Faut-il se méfier des FCPI ?

Publié le 6 mars 2009 et mis à jour le 9 mars 2009 - 83 commentaires -
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Un auteur ano­nyme vient de publier un petit essai pam­phlé­taire sur le fonc­tion­ne­ment des FCPI qui com­mence à faire par­ler de lui (dans le site du men­suel Capi­tal ainsi que dans Ago­ra­vox).

” FCPI : Finan­ciers Com­plai­sants, Pra­tiques Inavouables ”

 

Il est édité au for­mat papier à compte d’auteur à quelques mil­liers d’exemplaires et est égale­ment télé­char­geable à par­tir du lien ci-dessus.

L’essai dénonce des pra­tiques de cer­tains FCPI qui sont assez connues du Lan­der­neau et qui dans cer­taines cir­cons­tances peuvent être dou­teuses, et dans d’autres, ne sont qu’une ges­tion saine et jus­ti­fiée de leur busi­ness. En gros : la prise de contrôle de la société finan­cée, l’éviction des diri­geants, et le pillage de la pro­priété intel­lec­tuelle par divers experts ou membres de comité de sélec­tion qui tra­vaillent dans des groupes indus­triels concur­rents (ceci étant d’ailleurs un side effect du fonc­tion­ne­ment des FCPI qui ne leur pro­fite pas for­cé­ment). Tout y passe. Les socié­tés et fonds ne sont cepen­dant pas citées dans le livre.

L’auteur qui sou­haite conser­ver l’anonymat m’a contacté et m’a exposé ses moti­va­tions. C’est un retraité qui a une longue expé­rience dans l’industrie infor­ma­tique et à des postes de res­pon­sa­bi­lité très élevés. Il a été mar­qué par le récit de quelques uns de ses amis entre­pre­neurs à qui sont arri­vées des mésa­ven­tures avec leurs inves­tis­seurs. Il a alors sou­haité mobi­li­ser l’opinion pour faire pres­sion sur les FCPI à l’origine des pra­tiques dou­teuses qu’il dénonce.

Le manque d’éthique dans la conduite des affaires est cer­tai­ne­ment cou­rant en France rela­ti­ve­ment à d’autres pays occi­den­taux. Mais l’auteur lance un signal d’alarme qui pour­rait effrayer outre mesure les entre­pre­neurs en herbe en train de mener leur levée de fonds. Je nuan­ce­rai donc les pro­pos de l’auteur pour au moins trois raisons :

  • Parce que ce qu’il dénonce ne concerne pas que les FCPI, mais les rela­tions entre inves­tis­seurs et star­tups en géné­ral. Le FCPI est un véhi­cule d’investissement par­ti­cu­lier à la France (avec les FCPR), sur­tout dans les avan­tages fis­caux qu’il pro­cure aux inves­tis­seurs. Les déboires racon­tés dans l’essai sont peu liés aux spé­ci­fi­ci­tés des FCPI. On trouve de telles pra­tiques dans tous les pays du monde. On peut aussi en trou­ver dans la rela­tions entre busi­ness angels et entrepreneurs.
  • Les cas décrits sont extrêmes et il ne faut pas en faire des géné­ra­li­tés. Ils semblent très liés aux situa­tions cou­rantes en France de créa­teurs d’entreprises qui sont sur­tout des inven­teurs, avec une idée inté­res­sante, mais peu aptes à l’exécuter dans la créa­tion d’une entre­prise. A la fin, ils se sentent dépos­sé­dés de leur idée. A mon sens, dans le monde de l’innovation, une idée a beau­coup moins de valeur que la capa­cité opé­ra­tion­nelle à la trans­for­mer en suc­cès commercial.
  • Un entre­pre­neur qui fait appel à du finan­ce­ment de capi­tal risque doit savoir que l’investisseur va vou­loir “réa­li­ser” son inves­tis­se­ment dans un délai de quelques années (3 à 7 selon les busi­ness) du fait de la durée de vie de son fond. C’est struc­tu­rel, inévi­table. La réa­li­sa­tion est soit une intro­duc­tion en bourse (très rare), soit une revente à un autre fond (passe), et le plus sou­vent, une sor­tie indus­trielle (revente à une plus grosse entre­prise). L’auteur dénonce l’appât du gain des inves­tis­seurs. C’est leur métier que de géné­rer un retour sur inves­tis­se­ment. Mais on trouve aussi pas mal d’entrepreneurs atti­rés par le gain et une sor­tie rapide. La mésen­tente peut inter­ve­nir si l’entrepreneur veut conser­ver à la fois l’autonomie et la direc­tion de son entre­prise alors que l’investisseur sou­haite la revendre et/ou en chan­ger la direc­tion pour la pré­pa­rer aux phases sui­vantes de sa croissance.

Le cri de l’auteur pour­rait aussi exa­cer­ber cette atti­tude cou­rante chez cer­tains entre­pre­neurs un peu fri­leux qui se disent : je pré­fère ne pas cher­cher de finan­ce­ment privé pour éviter de perdre le contrôle de mon entre­prise. Atti­tude qui en géné­ral abou­tit à créer des nano­struc­tures qui ne peuvent pas croitre. La plu­part des gazelles (dans l‘industrie du numé­rique) ont béné­fi­cié de l’accélérateur d’investissements pri­vés – en plus des aides publiques au démar­rage. L’accélérateur du finan­ce­ment est inévi­table dans les indus­tries qui bougent vite car il per­met d’acheter du temps. Sans temps, on est dépassé par ceux qui vont plus vite. Dans l’Internet, notam­ment, la plus grande bar­rière à l’entrée est la rapi­dité d’exécution !

On entend beau­coup par­ler d’initiatives visant à trans­for­mer les cher­cheurs en entre­pre­neurs. Les entre­pre­neurs en herbe en France (dans la high­tech) issus du monde scien­ti­fique et tech­nique ont trop sou­vent un défi­cit énorme d’aptitudes et de com­pé­tences pour se lan­cer dans un pro­jet d’entreprise. Il leur manque un sens du mar­ché, du busi­ness et de la com­mu­ni­ca­tion, à défaut de com­pré­hen­sion de la compta et de la finance. C’est en par­tie lié à notre sys­tème d’enseignement et même aux valeurs cultu­relles et à l’histoire de notre pays (bien sur­vo­lées dans “Une his­toire de France” d’Alain Minc qui fait remon­ter nos retards écono­miques à la révo­ca­tion de l’Edit de Nantes en 1685 )! Ces manques de réflexes “busi­ness” ampli­fient les déca­lages entre entre­pre­neurs et investisseurs.

L’intérêt de l’ouvrage est fina­le­ment de rap­pe­ler en creu les pré­cau­tions d’usage à prendre lorsque l’on fait appel au finan­ce­ment privé de fonds d’investissement en capi­tal risque comme : blin­der son pacte d’actionnaire, pro­té­ger sa pro­priété intel­lec­tuelle et éviter une trop grande dilu­tion de son capi­tal. J’évoque cer­tains de ces points dans le Guide sur l’accompagnement des star­tups high­tech que je pour­rai d’ailleurs mettre à jour de ce point de vue là.

Mais gar­dons la tête froide : les entre­pre­neurs ont besoin des busi­ness angels, des VCs, des FCPI, pour finan­cer leurs pro­jets. Sans comp­ter les aides publiques évidem­ment ! Aides qui com­pensent notam­ment la fai­blesse et la len­teur de notre mar­ché inté­rieur. Je m’explique : quand il fait appel à des inves­tis­seurs pri­vés, l’entrepreneur sou­haite éviter une trop grande dilu­tion de son capi­tal. Pour ce faire, il doit pou­voir vali­der sa société à au moins le double (en pre-money) des finan­ce­ments recher­chés (c’est expli­qué en détail dans mon guide). Sans finan­ce­ments publics et en s’en tenant au mar­ché fran­çais, la valo­ri­sa­tion de la société avec juste un proto d’un pro­duit serait bien trop faible. Le finan­ce­ment public d’amorçage per­met de créer le pro­duit et de com­men­cer à le vendre. Cela per­met d’augmenter la valeur de la société et de limi­ter la perte de contrôle au pre­mier inves­tis­se­ment dilu­tif privé. Aux USA, la taille du mar­ché inté­rieur et sa réac­ti­vité per­mettent de créer plus rapi­de­ment de la valeur, même avec peu de capi­tal, et ensuite de faire plus rapi­de­ment appel à du finan­ce­ment privé. L’intérêt des aides publiques à l’innovation n’est donc pas seule­ment de com­pen­ser les lacunes du finan­ce­ment privé, notam­ment des busi­ness angels, mais aussi de com­pen­ser la fai­blesse de notre mar­ché inté­rieur. Même des pays comme Israël qui sont connus pour le dyna­misme de leurs star­tups, pro­posent des finan­ce­ments publics d’amorçage signi­fi­ca­tifs à leurs startups !

Quant au fonc­tion­ne­ment même des FCPI et plus géné­ra­le­ment des VCs, reste à ima­gi­ner quelles régu­la­tions éven­tuelles mettre en place pour limi­ter les abus qui sont décrits par l’auteur du pamphlet…

A vous de réagir, his­toire de pas­ser à autre chose qu’Oséo:) .

Publié le 6 mars 2009 et mis à jour le 9 mars 2009 Post de | Economie, Entrepreneuriat, France, Innovation, Internet, Startups | 34145 lectures

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Les 83 commentaires et tweets sur “Faut-il se méfier des FCPI ?” :

  • [1] - Pierre Jol a écrit le 6 mars 2009 :

    …Vous faites bien de rap­pe­ler des prin­cipes impor­tants dans le finan­ce­ment des star­tups dont le rôle des inves­tis­seurs après la phase d’amorçage. Il ne fau­drait pas que les star­tups prennent peur vis à vis du capi­tal risque et des FCPI qui quand même ont bien sou­tenu les créa­teurs depuis 10 ans avec le label oseo.
    .…..Cepen­dant vous remet­tez le cou­vert à la fin de votre article avec le rôle du finan­ce­ment public pour l’amorçage pour avoir le temps de négo­cier au mieux (valo­ri­sa­tion) devant les inves­tis­seurs après la mise au point du pro­duit. Et donc on fait à nou­veau réfé­rence aux moyens d’oséo pour cette phase du tout début. Et on n’a tou­jours pas de réponses de la part des inté­res­sés, à savoir la direc­tion d’oséo.
    .…Le prêt par­ti­ci­pa­tif Amorce (PPA) n’est il pas des­tiné à finan­cer cela ? Vous connais­sez ce finan­ce­ment d’oséo ???.….
    http://www.oseo.fr/votre_projet/innovation/aides_et_financements/financements_bancaires/pret_participatif_d_amorcage
    L’entreprise doit avoir béné­fi­cié avant d’une aide à l’innovation d’oséo ou du concours de la recherche ou de tout autre aide à l’innovation de la région. C’est un prêt. Je n’en connais pas le taux. Mais il paraît qu’il per­met aussi de finan­cer le pro­gramme d’innovation.Peut être que c’est sélec­tif aussi comme solu­tion. Vous connaissez ??

  • [2] - Jean Dedieu a écrit le 6 mars 2009 :

    votre lec­ture du livre FCPI, Finan­ciers Com­plai­sants aux Pra­tiques Inavouables, et une lec­ture très tech­nique voire partisanne.Il sem­ble­rait que vous ne soyez pas d’accord avec l’auteur, c’est votre droit. Si j’en juge par vos pre­miers pro­pos, il vous semble être de la “bonne et saine ges­tion” de faire ce qui est décrit dans ce livre. Des faux en écriture,des aug­men­ta­tions de capi­tal sans com­mis­saire aux avan­tages particuliers,vous semblent des prin­cipes “sains et de bonne gestion”.Bravo !
    Allons, soyons un peu sérieux Monsieur!.quand bien même ces cas seraient extrêmes, ils ne se chiffrent plus sur les doigts d’une main, ni de deux, mais bien­tôt de dix! quan­tité négli­geable ? peut-être pour vous, mais vous n’avez mani­fes­te­ment pas vécu cette situa­tion de l’intérieur, ni eu un de vos amis proches qui se soit fait virer comme un mal­propre car il avait un trop grosse par du gâteau.
    plu­sieurs sui­cides recen­sés en rai­son de ces méthodes mal­hon­nêtes, cela ne vous suf­fit pas pour que vérité soit dite ? et encore, nous ne connais­sons pas encore toute la vérité sur ces affaires. par contre quo­ti­dien­ne­ment la liste des catas­trophes enfin révé­lées s’allonge.
    Vous faites une confu­sion fâcheuse Mon­sieur:
    les FCPI ne sont pas en cause. ce sont cer­tai­ne­ment de bons outils.Par contre les gens qui admi­nistrent cer­tains FCPI, et hélàs tou­jours les mêmes,commettent ce que loi ne per­met pas.
    pour un kilo d’oranges vous êtes en pré­ven­tive.
    pour une entre­prise .…conti­nuez donc.
    Non Mon­sieur, il n’est plus ques­tion de lais­ser de tels agis­se­ments per­du­rer.
    Non Mon­sieur il n’est pas ques­tion de jouer les robi­nets d’eau tiède face à de telles pra­tiques.
    car je suis prêt à parier en date d’aujourd’hui que d’ici à quelques semaines, vous serez sur­pris -et nous aussi- du nombre de per­sonnes spo­liées, volées et salies.

    au fait, j’oubliais… lais­sez tout de même un pu de valeur à l’idée, car lorsqu’ il n’y en aura plus, il n’y aura plus besoin non plus de capa­cité à trans­for­ma­tion commerciale.

    je suis déçu de cette prise de posi­tion qui témoigne d’une volonté d’ignorance que j’aurais envie de qua­li­fier de mal­saine à l’égard du phé­no­mène iventif.

    Au rique de vous déce­voir, Mon­sieur, j’affirme que les inven­teurs ne sont pas tous des pro­fes­seurs Nim­bus, ni des ânes ayant eu une vision lumi­neuse.
    Jus­te­ment c’est parce qu’il y a inven­tion que la mise sur orbite com­mer­ciale peut et doit exis­ter.
    ce que vous affir­mez me fait pen­ser à ces génies de la musique contem­po­raine qui savent tout et qui sont inca­pables de pro­duire un son cor­rect avec un ins­tru­ment, mais qui vous apprennent à défor­mer ce son pour le rendre “intel­li­gible” par la musique dite contemporaine.

  • [3] - Olivier Ezratty a écrit le 6 mars 2009 :

    @Jean : libre à vous de me faire dire ce que je n’ai pas écrit… ! Mais ne me mépre­nez pas. Je ne mets pas dans le même sac les per­sonnes qui uti­lisent des pro­cé­dés mal­hon­nêtes dans les FCPI et ceux qui sont réglos. Bien sûr, cer­taines pra­tiques que vous rap­pe­lez et qui sont citées dans le livre sont illé­gales. Mais d’autres qui sont aussi jugées scan­da­leuses par les entre­pre­neurs sont jus­ti­fiées d’un point de vue busi­ness et ne sont pas for­cé­ment mal­hon­nêtes ou illé­gales dans leur mise en oeuvre.

    Je connais des cas pré­cis de star­tups qui se sont fait avoir par des FCPIs. Mais aussi des cas où le ren­voi du diri­geant était jus­ti­fié. Et une majo­rité de cas où la rela­tion s’est bien déroulée.

    Sup­po­sons qu’il y ait entre 10 et 20 cas extrêmes comme vous le sou­li­gnez. C’est à com­pa­rer à 600 pro­jets finan­cés par an. Je ne sais pas dire si 3% de mal­hon­nêtes dans une pro­fes­sion est élevé ou pas. Mais cela fait 97% de cas “nor­maux” tout de même. Tout ceci n’ayant aucune valeur sta­tis­tique au demeu­rant, faute d’étude pré­cise. J’espère comme vous que si il y a eu spo­lia­tion et vio­la­tion de la loi, les entre­pre­neurs lésés obtien­dront répa­ra­tion en jus­tice (ça pren­dra cer­tai­ne­ment du temps, malheureusement).

    Mais ne trans­for­mons donc pas l’existence de per­sonnes mal­hon­nêtes dans ce métier en une condam­na­tion du métier. C’est le risque dans ce genre de dénon­cia­tion. Dans tous les métiers, mal­heu­reu­se­ment, nous avons des gens mal­hon­nêtes. Même dans ceux qui sont cen­sés créer, repré­sen­ter ou faire appli­quer la loi !

    Sinon, pour ce qui est de la valeur rela­tive (et pas abso­lue !) des idées com­pa­rée à la capa­cité d’exécution, je main­tiens mon pro­pos basé sur l’observation d’un nombre incal­cu­lable de pro­jets. Tout du moins dans l’industrie du numé­rique. Sans comp­ter le fac­teur chance et les cir­cons­tances qui condi­tionnent aussi pas mal les succès.

    Et sur la forme, s’il vous plait, débat­tons sans invective !

