Microsoft Clouds

Publié le 1 mars 2008 et mis à jour le 3 mars 2008 - 2 commentaires -
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Ces dernières semaines ont été chahutées pour Microsoft. Alors qu’ils lancaient la dernière génération de SQL Server et Visual Studio (2008), ce qui ne fait évidemment pas écho dans le grand public, plusieurs nuages s’amoncelaient au dessus de l’éditeur, annonçant une difficile fin d’hiver. Occasion pour moi de proposer quelques commentaires et éclaircissements sur ces sujets parfois complexes.

Affaire “Yahoo”

J’appelle maintenant cela une “affaire”. Car d’une simple acquisition (si l’on peut ainsi dire), on rentre dans une saga qui rappelle celle de l’acquisition de Peoplesoft par Oracle finalisée fin 2004, une année et demi après son annonce initiale. Et pour $10B au lieu des $5B annoncés initialement en juin 2003. Mais ce qui était tolérable dans le domaine des logiciels d’entreprise ne l’est évidemment pas dans l’Internet, qui évolue à une bien plus grande vitesse.

J’ai l’impression que j’étais en dessous de la réalité dans mes deux précédents posts au moment de l’annonce de Microsoft sur sa proposition kevin_johnson_microsoftd’acquisition de Yahoo (ici et ). Depuis, c’est un véritable vaudeville avec le conseil d’administration de Yahoo qui repousse l’offre de Microsoft, non pas simplement pour négocier, mais pour chercher une autre porte de sortie. L’acrimonie des dirigeants de Yahoo, Jerry Yang en premier, à l’encontre de Microsoft ne dit rien qui vaille sur les bonnes conditions d’une fusion. En effet, comment celle-ci pourrait bien se passer si l’acquéreur est d’abord diabolisé en interne ? Quand on voit que Kevin Johnson (photo ci-contre), le patron Microsoft de la Division Systèmes qui a en charge cette fusion (potentielle) tenter de rassurer les employés de Yahoo en leur indiquant que sommes toutes, ils pourraient rester dans la Silicon Valley, cela fait peur. Car ils avaient probablement prévu d’en déménager beaucoup à Redmond, environ 1200 km au nord de la Valley.

Or, non seulement Microsoft n’a jamais réussi à intégrer correctement de grosses sociétés (Great Plains, Navision, WebTV, …), mais à fortiori pas dans le cadre d’une acquisition que l’on qualifierait maintenant “d’hostile”! Cela ne dit rien qui vaille sur l’issue de l’affaire. Microsoft va peut-être se retirer après avoir tenté le coup, et finalement, affaibli Yahoo. Mais rien ne dit que cela les renforcerait. En attendant, Google feint d’avoir peur en dénoncant cette acquisition comme dangereuse pour les standards ouverts et l’interopérabilité. Ils appliquent là la devise d’Andy Grove “Only the paranoid survive”. Mais s’ils réfléchissaient un peu, ils se rendraient compte qu’ils bénéficieraient de cette fusion, car les fusions de ce genre sont rarement créatrices de valeur!

Donc, le jeu de poker reste ouvert. Microsoft peut se retirer ou aller jusqu’au bout d’une acquisition hostile. Cela ne peut que stabiliser ou fragiliser leur position sur Internet face à Google. S’ils se retirent, ils pourront au moins remettre en cause ce qu’ils font en interne, et peut-être revoir leurs cibles d’acquisitions, pourquoi pas, hors du pré-carré de Google et du search. Pourquoi pas dans les réseaux sociaux ou bien dans des activités internationales ? Et s’ils vont jusqu’au bout de l’acquisition, bon courage pour l’intégration…

Interopérabilité

L’annonce de Microsoft Corp sur les améliorations concernant l’interopérabilité de ses produits ont fait beaucoup de bruit. Et surtout, généré pas mal de scepticisme. En premier lieu de la part des acteurs du libre et surtout de la Commission Européenne qui joue à fond la défiance vis à vis de l’éditeur.

