J’avais été mar­qué en 1997 par plu­sieurs bench­marks pré­sen­tés par le PDG de Bull, Jean-Marie Des­car­pen­tries dans un key­note au Com­dex à Paris. Il décri­vait le retard de la France en matière d’usage des TIC et l’impact que cela avait sur sa com­pé­ti­ti­vité. Onze années plus tard, mal­gré les pro­grès réa­li­sés dans le pays, on en est tou­jours au même point. Le retard de la France dans la consom­ma­tion d’IT est chro­nique. Les anglais consomment envi­ron 70% plus d’IT par habi­tant que les fran­çais. Ceci est vécu de l’intérieur par toutes les boites IT qui ont un pieds dans la France et le Royaume Uni, et plus géné­ra­le­ment, qui peuvent com­pa­rer la réac­ti­vité de l’ensemble des pays euro­péens et mon­diaux aux nou­velles technologies.

Nom­breuses sont les réflexions au niveau des lob­bies indus­triels (Syn­tec, AFDEL, Cigref, etc) pour com­prendre ces phé­no­mènes et réduire le retard fran­çais. Beau­coup d’efforts sont faits pour sen­si­bi­li­ser les pou­voirs publics. Nous allons ten­ter de four­nir les expli­ca­tions pra­tiques de ce retard, liées au com­por­te­ment des infor­ma­ti­ciens et clients fran­çais de tech­no­lo­gies de l’information.

Le mar­ke­ting de l’IT en France est en effet assez ardu pour les éditeurs. C’est un sujet un peu tabou et peu débattu. En gros, tous les éditeurs de logi­ciels et construc­teurs infor­ma­tiques constatent - mais se gardent bien d’afficher - que le mar­ke­ting et la vente des pro­duits IT des­ti­nés aux entre­prises sont plus dif­fi­ciles en France que dans la plu­part des autres pays. Quel est ce phé­no­mène ? Com­ment se manifeste-t-il ? D’où vient-il ? Quelles leçons en tirer ? Com­ment le contour­ner pratiquement ?

L’exemple des sémi­naires et conférences

J’ai assisté cette semaine à l’Adobe AIR Tour à Paris, occa­sion de faire le point sur les tech­no­lo­gies RIA (Rich Inter­net Appli­ca­tions) de l’éditeur, et de Flex et AIR en par­ti­cu­lier. L’auditorium de la Bourse était à moi­tié plein, avec envi­ron 200 par­ti­ci­pants, ce qui est modeste au regard de l’importance d’Adobe dans le mar­ché du RIA. Adobe avait obtenu 600 ins­crits. Mais la confé­rence était en anglais, ce qui n’aide pas beau­coup en France.

Adobe AIR Tour

En règle géné­rale, il est plus dif­fi­cile de faire bou­ger des infor­ma­ti­ciens et déve­lop­peurs fran­çais dans des événe­ments, notam­ment des confé­rences ou sémi­naires. A for­tiori s’ils sont ou payants, ou en anglais, ou à l’étranger, ou une com­bi­nai­son de ces inconvénients.

J’ai aussi vécu cela chez Micro­soft avec leur grand événe­ment euro­péen TechEd créé au début des années 1990. Payant (envi­ron 1700€ pour quatre jours de confé­rence), en anglais et le plus sou­vent à l’étranger, il cumu­lait les han­di­caps pour atti­rer des par­ti­ci­pants fran­çais. Alors que la confé­rence attire envi­ron 5000 par­ti­ci­pants, il est très dif­fi­cile d’attirer plus de 200 fran­çais, le record ayant été atteint en 1996 avec 600 par­ti­ci­pants alors que l’événement avait lieu à Nice et que des efforts mar­ke­ting sans pré­cé­dents (voire déli­rants) avaient été déployés. Il n’est pas rare d’avoir plus de par­ti­ci­pants de pays euro­péens bien plus petits que la France, que de par­ti­ci­pants fran­çais. Quand il s’agit d’envoyer des fran­çais outre-Atlantique, c’est encore plus dif­fi­cile. Com­bien de fran­çais par­ti­cipent à JavaOne à San Fran­cisco, vont au CES à Las Vegas ou par­ti­cipent aux confé­rences sur le Web 2.0 ? Le chiffre n’est pas public, mais offi­cieu­se­ment, il est très faible. Ce déca­lage n’est donc pas spé­ci­fique à Micro­soft. On le retrouve chez de nom­breux autres éditeurs et construc­teurs amé­ri­cains. Chez Sun, Oracle ou Adobe pour ne prendre que quelques exemples.

