Les vrais gens et le marketing de Free

Publié le 17 décembre 2010 et mis à jour le 24 décembre 2010 - 25 commentaires -
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Après le pro­duit et la concur­rence, nous allons ter­mi­ner cette série d’articles sur la Free­box V6 en évoquant les équipes qui sont der­rière. Toute inno­va­tion est une aven­ture humaine et ici, on a sous la dent une entre­prise hors norme dotée d’une forte culture et sur­tout d’une R&D internalisée.

Xavier Niel

A tout sei­gneur tout hon­neur, quelques mots au sujet de Xavier Niel, co-fondateur, pre­mier action­naire, vice-président du conseil d’administration et patron de la stra­té­gie d’Iliad, la mai­son mère de Free. C’est un patron aty­pique d’une boite aty­pique. Il y a conservé un lea­der­ship tech­no­lo­gique, en prise directe avec ses déve­lop­peurs, tout en délé­gant la conduite des affaires à son DG, Maxime Lom­bar­dini, suc­ces­seur il y a quelques années de Michael Bou­kobza. Le pré­sident du conseil d’administration d’Iliad est Cyril Poi­datz, doté d’un pro­fil plu­tôt gestionnaire.

Xavier Niel est un lea­der “pro­duit” pour Free, assisté de Rani Assaf, son Direc­teur Tech­nique. C’est un pas­sionné de tech­no­lo­gie et de nou­veaux usages, tant au niveau maté­riel que logi­ciels ou conte­nus. Il se mêle aussi de tous les détails de ce qui se passe dans l’entreprise. C’est un peu le Steve Jobs de Free, la méga­lo­ma­nie et le mau­vais carac­tère en moins. Et il semble bien plus res­pec­tueux des gens que ce der­nier. Et petit détail, Steve Jobs est tou­jours habillé en noir tan­dis que Xavier Niel arbore géné­ra­le­ment une che­mise blanche. Très sym­bo­lique. Dark side vs bright side of the same kind of power !

Jusqu’il y a quelques années, Xavier Niel s’exposait peu dans les médias. On ne le voyait pas dans les confé­rences. Il tra­vaillait sur­tout avec les équipes tech­niques de Free et était en rela­tion directe avec les prin­ci­pales com­mu­nau­tés d’utilisateurs de Free, les “Free­nautes”, sans inter­mé­diaires. Sa faible expo­si­tion tenait peut-être à ses ennuis judi­ciaires en 2004, main­te­nant der­rière lui, à son carac­tère, et aussi au côté extra­verti de Michael Bou­kobza lorsque ce der­nier était DG de Free. Après avoir quitté Free, Michael s’est ins­tallé en Israël en 2007 pour y repré­sen­ter l’actionnaire fran­çais Patrick Drahy chez le câblo-opérateur israé­lien Hot. Il en a ter­miné de ce côté là et Xavier Niel l’a récem­ment envoyé jouer le rôle de consul­tant “net­toyeur” chez “Le Monde”, dont il est main­te­nant le pre­mier actionnaire.

Xavier Niel et Christian Morales Intel (1)

Depuis 2007, Xavier Niel sort donc du bois. On com­mence à le voir inter­ve­nir dans des confé­rences (voir ces pho­tos aux Uni­ver­si­tés d’Eté du MEDEF en 2009 ou à LeWeb 2010). Il donne des inter­views plus régu­liè­re­ment. Il a du aussi s’investir dans une acti­vité qu’il doit exé­crer, le lob­bying, afin d’obtenir la qua­trième licence mobile. Der­nier épisode en date, qui n’est pas de son fait, le déjeu­ner avec Nico­las Sar­kozy du 16 décembre 2010 dont il fai­sait par­tie avec quelques aco­lytes chefs d’entreprise et blog­geurs. Xavier Niel n’a pas sa langue dans la poche et il semble que cela ait été le cas face au Pré­sident (merci Jean-Michel pour le compte-rendu) !

L’annonce du mardi 14 décembre au Pavillon Gabriel était une forme de révé­la­tion. Son style direct et natu­rel - c’est exac­te­ment le même en public et en privé -, sa volonté de désta­bi­li­ser l’establishment et les posi­tions acquises de ses concur­rents, sa pas­sion et son aisance de façade en font un patron fort sym­pa­thique. Il est “hands-on”.

Il a cer­tai­ne­ment aussi une soif de revanche. Face à un esta­blish­ment dont il se sent étran­ger. Face aussi aux autres opé­ra­teurs télé­coms qui ont cher­ché à lui bar­rer la route dans l’accès à la qua­trième licence mobile. Comme Mar­tin Bouygues qui aurait déclaré en 2008 : “Si on achète une licence au prix d’un châ­teau, c’est pas pour voir débar­quer les roma­ni­chelles sur la pelouse” ! Cela génère chez lui une forme d’agressivité autant émotion­nelle que sur le busi­ness à pro­pre­ment par­ler. On pou­vait le voir dans son inter­ven­tion du 14 décembre, sur­tout au début et à la fin.

Une culture de startup

Xavier Niel a réussi un tour de force consis­tant à créer un FAI de taille res­pec­table avec près de 5 mil­lions d’abonnés et 2 mil­liards d’Euros de chiffre d’affaire tout en pré­ser­vant une culture de star­tup et en créant un modèle plu­tôt dans le haut du panier en termes de pra­tiques sociales. Quelques exemples : des centres d’appels entiè­re­ment inter­na­li­sés alors que chez les autres FAI, ils sont en sous-traitance; une hié­rar­chie des plus plates, et enfin une poli­tique sala­riale bien au des­sus des pra­tiques du secteur.

Le groupe Iliad/Free est struc­turé en une myriade de socié­tés que l’on peut regrou­per en quatre blocs :

  • Il y a d’abord la société Free, une PME tech­no­lo­gique qui conçoit les Free­box et exploite le réseau ADSL du groupe sous les marques Free et Alice.
  • Une grosse acti­vité de ser­vice client et de déploie­ment com­pre­nant quatre call cen­ter tech­niques (Paris, Bor­deaux, Mar­seille, Casa­blanca) et une armée de tech­ni­ciens qui inter­viennent sur site chez les clients ou dans les équi­pe­ments réseaux (chez France Télé­com et pour le déploie­ment de la fibre optique). Le tout orga­nisé en plu­sieurs filiales.
  • Le reste avec les fonc­tions clas­siques d’une entre­prise : res­sources humaines, finance, mar­ke­ting, juri­dique. Et qui fonc­tionne tou­te­fois comme la par­tie tech­nique avec des res­sources très très res­treintes par rap­port aux autres opérateurs.
  • Une myriade de filiales spé­cia­li­sées comme Online.net et Dédi­box, des ser­vices d’hébergement Inter­net, Iliad Gaming, une filiale de jeux et paris en ligne créée en mai 2010, et les acti­vi­tés de télé­pho­nie tra­di­tion­nelle avec One.net et l’annuaire inversé ANNU.

