Un mariage risqué

Publié le 1 février 2008 et mis à jour le 3 février 2008 - 37 commentaires -
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Micro­soft rachète fina­le­ment Yahoo! Pen­dant plu­sieurs mois, les spé­cu­la­tions sur le sujet allaient bon train, mais je n’y croyais pas trop, dou­tant de la capa­cité de Micro­soft à non pas faire cette acqui­si­tion, mais à la réus­sir après coup.

Comme je ne suis mal­heu­reu­se­ment pas en mesure d’éviter à Micro­soft de faire des âneries, ils l’ont faite ! Alors 1+1>2 ou pas? Mal­gré tout le bara­tin offi­ciel sur les “syner­gies”, je pense que cette acqui­si­tion est mal venue et qu’il n’est pas évident que la mayon­naise prenne.

Pour trois rai­sons structurelles :

  • Fusion­ner deux socié­tés de cette taille (80000 et 15000 per­sonnes) est tou­jours dif­fi­cile, sur­tout quand les cultures d’entreprises ne sont pas bien ali­gnées. L’alignement est loin d’être évident pour ces deux boites! D’autant plus que les 15000 per­sonnes de Yahoo vont être inté­grées à des acti­vi­tés qui en font moins de 10000 (MSN et Live). Donc, on jumelle en fait deux boites de taille équivalente!
  • Il y a beau­coup de redon­dances entre Micro­soft (MSN, Live) et Yahoo sur Inter­net: sur­tout avec Hot­mail / Yahoo Mail, Ins­tant Mes­sen­ging, Search (voir une liste de mon cru pro­ba­ble­ment incom­plète ci-dessous). Mais heu­reu­se­ment quelques atouts chez Yahoo qui n’ont pas d’équivalent chez MS: Fli­ckr et Deli­cious. Ces redon­dances vont géné­rer des com­bats de chefs, des fusions, des regrou­pe­ments, ou bien rien du tout, et il n’y aura pas de syner­gies réelles. Si regrou­pe­ments il y a, rien ne dit que les audiences vont s’additionner. Fusion­ner le search de Micro­soft et de Yahoo ne va pas for­cé­ment géné­rer une part de mar­ché équi­va­lente à la somme des deux. Idem pour la mes­sa­ge­rie. Idem pour les blogs et les réseaux sociaux (où ni l’un ni l’autre ne brille).

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  • Yahoo est actuel­le­ment sur la pente des­cen­dante, et Micro­soft ne va pas très bien sur Inter­net (parts de mar­ché en baisse sur le Search sur 2 ans après d’énormes inves­tis­se­ments). Ache­ter à la baisse sur Inter­net n’a pas vrai­ment de pré­cé­dent. Mais c’est rare­ment de bon augure. Micro­soft deviendrait-il le Com­pu­ter Asso­ciates de l’Internet?

Mal­gré tout, il pour­rait y avoir de bonnes syner­gies sur le busi­ness que les inter­nautes ne voient pas: la régie publi­ci­taire. Le cumul des parts de mar­ché de MS et Yahoo donne un ensemble de taille res­pec­table. Mais je trouve que Micro­soft rai­sonne trop “publi­cité” avant de rai­son­ner “valeur pour le consom­ma­teur”. C’est une vision “back-end” et non “front-end” de l’Internet. C’est un bon front-end qui per­met d’avoir un bon back-end, comme chez Google. Pas le contraire.

Alors, deux boites qui “exé­cutent” mal leur stra­té­gie Inter­net peuvent-elles sur­mon­ter toutes ces épreuves et deve­nir d’excellents opé­ra­tion­nels une fois unis? Bien, je demande à voir…

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Sinon, finan­ciè­re­ment, le prix est élevé. Micro­soft va cla­quer tout son cash dis­po­nible (envi­ron $22B) et com­plé­ter avec un échange d’actions qui aura un impact à la baisse sur son cours, qui a déjà com­mencé (visible en after mar­ket dans le graphe ci-dessus). Si au moins l’acquisition s’était faite à un bon prix, mais ce n’est même pas le cas!

Sinon, pour ce qui est de la France, le nou­veau siège de Micro­soft en construc­tion à Issy les Mou­li­neaux devrait pou­voir accueillir Yahoo France car il a été bien dimen­sionné. Mais j’en connais une, en charge du pro­jet de démé­na­ge­ment, qui doit se dire que les impré­vus, cela com­mence à bien faire!

Bon, je ne vais pas faire dans comme la fameuse pub de Renault le coup du “ça ne mar­chera jamais” et me plan­ter lamen­ta­ble­ment. Mais juste rele­ver que le défi pour Micro­soft est énorme, et avant tout humain et mana­gé­rial, pour éviter d’aboutir à un déce­vant 1+1<2.


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Publié le 1 février 2008 Post de Olivier Ezratty | Actualités, Google, Internet, Microsoft | 37 commentaires

Les 37 commentaires sur “Un mariage risqué” :

  • Je par­tage assez ton avis .… et la pire erreur serait qu’ils fassent une fusion.
    Il fau­drait qu’ils laissent 100% vivre Yahoo en leur faci­li­tant la vie à 100%, voir en conti­nuant de coter la société, sinon 1+1 « 2 … Yahoo se Micro­sof­tera et ce sera ter­rible.
    Par contre si Micro­soft leur trans­fert leur acti­vité Inter­net et font d’un coté un géant du logi­ciel et de l’autre un géant du “on line / contenu / ser­vices” et tirent les vraies syner­gies des deux modèles, ils peuvent faire qq chose de fan­tas­tique.
    Quant à la rumeur Apple / Yahoo … pas une seconde je n’y croyais .… fau­drait que Steve se mette à aimer le on-line et com­mence à croire à .Mac. Il a pour­tant un truc génial avec ca … si il trouve le temps de s’en occu­per sérieusement.

  • Il me semble qu’on peut faire confiance au top mngt de MS, que per­sonne ici n’a pro­ba­ble­ment réel­le­ment côtoyé, pour avoir un tant soit peut réflé­chi à l’apport de valeur et à la syner­gie aussi bien qu’aux écueils et aux dan­gers d’un tel achat.

