Le devenir des TV connectées

Publié le 7 octobre 2010 et mis à jour le 19 octobre 2010 - 15 commentaires -
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J’ai eu l’occasion d’animer le 30 sep­tembre 2010 un rare panel sur « La vision des indus­triels » sur les TV connec­tées avec les prin­ci­paux construc­teurs concer­nés : Sam­sung, Toshiba, LG Elec­tro­nics, Pana­so­nic et Sony, accom­pa­gnés de la société nan­taise Wiz­Tivi dont nous avons déjà parlé après le retour de l’IBC. Elle avait lieu lors d’une soi­rée “Le Club” orga­ni­sée par CB Web News, avec Gene­viève Petit aux com­mandes. Le même jour, CB News annon­çait qu’il était en redres­se­ment judi­ciaire, pré­lude au dépôt de bilan ou à une reprise par un tiers.

Un résumé des inter­ven­tions de cette table ronde et des deux qui sui­vaient concer­nant les conte­nus et les marques est aussi dis­po­nible ici. C’est ici l’occasion – habi­tuelle - de faire un petit point sur ce domaine en peine éclo­sion, après avoir cou­vert deux autres offres rela­tives à la télé­vi­sion numé­rique, Google TV et l’Apple TV, sans comp­ter les actua­li­tés de l’IBC d’Amsterdam de sep­tembre 2010.

A quoi servent les TV connectées ?

Les télé­vi­sions connec­tées deviennent pro­gres­si­ve­ment la norme dans les offres des construc­teurs. La connec­ti­vité (Inter­net) a ainsi ten­dance à deve­nir stan­dard sur les modèles haut de gamme et même moyenne gamme de nom­breux construc­teurs comme Sam­sung. La grande ques­tion est : pour quoi faire ?

Les appli­ca­tions de base intègrent pour l’instant :

  • L’accès à des por­tails des chaînes de TV ou d’opérateurs télé­com. Chez Sony, les TV connec­tées ont accès à M6 Replay pour de la télé­vi­sion de rat­tra­page. Chez Sam­sung, elles ont accès au por­tail Inter­net de TF1.  Chez LG Elec­tro­nics, on est asso­cié au por­tail d’Orange.
  • L’accès aux conte­nus du réseau domes­tique, via l’interface stan­dar­di­sée DLNA. Grâce à elle, la TV peut navi­guer dans les conte­nus vidéo et pho­tos par­ta­gés sur les PC, NAS et autres Media Cen­ters. Par ce biais comme par une simple clé USB, un grand nombre de conte­nus sont affi­chables sur la TV. En matière de vidéo, la pra­tique cou­rante est d’accéder à des conte­nus “pira­tés”. Le sup­port des for­mats DivX, XVid ou MKG sert rare­ment à autre chose !
  • L’accès à des des ser­vices tiers. Cela com­mence avec de la vidéo à la demande (VOD) et des sites de par­tage de vidéo Inter­net (You­Tube, Dai­ly­Mo­tion), à des sites de par­tage de pho­tos (Picasa, Fli­ckr). Cela s’étend ensuite à toutes sortes de ser­vices en lignes : météo, médias, et intègre égale­ment l’accès aux réseaux sociaux clas­siques, et aussi des jeux divers. La visio­con­fé­rence fait égale­ment par­tie du lot. L’interface uti­li­sa­teur intègre en géné­ral un “appli­ca­tion store” per­met­tant de sélec­tion­ner ses appli­ca­tions dans un cata­logue plus ou moins fourni. Il l’est plu­tôt moins à ce stade de matu­rité du marché.

On com­mence à dis­po­ser d’un peu de recul pour appré­hen­der l’usage que les télé­spec­ta­teurs équi­pés font de ces TV connec­tées, et notam­ment aux USA. L’accès aux conte­nus vidéos d’origine diverse semble pré­do­mi­nant, d’où le retour enthou­siaste dans les débats de la part d’Eric Cre­mer de Dai­ly­Mo­tion, dont le ser­vice est dis­po­nible depuis deux à trois ans chez Sony, Phi­lips et Sam­sung. Selon lui, les uti­li­sa­teurs sont main­te­nant habi­tués à uti­li­ser la télé­com­mande pour recher­cher des vidéos dans le ser­vice Dai­ly­Mo­tion. Et ils auraient déjà 500000 visi­teurs uniques men­suels sur TV connec­tées. L’usage semble cepen­dant plus modéré pour les ser­vices qui ne relèvent pas de la vidéo et de l’expérience télé­vi­suelle comme les annuaires ou réseaux sociaux.

L’offre des inter­ve­nants du panel

En termes de parts de mar­ché, les cinq construc­teurs pré­sents dans le panel CB News repré­sentent au moins les 2/3 du mar­ché fran­çais. Il fau­drait y ajou­ter Phi­lips pour par­faire le tour d’horizon. Même si je suis tou­jours un peu cir­cons­pect sur l’engagement réel et à long terme du néer­lan­dais dans le mar­ché de l’électronique de loi­sir. Tout porte à croire qu’ils s’en désen­gagent progressivement.