  • [4] - Jean Dedieu a écrit le 7 mars 2009 :

    @ Oli­vier, natu­rel­le­ment nous sommes ten­tés de tom­ber dans le piège de la polé­mique!
    je tiens moi aussi le pari que dans moins d’un mois nous aurons connais­sance de plus de 10% des cas. nous en repar­le­rons le moment voulu.
    au delà de cette guerre des chiffres, il est incon­ce­vable d’accepter une seule idée de tri­che­rie et de mal­ver­sa­tion. de quel côté qu’elle fût. Si un fon­da­teur a com­mis l’irréparable, qu’il en porte les consé­quences.
    Il n’est pas ques­tion de condam­ner ni le métier ni les outils, il est ques­tion de condam­ner les gens qui ne res­pectent pas la règle du jeu qui s’appelle la loi, sim­ple­ment la loi.
    voulez-vous que nous fas­sions une enquète natio­nale, et connaître enfin le chiffre exact de start up qui se sont fait avoir avec le ratio d’emprise ? qui doit stric­te­ment ne pas dépas­ser 35%
    et en ce cas bien pré­cis, les fonds sérieux res­pectent ce ration, mais le fonds qui ne le sont pas uti­lisent une astuce pour contour­ner la loi en toute impu­nité :
    je ne vous appren­drai pas qu’un fonds n’est ni une per­sonne phy­sique ni une per­sonne morale, c’est sim­ple­ment une ligne bud­gé­taire dans une société de ges­tion.
    alors, dis­po­sant de 10 lignes par exemple, ils dis­posent de 10 fonds, et mal­gré le fait qu’ils portent tous des noms dif­fér­nets - inno­va­tion 1, inno­va­tion 2, etc.…chaque fonds porte le nom royal de véhi­cule d’investissement, mais ces véhi­cules sont bien gérés PAR LES MEMES !!
    et lorsqu’une Société de Ges­tion arrive à prendre 70 % d’une société en uti­li­sant cet arti­fice stric­te­ment inter­dit mais jamais dénoncé et jamais contrôlé, com­ment cela s’appelle t’il ?
    et c’est ce nombre d’abus, illé­gaux qu’il faut connaître.
    Ils ont encore d’autrres ficelles et nous allons les dénon­cer l’une après l’autre car ce n’est pas de la polé­mique, c’est du ren­sei­gne­ment, de l’information.
    et là encore cher Oli­vier, nous aurions des sur­prises à conaître la vérité !!!
    pour­quoi, ces lignes bud­gé­taires que sont les FCPI ne sont elles pas tenues de publier leur comp­ta­bi­lité ??
    j’aurai encore quelques autres remarques à formuler.notamment sur le fait que les jeunes entre­pre­neurs de doivent pas avoir peur, ni man­quer de cou­rage car nous allons sans tar­der leur four­nir un clas­se­ment des fonds, avec moultes preuves à la clé, bien phy­siques bien tan­gibles quant aux com­por­te­ment nor­maux et loyaux des uns mais aussi des gens qu’ils ne faut pas qu’ils frquentent sous peine d’y perdre leur che­mise et hélàs comme certins,peut-être leur vie.Et, au pas­sage, si l’action de la hol­ding mère en prend un coup, ce ne sera que jus­tice.
    je vous remer­cie d’avoir publié ce com­mu­ni­qué car au delà de réfé­rences que l’on pour­rait taxer de per­son­nelles, il per­met à des vieux comme moi de rem­plir une mis­sion inat­ten­due de pré­cau­tion.
    c’est peut être le pri­vi­lège de l’âge que de jouer le Saint Ber­nard pour les jeunes pousses n’est ce pas ?

  • [5] - Olivier Ezratty a écrit le 7 mars 2009 :

    J’applaudis des deux mains l’évolution vers une plus grande trans­pa­rence sur les métiers qui ne le sont pas assez.

    Si effec­ti­ve­ment, vous arri­vez à publier - sans risque juri­dique - des infor­ma­tions pré­cises sur le fonc­tion­ne­ment des FCPI, un clas­se­ment, etc, vous aurez effec­ti­ve­ment accom­pli une oeuvre de salut public aidant bien les jeunes entrepreneurs.

    Ceci étant, il est déjà dif­fi­cile d’avoir une simple liste des star­tups en France, même finan­cées par des fonds d’investissement. Alors, l’enquête sur les ratios d’emprise, pour­quoi pas. Mais dans ce monde opaque où les socié­tés non cotées ne publient presque jamais leurs résul­tats, la tâche sera plus qu’ardue !

    Au USA, c’est plus simple. Cf la Crunch­Base, dont l’équivalent reste à créer chez nous.

    Au pas­sage, il serait inté­res­sant de com­prendre si et com­ment la crise actuelle modi­fie les com­por­te­ments des FCPI “voyoux” que vous dénoncez.

  • [6] - Jean Dedieu a écrit le 7 mars 2009 :

    Oli­vier,
    nous sommes aujourd’hui déter­mi­nés à faire en sorte q’un seul élément régisse toutes ces recherches, toutes ces infor­ma­tions : la vérité.
    avec preuves à l’appui.
    il n’est pas ques­tion d’affirmer l’exemple que j’ai donné dans ma pré­cé­dente com­mu­ni­ca­tion sans avoir les preuves en mains des assem­blées géné­rales d’augmentation de capi­tal sans convo­ca­tion ni rap­port du com­mis­saire aux avan­tages par­ti­cu­liers, ce qui est for­mel­le­ment inter­dit.
    ce sont des faits, établis, et bien réels.
    et là, les diri­geants ne sont peut-être pas armés pour détec­ter ou pré­voir toutes ces obli­ga­tions de for­ma­li­tés. d’autant que dans la plu­part des cas ce sont les conseils des fonds qui rédigent les docu­ments
    là encore il y a beau­coup à dire.
    alors com­ment cela peut-il arri­ver ?
    une fois, dans une société, certes ! je l’admets.
    quoi que …
    mais que cette tac­tique fasse par­tie de ce que j’appelle désor­mais la modé­li­sa­tion de la métho­do­lo­gie du kid­nap­ping d’entreprise, je ne suis plus OK.
    il y a un excellent site aux states qui vous donne le clas­se­ment des fonds, avec une note résul­tant des apré­cia­tions des expé­riences des uns et des autres avec trans­mis­sion de preuves de faits avé­rés.
    cela a consi­dé­ra­ble­ment net­toyé le pay­sage.
    les gens sérieux n’ont eu qu’à se féli­ci­ter et les autres se sont fait tous petits avec bon nombre de pro­cès qui curieu­se­ment n’ont pas trainé. aux states cela va très vite dans le domaine.
    Je ne peux pas encore répondre sérieu­se­ment à votre der­nier para­graphe, mais j’en prends bonne note afin de faire remon­ter les infor­ma­tions.
    J’en pro­fite poçur vous deman­der d’excuser les quelques fautes de frappe que je découvre en reli­sant mais trop tard! je fais par­tie de la géné­ra­tion de ceux qui ont appris à écrire avec une plume sergent-major et pas un cla­vier de PC.
    (il s’agit bien du ratio et pas de la ration)mais vous aviez bien sûr compris.

  • [7] - jequeffelec a écrit le 7 mars 2009 :

    Cette ini­tia­tive, tant par le fond que la forme, risque fort d’avoir l’effet inverse de celui affi­ché d’aider les entrepreneurs:

    A/sur la forme:
    cela res­semble fort a un régle­ment de compte d’entrepreneurs désenchantés;écrire avec autant de véhé­mence , un livre 100% à charge de la sorte revient a jeter le bébé avec l’eau du bain.
    De plus, pour­quoi res­ter dans l’anonymat? De quoi les auteurs ont ils peur puisqu’ils pre­tendent pou­voir docu­men­ter leurs dénon­cia­tions? Un pam­plet tra­di­tion­nel­le­ment uti­lise l’humour comme arme; la ran­coeur trans­pire tel­le­ment ces 48 pages que ce n’est meme pas drole.

    B/sur le fond, il y a quand meme des graves omis­sions (volon­taires ou pas) et erreur d’appréciations qui sont génantes:

    -Les FCPI sont des outils, pas des enti­tés juri­diques; faire le proces des FCPI, c’est faire le proces des cou­teaux de cui­sine ou de la voiture.

    -Pour­quoi une telle foca­li­sa­tion sur les FCPI? les dérives dénon­cées sont les memes pour les VC/Biz Angles, ban­quiers, finan­ciers et de maniere gene­rale a toute autres per­sonnes phy­siques ou morales impli­qués dans les opé­ra­tions de haut de bilan.

    -Les ges­tion­naires de FCPI sont sur­tout des spé­cia­listes de la finance des PME, rare­ment des experts sec­to­riels et encore moins ayant des vel­lei­tés indus­trielles. Lorsqu’elles pro­cedent a une aug­men­ta­tionde capi­tal qui leur fait dépas­ser leur tx d’emprise légal, c’est parce que la PME va mal ; la plu­part des ges­tion­naires ne demandent qu’a res­ter mino­ri­taire et accom­pa­gna­teur et n’ont pas pour voca­tion de gerer direc­te­ment ou indi­rec­te­ment la PME.

    -Effec­ti­ve­ment quand les choses vont mal, la nature humaine reprend le des­sus avec ses exces que tout lemonde connait.

    Après ces accu­sa­tions ano­nymes sur des socié­tés et indi­vi­dus iso­lés et non cités, j’espere voir une phase plus construc­tive avec des vraies pro­po­si­tions. Un ami entre­pre­neur amé­ri­cain m’a parlé d’une site web, autre que la base tech­crunch, ou les entre­pre­neurs notaient les VCs et finan­ciers avec les­quels ils fai­saient des affaires.
    Evi­de­ment, ce site pour lequel j’espere que des lec­teurs de ce blogs pour­ront don­ner les coor­don­nées, etait public , tous les com­men­taires et les socié­tés indi­quées etaient tous clai­re­ment men­tion­nés. Dans ce genre d’excercice , l’anonymat n’est pas la meilleure arme.

    Jean Eudes Quef­fé­lec
    Entre­pre­neur, qui s’est pris aussi des belles gamelles avec des inves­tis­seurs financiers,mais pas pour autant adepte du “tous pourri”

  • [8] - bsi a écrit le 7 mars 2009 :

    Cher Jean-Eudes,

    Vous aurez la confir­ma­tion de votre point A en regar­dant qui est le pro­prié­taire de l’URL du site qui publie le livre.

    J’avais vu un repor­tage il y a quelques années sur cette affaire où un expert en PI dénon­çait ce qu’Olivier men­tionne au début (cer­tains entre­pre­neurs sont des bons inven­teurs mais peu aptes à gérer le déve­lop­pe­ment ou a crois­sance de la société…).

    Je suis assez d’accord avec vous, il y a sûre­ment de mau­vaises pra­tiques. Mais de là à géné­ra­li­ser à l’ensemble de la pro­fes­sion des finan­ciers (qui dans le milieu du ven­ture sont sou­vent des entre­pre­neurs deve­nus financiers).

    Ber­trand
    Jeune entre­pre­neur en herbe qui n’a pas peur des finan­ciers mais qui fera appel à eux le plus tard possible;

  • [9] - Olivier Ezratty a écrit le 7 mars 2009 :

    A noter que cet entre­pre­neur n’intervient pas du tout dans le sec­teur du numé­rique (il s’agit de la santé). Et qu’il est situé dans le pays basque.

    Dans son his­toire, l’entrepreneur a été en rela­tion avec le VC sans leveur de fond, une pra­tique cou­rante dans le sec­teur high­tech. Le leveur est un pres­ta­taire de ser­vice qui joue un rôle d’intermédiaire et de conseil per­met­tant de sécu­ri­ser une levée de fonds cor­recte dans des termes (le pacte d’actionnaire) qui ne lèse pas l’entrepreneur. Il y a pro­ba­ble­ment d’autres bouts de l’histoire qui manquent puisque l’on n’a pas le son de cloche du fond d’investissement, son qui doit pas­ser dans le cadre d’une pro­cé­dure judi­ciaire visi­ble­ment encore en cours.

    L’histoire est en tout cas pleine de bizar­re­ries à com­men­cer par l’l’inexplicable ces­sion par LBMA, la boite en ques­tion, de sa pro­priété intel­lec­tuelle (on sup­pose que c’est au fond d’investissement). Ce qui est tout bon­ne­ment incroyable. Mais s’explique peut-être par la situa­tion de ces­sa­tion de paie­ment de LBMA au moment de la levée de fond.

    Cela fait pen­ser à la tech­nique de l’accordéon. Cf http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=19929 qui évoque un autre cas, aussi dans le sec­teur de la santé.

  • [10] - Pierre Jol a écrit le 7 mars 2009 :

    …Si l’on tente de prendre un peu de recul, tout ce qui se dit sur ce blog depuis plu­sieurs semaines, confirme l’extrême fra­gi­lité des star­tups du numé­rique ou de la santé (bio­techs)… fra­gi­lité encore plus extrême dans ce contexte de crise. Car les dif­fi­cul­tés des star­tups comme des PME plus clas­siques vont s’accroître. Ces entre­prises doivent aussi trou­ver leur mar­ché et ce der­nier se dérobe un peu sous leurs pieds. Sans comp­ter que cer­taines de ces entre­prises détiennent des tech­no­lo­gies stra­té­giques pour le plus long terme. Le FSI ne sau­vera que les plus impor­tantes d’entre elles. Un cadre juri­dique “public” serait utile pour aider ces star­tups à se défendre. Notam­ment si elles sont aidées en amont par l’Etat fran­çais et l’occurrence le contri­buable. Tout ceci doit aussi être relié avec les stra­té­gies d’intelligence écono­mique
    http://www.intelligence-economique.gouv.fr/rubrique.php3?id_rubrique=13
    Enfin, si oséo garan­tit les pertes éven­tuelles du FCPI, il fau­drait faire ces­ser les tac­tiques mal­hon­nêtes de cer­tains pour valo­ri­ser les star­tups au détri­ment de leurs fondateurs…

  • [11] - Pierre Jol a écrit le 7 mars 2009 :

    J’ai consulté la video de M. Hem­mery, vic­time d’une arnaque. Sa PME (Pays Basque) était à capi­taux fami­liaux, puis un FCPI est entré dans son capi­tal. Le per­son­nel a été licen­cié (sauf 1 personne)…etc. M. Hem­mery aussi a été licen­cié et il a l’impression d’avoir été spo­lié (pillé)… Il indique cepen­dant qu’il ne faut pas prendre sa désa­ven­ture pour une géné­ra­lité. Ils sont 17 entre­pre­neurs dans son cas d’après lui. Le capi­tal risque pour l’innovation en France fonc­tionne bien. Sim­ple­ment, il faut que l’entrepreneur sache se défendre avec son propre cabi­net juri­dique pour éviter de se faire avoir. Atten­tion à ce que vous signez !!!
    http://www.dailymotion.com/video/x4w4lc_pascal-hemmery_webcam
    Peut être que le FCPI men­tionné pourra don­ner des expli­ca­tions, après le pro­cès. Il ne faut pas lui jeter la pierre tout de suite.

    Est il vrai, comme l’indique M. Hem­mery, que le FCPI ne peut pas prendre la majo­rité dans le capi­tal et que c’est hors la loi ?

    On connaît des cas d’entrepreneurs cher­cheurs qui ont été rem­pla­cés par des “finan­ciers” à la tête de leur entre­prise pour gérer la crois­sance, le cher­cheur demeu­rant cepen­dant res­pon­sable des la RD de la boîte. Par­fois cela marche très bien avec une com­plé­men­ta­rité. Par­fois, cela vire au cau­che­mar. Ces 2 der­nières années ont été sans doute des années de folie du fric à tout prix.… On en connaît l’issue aujourd’hui, avec la crise. Il est temps de rede­ve­nir ETHIQUE dans tous les domaines… y com­pris dans celui ci.

  • [12] - startuper a écrit le 8 mars 2009 :

    @OlivierEzratty : en trois nuances, vous avez magis­tra­le­ment résumé la méfiance, le malaise et l’équivoque ;-)
    1) Le FCPI pour­suit une mis­sion incom­pa­tible avec l’objectif à moyen terme de l’entrepreneur : il veut faire x10 rapi­de­ment et n’hésite guère à trans­for­mer le BP de l’entrepreneur pour ser­vir ses inté­rêts. C’est assez per­vers : il vend de la défisc ISF, béné­fi­cie de l’image de la start up inno­vante, roule pour le compte de sa société (mère) de ges­tion, prend le contrôle de tous les organes de direc­tion pour y par­ve­nir et est cou­vert par une garan­tie en cas d’échec ! Tout est donc per­mis, y com­pris la liqui­da­tion orga­ni­sée et la récu­pé­ra­tion de bre­vets à moindre coût. Triste morale que celle du lar­ron pré­ci­pité par l’occasion qu’il pro­cure.
    2) Les vieux pré­ju­gés inventeurs-entrepreneurs sont tenaces… Si les HEC / ESCP contri­buaient en masse à la créa­tion d’entreprise cela se sau­rait. La plu­part conseillent aima­ble­ment, mais très peu sont acteurs de l’innovation. En revanche, nous pos­sé­dons un vivier de cher­cheurs, de jeunes ingé­nieurs inven­tifs et brillants qui n’hésitent pas à pas­ser la porte des incu­ba­teurs. Leur par­cours est admi­rable. Pen­dant plu­sieurs années, ils passent 60 h par semaine à déve­lop­per ces pro­jets et leur don­ner vie. Ceux-là ont l’entreprise dans l’âme. Le pré­texte de la capa­cité opé­ra­tion­nelle est le lieu com­mun des mau­vais finan­ciers. Aux US, on les encadre, on les forme et on mise avant tout sur leur capa­cité à déve­lop­per l’innovation. Allez deman­der à Brin et Page, quand ils ont lancé Google, quelle était leur stra­té­gie finan­cière ? ! ! Ne nous trom­pons pas de cur­seur.
    3) Sur le contenu du livre, c’est à un point stu­pé­fiant qu’il serait dan­ge­reux de géné­ra­li­ser comme vous le sou­li­gnez. Mais le seul fait que ces pra­tiques fussent expo­sées invite à les décor­ti­quer sérieu­se­ment. Il serait inac­cep­table de consta­ter leur exis­tence sans appe­ler à leur sanc­tion. Sou­hai­tons qu’une enquête soit rapi­de­ment déclen­chée : c’est le mini­mum, vu le niveau de ce réqui­si­toire. La pro­fes­sion a tout à y gagner.
    4) Je vous vous rejoins sur l’idée d’un finan­ce­ment public d’amorçage, pour­quoi pas. S’il pou­vait offrir un bou­clier contre les dérives pré-citées, sou­te­nir les pre­miers pas de l’entreprise sur un mar­ché plu­tôt que la contraindre à mal diluer son capi­tal pour deve­nir une proie, le binôme innovateur-financier aspi­re­rait sans doute à par­ta­ger meilleur fruit. Mais des dogmes devront tom­ber - la période est plu­tôt faste ;-)

