEO sou­tient l’émergence et le déve­lop­pe­ment des réseaux de busi­ness angels, y com­pris avec son ser­vice “capi­tal pme” qui fonc­tionne bien (très belle initiative).

    Toute entre­prise de tech­no­lo­gie inno­vante devrait démar­rer avec des fonds propres suf­fi­sants. Il ne s’agit pas de n’importe quelle entre­prise. Cette typo­lo­gie est très for­te­ment capitalistique.

  • [63] - Energo a écrit le 3 mars 2009 :

    Star­tu­per : Je vous témoigne que les avances rem­bour­sables de l’Anvar étaient elles-mêmes sofa­ri­sées ainsi que les avances en compte cou­rant et les prises de par­ti­ci­pa­tions de la part d’un fcpi. Le col­lège de fon­da­teurs d’une start-up s’est vu refu­ser cette garan­tie consé­cu­ti­ve­ment à une demande de prêt per­son­nel auprès d’une banque clas­sique alors qu’il pré­pa­rait une nou­velle aug­men­ta­tion de capi­tal. La rai­son invo­quée était que l’enveloppe de garan­tie Sofa­ris de 2.2M€ avait été épui­sée, 450 000k€ d’aide à l’innovation de Anvar + 150 000k€ pour un fonds de déve­lop­pe­ment de proxi­mité + 1.5M€ pour deux fcpi.

    Oli­vier E. : Concer­nant les experts, il en existe aux moins deux caté­go­ries. Ceux qui par­ti­cipent aux com­mis­sions d’attribution d’aide des gui­chets régio­naux. Ils assistent en outre les repré­sen­tants directs ainsi que le délé­gué régio­nal de Oseo-Anvar. Ces experts cré­dibles, sont direc­teurs de recherche dans de grands groupes où ils exercent dans le même sec­teur d’activité que celui dans lequel vous êtes cen­sés déve­lop­per votre innovation…pour qui travaillent-t-ils ? Il parait que c’est incon­tour­nable, afin que leurs avis soient per­ti­nents ! En terme de confi­den­tia­lité…, ils sont tenus par le secret et ont signé, c’est ras­su­rant, mais pas avec vous le por­teur de pro­jet, il y a cinq ans avec le pré­cé­dent direc­teur de l’incubateur régional…Ha, vous êtes en démarche d’extension de bre­vet sous prio­rité, dom­mage, il fau­dra bien vous y faire, sans quoi vous ne pour­rez obte­nir quelque aide que ce soit !
    Pour la deuxième caté­go­rie d’experts, ceux qui inter­viennent dans le cadre d’une exper­tise tech­nique, dili­gen­tée par Oséo-Anvar, c’est un peu dif­fé­rent, ce sont égale­ment des per­sonnes de l’art, des pro­fes­sion­nels aux nom­breuses réfé­rences très per­ti­nentes et qui ont égale­ment signé…Ils exercent le plus sou­vent des mis­sions longues dans des cabinets-conseils qui ont pour clien­tèle d’autres indus­triels. Ils sont enga­gés comme chef de pro­jet dans le même sec­teur indus­triel…, c’est très inté­res­sant, tan­tôt d’expert… Nous aime­rions les consul­ter plus sou­vent, après avoir pu véri­fier à minima qu’ils ne seraient être en conflit d’intérêts ! De toutes les manières, ils sont tenus au secret et en dehors du bud­get d’une start-up, pro­ba­ble­ment un peu trop mal habitué !

  • [64] - Olivier Ezratty a écrit le 3 mars 2009 :

    @Bonjour bon­jour : si le bud­get est le même qu’en 2007, les moda­li­tés d’obtention pour les star­tups semblent bien révi­sées. Est-ce logique ? Je serais inté­ressé et nos lec­teurs avec, d’obtenir le bud­get exact d’Oséo Inno­va­tion à péri­mètre constant (hors AII) sur 2006, 7, 8 et 9. Et si pos­sible par région. Est-ce que ces don­nées sont publiques ou “confi­den­tiel défense” ?

    Pour ce qui est des fonds propres qu’une star­tup techno se devrait d’avoir, c’est plus facile à dire qu’à faire, sur­tout quand le créa­teur de l’entreprise est primo-entrepreneur et n’a pas de réseau per­son­nel étendu ! Il y a assez peu de busi­ness angels dans ce sec­teur car il n’y a pas eu beau­coup de réus­sites et notre fis­ca­lité ISF a fait par­tir cer­tains des plus gros inves­tis­seurs poten­tiels. Les banques sont plu­tôt fri­leuses, avec ou sans crise. Bref, obte­nir des fonds propres n’est pas une siné­cure, même pour les bons projets.

    Est-ce que la typo­lo­gie des entre­prises high­tech est “for­te­ment capi­ta­lis­tique” ? Pas sûr. Et par rap­port à quoi ? Au contraire, dans l’Internet et le logi­ciel, on peut démar­rer avec des moyens rela­ti­ve­ment modestes au regard de ce qui est néces­saire dans l’industrie manu­fac­tu­rière, dans la santé et même dans le com­merce en géné­ral (du fait du besoin de fond de rou­le­ment, du coût des usines, etc).

    @Energo : vous pour­riez élabo­rer un peu plus ? Que proposez-vous précisément ?

