Faut-il avoir si peur de la loi Hadopi ?

Publié le 21 mars 2009 et mis à jour le 22 mars 2009 - 59 commentaires -
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Je ne m’étais pas exprimé sur le sujet de la loi Créa­tion et Inter­net, dite HADOPI, du nom de la haute auto­rité que la loi va créer et qui contrô­lera le res­pect de la pro­priété intel­lec­tuelle des conte­nus sur Inter­net. Un appel cette semaine de Rue89 et l’appel à l’aide de Daily Motion à NKM me poussent à creu­ser un peu le sujet et à m’exprimer des­sus. Cela ne sera pas court, vous en avez l’habitude. Mais ce sujet ne se sur­vole pas en quelques lignes !

Nous allons dans ce post exa­mi­ner cette loi, voir ce qu’elle a de bon et de moins bon et com­ment elle pour­rait être amé­lio­rée. Nous épilo­gue­rons ensuite sur la posi­tion de NKM dans ce débat.

Beau­coup de lecture…

Je me suis alors rendu sur les sites per­met­tant d’en savoir plus sur la loi. Autant aller à la source et ne pas se conten­ter de lire les com­men­taires divers sur la loi.

Le site du Minis­tère de la Culture détaille les motifs de la loi et fait la part belle à la posi­tion des artistes, cer­tains comme Luc Bes­son étant récem­ment mon­tés au cré­neau. Notons que le site est visi­ble­ment en Ajax et qu’il n’est pas pos­sible de conser­ver une URL des dos­siers ! Grrrr ! Mais pour une fois, le gou­ver­ne­ment fait preuve d’un peu de péda­go­gie dans la pro­mo­tion d’une loi. Avec notam­ment ce petit dos­sier “Cinq idées fausses sur le pro­jet de loi”. Mais pour l’instant, cette péda­go­gie n’a pas beau­coup d’effets sur l’opinion.

Les tra­vaux des deux assem­blées sur cette loi montrent qu’il y a eu envi­ron 445 amen­de­ments dépo­sés pour sa seconde lec­ture à l’Assemblée Natio­nale qui a démarré le 11 mars et repren­dra le 30 mars pro­chain pour se ter­mi­ner le 8 avril. La ver­sion com­men­tée du pro­jet de loi avec une intro­duc­tion est ici même, sui­vie de son texte inté­grant les amen­de­ments des deux assem­blées. Un seul amen­de­ment de l’opposition a pour l’instant été accepté en seconde lec­ture sachant qu’environ 10% des amen­de­ments ont été exa­mi­nés par l’Assemblée Natio­nale, selon son site web.

Plus de peur que de mal ?

Deux tiers de la loi concernent les mesures de riposte gra­duée contre le pira­tage consis­tant à aver­tir les inter­nautes contre­ve­nants par moyen élec­tro­nique, puis par cour­rier recom­mandé, puis de cou­per sa liai­son Inter­net. Sachant que tout ce pro­ces­sus peut durer 18 mois et que la der­nière étape est assor­tie d’un pro­ces­sus contra­dic­toire per­met­tant en théo­rie à l’Internaute de se défendre des faits qui lui sont repro­chés. Le tout est géré hors de toute pro­cé­dure judi­ciaire, par la HADOPI, la Haute Auto­rité pour la Dif­fu­sion des Oeuvres et la Pro­tec­tion des Droits sur Inter­net, qui serait sol­li­ci­tée par les ayants droits consta­tant par leurs propres moyens les faits délic­tueux de pira­tage de leurs contenus.

Un autre tiers de la loi vise à déve­lop­per l’offre légale de conte­nus, en modi­fiant timi­de­ment la chro­no­lo­gie des médias pour que les films soient dis­po­nibles plus tôt (un mois plus tôt…) en télé­char­ge­ment légal. Cette par­tie de la loi est encore impré­cise et laisse libre court à la créa­ti­vité des busi­ness concernés.

Cette loi pré­sente tout de même quelques points posi­tifs par rap­port à l’existant DADVSI :

  • Elle dépé­na­lise de fait le pira­tage. Même si la DADVSI n’est pas bien appli­quée, n’oublions pas ces his­toires “pour l’exemple” d’ensei­gnants condam­nés à de lourdes amendes pour télé­char­ge­ment illé­gal de musique (dans l’exemple, avant le vote de la DADVSI). Résul­tat, sauf cas extrêmes, un pirate pris la main dans le sac ne ris­quera pas d’alimenter son casier judi­ciaire ni même de payer d’amende. Cer­tains dépu­tés demandent à ce que la cou­pure Inter­net soit pro­non­cée par la jus­tice (amen­de­ment 121 déposé par la majo­rité et 265 déposé par l’opposition). Mais cela repé­na­li­se­rait le pira­tage. Ce n’est pas for­cé­ment une bonne idée ! En même temps, au prix d’une non impli­ca­tion de la jus­tice, la pré­somp­tion d’innocence est négli­gée tout du moins aux débuts de la riposte graduée.
  • Elle met en place une riposte gra­duée qui devrait avoir un fort effet péda­go­gique. Le pre­mier email et le cour­rier recom­mandé envoyé six mois plus tard en cas de réci­dive devraient avoir un effet dis­sua­sif du télé­char­ge­ment illé­gal sur 90% des Inter­nautes concernés.
  • Le pro­ces­sus de la riposte gra­duée a l’air de res­pec­ter la vie pri­vée des Inter­nautes. Seule l’HADOPI se voit four­nir par les FAI les noms et adresses des Inter­nautes contre­ve­nants, pas les socié­tés de droits d’auteurs. Le nom des oeuvres pira­tées n’est rendu dis­po­nible à l’HADOPI qu’à la demande de l’Internaute et dans le cadre d’une pro­cé­dure contradictoire.
  • La loi rap­pelle un fon­de­ment clé du droit d’auteur : un auteur a le droit d’être rému­néré et le non res­pect du droit d’auteur n’est pas accep­table. Sachant que les auteurs sont libres de choi­sir le mode de dif­fu­sion de leur oeuvre. Per­sonne n’empêche qui­conque de dif­fu­ser son oeuvre avec une licence Crea­tive Com­mons ou de par­ta­ger sa musique sur Jamendo.

Signa­lons que les USA et le Royaume-Uni semblent vou­loir mettre en place un dis­po­si­tif simi­laire, mais sans l’intermédiation d’une auto­rité indé­pen­dante. Reste à savoir com­ment cela fonc­tion­nera exac­te­ment dans ces pays et quels y seront les effets de bord de la mesure (men­tion ajou­tée le 22/3/2009).

Une loi gruyère

 Pour et contre HADOPI

En même temps, la loi pré­sente des zones d’ombres qui expliquent la résis­tance. Elles sont liées à l’imprécision et au flou sur sa mise en oeuvre, dont une part est lais­sée à l’appréciation de décrets d’applications de la loi qui pré­ci­se­ront par exemple “les condi­tions dans les­quelles les sanc­tions peuvent faire l’objet d’un sur­sis à exé­cu­tion” et “les juri­dic­tions com­pé­tentes pour connaître de ces recours”. Ces défauts ne sont pas rédhi­bi­toires et Le gou­ver­ne­ment pour­rait très bien modi­fier son pro­jet pour le rendre accep­table. Mais les débats par­le­men­taires semblent mon­trer une inflexi­bi­lité gou­ver­ne­men­tale et des com­mis­sions par­le­men­taires asso­ciées contrô­lées par la majorité.

Nous avons donc :

  • Un pro­ces­sus de concer­ta­tion qui a donné la part belle aux ayant-droits et laissé un peu de côté les consom­ma­teurs et leurs repré­sen­tants, sans comp­ter le sec­teur des entre­prises de l’Internet. Le texte de loi aurait même été très lar­ge­ment ins­piré si ce n’est rédigé par des repré­sen­tants de ces ayant-droits. Rien de bizarre : c’est le cas d’une majo­rité de textes de loi !
  • La com­po­si­tion de la HADOPI n’intègre pas de manière sta­tu­taire des repré­sen­tants des consom­ma­teurs (dans les quatre per­son­na­li­tés dites qua­li­fiées et nom­mées par les ministres com­pé­tents). L’amendement 407 déposé par les dépu­tés du PS va dans ce sens, tout comme le 178. Il n’a pas encore été exa­miné. Le gou­ver­ne­ment va-t-il s’y oppo­ser ? Par contre, la loi pré­voit qu’aucun membre de la HADOPI ne peut pro­ve­nir du sec­teur des conte­nus ce qui limi­tera les conflits d’intérêt.
  • La com­plexité du pro­ces­sus de mise en place de la riposte gra­duée. On ne sait pas trop quelle est la part des auto­ma­tismes dans le pro­ces­sus (l’HADOPI sera dimen­sion­née pour géné­rer 1000 aver­tis­se­ments et déci­sions par jour !) et des étapes manuelles (pro­cé­dure contra­dic­toire, déclen­che­ment de la cou­pure Internet).
  • La com­plexité tech­nique : quels méca­nismes de pira­tage seront iden­ti­fiés par les FAI ? Les logi­ciels peer to peer ? Le strea­ming illé­gal (visi­ble­ment, non, selon Luc Bes­son) ? Le simple télé­char­ge­ment avec un “Save as…” dans un navi­ga­teur ? Quid des uti­li­sa­teurs mobiles uti­li­sant des bornes Wifi gra­tuites ? Un rap­port du CGTI tente d’éclaircir la situa­tion et chiffre le coût des mesures tech­niques à 70m€ pour les FAI. Ces incon­nues génèrent des objec­tions telles que celle-ci assez faciles à démon­ter au demeu­rant. La cou­pure d’un accès Inter­net n’est que la troi­sième étape du pro­ces­sus prévu par la loi. Avant toute cou­pure, il doit y avoir télé­char­ge­ment répété et proac­tif de conte­nus pro­té­gés par le droit d’auteur et sur une longue durée (18 mois). Par contre, si un uti­li­sa­teur ne sécu­rise pas son point d’accès Wifi et que celui-ci est uti­lisé par un pirate externe au foyer, il sera res­pon­sable. Donc, les uti­li­sa­teurs devront apprendre à mettre en place leurs clés WEP et le fil­trage par adresse MAC. Bon­jour les dégâts !
  • Les res­sources de l’HADOPI seront de sept per­sonnes à temps plein dont trois juges et d’un bud­get de 6,6m€ (et donc, de sous-traitance, mais de quoi ?). Est-ce que cela sera suf­fi­sant pour mener à bien la par­tie manuelle du pro­ces­sus de la riposte gra­duée ? Les Inter­nautes pour­ront bien se défendre contrai­re­ment aux allé­ga­tions anti-HADOPI comme celle-ci, mais ce n’est pas assez pré­cis : com­ment seront gérées les pro­cé­dures contra­dic­toires ? La bonne nou­velle est que l’HADOPI risque fort de subir un engor­ge­ment de pro­cé­dures déclen­chées par les socié­tés de droits d’auteur. Seules quelques cen­taines de pro­cé­dures émer­ge­ront qui auront valeur d’exemple et de “pédagogie”.
  • La cou­pure de la ligne Inter­net est une mesure peut-être dis­pro­por­tion­née. C’est aussi une puni­tion col­lec­tive et non plus indi­vi­duelle dans un foyer car tous les membres sont poten­tiel­le­ment connec­tés à Inter­net. Sans comp­ter le cas des Inter­nautes dont la liai­son Wifi insuf­fi­sam­ment sécu­ri­sée aurait été accé­dée par des uti­li­sa­teurs indé­li­cats avoi­si­nants. La cou­pure empê­che­rait l’usage de ser­vices divers dont les ser­vices publics. L’Internet est comme l’électricité : de plus en plus vital dans la vie courante.
  • L’impossibilité pra­tique pour l’Internaute de se défendre avant la sanc­tion de la cou­pure de l’accès Inter­net dans la riposte gra­duée (men­tion ajou­tée le 22/3/2009).
  • La loi n’évoque pas spé­ci­fi­que­ment le cas de la pho­to­gra­phie et des oeuvres gra­phiques. Il y a aussi beau­coup de contre­ve­nants dans ce sec­teur d’activité. Mais les contre­ve­nants sont les médias, pas les consom­ma­teurs. Alors, deux poids deux mesures ? Un pho­to­graphe indé­pen­dant pourra-t-il faire cou­per l’accès à Inter­net à un site web qui ne res­pecte pas son droit d’auteur ?

Cette loi ne sera donc pas dif­fé­rente de plein d’autres lois : une idée pas for­cé­ment mau­vaise au départ, mais un mon­tage et une exé­cu­tion qui pour­raient ne pas fonc­tion­ner du tout.

Mais la loi pour­rait n’être égale­ment qu’un grand gâchis de res­sources pour notre pays. Com­bien de temps passé par les uns et les autres sur la loi ? Par les entre­pre­neurs de l’Internet et des télé­coms pour en com­prendre les tenants et les abou­tis­sants, au lieu de se foca­li­ser sur la créa­tion de valeur ?

Dia­logue de sourds à la française

En gros, on peut com­prendre les inquié­tudes des uns et des autres sur cette loi, mais en même temps, trou­ver que les pro­ta­go­nistes de l’affaire sont bien hypocrites :

  • Les ayant droits des conte­nus qui crient au loup contre le pira­tage, font usage de don­nées contes­tables expli­quant la baisse du chiffre d’affaire des sup­ports numé­riques tra­di­tion­nels (CD, DVD) et ne se remettent pas bien en cause face aux défis du numé­rique et de l’Internet, tout en fai­sant créer et en gérant des taxes sur la copie pri­vée par­fai­te­ment abu­sives (la France est pro­ba­ble­ment le pays où un DVD vierge coûte le plus cher au monde).
  • Des Inter­nautes et leurs repré­sen­tants qui abusent un peu d’arguties autour du concept fourre tout de liberté pour défendre ou expli­quer le pira­tage : et de bâtir des théo­ries du com­plot diverses sur le contrôle de l’Internet par le pou­voir en place, et de confondre liberté d’expression sur Inter­net et liberté de pira­ter les conte­nus des auteurs, et d’expliquer que les artistes n’ont qu’à faire des concerts pour géné­rer du revenu ou encore, de jus­ti­fier le pira­tage parce que tout le monde pirate ou parce que l’industrie des conte­nus n’a pas évolué assez rapi­de­ment. Un der­nier argu­ment qui rap­pelle les jus­ti­fi­ca­tions contre les mesures de ren­for­ce­ment de la pré­ven­tion rou­tière ces trente der­nières années (port obli­ga­toire de la cein­ture, radars, alcool au volant, usage des mobiles, etc). A force de lut­ter contre le prin­cipe même de la riposte gra­duée et de ne pas avan­cer de pro­po­si­tions pré­cises, ils rendent dif­fi­cile la créa­tion d’un compromis.

 HADOPI sur ecoute

  • Un gou­ver­ne­ment qui a bien plus écouté les indus­triels des conte­nus et les auteurs que les consom­ma­teurs et le monde de l’Internet en géné­ral. Il a créé sous cou­vert de “péda­go­gie” une loi met­tant en place une véri­table usine à gaz pleine de trous et incer­ti­tudes sur les détails de mise en oeuvre. La loi risque bien d’être inap­pli­cable et inap­pli­quée dans la pra­tique. Le gou­ver­ne­ment n’a pas cher­ché à bâtir un véri­table consen­sus et il pro­fite de ce que les contre pou­voirs des consom­ma­teurs ne sont pas opé­rants car n’ayant pas la “force de la rue”, ni même des grands médias où le sujet est peu traité.

