Propositions pour “France Numérique 2020″

Publié le 27 octobre 2011 et mis à jour le 5 novembre 2011 - 17 commentaires -
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Eric Bes­son a lancé une consul­ta­tion en juillet 2011 en vue de la pré­pa­ra­tion d’un nou­veau plan “France Numé­rique 2020” qui fera suite à “France Numé­rique 2012” lancé en octobre 2008.

france-numerique-2020-consultation-publique         Assises du numerique 2011

Pour l’instant, elle ne fait pas trop par­ler d’elle. Le cabi­net d’Eric Bes­son aurait reçu quelques dizaines de réponses. Le plan doit être pré­senté le 30 novembre 2011 à l’occasion des Assises du Numé­rique 2011, qui ont lieu à l’Université Paris-Dauphine. Il sera pré­cédé d’une évalua­tion de la mise en musique des 154 mesures du plan France Numé­rique 2012.

Je me suis lancé dans une démarche équi­va­lente et symé­trique, à savoir, reprendre les pro­po­si­tions que j’avais conso­li­dées avec l’IE Club, Cybe­rElles, l’Echangeur et la CCIP en juillet 2008 et sou­mises à l’équipe d’alors d’Eric Bes­son lorsqu’il pré­pa­rait le plan France Numé­rique 2012. Ces pro­po­si­tions cou­vraient le thème de l’entrepreneuriat dans le numé­rique. A l’époque, j’avais été assez déçu par ce volet du plan du gouvernement.

Trois ans plus tard, plu­tôt que de pondre un nou­vel ensemble de pro­po­si­tions, je me suis dit qu’il serait pré­fé­rable de voir ce qu’il est advenu des pistes pro­po­sées ini­tia­le­ment. Cer­taines idées et pro­po­si­tions, dont je n’étais pas for­cé­ment à l’origine, ont tout de même fait leur che­min. On a pu obser­ver des pro­grès notables dans la struc­ture de l’écosystème fran­çais des star­tups, même s’il s’agit pro­ba­ble­ment d’une bulle pour cer­tains domaines d’activité (réseaux sociaux, mobile) et rare­ment le résul­tat de l’action gou­ver­ne­men­tale. Dans l’ensemble, beau­coup d’indicateurs sont tou­jours au rouge. Et ils sont tou­jours d’actualité ! 

Revue de détails…

Jeu­nesse

J’avais démarré sur ce thème essen­tiel : com­ment orien­ter les jeunes vers l’entreprenariat. Avec ou sans gou­ver­ne­ment, c’est le domaine où le plus de pro­grès ont été réa­li­sés ces der­nières années, avec pas mal d’indicateurs pen­chant vers le vert :

  • Sen­si­bi­li­ser les col­lèges et lycées à l’entrepreunariat : beau­coup d’initiatives asso­cia­tives ont été lan­cée dans ce sens ou suivent leur cours. Avec pour ne prendre que quelques exemples : 100000Entrepreneurs et entreprendre-pour-apprendre. Le gou­ver­ne­ment n’y est pour rien.
  • Encou­ra­ger et finan­cer le regrou­pe­ment phy­sique des PRES : je pré­co­ni­sais la créa­tion de pôles uni­ver­si­taires inter­dis­ci­pli­naires ras­sem­blant les sciences dites dures, les sciences dites molles (et en par­ti­cu­lier ce qui relève des busi­ness schools) et aussi le design. Cela suit son cours, mais pas de manière assez inter-disciplinaire, notam­ment dans le pôle uni­ver­si­taire de Saclay où à ma connais­sances les cur­sus busi­ness et design seront inexis­tants. Les écoles de design sont lais­sées pour compte de ces réamé­na­ge­ments du ter­ri­toire. La situa­tion est com­plexe à gérer poli­ti­que­ment : l’enseignement scien­ti­fique dépend en majo­rité de l’Etat, les busi­ness schools dépendent des orga­nismes consu­laires comme les Chambres de Com­merce et les écoles de design sont sou­vent pri­vées. Mettre ce petit monde d’accord n’est pas évident. Il faut un pré­sident éner­gique en début de man­dat pour secouer tout cela. Faudra-t-il attendre 2017 ?
  • Favo­ri­ser l’entrepreneuriat dans l’enseignement scien­ti­fique et tech­no­lo­gique : il se déve­loppe très net­te­ment, par­ti­cu­liè­re­ment dans les écoles d’ingénieur, les prin­ci­pales ayant main­te­nant toutes un incu­ba­teur et/ou une filière entre­pre­neur dans leur ensei­gne­ment. Le nombre de star­tups créées par de jeunes ingé­nieurs semble en forte crois­sance. Le simple fait que j’en croise régu­liè­re­ment qui viennent de l’Ecole Poly­tech­nique témoigne d’un chan­ge­ment d’état d’esprit plu­tôt posi­tif. Les uni­ver­si­tés sont un peu à la traine mais cer­taines ont aussi créé leur incu­ba­teur (Paris VI, etc).
  • Créer un cur­sus pilote du logi­ciel : il n’a pas vu le jour à ma connais­sance. On peut noter la créa­tion de l’école de l’Internet par le trio Niel/Simoncini/Granjon, même si elle est très orien­tée “déve­lop­pe­ment web”. J’ai changé un peu de fusil d’épaule depuis. La dis­ci­pline qui devrait être ensei­gnée à de nom­breux endroits est plu­tôt le “pro­duct mana­ge­ment”. Ou com­ment on créé des pro­duits et non pas des ser­vices. Une dis­ci­pline à la croi­sée des che­mins entre la com­pré­hen­sion des besoins des clients, le mar­ke­ting stra­té­gique, le mana­ge­ment de pro­jets, la veille tech­no­lo­gique et la créativité.
  • Com­mu­ni­quer sur les réus­sites des jeunes entre­pre­neurs : des pro­grès nom­breux ont été faits en trois ans. La presse écono­mique semble trai­ter bien plus sou­vent des star­tups. On a pu assis­ter à une forme de sta­ri­sa­tion de cer­tains entre­pre­neurs à suc­cès (Niel, Simon­cini, Gran­jon, PKM, et plein d’autres). Gilles Babi­net, un serial entre­pre­neur, a été nommé pré­sident du Conseil Natio­nal du Numé­rique au prin­temps 2011. De nom­breuses ini­tia­tives tour­nées vers les jeunes entre­pre­neurs ont aussi vu le jour ou se sont déve­lop­pées : Mov­Jee, le Mash-Up et les Star­tup Week-Ends (ci-dessous, à Nantes en février 2011). Et puis aussi LeCam­ping qui pré­sente un rap­port signal/bruit assez ori­gi­nal dans l’écosystème parisien.