    Au-delà de la dis­cus­sion de comp­toir qui peut être sym­pa­thique, ima­gi­ner un seul ins­tant qu’ils n’ont pas inté­gré ces dif­fé­rents éléments est une insulte phé­no­mé­nale à leur intelligence…

    Quoiqu’il en soit le che­min est encore assez long pour que les équipes soient ensemble dans le beau bâti­ment com­mer­cia­lisé par Gene­rali. La per­sonne dont parle Oli­vier ne sera d’ailleurs plus là déjà lol

    Fai­sons confiance au top mana­ge­ment, (moins au midle c’est sur) de cette boite ils savent pro­ba­ble­ment plus ce qu’ils font que tous les commentateurs.

    Ami­ca­le­ment

  • [3] - Olivier Ezratty a écrit le 1 février 2008 :

    Ayant passé 15 ans chez Micro­soft, j’ai cotoyé les gens en question!

    Ils ont beau être brillants indi­vi­duel­le­ment, cela ne les empêche pas col­lec­ti­ve­ment de pêcher et notam­ment d’avoir des dif­fi­cul­tés à inté­grer les acquisitions.

    C’est le propre des grandes orga­ni­sa­tions. Très peut savent digé­rer cor­rec­te­ment leurs acqui­si­tions. Cisco est un modèle du genre, jamais véri­ta­ble­ment égalé avec suc­cès dans l’industrie. Micro­soft est plu­tôt en queue de pelo­ton dans ce sport, sur­tout pour les “grosses” acqui­si­tions (Visio, Great Plains, Navi­sion, on demande à voir ce qu’il advien­dra de aQuantive).

    J’ai vécu diverses acqui­si­tions et beau­coup étaient gérées sans for­cé­ment un bon tra­vail de pré­pa­ra­tion. Et d’ailleurs, je ferais plus confiance au middle mana­ge­ment qu’à ceux du dessus…!

  • Et les uti­li­sa­teurs ?
    Les fidèles de yahoo (+ fli­ckr, deli­cious) ne sont, de mon expe­rience, pas tres ama­teurs de Micro­soft et tout ce qu’il traine comme image. non ?

    On parle des syner­gie internes dif­fi­ciles, je met­trai égale­ment l’accent sur le risque de migra­tion mas­sive des clients yahoo vers …google, quand c’est pos­sible, si Micro­soft vient mettre sa patte dans les ser­vices Yahoo.

    Je sur­es­time peut etre l’aversion de beau­coup d’usagers pour Microsoft…

  • [5] - Olivier Ezratty a écrit le 1 février 2008 :

    Oui, peut-être. Les réac­tions des uti­li­sa­teurs aux agis­se­ments du résul­tat de la fusion pour­raient avoir un impact néga­tif sur le tra­fic. Et pas néces­sai­re­ment à cause de l’image Micro­soft mais à plus de déci­sions pro­duit. Comme le rebran­ding de ser­vices, leur fusion, le pas­sage à un ID unique (pro­ba­ble­ment à terme celui de Micro­soft, ancien­ne­ment appelé Pas­sport) ou tout du moins l’interopérabilité avec l’ID Yahoo.

  • A mon avis l’aversion Google arri­vera imman­qua­ble­ment. Google est a l’image de ce qu’était MS il y a une dizaine d’années…Une boite qui semble sym­pa­thique, gérée par de jeunes gens, avec des résul­tats et un cours de bourse extra­or­di­naire bla bla bla…mais pro­ba­ble­ment plus vite que cela n’a été le cas pour MS tout cela peut se retour­ner. 75% de part de mar­ché dans les AD c’est trop…c’est d’ailleurs cher pour qui en a déjà fait. D’autant qu’ils sont juges et par­ties et qu’ils concur­rencent assez faci­le­ment leurs propres annon­ceurs. C’est assez facile pour eux d’être rank 1 dans les recherches sur la sur­face de leur busi­ness. (les autres font pareils d’un autre côté)

    En France entre 85 & 90% du search est réa­lisé avec Google. Est-ce bien rai­son­nable ? N’est ce pas dan­ge­reux ? Moi cela me fait flip­per de pen­ser qu’une boite puisse avec ses propres algo­rithmes, voire ses choix, te remon­ter les infor­ma­tions qu’ils veulent sur une recherche.

    En tant qu’utilisateur, tout ce qu’on peut sou­hai­ter et qu’ils soient sérieu­se­ment concur­ren­cés. Que les prix d’AD baissent, que le search soit plus ouverts…que des nou­veaux moteurs appa­raissent réel­le­ment (moins basés sur les offres com­mer­ciales mais sur les carac­té­ris­tiques des produits…)

    Sor­tons du for­ma­tage ! Et espé­rons que cela se fasse et qu’il y ait un contre­poids efficace.

    Je per­siste à pen­ser que quand MS met 45 Mil­liard de $ sur la table, le top mngt sait ce qu’il fait et qu’il met­tra tout en œuvre pour que la fusion se fasse dans de bonnes condi­tions. Les exemples de fusion « lou­pés » (au moins en France qui n’est « qu’une filiale » exé­cu­tante je crois) don­nés par Oli­vier n’étaient sauf erreur sans com­mune mesure avec celle-ci. Tant qu’ils ne mettent pas McKin­sey dans la boucle LoL

    Bon allez…à par­tir de demain, je fais mes recherches alter­na­ti­ve­ment sur Live et sur Yahoo…et je range Google au placard !

    Bonne soi­rée

  • >JM Planche
    Je par­tage ton ana­lyse, sauf sur le fait qu’Apple, et donc Steve Jobs, ne se soit pas posé la ques­tion très très sérieu­se­ment, mais ce n’est plus vrai­ment l’ordre du jour :-)

    Sinon, oui, conser­ver Yahoo en struc­ture “indé­pen­dante ” me semble le meilleur choix, tant en terme de risque à l’intégration, qu’en terme d’image, mais aussi pour ne pas anni­hi­ler l’effet 1+1 du CA inter­net, et enfin pour se pré­mu­nir d’un deuxième effet Kiss Cool antitrust.

