Exo-Darwinisme Numérique

Publié le 10 octobre 2007 et mis à jour le 28 janvier 2009 - 8 commentaires -
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L’usage de plus en plus intense d’outils de com­mu­ni­ca­tion et de tech­no­lo­gies numé­riques génère des chan­ge­ments pro­fonds sur l’homme, sa manière de fonc­tion­ner, sa vie en société. Et pour­quoi pas, jusqu’à trans­for­mer pro­gres­si­ve­ment son ADN dans un pro­ces­sus évolu­tif graduel ?

Le cer­veau s’adapte en effet pro­gres­si­ve­ment en fai­sant de plus appel à des outils externes pour sa mémoire, pour navi­guer dans l’information et pour com­mu­ni­quer. Il se décharge de cer­taines tâches, mais il acquiert de nou­velles capa­ci­tés, comme celle du mul­ti­tâche, par­ti­cu­liè­re­ment visible chez les jeunes. Les mondes vir­tuels ont pro­ba­ble­ment égale­ment un impact sur la repré­sen­ta­tion du monde que se fait le cer­veau des uti­li­sa­teurs. Le phé­no­mène du zap­ping est une autre consé­quence de l’usage des TIC. Et il ne concerne pas que la télé­vi­sion. Il habi­tue le cer­veau à pas­ser en per­ma­nence du coq à l’âne au quo­ti­dien. Ce “task swit­ching” per­ma­nent est une nou­velle capa­cité du cer­veau, au détri­ment d’autres capa­ci­tés : l’attention, la réflexion, et pour­quoi pas le rêve.

Ce thème est un sujet pas­sion­nant mais rela­ti­ve­ment peu exploré par les experts des sciences humaines et cog­ni­tives. Je n’avais en tout cas pas eu l’occasion de tom­ber sur des études ou recherches sur ce sujet qui est un puits sans fond.

serres

C’est main­te­nant chose faite grâce à une très inté­res­sante confé­rence de Michel Serres (ci-contre), phi­lo­sophe et aca­dé­mi­cien, don­née à l’Ecole Poly­tech­nique en … 2005 ! Je vous recom­mande vive­ment de pas­ser une heure à écou­ter et/ou vision­ner cette confé­rence passionnante.

Michel Serres y pré­sente une vision assez opti­miste de l’évolution humaine per­mise par les pro­grès tech­no­lo­giques. Ces pro­grès ont donné la pos­si­bi­lité à l’homme d’externaliser des fonc­tions qu’il assu­rait par lui-même, et pour élever à chaque fois son niveau intel­lec­tuel. Il appelle cela l’exo-darwinisme. Lorsque l’homme s’est mis à mar­cher sur deux pattes, cela a libéré deux mains pour l’appréhension, qui était jusqu’alors plu­tôt le fait de la bouche. La résul­tante? L’émergence de la parole! Et l’histoire conti­nue jusqu’à nos jours. La tech­no­lo­gie (numé­rique ou pas) évacuant, cha­cune à leur tour, les tâches répé­ti­tives. Et puis, plus récem­ment, per­met­tant de s’affranchir des dis­tances. Lorsque l’imprimerie est arri­vée, l’homme a perdu une grande par­tie de sa mémoire mais a amé­lioré ses capa­ci­tés d’intégration du savoir. L’ordinateur a ampli­fié ce phé­no­mène ces der­nières décen­nies. L’habitude  de faire appel à Google pour trou­ver toutes sortes d’informations n’affranchit pas de leur lec­ture et de leur inté­gra­tion. L’homme a appris à tirer parti de ces nou­velles pos­si­bi­li­tés pour aller à chaque fois encore plus loin.