  • [13] - macha a écrit le 8 mars 2009 :

    Emploi des jeunes et créa­tions d’entreprises. Face au chô­mage, nombre de jeunes diplô­més tente l’aventure. Résul­tat : ils n’ont pas les moyens pour le faire. Que faut il ? Aug­men­ter les charges pour payer le chô­mage des jeunes diplô­més ? Ou aug­men­ter l’apport de l’Etat pour faci­li­ter la créa­tion d’entreprise ? La géné­ra­tion soixante hui­tarde qui a de bonnes retraites ou qui dis­pose d’un patri­moine (ISF), doit rever­ser cette argent (busi­ness angels) sous une forme ou une autre, par la redis­tri­bu­tion ou la soli­da­rité. Nos impôts doivent ser­vir à favo­ri­ser l’entrepreneuriat et l’innovation. Enfin, il y a l’incubation et les pépi­nières. Le coût d’installation, le coût des bureaux… Bref, il faut dimi­nuer les frais, contrô­ler et cas­ser la spé­cu­la­tion immo­bi­lière qui freine tout, qui fait qu’un salaire de 1 500 euros ne per­met pas de vivre et qui du coup péna­lise aussi celui qui embauche et qui sou­haite maî­tri­ser sa masse sala­riale. Enfin, il faut éviter que le tra­vail et l’entrepreneuriat ne pro­fite qu’aux jeunes des couches sociales aisées qui bien­sûr peuvent les pre­miers se pas­ser des aides de l’Etat et qui pour­tant sont les mieux pla­cés (réseaux, coup de pouce de papa…) pour en pro­fi­ter et font en sorte d’en béné­fi­cier les pre­miers. Ce mes­sage s’adresse aux ultra­li­bé­raux qui conti­nuent, mal­gré la crise, à sabrer le rôle de l’Etat. La dette que les jeunes devront payer plus tard est celle de la folie du milieu finan­cier, des spé­cu­la­teurs.., pas celle des plus pauvres. Et quand je vois en plus, que des fonds d’investissement pille les idées des créa­teurs, s’en est trop.
    Mme Sabine Herold, qui inter­vient ce soir sur Ripostes sur France 5, qui repré­sente le parti d’une nou­velle alter­na­tive libé­rale, est aussi sala­riée chez Chaus­son Finance (spé­cia­liste de la levée de fonds pour les PME inno­vantes). Elle sou­haite ban­nir les charges sociales qui affectent le mar­ché du tra­vail. Elle sou­haite réduire le rôle de l’Etat. Il serait inter­es­sant de savoir ce qu’elle pense de tout ceci et de la situa­tion des star­tups et de leur finan­ce­ment (y com­pris par le capi­tal risque). Cela doit être para­doxal dans sa tête.
    http://www.viadeo.com/fr/profile/sabine.filliasherold

  • [14] - Olivier Ezratty a écrit le 8 mars 2009 :

    @startuper : digres­sions et nuances…

    Sur le pre­mier point, le déca­lage entre le cycle du VC et celui de l’entrepreneur n’est pas si élevé que cela dans le numé­rique, et en par­ti­cu­lier dans l’Internet où les suc­cès (ou les échecs) se construisent assez vite. Il en va dif­fé­rem­ment dans des indus­tries plus tra­di­tion­nelles et même dans la santé où les risques sont plus élevés, et le retour sur inves­tis­se­ment beau­coup plus lointain.

    Sur votre second point concer­nant les inven­teurs et entre­pre­neurs, ce qui m’a sur­pris dans la Sili­con Val­ley, c’est qu’on y trouve des inventeurs-entrepreneurs ou des ingénieurs-entrepreneurs, mais effec­ti­ve­ment pas plus d’entrepreneurs qui viennent de busi­ness schools qu’en France. La dif­fé­rence cultu­relle des USA vs la France créé cepen­dant un avan­tage pour les entre­pre­neurs US à pro­fil tech­nique: leur éduca­tion leur a donné plus confiance en eux-mêmes, ils savent bien s’exprimer en public, com­mu­ni­quer, et vendre (au sens: pro­mou­voir). Ils ont aussi une meilleure culture écono­mique en géné­ral. Donc, d’accord avec vous : il faut mieux for­mer nos ingé­nieurs, uni­ver­si­taires et cher­cheurs à ces dif­fé­rentes dimen­sions: écono­mie, entre­pre­neu­riat, mar­ke­ting et com­mu­ni­ca­tion. De nom­breuses écoles d’ingénieur ont une filière d’entreprenariat et même un incu­ba­teur. Les uni­ver­si­tés scien­ti­fiques ont du che­min à rat­tra­per dans ce domaine.

    Sinon, au delà des moyens de finan­ce­ments, les suc­cès amé­ri­cains sont très liés à la taille et au dyna­misme de leur mar­ché inté­rieur (tout du moins, hors crise…). D’où la néces­sité pour nos entre­pre­neurs fran­çais d’attaquer rapi­de­ment le mar­ché US s’ils veulent réus­sir à l’échelle mon­diale. C’est un mal néces­saire (mal au sens: aller créer des emplois aux US au lieu de les créer tous en France, etc).

    Sur le point 3), je pense que les cas rela­tés dans le livre sont à la fois scan­da­leux mais extrêmes et rares (grève de la faim…). Sur­tout dans l’IT.

    @Macha : il y a beau­coup de yaka­fau­con dans vos pro­po­si­tions ou celles de Sabine Herold que vous men­tion­nez. Ban­nir les charges sociales ? Mais com­ment finan­cer alors la pro­tec­tion sociale (plus de 500 mil­liards d’Euro par an) ? En aug­men­tant les impôts sur le revenu ? La TVA ? La CSG/RDS (ce qui serait neutre pour les reve­nus sala­riés, mais pas pour ceux du capi­tal) ? Plus facile à récla­mer qu’à faire. Ou alors, ban­nir les charges juste pour les star­tups au même titre que les res­tau­ra­teurs demandent une TVA à 5%. Ca fait assez caté­go­riel comme reven­di­ca­tion. Et puis, pour la R&D, c’est qua­si­ment déjà le cas. Nous avons déjà en France un sys­tème où le coût de la R&D est le plus sub­ven­tionné au monde (en % du coût réel). Par contre, il serait inté­res­sant de creu­ser des pistes sur les couches défa­vo­ri­sées et les “ban­lieues”. Il faut, au moins avec quelques exemples, mon­trer que la puis­sance publique peut aider de jeunes entre­pre­neurs issus de ces milieux puissent réus­sir. Le suc­cès entraine ensuite l’envie et d’autres suc­cès dans une spi­rale posi­tive. Well, dans un monde bien orchestré…

  • [15] - macha a écrit le 8 mars 2009 :

    M. Ezratty, vous avez été sala­rié de Microsoft ?

    Que pen­sez vous des ini­tia­tives de ce groupe amé­ri­cain pour exploi­ter au mieux les idées de nos star­tups fran­çaises ? Micro­soft a signé le Pacte PME
    http://www.pactepme.org/grand-compte/2012/microsoft-france

    Je trouve dan­ge­reux cette encer­cle­ment de la finance et du grand capi­tal (grandes entre­prises) autour des star­tups fran­çaises. Etes vous de mon avis ? Rien ne peut se faire sans eux. Et j’apprends qu’en plus les grands groupes vont aider les PME à expor­ter avec Pacte PME International.

    N’est il donc pas pos­sible de se déve­lop­per avec une plus grande auto­no­mie grâce au sou­tien de l’Etat ? Je trou­ve­rais cela plus “répu­bli­cain”… Plu­tôt que de tout faire repo­ser sur le finan­ce­ment privé et les grands groupes…

  • [16] - Julien (microsoft) a écrit le 8 mars 2009 :

    Macha,
    micro­soft ne prend jamais de par­ti­ci­pa­tions dans les star­tups sou­te­nues par ses ini­tia­tives comme IDEES ou BizSpark.

    Signer le pacte PME, c est un enga­ge­ment a effec­tuer plus d’achats aupres des PMEs francaises.

    Un exer­cice ou Micro­soft figure a la 5eme place du clas­se­ment pour la france, devant bien des grands groupes ‘franco-francais’.

  • [17] - Olivier Ezratty a écrit le 8 mars 2009 :

    @Macha : Micro­soft a en effet la par­ti­cu­la­rité d’avoir été l’une des pre­mières entre­prises de tech­no­lo­gies à mettre en place un pro­gramme d’aide aux star­tups fran­çaises. Il a heu­reu­se­ment été suivi d’initiatives équi­va­lentes de groupes fran­çais tels que Bouygues Tele­com et SFR. Mais aussi de l’américain Sun Micro­sys­tems. La fai­blesse rela­tive des groupes fran­çais du sec­teur s’explique en par­tie par la fai­blesse indus­trielle du pays dans le sec­teur des TIC. Seuls les opé­ra­teurs télé­coms aident vrai­ment les star­tups aujourd’hui (FT a été l’un des pre­miers avec son fonds d’investissement Inno­va­com). Dans les TIC, une majo­rité d’acquisitions de star­tups sont faites par les socié­tés étran­gères: comme Kel­koo acquis par Yahoo en 2004, ILOG acquis en 2008 par IBM ou Busi­ness Objects, acquis par SAP en 2007. Ces deux éditeurs de logi­ciels étaient dans le TOP 10 fran­çais. Com­pa­ra­ti­ve­ment, Micro­soft a acquis trois éditeurs fran­çais en tout et pour tout, et depuis 2006, et de petite taille (moins de 20 employés pour deux d’entre eux, et moins de 100 pour le troi­sième). Contrai­re­ment aux frayeurs de cer­tains acteurs fran­çais, Micro­soft n’a donc pas ponc­tionné la valeur tech­no­lo­gique fran­çaise. Pas même non plus avec son labo­ra­toire de recherche conjoint avec l’INRIA qui par­ta­gera les tra­vaux générés.

    Comme nos grands acteurs indus­triels locaux ne sont pas bien en forme (Alca­tel, Thom­son, Sagem/Safran), l’élément clé de stra­té­gie pour le pays, c’est d’encourager nos star­tups et PME à deve­nir rapi­de­ment mon­diales et à s’établir aux USA (au moins avec un bureau com­mer­cial). C’est indis­pen­sable pour atteindre la taille cri­tique. C’est donc aussi impor­tant - si ce n’est plus - que de sou­te­nir finan­ciè­re­ment la R&D qui à mon sens est trop prio­ri­taire en France. C’est le rôle d’Ubifrance et de cer­taines aides Oséo à l’exportation, et l’objectif des Mis­sions Eco­no­miques situées dans les Ambas­sades de France, qui sont rela­ti­ve­ment mécon­nues. On parle aussi de fonds d’investissements sou­ve­rains, mais la France a du mal à en consti­tuer faute d’excédents bud­gé­taires ou commerciaux.

    Mais tout cela n’est pas “répu­bli­cain” au sens de la démo­cra­tie. Ne mélan­geons pas les concepts !
    C’est du capi­ta­lisme et de la concur­rence mon­diale accom­pa­gnés par les états. Cela per­met de créer ou pro­té­ger des emplois. C’est pro­sai­que­ment écono­mique plus que républicain !

    Pour ma part, après avoir long­temps tra­vaillé pour une entre­prise amé­ri­caine et y avoir beau­coup appris, je suis content de mettre ce savoir - et ce que j’ai appris après - au ser­vice d’entreprise fran­çaises et de les aider à jus­te­ment se déve­lop­per aussi rapi­de­ment que pos­sible. D’où l’existence de ce blog et des docu­ments que vous pou­vez y trou­ver qui faci­litent la veille indus­trielle (mes rap­ports de visite du CES de Las Vegas, des comptes ren­dus d’événements et de voyages) ou l’entrepreneuriat (le guide sur l’accompagnement des star­tups, des pro­po­si­tions pour le gou­ver­ne­ment dans le domaine).

  • [18] - macha a écrit le 9 mars 2009 :

    Vous citez Ilog. Oui quel dom­mage… Ils avaient été bien aidés par l’Etat eux aussi… Le sec­teur des TIC n’est pas un mar­ché euro­péen, mais amé­ri­cain. Le seul sec­teur où nos entre­prises peuvent avoir le lea­der­ship, c’est dans l’énergie et l’environnement ainsi que dans l’agroalimentaire. Pour le reste, on a des idées, mais on n’a pas le mar­ché pour les exploi­ter. C’est ce type de pro­blème qui fait aussi sans doute que l’Etat réflé­chi là où il met l’argent du contri­buable : cet argent doit être direc­te­ment utile à l’emploi et aux entre­prises sur le ter­ri­toire fran­çais. Pour les aides euro­péennes, le ter­ri­toire c’est l’Europe, en fonc­tion de ce que chaque Etat met.

    Deve­nir rapi­de­ment mon­diale et s’établir aux USA ??? Et puis quoi encore ?

    Nos grands groupes euro­péens sont mal en point ? Ceux amé­ri­cains aussi… Pro­fi­tons en pour que nou­velles entre­prises émergent et sur­tout chez NOUS.

  • [19] - herve a écrit le 9 mars 2009 :

    Quelques réac­tions sur ces échanges pas­sion­nants:
    - j’ai passé 6 ans dans un fonds de capi­tal risque dont je peux par­ler avec d’autant plus de liberté que je l’ai quitté en 2003. Pas une seule fois, je n’ai vécu l’expérience de pra­tiques dou­teuses ou frau­du­leuses. Cela n’a pas valeur sta­tis­tique, mais si j’ajoute aux inves­tis­se­ments, les mil­liers de Busi­ness Plans reçus et ana­ly­sés, cela fait déjà pas mal.
    - il y a un pro­blème fon­da­men­tal dans la high-tech: l’asymétrie de l’information et de la situa­tion. Fon­da­men­ta­le­ment l’entrepreneur et l’investisseur n’ont pas la même connais­sance du pro­jet et n’ont en effet pas tout à fait les mêmes inté­rêts même si a priori ils cherchent tous à créer de la valeur. N’oubliez pas que le taux de suc­cès des start-up est extrê­me­ment faible…
    - la Sili­con Val­ley, j’en parle très lon­gue­ment dans mon livre “start-up”, est dif­fé­rente de l’Europe pour de mul­tiples rai­sons. Oli­vier men­tionne à rai­son la taille du mar­ché amé­ri­cain, la plus grande sen­si­bi­lité aux (voire connais­sance des) affaires. J’aimerais ajou­ter tout sim­ple­ment l’effet séduc­teur: tous mes “class­mates” dans la Val­ley pen­saient et même rêvaient start-up. Quand je vois la situa­tion en 2009 dans les écoles d’ingénieur, on est encore loin du compte. Cela crée évidem­ment une masse cri­tique consi­dé­rable aux USA, que nous n’avons pas ici et de plus notre culture n’est pas très favo­rable à l’esprit start-up.

    Pour ter­mi­ner, je crois qu’il y a des bre­bis galeuses dans tous les métiers et quand il y a de l’argent sans doute plus encore. Il y a des cher­cheurs mal­hon­nêtes (peu), des entre­prises et des finan­ciers mal­hon­nêtes. je ne crois pas et j’espère ne pas me tromper

  • [20] - Olivier Ezratty a écrit le 9 mars 2009 :

    Macha, deve­nir inter­na­tio­nal et s’implanter aux USA ne signi­fie pas aban­don­ner nos emplois en France, au contraire. Il vaut mieux avoir une boite de 3000 per­sonnes dont un tiers aux USA et un tiers en France dans la R&D qu’une boite fran­çaise de 50 per­sonnes non ? Car ensuite, cela per­met d’exporter et d’améliorer notre balance com­mer­ciale et de créer des emplois en volume en France.

    Les grands suc­cès fran­çais de l’IT sont jus­te­ment ceux qui se sont implan­tés rapi­de­ment aux USA : Das­sault Sys­tème a eu Boeing comme client bien avant Air­bus, Busi­ness Objects s’est implanté dans la Sili­con Val­ley 18 mois après sa créa­tion, ILOG a une grosse implan­ta­tion aux USA, L’Oréal est sérieu­se­ment implanté au Japon et a une filiale US (May­bel­line), etc. A contra­rio, Bull a tou­jours été faible aux USA (et faible dans plein d’autres domaines) en se sen­tant trop long­temps pro­tégé par le mar­ché fran­çais, à défaut d’Européen.

    Dans l’IT, il faut avoir des stra­té­gies mon­diales car c’est le seul moyen d’obtenir de bonnes écono­miques d’échelle (sur­tout dans le logi­ciel et l’Internet, mais aussi dans les com­po­sants), d’influencer le mar­ché, etc. Eco­no­mies d’échelle veut dire plus grandes marges et capa­ci­tés d’investissement et de crois­sance, et aussi d’acquisition de star­tups, notam­ment fran­çaises. La chaine ali­men­taire des star­tups fran­çaise est rom­pue car jus­te­ment, il n’y a pas assez de groupes fran­çais voire euro­péens ayant la taille cri­tique pour acqué­rir nos star­tups locales, enri­chir quelques créa­teurs qui devien­draient à leur tour busi­ness angels, etc.

