Dans cette seconde partie, nous allons creuser la contribution du Comité Richelieu et de la CGPME.

Le 18 mars 2009, ils publiaient un ComiteRichelieuCGPME

Ce plan regroupe cinq propositions assez interdépendantes :

Pérenniser les progrès du Crédit Impôt Recherche

Le Comité Richelieu pense surtout au cadre du These Iselin 

Sur le Crédit Impôt Innovation, le Comité Richelieu est allé loin en prémâchant le travail du législateur, rédigeant directement les articles du code des impôts à modifier (CartePoleCompetitivité

Le fonctionnement des pôles avait été évalué en juin 2008 par le BCG et une traduction du volapuk de consultant est nécessaire pour le décoder. Le plus ironique dans ces pôles est la notion de “pôle national” par opposition aux quelques “pôles mondiaux”. Véritable contresens puisque la compétitivité devrait s’entendre à l’échelle internationale et pas nationale. Les pôles nationaux sont donc au mieux des bassins d’activité sectoriels, et surtout de fait le résultat du lobbying local pour récupérer des subventions dans la manne des pôles de compétitivité (1500m€ entre 2005 et 2008). L’Etat n’a pas su faire des choix au moment du lancement des pôles en 2005 et s’est laissé aller à en labelliser 71 par clientélisme ! Pour l’instant, l’évaluation de tous ces pôles reste visiblement en demi-teinte si l’on lit entre les lignes. C’est toujours une véritable usine à gaz à la française à ceci près qu’elle est dans l’ère du temps : distribuée, cloud, et tout ce que vous voulez. Leur évaluation est difficile tant sont enchevêtrés les dispositifs d’aide à l’innovation. Si le risque est grand de crouler sous “l’overhead” du management de projets collaboratifs, certains projets collaboratifs issus des pôles font tout de même avancer le schmilblick, notamment pour rapprocher certaines startups de grands groupes.

Au final, le Comité Richelieu avance de très bonnes intentions, mais peu ont des chances d’aboutir à court terme ne serait-ce que pour des raisons budgétaires. Comme en général, il faut patienter plusieurs années avant que les bonnes idées se concrétisent, on peut saluer la persistance de cette association. Et il faut reconnaitre au passage que ces propositions ne sont pas spécifiques au numérique mais aux PME innovantes… :). Comme la moitié des PME innovantes touchent de près ou de loin au numérique, on s’y retrouve tout de même.

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Publié le 28 mars 2009 Post de | Economie, Entrepreneuriat, France, Innovation, Politique, Technologie | 13105 lectures

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Les 10 commentaires et tweets sur “Le numérique dans le plan de reprise – 2” :

  • [1] - macha a écrit le 28 mars 2009 :

    C’est la BDPME qui fait des propositions pour l’aide Innovation, avance remboursable ? Mort de rire… Alors là, je suis troué. BDPME c’est OSEO financement non ? Et pourquoi pas ANVAR pendant qu’on y est ? Mais je crois que le Comité Richelieu est au départ à la source de la fusion ANVAR et BDPME pour OSEO… On comprend pas trop pourquoi il se plaint maintenant ??? Tout pour la banque et le grand capital, avec les PME comme soustraitantes autour… Je comprends pourquoi vous les aimez. Le comité richelieu était le premier a taper des mains pour le CIR ; il trouvait cela génial. Maintenant il s’aperçoit que ça fait mal, et il demande à ce que l’aide directe soit près du marché, en subvention pourquoi pas, voire en tant que fonds propres des boites. Bah voyons… Ils ont tué l’aide Innovation, tentent ils de la sauver maintenant ??? M. Prince est de toute façon un très bel homme….

  • [2] - Olivier Ezratty a écrit le 28 mars 2009 :

    Non, c’est la CGPME. Je corrige l’article de suite.

    Et je n’aime ni les uns ni les autres. Faudrait se calmer un peu !