Equipes au complet du Startup Weekend Nantes Feb2011 (1)

Culture du risque

Chan­ger la culture est plus dif­fi­cile que modi­fier la fis­ca­lité ou allouer des bud­gets ! C’est un domaine où l’Etat a peu de prises, ou est plu­tôt mal­adroit en géné­ral. Les indi­ca­teurs sont assez miti­gés sur les trois der­nières années :

  • Favo­ri­ser l’actionnariat sala­rié dans les star­tups : avec la crise finan­cière, ce n’est plus trop à la mode. Mais le sujet reste d’actualité pour moti­ver les jeunes et moins jeunes à entrer dans des star­tups. D’une manière géné­rale, ce sont les méthodes de recru­te­ment et de mana­ge­ment au sein des star­tups qui peuvent faire des pro­grès. Mais cela sort du péri­mètre de l’action de l’Etat.
  • Limi­ter les risques per­son­nels pour les créa­teurs d’entreprises : les his­toires autour de la garan­tie Oséo qui est bizar­re­ment ven­due aux entre­pre­neurs ont mon­tré qu’il sub­sis­tait des abus dans le domaine (elle pro­tège les prê­teurs et les inves­tis­seurs, pas les entre­pre­neurs). La règle­men­ta­tion en vigueur est pour­tant cen­sée pro­té­ger les entre­pre­neurs. En même temps, améliore-t-on la culture du risque en dimi­nuant le risque ? C’est peut-être à côté de la plaque !
  • Favo­ri­ser les échanges inter­na­tio­naux dans l’enseignement supé­rieur et la recherche : il s’en déve­loppe de plus en plus, en tout cas, là où je cir­cule. La loi sur l’autonomie des uni­ver­si­tés de 2007 a-t-elle eu un impact ? Il semble que oui, mais cela mérite d’être étudié de près.
  • Connec­ter les grands Corps de l’Etat avec l’entreprenariat et le risque : un gros point noir ! Le très cou­ra­geux Pré­sident qui chan­gera cela en début de man­dat ne semble pas encore né.
  • Faire preuve d’exemplarité par le haut dans l’usage des TICs : Sar­kozy n’a tou­jours pas d’ordinateur dans son bureau et son expé­rience du numé­rique se résume à son Black­Berry. Heu­reu­se­ment, il est rat­trapé par Fillon, Bes­son, NKM et quelques autres. Ces deux der­niers ont plu­tôt bien adopté les médias sociaux (Face­book, Twit­ter, blog), même si c’est avec des hauts et des bas. Et Eric Bes­son twitte lui-même (@eric_besson), ce n’est pas une blague, pour preuve la photo ci-dessous !