  • [8] - Olivier Ezratty a écrit le 2 février 2008 :

    Pers­pec­tive his­to­rique : com­bien de fusion de deux boites mal en point (dans un domaine) face à un lea­der domi­nant ont donné des résul­tats pro­bants ? Voir par exemple cet article pris un peu au hasard sur la toile. Les études aux US montrent que la majo­rité des fusions ne fonc­tionnent pas et que moins de 20% d’entre elles génèrent de la valeur pour les action­naires ! Les revues comme Har­vard Busi­ness Review sont pleines d’exemples de fusions ratées et d’études asso­ciées. Ces échecs en quan­tité sont liés à des rai­sons qui sont dans mon post et qui n’ont pas grand-chose à voir avec le mar­ché consi­déré. Elles sont mana­gé­riales et humaines bien plus que techniques.

    Com­bien de fois des chal­len­gers se sont fusion­nés pour contrer la domi­nance de Micro­soft sur le poste de tra­vail ? Novell rache­tant Word­per­fect en 1994 et le reven­dant à Corel deux années plus tard. Et IBM ava­lant Lotus en 1995 pour $5B, ce qui était énorme à l’époque, alors que Micro­soft fai­sait « juste » $6B de chiffre d’affaire (en 10 fois plus aujourd’hui). Il y a peut-être une excep­tion : Hew­lett Packard qui a acquis Com­paq en 2002 et ne s’en sort pas trop mal. Com­paq avait eu du mal à digé­rer Digi­tal Equip­ment acquis en 1998. Et HP a main­te­nant dépassé IBM en chiffre d’affaire et est devenu le numéro un mon­dial en infor­ma­tique. Oui… mais, les mar­chés dans les­quels ils opèrent n’ont pas d’acteur domi­nant comme Micro­soft l’est dans le logi­ciel ou Google dans le search.

    Est-ce que l’aversion vis-à-vis de Google va les ralen­tir ? Oui, peut-être, et dans la même mesure que Micro­soft a été ralenti par plus de 15 années de pro­cé­dures anti­trust. Mais Micro­soft est tou­jours bien en point, glo­ba­le­ment. Der­nier tri­mestre à 30% de crois­sance ! Une année fis­cale qui va se bou­cler à plus de $60B. Quand le pro­cès anti­trust a démarré en 1998, Micro­soft fai­sait $15B. Ils sont donc quatre fois plus gros aujourd’hui. Leur part de mar­ché a aug­menté dans qua­si­ment tous les domaines où ils opèrent. Et même si leur image s’est bien amé­lio­rée, la société a des détrac­teurs encore virulents.

    Alors, sommes nous dans un cas dif­fé­rent ? Oui, cer­tai­ne­ment, car il s’agit d’Internet et de grand public. Alors que l’inertie du suc­cès de Micro­soft est liée à son busi­ness dans les entre­prises. Le mar­ché est plus « flexible », il y a moins d’économies de réseau. Donc, cela ouvre des portes. Mais l’obsession de Micro­soft face à Google ne me semble pas for­cé­ment bien­ve­nue car cela leur fait lou­per d’autres phé­no­mènes tels que les réseaux sociaux. Cela para­lyse l’innovation que de vou­loir à tout prix battre un lea­der dans un domaine très pré­cis (le search). Dans le même temps, Micro­soft a un peu raté l’opportunité de réa­li­ser une inté­gra­tion pous­sée de ses ser­vices Inter­net pour faci­li­ter la vie de ses uti­li­sa­teurs, tout en res­tant inter­opé­rable avec les autres. Autre cir­cons­tance atté­nuante : Micro­soft a peut être appris en interne de ses (grosses) acqui­si­tions mal digé­rées par le passé. Plein de gens « intel­li­gents » les ont audi­tées et ont du faire des recommandations.

    Repre­nons l’argument : « les gens intel­li­gents de MS ont du pen­ser à tout cela ». Oui, comme ils ont du pen­ser à l’impact de Vista sur le mar­ché lorsque des gens très intel­li­gents l’on conçu. Comme les gens très intel­li­gents de la SG, bour­rée à cra­quer de poly­tech­ni­ciens et autres ingé­nieurs de haut vol, ont évité le beans récent. Comme les gens très intel­li­gents qui peuplent les allées des pou­voirs (USA, France, etc) et qui pro­voquent erreurs sur erreurs, plus humaines que tech­niques (comme dans le cas de Sar­kozy) sans les admettre et en persévérant.

    Main­te­nir Yahoo à part ? Pour­quoi pas, mais alors cela irait direc­te­ment à contre-courant des décla­ra­tions de Ball­mer hier qui par­lait d’économies (ie : fusion => licen­cie­ments de per­sonnes occu­pant des fonc­tions redon­dantes), de syner­gies dans la R&D, dans la publi­cité, etc. MS digère ses acqui­si­tions en géné­ral. Il n’y a eu qu’une ou deux excep­tions comme Sof­tI­mage, res­tée une filiale indé­pen­dante car dans un busi­ness très dif­fé­rent de celui de Micro­soft. L’éditeur de logi­ciels 3D a été acquis en 1994 et revendu en 1998 (à Avid).

    Tient, au pas­sage, McKin­sey est un four­nis­seur atti­tré de conseil en stra­té­gie de Micro­soft Corp, et je les y ai vu mettre en place une ou deux réor­ga­ni­sa­tions consé­cu­tives… No comment !

    Bref, je leur sou­haite bon cou­rage ! Si Micro­soft réus­sit et la fusion et à en tirer pro­fit pour réduire la puis­sance de Google, alors cela sera une pre­mière his­to­rique qui méri­tera toutes nos louanges.

  • L’infrastructure de Yahoo! c’est du Win­dows ou du Linux (ou autre chose)?
    Parce que si en plus il faut tout migrer ou mana­ger des équipes aux affi­ni­tés dif­fé­rentes … cela va être d’autant plus difficile.

    Le cha­risme du top mana­ge­ment de la boite qui achète, est, je le pense, un élément très impor­tant pour le début d’une fusion réussie.

    Pour moi cha­risme = les déci­sions prises par le mana­ge­ment sont très rare­ment remis en cause.
    Tout le monde n’a pas un Jack Welch sous la main.

    Rémi

  • [10] - Olivier Ezratty a écrit le 2 février 2008 :

    Bienvu! Chez Yahoo, c’est plu­tôt domi­nante Linux et LAMP comme chez Google… Leurs fron­taux web sont sous FreeBSD selon Netcraft.