  • [3] - Guillaume a écrit le 28 mars 2009 :

    @macha et olivier. BDPME ou CGPME, c’est un peu la même chose. JM Roubaud est président du conseil de surveillance de BDPME OSEO Financement (la partie bancaire d’OSEO)
    http://www.oseo.fr/notre_mission/qui_sommes_nous/organisation/conseils/conseil_de_surveillance_d_oseo_financement

    Les membres du conseil d’administration d’OSEO Innovation ANVAR sont un peu différents. Il y a notamment Luc Rousseau de la DGE (dirige le FUI des Pôles de compétitivité)
    http://www.oseo.fr/notre_mission/qui_sommes_nous/organisation/conseils/conseil_d_administration_d_oseo_innovation

    Jetez un coup d’oeil cette fois sur la composition du conseil d’administration de la holding OSEO (EPIC, établissement public qui redirige les fonds publics vers la garantie et l’innovation)
    http://www.oseo.fr/notre_mission/qui_sommes_nous/organisation/conseils/conseil_d_administration_d_oseo

    Bref, tout cela pour dire, que plus l’aide s’éloignera de la phase amont de la R&D plus le financement bancaire s’imposera (ce sera sont rôle). Que vient faire une aide à la R&D (aide d’Etat) dans la phase très aval du développement ? Plus le produit est au point, plus le projet est proche du marché (avec des clients déjà identifiés)… moins le risque d’échec est avéré et donc, moins l’aide d’Etat s’impose (cf. les règles de Bruxelles). L’aide d’Etat doit être attribuée là où il y a défaillance de marché (donc risque, et donc pas de financement privé). Si dans la phase aval, il y a défaillance de marché, OSEO BDPME proposera donc un prêt à taux préférentiel avec garantie. Le métier de l’aide à l’innovation disparaître au profit d’un métier bancaire classique qui bientôt sera repris par l’ensemble des banques.

    En réalité, l’Etat se désengage du soutien à l’innovation en n’utilisant qu’un seul outil : l’incitation fiscale (elle profite surtout aux grands groupes en montant). Le lobby des grands groupes marche à fond. L’aide directe profite trop aux startups et aux PME indépendantes… la cible que les grands groupes veulent maîtriser (pas de nouveaux entrants, pas de concurrence…)

    La subvention est réservée maintenant aux projets collaboratifs (super high tech) des pôles de compétitivité, avec comme vous le constatez une majorité de pôles gouvernés par les grands groupes.

    L’aide directe (en avance remboursable) était une originalité française (qui aurait dû être copiée par d’autres) et qui va disparaître. La baisse des dotations OSEO Innovation ANVAR est due à la montée en puissance du CIR
    http://www.senat.fr/rap/l08-099-322/l08-099-32222.html

    Le CIR va aussi profiter aux activités bancaires : produit de mobilisation de la créance (mobilisation proposée déjà par BNP, Société Générale et OSEO FinancementBDPME). OSEO devient petit à petit une banque à part entière, avec la montée en puissance des activités de garantie bancaire (plan de relance) et un fusionnement des salariés autour d’un statut commun purement bancaire… Ce n’est pas une bonne idée puisque la concurrence est forte dans ce domaine, tandis que le soutien à l’innovation avec intervention de l’Etat était puissant et utile…

    Il s’agit de demander un peu plus de transparence pour que les entrepreneurs connaissent ce qui est envisagé, afin qu’ils puissent eux aussi donner un avis…

  • [4] - Olivier Ezratty a écrit le 28 mars 2009 :

    Guillaume, merci pour ce très intéressant dépiautage du qui finance qui et qui contrôle qui ! On se demande vraiment s’il y a un pilote dans ce navire.

    C’est en tout cas clair : que ce soit voulu ou pas, les interventions actuelles de l’Etat se détournent progressivement des startups et c’est une véritable erreur stratégique qui limite la capacité d’innovation du pays. Il ne faudra pas s’étonner si dans 20 ans on a encore les mêmes boites dans le CAC 40 qu’il y a 20 ans ! Le tissu industriel européen et français ne se renouvelle pas assez vite !

    Pour ce qui est de l’aval de la R&D et de son financement, on ne peut pas dire que le système bancaire fonctionne à plein. En effet, avoir un produit ne signifie pas que les risques soient réduits. Dans certains secteurs comme le web et le logiciel, la phase aval intervient très vite dans le cycle de financement, avant même l’intervention de business angels dans certains cas. Les aides publiques là où il y a encore beaucoup de risques sont encore les bienvenues. Elles existent d’ailleurs bien chez Oséo mais c’est une véritable usine à gaz.

    Une startup web ou logiciel peut développer assez vite son produit et sans R&D forcément très lourde. Par contre, rencontrer son marché nécessite de recruter un commercial, faire du marketing, industrialiser le logiciel ou les opérations Internet.

    Notre système de valeur français est ainsi fait qu’il valorise culturellement la technologie (compliquée si possible) mais pas sa commercialisation. Cela se retrouve dans le dispositif des aides publiques qui ne s’explique pas seulement par la logique aval/amont du financement.

