Le devenir des TV connectées

Publié le 7 octobre 2010 et mis à jour le 19 octobre 2010 - 15 commentaires -
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J’ai eu l’occasion d’animer le 30 septembre 2010 un rare panel sur « La vision des industriels » sur les TV connectées avec les principaux constructeurs concernés : Samsung, Toshiba, LG Electronics, Panasonic et Sony, accompagnés de la société nantaise WizTivi dont nous avons déjà parlé après le retour de l’IBC. Elle avait lieu lors d’une soirée “Le Club” organisée par CB Web News, avec Geneviève Petit aux commandes. Le même jour, CB News annonçait qu’il était en redressement judiciaire, prélude au dépôt de bilan ou à une reprise par un tiers.

Un résumé des interventions de cette table ronde et des deux qui suivaient concernant les contenus et les marques est aussi disponible ici. C’est ici l’occasion – habituelle – de faire un petit point sur ce domaine en peine éclosion, après avoir couvert deux autres offres relatives à la télévision numérique, Google TV et l’Apple TV, sans compter les actualités de l’IBC d’Amsterdam de septembre 2010.

A quoi servent les TV connectées ?

Les télévisions connectées deviennent progressivement la norme dans les offres des constructeurs. La connectivité (Internet) a ainsi tendance à devenir standard sur les modèles haut de gamme et même moyenne gamme de nombreux constructeurs comme Samsung. La grande question est : pour quoi faire ?

Les applications de base intègrent pour l’instant :

  • L’accès à des portails des chaînes de TV ou d’opérateurs télécom. Chez Sony, les TV connectées ont accès à M6 Replay pour de la télévision de rattrapage. Chez Samsung, elles ont accès au portail Internet de TF1.  Chez LG Electronics, on est associé au portail d’Orange.
  • L’accès aux contenus du réseau domestique, via l’interface standardisée DLNA. Grâce à elle, la TV peut naviguer dans les contenus vidéo et photos partagés sur les PC, NAS et autres Media Centers. Par ce biais comme par une simple clé USB, un grand nombre de contenus sont affichables sur la TV. En matière de vidéo, la pratique courante est d’accéder à des contenus “piratés”. Le support des formats DivX, XVid ou MKG sert rarement à autre chose !
  • L’accès à des des services tiers. Cela commence avec de la vidéo à la demande (VOD) et des sites de partage de vidéo Internet (YouTube, DailyMotion), à des sites de partage de photos (Picasa, Flickr). Cela s’étend ensuite à toutes sortes de services en lignes : météo, médias, et intègre également l’accès aux réseaux sociaux classiques, et aussi des jeux divers. La visioconférence fait également partie du lot. L’interface utilisateur intègre en général un “application store” permettant de sélectionner ses applications dans un catalogue plus ou moins fourni. Il l’est plutôt moins à ce stade de maturité du marché.

On commence à disposer d’un peu de recul pour appréhender l’usage que les téléspectateurs équipés font de ces TV connectées, et notamment aux USA. L’accès aux contenus vidéos d’origine diverse semble prédominant, d’où le retour enthousiaste dans les débats de la part d’Eric Cremer de DailyMotion, dont le service est disponible depuis deux à trois ans chez Sony, Philips et Samsung. Selon lui, les utilisateurs sont maintenant habitués à utiliser la télécommande pour rechercher des vidéos dans le service DailyMotion. Et ils auraient déjà 500000 visiteurs uniques mensuels sur TV connectées. L’usage semble cependant plus modéré pour les services qui ne relèvent pas de la vidéo et de l’expérience télévisuelle comme les annuaires ou réseaux sociaux.

L’offre des intervenants du panel

En termes de parts de marché, les cinq constructeurs présents dans le panel CB News représentent au moins les 2/3 du marché français. Il faudrait y ajouter Philips pour parfaire le tour d’horizon. Même si je suis toujours un peu circonspect sur l’engagement réel et à long terme du néerlandais dans le marché de l’électronique de loisir. Tout porte à croire qu’ils s’en désengagent progressivement.

