Le cas difficile de l’entrepreneur isolé

Publié le 8 novembre 2009 - 40 commentaires -
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J’ai sou­vent l’occasion d’être contacté, de ren­con­trer ou de croi­ser dans divers comi­tés de sélec­tion des entre­pre­neurs “seuls” dans leur pro­jet. C’est-à-dire qu’ils sont seuls à fon­der leur entre­prise et qu’ils n’ont donc pas d’associés. Ils ont tout au plus des inves­tis­seurs plus ou moins inves­tis dans le pro­jet et éven­tuel­le­ment des employés, sou­vent des sta­giaires embau­chés à bon compte.

En géné­ral, je n’y vais pas par quatre che­mins : j’indique le plus sou­vent à ces entre­pre­neurs que leurs chances de réus­site sont très très faibles. Voire même les chances de créer l’entreprise tout court. Et qu’ils feraient bien toutes affaires ces­santes de trou­ver des associés.

Et là, la réac­tion la plus clas­sique est : “Mais je ne peux pas les payer”.

Avec une variante : “C’est dif­fi­cile de trou­ver quelqu’un qui vou­dra bien prendre le risque avec moi” (de ne pas être payé pen­dant un cer­tain temps).

Exa­mi­nons d’un peu près ce genre de situation.

Pour­quoi les chances de réus­site s’amenuisent lorsque l’on est seul

Tout d’abord, pour­quoi ce pré­jugé sur les chances de réus­site d’un pro­jet qui démarre avec un seul fondateur ?

C’est à la fois le résul­tat de l’observation et d’une cer­taine logique d’entreprise.

L’obser­va­tion : les entre­prises high-tech qui ont réussi ont été la plu­part du temps créées par une équipe de fon­da­teurs, et pas par une seule per­sonne. Steve Jobs et Steve  Woz­niak (Apple), Bill Gates et Paul Allen (Micro­soft), Larry Page et Ser­gei Brin (Google), Larry Elli­son, Bob Miner et Ed Oates (Oracle), Ber­nard Liau­taud et Denis Payre (Busi­ness Objects), etc. Il en va de même pour les star­tups plus récentes telles que Dai­ly­Mo­tion, Dee­zer, Net­Vibes, Ventes Pri­vées. Dans la plu­part des cas, l’un de ces fon­da­teurs avait une dimen­sion plus busi­ness que celle des autres et il a rapi­de­ment pris le lea­der­ship du pro­jet (Jobs vs Woz­niak, Gates vs Allen, etc). En fait, j’ai bien du mal à iden­ti­fier un suc­cès, même modeste, dans l’industrie du numé­rique, qui ait été créé par un seul asso­cié au départ.

Larry Page et Sergei Brin Bill Gates et Paul Allen

La logique : pour­quoi un entre­pre­neur seul a plus de mal à réus­sir ? Parce qu’il (a donné le signe qu’il) a raté le pre­mier acte de vente de son pro­jet qui consis­tait à convaincre d’autres per­sonnes, amis ou rela­tions pro­fes­sion­nelles, à prendre le risque avec lui sur son pro­jet. Cela va le han­di­ca­per pour trou­ver des finan­ce­ments. Cela va le gêner pour atti­rer des talents com­plé­men­taires à son pro­fil (qui est sou­vent, tech­nique). Avec l’effet d’oeuf et de poule sui­vant : pour atti­rer un calibre, comme dans la vente et le mar­ke­ting, il faut pou­voir le payer, mais pour le payer il faut avoir du finan­ce­ment. Et pour avoir du finan­ce­ment, il vaut mieux avoir une équipe en place. Même si cer­tains inves­tis­seurs se font fort de vous pro­po­ser un diri­geant “busi­ness” s’ils trouvent le pro­jet très inté­res­sant. Une autre rai­son, tout aussi simple, est que pour créer une entre­prise, il faut mener un nombre incal­cu­lable de tâches : tech­niques, mar­ke­ting, vente, sta­tu­taires, finan­cières, etc. Une per­sonne iso­lée est vite débor­dée. Elle peut certes se faire accom­pa­gner par des res­sources externes, mais pour cer­taines, il est cri­tique d’en dis­po­ser en interne de sa struc­ture. Enfin, créer une entre­prise, c’est créer un corps col­lec­tif, c’est mener une équipe, c’est aussi déve­lop­per sa capa­cité d’écoute, puis de mana­ge­ment. Tout cela démarre mieux lorsque l’on com­mence à plusieurs.

Com­ment éviter d’être seul

Pour n’importe quel inves­tis­seur (busi­ness angel, capi­tal ris­queur, autre), la pre­mière qua­lité d’une star­tup, c’est son équipe. Bien avant le busi­ness plan, le pro­duit et tout le reste. Car tout le suc­cès décou­lera de la capa­cité de l’équipe. C’est d’autant plus vrai que de nom­breux suc­cès sont le fruit de chan­ge­ments fré­quents d’orientation. Voire même de produit.

Pour bien démar­rer un pro­jet, il faut donc ras­sem­bler dès le début des com­pé­tences que l’on trouve rare­ment sur une seule per­sonne. Avec la tech­no­lo­gie d’un côté, éven­tuel­le­ment issue de la recherche, et le busi­ness de l’autre. Sans comp­ter la capa­cité d’exécution et d’organisation. Même la tech­no­lo­gie néces­site plu­sieurs com­pé­tences, entre la concep­tion du pro­duit et son indus­tria­li­sa­tion. C’est vrai dans le maté­riel, dans le logi­ciel comme dans les ser­vices en ligne.

Je croise sou­vent des équipes d’anciens élèves des mêmes établis­se­ments d’enseignement supé­rieur (grandes écoles d’ingénieur, de com­merce, ou uni­ver­si­tés). C’est moins sédui­sant que d’avoir des équipes bigar­rées avec des for­ma­tions plus diverses. Mais en géné­ral, les équipes issues d’une même école ne sont jamais consti­tuées de com­pé­tences homo­gènes. Il y en a tou­jours un qui est plus tech­nique et un autre plus busi­ness. Ce n’est pas idéal, mais c’est tou­jours 100 fois mieux que d’avoir un seul créa­teur de la startup.

Pour­quoi il faut le faire très tôt en mon­tant son projet

Un entre­pre­neur en herbe est sou­vent motivé au départ par une idée. Mais avant même de la creu­ser très en détail, le mieux qu’il puisse faire est de trou­ver des com­pa­gnons de route. En fait, il faut trou­ver des per­sonnes à même de s’engager dans une créa­tion de star­tup. Cela sup­pose de ne pas être payé ou d’être très peu rému­néré pen­dant au moins une année.

