Les enjeux de l’appstorisation de l’Internet

Publié le 22 décembre 2011 et mis à jour le 26 décembre 2011 - 19 commentaires -
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Cela fait main­te­nant près d’un an et demi que les ana­lystes annoncent “la fin du web” et “l’appstorisation de l’Internet”. L’un des pre­miers à vul­ga­ri­ser cet augure était Chris Ander­son de Wired, dans une tri­bune publiée en août 2010 : “The web is dead, long live the Inter­net”. Pen­dant LeWeb 2011, Georges Colony de For­res­ter s’inscrivait dans la même lignée en pré­voyant égale­ment la “mort du Web”. Ca com­mence à faire beau­coup de “morts” avec l’email (chez ATOS) et le PC, mais tout cela est relié.

Je vais ici reprendre leurs argu­ments et les nuan­cer, expo­ser les risques et dan­gers de cette évolu­tion qui semble iné­luc­table et évoquer quelques scé­na­rios qui per­met­traient d’éviter le pire.

Les thèses sur la mort du web et l’appification de l’Internet

Comme d’habitude, la notion de mort est toute rela­tive dans ces annonces. Il faut tou­jours la tra­duire par “déclin rela­tif par rap­port à de nou­veaux usages”. Au même titre qu’aucun média n’en a vrai­ment tué défi­ni­ti­ve­ment un autre dans le der­nier siècle écoulé : la radio n’a pas été tuée par la TV, la presse écrite n’est pas encore morte mais se trans­forme et la TV n’est pas encore ache­vée par l’Internet.

The web is dead long live the Internet

L’argumentaire de Chris Ander­son est simple : l’usage de l’Internet passe de plus en plus par des appli­ca­tions et de moins en moins par des sites web. Le poids des usages mobiles, la recherche de sim­pli­cité côté uti­li­sa­teur, celle de la étisa­tion côté pro­duc­teurs et la conso­li­da­tion du mar­ché ont eu rai­son pro­gres­si­ve­ment de l’Internet ouvert, stan­dar­disé et asso­ciant sphères mar­chandes et non mar­chandes. De moins en moins d’applications Inter­net passent par les stan­dards du Web.

Ce n’est pour­tant pas si nou­veau que cela : le mail comme le peer-to-peer sont déjà dans ce cas là depuis les débuts du web. Au début des années 2000, le tra­fic Inter­net généré par le peer to peer était équi­va­lent à celui du Web (ci-dessous, dans le chart de Cisco). La crois­sance de la vidéo ren­force cette per­cep­tion. A ceci près qu’il ne faut pas confondre consom­ma­tion de bande pas­sante et temps passé par les uti­li­sa­teurs. Les courbes seraient bien dif­fé­rentes. Mal­gré tout, les uti­li­sa­teurs passent dans les faits de moins en moins de temps sur des sites web et de plus en plus dans des appli­ca­tions. C’est lié à la crois­sance natu­relle des usages en mobi­lité et, plus récem­ment, à l’avènement des tablettes qui sont aussi uti­li­sées chez soi et pas seule­ment en mobilité.

Cisco Web is dead data

Ander­son appuie son rai­son­ne­ment sur la paresse humaine, un péché tou­jours bien pra­tique en mar­ke­ting. Elle explique que si l’on appré­cie bien les notions d’ouverture et de liberté, on pri­vi­lé­gie rapi­de­ment ce qu’il est plus facile d’utiliser. Les études récentes le montrent bien : sur les smart­phones et tablettes, les consom­ma­teurs pré­fèrent les appli­ca­tions natives à la consul­ta­tion de sites web.

Ander­son met en avant un autre argu­ment clé qui casse un peu les mythes de per­sis­tance des com­por­te­ments de la Géné­ra­tion Y une fois celle-ci deve­nue adulte : quand vous êtres jeunes, vous avez plus de temps que d’argent et ensuite, vous avez plus d’argent et moins de temps. Donc vous êtes prêts à payer pour gagner du temps. C’est d’ailleurs l’une des rai­sons parmi d’autres - les bundles – de la faible péné­tra­tion de Linux sur les desk­top et lap­tops. Comme l’écrivait Jamie Zaminsky en 2000 : “Linux est gra­tuit si votre temps n’a pas de valeur”. Et en mobi­lité, le temps a de la valeur ! Le free­mium a ainsi rem­placé le finan­ce­ment par la publi­cité dans un grand nombre de cas. Le consom­ma­teur est prêt à payer pour la faci­lité d’accès aux ser­vices et conte­nus. Sur­tout s’il n’a pas trop le choix.

Ander­son pense que le web va pro­gres­si­ve­ment se spé­cia­li­ser autour des conte­nus non com­mer­ciaux. Les blogs, par exemple, ne sont pas encore dif­fu­sés sous forme d’applications natives dans les pla­te­formes mobiles. Ils se contentent de plug-ins comme wp-touch pour Word­Press qui leur donnent un look conve­nable sur les petits écrans des smart­phones en ver­sion web ! Comme le busi­ness est concen­tré dans la sphère com­mer­ciale, les déve­lop­peurs aban­donnent ou laissent de côté le web pour déve­lop­per des appli­ca­tions natives mobiles.