TV Market Share Worldwide Q2 2010

Donc, revue des acteurs de cette table ronde (sachant qu’il ne s’agit pas de citations de leurs propos) :

Samsung, représenté par Roberto Mauro, en charge de la stratégie de convergence en France, est le leader mondial des TV, notamment grâce aux fines LED TV sorties en 2009 et sur lesquels il a investit énormément en communication publicitaire. Il a généralisé sa plateforme Internet@TV dans la majeure partie de sa gamme de téléviseurs. Ils avaient adopté les Yahoo Widgets en 2009, mais s’en sont depuis démarqué. Ils ont maintenant plus de 250 applications disponibles aux USA, Mais seulement quelques dizaines en France, certaines ayant d’ailleurs été développées par le nantais WizTivi. Notons au passage que Samsung est aussi constructeur de set-top-boxes et qu’il fournira la prochaine STB d’Orange, à base de processeur Intel Atom Sodaville. Dans la TV connectée, Samsung cherche à se démarquer avec une approche cohérente entre tous les écrans (TV, PC, mobiles), au point d’avoir un “application store” unifié.

samsung-connected-tv-tf1

Toshiba représenté par son Directeur Marketing France, Alain Kergoat, se distingue par sa solution multi-écrans “Toshiba Places” développée en France et destinée à devenir la solution de Toshiba pour l’Europe. L’histoire est étonnante et rare pour un groupe asiatique. Mais comme ceux-ci sont un peu largués par les logiciels et les contenus, les grandes filiales comme la France ont saisi l’opportunité d’accélérer le rythme et de mener des expériences. Toshiba Places est ainsi apparu en septembre 2009 à l’état de prototype. Il a été ensuite annoncé en septembre 2010 et devrait être disponible entre octobre et novembre 2010 en France. Il s’agit avant tout d’un boitier d’origine Netgem sur lequel tourne l’ensemble du middleware Netgem complété d’une interface utilisateur et d’applications créées par WizTivi (qui développe aussi la partie serveur de ces services en ligne). C’est une solution “over the top” qui intègre la TV TNT ou câble et des contenus issus d’Internet. Et elle fonctionne sur toutes les TV. Les autres écrans supportés sont le PC, en mode web, et une tablette Toshiba tournant sous Android. Aussi curieux que cela puisse paraitre, il semblerait que Toshiba gagne des parts de marché en France grâce à une activité commerciale soutenue. Il n’en va pas autant à l’échelle mondiale.

Toshiba-Places-Mes-Videos

LG Electronics était représenté par Alexandre Fourmond, Directeur Marketing France. Chez eux, la TV connectée s’appelle “NetCast”. Le constructeur s’est distingué par un partenariat avec Orange pour l’accès à services en ligne du portail de l’opérateur télécom. Une manière de proposer un service tout en un sans trop d’efforts. Mais une position curieuse plutôt plus intéressante pour Orange qui sécurise l’accès aux contenus de ses clients sur la TV connectée en plus de la set-top-box, plutôt que pour le constructeur, qui se retrouve un peu en porte à faux au regard justement de la set-top-box d’Orange. Bon, par ailleurs, LG propose dans NetCast l’accès aux services classiques tels que YouTube, Picasa, la météo, etc. Au CES 2010, ils montraient aussi l’usage de leur TV connectée pour la visio-conférence, avec l’incontournable Skype. Et à l’IFA, ce qu’ils appellent maintenant la “Smart TV” a vu son interface utilisateur évoluer, et l’intégration d’une télécommande gyroscopique.

lg-smart-tv_px600

Panasonic représenté par Christophe Decloux, a surtout insisté sur ses technologies 3D-relief. Comme Sony, le japonais maitrise toute la chaine de production de la vidéo et du cinéma. Avatar a notamment été tourné avec des caméras vidéo 2K de Panasonic. Il semblerait qu’un Blu-ray 3D d’Avatar existe mais ne soit disponible qu’avec les matériels de Panasonic. Une exclusivité que l’on imagine temporaire. VieraCast est leur solution de TV connectée avec une focalisation sur les contenus et le divertissement en ligne : YouTube, Eurosport, Picasa, la vidéo à la demande, DailyMotion, Twitter. Ils avaient aussi montré au CES 2010 l’usage de la visioconférence avec Skype, comme LG. A l’IFA 2010 en septembre dernier, ils mariaient la TV connectée et la 3D. Leur interface utilisateur ne semble pas encore être en 3D, mais VieraCast permet d’accéder à des contenus en 3D provenant d’Internet. Il y aurait peu de TV connectées Panasonic en France : environ 80K. Le japonais n’est pas très présent chez nous alors qu’il l’est plus en Allemagne. Il continue d’améliorer la technologie Plasma contre vents et marées, tandis que le LCD et notamment le LED LCD s’est imposé, notamment via Samsung.