Il existe quelques cas de figure typiques en met­tant de côté les serial entre­pre­neurs qui savent déjà com­ment créer une équipe :

  • L’entrepreneur est jeune, frai­che­ment ou récem­ment issu de l’enseignement supé­rieur (ou pas…). Il peut prendre des risques car il n’a pas ou peu d’obligations fami­liales (pas d’enfants, etc). Le cas clas­sique est de s’associer avec d’autres jeunes dans le même cas.
  • L’entrepreneur est sala­rié d’une entre­prise, sou­vent cadre. Il peut dans cer­taines condi­tions béné­fi­cier des ASSEDIC pen­dant la créa­tion de son entre­prise. Et encore plus selon les condi­tions du départ de son entre­prise. Il peut aussi choi­sir de prendre un congé de créa­tion d’entreprise, lui per­met­tant de réin­té­grer son entre­prise si son pro­jet tourne court. En géné­ral, c’est pour la quit­ter, après une tran­sac­tion finan­cière qui don­nera un peu de mou pour pour­suivre le pro­jet. Le mieux à faire est de trou­ver des col­lègues ou rela­tions pro­fes­sion­nelles qui sou­haitent s’engager égale­ment dans un pro­jet. Avec le plai­sir de tra­vailler ensemble sans dépendre de son “ancien management”.
  • Un mix des deux cas pré­cé­dents est pos­sible, et sup­pose que les réseaux per­son­nels des uns et des autres se croisent.

Les réseaux jus­te­ment ! Les jeunes entre­pre­neurs en herbe doivent apprendre à rapi­de­ment se consti­tuer un réseau dense d’amis et rela­tions pro­fes­sion­nelles. Cela passe à la fois par le monde réel et par le vir­tuel des réseaux sociaux.

Dans le réel, il y a les confé­rences et col­loques, les salons, les réunions d’anciens élèves, les entre­prises où l’on a fait ses stages, les asso­cia­tions diverses. Cer­tains se font aussi aider par leur milieu fami­lial, mais si cela aide bien, c’est loin d’être indis­pen­sable. Dans l’enseignement supé­rieur, on mène sou­vent des pro­jets pen­dant ses études. J’insiste tou­jours pour que mes élèves à Cen­trale consti­tuent des équipes de 2 à 4 per­sonnes, en évitant les sin­gle­tons. Les pro­jets “sin­gle­ton” fonc­tionnent rare­ment bien. Et sont de mau­vais augure sur la capa­cité du por­teur à consti­tuer… une équipe !

Dans le vir­tuel, on peut bien entendu s’inscrire sur Lin­ke­dIn, Face­book et autres Twit­ter, mais c’est lar­ge­ment insuf­fi­sant. Le mieux est de se faire remar­quer par des contri­bu­tions : créer un blog thé­ma­tique, inter­ve­nir dans des forums ou contri­buer à un pro­jet (open source, par exemple). Ce sont des manières de se faire repé­rer et d’augmenter les chances de ren­contres (pro­fes­sion­nelles). Le vir­tuel a ceci de sur­pre­nant que l’on peut se faire repé­rer comme un talent avant même d’entrer sur le mar­ché du tra­vail. Ce fut le cas avec cer­tains de mes élèves à l’Ecole Cen­trale qui avaient un blog avant même d’entrer en troi­sième année (où j’officie). Ils ont depuis créé leur entre­prise et avec des asso­ciés ren­con­trés aux débuts de leur parcours.

Reve­nons au sujet du “pour­quoi s’y prendre très tôt”. C’est lié à l’appropriation du pro­jet de l’entreprise. Plus tôt vous impli­quez des asso­ciés, meilleur sera le pro­jet et meilleure sera son appro­pria­tion par l’ensemble des asso­ciés. On sou­tient plus faci­le­ment ce que l’on a contri­bué à conce­voir qu’un exis­tant tout prêt. Ensuite, on sera mieux pré­paré pour cher­cher des finan­ce­ments. Et on pourra paral­lé­li­ser des tâches cri­tiques de la créa­tion de l’entreprise : créer le pro­duit, trou­ver des clients, cher­cher des financements.

A bons entendeurs…

Et vous, entre­pre­neurs, avez vous uti­lisé un truc spé­ci­fique pour consti­tuer votre équipe ? Vous pou­vez le par­ta­ger ici !

Publié le 8 novembre 2009 Post de | Entrepreneuriat, Management, Startups | 21523 lectures

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Les 40 commentaires et tweets sur “Le cas difficile de l’entrepreneur isolé” :

  • [1] - AymericPM a écrit le 8 novembre 2009 :

    Quand je me suis lancé dans l’entrepreneuriat, j’ai adopté la pos­ture sui­vante : avoir mon entre­prise per­son­nelle à unique asso­cié, et inves­tir comme asso­cié (et appor­teur de com­pé­tences) dans d’autres entreprises.

    Mon entre­prise perso (de conseil), est mon socle qui me nour­rit chaque mois, dans tous les sens du terme. Et c’est dans les autres qu’il y a la vraie prise de risques, mais assu­rée par la première.

    C’est prin­ci­pa­le­ment dans mon ancienne école que je repère d’abord des pro­jets (et des per­sonnes) sus­cep­tibles de m’intéresser, sou­vent plu­sieurs années à l’avance. En revanche, l’équipe doit se nour­rir de for­ma­tions dif­fé­rentes, d’expériences anté­rieures différentes.

    L’associé-e que je ne recom­mande pas : celui qui est inté­ressé par votre pro­jet, et veut prendre des parts, notam­ment des parts en échange d’une pres­ta­tion que vous lui confiez (car c’est comme cela que vous l’avez ren­con­tré). Faites le test de ne pas lui don­ner de nou­velles pen­dant un mois. S’il croit vrai­ment en vous, il vous relan­cera, et en fait il se lan­cera effec­ti­ve­ment dans la pres­ta­tion pour laquelle vous l’aviez sol­li­cité au départ, avant de vous repar­ler éven­tuel­le­ment d’entrer dans le capi­tal. Sinon, c’est au mieux un oppor­tu­niste, au pire un pilleur.

    • [1.1] - Olivier Ezratty a répondu le 8 novembre 2009 :

      On peut res­ter indé­pen­dant dans le conseil, pas de pro­blème. Mais ce n’est pas une star­tup, ou une “entre­prise de crois­sance” comme on dit.