    Il n’y a aucune fata­lité à ce que le lea­der­ship fran­çais ne s’exerce que dans l’agroalimentaire, l’énergie, l’aérospatial et le luxe ! Le mar­ché à exploi­ter est dans tous les cas le mar­ché mon­dial, pas le mar­ché fran­çais. Se recro­que­viller sur le mar­ché fran­çais est la plus grande erreur à com­mettre d’un point de vue macroé­co­no­mique, et c’est mal­heu­reu­se­ment une erreur cou­rante dans l’IT plus qu’ailleurs. Sur­tout dans la mesure où notre mar­ché inté­rieur de l’IT est mou au regard de celui de nom­breux autres pays euro­péens (cycles de vente longs, peur du risque, poids du sec­teur public, délais de paie­ment, conser­va­tisme des diri­geants, etc). La France ne pèse qu’environ 3% du mar­ché mon­dial de l’IT !

    Donc, si l’argent public aide une boite de l’IT à s’implanter aux USA (cela arrive), cela aide à créer des emplois en France. Sauf si bien sûr, la boite aban­donne entiè­re­ment le ter­ri­toire fran­çais comme ce fut le cas avec Sees­mic qui s’est implanté direc­te­ment aux USA. Mais dans ce cas, l’Etat n’aide évidem­ment pas du tout.

  • [21] - Bonjour a écrit le 9 mars 2009 :

    Vous tou­chez tous là un point sen­sible. Les pôles de com­pé­ti­ti­vité accroissent notre visi­bi­lité à l’international, font la pro­mo­tion des savoir faire fran­çais dans divers domaines et favo­risent les col­la­bo­ra­tions. Les grandes entre­prises sont inter­es­sées. Le pôle Sys­te­ma­tic est un exemple (pour le numé­rique ; il y aussi Cap Digi­tal) parmi tant d’autres bien­sûr (il ne faut pas oublier les pôles très per­for­mants dans d’autres régions)
    http://www.systematic-paris-region.org/fr/index.html
    Cela donne du tra­vail, des mar­chés, à nos meilleurs éléments et c’est donc très impor­tant. L’intérêt c’est que ce n’est pas de la simple sous­trai­tance. Les pou­voirs publics sou­tiennent les pro­grammes col­la­bo­ra­tifs (hors ou à l’extérieur des pôles). C’est un concept por­teur. Qu’en pen­sez vous ?

  • [22] - Jean DEDIEU a écrit le 9 mars 2009 :

    Aie aie aie !
    Bien que le sujet soit pas­sion­nant, nous voilà main­te­nant suf­fi­sam­ment éloi­gnés de la ques­tion fon­da­men­tale pour qu’il semble inté­res­sant de faire une petite syn­thèse de ce qui se dit.
    pro­blème exposé : cer­tains FCPI n’ont pas une conduite reglo et font du hors piste avec la loi. avec les consé­quences dénon­cées.
    résul­tat des courses : on tourne autour du finan­ce­ment des sta­tup, du finan­ce­ment de la pro­tec­tion sociale et.… le thême aujourd’hui déve­loppé dans cette publi­ca­tion me sem­blait simple : il existe dans le “mar­ché” des socié­tés de ges­tion et des FCPI des gens qu’il ne faut fré­quen­ter à aucun prix, stop.
    Pour faire encore plus simple, les auteurs du livre ont eu la cou­toi­sie -ou la bonne éduca­tion - de ne pas révé­ler les noms de ces gens en dénon­çant des faits. Eux,par contre ne manque pas de se recon­naitre évidem­ment dans ces pro­pos, mais le public ne les connait pas (encore).
    Ce livre est une Alerte ayant pour base des faits pré­cis, mais tel­le­ment incroyables et inna­ten­dus .….qu’il est incroyable et inat­tendu que des noms cer­tai­ne­ment connus soient mêlés à ces affaires, ce qui est bien sûr un caillou dans la chaus­sure de cette haute et intou­chable pro­fes­sion dont tout le monde reconnait-y com­pris les auteurs du livre- qu’elle a un rôle essen­tiel (pour ne pas dire capital)dans le déve­lo­pe­ment de l’initiative,de l’inventivité et de l’entreprise.
    deux solu­tions : soit la pro­fes­sion fait le ménage et enlève son ou ses cailloux de la chaus­sure, ce qui est fort peu pro­bable, ou bien les très res­pec­tables cailloux en ques­tion font le ménage à l’intérieur et demandent des comptes à leurs direc­teurs de par­ti­ci­pa­tions qui les ont trans­for­més en cailloux.Point barre.
    Les auteurs du livre se disent bien elevés(pour l’instant du moins)pour ne pas com­mu­ni­quer des noms ainsi dans le grand public. cela ne se fait pas. Devoir de reserve? machi­na­tion ? cour­toi­sie ? Peu importe, et c’est dom­mage. les faits étant avérés,cela s’appellerait un acte de salu­brité publique.

  • [23] - Ronan a écrit le 9 mars 2009 :

    Le site amé­ri­cain men­tionné dans le début de la dis­cus­sion, qui per­met aux entre­pre­neurs de noter les VCs (à la fois les socié­tés de ges­tion et les indi­vi­dus) avec qui ils ont tra­vaillé, s’appelle « The Fun­ded » (http://www.thefunded.com/).

    On trouve dans le lot quelques fonds euro­péens, voire français.

    Le site a d’abord été lancé de manière ano­nyme, avant que son auteur, Adeo Ressi, ne tombe fina­le­ment le masque dans un entre­tien accordé au maga­zine Wired fin 2007 : http://www.wired.com/techbiz/people/magazine/15-12/ff_funded

  • [24] - Pierre Jol a écrit le 9 mars 2009 :

    M. Dedieu. C’est bien de dénon­cer les abus (éven­tuels) du capi­tal risque. Mais vous savez, comme il n’y a plus d’argent dans les caisses publiques, l’Etat lais­sera faire (car il a besoin du finan­ce­ment privé), voire même, impo­sera cer­taines dis­cré­tions. L’Etat n’a plus les moyens de ses ambi­tions, ni même de ses aspi­ra­tions morales… et encore moins dans un champs qui concerne la libre entre­prise et du coup le libé­ra­lisme dans le bon sens du terme.
    Mais il nous reste encore la libre expres­sion. Vous faites bien d’informer mal­gré tout. On ne sait jamais…

  • [25] - macha a écrit le 9 mars 2009 :

    Oli­vier. Excu­sez moi. Mais je ne par­viens pas à appré­cier ces consi­dé­ra­tions mon­diales alors que nous subis­sons une crise sans précédent.

    Si le mar­ché visé par une star­tup est trop gros pour elle, alors elle n’a qu’à pas le viser, du moins, tout de suite. Il y a tant de jeunes hau­te­ment diplô­més qui veulent jouer les bill gates: ils ne sont même pas capables de créer 10 emplois, alors que la nation a financé leurs études et misé sur leur potentiel.

    Je sais bien que cette sur­en­chère à l’international est encou­ragé par les pou­voirs publics à l’heure actuelle. Mais ces der­niers feraient mieux de pro­té­ger nos fron­tières, comme le font la Chine et les USA nonobstant.

    La razia conti­nue. Je lis les événe­ments sur le por­tail de l’administration de sou­tien des PME : main­te­nant il y a une sorte de “Tech tour” pour que les inves­tis­seurs anglo­saxons ou asia­tiques (voire mafia russe) viennent se ser­vir chez nous (ache­ter nos boites en somme)
    http://www.oseo.fr/a_la_une/agenda/evenements/tech_tour

    L’argent n’a vrai­ment pas d’odeur… Je ne pense pas que l’Etat chi­nois ferait de même de son côté.

  • [26] - Fab a écrit le 9 mars 2009 :

    Bon­soir à tous. Je vois que l’on revient à ce que j’indiquais sur l’autre article. Les star­tup­peurs doivent apprendre à être moins gour­mands (à tous les niveaux) et donc à se pas­ser des VCs le plus long­temps pos­sible. Sachez géné­rer du chiffre d’affaires avant tout pour gagner votre liberté. Et, si vous le pou­vez, pré­fé­rez les capi­taux fami­liaux. Un ancien star­tup­per, Jéré­mie Ber­rebi donne aujourd’hui ce type de conseils, c’est pour dire
    http://www.berrebi.org/2008/05/08/5-conseils-importants-aux-nouveaux-startuppeurs/
    Il pré­cise aussi que ceux qui cherchent à se faire un beau salaire se trompent en créant leur boîte… Méfiez vous de tout, et comp­tez en francs (comme Jéré­mie), cela nous per­met de mieux com­prendre la réa­lité qui nous entoure. Redes­cen­dez sur Terre !!!

  • [27] - Olivier Ezratty a écrit le 9 mars 2009 :

    @macha : je per­siste et signe, il faut d’un point de vue macro-économique que nos PME exportent plus. Et c’est vrai dans les TICs. Libre à vous de pré­fé­rer le repli sur soi et le pro­tec­tion­nisme. Mais dans un scé­na­rio de sor­tie de crise, c’est le meilleur moyen d’enfoncer le pays. Je sens que nous ne serons pas d’accord sur pas mal de points sur la stra­té­gie écono­mique du pays !

    Bien entendu, les star­tups ne doivent pas gran­dir plus vite qu’elles ne le peuvent. Cer­taines peuvent cepen­dant sor­tir du lot pour deve­nir inter­na­tio­nales: avec une bonne équipe, avec un pro­duit ou un ser­vice capable de ser­vir tous les pays (sou­vent, des tech­no­lo­gies d’infrastructure trans­ver­sales), avec de bons finan­ce­ments, du culot, et de l’aide bien pla­cée. Seuls quelques star­tups répondent à ces cri­tères. Mais il en faut !

    Pour faire un paral­lèle, pensez-vous qu’il fau­drait qu’Airbus ne construise des avions que pour l’Europe ? En fait, on a bien ce cas de figure avec le Rafale, que Das­sault Avia­tion et le pays n’arrivent pas à expor­ter. Résul­tat, on le paye cher (dans le bud­get d’investissement de la défense) et avec nos impôts…

    @Fab : oui, on peut être modeste et avan­cer à petits pas. Mais là encore, cela ne suf­fit pas d’un point de vue macro-économique. Pour gagner à l’échelle pla­né­taire, il faut aller vite. Et sur­tout plus vite que les autres. Sans pour autant être trop en avance par rap­port au mar­ché. En allant à la vitesse de la 2CV, on ne risque pas de conqué­rir des mar­chés mon­diaux. Ques­tion d’ambitions. On a besoin des deux : d’un vivier de nom­breuses petites star­tups et de quelques unes qui vont bien gran­dir et deve­nir des lea­ders mon­diaux. On peut aussi n’élever que du planc­ton et le revendre aux fermes de pois­sons. Mais c’est un petit busi­ness dans la chaine de valeur !

  • [28] - macha a écrit le 9 mars 2009 :

    Si vous vou­lez. Mais Air­bus a béné­fi­cié d’aides euro­péennes sans pré­cé­dent, pour que la mayon­naise prenne. Ce sont de grosses indus­tries (main d’oeuvre impor­tante) qui sont res­tées sur le ter­ri­toire anglais, fran­çais et alle­mand (sous le regard inqui­si­teur des Etats). Ne confon­dons pas avec les star­tups du numé­rique qui ne rêvent que d’une chose : pro­fi­ter des aides ici et filer aux US ensuite, quitte à pré­voir de se revendre à Micro­soft, Intel, IBM ou autres… voire à lever un maxi­mum de fonds auprès du capi­tal risque pour faire for­tune. Pen­sez vous sin­cè­re­ment que ces star­tups numé­riques sou­haitent gros­sir à tout prix ? je parle des emplois bien­sûr. Peut être aurons nous la joie de voir cela de notre vivant. Qui sait. Et pour les star­tups bio­tech­no­lo­giques c’est pareil. Beau­coup d’argent de dépen­ser pour les recherches scien­ti­fiques sans fin… et après aure­voir.. Et pour ce qui concerne Sees­mic, je crois que c’est la star­tup de Loic Lemeur qui s’était occupé, il me semble, de la cam­pagne de com­mu­ni­ca­tion sur le net de notre Pré­sident : ah bravo. beau patrio­tisme. Il nous a car­ré­ment lais­sés tom­bés pour vivre son rêve amé­ri­cain (avec la crise qui bat son plein là bas, ça va faire mal pour lui)…

  • [29] - Olivier Ezratty a écrit le 9 mars 2009 :

    Bien sûr qu’il y a des entre­pre­neurs qui cherchent à faire des gains rapides. Mais heu­reu­se­ment qu’il y a aussi des Ber­nard Liau­taud pour créer des Busi­ness Objects ou des Pierre Har­ren pour créer ILOG. Vous direz que c’était le bon temps des années 1990. PLus récem­ment, il y a eu la créa­tion de Soi­tec (vous connais­sez?, une boite qui fait 300m€ de CA prin­ci­pa­le­ment à l’exportation, située dans la région de Gre­noble). LaCIE ne se porte pas trop mal non plus. Dans le numé­rique (pas juste dans l’Internet), il y a de la place pour des boites fran­çaises d’envergure inter­na­tio­nale ! Sor­tez de ce défai­tisme et de cette vision néga­tive des choses, qui ne nous fera pas avan­cer bien loin !

    Mais je crois que je ne vais pas réus­sir à vous convaincre à sor­tir de votre néga­ti­visme. Donc, je vais arrê­ter là.

  • [30] - Olivier Ezratty a écrit le 9 mars 2009 :

    Au fait, Air­bus a tout de même monté des par­te­na­riats avec des construc­teurs étran­gers pour pou­voir expor­ter. Notam­ment en Chine et aux USA. Et les aides euro­péennes auraient fait chou blanc si Air­bus s’était contenté du mar­ché européen.

  • [31] - Pierre Jol a écrit le 10 mars 2009 :

    Macha. Je confirme les dires d’Olivier. Soi­tec est une très belle entre­prise (essai­mage du CEA) à Gre­noble; Elle est même pro­té­gée par le Fond sou­ve­rain (CDC), je crois, ce qui prouve qu’avec la baisse en bourse elle pour­rait être ava­lée par des étran­gers. Elle avait créé beau­coup d’emplois en très peu de temps (plus de 400) !!!

    …Il me semble qu’elle a béné­fi­cié au tout début des aides. Elle fait par­tie du pôle Mina­lo­gic. Elle a absorbé une autre star­tup bien connue, Pico­giga… Bon effectivement,il y a aussi d’autres entre­prises qui ont eu plus de dif­fi­cul­tés comme STMi­cro. Mon­ter des par­te­na­riats inter­na­tio­naux faci­litent gran­de­ment les expor­ta­tions. Bien­sûr, l’important c’est que l’entreprise ne parte du ter­ri­toire natio­nal. Pour vous don­ner un peu rai­son Macha, il est clair que mon­ter des par­te­na­riats ou quit­ter le ter­ri­toire, il faut choi­sir. Les entre­prises citées par Oli­vier n’ont pas quitté le ter­ri­toire et sont res­tées fran­çaises ou euro­péennes. C’est cela qu’il faut viser pour notre com­merce exté­rieur. Voilà, je pense vous avoir mis tous les 2 d’accord.

  • [32] - marc a écrit le 10 mars 2009 :

    Le pro­blème de ces cas extrêmes (moins iso­lés qu’il ne semble) est qu’ils viennent ter­nir une confiance déjà pas­sa­ble­ment enta­mée. Le récit est hélas plau­sible et le pedi­gree de l’auteur écarte les mau­vaises sus­pi­cions. A mon sens cette alerte doit être prise avec la plus extrême atten­tion. Les faits rap­por­tés sont tota­le­ment inac­cep­tables. J’ai essayé de véri­fier deux ou trois points du bou­quin. On nage en plein juri­disme. Celui concer­nant les ratios d’emprise me paraît le plus dou­teux : la loi a effec­ti­ve­ment fixé des seuils, l’AFIC les a confirmé dans une de ses FAQ mais les libel­lés des règle­ments de fonds ne sont pas d’une grande clarté. Il est tout à fait pos­sible que nous nous trou­vions face à des inter­pré­ta­tions illé­gales. Si des juristes pou­vaient nous éclai­rer ? Autre inter­ro­ga­tion : les fonds sont-ils auto­ri­sés à user sans limites des apports en comptes cou­rants ? Ces écri­tures per­mettent faci­le­ment de récu­pé­rer une majo­rité sans effort : en sous-capitalisant d’abord, en sou­te­nant ensuite une fai­blesse de tré­so­re­rie, on peut s’affranchir léga­le­ment des seuils, contre menace de liqui­da­tion. Quels sont, d’autre part, les textes qui régissent cette garan­tie OSEO ? Où les trou­ver ? Dans quelles condi­tions les fonds sont-ils auto­ri­sés à la mettre en œuvre ? L’opacité sur ces opé­ra­tions est telle qu’inévitablement on vou­drait sai­sir la mesure.
    Je com­prends enfin les réti­cences de l’auteur au grand débal­lage. Confes­sons même l’habileté. Ces révé­la­tions sont suf­fi­sam­ment graves pour que les medias s’en saisissent.

  • [33] - aimar jean a écrit le 10 mars 2009 :

    FCPI OU FCPR deux appel­lea­tions qui laissent sous entendre nque toute entre­prise nou­velle est ris­quée!! et c’est vrai mais ce que l’on ne décripte pas dans ces inti­tu­lés c’est que ce risque ne concerne que les créa­teurs!! en effet les socié­tés de fonds au vu de leurs résul­tats semble trés bien se porter.

    Un inves­tis­seur lambda s’interroge sur la loyauté d’un pres­ta­taire de ser­vice (finan­cier) que repré­sente la société de ges­tion de fond qui engrange des béné­fices en fai­sant prendre les risques par les autres: OSEO,INVESTISSEMENT GARANTIE EX SOFARIS, CREATEURS et BAILLEURS DE FONDS PARTICULIERS. En effet com­ment expli­quer la pro­fi­ta­bi­lité d’une entre­prise qui pro­pose à ses clients des inves­tis­se­ments dont il est cou­ram­ment admis que seule­ment 10 % abou­tissent et sur­vivent??? sûre­ment un miracle de l’ingéniérie finan­cière!! tota­le­ment incom­pré­hen­sible pour un inves­tis­seur rural et désa­busé que je suis!!