Panasonic-Viera-Cast-Netflix

Sony était représenté par Stéphane Curtelin, Directeur Marketing TV (et loisirs pour le salon, hors jeux). Le constructeur a une antériorité dans la TV connectée, avec notamment un partenariat avec M6 Replay, la télé de rattrapage de la chaine. Ils sont par ailleurs de véritables “Game changers” en ayant annoncé l’adoption de Google TV en mai 2010, qui devrait mener aux premières TV connectées sous l’OS de Google avant Noël aux USA et en 2011 en Europe. Le rationnel du choix de Google TV ? Pour Stéphane Curtelin, c’est parce que la plateforme est ouverte et modulaire. Ses collègues (hors table-ronde) trouvaient qu’au contraire, le choix de Google était du genre “tout ou rien”, rappelant en cela l’attitude d’Apple face aux opérateurs télécoms (pas de personnalisation des iPhones…). Signalons que Sony se distingue des autres constructeurs en étant aussi un groupe média (avec Columbia et Sony Music). D’où ce service de vidéo et de musique à la demande Qriocity lancé aux USA au printemps 2010 et qui devrait arriver avant la fin de l’année en France. Une approche très intégrée à la Apple !

Sony-Qriocity

Wiztivi avec Eric Bibollet, son directeur des opérations. C’est une société spécialisée dans le développement de solutions logicielles powiztivi logour les set-top-boxes et télévisions connectées qui travaille pour un grand nombre de constructeurs tels que Samsung, Toshiba et autres. Il a notamment développé de nombreux widgets pour les TV connectées, en particulier pour Samsung, et par exemple ceux de DailyMotion (pour ce dernier) ou l’INA et l’Equipe (pour Toshiba Places). Ils développent une plateforme en mode “web”, à savoir que les applications sont construites en HTML avec du JavaScript, plus des bibliothèques graphiques du dépendent de la plateforme sous-jacente. La croissance de Wiztivi est à l’image de la dynamique de ce marché : la PME nantaise est passée de 10 à 70 personnes en moins de deux ans. Ils sont très sollicités par les chaines comme par les opérateurs qui souhaitent adapter leurs offres à tous ces nouveaux écrans.

Eléments de débat

Le marché de la TV est en plein bouleversement. C’est un maelstrom qui va durer quelques années. Il y aura des gagnants et des perdants dans l’histoire. Et le consommateur sera normalement du côté des gagnants. Cette remise en cause du marché amène plusieurs débats dont certains ont été rapidement survolés pendant les tables rondes de CBNews : la structure du marché, l’usage réel des TV connectées, l’éducation du marché, les spécificités du marché français, l’évolution du modèle économiques des chaînes, tout comme l’impact sociétal de la TV connectée. Allons-y…

La TV connectée s’oriente-t-elle vers un marché horizontal ou vertical pour les contenus ? Les chaines privilégient évidemment la verticalisation tandis que les opérateurs télécom ont intérêt à une certaine horizontalisation. Les constructeurs de TV semblent faire dans un premier temps le jeu des chaines comme en témoignent ces partenariats bilatéraux entre constructeurs et les portails des chaînes. Vu de loin, cela pourrait être assez perturbant pour le consommateur qui aurait l’impression d’acquérir une TV trop liée à une chaine donnée. Dans les faits, il n’en est rien. Tout d’abord, il s’agit de portails Internet et pas d’accès aux chaines de TV. De plus, cet accès n’est pas exclusif. Il est assez facile d’ajouter l’accès aux portails d’autres chaines TV dans toutes les TV connectées. Roberto Mauro de Samsung indiquait clairement que le partenariat avec TF1 était tactique, qu’il relevait d’un positionnement de départ, mais pas d’une fin en soi. Cela rassure. Derrière ces partenariats se pose tout de même la question du mode d’accès à la TV de rattrapage. Les chaines souhaitent l’isoler dans leurs portails web, accessible à partir de leur chaine TV, notamment par le biais de l’obscur standard HbbTV dont on va entendre de plus en plus parler. Vu du téléspectateur, cet accès en silos “verticaux” n’est pas forcément des plus élégant. Le cas de Canal+ est exemplaire dans le double silo vertical : non seulement, il faut passer par leurs applications et sites web pour accéder à leurs contenus hors de la TV, mais il y a une application différente pour le direct, la télévision de rattrapage et la vidéo à la demande ! S’il en avait réellement le choix, le consommateur pourrait préférer un accès générique avec la même interface utilisateur pour toutes les chaines (dit “horizontalisé”). Et puis le grand horizontalisateur pourrait être Google TV pour créer avec Intel un “Googlintel” de la TV par opposition au couple “Wintel” qui règne toujours dans le monde des PC ! Pour Sony, le choix de Google TV relève de celui d’une plateforme ouverte. A l’envers, Google TV est trop fermé pour ses concurrents pour qui Google est un “modèle tout en un”. Et oui, on veut bien horizontaliser les autres (les contenus) mais on souhaite aussi éviter d’être horizontalisé soi-même par un autre (la TV devenant une commodité avec le point commun Google TV).