      Pour ce qui est du conseil qui échange du temps contre des parts de la société, ce n’est pas un asso­cié de toutes manières. Et la part que l’on va lui céder sera très faible, sans com­mune mesure avec celle qu’aurait un asso­cié fondateur.

  • [2] - JustinThemiddle a écrit le 8 novembre 2009 :

    Entiè­re­ment d’accord avec ce que vous dites.

    A cela, j’ajouterais qu’être seul c’est le risque de tom­ber dans la sub­jec­ti­vité sans avoir un regard à la fois proche et externe pour vous reca­drer. C’est tout sim­ple­ment le risque de som­brer dans la folie à un ins­tant de son périple soli­taire, de deve­nir parano et d’être iden­ti­fié comme un ovni.

    Un duo d’entrepreneurs c’est un peu comme dans un couple, quand un perd le moral l’autre et là pour le sou­te­nir, il faut trou­ver la bonne alchi­mie et comme on dit en créa­ti­vité : 1+1=3 .

  • [3] - Christophe a écrit le 9 novembre 2009 :

    Bien vu.
    Pour lan­cer ma start-up actuelle, j’ai com­mencé par cher­cher un asso­cié direc­teur tech­nique, en y pre­nant le temps. Et main­te­nant que notre tech­no­lo­gie com­mence à être au point, nous cher­chons un asso­cié direc­teur com­mer­cial.
    J’ajouterais une pré­ci­sion à ce que tu as écrit.
    La dimen­sion humaine de l’association est très impor­tante. Un entre­pre­neur est néces­sai­re­ment une per­son­na­lité forte, donc sou­vent dif­fi­cile. Toute incom­pa­ti­bi­lité dans les per­son­na­li­tés ou les objec­tifs per­son­nels créera rapi­de­ment des pro­blèmes. Alors il ne faut pas avoir peur de prendre du temps et d’être sélec­tif. Si aucun asso­cié valable n’est motivé, soit le pro­jet n’est pas inté­res­sant, soit il n’est pas cor­rec­te­ment défini, et les entre­tiens menés per­met­tront jus­te­ment de le peaufiner.

    • [3.1] - Olivier Ezratty a répondu le 9 novembre 2009 :

      La com­pa­ti­bi­lité humaine est un besoin évident mais cela va mieux en le disant !

      Avec un équi­libre déli­cat : il doit y avoir un lea­der clair dans l’équipe, mais il ne doit pas pour autant écra­ser ses asso­ciés. Et un lea­der empa­thique, ce qui n’est pas tou­jours évident !

    • [3.2] - xlorin a répondu le 29 décembre 2009 :

      Cher Mon­sieur,

      je me per­mets de vous sou­mettre mon pro­fil sus­cep­tible de vous inté­res­ser (via­deo ou linkedin)

      Dis­po­sant d’un capi­tal d’expertises en conseil stra­té­gique , accom­pa­gne­ment & direc­tion opé­ra­tion­nelle de Jeunes entre­prises inno­vantes en envi­ron­ne­ments IT, Bio­tech, clean­tech et Medi­cal Devices notam­ment, cou­plée avec une vision entre­pre­neu­riale proac­tive des enjeux busi­ness et tech­no­lo­giques et de l’optimisation de la per­for­mance opé­ra­tion­nelle fair value

      En phase de redé­ploie­ment 2010, me tiens à votre dis­po­si­tion pour exa­mi­ner les poten­tia­li­tés de rapprochement

      Cor­diales salu­ta­tions & bon réveillon

      Xavier LORIN
      +33603831927

  • [4] - Daniel COHEN-ZARDI a écrit le 9 novembre 2009 :

    Je pense effec­ti­ve­ment que la créa­tion d’un pro­jet d’envergure seul dans le domaine tech­no­lo­gique est vouée à l’échec.

    La dif­fi­culté est qu’un entre­pre­neur a par défi­ni­tion une très forte per­son­na­lité et une envie de suivre son che­min. Si je prends mon cas per­son­nel, la déci­sion de créer mon entre­prise a en fait pré­cédé celle de l’identification de mes associés.

    Il est par contre très évident pour moi aujourd’hui que le pro­jet aurait été très dif­fé­rent si je m’étais asso­cié avec d’autres per­sonnes que celles avec qui nous avons créé SoftFluent.

    Et que Soft­Fluent est ce qu’il est parce qu’il est l’oeuvre de 3 asso­ciés fon­da­teurs qui ont façonné l’entreprise ensemble dans les tous pre­miers mois de l’existence de celle-ci. Sur cer­tains aspects, on pour­rait même oser dire que la direc­tion stra­té­gique actuelle vient plus du choix de mes asso­ciés que de moi-même, même si je porte aujourd’hui tota­le­ment cette stratégie.

    La société dis­pose aujourd’hui d’une excel­lente dyna­mique qui repose en fait sur une alchi­mie assez rare qui est que :
    - Nous avons des com­pé­tences com­plé­men­taires
    - Nous res­pec­tons ses com­pé­tences com­plé­men­taires
    - Nous avons une confiance mutuelle très forte

    En croi­sant d’autres entre­pre­neurs asso­ciés, je pense que la com­plé­men­ta­rité ne suf­fit pas. C’est pour­quoi les modèles avec un maillon de mana­ge­ment impo­sés par les VCs conduisent sou­vent à l’échec.

    Il est impé­ra­tif aussi que cha­cun com­prenne que sa par­tie n’est pas for­cé­ment plus impor­tante que les autres, ce qui est une ten­dance humaine natu­relle. Cha­cun étant à l’aise avec ce qui l’intéresse, il a ten­dance à mini­mi­ser l’importance du reste. C’est vrai en mana­ge­ment en géné­ral, et c’est exa­cerbé dans un contexte d’associés s’il n’y a pas cette confiance très forte dans les com­pé­tences de l’autre.

    Du coup, l’entrepreneur qui démarre seul, devra s’entourer très vite, car je pense comme toi que le temps joue contre lui s’il reste seul plu­sieurs mois.

    C’est d’ailleurs amu­sant que j’écrive cela, car je ne me suis pas posé la ques­tion en par­tant de Micro­soft… et je n’avais rien sécu­risé en matière d’associés, confiant que j’en trou­ve­rai… (ou plus exac­te­ment tota­le­ment incons­cient de l’enjeu !) :)

  • [5] - Fred A. a écrit le 10 novembre 2009 :

    Tjrs très inté­res­sants, vos billets, ça touche sou­vent dans le mille des ques­tion­ne­ment exis­ten­tiel auquel on peut faire face.

