Les défis du plan France Numérique 2020

Publié le 25 juillet 2011 et mis à jour le 12 novembre 2014 - 16 commentaires -
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Eric Besson et son équipe organisaient un “Panorama Eric Besson 2

Eric Besson a commencé par faire un petit discours de bilan rapide du plan France Numérique 2012 et pour expliquer le processus de préparation de ce nouveau plan, l’amenant à consulter les acteurs de l’industrie. Le plan 2012 prévoyait 154 actions et 80% d’entre elles auraient été réalisées. Il citait notamment le déploiement de la TNT et la fin de la TV analogique, toujours programmée pour la fin de l’année 2011.

Eric Besson (1)

Le document de la consultation Jean Mounet (1)

  • Où en sont les chantiers de l’administration notamment pour créer un patrimoine de logiciels libres de droit et quid de l’open data ? (Alexandre Zapolsky, de Linagora, ci-dessous). Eric Besson a répondu en commençant par dire qu’il avait anticipé que la première question posée porterait sur le logiciel libre. C’est effectivement une habitude ! Et d’évoquer les grandes avancées dans la e-administration.

Alexandre Zapolsky

  • Pourquoi attendre le privé pour créer une école de l’internet ? L’Etat doit répartir les budgets dans l’éducation et développer les filière métiers porteuses (Patrick Bertrand, AFDEL, CEGID). La structure de l’enseignement supérieur pour le numérique comme pour l’entreprenariat mériterait un véritable débat en effet.
  • Quid du secteur du livre qui risque de subir le même sort que la musique ? (Emery Doligé). Eric Besson répond que c’est du ressort du Ministère de la Culture.
  • Quid du Green IT ?
  • Quid de l’établissement de l’accès à Internet comme droit fondamental ? J’ai oublié la réponse ! Smile
  • Comment va fonctionner la consultation du plan France Numérique 2020 (Cédric Giorgi

    • Il faut encourager les innovations de services et pas seulement les innovations technologiques, pour qu’un Facebook ait pu rétrospectivement se créer en France (Benjamin Suchar, Benjamin Suchar (1)

      • Comment mieux financer l’ensemble du cycle de vie des startups. Certains mettent l’accent sur le développement (en clair, pour des tickets de financement au-delà de ce que font les VCs) et d’autres sur l’amorçage (Louis Van Proosdij (1)

        • J’insiste pour ma part sur ce point en faisant remarquer que l’Etat aide les différents secteurs du numérique de manière trop saucissonnée (jeux vidéo, logiciels, nanotechs, etc) sans bien distinguer son rôle d’Etat client (comme avec l’appel d’offres Proxima Mobile) et d’incitateur à l’innovation (JEI, CIR, Oséo, appels à projets divers, etc). Et qu’il donne parfois l’impression de freiner les innovations “Schumpetériennes” comme dans l’univers des médias. Je demande à ce que les aides publiques soient plus génériques et simplifiées pour les entrepreneurs. Eric Besson répond que chaque industrie a ses particularités, qu’il a ainsi été créé un statut de l’Editeur de Logiciels de Jeux. Il fait aussi état des efforts dans le calcul intensif (mais c’est aussi parce que l’Etat est client, ne serait-ce qu’avec le centre de calcul TERA 100 du CEA à Bruyères le Chatel), que l’aide du FSI à SOITEC a été fort appréciée par la société (et pour cause).

        Retour sur le plan France Numérique 2012

        J’avais abondamment couvert le processus de création et d’annonce du plan France Numérique 2012 sur ce blog : le lancement des assises du numérique, retour et suite des Assises, la création d’un corpus de propositions sur l’entrepreneuriat (certaines suivies d’effets, mais plus du fait d’initiatives privées que du rôle de l’Etat) et le feedback sur le lancement du plan 2012.

