Retour du CEATEC 2011 - 7/7 - Usages

Publié le 14 octobre 2011 - 4 commentaires -
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Dans ce der­nier épisode de mon tour d’horizon d’une semaine pas­sée au Japon et à visi­ter notam­ment le salon CEATEC, nous allons trai­ter des “usages”, un terme bien géné­rique qui couvre les appli­ca­tions par­ti­cu­lières de tech­no­lo­gies dont cer­taines sont spé­ci­fiques au mar­ché japo­nais. Cet article cou­vrira aussi un petit rap­port d’étonnement sur des choses vues à Tokyo et aux alentours.

Ces usages pré­sentent trois lignes de force :

  • Une inter­face uti­li­sa­teur défi­ciente selon nos cri­tères, très encom­brée d’idéogrammes et assez faible gra­phi­que­ment. Nous l’avons vu dans la TV, c’est aussi vrai dans les mobiles. Mais ce qui est “beau” dans notre repère occi­den­tal ne l’est pas for­cé­ment dans le repère des japo­nais. Et réci­pro­que­ment. Il faut donc se gar­der de por­ter un juge­ment de valeur sur leurs inter­faces utilisateurs.
  • L’approche des réseaux sociaux semble moins déve­lop­pée qu’aux USA dans ce que l’on pou­vait obser­ver au CEATEC, ce qui ne veut pas dire qu’ils ne le soient pas couramment.
  • Les japo­nais entre­tiennent une meilleure rela­tion de confiance avec les objets et le numé­rique en géné­ral. Que ce soit au niveau des robots ou de cap­teurs en tout genre, ou bien avec les ser­vices en ligne, pour les­quels ils se posent visi­ble­ment moins de ques­tions méta­phy­siques sur la pro­tec­tion de la vie privée.

Usages mobiles

Sur les stands des opé­ra­teurs télé­coms DoCoMo et KDDI se trou­vaient tout un tas de solu­tions cor­res­pon­dant à des usages assez ori­gi­naux, une grande par­tie étant liée à la forme phy­sique et à la restauration.

Un tra­duc­teur de menus de res­tau­rants chez DoCoMo. C’est une appli­ca­tion Android dis­po­nible en beta qui tra­duit les menus du Japo­nais en anglais, et aussi à par­tir du Coréen et du Chi­nois. C’est impres­sion­nant d’efficacité, d’autant plus que l’application a l’air de fonc­tion­ner en local sans la connexion 3G. Ci-dessous, elle est tes­tée “en vrai” dans un “vrai res­tau­rant” par un “vrai uti­li­sa­teur”, Franck Las­sagne de Giiks.com. Et ça marche très bien !

DoCoMo (2)

Tou­jours pour ce qui est de la res­tau­ra­tion, une appli­ca­tion mobile aussi vue chez DoCoMo qui exploite la caméra des smart­phone set tablettes pour esti­mer la valeur nutri­tive d’un plat. L’application a l’air de fonc­tion­ner pour les plats stan­dar­di­sés du pays. La ques­tion qui n’a pas été posée est : est-ce que cela fonc­tionne avec la ver­sion en plas­tique du plat ?

DoCoMo (6)

Un cap­teur de mau­vaise haleine et aussi qui détecte si l’on a trop bu, tou­jours chez DoCoMo. Et un autre cap­teur qui détecte la faim et s’il est rai­son­nable de man­ger après avoir souf­flé dans une petite pipette (ci-dessous).

DoCoMo (14)

Un cap­teur de masse grais­seuse, que l’on trouve habi­tuel­le­ment dans les balances, mais qui prend la forme d’une coque pour smart­phones avec deux élec­trodes. Il a l’air d’utiliser un com­po­sant vu chez Murata.