    Nous sommes deux sur un pro­jet que l’on porte depuis 2 ans, mais nous ne cumu­lons pas l’ensemble des com­pé­tences.
    Nous fai­sons donc appel à de l’aide exté­rieure - par défi­ni­tion non gra­tuite -, mais nous pré­fè­re­rions évidem­ment avoir les com­pé­tences en interne.

    Mais comme vous le rap­pe­lez au départ, une de nos ques­tions est “que don­ner à ce nou­vel entrant pour l’attirer suf­fi­sam­ment sans nous bri­mer nous-mêmes”?
    Voilà deux ans que l’on tra­vaille dur, mais on manque cruel­le­ment de com­pé­tences tech­niques fortes dans le monde web, en par­ti­cu­ler dans des tech­nos toutes fraîches (Flex, Ruby on Rails…)

    Soit, on veut bien don­ner un % d’une société qui n’existe pas. Mais com­bien?
    Avez-vous des exemples, des endroits où nous pour­rions avoir ce genre de réflexion et de conclu­sion? Car nous n’en trou­vons pas…

    Merci en ts les cas pour vos billets!

    • [5.1] - Olivier Ezratty a répondu le 10 novembre 2009 :

      De deux choses l’une :
      - Soit on rai­sonne “asso­cié”, et en fait, on ne “donne pas” une part au troi­sième lar­ron, mais au contraire, il est l’un des inves­tis­seurs de départ dans la boite au moment de sa créa­tion, ce qui lui donne en retour une part de celle-ci. Sou­vent, c’est pour la for­ma­tion du capi­tal social. On peut le faire à la créa­tion de la société, ou bien lors d’une aug­men­ta­tion de capi­tal, voire même sans, au cas où on a prévu des parts pour ce faire. Les conseils juri­diques savent com­ment mon­ter cela. Com­bien ? Il n’y a pas de règle pré­cise. Cela dépend de la valeur esti­mée de la per­sonne et de celle de la société. Le cas se corse lorsque c’est le diri­geant que l’on recrute ainsi !
      - Soit on rai­sonne “res­sources”, et on le paye, ou bien comme sala­rié, ou bien comme inter­ve­nant externe (free­lance, boite de ser­vices, …), ou enfin… comme sta­giaire, une pra­tique fort cou­rante dans les start-ups.

      Il existe un inter­mé­diaire qu’on appelle “l’advisory capi­tal” qui consiste à rému­né­rer un conseil externe en parts dans la société (sous forme de BSA par exemple). On le fait rare­ment pour une com­pé­tence de type “déve­lop­pe­ment”, mais plus pour du conseil dans la pré­pa­ra­tion du busi­ness plan, dans du conseil vente ou marketing.

      D’une manière géné­rale, il est pré­fé­rable de créer la boite avec des asso­ciés qui regroupent les com­pé­tences clés pour celle-ci. La com­pé­tence en déve­lop­pe­ment logi­ciel n’est pas for­cé­ment des­ti­née à être inter­na­li­sée. Elle doit l’être pour un éditeur de logi­ciel (clas­sique ou SaaS). C’est moins vrai dans cer­taines acti­vi­tés Inter­net où le déve­lop­pe­ment logi­ciel est une sorte de com­mo­dité, sour­cée à l’extérieur. Ques­tion de défi­ni­tion du métier de la startup!

    • [5.2] - boris a répondu le 12 novembre 2009 :

      @Fred

      “on veut bien don­ner un % d’une société qui n’existe pas. Mais combien?”

      Je t’invite à lire ces billets qui appor­te­ront sur­ement une réponse à ton interrogation.

      http://dondodge.typepad.com/the_next_big_thing/2007/08/how-much-equity.html

      http://www.paulgraham.com/equity.html

      @Olivier

      Il existe quand même des cas de réus­site de socié­tés techno créées par une seule per­sonne (asso­ciés lar­ge­ment mino­ri­taires).
      Par exemple : http://www.youtube.com/watch?v=McYMkuHHwiU&feature=player_embedded#
      ou même MINT : http://www.techcrunch.com/2009/10/07/everything-you-wanted-to-know-about-startup-building-but-were-afraid-to-ask/

      Boris

  • [6] - herve a écrit le 11 novembre 2009 :

    C’est un sujet qui me tient par­ti­cu­liè­re­ment à cœur, tant j’encourage tout entre­pre­neur que je ren­contre à ne pas se lan­cer seul. C’est un des sujets de mon livre. Un autre exemple “célèbre” est celui d’Adobe. J’ai briè­ve­ment traité leur his­toire sur mon blog. Même si les deux fon­da­teurs n’étaient pas jeunes, Han­cock et War­nock jugent que l’association de deux fon­da­teurs est cri­tique. Pas tel­le­ment pour des rai­sons de com­plé­men­ta­rité, mais plus d’interchangeabilité… voici une cita­tion tirée de In the Com­pany of Giants: “We’ve res­pec­ted one another’s intel­lec­tual capa­bi­lity, inherent honesty, ethi­cal beha­vior and prin­ciples by which we lead our per­so­nal and busi­ness lives… The value of our friend­ship is so much more impor­tant.” Il me semble, mais je n’ai pas retrouvé la cita­tion exacte, qu’ils affir­maient même que le par­tage des roles (busi­ness et tech­nique) n’était mis en avant que pour faire plai­sir aux ana­lystes finan­ciers. Je mets plus en avant l’importance de se sou­te­nir mutuel­le­ment et aussi de se confron­ter devant les dif­fi­cul­tés et les ques­tions, que les com­plé­men­ta­ri­tés qui pour­ront être réso­lues par l’équipe à venir.

    Une der­nière lec­ture recom­man­dable est le “Foun­ders at Work” de Jes­sica Living­ston (le livre est peut-être tra­duit sous “les plus grandes réus­sites du web” mais ne rend pas jus­tice au titre anglais en admet­tant que les deux livres soient les mêmes).

  • [7] - François a écrit le 12 novembre 2009 :

    Bon­jour,

    Je tra­vaille depuis 6 mois à la créa­tion d’une pla­te­forme web com­mu­nau­taire pour les parents de Nantes métro­pole (pro­jet Parenco). Je suis diplômé d’une école de com­merce, j’ai 28 ans et 3 ans d’expérience en tant qu’ingénieur com­mer­cial dans le domaine de l’affichage vidéo.