Bref, un peu comme dans le binôme patrons/syndicats, nous avons un dia­logue de sourds à la fran­çaise qui a bien du mal à accou­cher de quelque chose de raisonnable.

Peut-on amé­lio­rer la loi ?

Il est encore temps de cor­ri­ger cette loi et sa mise en oeuvre sachant qu’elle sera de toutes manières votée quoi qu’il arrive. 

Des amen­de­ments pro­po­sés en seconde lec­ture à l’Assemblée tant par l’opposition que par la majo­rité pour­raient rendre cette loi accep­table par l’ensemble des par­ties pre­nantes. Si l’UMP et le gou­ver­ne­ment y met­taient du leur et ne cédaient pas qu’aux sirènes des lob­bies des conte­nus, ils pour­raient bien sor­tir par le haut de cette affaire.

Le PS ferait sinon bien d’affiner sa stra­té­gie ! Car, d’un côté, le groupe PS du Sénat a voté la loi en pre­mière lec­ture en octobre 2008, et de l’autre, les dépu­tés PS déposent des amen­de­ments contra­dic­toires entre eux (cer­tains, pour sup­pri­mer la riposte gra­duée, d’autres pour l’aménager).

La lec­ture des 445 amen­de­ments dépo­sés en seconde lec­ture à l’Assemblée four­nit en tout cas de nom­breuses pistes intéressantes :

  • La loi pour­rait com­men­cer par ajou­ter un ou deux repré­sen­tants des consom­ma­teurs dans la com­po­si­tion de la HADOPI.
  • Un amen­de­ment déjà adopté a prévu un éche­lon inter­mé­diaire dans la riposte gra­duée qui consiste à blo­quer au niveau du FAI les pro­to­coles d’accès aux logi­ciels de télé­char­ge­ment peer to peer : « 1° bis (nou­veau)  En fonc­tion de l’état de l’art, la limi­ta­tion des ser­vices ou de l’accès à ces ser­vices, à condi­tion que soit garan­tie la pro­tec­tion des œuvres et objets aux­quels est atta­ché un droit d’auteur ou un droit voi­sin”. Ce fil­trage ne blo­que­rait pas la liai­son Inter­net du consom­ma­teur, sur­tout lorsqu’elle est par­ta­gée entre parents et enfants dans un même foyer. On se demande dans ces condi­tions à quoi ser­vi­rait fina­le­ment l’échelon sui­vant consis­tant à cou­per la liai­son Inter­net du consommateur.
  • Les amen­de­ments 122, 190 et 277 dépo­sés par la majo­rité pro­posent la créa­tion d’une amende de pre­mière caté­go­rie en lieu et place de la cou­pure de l’accès Inter­net. Xavier Niel de Free a aussi sug­géré la créa­tion d’une telle amende (de 11€).
  • La répar­ti­tion des rôles assez alam­bi­quée entre les ayants droits (qui doivent consta­ter les délits), l’HADOPI (qui doit mettre en oeuvre la riposte gra­duée), les FAI (qui appliquent les déci­sions de la HADOPI, qui ne sont pas des déci­sions de jus­tice), les consom­ma­teurs (et leurs moyens de recours, assez impré­cis) et la jus­tice (uti­li­sée en der­nier recours) devrait être pré­ci­sée. Sans comp­ter le pro­ces­sus d’identification des pirates qui est à la charge des FAI et sans contre­par­tie. Quels sont les moyens pour les consom­ma­teurs dans la pro­cé­dure contra­dic­toire ? Sur­tout pour ceux qui ne sont pas des experts infor­ma­tiques et seront dému­nis ? Une autre forme de frac­ture numé­rique qu’il fau­drait éviter de créer !
  • La pos­si­bi­lité pour l’Internaute de se défendre avant la sanc­tion de la cou­pure d’accès Inter­net, res­pec­tant ainsi un prin­cipe de base de toute jus­tice, même si elle est délé­guée à une Haute Auto­rité (men­tion ajou­tée le 22/3/2009).
  • C’est pro­ba­ble­ment trop tard pour la loi HADOPI, mais il aurait mieux valut qu’elle traite plus sérieu­se­ment de l’offre légale, qu’elle revoie de fond en comble la chro­no­lo­gie des médias qui n’est plus adap­tée à la réa­lité de l’Internet et qu’elle réexa­mine le bien­fondé de toutes ces taxes sur la copie pri­vée. L’une d’entre elles me fait bon­dir : la taxe de 45€ qui touche les set-top-boxes enre­gis­treuses de télé­vi­sion numé­rique, y com­pris celles qui sont tota­le­ment fer­mées comme le Cube de Canal+. On paye deux fois les conte­nus aux ayants droits : par un abon­ne­ment chè­re­ment payé à Canal+ (qui finance au pas­sage des conte­nus que l’on n’apprécie pas for­cé­ment comme la Ligue de Foot…) et ensuite par cette taxe rever­sée aux ayants droits ! La chro­no­lo­gie des médias doit être revue pour per­mettre l’éclosion d’offres légales de TV sur Inter­net inté­grant TV en direct, vidéo à la demande et catch-up TV sans for­cé­ment subir l’intégration ver­ti­cale des opérateurs.
  • La mise en place d’un pro­ces­sus d’évaluation de la HADOPI après une ou deux années de fonctionnement.

Si le gou­ver­ne­ment vou­lait à la fois res­pec­ter l’esprit de cette loi et cher­cher à abou­tir à un consen­sus sans pas­ser par la manière forte, il devrait faire des gestes dans le sens de ces amé­lio­ra­tions dans la pro­cé­dure par­le­men­taire en cours !

Oui, je sais, je rêve à blog ouvert… :) .

Un schéma pour com­prendre la riposte graduée

 Schema HADOPI

Pour m’y retrou­ver dans la loi HADOPI, j’ai construit le petit schéma ci-dessus, tra­di­tion oblige. Il décrit le pro­ces­sus de la riposte gra­duée et les variantes pro­po­sées. Comme il sera illi­sible sur votre navi­ga­teur pré­féré, vous pou­vez le télé­char­ger au for­mat PDF.

Le schéma donne le tour­nis. En effet, il met bien en évidence la com­plexité du pro­ces­sus de la riposte gra­duée. Plus c’est com­plexe, plus nom­breux sont les risques : sur la vie pri­vée, sur les recours, sur le grip­page de la machine, etc.

Pro­chaine étape : la boite noire obli­ga­toire dans tous les véhi­cules qui enre­gistre la vitesse et la posi­tion GPS du véhi­cule et la com­pare aux limites de vitesse. A chaque contrôle tech­nique, vidage de la boite noire et contra­ven­tions auto­ma­tiques. Ou bien, en ver­sion plus cou­teuse, émet­teur 3G inté­gré dans la boite noire pour ver­ba­li­sa­tion temps réel. Cau­che­mar ? Cela sera pos­sible un jour… Il y a déjà des boites noires voi­sines dans les camions.

Daily Motion inter­pelle NKM… sur un autre sujet

Mer­credi 18 mars 2009, Le Figaro publie une lettre ouverte de Mar­tin Rogard de Daily Motion France à Natha­lie Kosciusko-Morizet lui deman­dant de défendre les Inter­nautes et les socié­tés du sec­teur face aux attaques répé­tées et anxio­gènes de son propre camp (Lefebvre, Bou­tin, Morano).

 NKM et DailyMotion

Le même jour, Rue89 reprend le point en met­tant en évidence la situa­tion déli­cate de NKM dans ce dos­sier qui ne s’exprime pas assez ou pas du tout sur tous ces débats qui remettent en cause où les Inter­nautes ou l’Internet en géné­ral. J’ai été contacté par Julien Mar­tin, le jour­na­liste du site ayant écrit cet article. Et cité comme suit au sujet de la posi­tion de NKM.

NKM réagis­sait dans la jour­née même et dans un style très direct à cette lettre ouverte de Daily Motion dans une note publiée sur son compte Face­book. On y découvre des rela­tions quelque peu inces­tueuses du monde des médias et des télé­coms avec des allers et retours entre cabi­nets minis­té­riels et sec­teur privé. Mar­tin Rogard a effec­ti­ve­ment été Conseiller au Cabi­net de Don­ne­dieu de Vabres au moment de la créa­tion et du vote de la loi DADVSI en 2006, loi dont l’aspect répres­sif contre le pira­tage était mani­feste. Son père, Pas­cal Rogard, est le pré­sident de la SACD, l’une des prin­ci­pales socié­tés de droits d’auteur qui anime par ailleurs un blog assez animé. Alors, bizarre ? Soit il y a oppo­si­tion dans la famille, ce qui arrive sou­vent, et il n’y a rien à redire. Soit il y a au contraire conni­vence et l’attitude de Mar­tin Rogard serait des plus dou­teuses. Dif­fi­cile de savoir. Pas­cal Rogard réagis­sait ensuite à la réponse de NKM et cal­mait le jeu.

En tout cas, Chris­tine Alba­nel doit se sen­tir bien seule à défendre cette loi HADOPI. Elle ver­rait pro­ba­ble­ment d’un bon oeil d’autres Ministres mon­ter au cré­neau par soli­da­rité gou­ver­ne­men­tale, NKM en pre­mier. Pour par­ta­ger les pots cassés ?

Mais voilà, NKM ne veut pas trop se mouiller, n’étant pas à l’origine de cette loi. Elle se contente donc de la sou­te­nir du bout des doigts et de pré­pa­rer l’après vote de la loi. Une posi­tion sage qui ménage le futur mais qui dans le même temps fait mon­ter les enchères sur les attentes vis à vis d’elle dans le sec­teur du numé­rique. Elle devra avoir une prise de parole claire une fois la loi HADOPI adop­tée et les esprits quelque peu calmés.

NKM pour­rait cepen­dant manoeu­vrer via l’UMP pour pous­ser l’Assemblée à accep­ter des amen­de­ments de dépu­tés et séna­teurs assou­plis­sant le pro­jet de loi HADOPI et ména­ger le futur.

En effet, l’UMP ayant la majo­rité des voix à l’Assemblée, c’est par elle qu’il faut pas­ser pour faire avan­cer le dos­sier, le PS jouant déjà son rôle d’aiguillon (men­tion ajou­tée le 22/3/2009).

NKM devra aussi s’assurer que l’approche péda­go­gique pren­dra véri­ta­ble­ment le pas sur l’approche répres­sive et réta­blir le dia­logue avec les consommateurs. 

Elle devra sur­tout s’attaquer sérieu­se­ment au déve­lop­pe­ment des offres légales, à la révi­sion de la chro­no­lo­gie des médias pour ouvrir le mar­ché et à l’aide aux socié­tés du sec­teur numé­rique sérieu­se­ment mise à mal par les prio­ri­tés actuelles en faveur des gazelles.

Le tout avec un rôle de coor­di­na­tion inter­mi­nis­té­rielle qui relève d’un équi­li­brisme poli­tique pas évident. Si elle s’en sort bien, ce sera une véri­table super­wo­man de la poli­tique. Sinon, son étoile pâlira et elle ira faire autre chose … !

En atten­dant, j’aime bien Dee­zer… et c’est légal. Ouf !

Publié le 21 mars 2009 et mis à jour le 22 mars 2009 Post de | France, Innovation, Internet, Loisirs numériques, Politique, Technologie | 32897 lectures

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Les 59 commentaires et tweets sur “Faut-il avoir si peur de la loi Hadopi ?” :

  • [1] - Pierre a écrit le 21 mars 2009 :

    Article très com­plet en effet. Le sujet touche glo­bla­le­ment aux oeuvres de l’esprit au coeur du numé­rique : musique, texte, images…codes infor­ma­tiques (open source). La ren­ta­bi­lité doit se cal­cu­ler ailleurs ou autre­ment. Cap Digi­tal à Paris devraient lan­cer un grand appel à pro­jets réunis­sant star­tups du numé­riques et artistes pour trou­ver de nou­velles façon de rému­né­rer ces conte­nus tout en les ren­dant acces­sibles au plus grand nombre. Je dis peut être un peu n’importe quoi. Mais pour le relier jus­te­ment aux pro­blé­ma­tiques écono­miques des jeunes entre­prises du net, il aurait été inter­es­sant de lan­cer de grands pro­grammes “culture numé­rique“
    Avec le numé­rique, on se passe des inter­mé­diaires : mai­son d’édition, mai­son de disques, etc. Ce sont ces inter­mé­diaires qui font la gueule avec le télé­char­ge­ment illé­gal. Pas les artistes. Cer­tains ont réussi à vendre en ligne (coût modique). Il y a ensuite les concerts qui rap­portent encore beau­coup.
    Concer­nant le jour­na­lisme, la chute de la presse écrite au pro­fit de la presse en ligne (quasi gra­tuite aussi). Le pro­blème est iden­tique et pour­tant d’autres modèles de ren­ta­bi­lité existent.
    Pour l’instant seule la pub per­met de géné­rer un revenu… C’est un peu juste. Ou bien, il faut faire un contenu tel­le­ment spé­cial que l’internaute accepte de payer (sorte de ser­vice “Pre­mium” ou “Gold”)…
    Il y a une véri­table réflexion glo­bale à mener. De nom­breux indus­triels du net planchent déjà sur le sujet.

  • [2] - Aurélien a écrit le 21 mars 2009 :

    >Elle dépé­na­lise le piratage.

    Faux, les ayants droits pour­ront tou­jours atta­quer en jus­tice un “pirate” pour contre­fa­çon (300 000 euro d’amende et 3 ans de pri­son max).
    En fait Hadopi crée même un nou­veau délit: la non sécu­ri­sa­tion de l’accès internet.

    Mais reve­nons à la ques­tion posée:
    Faut-il avoir si peur de la loi Hadopi ?
    Non bien sûr, elle ne sera pas plus appli­cable de DADVSI

  • [3] - Aurélien a écrit le 21 mars 2009 :

    @Pierre
    >Article très com­plet en effet.

    C’est quand même bien moins com­plet que le dos­sier de 42 pages de la qua­dra­ture du net
    http://www.laquadrature.net/fr/olivennes-HADOPI-creation-et-internet

  • [4] - Guyome a écrit le 21 mars 2009 :

    Je suis quand mal éton­ner de lire ça
    “Des Inter­nautes et leurs repré­sen­tants qui abusent un peu d’arguties autour du concept fourre tout de liberté pour défendre ou expli­quer le pira­tage : et de bâtir des théo­ries du com­plot diverses sur le contrôle de l’Internet par le pou­voir en place” quand on voit la qua­lité des pro­po­si­tions de Phi­lipe Aigrain (la qua­dra­ture du net) sur la “licence glo­bale”. Où il pro­pose de rétri­buer les échanges cultu­rels hors-marché (le pira­tage) par une taxe. Juste puisque tous, même ceux qui n’ont pas d’ordinateur, pro­fitent du télé­char­ge­ment et légale puisqu’elle cor­res­pond au test en trois étapes qui déter­mine les excep­tions à la pro­priété intellectuelle.

    Si par “théo­rie du com­plot” vous vou­lez par­ler des pro­tec­tions juri­diques pro­po­sées par la loi. Ces fameux fire­wall qui “phone to home” pour assu­rer leurs acti­vi­tés. Il me semble nor­mal que les inter­nautes crient au loups. Quoi de plus sen­sible qu’un logi­ciel qu écoute vous com­mu­ni­ca­tion et qui trans­met des infor­ma­tion à une entre­prise ? Ins­tal­le­riez vous ce type de logiciel?

