Les leçons collectives de l’échec entrepreneurial

Publié le 4 février 2011 et mis à jour le 6 février 2011 - 14 commentaires -
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J’ai bien appré­cié cette “ver­sion 0” de la Fail Confe­rence orga­ni­sée par Kahn&Associés, Tech­Crunch France et Sili­con Sen­tier, et ani­mée conjoin­te­ment par Blaise Vignon (Micro­soft France), Julien Codor­niou (Micro­soft… et bien­tôt Face­book) et Roxanne Varza (Tech­Crunch France). C’était une pre­mière du genre, sug­gé­rée par Loic Lemeur lors de son inter­ven­tion le 16 novembre 2010 dans le Tech­Crunch Remix de Paris. La confé­rence avait lieu dans la salle de confé­rence du siège de Micro­soft France à Issy les Mou­li­neaux. Voici les poin­teurs sur la vidéo de la confé­rence en un seul mor­ceau, sur le flux Twit­ter asso­cié ainsi que sur mes pho­tos de l’événement sur Dar­q­room.

Panorama Salle de Conférence 1

Posi­ti­ver et rela­ti­vi­ser l’échec

Cette pre­mière édition était une sorte de mise en bouche : faire com­prendre l’intérêt de posi­ti­ver l’échec, de savoir le valo­ri­ser par l’apprentissage, et de sor­tir des tabous fran­çais qui le concernent. C’était une sorte d’étape ini­tia­tique à forte charge émotion­nelle. Le pro­pos des inter­ve­nants était rela­ti­ve­ment simple à appré­hen­der : l’échec et la réus­site sont les deux facettes incon­tour­nables de l’entreprenariat. Ce n’est d’ailleurs pas une notion binaire. Il y a toute une gra­da­tion entre les deux. Quel que soit le dosage, l’échec est iné­luc­table lors de toute prise de risque. On ne fait pas de recherche ni d’innovation sans échec. La “très grande” réus­site est d’ailleurs plu­tôt une excep­tion.Hero_1000_faces_book_2008 Et ce n’est pas parce que les entre­pre­neurs fran­çais sont peu en mesure de créer des suc­cès à la Google ou Twit­ter que leurs aven­tures relèvent de l’échec !

On peut aussi s’identifier à l’entrepreneur-héros qui doit suivre un che­min ini­tia­tique fait d’embuches et autres near-death-experiences, repre­nant les mythes ances­traux de l’aventurier ou du qui­dam qui se retrouve dans des situa­tions extra­or­di­naires. L’apprentissage de l’entrepreneur res­semble quelque peu à celui du héros tel que dépeint par Joseph Camp­bell dans son fameux opus “The Hero with a Thou­sand Faces” (“Le héros aux mille et un visages”, datant de 1949). Une lec­ture qui a servi de modèle au cinéma, notam­ment dans la série des Star Wars, et que l’on retrouve dans qua­si­ment tous les films hol­ly­woo­diens, notam­ment les block­bus­ters. On pour­rait presque croire que ce par­cours ini­tia­tique du héros fait de hauts et de bas est emblé­ma­tique pour les entre­pre­neurs fran­çais. Ceux-ci ont en effet quelques haies de plus à sau­ter pour réussir !

Enfin, l’échec se mani­feste sur­tout par la per­cep­tion abs­traite que cha­cun a du regard des autres sur ses propres actions. Il est étroi­te­ment lié à la culture ambiante. Pour­quoi l’échec est-il mal toléré cultu­rel­le­ment en France ? Notre éduca­tion y est cer­tai­ne­ment pour beau­coup avec cette habi­tude du ren­for­ce­ment néga­tif que l’on retrouve aussi dans maintes pra­tiques mana­gé­riales. Qui n’a pas eu cette appré­cia­tion du “peut mieux faire” dans sa sco­la­rité ? Sans comp­ter les notes allant de 0 à 20, avec par­fois des demi-points !