L’enjeu de la maitrise de la télécommande était présenté comme critique par les constructeurs dans la table ronde. On a besoin de la télécommande de la TV pour allumer l’écran, ce qui l’avantage. Mais c’est un raisonnement qui part du résultat, pas des causes. La télécommande de la TV sera la télécommande principale si la TV connectée est la solution la plus complète et/ou la plus ergonomique pour accéder aux contenus. Sinon, cela restera celle de la set-top-box.

La TV sert surtout à regarder des contenus vidéos, donc la question clé des TV connectées est de savoir comment elles améliorent l’expérience télévisuelle et ne se contentent pas d’ajouter des services “over the top” Internet sur la TV qui n’ont pas de grand rapport avec la consommation de contenus vidéo ? La tentation était grande au départ d’ajouter des widgets permettant d’accéder à des services pratiques ou des réseaux sociaux qui ne sont pas liés à la vidéo. C’est peut-être une voie de garage ! Comment améliorer les guides de programmes ? Comment intégrer des fonctions de recommandation ? Quel est le rôle des tablettes de ce point de vue là ?

Quels investissements marketing vont être consentis par les constructeurs pour faire connaitre ces fonctionnalités de TV connectée aux clients potentiels ? La question de la préparation de la distribution de détail à la TV Connectée est clé. Comment comparer deux TV de ce point de vue là ? Comment valoriser d’un coup d’œil ces fonctionnalités ? Quelle infrastructure est nécessaire dans les magasins (accès Internet sur un grand nombre d’appareils) ? Comment former les vendeurs ? La mise en place de tout cela prendra du temps.

Comment les TV connectées vont-elles s’imposer dans le marché français ? Il me semble que ce soit le marché le plus difficile pour les TV connectées à cause de la concurrence des opérateurs télécoms et de leur set-top-box automatiquement intégrée dans les abonnements triple-play. Difficile d’y échapper sauf peut-être en s’abonnant à la fibre via les sociétés d’économie mixte en région. C’est le même problème qui se pose à Apple sachant qu’en plus ce dernier n’offre pas l’accès aux chaines en direct et léger différé. La donne va de plus évoluer car les opérateurs télécoms fourbissent leurs armes et préparant leur nouvelle génération de set-top-boxes : fin d’année pour SFR, pas loin pour Free, et en 2011 pour Orange, sans compter Canal+ qui doit mettre à jour son Cube, une set-top-box hybride satellite + Internet. Les opérateurs télécoms ont aussi la capacité à gérer un service de bout en bout, avec la qualité qui va avec. Ils savent mettre à jour les logiciels des set-top-boxes à distance pour gérer leur parc, alors que les constructeurs n’ont pas de parc à proprement parler ni de revenu récurrent avec leurs clients. De plus, deux de ces opérateurs ont choisi le processeur Intel Atom Sodaville pour leurs boitiers, ce qui apporte une souplesse et une capacité de traitement que les TV n’auront pas avant quelque temps (sauf chez Sony). Il sera très intéressant de comparer dans six mois les services et contenus accessibles sur ces set-top-boxes de nouvelle génération et les TV connectées millésime 2011. Il est intéressant de constater qu’un opérateur comme Orange cherche à se prémunir contre l’adversité avec son portail Orange intégré dans les TV connectées LG Electronics, et que l’on trouvera sans doutes rapidement dans les TV connectées des autres marques. Enfin, l’autre élément à prendre en considération sur le marché français est l’aspect législatif et réglementaire. Par exemple, la copie privée a tendance à privilégier le stockage local des contenus or les TV connectée n’ont pas cette capacité. Pour l’instant.