  • [5] - jean a écrit le 21 mars 2009 :

    >Donc, les uti­li­sa­teurs devront apprendre à mettre en place leurs clés WEP et le fil­trage par adresse MAC

    NON il faut au mini­mum pas­ser en WPA car TOUTE clef WEP se casse en moins de 10 minutes, le fil­trage MAC ne sert à rien non plus.

    Une pro­tec­tion par clef WEP c’est comme si vous fer­miez votre porte et met­tiez la clef sous le paillasson…

  • [6] - Olivier Ezratty a écrit le 21 mars 2009 :

    @Guyome : je suis tou­jours étonné… par ces théo­ries du com­plot aux­quelles je fais allu­sion et qui cir­culent dans pas mal de com­men­taires. Comme quoi Sar­kozy cher­che­rait à contrô­ler la liberté sur Inter­net car sa poli­tique n’y est pas popu­laire, his­toire de pré­pa­rer sa réélec­tion en 2012. Les théo­ries du com­plot consistent aussi à pen­ser que les créa­teurs de ces lois ont des visées liber­ti­cides alors qu’ils gèrent un équi­libre déli­cat entre les droits des auteurs et ceux des Inter­nautes. Certes, comme je l’indique dans mon post, en favo­ri­sant trop les auteurs et ayant-droits.

    Sinon, où est cette men­tion d’un logi­ciel “phone to home” dans la loi ? Le FAI sait déjà tout ce que l’on fait, à quoi on accède et quels pro­to­coles on utilise !

    @Aurélien : le délit sur la sécu­ri­sa­tion d’un accès exis­tait dès facto dans les pro­cé­dures judi­ciaires en pira­tage et contre­fa­çon (dans le cas du peer to peer) puisqu’un Inter­naute pou­vait être iden­ti­fié comme pirate à par­tir de son adresse IP. Le Minis­tère de la Culture indique que le pro­jet de loi vise “à détour­ner les ayants droits et les Inter­nautes de la voie pénale”.

    Oui, les dos­siers de Qua­dra­ture du Net sont bien faits. A ceci près qu’ils ont un tra­vers que j’ai décou­vert en menant ma propre enquête : des argu­men­taires qui s’émoussent avec le temps au gré des modi­fi­ca­tions de la loi. Les remarques de la CNIL ont par exemple été pour la plu­part prises en compte dans les révi­sions du texte. De plus, une par­tie sera trai­tée - OU PAS ! - dans les décrets d’application.

    Est-ce que le Conseil Consti­tu­tion­nel sera saisi par le par­le­ment ? Et cassera-t-il cer­taines dis­po­si­tions de la loi ? On verra bien. L’aspect juri­dique et consti­tu­tion­nel est très com­plexe. Il est dif­fi­cile de se pro­non­cer. Mais il semble que les points sou­le­vés par Phi­lippe Aigrain dans son ana­lyse juri­dique de la loi soient déjà trai­tés par le gou­ver­ne­ment. N’oublions pas aussi que la HADOPI sera consti­tuée de juges !

    Il est par contre qua­si­ment cer­tain que cette loi sera votée avant la fin du prin­temps. Il aurait été utile qu’un plus grand nombre de défauts soient cor­ri­gés avant la fin du pro­ces­sus par­le­men­taire. Mais l’approche fron­tale contre la loi rend dif­fi­cile la créa­tion d’un com­pro­mis. En effet, pour faire évoluer les choses, il fau­drait convaincre des dépu­tés de la majo­rité de chan­ger le cours des événe­ments, pas ceux de la gauche. Or un député UMP ne va pas s’engager à contre-courant de la loi. Pour bou­ger les lignes, il vau­drait mieux adop­ter une approche de lob­bying plus “gra­duelle”. Ca aussi, c’est de la realpolitik.

  • [7] - Olivier Ezratty a écrit le 21 mars 2009 :

    @Jean : oui, c’est vrai. Mais sur­tout face à des bidouilleurs qui connaissent les outils per­met­tant de cas­ser ces pro­tec­tions. Mais pour la moyenne des uti­li­sa­teurs, cela suf­fit. A noter que toutes les et rou­teurs Wifi anciens ne sup­portent pas le WPA !

  • [8] - macha a écrit le 22 mars 2009 :

    Oli­vier. Cette loi ne sert pas à grand chose au fond. Elle sera détour­née d’une façon ou d’une autre par l’innovation numérique.

    Cette loi sou­tient qui et pour­quoi ? Les mul­ti­na­tio­nales du disque ? Pour s’en mettre tou­jours plein les poches ? Pour des oeuvres qui n’en sont pas ? Je trouve scan­da­leux que l’on péna­lise à ce point les échanges de conte­nus. Les adresses IP ne doivent pas être com­mu­ni­quées à qui que ce soit, sur­tout pas pour ce genre d’acte. Quand on pense que c’est le “milieu cultu­rel” qui pousse à cela, cela me dégoute. Je suis d’accord pour qu’il y ait une sur­veillance des réseaux pédo­philes par exemple sur le net, mais pour les télé­char­ge­ments de musique gra­tuits, non. Il faut arrêter.

    Que toutes ces mai­sons de disque et artistes qui nous vendent leurs oeuvres à des tarifs pro­hi­bi­tifs, que le bou­clier fis­cal soit enfin levé. Puisque cette loi va être appli­qué en France (et pas ailleurs), que le bou­clier fis­cal soit levé puisque ces pseudo auteurs vont encore se gaver auprès des plus pauvres.

    Enfin, si M. Rogard est en lutte contre son père sur ce point, je lui dit “super”. C’est une guerre entre le conser­va­tisme et l’ouverture, l’innovation.

    Inter­net, c’est don­ner au plus grand nombre, ce que le monde réel ne réserve qu’à quelques uns. Ne lais­sons pas le milieu capi­ta­liste abî­mer notre Toile, une vraie oeuvre d’art en soi.

  • [9] - jean a écrit le 22 mars 2009 :

    Le pro­blème c’est que jus­te­ment ceux qui vont vou­loir éviter de ce faire prendre par l’HADOPI sont ceux qui sont au cou­rant de com­ment cas­ser une clef WEP, et fran­che­ment les outils qui existe sont à la porté de n’importe quel utilisateur.

    S.…wep a une inter­face “a la win­dows”, il suf­fit de cli­quer sur 3 bou­tons, de choi­sir dans 2 listes et hop on obtient la clef WEP et l’adresse MAC.

    Dès que HADOPI va être en route on va voir une aug­men­ta­tion de l’utilisation de ce genre de tech­nique, et les citoyen lamb­das qui n’y connaissent pas grand chose vont ce voir mis en dan­ger par une loi dont ils n’auront jamais entendu parlé.

  • [10] - Olivier Ezratty a écrit le 22 mars 2009 :

    Si je com­prends bien, des Inter­nautes sont prêts à faire por­ter un risque à d’autres Inter­nautes moins bidouilleurs qu’eux ?

    Bel esprit citoyen et éton­nant sens des res­pon­sa­bi­li­tés ! Tout ça pour télé­char­ger le der­nier épisode d’une série TV ou je ne sais quel film qui vient tout juste de sor­tir en salle, qui, c’est vrai, est abso­lu­ment vital pour exer­cer ses liber­tés fondamentales !

    La solu­tion donc : pas de Wifi et que de l’Ethernet…? :) . Et puis, au juste, le Wifi n’est-il pas aussi dan­ge­reux pour la santé ?

    Est-ce que vous pen­sez que des offres légales et pas chères vont réel­le­ment réduire le piratage ?

  • [11] - Pierre a écrit le 22 mars 2009 :

    Est-ce que vous pen­sez que des offres légales et pas chères vont réel­le­ment réduire le pira­tage ?
    Et bien je suis tenté de répondre oui. Le prix d’un pro­duit n’est pas dépen­dant de ce qu’il coûte à pro­duire mais dépend de ce que les gens sont prêts à payer pour l’obtenir. Dans le cas de l’accès à une œuvre, cette valeur a baissé car le pira­tage, rendu plus facile par les tech­no­lo­gies, a intro­duit la pos­si­bi­lité (dont nous ne dis­cu­te­rons pas là la vali­dité) de gra­tuité. Tou­te­fois dans cette logique ce qui sauve les offres légales de devoir s’aligner sur cette gra­tuité c’est qu’une offre légale n’est pas tout à fait équi­va­lente à une offre illé­gale. Pre­miè­re­ment parce qu’être légale est un “plus” pro­duit. Deuxiè­me­ment parce que les offres légales offrent pour la plu­part (notam­ment celles qui réus­sissent) des éléments dif­fé­ren­ciants, par exemple plus de méta­don­nées autour de l’œuvre, des œuvres déri­vées, ou des condi­tions d’accès à l’œuvre dif­fé­rente (exemple : la salle de cinéma). Cette dif­fé­ren­cia­tion par l’offre est un pre­mier point impor­tant pour per­mettre à l’offre légale de gri­gno­ter sur le pira­tage et aussi pour per­mettre d’en aug­men­ter le prix.
    Le client poten­tiel d’une œuvre construit aussi ce « juste prix », incons­ciem­ment ou pas, en pre­nant en compte qu’il existe une chaîne de valeur pour créer et faire arri­ver ce pro­duit jusqu’à lui. Or aujourd’hui il voit bien que cette chaîne de valeur pour­rait être tout autre et ceci à son avan­tage mais dans le même temps il ne voit pas l’offre légale suivre ce même rai­son­ne­ment sauf quelque cas iso­lés. Il voit même l’inverse, exemple : patron de la FNAC décla­rant à la radio qu’il faut « sau­ver le CD » (pas la musique, le CD, sic), des entre­prises qui per­sistent à vou­loir res­ter des « mai­sons de disques ». Aujourd’hui les pour­voyeurs d’offre légale doivent comme n’importe quelle autre acti­vité tra­vailler à opti­mi­ser leur chaîne de valeur pour res­ter com­pé­ti­tif et rejoindre ce juste prix que le client a en tête tout en réa­li­sant une marge.
    Une offre légale à forte valeur ajou­tée et une chaîne de valeur opti­mi­sée, voilà deux pistes qui si elles étaient sui­vies par ceux qui vendent de l’accès à la culture per­met­trait selon moi de répondre oui à la ques­tion Est-ce que vous pen­sez que des offres légales et pas chères vont réel­le­ment réduire le pira­tage ?.

  • [12] - Dalai-Lama a écrit le 22 mars 2009 :

    “N’oublions pas aussi que la HADOPI sera consti­tuée de juges !”

    L’HADOPI sera consti­tué de magis­trats, de plus ça n’est pas parce qu’il y aura des magis­trats qu’il y aura juge­ment, bien au contraire.
    Donc qu’il y ai des magis­trats ou des méca­ni­ciens au sein de l’HADOPI ne chan­gera rien au dérou­le­ment du bazar…

    Ensuite ça ne dépé­na­lise aucu­ne­ment ce qui avait été mis en place avec DADVSI, bien au contraire ça cumul, on pourra donc se prendre la sanc­tion de décon­nexion + des peines de prisons…

    Concer­nant les dépu­tés UMP, il y en a déjà qui sont contre l’HADOPI, c’est plu­tôt les dépu­tés PS qu’il faut convaincre…

    “on ne sait pas quels méca­nismes de pira­tage seront iden­ti­fiés par les FAI ?”

    Ce ne sont pas les FAI qui vont consta­ter le pira­tage, mais des per­sonne asser­men­tés des ayants droits. (c’est d’ailleurs un des pro­blème, car ce seront des polices pri­vés à la solde des ayants droits, on a déjà vu plus neutre…).

    La durée pour les 3 étapes est de 18 mois MAXIMUM, ils peuvent très bien envoyer le deuxième mail 1 mois après le pre­mier et sanc­tion­ner 1 mois plus tard.

    “Les Inter­nautes pour­ront bien se défendre contrai­re­ment aux allé­ga­tions anti-HADOPI comme celle-ci”

    Bizar­re­ment AUCUN membre du gou­ver­ne­ment ou député n’a réussi a répondre à cette ques­tion :
    “Com­ment se défendre AVANT la sanc­tion ?“
    La seule réponse a été de Mme Alba­nel qui a dit qu’il suf­fi­sait d’envoyer son disque dur (je vous laisse vous rendre compte de l’abération).
    Alors a moins que vous citiez OU dans le pro­jet de loi est indi­qué com­ment l’utilisateur peut se défendre avant la sanc­tion, ça serait sympa.

    “t de bâtir des théo­ries du com­plot diverses sur le contrôle de l’Internet par le pou­voir en place, et de confondre liberté d’expression sur Inter­net et liberté de pira­ter les conte­nus des auteurs, et d’expliquer que les artistes n’ont qu’à faire des concerts pour géné­rer du revenu ou encore, de jus­ti­fier le pira­tage parce que tout le monde pirate”

    Sachez quand même qu’il a été indi­qué au départ qu’il y aurait des liste noire de site puis des liste BLANCHES de sites. Ce qui n’est plus une théo­rie du com­plot puisqu’il y avait aveux du gou­ver­ne­ment de vou­loir dire quel site avait droit ou non d’être vu sur Inter­net.
    De plus 99% des oppo­sants à cette loi sont pour quelque chose se rap­pro­chant de la licence glo­bale, et donc qui (contrai­re­ment à la loi HADOPI) per­met­tra de rému­né­rer les auteurs.
    Vous savez quand l’UMP pré­tend défendre les droits d’auteurs alors qu’ils “mas­sacre” sans remord le sta­tut d’intermittents du spec­tacle, il y a de quoi se poser des ques­tions.
    Et si on rajoute un amen­de­ment adopté per­met­tant un “Label HADOPI” sur les sites, et c’est mettre un doigt dans la machine.

  • [13] - Olivier Ezratty a écrit le 22 mars 2009 :

    Vous en connais­sez des pirates “par­ti­cu­liers” qui ont fait de la pri­son ? Les plus fortes amendes se chiffrent en mil­liers d’Euros à ce jour. Ce qui est déjà très élevé comme dissuasion.

    L’esprit du légis­la­teur semble être d’éviter les pro­cé­dures judi­ciaires. C’est en ce sens qu’il y a une forme de dépé­na­li­sa­tion. Mais cette dépé­na­li­sa­tion ne sera au mieux que de fait et pas de par la loi, vous avez rai­son de le sou­li­gner tous.

    Pour ce qui est des dépu­tés, il s’agit bien des dépu­tés UMP. En effet, com­ment fonc­tionnent les votes d’amendements ? Avec une quin­zaine de dépu­tés dans l’hémicycle qui repré­sentent leur parti et les com­mis­sions de l’Assemblée. Le gou­ver­ne­ment donne son avis, les com­mis­sions donnent leur avis, puis il y a vote. Au PS, c’est Patrick Bloche et Chris­tian Paul qui sont le plus sou­vent pré­sents dans ces débats. Si vous vou­lez qu’un amen­de­ment passe à coup sur, il faut avoir l’UMP dans sa poche puisqu’ils ont la majo­rité à l’Assemblée, comme au Sénat.

    Pour ce qui est des délais dans la pro­cé­dure de la riposte gra­duée, la loi est assez floue. Cf :

    “En cas de renou­vel­le­ment, dans un délai de six mois à comp­ter de l’envoi de la recom­man­da­tion visée au pre­mier ali­néa, …” bla­bla­bla envoi du second avertissement.