  • [65] - Guillaume a écrit le 3 mars 2009 :

    Mais si ces star­tups ne génèrent aucun chiffre d’affaires pen­dant 3 ans (au moins), n’ont elles donc pas besoin d’avoir des fonds propres consé­quents pour pas­ser toute cette phase d’amorçage ? Je suis assez d’accord avec la per­sonne d’Oséo. Mais c’est plus dif­fi­cile dans le contexte actuel. C’est sûr. Tout dépend du pro­jet. J’en connais qui ont des ambi­tions au des­sus de leurs moyens et qui ont des busi­ness models irréalistes.

  • Concer­nant les fonds propres et le cré­dit d’impôt pour favo­ri­ser le “love money”, est-ce qu’un proche qui inves­tit 20K€ par aug­men­ta­tion de capi­tal dans une société de 100K€ de capi­tal (pour un total après aug­men­ta­tion de 120K€)détient for­cé­ment 1/6 des parts de l’entreprise? Ou peut-on dimi­nuer la dilu­tion au même titre qu’avec des VC’s ou des busi­ness Angels (où l’on s’entend sur la part détenue)?

    Concer­nant la dif­fi­culté du moment de trou­ver des fonds… Est-il vrai­ment plus ris­qué d’investir dans une star­tup que de pla­cer son argent en Bourse ? ;-)

  • [67] - macha a écrit le 3 mars 2009 :

    C’est sûr que c’est moins ris­qué que la bourse…

    NKM va peut être réus­sir à trou­ver quelques dizaines de mil­lions d’euros de plus pour com­plé­ter le bud­get d’oséo sur l’innovation dans le numé­rique ? J’ai lu dans la presse qu’elle ten­tait de faire entendre sa voix auprès de Deved­jian. Si les star­tups ont des com­mandes publiques en amont (infra­struc­tures), cela leur per­met­tra de géné­rer plus rapi­de­ment du chiffre et régler le sou­cis des capi­taux propres, l’aide à l’innovation d’oséo n’étant qu’un com­plé­ment, un levier.

    J’ai appris tout récem­ment que les pro­blèmes de bud­get concernent l’agence pari­sienne d’Oséo sur­tout (voire peut être toutes les agences sur l’Ile de France). Trop de demandes en 2008, beau­coup de reports sur 2009… Ce doit être une galère pour eux aussi. Sinon, concer­nant le bud­get d’oséo j’ai trouvé un rap­port du sénat (avant 2007, ce n’était pas fameux)

    http://www.senat.fr/rap/r06-220/r06-2201.html

    La régres­sion des cré­dits (à péri­mètre constant) se trouve sur­tout entre 2002 et 2004. Il y a eu un désen­ga­ge­ment mar­qué de l’Etat à ce moment là. Sans doute en rai­son d’une volonté (Raf­fa­rin) de tout trans­fé­rer aux régions (sans le trans­fert de finan­ce­ment qui va avec), alors que ce trans­fert ne peut être que limité. Il y a eu une erreur de stra­té­gie je pense. D’où la néces­sité de rap­pro­cher ANVAR de la BDPME (écono­mies d’échelle ?). Anvar est passé d’un bud­get de 80 mil­lions d’euros annuels à plus de 150 mil­lions à par­tir de 2006. L’Etat est trop incons­tant dans ses dota­tions à l’innovation. Il a peut être dû aussi pen­ser au finan­ce­ment qu’il devait mettre sur les pôles de com­pé­ti­ti­vité et tout récem­ment il n’en vou­lait plus que 10 mondiaux.

    Un rap­port de l’OCDE (du 3 mars) pré­co­nise un sou­tien mar­qué à la créa­tion d’entreprise, au renou­vel­le­ment du tissu indus­triel, avec un accrois­se­ment de la concur­rence sur le mar­ché des pro­duits. Il indique que les aides sec­to­rielles (auto­mo­bile) sont inef­fi­caces et injustes.
    http://www.usinenouvelle.com/GlobalDocs/usn/Objectif-croissance-2009.pdf

    Le gou­ver­ne­ment va peut être réagir posi­ti­ve­ment aussi sur les star­tups innovantes ?

    Il y a aussi le grand ras­sem­ble­ment du 5 mars à la Défense : les créa­teurs vont gon­fler des bal­lons (oséo est par­te­naire). Cela semble concer­ner les créa­tions d’entreprises clas­siques ou peut être aussi les star­tups, ce qui signi­fie qu’oséo est conscient du pro­blème et sou­haite nous sou­te­nir ?
    http://www.15millionsdeballons.fr/

    Une star­tu­peuse…

  • [68] - Guillaume a écrit le 3 mars 2009 :

    Tu oublies qu’OSEO se concentre main­te­nant sur les PME de plus de 5O per­sonnes. Avec un bud­get en baisse et une réorien­ta­tion de stra­té­gie (dixit contrat fixé par Bercy) vers les boîtes plus grosses (avec un vrai bilan)… on n’est pas sor­tis de l’auberge.
    http://www.lentreprise.com/3/4/article/19200.html

    C’est bien de pré­ser­ver l’emploi exis­tant des entre­prises moyennes, les reprises d’entreprises… pour frei­ner les dépôts de bilan, mais c’est de même louable de sou­te­nir les nou­veaux entrants (les jeunes cadres qui se lancent) qui vont aussi créer de l’emploi d’un nou­veau genre, de nou­velles façon de tra­vailler, de pro­duire (c’est le moment)… Il n’y a pas que le numé­rique, il y a aussi les tech­nos vertes, éco-innovations… Tous ces nou­veaux sec­teurs ont besoin de sou­tien. Oséo va devoir revoir une par­tie de son pro­gramme pour 2009… si des com­plé­ments lui sont appor­tés. Il n’est jamais trop tard !

