Bundles contestés, et après?

Publié le 22 décembre 2006 et mis à jour le 20 décembre 2007 - 42 commentaires -
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L’UFC Que Choisir a réveillé en décembre 2006 un serpent de mer qui fait régulièrement couler de l’encre depuis au moins 1999 en portant plainte contre Hewlett Packard, Darty et Auchan pour bundles illégaux de logiciels dans les PC qu’ils commercialisent. Et de faire un certain nombre de propositions comme de permettre l’achat d’ordinateurs sans logiciels et de faire le choix des logiciels installés sur la machine.

Autant je trouve qu’il est utile d’encourager la concurrence et de favoriser le choix des consommateurs, autant il me semble que les propositions contre les fameux bundles sont très limitées d’un point de vue pratique, au point qu’elles pourraient même être préjudiciables aux utilisateurs de PC.

Avant d’en venir là, il me faut déjà décrire les plaintes, la position des constructeurs et les propositions des plaignants. Je vais en profiter pour expliquer la mécanique méconnue de ces bundles, les pratiques en termes de prix et de contrats de licence. Ensuite, je traiterai de l’impact potentiel, direct et indirect des propositions de l’UFC, de l’AFUL et des politiques qui se sont mêlés au débat. Et je concluerai avec quelques propositions que vous pourrez d’ailleurs compléter.

C’est un peu long, comme d’hab, car le sujet ne se traite pas à la légère.

Les plaintes et les arguments utilisés

L’UFC se fait le relai d’une action de l’AFUL (Association Française des Utilisateurs de Logiciels Libres) qui avait démarré en 1999, dans le cadre d’une campagne mondiale, avec l’attaque frontale de Microsoft et de Windows au travers des journées de sensibilisation dites “Windows Refund Day” devenues ensuite des “Journées Détaxe” dans leur version française.

L’approche a été étendue à tous les logiciels bundlés sur PC, mais toujours avec Windows en ligne de mire même s’il est maintenant cité par circonlocutions. L’AFUL a inventé à cette occasion le terme de racketiciel. Mais Microsoft est toujours en ligne de mire selon l’AFUL selon qui: “…perdure une pratique qui permet à certains de se constituer des rentes au détriment des consommateurs en imposant, avec les matériels proposés, leurs logiciels parfois de piètre qualité afin de percevoir des marges atteignant 80%. En France cette pratique cause depuis plus de dix ans une évasion fiscale annuelle d’au moins 115 M d’euros.”. Et on mélange les choux et les carottes avec un discours alter-mondialiste qui n’a rien à voir avec les considérations des consommateurs! Car cette évasion fiscale est simplement liée au fait que nombre de logiciels sont commercialisés par des entreprises américaines. Mais les ventes de produits de L’Oréal, Vuitton, Airbus et aussi Dassault Systèmes dans le reste du monde sont aussi de “l’évasion fiscale”, cette fois-ci au profit de la France. C’est ce que l’on appelle le libre échange! Par contre, il est vrai que la marge de Windows est très élevée. Sur l’année fiscale terminée en juin 2006, elle était exactement de 77% ($10B de marge opérationnelle sur $13B de revenu). Les coûts associés à Windows sont à peu près équitablement répartis entre R&D – aux alentours de $1,5B, soit le quart du total de la R&D de Microsoft – et le reste dans la vente et surtout le marketing. Avec une variabilité forte les années de lancement de nouvelles versions. Cette marge exceptionnellement élevée est principalement liée au volume des ventes: aux alentours de 180 millions de licences par an!

Les politiques ont depuis longtemps pris le relai de ces plaintes. Ce fut longtemps le cas de Députés du PS comme Jean-Yves Le Déaut, auteur de quelques propositions de lois farorables à l’usage des logiciels libres dans l’administration. Mais la droite s’est également impliquée, de peur de se retrouver hors du jeu. Ainsi, Richard Cazenave, député UMP qui soutient également les logiciels libres, a embrayé en soutenant la plainte. Avec le discours suivant: “Il y a dix ans, on pouvait invoquer que l’intérêt du consommateur était de disposer d’une offre globale, incluant logiciels et matériel, parce que les utilisateurs étaient peu avertis. Cela a changé. Aujourd’hui, la plupart des utilisateurs n’en sont plus à leur premier équipement. Bon nombre d’entre eux sont donc en mesure de faire des choix. Or, cela ne leur est pas offert”. Est-ce à dire que les utilisateurs lambda de PC sont devenus soudainement suffisamment compétents pour utiliser un logiciel comme Linux et l’installer eux-mêmes sur un PC? Loin s’en faut. Cette notion de “compétence” est bien floue et n’est pas du tout vérifiée. Surtout pour les foyers qui ne sont pas encore équipés de PC et il en reste plus de 40%.

Il continue avec: … les solutions de logiciels libres sont désormais beaucoup plus opérationnelles et accessibles. Il y a donc bien plusieurs solutions disponibles sur le marché. Mais ces offres alternatives ont des difficultés à émerger parce que l’on tolère la vente liée. Dans ce contexte, il est plus que jamais nécessaire de faire cesser ces pratiques complètement anachroniques.”. Ceci est partiellement vrai car si Linux a fait d’énormes progrès ces dernières années, il n’a pas encore tout à fait les caractéristiques d’un système d’exploitation destiné au grand public. De là à dire que les pratiques dénoncées sont anachroniques, c’est fort de café, surtout dans la mesure où, nous allons le voir, c’est l’absence de ces pratiques qui serait anachronique et nous ferait revenir 20 ans en arrière!

Puis… Je condamne le fait que le consommateur ne soit pas au moins informé du coût des logiciels lorsqu’il achète un ordinateur. Je condamne surtout le fait qu’il y ait un couple forcé liant les logiciels et la machine. Cela peut être considéré à mon sens comme une violation du code de la consommation qui impose de séparer des produits vendus en lots.”. Mais il ne s’agit pas d’une vente par lot comme d’une boite de petits pois avec un paquet de pâtes! On verra plus loin que le PC et le Windows qui va avec sont étroitement liés techniquement. Un PC sans système d’exploitation est inopérant. Un constructeur se doit donc de proposer une machine qui tourne. Connaissez-vous beaucoup d’objets numériques qui sont vendus sans le logiciel qui va avec?

Et puis, est-on informé du coût détaillé de toutes les pièces détachées de Valéo lorsque l’on achète une Renault? Est-on informé des droits de diffusion de films et matches de Ligue 1 lorsque l’on s’abonne à Canal+? Est-on informé du prix de fabrication de sa Freebox lorsque l’on s’abonne à Free? Est-on informé du prix de l’échantillon de papier et de la cartouche d’encre fournis avec une imprimante? Quand on achète une solution, elle a un prix, c’est tout. Après, on peut comparer avec le prix des pièces détachées si elles sont disponibles séparément. En général, on se rend compte que la solution intégrée est bien plus avantageuse que le total du prix des pièces détachées. Chacun sait par exemple qu’une voiture achetée en pièces détachée vaut le quadruple du prix “monté”!

Enfin, on a une réponse alambiquée au sujet du Macintosh: Je pense que le débat est en l’occurrence différent. La vente liée est un problème lorsque l’on se positionne du côté du consommateur. Or, le consommateur achète une machine Apple aussi pour le système d’exploitation. C’est un choix délibéré.” . Méheu, ce n’est pas vrai! On peut installer Windows sur les Macintosh maintenant qu’ils utilisent un processeur Intel! On peut même y mettre Linux. Comment fais-je si je veux un portable Apple avec la petite prise d’alimentation aimantée (une idée super) et mettre Linux ou Windows dessus sans payer MacOS? Suis-je informé du coût de MacOS? L’argument ne tient plus! Même si Apple fournit à la fois le matériel et le logiciel et peut un peu plus prétendre à une solution intégrée que dans le cas où le logiciel n’a pas la même provenance que le matériel. Si une loi était votée qui obligeait à proposer “un ordinateur nu”, et bien, elle devrait s’appliquer aux Macintosh car ce sont devenus des PC à quelques détails près!

Autre plainte courante: ce serait scandaleux que les logiciels représentent jusqu’à 20% du prix d’un PC. Mais bon, c’est d’abord très rarement le cas. Sur un ordinateur à 600€, on est probablement aux alentours de 15% maximum et cela descend à moins de 10% pour les PC de 1000€ et plus. Et puis, n’est-ce pas normal que les logiciels aient de la valeur? Sans eux, on ne peut rien faire! Les logiciels bundlés avec un PC ne sont pas chers du tout! Prenez en comparaison un lecteur de DVD à environ 80€, c’est le prix de 3 DVDs! Et ce n’est que du contenu!

Position des constructeurs, prix des logiciels et marché des PCs

De leur côté, les constructeurs de PC indiquent qu’un “unbundling” n’aurait aucun sens industriel : il couterait cher car il faudrait démultiplier les configurations, le support technique des machines serait rendu plus difficile pour le grand public car le logiciel de base tournant sur les machines ne serait plus standard comme avec Windows et le piratage de logiciels serait indirectement encouragé. Enfin, les premiers essais de vente de PC avec Linux ont été de cuisants échecs dans le grand public.

J’ajouterai que l’association de Windows avec un PC est plus étroite que le simple ajout de l’un sur l’autre, afin de faire du PC une solution “prête à l’emploi”:

  • Préinstallation de Windows sur le disque dur qui permet de mettre en route l’ordinateur en quelques minutes après avoir saisi son compte utilisateur et son mot de passe.
  • Personnalisation de la version de Windows pour le matériel avec l’ajout des pilotes spécifiques, particulièrement importants dans le cas d’un ordinateur portable, et des logiciels de paramétrage spécifiques à son matériel.
  • Ajout d’une procédure de sauvegarde et de restauration de la machine, avec un DVD tout prêt ou avec la gravure d’un DVD de restauration.
  • Personnalisation de l’environnement applicatif au niveau : navigateur Internet, moteur de recherche, player multimédia, lecteur de DVD et codec MPEG2, anti-virus, lecteur PDF. A la fois pour se différentier et en réponse à différents “settlements” dans le cadre des procès Antitrust contre Microsoft. Personnalisation qui favorise la concurrence dans certaines catégories logicielles. Et qui répond aussi à des besoins fonctionnels réels non pourvus par Windows.
  • Fourniture d’un support technique utilisateur pour l’ensemble de la configuration matérielle et logicielle fournie. Même si sa qualité est souvent très inégale.

Regardons maintenant l’aspect “prix des logiciels bundlés” car il y a de nombreuses méconnaissances à ce sujet. Et d’ailleurs une confusion sémantique entre prix (ce que paye le consommateur) et coût (ce que paye le constructeur). Selon l’UFC, …le consommateur peut être titulaire de licences logicielles et vouloir acheter un ordinateur nu, ou tout simplement vouloir changer d’environnement logiciel. Il a donc légalement le droit de refuser l’achat concomitant des logiciels inutiles.”!

  • Ce n’est pas tout à fait le cas car la licence de Windows “bundlée” est liée à la machine par contrat. Vous direz que c’est un artifice de licence utilisateur pour générer un revenu récurrent à chaque renouvellement de machine. Oui, mais c’est reflété dans le prix que paye le constructeur à Microsoft, qui est bien plus bas qu’un achat à l’unité. Environ du tiers au quart tout de même! (cf tableau suivant des prix de vente constatés de Windows XP dans le grand public – source: Kelkoo).

  • Pour Windows comme pour les autres logiciels “bundlés”, le prix payé par le constructeur n’a rien à voir avec le même prix du logiciel payé à l’unité. Tout simplement parce que les coûts de diffusion ne sont pas les mêmes. Mettre le logiciel dans une boite et le vendre dans la grande distribution coûte bien plus cher que permettre au constructeur de le mettre sur le disque dur de ses PC, et même d’ajouter un CD-ROM dans la boite.
  • Si on prend juste le cas de Windows, le coût de Windows pour le constructeur est très inférieur à 100€ par machine. Un PC a une durée de vie d’au moins quatre ans. Ce qui donne donc environ 25€ à 30€ par an, sachant que les mises à jour mineures (correctifs, service packs) sont gratuites pendant ce laps de temps. Comparez cela au coût annuel d’un anti-virus comme Norton de Symantec qui se monte à 45€ et vous verrez que Windows n’est finalement pas bien cher.
  • Dans le cas de la vente de Windows en boite, c’est Microsoft qui assure le support technique alors que dans la vente “bundlée”, c’est le constructeur. Cela explique une bonne partie de la différence de prix.
  • Quand Windows est vendu en boite, il y a plusieurs versions: une licence pleine qui peut s’installer sur une machine neuve, et une licence de mise à jour, qui s’appliquera dans ce cas là à un PC déjà équipé de Windows par quelque moyen que ce soit. Mais on peut obtenir un meilleur prix chez un assembleur avec une boite Windows vendue uniquement avec la machine. Sur le site au doux nom de Racketiciel, l’AFUL écrit “En général, quand vous achetez un ordinateur, vous n’avez pas le choix des logiciels préinstallés qui sont inclus dans le prix typiquement entre 100 et 300 euros)“. Ce montant ne dépasse quasiment jamais 100€! Ces 300€ correspondent au prix de Windows “full package” vendu à l’unité. Mais jamais au prix payé par le constructeur à Microsoft et aux autres éditeurs concernés!
  • Le prix payé par le constructeur pour les autres logiciels bundlés est très bas. Quand l’AFUL parle de racketiciel, elle se trompe d’ailleurs de cible et de montant. Les racketés dans les bundles, ce sont les éditeurs de logiciels (en mettant de côté Microsoft qui n’est effectivement pas à plaindre)! Pour diffuser leur offre en volume, ils récupèrent une royalty très faible de la part des constructeurs. Selon le logiciel, elle est de quelques $ à quelques dizaines de cents! Certains comme Symantec se rattrapent en générant un revenu récurrent annuel. L’intégration du logiciel dans les machines peut être même considéré comme un investissement marketing de l’éditeur qui gagne là un moyen de toucher des clients potentiels.