    Ca méri­te­rait d’être cla­ri­fié par le législateur !

    Pour ce qui est du recours, il y a effec­ti­ve­ment inco­hé­rence entre le texte de la loi :

    “Le bien-fondé des recom­man­da­tions adres­sées en vertu du pré­sent article ne peut être contesté qu’à l’appui d’un recours dirigé contre une déci­sion de sanc­tion pro­non­cée en appli­ca­tion de l’article L. 331-25. ”

    et la lit­té­ra­ture du Minis­tère de la Culture qui évoque la pro­cé­dure de contradiction.

    Au pas­sage, je découvre l’article Art. L. 331-28. qui oblige l’Internaute à conti­nuer de payer son four­nis­seur d’accès pen­dant la période où celui-ci est blo­qué du fait d’une sanc­tion HADOPI. Inique !

    Pour ce qui est des listes noires ou blanches de sites, elles devraient sur­tout concer­ner les sites de télé­char­ge­ment de médias. Les moyens d’expression libres - et notam­ment poli­tiques - comme les blogs, les wikis, forums et autres sites web n’ont pas besoin de pas­ser par ces sites de télé­char­ge­ment pour fonctionner !

    Sinon, est-ce que vous savez quels outils emploient les agents qui tra­vaillent pour les ayant-droits, pour détec­ter les pirates ?

    J’ai en tout cas modi­fié le schéma sur le pro­ces­sus de la riposte gra­duée en fonc­tion de vos com­men­taires. Merci pour ces mises au point.

  • [14] - Dalai-Lama a écrit le 22 mars 2009 :

    Pour les votes et les dépu­tés, le fait est qu’à l’assemblée l’UMP seul peut avoir la majo­rité sauf si ils ont des dépu­tés contre en interne, ce qui est le cas.
    Donc si le PS, l’extrême gauche, le centre, et quelques dépu­tés UMP votent contre, la loi peut très bien ne pas être faite.
    Sauf que, au PS le vote contre est loin de faire l’unanimité (voir le vote du sénat et les avis de Jack lang par exemple). Si il y avait si peu de député PS lors du pre­mier vote, ça n’est pas pour rien à mon avis ;)

    Concer­nant le logi­ciel des ayants droits, je ne sais pas, mais je peux dire qu’il est très simple via un logi­ciel clas­sique comme µtor­rent par exemple, de trou­ver les adresses IP des per­sonnes qui vous envoi des don­nées.
    Suf­fit juste de cou­pler ça avec un logi­ciel qui va récol­ter auto­ma­ti­que­ment les IP et véri­fier que ce qu’ils envoient est bien illé­gal et c’est bingo.
    En une jour­née il est très simple de trou­ver des mil­liers de “pirates”.

    Je vous épar­gne­rez les éven­tuelles erreurs de relevé d’adresse IP (voir les affaires sur les impri­mantes et autres grand mère ne sachant pas se ser­vir d’ordinateur), et le fait que l’HADOPI n’aura aucun autre moyen de véri­fier si on pirate ou non.

    pour la pro­cé­dure de contra­dic­tion de la ministre, elle évoque en géné­ral cela avec le fait que l’on puisse répondre à l’HADOPI, mais ça n’en fait en rien une pro­cé­dure de contra­dic­tion.
    Parole d’un citoyen contre parole d’un asser­menté, on sait qui gagne à la fin.

    “En cas de renou­vel­le­ment, dans un délai de six mois à comp­ter de l’envoi de la recom­man­da­tion visée au pre­mier alinéa”

    C’est au contraire très clair, si vous recom­men­cez dans les 6 mois, il y a l’étape 2, sinon on en revient (j’imagine) à l’étape 1.

  • [15] - Olivier Ezratty a écrit le 22 mars 2009 :

    Pour le vote à l’Assemblée, comme très peu de dépu­tés sont pré­sents à ces débats, les votes des amen­de­ments se font en bloc par parti. Existe-t-il un moyen de connaitre le nombre exact de dépu­tés pré­sents à chaque séance et débat ? Il y en avait au maxi­mum 106 à la séance du 11 mars der­nier. Sachant que de nom­breux dépu­tés votent par procuration.

    Sur les méthodes d’identification des pirates, vous avez l’air de dire que seuls les usa­gers de logi­ciels de télé­char­ge­ment peer to peer sont concer­nés. Est-ce sûr ? Quels sont les seuils de tolé­rance car ils ne pour­ront pas envoyer un aver­tis­se­ment à des mil­lions d’utilisateurs tout de même ?

    Suite à vos remarques, j’ai en tout cas modi­fié mon article pour inté­grer un point à deux reprises sur le recours de l’Internaute avant la sanc­tion de la cou­pure d’accès Internet.

    Savez-vous sinon ce qui se passe aux USA et au Royaume-Uni, qui semblent avoir mis en place une mesure équi­va­lente, pas­sant direc­te­ment des ayant-droits aux FAI ?

  • [16] - Dalai-Lama a écrit le 22 mars 2009 :

    Il doit y avoir moyen de savoir le nombre de votant (et peut-être même qui) lorsqu’ils font des demandes de scru­tin public (c’est quand ils votent avec leur machine), par contre savoir où trou­ver ces infos, je ne sais pas.

    En l’état actuel de la loi, oui seul le P2P pourra être affecté vu que ce sont les ayants droits qui doivent faire les recherche, et qu’il leur est impos­sible de trou­ver pour ce qui concerne le direct down­load par exemple.
    Pour le seuil de tolé­rance, je ne penses pas qu’il y en ai, la seule limite sera la rapi­dité d’exécution de l’HADOPI. Donc pour le pre­mier aver­tis­se­ment, il n’y aura pas de tolé­rance à mon avis, pour le deuxième peut-être un peu, vu qu’il faut envoyé un recom­mandé ce qui n’est pas gra­tuit. Et pour la sanc­tion, vu qu’il y a plu­sieurs type de sanc­tion, ça sera sur­ement en fonc­tion de si on a été bou­rin ou non à mon avis ;)

    Pour les autres pays, aux USA la RIAA a semble t’il fait des accords avec les FAI, mais ça n’a pas l’air de bien se pas­ser…
    http://www.numerama.com/magazine/11640-Riposte-graduee-la-RIAA-aurait-elle-parle-trop-vite.html
    Pour le royaume-uni, ils ont aban­donné l’idée et vont pro­po­ser une autre solu­tion à l’automne normalement.

    Sinon, autre pro­blème de la loi HADOPI qui (soit disant) veut pro­té­ger les petits artistes et petits labels, pour pou­voir sai­sir l’HADOPI, les ayants droits doivent avoir recours à une per­sonne asser­men­tée, ce qui coûte pas mal d’argent.
    Donc pour les grosses mai­sons de disques qui ont énor­mé­ment de contenu illé­gal télé­chargé, il n’y aura pas de sou­cis. Pour les petits artistes, et petits labels, je doute du réel retour sur “inves­tis­se­ment”.
    C’est aussi un des pro­blèmes d’HADOPI, un réel manque d’égalité à tous les niveaux !

  • [17] - NM a écrit le 23 mars 2009 :

    Vous écri­vez beau­coup, mais vous n’avez pas beau­coup l’air d’avoir lu la loi. Je ne vois aucune men­tion dans votre billet de ce qui va être repro­ché à ceux que l’on va cou­per, à savoir la non-sécurisation de la ligne, et non pas le piratage.

    Ce n’est pas qu’un détail, ça la rai­son prin­ci­pale de mon oppo­si­tion et de beau­coup de spé­cia­listes, et sur­tout une preuve écla­tante de la mau­vaise foi des sup­por­ters. La rai­son est simple, on sait qu’on peut se faire pira­ter sa ligne (che­val de troye sur le PC, cra­quage du Wifi …) et donc la simple connexion à des réseaux P2P ne prouve pas qui est le cou­pable; et prou­ver, ça demande du tra­vail, de la jus­tice, des enquêtes, alors bon, quand on veut envoyer 10000 recom­man­dés par jour, il faut mettre ça de côté, la “justice.”

    Quant à “décri­mi­na­li­ser le pira­tage,” je ne sais pas d’où vous sor­tez ça, bien au contraire, la loi n’enlève aucune pos­si­bi­lité de se faire pour­suivre pour contrefaçon.

    Enfin voila, beau­coup de bla­bla qui prouve que vous faites une grave erreur de lec­ture sur l’opposition. On ne veut pas faire avan­cer le débat de la riposte gra­duée, par­ceque le concept est stu­pide, et ne peut mar­cher qu’en fou­tant en l’air toute notion de jus­tice et de pro­por­tion­na­lité, pour un gain à sens unique. Le seul côté sensé être posi­tif, “le déve­lop­pe­ment des offres légales”, est à hur­ler de rire: ce sont les éditeurs qui ont frainé des quatre fers contre toutes les inno­va­tions. Il a fallu qu’Apple casse la baraque avec l’iPod pour qu’il se sentent obligé d’accepter le mar­ché d’iTunes, en y allant à recu­lon, et en fai­sant des demandes débiles telles que les DRM.

    En ce qui me concerne, si Pas­cal Obispo et la Star Ac’ font faillite, je ne vois pas ce qu’on a à y perdre, ce serait même une bonne chose; si seule­ment ça pou­vait être vrai, je serais le pre­mier à pira­ter leurs tor­chons. C’est un peu le même dis­cours que tenait Micro­soft en chia­lant sur le pira­tage; devi­nez quoi, je n’ai pas payé Win­dows, et pour cause, j’utilise Linux. Ils ne touchent pas un rond, et ils pré­fé­re­raient cer­tai­ne­ment que j’utilise un Win­dows piraté.

  • [18] - NM a écrit le 23 mars 2009 :

    « Si je com­prends bien, des Inter­nautes sont prêts à faire por­ter un risque à d’autres Inter­nautes moins bidouilleurs qu’eux ? »

    Ahem, vous sor­tez d’où M. Ezratty? Vous avez jamais entendu par­ler, je sais pas, par exemple de virus infor­ma­tique? Vous croyez à la géné­ra­tion spon­ta­née? Il y a de tout sur inter­net. Des trucs supers, Wiki­pé­dia, Linux, You­tube, et puis des trucs dégueu­lasse, des pédo­philes, le site web de l’UMP, des nazis, et de craqueurs.

  • [19] - NM a écrit le 23 mars 2009 :

    «@Jean : oui, c’est vrai. Mais sur­tout face à des bidouilleurs qui connaissent les outils per­met­tant de cas­ser ces pro­tec­tions. Mais pour la moyenne des uti­li­sa­teurs, cela suf­fit. A noter que toutes les et rou­teurs Wifi anciens ne sup­portent pas le WPA !»

    Bon sang mais c’est quand même incroyable, vous vous ren­dez compte de ce que vous écri­vez? Vous n’avez aucune notion de sécu­rité infor­ma­tique. Dans une grande ville, toute borne wifi en WEP est entou­rée de cen­taines de per­sonnes rece­vant son signal; y’en a bien un (1) ou plus qui auront envie de le cra­quer à un moment ou un autre, sur­tout si ils viennent de se faire couper.

    Et ça ne demande pas de prouesses tech­niques, l’UFC que choi­sir l’a fait faire à un huis­sier de jus­tice en lui filant un howto.

  • [20] - Olivier Ezratty a écrit le 23 mars 2009 :

    @NM :

    D’après ce que j’ai com­pris, la non sécu­ri­sa­tion de la ligne était déjà consi­dé­rée comme une faute de l’Internaute avant la loi HADOPI. On pou­vait se faire atta­quer en jus­tice par un ayant-droit si le pira­tage était le résul­tat d’une intru­sion dans son réseau. A charge pour la per­sonne concer­née de prou­ver que ce n’était pas le cas, le tout en jus­tice ou dans le cadre de l’enquête pré­li­mi­naire (qui inté­grait une per­qui­si­tion et tout le tralala).

    Par ailleurs, l’article 6 de la loi qui fait litige pré­voit tout de même le cas où la ligne de l’Internaute a été pira­tée à son insu :

    “La res­pon­sa­bi­lité du titu­laire de l’accès ne pourra pas être rete­nue dans les cas sui­vants : …2) Si l’atteinte visée au pre­mier ali­néa est le fait d’une per­sonne qui a frau­du­leu­se­ment uti­lisé l’accès au ser­vice de com­mu­ni­ca­tion au public en ligne, à moins que cette per­sonne soit pla­cée sous l’autorité ou la sur­veillance du titu­laire de l’accès”.

    Avec c’est cer­tain plu­sieurs écueils : la pro­cé­dure contra­dic­toire avant la cou­pure de la ligne, qui n’est pas claire du tout, voire inexis­tante dans le texte de loi. Et les mesures tech­niques dif­fi­ciles à prendre pour éviter non pas une “per­sonne” mais un logi­ciel virus ou équivalent.

    Sur votre com­men­taire 18, ma remarque était un com­men­taire par rap­port à des com­men­taires pré­cé­dents ! Et oui, il y a des virus, bien entendu et tout un tas de choses sur Inter­net. Mais quelle est la pro­por­tion des gens qui télé­chargent d’eux-mêmes sur leur PC et de ceux qui le font à leur insu via des logi­ciels virus qui exé­cutent du code peer to peer ? Quel serait le poids des télé­char­ge­ments d’Internautes pira­tant un point d’accès Wifi de par­ti­cu­lier vs un pira­tage via virus ?

    Pour­quoi évoquer Pas­cal Obispo alors que le pira­tage concerne tous les conte­nus ciné­ma­to­gra­phiques et musicaux ?

    D’ailleurs, cette loi qui est pré­sen­tée pour sau­ve­gar­der l’exception cultu­relle fran­çaise ne sau­ve­gar­dera d’ailleurs pas du tout cette excep­tion cultu­relle. Je ne serai pas étonné que le pira­tage de films concerne avant tout la pro­duc­tion hol­ly­woo­dienne. Cela rap­pelle la lutte contre le pira­tage des logi­ciels que vous évoquez, et qui arrange “en masse” plus les éditeurs amé­ri­cains que les éditeurs fran­çais, sauf peut-être dans le cas des jeux.

  • [21] - Dalai-Lama a écrit le 23 mars 2009 :

    “On pou­vait se faire atta­quer en jus­tice par un ayant-droit si le pira­tage était le résul­tat d’une intru­sion dans son réseau. A charge pour la per­sonne concer­née de prou­ver que ce n’était pas le cas, le tout en jus­tice ou dans le cadre de l’enquête pré­li­mi­naire (qui inté­grait une per­qui­si­tion et tout le tralala).”

    Euh non, en France (jusqu’à HADOPI) nous sommes inno­cent jusqu’à ce que l’on prouve qu’on est cou­pable.
    Donc oui il y avait relevé d’IP par les ayants droits, mais comme vous le pré­ci­sez, il y avait aussi per­qui­si­tion & co pour per­mettre de prou­ver qu’il a bien télé­char­ger, si il était hacker ou autre.

    Sinon pour les virus et pour vous don­ner un ordre d’idée, on évalue le nombre de PC zom­bies (c’est à dire un PC infecté par un vers qui per­met de le contrôl­ler a dis­tance pour faire ce qu’on veut) a envi­ron 20% des PC dans le monde.
    Je vous laisse ima­gi­ner ce qu’il va se pas­ser quand 20% des PC fran­çais télé­char­ge­ront sur bit­torent sans s’en rendre compte ;)

  • [22] - NM a écrit le 23 mars 2009 :

    D’après ce que j’ai com­pris, la non sécu­ri­sa­tion de la ligne était déjà consi­dé­rée comme une faute de l’Internaute avant la loi HADOPI. On pou­vait se faire atta­quer en jus­tice par un ayant-droit si le pira­tage était le résul­tat d’une intru­sion dans son réseau. A charge pour la per­sonne concer­née de prou­ver que ce n’était pas le cas, le tout en jus­tice ou dans le cadre de l’enquête pré­li­mi­naire (qui inté­grait une per­qui­si­tion et tout le tralala).

