A la découverte d’Ubuntu (65 commentaires)

Après le débat sur les bundles OEM de Windows et ma récente visite du Salon Linux, je m’étais dit qu’il fallait mettre à jour ma connaissance de Linux en tant que système d’exploitation pour le poste de travail. Lorsque j’étais chez Microsoft, je testais une distribution Linux à peu près tous les ans depuis 1998, sur un disque amovible d’un desktop. Mais je n’allais généralement pas jusqu’au bout faute de temps et de patience. Depuis, Linux a bien évolué et j’ai donc pris le parti de tester la distribution Ubuntu, l’une des plus populaires du moment, en allant jusqu’au bout, à savoir reconstituer un environnement de travail complet. Et sur un laptop!

J’ai utilisé un CD-ROM Live CD Ubuntu 6.06 Dapper qui était inclu dans “Linux Pratique” daté d’août-septembre 2006 sachant que la version la plus récente d’Ubuntu est la 6.10 datant d’octobre, que j’ai installée par mise à jour de la première. Je l’ai installé sur un laptop Asus récent mais sans rien toucher à la configuration Windows (Vista) et à son disque dur, en utilisant un disque dur externe connecté en USB2. On pourra évidement préférer le téléchargement d’une image ISO du CD-ROM le plus récent d’Ubuntu (Edgy 6.10) et sa gravure chez soi.

Le résultat de cette expérience était au départ plutôt mitigé. Le temps que m’a pris cet apprentissage a été bien long. Il aurait été sûrement plus court si j’avais reçu un Linux préinstallé et tout bien configuré sur une machine. Car dès qu’un pépin se présente, c’est une véritable galère et si Ubuntu/Linux fonctionne bien, est rapide et fiable, on n’y retrouve pas tous ses petits. Malgré tout, avec Ubuntu, Linux a fait d’énormes progrès et rien ne s’oppose à ce qu’ils continuent sur cette lancée et continuent à s’améliorer en menaçant de plus en plus sérieusement la position de Microsoft.

Je suis allé presque jusqu’au bout de cette découverte et une fois que l’on maitrise les astuces et le mode opératoire d’Ubuntu et des forums communautaires, notamment en mode commande, on se prend au jeu et on est bien content de maitriser un peu la situation. Je ne ferais pas pour autant d’Ubuntu mon système d’usage principal, comme on le verra à la fin de ce post.

Voyons-voir ce vécu un peu plus en détail:

Les choses qui fonctionnent et que j’apprécie

  • La rapidité et fiabilité de l’ensemble de l’interface utilisateur semble meilleure que sous Windows (XP comme Vista). Il y a très peu de temps de latence dans l’interface, et je n’ai pas rencontré ces différents bugs de l’Explorer de Windows, qui subsistent d’ailleurs sous Vista et ralentissent parfois le déplacement de dossiers sur le bureau. Mais une fois la machine chargée avec tous ses drivers et applicatifs chargés, et à condition d’utilisation équivalente, la différence est moins évidente.
  • La rapidité du réseau, qui semble aussi meilleure que sous Windows, en particulier en Wifi.
  • La possibilité d’installer Ubuntu sur un disque USB externe, juste conditionnée par la capacité du PC à booter en USB, par configuration du BIOS. C’est le mode d’installation que j’ai choisi pour ne pas du tout toucher à la configuration Windows Vista de mon laptop. Quand je veux utiliser Linux, je connecte ce disque externe au laptop, c’est tout.
  • La grande richesse applicative disponibile en open source sous Linux. Elle est notamment exploitable par l’utilitaire Synaptic qui propose une bibliothèque de logiciels que l’on peut sélectionner et ensuite installer. L’outil se charge d’identifier toutes les dépendances des logiciels entre eux et de télécharger les bibliothèques (système) nécessaires à chacun de ces applicatifs. On peut alors lancer l’installation de plusieurs logiciels en une seule passe, et sans avoir à rebooter le PC à la fin de l’installation. Une version plus orientée “utilisateur” que Synaptic est proposée avec la fonction Add-Remove Programs (illustration ci-dessous) qui décrit chaque application proposée et indique une note de popularité (c’est presque du Web 2.0…). Ce genre de brique est propre au monde de l’open source et pourrait difficilement voir le jour chez Microsoft. En effet, soit ils proposeraient des logiciels commerciaux et cela serait un peu plus complexe, ne serait-ce que pour taper dans le porte-monnaie, ou bien, ils le feraient à l’instar d’un SoftPedia ou d’un Telecharger.com, pour les freeware et shareware, mais seraient peu motivés économiquement à le faire.

  • Mon scanner est reconnu, c’est un vieil Epson 1640 datant de 2001 et en mode “plug and play” dynamique qui fonctionne bien. C’est un gros progrès par rapport à il y a quelques années. Par contre, l’information utilisateur pourrait être améliorée car si les périphériques sont reconnus, l’interface ne l’indique pas forcément à l’utilisateur.
  • Le support de la molette de la souris, bête mais bien pratique.
  • Ma petite télécommande KeySpan est supportée en mode plug & play. Elle me sert à passer les slides d’une présentation sans fil.
  • On travaille en “mode user” et pas en mode administrateur et on risque donc moins d’altérer la configuration de la machine par une fausse manipulation. Comme dans Vista, cela a un prix car il faut souvent passer au mode administrateur pour l’installation de périphériques, d’applications et certaines modifications de paramètres systèmes.
  • Les communautés actives qui dépannent les utilisateurs, notamment sur le site Ubuntu.fr, avec de nombreuses FAQ et de nombreux tutoriels rédigés de manière très pédagogiques et très bien mis en page. La plupart des problèmes que j’ai rencontrés sont documentés et donnent lieu à la proposition de solutions. Avec un bémol comportemental que l’on verra plus loin et le fait que parfois, il y a trop de solutions contradictoires proposées.
  • Le support de Windows Live Messenger (ou MSN Messenger) est possible via l’outil aMSN. Ca fonctionne nickel mais on pourra préférer GAIM qui est multi-protocole et supporte notamment Yahoo.
  • La lecture de mails Hotmail en mode POP3/SMTP sous Evolution via une bidouille un peu complexe documentée ici, qui n’a pas à ma connaissance d’équivalent sous Windows et qui est au demeurant un peu lente à l’exécution. Mais ça marche!
  • La lecture possible de partitions NTFS de Windows Vista. Mais pas l’écriture dessus. Certaines extensions le permettent mais sont assorties d’avertissements sur les risques de perte de données. Cela provient de ce que les spécifications complètes NTFS ne seraient pas disponibles pour les développeurs de logiciels libres. La distribution “live” Knoppix propose l’écriture sur NTFS.
  • La migration des contacts et calendrier d’Outlook dans Evolution en plus du mail, via l’utilitaire Outport qui s’installe sous Windows et fonctionne même avec Office 2007 sous Vista. Mais les accents ne passent pas bien!
  • L’utilitaire VLC, déjà disponible sous Windows, et qui permet notamment de regarder la TV ADSL provenant de ma Freebox (en direct, sachant qu’il existe des solutions pour gérer et programmer ses enregistrements).

Les choses qui fonctionnent mais après quelques difficultés

  • Il faut maitriser le mode commande dès que l’on veut un peu modifier la configuration de la machine. C’est inacceptable pour le commun des mortels. Les contributeurs aux forums de discussion Ubuntu considèrent que c’est le prix à payer pour savoir se servir correctement de Linux. A ce tarif là, ils ne sont pas près de démocratiser Linux! Même si Ubuntu est l’un des Linux les plus conviviaux.
  • L’installation de pilotes de périphériques est délicate dès lors que le matériel n’est pas automatiquement reconnu. Les forums donnent des informations différentes et parfois contradictoires sur la manière d’installer les pilotes. J’ai traversé une expérience longue et difficile pour installer un driver nVidia GeForce Go 7300. Surtout pour pouvoir utiliser la résolution native du portable (1280×800) et un second écran en moniteur d’appoint. Il m’a fallut plusieurs heures de galère pour y arriver! Et j’en suis venu à bout avec cette méthode, qui n’a d’ailleurs pas marché du premier coup. Certaines limitations sont d’ailleurs liées au BIOS nVidia, que l’on retrouve également dans les drivers sous Vista. nVidia ne permet pas de faire en sorte que l’écran du laptop soit le moniteur principal - qui contient le bureau, ses menus et icones - en cas de double écran.
  • J’ai eu toutes les peines du monde pour configurer la carte son sur mon laptop. En consultant les forums Ubuntu sur le sujet, je suis tombé sur un tas d’explications contradictoires, la plus courante consistant à recompiler le driver de la carte son (Intel ICH7). Je me suis lancé là dedans avec le téléchargement des codes sources, des bibliothèques et des outils de compilation. Mais sans succès: au bout de course, j’avais des erreurs de compilation! Erreurs générées semble-t-il à un problème de configuration qui n’incluait pas les bonnes définitions dans les fichiers sources. Mais je suis persistant, et j’ai finalement trouvé une solution qui consistait à ajouter une simple ligne dans un fichier de configuration. Mais évidement, toujours en passant par le mode commande!
  • La configuration réseau était difficile et défaillante au début. DHCP ne fonctionnait pas, m’ayant obligé à configurer une adresse TCP/IP statique. De nombreux utilisateurs semblent avoir rencontré ce problème. Ensuite, j’ai configuré à la fois Wifi et Ethernet, et cela a fonctionné après une validation de la configuration, mais pas à chaque fois. Après un reboot, le réseau n’est pas là. Alors que la carte est reconnue, qu’un ifconfig (équivalent d’IPCONFIG de Windows) donne bien une stack réseau bien installée. Est-ce un problème de matériel ou de logiciel, allez savoir! Surtout que maintenant, cela fonctionne bien, sans que je sache pourquoi!
  • Pas facile de configurer le port SMTP pour le client de messagerie Evolution. Il faut chercher dans un forum pour découvrir qu’il faut ajouter ce port après l’adresse du serveur SMTP.
  • La configuration Samba pour accéder en réseau au laptop sous Ubuntu à partir de Windows et réciproquement. C’est faisable, bien entendu, mais c’est un peu lourdingue par rapport à Windows qui l’est déjà pas mal!
  • La gravure de CD/DVD, un autre casse-tête que j’ai résolu à la longue, et sans savoir vraiment comment.
  • Wine, la couche de compatibilité Windows, que j’ai pas eu le courage de tester car, une fois encore, ce n’est pas

Je dois cependant reconnaître qu’une partie de mes galères sont liées à une manipulation un peu hors norme que j’ai réalisée: j’ai en fait d’abord installé Ubuntu sur le disque USB externe connecté à un laptop (à processeur AMD), puis fait tourner cette installation à partir d’un autre laptop (sous Intel) et avec une configuration différente (notamment au niveau son et réseau). Ce qui est intéressant, c’est qu’il était possible de booter dans ces conditions. Ce qui l’est moins, c’est que le système était un peu paumé et que la remise à plat n’était pas évidente. Il serait intéressant de voir comment configurer un tel système (sur disque USB) pour lui faire supporter dynamiquement des configurations matérielles différentes.