En France, l’informaticien est donc sen­sible et au prix, et au lieu, et à la langue par­lée dans une confé­rence. Plus que tous ses col­lègues euro­péens. Quand ces obs­tacles sont sur­mon­tés simul­ta­né­ment, et avec un contenu de qua­lité, le suc­cès peut être au rendez-vous. Les Tech­Days de Micro­soft en sont l’exemple le plus écla­tant : 16000 par­ti­ci­pants cette année vs 13000 en 2007, plus que tout autre événe­ment de Micro­soft orga­nisé en Europe de tous les temps. Les confé­rences REMIX sur les tech­no­lo­gies de déve­lop­pe­ment Web orga­ni­sées à Paris attirent entre 300 et 500 déve­lop­peurs, bien plus que la confé­rence Adobe AIR de cette semaine. Alors pour­tant qu’Adobe a une meilleure part de mar­ché dans les tech­no­lo­gies web. Les autres éditeurs n’aboutissent pas tou­jours à ce résul­tat car soit ils manquent de moyens, soit, comme Adobe, ils n’ont pas encore per­suadé leurs centres de déci­sion amé­ri­cains du besoin d’avoir une approche “locale”.

Les lacunes dans la com­pré­hen­sion de l’anglais chez nos ingé­nieurs infor­ma­ti­ciens sont bien connues et véri­fiées dans la pra­tique. Nous sommes avec les japo­nais et les espa­gnols les plus défi­cients de ce point de vue là. Tant dans la com­pré­hen­sion que dans l’expression. Dans les réunions inter­na­tio­nales, cela nuit à notre effi­ca­cité pour pous­ser idées et pro­jets. Mais aussi pour se mettre au parfum.

Autre phé­no­mène : le “taux de chute”, diable de l’imprévision pour le mar­ke­teur. C’est le ratio entre le nombre d’absents et le nombre d’inscrits à un événe­ment. En moyenne, il était de 30 à 40% dans les années 1990. Main­te­nant, il dépasse allè­gre­ment les 50%. Les sol­li­ci­ta­tions nom­breuses expliquent peut-être cette augmentation.

Il y a une autre carac­té­ris­tique des audiences IT en France : la grande méfiance par rap­port aux dis­cours mar­ke­ting. Les anglo-saxons acceptent ces dis­cours sans trop bron­cher alors qu’ils exas­pèrent les fran­çais. Le temps passé dans les événe­ments doit être un temps utile. Donc, pas de bla­bla, du concret, des démos. C’est ce qui a fait le suc­cès des Dev­Days, deve­nus les Tech­Days chez Micro­soft. A contra­rio, il est dif­fi­cile d’attirer du monde avec des sémi­naires dits “solu­tions” pré­sen­tant des pro­duit ver­ti­caux pour des audiences “métier” ou “décideurs”.

Cycles de vente

Les sémi­naires et événe­ments ne sont qu’une par­tie d’une situa­tion dif­fi­cile pour les four­nis­seurs et qui concerne l’ensemble du cycle de vente dans les entre­prises. Com­ment cela se manifeste-t-il ?

  • Le pro­ces­sus de vente est plus sou­vent long que dans le reste de l’Europe et aux USA. Je pense que c’est lié à notre faible culture du risque et à nos habi­tudes de mana­ge­ment assez hié­rar­chiques, qui ont cours autant dans les grandes entre­prises que dans les PME. Cela a ten­dance à diluer les res­pon­sa­bi­li­tés, qui ne sont pas suf­fi­sam­ment délé­guées. Les cycles de déci­sions deviennent sou­vent alambiqués.
  • Le pro­ces­sus d’avant-vente est par­ti­cu­liè­re­ment long. Et il est évidem­ment dif­fi­cile de le faire payer. Cela tient d’un per­fec­tion­nisme tech­nique, limite mala­dif, mais aussi, d’une ten­dance des clients à pro­fi­ter de l’empressement des four­nis­seurs concur­rents à démon­trer la fai­sa­bi­lité de leurs tech­no­lo­gies. La démo­gra­phie des entre­prises en France (vs le reste de l’Europe et notam­ment de l’Allemagne) accroît l’importance des “grands comptes” par rap­port au tissu des PME dont la démo­gra­phie est faible ici.
  • Les pro­cé­dures d’appels d’offre sont com­plexes. Le poids du sec­teur public n’y est pas pour rien. En France, envi­ron le quart des sala­riés sont dans le sec­teur public (état, col­lec­ti­vi­tés et ser­vices publics). Et le code des mar­chés publics n’est pas simple. Ceci explique cela.

Code Marchés Publics

  • Les négo­cia­tions sur les prix sont dif­fi­ciles. La France est plus proche de la Médi­ter­ra­née que de l’Europe du Nord de ce point de vue là. Et c’est presque mala­dif. Un client nor­ma­le­ment consti­tué va négo­cier à l’extrême toute affaire pour négo­cier une ris­tourne. Dans cer­tains cas, les ser­vices achat vont décor­ti­quer la struc­ture de coût du four­nis­seur pour déter­mi­ner le prix qu’ils sont prêts à payer. De plus, il est assez dif­fi­cile de rai­son­ner glo­ba­le­ment “busi­ness value” dans la vente. Le client fran­çais en infor­ma­tique est plus méfiant qu’ailleurs. Sa confiance n’est pas facile à obte­nir. Dans les grands comptes, on est plus proche des pra­tiques d’achats de la grande dis­tri­bu­tion que de la vente-partenariat qui a cours dans les pays anglo-saxons !
  • Les délais de paie­ment sont trop longs, les pires d’Europe (peut-être à part l’Italie), avec trois mois de délai, et quand les fac­tures suivent le bon pro­ces­sus achat interne au client.
  • Le client fran­çais est en moyenne “sui­veur”. L’adoption des nou­velles tech­no­lo­gies des­ti­nées aux entre­prises a tou­jours été en déca­lage par rap­port à nos prin­ci­pales col­lègues euro­péens ces vingt der­nières années : mes­sa­ge­rie, réseaux, midd­le­ware, etc. Exemple: il y a envi­ron cinq ans, une étude euro­péenne interne à Micro­soft mon­trait que la France était en retard dans l’adoption de .NET, mais égale­ment des tech­no­lo­gies Java ! Elle a depuis rat­trapé une par­tie de son retard sur ces deux tech­no­lo­gies mais cela a mis le temps.
  • S’y ajoute de temps en temps un manque de cor­rec­tion qui choque tou­jours les étran­gers. Les retards aux réunions sont mul­tiples sans comp­ter une pointe d’agressivité.

