Google = Microsoft ? (2)

Publié le 12 avril 2007 et mis à jour le 28 avril 2007 - 13 commentaires -
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Conti­nuons ce paral­lèle entre nos deux mas­to­dontes en nous foca­li­sant main­te­nant sur leurs approches pro­duits respectives.

Une R&D très internalisée

Effet de taille oblige, la recherche et le déve­lop­pe­ment de Micro­soft et de Google pré­sentent égale­ment quelques simi­li­tudes inté­res­santes. La R&D y est très inter­na­li­sée, en par­ti­cu­lier autour du coeur de métier et des vaches à lait. On est encore assez loin de “l’Open Inno­va­tion” décrite avec jus­tesse par Henri Chesbrough.

Micro­soft dis­pose d’une équipe de 800 cher­cheurs dédiés chez MS Research, en plus des quelques 30000 per­sonnes de ses équipes pro­duits clas­siques. C’est l’une des plus impor­tantes dans le privé au monde, qui de sur­croit a lancé des par­te­na­riats privé/publics nom­breux comme avec l’INRIA en France. Google ne dis­pose pas de labo­ra­toire de recherche fon­da­men­tale comme Micro­soft mais emploie de nom­breux mathé­ma­ti­ciens et sta­tis­ti­ciens et com­mence à publier pas mal de tra­vaux de recherche. Toute la R&D est menée dans les “Google Labs”.

Google réa­lise pas mal de sa R&D sur un domaine que les uti­li­sa­teurs ne peuvent pas direc­te­ment voir: l’architecture de leur data­cen­ter. Ils spé­ci­fient leurs propres ser­veurs au niveau maté­riel, et ont déve­loppé de nom­breuses couches de midd­le­ware au des­sus de Linux, pour paral­lé­li­ser et dis­tri­buer les trai­te­ments, et avec leur propre sys­tème de ges­tion de fichiers et leur propre lan­gage de paral­lé­li­sa­tion de trai­te­ment. Ils s’appuient certes sur des archi­tec­tures open source à base de Linux, mais leur ont ajouté leur couche pro­prié­taire, couche qui n’est pas com­mer­cia­li­sée puisque c’est la base d’un “Soft­ware as a service”.

La R&D est réa­li­sée dans de nom­breux pays pour nos deux socié­tés, mais semble mieux dis­tri­buée géo­gra­phi­que­ment chez Google (cf la seconde carte ci-dessous). Grâce au décou­page en petits pro­jets rela­ti­ve­ment indé­pen­dants les uns des autres et à des équipes de taille réduite, Google a ainsi plu­sieurs labos de déve­lop­pe­ment aux USA (à New York, Boul­der, Cam­bridge, Atlanta, Chicago, en plus des labs en Cali­for­nie), trois en Europe (Londres, Zurich et en Nor­vège), deux en Inde, un au Japon et un autre en Aus­tra­lie. Ils s’installent là où se trouvent les cer­veaux alors que Micro­soft a une pro­pen­sion sérieuse à vou­loir les concen­trer à son siège de Red­mond dans l’Etat du Washing­ton au Nord-Ouest des USA. C’est ainsi que les quelques déve­lop­peurs de la star­tup fran­çaise Motion­Bridge acquise par Micro­soft en 2006 ont du démé­na­ger à Red­mond pen­dant cette même année. Micro­soft est aussi un ardent mili­tant aux USA pour la levée des quo­tas de visas à l’immigration, au moins pour les infor­ma­ti­ciens qua­li­fiés! Mais ils ont aussi fait gran­dir leurs inves­tis­se­ments en R&D en Inde et en Chine ce qui n’est pas encore le cas de Google pour ce der­nier pays.

La culture d’innovation reste forte dans les équipes tech­niques de ces deux socié­tés mais cela ne se voit pas tou­jours très bien. Plus les équipes sont concen­trées sur les amé­lio­ra­tions incré­men­tales des pro­duits majeurs, moins l’innovation est per­cep­tible. Sur­tout quand dans le même temps, les inno­va­tions des pro­duits “mineurs” ne sont pas bien mar­ke­tés et que nombre de nou­veau­tés sont le résul­tat d’acquisitions comme chez Google. Pas mal de petits pro­duits sont cachés et mal mar­ke­tés chez Micro­soft comme Onfo­lio, acheté en mars 2006, un très bon lec­teur de flux RSS, mais uti­li­sable seule­ment à par­tir de la Win­dows Live Tool­bar. Et donc… passé aux oubliettes.

