Google = Microsoft ? (1)

Publié le 11 avril 2007 et mis à jour le 28 avril 2007 - 18 commentaires -
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Dans une inter­ven­tion à Stan­ford en mars der­nier, Steve Ball­mer le CEO de Micro­soft fai­sait quelques remarques inté­res­santes sur Google. Pour lui, la crois­sance de ce der­nier est actuel­le­ment “folle”, mais sur­tout, il consi­dère que Google n’a pas encore trouvé la manière de pré­pa­rer sa pro­chaine “vache à lait” après le search et la publi­cité. Il fai­sait le paral­lèle avec Micro­soft qui avait créé au moins trois vaches à lait: le sys­tème d’exploitation Win­dows, la suite Office, et les logi­ciels serveur.

Ce paral­lèle est tout à fait per­ti­nent. Google est en effet dans la situa­tion de Micro­soft il y a envi­ron une quin­zaine d’année de ce point de vue là. Ce sont deux entre­prises qui en sont à un stade dif­fé­rent de leur déve­lop­pe­ment mais qui suivent des che­mins paral­lèles liés notam­ment à l’effet de taille. Celle de Google est telle, avec $10B de chiffre d’affaire, que les deux socié­tés pré­sentent main­te­nant pas mal de simi­li­tudes dans leur manière d’être et leur stra­té­gie. Je vais ten­ter d’en faire l’inventaire tout en sou­le­vant les nuances lorsque néces­saire. Sachant qu’évidemment, il y a plein de dif­fé­rences entre ces deux entre­prises, ne serait-ce qu’au niveau de leur coeur de métier et de leur posi­tion stra­té­gique respective.

Cela ne veut pas dire pour autant que l’histoire pas­sée de Micro­soft per­met de pré­dire celle de Google. Mais au moins pourra-t-on en expli­quer quelques épisodes à postériori.

Voici ces points com­muns que je vais pas­ser en revue, occa­sion pour vous de décou­vrir quelques aspects mécon­nus des deux sociétés :

  • Des vaches à lait et une posi­tion domi­nante… et ce que cela induit dans les comportements.
  • De très bons basiques finan­ciers ali­men­tés par une pro­fi­ta­bi­lité record.
  • Une R&D interne très forte cou­plée à des acqui­si­tions régu­lières, avec le rôle d’entrainement pour l’industrie.
  • Une approche croi­sée entre­prise et grand public, gérée avec plus ou moins de bonheur.
  • Une direc­tion multi-céphale bien com­plé­men­taire et avec une forte affi­nité tech­no­lo­gique, fac­teur clé de succès.
  • Une poli­tique de res­sources humaines qui les place au des­sus de la mêlée.
  • Des rela­tions ins­ti­tu­tion­nelles ren­dues indis­pen­sables du fait de leur poids sur le mar­ché et créées à l’issue de dif­fi­cul­tés juri­diques diverses.

Des vaches à lait et une posi­tion dominante

Ce sont deux carac­té­ris­tiques com­munes clés de ces deux entre­prises et de nom­breux lea­ders de mar­chés: elles dis­posent cha­cune de deux à trois “vaches à lait” et d’une posi­tion domi­nante sur leur mar­ché res­pec­tif. Quel impact cela a-t-il? Au moins sur la culture d’entreprise, sur sa rela­tion avec son mar­ché et sur la dif­fi­culté de créer d’autres sources de crois­sance et de se diversifier.

Les vaches à lait de Micro­soft sont les sys­tèmes d’exploitation per­son­nels (MS-DOS en 1981 puis Win­dows à par­tir du début des années 1990), la bureau­tique (sur­tout avec la suite Office à par­tir du milieu des années 1990) et les logi­ciels ser­veurs (à par­tir de la fin des années 1990). Ces trois busi­ness repré­sentent res­pec­ti­ve­ment 30%, 26,5% et 25,9% du chiffre d’affaire de Micro­soft et plus de 90% de parts de mar­ché pour les deux pre­miers, et entre 40% et 60% de parts de mar­ché pour les logi­ciels ser­veurs, qui repré­sen­taient la plus forte crois­sance pro­fi­table de Micro­soft en 2006. Ces sec­teurs d’activité font res­pec­ti­ve­ment $13,2B, $11,7B et $11,5B. Cha­cun repré­sente donc plus que la taille de Google dans son ensemble. Le chiffre d’affaire “hors vache à lait” de Micro­soft repré­sen­tait 17% du total de Micro­soft en 2006, soit tout de même près de $8B. L’espoir de Micro­soft est de faire gran­dir ces nou­veaux busi­ness: la XBOX, MSN, la mobi­lité, les appli­ca­tions métiers, la TV sur IP. Cela fait beau­coup de fers au feu pour l’instant et des résul­tats assez peu pro­bants. Notam­ment avec MSN. Mais Micro­soft est patient et peut réus­sir sur au moins un à deux de ces segments.