Bref, le client (infor­ma­ti­cien) fran­çais mérite lar­ge­ment sa répu­ta­tion de “dif­fi­cile” ! Une par­tie de ces com­por­te­ments s’explique par l’appréhension du risque et la peur du chan­ge­ment. Mais pas seule­ment. La culture mana­gé­riale des entre­prises est aussi en cause.

On peut aussi faire le lien avec la fai­blesse de l’industrie infor­ma­tique locale. Cette indus­trie est essen­tiel­le­ment faite de SSII, plus lentes à adop­ter les inno­va­tions tech­no­lo­giques que les construc­teurs et les éditeurs de logi­ciels. Les déve­lop­peurs et autres infor­ma­ti­ciens de SSII sont fac­tu­rés au pro­jet et à la jour­née et il leur est laissé peu de temps pour faire de la veille tech­no­lo­gique ! Sauf en inter-contrats, et encore.

Quelques excep­tions

Tout n’est pas si dif­fi­cile que cela en France. Il existe quelques cas par­ti­cu­liers où la France est plus récep­tive aux nou­velles technologies :

  • La récep­ti­vité du mar­ché est meilleure au mar­ke­ting des­tiné au grand public. Les loi­sirs numé­riques sont rapi­de­ment adop­tés en France. Au début des années 2000, la France était ainsi l’un des pre­miers pays euro­péens dans l’adoption du DVD. Il en a été ainsi de l’ADSL, grâce à des offres bien ciblées et bien tari­fées (à com­men­cer par la Free­box). Mais glo­ba­le­ment, là encore, la France est plus proche de l’Europe du Sud que de l’Europe du Nord. Elle avance, mais est tou­jours en retard, comme dans l’accès des ménages à Inter­net (cf don­nées GFK ci-dessous).

GFK Internet Europe

  • Les tech­no­lo­gies “per­son­nelles” ont été plus géné­ra­le­ment bien adop­tées en France. Ce fut le cas du PC au début, et notam­ment de Win­dows, et sur­tout des pro­duits d’Apple. La filiale fran­çaise d’Apple n’a pas vécu les affres de ses col­lègues du monde du PC. L’Apple Expo est unique en Europe, les key­notes de Steve Jobs attirent tou­jours des mil­liers de fan et la com­mu­nauté Apple est très dyna­mique en France.

Apple Expo

  • Les logi­ciels libres béné­fi­cient d’un écho favo­rable. C’est notam­ment favo­risé par le poids du sec­teur public dans l’économie, sec­teur qui est très per­méable aux logi­ciels libres, qui se dif­fusent main­te­nant lar­ge­ment au delà de ce secteur.

Paris Capitale du Libre

  • Et même chez Micro­soft, on sait de temps en temps ne pas être à la traine des autres pays euro­péens. C’est le cas de son action des­ti­née aux étudiants avec le concours de déve­lop­pe­ment “Ima­gine Cup” (dont la finale sera à Paris cette année début juillet 2008). Les par­ti­ci­pants fran­çais sont très nom­breux, tout autant que les gagnants, et ce depuis plu­sieurs années. C’est lié à la fois à la capa­cité d’exécution mar­ke­ting de l’équipe de Micro­soft France et à une bonne récep­ti­vité des étudiants en France qui sont pre­neurs de défis.

Consé­quences

La struc­ture de coût de la vente et du mar­ke­ting de l’IT est plus élevée en France qu’ailleurs. Et cela ne tient pas seule­ment, loin de là, aux charges sociales et patro­nales qui rendent le coût du tra­vail élevé en France. Ces coûts de struc­ture ne sont pas bench­marké offi­ciel­le­ment, mais c’est mon expé­rience chez Micro­soft, par­ta­gée ensuite avec de nom­breux autres acteurs de l’IT en France avec qui j’ai pu en dis­cu­ter en toute liberté. Les res­pon­sables des filiales fran­çaises de ces éditeurs se voient régu­liè­re­ment repro­cher la marge qu’ils génèrent, bien plus faible que dans les autres pays euro­péens où le busi­ness est plus facile.

