Méta-prédictions pour 2010

Publié le 31 décembre 2009 - 3 commentaires -
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Je vais ter­mi­ner cette année comme les pré­cé­dentes en évoquant les pré­dic­tions des uns et des autres sur 2010. Avant tout dans quelques pans des indus­tries numériques.

L’exercice des pré­dic­tions est un clas­sique d’experts pour valo­ri­ser leur infi­nie connais­sance des mar­chés, des aspi­ra­tions des uti­li­sa­teurs et des hasards de la vie. Et il y en a un paquet ! La requête “2010 pre­dic­tions” dans Google ren­voie plus d’un mil­lion de résul­tats (sachant néan­moins que le moteur de recherche ne per­met d’en récu­pé­rer que les 1000 pre­miers; sauf à affi­ner ensuite sa requête). Le nou­vel exer­cice consiste à faire le point sur ses pré­dic­tions pas­sées, comme chez John Bat­telle.

L’innovation se pré­dit mal­gré tout rare­ment, sur­tout pour ce qui relève de ten­dances socié­tales (exemples chez Trend­ss­pot­ting), toutes aussi impac­tantes que les évolu­tions tech­no­lo­giques. La plu­part des pré­dic­tions peuvent cepen­dant être exactes à ceci près qu’elles se trompent quasi sys­té­ma­ti­que­ment sur l’échéance. Mieux vaut donc cou­vrir une période plus longue comme une décen­nie. Les pré­dic­tions de la “digi­tal decade” faites en 2000 étaient sommes toutes plu­tôt bonnes (cf et article du Figaro sur le sujet).

Je vais ici évoquer quelques unes de ces pré­dic­tions gla­née dans mes lec­tures RSSiennes, tout en y ajou­tant mes propres pistes et/ou interrogations.

Mobi­lité

C’est un domaine encore très mou­vant où l’exercice des pré­dic­tions n’est pas évident.

Dans Fast­Com­pany, le VC Lights­peed Ven­ture Part­ners pré­voit que les “appli­ca­tion stores” vont se géné­ra­li­ser au delà de l’AppStore d’Apple et vont même rat­tra­per ce der­nier et dans une approche plus ouverte. On peut le sou­hai­ter, mais reste à voir com­ment les ménages à trois “opé­ra­teurs – construc­teurs – éditeurs d’OS mobiles comme Google, vont fonc­tion­ner. Android semble être la seconde coque­luche des déve­lop­peurs d’applications mobiles après l’iPhone. Google doit prendre le lead pour fédé­rer des efforts. Mais à mon sens, ce n’est pas en 2010 que la supré­ma­tie d’Apple et de RIM va être remise en cause dans le mar­ché des smartphones.

Selon eux, Palm va être racheté, notam­ment grâce à son OS mobile WebOS qui équipe le Pre. Par Nokia ou RIM. Il est clair que le lan­ce­ment du Pre a été com­plè­te­ment raté et notam­ment parce que Palm n’a pas réussi à atti­rer les déve­lop­peurs d’applications. Il n’y a que quelques dizaines d’applications pour le Pre plu­sieurs mois après son lan­ce­ment. La coque­luche du CES 2009 sera un bon exemple d’échec cui­sant. Pas sûr qu’un rachat per­mette de reprendre le des­sus. Car Nokia et RIM ont leurs propres OS.

De son côté, Juni­per Research pré­voit notam­ment que le tra­fic data va satu­rer les réseaux mobiles 3G. Bien vu car juste après cette pré­dic­tion, AT&T arrê­tait de vendre des iPhones à New York à cause de cette satu­ra­tion. Mais a déblo­qué les ventes rapi­de­ment. Mais la satu­ra­tion peut-être gérée en modu­lant le débit dis­po­nible pour les abon­nés. Cela fait des années que l’on pré­dit égale­ment l’écroulement d’Internet crou­lant sous le tra­fic. Mais les opé­ra­teurs  peuvent plus faci­le­ment adap­ter les infra­struc­tures phy­siques (fibre optique, etc) alors que dans la mobi­lité, la contrainte de la bande pas­sante radio est très forte.