Les inter­ven­tions

Cette Fail Confe­rence était construite avec des témoi­gnages indi­vi­duels : un entre­pre­neur, un avo­cat, un inves­tis­seur, le tout suivi d’une table ronde avec deux entre­pre­neurs et deux inves­tis­seurs ou coachs d’entrepreneurs. Ces regards croi­sés sur l’échec entre­pre­neu­rial étaient très com­plé­men­taires les uns des autres. Les volon­taires n’avaient pas été nom­breux pour inter­ve­nir de la sorte.

Pas­sons les tous en revue :

  • Gilles Babi­net, qui du haut de ses quatre socié­tés mon­tées avait un bon retour d’expérience à trans­mettre. Il a sur­tout posi­tionné son dis­cours sur la pos­ture à adop­ter face à l’échec. Il trai­tait du lien orga­nique entre l’échec et la réus­site, sur le fait que l’échec et le suc­cès sont les revers d’une même médaille. Il illus­trait son pro­pos avec des exemples de per­son­nages de l’histoire ont com­mencé voire ter­miné comme des losers (Jésus Christ, Ein­stein, …), peut-être d’ailleurs en confon­dant des posi­tions ingrates dans la société par rap­port à la suite de leur vie (comme le métier de ges­tion­naire de bre­vets d’Albert Ein­stein à ses débuts) avec la notion d’échec. Et de cou­ra­geu­se­ment mon­trer que son par­cours sco­laire n’était ni brillant ni pro­met­teur. C’était l’intervention la plus “émotion­nelle” de la confé­rence, et par consé­quent, la plus appré­ciée. Vous en trou­ve­rez un compte-rendu détaillé sur Locita.com, ainsi que ses slides.

Gilles Babinet Feb2011 (12)

  • Daniel Kahn est un avo­cat bien connu de l’écosystème de l’innovation et des star­tups. Il lis­tait un grand nombre des erreurs clas­siques d’entrepreneurs et les manières de les éviter. L’approche était “pru­den­tielle”, au sens de celle de l’agent d’assurance qui vous explique com­ment résis­ter aux aléas (bien s’entourer), com­ment éviter que l’échec deviennent trop han­di­ca­pant, com­ment gérer sa (bonne) répu­ta­tion d’entrepreneur même quand ça va mal,  com­ment on ferme une star­tup pro­pre­ment, notam­ment vis à vis de ses créan­ciers. C’était la plus “pra­tique” des interventions.

Daniel Kahn Feb2011 (1)

  • Michel Dahan, de Banexi Ven­ture (à qui l’on doit Kel­koo et Kewego), un Très Grand Mon­sieur du capi­tal risque en France, rap­pe­lait que les VC aussi fai­saient régu­liè­re­ment face à l’échec et conti­nuaient à faire des paris par­fois un peu fous. Enfin… cer­tains VCs ! Il a raconté un peu com­ment s’est passé l’aventure récente de Kewego (gérée par son asso­cié Phi­lippe Her­bert), vendu à la société amé­ri­caine KIT Digi­tal côté au Nas­daq. Même si c’était Julien Codor­niou qui le ques­tion­nait sur scène, j’avais l’impression qu’il répon­dait à cet article de Rodrigo Sepul­veda sur les condi­tions finan­cières de cette sor­tie, qu’il jugeait moyennes, tout comme celles de Dai­ly­Mo­tion avec Orange. Il y avait deux pos­si­bi­li­tés pour Kewego : soit acqué­rir d’autres socié­tés pour conti­nuer à gran­dir, soit se faire acqué­rir. L’investisseur et les entre­pre­neurs (Michel Meyer et Oli­vier Heck­mann) ont fina­le­ment choisi la seconde solu­tion en dépor­tant une par­tie du risque vers le futur. En effet, deux tiers de leur vente sont payées en actions de KIT Digi­tal ! Cette sor­tie n’est donc pas un échec en soi (la valo upfront étant moyenne au regard des inves­tis­se­ments dans l’entreprise) mais une pro­lon­ga­tion de la prise de risque financière.