TV Market Share Worldwide Q2 2010

Donc, revue des acteurs de cette table ronde (sachant qu’il ne s’agit pas de cita­tions de leurs propos) :

Sam­sung, repré­senté par Roberto Mauro, en charge de la stra­té­gie de conver­gence en France, est le lea­der mon­dial des TV, notam­ment grâce aux fines LED TV sor­ties en 2009 et sur les­quels il a inves­tit énor­mé­ment en com­mu­ni­ca­tion publi­ci­taire. Il a géné­ra­lisé sa pla­te­forme Internet@TV dans la majeure par­tie de sa gamme de télé­vi­seurs. Ils avaient adopté les Yahoo Wid­gets en 2009, mais s’en sont depuis démar­qué. Ils ont main­te­nant plus de 250 appli­ca­tions dis­po­nibles aux USA, Mais seule­ment quelques dizaines en France, cer­taines ayant d’ailleurs été déve­lop­pées par le nan­tais Wiz­Tivi. Notons au pas­sage que Sam­sung est aussi construc­teur de set-top-boxes et qu’il four­nira la pro­chaine STB d’Orange, à base de pro­ces­seur Intel Atom Soda­ville. Dans la TV connec­tée, Sam­sung cherche à se démar­quer avec une approche cohé­rente entre tous les écrans (TV, PC, mobiles), au point d’avoir un “appli­ca­tion store” unifié.

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Toshiba repré­senté par son Direc­teur Mar­ke­ting France, Alain Ker­goat, se dis­tingue par sa solu­tion multi-écrans “Toshiba Places” déve­lop­pée en France et des­ti­née à deve­nir la solu­tion de Toshiba pour l’Europe. L’histoire est éton­nante et rare pour un groupe asia­tique. Mais comme ceux-ci sont un peu lar­gués par les logi­ciels et les conte­nus, les grandes filiales comme la France ont saisi l’opportunité d’accélérer le rythme et de mener des expé­riences. Toshiba Places est ainsi apparu en sep­tembre 2009 à l’état de pro­to­type. Il a été ensuite annoncé en sep­tembre 2010 et devrait être dis­po­nible entre octobre et novembre 2010 en France. Il s’agit avant tout d’un boi­tier d’origine Net­gem sur lequel tourne l’ensemble du midd­le­ware Net­gem com­plété d’une inter­face uti­li­sa­teur et d’applications créées par Wiz­Tivi (qui déve­loppe aussi la par­tie ser­veur de ces ser­vices en ligne). C’est une solu­tion “over the top” qui intègre la TV TNT ou câble et des conte­nus issus d’Internet. Et elle fonc­tionne sur toutes les TV. Les autres écrans sup­por­tés sont le PC, en mode web, et une tablette Toshiba tour­nant sous Android. Aussi curieux que cela puisse paraitre, il sem­ble­rait que Toshiba gagne des parts de mar­ché en France grâce à une acti­vité com­mer­ciale sou­te­nue. Il n’en va pas autant à l’échelle mondiale.

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LG Elec­tro­nics était repré­senté par Alexandre Four­mond, Direc­teur Mar­ke­ting France. Chez eux, la TV connec­tée s’appelle “Net­Cast”. Le construc­teur s’est dis­tin­gué par un par­te­na­riat avec Orange pour l’accès à ser­vices en ligne du por­tail de l’opérateur télé­com. Une manière de pro­po­ser un ser­vice tout en un sans trop d’efforts. Mais une posi­tion curieuse plu­tôt plus inté­res­sante pour Orange qui sécu­rise l’accès aux conte­nus de ses clients sur la TV connec­tée en plus de la set-top-box, plu­tôt que pour le construc­teur, qui se retrouve un peu en porte à faux au regard jus­te­ment de la set-top-box d’Orange. Bon, par ailleurs, LG pro­pose dans Net­Cast l’accès aux ser­vices clas­siques tels que You­Tube, Picasa, la météo, etc. Au CES 2010, ils mon­traient aussi l’usage de leur TV connec­tée pour la visio-conférence, avec l’incontournable Skype. Et à l’IFA, ce qu’ils appellent main­te­nant la “Smart TV” a vu son inter­face uti­li­sa­teur évoluer, et l’intégration d’une télé­com­mande gyroscopique.

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Pana­so­nic repré­senté par Chris­tophe Decloux, a sur­tout insisté sur ses tech­no­lo­gies 3D-relief. Comme Sony, le japo­nais mai­trise toute la chaine de pro­duc­tion de la vidéo et du cinéma. Ava­tar a notam­ment été tourné avec des camé­ras vidéo 2K de Pana­so­nic. Il sem­ble­rait qu’un Blu-ray 3D d’Avatar existe mais ne soit dis­po­nible qu’avec les maté­riels de Pana­so­nic. Une exclu­si­vité que l’on ima­gine tem­po­raire. Vie­ra­Cast est leur solu­tion de TV connec­tée avec une foca­li­sa­tion sur les conte­nus et le diver­tis­se­ment en ligne : You­Tube, Euro­sport, Picasa, la vidéo à la demande, Dai­ly­Mo­tion, Twit­ter. Ils avaient aussi mon­tré au CES 2010 l’usage de la visio­con­fé­rence avec Skype, comme LG. A l’IFA 2010 en sep­tembre der­nier, ils mariaient la TV connec­tée et la 3D. Leur inter­face uti­li­sa­teur ne semble pas encore être en 3D, mais Vie­ra­Cast per­met d’accéder à des conte­nus en 3D pro­ve­nant d’Internet. Il y aurait peu de TV connec­tées Pana­so­nic en France : envi­ron 80K. Le japo­nais n’est pas très pré­sent chez nous alors qu’il l’est plus en Alle­magne. Il conti­nue d’améliorer la tech­no­lo­gie Plasma contre vents et marées, tan­dis que le LCD et notam­ment le LED LCD s’est imposé, notam­ment via Samsung.