    Votre billet est très juste et votre vision très prag­ma­tique est inté­res­sante. Nous tra­vaillons à 3 sur ce pro­jet. Un desi­gner qui a déjà l’expérience de la créa­tion d’entreprise dans le domaine de la paren­ta­lité (Arba­lange, un ser­vice de couche lavable pour les crèches de Nantes) et donc un cer­tain réseau dans notre domaine, un déve­lop­peur web qui ter­mine son école d’ingénieur infor­ma­tique et moi-même. Nous avons des com­pé­tences bien com­plé­men­taires pour notre pro­jet, nous nous connais­sons bien et nous sommes convain­cus du poten­tiel de cha­cun, ce qui je pense, est indis­pen­sable. C’est une grande force mais cela com­porte aussi un risque: nous avons par­fois du mal à bien nous coor­don­ner et à tous “ramer dans le même sens” mais cela me paraît nor­mal. Enfin, quand les dif­fi­cul­tés ren­con­trées et les doutes minent un peu le moral de l’un de nous, les autres sont tou­jours là pour le moti­ver, et c’est sûre­ment dans cette émula­tion que le tra­vail en équipe aide beau­coup les entrepreneurs.

    Nous avons égale­ment lancé un blog (www.parenco.net) pour com­mu­ni­quer sur l’avancée du pro­jet et dis­cu­ter des sujets trai­tant de la paren­ta­lité et du web 2.0. Il y a un peu de tra­fic mais très peu de par­ti­ci­pa­tion de nos lec­teurs (com­men­taires…). Enfin, nous avons inté­gré Atlan­tic 2.0, l’association des web-entrepreneurs de Nantes et ça nous aide énor­mé­ment pour les retour d’expérience et pour tou­cher les bonnes per­sonnes sus­cep­tibles de por­ter Parenco. Néan­moins la route est encore longue (nous rédi­gons le cahier des charges fonc­tion­nelles) et les inter­ro­ga­tions sur le via­bi­lité du pro­jet encore nombreuses…

    • [7.1] - Fred A. a répondu le 17 novembre 2009 :

      @François : pour aug­men­ter la par­ti­ci­pa­tion de tes lec­teurs, je te sug­gère de te rendre sur le site http://www.managerunecommunaute.com/, tu y trou­ve­ras une com­mu­nauté prête à t’aider - car c’est son job :) - et aussi des e-book gra­tuits sur com­ment faire bou­ger ta communauté!

      Et si tu es de pas­sage dans la capi­tale un jour où il y a un ras­sem­ble­ment du Café Des Com­mu­nau­tés (men­suel), je te conseille de t’y rendre, ils ne sont pas avares de conseils! :)

  • [8] - Cedric a écrit le 18 novembre 2009 :

    Il y a de plus en plus d’endroits pour se ras­sem­bler entre entre­pre­neurs (ou futurs entre­pre­neurs) du web. Pour n’en citer que quelques unes : Open­cof­fee, Seed­net­wor­king etc…

    Et jus­te­ment Oli­vier je vou­lais te par­ler de http://paris.startupweekend.org/ qui est début Décembre à Paris. Peut-être que le concept t’intéressera ? Une ren­contre sur 56 heures, un peu dans le style des “hacka­thons” mais pour les star­tu­pers et les por­teurs de projet !

    • [8.1] - defr a répondu le 28 décembre 2009 :

      Merci Cédric pour ces deux exemples d’initiatives pour se ras­sem­bler entre entre­pre­neurs. Mais comme ce sont les deux seules que je connais déjà alors que vous sem­blez en connaitre d’autres, pour­riez vous les indi­quer svp ? Merci d’avance

  • [9] - sylvain a écrit le 20 novembre 2009 :

    Pour­quoi NKM fait elle créer pour elle même une agence de moyens des­ti­nés aux pro­jets inno­vants du numé­rique alors qu’Oséo Inno­va­tion finance déjà ces pro­jets (issus pour la plu­part de PME et jeunes entre­prises) avec des moyens réduits en aide publique. NKM pour­rait elle avoir Oséo Inno­va­tion comme agence de moyens ?
    http://www.elysee.fr/download/?mode=press&filename=EMprunt_national_priorites_strategiques_d_investissement.pdf

  • [10] - undefined a écrit le 29 novembre 2009 :

    Bon­jour Oli­vier Ezratty,

    Autant j’aime beau­coup depuis de nom­breux mois lire votre blog, autant là je suis un peu déçu.

    voilà briè­ve­ment pourquoi :

    1) plus il y a de per­sonnes autour d’un pro­jet plus les risques de dérives sont grands, par exemple ( de ma propre expé­rience) quand le déve­lop­peur prin­ci­pal quitte un pro­jet la plu­part du temps le pro­jet meurt.

    2) plus il y a du monde , plus la pro­pen­sion à péren­ni­ser le pro­jet est dif­fi­cile. plu­sieurs salaires à régler , c’est plus dif­fi­cile qu’un seul salaire. ( vous en avez vu com­bien vous des pro­jets dans lequel une moné­ti­sa­tion et un équi­libre devient réel au bout d’un an).

    3) plus il y a du monde plus les risques relationels(incompatibilité, comm­mu­ni­ca­tion ) sont grands sans que la pro­duc­ti­vité en soit améliorée.

    4 ) plus il y a du monde , plus la défi­ni­tion d’un pro­jet clair et assumé est difficile.

    et j’en passe.

    Et puis pre­nez le temps de regar­der un peu plus ce qui se passe sur Face­book, sur l’Iphone, et de +en+ sur open­So­cial et vous ver­rez que des “entre­pre­neurs seuls” s’en sortent très bien.
    cor­dia­le­ment et merci pour la qua­lité de ce blog :)

    • [10.1] - Olivier Ezratty a répondu le 29 novembre 2009 :

      Désolé de déce­voir, même si il ne faut peut-être pas confondre désac­cord et décep­tion dans un débat :) . D’autant plus que vous devez aussi être “déçu” par les autres com­men­taires de cet article.

      Pour aller dans votre sens, le gou­ver­ne­ment dirait aussi qu’il y a des cen­taines de mil­liers d’auto-entrepreneurs grâce à la LME de 2008…

      Il me faut cepen­dant pré­ci­ser le point de vue exposé dans l’article :

      - J’entends par entre­pre­neur celui qui veut créer une entre­prise au delà de sa propre per­sonne et qui a une ambi­tion forte.