Les bundles génèrent un bénéfice consommateur certain. Quand on peut choisir, il vaut mieux d’ailleurs trouver un PC qui a le meilleur niveau de “bundling” car c’est le moyen d’obtenir les logiciels en question au meilleur prix par rapport à un achat à l’unité en boite. En faisant cependant attention à plusieurs facteurs: de plus en plus de logiciels bundlés ont leur équivalent en freeware. C’est par exemple le cas de l’antivirus Norton de Symantec, souvent préinstallé sur les machines et payant au bout de quelques mois sous la forme d’une redevance annuelle. On peut l’éviter et installer à la place AVG ou Avast qui sont gratuits. Même chose pour les encyclopédies. Encarta ou Hachette, qui étaient appréciables… avant Wikipedia!

Il y a d’autres évolutions du marché des PC qu’il faut citer:

  • L’origine des PC: il fut un temps où près de 25% à 30% des PC étaient achetés chez des assembleurs dits de “quartier”. C’est comme cela que je m’approvisionnais en PC entre 1986 et 2001. Depuis, je suis passé à des PC de marque. Pourquoi donc? Parce que les économies d’échelle et la standardisation des composants génèrent de bien meilleurs prix avec les constructeurs internationaux. On trouve aujourd’hui des PC Media Center à 500€! Les assembleurs représentent maintenant une part plus faible des ventes de PC – aux alentours de 15%-20%!
  • Le type des PCs: la part des portables va croissant. Il suffit de voir les publicités dans le métro à Paris pour comprendre le phénomène. Or un laptop a encore plus besoin d’être une solution clé en main car c’est encore plus délicat d’y installer soi-même un système d’exploitation que sur un desktop. Quant à ces derniers, ils sont de plus en plus utilisés pour jouer. Un domaine qui favorise encore très nettement Windows par rapport à Linux.
  • La demande de PC sur Linux reste faible malgré les nombreuses améliorations que l’on trouve dans ce système d’exploitation. La demande reste concentrée dans le secteur public, dans une partie de l’enseignement supérieur, et dans certains métiers techniques et informatiques (développeurs Web, administrateurs réseaux), et plus sur les serveurs que sur les postes de travail, et plutôt dans les entreprises que chez les particuliers. Et les tentatives de ventes de PC préinstallés avec Linux dans la distribution par HP et Dell ont été des échecs même si leur côté anecdotique ne les aidait pas. Il y a donc peu de demande! Les utilisateurs de Linux dans le grand public ont une certaine typologie: ils sont plus experts, plus jeunes, et plus enclins à être clients de la rue Montgallet que de Darty! Le Linuxien est plus un adepte du “tuning”  de PC que du PC “prêt à porter”.
  • Le marché des serveurs est bien différent. Une part importante des serveurs sont livrés “nus” sans système. Ce qui n’empêche pas la dominance de Microsoft qui dispose de plus de 60% de parts de marché avec Windows Server.

La jurisprudence

Pour l’instant, seuls quelques tribunaux de première instance ont demandé le remboursement de plaignants à hauteur du prix “retail” de Windows. Ce sont des cas épisodiques en région.

Cas qui génèrent d’ailleurs un encombrement bien futile de la machine judiciaire à l’heure où tant de personnes mises en examen croupissent en prison à cause de la lenteur de ladite machine judiciaire qui ne dispose pas d’assez de moyens!

Les propositions

Ces plaintes UFC/AFUL soulèvent cependant un point qui est tout à fait compréhensible: une volonté de développer la concurrence dans les systèmes d’exploitation, domaine largement dominé par Microsoft avec Windows, qui est installé par défaut sur plus de 90% des PC distribués par les constructeurs. Comment mettre un coin dans cette dominance alors que l’alternative Linux semble devenir crédible?

C’est là que les propositions des uns et des autres partent en vrille.

Que propose le député Cazenave? Essentiellement, la création d’un groupe de travail à l’Assemblée sur le sujet et la création d’un cadre juridique pouvant aller de l’avant et l’encouragement aux “Class Action”, ces procès en nom collectifs bien connus aux USA. Cela n’a pas d’implication pratique immédiate. Le législateur est coutumier de ce fait avec le vote de nombreuses lois et règlements qui s’empilent sans qu’il se soit toujours bien préoccupé de leur aspect pratique et de leur impact au quotidien pour les citoyens.

De son côté, l’UFC demande dans sa plainte:

“- de permettre aux consommateurs qui le souhaitent de pouvoir acheter un ordinateur «nu» sans aucun logiciel d’exploitation et/ ou d’application pré installé,

– de permettre aux consommateurs de faire le choix des logiciels qu’ils souhaitent installer en les achetant séparément ou en activant ou non les logiciels pré installés via la remise ou non par le vendeur de leur clé d’activation.”

Voyons les conséquences pratiques de telles mesures:

  • La première mesure aurait un coût non négligeable pour les constructeurs et pour les points de vente. Cela doublerait voire triplerait le nombre de références dans les magasins, augmenterait les coûts de gestion et probablement les prix des PCs : une référence avec Windows car c’est encore la demande majoritaire, une référence avec Linux car cela serait bien plus pratique pour que le PC soit prêt à l’emploi, et une référence de PC nu. En gros, on augmenterait le prix des PCs pour satisfaire quelques % d’acheteurs. Ou alors, les constructeurs imputeraient via un peu de comptabilité analytique l’augmentation des coûts de gestion aux acheteurs de PC nus pour ne pas pénaliser ceux qui achètent des PC préinstallés avec Windows et n’ont rien demandé d’autre. Résultat, le PC nu couterait si cela trouve aussi cher si ce n’est plus cher que le PC “bundlé”. Il serait bon au passage de définir ce qu’est un “ordinateur”! Est-ce un ordinateur personnel sur lequel est actuellement installé Windows? Est-ce que cela englobe les Macintosh? Voire les assistants personnels? Idem pour les Media Centers à base de PCs?
  • Les constructeurs créeraient immanquablement des références différentes de PC pour les versions avec et sans Windows car ils ne souhaitent pas communiquer leurs prix d’approvisionnement. C’est une logique du commerce bien universelle! Un constructeur ne diffuse pas la structure de coûts de ses produits. C’est une information confidentielle dans le commerce! Les promoteurs de Linux diront cependant que cela les arrangerait bien car Linux étant parait-il moins consommateur de ressources, les PC nus pourraient être moins bien configurés que les PC avec Windows. Ce qui reste à démontrer pour des usages courants!
  • Il est hors de question d’obliger les clients de PC nus à acheter Windows à l’unité séparément. On a vu que ce n’est pas du tout intéressant économiquement. Sans compter le temps perdu! Un PC préinstallé avec Windows (ou Linux) est opérationnel en cinq minutes alors que si l’utilisateur doit l’installer par lui-même, il en a pour une heure… et quand il s’y connait un peu car malgré ce qu’affirme le député Cazenave, une grande proportion des utilisateurs bloquerait dans l’installation d’un système d’exploitation – Windows comme Linux -, ne serait-ce qu’au niveau des pilotes de périphériques, et autres Codec MPEG2 pour pouvoir lire un simple DVD vidéo!
  • On limiterait la capacité de certains éditeurs de logiciels (il n’y a pas que Microsoft) à diffuser à très bas prix des logiciels pour tous. La diffusion de logiciels via les constructeurs est en effet un bon moyen de toucher rapidement une large clientèle et avec un coût des ventes assez faible. Par ailleurs, il permet à certains concurrents de Microsoft d’être traités sur un (vague) pieds d’égalité par rapport à ce dernier. En supprimant cela, on favoriserait finalement Microsoft indirectement.
  • L’activation de logiciels à l’unité est un métier à part que les constructeurs ne veulent pas forcément assurer. Leur rôle est de fournir une machine prête à l’emploi au meilleur prix, avec des économies d’échelle et un minimum d’interaction avec les clients – c’est d’ailleurs pour cela qu’ils passent par des revendeurs. Pas de se transformer en distributeur de logiciels à l’unité, activité qui a des contraintes industrielles et de coûts de gestion. Même si certains comme Dell savent le faire via leur activité de “Built to order”.

Et puis, pourquoi n’irait-on pas plus loin?

  • En unblundlant les logiciels de retouche photo qui sont systématiquement bundlés avec les appareils photos, imprimantes et autres scanners.
  • En unblundlant les chaines sportives des bouquets de Canal Satellite que je ne regarde jamais alors que je préfère le cinéma. Pourquoi dois-je payer pour les 600m€ payés par Canal+ pour les matches de la Ligue1?

Bref, pourquoi compliquer la vie des 95% d’utilisateurs qui sont bien contents d’avoir un PC qui marche en s’allumant pour satisfaire quelques %?

It’s the ecosystem, stupid!

Le succès de Windows n’est pas simplement du à son installation par défaut dans les PC. Il est aussi du à l’étendue de son écosystème de produits et solutions complémentaires. Dans le même magasin où l’on achète son PC, on trouvera une foultitude de périphériques qui supportent Windows, et tout autant de logiciels adaptés à Windows. Il y a évidemment un phénomène d’oeuf et de poule dans l’histoire qui a démarré il y a plus de 16 ans.

C’est là où le bas blesse pour Linux. Son mode de développement communautaire et ses nombreuses distributions sont fort sympathiques et appréciables, surtout auprès d’utilisateurs techniques. Mais ils restent inadaptés à une diffusion dans le grand public. Il y a encore trop de variantes dans l’interface utilisateur (KDE, Gnome), dans les procédures d’installation du système et des logiciels applicatifs, et dans le packaging de Linux. Les constructeurs sont trop peu nombreux à avoir de leur côté personnalisé Linux pour leurs PC. Le support technique au grand public est difficile à gérer pour eux car encore trop de manipulations sous Linux nécessitent une maitrise du mode commande.

Tout ceci n’est pas insurmontable pour Linux, mais on n’y est pas encore.

Contre propositions

A force de démonter les propositions de l’UFC ou de l’AFUL, je me trouve en plan. Que faire? Comment favoriser la concurrence sans pénaliser les consommateurs?

J’aurais d’abord tendance à faire “confiance au marché” car l’intrusion du politique et du législateur dans le technique n’a que rarement fait des merveilles. Regardez toutes ces dispositions compliquées imposées à Microsoft par le Department of Justice américain ou par la Commission Européenne. Elles n’ont pas vraiment entamé la dominance écrasante de Microsoft dans les systèmes d’exploitation.

Voici donc quelques modestes pistes :

  • Laisser les constructeurs s’adapter à la demande en proposant quand ils sentent le marché évoluer des configurations nues ou avec Linux, comme ils l’ont tenté à plusieurs reprises dans le secteur de l’éducation. Mais sans leur forcer la main plus vite que la musique! Ils seront bien à même de s’adapter à la demande Linux s’ils la sentent arriver.
  • L’achat de logiciels à l’unité chez les constructeurs est une réalité pour les constructeurs qui font de la vente directe et du “Built to Order”, comme Dell. La demande de l’UFC pourrait donc s’y appliquer.
  • Dans un domaine de la protection des consommateurs qui n’a rien à voir avec les bundles, demander à ce que les constructeurs et Microsoft fournissent une réelle documentation utilisateur pour Windows, même en format électronique. Car la quasi absence de documentation est un véritable scandale qui oblige souvent à acheter un livre genre “Windows pour les nuls” pour s’y retrouver quand on n’y connait rien!
  • Les constructeurs pourraient documenter clairement la procédure pour le cas où l’on souhaite se faire rembourser la partie logicielle du PC. Car elle est effectivement prévue contractuellement. Procédure qui devrait déclencher un reformatage du disque dur de l’ordinateur. 

Un de ces 4, il faudra aussi parler du choix des microprocesseurs pour un PC. Car on nage en plein brouillard. Là aussi, il y a peu de transparence sur les prix et les performances. La différence de performance selon le processeur entre deux PC justifie-t-elle la différence de prix, souvent plusieurs fois supérieure au coût de Windows pour le constructeur? Comment s’y retrouver entre un portable à 700€ et un autre à 2000€? Où est la différence?

Bon, et puis, il y a un truc agaçant, c’est lorsque l’on est abonné à MSDN qui permet de disposer de licences Windows pour le développement et le test. Pas facile d’acheter un PC sans Windows pour les utiliser. On les paye donc effectivement deux fois, mais ce n’est plus du “grand public”. Et cela ne concerne que quelques milliers de personnes en France, sur environ 3 millions de PC vendus dans le grand public par an!

Et vous, avez-vous des idées de mesures qui encourageraient la concurrence sur les PCs, sans pour autant générer des usines à gaz préjudiciables aux consommateurs?

Cet article a été cité sur le site de ITR News le 27 décembre 2006 et légèrement complété le même jour.

Publié le 22 décembre 2006 et mis à jour le 20 décembre 2007 Post de | Logiciels, Logiciels libres, Microsoft, Technologie | 18329 lectures

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Les 42 commentaires et tweets sur “Bundles contestés, et après?” :

  • [1] - Jeremy Fain a écrit le 23 décembre 2006 :

    Merci Olivier pour cet article très intéressant et qu’on ne trouve nulle part. L’attaque du problème par l’opinion du consommateur est très percutante.

    Je suis assez d’accord avec les consommateurs: ne pas avoir le détail fâche. les éditeurs d’OS et logiciels fréquemment installés en standard ainsi que les constructeurs/intégrateurs d’ordinateurs entretiennent un flou préjudiciable à la décomposition de chaque ‘pack’. Combien paie-t-on pour la composante ‘logicielle’? A moins d’avoir été directeur marketing de MS, impossible de savoir 😉

    Plus prosaïquement:
    * Microsoft a inventé l’OEM, s’est distingué dans les années 80 et 90 par sa très forte capacité à s’imposer chez le consommateur non pas parce qu’il avait le meilleur produit (Windows 3.1 vs. Mac OS, BeOS, OS/2, etc.) mais parce-qu’il avait adopté une stratégie de distribution indirecte tout simplement géniale – gage de son succès en sus de sa capacité de R&D à mon humble avis. MS, en s’imposant chez les constructeurs/intégrateurs, s’imposait de facto chez le particulier, ce qui n’a pas manqué de susciter quelques mécontentements.