    Atten­tion aussi au nou­veau sta­tut d’auto-entrepreneur qui induit en erreur et laisse pen­ser que c’est facile de se lan­cer, avec le chô­mage gran­dis­sant (lire l’article et les échanges avec la média­tion) :
    http://www.jobetic.net/Creer-votre-entreprise-Reflechissez-bien-!_a1892.html

  • [69] - Suzy a écrit le 4 mars 2009 :

    M. Ezratty,
    le Cré­dit Agri­cole est uti­lisé pour faire débat et don­ner des conseils à Oséo alors que cette banque vient d’annoncer ce matin une chute record de ses béné­fices et son impli­ca­tion dans les sub­primes !!!
    Peut on être objec­tif - quand on est reca­pi­ta­lisé par l’Etat - pour don­ner des leçons à la banque oséo?

    http://www.oseo.fr/a_la_une/actualites/rencontre_debat_industriels_expert

    http://www.latribune.fr/entreprises/banques-finance/banque/20090304trib000350879/credit-agricole-les-resultats-chutent-en-2008.html

    http://www.easybourse.com/Website/article/4839-credit-agricole-une-victime-francaise-de-la-crise-du-subprime.php

  • M. Ezratty, je n’ai pas les chiffres exacts pour le bud­get et la répar­ti­tion régio­nale. Mais ils seront sans doute dis­po­nibles en juin (rap­ports d’activité).
    L’année 2008 a été excep­tion­nelle en terme de pro­jets sou­te­nus sur le plan natio­nal. C’est une période un peu à part. Enfin si vous avez l’air de dire que sur inter­net on peut démar­rer avec des moyens modestes, encore faut il que les demandes d’aides soient aussi modestes… Ce n’est pas tou­jours le cas, au regard des fonds propres des fon­da­teurs et des pers­pec­tives de ren­ta­bi­lité très éloi­gnées… L’entreprise doit res­pec­ter l’équilibre de son plan de finan­ce­ment. L’aide est un levier et ne se sub­sti­tue pas au reste.
    L’année 2009 sera sans doute pro­pice à un davan­tage de réa­lisme. S’il s’avère que dans cer­taines régions, il y a un manque impor­tant en terme de res­sources publiques à pro­po­ser, le néces­saire sera sans doute fait. Je l’espère. Il faut de la trans­pa­rence. Les échanges sont tou­jours très enri­chis­sants. A bientôt.

  • [71] - Guillaume a écrit le 5 mars 2009 :

    Ener­geo. Je ne par­tage pas ton avis sur les experts dili­gen­tés par oséo ou les minis­tères. Si les pro­jets sont exper­ti­sés uni­que­ment par les conseillers oseo, on reproche à ces der­niers de ne pas avoir d’expériences suf­fi­santes pour juger. Si oséo fait appel à des experts exté­rieurs, on crie au risque de divul­ga­tion ou de conflit d’intérêt. Quand on demande un sou­tien on prend for­cé­ment un risque. Il faut être vigi­lant et le signa­ler à Oséo pour limi­ter au maxi­mum les pro­blèmes.
    C’est pareil quand on fait entrer un capi­tal ris­queur. Il y a des avan­tages et des incon­vé­nients. Mais si on prend toutes les pré­cau­tions pos­sibles pour se défendre, cela peut passer.

  • [72] - Pierre Jol a écrit le 5 mars 2009 :

    Dos­sier 01 Infor­ma­tique. Les star­tups qui témoignent ne semblent pas tristes de voir l’aide à l’innovation (avance taux 0, rem­bour­sable qu’en cas de suc­cès) dis­pa­raître. Elles se contentent du Cré­dit d’impôt recherche et des prêts ban­caires avec la garan­tie oséo.……
    .….…Les témoi­gnages indiquent que les ban­quiers oséo savent appré­cier toutes les dimen­sions de leur pro­jet. Mais alors, il n’y a donc plus de pro­blèmes!!! On s’est inquiété pour rien !. Vous témoi­gnez aussi dans l’article M. Ezratty. Qu’en pen­sez vous ?

    le voilà le lien :
    http://www.01informatique.fr/infrastructures-stockage-serveurs-116/financement-innovation-47846/

    A priori, le recours au cré­dit ban­caire serait uti­lisé en échange de l’ouverture de son capi­tal à des capi­tal ris­queurs. C’est ce que pré­fè­re­raient, d’après l’article, cer­tains entre­pre­neurs. Il est clai­re­ment dit qu’avec la baisse du bud­get de l’aide à l’innovation, oséo demande des mon­tants élevés de fonds propres.

    Il y a aussi la louange faite au Pacte PME et au Small Busi­ness Act.

    La ban­ca­ri­sa­tion d’Oséo semble plaire au grand nombre.

