Grandeur et décadence des foires aux startups – 1

Publié le 23 septembre 2008 et mis à jour le 8 novembre 2008 - 9 commentaires -
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La semaine dernière avaient lieu aux USA deux événements majeurs et concurrents où des startups triées sur le volet présentaient leurs projets devant des investisseurs potentiels et les médias : TC50

Les deux événements se distinguaient en effet sur un certain nombre de points. A commencer par le format des présentations. Des pitches de six minutes rapides, bien rythmés et avec démonstration pour DemoFall. Et des présentations sont plus longues (7mn) qui donnaient ensuite lieu à une discussion avec des panelistes pour certains prestigieux (Mark Cuban, Steve Case, etc) pour TechCrunch 50. Les présentateurs y semblaient moins efficaces en général sachant qu’en plus la mise en scène et les transitions entre intervenants semblaient mal goupillées. Les pitches de startups étaient le plat de résistance de ces événements, agrémenté de conférences et tables rondes.

Sinon, toutes les présentations sont disponibles en vidéo sur les sites de Startups financées TechCrunch et DemoFall 2008

  • Quand on observe les montants levés, sachant qu’il s’agit des montants levés avant ces conférences, on constate que les levées de fonds chez des VCs des startups de DemoFall étaient bien plus imposantes. Un signe qu’il s’agissait de projets plus sérieux ?

Montants levés

  • Pour ce qui est de l’origine des startups, 22,2% des startups étaient d’origine étrangère chez DemoFall, pour 21,2% au TechCrunch 50. Donc, ex-aequo. Les deux premiers pays représentés au total étaient Israël (4 startups) et le Japon (3 startups, ce qui est plutôt une nouveauté). Nous avons aussi quelques pays pas toujours faciles à identifier qui se cachent derrière des startups américaines, avec une boite aux lettres aux USA. Un procédé “à minima” indispensable pour y trouver des investisseurs. J’ai aussi constaté qu’il y avait pas mal de startups du secteur de la publicité originaire de la Mecque du secteur : New-York. Dans le lot, très peu de français : un sur DemoFall (Momindum), un sur TechCrunch 50 (Fotonauts de Jean-Marie Hulot) et deux dans le DemoPit de TechCrunch (myBoo et CardsOff). Il y avait cependant deux startups américaines dirigées par un français (Pascal Stoltz pour Alerts.com et Michel Prompt pour Radiant Logic, tous les deux sur DemoFall). La seule différence entre les deux événements provient de l’origine au sein des USA : il y avait 29,2% de startups issues de la Silicon Valley dans DemoFall et 44,2% au TechCrunch 50. Ce qui valide en partie – tout du moins en apparences – le point de Drama 2.0 sur la connotation “réseau” de l’organisation du TechCrunch 50. C’est vrai que la Silicon Valley est un petit monde !
  • Du côté des domaines d’activité: TC50 est plus orienté réseaux sociaux, outils de développement et jeux, et DemoFall plus diversifié avec des solutions d’entreprises et de mobilité (ci-dessous en nombre de sociétés présentes). La vague du social networking reste forte chez TechCrunch, où les présentations donnaient trop l’air de la “bulle 2.0 qui se dégonfle” tandis que sur DemoFall, le balancier semblait passé à autre chose (entreprises, collaboration, mobilité, photos/TV/video). Et le choix de Yammer comme gagnant du TechCrunch 50 relève peut-être d’un ethnocentrisme du jury, ses membres comme Robert Scobble étant souvent accros à Twitter, en décalage avec les utilisateurs moyens du web. Or Yammer, c’est un Twitter pour les entreprises !

Projets par domaine

Ah, et puis une sacrée différence par rapport à la France : une présence féminine bien plus marquée dans les startups qui présentaient, notamment dans les réseaux sociaux. Ce, dans les deux événements.