Dans le débat lié à l’article de Chris Ander­son avec Tim O’Reilly et John Batelle, O’Reilly rap­pelle à juste titre que l’Internet a tou­jours été mul­ti­forme et que cela fait long­temps qu’il inté­grait des ser­vices en dehors du web et de l’HTML. Il y a 11 ans, Micro­soft lan­çait .NET dans le même esprit, pen­sant que les “web ser­vices” (qui n’étaient pas vrai­ment “web”, mais sur­tout des “ser­vices”) seraient une infra­struc­ture de construc­tion de nou­velles appli­ca­tions de l’Internet. Si ce ne sont pas les briques que Micro­soft avaient envi­sagé qui ont pris le des­sus (WS, SOAP), la vision s’est tout de même mise en appli­ca­tion de manière éparpillée.

Georges Colony Forrester LeWeb Death of the web

Georges Colony com­plète cette vision sous un autre angle : les capa­ci­tés de sto­ckage croissent plus vite que celle des pro­ces­seurs, elles même crois­sant plus vite que le débit des réseaux. Cela rend dif­fi­cile la construc­tion d’architectures basées uni­que­ment sur les réseaux, à la sauce “cloud”. Comme pour sau­ve­gar­der mes Téra-Octets d’originaux de pho­tos en RAW ! Cela explique aussi pour­quoi il y aura encore long­temps des disques durs dans les set-top-box des FAI et de la TV payante comme Canal+ et des dizaines de Go de mémoire flash dans votre tablette. Certes, des nœuds de réseau puis­sants se construisent de manière cen­tra­li­sée chez Google, Face­book, les acteurs de l’IPTV et d’autres encore, mais la puis­sance de la péri­phé­rie du réseau aug­mente toujours.

Colony indique que l’architecture du PC est morte car elle n’exploite pas le cloud. Que celle du web est morte égale­ment car elle n’est pas adap­tée à des usages sim­pli­fiés, notam­ment sur mobiles et qu’elle ne tire pas par­tie de la puis­sance à la péri­phé­rie. A ceci près que Colony fait allu­sion au PC d’il y a vingt à trente ans, pas le PC ver­sa­tile et connecté d’aujourd’hui. Il ne dit rien des évolu­tions du PC, de ses sys­tèmes d’exploitation, midd­le­ware et appli­ca­tions. Cela fait 16 ans que Java est sorti et 10 ans que .NET existe, et ils ont été bâtis pour créer des “appli­ca­tions Inter­net” exploi­tant des ser­vices web sans pour autant pas­ser par “le web”. Mais ce sont les pla­te­formes mobiles qui déclen­ché la vague.

D’un point de vue archi­tec­tu­ral, la mode du jour est un véri­table retour vers le bon vieux client-serveur d’il y a 20 ans. Des appli­ca­tions “natives” accèdent à des don­nées sur des ser­veurs de fichiers ou de bases de don­nées en uti­li­sant la couche trans­port de l’Internet (TCP/IP) mais avec au des­sus des pro­to­coles non HTTP et/ou pro­prié­taires. On a donc réin­venté les tant décriés “clients lourds”, même s’ils sont reliés aux don­nées et ser­vices du cloud et exploitent ou accèdent à des “big data”. A ceci près que la ges­tion de leur ins­tal­la­tion s’est un peu sim­pli­fiée pour l’utilisateur. Mais pas for­cé­ment pour les entre­prises. Allez déployer des appli­ca­tions de manière auto­ma­tique sur une flotte d’iPhone pour voir !

Le rai­son­ne­ment de Colony devient pure spé­cu­la­tion lorsqu’il évalue ensuite le jeu des acteurs. Il pense que Micro­soft pour­rait deve­nir le lea­der de ce nou­veau pay­sage infor­ma­tique. Pour­quoi ? Parce qu’il en a l’expérience via le jeu (XBOX 360), par son offre entre­prise (qui est en effet très com­plète pour les archi­tec­tures d’applications client riches connec­tées) et que les éditeurs de conte­nus en ont marre des pra­tiques com­mer­ciales d’Apple et des 30% pré­le­vés à la source sur son AppS­tore. Il met Google sur la touche car ce der­nier est condamné à “aimer” le Web pour conser­ver sa source de reve­nus dans le search. Ce qui explique peut-être la recon­duc­tion pour trois ans de son finan­ce­ment de la fon­da­tion Mozilla. Colony pense aussi qu’Amazon a un bon rôle à jouer avec Silk, son navi­ga­teur web pro­prié­taire dans le Kindle Fire. Des conjec­tures à prendre avec un bon kilo de sel et qui pour­raient cha­cune faire l’objet d’un article entier !

Dans leur argu­men­taire, autant Colony qu’Anderson oublient deux points clés qui ali­mentent l’appification de l’Internet. La pre­mière vient des avan­cées trop lentes de la stan­dar­di­sa­tion. Le cas d’HTML 5 en est une bonne illus­tra­tion : ses pre­mières spé­ci­fi­ca­tions sont arri­vées en 2007 et la spé­ci­fi­ca­tion finale vali­dée est pré­vue pour 2014. En atten­dant, HTML 5.0 est mis en œuvre de manière pro­vi­soire dans les navi­ga­teurs. Mais comme il n’est pas for­mel­le­ment stan­dar­disé, les autres stan­dards tels que HbbTV (pour les TV connec­tées) – pour l’instant en HTML 4 - ne peuvent pas s’appuyer des­sus. La gami­fi­ca­tion des appli­ca­tions, pour employer un autre néo­lo­gisme du moment, a aussi ten­dance à éloi­gner les déve­lop­peurs des stan­dards, même si on peut créer des jeux 3D avec les stan­dards du web asso­ciés à HTML 5 (SVG, Can­vas, cf Html5Games ainsi que ces exemples).