Eric Besson twitting himself

Finan­ce­ments privés

Le début de man­dat de Sar­kozy était plu­tôt bien parti, et la crise est pas­sée par là. Résul­tat : on pédale en arrière et la situa­tion risque de deve­nir plus mau­vaise qu’avant 2007. L’instabilité fis­cale per­ma­nente a été un véri­table bou­let ! Les clubs de busi­ness angels ont été mis à mal par la Loi de Finances 2011. Il en va de même pour la plu­part des fonds ISF qui même si cer­tains n’avaient pas grand chose à voir avec l’innovation, contri­buaient à finan­cer les star­tups du numé­rique. Le cercle ver­tueux est de toutes façons vérolé à cause du point que nous ver­rons plus loin et qui a trait à l’international.

  • Créer une poli­tique fis­cale encou­ra­geant les gros inves­tis­se­ments pri­vés dans l’innovation : ca n’en prend pas la tour­nure. Après les pre­mières années dyna­miques d’application de la loi TEPA (depuis 2008), les sou­bre­sauts bud­gé­taires remettent cela en ques­tion. Les finan­ce­ments pri­vés de l’innovation liés à la loi TEPA auraient baissé d’au moins 40% en 2011 par rap­port à 2010. Et le rabo­tage des niches fis­cales ne fait que com­men­cer ! Le pla­fond de déduc­tions fis­cales pour les inves­tis­se­ments dans l’innovation est bien plus élevé au Royaume Uni. On devrait s’en ins­pi­rer. Il y aussi des évolu­tions euro­péennes de la règle­men­ta­tion pru­den­tielle qui affectent les fonds de capi­tal risque et pour­raient limi­ter à 3m€ leur capa­cité d’investissement dans les star­tups. C’est fina­le­ment l’Etat qui comble le trou avec le FSI (Fonds Stra­té­gique d’Investissement) qui se retrouve être un des rares véhi­cules finan­ciers à pou­voir inves­tir plu­sieurs dizaines de mil­lions d’Euros dans des entre­prises de tech­no­lo­gies. Mais il ne le fait que pour éviter que des entre­prises du sec­teur passent sous contrôle étran­ger ou lorsqu’elles sont en dif­fi­culté. Je n’ai pas observé de cas où cela ait per­mis d’accélérer le déve­lop­pe­ment inter­na­tio­nal d’une véri­table pépite. Dai­ly­Mo­tion ? C’était déjà trop tard !
  • Créer le Cré­dit d’Impôt Inno­va­tion : on en est loin ! L’Etat a tou­jours du mal à inté­grer la notion d’innovation de ser­vices, tou­jours arque-bouté sur les inno­va­tions tech­no­lo­giques de rup­ture. La règle­men­ta­tion euro­péenne fait obs­tacle à cela. C’est une règle du jeu dif­fi­cile à contour­ner. Il faut donc la changer !
  • Ali­gner la fis­ca­lité des FCPI sur les SBIC amé­ri­cains : il s’agissait d’alléger plu­tôt la fis­ca­lité en sor­tie (plus-value) qu’en entrée (TEPA) pour les inves­tis­seurs dans les star­tups. Pas vu de chan­ge­ments dans le domaine et le contexte finan­cier et poli­tique ne s’y prête pas.

Aides publiques

Même topo pour les aides publiques ! La situa­tion empire également :

  • Etendre le sta­tut de la JEI : au lieu de l’étendre, il a été réduit. Un gros mau­vais point pour le gou­ver­ne­ment. Et la crise finan­cière semble remettre en cause tout retour en arrière même si Eric Bes­son indique faire son pos­sible pour remettre en selle ce sta­tut mis à mal dans la Loi de Finances 2011 votée fin 2010. Le Conseil Natio­nal du Numé­rique a rap­pelé le 27 octobre 2011 au Pré­sident Sar­kozy sa pro­messe de reve­nir sur cette “balle per­due”. On va bien voir.
  • Sim­pli­fier l’accès aux aides publiques : cela se com­plique plu­tôt, ne serait-ce qu’avec la baisse de moyens d’Oséo Inno­va­tion et le trans­va­se­ment des aides vers des appels à pro­jets nom­breux, notam­ment dans le cadre du grand emprunt qui est une grosse usine à gaz pas bien docu­men­tée.
  • Foca­li­ser réel­le­ment les aides à la R&D aux PME et star­tups : c’est plu­tôt le contraire qui se passe. On a déjà un Com­mis­saire aux Inves­tis­se­ments, René Ricol, qui ne croit pas en l’intérêt d’aider les star­tups. Le Cré­dit Impôt Recherche conti­nue d’alimenter en masse les grandes entre­prises, et comble du ridi­cule, les banquent en pro­fitent plus que l’ensemble des star­tups du numé­rique. De sur­croit, les aides sont de plus pro­po­sées dans le cadre d’appels à pro­jets col­la­bo­ra­tifs qui pri­vi­lé­gient les grandes struc­tures ou tout du moins des par­te­na­riats avec celles-ci qui sont lourds à monter.