Du côté de l’intégration, les deux socié­tés ont des impé­ra­tifs différents:

  • L’intégration est clé et stra­té­gique chez Micro­soft, notam­ment dans ses logi­ciels d’infrastructure. D’où les nom­breuses inter­dé­pen­dances entre Win­dows, Office, Win­dows Ser­ver, Exchange, qui génèrent des coûts de coor­di­na­tion et des délais d’intégration signi­fi­ca­tifs. Ils expliquent en grande par­tie le retards de pro­duits comme Vista. Cette inté­gra­tion a été his­to­ri­que­ment vou­lue pour géné­rer un effet de gamme (le “lock-in” pour les détrac­teurs). Mais son coût est tel que Micro­soft est en train de faire légè­re­ment marche arrière et de réduire les inter­dé­pen­dances entre ses logi­ciels, au moins au niveau du plan­ning de sor­tie, pour géné­rer de nou­velles ver­sions plus fréquemment.
  • Chez Google, l’intégration n’est pas un véri­table sou­cis. Ses ser­vices Inter­net fonc­tionnent rela­ti­ve­ment indé­pen­dam­ment les uns des autres même s’ils mutua­lisent lorsque néces­saire l’identifiant basé sur une adresse Gmail (à l’instar de l’ex-Passport de Micro­soft). Mais ni Google ni Micro­soft n’ont encore mis de l’ordre dans l’expérience uti­li­sa­teur Inter­net pour en assu­rer la flui­dité d’un ser­vice à l’autre. Tous les deux propsent leur tool­bar, qui ne sont pas de véri­tables outils d’intégration, mais plus une simple vitrine de ser­vices dis­pa­rates. La conso­li­da­tion des ser­vices Web 2.0 chez l’un comme chez l’autre devrait à terme chan­ger la donne. Sauf si des consi­dé­ra­tions anti­trust les éloignent d’une inté­gra­tion plus pous­sée de leurs ser­vices pour leur éviter ce qui est arrivé à Microsoft.

Google a réussi une belle opé­ra­tion de com­mu­ni­ca­tion sur les 20% de temps libre pour les pro­jets innovants. Intégration oblige, l’approche mana­gé­riale de la R&D est plus “top-bottom” chez Micro­soft  alors qu’elle semble être “bottom-up” chez Google. Elle devra pro­ba­ble­ment se struc­tu­rer un peu plus chez Google avec le temps car le désordre est créa­tif mais à un cer­tain stade, cela ne suf­fit plus pour géné­rer une crois­sance cohé­rente, sur­tout si les besoins d’intégration augmentent.

Dans leur offre Inter­net, les deux socié­tés offrent de nom­breux ser­vices com­muns: le search, la mes­sa­ge­rie (Hot­mail vs GMail), la ges­tion de calen­drier, la mes­sa­ge­rie ins­tan­tan­née, les blog (MSN Spaces vs Blog­ger), une tool­bar, le sup­port des mobiles, les pho­tos satel­lites et la car­to­gra­phie avec les ser­vices de “locales” (Google Maps et Earth vs MSN Vir­tual Earth), l’hébergement de vidéos (Google Video et You­Tube vs MSN Video), les infor­ma­tions (Google News vs MSN News), la musique, l’hébergement de gros fichiers, etc. Google se dis­tingue avec ses Google Apps (tableurs et trai­te­ment de texte en ligne avec tra­vail col­la­bo­ra­tif, mais une ver­sion en ligne de Works serait en pré­pa­ra­tion chez Micro­soft), avec Picasa (un vague équi­va­lent chez MS est Photo Gal­lery dans Win­dows Vista), et avec des outils d’analyse de tra­fic pour les sites (Ana­ly­tics, Trends) qui ne semblent pas avoir d’équivalent chez MSN. Yahoo a une offre à peu près simi­laire à tout cela. Les posi­tions de lea­der­ship sont par­ta­gées: Google est domi­nant sur la recherche, mais Micro­soft et Yahoo le sont sur les outils de com­mu­ni­ca­tion (mail, IM) et les por­tails. Manque de bol pour MS et Yahoo, les outils de com­mu­ni­ca­tion ne se moné­tisent pas aussi bien que le search et AdSense.