  • [73] - Stanislas a écrit le 5 mars 2009 :

    Le PDG de OSEO fait un chat ce soir à 17H, l’occasion de lui faire part de toutes les inquié­tudes men­tion­nées sur ce blog ;-)

    http://www.oseo.fr/a_la_une/actualites/ch_t_avec_francois_drouin

  • [74] - Olivier Ezratty a écrit le 5 mars 2009 :

    @Pierre Jol : merci pour le poin­teur. Le dos­sier de 01 est assez com­plet et plu­tôt bien fait car il brosse un tableau large de la situa­tion. Je n’en tire­rai cepen­dant pas des conclu­sions hâtives du genre “les star­tups pré­fèrent le CIR et les garan­ties de prêts ban­caires aux avances rem­bour­sables”. Les star­tups inter­ro­gées sont matures et ont dépassé le stade de l’amorçage: Talend vient de lever 12 mil­lions d’Euros (notam­ment chez Bal­der­ton) et en a levé 20 mil­lions au total. Cela arrive à quelques dizaines de boites par an sur des mil­liers ! Wengo a levé 6m€.…

    Pour déchif­frer un tel article, il fau­drait aussi pou­voir savoir d’où viennent les boites citées. Les contacts sont-ils four­nis par Oséo ? Sont-ils des contacts habi­tuels de jour­na­listes ? J’aurais pré­féré voire inter­ro­gées des star­tups en phase d’amorçage qui sont celles qui ont le plus besoin d’Oséo en ce moment. Je n’en ai pas vu de citées dans l’article ! A part peut-être Open CS. et les boites qui sont en cours d’instruction chez Oséo n’oseront pas témoi­gner à visage découvert !

    En tout cas, on voit bien qu’en sor­tant le bud­get issue de l’AII, le bud­get Oséo Inno­va­tion pour l’amorçage a bien baissé. Et les busi­ness angels sont loins d’avoir pris le relai, tout du moins dans le sec­teur du numé­rique. Et sur­tout pas dans les ratios de fonds propres main­te­nant deman­dés par Oséo. On est passé de 1 à 1 à 1 à 5 voire plus alors que l’effet TEPA n’a pas généré un afflux d’investissements de busi­ness angels dans un ratio de 1 à 5 par rap­port à la baisse du bud­get d’Oséo si vous suivez…

    Sinon, je suis cité par reprise d’extraits de cet article. Mais les jour­na­listes ne m’ont pas contacté pour appro­fon­dir la question.

    @Stanislas: oui, star­tups en phase d’amorçage, profitez-en pour vous exprimer !

  • Oui pro­fi­tez en. Le Tchat avec F. Drouin se fait sur les echos.fr

    http://www.lesechos.fr/info/chats/300332917-financement-des-entreprises-comment-faire-face-a-la-crise-.htm

  • [76] - Pierre Jol a écrit le 5 mars 2009 :

    …après 01 qui n’a pas pu inter­ro­ger les start-up en amor­çage, ni oser deman­der des com­plé­ments à M. Ezratty.….…..
    .….…. voici désor­mais le bug infor­ma­tique du ch@t de M. Drouin sur le site du quo­ti­dien Les Echos, qui n’a pu répondre aux der­nières ques­tions… Nous ver­rons demain s’il par­vient à répondre. !! Pour l’instant CIR et garan­tie semblent suf­fire selon lui. Pourvu qu’il ne soit pas sous l’emprise d’une omerta… concer­nant les star­tups. Ou peut être ne peut il prendre la mesure réelle de la situa­tion ? Qu’en pen­sez vous Olivier ?

  • [77] - Olivier Ezratty a écrit le 6 mars 2009 :

    L’argument du CIR ne tient pas pour moi car c’est une écono­mie fis­cale sur une dépense qu’il faut avoir effec­tué… et donc finan­cée ! A l’exception des pro­jets de recherche com­man­di­tés par des grands groupes. Pro­jets qui ne sont pas for­cé­ment tour­nés vers de la créa­tion et com­mer­cia­li­sa­tion de pro­duits et qui pour­raient bien trans­for­mer les star­tups en mini-labos ou mini-Altran.

    La garan­tie fonc­tion­ne­rait bien si les banques jouaient mieux le jeu pour aider les star­tups. Mais par les temps qui courent, elles ne sont pas moins fri­leuses qu’elles ne l’étaient déjà avant. Même aux USA et sans crise, les star­tups ne pou­vaient pas faire ainsi confiance aux banques.

    Res­tent les busi­ness angels, l’ultime espoir. Ultime espoir fon­da­men­tal puisqu’ils jouent un rôle clé dans d’autres pays comme les USA ou le Royaume Uni. Mais mal­gré tous les efforts louables des asso­cia­tions comme France Angels, de ses asso­cia­tions membres, et de l’impact TEPA, le monde des BA est encore sous-dimensionné pour créer le pipe de star­tups en amorçage.

    A mon sens, la posi­tion d’Oséo ne tient pas compte de la réa­lité d’aujourd’hui du finan­ce­ment des star­tups et du fait que si il est cer­tain qu’elle doit évoluer vers plus de finan­ce­ment privé, cela ne peut pas se faire bru­ta­le­ment, sur­tout en temps de crise.

    Le patron d’Oséo fait du “damage control”. La plu­part des boites et orga­ni­sa­tions en dif­fi­culté ont du mal à recon­naitre les erreurs, donc elles les nient pour com­men­cer. Savoir dire “il y a un pro­blème, on le recon­nait et voilà com­ment on va le trai­ter” n’est pas une pos­ture de com­mu­ni­ca­tion clas­sique, mal­heu­reu­se­ment. Mais je n’ai pas encore lu le trans­cript du chat de Mon­sieur Drouin.

    Ceci étant, je ne suis pas contre un peu plus de sélec­ti­vité au niveau d’Oséo dans la label­li­sa­tion des pro­jets et l’octroi d’aides diverses. Je pré­fè­re­rai cela à des demandes déli­rantes de taux de finan­ce­ment. Ce que les star­tups qui m’ont contacté demandent, ce sont aussi des règles stables et des délais pré­vi­sibles dans leurs rela­tions avec Oséo.