Quel est l’impact des TV connectées sur le modèle économique des chaînes et sur le marché de la publicité à la télévision ? Dans le prolongement de la TNT, les TV connectées vont probablement contribuer à fragmenter l’audience. Cela fragilisera les grandes chaines tandis que de nouvelles chaines apparaitront, plus spécialisées. Les chaines vont devoir poursuivre cette course à l’échalote du support des divers écrans de la maison, après le web, les mobiles, les tablettes. Avec un cout non négligeable du fait que le marché des TV connectées restera technologiquement fragmenté encore quelques temps, un peu comme celui des smartphones. Comme l’attention du téléspectateur risque de se mouvoir vers des contenus ou formats alternatifs, la mesure de l’audience des chaines va se compliquer. Mais la voie retour de l’Internet permettra des mesures directes que le broadcast à sens unique ne permettait pas, d’où les panels réalisés avec des boitiers spécialisés de mesure à la Médiamétrie. Avec les TV connectées, plus besoin de boitiers ! C’est tout un marché qui va se renouveler pour mesure l’audience et évaluer la valeur publicitaire des chaines. Avec ou sans Google, la publicité à la télévision pourra être très rapidement commercialisée selon des méthodes que l’on pratique dans l’Internet : à la publicité vue réellement, voire à l’action associée si la publicité devient cliquable, ce qui ne saurait tarder. Les régies classique disparaitront ou devront intégrer les méthodes du web.

Dernier point et non des moindres, l’impact sociétal des TV connectées. Les nombreux services qu’on y trouve vont tirer l’écran de TV vers le rôle de “personal TV” à l’instar du “personal computer”. Est-ce que cela sera suffisant pour faire revenir les adolescents devant la TV, au détriment de l’ordinateur personnel dans la chambre ? Est-ce que cela ne va pas devenir gênant pour regarder la TV à plusieurs ? Est-ce que la TV connectée sera utilisable par la mythique grand-mère (pour regarder les photos des petits enfants publiées par la famille sur Flickr ou Picasa) ? Est-ce que la non moins mythique ménagère de moins de 50 ans va s’y mettre ? Peut-on repasser tout en passant son temps avec la télécommande dans les mains en permanence ? Est-ce que l’on ne limitera pas la personnalisation à outrance en séparant ce qui est personnel, intégré dans le smartphone ou la tablette, de ce qui est commun, dans la TV ?

Bref, on n’a pas fini d’épuiser le sujet !

Publié le 7 octobre 2010 et mis à jour le 19 octobre 2010 Post de | Apple, Digital media, Google, Haut débit, Marketing, TV et vidéo | 17605 lectures

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Les 15 commentaires et tweets sur “Le devenir des TV connectées” :

  • [1] - jerome a écrit le 7 octobre 2010 :

    Merci pour cette très bonne analyse de l’état des TV connectées; outre l’accès aux portails, contenus et services tiers, peut être allons nous voir également voir arriver de véritables Applivisions, applications conçues uniquement pour la TV et mêlant passivité et personalisation ? Notamment sur les équipements dotés de capacités de traitement importantes, comme les nouvelles set-top box et autres Google TV / Apple TV.

  • [2] - y!onel a écrit le 8 octobre 2010 :

    Bon tour d’horizon, je me permets de rajouter 2 points non évoqués:
    différences d’approche entre la Google TV et l’apple TV: j’avais lu un bon article (sur RWW je crois) qui évoquait les différence d’approches : alors que le boitier Apple n’entend pas se placer en remplacement du boitier ADSL, juste en sortie de prise ADSL (position dure à acquérir, car défendue par les opérateurs), c’est l’ambition du boitier Google. Il y a donc là une différence fondamentale entre les 2.

    Le boitier apple : je ne peux m’empecher de penser que ce boitier va devenir une console de jeu et que le domaine du jeu, qui a permis à l’iPhone de s’imposer (80% des apps téléchargées sont des jeux), va être crucial pour celui qui veut troner dans le salon.
    L’apple TV est sous iOS (donc un catalogue de jeu impressionnant déjà, et avec des jeux pas chers), a une sortie HDMI, et d’après le décorticage HW , 8 Go de flash. Rajoutez des controllers (iPhone/iPod , ou manettes classiques) et vous avez une jolie petite console de salon à 119€.

    La stratégie d’apple pour imposer l’iPhone a été en 2 temps : d’abord un terminal classique, les opérateurs font rentrer le cheval de troie chez eux, puis d’un coup il se transforme en machine à vendre des applis: résultat , rien pour les opérateurs sur ce segment là.
    La stratégie pour imposer l’apple TV pour imposer l’apple TV peut s’en inspirer : d’abord on demande aux fournisseurs de contenus de participer un peu pour imposer ce boitier dans les salons, puis une fois qu’il y a est , il devient une console de jeux sur lequel Apple se fait son chiffre.