  • Je vais déve­lop­per dans un post à paraître sur mon blog, mais si l’acquisition de Yahoo était tout sim­ple­ment la créa­tion d’une marque grand public pour Microsoft ?

    Si tout sim­ple­ment Micro­soft se recen­trait en son nom propre exclu­si­ve­ment sur le mar­ché pro, et que Yahoo deve­nait la marque grand public, affec­tive, à forte image cool, inno­vante en terme d’usages ?

    Yahoo pour le consu­mer.
    Micro­soft pour les Pro.

    Deux marques, deux images, deux mar­chés, des pro­duits bien sépa­rés, plus de confu­sion, l’un de souf­fri­rait plus de l’image de l’autre, et vice versa.

    Et là tout prend un sacré sens non ?

    Trans­fert rapide des actifs grand public vers Yahoo :
    - Yahoo Win­dows Vista
    - Yahoo Xbox
    - et trans­fert de tous les actifs inter­net grand public.

    Micro­soft se foca­li­se­rait sur le mar­ché pro en ren­for­çant sa marque et son image.

  • [12] - Olivier Ezratty a écrit le 2 février 2008 :

    Pas con, mais peu pro­bable…
    Au moins pour une rai­son opé­ra­tion­nelle: il ya plein de points com­muns entre la branche entre­prise et la branche grand public de MS. Ne serait-ce qu’au niveau de Vista.

  • >Oli­vier

    J’aurais dû pré­ci­ser. Je ne parle pas de trans­fé­rer chez Yahoo le déve­lop­pe­ment de Win­dows Vista. La par­tie OS, grand publique ou Pro, res­te­rait évide­ment chez Micro­soft, mais le bran­ding serait Yahoo pour le grand public, avec une par­tie design UI et fonc­tion­na­li­tés com­man­dées par Yahoo au four­nis­seur Micro­soft :-)

    En clair, côté OS, le core reste Micro­soft, l’habillage et le mar­ke­ting Yahoo.

  • >Main­te­nir Yahoo à part ? Pour­quoi pas, mais alors >cela irait direc­te­ment à contre-courant des >décla­ra­tions de Ball­mer hier qui par­lait >d’économies (ie : fusion => licen­cie­ments de >per­sonnes occu­pant des fonc­tions redon­dantes),
    Ce n’est pas tout à fait ce que je pense. J’ai dis “foutre la paix à Yahoo” et j’ajoute tout en lui appor­tant TOUS LES MOYENS pour son déve­lop­pe­ment.
    Donc ne pas pen­ser une FUSION en terme d’économie, mais effec­ti­ve­ment, busi­ness model et deux mondes qui ne s’opposent pas mais se com­plètent avec des gens “min­dés” différemment.

    >Yahoo pour le consu­mer.
    >Micro­soft pour les Pro.
    Tu vas même plus loin que moi Louis, mais c’est TRES bien. Ceci dit, Cisco a essayé avec Link­sys et Kiss et tout … il parai­trait qu’ils fassent marche arrière, mais d’autres bruits disent que non …

    Orange aussi a essayé dans le passé avec une “marque” et une “divi­sion” dédié entre­prises et une grand public … cela a des limites quand les gens montent des “sillots” et arrivent à déve­lop­per des offres qui se concur­rencent.
    Dans le cas de Micro­soft et Yahoo, c’est à mon sens beau­coup plus facile et clair et cela pour­rait presque même jus­ti­fier à mes yeux le pas­sage Terry Semel.
    On pour­rait même presque voir cela comme d’un coté une acti­vité lourde et mas­sive “infra­struc­ture” (les OS, les sys­tèmes d’identités, les consoles de jeux, les medias cen­ters …) et de l’autre les “ser­vices” …
    Tout est envi­sa­geable avec cet édifice, le pire mais aussi le meilleur, qu’on peut leur sou­hai­ter.
    En fait, quand on visite Micro­soft et Yahoo, on se rend compte que ce sont des socié­tés TOTALEMENT dif­fé­rentes, désolé. Ce n’est pas parce qu’il y a des gens qui pour­raient faire de l’OS chez Yahoo et qui font un peu de Web, plu­tot pas trop mal par­fois chez Micro­soft que la fusion me semble pos­sible. Non, d’un coté il y a Red­mond et des gars sérieux en qui vous devez avoir confiance pour faire tour­ner votre PC (je dis vous car je ne peux pas dire nous). Et de l’autre, il y a les galo­pins, qui se doivent de sai­sir toutes les oppor­tu­ni­tés que “l’atmosphère IP” per­met. Un peu moins “contenu / publi­cité” et un peu plus ser­vices pour ma vie de tous les jours.
    En fait, Yahoo gagnera défi­ni­ti­ve­ment pour pour contre google quand il aura su me faire gagner du temps et de l’argent qui est la pro­chaine étape. L’étape de l’Information a pour le moment été défi­ni­ti­ve­ment gagnée par Google.
    Quant à l’étape de la Com­mu­ni­ca­tion, je dirais balle au centre. Les ser­vices / la tech­no­lo­gie / le user friendly sont du coté de Micro­soft et sur­tout de Yahoo … le hype, le brand­name sont du coté de Google.
    Je reprends un peu l’idée de ce que tu disais l’autre jour, le pre­mier qui ouvre les API de son mail (pour moi) gagnera sur les deux plans.
    Longue vie … et au pas­sage, c’est encore quelques G$ dans les caisses des banques d’affaires ça, ou je me trompe ? (Goldman ?)

  • [15] - Olivier Ezratty a écrit le 2 février 2008 :

    Regar­dez les com­men­taires sur http://minimsft.blogspot.com/2008/02/microsoft-yahoo-microsoft-44600000000.html . Cela montre au moins une chose: au sein de Micro­soft Corp même, les employés ne sont pas ras­su­rés par une telle acquisition.

    Quand je pense qu’ils ont aussi failli acqué­rir SAP il y a un an ou plus…

  • [16] - Steph a écrit le 2 février 2008 :

    Est-il pos­sible que ce rachat soit un mou­ve­ment de panique de Micro­soft?
    En ce met­tant à la place de Micro­soft, voir Google croître ainsi, et mal­gré les sommes astro­no­miques et les efforts énormes inves­tits pour per­cer face à google, et le résul­tat qu’on connaît, ça doit y aller côté crise de nerfs.
    Et comme Micro­soft semble voir en Inter­net ses chances de concer­ver sa posi­tion de lea­der dans le domaine de l’informatique, on peut ima­gi­ner que la situa­tion puisse être “stres­sante” pour le numéro 1.