    Nos élites n’ont pas encore compris ce qu’était une innovation. Ils la confondent toujours avec le progrès scientifique et les inventions. Une innovation, c’est avant tout un progrès technique qui a rencontré son marché et si possible à l’échelle mondiale. Et une innovation est ainsi qualifiable qu’après son succès sur le marché !

    Maintenant, qu’il y ait des incohérences dans ce que demande le Comité Richelieu, ou que ce qu’ils aient demandé il y a des années ait été mis en oeuvre (par d’autres) avec plus ou moins de bonheur, c’est normal. Dans l’innovation, il faut aussi savoir expérimenter, tester, et ensuite corriger le tir.

  • [5] - Guillaume a écrit le 28 mars 2009 :

    @olivier. Ce ne sont pas élites françaises qui imposent cela. C’est la Commission européenne et le Monde. Les USA n’apprécieraient pas que l’Etat français finance les phases aval “non risquées”, sous peine de distorsion de concurrence. L’aide d’Etat doit se situer là où il y a défaillance du marché (de façon récurrente). Pour les investissements immatériels de type marketing, commercial, etc.. que vous citez, OSEO Financement propose le Contrat de Développement Innovation (avec la garantie et en coprêtant avec une deuxième banque). Le taux d’intérêt pratiqué est de plus de 6% (8% ?)
    http://www.oseo.fr/votre_projet/innovation/aides_et_financements/financements_bancaires/contrat_de_developpement_innovation

    Mais il faut avoir plus de trois ans d’existence et surtout présenter une progression de chiffre d’affaires et de résultat net. Donc, on voit bien que des solutions de financements bancaires mezzanine existent. Elles ne prennent pas assez de risque certes, mais l’Etat va demander à OSEO Financement et Garantie de prendre encore davantage de risques à l’avenir… Tout est bien prévu, au détriment de l’aide directe à l’innovation et biensûr des créateurs d’entreprises…

    L’avantage du CDI c’est qu’il génère du PNB (du résultat pour OSEO) permettant de financer les salaires des collaborateurs oséo. Comme cela l’Etat peut économiser plus de 40 millions d’euros de budget de fonctionnement…

    L’aide va disparaître sans même que vous ne vous en rendiez compte, et après il sera trop tard…

  • [6] - Pierre a écrit le 28 mars 2009 :

    bonsoir guillaume… je trouve interessant effectivement de lire la composition des conseils des différentes sociétés composant le groupe oséo. On comprend un peu mieux maintenant le pourquoi de la multitude des offres proposées et la complexité.

    Je suis allé fouiller sur leur site et j’ai du coup trouvé également l’organigramme complet du groupe
    http://www.oseo.fr/content/download/63149/1005735/file/Organigrammes_OSEO_03-09-09.pps

    Si j’ai bien compris, on y voit les 3 sociétés représentées à travers leur dirigeants : la garantie du financement bancaire (A. Caudoux), le financement bancaire (J. Darnaud) et l’aide à l’innovation (L. Reinhart), avec au dessus F. Drouin le PDG. Les trois dirigeants se partagent des responsabilités fonctionnelles transversales pour l’ensemble du groupe également. J’ai l’impression malgré tout que la garantie et le financement bancaires contrôlent l’essentiel. Je me trompe peut être. Cela expliquerait que désormais le président du conseil de surveillance de oséo-financement, M. Roubaud (président de la CGPME), s’interesse aussi au soutien à l’innovation. Mais est il sensibilisé aux startups? Lorsque je l’entend à la télé, il me semble qu’il est surtout le représentant des PME classiques.

    Le graphique d’organisation générale du groupe montre qu’il y a d’un côté les banques et la Caisse des Dépôts pour la garantie et le financement bancaire ; et de l’autre, l’Etat pour l’aide à l’innovation

    http://www.oseo.fr/var/oseo/storage/images/media/images/organisation_juridique_d_oseo_depuis_2007_format_400/265221-1-fre-FR/organisation_juridique_d_oseo_depuis_2007_format_400_reference.jpg

    http://www.oseo.fr/notre_mission/qui_sommes_nous/organisation

    C’est assez limpide et maintenant je comprends mieux effectivement les craintes de M. Ezratty. Je n’avais pas tout à fait saisi au début avec son article sur les craintes de baisse de financement public pour les startups. Il ne me semble pas que les banques soient tout à fait prêtes à financer ce type d’entreprise, même avec une assurance spécifique. Mais on ne sait jamais.