Qu’il y avait-t-il donc dans l’annonce ? Pour la première fois, un affichage de principes généraux sur l’interopérabilité, et leur application pratique associée :

  • La publication de tous les protocoles de communication de Windows et Windows Server, et plus tard d’Office 2007, avec l’indication de ceux qui sont couverts ou pas par des brevets. Avec l’annonce de ne pas attaquer les développeurs open source s’ils utilisent ces protocoles. Avec cependant le maintient de l’exigence de royalties pour les éditeurs open source qui commercialiseraient de manière payante des logiciels utilisant ces protocoles.
  • La création d’une API pour Office pour le développement de filtres utilisant d’autres formats que ceux de Microsoft, notamment le très controversé OpenXML dont les péripéties à l’ISO font beaucoup couler d’encre.
  • L’annonce, quelque peu ambigue, concernant la documentation de la manière dont Microsoft supporte – et étend – les standards. On pourrait crier au loup en disant que, ça y est, Microsoft ne va pas respecter les standards, les étendre et les rendre incompatibles. Peut-être. Mais n’oublions pas tout de même que nombre de standards sont incomplets et nécessitent des extensions pour être exploitables. Et que Microsoft n’est pas le seul à les étendre. S’ils le documentent, c’est tout de même une amélioration.
  • La création d’un laboratoire et de resources pour aider à l’interopérabilité des solutions open source avec celles de Microsoft. En fait, cela laboratoire était déjà en place au moment de l’annonce et depuis environ un an.

Ce sont des évolutions, pas des changements, car de nombreuses initiatives avaient été lancées autour de l’interopérabilité. Les relations avec les développeurs open source existaient depuis pas mal de temps. Notamment autour de PHP, JBOSS, Novell (sur la virtualisation), Ruby on Rails et PJeanPaoliython qui interopèrent tous avec Windows Server et/ou .NET. Une partie de ces évolutions a été pilotée par Jean Paoli, le General Manager en charge de l’interopérabilité chez Microsoft (google-izez le pour voir, photo ci-contre). Il est l’un des père de XML, qu’il a co-spécifié en 1996 pour le W3C. Il a depuis été l’avocat de l’intégration de XML dans l’ensemble de l’architecture logicielle Microsoft. On lui doit le support d’XML dans Internet Explorer et dans Office et plein d’autres initiatives de cet acabit. Il travaille très sérieusement sur le sujet de l’interopérabilité auquel il croit beaucoup. Bien sûr, il peut rencontrer des résistances au sein de Microsoft, mais il a obtenu jusqu’à présent plutôt gain de cause, étant bien écouté – entre autres – par Bill Gates et Steve Ballmer.

On peut juste regretter que l’annonce sur l’interopérabilité ne soit pas intervenue plus tôt. En effet, elle donne trop l’impression d’être une réaction aux agissements de la Commission Européenne (notamment l’amende de cette semaine dont nous allons reparler), et d’autre parts, aux pressions concurrentielles de l’open source. D’une manière générale, Microsoft agit trop en fonction des événements, et pas assez en amont. Comme sur Internet. C’est le propre des grosses structures qui peinent à s’adapter à leur environnement et dont les circuits de décision sont trop lents.

Le feedback de la communauté open source et des commentateurs sur ces annonces ? Ils ne croient pas à la sincérité de Microsoft qui ferait cela sous la pression plus que par bonne volonté. Mais pour les contenter vraiment, il faudrait que Microsoft devienne un éditeur open source et qu’ils abandonnent les brevets logiciels… ce qui n’est pas prêt d’arriver ! Certains interprètent les agissements de Microsoft comme une adoption du modèle de l’open source. On en est bien loin! Tactiquement, ils peuvent – comme de nombreux éditeurs – mettre tel ou tel bout de logiciel en open source. Mais ce ne sont jamais les logiciels clés, les vaches à lait, les sources de revenu. Ce sont juste des outils périphériques. Donc, le modèle est loin de changer. S’il change, c’est dans une autre direction, qui n’a rien à voir avec l’open source : vers la vente de logiciels sous forme de services en ligne. Autrement dit, le SaaS (software as a service), nouveau nom de l’ASP, et tout bêtement, les services Internet financés par la publicité.