  • >Steph
    On ne gère pas une entre­prise par le stress :-)

  • Bon, si on résume:

    -A charge:
    -Un ter­rible aveux d’échec défi­ni­tif sur msn et les mil­liards d’investissements sur le consu­mer inter­net depuis 95 pas­sés en pertes et profits

    -Une totale capi­tu­la­tion sur les capa­ci­tés d’innover et de déve­lop­per une alter­na­tive en orga­nique ou avec des petites acquisitions

    -l’historique des “grosses acqui­si­tions ” MS qui ont toutes détruites plus de valeur que d’en créer ( WebTV, visio, great plains/navision que j’ai connu, trop tôt pour juger aQuan­tive ..); et pour­tant toutes ont été ami­cales et avec des tech­nos et des mana­ge­ments très proches

    -idem pour l’historique des grosses fusions/acquisitions de l’industrie hi tech (AOL/TW, etc..)

    -des cultures, géo­gra­phies, mana­ge­ment, tech­nos dia­mé­tra­le­ment opposés

    -un dou­blon­nage de ser­vices assez dérou­tant qui ne vas pas finir d’alimenter les pro­nos­tiques sur qui va sur­vivre a qui . Tech­crunch a déjà com­mencé d’ailleurs une revue bien docu­men­tée: http://www.techcrunch.com/2008/02/02/microsoft-yahoo-what-will-stay-and-what-will-go/

    -un envi­ron­ne­ment interne pour les 18 mois entiè­re­ment écrasé par cette colos­sale dis­trac­tion de tra­vail d’intégration qui va encou­ra­ger tous les meilleurs contri­bu­teurs indi­vi­duels et les pro­jets inno­va­teurs a fuir vers des envi­ron­ne­ments plus propices

    -une fixa­tion névro­tique sur Google qui, il est vrai et le seul concur­rent de l’histoire à être resté non seule­ment indemne mais encore plus ren­forcé de sa concur­rence fron­tale avec Microsoft

    -A décharge:

    -Un mar­ché colos­sal (40 Mrds) qui va dou­bler en moins de 3 ans
    -L’acquisition de nou­veaux inven­taires de pub a vendre
    -oppor­tu­nité de réta­blir une pdm hono­rable dans le search (a com­bien est évalué le point de % du search: 1 Mrds?)

    C’est juste sur­pre­nant de consta­ter que cette acqui­si­tion mal­gré toutes ces bar­rières et ces risques, soit consi­dé­rée comme la der­nière solu­tion pos­sible.
    Rien d’autre n’aurait pu être tenté pour arri­ver au même objectif?

  • [19] - Olivier Ezratty a écrit le 3 février 2008 :

    Jean-Eudes, il est mar­quant de voir que ce qui est à charge est assez spé­ci­fique aux boites concer­nées (et colos­sal) et ce qui est à décharge est plu­tôt géné­rique au mar­ché (et maigre). Cela se sen­tait dans la confé­rence de presse de Micro­soft, pleine de “wish­ful thin­king” : le mar­ché de la pub est une belle oppor­tu­nité, on va faire des écono­mies d’échelle, avoir un meilleur “inven­tory”, etc.

    Comme le disait Chur­chill sur la démo­cra­tie: “c’est la pire des solu­tions, mais on n’a pas trouvé mieux”…

    Il y a des tas de scé­na­rios sur la manière dont la fusion se pro­duira (pas avant 3 mois, le délai pour l’approbation aux US, et 6 mois pour la France…). Il est pro­bable qu’ils vont en inven­ter d’autres car la com­bi­na­toire est infinie!

    Ce qui me gêne dans la démarche de Micro­soft, c’est la quasi absence de dis­cours “consom­ma­teur” dans ses prises de paroles sur cette acqui­si­tion. Ils pré­sentent cela comme un gros mec­cano indus­triel plu­tôt que comme une opé­ra­tion qui pour­rait réel­le­ment chan­ger la vie des inter­nautes. Or un “client” sur Inter­net est beau­coup plus vola­tile qu’un client dans le logi­ciel ou toute autre indus­trie traditionnels.

    Pour l’anecdote, Kel­koo, l’un des plus beaux suc­cès du Web en France se retrou­vera pro­ba­ble­ment dans les mains de Micro­soft. Yahoo vou­lait les vendre, après avoir raté leur inté­gra­tion, mais n’a tou­jours pas abou­tit. Micro­soft voudra-t-il faire de même et les revendre ou cher­cher à avoir un pieds dans le com­merce élec­tro­nique (là où il est qua­si­ment absent)?

  • Salut Oli­vier. Je par­tage ton analyse!

    Pour moi, c’est simple, Ball­mer est assis sur un gros tas d’argent et il se paye X % d’un mar­ché, très rapi­de­ment. Point final. Les détails vien­dront plus tard.

    PS: il me semble que c’est 80000, pas 800000 le nombre d’employés de Micro­soft :-)

  • [21] - Olivier Ezratty a écrit le 3 février 2008 :

    En effet, j’enlève le zéro de trop. Et il sem­ble­rait que Yahoo ait envi­ron 11000 à 12000 employés et non pas 15000.

  • J’aime bien cette petite his­toire : “What do you get when you merge Micro­soft & Yahoo? Microsoft…”

    http://www.vinnylingham.com/two-wrongs-dont-make-a-right.html

    Jean-Marie

  • Je par­tage cette ana­lyse, Oli­vier. Elle a le mérite en plus d’être plus posée que celle (plus hard mais plus drole) qu’on trouve ici: (http://www.bubblegeneration.com/2008/02/victim-of-crime.cfm

    J’ai récem­ment lu Google Story qui était un bou­quin déce­vant dans l’ensemble mais avait le mérite de mettre en avant cette sorte de riva­lité vis­cé­rale des Google et Micro­soft. J’ai bien peur qu’au lieu de cla­quer son pognon à deve­lop­per le pro­chain google apps ou salesforces.com Micro­soft ne le jette en se foca­li­sant sur le domaine (le search) où ils ont déjà perdu la manche.