Les anciennes équipes d’Alice ont été inté­grées dans la société Free, y com­pris celles des centres d’appels de Bor­deaux et Marseille.

L’équipe de déve­lop­pe­ment de la Freebox

L’équipe tech­nique de la Free­box et de l’exploitation du réseau tient tou­jours sur un étage au siège près de la Made­leine à Paris. Moins d’une cen­taine d’ingénieurs conçoivent ainsi la Free­box ainsi que tous les outils ser­veur et d’administration de l’opérateur. Ils sont jeunes, pas­sion­nés et enga­gés à fond dans leur pro­jet comme dans une startup.

Cette équipe est évide­ment en train de s’étoffer avec la pré­pa­ra­tion des infra­struc­ture pour les ser­vices mobiles. Mais cela reste très “lean and mean” par rap­port à celles d’Orange et de ses filiales, comme en com­pa­rai­son des divers sous-traitants ayant le même rôle chez SFR et Bouygues Télécom.

Le mana­ge­ment de cette équipe reste tou­jours très “flat”. Xavier Niel est de facto le gou­rou tech­nique en chef et ren­contre régu­liè­re­ment les équipes de déve­lop­pe­ment. Le co-fondateur de Free, Rani Assaf, joue le rôle de Direc­teur Tech­nique et est actuel­le­ment très occupé par le déploie­ment des infra­struc­ture mobiles. Entre eux deux et les dizaines d’ingénieurs, il n’existe aucun niveau inter­mé­diaire de mana­ge­ment. C’est assez incroyable. Et cela fonc­tionne. C’est presque une forme d’autogestion per­ma­nente et rap­pelle un peu le pro­ces­sus de fonc­tion­ne­ment des pro­jets open source. Cer­tains ingé­nieurs sont plus seniors ont un peu d’ascendant sur les autres. C’est une sorte de méri­to­cra­tie tech­nique implicite.

Les déve­lop­peurs s’appuient sur des briques open source lorsque dis­po­nibles. Cer­tains sont même de gros contri­bu­teurs au noyau de Linux ou à d’autres briques open source cri­tiques comme dans les stack réseau. On trouve par exemple Chris­tophe Mas­siot, un ancien de l’équipe du player VLC de l’Ecole Cen­trale qui tra­vaille tou­jours sur les aspects réseau et vidéo côté serveur.

L’un des chan­ge­ments récents a été l’adjonction d’un ergo­nome à l’équipe qui s’occupe de la Free­box Player (la set-top-box TV), en com­plé­ment du desi­gner de l’interface. Ils ont mené de nom­breuses études auprès des uti­li­sa­teurs pour créer la nou­velle inter­face de la Free­box Player. C’est un chan­ge­ment qui tient compte des lacunes d’interface uti­li­sa­teur de la Free­box HD (5). Et on voit clai­re­ment le résul­tat de leur tra­vail dans la V6 !

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Notons au pas­sage qu’une très grande par­tie de cette équipe était pré­sente mardi 14 décembre 2010 à la confé­rence de presse du lan­ce­ment de la Free­box V6. Xavier Niel en a cité quelques uns dans sa conclu­sion. C’est ce qui m’a per­mis de ras­sem­bler l’essentiel des infor­ma­tions des pré­cé­dents articles sur l’architecture interne des Free­box Ser­ver et Player.

Free a beau déve­lop­per sa box et ses logi­ciels en interne, il fait appel à de nom­breux four­nis­seurs ou par­te­naires pour créer son offre :

  • A l’étranger, il y a Intel, Mar­vell, Broad­com, Texas Ins­tru­ments, Uni­han, Gem­tek, Phi­lips, Adobe et Apple. Et pro­ba­ble­ment quelques autres four­nis­seurs de com­po­sants (tuner TNT, etc).
  • En France, nous avons ST Microe­lec­tro­nics, Movea, Game­loft, Allo­Cine, Phi­lippe Starck, Canal+, les autres chaines TV et offreurs de VOD.
  • Et puis UPS, pour les livrai­sons des box à domi­cile, en plus des points de dis­tri­bu­tion de Kiala.

Le lan­ce­ment de la Free­box n’est qu’un début. Tous les FAI sont deve­nus des éditeurs de logi­ciels dans les faits. Ils doivent mettre à jour régu­liè­re­ment leur offre de logi­ciels à la fois sur la par­tie ser­veur et ser­vices en ligne et sur la par­tie set-top-box. Des mises à jour du firm­ware et du logi­ciel des Free­box Player et Ser­ver sont donc anti­ci­pables après les pre­mières livrai­sons en jan­vier 2011.

Rien que dans les com­men­taires des trois articles pré­cé­dents, j’ai pu ras­sem­bler une petite liste de courses de besoins expri­més par les uti­li­sa­teurs poten­tiels de la V6, cer­tains concernent le maté­riel, et beau­coup, la par­tie logicielle :

  • Un acces­soire de récep­tion de télé­com­mande infra­rouge USB et le sup­port logi­ciel asso­cié, pour per­mettre le sup­port des télé­com­mandes universelles.
  • Détailler la com­pa­ti­bi­lité ou coexis­tence entre les Free­plugs V5 et V6.
  • L’intégration d’une offre Femtocell.
  • Le lien avec Allo­Ciné et d’autres bases de conte­nus sur l’ensemble du guide de pro­gramme TV.
  • Le sup­port com­plet de Flash 10 et Java voire de Sil­ver­light dans le navigateur.
  • L’ajout de fonc­tions de recom­man­da­tion dans la VOD.
  • La créa­tion d’un SDK pour déve­lop­per en natif C++/OpenGL.
  • Le sup­port du nou­veau stan­dard HbbTV.
  • Une option de désac­ti­va­tion de la fonc­tion Wifi.
  • Le sup­port d’Apple Airplay.
  • L’ajout de l’interface de la Free­box Player sur PC en mode Web ou natif.
  • Et j’aimerai bien que la Free­box sache lire les fichiers de Win­dows Media Cen­ter… Smile.