La len­teur de la stan­dar­di­sa­tion est mal­heu­reu­se­ment virale, dans le mau­vais sens du terme ! Et cela ne va pas s’améliorer, un nombre crois­sant de socié­tés par­ti­ci­pantes à ces tra­vaux de nor­ma­li­sa­tion entre­te­nant un double jeu entre leurs pla­te­formes pro­prié­taires et un sup­port affi­ché des stan­dards ouverts.

L’autre point est lié à la stra­té­gie d’Apple, sui­vie des autres éditeurs de pla­te­formes mobiles : les inter­faces uti­li­sa­teurs des navi­ga­teurs laissent à dési­rer, notam­ment pour le book­mar­king. Pour­tant, quand on y regarde de près, une appli­ca­tion native pour consul­ter un pério­dique comme Le Point ci-dessous n’a pas de fonc­tion­na­lité dif­fé­ren­tiée de son équi­va­lent en mode web mobile ! Il res­te­rait juste à faire dis­pa­raitre auto­ma­ti­que­ment l’interface uti­li­sa­teur du navi­ga­teur – ici Safari – et de la faire reve­nir d’un geste (haut vers bas en haut de l’écran par exemple). Pour y arri­ver, il faut actuel­le­ment ins­tal­ler une appli­ca­tion en mode jail­breaké. Pas simple !

Le Point en web mobile et natif iOS

Sans comp­ter le coup bas fait aux sites uti­li­sant Flash voire d’autres codecs et plug-ins qui sont invi­sibles sur iOS, ce qui est insup­por­table pour les uti­li­sa­teurs. Une belle manière coer­ci­tive de les faire aban­don­ner le web. Leur a-t-on vrai­ment laissé le choix fina­le­ment ? Pas vraiment !

Pour­quoi l’Appification de l’Internet est-elle une régression ?

Pas­sons main­te­nant à la par­tie “épou­van­tail” de cet article. L’appification de l’Internet n’est pas juste un dan­ger, c’est une véri­table régres­sion par rap­port aux fon­da­men­taux du Web et de l’Internet. Pour au moins cinq rai­sons pra­tiques que voici :

Death of the web - no search no link

Dans l’Internet “appi­fié” et fermé, les conte­nus ne sont plus “craw­lables” donc pas “sear­chables”. Bye bye les moteurs de recherche comme Google ! Quoi que l’on pense de Google et de sa domi­nance inso­lente sur le mar­ché de la recherche, le ser­vice de recherche reste indis­pen­sable pour trou­ver ce que l’on cherche au quo­ti­dien ! C’est un énorme recul pour les utilisateurs.

Les conte­nus ne sont plus “agré­geables” ni faci­le­ment “curables” pour employer d’horribles néo­lo­gismes du moment. Cela gêne les éditeurs de ces ser­vices mais aussi leurs uti­li­sa­teurs. Il y a tout de même des béné­fi­ciaires : les éditeurs de conte­nus qui voient leur matière moins réuti­li­sée par d’autres à leurs dépens.

Enfin, il devient dif­fi­cile de book­mar­ker les conte­nus des appli­ca­tions tout comme d’envoyer un lien à une page dans un email. Le “tag” devient pro­prié­taire, comme le “Like” au sein des appli­ca­tions Facebook.

Death of web - Application silos

Les appli­ca­tions des maga­sins d’applications fonc­tionnent géné­ra­le­ment en silo et ne com­mu­niquent pas entre elles. Les hyper­liens dis­pa­raissent pro­gres­si­ve­ment. Ils étaient l’une des beau­tés du Web ! Rien n’empêche cepen­dant à une appli­ca­tion d’exploiter des API ouvertes d’autres ser­vices web. Le risque s’accentue cepen­dant avec les ser­vices en cloud, sou­vent pro­prié­taires de bout en bout comme chez Apple avec iCloud.

Death of web - Publication control

Le contrôle de la publi­ca­tion des appli­ca­tions par les pla­te­formes ! Le délai est de plu­sieurs jours alors qu’il est ins­tan­tané sur le web. Sans comp­ter le fait que les ges­tion­naires de ces maga­sins d’applications ont un droit de regard sur ce qu’il est pos­sible d’y publier. Chez Apple, on ne peut pas y pla­cer d’application qui serait concur­rente des outils d’Apple et les appli­ca­tions open source en GPL ne sont pas auto­ri­sées ! On a donc des auto­ri­tés de contrôle et de régu­la­tion pri­vées de cet Inter­net apps­to­risé. Cf Raphaël Meltz dans “Et nous assis­tâmes les bras bal­lants à la pri­va­ti­sa­tion du web”.