Les vaches à lait de Google sont les reve­nus publi­ci­taires des sites de Google (62% du revenu, en aug­men­ta­tion) et ceux qui sont géné­rés avec AdSense sur les sites par­te­naires de Google (le reste du revenu de Google, en baisse en pro­por­tion). Google n’a qu’un seul type de revenu: la publi­cité sous la forme de vente de mots clés ou d’espace. Ces deux acti­vi­tés sont deve­nues des vaches à lait il y a quelques années alors que la part de mar­ché de Google crois­sait inexo­ra­ble­ment. Elle est actuel­le­ment supé­rieure à 40% et conti­nue d’augmenter au détri­ment de Yahoo et Micro­soft. Hors vache à lait, le revenu de Google repré­sente moins de 1% du total. Sachant que le revenu généré par les sites Google n’est pas détaillé dans ses rap­ports finan­ciers. On peut sup­po­ser qu’il pro­vient essen­tiel­le­ment de la vente des AdWords dans Google Search (avec 56% de parts de mar­ché) et que le revenu publi­ci­taire généré par les autres acti­vi­tés comme Blog­ger, Earth, Gmail ou You­Tube est encore mar­gi­nal. Les acqui­si­tions récentes de Google montrent la ten­ta­tion pour Google de s’intégrer hori­zon­ta­le­ment dans le mar­ché de la publi­cité en sor­tant de l’Internet avec l’affichage, la presse écrite et la télévision.

De point de vue de la vitesse de créa­tion de ces vaches à lait, il a fallu à Micro­soft six ans pour ini­tia­li­ser la pre­mière (sys­tèmes d’exploitation avec MS-DOS puis Win­dows), plus d’une dizaine d’année pour la seconde (la bureau­tique) et près d’une ving­taine d’années pour la troi­sième (les ser­veurs). Chez Google, cela a été équi­va­lent avec moins de 10 ans pour les deux pre­mières (Search et AdSense).

Ces vaches à lait croissent de manière dif­fé­rente. Chez Micro­soft, le revenu est indexé en gros sur le nombre de PC ven­dus, et chez Google sur le nombre d’internautes mul­ti­plié par le temps qu’ils passent sur Inter­net. C’est ce temps qui condi­tionne la migra­tion des bud­gets publi­ci­taires des médias tra­di­tion­nels vers l’Internet. Cette crois­sance “uti­li­sa­teur x temps” est bien plus forte que celle des ventes de machine ces der­nières années, et même au début de l’histoire des PC. Elle assure un taux de crois­sance extra­or­di­naire pour Google: +72% en 2006 tan­dis que Micro­soft pla­fon­nait à +13% en 2006 et avait atteint ce taux de crois­sance de +72% la der­nière fois en 1988! Cela explique la rapi­dité de la crois­sance de Google par rap­port à celle de Micro­soft comme l’attestent les deux courbes de revenu sui­vantes, simi­laires à ceci près que l’échelle de temps est trois fois plus rapide pour Google. On constate aussi que la courbe de crois­sance de Google semble expo­nen­tielle et celle de Micro­soft main­te­nant linéaire. Mais celle de Google va pro­ba­ble­ment se calmer.