Inter­na­tio­nal

Cela reste une prio­rité clé pour toute action autour des star­tups. En effet, seul le déve­lop­pe­ment inter­na­tio­nal de nos pépites est en mesure de créer de belles sor­ties pour les inves­tis­seurs et de faire du capi­tal risque une classe d’investissement inté­res­sante (ce qu’il n’est pas du tout aujourd’hui et explique en par­tie la mol­lesse du sec­teur en France et en Europe). Le suc­cès entraine le suc­cès. La médio­crité éloigne les inves­tis­seurs, c’est tout simple !

En trois ans, je n’ai pas constaté de pro­grès par­ti­cu­lier dans ce domaine, juste quelques actions sporadiques :

  • Revoir les condi­tions d’aides à l’exportation : Ubi­France se démène comme il peut mais il vend ses ser­vices. Il y a peu d’aides à l’exportation, et elles sont net­te­ment foca­li­sées sur les grosses PME chez Oséo.
  • Syn­chro­ni­ser les aides à la créa­tion de PME inno­vantes et les aides à l’internationalisation : rien de nou­veau sous le soleil. il fau­drait chan­ger cela et aider bien plus tôt les star­tups à expor­ter. Sinon, elles sont condam­nées à être sous-critiques et à subir la concur­rence, notam­ment pro­ve­nant des USA. Il faut accep­ter “men­ta­le­ment” que nos pépites créent des filiales soli­de­ment implan­tées ou aux USA ou en Asie, selon leur busi­ness, voire même que leur CEO s’y ins­talle. Pour peu évidem­ment, que la R&D reste en France. Il y a heu­reu­se­ment quelques best prac­tices comme Cri­teo qui devient un acteur mon­dial de son sec­teur (dans le re-ciblage publi­ci­taire, ci-dessous, leur siège à Palo Alto). Mais sans qu’ils doivent grand chose aux aides publiques à l’exportation.

Siege Criteo Palo Alto

  • Déve­lop­per la pré­sence des PME dans les événe­ments mon­diaux : il y a quelques ini­tia­tives inté­res­santes du pôle Cap Digi­tal qui emmène ses star­tups en Asie et aux USA, comme au SIGGRAPH. La pré­sence fran­çaise reste très faible au CES de Las Vegas mais elle est forte à l’IBC d’Amsterdam. C’est le reflet de notre fai­blesse dans les pro­duits d’électronique grand public.
  • Tolé­rer voire encou­ra­ger l’usage de l’anglais : on en est encore loin ! Les grandes écoles conti­nuent cepen­dant de mon­ter le niveau en exi­geant de leurs élèves de pas­ser des tests type TOEFL avant d’obtenir le diplôme. Les for­ma­tions com­plé­men­taires à l’étranger sont aussi de plus en plus encou­ra­gées. Et des ini­tia­tives comme l’accélérateur Le Cam­ping, obligent les douze star­tups qui y par­ti­cipent à tout faire en anglais. Ils ont même des coaches à demeure qui sont anglo­phones. Bravo !
  • Par­ti­ci­per plus acti­ve­ment à la nor­ma­li­sa­tion et à la stan­dar­di­sa­tion inter­na­tio­nale : dif­fi­cile à suivre. Pas l’impression que l’on ait fait de pro­grès par­ti­cu­liers dans ce domaine, ne serait-ce qu’en termes de moyens alloués. Sauf HbbTV ?

Chaine ali­men­taire

Un écosys­tème des star­tups ne fonc­tionne bien que si nos star­tups deviennent grandes ou bien se font ache­ter ou aider par des groupes indus­triels locaux. On note quelques pro­grès dans ce domaine, mais il reste encore fort à faire :

  • Déve­lop­per le par­rai­nage de star­tups fran­çaises par les grands groupes : des ini­tia­tives diverses sont en cours. De nom­breuses grandes entre­prises du sec­teur du numé­rique affichent une stra­té­gie d’Open Inno­va­tion. C’est notam­ment le cas d’opérateurs télé­com comme SFR et Bouygues Télé­com. On vient aussi d’apprendre la créa­tion d’un gros fonds d’investissement dans les star­tups conjoint entre Orange et Publi­cis. Bref, la situa­tion s’améliore dou­ce­ment dans le numé­rique, même si ce n’est pas le fait du gou­ver­ne­ment ou d’une évolu­tion de la régulation.