    C’était à l’époque, et on en a encore les rémanations aujourd’hui. Mais maintenant que MS a des produits canons (quand même, Vista, c’est 1000000000x mieux que Windows 95 sans vouloir offenser personne) et donc un levier potentiel pour redresser son image, je trouverais ça dommage que MS lâche du lest auprès des constructeurs, même si ça permettrait certes au consommateur de choisir son OS: la plupart des gens trouveraient dans leur environnement un CD pirate. Ca se fait encore trop en France, et l’OEM est un moyen efficace de lutte contre la piraterie. Et la piraterie est néfaste pour le consommateur lui-même, car l’éditeur de soft répercute le manque à gagner sur les new releases et la R&D en général.
    Quant à l’image de MS: je pense que le virage stratégique de l’interopérabilité et l’influence croissance de l’environnement Visual Studio auprès des développeurs, conjugués à la qualité de Vista, feront l’affaire à moyen terme. Aujourd’hui, c’est déjà beaucoup mieux qu’il y a 10 ans.

  • [2] - Olivier Ezratty a écrit le 23 décembre 2006 :

    Microsoft a effectivement innové en vendant son OS à des constructeurs mais à y regarder de près, c’est le modèle universel depuis longtemps dans l’industrie informatique.

    Le PC est probablement d’ailleurs l’un des rares produits avec un microprocesseur et un écran où l’on peut acheter l’OS séparément (même si c’est dur dans le grand public) de la machine.

    On n’a pas le choix par contre pour :
    – Une console de jeu
    – Un téléphone
    – Un appareil photo
    – Un player MP3 ou… un iPod
    – Un Macintosh
    – Un assistant personnel
    – Une set-top-box satellite/câble

    Et pourtant, dans pas mal de cas, l’OS de des engins ne vient pas du constructeur! Par exemple, les décodeurs de Canal+ sont équipés d’un système d’exploitation Media Highway (origine: NDS, filiale de News Corp).

    Bref, si Microsoft était un constructeur, personne ne l’enquiquinerait avec ces histoires de bundle. Mais alors, Apple aurait peut-être eu le dessus sur MS et Windows… mais on n’aurait pas plus de choix pour autant de l’OS sur un Mac!

    Le modèle du bundle est en fait incontournable pour diffuser une solution “clé en main”, en particulier pour le grand public.

  • [3] - dnanar a écrit le 24 décembre 2006 :

    Bonjour,

    Quelques questions et remarques sur ce document:


    "Et puis, est-on informé du coût détaillé de toutes les pièces détachées de Valéo lorsque l’on achète une Renault? Est-on informé des droits de diffusion de films et matches de Ligue 1 lorsque l’on s’abonne à Canal+? Est-on informé du prix de fabrication de sa Freebox lorsque l’on s’abonne à Free? Est-on informé du prix de l’échantillon de papier et de la cartouche d’encre fournis avec une imprimante?

    J’aimerais bien pouvoir choisir “en direct” mon programme TV (sans parler de VoD hein :), j’aimerais bien pouvoir choisir autre chose qu’une freebox pour m’abonner à Free, j’aimerais bien pouvoir choisir une cartouche moins cher pour mon imprimante que celle fournit par defaut dans l’imprimante (quoi que ca m’etonnerais que le papier soit vendus avec l’imprimante non ?)


    Quand on achète une solution, elle a un prix, c’est tout. Après, on peut comparer avec le prix des pièces détachées si elles sont disponibles séparément. En général, on se rend compte que la solution intégrée est bien plus avantageuse que le total du prix des pièces détachées. Chacun sait par exemple qu’une voiture achetée en pièces détachée vaut le quadruple du prix “monté”!"

    Bof, moi ca me derangerais pas de pouvoir choisir des roues moins cher que celle donnée par defaut avec ma voiture.


    Personnalisation de l’environnement applicatif au niveau : navigateur Internet, moteur de recherche, player multimédia, lecteur de DVD et codec MPEG2, anti-virus, lecteur PDF. A la fois pour se différentier et en réponse à différents “settlements” dans le cadre des procès Antitrust contre Microsoft. Personnalisation qui favorise la concurrence dans certaines catégories logicielles. Et qui répond aussi à des besoins fonctionnels réels non pourvus par Windows.

    Alors là est-ce que quelqu’un aurait l’aimabilité de m’expliquer le pourquoi des deux dernières phrases svp ?


    Ce n’est pas tout à fait le cas car la licence de Windows “bundlée” est liée à la machine par contrat. Vous direz que c’est un artifice de licence utilisateur pour générer un revenu récurrent à chaque renouvellement de machine. Oui, mais c’est reflété dans le prix que paye le constructeur à Microsoft, qui est bien plus bas qu’un achat à l’unité. Environ du tiers au quart tout de même! (cf tableau suivant des prix de vente constatés de Windows XP dans le grand public - source: Kelkoo).

    Mais, UFC ne veut-il justement pas qu’on affiche le prix de Windows “bundlés” (et des autres logiciels d’ailleurs) lors de l’achat du PC ?


    L’origine des PC: il fut un temps où près de 25% à 30% des PC étaient achetés chez des assembleurs dits de “quartier”. C’est comme cela que je m’approvisionnais en PC entre 1986 et 2001. Depuis, je suis passé à des PC de marque. Pourquoi donc? Parce que les économies d’échelle et la standardisation des composants génèrent de bien meilleurs prix avec les constructeurs internationaux. On trouve aujourd’hui des PC Media Center à 500€! Les assembleurs représentent maintenant une part plus faible des ventes de PC - aux alentours de 15%-20%!

    Ce n’est pas une critique, mais l’idée qu’il y a derrière c’est la mondialisation non ?


    Malgré les améliorations que l’on trouve dans Linux, la demande de PC sur Linux reste faible. Elle est concentrée dans le secteur public, dans une partie de l’enseignement supérieur, et dans certains métiers techniques et informatiques (développeurs Web, administrateurs réseaux), et plus sur les serveurs que sur les postes de travail, et plus dans les entreprises que chez les particuliers. Et les tentatives de ventes de PC préinstallés avec Linux dans la distribution par HP et Dell ont été des échecs. Il y a très peu de demande! Les utilisateurs de Linux dans le grand public ont une certaine typologie: ils sont plus experts, plus jeunes, et plus enclins à être clients de la rue Montgallet que de Darty! Le Linuxien est plus un adepte du “tuning” de PC que du PC “prêt à porter”.

    Evidemment, si on lui laisse pas le choix.
    J’aime assez la comparaison (élogieuse ? oO ) de la dernière phrase.



    - de permettre aux consommateurs de faire le choix des logiciels qu’ils souhaitent installer en les achetant séparément ou en activant ou non les logiciels pré installés via la remise ou non par le vendeur de leur clé d’activation.”

    [...]

    # On limiterait la capacité de certains éditeurs de logiciels (il n’y a pas que Microsoft) à diffuser à très bas prix des logiciels pour tous. La diffusion de logiciels via les constructeurs est en effet un bon moyen de toucher rapidement une large clientèle et avec un coût des ventes assez faible. Par ailleurs, il permet à certains concurrents de Microsoft d’être traités sur un (vague) pieds d’égalité par rapport à ce dernier. En supprimant cela, on favoriserait finalement Microsoft indirectement.

    Je ne comprends pas du tout le deuxième paragraphe, quelqu’un pourrait m’expliquer ?


    # L’activation de logiciels à l’unité est un métier à part que les constructeurs ne veulent pas forcément assurer. Leur rôle est de fournir une machine prête à l’emploi au meilleur prix, avec des économies d’échelle. Pas de se transformer en distributeur de logiciels à l’unité, activité qui a des contraintes industrielles et de coûts de gestion. Même si certains comme Dell savent le faire via leur activité de “Built to order”.

    L’immense majoritée des logiciels bundlés n’ont de toute facon pas une quelconque licence à activer ? En quoi cela derangerait le vendeur de donner ou non la clé d’activation ? De plus, sans clés d’évaluation et avec une période “d’éssai” pour le-dit logiciel, cela permettrait d’inciter l’utilisateur à acheter le logiciel non ?


    # On limiterait la capacité de certains éditeurs de logiciels (il n’y a pas que Microsoft) à diffuser à très bas prix des logiciels pour tous. La diffusion de logiciels via les constructeurs est en effet un bon moyen de toucher rapidement une large clientèle et avec un coût des ventes assez faible. Par ailleurs, il permet à certains concurrents de Microsoft d’être traités sur un (vague) pieds d’égalité par rapport à ce dernier. En supprimant cela, on favoriserait finalement Microsoft indirectement.

    # L’activation de logiciels à l’unité est un métier à part que les constructeurs ne veulent pas forcément assurer. Leur rôle est de fournir une machine prête à l’emploi au meilleur prix, avec des économies d’échelle. Pas de se transformer en distributeur de logiciels à l’unité, activité qui a des contraintes industrielles et de coûts de gestion. Même si certains comme Dell savent le faire via leur activité de “Built to order”.

    Alors là, mon vieux, je suis 100% d’accord avec toi !


    Le succès de Windows n’est pas simplement du à son installation par défaut dans les PC. Il est aussi du à l’étendue de son écosystème de produits et solutions complémentaires. Dans le même magasin où l’on achète son PC, on trouvera une foultitude de périphériques qui supportent Windows, et tout autant de logiciels adaptés à Windows. Il y a évidemment un phénomène d’oeuf et de poule dans l’histoire qui a démarré il y a plus de 16 ans.

    Justement, en limitant la vente forcé de WIndows, cela ne limiterait pas la tendance ?


    Dans un domaine de la protection des consommateurs qui n’a rien à voir, demander à ce que les constructeurs et Microsoft fournissent une réelle documentation utilisateur pour Windows, même en format électronique. Car la quasi absence de documentation est un véritable scandale qui oblige souvent à acheter un livre genre “Windows pour les nuls” pour s’y retrouver quand on n’y connait rien!

    Heuh… quel rapport avec le sujet ?

    Voila toute mes remarques, si quelqu’un aurait la gentillesse d’y repondre 🙂

  • [4] - Olivier Ezratty a écrit le 24 décembre 2006 :

    Bonjour,

    Je vais donc jouer en premier le rôle du « quelqu’un »… .

    1) Personnalisation de l’environnement applicatif au niveau : navigateur Internet, moteur de recherche, player multimédia, lecteur de DVD et codec MPEG2, anti-virus, lecteur PDF. A la fois pour se différentier et en réponse à différents “settlements” dans le cadre des procès Antitrust contre Microsoft. Personnalisation qui favorise la concurrence dans certaines catégories logicielles. Et qui répond aussi à des besoins fonctionnels réels non pourvus par Windows.

    Question: Alors là est-ce que quelqu’un aurait l’aimabilité de m’expliquer le pourquoi des deux dernières phrases svp ?

    Réponse : Windows est fourni par défaut avec un navigateur Internet, un lecteur Multimedia et autres logiciels divers qui ont des équivalents chez d’autres éditeurs de logiciels ou dans l’open source. Par exemple, QuickTime ou RealPlayer pour Windows Media Player. Comme la diffusion de logiciels a été considérée comme étant critique tant par le DOJ que par la Commission Européenne, les constructeurs peuvent non seulement diffuser ces logiciels alternatifs dans leur version personnalisée de Windows. Mais ils peuvent également les activer par défaut en lieu et place de leur équivalent Microsoft. De plus, Windows XP SP2 comme Windows Vista ont maintenant une fonctionnalité qui permet de définir les logiciels utilisés pour ces fonctions communes : browing Web, media player, messagerie, etc.

    2) Mais, UFC ne veut-il justement pas qu’on affiche le prix de Windows “bundlés” (et des autres logiciels d’ailleurs) lors de l’achat du PC?

    Réponse : Oui, c’est ce qu’ils veulent, mais je pense que cela n’a pas de sens pour une version personnalisée de Windows. En effet, elle n’a pas un prix qui peut être fixé comme cela. Le prix est intégré à la solution du constructeur puisque celui-ci non seulement paye des royalties à MS (confidentielles) mais il a intégré sa propre valeur ajoutée qui ne peut pas être chiffrée comme cela.

    3) […] Les assembleurs représentent maintenant une part plus faible des ventes de PC – aux alentours de 15%-20%!

    Ce n’est pas une critique, mais l’idée qu’il y a derrière c’est la mondialisation non ?

    Réponse : oui, mais pas au point d’y attacher toute la connotation négative que l’on réserve généralement à ce vocable en France.

    4) On limiterait la capacité de certains éditeurs de logiciels (il n’y a pas que Microsoft) à diffuser à très bas prix des logiciels pour tous. La diffusion de logiciels via les constructeurs est en effet un bon moyen de toucher rapidement une large clientèle et avec un coût des ventes assez faible. Par ailleurs, il permet à certains concurrents de Microsoft d’être traités sur un (vague) pieds d’égalité par rapport à ce dernier. En supprimant cela, on favoriserait finalement Microsoft indirectement.

    Je ne comprends pas du tout le deuxième paragraphe, quelqu’un pourrait m’expliquer ?

    Réponse : cf la question 1). Si on rend difficile l’intégration d’autres logiciels que Windows dans un PC, on peut limiter l’accès au marché à d’autres solutions alternatives à ce que certains ont appelé le « middleware » de Windows (même si cette appellation n’est pas correcte car il ne faut pas confondre par exemple le Framework .Net qui est vraiment du middleware avec un Windows Media Player qui est une application).

    5) L’immense majoritée des logiciels bundlés n’ont de toute facon pas une quelconque licence à activer ? En quoi cela derangerait le vendeur de donner ou non la clé d’activation ? De plus, sans clés d’évaluation et avec une période “d’éssai” pour le-dit logiciel, cela permettrait d’inciter l’utilisateur à acheter le logiciel non ?

    Réponse : tout est possible, mais comme déjà indiqué, le constructeur n’a pas forcément vocation à devenir un distributeur spécialisé de logiciels. Le faible coût (pour le constructeur) des logiciels embarqués dans un PC est en partie lié à ce que le coût de la vente est nul.

    6) Justement, en limitant la vente forcé de Windows, cela ne limiterait pas la tendance ?