Et ce n’est qu’un début ! Les équipes de déve­lop­pe­ment de Free ont donc beau­coup de tra­vail en pers­pec­tive, en plus de celui consis­tant à fia­bi­li­ser la pla­te­forme entiè­re­ment nou­velle pour une set-top-box. C’est le pre­mier déploie­ment mon­dial chez un FAI du pro­ces­seur Soda­ville dans une set-top-box !

Opé­ra­tions Clients

C’est le gros des troupes de Free avec plus de 4000 per­sonnes gérées par Angé­lique Berge (ci-dessous, après la confé­rence de presse du 14 décembre), depuis 11 ans chez Free.

Angélique Berge Free (1)L’effectif prin­ci­pal d’Iliad est réparti dans ses centres d’appels. Il s’agit uni­que­ment de sup­port tech­nique. Il n’y a pas de centre d’appel “com­mer­cial” ou d’appels sor­tants. Le prin­cipe consiste à pous­ser les clients à tout faire en ligne. Lorsque ce n’est pas pos­sible, cela revient à iden­ti­fier via le sup­port tech­nique où et com­ment amé­lio­rer les appli­ca­tions en ligne ! Eton­nant. Cela ne fonc­tion­nera peut-être pas de la même manière dans le mobile. A contra­rio, un opé­ra­teur comme SFR fait énor­mé­ment d’appels sor­tants pour pro­mou­voir son offre ADSL comme mobile. Il est bien plus agres­sif commercialement.

Les équipes se décom­posent dans les métiers suivants :

  • Les équipes des centres d’appels tech­niques qui sont situées à Paris (Cen­tra­pel), Mar­seille (Free), Bor­deaux (Free) et Casa­blanca (Total Call). Les Centres d’Appel de Mar­seille et Bor­deaux sont issus de l’acquisition de l’opérateur Alice, c’est pour cela qu’ils sont dans l’entité Free. Ces centres d’appel repré­sentent envi­ron 3000 per­sonnes dont 10% et quelques sont au siège d’Iliad, près de la Made­leine, ce qui leur per­met d’être proche des équipes pro­duits qui déve­loppent la Free­box et les ser­vices. De manière assez tra­di­tion­nelle, il y a des experts tech­niques (niveau 2), à rai­son de un pour 25 per­sonnes récep­tion­nant des appels. Envi­ron un mana­ger par 20 conseillers et un res­pon­sable de pla­teau pour cinq équipes.
  • Un back-office séden­taire de 120 per­sonnes réparti dans toute la France qui gère les inci­dents de mise en route des lignes et les fameux GAMOT avec France Télé­com. Avec les tech­ni­ciens de dépan­nage, ils iden­ti­fient d’où viennent les pro­blèmes de ligne, notam­ment lors de l’activation ou d’un démé­na­ge­ment. Lorsqu’ils envoient un GAMOT (demande de véri­fi­ca­tion chez France Télé­com), 93% seraient jus­ti­fiées par une défaillance du côté de l’opérateur his­to­rique, et dans le reste envi­ron 3% sont liées à des erreurs chez Free.
  • Les 800 tech­ni­ciens de dépan­nage inté­grés dans la filiale Pro­telco qui inter­viennent chez les clients lorsqu’un pro­blème sur­vient lors de la mise en route d’une ligne, ou plus tard. Ils sont répar­tis dans toute la France et n’ont pas de bureau.
  • Les équipes de déploie­ment du réseau qui gèrent les NRA (Nœuds de Rac­cor­de­ment d’Abonnés), les NRO (Noeuds de Rac­cor­de­ments Optiques) et les DSLAM (Digi­tal Sub­scri­ber Line Access Mul­ti­plexer), soient 150 per­sonnes. Ils sont égale­ment répar­tis dans toute la France.

Autre carac­té­ris­tique, les équipes sont un exemple de diver­sité avec 24 natio­na­li­tés repré­sen­tées. Mais il n’y a que 15% de femmes, du fait de leur faible repré­sen­ta­tion démo­gra­phique dans ces métiers tech­niques. On en trouve plus en pro­por­tion dans les métiers de management.

98% de ces équipes sont des col­la­bo­ra­teurs de Iliad ou de ses filiales, ce qui n’est pas le cas des autres opé­ra­teurs. L’avantage ? Un sen­ti­ment d’appartenance à l’entreprise bien plus fort, impac­tant posi­ti­ve­ment la moti­va­tion et la per­for­mance. Cela per­met aussi de gérer des mobi­li­tés internes. Angé­lique Berge met ainsi en évidence quelques mou­ve­ments issus du Centre d’Appel : le web­mas­ter de Free, le web­de­si­gner de la Free­box, les équipes de déploie­ment du réseau ADSL et fibre tout comme des déve­lop­peurs. Ce sont sur­tout des valeurs d’exemple car la mobi­lité d’un bloc de plus de 4000 per­sonnes vers le reste qui en fait à peine quelques cen­taines est méca­ni­que­ment limi­tée. La consé­quence est en tout cas un turn over très faible dans les équipes d’Angélique Berge, de moins de 5%. Et il est encore moindre dans le reste du groupe.

Ce faible taux est aussi attri­buable à des niveaux de salaire supé­rieurs à la moyenne des centres d’appels. Les tech­ni­ciens ont un fixe d’environ 1500€ (qui a été récem­ment aug­menté) et un variable qui peut aller jusqu’à 1250€. Celui-ci est condi­tionné par un grand nombre de para­mètres indi­vi­duels et col­lec­tifs : l’assiduité et la ponc­tua­lité, la pro­duc­ti­vité en temps de com­mu­ni­ca­tion, la per­ti­nence et la fia­bi­lité des remon­tées, la qua­lité de la rela­tion client évaluée par écoutes en dif­féré et par enquêtes de satis­fac­tion client (avec une part sur la moyenne de l’équipe, d’une ving­taine de per­sonnes), et le taux de ré-appel des clients (il vaut mieux qu’il soit faible).