Voyons les taux de crois­sance du chiffre d’affaire, une courbe qui décroit inexo­ra­ble­ment avec la taille de la société. Dans le cas de Micro­soft, ils ne sont pas vrai­ment régu­liers de part l’aspect cyclique de sa crois­sance his­to­rique liée à la sor­tie de ver­sions majeures de Win­dows - comme en 1995 - ou d’Office. Cette crois­sance a été lis­sée depuis 2001 grâce à l’annualisation des reve­nus de Micro­soft avec ses clients entre­prises qui repré­sentent plus de la moi­tié du chiffre d’affaire de Micro­soft. Dans le cas de Google, les flux de revenu sont régu­liers et liés à la crois­sance de l’Internet qui n’a pas subi d’à-coups ces der­nières années.

Micro­soft a moné­tisé son offre dès sa créa­tion, puis s’est intro­duit en bourse 11 ans après sa créa­tion (en 1986) alors qu’il a fallu envi­ron trois ans à Google pour moné­ti­ser ses ser­vices et six pour s’introduire en bourse (créé en 1998, IPO en 2004).

Le point com­mun de ces deux socié­tés est la dif­fi­culté qu’elles ren­contrent pour créer d’autres vagues de crois­sance et donc, ou bien ajou­ter de nou­velles vaches à lait à leur por­te­feuille, ou bien les rem­pla­cer par d’autres, à plus forte crois­sance. Ceci mal­gré l’extrême diver­sité de leur por­te­feuille de pro­duits. On verra un peu pour­quoi par la suite.

L’impact de ces vaches à lait et de ces posi­tions domi­nantes est clas­sique : il altère l’attitude des socié­tés qui en béné­fi­cient. Elles “traient” au maxi­mum leur vache à lait en opti­mi­sant leur méca­nique mar­ke­ting et com­mer­ciale. En géné­rant au pas­sage une forme d’arrogance com­por­te­men­tale, sur­tout com­mer­ciale. Ces entre­prises en sont à des phases de matu­rité dif­fé­rente: Google tra­verse une période “à forte arro­gance” tan­dis que Micro­soft, secoué par quelques pro­cès et autres aspé­ri­tés dans son image, a changé pro­gres­si­ve­ment d’attitude et s’est quelque peu assagi. Le Google d’aujourd’hui res­semble à peu de choses près au Micro­soft du milieu des années 1990.

De très bons basiques financiers

Nos deux lea­ders sont des cham­pions en termes de pro­fi­ta­bi­lité! Ceci grâce à leur part de mar­ché, à l’effet de volume, et à des coûts variables rela­ti­ve­ment faibles. Ils génèrent déjà un très haut revenu par employé: $633K pour Micro­soft et $937K pour Google.

Leur résul­tat net est qua­si­ment iden­tique: 28,5% pour Micro­soft et 29% pour Google pour leur année fis­cale 2006. Leur résul­tat d’exploitation est de 37,2% pour Micro­soft et 33,47% pour Google. Le déca­lage entre les deux s’explique en par­ti­cu­lier par des pro­vi­sions pour impôts et taxes dif­fé­rentes (12,79% du revenu pour MS et 8,8% du revenu pour Google) pro­ba­ble­ment liées à une meilleure opti­mi­sa­tion fis­cale pour Google, et au fait que la majo­rité de leur CA vient encore des USA (56%) où la taxa­tion des entre­prises est plus faible.

A haut niveau, leur struc­ture de coût est un peu dif­fé­rente. Le “cost of reve­nue” est très élevé chez Google: 40% du revenu vs moins de 12% chez MS (pour­tant alourdi par la XBOX):

Mais il com­prend 30% de coûts d’acquisition de clients qui cor­res­pondent au revenu reversé aux sites par­te­naires de Google (votre revenu AdSense si vous en avez un sur votre site ou votre blog). Cela peut être consi­déré comme une “marge reven­deur”, qui n’apparait pas dans le modèle de vente Micro­soft car Micro­soft reverse peu de marges arrières à ses par­te­naires. Si on enle­vait ce revenu par­tagé avec les par­te­naires de Google de leur compte d’exploitation, cela don­ne­rait la chose suivante:

A savoir, une phé­no­mé­nale marge opé­ra­tion­nelle de 47%! Et un inves­tis­se­ment en R&D plus élevé que celui de Micro­soft au regard du revenu. Les “cost of reve­nue” res­tent voi­sins. Chez Google, il s’agit essen­tiel­le­ment de leurs consé­quents “data cen­ters” et leurs cen­taines de mil­liers de ser­veurs qui consomment au total l’électricité de près d’une tranche nucléaire. Chez Micro­soft, c’est un bric à brac qui intègre les coûts de fabri­ca­tion du maté­riel (XBOX, cla­viers, sou­ris), des pro­duits ven­dus en boite (de moins en moins), les data cen­ters de MSN, et les faibles coûts des ventes de pro­duits en licence.