    Bon cou­rage aux créa­teurs, merci à OSEO quand aux socié­tés de fonds.…!!!

  • [34] - macha a écrit le 10 mars 2009 :

    Il y a confu­sion. Le FCPI est un OPCVM, un véhi­cule d’investissement. Ceux qui prennent des risques (minimes quand même) sont les très riches par­ti­cu­liers qui placent donc leur argent à tra­vers ces fonds. OSEO garan­tit les risques de ces par­ti­cu­liers (pas sur tous). Après la société de ges­tion de ces fonds peut faire des pro­fits sur son acti­vité glo­bale dans la mesure où elle ne dis­pose que d’une par­tie en FCPI (avan­tage fis­cal pour les par­ti­cu­liers sur les PME inno­vantes), l’autre par­tie peut concer­ner des entre­prises non inno­vantes (donc hors avan­tage fis­cal), plus grosses, moins ris­quées peut être, etc… Grosso modo, elle ne met pas tous ses oeufs dans le même panier. Donc je ne vois pas pour­quoi les socié­tés de ges­tion de FCPI ne feraient pas de pro­fit. C’est quoi ce binz ??
    Pour le pauvre entre­pre­neur qui s’est fait avoir car il n’a pas eu la pré­sence d’esprit de signer avec son propre avo­cat le pacte d’actionnaires, que vou­lez vous y faire ??? C’est naïf comme com­por­te­ment dans les affaires. Avec tout cela, j’insiste que nos hommes ges­tion­naires ou entre­pre­neurs nous foutent la trouille…parfois. Tout ce qui compte c’est de ne pas se faire piller par les étrangers.

    Or je constate que M. Ricol (le Média­teur du Cré­dit) en appelle aux inves­tis­seurs de tout poil pour confor­ter les fonds propres de nos entre­prises… pour leur redon­ner des capa­ci­tés d’emprunt sup­plé­men­taire (un super­mar­ché du cré­dit ; c’est l’overdose). Il s’agit a priori d’actionnaires mino­ri­taires.… on voit, on verra… Il ne res­tera plus grand chose pour les petites entre­prises et les star­tups…
    http://www.lejdd.fr/cmc/economie/200911/ricol-de-nouvelles-solidarites-emergent_192699.html

  • [35] - Fab a écrit le 10 mars 2009 :

    René Ricol, le média­teur du cré­dit depuis 5 mois, fait par­tie de la Caisse des Dépôts (CDC). Il est pré­sident de France Inves­tis­se­ment, le fonds de fonds de la CDC qui est sensé abon­der les fonds de capi­tal inves­tis­se­ment (3 mil­liards d’euros à inves­tir). La Caisse veut aussi exis­ter en tant que sou­tien des PME, notam­ment des PME inno­vantes. Elle est action­naire d’OSEO Finan­ce­ment et OSEO Garan­tie.… Avec son action de média­teur, René Ricol dore bien le bla­son de la Caisse, “Mme Propre du finan­ce­ment en fonds propres”… et du “Fond Sou­ve­rain pour les inves­tis­se­ments stra­té­giques”… En fait, chaque acteur ins­ti­tu­tion­nel (banque, fonds, CDC…) tente de se pla­cer sur ce mar­ché stra­té­gique, autour des PME aidées par ANVAR. La CDC va bien­tôt pro­fi­ter du ser­vice en ligne interne d’OSEO de ren­contres entre les PME inno­vantes aidées et les fonds pro­fes­sion­nels (ceux de l’AFIC, et non le contri­buable ISF) pour com­mu­ni­quer sur cette action. C’est ce que dit René Ricol dans l’article du JDD que tu mets en avant dans ton post. Pen­dant ce temps là, les dota­tions de ANVAR (OSEO Inno­va­tion) fondent comme neige au soleil…

    Lien vers France Inves­tis­se­ment
    http://www.france-investissement.fr/france-investissement

  • [36] - Yann a écrit le 10 mars 2009 :

    @Fab. C’est cousu de fil blanc… Je n’avais pas fait gaffe. C’est vrai ce que tu dis sur CDC. C’est bien l’actionnaire de l’oséo garan­tie ban­caire. J’ai trouvé un gra­phique expli­cite sur le site de l’oséo. J’ai véri­fié aussi dans leur rap­port annuel
    http://www.oseo.fr/notre_mission/qui_sommes_nous/organisation

    La boucle est bou­clée. Du haut au bas de bilan… Mais si l’Etat inves­tit en fonds propres direc­te­ment grâce à la Caisse des dépôts, puis finance l’innovation par le cré­dit d’impôt recherche (d’où les baisses du bud­get de l’anvar) et ensuite garan­tie les prêts ban­caires… Ca va per­mettre de sup­pri­mer défi­ni­ti­ve­ment l’aide à l’innovation, et le label pour les FCPI !!! Chouette !!!

    Oli­vier Ezratty, croyez vous que le livre sur le soit disant scan­dal des FCPI soit une mani­pu­la­tion de l’opinion ???

  • [37] - Olivier Ezratty a écrit le 10 mars 2009 :

    Non, je ne le crois pas. L’auteur m’a contacté et c’est quelqu’un de res­pec­table qui n’est pas sus­cep­tible d’être ainsi mani­pulé. En plus, il n’habite pas en région pari­sienne ! Par contre, les effets induits du bou­quin seront peut-être sur­pre­nants en effet.

    Mais la boucle décrite n’est à mon sens pas liée au désen­ga­ge­ment pro­gres­sif d’Oséo sur les star­tups. C’est un obs­cur arbi­trage qui n’a pas été mis sur la place publique et qui n’a pas été votée par nos élus (sauf à ce que des élus des Com­mis­sions des Finances de l’Assemblée ou du Sénat aient déchif­fré le détail de la loi de finance qui est assez opaque sur le sujet).

    On attend d’ailleurs tou­jours des expli­ca­tions offi­cielles d’Oséo sur ces chan­ge­ments. Pour l’instant, on peut dire que leur com­mu­ni­ca­tion n’est pas très ouverte. Ils n’ont pas réagit non plus à diverses sol­li­ci­ta­tions comme celles du Comité Riche­lieu dont j’ai croisé deux repré­sen­tants récemment.

  • [38] - Yann a écrit le 10 mars 2009 :

    @Olivier. Pen­sez vous que tout va pas­ser devant l’approbation des élus ? C’est la cui­sine interne d’Oséo et éven­tuel­le­ment aussi de ses ministres. Il va for­cé­ment y avoir des cham­bou­le­ments. Quand on a marié la carpe et le lapin (vous vous rap­pe­lez), a t-on demandé l’avis des élus ? Que vou­lait savoir le comité riche­lieu ? Que vient il faire dans cette affaire ?

  • [39] - Olivier Ezratty a écrit le 10 mars 2009 :

    Le Comité Riche­lieu est à l’origine du pacte PME, qui a notam­ment amené Oséo à créer le pro­gramme Pas­se­relle qui per­met aux grandes entre­prises de faire appel à des star­tups pour mener des pro­grammes de R&D, avec Cré­dit Impôt Recherche. Il sem­ble­rait que le pro­gramme Pas­se­relle ait aussi fait les frais des réorien­ta­tions récentes d’Oséo (mais non com­mu­ni­quées officiellement).

    Bien entendu que tout ne passe pas devant les élus. Mais là, c’est un peu fort de café. C’est une déci­sion admi­nis­tra­tive qui change en cati-mini la poli­tique d’aide à l’innovation en péna­li­sant les star­tups en phase d’amorçage ! Ce n’est pas bénin.

    Mais bon, il vaut mieux être café-restaurant pour obte­nir gain de cause… !

  • [40] - Pierre a écrit le 10 mars 2009 :

    Pas­sion­nant cette manip. Si nous assis­tons à une baisse réelle du bud­get de l’aide, on accroît par consé­quent les besoins en fonds propres, et cela met en avant le rôle du finan­ce­ment en capi­tal, et peut être aussi de la Caisse des Dépôts et Consi­gna­tions dans ce cadre. Mais vont ils s’interesser pour autant aux star­tups en phase d’amorçage ? Les inves­tis­seurs peuvent ils se pas­ser de l’aide en amont ?
    Et si le vidage de caisse d’Oséo inno­va­tion à Paris (et peut être aussi à Lyon, Bor­deaux, Mar­seille…) en 2008, pous­sée a priori par la branche ban­caire d’oséo selon l’article du Monde, n’avait il pas servi jus­te­ment à dire : on a fait beau­coup on passe à autre chose. Ou bien vidons l’aide pour pas­ser à autre chose… c’est incom­pré­hen­sible (ou peut être trop évident). On marche sur la tête. Les aides Pas­se­relle étaient des sub­ven­tions pour les PME, en finan­ce­ment paral­lèle avec les grands groupes (CIR) pour un même pro­jet. Elles n’existent plus?

  • [41] - yann a écrit le 10 mars 2009 :

    @olivier. Merci pour l’explication sur Pacte PME et ses liens avec oséo. On s’y perd un peu avec toutes ces fusions qui ont fina­le­ment recréé ailleurs d’autres struc­tures pour flin­guer l’aide (qui pour l’instant dépend de l’Etat au sein d’une société bien dis­tincte, si je com­prends bien le gra­phique d’organisation d’oséo). Je revien­drai pour connaître la suite. Salut.

  • [42] - herve a écrit le 11 mars 2009 :

    Puis-je peux per­mettre un (gen­til) coup de gueule. Peut-être parce que Macha me per­turbe. Je vous conseille la saine lec­ture des rai­sons pour les­quelles Paul Gra­ham quitte Bos­ton pour la Sili­con Valley

    Je com­prends que l’on soit cho­qué par cer­taines méthodes ou par la perte de valeur créée en France lorsque Ilog se fait rache­ter par IBM, mais sans blague, pen­dant ce temps la Sili­con Val­ley avance (même si la crise va sans doute être grave). Mais dans l’innovation high-tech, je ne crois pas que le pro­blème soit local, mais avant tout global…

  • [43] - Bonjour a écrit le 11 mars 2009 :

    Il y a un article inter­es­sant des Echos sur le dis­po­si­tif de sau­ve­tage des star­tups stra­té­giques (com­mis­saire à l’intelligence écono­mique, Alain Juillet) qui a per­mis de finan­cer 17 jeunes pousses en trois ans. On y parle de Gem­plus racheté par un fond amé­ri­cain… Mais l’article (daté du 10 mars) n’est plus acces­sible en ligne.
    Voir le blog
    http://blogs.lesechos.fr/
    Rôle du FSI
    http://www.lesechos.fr/info/france/4840334-le-fonds-souverain-francais-peine-a-definir-sa-doctrine.htm
    Ce sou­cis des fonds propres semble aler­ter mal­gré tout la puis­sance publique.

  • [44] - Energo a écrit le 11 mars 2009 :

    En lisant cer­tains expo­sés, nous assis­tons à une cari­ca­ture de l’innovateur du 21e siècle. Res­capé du concours Lepine ou presque, dépourvu de sens com­mun, il ne sau­rait s’entourer et signe­rait n’importe quoi. Par­tant de ce constat, la thèse que plus malins que lui s’empareraient des ses actifs et de son job devien­drait plau­sible… Tout cela ne parait pas très sérieux !

    Pour les côtoyer régu­liè­re­ment et depuis plu­sieurs années, une majo­rité sus­cite l’admiration et j’ai une autre image de ceux que j’ai pu ren­con­trer. De pro­fil tech­no­lo­gique certes, ils n’en sont pas moins de redou­tables ani­ma­teurs d’équipe. Ils rem­plissent les fonc­tions qui leur sont assi­gnées avec rigueur et ont le souci de pré­ser­ver et déve­lop­per le capi­tal imma­té­riel de leur entre­prise, qu’il s’agisse du capi­tal client ou de l’offre : capi­tal humain, capi­tal four­nis­seur, le sys­tème d’information, l’IP, R&D, le capi­tal action­na­riat, etc. La plu­part ont déployé dans l’entreprise une poli­tique de veille et d’intelligence écono­mique à l’égard de leurs concur­rents, y com­pris étran­gers. De ce que j’ai pu com­prendre, les défiances consta­tées viennent de l’intérieur, des pré­su­més partenaires.

    Cette recru­des­cence appa­raît au moment où les res­sources finan­cières se restreignent. Le phé­no­mène s’était déjà pro­duit au début de la décen­nie, au temps de la bulle inter­net, lais­sant ici et là des mil­liards d’euros et de dol­lars s’échapper de ces start-ups. Bon nombre de fonds qui s’étaient embar­qués avec elles sont res­tés sur le car­reau. Ils ont perdu à ce moment-là beau­coup d’argent et ont été ame­nés à déployer des méthodes extrê­me­ment radi­cales. Après cette période très for­ma­trice pour les deux camps, cer­tains ont pu gar­der de mau­vaises habi­tudes. Le dan­ger de ce mau­vais remake c’est encore et tou­jours de cari­ca­tu­rer l’entrepreneur.

  • [45] - macha a écrit le 11 mars 2009 :

    Qui a encore parlé de la Sili­con Val­ley ? C’est Hervé ? Vous avez vu ce qui s’y passe actuel­le­ment : un chô­mage gran­dis­sant dans les IT. Et un appel à la main d’oeuvre bon mar­ché par l’immigration. Chose que les USA et UK ne veulent pas… Pré­fé­rence aux can­di­dats vivant aux USA… Quand tout va mal, les solu­tions radi­cales sont prô­nées… Pour­quoi pas chez nous.
    Lire
    http://www.zdnet.fr/actualites/informatique/0,39040745,39387675,00.htm

    Et la glo­bal enter­prise, c’est bon on a com­pris. Glo­bal OK, mais avec un épicentre quelque part quand même… Quand on se fait tout bon­ne­ment racheté, comme Gem­plus et Ilog… par des Amé­ri­cains, c’est un échec pour la France. J’en suis déso­lée pour les fon­da­teurs qui ont dû tout faire pour l’éviter cer­tai­ne­ment. La com­mis­sion de Alain Juillet pour l’intelligence écono­mique, n’a rien fait fina­le­ment. Elle n’a pas su, elle ne connaît pas assez ce milieu.

    Ima­gi­nez si le contraire arri­vait ? SI on ache­tait des star­tups amé­ri­caines à tour de bras, en pro­fi­tant de la crise là bas ??? Les Amé­ri­cains crie­raient au scan­dale. Ils ont tout fait déjà pour empê­cher le déploie­ment de la carte à puce à l’époque, alors pour le reste… vous ima­gi­nez. Idem quand nos grands groupes rem­portent des mar­chés chez eux… Non, ils sont pro­tec­tion­nistes, bien plus que nous.

    Il fau­drait que l’oséo, l’administration des PME et des star­tups, alerte quand il y a risque de rachat par l’étranger d’une star­tup stra­té­gique, pour que tout soit mis en oeuvre pour l’empêcher.

    On a aussi notre Sili­con Val­ley : le pôle sys­te­ma­tic par exemple, ou Cap Digi­tal, ou Mina­lo­gic, ou Derbi, etc…

  • [46] - Fab a écrit le 11 mars 2009 :

    bon­soir. JM Hul­lot, vous connais­sez ? Il a été débau­ché de l’Inria par Steve Jobs pour fon­der NexT dans les années 80. Il a col­la­boré depuis Paris (labo de R&D) avec Apple. JM Hul­lot a conçu ce qui est encore la base des sys­tèmes d’exploitations d’aujourd’hui : l’exploitation des concepts objets pour conce­voir les inter­faces uti­li­sa­teurs (pla­te­formes pour Mac OS X). Il est aussi à l’origine du déve­lop­pe­ment de l’iPhone. Ensuite, il y a eu de l’eau dans le gaz avec Apple (désac­cords… pro­blème de pro­priété intel­lec­tuelle ?). JM Hul­lot a créé sa star­tup sur Paris il y a un an : Foto­nauts. Est il lui aussi spon­so­risé par Microsoft ?

    http://www.ecoms.fr/wordpress/ecoms/les-recherches-de-monsieur-hullot/

    http://en.wikipedia.org/wiki/Jean-Marie_Hullot

    http://images.businessweek.com/ss/08/08/0811_creative_commons/9.htm

  • [47] - Olivier Ezratty a écrit le 11 mars 2009 :

    Je connais Jean-Marie Hulot et sa start-up Foto­nauts. J’ai évoqué ce pro­jet dans ce post en sep­tembre der­nier au moment de sa pré­sen­ta­tion au Tech­Crunch 50 : http://www.oezratty.net/wordpress/2008/lcosystme-des-logiciels-photo-5/. Et il n’est pas spon­so­risé par Micro­soft. D’ailleurs, Micro­soft ne spon­so­rise par les star­tups. L’éditeur a bien des pro­grammes d’accompagnement de star­tups (IDEES et BizS­parks) mais il ne s’agit pas de sponsoring.