bouygues-telecom-initiatives

  • Encou­ra­ger les acqui­si­tions : il y en a tou­jours très peu. Les indus­triels fran­çais sont rare­ment des portes de sor­ties pour nos star­tups. Excep­tion remar­quée avec Par­rot qui a acquis coup sur coup Dib­Com et Variop­tic en 2011. Et dans une cer­taine mesure, Orange avec DailyMotion.
  • Mise en appli­ca­tion du SBA à la fran­çaise : la Loi de Moder­ni­sa­tion de l’Economie de juillet 2008 ins­ti­tuait timi­de­ment une orien­ta­tion de la com­mande publique vers les PME. Mais sans effet coer­ci­tif, du fait de la règle­men­ta­tion euro­péenne. Elle n’a pas eu d’effets mar­qués sur les star­tups du numé­rique, un peu hors du champs de la com­mande publique. Il y a aussi des efforts de muni­ci­pa­li­tés comme la Ville de Paris et son Paris Region Lab. Avec le recul, cette pro­po­si­tion me semble main­te­nant moins impor­tante que les habi­tudes d’achat des grandes entre­prises du sec­teur privé ou l’accès à des mar­chés assez fer­més comme celui de la télé­vi­sion numé­rique qu’il fau­drait déblo­quer (j’aurais l’occasion d’y revenir).

paris-region-lab

  • Inté­grer les mar­chés mon­diaux dans la règle­men­ta­tion : cette pro­po­si­tion visait à pous­ser l’Etat à ne pas créer de règle­men­ta­tion en déca­lage par rap­port au reste des mar­chés mon­diaux. Déca­lage il y a eu avec les lois HADOPI et LOPSSI. Le gou­ver­ne­ment s’enorgueilli d’être imité par d’autres pays pour HADOPI. Il n’empêche que ces lois ont consommé une bande pas­sante incroyable de l’écosystème fran­çais du numé­rique entre 2008 et 2010, le relai ayant été pris par la neu­tra­lité du net. Pen­dant ce temps là, on s’occupe moins des pro­duits et des clients.

Cli­mat médiatique

Ce der­nier point qui avait aussi un lien avec la “culture” de l’entrepreneuriat et rele­vait d’actions sym­bo­liques du pou­voir et des médias pour créer un cli­mat encou­ra­geant l’entrepreneuriat. Par cer­tains côtés, ce sont des événe­ments non pla­ni­fiés comme les sui­cides chez France Télé­com et la mau­vaise image des grandes entre­prises qui a créé un effet d’appel vers l’entrepreneuriat pour une mino­rité de jeunes.

  • Pré­sence du Pré­sident de la Répu­blique aux remises de prix liées à l’entrepreneuriat : on ne l’y a pas encore vu, mais il s’est vague­ment rat­trapé en créant le Conseil Natio­nal du Numé­rique et en lan­çant la confé­rence eG8 en mai 2011.

Nicolas Sarkozy et Maurice Levy (1)

  • Com­mu­ni­ca­tion sur les suc­cess sto­ries : cela s’améliore dans les médias. Il y a aussi une orgie d’événements sur l’entrepreneuriat, y com­pris ceux qui sont orga­ni­sés par l’Etat, tels cette jour­née “Inter­net Nou­veaux Mondes 2.0” du 21 octobre 2011 qui a été l’occasion d’une confé­rence politico-industrielle sur l’Internet et l’événement dédié aux star­tups en soi­rée (pho­tos ici). Le même jour avait lieu une confé­rence d’UbiFrance sur l’international dans les indus­tries numé­riques, et le Web2Connect !

ChallengeL EntreprisePKM Price Minister

  • For­ma­tion des diri­geants aux TICs : il y a encore beau­coup de tra­vail ! Natha­lie Kosciusko-Morizet avait lancé quelques ini­tia­tives de ce genre pour for­mer les élus au numé­rique lorsqu’elle était Secré­taire d’Etat à l’Economie Numé­rique. Mais on a tou­jours très peu d’élus natio­naux qui s’intéressent au sujet qui ne semble tou­jours pas très por­teur poli­ti­que­ment. Laure de la Rau­dière, Lio­nel Tardy, Cathe­rine Morin-Desailly pour la majo­rité et tou­jours les mêmes à gauche : Chris­tian Paul et Patrick Bloche.

Voilà pour “ma” sco­re­card ! A part quelques détails, ces pro­po­si­tions sont tou­jours d’actualité ! Le débat que j’avais déclen­ché en juin der­nier sur les aides publiques à l’innovation est là pour en attes­ter. Il n’y a pas grand chose à renier, sauf peut-être la méthode un peu arti­sa­nale de la soumission.

La per­sis­tance sur cer­tains points me semble utile ici. Trois thèmes me semblent essentiels :

  • Déve­lop­per l’inter­dis­ci­pli­na­rité au niveau de l’enseignement supé­rieur, de la recherche et des pôles de com­pé­ti­ti­vité et équivalents.
  • Mieux orien­ter nos star­tups vers l’inter­na­tio­nal. C’est le cercle ver­tueux dont nous avons besoin pour avoir un écosys­tème sain.
  • Amé­lio­rer l’effi­ca­cité des finan­ce­ments publics et des inci­ta­tions aux finan­ce­ments privés.