Et sans par­ler de la cap­ta­tion de valeur indue de 30% des appli­ca­tions dans le cas d’Apple. On a beau dire qu’il apportent des clients aux déve­lop­peurs, le choix n’existe pas puisque l’AppStore est le seul moyen de récu­pé­rer une appli­ca­tion ! Chez Google au moins, la Mar­ket Place d’Android n’est pas le point de pas­sage obligé pour télé­char­ger une appli­ca­tion. Les AppS­tore sont en tout cas aux éditeurs de conte­nus ce que la grande dis­tri­bu­tion est aux petits comme les grands pro­duc­teurs : des points de pas­sage obli­gés. Atti­rants pour le consom­ma­teur, mais une plaie pour les pro­duc­teurs. Mais le client a tou­jours raison !

Sans par­ler non plus des pro­blèmes de sou­ve­rai­neté que cela peut poser pour les pays !

Death of web - No standards

Le déve­lop­pe­ment s’éloigne des stan­dards ouverts du web. Les pla­te­formes natives des maga­sins d’applications sont pro­prié­taires et frag­men­tées. On déve­loppe en Objec­tive C chez Apple, en Java chez Google et en .NET, Metro ou XNA chez Micro­soft. Sans comp­ter les autres : les pla­te­formes de TV connec­tées, celles des FAI, Chrome OS, les consoles de jeux, etc. Cela va se mani­fes­ter dans les com­pé­tences acquises et exer­cées par les déve­lop­peurs. Ce pro­ces­sus ralen­tit les efforts de nor­ma­li­sa­tion dans l’univers du web. HTML 5 mobile ne monte pas en puis­sance assez vite. Cf ces pré­dic­tions non réa­li­sées de Fred Cavazza. Mal­gré “Le Point” et le “New York Times” qui s’y sont mis pour leur édition mobile.

Death of web - Excluded users

La frag­men­ta­tion des pla­te­formes mobiles exclut méca­ni­que­ment de nom­breux uti­li­sa­teurs lorsque seule la pla­te­forme lea­der est choi­sie par les déve­lop­peurs (iOS). Comme ses parts de mar­ché du lea­der (Apple) ne sont pas de l’ordre du quasi-monopole tel que celui de Win­dows sur les PC, son choix exclu­sif est pré­ju­di­ciable à au grand nombre d’utilisateurs qui uti­lisent d’autres pla­te­formes (Android, Win­dows Phone, Black­berry, etc). Mais d’autres exclu­sions se font jour comme pour cer­tains han­di­caps, notam­ment visuels. Les inter­faces tac­tiles et les appli­ca­tions non construites sur les stan­dards du W3C ne sont pas tou­jours du meilleur effet pour les per­sonnes affec­tées, mal­gré la géné­ra­li­sa­tion des outils de text-to-speech et speech-to-text.

Ce à quoi on peut ajou­ter deux observations :

Tout d’abord, l’appification de l’Internet met à mal la notion de neu­tra­lité du net. Mais mal­heu­reu­se­ment, le régu­la­teur et les acti­vistes ne s’en pré­oc­cupent pas beau­coup. Ils ont concen­tré leur atten­tion sur les tuyaux et la non-discrimination des ser­vices à leur niveau. Alors que la véri­table bataille de la neu­tra­lité des réseaux se situe dans les couches “hautes”, les couches applicatives.

Ensuite, on peut consta­ter que les thèmes de la mort du PC et la mort du web sont étroi­te­ment liées. Ce sont en effet les deux pla­te­formes les plus ouvertes et les plus ver­sa­tiles de nos envi­ron­ne­ments numé­riques. Ce, quel que soit le sys­tème d’exploitation pour ce qui est des PC. Toutes les autres pla­te­formes maté­rielles et logi­cielles sont moins ouvertes. Que ce soit en termes de choix de sys­tème d’exploitation, d’application ou de per­son­na­li­sa­tion. C’est pour cela que je vois d’un très mau­vais œil les ten­ta­tives d’appification des desk­tops et lap­tops ini­tia­li­sées par Apple et aussi par Google avec Chrome OS. Sans comp­ter Micro­soft qui s’apprête à faire de même avec Win­dows 8.

Un autre scé­na­rio est-il possible ?

La réponse est une forme d’utopie : le retour en force des stan­dards du web et le décol­lage du web mobile au détri­ment des appli­ca­tions natives des smart­phones et tablettes.

Tim Berners-Lee Long Live the web

C’est évidem­ment ce que pro­meut Tim Berners-Lee dans sa tri­bune parue dans Scien­ti­fic Ame­ri­can en novembre 2010 : “Long Live the Web: A Call for Conti­nued Open Stan­dards and Neu­tra­lity” qui traite aussi d’une manière géné­rale de la neu­tra­lité des réseaux.

Cer­tains comme Ben Savage pré­voient une accé­lé­ra­tion des évolu­tions de HTML 5 et de ses évolu­tions et notam­ment la capa­cité des appli­ca­tions web à fonc­tion­ner en mode décon­necté. Mais il néglige le nœud gor­dien de la vitesse de créa­tion de ces stan­dards qui est trop lente par rap­port aux évolu­tions du mar­ché et des pla­te­formes pro­prié­taires. Et les manœuvres dis­crètes mais effi­caces des éditeurs de pla­te­formes qui s’arrangent pour que les appli­ca­tions web soient moins pra­tiques à uti­li­ser que les appli­ca­tions natives.