Les choses qui ne vont pas ou manquent

Ce sont des remarques assez générales qui ne sont pas trop handicapantes pour Linux et Ubuntu.

  • Cela commence avec une légère complexité de la gestion de l’installation des logiciels Linux dès lors que l’on sort de la liste des logiciels proposés par Synaptic. Mais on peut installer des paquets Debian sans trop de difficultés, je l’ai fait pour installer Skype. Il est bien dommage que les processus d’installation de logiciels soient l’un des facteurs de divergence entre les distributions Linux car c’est une fonction critique pour le grand public.
  • La trop grande fragmentation de Linux avec ses versions qui ont toujours quelques chose d’incompatible entre elles, que ce soit les drivers (qu’il faut donc parfois recompiler) ou les “paquets” d’installation de logiciels applicatifs. Cette fragmentation génère une grande déperdition d’énergie et surtout, limite la concentration de force de la communauté open source pour faire réellement concurrence à Microsoft là où des logiques de standardisation et de “masse” sont incontournables. Comme je l’ai lu quelque part: “A distro a day keeps adoption at bay” (vaguement: une distribution Linux par jour éloigne le jour de l’adoption de Linux).
  • De la même manière, il y a aussi trop d’applications redondantes dans l’univers de l’open source. Avec finalement, plein de logiciels “moyens” (comme dans les freeware/shareware Windows d’ailleurs), alors que s’il y en avait moins et plus d’efforts communautaires sur les principales, elles seraient de meilleure qualité. Cela montre les limites du modèle communautaire: certains développeurs préfèrent trop souvent refaire la nième version d’un logiciel courant que d’améliorer l’un d’entre eux, il n’y a qu’à voir les milliers de logiciels “à parents uniques” dans les 143562 projets gérés sur SourceForge. Cette déception concerne aussi bien l’aspect fonctionnel que l’esthétique, qui est en général bien tristounette. Un exemple: la gestion des photos où je n’ai pas trouvé mon bonheur avec la palanquée de logiciels sous Linux. Pour l’instant, c’est Photo Gallery, intégré dans Windows Vista, qui a ma préférence. Pour une raison simple : il permet de visualiser en vignettes les photos d’un répertoire et de ses sous-répertoires. C’est bien pratique pour l’organisation. Quand est-ce qu’un logiciel libre fera cela? Ce n’est pas bien sorcier!
  • Côté matériel, je n’ai pas pu connecter un appareil photo Canon en mode USB. J’obtiens un sybillin message d’erreur : “couldn’t claim the USB device”. Et le mode hibernation ne fonctionne pas. C’est semble-t-il lié à la difficulté pour Linux de mettre la “carte” nVidia en veille parce que ses spécifications ne sont pas ouvertes. Là encore, il y a une bidouille pour y arriver, mais je n’en suis pas venu à bout.
  • L’interface utilisateur (Gnome) rappelle un peu celle de Windows 95/98. Elle n’est pas bien évoluée même si on peut la personnaliser. C’est un choix de Gnome que de faire simple. Un exemple: les icones utilisées dans la barre de tâche ne sont pas bien lisibles, ce qui rend difficile l’identification des applications en mémoire pour les sélectionner. On ne peut pas facilement faire un glisser / déplacer d’un programme du menu Applications vers le bureau, la création de racourcis est un peu laborieuse. L’interface de KDE - que l’on peut utiliser sous Ubuntu - est plus sophistiquée de son côté.  J’ai aussi testé la bêta de Beryl, une interface qui a quelques points communs avec celle de Windows Vista, mais qui se contente d’améliorer la cosmétique avec force paramétrage (incroyable!) sans toucher pour autant aux fondamentaux, notamment de la manipulation de fichiers.
  • La suite OpenOffice 2.x, qui me ramène en gros en 1997 et ne sait pas encore lire les fichiers d’Office 2007 (ce qui ne saurait tarder puisque ceux-ci utilisent un format XML qui est documenté, et en voie de devenir un standard aussi bien que l’est maintenant celui d’OpenOffice).
  • L’absence du support de certains autres formats propriétaires comme le DVR-MS de Windows Media Center. Mais ce n’est pas la faute des développeurs du monde du libre, et plutôt celle de Microsoft qui n’a pas ouvert ce format (à ma connaissance, même pour la version sans DRM).
  • Enfin, l’attitude de certains contributeurs des communautés qui considèrent qu’il faut être en gros sysadmin pour “mériter” d’utiliser un PC (sous Linux) et que les habitudes (de simplicité) prises sous Windows sont mauvaises. Cette attitude renforce le sentiment de dépendance des utilisateurs vis à vis des informaticiens et nuit au déploiement de Linux dans le grand public.

Voir également cet inventaire à la Prévert (en anglais) qui est en phase avec ma propre expérience.

Autres distributions testées

Ubuntu a ceci de particulier que le projet est financé par un richissime citoyen d’Afrique du Sud, Mark Shuttleworth. C’est un cas unique pour les distributions Linux qui émanent soit de communautés soit d’entreprises commerciales (RedHat, Mandriva, etc) à orientation service. Cas unique car il y a donation non pas simplement de temps, mais d’argent pour financer un travail professionnel à destination communautaire.

Ne me contenant pas d’Ubuntu pour cette prise en main, j’ai testé quelques autres distributions Linux au passage:

  • Knoppix 5.1.1: très complète avec un CD-Live, mais sans instruction pour l’installation sur un disque dur dans les menus et le bureau et des indications contradictoires récupérées sur Internet, aucune ne fonctionnant. En fait, il semble que cette distribution ait la particularité d’être faite pour des Live CD et pas pour être installée sur disque dur. C’est donc plutôt un “Linux d’évaluation” qu’autre chose. La documentation et les forums sont plutôt sybilins, ou orientés experts. J’ai trouvé un tutoriel sur Internet me permettant de transférer cette distribution “Live” sur une clé USB de 1 Go. J’en suis venu à bout et, ainsi, je peux booter sous Linux avec une simple clé et sur n’importe quel PC. C’est assez pratique.
  • Mandriva One: le boot sur le CD génère plein d’erreurs et te laisse en plan en mode commande. Laissé tomber…
  • OpenSuSE 10.2: j’ai installé cette distribution sur un autre disque dur externe. Cela s’est plutôt bien passé même si c’est un peu long… en fait, autant qu’une installation de Vista. Le réseau et le son étaient bien configurés d’emblée, le setup est de qualité “pro”. La liste des logiciels installés n’est pas énorme. L’interface est sous KDE, et paramétrée bizarrement, notamment pour la navigation dans les logiciels installés que je trouve bien lourde.

Si MacOS était un OS libre tournant sur un laptop Intel de base, je le testerai bien aussi… :).

Conclusion

Après ces installations, j’en ai conclu que Ubuntu était effectivement un bon choix de distribution Linux pour l’utilisateur “bureautique” (cf mon “bureau” Ubuntu ci-dessous).

Surtout de part ses tutoriaux, bien mieux rédigés que ceux des communautés “plus geeks” associées aux autres distributions. Mon expérience personnelle avec Ubuntu n’a rien d’original. D’autres l’ont également tentée, et largement documentée, comme cet excellent ”30 days with Linux” lui-aussi lié à une évaluation d’Ubuntu.

D’un point de vue pratique, réaliser ce genre de migration nécessite d’avoir toujours un second PC sous la main pour pouvoir accéder aux forums et autres sites Web indispensables au dépannage de l’installation, et, encore mieux, avoir un “geek” sous la main ou être autosuffisant de se point de vue là.

Ceci étant, je n’ai pas “migré” sous Linux, loin s’en faut. J’ai sous la main un laptop bien configuré avec Linux sur un disque externe, et aussi sur une clé USB, que je peux utiliser en parallèle avec Windows selon les besoins, comme des tests de logiciels, ou de compatibilité diverse. Cela peut dépanner, comme ce fut le cas pour facilement récupérer une partition d’un laptop que Windows ne voulait pas “me rendre” (partition de backup installée par les constructeurs). C’est aussi un élément de “culture informatique” maintenant incontournable.

Ceci n’a pas empêché de voir Ubuntu adopté par l’Assemblée Nationale pour le remplacement des PC des députés et de leurs assistants parlementaires en juin 2007. Remplacement dicté par des considérations économiques et politiques plus que techniques. Mais aussi liées, indirectement, au fait qu’il ne sera jamais difficile pour un député de trouver un “geek” pour le dépanner dans sa circonscription. Ce qui n’est pas le cas de tout le monde.

Quelques considérations me font continuer pour l’instant à employer Windows (Vista) comme principal système d’exploitation:

  • L’ergonomie d’ensemble, notamment pour la gestion et la manipulation de fichiers tout comme la gestion des raccourcis sur le bureau.
  • La facilité d’installation des applications et des pilotes de périphériques, même si ces derniers ne fonctionnent pas toujours très bien comme ces maudits pilotes nVidia qui posent problème également sous Vista, pour le mode “dual screen”.
  • La gestion des photos, notamment avec l’outil Photo Gallery intégré dans Vista et le support de mes appareils photo Canon.
  • Le support de Microsoft Office (2007 dans mon cas), qui reste toujours plus agréable et complet qu’OpenOffice, ainsi que d’une palanquée d’autres logiciels - souvent d’origine Microsoft - qui n’ont pas d’équivalent véritable sous Linux. Je n’ai pas encore été au bout du test de Wine et de Mono pour voir comment les applications Windows étaient supportées sous Ubuntu.
  • Le reste de mon existant applicatif Windows qui ne passe pas intégralement sous Wine.

Je dois reconnaitre que malgré l’arrivée de Vista, la différence entre Linux et Windows est de plus en plus ténue. Comme j’ai pu l’écrire précédemment, c’est la fragmentation du monde Linux, notamment pour l’installation des applications, et le besoin de passer au mode commande dans un trop grand nombre de circonstances, qui permettent à Microsoft de dormir en paix pour quelque temps. Ce sont des considérations qui limitent sérieusement la capacité de Linux à devenir un système d’exploitation pour “les masses” et diffusé via la grande distribution.

Mais pour combien de temps quand on voit Dell se réintéresser à Linux? Là est la question!


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March 14th, 2007 Post de Olivier Ezratty | Logiciels, Logiciels libres, Microsoft, Photo numérique | 65 commentaires

65 commentaires

  1. Bravo pour votre blog et de ce test Linux que je voulais faire depuis longtemps.

    Dell est confronté au problème du choix d’une éventuelle distribution. Construire une image grand public c’est un gros travail. Si derrière les ventes ne suivent pas c’est à fond perdu. Je n’ose imaginer le support technique Dell sur le sujet.

    Comme la communauté Linux veut tellement du Dell, pourquoi la communauté ne créerait pas l’image d’installation pour Dell? Elle pourrait ainsi aussi s’occuper du support technique.
    Si elle réussit à tomber d’accord!