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Sony était repré­senté par Sté­phane Cur­te­lin, Direc­teur Mar­ke­ting TV (et loi­sirs pour le salon, hors jeux). Le construc­teur a une anté­rio­rité dans la TV connec­tée, avec notam­ment un par­te­na­riat avec M6 Replay, la télé de rat­tra­page de la chaine. Ils sont par ailleurs de véri­tables “Game chan­gers” en ayant annoncé l’adoption de Google TV en mai 2010, qui devrait mener aux pre­mières TV connec­tées sous l’OS de Google avant Noël aux USA et en 2011 en Europe. Le ration­nel du choix de Google TV ? Pour Sté­phane Cur­te­lin, c’est parce que la pla­te­forme est ouverte et modu­laire. Ses col­lègues (hors table-ronde) trou­vaient qu’au contraire, le choix de Google était du genre “tout ou rien”, rap­pe­lant en cela l’attitude d’Apple face aux opé­ra­teurs télé­coms (pas de per­son­na­li­sa­tion des iPhones…). Signa­lons que Sony se dis­tingue des autres construc­teurs en étant aussi un groupe média (avec Colum­bia et Sony Music). D’où ce ser­vice de vidéo et de musique à la demande Qrio­city lancé aux USA au prin­temps 2010 et qui devrait arri­ver avant la fin de l’année en France. Une approche très inté­grée à la Apple !

Sony-Qriocity

Wiz­tivi avec Eric Bibol­let, son direc­teur des opé­ra­tions. C’est une société spé­cia­li­sée dans le déve­lop­pe­ment de solu­tions logi­cielles powiztivi logour les set-top-boxes et télé­vi­sions connec­tées qui tra­vaille pour un grand nombre de construc­teurs tels que Sam­sung, Toshiba et autres. Il a notam­ment déve­loppé de nom­breux wid­gets pour les TV connec­tées, en par­ti­cu­lier pour Sam­sung, et par exemple ceux de Dai­ly­Mo­tion (pour ce der­nier) ou l’INA et l’Equipe (pour Toshiba Places). Ils déve­loppent une pla­te­forme en mode “web”, à savoir que les appli­ca­tions sont construites en HTML avec du JavaS­cript, plus des biblio­thèques gra­phiques du dépendent de la pla­te­forme sous-jacente. La crois­sance de Wiz­tivi est à l’image de la dyna­mique de ce mar­ché : la PME nan­taise est pas­sée de 10 à 70 per­sonnes en moins de deux ans. Ils sont très sol­li­ci­tés par les chaines comme par les opé­ra­teurs qui sou­haitent adap­ter leurs offres à tous ces nou­veaux écrans.

Elé­ments de débat

Le mar­ché de la TV est en plein bou­le­ver­se­ment. C’est un mael­strom qui va durer quelques années. Il y aura des gagnants et des per­dants dans l’histoire. Et le consom­ma­teur sera nor­ma­le­ment du côté des gagnants. Cette remise en cause du mar­ché amène plu­sieurs débats dont cer­tains ont été rapi­de­ment sur­vo­lés pen­dant les tables rondes de CBNews : la struc­ture du mar­ché, l’usage réel des TV connec­tées, l’éducation du mar­ché, les spé­ci­fi­ci­tés du mar­ché fran­çais, l’évolution du modèle écono­miques des chaînes, tout comme l’impact socié­tal de la TV connec­tée. Allons-y…

La TV connec­tée s’oriente-t-elle vers un mar­ché hori­zon­tal ou ver­ti­cal pour les conte­nus ? Les chaines pri­vi­lé­gient évidem­ment la ver­ti­ca­li­sa­tion tan­dis que les opé­ra­teurs télé­com ont inté­rêt à une cer­taine hori­zon­ta­li­sa­tion. Les construc­teurs de TV semblent faire dans un pre­mier temps le jeu des chaines comme en témoignent ces par­te­na­riats bila­té­raux entre construc­teurs et les por­tails des chaînes. Vu de loin, cela pour­rait être assez per­tur­bant pour le consom­ma­teur qui aurait l’impression d’acquérir une TV trop liée à une chaine don­née. Dans les faits, il n’en est rien. Tout d’abord, il s’agit de por­tails Inter­net et pas d’accès aux chaines de TV. De plus, cet accès n’est pas exclu­sif. Il est assez facile d’ajouter l’accès aux por­tails d’autres chaines TV dans toutes les TV connec­tées. Roberto Mauro de Sam­sung indi­quait clai­re­ment que le par­te­na­riat avec TF1 était tac­tique, qu’il rele­vait d’un posi­tion­ne­ment de départ, mais pas d’une fin en soi. Cela ras­sure. Der­rière ces par­te­na­riats se pose tout de même la ques­tion du mode d’accès à la TV de rat­tra­page. Les chaines sou­haitent l’isoler dans leurs por­tails web, acces­sible à par­tir de leur chaine TV, notam­ment par le biais de l’obscur stan­dard HbbTV dont on va entendre de plus en plus par­ler. Vu du télé­spec­ta­teur, cet accès en silos “ver­ti­caux” n’est pas for­cé­ment des plus élégant. Le cas de Canal+ est exem­plaire dans le double silo ver­ti­cal : non seule­ment, il faut pas­ser par leurs appli­ca­tions et sites web pour accé­der à leurs conte­nus hors de la TV, mais il y a une appli­ca­tion dif­fé­rente pour le direct, la télé­vi­sion de rat­tra­page et la vidéo à la demande ! S’il en avait réel­le­ment le choix, le consom­ma­teur pour­rait pré­fé­rer un accès géné­rique avec la même inter­face uti­li­sa­teur pour toutes les chaines (dit “hori­zon­ta­lisé”). Et puis le grand hori­zon­ta­li­sa­teur pour­rait être Google TV pour créer avec Intel un “Goo­glin­tel” de la TV par oppo­si­tion au couple “Win­tel” qui règne tou­jours dans le monde des PC ! Pour Sony, le choix de Google TV relève de celui d’une pla­te­forme ouverte. A l’envers, Google TV est trop fermé pour ses concur­rents pour qui Google est un “modèle tout en un”. Et oui, on veut bien hori­zon­ta­li­ser les autres (les conte­nus) mais on sou­haite aussi éviter d’être hori­zon­ta­lisé soi-même par un autre (la TV deve­nant une com­mo­dité avec le point com­mun Google TV).