    Ceci dit, la fusion n’est pas faite. Mais si elle ne se fait pas, Yahoo va devoir se secouer sérieu­se­ment. Au pas­sage, je ne com­prends pas bien la réac­tion appa­rem­ment néga­tive de Google, mais peut-être cachent-ils leur joie…

  • [24] - Olivier Ezratty a écrit le 4 février 2008 :

    L’attitude de Google se com­prend sur la mes­sa­ge­rie et la mes­sa­ge­rie ins­tan­ta­née car MS+Yahoo, cela fait une sacrée domi­nance sur le mar­ché. Mais bon, aucun des deux ne moné­tise cela cor­rec­te­ment, ni Google avec Gmail, donc à quoi bon s’inquiéter? Sur­tout dans la mesure où l’acquisition va tel­le­ment geler les choses chez MS et yahoo, pas connus pour leur vitesse d’exécution, que cela don­nera de la marge à Google pour conti­nuer à progresser.

    A part ça, une faille de toutes nos ana­lyses est que , au cas où l’acquisition a bien lieu, que fera exac­te­ment Micro­soft. A ce moment là, seule­ment, on pourra juger. Même si au pre­mier abord, quoi qu’ils fassent (Yahoo res­tant indé­pen­dant, ou pas, fusion ou pas avec assets de MS, etc), cela ne dit rien qui vaille…

  • [25] - leafar a écrit le 5 février 2008 :

    Voici une tres bonne ana­lyse sur l’impact sur l’ecosysteme de la sili­con val­ley.
    A lire abso­lu­ment !

  • [26] - Olivier Ezratty a écrit le 5 février 2008 :

    Ok avec Andreseen.

    D’autant plus que Micro­soft fait beau­coup d’acquisitions en ce moment. Envi­ron 25 boites par an depuis deux ans.

    Et même s’ils vont cra­mer tout leur cash dis­po­nible pour l’acquisition de Yahoo (si elle se fait), ils recons­ti­tuent leurs réserves à hau­teur de 4 à 5 mil­liards de dol­lars par tri­mestre, ce qui laisse lar­ge­ment de quoi pour­suivre les emplettes…

  • Ce deal pour­tant me parait la seule pos­si­bi­lité pour Micro­soft et pour Yahoo : Google est mono­po­lis­tique sur le Search (60% aux USA - 90% en France)confisquant le reve­nue publi­ci­taire. Les syner­gies poten­tielles entre MS et Yahoo sont de trois ordres 1) Tech­no­lo­giques sur le search et la syn­di­ca­tion 2) Audiences avec MS très fort en Europe et Yahoo fort aux USA et Japon 3) Social Net­work (mes­sen­ger) avec la pos­si­bi­lité pour le nou­veau groupe de faire la dif­fé­rence face à un Google faible. Les béné­fices pour le conso­ma­teur viennent d’une concur­rence plus forte avec au moins deux régit publi­ci­taire (Google & MS/Yahoo) de taille mon­diale et des syner­gies sur les réseaux sociaux. Je suis d’accord que la ges­tion d’une telle acqui­si­tion pré­sente des risques, mais c’est une oppor­tu­ni­tée unique de faire bou­ger les lignes et de chal­len­ger la domi­nance de Google.
    Google ne s’y trompe pas au vu de la vio­lence de leur réaction.

  • [28] - Olivier Ezratty a écrit le 5 février 2008 :

    D’accord sur l’aspect stra­té­gique : c’est la seule solu­tion pour avan­cer pour MS.

    En même temps, “ris­quée”. Car elle est très déli­cate à mettre en oeuvre opé­ra­tion­nel­le­ment pour les nom­breuses rai­sons évoquées dans le post et dans les réac­tions associées.

    Comme on aime à le dire dans les boites amé­ri­caines: “c’est une affaire d’exécution”.

    Atten­tons de voir les pre­mières déci­sions de Micro­soft, au cas où l’acquisition se déroule comme prévu pour eux.

  • Micro­soft n’a pas le choix. Depuis 15 ans, en dépit des mil­liards inves­tis dans le online, il n’est rien sorti de bon à l’exception d’hotmail (une acqui­si­tion d’ailleurs) et Mes­sen­ger. Pire la part de mar­ché du search ne cesse de dévis­ser et Live Search n’a rien pu faire pour l’enrayer.

    La réa­lité, c’est qu’en termes de ser­vices online Micro­soft ‘doesn’t get it’. Ils sont cou­pés de l’air du temps, dans les brumes de Seat­tle, et sont dépas­sés par les ten­dances qui se forgent au coeur même de la Val­ley.
    Pire, la stra­té­gie de meilleur sui­veur qui leur a si bien réussi s’avère ici inopé­rante. Leurs méthodes de déve­lop­pe­ment cal­quées sur le logi­ciel sont inadap­tées et conduisent syté­ma­ti­que­ment à un mau­vais time to mar­ket.
    Or l’avenir de l’industrie - et donc de Micro­soft - repose sur la capa­cité à s’adapter à la nou­velle donne posée par inter­net. ‘The net­work is the com­pu­ter’ pro­clamé par Sun (qui au pas­sage devient de plus en plus un acteur mar­gi­nal) n’a jamais été aussi vrai.

    Donc il faut rebattre les cartes, et autant le faire tant que Micro­soft génére autant de pro­fit et que Yahoo est aussi bas ( plus dans le cours d e bourse d’ailleurs que dans les audiences qui résistent bien d’ailleurs depuis plu­sieurs mois).
    C’est cela l’enjeu: faire de Yahoo l’enfant ter­rible qui saura insu­fler cette ener­gie en apo­por­tant de sur­croit une marque grand public quand même plus por­teuse que Live machin chose.

    C’est sur, la stra­té­gie est ris­quée, car on peut craindre à l’inverse que la bureau­cra­tie crois­sante de Micro­soft vide de son éner­gie Yahoo.
    Mais, à tout prendre, ce risque parait moindre que ne rien faire, et miser sur un n+1ème et inutile revamp de MSN-Windows-whatever-live!.

  • [30] - Olivier Ezratty a écrit le 7 février 2008 :

    Tu as rai­son, ils n’ont pas le choix. Mais il leur reste à créer la capa­cité à digé­rer une telle acquisition.