L’ensemble de ces pra­tiques sociales a débou­ché sur l’attribution à Free du “Prix des meilleures pra­tiques sociales” des centres d’appel en 2006 et 2007 au SECA (Salon Euro­péen des Centres d’Appels). Et alors que la hot­line de Free avait plu­tôt mau­vaise répu­ta­tion il y a quelques années, elle s’est amé­lio­rée selon de nom­breuses enquêtes. Mais les nou­veaux opé­ra­teurs comme Bouygues Télé­com obtiennent de meilleurs résul­tats (cf les temps d’attente en 2006, et l’enquête FAI de 60 Mil­lions de Consom­ma­teurs). Au final, c’est le churn qui donne un bon ver­dict et celui de Free est le plus faible du mar­ché. Dans les 18 mois qui se sont écou­lés, Free a à la fois perdu et gagné peu d’abonnés par rap­port à ses concurrents.

Avec le lan­ce­ment de la V6, toutes les équipes de la rela­tion client sont en branle-bas de com­bat. La confi­den­tia­lité sur la V6 était telle que per­sonne dans les centres d’appels n’avait d’idée exacte de ce que la Free­box Révo­lu­tion allait conte­nir exac­te­ment. Ils l’ont décou­vert en même temps que les clients en regar­dant en direct (ou pas) les vidéos strea­mées de l’annonce et les infor­ma­tions publiées à ce moment là. Plus de 4000 per­sonnes doivent donc être for­mées d’ici le 3 jan­vier au pas de charge. Au milieu des fêtes de fin d’année !

Mar­ke­ting

Pour une boite de cette taille là, le mar­ke­ting est lil­li­pu­tien. Plus d’un VC ou d’un consul­tant - moi com­pris - aurait vili­pendé l’entrepreneur qui lui aurait pré­senté un busi­ness plan de FAI avec un si faible inves­tis­se­ment en mar­ke­ting en année 3. Et là, nous sommes huit ans après la créa­tion de la Freebox !

L’équipe mar­ke­ting de Free se résume en effet à Chris­tophe Rieu­nier et à deux col­la­bo­ra­teurs issus de l’acquisition d’Alice en 2008, plus la res­pon­sable des rela­tions presse Isa­belle Audap. Et cette der­nière tra­vaille sans faire appel à une agence de rela­tions publiques ! Incroyable. Elle doit crou­ler sous les demandes ! Le tout sous la super­vi­sion étroite de Xavier Niel qui là aussi jette son dévolu et œil de Lynx sur la com­mu­ni­ca­tion et le mar­ke­ting de Free.

Com­ment qua­li­fier le mar­ke­ting de Free ?

Côté mes­sage, il se foca­lise sur un pri­cing sim­pli­fié et un posi­tion­ne­ment d’offre comme étant la plus com­plète (“Il a Free et il a tout com­pris”). Avec la Free­box V6, Free fait le pari que l’innovation per­met­tra de rega­gner des parts de mar­ché et d’éviter de stop­per l’hémorragie des clients d’Alice. Sachant que côté prix, cela se com­plique un peu. C’est un sacré risque mar­ke­ting. Le débat res­tera ouvert long­temps, sur­tout tant que Orange et Bouygues Télé­com n’auront pas mis à jour leur offre.

D’un point de vue opé­ra­tion­nel, le mar­ke­ting se foca­lise essen­tiel­le­ment sur les rela­tions presse et avec les com­mu­nau­tés (on dirait “le buzz”), sur un site web et sur de la publi­cité (sur­tout d’affichage). Comme la Free­box n’est pas dis­tri­buée dans le com­merce, il n’y a pas de “retail mar­ke­ting”, pas de for­ma­tion de forces de ventes, pas de PLV (outils de Pro­mo­tion sur Lieu de Vente), pas de bou­tiques. Tout est extrê­me­ment sim­pli­fié. Le prin­ci­pal outil de vente est donc le site web de Free. Il n’était pas très bien construit il y a quelques années, sur­tout pour les abon­nés exis­tant (plu­sieurs manières de se log­ger) mais il s’est gran­de­ment sim­pli­fié depuis. Le site fait par­tie inté­grante du pro­duit “Freebox”.

Le lan­ce­ment du 14 décembre était une excep­tion à ce dis­po­si­tif avec un événe­ment ter­rain ras­sem­blant 250 per­sonnes au Pavillon Gabriel (ci-dessous).

Lancement Freebox V6

La ges­tion du secret avant le lan­ce­ment avait été très rigou­reuse et encore plus que chez Apple, pour­tant un exemple de para­noïa dans le sec­teur des loi­sirs numé­riques. Très peu de col­la­bo­ra­teurs de Free à part les déve­lop­peurs étaient au cou­rant des carac­té­ris­tiques de la Free­box V6. Cer­tains inter­ve­nants externes dis­po­saient d’une infor­ma­tion par­tielle, voire en par­tie faus­sée pour pis­ter les fuites. Le but étant de géné­rer un effet de sur­prise maxi­mum au moment du lan­ce­ment. Le résul­tat a été de ce point de vue là à la hau­teur des espé­rances. Un petit tour sur Google Trends montre que le buzz a bien fonc­tionné de manière ascen­dante depuis plus d’un an pour culmi­ner avec l’annonce. Le buzz sur l’offre de SFR a connu un pic juste avant, pen­dant et un peu après son lan­ce­ment en novembre 2010. Mais pas de la même ampleur. Il faut dire que le nom de code de la SFR Neuf­box Evo­lu­tion avant son lan­ce­ment, Mar­sAt­tack, n’était pas connu du grand public. Plein d’autres ana­lyses de ten­dance doivent pou­voir être réa­li­sables en exploi­tant ce qui se dit sur Inter­net (Errata: l’appellation Orange Box est approxi­ma­tive dans le chart Google Trends ci-dessous, mais on obtient un résul­tat simi­laire avec Live­Box).