    Je pour­rais vous dire “non”, mais je vais être plus vache: [cita­tion needed]

    Moi je peux vous citer des cas où c’est exac­te­ment le contraire, comme très récem­ment en France pour une his­toire de com­men­taire inju­rieux sur un site, le juge a relaxé la défense, iden­ti­fiée par la simple IP, au béné­fice du doute. La per­sonne en ques­tion ne pou­vait pas prou­ver qu’elle ne l’avait pas posté, évidemment.

    Et il y a eu un cer­tain nombre de cas en Angleterre.

    Par ailleurs, l’article 6 de la loi qui fait litige pré­voit tout de même le cas où la ligne de l’Internaute a été pira­tée à son insu :

    D’après ce que j’ai com­pris, la non sécu­ri­sa­tion de la ligne était déjà consi­dé­rée comme une faute de l’Internaute avant la loi HADOPI. On pou­vait se faire atta­quer en jus­tice par un ayant-droit si le pira­tage était le résul­tat d’une intru­sion dans son réseau. A charge pour la per­sonne concer­née de prou­ver que ce n’était pas le cas, le tout en jus­tice ou dans le cadre de l’enquête pré­li­mi­naire (qui inté­grait une per­qui­si­tion et tout le tralala).

    On pou­vait se faire atta­quer, mais on pou­vait se défendre, et être relaxé au béné­fice du doute comme la per­sonne men­tion­née plus haut.

    Le pro­blème, qui semble vous échap­per, c’est que faire la preuve posi­tive qu’on a été hacké est poten­tiel­le­ment impos­sible, en par­ti­cu­lier et sur­tout si le hacker est passé par la borne Wifi. Atten­tion ça devient très tech­nique. D’une part on a le WEP, qui est cas­sable en quelques minutes, sinon secondes. Mais pour le WPA, c’est aussi pos­sible, la prin­ci­pale dif­fé­rence est que dans ce cas on fait une attaque par dic­tion­naire. Deux parades à ça:

    * Avoir un bon mot de passe. Rea­lity check: vous n’avez pas un bon mot de passe. J’ai un bon mot de passe; je sais ce qu’est un bon mot de passe. Mon mot de passe Wifi fait 32 carac­tère alpha­nu­mé­riques aléa­toires. Le vôtre contient pro­ba­ble­ment un mot exis­tant avec un ou deux chiffres. Ca tient 10 minutes contre “crack.” Vous pou­vez me sor­tir un truc du style “il faut éduquer les uti­li­sa­teurs,” et je vais vous dire: bon courage.

    * La parade existe, c’est le WPA “enter­prise”, qui, au lieu d’une clé pri­vée par­ta­gée (PSK) uti­lise un sys­tème d’authentification dis­tant et un jour­nal d’événement. Devi­nez pour­quoi ça s’appelle “enter­prise”? Par­ceque ce n’est pas à la por­tée de l’internaute moyen. Vous savez confi­gu­rer un ser­veur Radius? Moi oui. Vous savez confi­gu­rer un sys­log dis­tant? Moi oui. Vous savez confi­gu­rer un logi­ciel de moni­to­ring? Moi oui. Et c’est pour ça qu’on me paye assez cher.

    Mais même sans ça, un bon r00tkit sait effa­cer ses traces; et même s’il en laisse, faire du “foren­sic” ça coûte la peau des fesses. Tenez, si vous vou­lez que je fasse ça pour vous, je vous fac­ture une demi-journée de consul­ting, comp­tez 500 à 1000€ (four­chette basse, hon­nê­te­ment), en gros un mois de salaire de smi­card facile. Et à la charge de la défense, en l’occurence, c’est toute la beauté du prin­cipe de “pré­sumé coupable.”

    Pour­quoi évoquer Pas­cal Obispo alors que le pira­tage concerne tous les conte­nus ciné­ma­to­gra­phiques et musicaux ?

    Si je pirate du Obispo, alors que je hais ça, ça change quoi pour lui? Rien.

  • [23] - Pierrot a écrit le 23 mars 2009 :

    Bref, vive le pira­tage en somme ! Nous ne sommes pas prêt de faire des affaires avec du contenu numé­rique (musique ou autre). Inutile de s’embêter avec cette loi et ses consé­quences. Le mar­ché rééqui­li­brera les choses.

    Peut on pas­ser à autre chose là ??? Car les com­men­taires tech­niques qui pré­cèdent me donnent le tournis.

    NKM réflé­chit de toute façon aux nou­veaux modèles écono­miques de la créa­tion numé­rique. L’après Hadopi. C’est encore plus intel­li­gent… Car effec­ti­ve­ment cette loi ne règle pas sur le long terme les pro­blèmes de la créa­tion numé­rique et de sa rému­né­ra­tion. C’est sur ce thème qu’il faut tra­vailler bien­sûr !!! Avec l’ensemble des acteurs (artistes et pro­duc­teurs, entre­pre­neurs, finan­ciers, réseaux…)… au sein de Cap Digi­tal ce serait bien.

    Un article du JDNet confirme que NKM n’a pas été asso­ciée à la concep­tion de la loi Hadopi et qu’elle le regrette. L’interview du Figaro avait été relu et cor­ri­gée par son cabi­net qui a reti­rer les avis pou­vant gêner Mme Alba­nel
    http://www.journaldunet.com/ebusiness/breve/37395/ce-que-pense--vraiment--nkm-de-la-loi-creation-et-internet.shtml

  • [24] - Olivier Ezratty a écrit le 23 mars 2009 :

    Pour Obispo, le mieux n’est-il pas de le pira­ter et de ne pas l’écouter. C’est d’ailleurs ce que font de nom­breux pirates qui accu­mulent des conte­nus qu’ils ne peuvent pas avoir le temps maté­riel d’écouter ou voir. Des col­lec­tion­neurs impulsifs…

    Reve­nons au sujet. Est-ce qu’une grande par­tie de vos objec­tions, par­fai­te­ment com­pré­hen­sibles, ne pour­raient pas être levées au moins dans les cas géné­raux par une véri­table pro­cé­dure contra­dic­toire avant la sanc­tion de la cou­pure de l’accès Inter­net ? OK, j’ai com­pris, on peut dire qu’on n’y est pour rien, que l’on n’a rien fait, que c’est le voi­sin qui a piraté la ligne. Cela arrive par­fois. Mais n’est-ce pas rare ? J’ai l’impression qu’au début, la majo­rité des gens qui se feront coin­cer seront des uti­li­sa­teurs de peer to peer. Pas des Inter­nautes dont la liai­son a été pira­tée par le voisin.

    Sachant que la loi VA être votée, ne vaudrait-il pas mieux foca­li­ser le lob­bying sur cette mesure de la pro­cé­dure contradictoire ?

    En géné­ra­li­sant un peu, on ne peut pas refu­ser le prin­cipe de la jus­tice parce qu’il existe des erreurs judi­ciaires. Par contre, il faut tout faire pour les mini­mi­ser en effet.

    Pour la petite his­toire, il m’est déjà arrivé de voir mon blog coupé par mon héber­geur. Et là, pas d’HADOPI et pas de jus­tice, une déci­sion uni­la­té­rale. Il m’a fal­lut une semaine pour réta­blir le fonc­tion­ne­ment de la base MySQL du blog. Là, c’est une vraie atteinte à la liberté d’expression non ? Et pour­tant, elle ne repo­sait que sur un dif­fé­rent sur le res­pect ou non de clauses du contrat d’hébergement. Le res­pect de la PI pour­rait très bien en être une des clauses de rup­ture totale ou par­tielle de contrats non ? Sans pas­ser par HADOPI…

    Quid donc des clauses des contrats que l’on signe avec les FAI sur le res­pect de la pro­priété intel­lec­tuelle des tiers ? Pour l’instant, ils ne s’engagent évide­ment pas au grand regret des ayant-droits comme Luc Besson.

    Dans les CGU de Free, il y a par exemple la mention :

    “En appli­ca­tion des dis­po­si­tions légales, Free, en tant qu’hébergeur, pourra être ame­née à sus­pendre et, le cas échéant, à sup­pri­mer la mise à dis­po­si­tion d’un contenu mani­fes­te­ment
    illicite”

    Les CGU indiquent également :

    “l’Usager, par son com­por­te­ment et par les Don­nées qu’il met à dis­po­si­tion, s’oblige à ne pas por­ter atteinte aux droits des tiers…”. Et puis, cela conti­nue: “l’Usager s’engage à ne pas uti­li­ser les Ser­vices à des fins de pira­tage, à ne pas télé­char­ger des
    fichiers dans des condi­tions illi­cites ou mettre à dis­po­si­tion des fichiers pro­té­gés (notam­ment des fichiers musi­caux ou vidéos), à ne pas pro­cé­der à des intru­sions dans des sys­tèmes infor­ma­ti­sés ou « hacking », à ne pas pro­pa­ger de virus, ou tous pro­grammes des­ti­nés à nuire, à ne pas dif­fu­ser de cour­riers élec­tro­niques dans des condi­tions illi­cites (par exemple spam­ming et e.bombing).”

    Et puis, sur la sanc­tion éventuelle :

    “Il est rap­pelé qu’en vertu de la légis­la­tion en vigueur, Free n’est pas sou­mis à une obli­ga­tion géné­rale de sur­veiller les Don­nées, ni à une obli­ga­tion géné­rale de recher­cher des faits ou des cir­cons­tances révé­lant des acti­vi­tés illi­cites. Tou­te­fois, en appli­ca­tion de la régle­men­ta­tion en vigueur, l’Usager étant plei­ne­ment res­pon­sable des Don­nées, Free peut être ame­née à lui trans­mettre toute plainte le concer­nant dans le cadre de l’utilisation des Ser­vices, et à com­mu­ni­quer les éléments d’identification dudit Usa­ger sur réqui­si­tion de l’autorité judi­ciaire et/ou administrative”.

    Je n’ai pas la patience d’aller consul­ter celles de Orange / Live­Box. Sont-ils plus restrictifs ?

  • [25] - macha a écrit le 23 mars 2009 :

    Plu­sieurs pays font machine arrière pour ce type de loi. La Nou­velle Zélande est le der­nier en date, après l’Allemagne et la Grande-Bretagne. Cela ne fonc­tionne pas du tout ce truc
    http://www.lemonde.fr/technologies/article/2009/03/23/la-nouvelle-zelande-fait-machine-arriere-concernant-sa-loi-hadopi_1171684_651865.html

    L’accès mas­sif aux don­nées per­son­nelles montre ainsi qu’Internet “contient une quan­tité inima­gi­nable de détails sur notre vie pri­vée, qui peuvent être uti­li­sés jusqu’à l’abus”.
    http://www.pcinpact.com/actu/news/49880-france-riposte-graduee-rapport-lambrinidis.htm?vc=1

    Enfin, la “culture libre” est le pen­dant des logi­ciels “open source” :
    http://fr.techcrunch.com/2009/03/23/fr-sommes-nous-tous-des-pirates/

    Cita­tion inter­es­sante de l’article de Tech­crunch
    “La pre­mière déci­sion concrète qui pour­rait chan­ger la donne serait une modi­fi­ca­tion du code de la pro­priété. Cela com­men­ce­rait à inver­ser l’équilibre capi­tal / tra­vail. Cette modi­fi­ca­tion ne consiste pas à abo­lir la notion de pro­priété pri­vée sur les biens maté­riels mais de rema­nier les lois sur les droits d’utilisation et de repro­duc­tion des biens imma­té­riels, et refondre ainsi le sys­tème de brevets.”

    Oui à médi­ter, pour un nou­vel article oli­vier… Car la pro­blé­ma­tique est iden­tique pour les éco-innovations (déve­lop­pe­ment durable).

    Au fait… Micro­soft a encore “piraté” un bre­vet, le coquin…
    http://www.degroupnews.com/actualite/n3453-microsoft-tomtom-justice-gpl-logiciel_libre.html

  • [26] - Olivier Ezratty a écrit le 23 mars 2009 :

    Ne vous réjouis­sez pas trop ! C’est la France qui semble être bien par­tie pour jouer ce rôle de rat de labo­ra­toire ! Avec une loi qui créé une auto­rité admi­nis­tra­tive qui lève l’objection sou­le­vée par l’article du Monde, auto­rité qui n’existait pas dans les lois pré­vues dans les pays cités. L’exception cultu­relle, quand tu nous tiens…

  • [27] - Aurélien a écrit le 24 mars 2009 :

    >Il est par contre qua­si­ment cer­tain que cette loi sera votée avant la fin du prin­temps. Il aurait été utile qu’un plus grand nombre de défauts soient cor­ri­gés avant la fin du pro­ces­sus parlementaire.

    Pas sûr, plus cette loi reste foi­reuse, moins elle sera appli­cable, plus elle res­tera au pla­card comme DADVSI.

    A dans 3 ans pour la loi TRUCMUCHBIDULE de défense de la créa­tion et des artistes qui réta­blira une infrac­tion pour usage de méca­nisme de cryp­tage des données…

  • [28] - NM a écrit le 24 mars 2009 :

    Pour Obispo, le mieux n’est-il pas de le pira­ter et de ne pas l’écouter.

    Là où je vou­lais en venir avec Obispo, c’est qu’on nous vend cette res­tric­tion des droits comme le prix à payer pour sau­ver la culture en péril mor­tel. Or donc si Obispo et autres Star Ac’ devaient ces­ser d’exister, je pense que je ne serais pas le seul à m’en réjouir.

    Reve­nons au sujet. Est-ce qu’une grande par­tie de vos objec­tions, par­fai­te­ment com­pré­hen­sibles, ne pour­raient pas être levées au moins dans les cas géné­raux par une véri­table pro­cé­dure contra­dic­toire avant la sanc­tion de la cou­pure de l’accès Inter­net ? OK, j’ai com­pris, on peut dire qu’on n’y est pour rien, que l’on n’a rien fait, que c’est le voi­sin qui a piraté la ligne. Cela arrive par­fois. Mais n’est-ce pas rare ? J’ai l’impression qu’au début, la majo­rité des gens qui se feront coin­cer seront des uti­li­sa­teurs de peer to peer. Pas des Inter­nautes dont la liai­son a été pira­tée par le voisin.

    LISEZ LA LOI. La loi punit le fait de ne pas avoir sécu­risé sa ligne, c’est un _fait_. Elle ne vous punit pas pour avoir télé­chargé, elle vous punit pour avoir laissé faire le téléchargement.

    Et est-ce rare? Vint Cerf a estimé récem­ment qu’il devait y avoir 20 mil­lions de zom­bies sur inter­net. Et d’une.

    Et de deux: on peut faire croire qu’une machine par­ti­cipe à un swarm bit­tor­rent sim­ple­ment en injec­tant son IP, comme l’on fait des cher­cheurs amé­ri­cains. Les uni­ver­si­tés amé­ri­caines dis­posent sou­vent pour des rai­sons his­to­riques d’immenses blocs d’adresse, et donc toutes les machine sont une adresse publique (ça ne veut pas dire qu’elles sont acces­sibles de l’extérieur pour autant, ils ont des firewall).