  • [48] - Fab a écrit le 11 mars 2009 :

    Micro­soft par­raine, créé des incu­ba­teurs, fait la pro­mo­tion de réseau de BA comme Soft­ware Busi­ness Angels… Offre son équi­pe­ment en échange (il y a for­cé­ment une arrière pen­sée com­mer­ciale, tech­no­lo­gique, poli­tique…) Alors peut être que Foto­nauts est aussi par­rainé. Je ne l’ai pas vu dans la liste du site IDEE, mais j’ai vu de belle star­tup comme Sino­via.
    Je sais que micro­soft a eu chaud avec la vague des star­tups dans le monde qui pro­naient l’open source… Le groupe a aussi eu des ennuis avec Bruxelles
    http://www.01net.com/editorial/405187/microsoft-joue-un-jeu-dangereux-avec-les-brevets-logiciels/
    C’est peut être une nou­velle façon de conser­ver son mono­pole. C’est de bonne guerre. On verra par la suite… Il y a quelques pro­cès pour vio­la­tion de bre­vets (Eolas…), mais qui ne veulent rien dire… sans doute
    http://www.jeuxvideo.com/news/2009/00032568-microsoft-poursuivi-pour-90-millions-de-dollars.htm

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Microsoft

  • [49] - Olivier Ezratty a écrit le 11 mars 2009 :

    Micro­soft n’a pas créé d’incubateur à ma connais­sance ! Que le groupe ai des ennuis divers, là, oui, cer­tai­ne­ment. Mais on s’éloigne vrai­ment des FCPI…

  • [50] - Fab a écrit le 12 mars 2009 :

    Si, il aurait créé un incu­ba­teur à Lille
    http://www.zdnet.fr/actualites/internet/0,39020774,39380605,00.htm
    Bien­sûr, c’est un par­te­na­riat pour créer une pla­te­forme d’accompagnement. Cela res­semble quand même beau­coup au tra­vail des incu­ba­teurs. Les com­men­taires qui suivent dans l’article de Zdnet, ne sont pas douillets…par contre.

    On ne s’éloigne pas tant que cela du pro­blème de cer­tains FCPI. Au départ, c’est pour aider et après… C’est le monde des affaires quoi. Mais je vous l’accorde, il ne faut pas créer de sus­pi­cion inutile. Se méfier de tout ce qui vient du privé, de la finance ou de la grande entre­prise inter­na­tio­nale, ce serait peut être un peu dur, voire impossible.…

  • [51] - Olivier Ezratty a écrit le 12 mars 2009 :

    A mon sens l’incubateur de Lille est un incu­ba­teur de la ville de Lille aidé par Micro­soft (pro­ba­ble­ment très sym­bo­li­que­ment). Et pas le contraire. Sinon, il y en aurait aussi un à Paris…

    Effec­ti­ve­ment, évitons les fixa­tions sur Micro­soft dont l’impact poten­tiel sur le trans­fert de tech­no­lo­gies vers les US de nos star­tups fran­çaises est micro­sco­pique. Ce d’autant plus qu’à part les trois acqui­si­tions récentes de petites boites, Micro­soft n’a pas de par­ti­ci­pa­tions dans les star­tups fran­çaises, une approche qui a été par contre rete­nue par les trois opé­ra­teurs télé­coms (FT, Bouygues, SFR).

  • [52] - herve a écrit le 12 mars 2009 :

    @macha oui j’ai parlé Sili­con Val­ley, région qui a connu des crises majeures (1983, 1992) et qui s’en est remise, qui fait ses crises de claus­tro­pho­bie et de natio­na­lisme comme tout le monde dans ces cas là (mais étudiez les ana­lyses de Saxe­nian ou Zhang et vous ver­rez l’importance des migrants là bas). Mieux, elle s’est bâtie à par­tir de gens très frus­trés de leur situa­tion (locale ou pro­fes­sion­nelle) et qui y ont trouvé un envi­ron­ne­ment hyper favo­rable. Encore une fois lisez mon livre si vous vou­lez en savoir plus.

    Et j’enfonce le clou: Bos­ton vient de sor­tir une étude sur le role du MIT. Même constat de créa­ti­vité et de créa­tion de valeur.

    Non, mal­heu­reu­se­ment, nous n’avons pas de Sili­con Val­ley. Nous avons des approches très cen­tra­li­sées, diri­gistes, jaco­bines et ces clus­ters ne se sont jamais déve­lop­pés comme cela. Met­calfe (inven­teur d’Internet) est cité dans le rap­port: “nobody is in charge”. La décen­tra­li­sa­tion est une des grosses forces de ces clus­ters. Je com­prends votre point de vue, mais vous devriez regar­der plus en détail ces régions car leur culture y est unique, avec plus de forces que de fai­blesses, je crois (mal­gré les crises :-) )

  • [53] - Bille a écrit le 12 mars 2009 :

    Bon­jour, je découvre naï­ve­ment le champ de bataille mais ce bou­quin a fini par atter­rir dans mon email (via les copains de l’incubateur) et je vou­drais pla­cer deux mots parce que je suis inter­lo­qué. J’ai l’impression que tout le monde fait mine de décou­vrir ? Je ne sais pas si les milieux pari­siens bien-pensants se rendent vrai­ment compte de la situa­tion ? Je n’ai pas de diplôme en finance, je ne suis qu’ingénieur et car­bure sur un nou­veau pro­cédé de rou­le­ment à billes (cha­cun son truck…). Vous dire, d’abord, qu’il n’y pas que le numé­rique dans le busi­ness. Toutes les suc­cess sto­ries à la une des jour­naux nous rabâchent le der­nier vazypoopoo.com ou l’histoire de ce fils d’HEC qui a mis au point (même pas lui) une API révo­lu­tion­naire pour auto­lus­trer son iphone !

    La réa­lité c’est qu’OSEO dis­tri­bue son label à ceux qui nouent la cra­vate du bon côté ou acceptent de sou­per au béni­tier. Ce bla­son a du plomb dans l’aile. C’est le label bio du FCPI qui lui per­met tran­quille­ment de rem­plir son panier. J’ai été appro­ché : mon pro­jet a été audité, laminé et refondu dans le but (heu­reu­se­ment qu’un copain s’est ren­sei­gné) d’être refour­gué à un client du por­te­feuille (à l’étranger en plus de ça). La belle affaire ! Savez-vous com­bien de pro­jets sont à l’arrêt faute de finan­ce­ments ou de refus de ce label (une belle stat à sor­tir) et com­bien d’entreprises meurent étouf­fées dans la coquille ? Sor­tez de Paris, visi­tez les régions, redes­cen­dez dans les pépi­nières, les incu­ba­teurs et les labos, là où les inno­va­tions sont conçues, vous y décou­vri­rez un monde nou­veau, géné­reux et pétillant, garni de lutins dégour­dis et moti­vés qui ont envie d’entreprendre mais sont bâillon­nés par ce sys­tème per­vers et une poi­gnée de croque-morts.

    Alors oui et re-oui, tor­dons le cou à l’omerta.

    (merci de votre atten­tion, par­don­nez le cri, mais ça fait du bien)

    PS1- C’est quoi la mis­sion de ces FCPI ? Gérer la défisc ISF pour le compte de leur mai­son mère ou finan­cer des entre­prises inno­vantes ? Cet anta­go­nisme est un cul-de-sac. C’est le coeur du débat et la source des dérives.
    PS2- Par­tout éclosent des tro­phées de l’innovation (il y a même du speed-dating du finan­ce­ment main­te­nant ! ). Je vous conjure d’écouter les conver­sa­tions de buf­fet des nou­veaux Mr Bean de la finance, c’est qqchose… On y croise même des “agents” de fonds, des déter­reurs de pépites atti­rés par le filon. Pas de place pour l’innovation dans cette cor­po­ra­tion : ce sont des car­ros­siers auto­mo­biles (cf. PS1).
    PS3- Je m’auto-modère pour finir. Il existe des gens très bien chez OSEO (et même chez les fonds) qui connaissent ces pro­blèmes mais sont coin­cés dans l’armure du dis­po­si­tif. Que ces affaires éclatent enfin, qu’ils puissent par­ler et livrer leur expérience.

  • [54] - Fabien a écrit le 13 mars 2009 :

    Bille. Non Oséo ne fait pas n’importe quoi. Le label “entre­prise inno­vante” pour l’accès aux FCPI n’est pas attri­bué à la légère jus­te­ment. C’est une acti­vité très contrô­lée. Rien à voir avec les cra­vates. Et pour le rem­plis­sage de panier, pas besoin de FCPI non plus. Si per­sonne ne veut inves­tir dans votre entre­prise, c’est qu’il y a une rai­son, indé­pen­dam­ment du label FCPI. Ce qui inté­resse les fonds c’est la valo­ri­sa­tion de votre tech­no­lo­gie qui créé votre avan­tage concur­ren­tiel et donc votre avance et votre poten­tiel de crois­sance sur un mar­ché mon­dial. Main­te­nant on peut aussi remettre en ques­tion tout cela. Oséo n’y est pour rien. C’est déjà assez com­pli­qué comme cela pour eux. Ils sont en pre­mière ligne avec le Plan de Relance pour la tré­so­re­rie des entre­prises. On s’en sert comme pom­piers et aussi comme “bonne à tout faire” et comme “faire valoir”. Si des finan­ciers (dans le cadre des FCPI) ont mal fait leur tra­vail, c’est à eux qu’il faut s’en prendre. Per­sonne ne veut prendre aucun risque aujourd’hui. C’est un comble. Un peu d’éthique et de bon sens nous feront le plus grand bien.

  • [55] - herve a écrit le 13 mars 2009 :

    @bille je vais redire dif­fé­rem­ment ce que j’ai vécu ces vingt der­nières années et dit plus haut: j’ai fait mes études et ma thèse dans le sys­tème fran­çais bien pyra­mi­dal ou il faut les bons diplômes et les bons labels. Et puis j’ai passé deux ans dans la Sili­con Val­ley ou ni les uns ni les autres n’avaient la moindre valeur. Alors évidem­ment on peut y voir la loi de la jungle. Moi, j’y ai vu que les gens avec des idées pou­vaient les déve­lop­per sans pas­ser sous les fourches cau­dines d’une seule auto­rité. Main­te­nant cela a de nom­breux défauts aussi… sauf que, du labo d’où je suis sorti (un gros labo, une cen­taine de doc­to­rants en per­ma­nence), j’ai compté 36 start-up, $900M de capital-risque, 7 IPO. Or ces étudiants aidés par leur profs n’ont pas eu à pas­ser par oseo, ca n’existe pas la-bas, ni par un seul fonds de capi­tal risque, car ils ont nom­breux sans comp­ter les BAs. Je ne cherche pas à embel­lir la Sili­con Val­ley, mais à mon­trer un écosys­tème com­plè­te­ment dif­fé­rent, où la réus­site n’est pas liée à un sys­tème ou un pro­ces­sus unique. Main­te­nant c’est clair aussi, les finan­ciers n’investissent pas pour la beauté de la tech­no­lo­gie, mais pour faire un pro­fit maxi­mum. Quoique… les busi­ness angels qui sont sou­vent d’anciens entre­pre­neurs mettent des sous par­fois pour des rai­sons très peu ration­nelles (par exemple Bech­tol­sheim, un alle­mand, fon­da­teur de Sun qui a mis $100k dans une idée folle de deux gamins dont un russe, Brin, parce qu’il connais­sait et res­pec­tait le prof, Che­ri­ton, qui lui a mon­tré la techno)… pas de label Oseo, ce jour-là

  • [56] - startuper a écrit le 13 mars 2009 :

    @hervé. Plu­tôt d’accord avec votre cri­tique. Ce que décrit Bille est un sys­tème tel­le­ment aca­dé­mique qu’il souffre d’asepsie. Il n’y aurait donc qu’une seule voie, bali­sée stric­te­ment avec des arrêts obli­ga­toires à de petites gué­rites char­gées de déli­vrer le visa pour l’étape sui­vante ? « C’est une acti­vité très contrô­lée » comme le sou­ligne Fabien : « et si per­sonne ne veut inves­tir dans votre entre­prise, c’est qu’il y a une rai­son »… Dif­fi­cile de se satis­faire de cette rhé­to­rique : avant d’obtenir son label, le créa­teur est déjà passé devant de nom­breuses com­mis­sions qui ont jugé son pro­jet et lui ont accordé des aides. Pour­quoi, subi­te­ment, ce pro­ces­sus serait-il stoppé ? Pour des rai­sons de gros sous tout sim­ple­ment ? Ou bien l’entrepreneur n’est pas assez mal­léable ? Ou son pro­fil pas assez opé­ra­tion­nel ? Toutes rai­sons qui conduisent à jus­ti­fier un échec mais n’entraînent pas la taverne à revoir son menu.
    @Fabien. Quand vous dites : « Ce qui inté­resse les fonds c’est la valo­ri­sa­tion de votre tech­no­lo­gie qui crée votre avan­tage concur­ren­tiel et donc votre avance et votre poten­tiel de crois­sance sur un mar­ché mon­dial », c’est le dis­cours offi­ciel. La méta­phore de Bille, moins conve­nue, du car­ros­sier auto­mo­bile, sou­ligne les para­doxes de l’écosystème. L’ingénieur pré­sente un moteur ; les méca­ni­ciens le reçoivent et indiquent qu’ils dis­posent des pièces pour lan­cer le bolide dans la course, mais le gara­giste décide de refaire la pein­ture, ses clients étant plus atta­chés à mar­ger sur l’argus… La conces­sion se porte bien, ses clients res­tent fidèles, mais jamais elle n’alignera de véhi­cule au départ d’un grand prix. Les orga­ni­sa­teurs de la course peuvent avoir des regrets.
    D’accord avec vous sur OSEO. Cui­siné à toutes les sauces, l’indigestion nous guette.
    @Bille. Qu’est devenu votre projet ?

  • [57] - Bonjour Bonjour a écrit le 13 mars 2009 :

    A hervé et star­tu­per. Rien n’empêche les star­tups en France de trou­ver des busi­ness angels. Il n’y a aucun frein !!! En quoi Oséo est res­pon­sable de tous ces pro­blèmes de fonds propres ? On n’est pas obligé en France de pas­ser sys­tè­ma­ti­que­ment par OSEO (je veux par­ler des aides d’Etat, régies par Bruxelles, et qui existent aussi dans d’autres pays). Je crois que vous faites confu­sion et qu’il vous faut cher­cher un bouc émis­saire… Me trompe je ? Et l’aide à l’innovation est aussi lar­ge­ment décen­tra­li­sée aussi(pouvoir des Régions depuis plu­sieurs années déjà)…

  • [58] - herve a écrit le 13 mars 2009 :

    Je réagis­sais sim­ple­ment à l’importance trop grande accor­dée à oseo (dans ces échanges ou en géné­ral) dans le sou­tien aux start-ups. les Busi­ness Angels sont en effet essen­tiels. Je fai­sais sim­ple­ment une com­pa­rai­son sur les dif­fé­rences cultu­relles entre France et USA et sur la manière d’aborder le lan­ce­ment et la crois­sance des start-up. Nous cher­chons trop de labels. Mais je crois que je suis d’accord avec votre commentaire.

  • [59] - startuper a écrit le 13 mars 2009 :

    @bonjourbonjour. On est hélas obligé d’y pas­ser. Aujourd’hui vous ne levez plus un rouble sans ce pré­cieux sésame. On le déplore tous, mais force est de consta­ter qu’en ayant ins­ti­tu­tion­na­lisé ce pro­ces­sus à l’extrême, on a peu à peu condamné les autres cir­cuits. D’où la fronde des por­teurs de projet.

  • [60] - Bonjour Bonjour a écrit le 13 mars 2009 :

    @startuper et hervé. Oui je suis d’accord avec vous. Mais vous savez, cha­cun tente de ren­voyer la faute aux uns et aux autres quand per­sonne ne veut prendre de déci­sions par soi même. Lorsqu’un finan­ceur vous dis “non” parce qu’il n’y a pas le “label”… c’est qu’il choi­sit la voie la moins désa­gréable de dire “c’est pas moi, c’est l’autre”.… Vous com­pre­nez. Il faut savoir déchif­frer. Les bons pro­jets trouvent tou­jours pre­neurs. A bien­tôt et bon week end.

  • [61] - Olivier Ezratty a écrit le 13 mars 2009 :

    Oséo et toutes les aides à l’innovation qu’Hervé dénonce quelque peu sont des cau­tères sur jambe de bois, et en quelque sorte, le pan­se­ment que la puis­sance publique à trouvé pour col­ma­ter une situa­tion dont elle est par­tiel­le­ment responsable.

    Pre­mière erreur ori­gi­nelle dont le pays n’arrive tou­jours pas à se débar­ras­ser : l’ISF, qui en plus de 25 ans a fait fuir entre le tiers et la moi­tié des grandes for­tunes du pays (cf http://fr.wikipedia.org/wiki/Expatriation_fiscale). L’ISF a été créé et déployé au moment même où la notion de busi­ness angel appa­rais­sait et où l’économie numé­rique explo­sait. Triste coin­ci­dence ! C’est une des prin­ci­pales rai­sons de notre défi­cit de busi­ness angels de haut calibre (en capa­cité d’investissement). Ensuite, il y la fai­blesse de notre sec­teur IT local. Les prin­ci­paux entre­pre­neurs en nombre qui ont réussi en France dans la high­tech sont des créa­teurs de SSII. Avec en géné­ral, des for­tunes plus faibles que celles que les créa­teurs d’entreprises de tech­no­lo­gies (hard­ware, soft­ware et même Inter­net) ont pu créer dans d’autres pays. Et une expé­rience qui n’est pas néces­sai­re­ment en phase avec les besoins en com­pé­tences des entre­prises de tech­no­lo­gie qui doivent croitre rapi­de­ment à l’international. De sur­croit, rares sont les entre­prises fran­çaises du sec­teur high-tech qui ont mis en place des plans de stock-options pour leurs mana­gers. Aux USA, beau­coup de busi­ness angels sont d’anciens cadres de grands groupes et pas seule­ment des fon­da­teurs d’entreprises. Pour un Ser­gei Brin, un Larry Elli­son ou un Bill Gates, il y a des cen­taines si ce n’est des mil­liers d’anciens de leurs entre­prises res­pec­tives qui sont deve­nus des busi­ness angels. Bien plus rare en France !