Commission Européenne

Elle a encore frappé Microsoft cette semaine : avec une nouvelle amende de 899m€ soit environ $1,5B selon le cours du $. Pourquoi ? Non pas parce qu’ils auraient “abusé de leur monopole” comme on peut le lire dans les commentaires acrimonieux de nombreux blogs et journaux, mais parce qu’ils n’auraient pas respecté les demandes de la commission entre 2006 et 2007 concernant l’interopérabilité avec Windows Server. Sur deux points précis : documentation insuffisante et royalties trop élevées. L’amende est donc arrivée à postériori de cette affaire, la Commission ayant déclaré en octobre 2007 que Microsoft avait finalement satisfait à ses obligations.

Mais ces $1,5B sont bien chers payés.

Pour deux raisons.

  • D’abord, parce que l’amende couvre le non respect d’une demande très imprécise de la Commission Européenne. J’avais évoqué une condamnation pour mauvais génie logiciel en 2006. Et je maintiens. Microsoft a du lancer un travail de documentation tinanesque de ses logiciels, qu’il n’avait même pas accompli pour ses propres développeurs. Ceux qui font du développement, notamment chez des éditeurs de logiciels et des SSII, savent tous à quel point il est lourd de documenter à postériori des logiciels complexes ! Ce travail a mobilisé des centaines de développeurs, au point même d’avoir certainement contribué (modestement) au retard de Vista entre 2005 et 2006. Pour ce qui est du montant des royalties, la Commission a trouvé qu’elles étaient trop chères. En fonction de quoi ? Du feedback des éditeurs de logiciels libres. Mais il y avait-il une demande précises ? Un pratique standard dans l’industrie ? Pas vraiment, même si IBM avait annoncé rendre une partie de ses brevets “gratuits” pour les éditeurs open source (une belle opération de communication pour une société de services dont la première source de profits sont les logiciels commerciaux…).
  • Et puis, le mode de calcul de l’amende. La Commission indique qu’elle n’a pas été jusqu’à ponctionner le maximum, soient 10% du chiffre d’affaire de Microsoft en Europe (dans sa dernière année fiscale, Microsoft faisait $51B au niveau mondial et aux alentours de $15B en Europe). Mais l’amende dépasse l’entendement car les griefs ne portent pas sur l’ensemble de l’activité de Microsoft mais uniquement sur l’activité Windows Server, puisque c’est des API serveur qu’il était question dans le non-respect de Microsoft de la décision de la Commission Européenne entre 2006 et 2007. Or ce business représente aux alentours de 10% du CA de Microsoft (une bonne part des 23% du CA de Microsoft réalisé dans les logiciels serveurs). En Europe, cela représente donc aux alentours de $1,5B par an. Donc, en gros, la Commission a prélevé 100% du revenu serveur de Microsoft d’une année en Europe. C’est une amende qui dépasse donc de loin les 10% du CA du business considéré ! Et cela s’ajoute déjà à environ $1B d’amendes passées. L’amende représente tout de même 0,7% du budget annuel de la Commission Europénne (environ 121md€ en 2007)! De quoi alimenter la PAC, entre autres puisqu’elle représente 40% des dépenses de la Commission Européenne, ou bien la recherche européenne. Autre calcul intéressant pour comparer les carottes entre elles : les 900m€ d’amende financent l’équivalent de 90% du budget de la recherche européen dans les NTIC sur 2007 (qui est aux alentours de 1md€, dans le programme FP7). Vous savez, ces programmes qui financent la recherche de nos grands groupes industriels comme Thalès, Thomson ou Alcatel ! Tout ceci a le don d’agacer les américains au point de trouver que Microsoft est devenu “le distributeur de billets automatique européen” (selon Michael Arringon de TechCrunch).Nelly Kroes

La Commission Européenne n’est donc pas vraiment conciliante, comme en attestent les nombreuses déclarations de la Commissaire à la Concurrence, Nelly Kroes (photo ci-contre). Cela lui donne une image de puissance face aux multinationales américaines. Mais cela aura plus d’effet dans son budget que sur une éventuelle modification de la concurrence sur les serveurs. Elle est déjà forte. Notamment sur Internet où les technologies open source sont devant celles de Microsoft en parts de marché! Même si dans les entreprises, Microsoft est leader avec aux alentours de 65% du marché des OS serveurs.  Et on l’a vu, sur les postes de travail, elle s’est plutôt mieux exercée récemment là où la Commission n’avait pas mis son nez (Firefox vs IE, alors que la Commission s’était préoccupée de Windows Media).