Je laisse d’autres s’occuper du feuille­ton du très haut débit, de la frac­ture numé­rique, de la neu­tra­lité du net et des usages divers (e-santé, e-éducation, etc). Tout en recon­nais­sant qu’une grande par­tie des ques­tions évoquées dans cet article ne sont pas tou­jours spé­ci­fiques au numé­rique. Je revien­drais cepen­dant d’ici peu sur le sujet de la télé­vi­sion numé­rique qui pour­rait faire l’objet d’un volet dans le plan 2020.

Et vous ? Au delà de dire que ce plan France Numé­rique 2020 vous passe par des­sus la jambe du fait d’une fin de quin­quen­nat qui le ren­dra fai­ble­ment opérant ?

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PS du 5 octobre 2011 : quelques autres pro­po­si­tions faites pour le plan France Numé­rique 2020 pro­ve­nant pour la plu­part de syn­di­cats professionnels :

- Une contri­bu­tion de Jean-Claude Morand qui évoque à juste titre cer­tains usages à déve­lop­per comme le e-tourisme. Il évoque aussi le besoin d’améliorer la dimen­sion “pro­duit” de nos startups.

- Une contri­bu­tion de la FEVAD (vente à dis­tance) qui porte sur­tout sur les usages des TIC dans les PME et notam­ment dans le e-commerce. Côté entre­pre­neu­riat, la FEVAD est au dia­pa­son de l’ensemble de la pro­fes­sion pour deman­der une plus grande sta­bi­lité fis­cale autour du finan­ce­ment de l’innovation.

- Une contri­bu­tion du MUNCI (pro­fes­sion­nels de l’informatique) qui demande à relan­cer un pro­jet type Quaero (!), qui pro­pose des dis­po­si­tions pour faci­li­ter l’accès aux grandes entre­prises pour les star­tups et TPE du numé­rique. Nombre d’entre elles ne sont pas for­cé­ment appli­cables du fait des règles de la concur­rence euro­péenne, mais elles méritent d’être étudiées une par une.

- Une contri­bu­tion de l’ACSEL (ser­vices en ligne) qui porte sur­tout sur les usages, com­merce en ligne, epay­ment, confiance numé­rique, etc.

- Une contri­bu­tion du SFIB (maté­riel, ser­vices) qui parle beau­coup de cloud, de cal­cul inten­sif et de simu­la­tion numé­rique, des usages dans le sec­teur public, dans les PME, la santé, l’éducation, dans le déve­lop­pe­ment durable, et qui réclame un gui­chet unique pour les aides publiques.

- Le Syn­tec Infor­ma­tique et l’AFDEL planchent encore sur leur réponse.

Publié le 27 octobre 2011 et mis à jour le 5 novembre 2011 Post de | Entrepreneuriat, Innovation, Startups | 9524 lectures

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Les 17 commentaires et tweets sur “Propositions pour “France Numérique 2020″” :

  • [1] - phil a écrit le 28 octobre 2011 :

    Oli­vier,
    Le quin­quen­nat actuel t’a sem­blé si long pour qu’il prenne deux années de plus ! ou est-ce l’innovation numé­rique qui va trop vite pour les poli­tiques et qui déforme leur temps électoral?

    • [1.1] - Olivier Ezratty a répondu le 28 octobre 2011 :

      Bien vu… tu es allé jusqu’au bout !

      Mais en effet, l’innovation numé­rique va bien trop vite pour le temps poli­tique. L’histoire récente l’a encore démon­tré, notam­ment avec HADOPI.

  • [2] - Michel Nizon a écrit le 28 octobre 2011 :

    Pour­quoi ne pas lais­ser les entre­pre­neurs coti­ser aux ASSEDIC afin de leur per­mettre en cas de faillite de leur entre­prise de ne pas se retrou­ver sans revenus ?

    • [2.1] - Olivier Ezratty a répondu le 28 octobre 2011 :

      Ca doit être pos­sible s’ils ont bien un sta­tut de sala­rié de leur entre­prise non ? Il existe de plus des régimes de pro­tec­tion com­plé­men­taires spécifiques.

  • [3] - Michel Nizon a écrit le 29 octobre 2011 :

    @Olivier
    Non le sta­tut de sala­rié ne suf­fit pas si l’entrepreneur est majo­ri­taire ou à la tota­lité du capi­tal, ce qui exclue des mil­lions de per­sonnnes potentiellement…Mesure simple et oh com­bien sym­bo­lique que M Bes­son devrait ins­crire dès main­te­nant à son agenda.

    • [3.1] - Olivier Ezratty a répondu le 29 octobre 2011 :

      Ce qui est effec­ti­ve­ment absurde si en tant que sala­rié, il cotise bien partout…

      Par contre, Bes­son va te répondre que ce n’est pas son domaine puisque ce n’est pas spé­ci­fique au numé­rique. Il va ren­voyer cela à son col­lègue de Bercy, Fré­dé­ric Lefebvre, qui couvre les TPE/PME, l’artisanat et aussi l’autoentrepreneuriat.