Le bilan

Présenter son projet dans l’un de ces événements reste en tout cas un moment fort pour une startup. L’occasion de générer un moment de gloire au minimum passager. Et aussi de bien rôder son discours et de se fixer une date précise pour annoncer et lancer son produit ou service et aussi pour lancer son site web (et éviter de se faire karchériser par Robert Scobble). Le danger est d’ailleurs de s’en tenir à ce moment de gloire pour son lancement. Nombre de startups se préparent à fond pour ces conférences. Mais après un pic d’audience lié à la curiosité des lecteurs de news du monde des startups (TechCrunch en premier), et bien, cela se calme souvent, sauf si un véritable phénomène viral se développe ou que l’entreprise dispose de grands moyens ET d’une vraie proposition de valeur. Et tout ceci est bien rare et nombreuses sont les startups qui végètent après ces événements car elles n’ont pas assez peaufiné leur plan marketing de lancement et de soutient dans la durée. Il serait intéressant à ce titre d’étudier le devenir des startups présentes les années passées à ces deux événements !

Ces deux événements ont leurs qualités et leurs défauts. L’événement idéal devrait accueillir des startups non financées, et si possible avec une part significative de jeunes, et sans que les réseaux personnels des organisateurs influent trop sur le choix des startups présélectionnées et à fortiori sur les lauréats. La formule du sponsoring et de l’événement payant utilisée par TechCrunch est préférable à celle de DemoFall, qui fait chèrement payer leurs places aux startups. Un montant symbolique ($1000 ou $2000) sur TechCrunch serait toutefois justifié ne serait-ce que parce que la délivrance du pitch a une valeur intrinsèque et que cela permettrait d’éliminer une partie des “touristes”.

En tout cas, startups françaises, si vous avez un projet qui tient la route et qui le justifie, n’hésitez pas à tenter l’aventure, notamment au TechCrunch 50, qui est plus abordable ! Tout en vous entrainant bien pour l’anglais…

Dans le prochain épisode, nous passerons du côté français où les choses sont un peu plus folkloriques !

Après, je ferais tout de même un petit tour d’ensemble des 254 startups présentes à DemoFall et TechCrunch il y a deux semaines. Il y a quelques pépites dans le meilleur et aussi dans le pire qui n’ont pas forcément été relevées par les commentateurs à ce jour.

RRR

 
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Publié le 23 septembre 2008 et mis à jour le 8 novembre 2008 Post de | France, Innovation, Internet, Logiciels, Loisirs numériques, Médias, Silicon Valley, Startups, Technologie, USA | 10358 lectures

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Les 9 commentaires et tweets sur “Grandeur et décadence des foires aux startups – 1” :

  • [1] - dru a écrit le 24 septembre 2008 :

    Bravo pour cet article.
    Lucide,documenté.
    Je rajouterai simplement que pour réussir un projet Web nul besoin de participer à ces pseudo réunions .
    Il suffit :
    d’avoir un projet
    utile,
    simple,
    monétisable,
    viral
    le plus universel possible
    et qui fonctionne bien (sans bug).

    Et de beaucoup de courage …. le reste …..:)

  • [2] - Jacques FROISSANT (Altaide : le recrutement 2.0) a écrit le 24 septembre 2008 :

    J’attend avec impatience le coté français. 😉
    Pour Demo il faut mettre dans la balance un public beaucoup plus nombreux (en particulier journalistes) et plus orienté entreprise et grand public (en clair moins geek).

  • [3] - Herve a écrit le 24 septembre 2008 :

    Bien vu, tu proposes toujours un eclairage interessant.

    Question: comment positionnes-tu SeedCamp par rapport à ces deux evenements?

  • [4] - Yohan Launay - ConceptSL a écrit le 24 septembre 2008 :

    Merci Olivier pour cet éclairage intéressant. 44% de startups provenant de Silicon Valley est encore trop élevé, où sont les autres startup américaines.

    Pour DemoFall, ils ont l’air de comprendre que Startup ne veut pas forcément dire Internet et/ou 2.0, contrairement à TC qui s’encroute un peu sur les “médias sociaux” et effectivement je n’approuve pas ce choix de Yammer en tant que gagnant. En moins d’1 mois Twitter peut arriver au même résultat. Où est donc l’intérêt de Yammer donc ? Twitter ayant peut être déjà commencé sa transformation.