Microsoft de son côté ne l’a certainement pas joué “très fine” avec la Commission. Leur stratégie annoncée il y a quelques jours sur l’interopérabilité aurait du intervenir entre 2004 et 2005 pour calmer le jeu. Microsoft n’avait pas grand chose à perdre à être plus ouvert et conciliant. Dommage pour leurs actionnaires…

Windows Vista

Microsoft a annoncé cette semaine la baisse des prix de Windows Vista dans le retail, pour ses versions “mise à jour”. La version Ultimate (“Intégrale” en France)passera de $299 à $219 (bien, c’est la seule pour le grand public qui contient la fonction de Backup&Restore complet du PC, très pratique). La version Home Premium passe de $159 à $129 (toujours en mises à jour à partir de Windows XP). Cette baisse de prix n’a rien d’étonnant ! Microsoft avait augmenté les prix de Windows avec Vista. Tant en OEM qu’au détail. Cela explique d’ailleurs que la division Windows génère une croissance supérieure à celle du marché des PCs. Selon Microsoft, une étude d’élasticité au prix a montré que le revenu généré serait supérieur en baissant les prix. Classique en marketing. Mais peut-être un nuage de fumée pour expliquer les difficultés d’adoption du produit. Attention, on ne parle ici que du business grand public. Et en retail, où les ventes sont assez marginales au regard des ventes OEM.

Le Service Pack 1 doit améliorer la situation. Stabilisant le système et améliorant ses performances, il doit donner le signal d’une adoption plus forte du système, notamment dans les entreprises. J’ai pu tester la RC0 sur un laptop, sans constater de changements majeurs et les premiers benchmarks montrent que les gains de performance sont minimes. Il faudra aussi voir si certains bugs fonctionnels ont été corrigés, comme cette incroyable incapacité à sauvegarder l’état des fenêtes de l’Explorer (de fichiers) obligeant à indiquer à chaque fois que vous ouvrez un dossier comment vous voulez voir les fichiers présentés! Le SP1 connait de surcroit un retard de diffusion car un problème d’incompatibilité avec des drivers aurait été découvert après sa finalisation. Résultat: près d’un mois et demi entre sa “finalisation” et sa diffusion au grand public via Windows Update. Elle devrait intervenir à la mi-mars. Un record !

Sinon, on notera ce procès en “class action” aux USA de consommateurs mécontents d’avoir acheté des laptops “Vista Capable” s’étant avérés incapable de faire tourner Vista. En fait, le logo “Capable” s’appliquait à Vista Home Basic sans Aero, et aurait été créé pour plaire à Intel et à lui permettre de caser les laptops utilisant ses chipsets graphiques 915 & co, à l’époque, sous-configurés pour Vista. C’est très bien documenté par CNET. Une péripétie classique, surtout pour ceux qui se souviennent des notions de “configuration minimale” indiquées pour toutes les anciennes versions de Windows à leur lancement.

Vista lent, Vista buggé ? Peut-être. Mais on entend maintenant dire la même chose de Leopard, la dernière version de MacOS. Au point que certains critiques trouvent que Apple commence trop à ressembler à Microsoft… qui n’est donc plus seul à essuyer ce genre de feu !

Bundles interdits ?

En France, nous avons eu cette semaine une nouvelle décision d’une justice locale (à Libourne dans la Gironde) donnant raison à un consommateur qui attaquait Asus qui refusait de rembourser le Windows associé au laptop, que le consommateur ne souhaitait pas utiliser.