      - Je posi­tionne le pro­jet comme ayant besoin de lever des fonds, chez des busi­ness angels et poten­tiel­le­ment ensuite chez des VCs. Voire même sim­ple­ment des aides ou avances publiques en amont.

      - Je place le débat au niveau des fon­da­teurs de la société, pas de ses sala­riés éven­tuels. C’est effec­ti­ve­ment très dif­fé­rent. Quand des fon­da­teurs se lancent ensembles, ils prennent un risque voi­sin. Sou­vent de ne pas se payer pen­dant quelques temps et ensuite très peu. S’il s’agit d’anciens sala­riés, ils peuvent béné­fi­cier des ASSEDIC pen­dant 18 mois.

      - Je ne recom­mande pas d’avoir des équipes fon­da­trices plé­tho­riques. Il faut envi­ron 2 à 3 per­sonnes qui s’entendent très bien et si pos­sible se connaissent depuis quelques années au moins. Elles doivent être com­plé­men­taires et pou­voir bien se répar­tir les tâches. Ainsi, les pro­blèmes de coor­di­na­tion que vous évoquez sont limi­tés.
      Au delà, vous avez rai­son, cela devient dif­fi­cile à gérer. Mais votre point 1) et 2) sont à équi­li­brer avec l’immensité de la tâche consis­tant à créer une entre­prise. Je côtoie aussi des entre­pre­neurs seuls qui regrettent vrai­ment cette situa­tion et auraient pré­fé­rer démar­rer leur pro­jet avec un ou deux associés.

      Pour ce qui et des entre­pre­neurs qui déve­loppent des appli­ca­tions iPhone ou Face­book, bien sûr, il y en a plein. C’est la “long tail” de l’entreprenariat. Mais cela reste des entre­prises uni­per­son­nelles qui créent dans l’ensemble peu d’emplois.

      Il en a tou­jours existé dans le logi­ciel et le web, notam­ment autour des sha­re­ware, mais aussi de la vente en lignes (les bou­tiques dans eBay ou Ama­zon…). Mais com­bien de ces boites ont dépassé le mil­lion de $ de CA et créé des emplois ?

      Bref, on ne parle pas de la même chose…

  • [11] - undefined a écrit le 29 novembre 2009 :

    au contraire nous par­lons tout à fait de la même chose.
    De Entre­pre­neu­riat inter­net.
    Du moins j’espère et pour le coup au vue du CA de cer­taines appli­ca­tions FB , on est loin de la petite” bou­tique eBay”. (http://www.zynga.com/about/).
    Ce que je veux sou­li­gner c’est ce fan­tasme de “l’équipe inter­net qui gagne”. Quel est l’équipe ?? A bon vous êtes tout seul alors c’est pas bon du tout.
    N’exagérons rien, la plu­part des gros suc­cès inter­net ont été généré par des” équipes” de 1 à 2 per­sonnes à la base.
    vous le dites d’ailleurs vous même.
    Google = 2 per­sonnes à l’origine.
    You­tube = idem.
    Mys­pace = 2 per­sonnes.
    Face­book = 1 per­sonnes d’après ce que je sais.
    Dai­ly­mo­tion= 2 per­sonnes.
    Dee­zer= 1 per­sonne rejointe ensuite par 1 autre.

    Mais à chaque fois que vous vou­lez ren­con­trer un fond d’investissement ou le moindre petit BA alors il vous parle d’équipe, d’ Advi­sory Board, de la branche com­mer­ciale de votre pro­jet, de l’aspect mana­ge­ment ‚RH. Ouf.…..
    Ils auraient fait quoi s’il avait ren­con­tré Ser­gey Brin et Larry Page. ???. Ils auraient parlé “équipe”. En France, oui !

    Désolé pour le terme “déçu”, c’est que j’ai l’habitude de voir ici un avis plus éclairé qu’ailleurs. A force je m’habitue.
    Je ne vou­lais pas être désagréable.:).

    • [11.1] - Olivier Ezratty a répondu le 29 novembre 2009 :

      Sauf que dans ces exemples, il y a au moins 2 fondadeurs :

      - Zynga a trois cofon­da­teurs d’après le lien que vous fournissez.

      - Face­book a été créé par 4 per­sonnes dont Zucker­berg est certes le lea­der (cf http://en.wikipedia.org/wiki/Facebook).

      - Dee­zer pro­vient d’une boite qui a deux fon­da­teurs (http://fr.wikipedia.org/wiki/Deezer).

      - You­tube a été créé par trois anciens de PayPal.

      Une rare excep­tion récente qui manque à votre liste : Mint (http://en.wikipedia.org/wiki/Mint.com). Qui a été récem­ment acquis par Intuit.

      Pas isolé pour moi, cela veut dire 2 asso­ciés au moins au départ. C’est tout. Il n’empêche pas moins qu’il est pré­fé­rable que parmi ces fon­da­teurs, un lea­der se détache clairement.

      Mon pro­pos s’appuie sur l’observation des plus grands suc­cès anciens comme récents. Pour l’instant, il ne me semble pas m’être égaré d’un point de vue sta­tis­tique ! Ne serait-ce qu’avec votre propre échantillon…

      Mais puisque vous prê­chez pour la boite avec un seul fon­da­teur, nos lec­teurs seront inté­res­sés de connaitre votre point de vue sur la manière de réus­sir dans ces conditions.

  • [12] - boris D. a écrit le 30 novembre 2009 :

    Une remarque :

    Alors qu’un pro­jet d’entreprise est très sou­vent le fait d’une équipe, comme le fait jus­te­ment remar­quer Oli­vier, notons que les concours fran­çais type OSEO, et trem­plin entre­prise ne font éton­nam­ment res­sor­tir qu’un seul por­teur par projet.

    Sur­ement pour des rai­sons admi­nis­tra­tives je pense, mais qui vont à l’encontre de l’esprit d’équipe.

    Boris

  • [13] - undefined a écrit le 12 décembre 2009 :

    @ Oli­vier
    donc 2 per­sonnes pour vous c’est une équipe c’est bien cela ????.
    Et vous pen­sez hon­nê­te­ment que la dif­fé­rence entre 2 per­sonnes et un unique por­teur de pro­jet soit d’une impor­tance capi­tale dans la déter­mi­na­tion de la vali­da­tion d’un pro­jet ??
    Car c’est ce que vous sem­blez dire.
    1 por­teur de pro­jet = pro­jet pas très valide.
    1 équipe de 2 asso­ciés = pro­jet valide.