L’enjeu de la mai­trise de la télé­com­mande était pré­senté comme cri­tique par les construc­teurs dans la table ronde. On a besoin de la télé­com­mande de la TV pour allu­mer l’écran, ce qui l’avantage. Mais c’est un rai­son­ne­ment qui part du résul­tat, pas des causes. La télé­com­mande de la TV sera la télé­com­mande prin­ci­pale si la TV connec­tée est la solu­tion la plus com­plète et/ou la plus ergo­no­mique pour accé­der aux conte­nus. Sinon, cela res­tera celle de la set-top-box.

La TV sert sur­tout à regar­der des conte­nus vidéos, donc la ques­tion clé des TV connec­tées est de savoir com­ment elles amé­liorent l’expérience télé­vi­suelle et ne se contentent pas d’ajouter des ser­vices “over the top” Inter­net sur la TV qui n’ont pas de grand rap­port avec la consom­ma­tion de conte­nus vidéo ? La ten­ta­tion était grande au départ d’ajouter des wid­gets per­met­tant d’accéder à des ser­vices pra­tiques ou des réseaux sociaux qui ne sont pas liés à la vidéo. C’est peut-être une voie de garage ! Com­ment amé­lio­rer les guides de pro­grammes ? Com­ment inté­grer des fonc­tions de recom­man­da­tion ? Quel est le rôle des tablettes de ce point de vue là ?

Quels inves­tis­se­ments mar­ke­ting vont être consen­tis par les construc­teurs pour faire connaitre ces fonc­tion­na­li­tés de TV connec­tée aux clients poten­tiels ? La ques­tion de la pré­pa­ra­tion de la dis­tri­bu­tion de détail à la TV Connec­tée est clé. Com­ment com­pa­rer deux TV de ce point de vue là ? Com­ment valo­ri­ser d’un coup d’œil ces fonc­tion­na­li­tés ? Quelle infra­struc­ture est néces­saire dans les maga­sins (accès Inter­net sur un grand nombre d’appareils) ? Com­ment for­mer les ven­deurs ? La mise en place de tout cela pren­dra du temps.

Com­ment les TV connec­tées vont-elles s’imposer dans le mar­ché fran­çais ? Il me semble que ce soit le mar­ché le plus dif­fi­cile pour les TV connec­tées à cause de la concur­rence des opé­ra­teurs télé­coms et de leur set-top-box auto­ma­ti­que­ment inté­grée dans les abon­ne­ments triple-play. Dif­fi­cile d’y échap­per sauf peut-être en s’abonnant à la fibre via les socié­tés d’économie mixte en région. C’est le même pro­blème qui se pose à Apple sachant qu’en plus ce der­nier n’offre pas l’accès aux chaines en direct et léger dif­féré. La donne va de plus évoluer car les opé­ra­teurs télé­coms four­bissent leurs armes et pré­pa­rant leur nou­velle géné­ra­tion de set-top-boxes : fin d’année pour SFR, pas loin pour Free, et en 2011 pour Orange, sans comp­ter Canal+ qui doit mettre à jour son Cube, une set-top-box hybride satel­lite + Inter­net. Les opé­ra­teurs télé­coms ont aussi la capa­cité à gérer un ser­vice de bout en bout, avec la qua­lité qui va avec. Ils savent mettre à jour les logi­ciels des set-top-boxes à dis­tance pour gérer leur parc, alors que les construc­teurs n’ont pas de parc à pro­pre­ment par­ler ni de revenu récur­rent avec leurs clients. De plus, deux de ces opé­ra­teurs ont choisi le pro­ces­seur Intel Atom Soda­ville pour leurs boi­tiers, ce qui apporte une sou­plesse et une capa­cité de trai­te­ment que les TV n’auront pas avant quelque temps (sauf chez Sony). Il sera très inté­res­sant de com­pa­rer dans six mois les ser­vices et conte­nus acces­sibles sur ces set-top-boxes de nou­velle géné­ra­tion et les TV connec­tées mil­lé­sime 2011. Il est inté­res­sant de consta­ter qu’un opé­ra­teur comme Orange cherche à se pré­mu­nir contre l’adversité avec son por­tail Orange inté­gré dans les TV connec­tées LG Elec­tro­nics, et que l’on trou­vera sans doutes rapi­de­ment dans les TV connec­tées des autres marques. Enfin, l’autre élément à prendre en consi­dé­ra­tion sur le mar­ché fran­çais est l’aspect légis­la­tif et régle­men­taire. Par exemple, la copie pri­vée a ten­dance à pri­vi­lé­gier le sto­ckage local des conte­nus or les TV connec­tée n’ont pas cette capa­cité. Pour l’instant.