    Rémi

    Commentaire de rthomas | March 14, 2007 à 4:53 pm

  2. Très très bon papier, Olivier, bravo ! J’ai utilisé Ubuntu pour ma part lors de sa première version (4.10), alors que j’avais décidé de ne pas accepter le CLUF de XP SP2 (non merci, pas de DRM chez moi).

    Depuis, la distribution a fait de gros progrès, il faut dire qu’une nouvelle version sort tous les 6 mois ! Les changements d’une version à l’autre ne sont pas toujours très importants, mais ils vont dans le bon sens.

    J’ai sensiblement la même perception que toi des limites de Linux, en particulier sur la multiplication des distros. Toutefois, Ubuntu fait preuve d’un “momentum” impressionnant et semble rallier bien des suffrages en se transformant de facto en distro incontournable (en plus d’être gratuite). Ca en fait un excellent candidat pour Dell, par exemple. J’ajouterai que les difficultés que tu as pu rencontrer sont liées au fait que tu n’a pas eu un constructeur qui faisait l’intégration à ta place des différents drivers, ce qui reporte sur chaque utilisateur ce fardeau.

    C’est bien pour ça que l’action “Détaxe” est importante, mais je sais là que nos avis divergent… :-)

    –Tristan (utilisateur principalement de Mac et accessoirement de Xubuntu sur Linutop)

    Commentaire de Tristan | March 14, 2007 à 4:59 pm

  3. Ceci n’a pas empêché de voir Ubuntu adopté par l’Assemblée Nationale … …il ne sera jamais difficile pour un député de trouver un “geek” pour le dépanner dans sa circonscription..

    Et de consulter les informations confidentielles y résidant.

    Commentaire de kris66 | March 14, 2007 à 7:00 pm

  4. Kris, les informaticiens sont tous les jours confrontés à des informations confidentielles: dans la défense, dans le renseignement, dans la RH des entreprises, etc. Et à vrai dire, les députés manipulent moins d’informations confidentielles qu’il n’y parait puisque leur action est très publique. Bien sur, leurs relations avec des groupes de pression doivent rester un tant soi peu confidentielles.

    Tristan, oui, j’avais remarqué cette montée en puissance d’Ubuntu depuis quelques mois. Une bête comparaison des distros Linux avec Google Trends montre cette évolution de manière éclatante. Ubuntu est une rupture intéressante pour au moins trois raisons: c’est un projet résolument tourné vers le confort des utilisateurs, et ce n’est pas une initiative commerciale comme peut l’être un RedHat, un Novell Suse ou un Mandriva, et en même temps, elle est bien financée grâce à un riche donateur. Couplé à sa montée en puissance, cela peut créer un nouveau rapport de force et générer un standard de facto. Chose qu’une distro commerciale classique ne serait pas en mesure de réussir. Mais il y a encore du pain sur la planche. Il faut une rupture “philosophique” pour se mettre résolument du côté de l’utilisateur. Aucune action courante, y compris l’installation d’un matériel (en particulier, qui n’est pas “dans la machine” et ne pourrait donc pas être pris en charge par la préinstallation d’Ubuntu par un constructeur) ne devrait requérir l’usage du mode commande à la “sudo gedit /etc/X11/xorg.conf ou sudo apt-get machinbidule etc”.

    Rémi, la “communauté” n’a pas d’existence juridique ou contractuelle pour un constructeur. Ce n’est pas une entité “solide”. La boite de Mark Shuttelworth peut éventuellement jouer ce rôle, appuyée par la “communauté”.

    Commentaire de Olivier Ezratty | March 15, 2007 à 1:26 am

  5. Olivier, je vote pour toi prochain ministre des nouvelles technologies. Ce papier dans ta position, il fallait le faire (j’applaudis l’honnêteté intellectuelle).

    Juste un point :
    “Wine, la couche de compatibilité Windows, que j’ai pas eu le courage de tester car, une fois encore, ce n’est pas ”
    C’est quoi la suite ?

    Commentaire de Yannick Lejeune | March 15, 2007 à 3:08 pm

  6. Oui, il y a effectivement un trou.

    Je voulais écrire: ce n’est pas bien facile à configurer. Et la portée est limitée: relativement peu d’applications ont été testées avec Wine et la liste disponible ne contenait pas les applications qui m’intéressaient.

    Commentaire de Olivier Ezratty | March 15, 2007 à 8:05 pm

  7. Superbe compte-rendu, bien détaillé et bien explicatif. Sans doute le genre de rapport que je n’ai jamais eu le temps/courage d’écrire après avoir installé Kubuntu à côté de mon XP pro. Bravo et merci.

    Commentaire de jlancon | March 15, 2007 à 9:37 pm

  8. Essaye de continuer encore un peu, on découvre les avantages ergonomiques de Linux après les inconvénients, car ceux-ci sautent aux yeux. Par exemple les bureaux virtuels, ou le surligner/coller (ça choque que ça ne marche plus lorsque tu retourne sur un windows). Ou essaye plus de logiciels, on ne tombe pas du premier coup sur celui avec lequel on tombera amoureux ;)

    Sinon très bon billet.

    Mais Ubuntu ne peut pas tout résoudre, car la plupart du temps c’est les logiciels sous-jacents qui ne sont pas parfaits. Par exemple les problèmes de configuration de xorg.conf devrait être résolu par la suppression de ce fichier et un réglage auto dans xorg7.3: cf http://blog-libre.fr/?2007/02/13/56-bientot-debarasse-du-si-deteste-xorgconf

    Commentaire de OAO | March 15, 2007 à 10:07 pm

  9. Les seuls points noirs soulevés par l’auteur sont du à la non-ouverture des standarts matériels et logiciels… provoqué par Microsoft principalement, et à l’attente d’un environnement qui serait le plus proche de Windows. Il faut arrêter de prendre windows comme une sacro-sainte référence, et revoir un peu les impliquations sous jacentes au modèle que l’on utilise (licence, idéologie…).

    Quand à la remarque sur OpenOffice.org, je me demande s’il ne s’agit pas là d’un gros Troll des cavernes bien poilu:

    “La suite OpenOffice 2.x, qui me ramène en gros en 1997 et ne sait pas encore lire les fichiers d’Office 2007 (ce qui ne saurait tarder puisque ceux-ci utilisent un format XML qui est documenté, et en voie de devenir un standard aussi bien que l’est maintenant celui d’OpenOffice).”

    Pensez-vous réellement que les deux logiciels sont comparables en terme de fonctionalités/ergonomie/formats ?

    Quand à OpenXML, il n’est pas encore normalisé, et j’espère bien qu’il ne le sera pas… C’et vrai que plus de 7000 pages de documentation, ils ont pas chômé chez Microsoft… (pour fermer leur prétendu format ouvert).

    Enfin une autre remarque, tout le long de cet article j’ai l’impression en vous lisant, que c’est au développeurs du monde libre de s’adapter, et de gérer les formats du monde propriétaire (avec toutes les complications que ça suppose: ces formats sont fait pour être complètement opaques, même avec une documentation). D’un avis personnel, les dévelopeurs du monde libre ont déjà perdu trop de temps à ce petit jeu. Puis quel intérêt d’aller se prendre la tête sur du wmv ou autre ? Aucun…

    Donc si Microsoft fait un format drmisé à mort, il assume, et ses utilisateurs aussi, mais n’en faisont pas reproche au monde libre.

    Excusez moi si ce commentaire parrait un tant soit peu agressif, mais certaines lignes de cet article mais vraiment fait rire (noir).

    Bonsoir,
    Virtuo

    Commentaire de virtuo | March 15, 2007 à 10:32 pm

  10. bonjour

    bravo pour cet article, je suis particulièrement intéressé, étant ro mac et depuis peu pro Linux. Windows j’avoue l’avoir au travail dans le cadre d’une application dédiée professionnelle. Quand vous parlez de :

    L’ergonomie d’ensemble, notamment pour la gestion et la manipulation de fichiers tout comme la gestion des raccourcis sur le bureau.

    je crois que vous auriez du utiliser du MAcOSX, je n’ai encore vu aucun OS lui arrivant à la cheville en terme de productivité…
    je vous prête même une machine si vous voulez ;-)

    Cordialement

    G

    Commentaire de Gilgam | March 15, 2007 à 10:35 pm

  11. Il ne faut pas oublier qu’un “sudo vi /etc/modules.conf” est facilement remplacable par un “applications”->”accessoires”->”editeur de texte” puis “fichier”->”ouvrir->selectionner /etc/modules.conf, faire la modif et enregistrer.

    Mais dans un tutorial, je trouve qu’il est plus pratique pour un debutant de copier coller une commande que de (mal) suivre un (long) chemin dans des menus et des ecrans de configuration.
    De toute facon, il ne comprendra pas plus ce qu’il fait graphiquement qu’en lancant une commande.

    C’est effectivement plus pratique pour un debutant mais aussi pour celui qui aide car l’erreur eventuelle de manipulation est detectable immediatement. Le resultat est detectable immediatement aussi.
    Un probleme quelconque pendant les manipulations ? un copier-coller de toute la session permet de voir tout ce qu’il s’est passe.
    Bref, il ne faut pas denigrer une ligne de commande surtout lorsqu’elle est aussi pratique et bien faite que celle de linux.

    Je pense franchement que les GUI sont necessaires et utiles mais une ligne de commande ne doit pas etre mal consideree. Et je ne vois que les utilisateurs convaincus de windows denigrer cet outil… peut etre que celle de windows les a degoute ?

    Concernant votre article, il est assez juste. A part les petites remarques trollesques sur la cosmetique de certaines applis (OOo entre autres) sans meme parler des fonctionnalites (car c’est ce qui importe plus au final que des boutons bleus au lieu des gris - et combien de clients de MS utilisent toujours O97 ?).
    Sinon je remarque que la plupart des “problemes” que vous soulevez concernent soit des drivers proprios, soit des formats/protocoles proprio soit un probleme “d’acclimatation” au modele de developpement et de fonctionnement du Libre.
    Pour les 2 premiers points, il est difficile pour le LIbre de faire quoique ce soit a part passer outre les lois de certains pays contre le reverse engeering et/ou pousser encore et toujours les constructeurs/editeurs a prendre en compte linux. Pour le dernier, un peu d’habitude et de temps reglera l’affaire ;)

    Merci pour votre temoignage.

    Imbolcus

    Commentaire de imbolcus | March 15, 2007 à 11:16 pm

  12. Je suis d’accord avec Virtuo : dans une large mesure, les inconvénients que tu présentes d’Ubuntu ne sont pas intrinsèques, mais des conséquences de la position dominante de Microsoft.
    Dans un monde avec 95% d’Ubuntu et 0.7% de Windows, on dirait aussi que c’est la galère pour installer des driver sous Windows, qu’il faut recompiler son noyau etc.
    Allon-y point par point.
    «
    Il faut maitriser le mode commande dès que l’on veut un peu modifier la configuration de la machine.
    »
    C’est faux. C’est juste un air que se donnent les geeks sur les forums. C’est aussi dû au fait qu’il est plus simple de dire «tapes telle commande» que «cliques sur tels boutons». Dans mon expérience (4 ans), je sais tout faire sans ligne de commandes.
    Ce tutoriel d’installation qui devrait suffire pour toute «personne lambda» contient zéro lignes de commandes :
    http://wiki.cerkinfo.be/howto:ubuntu_edgy

    «
    L’installation de pilotes de périphériques est délicate dès lors que le matériel n’est pas automatiquement reconnu.
    »
    Largement dû à la position dominante de Windows : les constructeurs ne font aucun effort pour fournir des drivers. Cela dit, la communauté à une dynamique qui se prête mal à accepter les efforts si ils existaient.
    Il y a un modèle d’interaction à inventer entre la communauté et les constructeurs. Pour moi, il ne fait aucun doute que les consructeurs trouveraient un bon modèle en deux semaines si Ubuntu avait 20% des parts de marché.