Michel Dahan Feb2011 (11)

  • Laurent Kott (INRIA IT Trans­la­tion, une nou­velle struc­ture qui accom­pagne et finance les créa­tions d’entreprises issues de cher­cheurs de l’INRIA ou tra­vaillant autour de l’INRIA) fai­sait un inté­res­sant paral­lèle entre l’entrepreneur et le cher­cheur, ce der­nier étant sou­vent dépeint comme un simple fonc­tion­naire rous­pé­teur. Alors que le cher­cheur s’expose sou­vent, dans un milieu très com­pé­ti­tif et sélec­tif, notam­ment dans la com­pé­ti­tion pour faire publier ses tra­vaux dans les revues scien­ti­fiques. Avec un égo qui peut aussi être atteint lorsque la publi­ca­tion n’a pas lieu. L’échec est fina­le­ment mal vécu au tra­vers du regard des autres ou de la per­cep­tion que l’on a du regard des autres. Pour Laurent, il n’y a pas d’échec ni de réus­site abso­lue. Tout dépend du point de vue, du recul et du moment où l’on évalue les choses. Après avoir échoué à influer le cours des événe­ments de telle ou telle entre­prise, Laurent fai­sait remar­quer que la force de convic­tion face aux entre­pre­neurs dépen­dait de la capa­cité à appor­ter de l’argent ! Pour lui, l’écosystème de l’innovation gagne en matu­rité : l’expérience s’accumule et se trans­met pour éviter les pièges, mais toutes les his­toires sont uniques. Au pas­sage, il citait l’excellent Hervé Lebret (auteur de “Start-up” et qui contri­bue de temps en temps sur ce blog sous forme de com­men­taires) et son étude mon­trant que les réus­sites inter­ve­naient sou­vent lors de la seconde créa­tion d’entreprise des entre­pre­neurs. Mais que la situa­tion se dégra­dait ensuite. Le signe d’un dépas­se­ment de date de péremp­tion pour Gilles Babi­net ? L’échec est en tout cas bien le germe indis­pen­sable de la réus­site ! Tout du moins… sta­tis­ti­que­ment parlant.

Laurent Kott Feb2011 (10)

  • Phi­lippe Rodri­guez (Mix Com­merce, ex Wan­tuno) nous a raconté son his­toire récente d’entrepreneur avec sa star­tup, Wan­tuno, qu’il a dû fer­mer après moins de deux ans d’activité. Il a vite rebondi et lancé ensuite Mix­Com­merce, il y a trois ans. C’est une société qui gère en délé­ga­tion la vente en ligne pour des marques (du site web à la logis­tique). Elle se porte plu­tôt bien pour l’instant, ali­men­tant ainsi les sta­tis­tiques d’Hervé Lebret ! Sachant que Phi­lippe a comme action­naires un grand nombre des action­naires de sa pre­mière entre­prise. Il insiste sur une valeur qui lui semble clé : l’humilité, l’attitude per­met­tant de bien s’entourer, d’écouter et d’apprendre.

Philippe Rodriguez Feb2011 (3)

  • Fré­dé­ric Pie (ex Vodeo) insis­tait sur cette gra­da­tion entre échecs et réus­sites. Le véri­table échec est rare et extrême selon lui. C’est par exemple devoir tra­vailler 20 ans pour rem­bour­ser une conne­rie qu’on a fait ! Mais les éléments finan­ciers ne sont pas la seule mesure de l’échec ou de la réus­site. Il raconte l’histoire de Vodeo.tv qu’il a vendu pour 1€ au groupe Le Figaro fin 2008 en pleine crise finan­cière (pour 6,4m€ d’investis…), à un moment où toutes les portes de finan­ce­ment s’étaient fer­mées alors que son ser­vice était en avance sur son temps (vidéo à la demande, TV de rat­tra­page). Mais l’entreprise existe tou­jours avec 17 per­sonnes. Elle a su rebon­dir. Elle réa­lise notam­ment la catch-up de la Free­box. Je ne connais­sais pas Fré­dé­ric Pie, et ce per­son­nage tout chaud bouillant m’a vrai­ment impressionné.