    Il faut notam­ment tenir compte des besoins des jeunes créa­teurs d’entreprises (par­fois brillants) mais qui n’ont pas de for­tunes per­son­nelles (fami­liales) ni de réseau dans l’industrie. Et je ne parle même pas de ceux qui pro­vien­draient de zones dif­fi­ciles (dites “banlieues”)…

  • [78] - Pierre Jol a écrit le 6 mars 2009 :

    .…vous avez bien rai­son. Mais ne pen­sez vous pas que le rem­pla­ce­ment de l’aide directe et de l’accompagnement per­son­na­lisé est sou­haité par le gou­ver­ne­ment ? ce der­nier n’a t-il pas voulu en somme tout trans­fé­rer aux banques, au privé ? et avec la crise (et la cause de cette crise) il est fran­che­ment dans l’embarras main­te­nant? !!!!.…
    .…..oséo n’est il pas en train de sup­pri­mer le métier ini­tial de sou­tien à l’innovation (aide et accom­pa­gne­ment) au pro­fit du res­crit fis­cal (pour le CIR) et de la garan­tie ? Ne pen­sez vous pas que les quelques sub­ven­tions res­tantes ne le seront que pour les pôles de com­pé­ti­ti­vité et les pro­jets en col­la­bo­ra­tifs un peu lourds?

  • [79] - guillaume a écrit le 6 mars 2009 :

    Pierre et Oli­vier, si oséo est amené à sélec­tion­ner encore plus les pro­jets, que vont ils prendre ? Je crois que la sélec­tion est déjà là mal­heu­reu­se­ment. Ca veut dire quoi un “bon pro­jet” selon M. Drouin ?? Une idée inter­es­sante ou un pro­jet déjà bien ficelé sur le plan du finan­ce­ment (fonds propres, chiffre d’affaires déjà réa­lisé…) ??? Quelle défi­ni­tion avons nous tous du “bon” ??? Pour ce qui est de l’incitation fis­cale à l’innovation, je trouve que si on rem­bourse la créance du CIR tout de suite, pour­quoi du coup ne pas tout sim­ple­ment pri­vi­lé­gier l’aide directe telle qu’elle existe et qui en outre nous per­met d’avoir un vrai contact avec quelqu’un???

  • [80] - startuper a écrit le 6 mars 2009 :

    @Energo et Bon­jour Bon­jour. Merci pour votre confir­ma­tion sur la garan­tie Sofa­ris et les liens OSEO. Il est quand même très dif­fi­cile de s’y retrou­ver dans ce dédale finan­cier, à savoir qui garan­tit quoi exac­te­ment et com­ment ces garan­ties sont par­ta­gées. Je ne sais pas si vous avez vu ce papier sur Ago­ra­vox, voir ici : http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=52496 mais ça fait froid dans le dos… L’actualité se téles­cope : d’un côté OSEO et l’AFIC publient les résul­tats de leur étude qui indique que 4,4 mil­liards d’euros dont 2,2 mil­liards ont été inves­tis dans des entre­prises inno­vantes (d’ailleurs quid de la répar­ti­tion légale 60-40 au pro­fit des entre­prises inno­vantes, ces chiffres sont bizarres), et de l’autre des entre­pre­neurs apportent une autre vision de ces méca­nismes avec des témoi­gnages pour le moins trou­blants. Vers qui se tour­ner pour lever des fonds ? C’est bien beau d’avoir son label OSEO, mais si c’est pour se faire ava­ler ensuite… Il y a un énorme besoin de visi­bi­lité et de confiance.

  • [81] - Pierre Jol a écrit le 6 mars 2009 :

    Ce livre va t-il paraître offi­ciel­le­ment ? Il est acces­sible en ligne sur http://www.fcpi-pratique.com/. Mais pour com­bien de temps ? Cela fait froid dans le dos. Mais peut être que cela ne concerne qu’une petite poi­gnée de star­tups mal­heu­reuses qui se sont fait avoir par des finan­ciers véreux… Avec une telle méfiance main­te­nant sur les inves­tis­seurs, nos entre­prises ne vont pas pou­voir se déve­lop­per conve­na­ble­ment. SI main­te­nant les entre­prises répugnent à se faire finan­cer par le privé où va t-on ? Je ne vois pas com­ment l’Etat peut rem­pla­cer le finan­ce­ment en fonds propres. Vous savez vous ? A moins qu’il ne faille tout sim­ple­ment mettre de l’ordre.

  • [82] - Fabien a écrit le 6 mars 2009 :

    en tout cas mon amie a posé une ques­tion pré­cise au pré­sident de oséo et il ne m’a pas répondu du tout dans son chat. sur le site des echos, il a dû sélec­tion­ner à mort. rien sur les créa­tions d’entreprises comme les nôtres. cela prouve bien qu’il est embar­rassé. il ne parle que de tréso, de trans­mis­sion d’entreprise, etc. ça fait pas très jeune

  • [83] - Fab a écrit le 7 mars 2009 :

    Je reli­sais votre article sur les star­tups asphyxiées. Et il y a un hic. Si une star­tup demande 100 KE d’aide maxi et qu’oséo lui demande en échange d’augmenter ses fonds propres de 600 KE, c’est que le finan­ce­ment glo­bal du pro­jet, jusqu’à la com­mer­cia­lis­tion (date à par­tir l’entreprise doit rem­bour­ser l’aide), l’impose. Non ? Qui vous dit que les dépenses pré­vues par l’entreprise les 2 années sui­vantes (hors R&D) ne sont pas élévées (alors qu’il n’y a pas de chiffre d’affaires) et que de nou­veaux apports (fonds pri­vés) sont donc néces­saires ? Deman­der ce type de sou­tien public à oséo peut être l’occasion de réflé­chir à la qua­lité de son busi­ness plan… D’autant que si l’entreprise ne génère aucun chiffre d’affaires, le recours au cré­dit ban­caire est très déli­cat. L’aide publique se situe sur la R&D uni­que­ment. Après il n’y a plus mal­heu­reu­se­ment que le finan­ce­ment en fonds propres (haut de bilan). Ou alors il faut tout revoir au niveau des règles actuelles de finan­ce­ment des entreprises.