A chaque étape, cepen­dant, les tech­no­lo­gies créent des lais­sés pour compte. Michel Serres ne l’évoque pas. Ce sont soit ceux qui n’y ont pas accès et ne peuvent donc pas suivre le mou­ve­ment et se mettre à niveau pour vivre avec leur temps. Soit ceux qui en abusent au point de ne pas évoluer par le haut, mais plu­tôt vers le bas. Dans cette veine, Fre­de­rick Zim­mer­man, un spé­cia­liste amé­ri­cain de la pédia­trie, apporte un éclai­rage inté­res­sant foca­lisé sur l’impact de la consom­ma­tion de télé­vi­sion sur les enfants en bas âge.

Elephant in Living Room

Dans “The ele­phant in the living room”, il s’appuie sur des études quan­ti­ta­tives menées sur un échan­tillon repré­sen­ta­tif d’enfants d’âges de plus et moins de cinq ans pour mesu­rer l’impact de la consom­ma­tion de la télé­vi­sion. Pour lui, la télé­vi­sion peut ouvrir les enfants sur le monde et contri­buer réel­le­ment à leur déve­lop­pe­ment, avec des pro­grammes et docu­men­taires éduca­tifs adé­quats. Mais le pire est à craindre avec les conte­nus certes diver­tis­sants, mais aussi débi­li­tants. Consom­més par les enfants en bas âge (en des­sous de cinq ans), ils génèrent des troubles de défi­cit d’attention (atten­tion defi­cit disor­der), de l’agressivité, des pro­blèmes de som­meil, voire des dépres­sions. Au point d’impacter la manière dont le cer­veau des enfants se forme, et dont ses synapses se connectent. Les effets peuvent être irré­ver­sibles. On peut trou­ver le résul­tat de cette étude dans son livre ainsi que dans l’article “Early Tele­vi­sion Expo­sure and Sub­sequent Atten­tio­nal Pro­blems in Chil­dren”.

Je suis per­suadé que ce phé­no­mène n’atteint pas que les enfants en bas âge. De manière plus subrep­ti­cieuse, il touche toutes les popu­la­tions, jeunes et moins jeunes, qui exploitent à fond les outils de com­mu­ni­ca­tion modernes au point d’atteindre l’addiction. On voit même se déve­lop­per une régres­sion de la mai­trise de l’écrit, outil fon­da­men­tal de l’intelligence humaine. Sans l’écrit, est-ce que le pro­grès peut conti­nuer? Sans une bonne mai­trise de l’écrit, est-ce que la culture moderne peut perdurer?

Les théo­ries dar­wi­niennes de l’évolution relèvent de deux dimen­sions : la sélec­tion natu­relle de ceux qui s’adaptent le mieux aux évolu­tions de leur envi­ron­ne­ment au sein de groupes d’individus, et l’application gra­duelle de ce pro­ces­sus. Une ques­tion est de savoir si les éven­tuelles évolu­tions de l’espère humaines pro­vo­quées par l’ère digi­tale vont rele­ver de la sélec­tion dar­wi­nienne ou pas. Avec l’homo-connectus et l’homo-sapiens “clas­sique”, les deux coha­bi­tant dans les mêmes civi­li­sa­tions. En effet, au sein de popu­la­tions homo­gènes, dans un pays, vont coha­bi­ter ces per­sonnes “hyper-connectées” et d’autres qui le sont moins et rien ne dit que les deux caté­go­ries vont être consan­guines. En tout cas, une chose est plus faci­le­ment envi­sa­geable: l’évolution gra­duelle, lente, sur quelques géné­ra­tions, de l’espèce humaine, géné­rée par l’usage tou­jours crois­sant des TIC qui touche main­te­nant plus de la moi­tié des popu­la­tions des pays où le niveau de vie, d’éducation et d’équipement sont élevés (Amé­riques, Europe, une grande par­tie de l’Asie).

Une autre approche consiste à envi­sa­ger une évolu­tion cultu­relle et socié­tale bien plus rapide que l’évolution bio­lo­gique qui pour­rait éven­tuel­le­ment en décou­ler, théo­rie défen­due par Yves Cop­pens (dont une confé­rence récente a été relayée par Jean-Michel Billaud, mais ne traite pas direc­te­ment de ce thème).