Logo HTML 5    logo-fondation-mozilla-foundation

Cer­tains pré­disent que les appli­ca­tions “Web mobile” vont sur­pas­ser les appli­ca­tions natives. Pour l’instant, ce n’est pas du tout le cas ! Il fau­drait qu’un acteur majeur du mobile fasse un geste pour mieux valo­ri­ser les appli­ca­tions web. Cela pour­rait être Micro­soft mais il n’est pas en posi­tion de force (cf à la fin de cet article).

La fon­da­tion Mozilla a quant à elle lancé en 2010 une ini­tia­tive de stan­dar­di­sa­tion de maga­sins d’application, la “Open Web App” mais l’initiative semble bien iso­lée pour l’instant. Cf l’inter­view de Tris­tan Nitot d’octobre 2011.

On en aurait aussi besoin dans l’univers des TV connec­tées avec une sur­couche d’HbbTV comme évoquée dans “Pour une stra­té­gie euro­péenne de la TV connec­tée”.

Les asso­cia­tions habi­tuel­le­ment très vocales qui défen­daient les logi­ciels libres et les stan­dards ouverts s’étaient ver­te­ment bat­tues contre la domi­nance de Micro­soft dans les années 1990 et 2000. Elles étaient enten­dues. Il semble que dans cette nou­velle bataille, elles aient perdu la voix, ce qui est bien dom­mage. Elles ont il faut le dire été dis­traites par la HADOPI, la LOPSSI, les bundles Windows/PC et autres sujets divers. Avant, il n’y avait qu’un diable à com­battre, Micro­soft. Depuis, ils se sont mul­ti­pliés et la bataille dis­perse les troupes !

Dans son opus “Le Hold-up Pla­né­raire” paru en 1998, Roberto Di Cosmo avait ainsi dénoncé les dan­gers d’une main mise de Micro­soft sur l’Internet et la démo­cra­tie. Au bout du compte, plus de peurs que de mal puisque l’éditeur n’est plus du tout la force domi­nante des évolu­tions de l’Internet. On pour­rait même trou­ver futiles ces pro­cé­dures anti­trust contre l’association sys­tème d’exploitation + navi­ga­teur qui ont défrayé la chro­nique pen­dant une bonne dizaine d’années. Les peurs sont jus­ti­fiées sur le moment, mais elles s’avèrent à côté de la plaque avec le recul car les menaces se déplacent de manière impré­vue. Demain, on se sou­ciera peut-être plus des objets connec­tés qui nous sur­veillent ou de l’usage fait de notre ADN numérisé !

Alors, bis repe­tita ? Plus de peur que de mal cette fois-ci ?

Et si le Père Noël offre à l’un de vos proches une tablette ou un smart­phone, rappelez-leur qu’il y a un navi­ga­teur web dedans !

Publié le 22 décembre 2011 et mis à jour le 26 décembre 2011 Post de | Apple, Blogs, Facebook, Google, Internet, Logiciels libres, Microsoft, TV et vidéo | 16365 lectures

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Les 19 commentaires et tweets sur “Les enjeux de l’appstorisation de l’Internet” :

  • [1] - Olivier a écrit le 22 décembre 2011 :

    On peut voir le côté posi­tif des contraintes de l’appification comme l’absence d’hypertexte ou le contrôle de publi­ca­tion. C’est la force du Web, ce qui en fait une plate-forme d’innovation, et ce qui assure son ave­nir à mon sens.

    Quelles autres pla­te­formes que le Web (à part peut-être le PC) affichent une telle lon­gé­vité avec tou­jours autant d’innovation ? On peut voir la capa­cité d’une plate-forme à per­du­rer dans la durée pen­dant laquelle il est pos­sible d’innover des­sus sans moyen, avec juste de la créa­ti­vité et du talent. Com­bien de temps a duré cette période sur l’AppStore ? 6 mois, 1 an ? Sur le Web ça fait 20 ans que ça innove. Tant que tous les 3/5 ans il y aura des étudiants qui bous­cu­le­ront le Web en inno­vant, cette plate-forme vivra :)

  • [2] - Olivier Ezratty a écrit le 22 décembre 2011 :

    Agree. Rien n’est perdu ! Les équi­libres changent mais le web ne va pas dis­pa­raître, tout comme les PC et l’email. Quand on voit ce qu’il est pos­sible de faire avec HTML 5, il y a de l’espoir et des inno­va­tions en pers­pec­tive ! Au pas­sage, elles ne viennent pas que des étudiants… :)

    L’AppStore a fêté ses 3 ans. C’est un p’tit jeune en effet.

    Le web a véri­ta­ble­ment démarré il a 17 ans, avec l’arrivée de Nets­cape Navi­ga­tor fin 1994. Même s’il y a eu le pré­cur­seur NSCA Mosaic un an avant, bien moins média­tisé et utilisé.

    • [2.1] - Olivier a répondu le 22 décembre 2011 :

      Oui bien sûr je fais dans le cli­ché (mais régu­liè­re­ment véri­fié) avec l’étudiant qui innove ! Juste, quand émer­ger sur une plate-forme devient l’affaire de res­sources et moyens, et plus de talents et créa­ti­vité, c’est le début de la fin. Heu­reu­se­ment c’est pas le cas du Web :)

  • [3] - frenchapps a écrit le 22 décembre 2011 :

    Bravo pour la chro­nique, à mon avis il y a moins à craindre de “l’appstorisation” d’internet que du pas­sage à des pla­te­formes contrô­lées par des acteurs non euro­péens qui ont droit de vie ou de mort sur l’innovation. Pas for­cé­ment en cen­su­rant comme Apple mais sim­ple­ment en met­tant en avant ou pas les appli­ca­tions sur leur boutique.

