Microsoft Clouds

Publié le 1 mars 2008 et mis à jour le 3 mars 2008 - 2 commentaires -
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Ces der­nières semaines ont été cha­hu­tées pour Micro­soft. Alors qu’ils lan­caient la der­nière géné­ra­tion de SQL Ser­ver et Visual Stu­dio (2008), ce qui ne fait évidem­ment pas écho dans le grand public, plu­sieurs nuages s’amoncelaient au des­sus de l’éditeur, annon­çant une dif­fi­cile fin d’hiver. Occa­sion pour moi de pro­po­ser quelques com­men­taires et éclair­cis­se­ments sur ces sujets par­fois complexes.

Affaire “Yahoo”

J’appelle main­te­nant cela une “affaire”. Car d’une simple acqui­si­tion (si l’on peut ainsi dire), on rentre dans une saga qui rap­pelle celle de l’acquisition de Peo­ple­soft par Oracle fina­li­sée fin 2004, une année et demi après son annonce ini­tiale. Et pour $10B au lieu des $5B annon­cés ini­tia­le­ment en juin 2003. Mais ce qui était tolé­rable dans le domaine des logi­ciels d’entreprise ne l’est évidem­ment pas dans l’Internet, qui évolue à une bien plus grande vitesse.

J’ai l’impression que j’étais en des­sous de la réa­lité dans mes deux pré­cé­dents posts au moment de l’annonce de Micro­soft sur sa pro­po­si­tion kevin_johnson_microsoftd’acquisition de Yahoo (ici et ). Depuis, c’est un véri­table vau­de­ville avec le conseil d’administration de Yahoo qui repousse l’offre de Micro­soft, non pas sim­ple­ment pour négo­cier, mais pour cher­cher une autre porte de sor­tie. L’acrimonie des diri­geants de Yahoo, Jerry Yang en pre­mier, à l’encontre de Micro­soft ne dit rien qui vaille sur les bonnes condi­tions d’une fusion. En effet, com­ment celle-ci pour­rait bien se pas­ser si l’acquéreur est d’abord dia­bo­lisé en interne ? Quand on voit que Kevin John­son (photo ci-contre), le patron Micro­soft de la Divi­sion Sys­tèmes qui a en charge cette fusion (poten­tielle) ten­ter de ras­su­rer les employés de Yahoo en leur indi­quant que sommes toutes, ils pour­raient res­ter dans la Sili­con Val­ley, cela fait peur. Car ils avaient pro­ba­ble­ment prévu d’en démé­na­ger beau­coup à Red­mond, envi­ron 1200 km au nord de la Valley.

Or, non seule­ment Micro­soft n’a jamais réussi à inté­grer cor­rec­te­ment de grosses socié­tés (Great Plains, Navi­sion, WebTV, …), mais à for­tiori pas dans le cadre d’une acqui­si­tion que l’on qua­li­fie­rait main­te­nant “d’hostile”! Cela ne dit rien qui vaille sur l’issue de l’affaire. Micro­soft va peut-être se reti­rer après avoir tenté le coup, et fina­le­ment, affai­bli Yahoo. Mais rien ne dit que cela les ren­for­ce­rait. En atten­dant, Google feint d’avoir peur en dénon­cant cette acqui­si­tion comme dan­ge­reuse pour les stan­dards ouverts et l’interopérabilité. Ils appliquent là la devise d’Andy Grove “Only the para­noid sur­vive”. Mais s’ils réflé­chis­saient un peu, ils se ren­draient compte qu’ils béné­fi­cie­raient de cette fusion, car les fusions de ce genre sont rare­ment créa­trices de valeur!

Donc, le jeu de poker reste ouvert. Micro­soft peut se reti­rer ou aller jusqu’au bout d’une acqui­si­tion hos­tile. Cela ne peut que sta­bi­li­ser ou fra­gi­li­ser leur posi­tion sur Inter­net face à Google. S’ils se retirent, ils pour­ront au moins remettre en cause ce qu’ils font en interne, et peut-être revoir leurs cibles d’acquisitions, pour­quoi pas, hors du pré-carré de Google et du search. Pour­quoi pas dans les réseaux sociaux ou bien dans des acti­vi­tés inter­na­tio­nales ? Et s’ils vont jusqu’au bout de l’acquisition, bon cou­rage pour l’intégration…

Inter­opé­ra­bi­lité

L’annonce de Micro­soft Corp sur les amé­lio­ra­tions concer­nant l’interopérabilité de ses pro­duits ont fait beau­coup de bruit. Et sur­tout, généré pas mal de scep­ti­cisme. En pre­mier lieu de la part des acteurs du libre et sur­tout de la Com­mis­sion Euro­péenne qui joue à fond la défiance vis à vis de l’éditeur.