Alors que faire ? Voici quelques recettes…

Pour les grands éditeurs : concen­trer les inves­tis­se­ments sur un nombre plus réduit d’opérations impac­tantes, bien exé­cu­ter le “tir croisé” en mar­ke­ting (mul­ti­plier la variété des sol­li­ci­ta­tions des clients), inves­tir lour­de­ment pour créer les pre­mières réfé­rences clients qui génè­re­ront ensuite un effet de sui­visme, loca­li­ser le mar­ke­ting, orga­ni­ser ses événe­ments en fran­çais avec des res­sources locales et éviter les confé­rences payantes. Il faut aussi ban­nir le “pipo mar­ke­ting”. Et  pré­voir qu’il fau­dra plus d’investissements mar­ke­ting pour obte­nir le même résul­tat que dans d’autres pays euro­péens. Cela sera amorti ensuite dans la durée.

Pour les star­tups : c’est simple, il faut s’internationaliser rapi­de­ment car le mar­ché inté­rieur est à la fois lent et étouf­fant, sauf quelques bonnes sur­prises, notam­ment avec des clients inter­na­tio­naux et dyna­miques (L’Oréal, Accor, etc)  car de culture très hybride - anglo-saxonne et fran­çaise -, et qui peuvent à la fois géné­rer de belles réfé­rences clients com­mu­ni­cables, et ouvrant les portes dans d’autres pays.

Avez-vous pu consta­ter les phé­no­mènes que je décris ? C’est le moment de se lâcher !


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Publié le 4 avril 2008 Post de Olivier Ezratty | Logiciels, Logiciels libres, Marketing, Microsoft, Startups | 18 commentaires

Les 18 commentaires sur “Marketing de l’informatique d’entreprise en France” :

  • [1] - rombusz a écrit le 5 avril 2008 :

    Merci pour cet article très inté­res­sant, Les freins que vous citez sont très justes.

    Parmi les dif­fi­cul­tés les plus ardues à sur­mon­ter, la com­plexité que vous évoquez pour les appels d’offre dans le sec­teur public entraîne sou­vent des glis­se­ments sur de nom­breux mois, extrè­me­ment coû­teux pour les start-ups.

    Dans le même esprit, l’absence de small busi­ness act joue pro­ba­ble­ment un rôle impor­tant dans la per­cée des star­tups dans les grands comptes. Je n’ai pas l’impression le pacte PME soit une alter­na­tive cré­dible, quelle est votre expé­rience sur ce sujet ?

    Concer­nant le pro­ces­sus de vente et la dilu­tion de res­pon­sa­bi­lité, vous met­tez le doigt sur un pro­blème dif­fi­cile à trai­ter. On se retrouve sou­vent confronté à des res­pon­sables inca­pables de por­ter un pro­jet. Eux-mêmes sont par­fois dému­nis pour iden­ti­fier les cycles de déci­sion internes les plus effi­caces.
    Y’a-t-il des bonnes pra­tiques faci­li­tant ce pro­ces­sus de vente ?

  • [2] - Olivier Ezratty a écrit le 5 avril 2008 :

    Cela fait des années que l’industrie réclame un SBA à la fran­çaise, mais je crains que cela ne soit une chi­mère. Tout d’abord, le SBA n’aide pas tant que cela les star­tups high­tech aux USA, mais les PME en géné­ral. N’oublions pas que le SBA oriente une part de la com­mande publique du sec­teur public fédé­ral vers les PME. Pas vers les grands comptes en géné­ral. La créa­tion d’un SBA se heurte de plus aux règles de la com­mis­sion euro­péenne. Pour l’instant. Aux USA, les star­tups high­tech ne se pré­oc­cupent pas trop du sec­teur public (là bas aussi trop lent à la détente) et se concentrent sur le sec­teur privé, plus dyna­mique. Je ne connais pas bien le Pacte PME, qui a l’air d’une démarche expé­ri­men­tale et non légi­fé­rée plus qu’autre chose.

    Les bonnes pra­tiques pour la vente dans les cas où la déci­sion est diluée sont connues dans les livres : iden­ti­fier le déci­deur “busi­ness” de niveau le plus élevé, gérer les cercles d’influence autour de lui, se foca­li­ser sur les pro­jets et clients où un déci­deur et un bud­get sont clai­re­ment iden­ti­fiés, tout comme sur des pro­jets qui apportent une valeur “busi­ness” claire aux clients. Il faut au contraire éviter les pro­jets qui ne semblent pas prio­ri­taires, qui n’apportent pas une valeur ajou­tée claire au busi­ness où à la struc­ture de coût du client, et où les centres de déci­sion ne sont pas clai­re­ment iden­ti­fiés. Mais très sou­vent, on ne choi­sit pas vrai­ment ses pre­mières oppor­tu­ni­tés, ni ne peut faire la fine bouche…

    Pour l’efficacité du dis­cours de vente, voir quelques pistes dans “Le avant et le après en mar­ke­ting”.

  • Tout me semble très juste dans cette des­crip­tion, et merci pour cette note.

    Si je devais rajou­ter quelque chose c’est peut-être la médio­crité des inter­ven­tions dans la plu­part des événements.

    Cela est le symp­tôme d’un réel manque d’ambition dans les événe­ments marketing.