Reste à creu­ser pour décou­vrir les spé­cia­listes qui se seraient pen­chés sur la ques­tion. Pour l’instant, je n’en ai pas trouvé au delà des trois ici cités. Mais il y en a sur­ement. Any idea?

Et on ne se fâche pas, je n’ai pas parlé de tests ADN !

Mise à jour du 28 jan­vier 2009 :

En juillet 2008, Nicho­las Carr publiait un excellent article qui se rap­proche du sujet de ce post  : “Is Google making us stu­pid?”. Un long article qui explique que les usages de l’Internet nous éloignent de la lec­ture séquen­tielle de livres… ou d’articles longs comme celui de Carr, ou ceux de ce blog. Et qui conclut en pre­nant ana­lo­gie sur l’astronaute Dave qui débranche l’ordinateur HAL aux pro­pos plus qu’humains dans 2001 Ody­sée de l’Espace, que notre intel­li­gence s’affadit pour deve­nir de l’intelligence arti­fi­cielle alors que l’on se repose de plus en plus sur l’Internet pour com­prendre le monde. 


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Publié le 10 octobre 2007 Post de Olivier Ezratty | Internet, Sociologie | 8 commentaires

Les 8 commentaires sur “Exo-Darwinisme Numérique” :

  • Oli­vier,

    Merci pour cette oxy­gé­na­tion de nos neurones.

    Tu as écris: “Lorsque l’homme s’est mis à mar­cher sur deux pattes, cela a libéré deux mains pour l’appréhension, qui était jusqu’alors plu­tôt le fait de la bouche.“
    Ne serait-ce pas plu­tot “la pré­hen­sion” ? ce qui modi­fie lar­ge­ment le sens de cette phrase.

    Pour appuyer ton pro­pos, on peut citer l’exemple de l’emergence du GPS qui ne nous fait plus tra­vailler notre sens de l’orientation, mais au pro­fit d’une meilleure atten­tion à la conduite.

    A bien­tôt.

    Arnaud

  • Ne s’agirait-il pas plu­tôt d’une excel­lente (et invo­lon­taire) illus­tra­tion des pro­pos de l’auteur : “On voit même se déve­lop­per une régres­sion de la mai­trise de l’écrit, outil fon­da­men­tal de l’intelligence humaine.” ? Sachant qu’à l’oral l’appréhension et la pré­hen­sion se pro­noncent pareil.

  • [3] - joss a écrit le 11 octobre 2007 :

    Très inté­res­sante confé­rence, et je ne peux m’empêcher de trou­ver des simi­li­tudes entre “la tech­nique per­met de libé­rer l’homme” (de libé­rer son temps, son éner­gie) et un billet que j’ai récem­ment écrit sur l’augmentation de la pro­duc­ti­vité infor­ma­tion­nelle de l’humain engen­drée par l’interfaçage…

    Une remarque ensuite sur la notion d’évolution, j’ai relevé la phrase sui­vante : “l’évolution gra­duelle, lente, sur quelques géné­ra­tions, de l’espèce humaine, géné­rée par l’usage tou­jours crois­sant des TIC”. Vous défen­dez ici une notion d’évolution qui s’approche de la concep­tion Lamar­ckienne qui a été aban­don­née avec l’adoption de la concep­tion darwinienne.