Quel est l’impact des TV connec­tées sur le modèle écono­mique des chaînes et sur le mar­ché de la publi­cité à la télé­vi­sion ? Dans le pro­lon­ge­ment de la TNT, les TV connec­tées vont pro­ba­ble­ment contri­buer à frag­men­ter l’audience. Cela fra­gi­li­sera les grandes chaines tan­dis que de nou­velles chaines appa­rai­tront, plus spé­cia­li­sées. Les chaines vont devoir pour­suivre cette course à l’échalote du sup­port des divers écrans de la mai­son, après le web, les mobiles, les tablettes. Avec un cout non négli­geable du fait que le mar­ché des TV connec­tées res­tera tech­no­lo­gi­que­ment frag­menté encore quelques temps, un peu comme celui des smart­phones. Comme l’attention du télé­spec­ta­teur risque de se mou­voir vers des conte­nus ou for­mats alter­na­tifs, la mesure de l’audience des chaines va se com­pli­quer. Mais la voie retour de l’Internet per­met­tra des mesures directes que le broad­cast à sens unique ne per­met­tait pas, d’où les panels réa­li­sés avec des boi­tiers spé­cia­li­sés de mesure à la Média­mé­trie. Avec les TV connec­tées, plus besoin de boi­tiers ! C’est tout un mar­ché qui va se renou­ve­ler pour mesure l’audience et évaluer la valeur publi­ci­taire des chaines. Avec ou sans Google, la publi­cité à la télé­vi­sion pourra être très rapi­de­ment com­mer­cia­li­sée selon des méthodes que l’on pra­tique dans l’Internet : à la publi­cité vue réel­le­ment, voire à l’action asso­ciée si la publi­cité devient cli­quable, ce qui ne sau­rait tar­der. Les régies clas­sique dis­pa­rai­tront ou devront inté­grer les méthodes du web.

Der­nier point et non des moindres, l’impact socié­tal des TV connec­tées. Les nom­breux ser­vices qu’on y trouve vont tirer l’écran de TV vers le rôle de “per­so­nal TV” à l’instar du “per­so­nal com­pu­ter”. Est-ce que cela sera suf­fi­sant pour faire reve­nir les ado­les­cents devant la TV, au détri­ment de l’ordinateur per­son­nel dans la chambre ? Est-ce que cela ne va pas deve­nir gênant pour regar­der la TV à plu­sieurs ? Est-ce que la TV connec­tée sera uti­li­sable par la mythique grand-mère (pour regar­der les pho­tos des petits enfants publiées par la famille sur Fli­ckr ou Picasa) ? Est-ce que la non moins mythique ména­gère de moins de 50 ans va s’y mettre ? Peut-on repas­ser tout en pas­sant son temps avec la télé­com­mande dans les mains en per­ma­nence ? Est-ce que l’on ne limi­tera pas la per­son­na­li­sa­tion à outrance en sépa­rant ce qui est per­son­nel, inté­gré dans le smart­phone ou la tablette, de ce qui est com­mun, dans la TV ?

Bref, on n’a pas fini d’épuiser le sujet !

Publié le 7 octobre 2010 et mis à jour le 19 octobre 2010 Post de | Apple, Digital media, Google, Haut débit, Marketing, TV et vidéo | 15564 lectures

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Les 15 commentaires et tweets sur “Le devenir des TV connectées” :

  • [1] - jerome a écrit le 7 octobre 2010 :

    Merci pour cette très bonne ana­lyse de l’état des TV connec­tées; outre l’accès aux por­tails, conte­nus et ser­vices tiers, peut être allons nous voir égale­ment voir arri­ver de véri­tables Appli­vi­sions, appli­ca­tions conçues uni­que­ment pour la TV et mêlant pas­si­vité et per­so­na­li­sa­tion ? Notam­ment sur les équi­pe­ments dotés de capa­ci­tés de trai­te­ment impor­tantes, comme les nou­velles set-top box et autres Google TV / Apple TV.

  • [2] - y!onel a écrit le 8 octobre 2010 :

    Bon tour d’horizon, je me per­mets de rajou­ter 2 points non évoqués:
    dif­fé­rences d’approche entre la Google TV et l’apple TV: j’avais lu un bon article (sur RWW je crois) qui évoquait les dif­fé­rence d’approches : alors que le boi­tier Apple n’entend pas se pla­cer en rem­pla­ce­ment du boi­tier ADSL, juste en sor­tie de prise ADSL (posi­tion dure à acqué­rir, car défen­due par les opé­ra­teurs), c’est l’ambition du boi­tier Google. Il y a donc là une dif­fé­rence fon­da­men­tale entre les 2.

    Le boi­tier apple : je ne peux m’empecher de pen­ser que ce boi­tier va deve­nir une console de jeu et que le domaine du jeu, qui a per­mis à l’iPhone de s’imposer (80% des apps télé­char­gées sont des jeux), va être cru­cial pour celui qui veut tro­ner dans le salon.
    L’apple TV est sous iOS (donc un cata­logue de jeu impres­sion­nant déjà, et avec des jeux pas chers), a une sor­tie HDMI, et d’après le décor­ti­cage HW , 8 Go de flash. Rajou­tez des control­lers (iPhone/iPod , ou manettes clas­siques) et vous avez une jolie petite console de salon à 119€.