    Je m’étonne qu’à moitié que Sony qui n’a pas vu venir la convergence entre tel portable et console portable ne voit pas venir la convergence entre boitier TV et console de salon….

    • [2.1] - Olivier Ezratty a répondu le 8 octobre 2010 :

      Pourquoi pas. Cela fait pas mal de temps que se joue la bataille entre consoles de jeux dédiées et machines plus généralistes (PC, smarphones). Pour l’instant, ce sont les consoles qui gagnent, en tout cas pour ce qui est de Nintendo DS. Cf http://kotaku.com/5287694/iphone-install-base-vs-console-install-bases.

      Pour ce qui est de la stratégie d’Apple, je constate que trop souvent pour eux comme pour d’autres, on ne prête qu’aux riches et on imagine des stratégies qui n’en sont pas. L’app store d’Apple et surtout le SDK associé pour l’iPhone ne sont pas sortis en même temps que l’iPhone en 2007… parce qu’ils n’étaient pas prêts ! Aussi simple que cela.

      L’Apple TV correspond à un monde où l’on loue tous les contenus, essentiellement en VOD, et où les chaines broadcast n’existent pas, ne sont pas vues en direct ni en en catch-up. Ce n’est pas le monde actuel. C’est pour cela que le produit ne peut pas réussir à grande échelle. Le jour où ils arriveront à dealer avec les chaines TV locales, à ajouter du streaming live HD des chaines directement accessible dans leur logiciel, avec un guide de programme et tout le tralala, avec en prime du “network PVR” pour pouvoir récupérer ses émissions en différé (puisque le device n’a pas de stockage), alors on pourra en reparler.

      Autre petit point sur Apple TV : autant l’iPhone a créé un saut quantique par rapport aux smartphones de l’époque (2007), autant l’interface utilisateur de l’Apple TV n’est pas du tout révolutionnaire. On trouve la même chose, à peu de choses près, dans les nouvelles TV connectées ainsi que dans les set-top-boxes les plus récentes… ou dans celles qui vont bientôt arriver. La différentiation n’est donc pas évidente pour l’Apple TV côté ergonomie. Et pour l’instant, les contenus accessible ne couvrent pas suffisamment bien toute la chaine des médias vidéos, du broadcast live à l’UGC.

      • [2.1.1] - y!onel a répondu le 11 octobre 2010 :

        Pour ce qui est de gagner contre la DS: je pense que l’objectif de apple n’a jamais été de gagner la masse, mais de prendre la part de marché qui a le plus de valeur, c’est ce qui s’est passé sur les smartphones.
        Pour le SDK: on ne peut pas savoir s’il était prêt ou pas a la sortie de l’iPhone mais disons qu’il a surtout consisté à rendre publiques des APIs qui étaient déjà là : une grosse partie des APIs sont quasi identiques à celles sur MacOSX et celles là existent et sont documentées depuis un bail.
        Je suis d’accord avec toi/vous sur l’environnement de la location de films qui n’est pas propice à l’arrivée d’une apple TV mais un élement qui peut inverser la vapeur est justement d’utiliser ce périphérique dans un domaine où l’on est fort (le jeu “pas cher” où excelle iOS)

        L’interface de l’apple TV : pas révolutionnaire ? l’ipad et l’iPhone sont les télécommandes haut de gamme de l’apple TV. quand on voit l’approche de google et la première télécommande de Sony, on comprend vers où l’utilisateur préfèrera aller :
        http://www.wired.com/gadgetlab/2010/10/sony-google-tv-remote-leaked-designed-in-1980/
        En effet la télécommande est *L’* élement à ne surtout pas louper dans ce système. Apple prêche pour sa paroisse en utilisant l’iphone et l’ipad, je ne pense pas qu’on puisse fait mieux en l’état (en plus que du coup, ce n’est pas QUE une télécommande).

        Autre argument qui fait pencher le fait que l’apple TV ne sera pas que un périphérique pour lire des films: Steve Jobs a tjrs honi les périphériques dédiées (l’ipad n’est pas qu’une liseuse) et j’imagine mal l’apple ‘TV’ cantonnée à un role (location de films).
        Un article du jour qui penche aussi dans ce sens:
        http://www.macgeneration.com/unes/voir/128491/l-apple-tv-console-masquee

        Je ne sais pas si la stratégie d’apple marchera pour l’apple TV mais je pense que si ils lui ajoutent ce role de console (avec des iPhone comme controllers), ils jouent sur un terrain où peu pourront aller…. et quand on vise le haut de gamme, c’est là qu’il faut être.
        Et comme tu le dis, la stratégie n’est peut être pas encore établie, mais disons, que vu les choix techniques de base, cela sera affiné avec le succès (ou pas) de l’apple TV en l’état : on va voir les cartes se jouer au fur et à mesure et elles semblent être nombreuses vu le périphérique.