    Guillaume, vous indiquez 40 millions d’euros de budget de fonctionnement pour les salaires des collaborateurs d’oséo ? Vous parliez du fonctionnement de l’aide à l’innovation (salaires, experts, informatique…) ? Cet montant n’est pas très élevé je trouve. Je pense que c’est ce que vous indiquiez. Sur wikipédia et dans les rapports d’activité, il est précisé que l’effectif global du groupe oséo est de 1800 personnes, dont 1/3 seulement pour l’innovation… Le budget de l’aide à l’innovation directement consacrée aux entreprises et startups est il de 500 ou de 300 millions d’euros désormais ?

    Cela ne nous dit pas si le Comité Richelieu permettra de faire entendre sa voix. Je me demande s’il sera facile pour lui désormais de trouver des PME de haute technologie interessantes pour les grands groupes dans son Pacte PME. Le rescrit fiscal (acte permettant de savoir si les dépenses que l’on veut déclarer sont bien éligibles au CIR) qui incombe désormais à OSEO, un produit en progression d’après ce que l’on dit, est un acte purement administratif, tandis que l’aide directe permet un suivi précis des entreprises, il me semble. Le partenariat avec Oséo pour le Pacte Pme risque de battre de l’aile.. Qu’en pensez vous ?

  • [7] - Guillaume a écrit le 29 mars 2009 :

    Dans le graphique d’organisation juridique, je crois que OSEO financement intègre OSEO garantie (BDPME = l’ex-CEPME, crédit d’équipement + Sofaris). La holding “OSEO” qui chapote l’ensemble est un établissement public qui, par ce statut, permet de retransmettre à sofaris (oséo garantie) le fond national d’Etat pour la garantie (200 millions d’euros par an ?) et à oséo innovation la dotation annuelle pour l’aide à l’innovation. La partie bancaire de BDPME (ex-CEPME) n’a pas de dotation d’Etat. D’ailleurs, son rôle est un peu bizarre dans l’ensemble qui a une vocation de service public. OSEO innovation (ex ANVAR) n’est pas du tout liée juridiquement à ces autres structures, si ce n’est qu’elle est aussi chapotée par la holding Oséo. Mais comme oséo innovation a été transformée en SA en 2005 (avant, Anvar était un Epic) pour permettre la création du groupe oséo, désormais cette structure qui a une vraie mission de service public, peut disparaitre au profit du reste : c’est plus facile de l’isoler et donc d’en faire ce que l’on veut…

    Moi aussi au début je m’étonnais de cet embroglio, mais en fait cela se justifie car les activités ne sont pas les mêmes du tout, contrairement à ce qu’on a voulu nous faire croire au moment de la création de ce groupe, qui devait être une sorte de Small business administration. Au lieu de cela, elle est surtout une banque et une compagnie d’assurance.

    D’un côté, il y a une activité en lien avec les banques (la garantie concerne les banques), de l’autre, une mission publique (aide directe d’Etat pour l’innovation) en lien avec les entrepreneurs directement.

    Donc, je pense qu’il ne faut pas s’étonner de la bancarisation du soutien à l’innovation. Ce qui explique la montée du CIR (fiscal), la baisse du budget de l’aide et la hausse de la garantie avec le plan de relance.

    Il faudrait connaître ce qui se fait dans d’autres pays. Par exemple, au Luxembourg, il y a bien une agence de l’innovation (ce pays est classé au top des pays les plus innovants par Eurostat). Idem pour la Suède (Vinnova). Il y a bien des agences d’innovation un peu partout dans le monde. Chez nous, cette agence peut disparaître. Oséo s’appelle déjà “banque publique”.

  • [8] - Jean-Claude a écrit le 29 mars 2009 :

    Un peu d’innovation ne nuit pas. Pourquoi ne pas inventer autre chose que l’aide à l’innovation classique qui existe depuis 37 ans ? Un prêt à 2% pourrait faire l’affaire, surtout si, comme le préconisent le Comité Richelieu et la CGPME, le soutien doit être renforcé en aval (pour la commercialisation de l’innovation), en laissant le crédit d’impôt financer l’amont.
    Le mécanisme de crédit bancaire par contre est plus rigide en matière de remboursement. Je ne pense pas qu’il pourrait se transformer en subvention.