        L’annonce du plan à l’Elysée avait été plombée par la symbolique de l’absence de Nicolas Sarkozy, compensée seulement trois ans plus tard avec le eG8 et l’annonce de la création du Conseil National du Numérique. Son absence de l’époque était parait-il liée à la crise Lehmann qui l’occupait. Mais une source très bien placée à l’Elysée m’avait indiqué qu’il ne serait pas intervenu même sans crise financière, jugeant que le plan n’était pas assez bien ficelé ou manquait de souffle.

        Ce qui frappait dans ce plan était sa grande dispersion. Avec 154 mesures, on était un peu perdu, ce d’autant plus qu’il n’y avait pas d’objectifs chiffrés ni même d’objectifs de moyens dans le plan ! Le plan était de plus très orienté sur les infrastructures et les contenus/médias et pas assez sur l’entrepreneuriat. Il semblait trop refléter les préoccupations sectorielles relayées par les différents lobbies professionnels du numérique. La construction collaborative du plan était plus que balbutiante. L’entrepreneuriat a été ensuite traité en décalage de phase par NKM avec ses appels à projets et avec l’intégration du numérique dans le grand emprunt. Mais sans que le tout soit vraiment cohérent.

        Si l’application du plan France Numérique 2012 a tout de même suivi son cours, elle a été sérieusement obscurcie par ces lois qui ont malencontreusement occupé le devant de la scène (HADOPI, LOPPSI) tout comme par le débat sur la neutralité du net. Cela donne un arrière-gout de gâchis en terme d’allocation de temps de l’ensemble de l’écosystème du numérique. Et ce n’est pas terminé !

        Enjeux du plan France Numérique 2020

        Alors, Eric Besson peut-il nous faire rêver cette fois-ci ?

        Le défi provient de ce que le numérique étant partout, la construction d’un tel plan et sa communication sont délicates, ce d’autant plus que les ressources pour le créer sont limitées. Le numérique est certes omniprésent voire banalisé, comme l’électricité ! Mais il sous-tend des enjeux de société (vie privée, fonctionnement de la démocratie), éthiques (avec les nanotechnologies) et économiques (compétitivité, export, etc). Il y a une lueur d’espoir liée à la responsabilité étendue d’Eric Besson sur l’industrie et à son intégration dans la grande machine de Bercy, une situation enviable par rapport à celle de Secrétaire d’Etat rattaché à Matignon. Eric Besson pourrait faire rêver en inspirant un peu plus les jeunes, notamment ceux qui veulent entreprendre, tout comme l’ensemble des régions, en attente d’un véritable haut débit généralisé.

        Sans rentrer dans le détail de chaque aspect qu’il couvrira, voici quelques remarques générales sur l’approche de conception du plan :