Micro­soft dépense bien plus que Google en vente et mar­ke­ting. Pour la vente, c’est lié au coût élevé de son busi­ness dans les entre­prises (avec force ingé­nieurs com­mer­ciaux, avant-vente et du mar­ke­ting ter­rain). Pour le mar­ke­ting, c’est lié aux bud­gets impor­tants consa­crés au mar­ke­ting à la fois dans les entre­prises et vis à vis du grand public, avec l’articulation d’un mix média com­plet (Inter­net, publi­cité TV, sémi­naires, confé­rences, etc). Google a un mar­ke­ting bien plus léger, mais au vu de leur modèle, leur bud­get semble tout de même bien confortable.

Du côté du bilan, les deux boites conservent envi­ron une année de chiffre d’affaire en cash, sachant que Micro­soft en a dis­tri­bué énor­mé­ment à ses action­naires ces der­nières années alors que Google ne verse encore aucun divi­dende. Et lorsque Google fait l’acquisition de star­tups, ils peuvent le faire en échanges d’actions, alors que Micro­soft le fait main­te­nant le plus sou­vent en cash, inté­gré dans son compte d’exploitation.

En tout état de cause, les deux socié­tés sont très saines finan­ciè­re­ment et ont les reins très solides pour absor­ber d’éventuels chocs.

Pro­chain épisode… sur leur R&D et leur approche produit.


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Publié le 11 avril 2007 Post de Olivier Ezratty | Google, Internet, Management, Marketing, Microsoft | 18 commentaires

Les 18 commentaires sur “Google = Microsoft ? (1)” :

  • [1] - Julien a écrit le 11 avril 2007 :

    Pas­sio­nant. Bravo.
    Par contre je n’aurais pas separé l’activité pub de google sur leur propre site de celle en syn­di­ca­tion.
    At the end of the day, c’est tou­jours de la pub.

    Comme l’a dit un jour qqun chez nous

    “Adsense is the plat­form, Search is the application.”

  • [2] - Olivier Ezratty a écrit le 11 avril 2007 :

    C’est en tout cas comme cela qu’ils le pré­sentent dans leurs résul­tats finan­ciers, et c’est bien ainsi car sinon, on n’aurait stric­te­ment aucune idée de la manière dont ils gèrent leur revenu! Je serais en tout cas curieux de savoir com­ment se répar­tissent les 62% de reve­nus de leurs sites. Quelle est la part qui ne vient pas d’AdWords dans le search?

    Leur busi­ness est bien de la pub à 100%. Mais dans un cas, ils vendent un espace qui est à eux, et dans l’autre, ils achètent l’espace de tiers pour le revendre. Ce qui explique l’achat de You­Tube. Ils pré­fé­raient de loin pos­sé­der l’autoroute de la vidéo plu­tôt que payer un péage pour y passer.

  • Tou­jours très docu­menté et bien vu. Comme d’hab…

  • Tres inter­es­sant,

    J’attend la suite avec beau­coup d’interet

  • Super cette note: riche, per­ti­nente, et pleine de sens. Bravo, j’adhere tota­le­ment ;)

  • Dans l’analyse de la posi­tion domi­nante, est il pos­sible et per­ti­nent de
    a/comparer la taille des mar­chés adres­sables des pro­duits vache à lait des 2 entre­prises. il parait que le mar­ché pub est 3x >(ou 5 x en fonc­tion des analystes)au mar­ché du logi­ciel.
    b/conclure que la marge de crois­sance future de Goog sera encore expo­nen­tielle s’ils arrivent à domi­ner le mar­ché de la pub offine comme ils l’on fait sur le online. Est-ce un scé­na­rio réaliste?