Exemple de Smartbook

Tou­jours selon Juni­per, les smart­books vont égale­ment émer­ger comme une nou­velle caté­go­rie. Avec des carac­té­ris­tiques asso­ciant celles des net­books et des smart­phones et avec une auto­no­mie d’une jour­née com­plète. Cela fait dia­ble­ment pen­ser à la très atten­due tablette qu’Apple devrait lan­cer début 2010, peut-être même le 26 jan­vier. Ils n’évoquent pour­tant pas la fusion avec les ebooks. Est-ce qu’à terme, on ne va pas dis­po­ser de tablettes jouant à la fois le rôle de net­books et d’ebooks, avec une connec­ti­vité sans fil uni­ver­selle ? Comme cette pro­chaine mou­ture à l’étape du design des OLPC ? La ques­tion ici, comme pour la tablette d’Apple, est : à quel prix ? Sera-t-elle un objet de luxe dont le prix ne pourra pas for­cé­ment être en par­tie cou­vert par les frais d’abonnement des opé­ra­teurs mobiles ? En atten­dant, conti­nuons d’observer la crois­sance des ventes des ebooks, sur­tout aux USA.

J’ajouterai que dans les net­books, les OS à base de Linux sim­pli­fiant l’expérience uti­li­sa­teur (Joli­cloud, Google Chrome OS) vont pro­li­fé­rer et qu’aucun lea­der n’émergera en 2010. Le mar­ché des net­books est trop diver­si­fié (usage prin­ci­pal, usage secon­daire, usage exclu­sif d’Internet) pour bas­cu­ler radi­ca­le­ment vers ces solu­tions sim­pli­fiées. Win­dows 7 et Linux (Ubuntu en pre­mier) devraient équi­per la grande majo­rité des net­books. Ceci sera ren­forcé par la pos­ture d’Intel qui pro­pose main­te­nant des pro­ces­seurs dual-core à bas prix et basse consom­ma­tion per­met­tant de créer des lap­tops plus puis­sants que les net­books, d’une auto­no­mie voi­sine (6 à 8 heures) et à un prix tout juste supé­rieur (400€ à 600€). Le mar­ché des lap­tops est ainsi devenu un conti­nuum entre net­books et lap­top quad-cores, allant de 250€ à 3000€. Ce qui comp­tera en tout cas sera comme tou­jours la com­bi­nai­son légè­reté + auto­no­mie + per­for­mance + prix. Les net­books vont-ils décli­ner comme l’envisage Fred Cavazza ? Tout d’abord, ils ne sont pas déce­vants car depuis la géné­ra­tion 2009 (et Ubuntu ou Win­dows 7), leur usage en mobi­lité est tout à faire conve­nable. Je dirais plu­tôt qu’ils vont évoluer, comme vers des tablettes connec­tées en 3G. Il y aura en tout cas tou­jours un mar­ché pour l’entrée de gamme dans le mar­ché des laptops.

Les réseaux sociaux sur mobiles vont s’intégrer avec le mobile com­merce, avec en tête le mar­ke­ting viral et la recom­man­da­tion entre uti­li­sa­teurs, et bien entendu, l’usage de plus en plus géné­ra­lisé de la géo­lo­ca­li­sa­tion. Cela pour­rait fonc­tion­ner sur cer­tains biens comme la musique, les marques des­ti­nées aux jeunes audiences et les ren­contres dans les bars/restaurants. Mais de là à se généraliser ?

Et les smart­phones vont être de plus en plus dotés d’applications de réa­lité aug­men­tée. D’un point de vue maté­riel, c’est en effet pos­sible. La dif­fi­culté est de créer des appli­ca­tions et des écosys­tèmes suf­fi­sam­ment géné­riques pour déve­lop­per cet usage.