  • [84] - Olivier Ezratty a écrit le 7 mars 2009 :

    Très bien vu ! Votre remarque sou­lève un autre lièvre, celui de la valo­ri­sa­tion et du timing de la pre­mière levée de fonds.

    En géné­ral, les busi­ness angels ne financent pas les pro­jets “sur papier”. Ils financent des pro­jets où il y a un pro­duit presque prêt à être com­mer­cia­lisé. Or comme vous le dites, l’aide Oséo sert à finan­cer la R&D, donc la créa­tion du produit.

    En deman­dant des fonds propres de plus de 500K€, Oséo pousse donc les entre­pre­neurs à aller au delà de ce qui est rai­son­nable pour ne pas trop diluer le capi­tal (finan­ce­ments non dilu­tifs : PCE, prêts d’honneurs, apports per­son­nels, love money).

    Si l’entrepreneur qui n’a pas encore de pro­duit doit lever disons 400K€, il devra trop diluer son capi­tal et trop tôt dans le cycle de vie de sa startup.

    En l’état, le finan­ce­ment au démar­rage de la star­tup devrait être non dilu­tif (pas de prise de par­ti­ci­pa­tion dans le capi­tal), et ne le deve­nir que lorsque la star­tup peut com­men­cer à vendre son pro­duit, géné­rer du CA et à avoir une valo­ri­sa­tion rai­son­nable limi­tant la dilu­tion. Les spé­cia­liste indiquent qu’à chaque tour, et sur­tout dans les pre­miers, il faut éviter de diluer son capi­tal à plus de 20%-30%.

    La qua­lité du BP ? Le niveau d’exigence monte en effet, tout le monde le sait. C’en est qua­si­ment fini des plans de star­tups Inter­net avec un revenu publi­ci­taire qui démarre à deux ans. Je vois de très nom­breux pro­jets btoc qui deviennent des pro­jets btob avec une vente de ser­vices (sou­vent en SaaS) à des inter­mé­diaires (sites web, entre­prises). C’est plus ras­su­rant sur le papier, mais n’est pas plus évident à réus­sir dans la mise en oeuvre car il faut vendre à la mano les pro­jets un par un à des entre­prises pas tou­jours per­méables aux inno­va­tions, et avec des cycles de déci­sion assez longs. L’exigence numéro un d’un nou­veau ser­vice ou pro­duit est de créer de la valeur pour les clients et de ne pas rele­ver du “nice to have”. C’est là que le bât blesse en général.

  • [85] - Fab a écrit le 7 mars 2009 :

    Vous indi­quez qu’en plus de l’aide, les finan­ce­ments en amont “non dilu­tifs” à pri­vi­lé­gier sont : le PCE (40 KE maxi), les prêts d’honneurs (là aussi très limité en mon­tant ; 7 ou 10 KE?), le love money (les copains, les parents…).… Donc bien en deça de 100 KE. Il faut donc que les star­tups dis­posent d’un model moins gour­mand, avancent pas à pas (avec une acti­vité ali­men­taire).… autre­ment c’est la dilu­tion. On bien il faut héri­ter…
    Les star­tups (ou créa­tions d’entreprises) peu gour­mandes en capi­taux se situent sou­vent dans des acti­vi­tés “moyen­ne­ment inno­vantes”… Les entre­prises de l’informatique et du net sont coû­teuses. Quand vous devez embau­cher des ingé­nieurs pour du déve­lop­pe­ment, les salaires sont rare­ment au ras des paque­rettes. Jus­te­ment, n’est ce pas à ce niveau que des écono­mies doivent être faites. Cer­tains patrons ne s’offrent que le smic et encore. Pour­quoi pas leur équipe ?

  • [86] - Olivier Ezratty a écrit le 7 mars 2009 :

    Les prêts d’honneur sont géné­ra­le­ment limi­tés à 20K€ par per­sonnes. Dans les asso­cia­tions des Réseaux Entre­prendre et de France Ini­tia­tive (dont Scien­ti­pole Ini­tia­tive où j’officie fait par­tie), une équipe peut obte­nir jusqu’à 60K€ de prêt d’honneur.

    Quand Oséo deman­dait un ratio de 1 pour 1 de fonds propres, l’ensemble des aides cumu­lées et les fonds propres per­met­taient de démar­rer avec 300K€ pour ceux qui se débrouillaient bien. En plus, cer­tains béné­fi­cient du bonus du concours natio­nal de la recherche (250K€, mais aussi condi­tion­nés par les fonds propres, ratio de 1 pour 1). Un bon pro­jet Inter­net pou­vait ainsi se lan­cer avec 500K€ pour créer le pro­duit et com­men­cer à le “diffuser”.

    Embauche d’ingénieur ? Nombre de star­tups font appel à des sta­giaires d’écoles d’ingénieur avec une exo­né­ra­tion d’une grande par­tie des charges sociales.