    Seconde erreur : un sys­tème d’aide et une stra­té­gie indus­trielle qui a tou­jours favo­risé les grandes struc­tures, et de pré­fé­rence les per­dants pour ce qui est de la high­tech (Bull étant l’exemple emblé­ma­tique). Cela conti­nue encore avec les pôles de com­pé­ti­ti­vité et les mis­sions de l’Agence de l’Innovation Indus­trielle qui ont été inté­grées l’année der­nière dans celles d’Oséo Inno­va­tion. Le trou démo­gra­phique des PME qui sévit dans tous les sec­teurs écono­miques nous han­di­cape encore plus dans la high­tech car c’est une indus­trie où les écono­mies d’échelle sont plus élevées que dans la moyenne (comme dans la grande dis­tri­bu­tion ou l’agroalimentaire). L’approche du Small Busi­ness Act amé­ri­cain est sou­vent mon­trée en exemple. Elle a au moins un mérite : rem­pla­cer des aides diverses par des com­mandes. Aider des entre­prises à ren­con­trer leur mar­ché et à tra­vailler pour de vrais clients (certes, du sec­teur public, et sou­vent de la défense) est pro­ba­ble­ment plus effi­cace de des sub­ven­tions ou avances diverses.

    Troi­sième erreur: la fonc­tion­na­ri­sa­tion de la recherche qui a démarré au début des années 80 et dont l’Etat a bien grand mal à se dépê­trer (cf les remous actuels liés à la réforme du sta­tut des enseignants-chercheurs). Ne par­lons pas du faible lien orga­nique entre les uni­ver­si­tés et même les grandes écoles, avec les entre­prises privées.

    Qua­trième erreur: une classe poli­tique pro­fes­sion­na­li­sée qui ne per­fuse pas assez avec le privé. Sec­teur privé qu’elle ne com­prend donc pas, com­pa­ra­ti­ve­ment avec la classe poli­tique américaine.

    Cin­quième fac­teur, qui n’est pas une erreur en soi, mais un contexte his­to­rique, cultu­rel et éduca­tif péna­li­sant : la rela­tion au risque, à l’économie, à l’argent.

    Sachant qu’une part de tous ces fac­teurs existent dans le reste de l’Europe, et dans une moindre mesure dans le Royaume Uni (où il y a dix fois plus de busi­ness angels qu’en France).

    Beau­coup d’oeufs et de poules pour expli­quer la situa­tion de l’investissement privé dans notre pays ! Pour en sor­tir, il faut cer­tai­ne­ment déployer une stra­té­gie pro­gres­sive. Tout en évitant les abus de la fameuse “finan­cia­ri­sa­tion de l’économie” tant dénon­cée pour de bien bonnes rai­sons. Mais pour l’instant, on n’en voit pas encore la couleur.

  • [62] - Bille a écrit le 13 mars 2009 :

    @bonjourbonjour. Enfi­lez un col d’ingénieur et une per­ruque et filez à la cafet’ d’un incu­ba­teur. Lan­cez le débat sur « com­ment tu fais toi pour cho­per OSEO ? » et relan­cez sur les Busi­ness Angels, vous com­pren­drez mon témoi­gnage… Ma cri­tique a été mal per­çue (c’est de ma faute, pardonnez-moi, bon­jour­bon­jour, je me suis un peu emporté). Je ne vou­lais pas dire qu’OSEO fai­sait n’importe quoi et attri­buait son label à la légère, j’alertais sur les sujé­tions aber­rantes du sys­tème. Je per­siste à juger, après des cen­taines d’heures pas­sées à vou­loir faire entrer mon pro­jet dans l’unique moule fran­chouillard auto­risé, que ce cadre pro­duit des effets bien plus dévas­ta­teurs qu’il ne paraît. Et sur­tout qu’il y a un vrai vrai pro­blème au moment de finan­cer. Je relance d’une méta­phore que tout le monde com­prenne : le busi­ness du FCPI c’est beur­rer les choux qu’on lui apporte et les revendre pour le compte d’une cré­me­rie. Le busi­ness de l’entrepreneur c’est mul­ti­plier les choux et vendre des pièces mon­tées. Deux métiers peu com­pa­tibles. Les dérives viennent du fait que le FCPI n’accepte plus que les choux d’une seule pâtis­se­rie et qu’il marge sur le beurre avec, en plus, une garan­tie du lai­tier ! La morale c’est que le FCPI fait son beurre quand l’entrepreneur compte ses choux. Tout le monde semble satis­fait parce que le bilan est à l’honneur des vaches et des bailleurs de pâture mais le lai­tier devrait sur­veiller son cho­les­té­rol et s’interroger sur la qua­lité des pièces mon­tées, l’avis des consom­ma­teurs et la concur­rence étran­gère. .
    @startuper. Mon pro­jet est en attente du bon FCPI => j’attends avec impa­tience le deuxième volet du bou­quin (mais pour­rait bien finir au Japon

  • [63] - Fabien a écrit le 14 mars 2009 :

    @olivier. La France a tout testé. La cen­tra­li­sa­tion, la décen­tra­li­sa­tion, le finan­ce­ment public, le finan­ce­ment privé, la défis­ca­li­sa­tion, le retour des grosses for­tunes (loi Tepa…), les clus­ters, l’enseignement supé­rieur… j’en passe et des meilleurs. Mais les Fran­çais cri­tiquent tou­jours. C’est peut être cela qui gêne aujourd’hui les acteurs. Tout le monde cherche un res­pon­sable. La France a fait beau­coup pour ses petites entre­prises comme pour ses grands groupes indus­triels. Les Etats-Unis ne sont pas la pana­cée, ni le Japon.
    Concer­nant le SBA à la fran­çaise porté par le Comité Riche­lieu. Il se trouve que pour que la PME trouve des com­mandes auprès des grands comptes, encore faut il qu’elle ait un pro­duit à pro­po­ser. Et là encore, ce déve­lop­pe­ment se finance par les fonds propres et quelques aides. Les PME inno­vantes ont dans la grande majo­rité des grands comptes dans leur por­te­feuille clients. Ce n’est pas nou­veau.
    Il y a des for­tunes en France (peut être plus qu’ailleurs) mais elles ne veulent pas inves­tir dans l’entreprise. C’est sur cette fri­lo­sité anor­male qu’il faut tra­vailler.
    Avec les “Madof­fés” aux US… sans doute qu’il y aura moins de busi­ness angels à l’avenir. Les grosses for­tunes vont dimi­nuer. Il va fal­loir que les entre­pre­neurs aux US comme en France tra­vaillent de manière col­la­bo­ra­tive pour par­ta­ger tous les frais et recou­rir ponc­tuel­le­ment aux aides et aux BA, puis aux VCs de façon très cal­cu­lée.
    Ne voyons pas tout en noir. Res­tons opti­mistes, comp­tons sur nos atouts et notre tena­cité pour nous en sor­tir et sur­tout sor­tir la col­lec­ti­vité du marasme.

  • [64] - macha a écrit le 14 mars 2009 :

    Hervé et Fabien. Oui comp­tons sur nous même. Car quand on voit les dif­fi­cul­tés du gou­ver­ne­ment avec un grand comme Total qui licen­cie quand même. On peut se poser des ques­tions. Bien­sûr qu’il faut dégrais­ser par­fois, mais est ce le moment alors que le groupe a les moyens de gar­der ses effec­tifs quelque temps encore ?

    Il paraît que depuis les pri­va­ti­sa­tions Bal­la­dur (comme Total et d’autres), nos grandes entre­prises hau­te­ment stra­té­giques ne sont plus à capi­taux fran­çais. La stra­té­gie est mon­diale et donc nos pro­blèmes d’emploi sur le ter­ri­toire natio­nal, ceux là s’en tapent le coquillard. Il aurait fallu gar­der ces grandes entre­prises sous contrôle de l’Etat fran­çais un point c’est tout. On aurait eu des marges de contrôle et d’ingérance plus grandes. C’est que fait la Chine : un com­mu­nisme bien pensé. Oui je le vous le dis.

    Main­te­nant plus rien ne nous appar­tient. Micro­soft (qui se est bien amé­ri­cain à tout point de vue) fait sem­blant de nous aider.

    Vous ver­rez. Il va fal­loir tout repen­ser et reprendre nos billes… (n’est ce pas bille?). La Finance et le Grand Capi­tal s’en est mis plein les fouilles avec la mon­dia­li­sa­tion. Arrê­tons les !!!

  • [65] - Olivier Ezratty a écrit le 14 mars 2009 :

    Fabien, non la France n’a pas tout testé car la France n’a pas tou­jours diag­nos­ti­qué ce qu’elle devait chan­ger. Elle a tou­jours eu ten­dance à com­plexi­fier au lieu de sim­pli­fier. Et elle excelle dans les demi-mesures ou les mesures mal exécutées.

    Les clus­ters ? Oui, tes­tés, mais il y en a bien trop car on a sau­pou­dré l’approche, du fait d’un clien­té­lisme indécrotable.

    La régio­na­li­sa­tion ? Oui, mais sans sim­pli­fier le décou­page admi­nis­tra­tif sur lequel la com­mis­sion Bal­la­dur est bien mal en peine d’y chan­ger quelque chose sérieu­se­ment. Et qui se prend évidem­ment l’opposition des élus locaux de tous bords.

    Le retour des grandes for­tunes ? Il n’a pas encore eu lieu pour une rai­son simple : toutes les mesures de la loi TEPA sont réver­sibles à la pro­chaine alter­nance poli­tique. Avec une oppo­si­tion qui déclare d’ailleurs bien prête à le faire. On ne rentre pas en France pour repar­tir dans quatre ans…

    L’enseignement supé­rieur ? Ca avance bien doucement.

    Etc.

    Par contre, je suis d’accord sur le besoin de pous­ser les grandes for­tunes à inves­tir dans les entre­prises. Ceci étant il ne faut pas oublier qu’une grande part de ces for­tunes sont des parts dans des entreprises !

    Et puis, la France a ceci de par­ti­cu­lier qu’elle réussi plu­tôt pas mal d’un point de vue écono­mique mal­gré tous ses han­di­caps struc­tu­rels. C’est ça le miracle fran­çais ! Que serait-il si on affi­nait un peu l’ensemble ?

  • [66] - herve a écrit le 15 mars 2009 :

    @Olivier et @tous
    merci pour les échanges qui prouvent à quel point le sujet est sen­sible. Mon impres­sion géné­rale, ma conclu­sion est qu’il y a une oppo­si­tion d’un côté entre le fait que l’état, la société devraient contrô­ler, agir plus encore et de l’autre sur une culture qui ne serait pas adap­tée au monde et/ou à la crois­sance des start-up. Même l’élément fis­cal ne me convainc qu’à moi­tié. Je vis en Suisse, beau­coup de grosses for­tunes, une fis­ca­lité pas favo­rable et pour­tant la même dif­fi­culté. Pour­quoi, parce que ces grosses for­tunes ne sont pas inté­res­sées par les start-up. Aux USA, les BAs sont bien sou­vent en effet, comme tu le dis, Oli­vier, d’anciens cadres, mais j’ajouterai de start-up. Mon impres­sion est donc que on peut essayer tout ce qu’on veut, encore faut il que le ter­rain soit fer­tile. Ni Total, ni l’État ne me semblent avoir bien com­pris qu’une start-up c’est bien sou­vent et avant tout une aven­ture indi­vi­duelle, même si bien sûr un indi­vidu ne fait pas tout. Je trouve tout de même chouette qu’à par­tir d’un sujet polé­mique (les tri­cheurs), nous ayons pu tous élever le débat ce qui ne doit pas empê­cher, en effet, d’éliminer les bre­bis galeuses, qui. à elles seules, ne peuvent expli­quer nos échecs et difficultés…

  • [67] - Henri a écrit le 15 mars 2009 :

    Sur cette his­toire de FCPI, com­ment mettre fin au palabre ? J’ai noté quelques inter­ven­tions remar­quables ici ou là, des témoi­gnages sin­gu­liers et même des solu­tions tout à fait cré­dibles pour recons­truire un dis­po­si­tif de meilleure fac­ture et plus favo­rable à l’innovation. Mais il y a urgence à stop­per l’hémorragie. Si des entre­pre­neurs ont été vic­times de ges­tion­naires mal­hon­nêtes, ces der­niers doivent être confon­dus rapi­de­ment. Car nous n’avons hélas pas de sys­tème de rechange à pro­po­ser. Le dan­ger serait de ne rien faire et d’accroître la défiance des sous­crip­teurs. Le résul­tat serait catas­tro­phique pour les entre­prises.
    Déjà, en début d’année, il a fallu revoir le méca­nisme des hol­dings d’investissement en limi­tant le nombre d’actionnaires, car on avait constaté qu’il était détourné de son inten­tion (l’investissement de proxi­mité) au pro­fit d’opérations pure­ment fis­cales.
    En ces temps de crise, il y a para­doxa­le­ment de plus en plus d’assujettis ISF. Ce n’est pas un mal, c’est une chance ! A condi­tion qu’une par­tie de cette épargne reparte dans le cir­cuit écono­mique. Clai­re­ment, aujourd’hui, il faut encou­ra­ger les sous­crip­teurs dans cette voie et bien plus encore : il fau­drait les hono­rer. Je trouve fas­ci­nants les résul­tats de l’étude AFIC-OSEO dont la com­mu­ni­ca­tion célèbre beau­coup les fonds, un peu les entre­prises et pas du tout les épar­gnants. De sur­croît, on ne com­prend pas grand chose aux per­for­mances de sor­tie des FCPI. Du reste, est-ce si impor­tant que cela ? Leur mis­sion n’est-elle pas de pro­pul­ser des entre­prises sur des mar­chés ? Elles prennent des risques, certes, mais béné­fi­cient de garan­ties d’Etat, ce qui n’est pas le cas des entre­prises finan­cées. Alors donc ? Ces FCPI devraient être des mous­que­taires de la crois­sance, pas des cagnottes à ISF, sinon les assu­jet­tis conti­nue­ront à les consi­dé­rer comme des gad­gets à défis­ca­li­ser, non comme un levier écono­mique.
    Il y a urgence à redon­ner confiance à ce type d’investissements et com­mu­ni­quer sur ses valeurs morales. Il y a urgence à mieux enca­drer ces fonds, redé­fi­nir leur mis­sion, se débar­ras­ser des mar­gou­lins et se concen­trer sur le seul objec­tif qui compte : fabri­quer de la valeur ajoutée.

  • [68] - Fabien a écrit le 15 mars 2009 :

    Il fau­drait mettre en valeur ces nou­veaux busi­ness angels, ex-fondateurs de star­tups. Je pense à Kos­ciusko (pri­ce­mi­nis­ter), de Guil­her­mier (pho­to­ways), Babi­net (musi­wave, eyeka…), Chap­paz (Kel­koo, wiki…), Oriane Gar­cia (cara­mail…), Marc Simon­cini (Meetic.fr)… Ces entre­pre­neurs là entourent déjà un cer­tain nombre de nou­veaux pro­jets de créa­teurs d’entreprises… Ils ont bien réussi et réin­ves­tissent main­te­nant argent, temps et réseaux dans de nou­velles star­tups. Leur pré­sence cré­di­bi­lise les entre­prises et faci­litent l’accès aux finan­ce­ments com­plém­nen­taires.
    C’est ce que France Angels est sen­sée faire
    http://www.franceangels.org/

    Cer­tains com­mencent à s’associer à l’initiative Paris Men­tor
    http://www.parisdeveloppement.com/la-technopole-parisienne/lanimation-de-paris-technopole/programme-paris-mentor.html

    0n les retrouve aussi en par­tie chez Crois­sance Plus
    http://www.croissanceplus.com/

    Enfin, oséo pour­rait aussi par­ler des busi­ness angels qui inves­tissent à tra­vers son ser­vice “capi­tal Pme”, au départ pour pro­fi­ter de la loi Tepa, mais peut être aussi pour se rendre utiles (car­net d’adresses, savoir faire…) auprès de ces jeunes entrepreneurs.

  • [69] - startuper a écrit le 18 mars 2009 :

    Bizarre l’interview d’Antoine Col­boc dans les Echos : http://www.lesechos.fr/info/france/4841777-il-faut-revoir-le-financement-des-pme-innovantes.htm
    Il dit : « Le FIP est un fonds régio­nal des­tiné au déve­lop­pe­ment de la PME sur un mar­ché avéré, alors que le FCPI est des­tiné à finan­cer la recherche et l’innovation tech­no­lo­gique. »
    Pour­tant l’actualité est emplie de nou­veaux label­li­sés OSEO qui n’ont rien à voir avec les start ups nais­santes mais qui sont déjà bien implan­tées et même inter­na­tio­na­le­ment. Der­niè­re­ment, on appre­nait par exemple que Sword Group (cotée sur EURONEXT Paris - 150 mil­lions € de capi­tal et un CA conso­lidé > 200 mil­lions €) « retrou­vait » son sta­tut d’entreprise inno­vante reconnu par Oséo. Et Sword Group de com­mu­ni­quer : « Avec l’obtention de ce label, les FCPI (Fonds Com­mun de Pla­ce­ment dans l’Innovation) peuvent doré­na­vant prendre une par­ti­ci­pa­tion dans le capi­tal de Sword Group. Sword ouvre ainsi poten­tiel­le­ment son action­na­riat à de nou­veaux ins­ti­tu­tion­nels dont les inves­tis­se­ments s’inscrivent dans la durée. »
    Cette évolu­tion indique que dans les années à venir le finan­ce­ment de nou­velles entre­prises issues de la recherche risque encore de dimi­nuer. L’autre ques­tion est : « à quoi servent les FCPI » ?