      • [3.1.1] - Michel Nizon a répondu le 29 octobre 2011 :

        @Olivier
        Si tu peux don­ner l’information à Eric Bes­son pour qu’il sou­tienne cette idée auprès de Fré­dé­ric Lefebvre alors “the job is done”!

  • [4] - Michel Nizon a écrit le 29 octobre 2011 :

    @Olivier
    Quant aux régimes com­plé­men­taires, il s’agit d’assurances pri­vées aux cri­tères d’éligibilité très limi­ta­tifs (nombre d’années d’existence de l’entreprise, santé financière,…)et dont les mon­tants de cotis­tions rendent celles des Asse­dic très très bon marché.

  • [5] - patr_ix a écrit le 30 octobre 2011 :

    Excel­lente idée que de faire ce bilan après quelques années!

    For­ma­tion des diri­geants aux TICs? Et des cadres quin­qua! il y a effec­ti­ve­ment encore beau­coup de tra­vail… pour leurs enfants…

  • [6] - patr_ix a écrit le 30 octobre 2011 :

    Un mot sur le très haut débit : très déce­vant! À l’image du retrait de Free sur la fibre, du manque de coopé­ra­tion des opé­ra­teurs sur la fibre et de Nume­ri­cable qui truste ce mar­ché avec le bon vieux câble. Nous avons man­qué le virage régle­men­taire et les contraintes finan­cières actuelles laissent peu d’espoir.

    • [6.1] - Olivier Ezratty a répondu le 30 octobre 2011 :

      Il ne faut pas sur­in­ter­pré­ter ce qui s’est passé récem­ment : Free ne s’est pas “retiré de la fibre” !

  • [7] - macha a écrit le 31 octobre 2011 :

    Le CIR devait être remis en ques­tion car trop coû­teux (5 mil­liards par an !!!), même avec le der­nier rabot et la sup­pres­sion du rem­bour­se­ment immé­diat pour les ETI. Mais le lobby a fait pres­sion sous menace sur les emplois, etc. Les dépu­tés sont furieux. Il faut réduire la dette et l’Etat a besoin de recettes pour gar­der le triple A. Les pro­duits défis­ca­li­sés ne sont donc pas les bien­ve­nus main­te­nant. Sur­tout quand on est déjà une JEI qui ne paie pas d’impôt. Le sta­tut JEI fait dou­blon avec le CIR. On doit copier le modèle alle­mand, qui jus­te­ment n’a pas de CIR.
    Les star­tups créent peu d’emplois réels (rap­por­teurs de recettes pour l’Etat) et coûtent une tuile à la col­lec­ti­vité. Une ville comme Paris dépense un max pour ses créa­tions d’entreprises, et pour un résul­tat médiocre. Quoi faire alors ? Mêmes les inves­tis­seurs ne veulent plus mettre un cen­time dans les star­tups car après ils ne peuvent plus sor­tir de leur capi­tal (la bourse est au plus mal).

  • [8] - patb a écrit le 1 novembre 2011 :

    Les rachats de star­tups par les entre­prises moyennes grosses fran­çaises, voire des groupes : c’est une très bonne solu­tion. Je pense à Exa­lead avec Das­sault, effec­ti­ve­ment Par­rot avec Variop­tic et aussi Dai­ly­mo­tion par Orange. Toutes ses star­tups ont bien été aidées par les pou­voirs publics et sont de véri­tables pépites. Les autres ne sont pas for­cé­ment des pépites… et les entre­prises aptes à les rache­ter ne s’intéressent pas à elles. Il faut admettre que tout ce qui se créé en France ne soit pas tou­jours inter­es­sant. Et il y a aussi les star­tups qui deviennent des grandes comme Ubi­soft. IL faut bien renou­ve­ler un peu.
    Je pense que les pou­voirs publics fran­çais ont au contraire fait du très bon bou­lot. Et ceux qui ont financé ont fait de très bons choix. Il faut le recon­naître maintenant.

  • [9] - jerome a écrit le 3 novembre 2011 :