    La stra­té­gie d’apple pour impo­ser l’iPhone a été en 2 temps : d’abord un ter­mi­nal clas­sique, les opé­ra­teurs font ren­trer le che­val de troie chez eux, puis d’un coup il se trans­forme en machine à vendre des applis: résul­tat , rien pour les opé­ra­teurs sur ce seg­ment là.
    La stra­té­gie pour impo­ser l’apple TV pour impo­ser l’apple TV peut s’en ins­pi­rer : d’abord on demande aux four­nis­seurs de conte­nus de par­ti­ci­per un peu pour impo­ser ce boi­tier dans les salons, puis une fois qu’il y a est , il devient une console de jeux sur lequel Apple se fait son chiffre.

    Je m’étonne qu’à moi­tié que Sony qui n’a pas vu venir la conver­gence entre tel por­table et console por­table ne voit pas venir la conver­gence entre boi­tier TV et console de salon.…

    • [2.1] - Olivier Ezratty a répondu le 8 octobre 2010 :

      Pour­quoi pas. Cela fait pas mal de temps que se joue la bataille entre consoles de jeux dédiées et machines plus géné­ra­listes (PC, smar­phones). Pour l’instant, ce sont les consoles qui gagnent, en tout cas pour ce qui est de Nin­tendo DS. Cf http://kotaku.com/5287694/iphone-install-base-vs-console-install-bases.

      Pour ce qui est de la stra­té­gie d’Apple, je constate que trop sou­vent pour eux comme pour d’autres, on ne prête qu’aux riches et on ima­gine des stra­té­gies qui n’en sont pas. L’app store d’Apple et sur­tout le SDK asso­cié pour l’iPhone ne sont pas sor­tis en même temps que l’iPhone en 2007… parce qu’ils n’étaient pas prêts ! Aussi simple que cela.

      L’Apple TV cor­res­pond à un monde où l’on loue tous les conte­nus, essen­tiel­le­ment en VOD, et où les chaines broad­cast n’existent pas, ne sont pas vues en direct ni en en catch-up. Ce n’est pas le monde actuel. C’est pour cela que le pro­duit ne peut pas réus­sir à grande échelle. Le jour où ils arri­ve­ront à dea­ler avec les chaines TV locales, à ajou­ter du strea­ming live HD des chaines direc­te­ment acces­sible dans leur logi­ciel, avec un guide de pro­gramme et tout le tra­lala, avec en prime du “net­work PVR” pour pou­voir récu­pé­rer ses émis­sions en dif­féré (puisque le device n’a pas de sto­ckage), alors on pourra en reparler.

      Autre petit point sur Apple TV : autant l’iPhone a créé un saut quan­tique par rap­port aux smart­phones de l’époque (2007), autant l’interface uti­li­sa­teur de l’Apple TV n’est pas du tout révo­lu­tion­naire. On trouve la même chose, à peu de choses près, dans les nou­velles TV connec­tées ainsi que dans les set-top-boxes les plus récentes… ou dans celles qui vont bien­tôt arri­ver. La dif­fé­ren­tia­tion n’est donc pas évidente pour l’Apple TV côté ergo­no­mie. Et pour l’instant, les conte­nus acces­sible ne couvrent pas suf­fi­sam­ment bien toute la chaine des médias vidéos, du broad­cast live à l’UGC.

      • [2.1.1] - y!onel a répondu le 11 octobre 2010 :

        Pour ce qui est de gagner contre la DS: je pense que l’objectif de apple n’a jamais été de gagner la masse, mais de prendre la part de mar­ché qui a le plus de valeur, c’est ce qui s’est passé sur les smart­phones.
        Pour le SDK: on ne peut pas savoir s’il était prêt ou pas a la sor­tie de l’iPhone mais disons qu’il a sur­tout consisté à rendre publiques des APIs qui étaient déjà là : une grosse par­tie des APIs sont quasi iden­tiques à celles sur MacOSX et celles là existent et sont docu­men­tées depuis un bail.
        Je suis d’accord avec toi/vous sur l’environnement de la loca­tion de films qui n’est pas pro­pice à l’arrivée d’une apple TV mais un élement qui peut inver­ser la vapeur est jus­te­ment d’utiliser ce péri­phé­rique dans un domaine où l’on est fort (le jeu “pas cher” où excelle iOS)

        L’interface de l’apple TV : pas révo­lu­tion­naire ? l’ipad et l’iPhone sont les télé­com­mandes haut de gamme de l’apple TV. quand on voit l’approche de google et la pre­mière télé­com­mande de Sony, on com­prend vers où l’utilisateur pré­fè­rera aller :
        http://www.wired.com/gadgetlab/2010/10/sony-google-tv-remote-leaked-designed-in-1980/
        En effet la télé­com­mande est *L’* élement à ne sur­tout pas lou­per dans ce sys­tème. Apple prêche pour sa paroisse en uti­li­sant l’iphone et l’ipad, je ne pense pas qu’on puisse fait mieux en l’état (en plus que du coup, ce n’est pas QUE une télécommande).