Qu’il y avait-t-il donc dans l’annonce ? Pour la pre­mière fois, un affi­chage de prin­cipes géné­raux sur l’interopérabilité, et leur appli­ca­tion pra­tique associée :

  • La publi­ca­tion de tous les pro­to­coles de com­mu­ni­ca­tion de Win­dows et Win­dows Ser­ver, et plus tard d’Office 2007, avec l’indication de ceux qui sont cou­verts ou pas par des bre­vets. Avec l’annonce de ne pas atta­quer les déve­lop­peurs open source s’ils uti­lisent ces pro­to­coles. Avec cepen­dant le main­tient de l’exigence de royal­ties pour les éditeurs open source qui com­mer­cia­li­se­raient de manière payante des logi­ciels uti­li­sant ces protocoles.
  • La créa­tion d’une API pour Office pour le déve­lop­pe­ment de filtres uti­li­sant d’autres for­mats que ceux de Micro­soft, notam­ment le très contro­versé Open­XML dont les péri­pé­ties à l’ISO font beau­coup cou­ler d’encre.
  • L’annonce, quelque peu ambigue, concer­nant la docu­men­ta­tion de la manière dont Micro­soft sup­porte - et étend - les stan­dards. On pour­rait crier au loup en disant que, ça y est, Micro­soft ne va pas res­pec­ter les stan­dards, les étendre et les rendre incom­pa­tibles. Peut-être. Mais n’oublions pas tout de même que nombre de stan­dards sont incom­plets et néces­sitent des exten­sions pour être exploi­tables. Et que Micro­soft n’est pas le seul à les étendre. S’ils le docu­mentent, c’est tout de même une amélioration.
  • La créa­tion d’un labo­ra­toire et de resources pour aider à l’interopérabilité des solu­tions open source avec celles de Micro­soft. En fait, cela labo­ra­toire était déjà en place au moment de l’annonce et depuis envi­ron un an.

Ce sont des évolu­tions, pas des chan­ge­ments, car de nom­breuses ini­tia­tives avaient été lan­cées autour de l’interopérabilité. Les rela­tions avec les déve­lop­peurs open source exis­taient depuis pas mal de temps. Notam­ment autour de PHP, JBOSS, Novell (sur la vir­tua­li­sa­tion), Ruby on Rails et PJeanPaoliython qui inter­opèrent tous avec Win­dows Ser­ver et/ou .NET. Une par­tie de ces évolu­tions a été pilo­tée par Jean Paoli, le Gene­ral Mana­ger en charge de l’interopérabilité chez Micro­soft (google-izez le pour voir, photo ci-contre). Il est l’un des père de XML, qu’il a co-spécifié en 1996 pour le W3C. Il a depuis été l’avocat de l’intégration de XML dans l’ensemble de l’architecture logi­cielle Micro­soft. On lui doit le sup­port d’XML dans Inter­net Explo­rer et dans Office et plein d’autres ini­tia­tives de cet aca­bit. Il tra­vaille très sérieu­se­ment sur le sujet de l’interopérabilité auquel il croit beau­coup. Bien sûr, il peut ren­con­trer des résis­tances au sein de Micro­soft, mais il a obtenu jusqu’à pré­sent plu­tôt gain de cause, étant bien écouté - entre autres - par Bill Gates et Steve Ballmer.

On peut juste regret­ter que l’annonce sur l’interopérabilité ne soit pas inter­ve­nue plus tôt. En effet, elle donne trop l’impression d’être une réac­tion aux agis­se­ments de la Com­mis­sion Euro­péenne (notam­ment l’amende de cette semaine dont nous allons repar­ler), et d’autre parts, aux pres­sions concur­ren­tielles de l’open source. D’une manière géné­rale, Micro­soft agit trop en fonc­tion des événe­ments, et pas assez en amont. Comme sur Inter­net. C’est le propre des grosses struc­tures qui peinent à s’adapter à leur envi­ron­ne­ment et dont les cir­cuits de déci­sion sont trop lents.