Frédéric Pie Feb2011 (8)

  • Jean-David Cham­bor­de­don (ISAI) com­plé­tait le pro­pos de Michel Dahan en tant qu’investisseur. En rap­pe­lant que la plu­part des pro­jets qui n’ont rien à voir à l’arrivée avec ce qu’ils étaient au départ. Le véri­table échec est le dépôt de bilan. Après, les métriques du suc­cès ou de l’échec sont élas­tiques. Ils dépendent de la réfé­rence, en pre­nant comme exemple Dai­ly­Mo­tion. Vu du point de départ de la société, sa sor­tie récente est un suc­cès. Vue du jour de l’acquisition de You­Tube par Google, c’est un échec par rap­port à ce que cela aurait pu être. Jean-David est ensuite revenu sur un de ses dadas où il excelle : le décryp­tage de la société fran­çaise, ce pays égali­ta­riste où le suc­cès ne peut qu’être “volé”, où la prise de risque est faible et concen­trée aux deux bouts du spectre avec d’un côté ceux qui n’ont rien à perdre et de l’autre, ceux qui sont pro­té­gés, notam­ment ceux qui sortent par le haut de notre sys­tème éduca­tif ultra-élitiste. Mais il constate que plus de gens prennent des risques (moi aussi, notam­ment avec mes étudiants de Cen­trale Paris). Com­ment il évalue ceux qui sont pas­sés par l’échec ? C’est tout en nuance : l’entrepreneur qui s’est planté ne doit pas concen­trer ses expli­ca­tions sur le mar­ché et les autres (“the excuse busi­ness”). Il faut savoir faire un diag­nos­tic lucide et ration­nel, mais en même temps pas trop dis­tant ni trop ana­ly­tique. Bref, Jean-David évite les losers qui ne savent que loser… !

Jean-David Chamboredon Feb201 (7)

La confé­rence était clô­tu­rée par Sté­phane Dis­tin­guin de Sili­con Sen­tier et Faber Novel, un pivot incon­tour­nable de l’écosystème fran­ci­lien de l’innovation. Il insis­tait notam­ment sur la valeur de l’apprentissage, sur la rela­ti­vité de la notion d’échec, sur le besoin de rele­ver la tête, de se retour­ner pour regar­der les choses dif­fé­rem­ment. Comme Julien Codor­niou, il s’étonnait de l’imposante par­ti­ci­pa­tion à cette confé­rence, témoi­gnage d’un chan­ge­ment d’appréciation sur la notion d’échec et d’une cer­taine matu­rité (même si on ne la retrou­vait pas for­cé­ment tou­jours dans le flux Twit­ter de l’événement…).

Il y avait aussi quelques ques­tions pro­ve­nant de la salle. L’un d’entre elle, curieuse : qui n’a pas accepté d’intervenir pour par­ler de ses échecs ? Une tour­nure bien fran­çaise pour une ques­tion qui ne peut avoir de réponse puisque les inter­ven­tions rele­vaient du volon­ta­riat, et tour­naient aussi des connais­sances des orga­ni­sa­teurs. J’ajouterai un autre point : autant il me semble facile d’intervenir dans ce genre de confé­rence après avoir connu certes des échecs, mais aussi des suc­cès (c’est le cas de Gilles Babi­net comme de Phi­lippe Rodri­guez), autant il est bien plus déli­cat d’intervenir après un échec et sans suc­cès. Le (jeune) entre­pre­neur qui se lan­cera sera en tout cas un inno­va­teur dans le domaine ! Autre ques­tion, main­te­nant des plus clas­siques : mais pour­quoi donc n’il y a-t-il pas de femmes dans les inter­ve­nants (au-delà de Roxanne Varza qui modé­rait le panel avec Julien Codor­niou) ? Comme c’était sur la base du volon­ta­riat et lar­ge­ment relayé sur Twit­ter, il n’y avait au moins aucun filtre dans l’organisation ! Et on se conso­lera en se rap­pe­lant que le concept de Fail­Con a été créé par une femme, Cass Phi­lips !