        Autre argu­ment qui fait pen­cher le fait que l’apple TV ne sera pas que un péri­phé­rique pour lire des films: Steve Jobs a tjrs honi les péri­phé­riques dédiées (l’ipad n’est pas qu’une liseuse) et j’imagine mal l’apple ‘TV’ can­ton­née à un role (loca­tion de films).
        Un article du jour qui penche aussi dans ce sens:
        http://www.macgeneration.com/unes/voir/128491/l-apple-tv-console-masquee

        Je ne sais pas si la stra­té­gie d’apple mar­chera pour l’apple TV mais je pense que si ils lui ajoutent ce role de console (avec des iPhone comme control­lers), ils jouent sur un ter­rain où peu pour­ront aller.… et quand on vise le haut de gamme, c’est là qu’il faut être.
        Et comme tu le dis, la stra­té­gie n’est peut être pas encore établie, mais disons, que vu les choix tech­niques de base, cela sera affiné avec le suc­cès (ou pas) de l’apple TV en l’état : on va voir les cartes se jouer au fur et à mesure et elles semblent être nom­breuses vu le périphérique.

        • [2.1.1.1] - Olivier Ezratty a répondu le 11 octobre 2010 :

          Cela se tient, même si ce n’est pas une stra­té­gie expli­cite d’Apple, qui conti­nue un peu à se cher­cher dans ce domaine de la TV.

          En tout cas, 100% d’accord : à coût hard­ware et ser­vices voi­sins, les pla­te­formes géné­ra­listes l’emportent très sou­vent sur les pla­te­formes spécialisées.

      • [2.1.2] - olivier carmona a répondu le 29 octobre 2010 :

        Oli­vier,

        Tu sous-estimes Apple. La solu­tion Apple TV est clai­re­ment une solu­tion inter­mé­diaire pour faire patien­ter le mar­ché US avant qu’il réus­sisse à ajou­ter les canaux man­quants. Ils ont signé ABC, Fox, et Dis­ney, il manque NBC & CBS.Nul besoin de signer toutes les chaines locales, les cinq grands suf­fisent pour le mar­ché US.

        Steve Jobs attends ce moment pour faire bas­cu­ler le modèle écono­mique d’Apple : au lieu de faire de l’argent sur la vente d’appareils seule­ment, ce sera faire de l’argent sur la dif­fu­sion de conte­nus dans un eco­sys­teme cap­tif. Libre à lui, alors de sub­si­der des appa­reils. Cela trans­pa­rait clai­re­ment dans son inter­view récente : le modèle écono­mique pour la dif­fu­sion de conte­nus vidéo est imma­ture, Apple sou­haite chan­ger de modèle écono­mique en sus­bi­dant les appa­reils pour se rénu­mé­rer sur la vente de vidéo.

        L’objectif d’Apple, ici, comme dans la télé­pho­nie, est de rem­pla­cer les opé­ra­teurs (PayTV).

        L’alternative à cette vam­pi­ri­sa­tion des conte­nus par un seul écosys­tème est l’entente aux US comme en Europe des cablo-opérateurs, mais aussi des opé­ra­teurs de télé­pho­nie, ou des pay TV sate­li­taires autour de DLNA, un stan­dard regrou­pant déjà les fabri­cants d’éléctronique grand public. Cette ini­tia­tive (All­Vid) vise à rendre l’ensemble des appa­reils grands publics capables de ser­vir les conte­nus pre­mium. Tour­nant autour de DLNA, l’initiative annon­cée au CES 2010 appa­rai­tra déjà au CES 2011.

        AwoX est l’un des por­teurs de cette ini­tia­tive, mais est aussi un inté­gra­teur de ser­vice pre­mium pour télé­vi­sion connec­tée pour des acteurs comme TCL / Thom­son, et leur gamme MyWi­shTV. D’autres marques seront annon­cées au CES 2011.

        • [2.1.2.1] - Olivier Ezratty a répondu le 29 octobre 2010 :

          Le scé­na­rio que tu décris concerne la VOD, voire éven­tuel­le­ment la catch-up. Mais il reste le “live” à cou­vrir. Ce n’est pas infai­sable, mais c’est une nou­velle offre impor­tante à cou­vrir pour pré­tendre rem­pla­cer les offres des opé­ra­teurs du cable, du satel­lite et de l’IPTV. Et là, il faut des res­sources consé­quentes, de la qua­lité de ser­vice, du strea­ming multi-cast, des accords avec les chaînes locales, etc. Les chaînes résis­te­ront, autant face à Google que face à Apple. Reste à savoir com­bien de temps. En fait, l’évolution du mar­ché dépend de la capa­cité de résis­tance des acteurs établis.

          DLNA est une évolu­tion inté­res­sante. Mais est-ce que cela couvre la stan­dar­di­sa­tion de l’accès à des conte­nus broadcastés ?

          • [2.1.2.1.1] - Olivier Carmona a répondu le 29 octobre 2010 :

            Tout d’abord, le broad­cast des conte­nus sur IP n’est plus ce fan­tôme d’il y a dix ans, il est une menace réelle pour tous les dif­fu­seurs, cette menace qui éteint la radio numé­rique ter­restre. Dans la phase inter­mé­diaire des cinq ans à venir, nous serons dans une approche hybride (broadcast/IP), mais ce sera ame­ner à changer.

            Par ailleurs, il y a une trans­for­ma­tion dans l’usage des médias. Les 20-25 ans regardent en majo­rité sur leurs ordi­na­teurs les conte­nus qui les inté­ressent au moment qu’ils sou­haitent. Ce n’est plus la télé­vi­sion de rat­tra­page mais la dé-sérialisation, et cette offre si elle arrive sur une télé Apple, elle per­met­tra à une grande par­tie de la popu­la­tion sou­hai­tant stop­per leur abon­ne­ment au câble (en moyenne $100/mois), et ce même si Apple mets la barre à $40/mois.