DoCoMo (21)

Un cap­teur de rayons gamma égale­ment vu chez DoCoMo, sous forme de coque de smart­phone. La mesure des rayons gamma per­met d’avoir une idée de la radio­ac­ti­vité ambiante. Curieu­se­ment, le ser­vice ne pré­voit pas une col­lecte glo­bale de l’information cap­tée par ces appa­reils, à l’instar du concept de la montre verte de la FING qui col­lecte les don­nées de pol­lu­tion à l’échelle d’une ville. On trou­vait de tels détec­teurs de rayons gamma, mais stan­da­lone, chez Nuclear Green Solu­tions, un nom bien curieux de société.

DoCoMo (16)

Autres usages

Sur le stand d’Intel se trou­vait un miroir “magique” per­met­tant de per­son­na­li­ser le choix d’un tee-shirt avec une inter­face ges­tuelle. La tech­no­lo­gie uti­li­sée sem­blait très rudi­men­taire, exploi­tant un t-shirt vert. L’insertion dans le miroir de cou­leurs dif­fé­rentes exploi­tait donc la tech­nique du chroma uti­li­sée cou­ram­ment en vidéo et même en ana­lo­gique. Je n’ai par contre pas vu de miroir magique temps réel pour le maquillage. Ce genre d’application ne sau­rait pour­tant tar­der car on com­mence à être capable de recons­ti­tuer en temps réel un visage en 3D avec une simple webcam.

Intel (7)

Tou­jours chez Intel, une démons­tra­tion de réa­lité aug­men­tée qui ne mène pas loin et qui semble équi­va­lent à ce que Total Immer­sion fai­sait il y a 5 ans. Si cela se trouve, la démons­tra­tion a été réa­li­sée par Total Immer­sion ! Cela relève plus de l’événementiel que d’un véri­table usage même si la visio­con­fé­rence et les jeux peuvent exploi­ter cette technologie.

Intel (6)

Chez Intel, tou­jours, une pré­sen­ta­tion de robots exos­que­lettes de la marque Cyber­dyne (du nom de la société qui est à l’origine de l’apocalypse nucléaire dans Ter­mi­na­tor 2). Il y a les bras, les jambes ou le corps tout entier. Cela peut à la fois faire un peu peur, mais génère beau­coup d’espoir pour de nom­breux han­di­ca­pés. C’est parait-il dis­po­nible. Dans la même veine, il y avait aussi un robot pour se laver les che­veux chez Pana­so­nic, une cane élec­trique pour seniors chez Murata. A part cela, je n’ai pas vu beau­coup de robo­tique sur le CEATEC.

 Intel Exosquelette (5)Intel Exosquelette (4)

Enfin, citons ce curieux “Cloud-Based Mana­ge­ment of Infor­ma­tion on Pets in Disas­ter Areas” qui per­met de retrou­ver l’animal domes­tique que l’on a perdu après une catas­trophe natu­relle. Le Tsu­nami est dans les esprits et a généré une flo­rai­son d’applications spé­ci­fiques pour le disas­ter mana­ge­ment.

Fujitsu Pets Disaster Recovery (1)

Autres choses diverses vues sur le salon

Une appli­ca­tion de car­to­gra­phique par héli­co­ptère chez Mit­su­bi­shi qui exploite les don­nées GPS et accé­lé­ro­mé­triques de la caméra et per­met de créer une car­to­gra­phie pré­cise et en 3D d’un ter­rain. Ils pro­posent aussi une appli­ca­tion de suivi de cible… pour la police, comme dans 24 Heures Chrono.

Mitsubishi Applied Helicopter Imaging System (2)

Pas très consu­mer mais vaut tout de même le détour, cette Dolly ori­gi­nale de Views­ton qui s’enroule à la base vue chez Nottv. Elle aurait eu sa place à l’IBC 2011 d’Amsterdam mais qui n’y était visi­ble­ment pas.

Viewston (4)

Le consor­tium et le stan­dard Trans­fer­Jet risquent de faire par­ler d’eux dans les mois et années qui viennent. Il s’agit d’un ensemble de pro­to­coles de réseau sans fil per­met­tant le trans­fert de don­nées entre deux appa­reils par une simple mise en contact ou mise à proxi­mité de quelques cen­ti­mètres. Cela peut être par exemple un appa­reil photo et une tablette, mais aussi un moyen de faire de l’info-fueling, consis­tant à rem­plir son appa­reil mobile (tablette, smart­phone) avec de l’information sur une borne par un simple contact.