    La RIAA a envoyé des lettres de menaces exi­geant l’identité du “pirate” à laquelle appar­te­naient les adresses en ques­tion … qui se trouvent être des impri­mantes laser.

    Et de trois: la BBC tolère que ses émis­sions soient par­ta­gées tant que c’est à but non com­mer­cial. L’année der­nière on trou­vait ainsi sur les réseaux p2p une série d’émissions sur l’art contem­po­rain, nom­mée “The Eye.” Un film nommé “The Eye” est sorti. Vous devi­nez la suite, mais je le dis quand même: le stu­dio a fait fer­mer un site héber­geant les tor­rents de l’émission, affir­mant être l’ayant-droit.

    On peut conti­nuer long­temps comme ça. Il y a des cas où l’auteur est accusé d’avoir piraté sa propre oeuvre par une tierce par­tie, par ex.

    Sachant que la loi VA être votée, ne vaudrait-il pas mieux foca­li­ser le lob­bying sur cette mesure de la pro­cé­dure contradictoire ?

    Et vous vou­driez que ça marche com­ment? On ne peut pas prou­ver une infir­ma­tion. Tenez, j’ai une demi-douzaine de machines à la mai­son. Même si je les donne toutes à un expert pour véri­fi­ca­tion (super la vie pri­vée …), com­ment prou­ver que je n’en ai pas une sep­tième qui me sert à pira­ter? C’est impos­sible. Le prin­cipe est fon­da­men­ta­le­ment absurde. Je suis peut-être idiot, j’attend votre éclairage.

    En géné­ra­li­sant un peu, on ne peut pas refu­ser le prin­cipe de la jus­tice parce qu’il existe des erreurs judi­ciaires. Par contre, il faut tout faire pour les mini­mi­ser en effet.

    La Jus­tice fonc­tionne sur le prin­cipe de la pré­somp­tion d’innocence et de la charge de la preuve. Ces prin­cipes sont absents voire inver­sés pour l’Hadopi. La com­pa­rai­son que vous faites ne va pas dans le sens que vous lui vou­lez. Ainsi, même pour un excès de vitesse on peut contes­ter si l’instrument de mesure n’est pas aux normes, ou si la photo ne cor­res­pond pas au véhi­cule. Ici abso­lu­ment rien n’est prévu pour ça, et pour de bonnes rai­sons: ce serait ingé­rable sans évacuer les droits de la défense.

    Pour pour­suivre la com­pa­rai­son avec le code de la route, l’Hadopi c’est un peu comme si n’importe qui pou­vait s’improviser gen­darme en prê­tant un vague ser­ment, et pou­vait, en uti­li­sant la méthode de mesure de son choix, faire sau­ter le per­mis de n’importe qui, tout en étant payé à l’acte.

    Pour la petite his­toire, il m’est déjà arrivé de voir mon blog coupé par mon héber­geur. Et là, pas d’HADOPI et pas de jus­tice, une déci­sion uni­la­té­rale. Il m’a fal­lut une semaine pour réta­blir le fonc­tion­ne­ment de la base MySQL du blog. Là, c’est une vraie atteinte à la liberté d’expression non ? Et pour­tant, elle ne repo­sait que sur un dif­fé­rent sur le res­pect ou non de clauses du contrat d’hébergement. Le res­pect de la PI pour­rait très bien en être une des clauses de rup­ture totale ou par­tielle de contrats non ? Sans pas­ser par HADOPI…

    Je ne vois pas trop où vous vou­lez en venir, mais quoi qu’il en soit, si un pres­ta­taire tech­nique vous coupe et vous empêche de tra­vailler, *même* si vous n’avez pas règlé vos fac­tures, vous pou­vez l’attaquer en jus­tice, la juris­pru­dence existe. (Notez bien que ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas vous cou­per le jus chez vous, mais le pré­cé­dent existe, mon comp­table m’en avait parlé lorsque j’avais eu des pro­blèmes de paie­ment avec un client).

    Quid donc des clauses des contrats que l’on signe avec les FAI sur le res­pect de la pro­priété intel­lec­tuelle des tiers ? Pour l’instant, ils ne s’engagent évide­ment pas au grand regret des ayant-droits comme Luc Besson.

    Depuis que les contrats des FAI inter­disent d’envoyer du spam, je n’en reçois plus du tout! :P

    Dans les CGU de Free, il y a par exemple la mention :

    “En appli­ca­tion des dis­po­si­tions légales, Free, en tant qu’hébergeur, pourra être ame­née à sus­pendre et, le cas échéant, à sup­pri­mer la mise à dis­po­si­tion d’un contenu mani­fes­te­ment illicite”

    “Sup­pri­mer la mise à dis­po­si­tion” n’est pas la même chose que punir. Dans le cas de l’Hadopi, si on repère un télé­char­ge­ment via votre IP, même s’il cesse, la sanc­tion peut tom­ber un mois plus tard, alors que la “mise à dis­po­si­tion” n’existe plus!

    Dans le cas d’un héber­geur, s’il reçoit par ex. une “DMCA take down notice”, elle concerne un contenu en par­ti­cu­lier, pas le site en géné­ral. Heu­reu­se­ment, sinon you­tube serait mort et enterré depuis longtemps.

    Pour l’Hadopi, si votre petite der­nière télé­charge le der­nier Lau­rie, c’est votre femme qui ne peut plus envoyer ses tra­duc­tions à son éditeur, c’est votre fils qui ne peut plus faire son ins­crip­tion à la Fac, et vous qui ne pou­vez plus faire de télé­tra­vail si il y a une grève du métro.

    Je n’ai pas la patience d’aller consul­ter celles de Orange / Live­Box. Sont-ils plus restrictifs ?

    Je ne vois pas trop l’intérêt de com­pa­rer des oranges avec des rutabaga.

  • [29] - Olivier Ezratty a écrit le 24 mars 2009 :

    Pour Obispo que vous n’aimez pas : en géné­ral, les pirates se foca­lisent sur les auteurs et oeuvres qu’ils appré­cient, sauf peut-être les masos et les col­lec­tion­neurs impulsifs.

    Si ces oeuvres et auteurs dis­pa­rais­saient, ils ne seraient pas for­cé­ment heu­reux ! Sur­tout dans la mesure où mal­gré l’abondance du choix du Inter­net, il sem­ble­rait que les goûts des Inter­nautes se portent tout de même sur les artistes les plus popu­laires pour la musique et sur les block­bus­ters pour le cinéma.

    Mais bon, mal­gré le pira­tage, ils sont tou­jours bien là, sauf cer­tains artistes qui n’arrivent plus à émer­ger et uti­lisent avec plus ou moins de bon­heur les moyens alter­na­tifs de pro­mo­tion “à la Radio­head”. Ce sont à ces artistes que le gou­ver­ne­ment fait peut-être sem­blant de penser…

    Je suis d’accord avec vous sur le besoin d’une pro­cé­dure contra­dic­toire qui consi­dère que l’Internaute n’est pas cou­pable par défaut à cause de son adresse IP. Mais vous allez un peu loin dans le rai­son­ne­ment : L’HADOPI n’est pas “n’importe qui”, c’est une auto­rité admi­nis­tra­tive indé­pen­dante. C’est comme si vous disiez que la CNIL, qui est construite sur un schéma équi­va­lent dans sa com­po­si­tion, c’est “n’importe qui”…

    Sur la cou­pure de mon blog : par contrat, on m’a enlevé une liberté (d’expression) qui est à mon sens plus fon­da­men­tale que la liberté de pira­ter des conte­nus. Qu’est-ce qui empê­che­rait les FAI d’intégrer une clause de cou­pure de ligne en cas de non res­pect de cette par­tie des CGU ?

    Sachez pour ter­mi­ner que je ne cherche pas à avoir rai­son contre vous, mais à trou­ver un juste milieu entre un gou­ver­ne­ment autiste et l’opposition radi­cale contre HADOPI et en géné­ral, contre toute forme de limi­ta­tion du pira­tage voire même contre l’existence même de la notion de pro­priété intellectuelle.

    La France est un pays où l’on aime bien les posi­tions extrêmes, mais pas le com­pro­mis pour abou­tir à une solu­tion. Ce débat en est mal­heu­reu­se­ment une illustration.

  • [30] - Christophe a écrit le 27 mars 2009 :

    Le Par­le­ment Euro­péen a tran­ché.
    Votre article est très ana­ly­tique, très pré­cis, très tech­nique. Pour­quoi ne pas avoir sim­ple­ment dit que cette loi est inepte à trois titres.
    Inepte parce qu’inapplicable.
    Inepte parce que pro­fon­dé­ment contraire aux droits de l’homme, sauf à consi­dé­rer que per­mettre qu’une admi­nis­tra­tion inter­dise l’accès d’un citoyen à inter­net soit ano­din.
    Inepte parce que démagogique.

    Moi aussi je trouve NKM assez jolie, et au fond ce pro­jet HADOPI n’est pas “si” ter­rible, puisqu’il ne s’agit que de com­mu­ni­ca­tion gou­ver­ne­men­tale.
    Mais quand même, j’aurais trouvé bien une posi­tion plus nette de votre part.

    Et merci au Par­le­ment Euro­péen de croire à la vertu intrin­sèque de la loi.

  • [31] - Olivier Ezratty a écrit le 27 mars 2009 :

    Recon­naitre l’accès Inter­net comme un droit fon­da­men­tal est une très bonne chose. Bravo au Par­le­ment Européen.

    Pour contour­ner cela, il suf­fira au gou­ver­ne­ment fran­çais ou aux Assem­blées de rem­pla­cer la cou­pure Inter­net par une amende dans la riposte gra­duée, comme je l’indique et le sug­gère. L’article reste donc d’actualité ! Et tout comme on peut se voir reti­rer son per­mis de conduire, on pourra perdre son accès Inter­net mais seule­ment par déci­sion de jus­tice comme aujourd’hui.

    Est-ce que dans ces condi­tions la loi serait appli­cable, res­pec­tueuse des droits de l’homme et non démagogique ?

    Appli­cable ? Pas beau­coup plus qu’avant car la riposte gra­duée est lourde à mettre en oeuvre, même sans cou­pure Inter­net. C’est une usine à gaz (cf mon schéma).

    Res­pec­tueuse des droits de l’homme ? Beau­coup plus qu’avec la cou­pure de l’accès. Mais pas moins que la loi actuelle qui per­met déjà aux ayant droits de sur­veiller les télé­char­ge­ments peer to peer en étant “peer” eux-mêmes !

    Non déma­go­gique : à mon sens, la loi HADOPI n’est pas déma­go­gique car elle s’est atti­rée les foudres des Inter­nautes et donc du “peuple”. Elle est plu­tôt qua­li­fiable de par­tialle - en l’état - car elle favo­rise les droits fon­da­men­taux des ayant-droits au détri­ment de ceux des citoyens ordinaires.

    Quand au par­le­ment euro­péen, vous dites qu’il croit à la vertu intrin­sèque de la loi. Dans le cas pré­sent, il pro­pose sur­tout de faire évoluer la loi pour l’aligner avec la réa­lité socié­tale de l’usage d’Internet. C’est autre chose ! Disons qu’il vit avec son temps, chose que le gou­ver­ne­ment fran­çais a plus de mal à faire.

    Si ma posi­tion était “nette”, elle ne ferait que répé­ter ce que l’on trouve déjà sur tous les sites web anti-HADOPI. J’ai pré­féré adop­ter une approche un peu plus mesu­rée. Voila.

  • [32] - Stanislas a écrit le 29 mars 2009 :

    Merci pour ce bon résumé. Je pense effec­ti­ve­ment qu’il ne faut pas tom­ber dans l’extrême. Même si cette loi est une mau­vaise chose, elle l’est sur­tout dans l’esprit qui s’en dégage plus que dans ses effets même et ses moda­li­tés (qui res­tent néan­moins à améliorer).

  • [33] - Jacques-Bureau a écrit le 1 avril 2009 :

    Je m’interroge sur la capa­cité d’un FAI de détec­ter de façon fiable une télé déchar­geur ( ?) for­cené. Tout les lec­teurs de ce blog savent que quand on se connecte à la mai­son sur une connexion de type ADSL , le FAI uti­lise DHCP, c’est à dire que le Fai prête à l’internaute final une adresse IP, pour un temps fixé à l’avance. Avec Win­dows on voit très bien cela en lan­çant dans une fenêtre DOS, IPCONFIG.EXE.

    Pour suivre ses clients le FAI doit tenir un log de ses affec­ta­tions d’IP avec le volume de Octets qui a tran­sité. Naï­ve­ment, j’ai tou­jours cru que si mon FAI me pro­po­sait un abon­ne­ment for­fai­taire (quelques soit le volume d’information), c’est pré­ci­sé­ment parce qu’il était inca­pable de tenir ce compte. S’il en est capable, pour­quoi ne pro­pose t-il pas une fac­tu­ra­tion au Kilo seg­ment, ce qui serait infi­ni­ment plus hon­nête ? En outre le client qui décharge de la vidéo, et donc une masse consi­dé­rable d’information, aurait une fac­ture à la hau­teur de ses sol­li­ci­ta­tions du réseau.
    Mon­sieur Ezratty, pouvez-vous éclai­rer ma lanterne ?

  • [34] - Olivier Ezratty a écrit le 1 avril 2009 :

    Dans le pro­ces­sus actuel comme dans celui qui serait en vigueur dans la loi HADOPI, ce sont les ayants droits et leurs sous-traitants qui s’inscrivent sur des sys­tèmes de télé­char­ge­ment en peer to peer pour iden­ti­fier les uti­li­sa­teurs qui télé­chargent (pira­tage) et par­tagent dès facto les oeuvres (contre­fa­çon). Ils four­nissent alors l’adresse IP des uti­li­sa­teurs iden­ti­fiés par ces logi­ciels aux FAI qui doivent four­nir en retour à l’HADOPI l’identité du client. L’adresse IP four­nie à la box est en géné­ral fixe dans le temps. C’est l’adresse de chaque PC qui est variable et est four­nie par le ser­veur DHCP de la box ou bien par le DHCP du routeur/switch que vous lui connec­tez dessus.

    La loi HADOPI va donc sys­té­ma­ti­ser à grande échelle l’identification via l’HADOPI des uti­li­sa­teurs de peer to peer sur des conte­nus sur­veillés par les ayant-droits. Avec les écueils lar­ge­ment cités dans les com­men­taires de cet article : l’adresse IP de la box cor­res­pond à plu­sieurs uti­li­sa­teurs du foyer (parents, enfants), si ce n’est hors du foyer si la liai­son Wifi est pira­tée. Et il est très dif­fi­cile de prou­ver cela.

  • [35] - Jacques-Bureau a écrit le 1 avril 2009 :

    Per­son­nel­le­ment j’ai un boi­tier Wifi qui est ouvert, ce qui per­met à un voi­si­nage nomade de béné­fi­cier de ma connexion au titre de l’hospitalité Inter­net.
    Si par mal­heur mon hôte abuse de mon hos­pi­ta­lité en pra­ti­quant un télé­char­ge­ment illi­cite, c’est moi qui suis res­pon­sable. Une fois encore un train peut en cacher un autre, il s’agit de décou­ra­ger sys­té­ma­ti­que­ment les connexions Wifi non cryp­tées, à la faveur des FAI, qui per­dait des abon­ne­ments.
    Les res­tau­rant ou autres établis­se­ments qui accueillent du public ne four­ni­rons plus d’accès gra­tuit et simple à inter­net à tra­vers leur Hot spot Wifi.
    Un des avan­tages de s’abonner à Free est de pou­voir se connec­ter sur n’importe quelle borne lorsque l’on est en dépla­ce­ment. Com­ment Free pourra-t-il se sou­mettre à cette règle­men­ta­tion vrai­ment contraignante.