    Autre source de finan­ce­ment bien connue, mais pas adap­tée aux jeunes qui sortent de l’enseignement : les Asse­dic cou­plées au tra­vail en équipe. Trois anciens cadres aux Asse­dic, dont au moins un déve­lop­peur, peuvent démar­rer un pro­jet avec peu de moyens (dans l’immatériel) et finan­cés pen­dant 18 par les Asse­dic. J’en croise régulièrement !

  • [87] - Fab a écrit le 7 mars 2009 :

    Vous citez les plus chan­ceux, à savoir un petit nombre (com­bien par an ?).

    1 - Pour obte­nir 140 KE maxi via le concours (en créa­tion déve­lop­pe­ment, sinon c’est 40 KE en émer­gence), il faut déjà être lau­réat (retenu par le comité de sélec­tion) : 150 lau­réats par an sur toute la France, dont la moi­tié en créa­tion déve­lop­pe­ment, sur toute la France pour 3000 can­di­dats ; il y a les concours régio­naux (mais les mon­tants d’aide sont moins élevés encore)

    2 - Pour les prêts d’honneur, com­bien obtiennent jusqu’à 60KE de prêts, à Paris par exemple, chaque année ? La moyenne est plu­tôt de 10 KE.

    3 - Pour le PCE : c’est plu­tôt 20 KE de prêt en moyenne accordé (40 KE c’est le pla­fond, dont 7 000 par oséo

    Donc, en moyenne, la grande majo­rité des créa­teurs démarre avec 5000 euros de fonds per­son­nels, + 40000 euros de prêts (car ces prêts, PCE et prêts d’honneur doivent être rem­bour­sés et ils sont donc limi­tés aux capa­ci­tés du créa­teur). En gros, cela fait 50 000 euros de fonds propres en moyenne. Les mon­tants de pro­jets à mener coûtent aux alen­tours de 250 KE (mini­mum) sur 12 ou 18 mois. Oséo peut aller jusqu’à 100 000 euros (grand maxi­mum pour l’instant, puisqu’oséo n’est pas un fonds d’investissement en amor­çage, enfin pas encore…). Si en outre, le créa­teur a déjà investi sur son pro­gramme (il est donc en débit…), je ne vous raconte pas de déphasage…

    Les plus chan­ceux sont sou­te­nus dés le démar­rage par des inves­tis­seurs indi­vi­duels (entre­pre­neurs, retrai­tés, etc) et peuvent cumu­ler un peu plus de 600 KE de fonds propres. Mais leurs besoins sont aussi élevés pour leurs pro­grammes (dès pro­jets qui vont jusqu’à 1 mil­lion d’euros de dépenses sur 2 ou 3 ans), alors qu’ils n’ont pas généré encore 1 cen­time de chiffre d’affaires, et ne comptent pas en faire avant la fin de leur pro­gramme forcément…

  • [88] - Olivier Ezratty a écrit le 7 mars 2009 :

    Ce n’est pas qu’une ques­tion de chance !

    Mais je ne sais pas quelle est la pro­por­tion des pro­jets qui ras­semblent 300K€ sans levée de fond.

    Un pro­jet can­di­dat sur 7 obtient l’aide du concours natio­nal de la recherche (moyenne de 225K€ je crois pour la par­tie déve­lop­pe­ment, et de 45K€ pour la par­tie émer­gence, les pro­jets en incubation).

    Chez Scien­ti­pôle, plus de 60 pro­jets par an obtiennent des prêts allant de 20K à 60K€, dépen­dant du nombre de fon­da­teurs deman­dant ce prêt.

  • [89] - Fab a écrit le 7 mars 2009 :

    Ceux qui arrivent à être sélec­tion­nés pour le concours peuvent en effet s’en sor­tir un peu mieux (et sur­tout s’ils sont sui­vis à la trace par le minis­tère et oséo jusqu’au bout, et pré­sen­tés aux inves­tis­seurs…). Le degré d’innovation requis est rela­ti­ve­ment élevé, et le concours pri­vi­lé­gie aussi les pro­jets issus de la recherche publique, les can­di­dats avec un beau CV (cher­cheur, poly­tech­nique, etc). En somme, Mon­sieur Tout le Monde ;) ))

    Les prêts d’honneur sont effec­ti­ve­ment essen­tiels aussi et jouent un rôle de plus en plus impor­tant. Mais le mon­tant est quand même limité pour la plu­part des per­sonnes qui le demandent.

    Enfin, il y a la ques­tion du coût des pro­jets de R&D. Vous ne pou­vez pas nier qu’ils ont aug­menté de façon expo­nen­tielle depuis 5 ou 7 ans… Sou­ve­nez vous des pro­jets qui deman­daient 600 000 francs à 1 mil­lion de francs de déve­lop­pe­ment (soit 90 KE à 150 KE)… C’était déjà consi­déré comme coû­teux. Aujourd’hui, cela paraît ridi­cule. Le pro­blème, c’est que le finan­ce­ment public n’a pas for­cé­ment suivi et reste non plus…

    Et pour les sta­giaires en infor­ma­tique… ce n’est pas ce que les star­tups uti­lisent le plus. Le plus sou­vent elles embauchent des experts dans un domaine pré­cis, jus­te­ment pour mettre au point des mer­veilles… Et ces experts, il faut les payer. Il sont par­fois débau­chés de grands groupes ou d’entreprises de renom…

  • L’Afic et Oséo ont publié la semaine pas­sée une étude ou ils se féli­citent des bons résul­tats du sec­teur. 4.4 Mds d’euros col­lec­tés pour 2.2 Mds d’euros pla­cés dans les entre­prises inno­vantes, ces chiffres tra­duisent à eux seuls la per­for­mance de l’action à n’en pas dou­ter. Tou­te­fois, quelques éclair­cis­se­ments pour­raient être nécessaires :

    Si l’on applique la règle des 60% du pla­ce­ment dans les entre­prises inno­vantes éligibles, qu’advient-il des 440 M€ man­quants ? Cette somme finance le fonc­tion­ne­ment des deux orga­nismes ? Celui des 35 socié­tés de ges­tion évoquées ?