    «
    J’ai eu toutes les peines du monde pour configurer la carte son sur mon laptop.
    »
    Moi pas. J’avais ça il y a 3 ans. Fais peut-être une installation propre directement sur le PC destiné à recevoir l’OS. C’est ce que 98% des utilisateurs de Windows fait.
    Et encore une fois, le problème ne se pose pas sur un PC pré-installé ou certifié.

    «
    La configuration réseau était difficile et défaillante au début.
    »
    Ici, tu poses une très bonne question :
    «Est-ce un problème de matériel ou de logiciel, allez savoir!»
    Si c’est purement logiciel, alors ok. Mais dans la majorité des cas, ce genre de problèmes vient encore du manque de considération des constructeurs. Probablement encore un effet de la position dominante de Windows.

    «
    Pas facile de configurer le port SMTP pour le client de messagerie Evolution. Il faut chercher dans un forum pour découvrir qu’il faut ajouter ce port après l’adresse du serveur SMTP.
    »
    Je ne dément ni confirme : je n’utilise pas Évolution. En tout cas, il s’agirait d’un problème réel, non lié à la position dominante de MS.

    «
    La configuration Samba pour accéder en réseau au laptop sous Ubuntu à partir de Windows et réciproquement.
    »
    Ici on est à fond dans le problème de la position dominante de Windows. C’est bien Windows qui a un problème pour se faire voir de Linux, et non le contraire. C’est donc à classer dans les inconvénients de Windows, et dans les avantages de Linux. Windows se cache derrière des protocoles fermés, et ensuite on engeule Linux parce qu’il ne voit pas Windows ?!?

    «
    La gravure de CD/DVD, un autre casse-tête que j’ai résolu à la longue, et sans savoir vraiment comment.
    »
    J’utilise k3b (KDE); en trois clics je grave. Sous Gnome, il y a aussi un truc simplissime pour graver. Là je ne vois pas de quels problèmes tu peux parler.
    Attention que Ubuntu est _différent_ de Windows. Donc en utilisant des réflèxes Windowzien sous Ubuntu, on peut tourner en rond pendant longtemps. Tout comme quelqu’un d’habitué à Ubuntu aurait dû mal à faire des trucs triviaux sous Windows (comme utiliser le multi-bureau ;))

    À propos de Wine :
    «
    Et la portée est limitée: relativement peu d’applications ont été testées avec Wine et la liste disponible ne contenait pas les applications qui m’intéressaient.
    »
    C’est le problème de la fermeture de Windows. La mauvaise qualité de Wine est bien un inconvénient de Windows, et non de Linux. C’est Windows qui a une structure qui rends difficile le portage des applications vers Linux.

    «
    Je dois cependant reconnaître qu’une partie de mes galères sont liées à une manipulation un peu hors norme que j’ai réalisée:
    »
    C’est le moindre que l’on puisse dire. Franchement je crois qu’à cause de ça ton étude ne vaut rien ou pas grand chose. En tout cas, la partie “configuration” et “compatibilité matérielle” de ton étude est entièrement à jeter à la poubelle. Et le peu qui peut subsister est en général de la faute de la position dominante de Microsoft.
    La partie “utilisabilité” est par contre intéressante.

    «
    Cela commence avec une légère complexité de la gestion de l’installation des logiciels Linux dès lors que l’on sort de la liste des logiciels proposés par Synaptic.
    »
    Question presque tout à fait sérieuse : est-ce que ça existe, quelque chose qui n’est pas dans la liste ? Oui ? Quelque chose dont le grand public a besoin ? Et dont le besoin n’est pas purement induit par la position dominante de Microsoft ?
    Ah bon. Moi je n’en ai aucun.

    «
    Il est bien dommage que les processus d’installation de logiciels soient l’un des facteurs de divergence entre les distributions Linux car c’est une fonction critique pour le grand public.
    »
    Je ne crois pas parce que si le grand public est aussi mauvais en informatique qu’on le dit, ils ne verra pas la différence entre une distribution et une autre. Il prendra l’ordinateur avec sa Linux pré-installée et verra dans le livre fourni avec où trouver la liste des applications à instaler (synaptic pour les débian ou confdrake pour les mandriva ou autre) et s’en contentera. Le grand public n’est pas censé être conscient que son voisin a un menu d’une couleur différente. Puis ce grand public s’est bien habitué à différentier du lait entier, écrémé ou demi-écrémé. La légende selon laquelle c’est critique pour le grand public de devoir s’habituer à des différences d’un système à l’autre, cette légende est complètement dûe à la position monopolistique de Microsoft dans l’informatique. Dans tous les autres domaines commerciaux, les gens connaissent des dizaines de marques différentes pour le même produit. La position de l’informatique complètement uniformisée par MS est tout à fait exceptionelle.

    «
    La trop grande fragmentation de Linux avec ses versions qui ont toujours quelques chose d’incompatible entre elles, que ce soit les drivers [...]
    »
    Ça, je crois que c’est un problème pour les constructeurs qui auront plus de mal à faire des drivers pour Linux que pour Windows. Je ne crois pas que ça pénalise l’adoption de Linux dans le grand public. La personne qui ne veut pas se poser de questions, s’installe aujourd’hui une Ubuntu-Edgy Eft et puis ne change plus de système jusqu’au moment d’acheter un nouvel ordinateur. Qu’entre les deux il ait sauté une ou dix versions, ça n’est pas un problème.
    Quand tu donnes des arguments pareil, je me demande si tu ne compares pas implicitement l’incomparable, c’est à dire une Windows pré-installée à laquelle on ne touche jamai jusqu’à en réacheter une autre avec le prochain ordinateur avec une Ubuntu à installer soi-même avec la volonté de rester toujours à la pointe du progrès. On n’a qu’à s’en foutre de suivre l’évolution au jour le jour, et tout va bien.

    «
    De la même manière, il y a aussi trop d’applications redondantes
    »
    Ça, c’est un bien parce qu’on peut avoir plusieurs approches du même problème. C’est enrichissant.
    Par contre, pour la suite tu as raison, mais encore détourné par la position dominante de MS. Tu compares un logiciel payant avec des logiciels gratuits. Quand Ubuntu aura 20% des parts de marché, tu verras que ton application préférée existera sous Linux moyennant finances.
    Plus généralement, toute plainte de Linux Vs Windows sur le nombre d’applications *commerciales* disponibles est une conséquence de la position dominante, et non une comparaison intrinsèque.

    «
    Côté matériel, je n’ai pas pu connecter un appareil photo Canon en mode USB. J’obtiens un sybillin message d’erreur : “couldn’t claim the USB device”.
    »
    Possible. De ce côté là, Linux n’est pas toujours au point. C’est difficile de séparer quels sont le problèmes linuxiens purs et ceux qui sont générés par la fermeture des protocoles et le je m’en foutisme des constructeurs.
    Quoi qu’il en soit, dans un monde non dominé par MS, les appareils photos qui fonctionnent sous Linux seraient clairement indiqués, et le problème n’apparaîtrait pas.

    «
    Et le mode hibernation ne fonctionne pas.
    C’est semble-t-il lié à la difficulté pour Linux de mettre la “carte” nVidia en veille parce que ses spécifications ne sont pas ouvertes. Là encore, il y a une bidouille pour y arriver, mais je n’en suis pas venu à bout.
    »
    Tu le dis toi-même : position dominante de Microsoft. Que Nvidia fasse des drivers corrects, et on en reparlera. (parce qu’il y aura à reparler : le mode veille foire même avec du matériel bien supporté)

    «
    L’interface utilisateur (Gnome) rappelle un peu celle de Windows 95/98. Elle n’est pas bien évoluée même si on peut la personnaliser.
    »
    Là, je ne suis pas du tout d’accord. L’ergonomie de Gnome est nettement mieux pensée que celle de Windows (toutes versions confondues). Par contre au niveau des couleurs flashi, Gnome est effectivement “morne”, là où Windows XP est carrément kitch. KDE permet d’avoir un environnement aussi coloré que Windows XP; a titre personnel, je préfère la kitch de DKE/Windows au “sérieux” de Gnome. Mais c’est tout à fait une question de goûts et de couleurs. Au niveau de l’interface au sens ergonomique du terme, Gnome est largement supérieur à KDE et Windows. (je dis ça en tant qu’utilisateur de KDE)

    «
    J’ai aussi testé la bêta de Beryl, une interface qui a quelques points communs avec celle de Windows Vista, mais qui se contente d’améliorer la cosmétique avec force paramétrage (incroyable!)
    »
    Béryl étant sorti avant Windows Vista, je dirais plutôt que Windows Vista a quelque points communs avec Béryl, mais se contente d’en améliorer l’utilisabilité du système en ne donnant pas autant de possibilités pour perdre son temps à faire des effets alucinants.
    Ici, tu as vraiment prit Windows comme référence; c’est une déviance que tu as souvent. D’ailleurs Windows comme Linux, c’est Mac qui nous a tous humilié sur le coup !

    «
    La suite OpenOffice 2.x, qui me ramène en gros en 1997 et ne sait pas encore lire les fichiers d’Office 2007
    »
    Si je n’avais pas lu le reste de ton texte (qui est mesuré et précis), j’aurais simplement cru à un troll débile et velu. Je retourne le compliment : avec MS-Office 2007, je me croirait retourné à OOo d’il y a 1000 ans parce que MS-Office 2007 ne lit pas les sxw !
    Au niveau de la compatibilité des formats, c’est bien MS-Office qui est incompatible avec ses concurrents, et non le contraire.

    «
    L’absence du support de certains autres formats propriétaires comme le DVR-MS de Windows Media Center. Mais ce n’est pas la faute des développeurs du monde du libre, et plutôt celle de Microsoft qui n’a pas ouvert ce format (à ma connaissance, même pour la version sans DRM).
    »
    J’irais même plus loin : la possibilité qu’à Windows de gérer ces formats est un inconvénient de Windows parce qu’il tends à l’utilisateur le piège de l’enfermement. L’existence même de ces formats est une conséquence (et une cause) de la position dominante de Microsoft.