Mais cela ne changera pas trop la donne : les bundles ne sont pas plus interdits qu’avant par ces  décisions de justice. Tout au plus imposeront-elles les constructeurs et revendeurs à respecter les clauses de la licence de Windows OEM leur demandant de la rembourser aux clients si elle n’est pas utilisée. C’est une question de process commercial (qui embarrasse bien les acteurs considérés) plus que d’interdiction de bundling. Ce qui explique un peu pourquoi le gouvernement ne bouge pas sur la question malgré les nombreux appels du pieds (AFUL, APRIL, UFC Que Choisir, etc).

XBOX et HD-DVD

On a peu commenté le rôle de Microsoft et d’Intel dans l’homérique bataille Blu-ray contre HD-DVD. Ni le pourquoi du comment Blu-ray a gagné haut la main après le revirement de Warner juste avant le CES (j’ai abondamment commenté cela après le CES). Microsoft avait promu le HD-DVD auprès des labels de films, notamment en Europe où il avait connu quelques succès (comme chez TF1 il me semble). Microsoft avait aussi commercialisé fin 2006 un lecteur HD-DVD externe pour sa XBOX 360. Mais tout ceci n’a pas compensé l’énorme base installée générée par les ventes de la PS3 en 2007. Ce sont elles-seules qui ont fait basculé la balance en faveur du Blu-ray, alors qu’elle était favorable au HD-DVD fin 2006.

Blu-ray vs HD-DVD

Mais les efforts de Microsoft n’ont pas suffit. Pour contrebalancer l’effet PS3, il aurait fallut que Toshiba ait une stratégie plus aggressive de licence de la technologie HD-DVD. Si elle avait été diffusée par les constructeurs chinois, avec des lecteurs de salons à moins de $200 voire $100 (hors promotions), cela aurait coupé l’herbe sous le pieds de la PS3, qui au demeurant n’est pas utilisée majoritairement pour regarder des films. Toshiba n’avais pas assez de “secondes sources” pour les lecteurs HD-DVD, cela a été fatal, comme cela avait été fatal à Sony avec le Betamax dans les années 70, alors que Matsushita avait licencié largement sa technologie VHS.

Alors, comme toute l’industrie, Microsoft a annoncé l’arrêt du support du HD-DVD. Et il ne devrait pas être difficile pour eux d’intégrer le support du Blu-ray dans Vista (probablement dans un service pack un de ces 4). Pour la XBOX, soit ils attendent la prochaine génération, soit ils proposent un lecteur externe. On verra bien.

Rappellons que Microsoft avait poussé le HD-DVD pour plusieurs raisons. Concurrentiellement, Blu-ray est basé sur Java, et poussé par Sun et Apple. De plus, le Blu-ray est plutôt “pro-Hollywood” et restreignant sur la protection des contenus. Alors que le HD-DVD était plus souple de ce côté là, permettant le “any time, any where, any device” avec les HD-DVD alors que ce n’est pas évident avec le Blu-ray. Dans cette bataille, c’est un peu des ténors de l’électronique de loisir qui ont gagné face aux ténors de l’industrie informatique traditionnelle (Intel, Microsoft). Mais Microsoft n’est pas blessé pour autant : ils n’avaient pas beaucoup investi, et cela ne change pas grand chose à leur offre produit.

Paradoxe

Ces différentes anicroches donnent l’impression que Microsoft ne va pas très bien. Et pourtant, leurs résultats financiers sont excellents sur les derniers trimestres. Avec une croissance de 30%, poussé par Vista, Office 2007 et aussi la XBOX qui commence à peine à faire gagner de l’argent à Microsoft (mais il faudra du temps pour éponger les milliards de $ investis). Alors, est-ce paradoxal ? Est-ce un feu d’artifice avant des difficultés financières ? Pas encore. Car l’éditeur est poussé par la croissance du marché du PC qui continue de plus belle à l’échelle mondiale, et est porté par sa diversification qui même si elle est difficile en termes de profitabilité, n’en génère pas moins une belle croissance tout azimut.

Il y a donc bien des nuages sur Microsoft mais ce n’est pas encore la tempête.