    Réponse: On limiterait peut-être la tendance, mais on rendrait plus difficile la vie du consommateur. Et de toutes façons, de deux choses l’une : soit il y a le choix de PC avec sans Windows, et la dominante sera tout de même la vente de PCs avec Windows, soit il n’y a pas le choix et il n’y a que des PC sans Windows, et la vie des consommateurs deviendra tellement difficile que l’on reviendra 10 ans en arrière. Et c’est le taux d’équipement/d’achat de PCs qui diminuera. A moins de vouloir proactivement faire en sorte que la France prenne du retard par rapport aux autres pays, je n’en vois pas la justification.

    7) Dans un domaine de la protection des consommateurs qui n’a rien à voir, demander à ce que les constructeurs et Microsoft fournissent une réelle documentation utilisateur pour Windows, même en format électronique. Car la quasi absence de documentation est un véritable scandale qui oblige souvent à acheter un livre genre “Windows pour les nuls” pour s’y retrouver quand on n’y connait rien!

    Heuh… quel rapport avec le sujet ?

    Réponse : aucun à priori comme précisé. Mais il y en a un en fait : la protection du consommateur. Dans cette histoire, comme dans de nombreux procès qui ont touché MS, il s’agissait plus de démarches de concurrents que de consommateurs. Même si dernièrement, des représentants de consommateurs se sont manifestés (comme dans quelques Class Actions aux USA, qui à mon sens sont tout à fait abusifs – comme il y en a beaucoup et que l’appât du gain attirer les avocats). Or la vraie question qu’il faut se poser, c’est la protection du consommateur. En matière de PC, il y a fort à faire pour l’améliorer comme cette histoire de documentation, tout comme le support technique. Les associations de consommateurs feraient mieux de s’attaquer à cela plutôt qu’aux histoires de bundles qui en l’état actuel du marché et de Linux ne concernent qu’une toute minorité de consommateurs. Alors que les problèmes de qualité, de documentation ou de support concernent la totalité d’entre eux.

    Sur ce, que le Père Noêl soit bien généreux avec toi! Et bonnes fêtes de fin d’année!

    Olivier Ezratty

  • [5] - dnanar a écrit le 24 décembre 2006 :

    Merci de m’avoir répondu si rapidement.

    Alors:

    1)Ah d’accord je ne savais pas du tout 🙂

    2)Faut quand même pas exagérer. Je veux bien que les prix des royalties soit confidentiel, mais c’est qu’une excuse pour pas afficher le prix réel des bundles. Alors à ce moment là, sur quel base ont été remboursé les utilisateurs ayant porté plainte pour des bundles ?

    3)comme tu dis, cf. question 1 🙂

    5) Pour me faire comprendre, je vais prendre un exemple: vous venez d’acheter un PC avec Windows pré installé. Bien évidemment, on vous donne le CD de windows avec la clé d’activation dessus. Qu’est ce qui empêcherait le vendeur d’avoir deux piles de CDs, ne ou le nom de la licence est affiché et une ou le nom de la licence n’est pas affiché ?

    6)Alors là je ne vois pas en quoi ça ferait baisser la consommation. A mon avis, avant d’acheter un PC la simple question du vendeur “Voulez vous le bundle X préinstallé pour votre PC ?” ne modifiera en rien le choix du client. Soit ce dernier est néophyte et choisit d’avoir les logiciels préinstallés, soit ce dernier veut installer et acheter les logiciels de son choix tout seul.

    7) Ok, c’est une question de “gout” 🙂

    Enfin, avant de poster mon commentaire, je n’avais pas vu ton premier commentaire. J’ai donc un petit commentaire sur ce commentaire que je vais poster sur le prochain commentaire 🙂

  • [6] - Olivier Ezratty a écrit le 24 décembre 2006 :

    Sur le 2), certains utilisateurs ont été dédommagés avec un montant qui selon le cas était le prix en boite de Windows (ce qui n\’a aucun sens car ce n\’est pas ce que le constructeur avait payé à MS) ou bien un prix arbitraire fixé par le constructeur légèrement supérieur à la royalty de Windows. Dans tous les cas, le constructeur fera son possible pour ne pas dévoiler le prix qu\’il a payé à Microsoft pour Windows.

    Sur le 5), ce n\’est pas une question de CD. Les PC ont un Windows préinstallé sur le disque dur qui se met en route très rapidement. Il n\’y a qu\’à donner un compte utilisateur et quelques paramètres et hop cela fonctionne. Et avec les drivers spécifiques à la machine. Avec un CD, il faudrait lancer une procédure d\’installation d\’au moins une heure. Et dans ce cas, près des 3/4 des utilisateurs seraient bloqués à un moment où à un autre. On peut cependant bien imaginer une solution où au premier démarrage, l\’utilisateur choisit ce qu\’il veut faire: accepter la licence de Windows ou la refuser, et alors, se faire rembourser. Ou bien, mettre une clé qui serait activée uniquement si le PC a été acheté dans sa référence \”avec Windows\”.

    Mais franchement, que feraient les utilisateurs qui choisiraient un PC sans Windows? Linux est bien entendu le substitut auquel tout le monde pense. Mais seuls quelques % de consommateurs pourraient en passer par là. Autre option que les constructeurs – et MS – souhaitent éviter : le piratage.

    6) Cela ralentirait le marché s\’il n\’y avait plus de bundles. La difficulté est de faire cohabiter dans le catalogue des consutructeurs les mêmes machines avec sans les bundles. Tout cela pour quelques % d\’utilisateurs qui aujourd\’hui veulent autre chose que Windows.

    Il faut vraiment comprendre la logique industrielle des constructeurs. Ils répondent à 95% de la demande avec les bundles pour une logique de marché et de gestion des coûts. La standardisation des machines est la solution pour eux. Les 5% de la demande spécifique peuvent passer par d\’autres canaux, notamment les assembleurs, ou lorsque c\’est possible, la VPC en built to order.

  • [7] - landry a écrit le 26 décembre 2006 :

    Comme d’habitude, vous ressortez les arguments massue : Linux n’est pas prêt pour le Desktop, l’utilisateur lambda n’est pas foutu d’installer un OS quel qu’il soit et la personnalisation des “bundles” favorise la concurrence.
    Pouvez-vous alors répondre à ces quelques questions :
    – Comment puis-je acheter un ordinateur quelconque ailleurs que sur les sites web dell et HP et choisir la licence XP dont j’ai besoin (entre MediaCenter, Pro et Familly) ? Je veux bien acheter la version boite, mais dans ce cas, je paie au final 2 licences Windows pour une seule machine (et ça va être encore plus drôle avec le 5 licences Vista).
    – Pourquoi devrais-je passer 1h sur différents forums pour trouver comment désinstaller “proprement” Norton alors que je lui préfère KAV ou Nod32 ?
    – Et la dernière pour la route 🙂 si j’achète une voiture, j’ai accès au prix des options, j’ai le droit pour un même modèle de choisir la couleur, la motorisation et parfois la marque des pneus, en quoi est-ce plus facile pour le concessionnaire que pour un vendeur de Pc ?

  • [8] - Olivier Ezratty a écrit le 26 décembre 2006 :

    L’argument est massue car il est encore valable. Peut-être plus pour longtemps j’en conviens, car les procédures d’installation de Linux sont de plus en plus sympas et rapides. C’est souvent après que les ennuis commencent.

    Pour le choix de la version de Windows, il peut passer par celui du modèle de PC du constructeur. Il se situe aujourd’hui entre une version Home et MCE de XP (peu de PC grand publics sont livrés avec XP Pro). Ce n’est pas bien compliqué. Souvent, plus le prix de la machine est élevé, plus y il a de chances qu’elle soit avec un MCE. On verra les pratiques des constructeurs pour Vista qui est décliné dans le grand public sur 3 versions: Home, Premium et Ultimate.

    Dans l’analogie avec la voiture, le choix de l’OS est plus proche de celui du moteur que d’un accessoire quelconque. Il n’est évidemment pas question d’acheter une version boite pour un PC déjà équipé. Ce n’est intéressant que via un assembleur qui fournit un PC nu. On choisit plusieurs niveaux de motorisation et d’accessoires dans la gamme d’un modèle. Les deux sont souvent assez liés. Les constructeurs ont tendance à mettre de plus en plus d’accessoires en standard.

    Pour Norton, il faut le leur demander. Mais il me semblait qu’un simple “désinstaller” fonctionnait. Il se trouve que j’ai récemment fait cela sur un PC où il était installé pour y mettre Avast à la place!

  • [9] - LucasR a écrit le 28 décembre 2006 :

    Vente lié : UFC, Windows (pour ne pas le citer) et les consommateurs …

    Qui dit nouvelle version de Windows, dit nouveau débat sur les versions OEM de Windows et les ventes…

  • [10] - yoya a écrit le 29 décembre 2006 :

    Bonjour,

    ” On n’a pas le choix par contre pour :
    – Une console de jeu
    – Un téléphone
    – Un appareil photo
    – Un player MP3 ou… un iPod
    – Un Macintosh
    – Un assistant personnel
    – Une set-top-box satellite/câble ”

    … on peu par contre en changer dans certain des cas que vous citez :

    – Une console de jeu
    – Un player MP3 ou… un iPod
    – Un Macintosh
    – Un assistant personnel

  • [11] - Olivier Ezratty a écrit le 29 décembre 2006 :

    On peut aussi changer de PC! Et pourquoi pas, pour un Mac!

    La question du changement est son coût direct et indirect.

    En général, quand on change de console de jeu, on achète de nouveaux jeux car ceux de l’ancienne console relèvent plus du “contenu” que du “logiciel”. Au sens où on ne les utilise qu’une seule fois par personne, quand on a passé tous les niveaux.

    Pour un player MP3, c’est effectivement un changement sans douleur, comme en général pour un téléphone (surtout si on peut transférer sans trop de difficultés son répertoire d’un téléphone à l’autre).

    Changer de PC et de système d’exploitation à la fois est plus lourd et couteux. Mais pas impossible. Certains ont par exemple bien documenté comment on pouvait reconstituer un poste de travail Windows sous Linux et avec uniquement des logiciels libres.

  • [12] - CharlesMagne a écrit le 29 décembre 2006 :

    Bonjour,

    Le monde est tombé sur la tête !

    Pendant des années :

    => Tout le monde a “pesté” contre les sytèmes (OS)dits “propriétaires”

    => Tout le monde voulait du standard pour faciliter l’installation.

    => Tout le monde voulait “un truc” pas cher, donc “un truc” diffusé en gros volumes.

    => Tout le monde a participé à la mise à mort de systèmes comme OS/2 (même si je l’ai peu aimé) ou le fabuleux VMS que je vais pleurer jusqu’à ma retraite.
    A noter que VMS était pourtant plus ouvert que les AIX, HP UX et autres Unix.

    Alors, maintenant que “tout le monde” a tout massacré pour avoir enfin ce qu’il veut, pourquoi vient-on nous pomper l’air ?

    Le Français n’est pas compliqué.
    Il veut gagner plus, travailler moins et acheter pas cher.
    Conséquence logique, il n’achète pas ce qu’il a fabriqué et après se plaint que son entreprise va mal et après manque de sous et après veut acheter pas cher.

    Il veut connaître le détail des prix de son PC (syndrome “bon plan”) et combien gagne le fabricant ou le vendeur.
    Mais quand moi je lui vends un PC, pourquoi ne veut-il pas me dire de quel budget il dispose ?

    Quand les gens se poseront les bonnes questions, la France ira mieux, et donc aussi ceux qui y vivent.

    Enfin, malgré tout, bonne année 2007 à tous

    Au fait, quel est le logiciel qui m’a permis de donner mon avis et sur quel OS tourne-t-il ?

  • [13] - CharlesMagne a écrit le 29 décembre 2006 :

    Bonjour,

    J’ai tenu à faire une réponse bien à part à cet avis :

    “L’origine des PC: il fut un temps où près de 25% à 30% des PC étaient achetés chez des assembleurs dits de “quartier”. C’est comme cela que je m’approvisionnais en PC entre 1986 et 2001. Depuis, je suis passé à des PC de marque. Pourquoi donc? Parce que les économies d’échelle et la standardisation des composants génèrent de bien meilleurs prix avec les constructeurs internationaux.”

    C’est oublier complètement la notion de qualité de service et de conseil !

    Un intégrateur de proximité sérieux aura un PC au moins aussi fiable et souvent plus performant qu’un PC de marque.

    Et lorsque malgré tout il y a un problème, le délai de réparation n’est pas le même !
    Ni la qualité.
    Essayez donc de demander à “une marque” de récupérer les précieuses photos de mariage ou de vacances sur le disque en panne.
    Arrêtez-donc de comparer des choux et des carottes, selon votre propre expression.

    Après des années de folie (70 heures par semaine) nous avons constaté une forte baisse sur la vente pure de matériel (grand public et professionnel) dans les années qui viennent de passer puis une augmentation très nette de nos ventes ces derniers mois.
    Après quelques infidélités (plus courtes que la vie normale d’un de nos PC, est-ce le signe que le PC concurrent n’a pas duré), les clients reviennent alors que “certaine marque” matraque leur publicité du “pas cher” à la TV.

    Et il ne faut pas oublier que le commerce de proximité pourrait favoriser l’emploi (il suffit d’avoir plus de clients) et donc diminuer vos cotisations et donc avoir un impact social important.

    Elle est où, votre soi-disant économie ?

    Bonne année et à la prochaine

  • [14] - Olivier Ezratty a écrit le 30 décembre 2006 :

    Oui, bien entendu, l’intégrateur de proximité a des avantages en termes de service. Mais la standardisation et la banalisation des PCs ont diminué inexorablement leurs parts de marché. Est-ce que comme le Député Cazenave l’indique, c’est lié à la maturité grandissante des utilisateurs? Pas évident, même si les jeunes qui arrivent sur le marché du travail depuis au moins une bonne dizaine d’année sont maintenant très familiarisés avec les PC. Je fais partie de ceux qui sont devenus autonomes d’un point de vue PC. Mais bon, je ne suis pas dans la moyenne. Et puis, le prix des configurations que j’achète a énormément baissé en Euros constants. Les PC sont “presque” devenus des consommables.