        • Le diagnostic : les spécialistes de l’innovation affirment ainsi que les innovateurs passent plus de temps à identifier le problème à résoudre que la solution associée. Sans bon diagnostic, on ne résout pas les bons problèmes. Dans mes propositions en 2008, j’avais évoqué le besoin d’une approche structurée avec un diagnostic de ce qui ne va pas, une construction d’ensemble cohérente et des objectifs chiffrés (scorecard). Une telle démarche reste toujours nécessaire ! Le diagnostic doit notamment servir à expliquer les décalages que l’on observe dans les benchmarks internationaux et à distinguer les causes et les effets dans l’analyse. On verra son application dans l’exposé préliminaire aux mesures qui seront contenues dans le plan France Numérique 2020 en novembre 2011.
        • Le rôle de l’Etat mériterait d’être mieux défini et articulé plutôt de d’enfiler un catalogue de mesures disparates. Quelle stratégie de régulateur (garantir les libertés fondamentales, protéger le consommateur, favoriser l’innovation), de client et utilisateur (comment rendre de manière générique la puissance publique “investisseuse” plus innovante, plus rapide dans son action, plus efficace), comme co-financeur d’infrastructures (haut débit), comme architecte d’un environnement favorable à l’entreprenariat (fiscalité, aides, investissements, partenariats public-privé, organisation de l’enseignement supérieur et rapprochement des filières). L’Etat est aussi “implémenteur” et “manageur”, avec un rôle d’arbitre dans les luttes de pouvoir internes aux administrations, grands Corps de l’Etat et autres EPIC (établissements publics à caractère industriel et commercial). Il faudrait aussi éviter la dispersion du plan 2012 et être à la fois plus précis dans l’action et plus générique pour éviter d’aider des secteurs divers de manière trop spécifique (jeux vidéos, etc). Chaque secteur a certes des particularités mais le micro-management de toutes les industries du numérique ne tient pas la route. Il est par ailleurs couteux : tant au niveau de la gestion de ces divers plans que dans la complexité générée pour les entrepreneurs. Eric Besson trouve ces questions trop philosophiques mais c’est pourtant en les négligeant que l’on aboutit à des redondances et aberrations telles que celles de la mise en œuvre pratique du Grand Emprunt.
        • L’horizon politique est de 9 ans. Le plan doit donc théoriquement traverser trois quinquennats sans encombres ce qui à la vitesse d’évolution du numérique est une bien belle gageure ! Cela peut décourager les uns et les autres de s’investir dans un plan qui pourrait être remis en cause après mai 2012 en cas d’alternance. Le plan va donc devoir associer des actions tangibles de court terme et des objectifs et principes d’action pouvant traverser les années et les aléas politiques. C’est le cas de l’équipement haut débit qui n’est pas un plan à 12 mois ! Un grand écart qui demandera du souffle ! Besson ne sera peut-être pas un Kennedy style “before this decade is out, landing a man on the moon ”, mais il peut toutefois impulser une ambition qui sortirait du côté un peu pépère des plans habituels. Entre rattraper tel ou tel retard et devenir leader dans tel ou tel domaine, il y a un bon décalage !

        Pour ma part, je vais me focaliser en répondant probablement à la consultation sur les parties concernant la TV numérique et sur l’entrepreneuriat. Soit seul, soit intégré à diverses structures associatives comme en 2008 ou au Conseil National du Numérique.

        PS: quelques autres comptes-rendus de ce lancement de la consultation par Fadhila Brahimi , Céline Frontera et Marie Rufo. L’ami Emery Doligé est quant à lui plus laconique.

        RRR

         
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        Publié le 25 juillet 2011 et mis à jour le 12 novembre 2014 Post de | Enseignement supérieur, Entrepreneuriat, Facebook, France, Innovation, Politique, Startups, TV et vidéo | 30917 lectures

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Les 16 commentaires et tweets sur “Les défis du plan France Numérique 2020” :

  • [1] - rthomas a écrit le 25 juillet 2011 :

    Une question qui me trotte dans la tête depuis le démarrage de la disparition de la TV analogique. Peut-être as tu des éléments de réponse.

    Combien vas couter le passage analogique->TNT en france?
    Est-ce que ce budget n’aurait pas pu être alloué à la fibre pour recevoir la TV par ce moyen et arrêter les émetteurs TNT?
    Bien entendu replie possible avec le satellite.
    Cela aurait permis la suppression des émetteurs, de leur maintenance et potentielle nocivité, mais surtout cela aurait été un super coup d’accélération pour le fibrage de la france.

    Rémi

    ps : petite erreur ligne deux “qui arrive bientôt avec échéance”

    • [1.1] - Olivier Ezratty a répondu le 25 juillet 2011 :

      Le passage à la TNT aura coûté à l’Etat 333m€ (source: http://www.assemblee-nationale.fr/13/pdf/budget/plf2011/b2857-tiii-a29.pdf).

      Les infrastructures et émetteurs ont du être en grande partie financés par TDF qui est une société de droit privé (une SAS). L’Etat a sinon prévu des aides diverses (aides à l’équipement en décodeur, à l’antenne et à la réception) qui sont réservées aux foyers qui sont exonérés de redevance.

      Le coût du passage à la TNT n’a donc rien à voir avec les dizaines de milliards nécessaires pour le fibrage du pays (même si l’évaluation de certains opérateurs est contestée), et les 2 milliards alloués côté Etat (en + des régions) pour ce faire. En termes de grandes masses, ré-allouer un bout des 333m€ à la fibre n’aurait rien changé à la donne.