Search SFR Neufbox Evolution vs Freebox V6 Google Trends

La cou­ver­ture presse ou com­mu­nau­taire du lan­ce­ment a été très large et plu­tôt posi­tive. Citons en par­ti­cu­lier celle du site Free­news, le com­pa­ra­tif de Clu­bic ou le regard envieux d’un site web amé­ri­cain, Busi­ness Insi­der, car ce que l’on a pour 36€ par mois avec la Free­box V6 est lar­ge­ment supé­rieur à toute offre d’opérateur amé­ri­cain. Il y a aussi un repor­tage de Capi­tal (M6) en cours de fina­li­sa­tion, en plus de nom­breuses sor­ties TV/radio de Xavier Niel le jour et le len­de­main du lan­ce­ment. La dif­fé­rence avec Apple se situe dans l’après-annonce. Les équipes de Free étaient très ouvertes pour par­ler du pro­duit et de l’offre après coup, avec un niveau de détails incroyable (quand on pose les bonnes questions…).

Au pas­sage, la rumeur de vente de deux mil­lions de Free­box V6, dont 400000 nou­veaux abon­nés en un jour est infon­dée. Avec une base ins­tal­lée de plus de 4,5 mil­lions d’abonnés, il serait déli­rant d’avoir un tiers de cette base sou­hai­tant mettre à jour en 24h et encore moins 400000 des 1,6 mil­lions de nou­veaux abon­nés haut débit annuels en France (source : ARCEP) se ruer sur cette nou­velle offre. Il fau­dra attendre les résul­tats tri­mes­triels de Q1 2011 d’Iliad, fin avril 2011, ainsi que les rap­ports de l’ARCEP pour voir si le lan­ce­ment a réussi à faire remon­ter la part de mar­ché de Free.

Making of de ces articles et suite

Je dois signa­ler que j’ai régu­liè­re­ment apporté des cor­rec­tions à mes trois pré­cé­dents articles sur la Free­box V6, notam­ment sur les couts com­pa­rés entre dégroupé et non dégroupé, dans le tableau de com­pa­rai­son avec SFR, dans les enjeux de réduc­tion des pertes d’abonnés avec Alice, une pré­ci­sion sur la dif­fé­rence entre le Soda­ville CE4150 qui a été choisi par Free et le CE4100 de base, sou­vent cité (puis­sance gra­phique double). Et puis des cor­rec­tions, non ter­mi­nées, de diverses fautes de frappe.

Cette série d’article a été ren­due pos­sible par la grande dis­po­ni­bi­lité et l’ouverture des équipes de Free que je remer­cie au pas­sage. Vous vous deman­dez peut-être pour­quoi je n’ai pas apporté le même soin à la cou­ver­ture du lan­ce­ment de la SFR Neuf­box Evo­lu­tion. Un article, certes long, face à quatre longs articles. C’est trop injuste ! Dans le cas de SFR, je n’ai pas été invité à l’annonce presse. Après coup, j’ai visité le sho­wroom de la rue Tron­chet. J’avais demandé à le faire avec quelqu’un de l’équipe pro­duit de SFR. Mais la visite n’a pu se faire qu’avec un (très sym­pa­thique et bien informé) atta­ché de presse de l’agence Opi­nion­Val­ley et un démons­tra­teur sur place. Les déve­lop­pe­ments logi­ciels étant réa­li­sés par WyPlay, qui est basé à Mar­seille, il était plus dif­fi­cile d’obtenir des infor­ma­tions. Je les avais bien ren­con­trés à l’IBC d’Amsterdam en sep­tembre 2010 mais ils se devaient alors de pré­ser­ver la confi­den­tia­lité de leur tra­vail pour SFR. Bref, avec une concep­tion pro­duit inter­na­li­sée, il est plus facile d’aller à la pêche aux infor­ma­tions que dans le cas contraire.

Il sem­ble­rait que je doive attendre mon retour du CES de Las Vegas après le 11 jan­vier pour pou­voir enfin tes­ter chez moi une Free­box V6. Je serais alors en pleine rédac­tion de mon gros pavé de l’année, le Rap­port CES (cf le 2010). Si le temps le per­met, je com­pi­le­rai mes tests et les quatre posts sur le lan­ce­ment dans un PDF, en les met­tant à jour au passage.

 

Tous les articles de cette série sur le lan­ce­ment de la Free­box Révo­lu­tion (V6)

1 - Les entrailles de la Free­box 6 (46, 13576)
2 - Les logi­ciels et conte­nus de la Free­box 6 (30, 11698)
3 - La concur­rence de la Free­box 6 et ses enjeux (24, 3873)
4 - Les vrais gens et le mar­ke­ting de Free (9, 2182)

Publié le 17 décembre 2010 et mis à jour le 24 décembre 2010 Post de | Actualités, Communication, Entrepreneuriat, Management, Marketing | 29051 lectures

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Les 25 commentaires et tweets sur “Les vrais gens et le marketing de Free” :

  • [1] - rodrigo a écrit le 18 décembre 2010 :

    fau­drait que tu rajoutes un face­book LIKE sur tes articles. super com­plet encore une fois. bravo !

    • [1.1] - Olivier Ezratty a répondu le 18 décembre 2010 :

      En fait, je publie un extrait de mes articles auto­ma­ti­que­ment sur mon wall Face­book et là tu peux faire ce que tu veux : Like, com­men­ter, etc. Ca revient un peu au même. Mais bon, tu as rai­son, il faut que je rem­place le book­mar­king par un “I like”.

  • [2] - Davy34 a écrit le 18 décembre 2010 :

    tu cite Apple dans la liste des par­te­naires… Pour quelle raison?

    Merci

    • [2.1] - Olivier Ezratty a répondu le 18 décembre 2010 :

      Free déve­loppe le Free­Player pour l’iPad et l’iPhone et est en rela­tion avec le constructeur.

  • [3] - Frederic a écrit le 18 décembre 2010 :

    trop gal­vaudé le “like”… fau­drait un “like very beau­coup” ou équivalent…

  • [4] - TVnomics a écrit le 18 décembre 2010 :

    Au delà du fond (excellent et pré­cis) et au delà de la forme (exhaus­ti­vité et clarté) qui font de ces 4 articles une rareté, c’est la quan­tité d’ infos sur l interne de l entre­prise qui frappe (orga­ni­sa­tion, per­son­nel, fonctionnement).