On peut ima­gi­ner une appli­ca­tion évidente pour la visite d’un salon : un stand d’un expo­sant ou un de ses pro­duits vous inté­resse et hop, vous tou­cher un pan­neau expli­ca­tif ou une borne avec votre tablette et la docu­men­ta­tion est immé­dia­te­ment char­gée des­sus. Cela peut aussi fonc­tion­ner avec une impri­mante ou pour lan­cer des tirages pho­tos dans un kiosque idoine.

Le stan­dard est prévu pour atteindre un débit de 570 Mbits/s. Il s’appuiera sur une trans­mis­sion dans la bande des 4,48 GHz, com­pa­tible avec les fré­quences uti­li­sables au Japon, aux USA et en Europe. Le sys­tème fonc­tionne sans chif­fre­ment des don­nées trans­mises. Ce n’est donc pas plus ou moins sécu­risé que l’usage d’un câble USB. Le stan­dard a été adopté par l’Européen ECMA en juin 2011. Le stand de Trans­fert Jet pré­sen­tait des kits de déve­lop­pe­ment maté­riels et logi­ciels ainsi que des pro­duits de Seiko et Sony le sup­por­tant, ce der­nier en ayant fait les pre­mières pré­sen­ta­tions au CES 2009 ou 2010 il me semble.

Transfer Jet (1)

L’URCF (Ultra Rea­lis­tic Com­mu­ni­ca­tions Forum) créé en 2007 mérite quelques mots. Il s’agit d’une ini­tia­tive visi­ble­ment pilo­tée par la recherche publique japo­naise, y com­pris celle de la NHK, qui vise à fédé­rer les efforts de l’industrie, de la recherche et de l’enseignement supé­rieur pour pro­mou­voir et stan­dar­di­ser les déve­lop­pe­ments de tech­no­lo­gies et solu­tions de com­mu­ni­ca­tion ultra-réalistes. Cela com­prend entre autres les déve­lop­pe­ments de la vidéo Super-Hi-Vision évoquée sur ce blog via l’IBC 2011 et 2010, l’ensemble des tech­no­lo­gies liées à la 3D, le son sur­round mul­ti­ca­nal et les tech­no­lo­gies multi-sensorielles.

URCF

Confor­mé­ment à leur habi­tude, les élites japo­naises ont ainsi pla­ni­fié les évolu­tions tech­no­lo­giques à un hori­zon de 15 ans, pas moins, et se mettent en ordre de marche pour les mettre sur le mar­ché. On pour­rait qua­li­fier cela de méga-pôle de com­pé­ti­ti­vité à l’échelle du pays tout entier, qui favo­rise la recherche et le déve­lop­pe­ment en mode col­la­bo­ra­tif. Cette approche ne marche pas à tous les coups, mais elle est asso­ciée à une véri­table vision des évolu­tions tech­no­lo­giques à venir et à leur impact sur la société. Elles s’appuient sur des éléments tech­no­lo­giques pré­vi­sibles : l’augmentation du débit des réseaux, de la réso­lu­tion des camé­ras et des écrans, des capa­ci­tés de sto­ckage. Le tout pour conqué­rir des mar­chés qui peuvent nous sem­bler bien loin­tains. Le bon exemple est la vidéo 4K aussi évoquée à mon der­nier retour de l’IBC 2011.

Les japo­nais ne se posent pas de ques­tion : le mar­ché va adop­ter cette tech­no­lo­gie et ils s’y pré­parent. Par rap­port à nos pôles de com­pé­ti­ti­vité, cette ini­tia­tive semble appor­ter une vision plus foca­li­sée des nou­veaux usages et aligne mieux les inté­rêts et l’agenda des par­ties pre­nantes concernées.