  • [9] - macha a écrit le 29 mars 2009 :

    Jean-Claude et Guillaume. Je ne sais pas si vous avez bien lu les propositions du Comité Richelieu. Moi oui.
    Il est écrit qu’en plus du crédit d’impôt recherche (pour les phases de recherche expérimentales), le Comité Richelieu aimerait bien que le gouvernement mette en place un crédit d’impôt “innovation” (pour les phases de développement, plus proches du marché) plus sympa pour nos startups (notamment numériques, qui apparemment font un tout petit peu de R&D mais pas beaucoup). L’aide à l’innovation permettait de faire un peu des 2 avant (et maintenant tintin, puisqu’elle va se faire étouffer par le CIR et les banques).
    En gros, le Comité Richelieu s’en fout un peu de l’aide directe à l’innovation d’oséo-innovation-anvar. L’incitation fiscale suffit bien pour lui du moment que le produit “Passerelle” entre les petits (PME) et le gros (grosses boites signataires du Pacte PME) est sauvé LUI !!.
    J’ai vu qu’en plus la créance du CIR est remboursée rapidement maintenant : 3 ou 6 mois. C’est comme une avance remboursable presque.
    Mais si comme vous le dites, c’est Bruxelles qui décident de ce qui doit être financé par une aide directe ou par une aide indirecte comme le crédit d’impôt… c’est à dire que grosso modo c’est la recherche amont qui mérite d’être financée par le public (directement ou fiscalement)…. je vois pas ce que ce pauvre rapport va pouvoir donner concrètement.
    Je finis par comprendre que la suppression de l’aide à l’innovation (sans doute envisagée depuis longtemps) commence à faire frémir, car on n’avait pas pensé aux PME innovantes normales, aux startups… et ça risque de remettre en cause ce qui était prévu.
    Je ne me demande si Jean-Claude n’a pas trouvé le produit miracle qui va être mis en place en 2 coups de cuillère à pot : le mignon prêt à quelques pourcents d’intérêts, pour financer les phases de “non innovation scientifique” et de marketing pur jus.
    Le Comité Richelieu va finir par s’appeler le Comité Pauvrelieucommun…

  • [10] - Guillaume a écrit le 29 mars 2009 :

    @macha. Il est clair que le financement des startups numériques innovantes va pâtir de ces réformes. D’un côté, il faut engager des investissements risqués en R&D pour mériter être soutenu par l’Etat (avec le CIR), les critères sont très strictes. Avec l’aide directe aussi depuis peu (comme par hasard). Ceci dit, les startups de biotech (qui font beaucoup de recherche amont) veulent à la fois le CIR et l’aide directe. Je ne me souviens plus de ce que Pouletty préconisait à ce sujet ; je crois qu’il veut un assouplissement du CIR pour les biotechs et un accès plus simple au capital risque aussi, et sinon utiliser l’aide directe (en subvention ou participation) comme quasi fonds propres (comme le préconise le Comité Richelieu).

    Restent les investissements de développement et de marketing ou à l’international qui effectivement vont entrer dans le champ du financement bancaire classique, avec une garantie d’oséo + la Coface. Mais si une startup n’a pas encore généré du chiffre d’affaires, je ne vois pas comment la banque peut s’y retrouver. Il faut une sacrée garantie.

    Enfin, on constate d’ores et déjà les dérives budgétaires du CIR par rapport à l’aide directe (plus orientable, plus contrôlable)… c’est là que le bas blesse et le déplafonnement du CIR depuis 2008 va poser problème plus tard en terme de déficit pour l’Etat…. On va revenir très certainement à un taux de 30% maxi, au lieu de 50% aujourd’hui pour les primo accédants et les jeunes entreprises, qui concurrence lourdement l’aide directe.

    L’aide directe avec les aides régionales (à Lyon, il y a des aides pour l’export, pour le marketing) permettait de tout couvrir avec des taux de 20 à 60%. C’était bien avant.

    Enfin, il y avait les Régions qui voulaient piloter l’innovation un moment. Je ne sais pas si elles le souhaitent toujours avec des budgets en baisse ; la réforme Balladur (15 régions au lieu de 25) permettrait à de nouvelles grosses régions d’avoir des moyens plus importants (taille critique). En réalité, la disparition de l’aide à l’innovation nationale était au départ pensée pour la décentraliser en région. Je vous laisse imaginer ce que cela signifie en terme de liberté pour les entreprises : elles auront des comptes à rendre pour une région, déjà que ce n’est pas si simple vis à vis de la nation, surtout quand on vise l’international… Sans compter les disparités entre les régions qui existent déjà. Pour un petit pays comme la France, cela va un peu loin. Lire l’article de M. Rousset (socialiste), président de l’ARF (Association des Régions de France) :
    http://www.mediaterre.org/france/actu,20080125000454.html




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