    Tout est à faire pour eux. Tous les obs­tacles ima­gi­nables sont là. Avec en plus, un nou­vel obs­tacle auquel ils ne s’attendaient pas for­cé­ment: Yahoo résiste à l’acquisition et cherche d’autres options. Ce qui ne man­quera pas de lais­ser des traces et de rendre la diges­tion encore plus dif­fi­cile, si elle a lieu. Sans comp­ter que cela risque en plus de cou­ter plus cher à Micro­soft car les enchères seraient en train de mon­ter. Mais bon, l’argent est la com­mo­dité qui leur est la plus faci­le­ment accessible.

  • Pour ma compréhension :

    pour­quoi dîtes vous que Micro­soft n’a pas le choix ? Pour­quoi les décrire comme une boite com­plè­te­ment has been ou aveugle au point de ne pas se rendre compte du « plat de résis­tance » qu’ils s’apprêtent à ava­ler? A l’ aune de quoi por­ter de tels juge­ments ? Celle de Micro­soft France, filiale au mana­ge­ment « à la fran­çaise » ou Micro­soft dans sa glo­ba­lité qui est quoiqu’on en dise une des plus belle réus­sites de tous les temps ?

    « Ils sont cou­pés de l’air du temps »…soit mais les Face­Book, Fli­ckr, Del.icio, Twit­ter, Sees­mic, Zlio, Net­wibes, You­tube, Bebo, Lin­ke­din, etc etc n’ont pas non plus été créé au départ par des google, yahoo, apple…qui sont sen­sés eux être dans le vent…

    « Yahoo résiste à l’acquisition » Pen­sez vous vrai­ment que le board MS s’attendait à ce que Yahoo dise Ok à la pre­mière offre de prix et qu’ils n’ont pas inté­gré 15% ou 20% sup­plé­men­taire ? allons allons…

    « la bureau­cra­tie crois­sante de Micro­soft vide de son éner­gie Yahoo » Alors ils seraient idiots au point d’asphyxier, et de ne pas tirer de l’oxygène d’une acqui­si­tion à $45 000 000 000

    Der­nier point, un ami ges­tion­naire de fond, m’a expli­qué un jour que pour les action­naires, et pour le cours d’action d’une boite, il était bon que celle-ci soit endet­tée (dans des ratios conve­nables). Je ne sau­rais vous expli­quer pour­quoi exac­te­ment, mais d’après lui un des points majeurs dans la stag­na­tion du cours de MS (range 25-35) était que MS n’était abso­lu­ment pas endetté. J’ai cru lire que l’acquisition se ferait sous la forme d’un emprunt (aussi), ce qui serait une bonne nou­velle pour les déten­teurs d’actions MS…Notez que je m’en contre fiche…car je n’en n’ai pas ;-)

    Bonne jour­née

  • [32] - Olivier Ezratty a écrit le 7 février 2008 :

    Fil­mail, une par­tie de vos remarques s’adressent à Jean-Christophe et d’autres à moi-même.

    Pas le choix? Disons que pour gros­sir rapi­de­ment et deve­nir concur­ren­tiel face à Google, cette acqui­si­tion est le moyen le plus rapide d’opérer.

    Se rendre compte de la dif­fi­culté? Je pense qu’ils le sont, mais ils sont quelque peu opti­mistes. C’est un bon moteur pour prendre des risques. Il est pos­sible qu’ils aient aussi un peu appris des acqui­si­tions pas­sées qui n’ont pas bien réussi.

    Le poids de la bureau­cra­tie? Ce n’est jamais voulu direc­te­ment. Il y a d’ailleurs des senior execs chez Micro­soft qui com­mu­niquent et agissent beau­coup pour y réduire la bureau­cra­tie et les pesan­teurs. Mais ils n’y peuvent rien: la taille, les recru­te­ments et les évolu­tions des poli­tiques de rému­né­ra­tion conduisent à apen­san­tir la société.

    Oui, il vaut mieux s’endetter un peu ou tout du moins ne pas avoir trop de cash. C’est une ques­tion de ren­de­ment. Le cash de Micro­soft rap­portte envi­ron 7% par an car il est placé assez “pépère”. Si il était inves­tit dans de nou­veaux busi­ness en crois­sance, le ren­de­ment serait meilleur. Et comme le cré­dit n’est pas cher, on peut encore amé­lio­rer le ren­de­ment glo­bal du capi­tal en s’endettant. Tout du moins, tant que la santé écono­mique per­met de rem­bour­ser. Micro­soft n’a jamais été endetté de presque toute son exis­tence. Il leur reste donc à réduire le niveau de leur cash dans un pre­mier temps. Ils l’ont fait sans impact de ren­ta­bi­lité écono­mique il y a quelques années en dis­tri­buant $70B de cash aux action­naires avec un divi­dende excep­tion­nel. Leurs acqui­si­tions n’ont jamais repré­senté plus de 10% et quelques du cash qu’il géné­raient (le pro­cès DOJ et la Com­mis­sion Euro­péenne leur ont couté plus cher, $10B au total). Avec l’acquisition de Yahoo, ils passent en effet au stade supérieur…

  • Bon, je me suis un peu lâché :-)

    Ana­lyse de l’offre de Micro­soft sur Yahoo, et figure libre :-)
    http://blog.van-proosdij.fr/2008/02/11/analyse-de-loffre-de-microsoft-sur-yahoo-et-figure-libre/

  • [34] - Olivier Ezratty a écrit le 12 février 2008 :

    Louis, j’ai com­menté ton post avec ce qui suit sur ton blog:

    Mouef.…

    On prête sou­vent des réflexions stra­té­giques à Micro­soft qu’ils n’ont pas for­cé­ment. Je l’ai vécu de l’intérieur à de nom­breuses reprises pen­dant 15 ans.

    Oui, ils ont à gérer une cer­taines schi­zo­phré­nie entre leur busi­ness entre­prise et l’activité grand public, d’autant plus que cer­tains pro­duits comme Vista sont à che­val entre les deux. Mais je le les vois pas s’embarquer dans ce décou­page en deux de la marque Micro­soft d’autant plus qu’elle a énor­mé­ment de valeur mal­gré ses déboires. Et plus de valeur que celle de Yahoo, même dans le grand public.