    Concer­nant les cost of reve­nue et les résul­tats nets, je suis sur­pris que ceux de google ne soit “que” de 29%. Je croyais que l’automatisation de leur plat­forme pub per­met­tait des couts de ventes très bas et une superbe écono­mie d’échelle. peut etre qu’avec la cros­sance du CA, le % du resul­tat sera plus grand là ou MS devra ali­gner des couts variables plus forts (force de vente terrain,..).

  • [7] - Olivier Ezratty a écrit le 12 avril 2007 :

    Actuel­le­ment, le mar­ché de la publi­cité en ligne est du même ordre de gran­deur que celui du logi­ciel dans le grand public (jeux com­pris). Mais le pre­mier croit plus vite que le second. Et oui, le mar­ché adres­sable par Google est énorme si l’on intègre la publi­cité offline.

    La notion de domi­nance est un sujet qui se mani­pule avec flexi­bi­lité par le poli­tique. Si quelqu’un décide que le mar­ché à consi­dé­rer (dans le cadre d’une pro­cé­dure anti­trust) est le search sur Inter­net, cela sera la défi­ni­tion! De même que Win­dows est domi­nant dans le mar­ché des micro-ordinateurs per­son­nels, mais pas sur les “maté­riels infor­ma­tiques ou élec­tro­niques à base de microprocesseurs”.

    Je ne conclue pas que la crois­sance de Google va res­ter expo­nen­tielle. J’en doute jus­te­ment. Et la courbe de crois­sance le montre bien. Effet de taille oblige, leur crois­sance devien­dra linéaire comme celle de Micro­soft, d’ici quelques années.

    Pour leur résul­tat net, on a vu qu’il est impacté néga­ti­ve­ment par leur “reve­nue sha­ring model” avec les sites où ils achètent de l’espace pour AdSense. En le sous­trayant de leur revenu, cela don­ne­rait un résul­tat net bien meilleurs, d’au moins 40%, ce qui est pas mal!

    Si ils cherchent à entrer sérieu­se­ment dans le mar­ché des entre­prises, comme avec Google Apps, cela génè­rera des coûts variables plus élevés. C’est l’inconvénient de la diver­si­fi­ca­tion dans ce domaine, comme l’est celle de Micro­soft dans les consoles de jeu.

    Les écono­mies d’échelle ont déjà été atteintes par Google. Main­te­nant, ils doivent en gros aug­men­ter leur capa­cité de pro­duc­tion (les data cen­ters) pro­por­tion­nel­le­ment à leur tra­fic et à leur revenu. Ils peuvent par contre faire quelques écono­mies en pous­sant à fond le béné­fice de la Loi de Moore (qui les amène à chan­ger assez fré­quem­ment leurs ser­veurs), et en opti­mi­sant leur consom­ma­tion d’électricité. On dit qu’ils construisent leurs data cen­ters aux USA au Nord du pays, près des bar­rages, là où l’électricité serait moins chère.

  • […] Jeudi, avril 12th, 2007 in web2.0, Busi­ness Oli­vier Ezratty ancien patron de la Divi­sion Pla­te­forme et Eco­sys­tème de Micro­soft France apporte à tra­vers une série de posts un début de réponse très bien docu­menté et objec­tif. Je vous conseille vive­ment de suivre cette série. Vive­ment la ver­sion PDF. […]

  • Quelle est la part de la pub online par rap­port au mar­ché pub total? 5, 10 %? En impo­sant sa plat­forme pour les tran­sac­tions pub offine, même sans être en posi­tion domi­nante, il y a quand même de belles années de crois­sance en vue.
    Est ce que les Carat ou autre aggré­ga­teurs d’espace pub offline ne devraient pas être plus inquiet que MS de l’arrivée de GOOG sur leur mar­ché? Mais je suis tota­le­ment igno­rant des chances de GOOG de réus­sir sur ce mar­ché et du modèle écono­mique.
    Ma petite lan­terne a besoin d’être éclairée:-)!

  • [10] - Olivier Ezratty a écrit le 12 avril 2007 :

    Carat estime la part de la pub en ligne à 5,2% du bud­get mon­dial de la publi­cité en 2006, avec 26% de croissance.