  • [5] - EyeOnPanam a écrit le 18 décembre 2010 :

    Merci infi­ni­ment pour ces articles éclai­rés sur le monde de Iliad/Free et son écosys­tème asso­cié. Je note sim­ple­ment le point sui­vant, qui appa­raît entre les lignes de vos articles sur la Free­box V6/Revolution, à savoir le nou­veau pari/challenge sous-jacent de Xavier Niel qui est de conser­ver ses clients actuels que nous appel­le­rons “Opti­mum” et de cap­ter aussi les clients dits “Pre­mium” qui se trouvent actuel­le­ment plu­tôt chez Orange et SFR (et qui sont géné­ra­teurs d’une consom­ma­tion numé­rique plus impor­tante de par leur capa­cité d’achat, comme on peut le voir depuis quelques années côté mobile avec l’utilisation de l’Iphone). Au plai­sir de vous lire.

  • [6] - Dom a écrit le 18 décembre 2010 :

    Je n’ai pas de TV, alors encore un petit com­men­taire sur le sujet pour free.
    L’ajout de l’interface de la Free­box Player sur PC en mode Web ou natif.

  • [7] - EDC a écrit le 18 décembre 2010 :

    Article super et très com­plet … et comme à chaque fois … j’ai appris plein de choses.

  • [8] - after-work a écrit le 18 décembre 2010 :

    Merci pour l’analyse très com­plète du sys­tème Free… qui réside pour moi dans le fait de gar­der une équipe petite et un esprit start up comme tu le sou­ligne très bien.
    Autre point bien noté c’est l’essort média­tique de Xavier Niel … amu­sant de voir qu’il ait été sélec­tionné dans le dejeu­ner de “blo­gueurs” de l’élysée alors qu’il est un vrai mas­to­donte du web francais

    • [8.1] - Olivier Ezratty a répondu le 21 décembre 2010 :

      Ce déjeu­ner à l’Elysée regrou­pait des entre­pre­neurs et des blog­geurs. Cer­tains étant les deux à la fois, sur­tout Jean-Michel Planche. Xavier était bien invité comme entrepreneur.

  • [9] - evo a écrit le 19 décembre 2010 :

    Mes féli­ci­ta­tions pour cet article.

    Je trouve le tableau brossé très per­ti­nent. Il est gra­ti­fiant de tra­vailler au sein du groupe Iliad (je suis un des 800 tech­ni­cien de ter­rain), pour la plu­part des rai­sons citées, mais aussi parce que l’ambiance de tra­vail est bonne, tout sim­ple­ment. La hié­rar­chie est acces­sible et atten­tive, les col­lègues sont dis­po­nibles, et c’est un plai­sir que de par­tir au bou­lot l’esprit léger.

    Culture d’entreprise à l’Américaine aidant, le tutoie­ment est de rigueur, l’ouverture d’esprit égale­ment. Si vous ne conve­nez pas à un poste, c’est que vos com­pé­tences ne sont pas à la bonne place. Une cer­taine auto­no­mie est lais­sée au sala­rié, tant qu’il se montre res­pon­sable, réac­tif et efficace.

    Au final, le sen­ti­ment d’appartenance à un véri­table entité jeune et inno­vante est effec­ti­ve­ment très fort. C’est un peu “notre” bébé, on apporte notre pierre à l’édifice, quel que soit notre niveau.

  • [10] - Richard T a écrit le 19 décembre 2010 :

    Bravo pour cette série d’articles

  • [11] - Fred a écrit le 19 décembre 2010 :

    tra­vailler aux côtés d’Angélique, c’est une source d’enrichissement assuré !
    Nous sommes tous très admi­ra­tifs du temps qu’elle consacre au tra­vail et de l’énergie qu’elle nous donne, qu’elle dit tenir de Xavier Niel.
    C’est une super boîte, on est heu­reux d’y tra­vailler, de réus­sir, de par­ti­ci­per à de tels projets !

  • [12] - macha a écrit le 21 décembre 2010 :

    En tout cas, je ne pense pas qu’ILIAD sera vic­time un jour d’une OPA. Quand on voit ce qui est arrivé à Gem­plus… et ce qui a failli arri­ver à Inge­nico, avec les escrocs de fonds d’investissement amé­ri­cains
    http://www.01net.com/article/191327.html
    http://www.eurotmt.com/?q=node/78
    La carte à puces et les ter­mi­naux de paie­ment : ça c’est de l’innovation bien fran­çaise.
    http://www.lexpansion.com/entreprise/pourquoi-ingenico-reveille-le-patriotisme-economique-francais_245630.html

    Cha­peau Fran­cis Mer (Safran) et Eric Bes­son !!
    http://safran-group.com/site-safran/groupe/gouvernance-d-entreprise/conseil-de-surveillance/?60

    • [12.1] - jerome a répondu le 21 décembre 2010 :

      Effec­ti­ve­ment peu de risque d’OPA pour free tant que XN est au com­mande et “prend son pied” chez free.

      Remar­quez que le sec­teur des opé­ra­teurs télé­coms fran­çais n’est pas un exemple d’un sec­teur sous domi­na­tion étran­gère:
      - orange / france tele­com, c’est dans le nom, d’autant plus que le board est essen­tiel­le­ment fran­çais, presque 30% du capi­tal res­tant public
      - sfr bien­tôt repris à 100% par Vivendi, exit nos amis anglais
      - bouygues tele­com, 100% BTP
      - free, 65% Niel
      - nume­ri­cable l’exception cultu­relle (à capi­taux anglo saxons)

      C’est peut être pas mal pour l’orgueil natio­nal, mais cela intro­duit le risque des conni­vences à la fran­çaise entre “anciens”. On verra dans quelques années si cela se tra­duit par l’émergence d’un centre d’innovation télé­coms type Japon/Corée ou d’un nou­veau vil­lage gau­lois type Minitel/Rafale…

    • [12.2] - JC a répondu le 21 décembre 2010 :

      Pas si sûr puisque Gold­man Sachs (res­pon­sable de la crise des sub­primes) détient une par­tie du capi­tal d’Iliad déjà… En ce moment, le quo­ti­dien Le Monde vit un “enfer”.

      Niel a demandé à son ex bras droit israé­lien (Boukbza) de jouer au cost-killer… Foto­rino évincé, Bergé sur son baton…
      http://www.lejdd.fr/Medias/Presse-ecrite/Actualite/Une-semaine-tres-agitee-au-Monde-apres-le-depart-d-Eric-Fottorino-245381/?sitemapnews
      http://www.lefigaro.fr/medias/2010/12/15/04002-20101215ARTFIG00560-le-monde-eric-fottorino-evince.php

      Impor­tant que Niel réus­sisse aussi ce pari.