    C’est pour ça que nous construi­sons une liste d’applications “made in France” afin qu’en cette période de fête les uti­li­sa­teurs mobiles aient un point de référence!

    Le lien: http://frenchapps.fr

  • [4] - Serge Meunier a écrit le 22 décembre 2011 :

    Bon­soir,
    Bien modes­te­ment, puisque peu éclairé au point de vue tech­nique, j’apporterai ma par­ti­ci­pa­tion en pré­ci­sant que je ne sup­porte pas les Apps. J’alimente un Scoop.it via Safari sur iPad ; je le relaie sur Via­deo, l’ausculte sur Lin­ke­dIn ou le sur­vole - dis­trai­te­ment - sur Face­book depuis Safari. Cette impres­sion d’être dans des cages - dorées peut-être - sinon que pas­ser par les Appli­ca­tions, cela m’empêche lit­té­ra­le­ment de respirer…

    Merci à Oli­vier pour son article impres­sion­nant d’autorité.
    Serge

  • [5] - Gaétan a écrit le 22 décembre 2011 :

    Bon­jour Olivier,

    Merci pour la qua­lité de cet article que j’ai com­mencé dans mon app Google Rea­der et conti­nué sur ton site au for­mat mobile via le navi­ga­teur de mon android :-)

    L’appification d’internet risque aussi de s’amplifier de mon point de vue car :
    - la géné­ra­tion de revenu peut paraître plus facile ou immé­diate en créant une appli­ca­tion qu’en mone­ti­sant un site web. Ce qui n’est pas for­cé­ment vrai :-)
    - les contraintes liées aux apps ne semblent pas si deran­geantes pour les uti­li­sa­teurs qui passent d’une appli­ca­tion a l’autre comme on change de site sur inter­net. L’utilisateur lamda voit-il vrai­ment une différence ?

  • [6] - Herve Kabla a écrit le 23 décembre 2011 :

    Excellent article, à com­plé­ter par une n-ième relec­ture du livre de Jona­than Zit­train, “the future of the internet”.

    Ques­tion: est-ce que Google - dans sa démarche Android - joue la carte de l’appification du web? Et fina­le­ment, qu’on aille dans une direc­tion ou dans l’autre, c’est tou­jours Google qu’on croi­sera à la fin, non?

  • [7] - tgparis a écrit le 23 décembre 2011 :

    Ah, enfin une ana­lyse pous­sée, com­plète et ori­gi­nale. Merci Olivier.

    Je ne suis pour­tant pas d’accord avec les argu­ments annon­cés. En quoi le web est-il plus ouvert que les appli­ca­tions natives, qui par ailleurs, sont poten­tiel­le­ment déve­lop­pées sur des tech­no­lo­gies HTML5 pour leur couche de pré­sen­ta­tion (com­pa­tible Objective-C, android, etc… d’ailleurs, c’est bien pour cela que des acteurs comme Tita­nium d’Appcelerator existent) ? Le web, c’était quoi avant les bou­tiques d’applications ? Des navi­ga­teurs qui n’affichaient jamais le même site (cf le mer­veilleux IE6 tou­jours très pré­sent), le contenu (sans mise à jour de la der­nière ver­sion Flash, Sil­ver­light, Java, etc…), et qui sont aujourd’hui “dis­tri­bués” (réfé­ren­cés) par une seule société com­men­çant par G et finis­sant par oogle…

    En quoi déve­lop­per proche du maté­riel est-il un pro­blème, une contrainte? En quoi la sélec­tion des apps sur l’app store est-elle une contrainte? Apple n’a pas retiré son navi­ga­teur pour autant, et vous pou­vez accé­der à n’importe quel site… (la contrainte vient plus des gou­ver­ne­ments sur ce point, et leur volonté de contrôle, cf Hadopi, Sopa, etc…)

    Le titre est polé­mique (le web est mort), mais l’idée est très claire. Le Rich­me­dia est mort. Le web tour­nait au ridi­cule, par sa len­teur et son absence de stan­dards jus­te­ment. Pour­quoi? Très simple : vous pré­fé­rez pas­ser 1 minutes pour char­ger le site mobile de votre client mail et recher­cher un email ou lan­cer votre app en 3 secondes? Vous pré­fé­rez pas­ser 25 minutes à laver votre vais­selle ou 3 minutes à char­ger le lave-vaisselle?

    Plus sérieu­se­ment, Il est clair que HTML5 va finir par s’imposer comme le stan­dard du web et tant mieux. Plein de ser­vices non pas besoin de leur app, et la webapp du finan­cial times le prouve par­fai­te­ment…
    En revanche, je trouve dom­mage de pen­ser que “l’appification de l’internet est une régres­sion”. Et pour une fois que j’étais d’accord avec les gars de Forrester…

    • [7.1] - Olivier Ezratty a répondu le 23 décembre 2011 :

      Oui, le web n’est pas par­fait mais il évolue tout de même. Il était en effet frag­menté maisn­comme on l’utilisait sur des sys­tèmes ouverts et exten­sibles, c’était sup­por­table. Ca ne l’est plus, au moins chez Apple, qui ne tolère pas ces extensions.