      L’alternative satellite est trop coûteuse pour être généralisée car elle nécessite un terminal plus cher que les décodeurs TNT, sans compter la plus grande technicité de l’installation (précision du pointage de l’antenne) et la pollution visuelle dans les villes. Elle est surtout utilisée dans les zones enclavées qui correspondent à 5% du territoire de la métropole, ou pour les abonnés à Canal Satellite qui sont quelques millions.

      La diffusion hertzienne reste un choix raisonnable lorsque l’infrastructure du câble ne domine pas le pays comme aux USA ou en Allemagne.

  • [2] - ZISERMAN a écrit le 25 juillet 2011 :

    Tu aurais été très bien au CNN 😉

    Ne penses tu pas qu’il vaudrait mieux investir plus et mieux le secteur de l’internet (P2P) que de la TV (qui reste sur un modèle broadcast), surtout si on vise 2020 ?

    • [2.1] - Olivier Ezratty a répondu le 25 juillet 2011 :

      Il faut les deux mon capitaine ! L’Internet est un terme générique qui couvre tout un tas d’usages. La TV numérique en fait maintenant partie et devient une des composantes de l’Internet.

      Il y a des enjeux technos et de souveraineté culturelle importants dans la bataille qui se prépare avec les acteurs américains comme Google, Apple ou Netflix.

      • [2.1.1] - ZISERMAN a répondu le 25 juillet 2011 :

        Tu as raison bien sûr,

        Mais orienter les choses du point de vue de l’internet, ça a l’avantage de faire changer de point de vue, tu vois ce que je veux dire ?

        Si on “tire la ficelle” à partir d’une réflexion “TV”, on dit bien sûr que ça évolue, que ça communique, … Mais on reste sur une approche boradcast “inside”…

  • [3] - Michel LEBON a écrit le 25 juillet 2011 :

    Ma question, extraite du sus-cité blog… reformulée!
    ————————————————————
    Ma question est liée au Plan National Très Haut Débit, des critiques récurrentes qu’il reçoit, confère le rapport Maurey (en précisant que tout n’est pas à prendre au pied de la lettre), confère la Presse IT…

    Quand viendront les nécessaires adaptations ?!

    Prenons pour exemple le sort réservé aux zones peu denses hors AMII et plus précisemment les “zones rurales” avec la réglementation mise en place par l’ARCEP pour ce qui s’appelle la “Montée en Débit” (MeD) ie la façon de prolonger la vie de la Boucle Locale Cuivre par intervention au niveau des sous répartiteurs… en attendant la fibre dans 10, 15 ou 20 ans sinon jamais:

    ° 21000 SR à traiter, par le seul France Télécom (en l’état des textes), à raison de 1000 par an (Capacité de production du seul France Télécom habilité à intervenir) cela fait 21 ans …
    ° donc, problème: soit on ne fait pas tout, soit on le fera bien trop tard … alors que la MeD est justement prévue pour servir de solution palliative devant l’urgence de proposer une solution digne de ce nom aux Collectivités Territoriales qui la réclament avec véhémence…
    ° Et donc que fait-on ?
    ————————————————————

  • [4] - Michel Nizon a écrit le 25 juillet 2011 :

    Est ce que ce type d’initiatives qui semblent très franchouillardes existent en Allemagne et/ou aux US ?

    • [4.1] - Olivier Ezratty a répondu le 25 juillet 2011 :

      Il y a bien eu un plan numérique en Allemagne (“Information Society Germany“), au Royaume Uni (“Digital Britain“) ainsi qu’au niveau Européen (eEurope, Lisbonne 2000).

      Aux USA, ils n’ont pas vraiment besoin de cela. Tout du moins sous la forme jacobine française. Les plans sont plus saucissonnés (Digital TV, etc). Il y a aussi une grande influence de la commande publique militaire. Et un rôle fort de régulation de la FCC.