    Notons enfin que l’humanité indus­tria­li­sée ne connait plus d’évolution au sens dar­wi­nien. En effet l’évolution sous-entend deux phé­no­mènes : la sélec­tion et la muta­tion. Cette sélec­tion signi­fie la non-transmission de leur patri­moine géné­tique par les plus faibles soit du fait d’une mort pré­ma­tu­rée, soit par l’obtention d’une des­cen­dance moins nom­breuse. Si tant est qu’on puisse défi­nir des “plus faibles”, on pourra obser­ver que la trans­mis­sion de leurs gènes n’est pas moindre que celle des “plus forts”. L’idée d’une évolu­tion cultu­relle (dont se rap­proche l’exo-darwinisme) rapide est beau­coup plus réelle…

  • [4] - Olivier Ezratty a écrit le 12 octobre 2007 :

    Arnaud et Théo­lane, je vou­lais bien écrire “la pré­hen­sion”. Ques­tion de chro­no­lo­gie: l’arrivée de la parole a pré­cédé de loin celle de l’écrit, et à for­tiori sa décrue qui pour­rait adve­nir de cer­tains abus du numérique.

    Joss, les articles de Wiki­pe­dia semblent indi­quer qu’il peut y avoir com­plé­men­ta­rité entre les théo­ries Lamar­ckiennes et Dar­wi­niennes. Je ferais juste remar­quer que ces deux scien­ti­fiques de renom n’ont pas vrai­ment connu l’impact des trois révo­lu­tions indus­trielles (Dar­win a vécu aux tous débuts de la pre­mière). A for­tiori la dernière!

    Les évolu­tions que je mets sur la table ne sont peut-être donc ni dar­wi­niennes ni lar­mar­ckiennes. Elles trans­cendent la notion de “plus faible” ou “plus fort” car elles font abs­trac­tion des contraintes géo­gra­phiques et mêmes eth­niques. Mais j’intuite qu’elles ne sont pas que cultu­relles car le cer­veau, à la longue, va cer­tai­ne­ment évoluer.

    Il peut à la fois évoluer vers le haut comme le pense Michel Serres, ou vers le bas, si on est décli­no­logue quant à l’impact des TIC sur cer­tains types d’utilisateurs.

    On manque évidem­ment de recul puisque les TICs n’ont qu’une à deux géné­ra­tions der­rière elles! Alors que les évolu­tions des espèces et de l’espèce humaine se mesurent en x mil­liers d’années. Mais comme l’évolution des tech­nos s’accélère, ne serait-il pas envi­sa­geable que l’évolution humaine s’accélère en proportion?

    Avec un peu de recul, on pour­rait se dire: pour­quoi s’en sou­cier? Puisque l’on ren­con­trera des pro­blèmes bien plus struc­tu­rants avant qu’un brin d’ADN ne change : fin de l’ère du pétrole, réchauf­fe­ment de la pla­nète, etc.

  • [5] - Anj a écrit le 3 novembre 2007 :

    Quand je montre des pho­tos à mes (petits) enfants sur mon PC ou au dos de l’APN, ils me demandent tou­jours “main­te­nant fais-là bou­ger”, passes-nous la vidéo, quoi. Ils ne com­prennent pas pour­quoi les images sont fixes et vou­draient voir des albums photo à la “Harry Pot­ter”. C’est incroyable leur adap­ta­tion à la tech­no­lo­gie. Les appa­reils techno sont des exten­sions natu­relles de leur propre esprit. Ils ne se posent aucune ques­tion, ils adoptent. Ils n’aiment pas lire, sauf sur Inter­net.
    Il me paraît indé­niable que la techno ait une influence forte sur leur vie et que la sélec­tion natu­relle soit influen­cée par cela. Un gamin d’aujourd’hui est-il capable d’avoir une petite amie sans les SMS ? Amu­sant comme idée. L’impact des SMS sur la capa­cité pour un mâle de l’espèce à trou­ver une femelle.

  • Je trouve que l’emploi des termes “les plus forts” et “les plus faibles me semble abu­sif dans le cadre de la théo­rie darwinienne.