    Ils ne vont pas s’amuser à rebran­der la XBOX en Yahoo XBOX non plus! D’autant plus que la XBOX gomme dis­crè­te­ment la marque Micro­soft dans son mar­ke­ting. Tout comme MSN d’ailleurs. Ce n’est pas pour ajou­ter une marque de plus qui leur est tota­le­ment étrangère.

    En France, on a ten­dance à trop stra­té­gi­ser les choses. Les amé­ri­cains sont plus prag­ma­tiques. Ils font moins de plans sur la comète. Quand ils voient une oppor­tu­nité, ils se lancent sans trop gam­ber­ger. Ils gèrent l’intendance après. C’est leur vision opti­miste du monde qui veut cela. Com­bien d’erreurs ai-je vues com­mises chez MS - presque en connais­sance de cause - parce qu’ils avaient la convic­tion de pou­voir les cor­ri­ger ensuite! Je pense qu’on est dans ce cas de figure.

    Seul pro­blème, dans le cas de cette fusion, les aspects opé­ra­tion­nels sont consi­dé­rables et Micro­soft a un très mau­vais “track record” dans le domaine. Et qui peut citer des fusions réus­sies de deux chal­len­gers “moyens” dans l’exécution face à un lea­der domi­nant exé­cu­tant bien? Et dans n’importe quelle indus­trie? Et à for­tiori dans une indus­trie qui évolue à la vitesse de l’Internet?

    Les rebon­dis­se­ments récents ne me disent rien qui vaillent. C’est la pre­mière fois qu’une société que Micro­soft veut ache­ter se refuse, et pas sim­ple­ment pour des ques­tions d’argent. Il y a bien eu SAP et Ratio­nal dans le passé. Mais on ne connait pas les détails. Sur Ratio­nal, MS s’est fait “out­bid­ded” par IBM. Sur SAP, cela ne s’est pas fait pour des rai­sons non publiques. Là, le beans est sur la place publique! Quelle humi­lia­tion! Si le mariage a vrai­ment lieu, cela sera à recu­lon ce qui d’un point de vue humain ne va vrai­ment pas faci­li­ter les choses.

    Si MS avait vrai­ment tout prévu, ils auraient mieux pré­paré leur coup pour éviter cela. Ils auraient eu l’assentimment au moins des diri­geants de Yahoo à défaut du board.

    Vrai­ment, cette affaire est très mal bar­rée pour MS. Et quoi qu’il arrive…

    Et il n’y a pas que les employés de Yahoo qui ont les boules. Ceux de MS égale­ment, aux USA. Cf http://minimsft.blogspot.com/2008/02/microsofts-yahoo-acquisition-is-bold.html.

  • L’analyse est par­fai­te­ment juste.
    Pour moi, c’est un échec couru d’avance.
    Cela per­met en effet de jux­ta­po­ser des parts de mar­ché, mais ne fait pas une stratégie.

    Le pro­blème est que quand on ne sait plus com­ment inno­ver, on cherche à s’acheter le rat­tra­page du retard. Mais si on ne rai­sonne pas en valeur ajou­tée pour le consom­ma­teur, quelle péren­nité ? Sur­tout dans le monde hyper-volatile de l’Internet.

    Il manque clai­re­ment une vision. Micro­soft a tout ce qu’il faut tech­no­lo­gi­que­ment et depuis long­temps pour réin­ven­ter de nou­veaux ser­vices. La clé serait plu­tôt là, mais il faut une vision et une volonté. Que se passe-t-il sur Live, on ne voit rien venir de trans­cen­dant… rien de nou­veau depuis Hail­storm (pour ceux qui se souviennent) !

    D’ailleurs, Google n’a pas lutté contre Micro­soft en s’attaquant à son busi­ness pre­mier, ils ont mis au point quelque chose de nou­veau. Et c’est Micro­soft qui s’est rendu compte que Google deve­nait un concurrent.

    Ce qui est iro­nique, c’est que quand j’étais chez Micro­soft, les Larry Elli­son et Scott Mc Nealy me fai­saient rire avec leur obses­sion de vou­loir battre Micro­soft. Cela leur fai­sait com­mettre des erreurs stra­té­giques, en ne se concen­trant pas sur leurs clients. J’ai l’impression que c’est ce qui arrive à Microsoft !

    Les chefs doivent lire des ana­lyses de mar­ché qui sont des tableaux excel faits par de supers ana­lystes de chez Mc & Co, mais il est facile de confondre le résul­tat et la cause. Il est facile d’additionner deux cel­lules Excel, plus dif­fi­cile de fédé­rer deux clients venus cher­cher des choses différentes.

    Ser­gueï et Larry doivent bien se mar­rer. Pen­dant les pro­chains mois où les employés de Micro­soft et Yahoo vont être occu­pés à gérer les luttes de pou­voir internes, eux lan­ce­ront de nou­veaux services.

    Allez, atten­dons encore le rap­pro­che­ment avec SAP, his­toire de sim­pli­fier un peu la donne :)

  • [36] - faouzi a écrit le 16 mars 2008 :

    Bon­jour,

    J’ai lu pra­ti­que­ment tout les com­men­taires. C’est très inté­res­sant, mais je me deman­dais une chose pour­quoi Micro­soft ne règle pas le pro­blème en ache­tant Google direc­te­ment :) et détruire par la suite la crois­sance de Yahoo Cela ren­dra Micro­soft numéro 1 sur inter­net et sur les logi­ciels. Elle pourra donc mono­po­li­ser le mar­ché de l’informatique.
    et pour­quoi pas en quelques années ache­ter cisco .…

    :)

    Allez, c’était une idée pour sim­pli­fier la donne.

  • [37] - Olivier Ezratty a écrit le 16 mars 2008 :

    Au moins deux rai­sons:
    - L’une finan­cière: Google coûte trop cher : $137B au cours d’aujourd’hui, sans comp­ter un “bonus” comme pour Yahoo. C’est hors de prix : Micro­soft devrait s’endetter énor­mé­ment pour payer cette acqui­si­tion, qui bouf­fe­rait leur pro­fits sur au moins une dizaine d’années.
    - L’autre, régu­la­toire: les auto­ri­tés anti­trust blo­que­raient cer­tai­ne­ment l’acquisition.




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