Le feed­back de la com­mu­nauté open source et des com­men­ta­teurs sur ces annonces ? Ils ne croient pas à la sin­cé­rité de Micro­soft qui ferait cela sous la pres­sion plus que par bonne volonté. Mais pour les conten­ter vrai­ment, il fau­drait que Micro­soft devienne un éditeur open source et qu’ils aban­donnent les bre­vets logi­ciels… ce qui n’est pas prêt d’arriver ! Cer­tains inter­prètent les agis­se­ments de Micro­soft comme une adop­tion du modèle de l’open source. On en est bien loin! Tac­ti­que­ment, ils peuvent - comme de nom­breux éditeurs - mettre tel ou tel bout de logi­ciel en open source. Mais ce ne sont jamais les logi­ciels clés, les vaches à lait, les sources de revenu. Ce sont juste des outils péri­phé­riques. Donc, le modèle est loin de chan­ger. S’il change, c’est dans une autre direc­tion, qui n’a rien à voir avec l’open source : vers la vente de logi­ciels sous forme de ser­vices en ligne. Autre­ment dit, le SaaS (soft­ware as a ser­vice), nou­veau nom de l’ASP, et tout bête­ment, les ser­vices Inter­net finan­cés par la publicité.

Com­mis­sion Européenne

Elle a encore frappé Micro­soft cette semaine : avec une nou­velle amende de 899m€ soit envi­ron $1,5B selon le cours du $. Pour­quoi ? Non pas parce qu’ils auraient “abusé de leur mono­pole” comme on peut le lire dans les com­men­taires acri­mo­nieux de nom­breux blogs et jour­naux, mais parce qu’ils n’auraient pas res­pecté les demandes de la com­mis­sion entre 2006 et 2007 concer­nant l’interopérabilité avec Win­dows Ser­ver. Sur deux points pré­cis : docu­men­ta­tion insuf­fi­sante et royal­ties trop élevées. L’amende est donc arri­vée à pos­té­riori de cette affaire, la Com­mis­sion ayant déclaré en octobre 2007 que Micro­soft avait fina­le­ment satis­fait à ses obligations.

Mais ces $1,5B sont bien chers payés.

Pour deux raisons.

  • D’abord, parce que l’amende couvre le non res­pect d’une demande très impré­cise de la Com­mis­sion Euro­péenne. J’avais évoqué une condam­na­tion pour mau­vais génie logi­ciel en 2006. Et je main­tiens. Micro­soft a du lan­cer un tra­vail de docu­men­ta­tion tina­nesque de ses logi­ciels, qu’il n’avait même pas accom­pli pour ses propres déve­lop­peurs. Ceux qui font du déve­lop­pe­ment, notam­ment chez des éditeurs de logi­ciels et des SSII, savent tous à quel point il est lourd de docu­men­ter à pos­té­riori des logi­ciels com­plexes ! Ce tra­vail a mobi­lisé des cen­taines de déve­lop­peurs, au point même d’avoir cer­tai­ne­ment contri­bué (modes­te­ment) au retard de Vista entre 2005 et 2006. Pour ce qui est du mon­tant des royal­ties, la Com­mis­sion a trouvé qu’elles étaient trop chères. En fonc­tion de quoi ? Du feed­back des éditeurs de logi­ciels libres. Mais il y avait-il une demande pré­cises ? Un pra­tique stan­dard dans l’industrie ? Pas vrai­ment, même si IBM avait annoncé rendre une par­tie de ses bre­vets “gra­tuits” pour les éditeurs open source (une belle opé­ra­tion de com­mu­ni­ca­tion pour une société de ser­vices dont la pre­mière source de pro­fits sont les logi­ciels commerciaux…).
  • Et puis, le mode de cal­cul de l’amende. La Com­mis­sion indique qu’elle n’a pas été jusqu’à ponc­tion­ner le maxi­mum, soient 10% du chiffre d’affaire de Micro­soft en Europe (dans sa der­nière année fis­cale, Micro­soft fai­sait $51B au niveau mon­dial et aux alen­tours de $15B en Europe). Mais l’amende dépasse l’entendement car les griefs ne portent pas sur l’ensemble de l’activité de Micro­soft mais uni­que­ment sur l’activité Win­dows Ser­ver, puisque c’est des API ser­veur qu’il était ques­tion dans le non-respect de Micro­soft de la déci­sion de la Com­mis­sion Euro­péenne entre 2006 et 2007. Or ce busi­ness repré­sente aux alen­tours de 10% du CA de Micro­soft (une bonne part des 23% du CA de Micro­soft réa­lisé dans les logi­ciels ser­veurs). En Europe, cela repré­sente donc aux alen­tours de $1,5B par an. Donc, en gros, la Com­mis­sion a pré­levé 100% du revenu ser­veur de Micro­soft d’une année en Europe. C’est une amende qui dépasse donc de loin les 10% du CA du busi­ness consi­déré ! Et cela s’ajoute déjà à envi­ron $1B d’amendes pas­sées. L’amende repré­sente tout de même 0,7% du bud­get annuel de la Com­mis­sion Euro­pénne (envi­ron 121md€ en 2007)! De quoi ali­men­ter la PAC, entre autres puisqu’elle repré­sente 40% des dépenses de la Com­mis­sion Euro­péenne, ou bien la recherche euro­péenne. Autre cal­cul inté­res­sant pour com­pa­rer les carottes entre elles : les 900m€ d’amende financent l’équivalent de 90% du bud­get de la recherche euro­péen dans les NTIC sur 2007 (qui est aux alen­tours de 1md€, dans le pro­gramme FP7). Vous savez, ces pro­grammes qui financent la recherche de nos grands groupes indus­triels comme Tha­lès, Thom­son ou Alca­tel ! Tout ceci a le don d’agacer les amé­ri­cains au point de trou­ver que Micro­soft est devenu “le dis­tri­bu­teur de billets auto­ma­tique euro­péen” (selon Michael Arrin­gon de TechCrunch).Nelly Kroes