        • [2.1.1.1] - Olivier Ezratty a répondu le 11 octobre 2010 :

          Cela se tient, même si ce n’est pas une stratégie explicite d’Apple, qui continue un peu à se chercher dans ce domaine de la TV.

          En tout cas, 100% d’accord : à coût hardware et services voisins, les plateformes généralistes l’emportent très souvent sur les plateformes spécialisées.

      • [2.1.2] - olivier carmona a répondu le 29 octobre 2010 :

        Olivier,

        Tu sous-estimes Apple. La solution Apple TV est clairement une solution intermédiaire pour faire patienter le marché US avant qu’il réussisse à ajouter les canaux manquants. Ils ont signé ABC, Fox, et Disney, il manque NBC & CBS.Nul besoin de signer toutes les chaines locales, les cinq grands suffisent pour le marché US.

        Steve Jobs attends ce moment pour faire basculer le modèle économique d’Apple : au lieu de faire de l’argent sur la vente d’appareils seulement, ce sera faire de l’argent sur la diffusion de contenus dans un ecosysteme captif. Libre à lui, alors de subsider des appareils. Cela transparait clairement dans son interview récente : le modèle économique pour la diffusion de contenus vidéo est immature, Apple souhaite changer de modèle économique en susbidant les appareils pour se rénumérer sur la vente de vidéo.

        L’objectif d’Apple, ici, comme dans la téléphonie, est de remplacer les opérateurs (PayTV).

        L’alternative à cette vampirisation des contenus par un seul écosystème est l’entente aux US comme en Europe des cablo-opérateurs, mais aussi des opérateurs de téléphonie, ou des pay TV satelitaires autour de DLNA, un standard regroupant déjà les fabricants d’éléctronique grand public. Cette initiative (AllVid) vise à rendre l’ensemble des appareils grands publics capables de servir les contenus premium. Tournant autour de DLNA, l’initiative annoncée au CES 2010 apparaitra déjà au CES 2011.

        AwoX est l’un des porteurs de cette initiative, mais est aussi un intégrateur de service premium pour télévision connectée pour des acteurs comme TCL / Thomson, et leur gamme MyWishTV. D’autres marques seront annoncées au CES 2011.

        • [2.1.2.1] - Olivier Ezratty a répondu le 29 octobre 2010 :

          Le scénario que tu décris concerne la VOD, voire éventuellement la catch-up. Mais il reste le “live” à couvrir. Ce n’est pas infaisable, mais c’est une nouvelle offre importante à couvrir pour prétendre remplacer les offres des opérateurs du cable, du satellite et de l’IPTV. Et là, il faut des ressources conséquentes, de la qualité de service, du streaming multi-cast, des accords avec les chaînes locales, etc. Les chaînes résisteront, autant face à Google que face à Apple. Reste à savoir combien de temps. En fait, l’évolution du marché dépend de la capacité de résistance des acteurs établis.

          DLNA est une évolution intéressante. Mais est-ce que cela couvre la standardisation de l’accès à des contenus broadcastés ?

          • [2.1.2.1.1] - Olivier Carmona a répondu le 29 octobre 2010 :

            Tout d’abord, le broadcast des contenus sur IP n’est plus ce fantôme d’il y a dix ans, il est une menace réelle pour tous les diffuseurs, cette menace qui éteint la radio numérique terrestre. Dans la phase intermédiaire des cinq ans à venir, nous serons dans une approche hybride (broadcast/IP), mais ce sera amener à changer.

            Par ailleurs, il y a une transformation dans l’usage des médias. Les 20-25 ans regardent en majorité sur leurs ordinateurs les contenus qui les intéressent au moment qu’ils souhaitent. Ce n’est plus la télévision de rattrapage mais la dé-sérialisation, et cette offre si elle arrive sur une télé Apple, elle permettra à une grande partie de la population souhaitant stopper leur abonnement au câble (en moyenne $100/mois), et ce même si Apple mets la barre à $40/mois.