    Pour ce qu’il s’agit de mon expé­rience je pour­rais vous en par­ler.
    J’ai lancé il y a quelques mois un pro­jet tout seul. Le pro­jet existe et est aujourd’hui en ligne.
    Cer­taines per­sonnes l’ont même com­pa­rés à d’autre pro­jets concur­rents, sans d’ailleurs savoir que der­rière mon pro­jet il n’y avait qu’une seule per­sonne, alors que chez les concur­rents il y a toute la fameuse “équipe” qui vous est chère.
    Je ne dis pas qu’il faille lan­cer un pro­jet tout seul, et hon­nê­te­ment si d’autres gens com­pé­tents sont prêts à me rejoindre je les accep­te­rai avec enthou­siasme .
    Une équipe oui, mais à quel prix ? pour quel usage ? et sur­tout pour quelle légitimité.

    Ha au fait Dee­zer c’est une per­sonne au début rejoint plus tard par une autre !!! Atten­tion à Wikipédia.!!!

    • [13.1] - Olivier Ezratty a répondu le 12 décembre 2009 :

      Je n’ai pas écrit que c’était une condi­tion de vali­dité, mais plu­tôt une condi­tion de réus­site pour créer une entre­prise de taille res­pec­table et notam­ment une condi­tion impor­tante pour atti­rer des inves­tis­seurs. Et effec­ti­ve­ment, une équipe de fon­da­teurs, cela com­mence avec au moins deux personnes.

      Pour ce qui est de Dee­zer, Wiki­pe­dia n’est certes peut-être pas par­fait, mais le “ http://www.deezer.com/fr/#legal/about.php>About” de Dee­zer indique tout de même:

      “Dee­zer, c’est tout d’abord l’histoire d’un site « réin­ven­teur » de musique, der­rière lequel se cachent ses deux jeunes fon­da­teurs Daniel Marhely et Jona­than Benassaya”.

      Quelle que soit la chro­no­lo­gie, à un moment donné, il s’agissait donc bien d’une équipe de deux fondateurs.

      Je n’ai pas non plus affirmé qu’il était impos­sible de réus­sir sa star­tup en démar­rant seul. J’ai juste indi­qué que c’était plus dif­fi­cile qu’en démar­rant à plusieurs.

  • [14] - undefined a écrit le 12 décembre 2009 :

    bon pour Dee­zer , Jona­than Benas­saya est venu bien plus tard.Il reve­nait du Japon. A l’époque Dee­zer s’appellait blog­mu­sik et pen­dant plu­sieurs mois son fon­da­teur était tout seul.Et le pre­mier look de Dee­zer (enfin blog­mu­sik ) c’était “imi­ta­tion Ipod”. Mais bon…Croyez ce que vous voulez.

    Par contre oui effec­ti­ve­ment c’est beau­coup plus dif­fi­cile en com­men­çant tout seul.
    Et les choses sont encore ren­dues beau­coup plus dif­fi­ciles car il y a cette men­ta­lité du “quel est votre équipe”.
    J’ai pas d’équipe , je cherche des moyens pour en for­mer une. Pas le contraire.
    C’est la démarche qui motive mes “com­men­taires” sur cet article.
    Il y a un véri­table pro­blème cultu­rel “de l’équipe qui gagne” alors que tout prouve que la plu­part des grands pro­jets inter­net ont été réa­li­sés par 2 hommes tout au plus.

    Tu parles d’une équipe !!!!

  • [15] - Benjamin a écrit le 24 décembre 2009 :

    Bon­jour,

    Article très inté­res­sant. Il est bon de pré­ci­ser que les asso­ciés doivent être choi­sis dés le début de l’aventure. Ensuite, il est sou­vent trop tard…

    J’ai créé mon entre­prise il y a main­te­nant 2 ans et étant donné que j’ai monté le pro­jet de A à Z en solo, je suis moins enclin à ouvrir la porte aux per­sonnes intéressés.

    Il faut trou­ver des per­sonnes très moti­vés, pas uni­que­ment dans le besoin d’argent, qui sera for­cé­ment com­plé­men­taire, pas facile…

  • [16] - Nicolas Chevallier a écrit le 24 décembre 2009 :

    J’ai lancé depuis plus de 2 ans main­te­nant un site inter­net, seul. Par volonté plu­tot que par néces­sité, car les pre­mières ten­ta­tives pour mon­ter une boite avec d’autres asso­ciés se sont toutes sol­dées pâr un échec. Pour­quoi? Car il vaut mieux être seul que mal accom­pa­gné, et trai­ner un ou deux bou­lets, être motivé pour trois ou avoir l’impression de tra­vailler pour d’autres n’est pas non plus une bonne chose. Aujourd’hui je vis très bien le fait d’être seul : aucun compte à rendre ni pour­par­ler avant de prendre la moindre décision.

    Je ne m’associerai pour rien non au monde! (sur­tout main­te­nant que l’affaire est rentable).

  • [17] - Hamid Bouarfa a écrit le 25 décembre 2009 :

    Je suis dans le même cas que Nico­las. Une pre­mière ten­ta­tive à deux, mais je devais tout faire.
    J’ai donc inté­gré un sys­tème d’incubateur ou on est épaulé pour le déve­lop­pe­ment com­mer­cial et la ges­tion. Au bout de 10 mois, l’expérience étant concluante, je me lance seul, mais reste conseillé par cette struc­ture pour la par­tie com­mer­ciale.
    Il est vrai qu’être deux est plus inté­res­sant, à condi­tion que l’autre se défonce autant, ne compte pas ses heures et qu’une grande confiance lie les partenaires.

    • [17.1] - Olivier Ezratty a répondu le 25 décembre 2009 :

      Nico­las et Hamid,

      Bravo pour avoir réussi à lan­cer votre pro­jet tout seul !

      Mal­gré tout, nous ne par­lons pas de la même chose.

      Mon pro­pos concerne les star­tups qui ont voca­tion à deve­nir des “entre­prises” non uni-personnelles. Des PME, des équipes de plu­sieurs dizaines de per­sonnes, un vrai busi­ness inter­na­tio­nal, sans comp­ter la posi­tion enviée de “lea­der” dans un mar­ché donné.