La Com­mis­sion Euro­péenne n’est donc pas vrai­ment conci­liante, comme en attestent les nom­breuses décla­ra­tions de la Com­mis­saire à la Concur­rence, Nelly Kroes (photo ci-contre). Cela lui donne une image de puis­sance face aux mul­ti­na­tio­nales amé­ri­caines. Mais cela aura plus d’effet dans son bud­get que sur une éven­tuelle modi­fi­ca­tion de la concur­rence sur les ser­veurs. Elle est déjà forte. Notam­ment sur Inter­net où les tech­no­lo­gies open source sont devant celles de Micro­soft en parts de mar­ché! Même si dans les entre­prises, Micro­soft est lea­der avec aux alen­tours de 65% du mar­ché des OS ser­veurs.  Et on l’a vu, sur les postes de tra­vail, elle s’est plu­tôt mieux exer­cée récem­ment là où la Com­mis­sion n’avait pas mis son nez (Fire­fox vs IE, alors que la Com­mis­sion s’était pré­oc­cu­pée de Win­dows Media).

Micro­soft de son côté ne l’a cer­tai­ne­ment pas joué “très fine” avec la Com­mis­sion. Leur stra­té­gie annon­cée il y a quelques jours sur l’interopérabilité aurait du inter­ve­nir entre 2004 et 2005 pour cal­mer le jeu. Micro­soft n’avait pas grand chose à perdre à être plus ouvert et conci­liant. Dom­mage pour leurs actionnaires…

Win­dows Vista

Micro­soft a annoncé cette semaine la baisse des prix de Win­dows Vista dans le retail, pour ses ver­sions “mise à jour”. La ver­sion Ulti­mate (“Inté­grale” en France)passera de $299 à $219 (bien, c’est la seule pour le grand public qui contient la fonc­tion de Backup&Restore com­plet du PC, très pra­tique). La ver­sion Home Pre­mium passe de $159 à $129 (tou­jours en mises à jour à par­tir de Win­dows XP). Cette baisse de prix n’a rien d’étonnant ! Micro­soft avait aug­menté les prix de Win­dows avec Vista. Tant en OEM qu’au détail. Cela explique d’ailleurs que la divi­sion Win­dows génère une crois­sance supé­rieure à celle du mar­ché des PCs. Selon Micro­soft, une étude d’élasticité au prix a mon­tré que le revenu généré serait supé­rieur en bais­sant les prix. Clas­sique en mar­ke­ting. Mais peut-être un nuage de fumée pour expli­quer les dif­fi­cul­tés d’adoption du pro­duit. Atten­tion, on ne parle ici que du busi­ness grand public. Et en retail, où les ventes sont assez mar­gi­nales au regard des ventes OEM.