Il est une bataille où les approches des deux acteurs sont assez dif­fé­rentes : la télé­vi­sion sur IP. MSTV, Media Cen­ter pour Micro­soft, et You­Tube pour Google. Micro­soft a encore une vision très “device” alors que Google a une vision “ser­vices”, “conte­nus” et “publi­cité”. La palme ira à celui qui sera capable d’offrir un ser­vice de dif­fu­sion de conte­nus le plus géné­rique pos­sible et per­met­tant de gérer une publi­cité contex­tuelle per­son­na­li­sée. L’histoire reste à écrire et cela sera peut-être un beau champ de bataille pour ces deux sociétés.

Une R&D cou­plée à des acquisitions

Nos socié­tés com­plètent leurs offres pro­duits grâce à des acqui­si­tions tac­tiques régu­lières pour com­plé­ter l’offre, le plus sou­vent, faite de star­tups qui n’ont pas encore une sur­face com­mer­ciale signi­fi­ca­tive, voire même de base ins­tal­lée (cf tableau des acqui­si­tions de ces der­nières années ci-dessous). Comme les acqui­si­tions de Google deviennent sou­vent des ser­vices “stan­da­lone” et fonc­tion­nant en mode “Web”, leur inté­gra­tion est beau­coup plus rapide que chez Micro­soft. Le calen­drier Google est sou­vent le sui­vant : annonce d’acquisition le mois M, vali­da­tion régle­men­taire de l’acquisition à M+3, et mise à dis­po­si­tion du pro­duit acquis au public à M+6. Cela peut aller aussi vite chez Micro­soft si le pro­duit acquis est mis à dis­po­si­tion du public en télé­char­ge­ment (quelques exemples récents: les outils sys­tèmes SysIn­ter­nals ou le lec­teur RSS OnFo­lio), mais beau­coup plus long­temps s’il s’agit d’une tech­no­lo­gie logi­cielle des­ti­née à être inté­grée dans un pro­duit majeur comme Win­dows, SQL Ser­ver, Exchange ou Office, qui pré­sentent des cycles de déve­lop­pe­ment longs.

De temps en temps, quelques “gros mor­ceaux” sont acquis, comme Great Plains chez Micro­soft ou You­Tube chez Google. Et leur inté­gra­tion est plus labo­rieuse. Celle de Great Plains qui date de 2001 est loin d’avoir porté ses fruits, Micro­soft ayant du mal à entrer dans ce mar­ché com­pli­qué de l’application de ges­tion d’entreprise.

Il est frap­pant de consta­ter que de nom­breuses star­tups acquises avaient un bon pro­duit, mais pas de modèle écono­mique pour autant. Les fonc­tion­na­li­tés ali­mentent un pro­duit chez MS ou Google qui dis­pose déjà d’un modèle écono­mique, pour l’enrichir fonc­tion­nel­le­ment, main­te­nir son lea­der­ship, et dans le cas de Micro­soft, aider à jus­ti­fier les mises à jour chez les clients en entre­prise. Cela ne veut pas dire pour autant que les inves­tis­seurs s’empressent de finan­cer des boites pou­vant faire leur exit vers Google ou MS, et qui n’ont pas de bon busi­ness plan!

Les acqui­si­tions sont le fort d’entreprises qui ont ou du cash, ou une action qui a le vent en poupe, ou les deux! Et nos deux las­cars n’ont pas de sou­cis. Ils peuvent faire leur mar­ché tran­quille­ment et ainsi gagner du temps. Ils s’organisent pour être en contact du milieu des star­tups. Google a fait quelques inves­tis­se­ments dans des star­tups comme Fon. Micro­soft inves­tit peu direc­te­ment dans les star­tups mais a depuis 2001 un pro­gramme for­mel d’identification et de par­te­na­riat, dont la ver­sion fran­çaise est le pro­gramme IDEES mené par Julien Codor­niou que l’on ne pré­sente plus.

D’un point de vue mar­ke­ting pro­duit, Google met sou­vent la prio­rité sur les aspects fonc­tion­nels de ses ser­vices avant de créer les modèles écono­miques asso­ciés. Ces modèles créés à pos­té­riori des lan­ce­ments sont égale­ment cou­rants chez Micro­soft, je l’ai constaté à plu­sieurs reprises. Chez Google, c’est de modèle écono­mique qu’il s’agit, la prio­rité étant de géné­rer de l’audience et de la moné­ti­ser à pos­té­riori. Cer­tains arguent du fait que le pira­tage des logi­ciels est l’équivalent chez Micro­soft, et volon­tai­re­ment encou­ragé. Ce n’est pas le cas. La lutte contre le pira­tage a été régu­liè­re­ment employée par Micro­soft, mais à for­tiori lorsque la crois­sance n’était pas suf­fi­sante. Et ce, dès le début des années 1990.