Stéphane Distinguin Feb2011 (7)

Et après…

La ques­tion clé n’est fina­le­ment plus de savoir si l’on accepte ou pas l’échec puisqu’il est incon­tour­nable, même pour ceux qui ont réussi. Elle est de savoir apprendre des échecs, d’en tirer des leçons et de s’améliorer ensuite. A la fois de manière indi­vi­duelle mais aussi de manière col­lec­tive, pour que l’ensemble de l’écosystème de l’innovation de notre pays progresse.

C’est l’intérêt de la pour­suite de cette ini­tia­tive, la pro­chaine Fail Confe­rence étant pré­vue d’ici la fin 2011. Roxanne Varza va la coor­don­ner en com­pa­gnie des orga­ni­sa­teurs de la Fail­Con amé­ri­caine qui avait lieu en octobre 2010 (cf les vidéos You­Tube et les sup­ports de pré­sen­ta­tion sur Sli­de­Share). Il est d’ailleurs inté­res­sant de noter que la Fail Confe­rence de Paris a attiré plus de monde que les 450 per­sonnes de la Fail Con US !

Après cette cathar­sis col­lec­tive du 1er février 2011, la seconde édition de la Fail Con fran­çaise devra pro­ba­ble­ment ren­trer dans le lard de leçons pra­tiques des échecs, en prendre dans dif­fé­rentes caté­go­ries, les décor­ti­quer, pro­po­ser des retours d’expérience et indi­quer com­ment les choses auraient pu être gérées dif­fé­rem­ment. Sachant qu’il devrait y avoir du pré­ven­tif (com­ment éviter les échecs), du cor­rec­tif (com­ment cor­ri­ger une tra­jec­toire mal bar­rée) et du pal­lia­tif (com­ment sor­tir conve­na­ble­ment de l’échec avéré).

Cela pour­rait par exemple cou­vrir les sujets sui­vants qui sont géné­ra­teurs d’échecs ou tout du moins de grandes dif­fi­cul­tés pour les startups :

  • Quelles sont les prin­ci­pales erreurs com­mises par les star­tups dans la créa­tion de leur pro­duit (trop de fonc­tion­na­li­tés, pas assez de vali­da­tion avec des clients poten­tiels, pas assez de feed­back uti­li­sa­teur, etc) ?
  • Pour­quoi mon ser­vice web n’a pas connu un déve­lop­pe­ment viral ?
  • Com­ment éviter les erreurs de recru­te­ments des pre­miers com­mer­ciaux, de son pre­mier direc­teur commercial ?
  • Pour­quoi mes cycles de vente sont trop longs ? Com­ment les raccourcir ?
  • Les méthodes de “lean star­tups” qui per­mettent d’expérimenter rapi­de­ment son pro­duit auprès de clients et d’éviter un mau­vais ali­gne­ment produits/marchés.
  • Com­ment éviter ces déve­lop­pe­ments logi­ciels qui durent bien plus long­temps que prévu ?
  • La sous-traitance logi­cielle off­shore qui a mal tourné. Pour­quoi ? Com­ment faire différemment ?
  • Les pre­mières ten­ta­tives de démar­rer la vente aux USA qui n’a pas mar­ché. Pour­quoi ? Com­ment bien s’y prendre ?
  • Les rela­tions avec un grand compte qui a pompé toute l’énergie de la société, sans grand résul­tat. Pour­quoi ? Com­ment l’éviter ?
  • La mésen­tente entre les créa­teurs de l’entreprise.
  • Les aides publiques qui fonc­tionnent ou ne fonc­tionnent pas ? Là, c’est du chaud, car faire par­ler un repré­sen­tant des pou­voirs publics sur des échecs ne sera pas évident ! Et pour­tant, il y aurait fort à dire !