  • [13] - polo a écrit le 26 décembre 2010 :

    Bravo pour cette série d’articles pas­sion­nants qui me semblent très objec­tifs… et très com­plets…
    Beau­coup d’autres “jour­na­listes” ont uni­que­ment sur­volé ce sujet…

    • [13.1] - fabien a répondu le 26 décembre 2010 :

      Effec­ti­ve­ment. Je pense que les tarifs vont aug­men­ter à cause des taxes diverses.
      http://www.lexpress.fr/actualite/media-people/media/xavier-niel-change-de-monde_922189.html
      Je me demande s’il ne s’agit pas d’un achar­ne­ment contre un homme qui aurait démarré dans le rose où le black était roi. Il faut bien démarré par quelque chose qu’en on n’a rien. Il a même l’intention aujourd’hui d’aider les jeunes en créant une école de l’internet. Je trouve que c’est gen­til à lui de pen­ser ainsi aux autres. Il le dit lui même, l’école d’aujourd’hui n’est plus adapté. Et M. Gran­jon dit comme lui.

      • [13.1.1] - Petit G. a répondu le 26 décembre 2010 :

        Une école de l’internet ou de ges­tion du web ? Le suc­cès de Free jusqu’à main­te­nant est dû aussi à une très bonne ges­tion, puisque l’entreprise contrô­lait au maxi­mum ses coûts pour sur­vivre. Un peu comme IKEA qui nous a per­mis de mon­ter nous-mêmes nos meubles. La box entrait dans cette stra­té­gie puisqu’elle était un trois en un (et bien­tôt quatre en un) pour les férus d’informatique. J’ai cru com­prendre que le groupe était consti­tué de petites entre­prises très souples à mana­ger. Côté télé­coms, rien à dire. Côté for­ma­tion aussi. Cela paraît cohé­rent et par­fait. Côté “presse”, cela me semble assez com­plexe à gérer à long terme http://blogs.lexpress.fr/tic-et-net/2010/06/04/xavier_niel_fondateur_de_free/

        Oui les articles ici sont plus com­plets qu’ailleurs et bravo à Free pour ses innovations.

  • [14] - PlayTime a écrit le 28 décembre 2010 :

    En par­lant du marketing :

    Comme évoqué sur un forum il y a quelques jours, je prend le pari que Free a déjà choi­sit d’inclure la hausse de la TVA dans ses tarifs et que leur mon­tant res­te­ront donc inchangés.

    Bouygues n’ayant pas encore envoyé de cour­riers et rien annoncé concrè­te­ment au niveau des tarifs, Niel ne peut encore dévoi­ler sa stratégie !

    L’augmentation des tarifs chez les concur­rents per­met­tra en effet de pou­voir rési­lier sans frais dans les 4 mois et ainsi rejoindre Free gra­tui­te­ment, ce serait donc sacré­ment bien joué stratégiquement.

    Je rap­pelle que les opé­ra­teurs sont obli­gés d’envoyer un cour­rier au moins 1 mois avant le chan­ge­ment de tarif, ça veut donc dire rien avant mi-février au mini­mum pour Free.

    Et pour finir, n’importe qu’elle stra­té­gie pour limi­ter l’augmentation de la TVA hor­mis celle-ci serait de toute façon copiable à terme par les autres FAI, c’est l’occasion unique de pou­voir récu­pé­rer des abon­nés sans frais (ne pas avoir à débour­ser de l’argent pour faire comme cer­tains FAI qui “rachètent” les frais de résiliation).

    La baisse de la dégres­si­vité des frais d’activation à -1,5€ par mois (au lieu de 3) avec la déno­mi­na­tion de frais d’activation à débit dif­féré per­met égale­ment de com­pen­ser cette hausse de la TVA.

    Et c’est d’ailleurs peut être pour toutes ces rai­sons que Bouygues attend pour com­mu­ni­quer concrè­te­ment sur la hausse de tarif, et qu’ils ont sim­ple­ment dit qu’il l’appliquerait “pro­gres­si­ve­ment”, étant blo­qué actuel­le­ment par la stra­té­gie de Free puisque c’est son prin­ci­pal concur­rent actuel­le­ment avec SFR.

    Cette der­nière réac­tion de Niel, à lire ici (http://www.universfreebox.com/article12863.html) vient d’autant plus appuyer ma théorie.

    • [14.1] - mach a répondu le 29 décembre 2010 :

      Je l’ai lu aussi. Il est indi­qué que les anciens abon­nés devront pré­ci­ser s’il sou­haite ou non gar­der le ser­vice TV. Si oui, ils paie­ront un abon­ne­ment de 32 euros au lieu de 29,99, ce qui donne l’impression d’une toute petite hausse. Si non, ils gar­de­ront l’abonnement à 29,99 mais sans la TV.

      Or, dans ce cas il s’agit plu­tôt d’un nou­vel abon­ne­ment à 20 ou 25 euros (inter­net + tél.) et non 29,99 (ex-tripleplay). Ou bien il fau­drait pro­po­ser à ces anciens abon­nés de pas­ser à l’internet seul à 15 euros (ils devraient pou­voir choi­sir un ser­vice basique peu cher). Sou­vent, on empêche un ancien abonné de dégra­der son abon­ne­ment en sup­pri­mant des ser­vices. C’est illégal.

      Car autre­ment, ce sont les anciens abon­nés hors TV qui com­pen­se­ront ce que les nou­veaux abon­nés tout tri­ple­play (la totale) ne paie­ront pas en terme de taxes et nou­veaux ser­vices, à savoir que les nou­veaux abon­nés devraient nor­ma­le­ment payer un abon­ne­ment à 35 euros pour le tri­ple­play (voir qua­dru­play) plu­tôt que 32… Vous pigez ?

      L’arnaque se trouve plu­tôt à ce niveau. Belle idée certes, mais pas très com­mer­ciale, en pro­fi­tant du fichier des abon­nés anciens.

      Je pense que ces der­niers vont se désa­bon­ner (sans frais, puisqu’il y a modi­fi­ca­tion de leur contrat) et choi­sir la clé 3G de Bouygues ou SFR, fina­le­ment plus avan­ta­geuse, avec des ser­vices TV sur le web. La TNT inté­grée à la TV suf­fit ample­ment pour le reste, sachant que nous payons déjà une taxe de 118 euros annuels pour l’audiovisuel public (ce qui est un véri­table scan­dale), alors que nous sommes inon­dés de pubs déjà.