Les deux socié­tés par­tagent un autre aspect, qui est le luxe des socié­tés riches et domi­nantes: elles ont du temps, l’argent qui paye ce temps, et elles prennent le temps de conqué­rir leurs mar­chés. Elles rai­sonnent très long terme. Micro­soft a mis près de 8 ans à impo­ser Win­dows, ils triment depuis 12 ans avec MSN et depuis 6 ans avec la XBOX. Google a inves­tit plu­sieurs années dans la construc­tion de son moteur de recherche sans géné­rer de reve­nus. Et a lancé une flo­pée de ser­vices dont la moné­ti­sa­tion n’est pas encore bien claire (Google Earth, Picasa, etc). L’usage et le volume génè­re­ront la moné­ti­sa­tion en temps voulu!

Approche croi­sée entre­prise et grand public

Google est teinté grand public alors que Micro­soft, dans la struc­ture de son revenu, est plus teinté entre­prise. Ils par­tagent le fait de pro­po­ser des logi­ciels qui servent à la fois aux entre­prises et aux particuliers.

Google s’est essayé jusqu’à pré­sent sans grand suc­cès (en termes de volume) à vendre ses solu­tions de search aux entre­prises sous la forme de “Search appliances”, des ser­veurs lames inté­grés (photo ci-dessous). On n’improvise pas comme cela la vente aux entre­prises, cela néces­site des inves­tis­se­ments ter­rain et dans les canaux de dis­tri­bu­tion et de ser­vices. Google a aussi lancé en 2006 ses Google Apps à des­ti­na­tion des entre­prises avec l’ambition impli­cite de concur­ren­cer Micro­soft Office. Cela a généré un inté­rêt fort des médias et des clients, mais l’adoption éven­tuelle de ce genre de solu­tion se heur­tera inévi­ta­ble­ment à une iner­tie de mar­ché signi­fi­ca­tive, favo­rable à la posi­tion de Micro­soft. Pour vendre ces solu­tions, il fau­dra créer un canal de dis­tri­bu­tion ou tout du moins, un canal de ser­vices. Donc, des pro­grammes par­te­naires, qui sont plus le fort de Micro­soft que de Google.

De l’autre côté, l’activité grand public de Micro­soft qui existe depuis presque 15 a connu des hauts et des bas. MSN a subit des chan­ge­ments de stra­té­gie nom­breux qui ont limité sa crois­sance: d’abord un site por­tail, avec four­ni­ture d’accès Inter­net dans cer­tains pays où AOL était très pré­sent, syn­di­ca­tion et créa­tion de conte­nus, puis revente de ces acti­vi­tés (comme le maga­zine en ligne Slate ou le site de voyages Expe­dia), et plus récem­ment, le paquet mis sur les ser­vices logi­ciels, avec le search et cette nou­velle déno­mi­na­tion “Win­dows Live”, et pour l’instant peu de résul­tats pro­bants. Par contre, les ventes de Win­dows se portent bien dans le grand public car le sys­tème est un stan­dard de fait et il est pré­ins­tallé sur la majo­rité des PC com­mer­cia­li­sés. Et la XBOX fait son trou en gagnant du ter­rain face à Sony. A la fois grâce à quelques avan­cées, comme les jeux en ligne, mais aussi aux nom­breuses erreurs de Sony.

C’est dans la nature du revenu que les deux socié­tés dif­fèrent clai­re­ment: les sources de revenu de Micro­soft sont très diver­si­fiées mais l’essentiel pro­vient de la vente de licences soit direc­te­ment aux clients, soit par le biais des OEMs (Win­dows pré­ins­tallé dans des PC, ou Win­dows Mobile dans des mobiles, etc). Google génère l’essentiel de son revenu par de la publi­cité et n’a pas l’air de vou­loir en chan­ger. Ils pré­voient sur­tout de diver­si­fier la source de leurs reve­nus publi­ci­taires. Le revenu publi­ci­taire de Micro­soft est de l’ordre de $2B, soit seule­ment le cin­quième de celui de Google.