Enfin, dans ce domaine, on peut res­ter cir­cons­pect vis à vis des appli­ca­tions du RFID et des NFC, du paie­ment sans contact (en Europe), des objets com­mu­ni­cants divers. Seule l’adoption de ces tech­no­lo­gies par un acteur majeur tel qu’Apple pourra accé­lé­rer l’adoption de solu­tions basées sur ces technologies.

Réseaux sociaux

Le site Mar­ke­ting Charts évoque le rem­pla­ce­ment de la mes­sa­ge­rie élec­tro­nique par Face­book. Oui et non. C’est déjà sou­vent le cas pour une part des jeunes uti­li­sa­teurs de Face­book qui par ailleurs avaient depuis long­temps délaissé la mes­sa­ge­rie et lui pré­fé­raient la mes­sa­ge­rie ins­tan­ta­née, et peut-être main­te­nant Twit­ter. Mais pour ce qui est des usages en entre­prises, le mail a encore de beaux jours devant lui. Donc, point de rem­pla­ce­ment mais une évolu­tion gra­duelle chez certains.

Facebook logo

Par contre, 2010 pour­rait voir Face­book réa­li­ser sa pre­mière année entiè­re­ment béné­fi­ciaire, cap­tant une forte part de la publi­cité dans les réseaux sociaux (qui devrait croître modes­te­ment de 7% à $1,3B en 2010 selon eMar­ke­ter). Avec des consé­quences signi­fi­ca­tives : une acqui­si­tion (de FB par un autre acteur), des acqui­si­tions (d’autres par FB) ou une intro­duc­tion en bourse. Ou au contraire… Face­book se casse la gueule comme le pré­voit Blog­tre­pre­neur, faute d’écouter ses uti­li­sa­teurs. Je n’y crois pas trop.

Par contre, la ques­tion va de plus en plus se poser de l’intégration des dif­fé­rents réseaux sociaux que l’on uti­lise. Cela devient une véri­table caco­pho­nie. Il y a certes l’identifiant Ope­nID et d’autres stan­dards d’interopérabilité qui pour­raient chan­ger la donne. Mais il n’est pas évident de pré­voir qui sera en posi­tion de fédé­rer conve­na­ble­ment les dif­fé­rents réseaux sociaux et outils de com­mu­ni­ca­tion que l’on uti­lise cou­ram­ment, sur votre ordi­na­teur comme sur votre mobile. Voir une pré­dic­tion dans ce registre dans Media­Trans­pa­rent.

Twitter logo

Après, on peut conjec­tu­rer sur le modèle écono­mique que Twit­ter va trou­ver, ou pas. Il va sans doute tes­ter des approches de moné­ti­sa­tion pen­dant 2010, au delà de cette manne finan­cière four­nie par les accords sur le search avec Google et Micro­soft. Et si la société sera peut-être rache­tée ou pas, par Google, Micro­soft ou un autre grand de l’Internet.

Mar­ke­ting en ligne

Le site Mar­ke­ting Charts, tou­jours lui, fait preuve de pas mal de bon sens dans le domaine :

  • Les marques se ruent sur les réseaux sociaux sans en com­prendre les tenants et abou­tis­sants (c’est le pré­sent et cela va donc per­du­rer). Le site recom­mande de prendre un peu de recul et d’envisager les “com­mu­nau­tés d’utilisateurs” au tra­vers l’ensemble du mix-média. Le cabi­net de conseil Deloitte s’y est aussi mis dans les recom­man­da­tions autour des réseaux sociaux. Il est par contre clair qu’une com­mu­nauté, cela ne se décrète pas. Cela se contruit dans la durée en chan­geant de pos­ture, en étant plus trans­pa­rent, et en ali­men­tant des groupes d’utilisateurs indé­pen­dants.
  • Le mar­ke­ting en ligne croule sous les don­nées, mais cela ne l’aide pas for­cé­ment à bien com­prendre ses clients ni la dyna­mique de chan­ge­ment très rapide des méthodes mar­ke­ting et des médias en ligne. En 2010, il y aura encore plus de don­nées, mais pas for­cé­ment d’intelligence pour les exploiter.
  • Les bons conte­nus se dif­fu­se­ront “à la vitesse du par­tage” et les mau­vais conte­nus seront rapi­de­ment élimi­nés. Mais n’est-ce pas déjà le cas ?
  • Les médias en ligne vont fusion­ner, ou béné­fi­cier de nom­breuses sym­bioses plu­tôt que dis­pa­raitre par sélec­tion naturelle.