  • [5] - Olivier Ezratty a écrit le 24 septembre 2008 :

    @Jacques: je n’avais pas récupéré les chiffres côté présents, mais dans les deux cas, je crois qu’il s’agit de plus de 1000 participants. A creuser.

    @Hervé: les SeedCamps sont des événements européens, qui fonctionnent bien et reçoivent des startups réellement en phase d’amorçage. Mais à ce que j’en vois sur leurs sites web, ils brassent peu de sociétés (une vingtaine pour la dernière édition à Londres).

    @Yohan: il est normal que les deux événements aient un positionnement différent, TC50 ayant fait le choix du logiciel et de l’Internet. Par contre, existe-t-il d’autres événements de cette ampleur aux USA ? Pour Twitter vs Yammer, le marché n’est pas encore maturé pour des usages professionnels, donc il reste encore assez ouvert. Et n’oublions pas que Facebook a détrôné MySpace en 3 ans !

  • [6] - Christophe Lauer [MS] a écrit le 26 septembre 2008 :

    Olivier,

    Encore une pièce d’anthologie! Il me tarde également de lire la suite…

  • [7] - jean a écrit le 1 octobre 2008 :

    Merci pour cette étude très intéressante.
    Concernant Techcrunch50, la plupart des projets sont fondés sur des modèles économiques dont les ressources ne proviennent QUE de la publicité, ce qui est très dangereux pour les investisseurs.
    Dans le Demopit, la société CARDS OFF, française, a eu beaucoup de succès car elle a un modèle économique pertinent, innovant, et exclusif.
    C’est sans doute pour cela qu’elle va peut être créer la surprise dans les prochaines semaines.
    Autre originalité: c’est sans doute la seule société cotée en bourse admise à Techcrunch50, alors qu’elle ne démarre son activité commerciale que dans quelques jours.
    CARDS OFF a également fait sensation au salon de l’e-commerce à Paris la semaine dernière.
    La pertinence de son modèle économique n’a pas échappé à ses futurs clients sites marchands, ni bien sûr aux géants présents sur une partie seulement de son créneau, à savoir la sécurisation du paiement.
    En effet, CARDS OFF sécurise la transaction complète, depuis la commande jusqu’à la livraison, et inclut bien sûr la composante paiement.
    Cette sécurisation de la livraison, et la suppression lors de l’achat de toute transmission de données personnelles de type nom, adresse, e-mail,etc est vraiment révolutionnaire, sachant que l’achat en ligne se fait désormais en un seul clic de souris!
    De plus, CARDS OFF supprime complètement l’utilisation de la carte bancaire!
    Le site marchand a la garantie d’être payé, et l’acheteur ne prend plus le risque de payer d’avance.
    ET, cerise sur le gâteau, le site n’a plus de commission à payer sur son chiffre d’affaires, ce qui augmente très considérablement son profit!
    Quant à l’abonné, le prix de son abonnement lui est remboursé dès qu’un volume d’achat minimum a été réalisé par le système CARDS OFF.
    La révolution du e-commerce est sous nos yeux, elle est française…pour l’instant!!
    A voir: http://www.cardsoff.com

  • [8] - Olivier Ezratty a écrit le 2 octobre 2008 :

    C’est le “one-click” externalisé ! Je vais regarder cela en détail.

    D’accord sur les limites du modèle publicitaire du web 2.0. J’en parlerai bientôt dans un prochain post sur les startups que l’on pouvait voir dans ces deux événements.

  • [9] - charlotte Laine a écrit le 22 octobre 2008 :

    Bonjour,
    J’ai vu que ce blog faisait partie des blogs qui sont suivis par technofutur TIC. J’ai vu quelque chose qui pourrait p-e vous intéresser : des missions économiques sur les TIC ont lieu en novembre,dans les 3 régions belges. Cela a lieu le 25 novembre en Flandre, le 26 en Wallonie et le 27 à Bruxelles.
    Voici le site internet:

    http://www.be4business.be




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