    Pre­nez l’Université du SI qui va être orga­nisé les 2 et 3 juillet par Octo Tech­no­nolgy, c’est autre­ment plus ambi­tieux que les sem­pi­ter­nels salons ou petits déjeu­ners que poussent les éditeurs et SSII en france, non ?

    Il y a des stars de l’IT et du déve­lop­pe­ment logi­ciel dans pleins d’autres pays, c’est beau­coup moins le cas en France.

  • je me demande com­bien de temps cet écran entre IT en entre­prise et par­ti­cu­lier peut durer ?

    quand les jeunes arrivent ils ont de meilleurs por­tables que ce que leur boite peut four­nir en stan­dard, on un meilleur réseau chez eux, une meilleure mes­sa­ge­rie (google…), une impri­mante cou­leur…
    l’arrivée en entre­prise et douloureuse…

    et le pire est pro­ba­ble­ment l’utilisation des appli­ca­tions. Il est dif­fi­cile de jus­ti­fier que l’on peut uti­li­ser des mil­liers des appli­ca­tions sur inter­net et ne pas trou­ver l’application de sai­sie de congés dans l’entreprise et une fois trou­vée ne pas arri­ver a en sai­sir, trop compliqué.

  • [5] - Olivier Ezratty a écrit le 6 avril 2008 :

    Les entre­prises ont tout de même bien adopté les tech­no­lo­gies de l’Internet pour déve­lop­per une grande par­tie de leurs appli­ca­tions internes, notam­ment celles que vous citez?

    Sinon, cela milite notam­ment pour la mise en place de moteurs de recherches internes à l’entreprise qui soient effi­caces. Avec des contraintes de sécu­rité et de confi­den­tia­lité à trai­ter (qui a le droit d’accéder à quoi…).

  • Hello Oli­vier et bravo (une nou­velle fois) pour cet article de fond.

    Plu­sieurs commentaires :

    1 - j’aime bien la remarque d’Yves Marie qui sou­ligne le déca­lage pos­sible entre l’équipement pro­fes­sion­nel et l’équipement per­son­nel des “digi­tal natives”.

    2 - sur les délais de paie­ment, il n’y a qu’en France que l’on paie à 60 jours le 10 voire 90 jours. Aber­rant et sui­ci­daire. En tant que diri­geant d’une TPE, vous ne pou­vez pas ima­gi­ner l’énergie per­due à récu­pé­rer l’argent du. Il serait tel­le­ment simple d’instaurer le régle­ment à recep­tion de fac­ture avec un taux d’intérêt dis­sua­sif. Valable pour les PME IT ou non. (pri­vate joke : l’histoire de Freddy Mini de Net­vibes que nous avons ren­con­tré ensemble à SFO me revient à chaque fois)

    3 - sur l’internationalisation des PME IT en effet j’ai 2 exemples en tête.

    a - Kreac­tive Tech­no­lo­gies (kreactive.eu) spé­cia­lisé dans les flux RSS et ds les wid­gets, société fran­çaise basée à Lyon (lamoooche annuaire RSS c’est eux) qui aurait du/pu deve­nir le Feed­bur­ner fran­çais (racheté 100 mil­lions de dol­lars par Google) et qui je pense aura bien du mal mal­gré son achar­ne­ment. Je ne peux m’empêcher de pen­ser qu’une société comme cela a bcp plus de chance à San Fran­cisco qu’à Lyon…

    b - PUMIT by UBICMEDIA qui déve­loppe une approche radi­ca­le­ment nou­velle de la ges­tion des droits et de la dif­fu­sion d’oeuvres mul­ti­mé­dia, fon­dée par des per­sonnes lar­ge­ment expé­ri­men­tées. Ils passent pas mal de temps sur le mar­ché fran­çais mais savent que la véri­bale issue est…d’ouvrir un bureau à New York ou ailleurs aux US.

    Plus d’infos ici http://www.oliviermarx.net/non-classe/les-2-start-ups-du-week-end-pumit-et-kreactive-487.html

    Il fau­drait quand même que nos poli­tiques se réveillent un peu même si je n’y crois plus vrai­ment en fait.

    C’est dom­mage car il y a plein d’initiatives inté­res­santes par­tout en France. Les réunions tous les deux mois du Club des Pan­thères (que j’ai lancé, on était 3 au départ) arrivent à réunir une cin­quan­taine d’entrepreneurs Inter­net en fai­sant très peu d’efforts & les ini­tia­tives (exemple e-glue.fr qui vend de sti­ckers pour enfants qui ne fait que 20% de son CA en France…) sont là.

    Pour ce qui est du SMA, depuis le temps qu’on en parle…il fau­drait un jour des actes non ?

    /Olivier
    “entre­pre­neur & bloggeur”

  • [7] - Nicolas a écrit le 7 avril 2008 :

    Super ana­lyse, ça cor­res­pond tout à fait à ce qui se passe en effet. La schy­zo­phré­nie fran­çaise entre usage per­son­nel et usage pro­fes­sion­nel est dra­ma­tique, les ques­tions IT sont trop sou­vent abor­dées avec des méthodes d’un autre âge.