    En effet, si on prend l’exemple fameux du méla­nisme indus­triel de la pha­lène du bou­leau en Angle­terre on se rend compte que “dans cette espèce de papillons, la pro­por­tion d’individus clairs a dimi­nué du fait de la pol­lu­tion qui noir­cis­sait les sur­faces des troncs d’arbre sur les­quels ils se posaient. En effet ils étaient plus visibles pour leurs pré­da­teurs. Les pha­lènes sombres qui exis­taient avant la pol­lu­tion sont deve­nues majo­ri­taires. Et puis le phé­no­mène s’est inversé lorsque les indus­tries pol­luantes ont pro­gres­si­ve­ment dis­paru.” (Wikipedia)

    Or, on peut rai­son­na­ble­ment admettre que les “forces” res­pec­tives des pha­lènes sombres et des pha­lènes clairs sont égales. Ce qu’il faut prendre en compte ici se sont les contraintes envi­ron­ne­men­tales qui “poussent” l’espèce à se trans­for­mer dans une direc­tion don­née, sou­vent indé­pen­dam­ment de la “force” des indi­vi­dus qui com­posent cette espèce.

    Le cri­tère clé n’est donc pas la “force” mais l’adaptabilité au milieu même si il semble évident que des indi­vi­dus malades auront beau­coup moins de chances de se reproduire.

  • Après avoir lu cet article et visionné la confé­rence, je me rends compte que j’ai une com­pré­hen­sion assez dif­fé­rente de la pen­sée de Michel Serres.

    Pour moi, ce que Michel Serres veut dire c’est que la tech­no­lo­gie nous per­met de nous “libé­rer” de l’évolution dar­wi­nienne. En effet, pour s’adapter au froid, par exemple, une four­rure épaisse est néces­saire. Cepen­dant, si le milieu change et devient très chaud les indi­vi­dus dotés d’une telle four­rure auront beau­coup de mal à s’adapter. Pour l’homme le pro­blème ne se pose pas. En effet, si il se trouve dans un milieu à basse tem­pé­ra­ture il lui suf­fit de se cou­vrir de vête­ments et si il se trouve subi­te­ment dans un mileu chaud il lui suf­fit d’enlever une par­tie de ces vête­ments. Dans le cas d’un ours polaire par exemple; l’adaptation au milieu polaire a duré des cen­taines d’années ce qui a abou­tit à sa four­rure blanche. L’adaptation subite à un milieu chaud, c’est à dire la perte de sa four­rure, pren­drait encore des mil­liers d’années. Alors que l’exo-darwinisme per­met à l’Homme de s’adapter à un milieu en un trait de temps, en effet il lui suf­fit d’enlever ses vête­ments, ce qui écono­mise des cen­taines d’années d’évolution.

    Je ne vois donc pas à quoi cor­res­pon­drait “l’évolution gra­duelle, lente, sur quelques géné­ra­tions, de l’espèce humaine, géné­rée par l’usage tou­jours crois­sant des TIC”. Pour moi, au contraire, avec l’exo-darwinisme l’adaptation à l’environnement est très rapide grâce à la technologie.

  • [8] - Olivier Ezratty a écrit le 24 novembre 2007 :

    Mon intui­tion est qu’il y a un peu des deux: l’homme exter­na­liste cer­taines fonc­tions ce qui lui donne une meilleure capa­cité d’adaptation.

    En même temps, l’usage extrème de tech­no­lo­gies numé­riques trans­for­mera notre manière de pen­ser, d’assembler des idées, de com­mu­ni­quer, de rêver. On devient plus mul­ti­tâche. Notre mémoire fonc­tionne plus par asso­cia­tions que par mémo­ri­sa­tion pure. Est-ce que cela ne trans­forme pas l’homme d’une manière ou d’une autre à moyen terme? Et là, je ne pense pas à une forme de sélec­tion (même s’il n’est pas impos­sible qu’elle opère), sim­ple­ment d’évolution gra­duelle. De toutes manières, nous ne vivrons pas assez long­temps pour voir si telle ou telle hypo­thèse se vérifie…




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