  • [3] - Zorglub a écrit le 9 octobre 2010 :

    Merci pour cette ana­lyse, tou­jours aussi riche et claire.
    Com­plè­te­ment d’accord sur l’orientation TV/vidéo de la TV: les nom­breuses ten­ta­tives pour “mettre” le PC et/ou Inter­net dans la TV on toutes échouées.
    Et avec les smart­phones, et à for­tiori les tablettes, la TV et ses STP n’ont vrai­ment aucune chance.…
    D’ailleurs,même pour les don­nées péri-TV et Video, je trouve beau­coup plus effi­cace d’utiliser mon iPad que de devoir jon­gler avec les télé­com­mandes : que ce soit pour consul­ter un guide des pro­grammes, une base de don­née type IMDB, … Outre l’ergonomie bien meilleure et la richesse de l’info, c’est beau­coup moins intru­sif pour ceux qui regardent la TV avec moi.
    Reste le fond de com­merce, ce qui jus­ti­fie vrai­ment la TV: les films et les pro­grammes des chaînes. Mais ce n’est pas l’outil d’accès qui amé­lio­rera leur rap­port qualité/prix.
    Sur­tout avec des stu­dios qui campent sur des tarifs exces­sifs: Pour l’instant, je paie moins cher en visi­tant mon vidéo-club que par la VOD (mais je suis peut être pri­vi­lé­gie en la matière…)

  • [4] - warzoumba a écrit le 18 octobre 2010 :

    Bon­jour a tous,
    Il est rare­ment evo­qué l’acces a la connec­ti­vité via la PS3.
    Cette console au dela du jeu pro­pose de la vod, un acces à inter­net, une pos­si­bi­lité de lire ses pho­tos en local ect.

    N’est ce pas la le pre­mier pas du modele voir un modele para­lelle à la Tv connectée?

    • [4.1] - Olivier Ezratty a répondu le 18 octobre 2010 :

      Oui, c’est un modèle connu. Canal+ a aussi annoncé l’extension de son offre de VOD au direct sur la XBOX 360.

      Mais cela reste des consoles de jeu uti­li­sées prin­ci­pa­le­ment pour jouer.

      On peut ima­gi­ner d’une manière géné­rale un ave­nir où l’appareil importe peu, pour autant qu’il ait suf­fi­sam­ment de puis­sance pour trai­ter le gra­phique en haute réso­lu­tion. Donc, que ce soit une TV, une set-top-box, une console de jeu, du moment qu’elle per­mettent de faire tour­ner les logi­ciels qui accèdent aux ser­vices en ligne (conte­nus textes, vidéo strea­mées, etc), cela sera du pareil au même.

      Après se pose la dis­tinc­tion sur la capa­cité d’enregistrement locale, utile dans le contexte de l’exception de la copie pri­vée. Une capa­cité qui se posi­tionne en oppo­si­tion au paie­ment à la séance.

  • [5] - Koegler a écrit le 22 octobre 2010 :

    Article inter­es­sant, pas de doutes, merci.

    En tant que fran­cais, “micro fabri­cant” ;-) LCD-PC-TV un peu trop “la tete dans le gui­don”, et depuis 3 ans a Tai­wan, j’ai pas trop suivi la guerre des “boxs” et helas la limi­ta­tion de la liberte consom­ma­teur grace aux por­tails “limi­ta­tifs” des FAI.

    Moi je pre­co­nise la solu­tion PC-TV par­fai­te­ment capable de tout contenu inter­net, media ser­ver, inter­net TV/radio et sur­tout via bureau etendu, 2 ecrans, le prin­ci­pal = Full HD pour la video et le secon­daire even­tuel­le­ment plus petit et voire por­table pour le web, recherche d’infos, chat et mails en paral­lele, avec pos­si­bi­lite de per­mu­ta­tion tem­po­raire si besoin se fait sen­tir, et si en plus mode por­trait, le bon­heur pour le surf ;-)

  • [7] - Laurent Blondeau (evidencesx) a écrit le 28 octobre 2010 :

    Mais qu’est deve­nue ce bon vieux poste de télé­vi­sion ? Beau­coup s’entendent dire qu’il suf­fit juste d’ajouter un (des) écran(s) et de leur mettre un connec­teur ADSL pour chan­ger la valeur d’usage du poste…Nombre de stra­té­gies avor­tées car trop en avance, pas adap­tées ou adop­tées d’ailleurs…J’ai l’impression que comme à l’habitude, la valeur doit se pos­ter sur le plan du consom­ma­teur : qu’est-ce que la TV connec­tée va m’apporter de PLUS ou de MIEUX par rap­port à l’offre d’écrans d’une part, et l’offre de conte­nus d’autre part. Sachant que les construc­teurs, ne cherchent rien d’autre qu’à recons­ti­tuer leurs marges qu’elles ont perdu sur du simple appa­reillage élec­tro­nique, dont la valeur baisse au moins autant que la loi Moore avance…Mais à quel prix et pour quels usages…Je vous conseille un petit papier que j’avais publié sur mon blog (GB) sur la réa­lité de la télé “sociale”…ici : http://evidencesx.wordpress.com/2010/04/06/social-tv-more-tv-or-more-social

    Merci et à bientôt.

  • [8] - NicolasTVE a écrit le 25 avril 2011 :

    Pour avoir suivi le mar­ché et me pas­sion­nant pour l’avenir des télé­vi­sions connec­tées à par­tir de notre site http://www.la-television-connectee.fr , votre compte rendu explique bien le mar­ché en 3 pages.




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