Médias numé­rique

Fred Cavazza s’attend à des “choses inté­res­santes” dans le domaine de l’hybridation TV+Internet, et notam­ment en France. J’avais eu l’occasion d’évoquer le poten­tiel d’innovations dans le domaine et les freins à leur géné­ra­li­sa­tion. Certes, toutes les chaînes de TV ont leur site web de catch-up TV et montent leur propre “Hulu”, seules ou à plu­sieurs. Mais cela n’en fait pas pour autant une expé­rience uti­li­sa­teur inté­grée. Le CES sera l’occasion de faire le point sur le sujet et de voir com­ment la dyna­mique de l’hybridation fonc­tionne aux USA, là où elle est dans l’ensemble plus avan­cée qu’en France, mal­gré notre forte péné­tra­tion d’IPTV. En tout cas, c’est sûr, la consom­ma­tion de vidéo en ligne va conti­nuer d’être un modus vivendi de base des jeunes Internautes.

Il n’est sinon pas dif­fi­cile de pré­voir comme Dis­play­Re­search le fait, la géné­ra­li­sa­tion des écrans plats LCD rétro-éclairés par LED. Tout comme le déve­lop­pe­ment de solu­tions de TV en relief, encou­ra­gées notam­ment par la créa­tion récente d’un stan­dard de Blu-ray sup­por­tant le relief. Le suc­cès d’Avatar pour­rait ser­vir de déclen­cheur fin 2010. Mais cela res­tera pro­ba­ble­ment long­temps un mar­ché de niche, les foyers n’étant pas for­cé­ment prêts à renou­ve­ler de sitôt leur écran Full HD récem­ment acquis et tout ce qui va avec.

Mashable pré­voit sinon que les ventes de CD audio vont conti­nuer à décli­ner et que les majors de la musique vont enfin adap­ter leurs offres et modèles écono­miques. Ah bon ? les CD seront rem­pla­cés par la musique dans “les nuages” (cloud). Le suc­cès de Spo­tify et de Dee­zer montrent que cette ten­dance est déjà bien marquée.

Google

Le lea­der de l’Internet pour­sui­vra sa diver­si­fi­ca­tion expé­ri­men­tale et débri­dée comme avec Google Wave. Il va pour­suivre l’ajout d’innovations incré­men­tales dans son moteur de recherche. Il va pro­ba­ble­ment mettre la sur­mul­ti­pliée dans ses inves­tis­se­ments autour d’Android même si cela ne lui sera pas encore pro­fi­table en 2010 d’un point de vue du revenu et de la marge, le monde de la publi­cité sur les mobiles étant encore balbutiant.

Google verra sinon ses ennuis judi­ciaires divers se déve­lop­per du fait de sa domi­nance, notam­ment sur le mar­ché de la recherche en Europe (cf les pré­dic­tions de News­week). Et pas seule­ment du fait de ses démê­lés avec les éditeurs de conte­nus. Il n’est d’ailleurs pas seul. Après Micro­soft, c’est Intel qui est sous le coup de pro­cé­dures anti­trust. Les acteurs domi­nants semblent condam­nés à être atta­qués d’une manière ou d’une autre, quel que soit leur comportement.