Tokyo et alentours

J’ai passé deux jours à visi­ter Kama­kura et Nikko avec Rodrigo Sepul­veda. Ce sont de magni­fiques endroits avec un nombre incroyable de temples Shin­tos et Boud­dhistes qui datent pour cer­tains du qua­tor­zième siècle et sont très bien pré­ser­vés. L’un d’entre eux, à Nikko, est dans un grand sar­co­phage de pro­tec­tion et est en cours de res­tau­ra­tion (ci-dessous).

Sarcophage temple à Nikko

Un grand nombre de classes d’élèves du secon­daire visitent ces temples et ont droit à une photo de classe tra­di­tion­nelle. Les pho­to­graphes pro­fes­sion­nels prennent leurs cli­chés avec un appa­reil argen­tique “à l’ancienne” double for­mat Fuji (ci-dessous), une manière d’aligner les tra­di­tions sur une autre tradition.

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Côté vie pra­tique, signa­lons l’usage géné­ra­lisé de la carte de paie­ment sans contact Suica, très pra­tique pour payer le métro et faire ses courses dans pas mal de maga­sin. Mais il est très dif­fi­cile de trou­ver des dis­tri­bu­teurs de liquide sup­por­tant la carte Visa ce qui est extrê­me­ment frus­trant. Les seuls endroits connus où on en trouve sont les conve­nience stores 7-Eleven et les bureaux de poste.

Notons que les japo­nais sont friands de signa­lé­tique pré­cise, notam­ment dans le métro. Aux cor­res­pon­dances dans les sta­tions, les dis­tances sont indi­quées vers les autres lignes (ci-dessous). Il faut dire que par­fois, il y en a bien pour un kilo­mètre, comme dans la sta­tion “Tokyo”, sorte de “Cha­te­let” de la ville. Dans le plan des lignes sur les quais, le temps de par­cours jusqu’à toutes les sta­tions est indi­qué. Et évidem­ment, un affi­chage sur écran TV est pré­sent au-dessus de chaque porte dans une majo­rité des métros et trains. Avec non seule­ment le par­cours de la ligne, la pro­chaine sta­tion, les temps esti­més de par­cours, mais égale­ment la météo. Et bien entendu, un peu de publi­cité au passage.

Métro Tokyo (2)

Petit détail à Tokyo : y coexistent des trains publics et pri­vés, un métro et une sorte de RER (de la com­pa­gnie de trains JR East). A ceci près qu’ils ont des plans sépa­rés. Comme si le plan du métro de Paris ne com­pre­nait pas les sta­tions de RER ou réci­pro­que­ment ! Pas très pratique !

Côté usages dans le métro, les pas­sa­gers uti­lisent évidem­ment leur mobile pour consul­ter leurs réseaux sociaux, pour jouer, pour voir vidéo voire TV mais pas pour par­ler à voix haute. Mais jusqu’à un tiers d’entre eux dorment dans les rames pour rat­tra­per le som­meil, notam­ment ces cadres en cos­tume qui rentrent tard chez eux après le tra­vail ou après les soi­rées avec les collègues !

J’ai pu voir sinon du Wifi – payant - dans le bus (à Nikko) mais pas dans le métro. La cou­ver­ture 3G étant très bonne, le Wifi semble moins répandu qu’aux USA et en Europe dans les lieux publics.

Toutes ces impres­sions com­plètent celles que j’avais pu recueillir pen­dant mon pre­mier – très court - voyage au Japon avec NKM en février 2009 ou j’avais sur­tout évoqué la visite du quar­tier geek de Aki­ha­bara, dont je me suis passé cette fois-ci.

Epi­logue et remerciements

C’en est ter­miné pour ce compte-rendu de visite au Japon et au CEATEC. J’ai sur­ement oublié plein de choses, que vous retrou­ve­rez notam­ment dans mes photos.