    «
    Enfin, l’attitude de certains contributeurs des communautés qui considèrent qu’il faut être en gros sysadmin pour “mériter” d’utiliser un PC (sous Linux) et que les habitudes (de simplicité) prises sous Windows sont mauvaises.
    »
    Tu as raison : certains sont très hautins. Mais parfois, c’est vrai que certaines habitudes prises sous Windows sont mauvaises. Comme le fait de télécharger un install.exe sur internet pour installer un programme par exemple, ou encore de ne pas naviger avec des onglets ou de ne pas utiliser de multi-bureau.
    D’autre part, Linux n’a pas l’ambition de faire comme Windows; il a l’ambition de faire mieux (hum), et donc différent. Il est tout à fait normal de devoir changer certaines habitudes.
    Donc quand quelqu’un vient sur un forum avec «Sous Windows, je clique sur ces trois boutons et ça fait ce que je veux; je ne trouve pas ces boutons, c’est que Linux n’est pas très ergonomique», il y a souvent des réactions épidermiques. Surtout que souvent la solution linuxienne est simplement de cliquer sur trois boutons différents…
    Donc effectivement pour maîtriser son Ubuntu en venant de Windows, il faut le mériter; il y a un réapprentissage à faire. Tout comme le jour où ma mère voudra retourner à Windows, elle aura du mal. Elle est complètement formatée Ubuntu.
    Mais typiquement, la manie qu’ont les linuxiens à faire croire que si tu ne sais pas taper de lignes de commandes t’as qu’à utiliser Windows est énervante. D’une part parce qu’elle est méprisante pour la personne qui veut faire l’effort de découvrir quelque chose de nouveau, ensuite parce qu’elle discrédite Linux en perdurant la réputation de “c’est pour ceux qui s’y connaissent” et enfin parce que cette pseudo-indispensabilité de la ligne de commande est un manque de respect pour le travail de toutes les personnes qui ont rendu possible toutes les manipulations ubuntiennes en mode graphique.

    pfff c’était long !

    Bonne soirée
    Laurent

    Commentaire de Laurent | March 16, 2007 à 12:11 am

  13. Pour ma part jamais eu de problème avec le dhcp. Mais chose étrange depuis la version edgy eft je ne passe plus par l’interface graphique de configuration réseau,en effet cette dernière ne scanne plus les réseaux wifi environants. Un simple sudo iwlist scan + sudo dhclient eth1 permet de récupérer le réseau puis une ip.

    Je suis un ancien utilisateur de windows et personnellement je trouve plus simple l’utilisation d’ubuntu mais à une condition que tous soit installé évidemment avant, comme c’est le cas pour windows. C’est uniquement dans ce cas là que l’on peut vraiment comparer ces deux OS.

    Finallement, pour concevoir, développer des projets Web, Linux semble être un meilleur choix dans la mesure où la plupart des serveurs tournent également sous cet OS. Les ajustements lors des uploads sont plus rares a affectuer.

    Commentaire de Samuel MARTIN | March 16, 2007 à 12:19 am

  14. Quelques réactions à certains des commentaires ci-dessus:

    - Ne mettez pas tout sur le dos de Microsoft et des formats propriétaires! A part quelques exceptions, les formats et protocoles de MS sont maintenant documentés et exploitables dans le monde du libre. C’est le cas des formats d’Office 2007 par exemple. Se plaindre de la complexité des formats d’Office 2007 donne un peu trop dans la théorie du complot. N’est-ce pas un peu plus simplement parce que MS Office a un périmètre fonctionnel plus large que celui d’Open Office? Et peut-être aussi parce que MS fait des choses compliquées. C’est plus un travers d’ingéniering (il y en a chez MS comme ailleurs) qu’un complot contre les logiciels libres. Brandir le spectre de la “trollisation” d’un écrit n’élève pas le débat. En tout cas, ce n’est pas comme cela que je conçois.

    - La fragmentation de Linux, notamment pour l’installation d’applications, n’est pas le fait de Microsoft! C’est un problème d’organisation des communautés de développement libres. Elles ont leurs travers, et des travers humains similaires à ceux que l’on trouve dans les entreprises: conflits d’égos, besoin de différentiation des distro commerciales, trop grand nombre de projets qui réinventent la roue au lieu d’améliorer ce qui existe, etc. Cela concerne la gouvernance des développements distribués du libre.

    - La communauté Linux doit savoir faire son autocritique si elle souhaite progresser. La discipline nécessaire pour toucher un marché de volume est très contraignante, j’en ai évoqué les contours à plusieurs reprises. Ne pas les accepter , ne pas les traiter suffisamment proactivement fera perdurer un handicap certain à Linux. Le lobbying politique ou juridique (”détaxe Windows” & co) ne changera pas la donne et la réalité du marché. N’oubliez pas que Microsoft sait aussi faire ses méa-culpas et s’améliorer. S’il y a eu des ratés dans le dev et le lancement de Vista, ils les corrigeront!

    - Dans ce paysage, Ubuntu est un véritable “game changer” car ils ont résolument pris le parti de l’utilisateur à contre courant de l’approche orientée “geeks” qui prédomine encore trop dans le monde du libre ET dans un modèle non commercial au premier abord. Les évolutions de la version d’Ubuntu qui sortira en avril vont d’ailleurs dans le bon sens et confirment cette démarche.

    - Cette réaction sur le mode commande ou sur le fait que maitriser Ubuntu “cela se mérite” est une attitude risquée. Un utilisateur, cela se mérite! Ce n’est pas l’utilisateur qui doit mériter le produit. Même s’il s’agit d’un logiciel gratuit. Il ne faut pas inverser la proposition quand on ambitionne de toucher des millions d’utilisateurs!

    - Beryl et Vista: ce dernier est en bêta depuis des lustres (2003)! Donc c’est exagéré de sous-entendre que MS a pompé dans Beryl. Et franchement, le paramétrage de Beryl est tellement “ouvert” qu’il ressemble à un cockpit de 747! C’est vraiment “too much”! MS ne copie d’ailleurs pas assez quant il le devrait: par exemple, il n’y a toujours pas d’accélérateur clavier sous Vista pour créer un répertoire. Alors que cela existe sur MacOS depuis longtemps (Pomme-N) et sous Gnome (Shift-Ctrl-N).

    - Certaines galères dans mon expérience sont effectivement liées à l’installation à la mano sur mon laptop, je l’ai bien reconnu. Mais d’autres sont indépendantes (notamment sur les appareils photo).

    Commentaire de Olivier Ezratty | March 16, 2007 à 1:51 am

  15. Bon article, merci beaucoup de votre curiosité.

    Mais je trouve qu’il manque dans les points positifs de linux la mise à jour de tous les composant d’ubuntu par un système simple et quasi-automatique (les mises à jour de sécurité peuvent même être faite de manière totalement invisible) dont on peut régler la fréquence.
    Non seulement ce qui est « installable » se trouve dans synaptic mais des mises à jour régulières s’appliqueront à l’ensemble de ce qui est installé.
    De même une mise à jour vers la version supérieur fera passer tout le système ainsi que tous les programmes installés vers leur version la plus récente.
    C’est sans équivalent sous windows. Et pour avoir installé des ubuntu à des néophites complet en informatique je peux assurer que c’est un énorme atout.

    Dans la prochaine version d’ubuntu (sortie en avril) l’écriture sur les partitions ntfs sera installée d’office (la manipulation sous edgy est simplissime : tout est dans synaptic).
    Quoi qu’il en soit, là encore ce n’est pas un problème de linux mais de windows qui refuse de donner ses spécifications et qui,en plus, bien que possédant celles des systèmes de fichier de linux ne sait pas les lire par défaut (alors ils sont reconnus comme étant bien plus stables).
    Avez-vous avez essayé de lire votre disque dur externe en ext3 depuis windows ? C’est pire qu’archaïque. Diriez-vous là aussi que c’est la faute de linux ? Un peu de cohérence, svp.

    Cet article montre bien une chose : la méconnaissance des problèmes lié à la non divulgation des source et l’utilisation de monopoles, et les graves fautes de raisonnement que cela entraîne.

    Linux a encore bien des progrès à faire mais il est triste de voir que sa principale difficulté réside dans la fermeture opposé par la concurrence à l’ouverture prônée par la communauté.

    Pour finir, à l’assemblée nationale, il y a une société qui va être « embauchée » pour la maintenance, comme windows l’est pour les postes qu’ils installent. Société qui sera donc soumise à des règles de confidentialité : ce ne sont pas les membre forum unbunt-fr qui vont le faire… Ne confondons pas une utilisation dans un cadre privé et dans un cadre professionnel (je ne compte pas le nombre de forum windows avec des informations contradictoires qui permettent de faire sauter la base de registre en un clignement de paupières… )

    Bien à vous,
    Olivier (non informaticien, non ingénieur, n’a jamais écris une seule ligne de code de sa vie… simple utilisateur)

    Commentaire de Olivier | March 16, 2007 à 2:05 am

  16. Bonjour,
    pour gérer vos photos sous ubuntu je vous conseille d’essayer digikam, qui est un logiciel assez complet pour gérer votre collection et qui permet en plus de faire quelques retouches.

    Concernant la multiplicité de logiciels libres qui font la même chose, il est vrai que dans certains cas ils sont vraiment trop nombreux. Mais l’un des avantages d’un code source ouvert c’est éventuellement de pouvoir s’en resservir (ou s’en inspirer) pour faire un autre logiciel. De plus cela crée une saine émulation entre les projets (KDE-Gnome par exemple).

    Commentaire de Agrou | March 16, 2007 à 2:50 am

  17. «
    - Ne mettez pas tout sur le dos de Microsoft et des formats propriétaires! A part quelques exceptions, les formats et protocoles de MS sont maintenant documentés et exploitables dans le monde du libre.
    »

    Facile ! Ils “documentent” depuis 6 mois, et la communauté devait réagir immédiatement !?! Il n’en reste pas moins que la majorité des documents MS-Office que je reçois (heu non pas la majorité, la totalité) sont des bons vieux doc et ppt; totalement fermés.
    Les formats libres linuxiens sont documentés depuis toujours, et MS n’a jamais bougé le petit doigt pour les implémenter. Il est à l’heure actuelle plus simple d’utiliser un format MS (documenté ou non) sous Linux qu’un format libre sous Windows. Au niveau des formats, l’incompatibilité est bien un problème qui se situe dans la très grosse majorité du côté de MS.
    Et puis là encore, c’est comparer l’incomparable et oublier de tenir compte de la position dominante. En effet, quand Ubuntu aura 50% des parts de marché, il y aura des traitements de texte à 600 euros (c’est la différence de prix entre MS- et Open-Office) qui tourneront sur Ubuntu et qui sauront lire les deux formats.