Micro­soft

L’éditeur aura bien du mal à rat­tra­per son retard avec Win­dows Mobile dans les smart­phones où sa posi­tion était pliu­tôt enviable avant l’arrivée de l’iPhone. Win­dows Mobile 7 arri­vera au mieux fin 2010 et ne pourra chan­ger la donne qu’à par­tir de mi 2011, dans le meilleur des cas. On le verra à la taille des bou­tons dans leur inter­face utilisateur !

Sinon, Bing ne va pas aider l’éditeur à pro­gres­ser dans sa pré­sence en ligne. Sa stra­té­gie d’innovation incré­men­tale ne change pas suf­fi­sam­ment la donne dans ce mar­ché, même si elle pré­sente l’avantage de titiller un peu Google. Son approche tra­di­tion­nelle “un peu années 1990” est tou­jours construite autour du por­tail de conte­nus et de ser­vices MSN. Il est par­tout mais n’est bon nulle part, sauf là où la moné­ti­sa­tion n’est pas évidente (avec Hot­mail et Mes­sen­ger). Micro­soft sera sinon tenté de faire une ou plu­sieurs grosses acqui­si­tions dans les réseaux sociaux. A défaut de cro­quer Yahoo deux ans après avoir essayé la pre­mière fois ?

Cela n’empêchera pas Micro­soft de faire une assez bonne année fis­cale (2011) car la fin de la réces­sion va lui pro­fi­ter dans ses busi­ness tra­di­tion­nels. Ce qui devrait per­mettre à Steve Ball­mer de sau­ver sa tête, contrai­re­ment à ce que PC World pré­voit.

Au CES ?

Je m’en vais ven­dredi 1ier jan­vier aux USA, d’abord à New York, puis à Las Vegas pour visi­ter le Consu­mer Elec­tro­nics Show et pré­pa­rer ensuite mon rap­port habi­tuel qui devrait appa­raitre sur ce blog entre le 21 et le 30 jan­vier prochain.

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Les ten­dances à en attendre ? Ce sera un CES qui mar­quera le début d’un nou­veau cycle écono­mique, encore incer­tain. Peut-être aussi le début du chant du cygne des grands salons, que l’on pré­dit régu­liè­re­ment. Au nez, on y trou­vera beau­coup de télé­vi­sion en relief mise en avant par les construc­teurs, de télé­vi­sion connec­tée à Inter­net sous des formes diverses et variées (dans les TV, dans les set-top-boxes, avec notam­ment la pré­sen­ta­tion de la Boxee), des tablettes et des net­books en tout genre, de l’Internet, des réseaux sociaux, du temps réel et de la réa­lité aug­men­tée à gogo dans les mobiles, et peut-être une prise de conscience de l’importance des conte­nus et des logi­ciels chez les construc­teurs japo­nais et coréens. Il y aura sinon tou­jours autant de gad­gets utiles et sur­tout inutiles, notam­ment chez les petits fabri­cants asiatiques.

Finan­ce­ment de l’innovation

Dans un autre registre et sans être devin, on peut pré­voir quelques évolu­tions en France dans ce domaine.

D’un côté, les fonds de capi­tal risque vont subir deux crises : en amont, celle du finan­ce­ment de leurs fonds, qui semble se tarir, et en aval, celle de leurs méthodes d’investissements et de leur mana­ge­ment d’équipes.

D’un autre côté, le grand emprunt va géné­rer une manne de finan­ce­ment impor­tante de pro­jets inno­vants (2 mil­liards d’Euros dans le numé­rique, sûre­ment répar­tis sur plu­sieurs années) qui va géné­rer le meilleur et le pire. Le meilleur, c’est un finan­ce­ment de l’innovation qui va com­bler les trous d’Oséo et le manque tou­jours cru­cial de busi­ness angels (en termes de masse cri­tique). Le pire, c’est que cela risque de finan­cer encore et tou­jours l’amont de l’innovation (la R&D), les pro­jets dits “col­la­bo­ra­tifs”, au détri­ment du “go to mar­ket”. Sauf peut-être les fonds publics/privés que le gou­ver­ne­ment sou­haite voir se développer.