    Donc, effec­ti­ve­ment de la marge de crois­sance pour Google à la fois par trans­ferts vers la pub online, et dans l’offline.

    Google per­met pour la pub en ligne de se pas­ser des média plan­ners clas­siques qui se voient pro­ba­ble­ment mena­cés. Mais ils ont déjà un pieds dans la publi­cité en ligne. Je ne sais pas comment/si ils s’adaptent à cette nou­velle donne.

    Mais ces trans­for­ma­tions du mar­ché créent de nou­veaux acteurs, tels que les socié­tés spé­cia­li­sées dans l’optimisation de la pub en ligne (comme http://www.adcom.fr/).

  • [11] - julienb a écrit le 12 avril 2007 :

    très inté­res­sant, sauf que les fon­da­men­taux sont très dif­fé­rents : Micro­soft détient un mono­pole de fait basé sur la rente “pro­priété intel­lec­tuelle” d’outils, tan­dis que Google vend des ser­vices basés sur des outils, pour la plu­part issus de stan­dards ouverts…

  • [12] - Olivier Ezratty a écrit le 12 avril 2007 :

    Le fait que les outils de Google s’appuie sur des logi­ciels libre importe peu par rap­port à leur situa­tion de domi­nance. Compte-tenu du nombre de ser­veurs qu’ils ont à gérer, cela leur a cer­tai­ne­ment généré des écono­mies en logi­ciels com­mer­ciaux. Cela leur a donc donné de l’autonomie et un moyen de bien opti­mi­ser leurs coûts. Au point que main­te­nant, une grosse part du “TCO” de leurs data cen­ters, c’est la consom­ma­tion électrique!

    Et atten­tion: Google donne des ser­vices aux uti­li­sa­teurs (presque tous), et fait payer l’accès aux uti­li­sa­teurs à ses clients qui sont des annon­ceurs. La concur­rence est inté­res­sante en ce sens qu’il ne suf­fit pas de don­ner pour être le meilleur. Il faut don­ner le meilleur!

  • Bench­mark Google vs Microsoft…

    C’est désor­mais une habi­tude, Oli­vier Ezratty pro­duit d’excellents articles de fond sur son blog. Tant le contenu, la forme, que la méthode sont irré­pro­chables. Après ses retours du CES 2007, son ana­lyse de là où va l’argent de l’Etat, voici …

  • […] Opi­nions Libres - Le blog d’Olivier Ezratty (tags: google microsoft) […]

  • [15] - Jonathan a écrit le 28 mars 2008 :

    Où avez-vous trouvé ce gra­phique ? http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/WindowsLiveWriter/GoogleMicrosoft_D04D/image0233.png

    J’ai une pré­sen­ta­tion à faire et ce gra­phique me serait utile si je connais­sais la source de celui-ci, ou la source des infor­ma­tions néces­saires pour le faire.

    Merci d’avance.

  • [16] - Olivier Ezratty a écrit le 28 mars 2008 :

    Je l’ai créé moi-même sous Excel à par­tir des don­nées publiques de chiffre d’affaire de Micro­soft, publiées sur leur site “Inves­tor Rela­tions”. Elles sont à mettre à jour avec les don­nées plus récentes (FY2007 et H1 2008). Mais le mix n’a pas beau­coup changé en un an.

  • [17] - Chris a écrit le 5 janvier 2009 :

    Super article! merci!

    Néan­moins, je vou­drais savoir ou puis-je trou­ver le camam­bert sui­vant( source ou n’importe quoi d’autre…):
    http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/WindowsLiveWriter/GoogleMicrosoft_D04D/image0233.png

    Cela me serait très utile pour une thèse que je suis en train de conclure au sujet de Google.

    Merci d’avance

  • [18] - Olivier Ezratty a écrit le 6 janvier 2009 :

    Il s’agit d’un simple dia­gramme que j’ai construit à l’époque de l’écriture de cet article en uti­li­sant les infor­ma­tions publiques sur les résul­tats finan­ciers de Micro­soft. Presque deux ans après cet article, les don­nées méri­te­raient d’être réac­tua­li­sées, mais les pro­por­tions n’ont pas du chan­ger entre ces dif­fé­rents business.




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