Rapport d’Hugo LunardelliHugo Lunardelli

Si vous avez tenu la lecture jusque là, alors, vous êtes prêts pour lire le compendium de 60 pages qu’a créé Hugo Lunardelli (ci-contre) au sujet de l’offre entreprise de Microsoft. Hugo est un ancien collègue de Microsoft, qui comme moi, commente avec ce regard mixte ex-interne/externe l’actualité de l’éditeur. Il va plus loin que moi car il délivre des formations longues à ce sujet pour Cap Gemini Institut.

Il est téléchargeable à partir de ce lien.

Le document fournit une très bonne vision d’ensemble de la stratégie Microsoft et de son offre produits pour l’entreprise. Il reste à faire la même chose pour l’offre grand public (MSN et Windows Live, XBOX, TV, etc). Un volontaire ?

Bon, et maintenant, je vais passer de l’excellent Windows Live Writer utilisé pour écrire ce post à Ubuntu et PHP/JavaScript pour améliorer le code de mon template WordPress…

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Publié le 1 mars 2008 et mis à jour le 3 mars 2008 Post de | Google, Internet, Logiciels, Logiciels libres, Microsoft | 8552 lectures

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Les 2 commentaires et tweets sur “Microsoft Clouds” :

  • [1] - Nicolas a écrit le 3 mars 2008 :

    Mettre en regard la sanction prononcée par la Commission et le buget de recherche européen en NTIC me paraît juste un peu… inapproprié. Parce que c’est un procédé à la limite de la démagogie, surtout si vous égrennez quelques noms de grands champions triolores dans le même paragraphe.

    En poussant un tout petit peu, ça peut donner le sentiment que l’Europe taxerait Microsoft pour financer sa R&D, et c’est :
    – faux parce que le budget n’est pas nominatif. En gos, il n’y a pas de cagnotte NTIC dans laquelle on verse les amendes des procès en concurrence
    – ce serait déloyal et interdit par tout un tas d’instances, Microsoft aurait tôt fait (à juste titre) de casser une telle décision

    La PAC aussi, quoi qu’on en pense, est un sujet bien archaïque qui devrait être traitée par ailleurs, même si elle représente un gros morcif du budget de l’UE, son apparition en comparaison n’a pas de sens.

    Mettre deux chiffres côte-à-côte ne permet pas de créer corrélation, lien logique ou quoi que ce soit. Exemple : une amende pour stationnement gênant représente le prix de 2 packs de bière. Ou encore : Ma taxe d’habitation représente le prix d’un iPod. Quelle conclusion ?

    Pour le reste, c’est toujours un plaisir de vous lire 🙂

    “Les faits sont têtus, mais avec les statistiques on peut toujours s’arranger”.

  • [2] - Olivier Ezratty a écrit le 3 mars 2008 :

    Démagogie? Comparaison n’est pas raison parait-il.
    Mais je donne bien les ordres de grandeur d’ensemble, notamment le budget global de l’Union Européenne. La Commission gère effectivement un budget global tant pour les recettes que pour les dépenses et c’est tout à son honneur. Elle le peut parce qu’elle tient l’essentiel de ses ressources des cotisations de ses états membres. A l’autre extrémité, nous avons la France qui créé une palanquée d’impôts divers pour les associer à des poches de dépenses (état, région, sociales, etc). La taxe bidule pour financer machin, etc.

    Par contre, la PAC n’est pas un sujet archaique pour moi, mais véritablement stratégique. Pour l’Europe comme pour la France. Il est crucial de préserver une certaine autonomie alimentaire du continent à l’heure où ces denrées risquent de devenir à la fois rares et chères à transporter. Le mécanisme est peut-être inadéquat et poussiéreux tout en générant des abus qui favorisent les gros exploitants, mais le soutien à l’agriculture a tout son sens stratégique. Qui est d’ailleurs rarement mis en avant…

    Pour revenir à MS, l’amende est tout de même à mon sens trop élevée par rapport à ce qui était reproché. Qui ne relevait pas d’abus de position de monopole, mais de retard au respect d’une mesure imprécise concernant la documentation de protocoles d’interopérabilité entre clients et serveurs permettant à des concurrents de cloner les fonctionnalités de Windows Server.




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