Le tout en évitant de deve­nir une confé­rence entre­pre­neur comme toutes les autres ! La forme compte beau­coup : l’animation, les inter­ve­nants qui se livrent sans langue de bois, le dia­logue construc­tif avec l’audience, etc.

 

PS : je suis évidem­ment très pre­neur de ces retours d’expérience pour ali­men­ter le  Guide de l’Accompagnement des Star­tups High­Tech en France dont je suis en train de pré­pa­rer la 14ième édition (paru­tion pré­vue fin février 2011).

Publié le 4 février 2011 et mis à jour le 6 février 2011 Post de | Entrepreneuriat, Startups, USA | 10320 lectures

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Les 14 commentaires et tweets sur “Les leçons collectives de l’échec entrepreneurial” :

  • [1] - fx a écrit le 4 février 2011 :

    je cher­chais depuis quelques jours un compte rendu ana­ly­tique de la Fail­conf, merci !
    Je rejoins la remarque sur le fait qu’il n’y a pas eu de témoi­gnages émanant d’entrepreneurs ayant connu un dépôt de bilan.
    Les témoi­gnages de Gilles Babi­net et Phi­lippe Rodri­guez, démontrent plus tôt leur capa­cité à réagir face à un modèle qui ne fonc­tionne pas… n’est-ce pas au final la force de tous ces entre­pre­neurs, accep­ter ses échecs, les ana­ly­ser et repar­tir de l’avant !

  • [2] - herve a écrit le 4 février 2011 :

    Excel­lente idée que de par­ler de l’échec et excellent compte-rendu, d’autant plus excellent que tu me cites. Je vais rou­gir! Plus sérieu­se­ment, l’échec comme “mère du suc­cès” est un sujet essen­tiel dans l’entrepreneuriat. Un étudiant chi­nois m’avait indi­qué que c’était même un pro­verbe dans son pays. On peut le trou­ver en navi­guant sur http://www.startup-book.com/tag/failure/

  • [3] - Frédéric Assémat a écrit le 4 février 2011 :

    Hello

    Il est mar­rant de voir comme des sujets simi­laires se suivent : par­fois, le vent tourne dans le même sens :)

    Quelques temps avant la fail­conf, j’avais écris un article sur notre propre échec dans notre star­tup Dress-Me, suivi d’un pod­cast sur ce sujet sur Nip­Tech.

    Comme quoi, l’acceptation de l’échec, sans exhi­bi­tion ni auto­fla­gel­la­tion, com­mence à poindre en France!
    Cou­rage, on va s’améliorer ;)

    • [3.1] - Olivier Ezratty a répondu le 5 février 2011 :

      Bravo pour s’être livrés ainsi, ce qui est encore rare. Vous pour­riez être l’un des témoins pour la pro­chaine FailCon !

  • [4] - Valentin B. a écrit le 5 février 2011 :

    Merci pour ce compte-rendu.
    Hâte de lire votre guide pour ma propre star­tup que je lance ce mois-ci.

  • [5] - Christophe a écrit le 5 février 2011 :

    Une nou­velle fois merci pour ce post, Olivier.