Le Ser­vice Pack 1 doit amé­lio­rer la situa­tion. Sta­bi­li­sant le sys­tème et amé­lio­rant ses per­for­mances, il doit don­ner le signal d’une adop­tion plus forte du sys­tème, notam­ment dans les entre­prises. J’ai pu tes­ter la RC0 sur un lap­top, sans consta­ter de chan­ge­ments majeurs et les pre­miers bench­marks montrent que les gains de per­for­mance sont minimes. Il fau­dra aussi voir si cer­tains bugs fonc­tion­nels ont été cor­ri­gés, comme cette incroyable inca­pa­cité à sau­ve­gar­der l’état des fenêtes de l’Explorer (de fichiers) obli­geant à indi­quer à chaque fois que vous ouvrez un dos­sier com­ment vous vou­lez voir les fichiers pré­sen­tés! Le SP1 connait de sur­croit un retard de dif­fu­sion car un pro­blème d’incompatibilité avec des dri­vers aurait été décou­vert après sa fina­li­sa­tion. Résul­tat: près d’un mois et demi entre sa “fina­li­sa­tion” et sa dif­fu­sion au grand public via Win­dows Update. Elle devrait inter­ve­nir à la mi-mars. Un record !

Sinon, on notera ce pro­cès en “class action” aux USA de consom­ma­teurs mécon­tents d’avoir acheté des lap­tops “Vista Capable” s’étant avé­rés inca­pable de faire tour­ner Vista. En fait, le logo “Capable” s’appliquait à Vista Home Basic sans Aero, et aurait été créé pour plaire à Intel et à lui per­mettre de caser les lap­tops uti­li­sant ses chip­sets gra­phiques 915 & co, à l’époque, sous-configurés pour Vista. C’est très bien docu­menté par CNET. Une péri­pé­tie clas­sique, sur­tout pour ceux qui se sou­viennent des notions de “confi­gu­ra­tion mini­male” indi­quées pour toutes les anciennes ver­sions de Win­dows à leur lancement.

Vista lent, Vista buggé ? Peut-être. Mais on entend main­te­nant dire la même chose de Leo­pard, la der­nière ver­sion de MacOS. Au point que cer­tains cri­tiques trouvent que Apple com­mence trop à res­sem­bler à Micro­soft… qui n’est donc plus seul à essuyer ce genre de feu !

Bundles inter­dits ?

En France, nous avons eu cette semaine une nou­velle déci­sion d’une jus­tice locale (à Libourne dans la Gironde) don­nant rai­son à un consom­ma­teur qui atta­quait Asus qui refu­sait de rem­bour­ser le Win­dows asso­cié au lap­top, que le consom­ma­teur ne sou­hai­tait pas utiliser.

Mais cela ne chan­gera pas trop la donne : les bundles ne sont pas plus inter­dits qu’avant par ces  déci­sions de jus­tice. Tout au plus imposeront-elles les construc­teurs et reven­deurs à res­pec­ter les clauses de la licence de Win­dows OEM leur deman­dant de la rem­bour­ser aux clients si elle n’est pas uti­li­sée. C’est une ques­tion de pro­cess com­mer­cial (qui embar­rasse bien les acteurs consi­dé­rés) plus que d’interdiction de bund­ling. Ce qui explique un peu pour­quoi le gou­ver­ne­ment ne bouge pas sur la ques­tion mal­gré les nom­breux appels du pieds (AFUL, APRIL, UFC Que Choi­sir, etc).

XBOX et HD-DVD

On a peu com­menté le rôle de Micro­soft et d’Intel dans l’homérique bataille Blu-ray contre HD-DVD. Ni le pour­quoi du com­ment Blu-ray a gagné haut la main après le revi­re­ment de War­ner juste avant le CES (j’ai abon­dam­ment com­menté cela après le CES). Micro­soft avait promu le HD-DVD auprès des labels de films, notam­ment en Europe où il avait connu quelques suc­cès (comme chez TF1 il me semble). Micro­soft avait aussi com­mer­cia­lisé fin 2006 un lec­teur HD-DVD externe pour sa XBOX 360. Mais tout ceci n’a pas com­pensé l’énorme base ins­tal­lée géné­rée par les ventes de la PS3 en 2007. Ce sont elles-seules qui ont fait bas­culé la balance en faveur du Blu-ray, alors qu’elle était favo­rable au HD-DVD fin 2006.