La crois­sance du gâteau de la publi­cité en ligne génère les envies que l’on connait chez Micro­soft. Sur­tout quand ils ont constaté que le revenu logi­ciel mon­dial dans la sphère grand public bais­sait au détri­ment de reve­nus publi­ci­taires. Mais ils repro­duisent des sché­mas un peu vieux, à savoir : le “embrace and extend” avec une croyance très forte en leur capa­cité de créer une supé­rio­rité tech­no­lo­gique face à Google. Ils en deviennent mono­ma­niaques avec Live Search vs Google Search. Alors que l’inertie de mar­ché qui pro­fite à Google est aussi forte que l’aspect tech­nique. Même si Google est au demeu­rant tou­jours bien meilleur que Micro­soft sur la recherche. Micro­soft mise aussi sur le “social com­pu­ting” (com­mu­ni­ca­tions, etc) tan­dis que Google conti­nue de miser sur la force des statistiques.

Je ter­mi­ne­rais ce tour d’horizon dans un pro­chain post sur les aspects RH et Rela­tions Institutionnelles.

Publié le 12 avril 2007 et mis à jour le 28 avril 2007 Post de | Google, Internet, Logiciels, Microsoft, Technologie | 11174 lectures

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Les 13 commentaires et tweets sur “Google = Microsoft ? (2)” :

  • [1] - Julien a écrit le 12 avril 2007 :

    Encore une fois, you blow us away.

    mais en somme, Google est une sorte de JC Decaux 2.0.

    JC decaux a inventé l’abribus financé par la pub, ou les velos gra­tuits finan­cés par la pub.

    c’est exac­te­ment ce que fait google, pro­po­ser des ser­vices inno­vants (Maps, Picasa ou Apps), contre de la pub. (via la toolbar).

    c’est un gros gateau, mais quand meme tres cyclique, et on ne sait pas encore com­ment se com­porte google en temps de reces­sion..
    Tu oublies aussi de par­ler de la “marque” en tant qu’actif. aujourdh’ui les gens “googlent”, ils ne cherchent pas ;-) c est un actif precieux.

    j’espere que tu abor­de­ras aussi le role de Google dans l’Open source, et la com­mu­nuauté des deve­lop­peurs. Idem pour leur main-mise sur Fire­fox et bien­tot Ubuntu, stra­te­gie hyper inter­es­sante et efficace.

  • [2] - Olivier Ezratty a écrit le 12 avril 2007 :

    Oui, en effet, Google créé des “espaces de vie” en ligne, et les moné­tise ensuite à la Decaux.

    J’ai sou­vent entendu dire que Google serait fra­gi­lisé en temps de réces­sion à cause de l’impact de la baisse d’activité écono­mique sur les mar­chés publi­ci­taires. Mais je ne suis pas sûr de cela. Une réces­sion pour­rait ame­ner les annon­ceurs à bais­ser leurs inves­tis­se­ments sur les médias tra­di­tion­nels et à pri­vi­lé­gier les médias en ligne qui pré­sentent l’intérêt d’être plus mesu­rables et prédictibles.

    Pour leurs liens avec l’open source et le reste, il s’agit d’une stra­té­gie d’écosystème bien vue en géné­ral. Je n’avais pas prévu de par­ler écosys­tème dans les simi­li­tudes entre les deux socié­tés. Il fau­drait que j’ajoute cela effectivement.

  • [3] - Paul a écrit le 12 avril 2007 :

    En période de réces­sion, Google serait a priori moins tou­ché que d’autres car la pub Google s’adresse à un public très large, par oppo­si­tion à la publi­cité télé (public : les ménages), la presse (public : plu­tôt CSP+), etc.

    Une ques­tion me vient à l’esprit : le point com­mun fon­da­me­nal entre Google et Micro­soft est l’énorme rente de quasi-monopole. Micro­soft sur Win­dows et Office et Google sur la pub en ligne. Qu’est-ce qui peut atta­quer ce mono­pole et, à votre avis, com­ment les choses pour­raient bou­ger à l’avenir ?

  • [4] - Olivier Ezratty a écrit le 12 avril 2007 :

    Public large, certes, mais hyper-ciblé, dans le cas des AdWords. C’est ce qui rend cette publi­cité plus pré­dic­tive que la pub télé ou presse géné­ra­liste qui est jus­te­ment trop large et pas assez ciblée. Le public de la télé est le plus large qui soit, et le moins ciblé, même si on peut affi­ner les plans médias en choi­sis­sant les bonnes chaines (CSP+ avec pub sur LCI en fin de jour­née par exemple).

    Qu’est-ce qui pour­rait désta­bi­li­ser nos deux ren­tiers? Prin­ci­pa­le­ment des cham­bou­le­ments qui leur auraient échappé. Pour MS, cela peut-être l’open source ou les logi­ciels en ligne. Pour Google, cela pour­rait être une orga­ni­sa­tion mutua­li­sée de la recherche sur Inter­net qui s’affranchirait de la pub. Une sorte de Wiki­pe­dia du search. Bon, c’est juste une idée…

  • [5] - Tristan a écrit le 12 avril 2007 :

    Billet pas­sion­nant, plus même que le pré­cé­dent, qui était déjà très bon.