    «
    C’est le cas des formats d’Office 2007 par exemple. Se plaindre de la complexité des formats d’Office 2007 donne un peu trop dans la théorie du complot. N’est-ce pas un peu plus simplement parce que MS Office a un périmètre fonctionnel plus large que celui d’Open Office? Et peut-être aussi parce que MS fait des choses compliquées. C’est plus un travers d’ingéniering (il y en a chez MS comme ailleurs) qu’un complot contre les logiciels libres. Brandir le spectre de la “trollisation” d’un écrit n’élève pas le débat. En tout cas, ce n’est pas comme cela que je conçois.
    »

    Ça, on verra à l’usage … en attendant, c’est un fait objectif que dans leur format OpenXML, Microsoft réinvente souvent la roue, il y a beaucoup de choses qu’ils redéfinissent sans rien ajouter. Dans d’autres, ils redéfinissent pour améliorer, c’est vrai. En tout état de causes, Novell travaille déjà à une implémentation dans OOo de ce format. Je crois que dans peu de temps il sera plus facile de lire un OpenXML dans OOo qu’un ODF dans MS-Office (parce que dans ce deuxième cas, il faut installer un greffon supplémentaire).
    De plus je rappelle que MS a déjà fait le coup de l’ouverture avec RTF. Format documenté et interopérable. D’une version de Word à l’autre, ils ont unilatéralement modifié le format (de façon non documentée) de façon à forcer l’incompatibilité.
    Excuses donc si on crie au troll, mais Microsoft s’est dans le passé (et dans le présent encore) trop souvent comporté comme un ennemi (plutôt que comme un concurrent); alors maintenant on a du mal à faire confiance. Et la question des formats est une des plus épineuses.

    «
    - La fragmentation de Linux, notamment pour l’installation d’applications, n’est pas le fait de Microsoft!
    »

    Ok. Un point. Mais ce n’est pas un inconvénient non plus. Ça a des tonnes d’avantages. D’autre part, est-ce que tu connais des logiciels libres sous Windows qui font mieux ? Je crains qu’à ce niveau tu compares ce que tu peux avoir en payant sous Windows avec ce que tu peux avoir gratos sous Ubuntu. Quand Ubuntu aura 50% des parts de marché, tu auras tes logiciels propriétaires payants qui feront tout aussi bien que ce dont tu as l’habitude.

    «
    - La communauté Linux doit savoir faire son autocritique si elle souhaite progresser. La discipline nécessaire pour toucher un marché de volume est très contraignante, j’en ai évoqué les contours à plusieurs reprises. Ne pas les accepter , ne pas les traiter suffisamment proactivement fera perdurer un handicap certain à Linux. Le lobbying politique ou juridique (”détaxe Windows” & co) ne changera pas la donne et la réalité du marché. N’oubliez pas que Microsoft sait aussi faire ses méa-culpas et s’améliorer. S’il y a eu des ratés dans le dev et le lancement de Vista, ils les corrigeront!
    »

    Cela est vrai, mais et alors ? La communauté a maintenant produit un environnement qui est intrinsèquement plus simple à installer et utiliser que Windows. Les problèmes que tu pointes au niveau des applications ne sont pas tellement du ressort des contributeurs libres : eux ils développent pour s’amuser et mettent leurs travaux à disposition des autres; ils n’ont pas à faire des choses qui ne leur plaît pas dans l’unique but de faire plaisir au windozien qui, sous Windows, payant 50 euros un logiciel et s’imagine qu’il serait normal d’avoir exactement le même à zéro euros juste parce que son environement s’appelle Ubuntu plutôt que Windows.
    C’est aux commerciaux de faire la différence, et de proposer des solutions linux payantes aussi bien que ce qu’ils font déjà pour Windows.
    Ce qui est de la faute de la dynamique libre (et c’est dommage que tu n’en parles pas parce que c’est là que ton argument devient vrai) c’est que la variabilité des spécifications du kernel rend le travail des commerciaux plus difficile; en particulier la création de driver. Mais là encore, je suis sûr que le jour où 30% de la clientèle d’un constructeur de matériel dépendra de sa compatibilité Linux, ils trouveront une solution; ne fut-ce que ne supporter que deux ou trois distributions. Par exemple, ils se focaliseraient maintenant sur Feisty Fawn et ne publieraient des drivers que pour lui durant les 3 prochaines années.

    «
    - Cette réaction sur le mode commande ou sur le fait que maitriser Ubuntu “cela se mérite” est une attitude risquée. Un utilisateur, cela se mérite! Ce n’est pas l’utilisateur qui doit mériter le produit. Même s’il s’agit d’un logiciel gratuit. Il ne faut pas inverser la proposition quand on ambitionne de toucher des millions d’utilisateurs!
    »

    Mouwais … le problème est qu’on a lobotomisé l’utilisateur. Or pour bien utiliser un ordinateur (c’est vrai sous Windows aussi) il faut un peu s’y conaître. Les gens qui ont des virus sous Windows dans mes connaissances sont toujours des gens qui n’y connaissent rien. Faire croire aux gens qu’on peut utiliser un ordinateur sans rien apprendre, c’est criminel; c’est ce qui sous Windows provoque les virus, les pannes, les dépannages à 50 euros de l’heure, …
    Disons que sous Windows, on veut faire simple tandis que sous Linux on veut faire bien. Là où le simple et le bien se rejoignent, c’est le pied c’est Ubuntu; ailleurs, ben y’a un choix à faire entre avoir des virus sous Windows par manque de connaissances ou bien se renseigner un peu et devenir quelqu’un «qui s’y connaît». Je ne crois pas une seule seconde que les gens sont majoritairement intrinsèquement trop bête pour se mettre dans la seconde catégorie.
    Sur le point particulier de la ligne de commande, je rejoins ce qui a été dit plus haut : pour quelqu’un qui aide sur un forum, c’est nettement plus simple et plus efficace. Si tout le monde utilisait Ubuntu, on dirait que les windoziens sont hautains parce qu’ils veulent tout faire en mode graphique et qu’ils rechinent à la ligne de commande. Quoi qu’il en soit, sous Ubuntu le seul truc que je ne sais pas faire sans ligne de commande, c’est un montage ssh.
    En fait, le point précis sur lequel tu as raison est celui-ci : à force de se dire que les lignes de commandes sont plus pratiques que leur équivalents graphiques pour décrire des opérations à faire, on fait perdurer le mythe que la ligne de commande est obligatoire. Et ce mythe est très dommageable à Ubuntu.
    C’est pourquoi j’ai tapé le tutoriel http://wiki.cerkinfo.be/howto:ubuntu_edgy qui décrit tout ce qu’on a besoin de savoir sans une seule ligne de commande (et sans rien faire de technique). C’est dommage que la communauté libre n’en produit pas plus, des tutos comme ça.

    «
    - Beryl et Vista: ce dernier est en bêta depuis des lustres (2003)!
    »
    Presque en même temps que les premières beta de 3D linuxiennes en fait (peut-être 2004)… enfin sur ce point précis, la question n’est pas de savoir qui de béryl ou Vista a copié l’autre, mais au mieux de savoir qui a été le moins humilié par Mac !

    «
    - Certaines galères dans mon expérience sont effectivement liées à l’installation à la mano sur mon laptop, je l’ai bien reconnu.
    »

    Tu as oublié de préciser quelle était la porté de cette reconnaissance : c’est juste que la moitié de tes critiques sont à simplement à mettre à la poubelle sans autre formes de procès … en en particulier TOUTES les critiques sur la reconnaissance de matériel. Je me devais de le signaler ;)
    Note qu’après avoir fait une installation propre, il y aurait sûrement encore des trucs à dire…

    «
    Mais d’autres sont indépendantes (notamment sur les appareils photo).
    »
    exact. Mais il en reste peu. Pour l’appareil photo, il faut voir si c’est la faute à un protocole fermé du type particulier d’appareil ou à une réelle déficience d’Ubuntu (les deux sont possibles). Mais là encore, sur un réel marché de concurrence, il y aurait un logo Ubuntu sur l’emballage de l’appareil qui ferait en sorte que l’on serait facilement capable d’éviter les appareils non supportés.

    En résumé, je crois que sans aucune mauvaise foi, on trouve de la position dominante de MS (volontaire ou non de la part de Microsoft) derrière la grande majorité des problèmes que l’on rencontre sous Ubuntu; en particulier quasiment tous les problèmes de matériel et disponibilité de logiciels sont dûs à la position dominante de MS (ça fait quasiment toutes tes critiques, sauf celles sur la mentalité des libristes et peut-être l’appareil photo).
    Ensuite, il faut un tout petit peu de mauvaise foi pour mettre les autres problèmes sur le dos de MS; mais quand on veut, on y arrive ! (par exemple quand je dis que la ligne de commande, c’est bon pour tout le monde et que c’est Mirosoft qui a lobotomisé les gens dans le but de les rendre incapable d’utiliser cet outil fabuleux qu’est la ligne de commande)

    J’ai encore une remarque très générale : et la liberté ?
    http://ploum.frimouvy.org/?62-de-la-liberte-la-face-meconnue-de-l-informatique
    Tu limites ton étude à un aspect purement technique et ergonomique. Mais est-ce que ça vaut les privations de liberté qu’on doit accepter dans le cluf ?
    Est-ce que ça vaut le fait que mon gouvernement stoque mon casier judiciaire sur un ordinateur sous Windows et est incapable de me garantir que Microsoft n’y a pas accès (réel : j’ai posé la question) ? Est-ce que ça vaut que le CDH (un parti politique belge) réponde à mes questions en format doc, ce qui rend le débat démocratique belge réservé aux clients de Microsoft ? Même question pour la télévision publique belge qui diffuse en wmv ? Et ma section locale de Croix-Rouge qui exige que j’écrive mes articles pour leur journal en Word ? Et quand on achète un ordinateur, on nous impose Windows; tu ne te sens pas humilié que par défaut le vendeur te prenne pour un crétin incapable d’utiliser autre chose que Windows ? Et les DRM qui te prennent pour un voleur par défaut ? (sur les DRM, Microsoft n’est pas *tout* le problème, mais MS est quand même une des grosses pièces du problème)
    Même si du point de vue purement “utilisateur final”, Windows était plus simple, est-ce qu’il ne fait pas aussi tenir compte du fait que la position dominante de Microsoft est un problème de société, et un problème de démocratie ?

    Bonne journée
    Laurent

    Commentaire de Laurent | March 16, 2007 à 8:52 am

  18. Il faut avouer que depuis le dernier unix-like signé Microsoft (Xenix 2.2.1)(en floppy 5,25″)(et ses étiquettes bleues)(qui a osé dire “j’étaits pas né !”), l’on peut constater quelques améliorations. Ah… si l’aventure de la “couche Posix” de NT avait pu continuer sérieusement :-)))))))

    Ceci dit, je pense (sans le moindre esprit trolleur) que certains problèmes d’installation que vous avez rencontré auraient pu être évités avec un code un peu plus “debian” qu’Ubuntu. Et plus précisément avec Mepis, un presque-jumeau du Linux Sud-Africain, nettement moins bien supporté mais un poil plus orthodoxe.