    Le service que n’assurent pas véritablement les grandes marques de PC est réapparu sous d’autres formes. Soit il est proposé par les grands distributeurs (Darty, Fnac, etc) avec des formules d’intérêt variable, soit par des sociétés de support utilisateur spécialisées qui se sont mises à fleurir depuis quelques années en France. Elles proposent des formules sur la base d’un abonnement (sorte d’assurance) ou bien des prestations à la demande aux alentours de 70€ l’intervention. Et puis, il y a aussi l’Internet qui reste un réservoir énorme d’informations pour se débrouiller quand on est un peu technique.

    A noter que les constructeurs locaux ont également perdu du terrain, n’ayant pas les reins assez solides par rapport aux grands constructeurs internationaux, dont le nombre est lui-même plutôt à la baisse.

  • [15] - Freddy a écrit le 2 janvier 2007 :

    Salut Olivier et bonne année.

    Je suis tombé sur ton blog par hasard.

    Je le trouve sympatique et plein d’esprit… en tout cas bien loin de la langue de bois conventionnelle.
    Et en plus, des analyses et des réponses très pertinentes… (cf l’article sur les bundles) qui serviront ma dialectique de commercial : du coup je l’ai mis sans hésiter dans mes bookmarks !

    J’espère que tes activités post-Microsoftiennes se passent bien.

    Peut-être à un de ces jours.

    Signé : un ancien collègue resté à la mine !

    Frédéric d’Albronn
    06 64 40 45 46.

  • [16] - Zarex a écrit le 2 janvier 2007 :

    Salut,
    Je ne comprend pas trop les gens qui ralent d’avoir un système Window pratiquement donné sur leur PC…

    Si ils veulent un autre OS comme Linux ils n’ont qu’à investir une cinquantaine d’Euros dans un deuxième HDD et créé un DUAL boot…

    C’est simple et tout le monde n’est pas aussi puriste que Stallman, donc qui dit ne jamais utilisé Windows se lève et sort 🙂

  • [17] - nass a écrit le 5 janvier 2007 :

    Bonjour,

    J’ai parcouru, certe en vitesse, ce tres long article, et… je le trouve biaisé. Certe, la majorité des acheteurs de PC veulent y installer Windows. Mais ce n’est pas la totalité !! Et pourquoi, comme le propose Zarex, je devrais payer 130 euros pour avoir Linux, qui est gratuit ? (130 = 80 euros de la licence windows inutilement payée + 50 euros d’un disque dur supplémentaire) ???

    L’UFC ne demande pas de ne jamais livrer Windows préinstallé. Ce serait aberrant et contraire aux attentes d’une grande partie des utilisateurs. L’UFC demande à ce que le consommateur sache ce que lui coutent tout les softs inclus dans son PC, et qu’il puisse, selon ses désirs et son budget, en supprimer une partie. Ca me parait légitime, non ? Je possede une licence d’Office : pourquoi donc devrais-je payer le moindre centime pour avoir un CD de Word en bundle, alors que je n’ai aucune intention de l’installer ???

    Pour en revenir a l’article: [Le prix des logiciels installés] ne dépasse quasiment jamais 100€ : faudra m’expliquer, quand la license de Windows en coute déjà 80, où il faut habituellement rajouter un logiciel de gravure, Word ou Works qui est souvent livré aussi, plus un logiciel de lecture DVD, un logiciel culturel (encyclopédie, ou jeux pour enfant souvent), et un antivirus en version d’essai, préinstallé, et qui necessite parfois de télécharger un programme spécial pour le désinstaller proprement (oui, il s’agit de Norton), etc…

    L’article aborde aussi le remboursement de Windows pour ceux qui le souhaitent : Il suffit de lire les témoignages de personnes ayant tenté l’expérience pour voir que c’est tout sauf facile, alors qu’il suffirait que le vendeur fournisse le PC moins cher, sans l’OS.

    J’espère me tromper, mais je pense que la seule raison a cette si forte opposition à ce que demande l’UFC, est que si il devient possible FACILEMENT d’acheter un PC sans OS, alors le piratage va augmenter sensiblement, et les profits des certaines sociétés décroitre d’autant….

    Mais jamais vous n’arriverez à me faire croire que cette attitude défend l’interet des consommateurs.

  • [18] - Olivier Ezratty a écrit le 5 janvier 2007 :

    Bien sûr que cet article est biaisé, mais pas plus que tous les autres sur le sujet! Mais je rentre dans le détail pratique des mesures proposées pour montrer la difficulté de leur mise en oeuvre. Doubler les références produits de PCs dans la distribution grand public pour satisfaire 3% des clients potentiels aurait un coût qui n’est pas nul et qui à terme se retournerait contre les 97% des clients qui ne sont pas (encore) concernés par Linux, c’est une conséquence industrielle incontournable de ce qui est demandé par l’UFC.

    Je n’ai pas dit que ce que proposait Zarex était optimal pour le consommateur. Il vaudrait mieux pour ce genre d’utilisateur d’acheter un PC chez un assembleur. En tout cas pour celui qui n’aura JAMAIS besoin d’utiliser Windows. Et cela peut exister.

    Et pour ce qui est du remboursement, je propose effectivement qu’une procédure soit mise en oeuvre et soit plus simple que celle d’aujourd’hui. Même si je doute qu’elle puisse être viable à grande échelle d’un point de vue pratique. Trouvez moi d’autres secteurs de l’industrie où l’on peut se faire rembourser comme cela des éléments d’une solution intégrée? En particulier dans l’immatériel.

    Pour les 100€ de logiciels, je n’ai pas le détail en main mais j’en suis quasiment sûr, en particulier pour les PC premier prix. Le prix de Windows peut descendre très bas pour les plus grands constructeurs internationaux mais je ne peux pas le dévoiler. Et les prix payés pour les autres softs est également très très bas, surtout pour les versions d’évaluation où il doit être quasiment à zéro. C’est un modèle économique proche de celui du shareware: faire tester le logiciel par l’utilisateur et lui faire payer après, tout en profitant de la logistique de distribution du constructeur. Par ailleurs, la tendance au bundling tout azimut (avec encyclopédie et tout le toutim) est un peu passée de mode.

    Quant aux logiciels “que vous avez déjà”, que deviennent-ils sur l’ordinateur d’origine? Si celui-ci est jetté, OK. Mais souvent, il est refilé à quelqu’un d’autre…

    Enfin, on paye tous les jours des bundles dans la vie et cette focalisation sur les PC me semble biaisée elle aussi. Je voudrais bien CanalSatellite sans les chaines sportives et ce n’est pas possible! Ils ont payé 600m€ les droits de diffusion de la ligue 1 et ont 5 millions d’abonnés. Donc, cela fait tout bonnement pas moins de 120€ par abonné (sur 3 ans je crois)! Juste pour ce truc que je ne regarde jamais. C’est déjà bien plus que Windows! J’apprécierai que l’on puisse choisir son bouquet satellite/câble chaine par chaine! On peut le faire chez Free aujourd’hui en ADSL, mais pas chez les opérateurs de contenu en cable/sat. Je botte un peu en touche avec cet exemple qui m’agace, c’est vrai. Mais là, le bundle n’a rien de technique comme Windows dans les PC, et le processus d’abonnement est gérable directement par Canal et en informatique, on peut tout faire. Pourtant je mets ma main à couper que si l’on pouvoir choisir ses chaines à l’unité, au final, cela reviendrait aussi cher qu’un bundle avec des chaines dont on n’a pas besoin. C’est comme cela que le marketing des prix fonctionne! Donc, en chassant un système que l’on croit sous-optimal, on peut récupérer un système qu’il l’est encore moins!

  • [19] - Pascal a écrit le 28 janvier 2007 :

    Bonjour,

    J’ai lu et relu votre article. Et j’ai décidé de répondre presque point par point à votre argumentation.
    Comme le résultat est forcément encore plus long que votre article, je ne pouvais décemment pas publier ma réponse ici. Vous la trouverez donc sur mon site:

    Réponse à votre article.

    Cordialement

    Pascal

  • [21] - Olivier Ezratty a écrit le 28 janvier 2007 :

    Pascal, voici quelques feedbacks à votre long commentaire sur mon article.

    Premier point, je vous trouve très vindicatif sur la forme. Ce n’est pas bon pour avoir un débat serein. Et cela ne donne pas envie de répondre à tous vos points ! C’est une forme malicieuse d’intimidation que j’ai déjà rencontrée à maintes reprises lorsque j’étais chez MS. Vous évoquez ainsi « mensonges, inexactitudes, affirmation fausses, contre-vérités » à l’image « de la propagande captieuse (et capiteuse !) que microsoft nous a habitué depuis de nombreuses années à nous servir ». Voilà une belle introduction qui témoigne d’un respect profond de votre interlocuteur. Ces affirmations desservent votre propos et votre cause, elle sont donc inutiles. Une grande partie de votre argumentation est basée sur de l’interprétation et sur des techniques d’amalgame. En matière de dialectique, vous êtes un expert !

    Voici donc cependant quelques éclairages:
    – Je fais bien dans mon propos la distinction entre la marché grand public et le marché des entreprises, notamment du secteur public. Or vous utilisez les succès de Linux dans le second pour justifier votre position sur le marché grand public. Ces marchés sont très différents, même si MS a la chance d’être dominant dans l’un comme dans l’autre.
    – Votre argumentation passe surtout par la dénonciation du monopole de MS et du manque de qualité de ses produits. Mais vous faites souvent de l’amalgame.
    – Vous dites que les bundles sont illégaux. Mais pourtant, Microsoft n’a jamais été condamné pour sa pratique commerciale des bundles OEMs. Autant en Europe qu’aux USA, les décisions (pour l’Europe) et condamnations (pour les USA) portaient sur les bundles de composants logiciels dans Windows (IE pour DOJ, Windows Media Player pour l’Europe). Si les contrats de bundles OEM étaient si illégaux que cela, cela fait longtemps que ces deux justices “puissantes” les auraient interdits. Or, ils n’ont jamais pu le faire. C’est bien qu’ils sont difficiles à contrer juridiquement non? N’est-ce pas parce justement ils présentent des caractéristiques qui pourraient les rendre légaux ? Je peux vous garantir que la DGCCRF (en charge de la concurrence à Bercy) a cherché la faille pour casser ces bundles. Ils ont lancé plein d’enquêtes. L’UFC s’y est mise également en sollicitant la justice. Mais ces contrats n’ont pas été cassés. Les seules décisions de justice ont consisté à faire respecter des clauses de la CLUF qui ne l’étaient pas par où bien MS ou bien les constructeurs. Mais elles n’ont pas rendu ces contrats illégaux. Aujourd’hui, la seule manière de rendre les contrats illégaux serait de changer la loi ! Cela peut donner un sens à l’irruption de députés dans le débat. Mais séparation des pouvoirs, ce ne sont pas les députés qui jouent le rôle de la justice en droit commercial.
    – La notion d’évasion fiscale n’a rien à voir avec celle de monopole. Ne mélangez pas les concepts qui n’ont rien à voir ! Ni aucun rapport avec le fait d’être condamné dans des procédures antitrust. Chaque année, des centaines d’entreprises sont condamnées par la Commission Européenne (la liste qui est consultable sur http://ec.europa.eu/comm/competition/antitrust/cases/ est bien longue !).
    – Vous présupposez que je parle sans savoir au sujet du prix de Windows comparé à celui des PC. En fait, je sais, mais je ne peux pas l’avancer. Je connais les fourchettes de prix OEM de Windows mais je ne peux pas les dévoiler car c’est une information confidentielle de mon ancien employeur que je me dois de préserver. C’est ça le business! Tout ne peut pas se savoir comme cela.
    – Le % des acheteurs de PCs qui ne veulent pas de Windows est faible aujourd’hui, quelle que soit votre argumentation. C’est un facteur déterminant de la réalité commerciale d’aujourd’hui et de l’attitude des constructeurs.
    – Microsoft ne dicte pas du tous “ses lois” aux autres éditeurs de logiciels qui bundlent leurs logiciels avec du matériel. Vous surestimez le pouvoir de Microsoft. Partout, vous écrivez – comme d’autres – qu’il impose sa loi, ceci et cela. Qu’il oblige ceci, qu’il interdit cela, etc. Oui, il a un poids commercial certain, mais ce ne sont pas des brigands comme vous le laissez comprendre. Et effectivement, la concurrence de Linux comme d’autres produits les amène à s’améliorer.
    – Vous négligez ainsi dans votre réponse la position des constructeurs. Celle-ci est plus conditionnée par leurs contraintes opérationnelles que par quelque pression de Microsoft que ce soit. Avez-vous remarqué que Microsoft n’avait quasiment jamais pris la parole sur cette affaire des bundles ? Ils gardent le silence car s’ils sont partie prenante dans les bundles, ils ne sont pas ceux qui les commercialisent.
    – Les assembleurs de “quartier”. Ah, voilà qu’il vous faut trouver un point de dialectique pour me mettre à mal. Mais cette appellation de “quartier” existe depuis plus de 20 ans, bien avant que cette appellation soit associée péjorativement aux banlieues. Moi, j’aimais bien mon “assembleur de quartier”. Je lui ai été fidèle pendant près de 10 ans. Mais il a disparu pour les raisons que j’évoque.

    Vous savez, moi aussi, j’utilise des logiciels libres, des freeware, des shareware, en tout genre. Ils me rendent plein de services. J’ai récemment remplacé Adobe Reader par FoxIt Reader, tout aussi gratuit que le premier, mais beaucoup plus rapide. Si je pouvais remplacer Windows par Linux à service égal, je le ferais bien. Ce n’est pas parce que je suis un ancien de Microsoft que cela m’empêcherait de le faire. D’ailleurs, certains l’ont fait, mais plutôt pour des usages pro, et surtout sur des serveurs, que pour un usage « domestique » !