      Et il reste à trai­ter d’autres points évoqués : search, aggré­ga­tion, exclu­sion de cer­tains utilisateurs…

  • [8] - Lionel a écrit le 23 décembre 2011 :

    Merci pour cette ana­lyse.
    Une pré­ci­sion sur la dif­fé­rence entre appli­ca­tion mobile et site web mobile: si on reprend la com­pa­rai­son entre le site web du Point et l’application du Point, le dif­fé­rence ne se limite pas à la barre de navi­ga­tion. L’application peut aussi accé­der aux fonc­tion­na­li­tés spé­ci­fiques du ter­mi­nal (contacts, GPS, appa­reil photo, …) ce que ne peut pas faire un site web. Bref, l’application peut pro­po­ser une richesse fonc­tion­nelle (notam­ment liée à l’intégration avec le ter­mi­nal) que ne pourra pas pro­po­ser un site web mobile. Dans ce cas, ce n’est donc pas une régres­sion mais une amé­lio­ra­tion de l’expérience uti­li­sa­teur !
    Sur le plan archi­tec­ture, je crois donc beau­coup à une solu­tion comme Pho­ne­Gap (http://phonegap.com) qui per­met de déve­lop­per son appli­ca­tion en HTML5/JavaScript tout en l’encapsulant dans une véri­table appli­ca­tion multi-plate-forme. Je détaille ce type d’architecture sur mon blog mais en syn­thèse ça per­met selon moi d’avoir le meilleur des 2 mondes en atten­dant que les stan­dards émergent.

    • [8.1] - Olivier Ezratty a répondu le 23 décembre 2011 :

      Bon point ! Je constate cepen­dant que plein d’applications n’exploitent pas ces fonc­tion­na­lites des smart­phones. Par ailleurs, HTML5 va en sup­por­ter cer­taines comme la geolocation.

  • [9] - Philippe Monteil a écrit le 24 décembre 2011 :

    Merci Oli­vier pour cette analyse!

    La frag­men­ta­tion des pla­te­formes pose pro­blème, mais un pro­blème qui n’a pas de solu­tion n’est pas un pro­blème, n’est ce pas :-) ?

    En guise de solu­tion, on peut citer par exemple l’approche pro­née par le pro­jet Mono sup­porté par la société Ximian, consis­tant à por­ter le coeur de .Net sur, entre autres nom­breuses pla­te­formes, (voir http://tirania.org/blog/archive/2011/Dec-21.html) iOS et Android, en lais­sant la pos­si­bi­lité de les inté­grer dans des appli­ca­tions ‘natives’ pour cha­cune de ces systèmes…

    On peut égale­ment citer une approche pro­po­sée par Google et son pro­jet open source NaCl / PNaCl:

    https://developers.google.com/native-client/
    Native Client Event: Decem­ber 8, 2011
    http://www.youtube.com/watch?v=g3aBfkFbPWk

    consis­tant à faire tour­ner des appli­ca­tions natives mais sécu­ri­sées ayant accès au contexte HTML de la page dans laquelle elles sont embar­quées en ayant accès à une riche biblio­thèque de fonc­tions, inté­grant entre autres des capa­ci­tés 3D.

    NaCl fait l’objet d’une acti­vité tierce très sou­te­nue
    - la machi­ne­rie .Net y est inté­grée
    - le moteur mul­ti­pla­te­forme d’interface uti­li­sa­teur Qt:
    http://qt.nokia.com/
    est en cours d’intégration dans NaCl
    http://developer.qt.nokia.com/wiki/Qt_for_Google_Native_Client

    Ces ini­tia­tives me semblent très pro­met­teuses, et font consi­dé­rer avec iro­nie la foca­li­sa­tion récente de Micro­soft sur HTML5/JS au détri­ment de .Net, tech­no­lo­gie qui aurait pu consti­tuer un for­mi­dable socle pour récon­ci­lier les approches appa­rem­ment contra­dic­toires sur les­quelles portent votre analyse.

  • [10] - Bruno a écrit le 26 décembre 2011 :

    Merci pour cette ana­lyse encore une fois brillante. D’abord une remarque sur un détail :

    - “des pro­to­coles non HTML”. Hmmm : http ?

    Ensuite, quelques points pour ali­men­ter la discussion :

    - Sans faire une pub exces­sive, Opera fait exac­te­ment ce qui est repro­ché à Safari dans cet article : mas­quer les barres d’URL en haut, et de navi­ga­tion en bas (mode “plein écran”). Et effec­ti­ve­ment, il n’y a pas d’intérêt à ins­tal­ler toutes ces applis qui se contentent de pré­sen­ter de l’information web. Ca prend de l’espace mémoire & du cache, de la bande pas­sante, .… pour aucune valeur ajoutée.