    Je vais tenter de monter une config semblable sur une gamelle “external Sata”… j’avoue jusqu’à présent avoir évité de tenter le diable, en installant mes linux soit sur un disque indépendant, soit au sein d’une VM. Prudence est mère de la porcelaine

    Marc

    Commentaire de marc | March 16, 2007 à 9:42 am

  19. Laurent a fait un très bon commentaire, et je rejoins sa pensée. Merci Laurent :)

    Par rapport à la réponse de l’auteur:
    “- Ne mettez pas tout sur le dos de Microsoft et des formats propriétaires! A part quelques exceptions, les formats et protocoles de MS sont maintenant documentés et exploitables dans le monde du libre. C’est le cas des formats d’Office 2007 par exemple. Se plaindre de la complexité des formats d’Office 2007 donne un peu trop dans la théorie du complot. N’est-ce pas un peu plus simplement parce que MS Office a un périmètre fonctionnel plus large que celui d’Open Office? Et peut-être aussi parce que MS fait des choses compliquées. C’est plus un travers d’ingéniering (il y en a chez MS comme ailleurs) qu’un complot contre les logiciels libres. Brandir le spectre de la “trollisation” d’un écrit n’élève pas le débat. En tout cas, ce n’est pas comme cela que je conçois.”

    `Brandir le spectre de la “trollisation”` n’élèvera peut-être pas le débat, mais pour l’amorcer encore faudrait il faire des comparaisons moins hasardeuses (et mieux argumentées) que “La suite OpenOffice 2.x, qui me ramène en gros en 1997 et ne sait pas encore lire les fichiers d’Office 2007″.

    Cordialement,
    Virtuo

    Commentaire de virtuo | March 16, 2007 à 12:16 pm

  20. Pour avoir testé plusieurs apn (dont plusieurs canon reflex ou compact) sans aucun soucis sous Ubuntu 6.6 et 6.10, je ne comprends pas trop le pb. La norme sous jacente est usb-storage, parfaitement maitrisée sous Linux : lecteur de carte, disque usb… se lisent sans pb !

    Commentaire de Yota | March 16, 2007 à 12:46 pm

  21. Merci à tous pour vos commentaires. Petites réponses rapides:

    - Olivier: bon point sur Synaptic. C’est effectivement une force d’Ubuntu qui n’a pas d’équivalent sous Windows. Windows Update ou “Microsoft Update” n’ont pas encore la même portée. Bon point également pour la difficulté de lire ext3 à partir de Windows! D’ailleurs, je m’apprêtai à faire la recherche du moyen de réaliser cette connexion…

    - Agrou: j’ai testé Digikam dans lequel j’ai configuré mon canon G7 et re-erreur: “Failed to connect to camera…”. L’avantage de l’open source que vous évoquez est justement son talon d’Achille (le syndrome du “forking”). Il pourrait être corrigé dans pas mal de cas, et sans renier les principes du libre. Par exemple, une concentration des efforts sur un Digikam ou équivalent permettrait d’avoir un logiciel de gestion de photo plus étendu, un peu comme TheGIMP qui est devenu aussi bon (et extensible) que Photoshop.

    - Virtuo: pour la comparaison OpenOffice et Office 2007, je pourrais m’y lancer et cela ferait une autre grosse “tartine” (quelques pages de post). Il subsiste des différences qui me gênent en tout cas, au delà des histoires de fichiers. Mais là aussi, il y a convergence fonctionnelle, c’est vrai. Les plus gros “plus” d’Office 200X concernent d’une part son interface utilisateur “plus léchée” si je puis me permettre, et des liens étroits avec l’offre serveur MS (Exchange, Sharepoint), donc pas ouverts-blablabla… et je ne les utilise pas du tout.

    - Yota: je ne suis pas le seul à avoir ces pbs avec les Canon. J’ai trouvé des utilisateurs ayant le même pb que moi sur les forums Ubuntu (US et Fr). La plupart les avaient résolu en ajoutant l’ID de leur appareil dans le fichier de config. Mais pour moi, cela n’a pas marché. Peut-être un pb de hardware en effet. Ou une incompatibilité entre bibliothèques installées.

    Commentaire de Olivier Ezratty | March 16, 2007 à 1:17 pm

  22. Je ne comprends pas comment une personne découvrant Linux et l’Open Source peut elle blogger un article probablement excellent, accompagnée à droite par une de tonne de publicité. Apparemment Ubuntu a tendance a monté à la tête de certaines personnes. Donc je ne peux pas retenir ce site comme étant une bonne chose pour la Caumunauté Linux.

    Bonne journée !

    Commentaire de eclipse | March 16, 2007 à 2:13 pm

  23. Monsieur “Eclipse”, quel beau jugement de valeur que celui-ci! Que Ubuntu me monte à la tête! Pourquoi un site devrait-il être une bonne ou une mauvaise chose pour la communauté Linux? Le monde se divise-t-il comme cela en deux?

    Je ne suis ni un “transfuge” de Microsoft qui serait passé au libre, ni au contraire un ayatollah défenseur de Microsoft. Je m’exprime librement pour faire partager mes expériences, donner quelques avis et sans arrière pensée. Avis qui pourraient d’ailleurs aider les uns et les autres si pris comme tels.

    La pub? Oui, ce site est ma vitrine car je suis indépendant. C’est clair, j’ai annoncé la couleur en créant ce blog. Mais au moins, il n’y a pas de Google Adsense à droite et à gauche tout de même!

    Commentaire de Olivier Ezratty | March 16, 2007 à 4:10 pm

  24. Pour Laurent :

    - Les utilisateurs de Windows ont été lobotomisés ? Avec cela, il ne reste plus beaucoup de cerveaux complets dans le monde parmi ceux qui utilisent un ordinateur! Tu montres par ton argumentation une ambigüité : d’un côté, tu milites pour un Linux simple et encense à juste titre Ubuntu, de l’autre, tu enfonces le clou sur la déformation subie par les utilisateurs de Windows. Désolé, il faut respecter ces gens si tu souhaites qu’ils passent le cap de Linux ! Le fait que j’ai rencontré quelques difficultés alors que je suis plutôt assez « technique » par rapport à la moyenne est un signe qui ne trompe pas. Certes, des non-informaticiens ont adopté Ubuntu. Mais quelle en est véritablement la proportion ? Mais la complexité d’un PC sous Windows est réelle également. C’est d’ailleurs presque un miracle qu’il y ait je crois environ 13 millions de PC dans le grand public en France, l’essentiel sous Windows.

    - Concernant la liberté, il ne faudrait pas confondre cette notion avec celle de confort. En effet, un fichier .doc peut être ouvert avec un viewer gratuitement téléchargeable sur le site de Microsoft au même titre qu’un Adobe Acrobat Reader (voir http://www.microsoft.com/downloads/details.aspx?familyid=95E24C87-8732-48D5-8689-AB826E7B8FDF&displaylang=en). Et ceci, depuis de nombreuses années. Sans compter le fait que ces fichiers sont lisibles par OpenOffice depuis également longtemps. Enfin, Microsoft a lancé – certes sous la pression de certains gouvernements et de leurs Cadres Communs d’Interopérabilité – le développement de convertisseurs ODF pour Office. La société française CleverAge a été impliquée là dedans. Et du côté de Microsoft Corp, la personne en charge est Jean Paoli, chez eux depuis 1996 et auteur, il faut le rappeler, de la première spécification de XML du W3C. XML qu’il a contribué à faire adopter par une grande partie des logiciels chez Microsoft. Il est aussi derrière l’initiative des convertisseurs ODF/OpenXML. Même topo avec le WMV qui est lisible avec VLC sous Ubuntu. Et standardisé sous la forme VC1 je crois. Pour ce qui est de ton casier judiciaire sous Windows, trois petits points : 1) Microsoft s’en tape, 2) Microsoft n’a aucun moyen et ni intérêt à le récupérer, 3) Il y a plein de sociétés qui en savent énormément sur toi (notamment ta banque) et c’est plutôt de ce côté-là qu’il vaudrait mieux déplacer ta paranoïa.

    - Par contre, ce qui est moins connu, c’est que tout logiciel utilisé dans un pays doit être validé par le gouvernement (précisément pour ce qui est de la France: le DCSSI qui dépend du SGDN et qui sous-traite une grande partie de ses évaluations techniques à la DGSE – vas sur Wikipedia pour voir ce que font ces organismes - et aux USA, cela concerne le FBI et la NSA, et ainsi de suite dans les autres pays). Cette validation a pour objet d’assurer que la Justice pourra obtenir le déchiffrement de tout document sur un ordinateur. Pas à distance, mais lorsqu’un disque dur a été saisi lors d’une perquisition. Cela concerne d’ailleurs aussi bien les formats propriétaires à la Microsoft que les autres. Pour ce qui est de la garantie du non accès à distance, elle est difficile à fournir. Cela nécessiterait un audit sécurité approfondi qui ne concerne pas que Windows, mais également le réseau, les serveurs, les bases de données, les sites Web, les firewalls, etc. Et ton Ministère de la Justice belge n’a peut-être pas envie de rentrer dans ces considérations. Cela pourrait d’ailleurs être embarrassant. Pas à cause de Windows, mais des procédures de sécurité du Ministère en question. Les organisations bien sécurisées sont plutôt rares, c’est bien connu !

    - Pour terminer, les DRM m’agacent aussi en tant que consommateur. Mais je les évite : je n’ai pas de DRM sur mes PC. Ma musique ? Ce sont mes CD audio que j’ai rippés moi-même ! Les films ? Des DVD, du Canal+ et de la TNT enregistrée sur Media Center sans DRM. Avec Canal+, tu n’as d’ailleurs pas à te poser la question du DRM car les contenus ne peuvent pas sortir en numérique de leur boiboite on ne peut plus fermée (MediaSat comme Pilotime). Finalement, avec un PC, tu as tout de même beaucoup plus de libertés que sur d’autres matériels ! Mais cela risque de changer si le PC devient le réceptacle généraliste de contenus payants fournis par des tuyaux.

    Commentaire de Olivier Ezratty | March 16, 2007 à 5:49 pm

  25. @Olivier Ezratty : vous deviez vraiment changer de clavier :p

    Juste qq remarques :
    Il aurait été sûrement plus court si j’avais reçu un Linux préinstallé et tout bien configuré sur une machine.

    Commentaire de animimotus | March 16, 2007 à 5:54 pm

  26. @Olivier Ezratty : vous deviez vraiment changer de clavier :p

    Juste qq remarques :

    Il aurait été sûrement plus court si j’avais reçu un Linux préinstallé et tout bien configuré sur une machine.

    Effectivement, vous voulez parler de la honteuse vente liée de Windaube, il faut casser ce genre de monopole en effet. J’espère qu’on va finir par faire des procès aux assembleurs, revendeurs, administrations françaises : reste les mairies, les conseils généraux, les régions, etc, dilapidant l’argent du contribuable dans des licences non justifiées. Sans doute un prochain enjeu ? Il faudrait porter ce problème au niveau Européen, voir un cran au dessus :)

    Il faut maîtriser le mode commande dès que l’on veut un peu modifier la configuration de la machine. [...]. A ce tarif là, ils ne sont pas près de démocratiser Linux!

    Le tarif est celui de 0 euro HT, environ 0 euro euro TTC et des facilités d’administration à distance pour tous les parcs informatiques y compris des mini-parcs particuliers comme il existe de plus en plus dans les familles ;)
    0 euro, le prix de la liberté. La liberté se gagne je crois surtout quand on a été tenu longtemps en semi-esclavage.