    Il se trouve que chaque année, je teste une distro courante de Linux pour voir si elle me conviendrait pour un usage courant. Et à chaque fois, je constate que Linux fait de gros progrès mais que le produit est encore trop compliqué pour moi pour un usage courant. C’est surtout lié au fait que je n’y retrouve pas facilement mes repères. Que souvent, la procédure d’installation de tel ou tel utilitaire ou LIB ou je ne sais quoi doit se faire manuellement, et cela me gonfle. Donc, je laisse tomber. Cependant, je dois reconnaitre que cela fait maintenant plus d’un an et demi que je n’ai pas fait ce test. Je vais donc m’y coller un de ces 4 pour voir.

    Pour être constructif, disons que pour contourner Microsoft, il faut que Linux fasse :
    1) Encore des progrès en matière de facilité d’usage, pas juste d’utilisation courante, mais pour installation/déinstallation de composants. Il faut que l’essentiel puisse se faire sans passer par le mode commande.
    2) En sorte d’homogénéiser au maximum ses interfaces de programmation pour faciliter la vie des éditeurs de logiciels. C’est vrai que cela limiterait un peu le choix, certes. Mais cette homogénéité est nécessaire pour générer un marché d’éditeurs de masse dans le grand public. C’est un mal pour un bien.
    3) En sorte d’être bundlé dans les PCs de constructeurs avec une bonne assistance utilisateur. C’est accessible surtout si 1) et 2) sont en progrès. Si Linux est « consumer ready », les constructeurs emboiteront le pas sans problème et aucun contrat avec Microsoft ne les en empêchera !

    Et pour terminer, vous évacuez un peu rapidement le sujet des jeux, qui supportent moins Linux que Windows. La proportion des utilisateurs de Windows qui utilisent ces jeux est énorme. Je ne sais pas quel % cela fait, mais c’est probablement supérieur à 60%. N’est-ce pas déjà une partie du marché qui est en l’état actuel inaccessible à Linux ?

    Cordialement,

    Olivier Ezratty

  • [22] - Olivier Ezratty a écrit le 28 janvier 2007 :

    Pascal,

    Je note qu’il n’est pas possible de laisser un commentaire sur votre blog. Curieux…

    Bon, un petit commentaire sur votre amusement à me voir utiliser un logiciel CMS en open source (WordPress).

    Oui, je suis un utilisateur de logiciels open sources. Mais j’en ai tiré un certain nombre de conclusions.

    Dans le cas de WordPress, je l’utilise car je peux le personnaliser, notamment avec des plug-ins. En fait, je n’utilise jamais le code source de WordPress. Je modifie par contre souvent le code source des plug-ins que j’y installe car ils sont soient buggés soit ne fonctionnent pas toujours bien avec la version de MySQL de mon hébergeur. En juin dernier, j’ai passé de longues journées à mettre mon site au point. Debug de requêtes SQL dans le texte PHP, avec tests à partir de la console MySQL. Une vraie galère. Conclusion: ce que j’ai fait n’est pas adapté à l’utilisateur lambda. Je lui recommanderai d’utiliser une version hébergée de WordPress, ou plus simplement d’aller chez Google Blogger ou un équivalent.

    Second exemple: TheGIMP. Je me suis dit qu’il serait intéressant d’utiliser ce logiciel pour faire de la retouche d’images, et notamment créer le bandeau de mon blog. J’ai acheté un bouquin sur TheGIMP, récupéré les tutoriels, puis me suis lancé. Et bien, ce fut une grosse galère. Le logiciel est effectivement puissant, mais son interface est complexe à appréhender. Ceci étant, je ne connais pas celle de Photoshop qui a l’air aussi bien complexe. Mais j’ai perdu beaucoup de temps à apprendre comment faire un certain nombre de choses assez simples avec la gestion des calques. Conclusion: une fois encore, un produit pas très grand public. J’ai pris le temps de l’apprendre, mais peu de gens ont ce temps.

    Bref, lorsque l’on utilise un logiciel open source doté de surcroit d’une certaine technicité, ce n’est pas du grand public!

    Autre point qui me semble important pour notre débat: mettez le monopole et les profits de Microsoft de côté et essayez de comprendre la force d’un standard sur le marché informatique. Les systèmes d’exploitation sont probablement les produits pour lesquels la notion de standard (de facto, s’entend) est la plus critique. Cela créé une inertie de marché favorable à l’acteur dominant. Le mécanisme de création de position dominante est lié à la notion d’économie de réseau. Beaucoup plus qu’aux pratiques commerciales de Microsoft. C’est dur à admettre car on préfère généralement expliquer un phénomène que l’on n’apprécie pas par des forces maléfiques faciles à identifier. Mais le marché ne fonctionne pas tout à fait comme cela. C’est un animal plus sophistiqué!

    Olivier Ezratty

  • [23] - Pascal a écrit le 29 janvier 2007 :

    Bonsoir Olivier,

    Il est vrai que je n’ai pas activé les commentaires sur les articles. Alors qu’ils le sont sur les dossiers ! et sur la partie SPIP de mon site (http://www.linuxorable.fr). C’est le côté irrationnel du bonhomme 😉

    “mettez le monopole et les profits de Microsoft de côté”
    Les profits de microsoft ne sont que le résultats de sa position de monopole. En faire abstraction n’est donc pas problématique. Je dirais même que tout cet argent est anecdotique.
    En revanche, me demander de faire abstraction du monopole de microsoft alors qu’il est à l’origine même de notre privation de liberté, là je ne peux. Et je ne peux comprendre que vous me le demandiez. Que reste t-il si on met de côté ce qui justement est au centre de toute cette affaire de vente liée ?

    “essayez de comprendre la force d’un standard sur le marché informatique.”
    S’il est possible de dire, aujourd’hui, que windows est un standard (il en va de même au niveau logiciel des documents .doc , .pdf, .swf etc…) c’est uniquement parce que microsoft a dépensé une énergie colossale à instaurer un monopole. Le monopole une fois instauré, windows devient de facto un standard.
    C’est d’ailleurs exactement comme cela que IE est devenu en quelques mois un standard: une part de marché énorme pour microsoft qui n’a plus eu qu’à livrer tous ses windows avec IE. Et ce fut la chronique d’une mort annoncée pour Netscape.

    “la notion d’économie de réseau”
    J’avoue ne pas savoir de quoi il retourne.

    “on préfère généralement expliquer un phénomène que l’on n’apprécie pas par des forces maléfiques faciles à identifier”
    Je ne crois pas avoir cherché, à aucun moment, à invoquer des forces maléfiques. Fut-elles faciles à identifier.
    La politique commerciale de microsoft (comme celle de toute société commerciale de cette planète) ne relève absolument d’une quelconque force obscure et maléfique. Bien au contraire: elle est avant tout l’expression d’une volonté humaine. Et de rien d’autre. Dire autre chose que cette triviale vérité sera mensonge.
    Dans le cas de microsoft, la politique commerciale/marketing est issue de la volonté farouche d’un homme de dominer le monde de l’informatique: celle de Bill gates.
    Il n’y a aucun mal à reconnaitre qu’il y est parfaitement arrivé. Il n’y a aucun mal à reconnaitre que Bill gates (aidé bien évidemment de tous ses collaborateurs) est avant tout un véritable génie du marketing (bien avant d’être un génie de l’informatique – d’ailleurs ses prévisions, qui régulièrement recueillaient l’attention de toute la presse – se sont souvent révélées être totalement bidon).
    Il est de notoriété publique que Bill gates a très jeune eu l’ambition de placer un PC sur chaque bureau de la planète et un windows dans chaque PC. Et d’une certaine manière, il est presque parvenu à réaliser ce rêve fou. En cela, il y a quelque chose qui force le respect. Qui transcende l’action de cet homme.
    Ce que je viens d’écrire sur la volonté farouche de bill gates de dominer le monde de l’informatique n’est absolument une fabulation de ma part. C’est un fait avéré qui plus est par les biographes de Bill gates.

    Ce petit moment d’admiration devant l’oeuvre accomplie passé, observons de façon pragmatique les conséquences de cette oeuvre: et là encore, force est de constater (j’insiste: je ne peux pas ne pas constater) que la volonté farouche de cet homme l’a conduit, par tous les moyens même les plus illégaux, à mettre sa société en position de monopole absolu. (de toute façon l’accomplissement de son rêve passait inéluctablement par là). Et une des conséquences de cette position de monopole absolu est que le jeu de la concurrence ne peux plus exister. Et lorsque le jeu de la concurrence est effacer par une position de monopole alors les droits et libertés des consommateurs subissent exactement le même sort: ils s’effacent au profit des intérêts privés de la firme en situation de monopole absolu.

    Là encore, ce que je viens d’énoncer est d’une banalité sans nom. Mais c’est la réalité. Et je ne vois pas là de volonté de ma part de débusquer des forces obscures ou que sais-je encore.
    Par contre, lorsque vous écrivez “Cela créé une inertie de marché favorable à l’acteur dominant.” il y a là de tout évidence une volonté de votre part d’inverser le cours des choses: ce n’est pas le standard, à fortiori de facto ! qui peut être à l’origine de ce que vous nommez “inertie de marché”. Si vous dites vrai alors cela pré-suppose qu’il est possible que windows soit devenu un standard avant même que microsoft ait oeuvré pour obtenir au final 96% de part de marché. Or bien sûr cela est absolument faut. Windows n’est devenu un standard qu’à parti du moment non pas où il a été présent sur 96% de PC sur la planète, mais bien évidemment à partir du moment où il est devenu impossible d’acheter autre chose que windows. Or le fait de ne plus pouvoir acheter windows n’est pas du tout le fait de windows lui-même ou d’une volonté des clients, mais belle est bien la conséquence d’une politique commerciale qui vous force la main. Et c’est bien face à ce phénomène que nous nous trouvons aujourd’hui.

    Il est très important de faire la différence entre un produit qui s’impose de lui-même, c’est à dire sans contrainte, et un produit qui s’impose par la force comme dans le cas de windows. On peut dans les deux cas considérer qu’il y a standard de facto. L’un est licite, choisi. L’autre est illégal, forcé et liberticide.

    Peut-être ne faites vous pas de différence. Moi, en tant que citoyen du monde j’ai une conscience absolue, aigüe de ce que je perd à ne plus avoir le choix. Et quand bien même cela vous paraitrait invraisemblable, ma liberté de choix ne vaut pas 20€, ne vaut pas 50€, ne vaut pas 500€. Ma liberté de choix n’est pas à vendre.

    La diversité est à l’origine de la vie sur terre. S’il n’y avait pas des millions d’espèces animales, des millions d’espèces végétales, il y a longtemps que la vie sur terre aurait disparue.
    Les conséquences catastrophiques de l’uniformisation du monde est magistralement illustré par le monopole de windows: tous les PC de la planète étant équipés des mêmes systèmes d’exploitation comportant tous les mêmes failles, un virus capable de se propager de PC à PC à la vitesse de la lumière est en mesure de créer des ravages. Et c’est exactement ce qui se passe chaque année. Et cela à un coût: des milliards de dollards.

    Si la diversité des systèmes d’exploitation était possible, les risques seraient incomparablement plus faibles.

    Je le dis et le répète avec force: le monopole de microsoft est mauvais pour la liberté des consommateurs, pour l’innovation, pour la sécurité des systèmes. Le monopole de microsoft n’a de sens et d’intérêt que pour la vanité de quelques hommes.

    Quelque soit le domaine d’activité, il est dangereux pour l’humanité de concentrer de si colossaux pouvoir entre les mains d’une poignée d’homme.

    Cordialement

    Pascal

  • [24] - Un consommateur a écrit le 29 janvier 2007 :

    Il est amusant de voir comment vous prenez soin des « les considérations des consommateurs » :

    – « Après, on peut comparer avec le prix des pièces détachées si elles sont disponibles séparément. »
    Eh bien justement avec les bundles on ne peut pas, c’est ce que réclame l’UFC.

    – Les mauvaises pratiques d’Apple et autres ne sauraient justifier celles des autres intégrateurs. De plus dans le cas d’Apple cela reste à définir étant donner que cette société produit le matériel et le logiciel. Si Microsoft produisait des ordinateurs en livrant Windows avec, je doute que cela offusquerait beaucoup de consommateurs.

    – « Cas qui génèrent d’ailleurs un encombrement bien futile de la machine judiciaire à l’heure où tant de personnes mises en examen croupissent en prison à cause de la lenteur de ladite machine judiciaire qui ne dispose pas d’assez de moyens! »
    Nous prenons tous note ici de votre formidable dévouement à la cause des consommateurs ; qui diable êtes-vous donc pour juger de la validité d’une plainte ?

    – « La diffusion de logiciels via les constructeurs est en effet un bon moyen de toucher rapidement une large clientèle et avec un coût des ventes assez faible »
    La clientèle gagnée par une marque est perdue par une autre soit dit-en passant, et cela se fait au détriment de l’information du consommateur.

    – « favoriser la concurrence sans pénaliser les consommateurs »
    Favoriser la concurrence ne peut pas pénaliser les consommateurs, la concurrence est bénéfique/nécessaire aux consommateurs (d’où les lois antitrusts aux États-Unis par exemple), et je pense que c’est ce que tente de faire respecter l’UFC, c-à-d que le consommateur puisse au minimum connaître le prix du service qu’il achète, et connaître le contrat auquel il souscrit avant son achat.
    Mettre une étiquette indiquant le prix du bundle n’est pas un gros problème technique, de même qu’une notice indiquant comment se faire rembourser une licence achetée inutilement.

    – Opposer les distributions Linux et Microsoft Windows est totalement hors de propos sur ce sujet. Il s’agit simplement de respecter les droits du consommateur à être informé, c-à-d savoir ce qu’il paye.

    – « J’aurais d’abord tendance à faire “confiance au marché” car l’intrusion du politique et du législateur dans le technique n’a que rarement fait des merveilles. »
    Bien que je sois assez fan de notre camarade Adam, sa main invisible ne régule pas tellement le marché en faveur des consommateurs (il suffit de voir les ententes sur les prix par les opérateurs de téléphonie mobile).