Blu-ray vs HD-DVD

Mais les efforts de Micro­soft n’ont pas suf­fit. Pour contre­ba­lan­cer l’effet PS3, il aurait fal­lut que Toshiba ait une stra­té­gie plus aggres­sive de licence de la tech­no­lo­gie HD-DVD. Si elle avait été dif­fu­sée par les construc­teurs chi­nois, avec des lec­teurs de salons à moins de $200 voire $100 (hors pro­mo­tions), cela aurait coupé l’herbe sous le pieds de la PS3, qui au demeu­rant n’est pas uti­li­sée majo­ri­tai­re­ment pour regar­der des films. Toshiba n’avais pas assez de “secondes sources” pour les lec­teurs HD-DVD, cela a été fatal, comme cela avait été fatal à Sony avec le Beta­max dans les années 70, alors que Mat­su­shita avait licen­cié lar­ge­ment sa tech­no­lo­gie VHS.

Alors, comme toute l’industrie, Micro­soft a annoncé l’arrêt du sup­port du HD-DVD. Et il ne devrait pas être dif­fi­cile pour eux d’intégrer le sup­port du Blu-ray dans Vista (pro­ba­ble­ment dans un ser­vice pack un de ces 4). Pour la XBOX, soit ils attendent la pro­chaine géné­ra­tion, soit ils pro­posent un lec­teur externe. On verra bien.

Rap­pel­lons que Micro­soft avait poussé le HD-DVD pour plu­sieurs rai­sons. Concur­ren­tiel­le­ment, Blu-ray est basé sur Java, et poussé par Sun et Apple. De plus, le Blu-ray est plu­tôt “pro-Hollywood” et restrei­gnant sur la pro­tec­tion des conte­nus. Alors que le HD-DVD était plus souple de ce côté là, per­met­tant le “any time, any where, any device” avec les HD-DVD alors que ce n’est pas évident avec le Blu-ray. Dans cette bataille, c’est un peu des ténors de l’électronique de loi­sir qui ont gagné face aux ténors de l’industrie infor­ma­tique tra­di­tion­nelle (Intel, Micro­soft). Mais Micro­soft n’est pas blessé pour autant : ils n’avaient pas beau­coup investi, et cela ne change pas grand chose à leur offre produit.

Para­doxe

Ces dif­fé­rentes ani­croches donnent l’impression que Micro­soft ne va pas très bien. Et pour­tant, leurs résul­tats finan­ciers sont excel­lents sur les der­niers tri­mestres. Avec une crois­sance de 30%, poussé par Vista, Office 2007 et aussi la XBOX qui com­mence à peine à faire gagner de l’argent à Micro­soft (mais il fau­dra du temps pour épon­ger les mil­liards de $ inves­tis). Alors, est-ce para­doxal ? Est-ce un feu d’artifice avant des dif­fi­cul­tés finan­cières ? Pas encore. Car l’éditeur est poussé par la crois­sance du mar­ché du PC qui conti­nue de plus belle à l’échelle mon­diale, et est porté par sa diver­si­fi­ca­tion qui même si elle est dif­fi­cile en termes de pro­fi­ta­bi­lité, n’en génère pas moins une belle crois­sance tout azimut.

Il y a donc bien des nuages sur Micro­soft mais ce n’est pas encore la tempête.

Rap­port d’Hugo LunardelliHugo Lunardelli

Si vous avez tenu la lec­ture jusque là, alors, vous êtes prêts pour lire le com­pen­dium de 60 pages qu’a créé Hugo Lunar­delli (ci-contre) au sujet de l’offre entre­prise de Micro­soft. Hugo est un ancien col­lègue de Micro­soft, qui comme moi, com­mente avec ce regard mixte ex-interne/externe l’actualité de l’éditeur. Il va plus loin que moi car il délivre des for­ma­tions longues à ce sujet pour Cap Gemini Institut.

Il est télé­char­geable à par­tir de ce lien.