      • [4.1.1] - Michel Nizon a répondu le 25 juillet 2011 :

        J’ai lu et comparé pour la partie que je connais un peu, le e-learning, le document de référence français et le document donné dans votre réponse pour le Royaune Uni:
        Pour le document français page 8 on reste dans l’abstrait et comment améliorer le système avec un côté jacobin : “Comment l’Institution peut aider…”
        Dans le document british, on est dans le pragmatisme avec un double objectif : Comment soutenir les demandes en e-learning et construire une industrie du XXIème siècle du e-learning basée sur des innovations de rupture avec l’ensemble des acteurs concernés…
        La formulation des questions dans cet exemple en dit long sur les ambitions de chacun…

        • [4.1.1.1] - Olivier Ezratty a répondu le 25 juillet 2011 :

          Les plans publics anglo-saxons sont effectivement généralement plus pratiques, orientés résultats, actions et “business” (au sens du développement de l’économie).

          Question de culture…

  • [5] - sylvain a écrit le 26 juillet 2011 :

    Certains participants sont connus pour utiliser la toile de façon peu orthodoxe pour insulter, lancer des rumeurs sans fondement, manipuler l’opinion, utiliser des données publiques afin de renverser les tendances, ficher les gens, les amener à faire le contraire de ce qu’ils veulent, etc. Cela ne fait pas très sérieux (cf. nom cité dans votre tout dernier paragraphe). Pourquoi se mèlent ils ici aux personnalités pourtant plus engagées pour le développement économique du numérique? Nous verrons comment Internet sera utilisé, voire saccagé, durant les présidentielles qui s’annoncent. Des innovations non technologiques vont certainement être utilisées et j’espère qu’elles ne recevront aucun soutien public. Un peu de débat sur les bons usages du web ne ferait pas de mal… Mais est ce le rôle de Besson ?

  • [6] - H1B a écrit le 26 juillet 2011 :

    Merci Olivier pour ce compte-rendu, d’autant qu’Eric Besson, contrairement à ses habitudes, s’est fait plutôt discret sur le lancement de cette consultation. Cela dit, on le comprend tant son “mille-feuille” précédent était indigeste et les résultats mitigés. Dire que 80% des actions auraient été réalisées est un abus de langage… On ne va pas chipoter mais cela fait gentiment sourire : réduction toute relative de la fracture numérique, échec de la TMP, engagements non tenus en faveur des MVNOs, pas de création de cursus universitaire(s) spécifique(s) aux métiers de l’Internet (mesure sous-traitée à l’EEMI), développement du sans-contact plus que timide (hormis l’expérimentation niçoise), absence de création de la Délégation nationale au numérique, etc. En fait, le principal objectif en passe d’être réellement atteint – et déjà décidé à l’époque (loi du 5 mars 2007) – est celui du basculement réussi vers la TNT (qui a bien “plombé” TDF mais ceci est une autre histoire).

    Plus sérieusement, je me fais la même remarque que lors de la présentation du plan 2012 : c’est quand même curieux d’être aussi vague quand on parle de “haut débit” (hier) ou de “très haut débit” (aujourd’hui). Hier (France numérique 2012), c’était “supérieur à 512 Kbit/s”, aujourd’hui (préparation du plan 2020), c’est “très haut débit” tout court ! Entre 1 Mbit/s, 2 Mbit/s, 8 Mbit/s et 50 ou 100 Mbit/s symétriques, ce n’est quand même pas la même chose, même avec des débits “théoriques”. Il me revient qu’à la même période (fin 2008/début 2009), des plans similaires au en Allemagne et au Royaume-Uni parlaient respectivement de 1 et 2 Mbit/s à échéance 2011 et 2010.

    Ce qui me frappe aussi à la lecture du compte-rendu d’Olivier, c’est le manque de vision, d’anticipation, fin 2008, sur les sujets qui sont aujourd’hui au coeur du débat : neutralité du Net, saturation des réseaux cellulaires, TV connectée, réseaux sociaux, services géolocalisés, cloud computing, données publiques (open data), réalité augmentée, etc. Avec une perspective à dix ans, cela risque de devenir franchement “compliqué”.