    – « Regardez toutes ces dispositions compliquées imposées à Microsoft par le Department of Justice américain ou par la Commission Européenne. Elles n’ont pas vraiment entamé la dominance écrasante de Microsoft dans les systèmes d’exploitation. »
    Le manque de c*****, si je puis m’exprimer ainsi, de nos dirigeants pour faire appliquer les lois en vigueurs censées protéger le consommateur n’est pas une excuse. Ça doit être pour ça qu’il existe des associations de consommateurs.

    – La plupart de vos chiffres mériterait d’être étayé par des sources fiables, notamment sur le faramineux chiffre de 60% de serveurs utilisant le système Microsoft, ainsi que le coût des licences par rapport au coût total d’un PC.

    – « Les utilisateurs de Linux dans le grand public ont une certaine typologie: ils sont plus experts, plus jeunes, et plus enclins à être clients de la rue Montgallet que de Darty! Le Linuxien est plus un adepte du “tuning” de PC que du PC “prêt à porter”. »
    Plus jeune, pas si sûr. Néanmoins le problème actuel pour les utilisateurs d’autres systèmes réside dans l’impossibilité de trouver des ordinateurs portables à des prix correctes, c-à-d fourni par des intégrateurs qui eux-seuls peuvent se les permettre, et dépourvu de système d’exploitation (ou remboursables si l’on accepte votre argument du techniquement difficile du point de vue de la distribution).

  • [25] - jmfayard a écrit le 29 janvier 2007 :

    à Olivier Ezratty :

    Je ne suis pas en désaccord avec tout ce que vous dites, mais je vous trouve de mauvaise foi sur le nombre d’interfaces : il y en a deux dans le monde propriétaire (Windows, MacOS) et deux dans le monde libre grand public (KDE, GNOME). Où est le problème ? Simple incompréhension de ce que l’appelation générale “Linux” n’est qu’une synecdoque ?

    Je m’interroge aussi sur le sens à donner à ce conseil de faire un Frankenstein (Gnome+KDE)/2, ce qui a à peu près autant de sens que de faire une “standardisation” (Windows+Macos)/2 : méconaissance, naïveté, conseil de faux ami ?

    Puis c’est bien gentil d’enfoncer le monde libre, forcément plus hétérogène, en prenant comme critère de comparaison ses éléments pas les plus réussis (l’interface de The Gimp), mais quand je compare Amarok à iTunes ou Windows Media Player, KPhotoAlbum à iPhoto ou (?? rien d’utilisable par défaut), la transparence réseau des KIOslaves à (pas grand chose), Basket à (???), je me dis que la comparaison ne tourne pas toujours en faveur des mêmes.

    Votre remarque de ce qu’un utilisateur lambda ne devrait pas gérer son serveur lui-même, y compris avec Linux, enfonce résolument des portes ouvertes !

    Enfin, pour une plus grande clarté, ne confondez s’il vous plait pas les mots “standard de fait” (le .DOC par exemple) et “standard” (ex : OpenDocument), qui se ressemblent de façon aussi trompeuse que des mots tels que “démocratie” et “démocratie populaire”.

    Dans un cas, on parle de monopole privé, dans l’autre d’interopérabilité, c’est à dire de liberté.

  • [26] - Olivier Ezratty a écrit le 29 janvier 2007 :

    – « Après, on peut comparer avec le prix des pièces détachées si elles sont disponibles séparément. »
    Eh bien justement avec les bundles on ne peut pas, c’est ce que réclame l’UFC.

    Ce contre argument qui ne tient pas:
    – On peut obtenir le prix de la pièce détachée Valéo mais pas celui qu’a payé le constructeur automobile (le prix de gros).
    – Avec Windows, c’est pareil: on connait le prix à l’unité, mais pas le prix de gros de l’OEM. Même si on se doute qu’il est bien plus bas.

    Mon envolée sur la machine judiciaire est liée à ce que les plaintes visent à se faire rembourser 100€ ce qui est un montant assez faible. Compte tenu de ce que cela coute à la collectivité, oui, c’est un peu du luxe! Mais si effectivement une ou deux décisions peuvent faire jurisprudence et modifier le processus de remboursement des constructeurs, pourquoi pas.

    Pascal, Windows ne s’est pas fait en un jour. Il a fallu 3 versions pour qu’il s’impose. Au départ, c’était une couche optionnelle au dessus de MS-DOS. Les constructeurs l’ont acceptée lorsque les applications sont arrivées sur Windows (en 1990). Le point déterminant a été le lancement de Windows 3.0 qui avait été précédé d’un gros effort vers les développeurs à cette époque. Cela a bien fonctionné. A la fin des années 80, le concurrent de Windows 1.0 et 2.0 était GEM de Digital Research. Son interface de développement que j’avais évaluée à l’époque pour la boite pour qui je travaillais (SOGITEC) était moins bien foutue que celle de Windows. Ceci explique donc un peu cela. Après, la machine s’est emballée en faveur de MS. Mais le succès de Windows s’est aussi appuyé sur celui de MS-DOS, lui aussi contesté, je sais.

    Enfin, vous vous méprenez sur le sens de mon propos. Je ne suis pas contre le consommateur ou contre la concurrence. Et MS ne me demande rien.

    Je cherche à montrer qu’il n’est pas facile de trouver des solutions qui satisfassent la minorité des utilisateurs (qui veulent ces fameux PC nus) sans en pénaliser la majorité (qui se contente de Windows). Je connais bien les forces et faiblesses de Linux. Mais certaines de ses forces lui nuisent pour s’imposer dans le grand public et à grande échelle. En effer, pour y arriver, il faudrait plutôt favoriser des bundles Linux chez les constructeurs que la vente de PC nus.

    Il existe une analogie: les mobiles. Certains sont sous Windows Mobile, d’autres sous Symbian, etc. Mais ils ne sont pas “nus”. Et effectivement, le consommateur peut choisir des mobiles avec Windows Mobile et d’autres avec Symbian, etc.

    Pour ce qui est des standards, je n’ai rien confondu du tout. J’ai bien précisé “std des facto”, et pas “de jure”. Les américains disent souvent que des produits comme Windows sont des “industry standards”. Je ne les confond pas avec les standards d’interop. Qui d’ailleurs sont parfois des standards privés issus de consorsiums comme celui du MPEG2.

    Pour ce qui est de la part de marché de Windows Server, mes sources sont IDC. Ce sont des parts sur les serveurs Intel.

    Pour ce qui est de Bill Gates et de sa stratégie, elle a fonctionné sur Windows mais pas sur tous les autres produits de la société. Il y a donc bien une spécificité structurelle à Windows. Un OS n’est pas un logiciel comme les autres. L’effet d’économie de réseau est bien plus fort sur un tel produit que sur une encyclopédie sur CD-ROM par exemple.

  • [27] - Pascal a écrit le 29 janvier 2007 :

    Bonjour Olivier,

    “Mon envolée sur la machine judiciaire est liée à ce que les plaintes visent à se faire rembourser 100€ ce qui est un montant assez faible. Compte tenu de ce que cela coute à la collectivité, oui, c’est un peu du luxe! Mais si effectivement une ou deux décisions peuvent faire jurisprudence et modifier le processus de remboursement des constructeurs, pourquoi pas.”

    Je crois qu’il extrêmement dangereux de toujours tout ramener à une question de quantité d’argent. Surtout lorsqu’elle conduit à confondre le fond et la forme. Confusion dans laquelle vous vous embourbez. Et la preuve en est: pour moins de 100€ une société commerciale nous prive de nos libertés ! En réclamant devant la justice de nous faire rembourser ces 100€ que microsoft nous vole (illégalement bien sûr) ce ne sont pas tant les 100€ retrouvés qui nous importe, mais belle et bien notre liberté défendue et retrouvée !!!

    Et c’est bien parce que microsoft et tous ses défenseurs refusent catégoriquement d’admettre qu’ils commettent une entorse à nos libertés et ramènent systématiquement le débat à une sombre histoire de petite somme d’argent qu’on finit par être exaspéré par vos positions.

    D’autant que vous êtes tout à fait malhonnêtes dans votre argumentation:
    culpabiliser les gens qui défendent leurs libertés devant les tribunaux en les rendant responsable d’engorger les tribunaux est un comble quand on sait la quantité hallucinante de fonctionnaires de l’union européenne que monopolise à lui seul microsoft dans des procès fleuves ! Et il en vas strictement de même pour le système de justice américaine. Et encore, j’insiste: dans notre cas nous défendons notre liberté. Micorsoft, lui, monopolise les systèmes de justice et autres commissions afin de s’assurer le droit de nous priver de nos libertés !!! Et c’est quand même à nous que vous adresser vos arguments culpabilisant.

    Je vous le dit en tout amitié: tout votre argumentaire n’est qu’un jeu d’inversion des réalités. Et je pense que vous ne vous en rendez même plus compte.

    Je poursuis avec votre idée de petit somme d’argent:
    il y a un intérêt bien compris à nous faire admettre qu’après tout, c’est vrai quoi…. pourquoi faire tout un patacaisse pour 80€ ?! En clair, il y a un intérêt très très bien compris à individualiser systématiquement le point de vu des gens afin de les empêcher de replacer les choses dans un contexte général. Et cet intérêt très très bien compris est bien sûr, en l’espèce, celui de microsoft. Plus nous serons nombreux à fermer les yeux sur de si petites sommes d’argent plus longtemps durera le holdup planétaire de microsoft.
    Oui mais voilà: y en a plein le cul de se faire enc**** !!!
    Et il y en a surtout marre d’entendre toujours les mêmes mensonges pour des causes malhonnêtes !

    Le temps que vous avez passé à rédiger votre article pour défendre une cause incontestablement liberticide, incontestablement hors la loi en france, ne pouvait-il pas être employé à une plus juste cause ? Surtout quand vous prenez la peine d’écrire “Et MS ne me demande rien.” ! Etes-vous par nature profondément attaché aux causes liberticides ? La liberté de choix vous est-elle à ce point insupportable ? Les positions de monopole absolu et les dérivent qui en découlent obligatoirement sont-elles source d’infinis plaisirs malsains chez vous ?

    Comment pouvez-vous justifier d’écrire aussi légèrement:
    “Mais si effectivement une ou deux décisions peuvent faire jurisprudence et modifier le processus de remboursement des constructeurs, pourquoi pas.”
    Vous rendes-vous compte que vous condescendez à accepter l’idée que ma foi, oui, si l’on peut peut-être rétablir une entorse faite à la liberté des individus, et bien pourquoi pas, en effet cela pourrait une bonne chose !
    Vous rendes-vous compte des idées que sous-entendent vos mots ? Vous rendez-vous compte que vous vous faite le porte parole d’idées liberticides, d’idées qui prônent l’intérêt privé devant le droit du plus grand nombre ? Vous rendez-vous compte de la gravité de vos propos ?

    Pascal

  • [28] - Olivier Ezratty a écrit le 29 janvier 2007 :

    Heu, à ceci près que le remboursement ou non de la fameuse licence Windows ne met pas en cause Microsoft mais les revendeurs et les constructeurs. Vous accusez donc un peu rapidement Microsoft d’être liberticide.

    Dans la grande distribution, il y a des offres diverses et variées, et on prend on non. Et si on n’est pas content, on peut aller acheter ailleurs. Le problème est peut-être que la grande distribution pèse trop lourd dans les ventes en France par rapport au commerce de détail (les fameux petits assembleurs). Mais c’est un autre débat.

    Pour l’instant, je note que vous affirmez à l’envie que ceci et cela est illégal alors que cela n’a jamais été prouvé ni par les tribunaux ni par le législateur. Je vous le répête, pour rendre les bundles OEM/Windows illégaux, il faudrait changer la loi ou tout du moins la rédiger différemment. On peut donc si je vous suis être liberticide tout en étant légal, c’est d’ailleurs malheureusement vrai.

    Donc, certes, vous trouvez cela illégal, mais cela ne l’est pas encore. Bien entendu, chacun est libre d’interpréter la loi comme il l’entend car elle est souvent complexe.

    La liberté est un bien trop grand bien pour le pervertir ainsi par ces propos. Ne montez pas sur vos grands chevaux comme Roberto Di Cosmo qui écrivait en 1998 que Microsoft était liberticide, que c’était une menace pour la démocratie. C’est leur donner bien trop d’importance et de pouvoir! Les gens de cette boite ne sont pas liberticides comme vous l’entendez!

    Dans ce débat, je me préoccupe du sens pratique des choses. Je pose la question: comment assurer pratiquement la concurrence, le choix des consommateurs, sans forcément pénaliser la majorité actuelle. Si une minorité de consommateurs tend à faire changer un système au détriment de la majorité, cela peut aussi être gênant pour cette dernière. Dans les systèmes politiques, qu

    Enfin, si je défend quelque point de vue iconoclaste, c’est justement parce que je trouve que le votre n’a jamais eu à en découdre avec la contradiction. Il n’y a pas eu de véritable débat car les protagonistes qui sont des entreprises sont assez discrets. C’est bien dommage, mais c’est comme cela qu’ils gèrent le risque même s’ils pensent être dans leur bon droit.

    Par ailleurs, il serait bon de réfléchir sur les moyens de donner sa chance à Linux justement. Il ne suffit pas de blâmer Microsoft. Il faut balayer devant sa porte également. Comme me disait un manager il y a longtemps: “we are not in the excuse business”.

  • [29] - Pascal a écrit le 29 janvier 2007 :

    “Heu, à ceci près que le remboursement ou non de la fameuse licence Windows ne met pas en cause Microsoft mais les revendeurs et les constructeurs.”

    Je ferais passer ça sur le compte d’un trait d’humour !

    “Pour l’instant, je note que vous affirmez à l’envie que ceci et cela est illégal alors que cela n’a jamais été prouvé ni par les tribunaux ni par le législateur.”

    La loi française existe:

    Extrait du code de la Consommation :

    « Tout professionnel vendeur de biens ou prestataire de services doit, avant la conclusion du contrat, mettre le consommateur en mesure de connaître les caractéristiques essentielles du bien ou du service. » (C. consom., Art. L. 111-1)

    « Tout vendeur de produit ou tout prestataire de services doit, par voie de marquage, d’étiquetage, d’affichage ou par tout autre procédé approprié, informer le consommateur sur les prix, les limitations éventuelles de la responsabilité contractuelle et les conditions particulières de la vente (…) » (C. consom., Art. L. 113-3).