En tout cas, l’usine à gaz du finan­ce­ment de l’innovation n’est pas prête à se sim­pli­fier en 2010, au contraire ! Quelques bou­le­ver­se­ments dans la gou­ver­nance de l’usine (Oséo, FSI, gou­ver­ne­ment, etc) inter­vien­dront pro­ba­ble­ment en 2010.

Dans le monde

L’année 2009 a mon­tré à quel point le monde était instable : finan­ciè­re­ment et écono­mi­que­ment (la réces­sion et les dettes), socia­le­ment et poli­ti­que­ment (l’impact de la crise écono­mique, l’émergence des verts), mili­tai­re­ment (le risque Iran, l’Iraq et l’Afghanistan, et une grande par­tie de l’Afrique) tout comme dans la santé (grippe A). Le som­met de Copen­hague a aussi illus­tré la pré­émi­nence du côté obs­cur et de l’égoïsme des pou­voirs. Nous ne sommes pas encore “une seule pla­nète”. Cela n’est mal­heu­reu­se­ment pas prêt de chan­ger en 2010 et nous aurons tou­jours autant de rai­sons de nous éner­ver et de pes­ter contre la bêtise et l’injustice humaines !

Ce qui ne m’empêchera pas de vous sou­hai­ter une très bonne année 2010 et une bonne nou­velle décen­nie numérique !


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Publié le 31 décembre 2009 Post de Olivier Ezratty | Digital media, Google, Innovation, Internet, Loisirs numériques, Marketing, Microsoft, Médias, Sociologie, TV et vidéo, Technologie | 3 commentaires

Les 3 commentaires sur “Méta-prédictions pour 2010” :

  • Oli­vier, Bon­jour. Sur un sujet proche, je serais heu­reux de lire une prise de posi­tion sur la com­mis­sion Zel­nik, les droits numé­riques, et les ten­sions entre Google et les ins­ti­tu­tions cultu­relles. Cela pour­rait il faire par­tie de vos pro­chains posts ?

  • [2] - Olivier Ezratty a écrit le 9 janvier 2010 :

    En deux mots, les débats ne sont pas prêts de se terminer…

    Je suis cepen­dant un peu loin de tout cela, au moins phy­si­que­ment. Etant à Las Vegas au CES en ce moment, je n’ai pas trop le temps de suivre ces débats “à la fran­çaise”. Ici, le busi­ness est plus terre à terre. Négos entre major d’Hollywood, construc­teurs et acteurs de l’Internet pour inté­gra­tion des conte­nus dans les télé­vi­sions connec­tées, etc. Enthou­siasme des offreurs sur la 3D-relief, pas for­cé­ment rejoint par les futurs consom­ma­teurs. En tout cas, cela bouge très vite.

    Sur Google, j’aurais l’occasion de trai­ter le sujet en 2010.

  • Je serais heu­reux de vous lire sur le sujet. En atten­dant, je me per­met de don­ner mon avis.

    Je pro­pose à nos poli­tiques pré­oc­cu­pés par la vie pri­vée, les copy­rights à l’heure d’Internet, et la détec­tion / pro­mo­tion de l’innovation en France, de m’aider à créer un espace de droits numé­riques sur Inter­net : http://is.gd/60hN2.
    Effec­ti­ve­ment, créer le pro­chain Google, c’est plus dif­fi­cile que taxer ou fil­trer, mais ca per­met de pro­mou­voir notre patri­moine cultu­rel, pas de favo­ri­ser la réces­sion cultu­relle de la France : http://is.gd/5YaLz . Et au cas où, voici une pro­po­si­tion pour son modèle écono­mique: http://is.gd/5UKp3 .




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