    Quelques modestes contri­bu­tions:
    - dans le domaine du B2B, faire la chasse aux règles de non dépen­dance écono­mique qui empêchent les grands groupes de confier des mar­chés aux entre­prises nou­vel­le­ment crées. Peut être en pas­sant par une struc­ture de garan­tie type Oséo?
    - créer des pôles de com­pé­ti­tivé ouvertes spé­ci­fi­que­ment aux petites et moyennes entre­prises et leur per­met­tant de mutua­li­ser cer­taines fonc­tions (comme la chasse au sub­ven­tions…) sur le modèle du géno­pole d’Evry
    - favo­ri­ser l’émergence de fonds d’investissement cor­po­rate par des grands groupes qui ne servent pas seule­ment à l’essaimage mais égale­ment à l’investissement dans l’innovation hors entre­prise (à lier à la réforme du CIR).
    - mettre en place un pro­gramme d’aide à l’installation d’entrepreneurs étran­gers, que ce soit au niveau du visa, des for­ma­li­tés admi­nis­tra­tives, voire d’incitations fis­cales
    - géné­ra­li­ser les offres de sim­pli­fi­ca­tion des ser­vices publics de type CFE ou TESE (ser­vice de l’ursaff de ges­tion des paies ouvert aux TPE), dans le domaine fis­cal par exemple
    - mettre en place une conven­tion col­lec­tive “star­tup” avec à la clé des for­ma­li­tés d’embauche et de licen­cie­ment “allé­gées”, des obli­ga­tions sociales plus res­treintes (mais limi­tées dans le temps bien sûr)
    - mettre en place un sta­tut social sim­pli­fié pour l’entrepreneur de star­tup (sans pas­ser par le RSI de grâce!)

    • [9.1] - Olivier Ezratty a répondu le 4 novembre 2011 :

      Très inté­res­sant !

      Le point 2 : cer­tains pôles comme Cap Digi­tal sont déjà très orien­tés TPE/PME. Pas sur qu’il faille en créer d’autres. Il y en a déjà 72 !

      Fonds d’investissements Cor­po­rate : ca en prend le che­min. L’annonce récente du fonds Orange/Publicis est un bon signe.

      Aider les entre­pre­neurs étran­gers à s’implanter en France : oui, en effet, à creu­ser. C’est le rôle de l’AFII.

      Sim­pli­fier, sim­pli­fier : indeed !

  • [10] - Claire M3T a écrit le 6 novembre 2011 :

    Jérome écrit : “créer des pôles de com­pé­ti­ti­vité ouverts spé­ci­fi­que­ment aux petites et moyennes entre­prises et leur per­met­tant de mutua­li­ser cer­taines fonc­tions (comme la chasse au sub­ven­tions…) sur le modèle du Géno­pole d’Evry”

    Oli­vier répond sur ce point : cer­tains pôles comme Cap Digi­tal sont déjà très orien­tés TPE/PME. Pas sur qu’il faille en créer d’autres. Il y en a déjà 72 !

    Oui pas la peine d’en créer de nou­veau ; sur­tout tant qu’ils dys­fonc­tionnent ; cela ne ferait qu’augmenter les dys­fonc­tion­ne­ments et les dés­équi­libres cau­sés par leurs défi­ciences ! Mais c’est mar­rant que Jérôme ait l’impression qu’il faille en recréer, car évidem­ment nous aurions besoin de Pôles si ils était vrai­ment effi­caces pour les entrepreneurs.

    Car ceux qui existent aujourd’hui se sont dévoyés de leur fina­lité ori­gi­nelle. Il fau­drait les réno­ver en pro­fon­deur sur­tout s’ils res­semblent à Cap Digi­tal (le seul que je connais de l’intérieur !). En effet, il ferait mieux de bos­ser comme le pro­pose Jérôme : sur des pro­blé­ma­tiques qui aident VRAIMENT les entre­prises, plu­tôt les entraî­ner à par­ti­ci­per à des pro­jets, bouf­feur de temps incroyable, aux résul­tats plus qu’incertains, et qui obligent sou­vent l’entrepreneur à se “détour­ner” de ses buts pour cor­res­pondre aux cadres impo­sés par les tech­no­crates de l’Europe ou de l’admin fran­çaise, mais par­fai­te­ment “indi­gents” à terme et pour la collectivité.

    Ces pôles ont tout inversé : au lieu de ser­vir les entre­prises, ils se servent d’elles pour créer du flux, “ani­mer” leur pôle (comme si le déve­lop­pe­ment écono­mique était une colo­nie de vacances dont l’animateur serait Cap Digital).

    C’est ce genre de simu­lacre qui plombe l’économie fran­çaise. Les orga­nismes sen­sés sou­te­nir les créa­teurs d’activité ou de richesses, les uti­lisent pour se faire mous­ser et main­te­nir leur propre acti­vité mal­gré leur inef­fi­cience chronique.

  • [11] - serge a écrit le 23 novembre 2011 :

    Le numé­rique c’est aussi l’invasion des conte­nus trop vio­lents pour les ados qu’il faut stop­per. Quand on voir sur les stands de la FNAC à la por­tée des enfants (écrans TV) des jeux vidéo aussi vio­lents que Assassin’s creed révé­la­tion de Ubi­soft Mont­réal, on peut réel­le­ment éprou­ver un cer­tain écœu­re­ment. En ce moment, à l’approche de Noel, la promo sur ce type de pro­duit sub­ver­sif bat son plein. Après on s’étonne que les mômes confondent vir­tuel et réel et tuent froi­de­ment leurs congé­nères. On marche sur la tête. L’industrie numé­rique des jeux vidéo est nulle.




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