    Oseriez-vous prétendre que le contrat de licence (le CLUF) est accessible avant achat du produit ?

    « Il est interdit de refuser à un consommateur la vente d’un produit ou la prestation d’un service, sauf motif légitime, et de subordonner la vente d’un produit à l’achat d’une quantité imposée ou à l’achat concomitant d’un autre produit ou d’un autre service ainsi que de subordonner la prestation d’un service à celle d’un autre service ou à l’achat d’un produit.(…) » (C. consom., Art. L. 122-1)

    Et vous prétendez que la loi n’existe pas !

    « Est interdite toute vente ou offre de vente de produits ou de biens ou toute prestation ou offre de prestation de services faites aux consommateurs et donnant droit, à titre gratuit, immédiatement ou à terme, à une prime consistant en produits, biens ou services sauf s’ils sont identiques à ceux qui font l’objet de la vente ou de la prestation.(…) »(C. consom., Art. L. 121-35).

    « Est prohibée (…) l’exploitation abusive par une entreprise (…) d’une position dominante sur le marché intérieur ou une partie substantielle de celui-ci. Ces abus peuvent notamment consister en refus de vente, en ventes liées ou en conditions de vente discriminatoires ainsi que dans la rupture de relations commerciales établies, au seul motif que le partenaire refuse de se soumettre à des conditions commerciales injustifiées.(…) » (C. com., L. 420-2).

    Vous écrivez:
    “Donc, certes, vous trouvez cela illégal, mais cela ne l’est pas encore.”
    Je viens de vous apporter la preuve du contraire. Mais je sais bien que vous avez parfaitement connaissance de cette loi. Toute votre rhétorique s’appuie sur le fait que le législateur français accepte que microsoft contourne la loi. Et cela vous semble suffisant pour affirmer que microsoft n’est pas dans l’illégalité.
    Mais tout ceci n’est plus qu’une question de temps car de toute évidence les choses vont évoluées. Et il est très peu probable qu’elles évoluent dans le sens que souhaite microsoft. Donc à court terme, l’application de la loi sera effective et vous ne pourrez plus continuer à mentir au moins sur ce fait.

    “Ne montez pas sur vos grands chevaux comme Roberto Di Cosmo qui écrivait en 1998 que Microsoft était liberticide,”
    Si si. J’insiste et répète, à l’instar de Roberto Di Cosmo, que microsoft est une société liberticide et dangereuse pour l’humanité.
    Mais bon. Vous pouvez essayer de nous faire croire que les sociétés n’ont absolument aucun impact sur la marche du monde et donc sur notre rapport au monde.

    “C’est leur donner bien trop d’importance et de pouvoir!”
    Non non. Ils (microsoft) ont de fait beaucoup trop de pouvoir.

    Je vous propose de mettre un terme à cet échange.
    J’ai parfaitement compris votre point de vue et votre argumentation. En retour je pense avoir été suffisamment clair pour que vous compreniez ma position.
    Et je ne crois pas que poursuivre notre échange nous mène très loin.

    Je vous souhaite une excellente journée,

    Cordialement

    Pascal

  • [30] - poipoi a écrit le 1 mars 2007 :

    Pascal, comme vous y allez !

    Plutôt que de travailler sur la rhétorique, allez plutôt améliorer le code de votre OS puisqu’il vous est ouvert ! Il y a urgence à ce qu’un OS alternatif apparaissent, certes.

    Mais, hormis du côté d’Apple (et encore…), je vois rien de trop brillant hein ! Linux c’est bien sympa, mais c’est surtout bien trop compliqué pour le commun des mortels…

    Allez ! Bon courage et bon travail, et il y en a pour ramener Linux au niveau de ses concurrents commerciaux !

    Ce n’est pas en légiférant qu’on suscitera l’envie pour un OS alternatif, non mais quelle blague !

    Si réelle alternative il y avait, alors le marché se ferait, assurément. En plus si c’est gratuit !

  • [31] - Opinions Libres - Le blog d'Olivier Ezratty a écrit le 12 mai 2007 :

    […] débat sur les bundles OEM de Windows et ma récente visite du Salon Linux, je m’étais dit qu’il fallait mettre à jour ma […]

  • [32] - Zarex a écrit le 7 novembre 2007 :

    Je propose de topus nous cotiser pour louer un serveur spécial de commentaire sur les commentaire de commentaires d’articles et ce, rien que pour nos deux compères Pascal et Olivier !!!

    Qui me suit 🙂 ?

  • [33] - Sans_importance a écrit le 18 décembre 2007 :

    Je ne comprend pas. Personne ne demande (seuls les constructeurs parlent de cela) l’interdiction de vendre Windows (ou autres logiciels) avec un ordinateur, mais juste la possibilité de refuser les logiciels quand on les veux pas (et des solutions qui ne coutent rien comme les codes d’activation sont proposées). A partir de là, où est le préjudice ?

    Merci de m’expliquer…

  • [34] - Olivier Ezratty a écrit le 18 décembre 2007 :

    J’ai du mal à retrouver la trace de cette proposition d’interdiction qui est effectivement plus extrême que les autres propositions (choix, code d’activation). Il me semble qu’elle provient de certains élus qui se sont penchés sur la question.

    Nonobstant, l’histoire des codes d’activation et du refus des logiciels est pratiquement difficile à mettre en place pour les circuits de distribution (OEM+retailers). Et avec un coût logistique qui ne serait pas amorti car la demande Linux est encore assez faible dans le grand public. D’où le fait que certains constructeurs évoquent un prix plus cher pour des machines sans Windows. Un comble effectivement, mais qui s’explique quand on regarder l’équation économique en détail du constructeur.

    Quand au remboursement des logiciels, la base de calcul n’est pas évidente. Surtout pour les logiciels intégrés au delà de Windows. La plupart l’on été avec un coût très faible pour le constructeur (parfois même pour moins de 1€ par licence), et dans des versions pas forcément identiques aux versions vendues à l’unité. Le calcul du “prix” comme du “coût” des logiciels bundlés sont un véritable casse-tête chinois. Si on prenait le “prix rue” des logiciels, on aboutirait à un “prix” du bundling logiciel qui serait supérieur à la moitié du prix de la machine. Ce qui ne serait pas normal car le remboursement du logiciel ferait donc perdre de l’argent au constructeur qui n’oublions pas ne marge pas à plus de 5%. Le revendeur marge quant à lui à environ 20%. Ca aussi ça fait partie du coût. Si on augmente le coût de gestion pour le revendeur, il va aussi être tenté d’augmenter les prix.

    La vie du consommateur qui sort des clous est toujours malheureusement difficile. Tout comme l’est l’impossibilité de s’abonner à CanalSatellite/Canal+ en enlevant les chaînes du sport qui leur coûtent très cher (600m€ pour la ligue de foot) et ne m’intéressent pas. Et Canal+ a une situation de dominance dans les contenus premium en France! Et je ne parle pas de l’arnaque autour de l’iPhone…

  • [35] - Sans_importance a écrit le 19 décembre 2007 :

    Pourquoi la méthode du code d’activation est-elle difficile à mettre en place et couteuse, je ne comprend pas… Une explication ?

    Pourquoi parler de “[GNU/]Linux”, quand ce qui est demandé c’est de pouvoir juste refuser les licences logicielles, pas de pouvoir en acheter d’autres à la place ?

  • [36] - Olivier Ezratty a écrit le 19 décembre 2007 :

    Bien, il faut que le constructeur développe un bout de logiciel qui se superpose à Windows ou s’intercale dedans, je ne sais pas trop comment.

    Ensuite, imaginons le processus pour le distributeur. il devrait avoir deux références pour chaque PC: une avec les logiciels une sans, et dans le premier cas, fournir le code d’activation pour les logiciels, et pas dans l’autre. Cela parait simple comme cela, mais ça alourdit la chaine logistique du revendeur. Surtout s’il faut qu’il la mette en place pour quelques % de ses clients (au moins au départ).

    Pourquoi Linux? Parce que c’est la seule alternative courante à Windows sur un PC nu. A moins qu’il s’agisse d’y installer un Windows non OEM? Dans ce cas là, cela n’a aucun sens car c’est plus cher qu’en OEM. Et les licences OEM ne sont pas transférables d’une machine à une autre.

    Enfin, question à mon tour : est-ce qu’il existe un pays dans le monde où il est possible d’acheter des PC sans Windows dans la grande distribution et où les mécanismes que vous appelez de vos voeux ont été mis en place? La question des bundles ne semble pas être limitée à la France…

  • [37] - Sans_importance a écrit le 19 décembre 2007 :

    “Enfin, question à mon tour : est-ce qu’il existe un pays dans le monde où il est possible d’acheter des PC sans Windows dans la grande distribution et où les mécanismes que vous appelez de vos voeux ont été mis en place?”

    Pas à ma connaissance.

    “Bien, il faut que le constructeur développe un bout de logiciel qui se superpose à Windows ou s’intercale dedans, je ne sais pas trop comment.”

    Ce n’est ni difficile, ni couteux.

    Pour le revendeur, ça lui demande une minute de plus par client. Ça revient au même que de proposer des options comme le font déjà la plupart des magasins, notamment pour les assurances bris/vol. C’est suffisamment peu couteux et peu difficile pour que les magasins proposent ces options. Je ne vois pas pourquoi ce serait différent pour le code d’activation.

  • [38] - Olivier Ezratty a écrit le 19 décembre 2007 :

    Sauf que…
    – Quand ils bendent des options, c’est pour vendre quelque chose en plus, et si possible à un maximum de clients, et souvent, pour une bonne marge.
    – Ce que vous proposez consiste pour les distributeurs à vendre “en moins”, et à un nombre très réduit de clients.

    Comprenez que dans ces conditions les distributeurs ne soient pas franchement motivés à se bouger!

    Il n’y a que deux facteurs qui pourraient changer la donne:
    – Une régulation (loi, DGCCRF, etc)
    – Une évolution significative de la demande du marché en faveur de Linux, elle-même subordonnée aux évolution du système et de son écosystème.

    Comme les deux ne sont pas encore au rendez-vous, il faudra attendre!

  • [39] - Sans_importance a écrit le 19 décembre 2007 :

    Attendez, depuis le début, ma question c’est “où est le préjudice pour le consommateur ?”. Force est de constater que vous annoncez un préjudice que vous ne parvenez pas à justifier, c’est bien dommage.

  • [40] - Olivier Ezratty a écrit le 19 décembre 2007 :

    Il n’y aurait pas de préjudice, mais juste un processus d’achat un pouillème plus compliqué. Et si l’ensemble coûte un peu plus cher aux intermédiaires constructeurs et distributeurs, le consommateur en paiera indirectement le prix un jour où l’autre.

  • [41] - Sans_importance a écrit le 19 décembre 2007 :

    “Il n’y aurait pas de préjudice”

    Heureux de vous l’entendre dire. A partir de là, je crois que vous pouvez modifier la conclusion de votre article.

    Ajoutez que cela fera naitre une vrai concurrence, équitable, sur le marché des logiciels d’exploitation, qui ne pourra être que profitable au consommateur.

  • [42] - Olivier Ezratty a écrit le 20 décembre 2007 :

    Vous jouez sur les mots! Ma conclusion était une question. Le débat qui en a suivi permet aux lecteurs de se faire une opinion de la réponse potentielle. Je ne vais pas pour autant poser la question différemment. Et comme l’article commence à dater, je vais en profiter pour en fermer les commentaires.



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Avec Marie-Anne Magnac, j'ai lancé #QFDN, l'initiative de valorisation de femmes du numérique par la photo. Installée depuis début octobre 2015 au Hub de Bpirance à Paris, elle circule dans différentes manifestations. L'initiative rassemble plus de 650 femmes du numérique (en juillet 2017) et elle s'enrichi en continu. Tous les métiers du numérique y sont représentés.

Les photos et les bios de ces femmes du numérique sont présentés au complet sur le site QFDN ! Vous pouvez aussi visualiser les derniers portraits publiés sur mon propre site photo. Et ci-dessous, les 16 derniers par date de prise de vue, les vignettes étant cliquables.
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Sara Ducci
Sara est Professeure en Physique à l’Université de Paris Diderot. Recherche au Laboratoire Matériaux et Phénomènes Quantiques. Responsable du Master Physique et Applications. Membre du CA de la Société Française de Physique.
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Sophie Proust
Sophie est Chief Technology Officer (CTO) d'Atos.
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Julie Grollier
Julie est Directrice de recherches au CNRS dans l'Unité Mixte de Physique CNRS/Thales. Physicienne inspirée par le cerveau, passionnée par l’informatique et les neurosciences.
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Tiphaine Cerba
Tiphaine est ingénieure en matériaux sur la plateforme épitaxie du III-V lab (Thales/Nokia/CEA).
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Hélène Perrin
Hélène est Directrice de recherche au CNRS (LPL, Université Paris 13), membre du comité de pilotage du réseau de recherche francilien SIRTEQ sur les technologies quantiques, professeure d'optique quantique et de calcul quantique à l'École normale supérieure et à l'Université Paris-Diderot. #quantique
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Pascale Senellart
Pascale est Directrice de recherche au CNRS, Recherche au Centre de Nanosciences et de Nanotechnologies. Professeure chargée de cours à l’Ecole Polytechnique. Cofondatrice de la startup Quandela qui commercialise des sources de lumière quantique. Chargée de mission de l’Université Paris Saclay pour les Sciences et Technologies Quantiques. #quantique
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Tara Mestman
Tara est en classe de première générale (2019/2020) avec spécialités maths, physique-chimie et Langue Littérature Culture Étrangère Anglais. Suit le cursus sur l’intelligence artificielle chez Magic Makers. Egalement intéressée par le développement de l’informatique quantique.
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Elham Kashefi
Elham est Directrice de recherche au CNRS LIP6 Université Sorbonne, professeure d'informatique quantique à la School of Informatics University d'Edimbourg, cofondatrice de la startup VeriQloud. #quantique
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