    - Je vois égale­ment une sixième rai­son à ne pas s’appfier (pour une enseigne com­mer­ciale) : le réfé­ren­ce­ment. Dans des apps­tores à 1 mil­lion d’entrée, celui-ci devient très approxi­ma­tif, et, en l’absence de lien, finira par ne plus être pos­sible. Pour l’instant, tou­te­fois, les entre­prises sont dans le “me too” et ne se pré­oc­cupent pas de la ratio­na­li­sa­tion des médiums de com­mu­ni­ca­tion. Ca ne devrait pas durer (mode optimiste=“on”).

    - Enfin, depuis que j’ai ma tablette, j’ai redé­cou­vert le plai­sir de l’informatique domes­tique, là ou le PC ouvert&versatile avait fini par me las­ser (par son admi­nis­tra­tion trop pré­sente). Il me fau­dra du temps (et d’autres argu­ments) pour faire le che­min inverse !

  • [11] - Olivier Ezratty a écrit le 26 décembre 2011 :

    Bien vu pour HTTP. Ne pas confondre pro­to­cole et lan­gage ! C’est corrigé !

    La sixième rai­son est un after-effect de la non “sear­cha­bi­lité” des conte­nus des appli­ca­tions. Pas de search => pas de SEO ! Et si il existe bien des tech­niques de réfé­ren­ce­ment des appli­ca­tions dans les apps­tores, elles ne sont pas “méca­ni­sables” autant que dans le cas du SEO.

  • [12] - laurange a écrit le 28 décembre 2011 :

    J’aimerais mettre en avant deux points :
    - le web/html ne coûte pra­ti­que­ment rien quand le ser­vice internet/apps existe donc peu de chance de le voir dis­pa­raître; c’est juste une mise en forme des mêmes infos.
    le réfé­ren­ce­ment peut être opéré autrement.

    - ce sont les uti­li­sa­teurs qui décident du suc­cès et pas les éditeurs ou les socié­tés infor­ma­tiques.
    donc si les apps sont plus pra­tiques que les sites web, les “four­nis­seurs d’informations” n’auront pas le choix

  • [13] - mmathieum a écrit le 6 janvier 2012 :

    “Les appli­ca­tions des maga­sins d’applications fonc­tionnent géné­ra­le­ment en silo et ne com­mu­niquent pas entre elles.“
    C’est vrai sur iOS mais c’est faux sur Android ou Win­dows­Phone. C’était même l’un des argu­ments de Micro­soft lors de la sor­tie de WindowsPhone7.
    Sous Android, le ‘SHARE’ uni­ver­sel est un bon exemple de com­mu­ni­ca­tion inter-application.

    Je me désole égale­ment que les gens uti­lisent de plus en plus Face­book pour toutes leurs télé­com­mu­ni­ca­tions aux détri­ments de l’email…
    On le voit bien avec Face­book et Apple, les gens uti­lisent ce qui fonc­tionnent bien sans vrai­ment se pré-occuper que 2 socié­tés (amé­ri­caines en plus ;) ) contrôlent une grande par­tie de leur communications.

    En fait, heu­reu­se­ment que cer­taines per­sonnes dans notre entou­rage ne sont tou­jours pas sur Face­book car ça nous rap­pelle à quel point ce site est fermé au niveau des communications.

  • [14] - Wizzz a écrit le 16 janvier 2012 :

    D’ici là Google aura pha­go­cyté le web !

  • [15] - JJF a écrit le 17 janvier 2012 :

    Excellent article, si rare sur le web..

    Je crois sur­tout que cer­tains construc­teurs essaye de mini­te­li­ser l’informatique
    - Rendre l’univers clos
    - Faire que chaque geste de uti­li­sa­teur lui soit rému­néré.
    - Empê­cher l’utilisateur d’aller ailleurs (liens ren­dus internes , soft incom­pa­tible entre machines
    - Défi­nir ce que l’utilisateur a le droit de faire ou pas.

    Bref une totale régres­sion de l’informatique qui a connu son suc­cès (le pc) face au main­frame grace à son ouver­ture hard­ware et software…

    Il est temps que les jour­na­listes parlent un peu plus de cette des­cente de l’informatique, qui risquent de conduire à une mini­te­li­sa­tion, et une frag­men­ta­tion incom­pa­tible des appareils..

    Si l’on avait dit il y a 10 ans que désor­mais pour ins­tal­ler un logi­ciel il fal­lait avoir l’autorisation du construc­teur et faire son achat chez ce même construc­teur, beau­coup auraient crier au fou..Et pour­tant c’est ce qui arrive ou en prend la voie.

    L’informatique et le net furent un espace de liberté incroyable , ne la lais­sons pas aux mains de quelques construc­teurs qui sou­haitent se l’approprier.

    Lorsque la TV fut créée, chaque chaine vou­lait que le client pos­sède un écran unique s’y atta­chant.. Ne tom­bons pas dans ce piège carcéral.

  • [16] - ecreatures a écrit le 23 janvier 2012 :

    Juste un point de detail sur l’exemple app / web app du Point
    sur Safari mobile une ligne de code suf­fit pour cacher la barre d’adresse du navigateur…cellle ci dis­pa­rait car­re­ment quand on a ajouté l’appli a l’ecran d’accueil
    Sur iOs le coté natif per­met une liai­son plus ‘intime’ avec l’utilisateur notament grace aux notifications…et a d’autres feed­back qu’on peut recu­pe­rer en tache de fond. Du coté de l’editeur c’est un plus.




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