    L’approche d’un contrat d’équipement se fait en effet trop sou­vent à l’aulne de l’investissement immé­diat, sans prise en compte du ROI et des effets béné­fiques indi­rects de l’adoption d’un nou­vel outil (en par­ti­cu­lier les béné­fices mana­gé­riaux et organisationnels).

    Pour les délais de paie­ment : nous sommes der­rière l’Italie, l’Espagne et le Por­tu­gal (en cumu­lant les délais privé / public), la culture latine est effec­ti­ve­ment forte.

    J’allais finir sur une remarque, mais Yves-Marie m’a coupé l’herbe sous le pied : les plus jeunes d’entre nous ne com­prennent pas la fri­lo­sité tech­no­lo­gique et le sous-équipement hard­ware comme soft­ware en envi­ron­ne­ment pro­fes­sion­nel. Tra­vailler sans les bons outils alors qu’on les a chez soi fait par­tie de la démo­ti­va­tion qui désen­chante une géné­ra­tion vis-à-vis de l’entreprise.

  • [8] - Manuel a écrit le 8 avril 2008 :

    Sympa votre article, mais j’aimerais appor­ter une pré­ci­sion sur le sec­teur public :

    - Les grands acteurs du sec­teur pos­sèdent un modèle écono­mique inadapté. De manière simple pour exis­ter, il faut signer des actes d’engagement !

    - L’illusoire com­plexité du code des mar­chés publics (CMP) occulte vos esprits sur une démarche com­mer­ciale per­ti­nente sur le pro­ces­sus d’avant vente et sur la qua­lité des réponses aux appels d’offre (Bien sou­vent consternant)

    - Les contraintes asso­ciées aux CMP et la comp­ta­bi­lité publique (et prin­ci­pa­le­ment la pro­gram­ma­tion et dans une moindre mesure l’exécution bud­gé­taire) vous font oublier ce qu’est un ache­teur public et com­ment il fonc­tionne : Pro­cé­dure d’achat, for­ma­li­sa­tion des besoins, délais de paie­ment, contrat …

    - Les pme et start-up hésitent à répondre aux appels d’offre face aux «grands». C’est une erreur sur­tout avec les récentes ver­sions du CMP et une bonne exploi­ta­tion des points précédents.

  • Mon sen­ti­ment, c’est que le prix pour assis­ter a de tels eve­ne­ments est le prin­ci­pal frein pour une audience large. Une fac­ture de 1000 ou 1500 euros n’est pas un pro­bleme si l’evenement est cru­cial pour le busi­ness de l’entreprise, mais n’est hamais accor­dée en mode “veille”. La gra­tuité et le succes de l’evenement Micro­soft en sont la meilleure preuve. Comme dans le P2P, large audience gratuit.

    Cer­tains eve­ne­ments mar­ke­ting l’ont com­pris, et l’on voit fleu­rir des eve­ne­ments gra­tuits pour l’audience, mais payants pour l’intervenant. Ce type de salon peut gagner une large audience, et le fait que les inter­ven­tions sont payantes motive un peu plus les dits inter­ve­nants pour des conte­nus de qua­lite. Ex: http://www.forumemarketing.com/

    Enfin, les eve­ne­ments high techs com­mu­niquent moins bien en France qu’aux US. Les relais via les blogs et les forums sont plus forts la-bas, semblent-il…

  • [10] - Olivier Ezratty a écrit le 8 avril 2008 :

    Manuel, pourriez-vous pré­ci­ser en quoi le modèle des grands acteurs est inadapté ? Sur la capa­cité d’engagement à long terme ? Très sou­vent, ils ont une capa­cité de ser­vices (IBM, Oracle, et même Micro­soft) avec ou sans par­te­naires et savent s’engager sur des pro­jets. Est-ce de cela qu’il s’agit ou d’autre chose (genre, garan­tir la péren­nité du logi­ciel sur 30 ans pour les sous-marins ?) ?

    Sinons, vous avez rai­son d’évoquer les bonnes évolu­tions récentes du code des mar­chés publics. Je ne sais pas si beau­coup de four­nis­seurs en infor­ma­tique en pro­fitent pour l’instant et si cela a “changé les moeurs”, notam­ment pour l’acceptation des star­tups par ces clients.

  • [11] - Olivier Ezratty a écrit le 8 avril 2008 :

    Hervé, l’événement spon­so­risé est en effet une bonne for­mule. Pour peu que la société orga­ni­sa­trice soit bien établie sur le mar­ché, ce qui est le cas de Micro­soft. Mais cela n’est pas for­cé­ment à la por­tée des acteurs de moindre impor­tance qui doivent trou­ver d’autres solu­tions. Ou en tout cas, sim­ple­ment finan­cer des événe­ments modestes avec leur bud­get marketing.

  • [12] - Manuel a écrit le 9 avril 2008 :

    Oli­vier, de part mon expé­rience, les majo­ri­tés grands acteurs pri­vi­lé­gient un réseau de VAR et on se retrouve avec l’obligation de lan­cer un Appel d’offre pour un pro­duit ou ser­vice car seul les vars répondent.