Il me faut remer­cier ici Cédric Ingrand (de l’émission Plein Ecran sur LCI) qui m’a chau­de­ment sug­géré de par­ti­ci­per à ce voyage au CEATEC et tou­jours avec son com­parse Guillaume Dela­lande, Taka­shi Naka­ni­shi, qui m’a invité dans ce “CEATEC Media Tour” et gère cela avec une effi­ca­cité japo­naise redou­table et Rodrigo Sepul­veda, infa­ti­gable globe-trotter et Leica fan-boy qui m’a aidé à décou­vrir Tokyo et ses envi­rons (voir ses pho­tos). Il me faut aussi citer Bap­tiste Michaud d’Orange et FrAn­droid, croisé par hasard sur le stand de KDDI et qui m’a fourni quelques éléments inté­res­sants sur le mar­ché japo­nais ainsi que mes com­pa­gnons de voyage : Fanny Bou­ton et Franck Las­sagne de Giiks.com (voir leurs articles sur le CEATEC), Alexandre Laurent de Clu­bic (ses articles sur le CEATEC), et Oli­vier Levard de TF1 News (sa cou­ver­ture du CEATEC).

Côté pho­tos, j’ai tout publié dans ce port­fo­lio sur Dar­q­room, orga­nisé en sous-portfolio par thème. Vous y trou­ve­rez notam­ment celui qui concerne cet article, un autre sur Kama­kura, puis sur Nikko, sur Tokyo et enfin sur les people et les girls du CEATEC.

Retrou­vez la série com­plète des articles sur ce retour du CEATEC 2011 :

Retour du CEATEC 2011 - 1/7– Tour d’horizon
Retour du CEATEC 2011 - 2/7 - Affi­chage
Retour du CEATEC 2011 - 3/7 - TV
Retour du CEATEC 2011 - 4/7 - Mobi­lité
Retour du CEATEC 2011 - 5/7 - Com­po­sants
Retour du CEATEC 2011 - 6/7 - Smart Any­thing
Retour du CEATEC 2011 - 7/7 - Usages

Publié le 14 octobre 2011 Post de | Mobilité, TV et vidéo | 5358 lectures

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Les 4 commentaires et tweets sur “Retour du CEATEC 2011 - 7/7 - Usages” :

  • [1] - iJapan a écrit le 15 octobre 2011 :

    Petite pré­ci­sion.

    Tokyo Metro tout comme JR sont des com­pa­gnies pri­vées, sauf la TOEI ( Bureau des Trans­ports de la Métro­pole de Tōkyō) est publique.

    Pour le wifi on est trouve aléa­toi­re­ment dans les sta­tions, ça depend beau­coup des lignes de metro par exemples, les sta­tions de la Maru­nou­chi line sont plu­tôt bien équipées.

    Merci pour cet article

    • [1.1] - Olivier Ezratty a répondu le 15 octobre 2011 :

      Il n’y a pas de com­pa­gnies de train privées ?

      • [1.1.1] - iJapan a répondu le 15 octobre 2011 :

        Jus­te­ment si, le Japon et Tokyo dans le cas pré­sent montre le suc­cès de la pri­va­ti­sa­tion des transports.

        JR, Tokyo Metro, Seibu sen, etc sont des com­pa­gnies pri­vées ce qui explique en par­tie la pré­sence de ses très grandes zones com­mer­ciales dans les gardes comme Ike­bu­kuro ou Shinjuku.

        Seul la TOEI qui depend du “Bureau des trans­ports de la métro­pole de Tôkyô” est une com­pa­gnie publique

      • [1.1.2] - iJapan a répondu le 15 octobre 2011 :

        Pour ceux que cela peut inté­res­ser voici quelques pré­ci­sions pour mieux com­prendre la dif­fé­rences d’usages entre occi­den­taux et japo­nais.
         