    Pour l’instant, c’est Photo Gallery, intégré dans Windows Vista, qui a ma préférence. Pour une raison simple : il permet de visualiser en vignettes les photos d’un répertoire et de ses sous-répertoires

    digikam ? gwenview ? picassa ?

    La suite OpenOffice 2.x, qui me ramène en gros en 1997 et ne sait pas encore lire les fichiers d’Office 2007 (ce qui ne saurait tarder puisque ceux-ci utilisent un format XML qui est documenté, et en voie de devenir un standard aussi bien que l’est maintenant celui d’OpenOffice)

    Les députés français passent à OOo, ils ont sans doute des besoins au dessus de la moyenne des français pour le préférer à un Office onéreux car corrigeant les bugs de la version précédente qu’à coup de cosmétique : est-ce bien nécessaire ? Je connais des DGRH qui ne savent même pas faire une macro dans leur tableur, c’est pour dire :p

    Mais aussi liées, indirectement, au fait qu’il ne sera jamais difficile pour un député de trouver un “geek” pour le dépanner dans sa circonscription. Ce qui n’est pas le cas de tout le monde.

    Mdr. Et ils ont un bras aussi long que ça pour se servir de la communauté en ligne ou celle des lugs ou de leur service informatique ? ^^
    + irc + bouquins en fr + revues + forum + services pros + …

    Sinon il est pas mal votre billet, pas toujours faux parfois un peu de mauvaise foi… Aussi je le prends bien au second degré mais je suis pas sûr que tout le monde l’a senti :p

    Mdr ^^

    (votre parseur est un peu difficile donc je reposte, désolé :p)

    Commentaire de animimotus | March 16, 2007 à 5:59 pm

  27. Cher Animimotus,

    - Des procès? Cela ne mêne à rien si l’alternative n’est pas encore au point. Mon billet montrait qu’on n’en était pas loin, mais qu’il y avait encore du taf

    - Digikam ? Gwenview ? Picassa ?
    Je les ai testés tous les trois.
    Les deux premiers ne permettent pas de visualiser les images de sous-répertoires d’un coup.
    Le dernier le fait, mais n’affiche pas les images par répertoire, mais par date. Il manque de flexibilité de ce côté là mais est par contre très sympa graphiquement.
    Donc, les seuls que je connaissent qui fassent cela bien sont Photo Gallery (dans Vista) et Digital Image Pro (aussi de MS, mais payant). Pour une fois qu’ils ont un point d’avance en ergonomie, je ne vais pas me plaindre!

    - Les députés? Ils n’ont pas choisi Ubuntu pour la plupart. Comme dans pas mal de boites, le choix est venu comme cela et quidé par quelques uns. L’équipement concernait à l’origine les assistants parlementaires. Ce sont eux qui font le boulot des députés et il y en a pas mal chez ces derniers qui n’utilisent toujours pas de PC, Windows comme Linux! J’en vois au moins 2 sur les 3 en tête des sondages de l’élection présidentielle!

    - La gratuité n’enlève rien au besoin de faire simple. Comme le disait Jamie Zawinski, un ancien développeur de Mozilla en 2000, “Linux is only free if your time has no value” (citation partielle, la totale sur http://www.jwz.org/doc/linux.html). Ses critiques de Linux (vs Unix) ne sont plus forcément valables en 2007, mais cette notion de temps reste importante. Je ne dis pas que l’on ne perd pas de temps sous Windows. Mais parfois, surtout au démarrage, Linux donne l’impression d’en perdre pas mal pour obtenir certains résultats.

    Pour tous, il y a un point marrant: personne n’a vraiment noté que je n’avais pas évoqué la question de la sécurité et des virus. Du point de vue du libre, c’est un point fort de Linux. Mais tant que l’on n’a pas été attaqué et que l’on utilise les bonnes règles d’hygiène sous Windows - et Vista est assez bien foutu de ce côté là - on ne voit pas trop la différence avec Linux.

    Commentaire de Olivier Ezratty | March 16, 2007 à 6:50 pm

  28. Bon billet, je vais moi aussi sensiblement en ce sens. Les distibutions et les versions de distributions multiplient les problèmes.

    J’en suis à ma 4ieme installation de Ubuntu (je ne compte pas les experiences sous Suze, Mandrake…) et malheureusement àmon 4ieme abandon par manque de patience.

    Commentaire de Ziplace | March 16, 2007 à 7:15 pm

  29. Merci et bravo pour votre excellent post.

    - J’ai côtoyé récemment l’administration publique dans le cadre de mon travail. La tendance Open Office semble être une tendance de fond, et pas seulement à l’Assemblée Nationale ! Un argument juridique existe sur le sujet : le Code de Marchés Publics impose à l’Administration de remettre en concurrence ses fournisseurs à intervalles réguliers. Difficile à appliquer pour les licenses Microsoft !

    - Il me semble d’autre part que l’utilisation que vous faites de Linux (OS bootable sur disque ou clé USB) est plus difficile à obtenir avec Windows. Ce n’est évidemment qu’un simple avis pour avoir réalisé les deux solutions. Les boots Windows que j’ai réalisés sont par ailleurs beaucoup plus lents que leurs équivalents Linux. (je suis preneur de toutes vos suggestions !)

    - A titre personnel, j’aimerais pouvoir utiliser un poste de travail sous Linux mais j’ai fini par abandonner : il y a trop de problèmes d’interopérabilité entre les solutions bureautiques

    - Et pour terminer, je suis totalement en phase avec ce que j’ai pu lire ici sur les formats propriétaires et le “syndrome du fork” qui touche les distributions Linux. Je me mets à la place des constructeurs qui n’ont peut être pas les moyens de tester et de corriger leurs drivers pour toutes les distributions. J’aimerais quand même qu’ils fassent plus d’effort. Le cas de nVidia est un bon exemple : il a fallu attendre beaucoup trop longtemps avant d’avoir un driver stable et une procédure (relativement) simple pour l’installer. Et pourtant leurs produits sont présents sur des millions de PC ! On ne peut que constater que ce serait plus simple avec un nombre limité de distributions.

    Commentaire de Francois | March 16, 2007 à 8:05 pm

  30. “C’est un choix de Gnome que de faire simple. Un exemple: les icones utilisées dans la barre de tâche ne sont pas bien lisibles, ce qui rend difficile l’identification des applications en mémoire pour les sélectionner. On ne peut pas facilement faire un glisser / déplacer d’un programme du menu Applications vers le bureau, la création de racourcis est un peu laborieuse.”

    Laurent a exprimé plus haut beaucoup des remarques que j’aurais pu faire, je me rabats sur la citation ci-dessus qui m’échappe totalement.

    J’ai sous les yeux les icônes de ma barre de tâche et je ne penses pas réussir à me tromper entre celle de Firefox et celle de ma console ou d’un fichier txt ou d’un dossier, etc. En outre, la barre des tâches est redimensionnable au cas où la vue baisserait.

    Pour le glisser déposer, je ne comprends pas. Clic-gauche et clic-roulette font un drag & drop classique et le clic-droit propose des options qui me semblent suffisantes (ajouter au tableau de bord - ajouter au bureau - ajouter comme tiroir).

    Sinon, bon billet et bel effort d’ouverture quand même.

    Commentaire de Colar | March 16, 2007 à 9:02 pm

  31. “- Concernant la liberté, il ne faudrait pas confondre cette notion avec celle de confort. En effet, un fichier .doc peut être ouvert avec un viewer gratuitement téléchargeable sur le site de Microsoft au même titre qu’un Adobe Acrobat Reader (voir http://www.microsoft.com/downloads/details...)”

    A mince ça ne marche pas sous Linux :(

    “Sans compter le fait que ces fichiers sont lisibles par OpenOffice depuis également longtemps.”

    Utilisant OOo depuis un petit moment, je dois dire que j’ai souvent été confronté à des fichiers (.doc ou .xls) illisibles ou la lisibilité très limitée du fait de la mise en page…

    Bon j’arrête de troller votre article :)

    Juste une remarque par rapport aux drivers: Il y a dans l’ensemble beaucoup de distributions Linux, mais beaucoup sont basées sur le même noyau… Bon après il est certain que si on prend dans la famille de Unix, ça fait plus de différences. Mais dans tous les cas, il suffirait que les constructeurs publient les spécifications de leur matériels pour que la communauté leur apporte un soutien de le développement de drivers performants (et ouverts, c’est ce qui gène pas mal de monde).

    Bonsoir,
    Virtuo

    Commentaire de virtuo | March 16, 2007 à 9:17 pm

  32. visualiser en vignettes les photos d’un répertoire et de ses sous-répertoires. C’est bien pratique pour l’organisation. Quand est-ce qu’un logiciel libre fera cela? Ce n’est pas bien sorcier!

    Et bien jBrout permet une telle chose, de plus il est orienté mots clés IPTC ce qui en fait un logiciel libre très prometteur.

    Il marche même sur mandriva que tu ne devrais pas laisser tomber si facilement ;) (je trouve juste dommage que tu te sois tant vexé pour un problème de reconnaissance de -ton- matériel - comme tu le souligne, le logiciel libre n’a pas toutes les cartes en main de ce coté là)

    Commentaire de TOnin | March 16, 2007 à 11:43 pm

  33. Bon billet et bonne présentation malgré le bô troll général :)
    Le formatage de cervô par Microsoft fait-il office de pare-feu ? :-D

    Commentaire de Gilles | March 17, 2007 à 12:50 am

  34. Olivier Ezratty qui essaie Linux!
    On aura tout vu, parce que je me souviens d’un temps pas si lointaint que ça ( c’était sans doute écrit sur son contrat de travail chez MS) ou les seuls qualificatifs qui allaient avec Linux étaient : inutile, dépassé, nul. Bon, cela n’empêche pas la mauvaise foi (comme par exemple ici: “C’est semble-t-il lié à la difficulté pour Linux de mettre la “carte” nVidia en veille parce que ses spécifications ne sont pas ouvertes.”) Comme si qqn qui a travaillé si lgtps chez MS pouvait ignorer que c’est précisément la fermeture des specs du matériel qui empêche leur fonctionnement optimal sous Linux. Mais il y a du progrès.

    Avec un peu de patience, on finira peut-être par lire Mr Ezratty dire du bien de Linux?

    Commentaire de Meodudlye | March 17, 2007 à 5:22 am

  35. Cher Meodulye,

    Vous trouverez difficilement la trace d’un tel mépris de ma part pour Linux ou n’importe lequel des concurrents de Microsoft! Et d’ailleurs, de même pour d’autres comme moi chez Microsoft qui pouvaient s’exprimer sur le sujet: Laurent Ellerbach, Stéphane Kimmerlin, ou le font maintenant, comme Marc Gardette ou Bernard Ourghanlian. On pouvait critiquer mais pas mépriser, ni d’ailleurs personnaliser le débat. Tandis que certains dans les forums du libre s’attaquent souvent à l’intégrité des gens qui ne leur plaisent pas.

    J’ai toujours fait en sorte de respecter les concurrents et cela étonnait d’ailleurs pas mal de gens qui m’ont vu intervenir au nom de MS dans des conférenc