  • [36] - Olivier Ezratty a écrit le 2 avril 2009 :

    Sur le point de la res­pon­sa­bi­lité, la loi est ambigue : d’un côté, elle demande à ce que la liai­son soit sécu­ri­sée, de l’autre, elle indique que l’Internaute n’est pas visé par la pro­cé­dure de cou­pure Inter­net si l’accès a été réa­lisé par une per­sonne qui n’est pas sous votre auto­rité (sous entendu, paren­tale). Mais comme c’est dif­fi­cile à prou­ver, la charge pèse sur l’Internaute par défaut.

    Au pas­sage, sécu­ri­ser votre point d’accès Wifi est un basique pour empê­cher ou au moins limi­ter des intru­sions sur les ordi­na­teurs de votre propre réseau. Même s’il est connu qu’aucune pro­tec­tion ne résiste aux pirates les plus avertis.

    Main­te­nant, je ne pense pas que le gou­ver­ne­ment aie fait cela pour spé­cia­le­ment favo­ri­ser les opé­ra­teurs télé­coms. Même si la loi va indi­rec­te­ment les avan­ta­ger à la marge.

    Pour les points d’accès gra­tuits, il y a peut-être une solu­tion tech­nique de fil­trage dans les rou­teurs des pro­to­coles et/ou ports des logi­ciels de télé­char­ge­ment peer to peer. Je me demande si ce n’est pas déjà le cas, comme dans les points d’accès Wifi gra­tuits dans les biblio­thèques parisiennes.

  • [37] - macha a écrit le 3 avril 2009 :

    Sait on si NKM va res­ter au gou­ver­ne­ment ? J’ai comme l’impression qu’elle va énor­mé­ment s’ennuyer dans son secré­ta­riat du numé­rique… Il n’y a aucun plan valable pour le numé­rique, en dehors de cette loi Hadopi qui de toute façon est sui­vie par Alba­nel et va beau­coup frei­ner l’essor du numé­rique… D’accord avec Christophe.

  • [38] - Jacques-Bureau a écrit le 5 avril 2009 :

    La loi est votée par le par­le­ment et il y a tou­jours quelques dépu­tés qui font du zèle pour favo­ri­ser leurs « spon­sors ».
    Il y a quelques années un député à fait voté un amen­de­ment, réser­vant la vente des col­liers anti­puces aux Phar­ma­ciens. En fait le mar­ché était chez les toi­let­teurs pour chiens. La loi n’a jamais été appli­quée et abro­gée quelques années plus tard.

    On sou­haite la même des­ti­née à cette loi ambiguë !

  • [39] - macha a écrit le 7 avril 2009 :

    Oui, Hadopi sera for­cé­ment inap­pli­cable. Heu­reu­se­ment. Mais je ne com­prends pas pour­quoi Oli­vier Ezratty pré­fère les articles bien tech­nos à ces sujets poli­tiques pour­tant essen­tiels pour l’avenir du numé­rique. NKM pré­pare l’après Hadopi soit-disant. Un pré­texte à mon avis pour elle, car elle n’a pas du tout la main actuel­le­ment. Elle est dans une sorte de pla­card poli­tique, comme Rachida, sa copine. C’est lamen­table. Quand je pense que M. Ezratty est parti en Corée avec elle en pen­sant qu’elle pour­rait venir en aide aux petites entre­prises du web. Tous ces repor­tages pour rien. Ils étaient pour­tant très bien faits et les pho­tos étaient excellentes.

  • [40] - Olivier Ezratty a écrit le 8 avril 2009 :

    Un article techno sur les sept der­niers et Madame n’est pas contente ? Et bien, j’écris sur ce qui me chante, voilà. On appelle cela la liberté d’expression ! Et mon blog s’appelle “Opi­nions libres”. Pour les sujets poli­tiques purs, autant aller sur les blogs mili­tants et spécialisés.

    Bon sang de bon soir, tout de même… !

    Quand à faire venir en aide NKM aux entre­prises inno­vantes, à sup­po­ser que j’y arrive, cela pren­dra du temps. L’influence de la sphère poli­tique - sur­tout à titre indi­vi­duel - s’effectue pro­gres­si­ve­ment. Et sur plu­sieurs inter­ve­nants : asso­cia­tions pro­fes­sion­nelles, élus, admi­nis­tra­tion, etc. Ce voyage n’était donc pas du tout “pour rien” mais un élément parmi d’autres pou­vant aller dans la direc­tion des entre­prises inno­vantes ! Stay tuned !

  • [41] - macha a écrit le 9 avril 2009 :

    Vous voyez… la loi Hadopi a été reje­tée par les dépu­tés… de gauche… comme de droite !
    http://www.zdnet.fr/actualites/internet/0,39020774,39391614,00.htm
    http://www.20minutes.fr/article/319135/Culture-Hadopi-Le-Net-se-moque-du-rejet-du-projet-de-loi-Creation-et-Internet.php

    Les artistes qui sont contre la loi
    http://societe.fluctuat.net/blog/36919-une-manif-a-l-artichaut-contre-hadopi.html
    http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=53508

    Les artistes du Show Biz (hal­li­day, dutronc, maé, bes­son ??), seront peut être les pre­miers à mena­cer de chan­ger de natio­na­lité (pour payer moins d’impôts)… sont scan­da­li­sés et crient au crime.

    Je ne sais pas trop quoi en pen­ser. Il aurait mieux fallu que les artistes aillent plei­ne­ment dans le sens du web et trouvent d’autres façon de gagner leur vie ? Ils auraient pu uti­li­ser le net pour cela. Je ne com­prends pas.

  • [42] - Fabrice Epelboin a écrit le 24 avril 2009 :

    JM:Pour pour­suivre la com­pa­rai­son avec le code de la route, l’Hadopi c’est un peu comme si n’importe qui pou­vait s’improviser gen­darme en prê­tant un vague ser­ment, et pou­vait, en uti­li­sant la méthode de mesure de son choix, faire sau­ter le per­mis de n’importe qui, tout en étant payé à l’acte.
    OE: “Je suis d’accord avec vous sur le besoin d’une pro­cé­dure contra­dic­toire qui consi­dère que l’Internaute n’est pas cou­pable par défaut à cause de son adresse IP. Mais vous allez un peu loin dans le rai­son­ne­ment : L’HADOPI n’est pas “n’importe qui”, c’est une auto­rité admi­nis­tra­tive indé­pen­dante. C’est comme si vous disiez que la CNIL, qui est construite sur un schéma équi­va­lent dans sa com­po­si­tion, c’est “n’importe qui”…”

    @Olivier

    Oli­vier, un point de la loi semble t’avoir échappé, le gen­darme, c’est une société pri­vée tra­vaillant pour les lob­bys, l’Hadopi, ce n’est pas le gen­darme, c’est le tri­bu­nal. On a bien à faire à une pri­va­ti­sa­tion de la fonc­tion de police.

    Pri­va­ti­sa­tion des fonc­tions réga­lienne dans le cybe­res­pace, dis­pa­ri­tion des socles fon­da­teurs de la Loi que sont la pré­somp­tion d’innocence et la charge de la preuve… Alors, tou­jours par­tant pour bra­der la démocratie ?

    @NM

    Qui que vous soyez, contac­tez moi (ça se trouve on se connait /-)

  • [43] - Olivier Ezratty a écrit le 24 avril 2009 :

    Fabrice, OUI, et NON.

    Est-ce que les socié­tés qui fabriquent les radars jouent le rôle de gen­darme ? Est-ce que les per­sonnes vic­times de quelque délin­quance que ce soit qui appellent la police ou la jus­tice jouent le rôle de gen­darme ? Tant que l’on est dans la consta­ta­tion de faits et l’information de l’autorité sur ces faits, doit-on consi­dé­rer qu’il s’agit d’un rôle de gen­darme ? Tant que l’on ne se fait pas jus­tice soi-même, et bien non.

    Mais OK, le diable est dans les détails et dans l’exécution. Le gou­ver­ne­ment a effec­ti­ve­ment sac­cagé les détails en créant un dés­équi­libre liber­ti­cide des pou­voirs : com­po­si­tion de la HADOPI, charge de la preuve, auto­ma­tisme des sanc­tions, absence de réel recours, etc.

    Mon point est que tout ceci n’était pas iné­luc­table. Le gou­ver­ne­ment aurait pu créer un com­pro­mis accep­table en res­pec­tant un meilleur équi­libre et une impar­tia­lité, qui devrait gui­der toute forme de jus­tice. L’Elysée, qui semble le seul à pous­ser cette loi, n’a pas tenu compte des feed­backs des citoyens. On a eu un dia­logue de sourds bien fran­çais : posi­tions extrêmes des deux côtés et pas de com­pro­mis pos­sible. Too bad. C’est bien là que le gou­ver­ne­ment aurait du nom­mer un véri­table média­teur, rôle qu’Olivennes ne pou­vait pas jouer évidement.

    Cela rap­pelle aussi le lien plus étroit que doivent nouer les par­le­men­taires avec les citoyens, les experts, les asso­cia­tions, avant de voter toute loi. Il faut apprendre de ces fias­cos pour éviter les sui­vants ! La construc­tion d’une démo­cra­tie est un défi permanent…

  • [44] - Fabrice Epelboin a écrit le 24 avril 2009 :

    Est-ce que les socié­tés qui fabriquent les radars jouent le rôle de gen­darme ? Est-ce que les per­sonnes vic­times de quelque délin­quance que ce soit qui appellent la police ou la jus­tice jouent le rôle de gen­darme ? Tant que l’on est dans la consta­ta­tion de faits et l’information de l’autorité sur ces faits, doit-on consi­dé­rer qu’il s’agit d’un rôle de gen­darme ? Tant que l’on ne se fait pas jus­tice soi-même, et bien non.

    Une per­sonne qui appelle la police pour dénon­cer une agres­sion n’envoie pas direc­te­ment le délin­quant en pri­son sans autre forme de pro­cès. Ta dia­lec­tique est curieuse (je reste poli). Il s’agit bel et bien d’une fonc­tion de police : sur­veiller et défer­rer, sauf que l’on ne défère pas à la jus­tice mais à une admi­nis­tra­tion. On a donc zappé la police ET la jus­tice. Tu notera au pas­sage que tu as zappé la pro­blé­ma­tique de la preuve.

    Tout ceci EST iné­luc­table, sinon com­ment com­prendre l’obstination de l’Elysée (même Fillon est contre Hadopi). Il s’agit d’une prise en main de l’internet, après, je ne vais pas m’étendre sur ce que tu dénonce comme étant des com­plots, mais je suis tout de même curieux de vois com­ment tu va bien pou­voir défendre tes posi­tions une fois que la loi LOPSI sera dis­cu­tée. Vas-tu nous faire une dia­tribe contre les pédo­philes jus­ti­fiant la censure ??

    Une chose est claire, à moins d’effacer ce billet, tu ne pourra pas pré­tendre que ‘tu ne savait pas’, et qu’autant Hadopi était gen­til, autant Lopsi ne l’est pas. Il s’agit de deux volets com­plé­men­taires, faits pour fonc­tion­ner l’un avec l’autre.

  • [45] - Olivier Ezratty a écrit le 24 avril 2009 :

    Tu veux me faire effa­cer un billet, toi qui lutte vaillam­ment pour la liberté d’expression sur Inter­net ? Et en me fai­sant dire ce que je n’ai ni dit ni écrit ? Sorry, I don’t agree !

    Je n’ai pas écrit que j’étais pour HADOPI telle qu’elle était. J’ai sou­li­gné ses nom­breux défauts (y com­pris sur la charge de la preuve) et le fait qu’un com­pro­mis pou­vait la rendre accep­table. Com­pro­mis qui n’a pas été trouvé et qui la rend effec­ti­ve­ment inac­cep­table en l’état. J’assume entiè­re­ment cette position.

    Je ne pense pas que cette loi ait pour objec­tif de “contrô­ler l’Internet” notam­ment sur la liberté d’expression qui n’a rien à voir avec le pira­tage d’oeuvres audio­vi­suelles. C’est avec ce genre d’argument extrême que l’on empêche la créa­tion d’un com­pro­mis. Alors qu’il s’agit de l’éternel débat sur l’équilibre entre la liberté des uns et les droits des autres.

    Par contre, si des dis­po­si­tions légales (type LOPPSI 2) pas for­cé­ment liés à HADOPI pou­vaient limi­ter cette liberté d’expression, oui, on aurait rai­son de crier au loup. De là à mettre Alba­nel et le Minis­tère de l’Intérieur dans le même sac, c’est un peu short. Bon, sauf si comme Jean-Michel Planche l’imagine, Alba­nel rem­place Alliot-Marie à la place Beau­veau. Ca me semble cepen­dant assez stretch.

  • [46] - Fabrice Epelboin a écrit le 24 avril 2009 :

    Jean Michel plai­san­tait (ou alors il avait trop forcé sur le vin), Alba­nel va aller dans les pou­belles de l’histoire poli­tique Fran­çaise au pro­chain rema­nie­ment. D’ici juin juillet, NKM ira dans un minis­tère à la hau­teur de son talent (jus­tice ?), reste à voir qui fera du tou­risme à l’économie numérique…

    Quant à savoir si LOPSI2 est en rap­port avec Hadopi, tu n’a qu’à lire la loi et te poser une simple ques­tion : Si Hadopi ne pas­sait pas, cette loi tiendrait-elle debout ?

    Pour ce qui est d’hadopi contrô­lant qui a le droit de s’exprimer sur inter­net ou pas (ou en tout cas les risques encou­rus pour le faire), je te laisse lire entre les ligne de ceci : http://bit.ly/df2ie

  • [47] - Olivier Ezratty a écrit le 24 avril 2009 :

    Of course, il plai­san­tait. Mais on a tout de même des incom­pé­tents notoires dans cer­tains postes minis­té­riels. Donc, rien n’est impos­sible de ce côté là !

    Sur le sta­tut des médias en ligne :
    - Quel est le rap­port entre la riposte gra­duée et ce truc ? C’est le lobby de la presse qui cherche à pré­ser­ver son métier et a se faire sub­ven­tion­ner par tous les moyens pour sur­vivre.
    - Quel est le lien avec la liberté d’expression ? On dirait sur­tout une affaire de TVA. Qu’est-ce qui t’empêche de t’exprimer sur un blog du fait de cet amen­de­ment ? Il fau­drait par contre creu­ser les aspects de pro­tec­tion juri­dique, des sources, etc. Est-ce que ce sta­tut sépare les médias des blogs de ce point de vue et quelles en sont les consé­quences ?
    - Cet amen­de­ment est le fait du lobby de la presse. Alors, eux-aussi veulent tuer la démo­cra­tie maintenant ?

    Je rela­ti­vise un peu tout cela car j’ai vécu lorsque j’étais chez Micro­soft l’atmosphère un peu para­noiaque sur autour de la boite. En 2001, on enten­dait dire que Win­dows XP allait mena­cer les liber­tés à cause de “Pas­sport”, l’ID que l’on trouve par­tout (chez Google, Yahoo, Face­book, etc). En 1998, on disait que MS était big bro­ther et un grave dan­ger pour les liber­tés et - mazette - pour la démo­cra­tie. Etc.

    Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts. Plus de peur que de mal. Même s’il est vrai que MS a du quelque peu bou­ger en fonc­tion de ces craintes. Et la menace est appa­rue ailleurs, dans les moteurs de recherche et les réseaux sociaux.

  • [48] - Fabrice Epelboin a écrit le 24 avril 2009 :

    - Quel est le rap­port entre la riposte gra­duée et ce truc ?

    A toi de me le dire, c’est dans le même texte de loi, donc il doit bien y avoir un rap­port, non ?

    Quel est le lien avec la liberté d’expression ?

    Non, ce n’est pas seule­ment un régime fis­cal spé­ci­fique, relis l’article du Monde, il s’agit aussi d’un régime juri­dique de pro­tec­tion spé­ci­fique, dont les blogs sont expli­ci­te­ment exclus.

    Cet amen­de­ment est le fait du lobby de la presse. Alors, eux-aussi veulent tuer la démo­cra­tie maintenant ?

    Non, il cherchent avant tout à muse­ler une concur­rence (inter­net) face à laquelle ils sont tota­le­ment désarmés.

    Je rela­ti­vise un peu tout cela car j’ai vécu lorsque j’étais chez Microsoft…

    Je com­prends, tu est habi­tué à ne plus avoir grand chose à faire des atteintes à des prin­cipes fon­da­men­taux comme cela.

    Pour­tant, là, ils sont sous tes yeux, point de para­noïa, que des faits. (tu notera l’habileté des com­men­ta­teurs de ce billet qui ne se sont pas lais­sés aller à celà, c’est le fruit d’un long tra­vail de com’ sur Hadopi qui a com­mencé il y a 9 mois).

  • [49] - Olivier Ezratty a écrit le 24 avril 2009 :

    Muse­ler ? Ils ne vont rien muse­ler du tout avec tout ça !

    Tant qu’on y est, c’est la presse qui a com­ploté pour créer le phé­no­mène Face­book. Depuis que ce machin existe, les gens bloggent moins. Sans par­ler de Twit­ter ou plus de deux phrases de suite, c’est péché. Ca fait le jeu de la presse écrite non ?

    Prin­cipes fon­da­men­taux atteints ? Quand c’est fon­da­men­tal oui, sinon, je rela­ti­vise en effet. Mais pour ce qui est de XP, le trait a été plus que for­te­ment grossi à l’époque.

  • [50] - Fabrice Epelboin a écrit le 24 avril 2009 :

    Oli­vier, j’adore ta façon de tout mélan­ger pour noyer le pois­son, c’est d’une mau­vaise foi abso­lue, mais c’est très drôle. Tu ferais un bon poli­ti­cien (une ambi­tion cachée ?)

    Je pense que tu as par­fai­te­ment saisi mon point, et les nom­breux com­men­taires sur ce billet me font dire que tout le monde ici l’a saisi. Mélange tout ce que tu veux, il n’en reste pas moins que cette loi est indé­fen­dable, même en la rafis­to­lant. Tu es l’un des rare ‘experts du sec­teur’ a avoir tenté de la défendre, ici même, avec, il faut le recon­naitre, une périlleuse manœuvre post fiasco à l’assemblée ten­tant de conci­lier la chèvre et le choux…

    Oui, la liberté d’expression est un droit fon­da­men­tal, et l’amendement concer­nant la presse en ligne est une atteinte à ce droit. La connec­tion inter­net aussi, et seul un juge peut déci­der qu’il en soit autre­ment (c’est l’Europe qui le dit), les prin­cipes liés à la preuve sont aussi consi­dé­rés comme un droit fon­da­men­tal (décla­ra­tion des droits de l’homme)…

    Alors, diverge autant que tu veux, fait dans l’anecdote qui n’a rien à voir avec le sujet, mais il n’en reste pas moins que tout cela sont des faits, des écrits, datés, et signés.

  • [51] - Olivier Ezratty a écrit le 24 avril 2009 :

    Bien sûr que la liberté d’expression est un droit fondamental !

    Sur l’amendement en ques­tion, je constate qu’il réduit la res­pon­sa­bi­lité légale des médias “pros” pour les contri­bu­tions des lec­teurs, mais ne modi­fie pas celle des autres sup­ports (blogs, etc). Donc, si pro­blème il y a pour les blogs et la liberté d’expression, il me semble qu’il exis­tait déjà avant puisque la situa­tion les concer­nant n’est pas modi­fiée du fait de cet amen­de­ment. La presse en ligne reste cepen­dant res­pon­sable de ce qu’elle écrit. Au même titre que nous tous dans nos blogs. Par exemple, la plainte en dif­fa­ma­tion contre Chris­tophe Gré­bert à Puteaux était reçe­vable (il a gagné contre la Maire, heu­reu­se­ment), amen­de­ment ou pas et même si le nou­veau régime de res­pon­sa­bi­lité des médias en ligne avait été étendu aux blogs.

    Et dans tous les cas de figure, il est de la res­pon­sa­bi­lité légale du média en ligne quelqu’il soit, de modé­der son site.

    Mais je recon­nais que je ne suis pas spé­cia­liste de ce sujet et si tu peux m’éclairer - POSEMENT - je suis preneur.

  • [52] - Fabrice Epelboin a écrit le 24 avril 2009 :

    “Et dans tous les cas de figure, il est de la res­pon­sa­bi­lité légale du média en ligne quelqu’il soit, de modé­der son site. ”

    Non, pas selon la loi actuelle, en pra­tique, cette res­pon­sa­bi­lité est (était) enca­drée par la LCEN (Loi de Confiance en l’Economie Numé­rique). Il est de la res­pon­sa­bi­lité pour un blog ou un site pro de modé­rer les contri­bu­tion uti­li­sa­teurs APRES qu’une demande lui ai été noti­fié (c’est un point capi­tal). Tant que per­sonne ne lui demande quoi que ce soit, il n’y a aucune obligation.

    L’amendement intro­duit une dis­tor­sion entre les sites pro d’une coté et les autres. En gros, une pla­te­forme de blog ins­tal­lée par une star­tup n’a pas la même pro­tec­tion pour ses conte­nus uti­li­sa­teurs qu’une pla­te­forme de blog gérée par Le Monde. Curieux, non ?

    Cet amen­de­ment remet en cause un régime qui a tout de même per­mis de faire de la France un grand pays du blog­ging. Ce fro­mage sera désor­mais réservé à certains…

    D’autre part, une star­tup et un site de presse exer­cant les mêmes acti­vi­tés (ima­gi­nons, tou­jours, une pla­te­forme de blog, de micro­blog­ging, ect), ne seront plus assu­jet­ties aux mêmes règles fis­cale (dis­tor­sion de concurrence).

    Si tu veux plus d’informations sur mon fan­tasme concer­nant une presse sou­hai­tant déses­pé­ré­ment muse­ler inter­net, je te ren­voi vers les rap­ports qu’on fait au sujet des Etats Géné­raux de la presse Bruno Patino, et sur­tout l’excellent Fré­dé­ric Filloux.
    http://atelier.rfi.fr/profiles/blogs/frederic-filloux-les-medias

  • [53] - Olivier Ezratty a écrit le 24 avril 2009 :

    Pour nos lec­teurs, le point qui pose pro­blème est cet élément de l’amendement, assez sibyl­lin au demeurant:

    « Lorsque l’infraction résulte du contenu d’un mes­sage adressé par un inter­naute à un ser­vice de com­mu­ni­ca­tion au public en ligne et mis par ce ser­vice à la dis­po­si­tion du public dans un espace de contri­bu­tions per­son­nelles iden­ti­fié comme tel, le direc­teur ou le co-directeur de publi­ca­tion ne peut pas voir sa res­pon­sa­bi­lité pénale enga­gée comme auteur prin­ci­pal s’il est établi qu’il n’avait pas effec­ti­ve­ment connais­sance du mes­sage avant sa mise en ligne ou si, dès le moment où il en a eu connais­sance, il a agi promp­te­ment pour reti­rer ce message. »

    Il ne change pas la situa­tion des blogs en valeur abso­lue. Il a juste amé­lioré à la marge celle de la presse en ligne. Quel est l’impact réel sur la liberté d’expression dans les blogs comme le mien ? Sachant d’ailleurs que cette liberté n’est pas un “fro­mage” car seuls quelques rares blogs per­mettent à leur auteur d’en vivre par les reve­nus publi­ci­taires, mar­gi­naux au regard de l’ensemble des reve­nus publi­ci­taires sur Inter­net. Et l’avantage écono­mique qui vient d’être ajouté à la presse en ligne est une goutte d’eau par rap­port aux aides et sub­ven­tions diverses qui couvrent déjà la presse et à celles qui sont issues des Etats géné­raux de la presse (200m€ je crois).

    Au vu du détail de la res­pon­sa­bi­lité du blo­gueur, je constate en tout cas que la loi n’est déjà pas bien sou­vent res­pec­tée notam­ment pour les blogs anonymes.

    Sinon, dans son inter­view, Fré­dé­ric Filloux ne parle par du tout de liberté d’expression. Son pro­pos est sur­tout économique.

    Bon, et on s’éloigne vrai­ment d’HADOPI !

  • [54] - Fabrice Epelboin a écrit le 24 avril 2009 :

    « Lorsque l’infraction résulte du contenu d’un mes­sage adressé par un inter­naute à un ser­vice de com­mu­ni­ca­tion au public en ligne et mis par ce ser­vice à la dis­po­si­tion du public dans un espace de contri­bu­tions per­son­nelles iden­ti­fié comme tel, le direc­teur ou le co-directeur de publi­ca­tion ne peut pas voir sa res­pon­sa­bi­lité pénale enga­gée comme auteur prin­ci­pal s’il est établi qu’il n’avait pas effec­ti­ve­ment connais­sance du mes­sage avant sa mise en ligne ou si, dès le moment où il en a eu connais­sance, il a agi promp­te­ment pour reti­rer ce message. »

    Tu mets le doigt des­sus. En théo­rie, si on prend la LCEN à la lettre, il n’y a pas de res­pon­sa­bi­lité pour l’éditeur (pro ou pas), mais en pra­tique, si on prend la juris­pru­dence, ce n’est pas le cas.

    On a donc une loi qui enté­rine la juris­pru­dence et pro­tège les éditeurs ‘pro’ et seule­ment eux, alors que dans l’esprit de la LCEN, tout éditeur avait droit à cette protection.

    Sinon, si, ce n’est pas UN blog qui est ‘un fro­mage’, mais une pla­te­forme. Demande donc à Emma­nuel Parody la sur­face publi­ci­taire que les blogs de son groupe gère, tu sera impres­sionné ;-)

  • [55] - Ader a écrit le 30 avril 2009 :

    Quid de l’étude récente qui montre que les plus friands de télé­char­ge­ments illé­gaux sont aussi ceux qui dépensent le plus d’argent pour acqué­rir des oeuvres musi­cales, notam­ment. Il est vrai que cette étude n’a pas été faite en France et que le cor­po­ra­tisme règne en maître dans notre pays.

  • [56] - Olivier Ezratty a écrit le 30 avril 2009 :

    Cette étude pré­sente peut-être les mêmes biais que celles qui vont dans le sens contraire. Et effec­ti­ve­ment, elles devraient être faites dans chaque pays concerné car les com­por­te­ments des consom­ma­teurs varient d’une culture à l’autre. Cela fait des décen­nies que le phé­no­mène du pira­tage des conte­nus et des logi­ciels est un peu plus mar­qué en France que dans la moyenne euro­péenne. Et on peut noter que l’étude ne concerne pas le télé­char­ge­ment de films ou de séries TV.

    Ceci étant, tout ceci ne jus­ti­fie pas pour autant le côté repres­sif et liber­ti­cide d’HADOPI. Le gou­ver­ne­ment a cédé aux lob­bies des conte­nus et n’a pas accepté d’écouter les repré­sen­tants des consom­ma­teurs et même les dépu­tés modé­rés de sa propre majo­rité. Too bad.

  • [57] - Fabrice Epelboin a écrit le 1 mai 2009 :

    Non Oli­vier, je ne peux pas te lais­ser dire cela. Ces études sortent de l’ENST ou bien encore de Har­vard. Celles qui disent le contraire sorte de la RIAA ou de la SACEM. Quel que soit tes incli­nai­sons mili­tantes, ton par­cours devrait tout de même t’incliner a avoir un pré­jugé suf­fi­sam­ment favo­rable avant d’affirmer qu’Harvard et l’ENST (ainsi que l’OCDE et le minis­tère de l’industrie Cana­dien) ne sont pas dignes de fois.

    Comme Chris­tian Nitot, Jean Michel Planche et moi même te le disions lors du der­nier diner chez NKM, la France en terme de pira­tage est dans la moyenne Euro­péenne. Les cham­pions sont les Espa­gnols, manque de pot, là bas, les ventes de disque aug­mentent, ce qui explique qu’on évite de les citer en exemple.

    Pour ceux qui s’interessent à ces études, elles sont toutes citées là : http://fr.readwriteweb.com/2008/11/18/a-la-une/rapport-hadopi/

  • [58] - Olivier Ezratty a écrit le 1 mai 2009 :

    Dans ton article, tu cites les tra­vaux de l’ENST. En indi­quant qu’ils portent sur les modèles écono­miques du pira­tage, prou­vant que celui-ci n’induit pas de manque à gagner pour les contenus.

    Mais je ne vois pas de men­tion d’enquêtes com­pa­ra­tives par pays sur les taux de pira­tage. L’ENST aurait mené ce genre d’étude, qui relève en géné­ral de son­dages ou de panels ? Je ne les vois pas équi­pés pour faire cela, ni Har­vard d’ailleurs. As-tu les liens sur ces études pour notre gouverne ?

    Et parle-t-on bien de la même chose ? Entre taux de pira­tage par pays et étude de l’impact de ce pira­tage, je m’y perd un peu dans ton commentaire.

  • [59] - Fabrice Epelboin a écrit le 1 mai 2009 :

    Il y a des études faites sur le Canada, les USA, la Hol­lande, l’Espagne et enfin la France (j’en ai pro­ba­ble­ment oublié, ceci dit), toutes celles qui ont été faites sous l’autorité d’une ins­ti­tu­tion scien­ti­fique, et qui portent le sceau d’une ins­ti­tu­tion scien­ti­fique (Har­vard, ENST, Ber­ke­ley ou autre), ou d’une ins­ti­tu­tion inter­na­tio­nale (OCDE, Minis­tère du Canada) concluent la même chose :

    1) On dis­tingue dans la popu­la­tion des pirates un seg­ment de sur­con­som­ma­teurs de pro­duits légaux
    2) Il n’y a pas d’impact sur les ventes (en pra­tique, pas mal de ces études démontrent un impact posi­tif)
    3) Cer­taines de ces études ont tenté de mesu­rer l’impact en terme de ‘mieux vivre’ (well­being) sur la popu­la­tion, et il est très conséquent.

    Pour les études com­pa­ra­tives, et en par­ti­cu­lier en Europe, seule l’OCDE fait de telles études (une par an, je crois bien)… je te laisse fouiller leur site, je n’ai que des pdfs. Pour les pays asia­tiques, c’est le flou total, et pour l’amérique du nord, c’est du coté du minis­tère de l’industrie cana­dien qu’il faut voir.




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