    Donc du point de vue de la com­mande publique ces grands acteurs n’ont aucune exis­tence légale !!! Pour la struc­ture publique, en cas de négo­cia­tion, seul est admis le titu­laire du mar­ché sous peine d’irrecevabilité de la pro­cé­dure ou du titu­laire (Sous-traitant non déclaré, délit d’entente…).

    Le pro­blème, c’est qu’exister implique égale­ment d’être vigi­lant sur le cahier des clauses admi­nis­tra­tives par­ti­cu­lières en matière de res­pon­sa­bi­lité (Je pense que c’est une des rai­sons du non-investissement).

    En mar­ke­ting, il y a le four­nis­seur dans la place et qui fait tout pour y res­ter et l’autre qui cherche à y entrer. Pour moi ces grands acteurs ne sont pas des four­nis­seurs et dans l’état actuel des choses ne le seront jamais.

    De plus “Le privé” consi­dère bien sou­vent les appels d’offre comme une lote­rie incom­pa­tible avec une stra­té­gie com­mer­ciale. Je le répète cela se tra­duit par la piètre qua­lité des réponses et par des com­mer­ciaux qui ne font que de la chasse.

    Je suis convaincu que les pme et star­tups peuvent déve­lop­per une acti­vité récur­rente avec le sec­teur public de part la réac­ti­vité, la qua­lité des réponses (Offre écono­mi­que­ment la plus avan­ta­geuse) et des com­mer­ciaux qui font de la chasse et de l’élevage.

  • [13] - Olivier Ezratty a écrit le 9 avril 2008 :

    Manuel, j’ai en tête un éditeur de logi­ciel fran­çais dont je tai­rais le nom qui avait répondu sérieu­se­ment à un appel d’offre public, qui avait des réfé­rences et était mieux disant à la fois sur la réponse à la demande et sur le prix. Il lui a été pré­féré un éditeur nord amé­ri­cain qui n’avait pas de réfé­rence en Europe, ni de res­sources suf­fi­santes. Le fait d’être fran­çais était qua­si­ment un incon­vé­nient pour ce client du sec­teur public qui se sen­tait plus sécu­risé avec un éditeur amé­ri­cain, mal­gré les incon­vé­nients dans ce cas pré­cis (prix, proxi­mité). Cela nous ramène à la rela­tion au risque…

    Pour ce qui est du réseau de VARs et SSII des grands éditeurs, tu as rai­son. Mais les grands éditeurs savent quand c’est indis­pen­sable deve­nir “prime contrac­tors”, et eux-mêmes sous-traiter ensuite une par­tie du ser­vice à leurs par­te­naires. Ils évitent de le faire pour ne pas trop gêner leurs par­te­naires, mais sous la pres­sion de clients exi­geants et stra­té­gique, et sur des tech­no­lo­gies récentes qui ne sont pas encore bien mai­tri­sées par les par­te­naires, ils savent le faire.

  • Salut Oli­vier,
    dans la série fri­lo­sité des grands comptes (mais les PME sont quelques fois aussi timo­rées) devant des nou­velles tech­no­lo­gies pro­po­sées par des start-ups:
    - Le DSI qui, alors que la solu­tion start-up fran­çaise est mieux-disante en prix et plus adap­tée techniquement,achète une solu­tion US lea­der, en expli­quant qu’ainsi, il ne risque pas sa place s’il y a un pro­blème tech­nique puisqu’il a pri­vi­lé­gié le lea­der!
    - La Direc­tion des Achats d’une société du CAC 40 qui hésite à ache­ter votre pro­duit parce que vous n’êtes pas réfé­rencé dans le liste offi­cielle (fer­mée) des four­nis­seurs;
    - Alors qu’une start-up s’associe à un éditeur reconnu pour un appel d’offres, une autre société du CAC 40 repousse cette offre, en jus­ti­fiant que s’associer à une start-up n’est pas sérieux pour l’éditeur (alors que l’autre éditeur choisi, comme par hasard déjà dans la place, n’a pas la réponse technique)…

  • Oli­vier,

    Tres bel article.

    Je me per­met­trait d’ajouter que les difi­cultes que vous evo­quez dans la rela­tion four­nis­seur se retrouve aussi dans la rela­tion client des DSI. Il n’est en effet pas rare de voir des pro­jets ini­ties par d’autres fonc­tions se faire reto­quer. Il n’est pas non plus rare qu’un employe attende des heures un depan­nage, un rem­pla­ce­ment ou toute sim­ple­ment une actua­li­sa­tion de ses outils informatiques.

    Concer­nant la remarque de Manuel qui tend a defendre l’approche du ser­vice public, je dirai sim­ple­ment que tout le monde n’a ni le temps, ni la patience, ni l’expertise pour se frot­ter a une bureau­cra­tie qui se prend elle meme les pieds dans le tapis. Ini­tia­le­ment, la bureau­cra­tie avait voca­tion a rendre trans­pa­rents et equi­tables les pro­ce­dures. Ce n’est plus vrai­ment le cas.