    Un témoi­gnage per­son­nel. J’ai connu quelques demi-réussites (pas excep­tion­nelles, mais cor­rectes) et un vrai échec (en 2000… éton­nant, non ?).
    Je me suis forgé une convic­tion per­son­nelle : entre­prendre consiste à prendre un risque majeur, et à tout faire ensuite pour le réduire. Cela signi­fie que les échecs doivent être tous envi­sa­gés, et même par­fois expé­ri­men­tés (un peu comme des vac­cins). Autre­ment dit, qu’à moins d’avoir une chance (ou un talent) incroyable, le job consiste à s’assurer en per­ma­nence que l’entreprise est capable de résis­ter à un échec (tech­nique, com­mer­cial… etc).
    Cela implique à la fois une capa­cité à accep­ter la réa­lité, et une diver­sité de points de vue sur cette réa­lité. Donc une équipe de fon­da­teurs aux pro­fils très dif­fé­rents, mais très sou­dée.
    Il me semble que les suc­cès indi­vi­duels relèvent plus du hasard ou d’une sim­pli­fi­ca­tion de l’histoire, et que les vrais suc­cès sont collectifs.

  • [6] - herve a écrit le 5 février 2011 :

    Une des ques­tions que je me pose depuis long­temps est la sui­vante: l’échec ne serait-il pas dû sim­ple­ment à la chance et au hasard? On explique après coup les suc­cès (Apple, Google, Face­book) et les échecs (Player Rio, Excite, mys­pace) mais quand on lit les entre­pre­neurs, on se rend compte à quel point ils insistent sur “be at the right place at the righ time”. Même ceux qui ont réussi recon­naissent que sur 10 déci­sions, 5 seront peut-être mau­vaises. Je suis tout à fait d’accord avec Chris­tophe dans le com­men­taire pré­cé­dent qui insiste sur le fait qu’il faut réduire les risques au maxi­mum. Mais le risque et l’incertitude res­tent pré­sents. Je pense que Laurent Kott a fait allu­sion à une étude que je fais en ce moment sur les serial entre­pre­neurs. Résul­tat sim­pliste pour l’instant: les serial sont meilleurs que les non-serial dans leur 1ere entre­prise, mais pas vrai­ment dans les sui­vantes, ils sont encore bons dans la deuxième et ça se dégrade vrai­ment ensuite. Il faut encore que j’analyse mais il sem­ble­rait aussi que les bons dans la pre­mière res­tent bons ensuite, ce qui serait moins évident pour ceux qui ont échoué ont début. Tout cela est à prendre avec des pin­cettes, parce que, par exemple, les serial lèvent beau­coup plus d’argent dès la seconde qu’avant et plus que les non-serial, ce qui leur donne un avan­tage de res­sources… Tout cela pour dire que la chance reste un ingré­dient incontournable.

  • [7] - Priximmo a écrit le 6 février 2011 :

    Ce concept est très inté­res­sant. Comme disait un spor­tif que j’admire “on apprend plus dans la défaite que dans la vic­toire” et en entre­prise c’est pareil. L’échec est une très bonne source d’apprentissage pour qui sait l’exploiter.

  • [8] - Philippe RODRIGUEZ a écrit le 6 février 2011 :

    Merci pour cet excellent compte rendu! Tout y est!
    Juste un mot pour dire que wan­tuno était déjà ma qua­trième
    entre­prise créée.

  • [9] - Stéphane a écrit le 2 mars 2011 :

    Bon­jour,

    Y a t’il eu une cap­ture vidéo de cette mémo­rable séance, avec une url pour entendre tout ce brillant monde?

    merci

    • [9.1] - Olivier Ezratty a répondu le 2 mars 2011 :

      Hum hum…

      Le lien est fourni dans le pre­mier para­graphe de cet article !!!

      Dès fois… je me demande… non, OK, je reste calme.

  • [10] - Daniel COHEN-ZARDI a écrit le 22 avril 2011 :

    La pen­sée du jour : “Si c’était une confé­rence sur l’échec, et qu’elle a été un suc­cès, ne peut-on pas en déduire que cette confé­rence fut un échec ?”

    Bon, il va être temps que je parte en week-end ;)




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