    8 socié­tés finan­cées sur 10 sont label­li­sées Oséo, il y aurait donc 20% de socié­tés qui béné­fi­cient du finan­ce­ment pour l’innovation sans être innovantes,

    Ce rap­port n’explique pas une autre per­for­mance, celle de ces socié­tés de ges­tion des fcpi. Ces socié­tés finan­cières affichent des résul­tats nets très confor­tables allant de 25 à 60% et plus. Ces ratios sup­plantent très lar­ge­ment les béné­fices des socié­tés inno­vantes qu’elles détiennent dans leur por­te­feuille et cen­sées sou­te­nir! Ce sont ces start-ups qui sont nor­ma­le­ment la cible de la mesure en place par Bercy en faveur de l’innovation?

    ?

    Hasard du calen­drier ou réponse des ins­ti­tu­tion­nels, depuis plu­sieurs semaines dif­fé­rents médias se font l’écho de la paru­tion d’un livre ’’Finan­ciers Com­plai­sants Pra­tiques Inavouables’’. Il y est relaté des méthodes peu flat­teuses à la faveur de cer­tains direc­teurs de par­ti­ci­pa­tion de ces socié­tés de ges­tion de fcpi…

    Le contenu inté­gral du livre est télé­char­geable sur un blog http://www.fcpi-pratique.com . On peut y lire égale­ment qu’un col­lec­tif d’entrepreneurs s’apprête à publier des révé­la­tions pour dénon­cer les agis­se­ments félons…

    Sous-entendu égale­ment un pro­jet de clas­se­ment des VCs comme cela se pra­tique pour d’autres cor­po­ra­tions, les ensei­gnants ou les méde­cins, sur le modèle en place aux États-Unis. http://www.thefunded.com met en ligne chaque semaine un clas­se­ment réa­lisé par au moins cinq membres selon des cri­tères de cor­rec­tion, de loyauté dans les affaires, de qua­lité d’accompagnement c’est très intéressant.

    Il n’y aurait pas que Oséo qui asphyxie les startups !

  • [91] - Olivier Ezratty a écrit le 10 mars 2009 :

    Ce sujet est traité dans un post récent. Cf http://www.oezratty.net/wordpress/2009/faut-il-se-mfier-des-fcpi/. Et il s’avère que l’un des fonds accu­sés par les auteurs (pas nomi­na­ti­ve­ment, mais on peut en trou­ver la piste, cf les com­men­taires du post sur le sujet) s’avère être l’un des deux plus gros inves­tis­seurs du second semestre 2008 d’après l’indicateur de Chaus­son Finances.

    Au pas­sage, le ren­de­ment du capi­tal risque et des FCPI est assez faible en France en moyenne. Cf cet exemple dans http://www.boursorama.com/investissez/fcpi/cour_catego.phtml. Je crois qu’il était de l’ordre de 4 à 5% ces der­nières années. On est loin des fan­tasmes des 60% et même des 15% des hedge funds (à ne pas confondre avec les fonds de pen­sion anglo-saxons qui vont rare­ment au delà de 7%/8% - hors période de crise bien entendu).

  • [92] - Olivier Ezratty a écrit le 15 mars 2009 :

    @Suzy (com­men­taire 69 que je viens de déspam­mer…) : n’est-ce pas un peu court de consi­dé­rer que parce que le Cré­dit Agri­cole a été affecté par la crise des sub­prime, tous ses experts sont incom­pé­tents ? D’autant plus que cette banque a plu­tôt bien résisté à la crise et tout de même fait des bénéfices !

  • [93] - Hauxxan a écrit le 22 mars 2009 :

    La crise a mon­tré com­ment le com­por­te­ment et l’intérêt indi­vi­duel avec les divers bonus a, en large part, été à l’origine des dérives. Le fonc­tion­ne­ment d’OSEO dépend aussi lar­ge­ment du com­por­te­ment des conseillers qui varie consi­dé­ra­ble­ment sui­vant les per­sonnes et sui­vant les régions. Ce qui dom­ma­geable pour les start-up c’est qu’il est plus com­plexe, aléa­toire et consom­ma­teur de temps de déchif­frer les arcanes de cette orga­ni­sa­tion opaque que déve­lop­per son propre pro­jet. Comme pour agir avec la com­plexité du mille-feuilles des col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales, il faut s’entourer d’experts es-rouages admi­nis­tra­tifs, et suivre le conseil judi­cieux d’un fonc­tion­naire averti : “à votre niveau de R&D vous devriez avoir un subventologue !”.

  • [94] - macha a écrit le 23 juin 2009 :

    Ca y est . La Ville de Paris vient à la res­cousse en signant une conven­tion avec Oséo pour le finan­ce­ment des star­tups dans la Capi­tale !!!
    http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5gudG66mgf69EXXShg46-NdtryMgw
    Après tout, il n’y a pas que les pro­jets col­la­bo­ra­tifs des pôles. Mais je trouve que tout ceci est bizarre. Pour­quoi tout n’est pas regroupé à Oséo, avec des déci­deurs variés (pôles, régions, incu­ba­teurs, cdc, etc) pour la sélec­tion des projets ?




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