  • [3] - Zorglub a écrit le 9 octobre 2010 :

    Merci pour cette analyse, toujours aussi riche et claire.
    Complètement d’accord sur l’orientation TV/vidéo de la TV: les nombreuses tentatives pour “mettre” le PC et/ou Internet dans la TV on toutes échouées.
    Et avec les smartphones, et à fortiori les tablettes, la TV et ses STP n’ont vraiment aucune chance….
    D’ailleurs,même pour les données péri-TV et Video, je trouve beaucoup plus efficace d’utiliser mon iPad que de devoir jongler avec les télécommandes : que ce soit pour consulter un guide des programmes, une base de donnée type IMDB, … Outre l’ergonomie bien meilleure et la richesse de l’info, c’est beaucoup moins intrusif pour ceux qui regardent la TV avec moi.
    Reste le fond de commerce, ce qui justifie vraiment la TV: les films et les programmes des chaînes. Mais ce n’est pas l’outil d’accès qui améliorera leur rapport qualité/prix.
    Surtout avec des studios qui campent sur des tarifs excessifs: Pour l’instant, je paie moins cher en visitant mon vidéo-club que par la VOD (mais je suis peut être privilégie en la matière…)

  • [4] - warzoumba a écrit le 18 octobre 2010 :

    Bonjour a tous,
    Il est rarement evoqué l’acces a la connectivité via la PS3.
    Cette console au dela du jeu propose de la vod, un acces à internet, une possibilité de lire ses photos en local ect.

    N’est ce pas la le premier pas du modele voir un modele paralelle à la Tv connectée?

    • [4.1] - Olivier Ezratty a répondu le 18 octobre 2010 :

      Oui, c’est un modèle connu. Canal+ a aussi annoncé l’extension de son offre de VOD au direct sur la XBOX 360.

      Mais cela reste des consoles de jeu utilisées principalement pour jouer.

      On peut imaginer d’une manière générale un avenir où l’appareil importe peu, pour autant qu’il ait suffisamment de puissance pour traiter le graphique en haute résolution. Donc, que ce soit une TV, une set-top-box, une console de jeu, du moment qu’elle permettent de faire tourner les logiciels qui accèdent aux services en ligne (contenus textes, vidéo streamées, etc), cela sera du pareil au même.

      Après se pose la distinction sur la capacité d’enregistrement locale, utile dans le contexte de l’exception de la copie privée. Une capacité qui se positionne en opposition au paiement à la séance.

  • [5] - Koegler a écrit le 22 octobre 2010 :

    Article interessant, pas de doutes, merci.

    En tant que francais, “micro fabricant” ;-) LCD-PC-TV un peu trop “la tete dans le guidon”, et depuis 3 ans a Taiwan, j’ai pas trop suivi la guerre des “boxs” et helas la limitation de la liberte consommateur grace aux portails “limitatifs” des FAI.

    Moi je preconise la solution PC-TV parfaitement capable de tout contenu internet, media server, internet TV/radio et surtout via bureau etendu, 2 ecrans, le principal = Full HD pour la video et le secondaire eventuellement plus petit et voire portable pour le web, recherche d’infos, chat et mails en parallele, avec possibilite de permutation temporaire si besoin se fait sentir, et si en plus mode portrait, le bonheur pour le surf ;-)

  • [7] - Laurent Blondeau (evidencesx) a écrit le 28 octobre 2010 :

    Mais qu’est devenue ce bon vieux poste de télévision ? Beaucoup s’entendent dire qu’il suffit juste d’ajouter un (des) écran(s) et de leur mettre un connecteur ADSL pour changer la valeur d’usage du poste…Nombre de stratégies avortées car trop en avance, pas adaptées ou adoptées d’ailleurs…J’ai l’impression que comme à l’habitude, la valeur doit se poster sur le plan du consommateur : qu’est-ce que la TV connectée va m’apporter de PLUS ou de MIEUX par rapport à l’offre d’écrans d’une part, et l’offre de contenus d’autre part. Sachant que les constructeurs, ne cherchent rien d’autre qu’à reconstituer leurs marges qu’elles ont perdu sur du simple appareillage électronique, dont la valeur baisse au moins autant que la loi Moore avance…Mais à quel prix et pour quels usages…Je vous conseille un petit papier que j’avais publié sur mon blog (GB) sur la réalité de la télé “sociale”…ici : http://evidencesx.wordpress.com/2010/04/06/social-tv-more-tv-or-more-social

    Merci et à bientôt.

  • [8] - NicolasTVE a écrit le 25 avril 2011 :

    Pour avoir suivi le marché et me passionnant pour l’avenir des télévisions connectées à partir de notre site http://www.la-television-connectee.fr , votre compte rendu explique bien le marché en 3 pages.




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