    Enfin, imputer au gouvernement actuel la création du Crédit impôt recherche (p. 14 du document de présentation France numérique 2020) qui remonte à 1983, c’est un peu gonflé – même si le CIR a été significativement réaménagé en 2008 et son fonctionnement rendu bien plus efficace en 2009 (dans le cadre du plan de relance). Bref, et même si on le savait déjà, Eric Besson et le gouvernement pourraient faire plus et mieux pour l’économie numérique.

    Bonne inspiration – et bon été – aux futurs contributeurs !

    • [6.1] - Olivier Ezratty a répondu le 26 juillet 2011 :

      Il est vrai qu’en relisant à tête reposée le plan 2008, on a du mal à croire que 80% des mesures aient été mises en oeuvre. J’attend avec impatience cette évaluation de l’application du plan par l’équipe d’Eric Besson. Cela sera très intéressant surtout s’ils expliquent pourquoi les mesures n’ont pas été suivies d’effet le cas échéant.

      Dans le bêtisier, il y a en plus de ce que tu cites :

      – Action 22 : développer la radio numérique. Qui n’est pas d’ailleurs pas forcément une priorité.

      – Actions 64 et 65 sur le découplage OS/hardware dans la vente de PCs. Un vieux serpent de mer qui continue d’agiter les associations de promotion du logiciel libre, qui ont été cependant distraites depuis par la HADOPI et la net neutralité et ont un peu laissé tomber.

      – Action 114 : développer le télétravail dans le secteur public. On serait intéressé de savoir quels sont les métiers concernés !

      – Tout ce qui concerne l’open data, qui avance très doucement.

      – Action 132 : le DMP santé, autre serpent de mer, de plus grosse taille.

      Par contre, sur l’absence de côté visionnaire, ne jetons pas trop la pierre. En 2008, certains des sujets que tu cites n’étaient pas encore dans le vent ou bien n’entraient pas forcément dans les prérogatives de l’Etat, comme la réalité augmentée. Le cloud s’est retrouvé dans les priorités du grand emprunt. Le cellulaire a bénéficié en partie du dividende numérique et le LTE va arriver, les services géolocalisés n’ont pas trop besoin de l’Etat (sauf pour ce qui est des services publics). Et certains d’entre eux font partie de la consultation comme ce qui concerne les TV connectées.

      Sur le CIR, le texte dit “le gouvernement” sans préciser lequel. Ils auraient du écrire l’Etat. Cependant, l’actuel gouvernement (ou présidence) a modifié plusieurs fois le CIR depuis 2007. Et aussi le JEI, héhé. Mais pas dans le bon sens… 🙂

      Autre remarque : c’est un sport national dans tous les pays de se plaindre de ses politiques et de ses administrations. Mais elles sont le reflet du fonctionnement de la “société civile” (expression que Besson n’aime pas car selon lui les politiques sont “civils” et pas … militaires) et, pour ce qui est du numérique, des jeux de pouvoir entre entreprises, citoyens et consommateurs. L’Etat (surtout actuel) peut avoir tendance à trop arbitrer en faveur des premières. Citoyens et consommateurs doivent mieux s’organiser pour faire contre-poids. Bref, c’est un peu à nous de jouer !

  • [7] - patr_ix a écrit le 30 juillet 2011 :

    Merci Olivier pour ce compte-rendu.

    >> “Eric Besson répond que […] l’on ne peut pas juste tondre les opérateurs : on a besoin d’opérateurs télécoms forts en France.”

    Après l’année des taxes, l’année relaxe pour les opérateurs ?
    😉




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Voyages

Voici les compte-rendu de divers voyages d'études où j'ai notamment pu découvrir les écosystèmes d'innovation dans le numérique de ces différents pays :

Evénements

J'interviens dans de nombreuses conférences, événements, et aussi dans les entreprises. Quelques exemples d'interventions sont évoqués ici. De nombreuses vidéos de mes interventions en conférence sont également disponibles sur YouTube.