    Concer­nant la remarque d’Herve, je pense que la gra­tuite est une notion fran­caise. Par­ti­ci­per a une confe­rence ou un mani­fes­ta­tion est une occa­sion d’apprendre et donc de gagner en effi­ca­cite. Ce n’est pas de la reclame. On a pris l’habitude en france de ne pas payer l’intelligence. Cf le salaire des sta­giaires qui sou­vent font un vrai bou­lot ou les pres­ta­tions de conseil qui sont ache­tees (de la for­ma­tion ou de la main d’oeuvre). Si on chan­geait de pers­pec­tive, on trou­ve­rai plus faci­le­ment des sous, ne serait-ce qu’en eco­no­mi­sant sur les pres­ta­tions deli­rantes de cer­taines SSII qui abusent de l’ignorance que la non par­ti­ci­pa­tion aux salons et confe­rences engendre.

  • [16] - Olivier Ezratty a écrit le 13 avril 2008 :

    Sur la gra­tuité, effec­ti­ve­ment, en France on n’aime pas payer les idées ni le ser­vice. Pour ne prendre que l’exemple des confé­rences, la France est effec­ti­ve­ment une excep­tion. En Alle­magne, à l’envers, on pré­fère payer car le prix est un gage de qua­lité. C’est d’ailleurs pareil avec les auto­mo­biles chez eux!

    Autre symp­tôme: la for­ma­tion est plus une obli­ga­tion qu’une néces­sité. Elle est régie par un tas de conven­tions, règle­ments et autres pré­lè­ve­ments obli­ga­toires (le % for­ma­tion, le “Droits Indi­vi­duels à la For­ma­tion”, les congés for­ma­tion, la for­ma­tion pro­fes­sion­nelle trus­tée par les orga­nismes pari­taires dont la fameuse UIMM, pompes à finan­ce­ment pour les syn­di­cats. Sys­tème de finan­ce­ment récem­ment décor­ti­qué par la Cour des Comptes. Il n’y a rien de tout cela dans plein d’autres pays et ils se forment tout de même autant. C’est une autre excep­tion bien fran­çaise, peut-être créée pour com­pen­ser le capi­ta­lisme aveugle fran­çais qui à l’origine ne vou­lait pas for­mer ses sala­riés. Mais aussi par la volonté de tout faire régir par la puis­sance publique.

    On peut aussi le voir en com­pa­rant le nombre de “petits bou­lots” dans les pays anglo-saxons par rap­port à ce que l’on voit en France.

    Seul contre-exemple, le poids des SSII dans l’écosystème infor­ma­tique fran­çais. Ce poids n’est cepen­dant que le résul­tat de la fai­blesse rela­tive des autres sec­teurs: construc­tion, com­po­sants et logiciels.

    On retombe en fait sur un aspect cultu­rel de la France : sa rela­tion com­plexée à l’argent. Rela­tion qu’il fau­drait pou­voir trans­for­mer, autre­ment que par les voyages en yatch, hôtels de lux et avions pri­vés de notre Président…

  • Encore un excellent post qui résume bien effec­ti­ve­ment ce que l’on constate sur le terrain.

    Cela me conforte dans l’idée que pour une star­tup telle que la nôtre, déve­lop­per l’international rapi­de­ment est la seule solu­tion valable. C’était d’ailleurs le conseil de diri­geants d’éditeurs ayant réussi comme ILOG ou Busi­ness Objects.

    A mon avis, il faut tout de même réus­sir à convaincre quelques clients Fran­çais car les pre­mières réfé­rences se doivent d’être proches : pour ajus­ter l’expérience de mise en oeuvre, tra­vailler en mode pilote et docu­men­ter le ROI.

    Mais ensuite, le pas­sage à une stra­té­gie de masse doit rapi­de­ment se faire sur des mar­chés plus réac­tifs, en concen­trant les efforts en France sur les groupes aux cultures inter­na­tio­nales qu’évoque Olivier.

    Gageons tout de même pour finir sur une note d’espoir que la mon­dia­li­sa­tion per­mette de “cas­ser” un peu cette culture fri­leuse grâce à une moins grande étan­chéité des fron­tières et grâce à la mobi­lité de nos jeunes res­sor­tis­sants qui ver­ront d’autres choses.

  • [18] - Nelly a écrit le 15 avril 2008 :

    oui je suis bien sûr ok avec tous ça … et je reon­dis sur ce que disais Chris­tian .. dans le monde des SSII et infor­ma­tique en géné­ral ..; je trouve que le choix est limité:

    - soit tu vas dans une énorme conf comme les tech­days… où tu auras à boire et à man­ger payé gra­cieu­se­ment par Micro­soft (la qua­lité est bien sûr au ren­dez vous)

    - soit tu vas dans le même type de confé­rence payé par un grand éditeur ou une grande SSII et tu sais que tu vas bouf­fer 3/4 du temps de leur offre com­mer­ciale car si c’est gra­tuit c’est pour ça

    - soit tu te formes (et tu dois payer pour ça) :bud­get for­ma­tion de ta boite ou un grand événe­ment SI comme l’Université du SI (www.universite-du-si.com)dont par­lait Chris­tian en juillet (2 et 3)… l’entrée et payante mais la qua­lité sera là et pas de gros spon­sors com­mer­ciaux… et ça se rap­proche des grands événe­ments anglo­saxons ..(conf Qcon …)




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