        Point 1: Les japo­nais n’ont pas du tout la même concep­tion du “pra­tique” que les occi­den­taux, il suf­fit pour cela de voir la dif­fé­rence en terme d’expérience uti­li­sa­teur des smart­phones entre occi­den­taux et japo­nais. Par exemple l’opérateur Soft­bank publie un guide d’utilisation pour l’iPhone qui est régu­liè­re­ment pro­posé lors de l’achat (petite anec­dote, je n’ai jamais vu un conseillé le pro­po­ser à un étran­ger). Autre point qui joue beau­coup dans ce rap­port sur­tout en télé­pho­nie mobile, la mas­si­fi­ca­tion de l’internet a com­men­cée, au Japon, par l’internet mobile avec Docomo et “l’Imod” alors qu’en occi­den­taux cela a com­men­cée par le pc/mac. Donc si nous occi­den­taux avons pour modèle la page web taillé pour un écran de 13’ et plus, les japo­nais ont eux pour réfé­rences une pages tenant sur quelques pouces. Qui plus est, le sens d’écrire des kan­jis rend l’organisation de l’information plus flexible. En effet nous écri­vons en sui­vant le sens «gauche-droite/haut-bas» alors qu’au Japon en plus l’occidentalisation, il est pos­sible de «gauche-droite/haut-bas» , «haut-bas/gauche-droite» (peu uti­lisé, sauf pour une ligne), «haut-bas/droite-gauche».
        Il y a encore beau­coup de points mais ceux sont les prin­ci­paux.
         
        Point 2: Les réseaux sociaux bien qu’en pro­gres­sion ont plus de mal car Mixi (le face­book local) est très bien ins­tallé bien qu’en perte de vitesse. En plus, ces pla­te­formes souffrent d’un défi­cit de confiance lié direc­te­ment à l’organisation de Mixi (beau­coup de per­vers). Il y a aussi un détail très impor­tant, je m’appuierai sur le cas de Face­book pour l’expliciter. Les japo­nais sont très assis­tés (ne pas le voir comme péjo­ra­tif), or, nom­breux sont les réseaux sociaux qui manquent de clarté, Face­book en pre­mier lieu. Il est com­mun d’entendre dire venant d’un japo­nais «je ne com­prend rien à Face­book», «l’utilisation est dif­fi­cile»… déjà que nous avons du mal! D’ailleurs si Apple est venu au Japon cher­cher l’inspiration les équipes de Face­book pour­rait en faire de même, elles ont beau­coup à apprendre.

        Le réel suc­cès au Japon n’est pas Face­book mais Twit­ter. Oui, les japo­nais «tweetent» et «tweetent» beau­coup. Pour­quoi? sim­pli­cité et mini­ma­lisme des fonc­tions (mes­sage court, photo, par­tage de site) qui se prêtent très bien au mobile. Rap­pe­lons que Face­book est un réseau social et Twit­ter un site de «micro-blogging», voici une dif­fé­rence qui est fon­da­men­tale de sou­li­gner. De plus les blogs sont légions au Japon.
         
        Point 3: L’explication est cultu­relle, reli­gieuse et sociale.

        Je me concen­tre­rai sur les robots. On peux trou­ver l’explication dans la reli­gion. En effet nous, Occi­den­taux Judéo-Chrétiens, avons des reli­gions qui pré­sentent le corps comme la «plus belle créa­tion» divine. Or créer, un robot, n’est-il pas d’un cer­tain point de vue se prendre pour le créa­teur?
        Au Japon rien de cela, tel qu’il est expli­qué dans le «Kojiki» (sorte de Bible du Shinto, même si ce n’est pas com­pa­rable) le Mythe de la Genèse ne pré­sente pas le corps comme une créa­tion divine, mais plus comme une consé­quence des actes divins. Ainsi, Ama­te­ratsu née lors qu’Izanagi se lave (pour se puri­fier) après sont retour du pays des morts. Il y a donc pas de contrainte morale sur le fait de vou­loir «se prendre» pour un quel­conque créa­teur»
        Cepen­dant une ques­tion se pose et montre que le sta­tut que du «robot» en tant que machine huma­noïde n’est pas claire. En effet, en langue japo­naise, le vivant et l’objet sont dis­tin­gués par les verbes d’état «iru» pour le pre­mier et «aru» pour le second. Or, les japo­nais uti­lisent alter­na­ti­ve­ment l’un ou l’autre dans le cas du «robot».

        Le mar­ché japo­nais reste très par­ti­cu­lier et l’observer est construc­tif. En espé­rant que ses pré­ci­sions aide­ront les plus curieux à mieux com­prendre ce marché.

        Encore merci pour cet article.




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