      Il existe bien entendu des dizaines de mil­liers d’entreprises uni­per­son­nelles qui réus­sissent. Rien qu’en France, plu­sieurs dizaines de mil­liers de ven­deurs eBay qui s’en sortent. Et des créa­teurs de sites web qui arrivent à gagner à peu près cor­rec­te­ment leur vie.

      Cela n’en fait pas pour autant des PME ou des entre­prises de crois­sance, celles qui font notam­ment l’objet de l’attention des inves­tis­seurs. Les entre­pre­neurs qui ne sou­haitent pas créer “d’entreprise” au sens PME du terme n’intéressent géné­ra­le­ment pas ces inves­tis­seurs. Et cela me semble plu­tôt fondé.

      C’est donc juste une ques­tion d’échelle et d’ambition pour les entre­prises créées.

      • [17.1.1] - Nicolas Chevallier a répondu le 28 décembre 2009 :

        J’ai ren­con­tré plu­sieurs inves­tis­seurs poten­tiels qui me pro­po­saient d’investir des mil­lions d’euros dans le pro­jet. En échange ils vou­laient une bonne par­tie de la société, et un déve­lop­pe­ment euro­péen du projet.

        Donc en gros pour moi une perte d’autonomie et un busi­ness plan revu, qui ne cor­res­pon­dait plus à mes objec­tifs. De quoi dégou­ter (ou appâ­ter) plus d’un entre­pre­neur, mais avec un objec­tif tota­le­ment far­felu. Si le but est de lever des mil­lions pour les cla­quer, ce n’est pas ma vision des choses.

        Je crois à la dyna­mique des entre­pre­neurs sans argent, qui sou­lèvent des mon­tagnes et qui font atten­tion à la moindre dépense. Je suis seul déci­sion­naire, mais je suis entouré d’un com­mer­cial, d’une gra­phiste, d’un spé­cia­liste vidéo qui sont comme moi auto entre­pre­neur, et comme moi motivés.

        Avec des mil­lions qu’est ce que je ferai? Rien de plus, rien de mieux.

  • [18] - François a écrit le 28 décembre 2009 :

    Si l’entreprise n’a pas voca­tion à gros­sir, à prendre des parts de mar­ché à l’international, c’est sûr qu’il est inutile d’ouvrir son capi­tal. Je pense qu’Olivier par­lait de ces futures grosses boîtes et non des boites en “uni­per­son­nel” ou “auto-entreprise” gagnant moins de 100 000 euros par an, soit une forme “d’auto-salariat”. Ce ne sont pas de véri­tables entre­prises géné­rant du PNB.
    Mais peut être que l’avenir est aux mini-entreprises à capi­taux fami­liaux basées sur l’échange de proxi­mité. Cela ne va pas faire les choux-gras des capitaux-risqueurs, qui de toute façon n’investissent dans pas grand chose non plus.

  • [19] - defr a écrit le 29 décembre 2009 :

    Un billet pas­sion­nant, Olivier.

    Et que pensez-vous de l’association à deux, mari + femme ? Je ne parle pas d’une petite bou­tique mais bien d’une start up ayant voca­tion à gros­sir et à s’internationaliser.
    Mon épouse et moi même sommes dans ce cas actuel­le­ment (le pro­jet n’en est qu’à ses pré­mices) et nous avons par­fois l’impression de consti­tuer un atte­lage à mi che­min entre la vraie asso­cia­tion (car nous ne sommes pas trop de deux pour tout ini­tier) et le pro­jet per­son­nel (car le fait d’entreprendre en couple uni par ailleurs me fait par­fois pen­ser que 1+1 =1. Avec tout ce que cela a d’agréable mais aussi de ris­qué en termes d’ouverture sur l’extérieur)

    Il se trouve en plus que notre société (un site web de recom­man­da­tion) a une com­po­sante tech­nique évidente alors que ni elle ni moi n’avons cette com­pé­tence. Sur ce sujet aussi, nous nous inter­ro­geons sur le risque à confier la par­tie pro­gram­ma­tion (si impor­tante) à un prestataire.

    • [19.1] - Olivier Ezratty a répondu le 29 décembre 2009 :

      Dans l’absolu il n’y a pas de contre indi­ca­tion, sur­tout si le busi­ness n’a pas de voca­tion à deve­nir une “entre­prise” avec des salariés.

      Dans l’histoire des entre­prises et des star­tups, on est plus proche du por­trait robot de la bou­lan­ge­rie et du petit com­merce que de l’entreprise de high-tech.

      Quelques aspects à prendre tou­te­fois en consi­dé­ra­tion :
      - L’entente dans le couple. Elle peut aller dans la vie pri­vée, mais com­bi­ner la vie pri­vée et le tra­vail est plus dif­fi­cile pour pré­ser­ver cette entente dans la durée.
      - Le mix de com­pé­tence. Est-ce qu’il est bien égal entre les deux par­ties du couple ? Où est-ce que l’un des deux joue juste un rôle admi­nis­tra­tif ?
      - L’étalement du risque. Un couple prend beau­coup de risque à s’associer dans une entre­prise. Si elle capote, le couple est dans une dif­fi­culté plus grande que si seule­ment l’un d’entre eux entre­prend, ou s’ils entre­prennent dans deux entre­prises dif­fé­rentes.
      - Les “family busi­ness” ne sont pas très bien vus des inves­tis­seurs (busi­ness angels et sur­tout VCs) pour les rai­sons précédentes.

    • [19.2] - boris D. a répondu le 6 janvier 2010 :

      Bon­jour,

      Pour vous encou­ra­ger, sachez que Cisco Sys­tems a été créé par un couple.

      Boris

  • [20] - INSTANT'ARCHI a écrit le 18 janvier 2010 :

    Echanges très inté­res­sants.
    Au pas­sage, je trouve par­ti­cu­liè­re­ment utile pour le lec­teur de blog, votre évalua­tion du volume de lec­ture du billet entre l’introduction et le déve­lop­pe­ment… fil conduc­teur per­ti­nent pour ser­vices à inventer.

    Le milieu des start-up web, ses codes et autres méthodes peut être mal-compris et peu acces­sible. Or, selon moi, le “car­re­four” inter­net n’est qu’un moyen et non un objet en soi.
    En terme d’initiative à par­ta­ger, com­ment faci­li­ter la trans­ver­sa­lité des ren­contres au-delà des cor­po­ra­tions établies, cor­po­ra­tions qui sont les pre­mières à béné­fi­cier d’un levier d’innovation, dans les outils comme dans leurs usages?




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