    Je suis d’accord avec Julien sur la notion de “JC Decaux 2.0″, c’est très bien vu.

    A l’inverse de “leur main-mise sur Fire­fox et bien­tot Ubuntu”, ce qui relève du fan­tasme (et je suis *très* bien placé pour le savoir).

    Pour que Julien réa­lise que sa théo­rie de la conspi­ra­tion ne repose sur rien, un petit lien :

    http://www.techcrunch.com/2007/04/10/google-takes-partial-ownership-of-maxthon-browser/

  • [6] - julienb a écrit le 12 avril 2007 :

    Plus qu’un JC Decaux 2.0, puisqu’il ne se limite pas à l’affichage (voir l’avoir Echos­tar et les avan­cées Com­cast).
    Et il est égale­ment en train de deve­nir un Carat 2.0 (achat d’espace)

    Mais le modèle de ren­ta­bi­lité est très 1.0, puisque tou­jours basé sur l’audience…

  • [7] - Olivier Ezratty a écrit le 12 avril 2007 :

    Et aussi l’accord en deve­nir avec DirecTV…

  • [8] - Julien a écrit le 12 avril 2007 :

    Quand une société repre­sente 90% des reve­nues d’une autre société, c’est effec­ti­ve­ment une main-mise, ou alors une rela­tion de tres forte depen­dance unilaterale.

    de plus Google “oriente” et finance et contri­bue aux deve­lop­pe­ment de Fire­fox (ex: l’offline, qui arrange pas mal goog apps) tout comme Andrew Nor­ton, employé de Google, repre­sente à lui seul plus de 10% des sign-offs du code d’Ubuntu.

    Je ne trouve pas cela choquant.

    Pour max­thon, pour l’instant, ce n’est qu’un article de tech­crunch, et comme je l’ai dit il y a deja tres long­temps, ça va etre la guerre à la search­bar dans les brow­sers ! le deal Maxthon/googl n’est pas une menace pour qui que ce soit.

    par contre, si Fire­fox rem­pla­cait Goog par yahoo, ASK ou Live.com dans la search­bar de FFOX, ça pro­vo­que­rait un “petit” trem­ble­ment de terre dans l’industrie du search… mais pour­quoi scier une branche à 50M€/l’année ?

    Fair game, mais il faut que tout le monde joue franc-jeu.

  • [9] - Julien a écrit le 12 avril 2007 :

    tou­jours sur Google:

    http://www.pbs.org/cringely/pulpit/2007/pulpit_20070119_001510.html

    scary, isn’t it ?

  • [10] - Benjamin Gauthey - Microsoft Enthusiast Evangelist a écrit le 13 avril 2007 :

    Lec­ture: Google = Microsoft ?…

  • [11] - Jerome a écrit le 13 avril 2007 :

    Pour appor­ter un peu d’eau à ton mou­lin Oli­vier
    Why Google isn’t the next Microsoft

    “[…]But Google will never be an Evil Empire. For one thing, the com­pany is a dwarf next to the behe­moth from Red­mond, which has a 95% share of the ope­ra­ting sys­tem mar­ket, more than six times the num­ber of employees, and three times as much cash on hand.[…]”

  • [12] - Olivier Ezratty a écrit le 14 avril 2007 :

    Et hop, Google vient d’annoncer l’acquisition de Dou­ble­Click pour 3 mil­liards de dol­lars. C’est la plus grosse acqui­si­tion de Google, le double de You­Tube. Et c’est dans la pub… Mais c’est du logi­ciel, pas seule­ment du ser­vice. L’intégration hori­zon­tale dans la pub conti­nue pour Google!

  • [13] - Paul a écrit le 15 avril 2007 :

    Merci de m’avoir fait com­prendre la dif­fé­rence entre la cible d’une publi­cité et son public.

    Fina­le­ment, seul un cata­clysme (vous par­lez de cham­bou­le­ment) peut mettre fin à ces mono­poles. Pas éton­nant que Google ou Micro­soft payent si chers cer­taines com­pa­gnies. L’essentiel pour eux est de conser­ver leur mono­pole. Ils ne doivent, à aucun prix, pas­ser à côté de la pro­chaine révo­lu­tion informatique…




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