  • [70] - Marc-6 a écrit le 19 mars 2009 :

    Je vous recom­mande La lutte avec l’ange d’Elen Riot pour une vision lucide de la rela­tion entre entre­pre­neurs et “VC” en France.
    http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=22139
    http://www.amazon.fr/Entrepreneurs-investisseurs-entre-confiance-all%C3%A9geance/dp/2296014305/

  • [71] - financeperso a écrit le 18 août 2009 :

    Bon­jour,

    Inves­tis­seur fidéle en FCPI depuis 10 ans:
    Par convic­tion puisqu’en orien­tant une par­tie de mon épargne vers les FCPI je sou­haite contri­buer à la créa­tion des emplois de demain
    Par interêt fis­cal pour béné­fi­cier de la réduc­tion d’impot de 25%
    Par interêt écono­mique puisque le ren­de­ment de ce type de pla­ce­ment devait être interessant.

    Avec dix ans de recul, car c’est le mal­heu­reu­se­ment le laps de temps qu’il fal­lait lais­ser aux FCPI pour faire leurs preuves et rele­ver les pre­miers comp­teurs: le bilan est trés mitigé:

    1) les pra­tiques de cer­tains fonds semblent plus que contes­table
    2) le niveau des frais est trés élevé
    3) les ren­de­ments ne sont pas for­cé­ment au ren­dez vous voir des chutes de valeurs de l’ordre de 90%
    4) les résul­tats des socié­tés de ges­tion sont d’ailleurs plus qu’éloquant

    Cepen­dant, je pense qu’il ne faut pas jeter le prin­cipe des FCPI aux sor­ties car ils ont un role à jouer dans le finan­ce­ment des entreprises.

    Si vous êtes un inves­tis­seur de convic­tions, quelques régles de bases sont à respecter:

    1) bien choi­sir la société de ges­tion
    2) s’interesser à son inves­tis­se­ment
    3) recher­cher les pro­duits avec un niveau de frais rai­son­nable (à la longue si les socié­tés de ges­tions se rendent compte que c’est un argu­ment com­mer­cial elles feront peut être des efforts compte tenu de la concurrence)

    Je viens de créer un blog sur ce sujet afin d’apporter une aide aux choix des FCPI.
    J’évoque et je recherche égale­ment des voix alter­na­tives d’investissements.
    Toute contri­bu­tion sera la bienvenue.

    http://finance-perso.blogspot.com/

  • [72] - financeperso a écrit le 6 octobre 2009 :

    Bon­jour,

    Je viens de com­plé­ter mon blog d’un grand clas­se­ment des socié­tés de ges­tion des FCPI sur la période 1997 - 2006.

    Pour répondre à la ques­tion ini­tiale, il faut effec­ti­ve­ment se méfier des FCPI

  • [73] - Mikilamberg a écrit le 27 juin 2010 :

    Bon­soir,
    j’ai lu le pam­phlet cité en référence.

    Vous sem­blez par­tir du pos­tu­lat que le contenu dudit pam­phlet est avéré. Admettons.

    Au-delà des faits, sur les­quels je n’ai aucune infor­ma­tion, et sur les­quels je ne me pro­nonce donc pas, je m’interroge sur une autre question :

    Par­fois, un créa­teur d’entreprise est mani­fes­te­ment dépassé, et inca­pable de mener sa société à la réus­site indus­trielle et écono­mique. Y a-t-il en France un tabou à rap­pe­ler ce simple fait ? Qu’un créa­teur d’entreprise est sou­vent un homme seul et qu’il peut se lais­ser aveu­gler par ses propres convic­tions ? Et à rap­pe­ler que dans cer­taines cir­cons­tances, l’intérêt de l’entreprise prime sur la conser­va­tion par le créa­teur de son “bébé” ?

  • [74] - fabien a écrit le 27 juin 2010 :

    La défis­ca­li­sa­tion liée aux FCPI sera t-elle main­te­nue ou va t-on ten­ter de tuer bébé avec l’eau du bain ? Tout ce scan­dale cousu de fil blanc pour sup­pri­mer les FCPI.. c’est un peu gros comme ficelle non ? A qui pro­fite le crime ? Bien sûr qu’un pla­ce­ment en FCPI est ris­qué pour un par­ti­cu­lier ; il s’agit d’entreprises ris­quées qui peuvent se plan­ter ou géné­rer un jack pot.
    http://www.lesechos.fr/patrimoine/bourse/020492054551.htm

    En atten­dant les récentes études démontrent l’utilité des FCPI pour le finan­ce­ment des PME inno­vantes et la créa­tion d’emplois directs. Par contre la loi TEPA avec les exo­né­ra­tions ISF n’est pas assez cadrée, ne pro­fite pas vrai­ment aux PME inno­vantes et consti­tue un gros manque à gagner pour l’Etat. Je pense cepen­dant que le fait d’inciter les busi­ness angels à inves­tir de petites sommes à l’amorçage d’entreprises, aide bien les entre­pre­neurs au début.
    http://www.votreargent.fr/fiscalite/les-fcpi-sont-ils-menaces_132637.html
    http://www.lefigaro.fr/impots/2010/06/18/05003-20100618ARTFIG00574-l-isf-rapporte-de-moins-en-moins.php

    • [74.1] - mac. a répondu le 29 juin 2010 :

      je pen­sais que tu plai­san­tais. mais les médias en font déjà l’écho. Que peut on faire pour sau­ver les FCPI ? Il y a une blo­gueuse qui en parle
      http://blog.usinenouvelle.com/innovation/financement/faut-il-sauver-le-soldat-fcpi/

      http://www.boursereflex.com/actu/2010/06/29/L_AFG_cherche_des_solutions_a_la_fin_des_avantages_fiscaux_des_FIP_FCPI

      • [74.1.1] - Olivier Ezratty a répondu le 29 juin 2010 :

        En effet, les FCPI et les VC qui vont avec sont sérieu­se­ment mena­cés, et par au moins trois fac­teurs cumu­lés :
        - Le rabo­tage des niches fis­cales.
        - La règle­men­ta­tion pru­den­tielle qui se met en place au niveau euro­péen (dont Sol­vency 2 pour les assu­rances)
        - La crise finan­cière qui dans l’absolu rendent les levées de fonds plus dif­fi­ciles auprès des banques

        Résul­tat, on se dirige dis­crè­te­ment vers une natio­na­li­sa­tion des FCPI, déjà enta­mée avec le dis­po­si­tif France Inves­tis­se­ment et qui va se déve­lop­per par le biais du Grand emprunt, tout du moins pour ce qui concerne le numérique.

        Cf quelques articles plus récents de ce blog que celui-ci sur le sujet :
        http://www.oezratty.net/wordpress/2010/siximes-rencontres-xange/
        http://www.oezratty.net/wordpress/2010/chamboulements-financement-innovation/
        http://www.oezratty.net/wordpress/2010/tentative-decryptage-grand-emprunt/
        http://www.oezratty.net/wordpress/2009/financement-public-et-priv-de-linnovation/

        • [74.1.1.1] - mac. a répondu le 29 juin 2010 :

          je ne pense pas avoir bien com­pris. Cela signi­fie que les seules levées de fonds se feront via le FSI, donc la caisse des dépôts, et les prises de par­ti­ci­pa­tions indi­quées par nkm avec le grand emprunt pour le numérique ?

          Ca vou­drait dire que l’Etat met la main au capi­tal des entre­prises les plus stra­té­giques du numé­rique pour éviter qu’elles ne soient trop rapi­de­ment reven­dues par les fonds d’investissement ?

          Si c’est cela, que vont deve­nir les autres star­tups consi­dé­rées (peut être à tord) comme moins stra­té­giques ? Etre finan­cées en fonds propres par les BA avec la loi Tepa pour quelques cen­taines de mil­liers d’euros?
          Que devient le label Oséo pour les FCPI ? Est il rem­placé par le nou­veau label “entre­prise inno­vante” des pôles de com­pé­ti­ti­vité égale­ment attri­bué par une filiale de la caisse des dépôts (Polin­vest)? En plus ce sont des pres­ta­tions fac­tu­rées aux entre­prises !!! Sacré détour­ne­ment !!!
          http://competitivite.gouv.fr/les-financements-des-poles/label-entreprises-innovantes-652.html

          Info sur Polin­vest
          http://lise.region-limousin.fr/lise/actualites/elopsys_s_associe_a_polinvest_pour_aider_les_entreprises_dans_leur_recherche_de_financement

          http://lise.region-limousin.fr/lise/content/download/652/4996/version/1/file/PPT_Polinvest_avril_2010.ppt

          J’ai trouvé l’info sur le site LISE du Limou­sin. Un site monté par la caisse a priori.

          Oséo met en avant son contrat par­ti­ci­pa­tif pour les fonds propres dans une enquête récente. Mais ce contrat par­ti­ci­pa­tif est un prêt ! Ca n’a rien à voir ! N’y aurait il pas un din­don dans l’histoire ? J’ai l’impression que l’équipe Oséo s’est fait voler quelque chose… et qu’on lui laisse l’enfer… Faire du prêt (si les banques le veulent bien). Ils vont mour­rir !
          http://www.oseo.fr/a_la_une/actualites/pme_et_eti_renforcez_votre_haut_de_bilan

          • [74.1.1.1.1] - Olivier Ezratty a répondu le 29 juin 2010 :

            Beau­coup de ques­tions aux­quelles je vais ten­ter de répondre, mais n’étant pas une “auto­rité” en la matière !

            “Cela signi­fie que les seules levées de fonds se feront via le FSI, donc la caisse des dépôts, et les prises de par­ti­ci­pa­tions indi­quées par nkm avec le grand emprunt pour le numérique ?”

            Non, quand je parle de levées de fonds des VCs, je parle de leurs levées de fonds à eux, pas des star­tups chez eux. Les fonds de VCs sont ali­men­tés par de l’argent qui est “levé” dans les banques, les assu­rances et chez les par­ti­cu­lier. La CDC inter­vient en direct ou dans des fonds de fonds en étant une des sources de ces VCs. Vu le trou d’air du moment, il ne serait pas éton­nant que leur par­ti­ci­pa­tion aug­mente pour éviter un désastre.

            “Ca vou­drait dire que l’Etat met la main au capi­tal des entre­prises les plus stra­té­giques du numé­rique pour éviter qu’elles ne soient trop rapi­de­ment reven­dues par les fonds d’investissement ? ”

            Oui, c’est un peu le rôle du FSI. Mais il inter­vient sur un nombre assez réduit de PME, de tailles variables.

            “Si c’est cela, que vont deve­nir les autres star­tups consi­dé­rées (peut être à tord) comme moins stratégiques ?”

            Bien, elles suivent le cours nor­mal de l’existence, qui est le plus cou­rant. Atten­tion, être financé par le FSI n’est pas for­cé­ment bon signe…

            “Etre finan­cées en fonds propres par les BA avec la loi Tepa pour quelques cen­taines de mil­liers d’euros? ”

            Cela couvre en géné­ral les phases d’amorçage du cycle de vie des star­tups. Les VC inter­viennent géné­ra­le­ment plus tard.

            “Que devient le label Oséo pour les FCPI ? Est il rem­placé par le nou­veau label “entre­prise inno­vante” des pôles de com­pé­ti­ti­vité égale­ment attri­bué par une filiale de la caisse des dépôts (Polinvest)? ”

            A ma connais­sance le label FCPI “de base” n’a pas dis­paru. Ceci étant, le nou­veau label me semble un peu super­flu. La ten­dance gou­ver­ne­men­tale à favo­ri­ser la R&D col­la­bo­ra­tive me semble dan­ge­reuses dans sa géné­ra­li­sa­tion. Elle éloigne sou­vent les star­tups des mar­chés et des clients.

            “[…] ce contrat par­ti­ci­pa­tif est un prêt ! Ca n’a rien à voir ! N’y aurait il pas un din­don dans l’histoire ? J’ai l’impression que l’équipe Oséo s’est fait voler quelque chose… et qu’on lui laisse l’enfer… Faire du prêt (si les banques le veulent bien). Ils vont mour­rir ! http://www.oseo.fr/a_la_une/actualites/pme_et_eti_renforcez_votre_haut_de_bilan

            Cela fait un bon bout de temps que l’activité de finan­ce­ment prin­ci­pale d’Oséo relève du prêt. Cela glisse même vers la garan­tie de prêts bancaires.

            • [74.1.1.1.1.1] - mac. a répondu le 29 juin 2010 :

              Si si. Le label FCPI est menacé. Je lis un peu par­tout que le cou­pe­ret va tom­ber. La jour­na­liste de l’UN le dit clai­re­ment aussi. “l’avantage fis­cal lié au fonds com­mun de pla­ce­ment dans l’innovation (FCPI), arrive à échéance fin 2010. Or, avec la chasse aux niches fis­cales qui s’annonce –enfin- ce dis­po­si­tif est menacé.“
              Et puis à Oséo il n’y a pas que les prêts ban­caires ou la garan­tie. L’aide à l’innovation existe tou­jours. C’est de l’avance taux zéro. C’est bien géré et ça marche. Et c’est jus­te­ment lié aux levées de fonds des FCPI. Ca va dis­pa­raître aussi ? C’était bien fichu pour­tant.
              Tout cela manque d’explications et de péda­go­gie. Tout se fait dans le dos des entre­prises. C’est dommage.

              • [74.1.1.1.1.1.1] - Olivier Ezratty a répondu le 29 juin 2010 :

                Il faut se méfier des bruits qui courent. Ils sont sou­vent contra­dic­toires. Et ont ten­dance à reflé­ter à la fois la com­plexité du sujet (le rabo­tage des niches fis­cales) et l’indécision poli­tique sur le sujet.

                Tant que le pro­jet de loi de finance 2011 n’est pas offi­cia­lisé, tout cela n’est que conjec­tures ou bal­lons d’essais. Plu­sieurs Ins­pec­teurs des Finances planchent sur le dos­sier en ce moment. Ils doivent remettre un rap­port avec pré­co­ni­sa­tions AVANT la rédac­tion du pro­jet de loi de finances. Le gou­ver­ne­ment arbi­trera ensuite.

                On peut aler­ter sur les dan­gers de cer­taines mesures. Dif­fé­rentes asso­cia­tions pro­fes­sion­nelles comme l’AFIC s’en chargent en ce moment. La publi­ca­tion du rap­port de l’IGF per­met­tra de le faire sur des bases sérieuses (je crois, en juillet).

                Sinon, chez Oséo, en sus des prêts et avances, l’aide à l’innovation reste assez faible en masse (aux alen­tours de 30K en géné­ral). En tout cas pour les star­tups que je peux croi­ser dans le numérique.

  • [75] - fab a écrit le 30 juin 2010 :

    Les 30 KE dont vous par­lez sont de la sub­ven­tion pour les phases amont des pro­jets inno­vants de créateurs(faisabilité). Avec le désen­ga­ge­ment actuel de l’Etat sur l’aide directe (qui est pour­tant mieux gérée que le CIR), ce sont les régions et les dépar­te­ments qui financent pour moi­tié avec Oséo ce type de phase de démarrage.

    Ensuite, les avances rem­bour­sables concernent les déve­lop­pe­ments des pro­grammes, et elles peuvent tour­ner autour de 300 KE voire beau­coup plus, en par­tage avec l’entreprise et ses par­te­naires (action­naires, asso­ciés). Les avances rem­bour­sables sont ver­sées en plu­sieurs tranches ce qui per­met de bien suivre le pro­jet et d’arrêter le ver­se­ment si le pro­jet capote com­plè­te­ment en cours de route (pour X rai­sons), ce qui est une façon de bien gérer l’argent du contri­buable (contrai­re­ment au CIR qui file sans contrôle sur le type de pro­jet ni ses résultats).

    Oséo dis­pose d’une pla­te­forme recon­nue de ges­tion de l’avance rem­bour­sable qui est un outil de finan­ce­ment néces­si­tant un cer­tain savoir-faire. On peut tout tra­cer et rendre des comptes.

    René Ricol en est un fervent défen­seur de cet outil, sur­tout dans le contexte actuel de réduc­tion des dépenses publiques ou de ges­tion “responsable”.

  • [76] - delvigne a écrit le 27 novembre 2011 :

    Bon­jour, je suis un chef d’entreprise qui exerce dans la recherche, le devel­lo­pe­ment et la vente de concepts et d’inventions de pro­duits mon­dia­le­ment inno­vants. Au vu du nombre incroyable d’inventeurs qui se font spo­lier leurs idées, sans aucune inquié­tude de notre Répu­blique.
    Nous avons alors déci­dés de mettre en place un col­lec­tif pour sou­te­nir et défendre les inven­teurs.
    Nous vous invi­tons a deve­nir membre de se col­lec­tif.
    Ce mes­sage s’adresse à tous ceux qui sont vic­times d’abbus de confiance par les avo­cats, qui ont des pro­blèmes avec des asso­cia­tions sen­cées les aider comme TRANSTEC ou OSEO ANVAR, à tous ceux qui se se sont fait voler un concept ou une inven­tion, et même à ceux qui on cru gagner quelque chose en s’arrageant a l’amiable avec leur escro­queur. Grace à notre col­lec­tif vous pour­rez gagner beau­coup plus. Rejoin­nez nous, plus nous serons nom­breux et soli­daire a nous lever contre ce sys­tème qui per­met que les riches dépouillent les pauvres du fruits de leur intel­li­gence, plus nous par­ti­ci­pe­rons à l’établissement d’une équi­table jus­tice. Ensemble, pour les inven­teurs et ceux à venir, nous nous devons de prendre la res­pon­sa­bi­lité de faire évoluer les droits des inven­teurs. Les inven­teurs sont d’ailleurs les pio­ners de l’évolution. Il nous manque plus qu’à nous ras­sem­bler. Ayons l’intelligence de le faire.
    Contact: lemantrodomia2@gmail.com et 0760841312




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