      L’accès à inter­net doit res­ter démo­cra­tique. Il s’agit d’un ser­vice basique, comme le télé­phone. L’abonnement devrait être de 25 euros pour le basique web+tél (avec quelques numé­ros en illi­mité à l’international par ex et non la totale). Autre­ment le consom­ma­teur malin se tour­nera vers les offres iin­ter­net seul illi­mité à 15 euros, ou vers la clé 3G à 10 euros par mois pour 2heures par jour (domi­cile) mais par­tout en France, et Skype pour le tél. C’est pas cher et effi­cace… Sachant que dans la jour­née, il est au boulot.

      Pour le reste, les ser­vices en + de TV, TV connec­tée, lec­teur mul­ti­mé­dia, sto­ckage, VàD, etc… sont à payer en plus. Cha­cun doit pou­voir faire son choix s’il veut ou non en pro­fi­ter et payer pour cela. Car ses ser­vices vont atti­rer le consom­ma­teur vers d’autres achats en ligne (c’est sans fin…), soit un dan­ger pour le sur­en­det­te­ment des ménages les plus pauvres.

      Pour ce qui est du défi­cit public et du manque à gagner depuis la loi TEPA de 2007, ce n’est pas notre pro­blème. Le gou­ver­ne­ment n’a qu’à taxer ses copains qui ont des for­tunes à ne plus savoir quoi en faire. Taxer un for­tuné à 70%, je ne vois pas le pro­blème, il lui en reste bien assez. Même aux Etats-Unis, les trop riches veulent payer plus d’impôts. Il n’y a que les têtes à claque de Répu­bli­cains à la Sarah Palin (une honte pour les vraies fémi­nistes) qui ne veulent pas payer de taxes alors qu’ils se gavent avec le pétrole texan.

      On ne peut pas prô­ner la retraite par l’assurance pri­vée et la capi­ta­li­sa­tion et ponc­tion­ner à mort le contri­buable moyen (qui ne vit que du sala­riat, lui !) par des taxes ridi­cules et expo­nen­tielles qui l’empêche de vivre. Le ren­tier lui, il n’est pas visé… Sachant qu’on abaisse sans fin les taxes pour les entre­prises direc­te­ment. Car ce ne sont pas elles qui paient les taxes, mais bien leurs clients, les pigeons !!!

      Que ceux qui ont les moyens de consom­mer consomment avec les ser­vices nou­veaux des FAI. Mais je crains bien que ce ne soient les chô­meurs des cités HLM qui ne se crèvent dans ces anarques. Car c’est bien connu, ce ne sont pas les plus riches qui se laissent prendre à inter­net et toutes ses inno­va­tions. Bien au contraire…

      A médi­ter. Poli­ti­que­ment… et hon­nê­te­ment, pour ceux qui se disent proche du peuple.

  • [15] - patrick a écrit le 30 décembre 2010 :

    Natha­lie Kosciusko-Morizet (dès sep­tembre) avait sug­géré le décou­plage de l’offre des FAI pour leur per­mettre de ne pas réper­cu­ter la hausse de la TVA sur le client et lais­ser un libre arbitre. Elle pro­po­sait même une offre à 15 euros pour inter­net + télé­phone.
    http://www.zoneadsl.com/actualites-adsl/taxe-triple-play-nkm-suggere-aux-fai-de-decoupler-leurs-offres-1220.html

    Orange, SFR et Bouygues vont aug­men­ter leurs abon­ne­ments de 2 ou 3 euros car­ré­ment. Ils viennent de l’annoncer. Free est quand même plus rai­son­nable : pour 1,99 euros de plus, c’est à peine 24 euros par an de hausse de tarif sur l’abonnement tri­play et un abon­ne­ment moyen de 32 euros.

    La France est le pays le moins cher com­paré aux USA et au Canada où il faut comp­ter en moyenne 50 euros d’abonnement pour Inter­net, télé­phone et TV. En outre, la vitesse (débit/bande pas­sante) est plus rapide chez nous.
    http://www.billshrink.com/blog/5787/internet-penetration-costs/

    La Com­mis­sion euro­péenne tente de pilo­ter la stra­té­gie de l’UE pour la société numé­rique, et la France ne ferait qu’appliquer cer­taines direc­tives (il ne vaut mieux pas se faire avoir par les autres pays de l’UE, moins en avance que nous, en dehors des pays du Nord). La qua­lité de l’accès inter­net en France est dûe à nos FAI, notre culture télé­com et à nos infra­struc­tures bien sou­te­nues par l’Etat depuis long­temps (comme en Suède, Fin­lande…). Inter­net est devenu une prio­rité pour faire des écono­mies dans cer­tains sec­teurs (santé, éduca­tion…) et sou­te­nir la crois­sance. D’où l’importance de ne pas trop taxer et de contrô­ler le sec­teur. On voit qu’aux USA, mal­gré la concur­rence impor­tante, le sec­teur privé ponc­tionne pas mal ses abon­nés. J’ai vu des abon­ne­ment très haut débit frô­lant les 70 euros men­suels.
    http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/internet-monde/fracture-numerique.shtml
    http://europa.eu/legislation_summaries/information_society/index_fr.htm

    En Fin­lande, l’accès à l’internet (à débit suf­fi­sant) est devenu un droit. Res­tons sur ces prin­ci­paux typi­que­ment euro­péens que les Amé­ri­cains nous envient…

  • [16] - jedi a écrit le 5 janvier 2011 :

    Oli­vier, je tiens per­son­nel­le­ment à te féli­ci­ter pour l’exactitude de tes pro­pos qui, sans être enga­gés mettent effec­ti­ve­ment en avant les qua­li­tés du sys­tème FREE que je vis au quo­ti­dien, fai­sant moi-même par­tie des fameux tech­ni­ciens iti­né­rants dont tu parles.

  • [17] - @MCCob a écrit sur Twitter le 14 mars 2013 :

    @t12lve for­cé­ment non, elles ne sont pas bana­li­sées. Mais tu n’es pas 1 dif­fa­ma­tion près. Sache qu’il y a >800 tech http://t.co/epbG2h2NHK




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