Le docu­ment four­nit une très bonne vision d’ensemble de la stra­té­gie Micro­soft et de son offre pro­duits pour l’entreprise. Il reste à faire la même chose pour l’offre grand public (MSN et Win­dows Live, XBOX, TV, etc). Un volontaire ?

Bon, et main­te­nant, je vais pas­ser de l’excellent Win­dows Live Wri­ter uti­lisé pour écrire ce post à Ubuntu et PHP/JavaScript pour amé­lio­rer le code de mon tem­plate WordPress…


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Publié le 1 mars 2008 Post de Olivier Ezratty | Google, Internet, Logiciels, Logiciels libres, Microsoft | 2 commentaires

Les 2 commentaires sur “Microsoft Clouds” :

  • [1] - Nicolas a écrit le 3 mars 2008 :

    Mettre en regard la sanc­tion pro­non­cée par la Com­mis­sion et le buget de recherche euro­péen en NTIC me paraît juste un peu… inap­pro­prié. Parce que c’est un pro­cédé à la limite de la déma­go­gie, sur­tout si vous égren­nez quelques noms de grands cham­pions trio­lores dans le même paragraphe.

    En pous­sant un tout petit peu, ça peut don­ner le sen­ti­ment que l’Europe taxe­rait Micro­soft pour finan­cer sa R&D, et c’est :
    - faux parce que le bud­get n’est pas nomi­na­tif. En gos, il n’y a pas de cagnotte NTIC dans laquelle on verse les amendes des pro­cès en concur­rence
    - ce serait déloyal et inter­dit par tout un tas d’instances, Micro­soft aurait tôt fait (à juste titre) de cas­ser une telle décision

    La PAC aussi, quoi qu’on en pense, est un sujet bien archaïque qui devrait être trai­tée par ailleurs, même si elle repré­sente un gros mor­cif du bud­get de l’UE, son appa­ri­tion en com­pa­rai­son n’a pas de sens.

    Mettre deux chiffres côte-à-côte ne per­met pas de créer cor­ré­la­tion, lien logique ou quoi que ce soit. Exemple : une amende pour sta­tion­ne­ment gênant repré­sente le prix de 2 packs de bière. Ou encore : Ma taxe d’habitation repré­sente le prix d’un iPod. Quelle conclusion ?

    Pour le reste, c’est tou­jours un plai­sir de vous lire :-)

    “Les faits sont têtus, mais avec les sta­tis­tiques on peut tou­jours s’arranger”.

  • [2] - Olivier Ezratty a écrit le 3 mars 2008 :

    Déma­go­gie? Com­pa­rai­son n’est pas rai­son parait-il.
    Mais je donne bien les ordres de gran­deur d’ensemble, notam­ment le bud­get glo­bal de l’Union Euro­péenne. La Com­mis­sion gère effec­ti­ve­ment un bud­get glo­bal tant pour les recettes que pour les dépenses et c’est tout à son hon­neur. Elle le peut parce qu’elle tient l’essentiel de ses res­sources des coti­sa­tions de ses états membres. A l’autre extré­mité, nous avons la France qui créé une palan­quée d’impôts divers pour les asso­cier à des poches de dépenses (état, région, sociales, etc). La taxe bidule pour finan­cer machin, etc.

    Par contre, la PAC n’est pas un sujet archaique pour moi, mais véri­ta­ble­ment stra­té­gique. Pour l’Europe comme pour la France. Il est cru­cial de pré­ser­ver une cer­taine auto­no­mie ali­men­taire du conti­nent à l’heure où ces den­rées risquent de deve­nir à la fois rares et chères à trans­por­ter. Le méca­nisme est peut-être inadé­quat et pous­sié­reux tout en géné­rant des abus qui favo­risent les gros exploi­tants, mais le sou­tien à l’agriculture a tout son sens stra­té­gique. Qui est d’ailleurs rare­ment mis en avant…

    Pour reve­nir à MS, l’amende est tout de même à mon sens trop élevée par rap­port à ce qui était repro­ché. Qui ne rele­vait pas d’abus de posi­tion de mono­pole, mais de retard au res­pect d’une mesure impré­cise concer­nant la docu­men­ta­tion de pro­to­coles d’interopérabilité entre clients et ser­veurs per­met­tant à des concur­rents de clo­ner les fonc­tion­na­li­tés de Win­dows Server.




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