Fact-checking récursif de la présidentielle

Publié le 4 mai 2012 et mis à jour le 19 mai 2012 - 10 commentaires -
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Nous voici au terme de cette cam­pagne pré­si­den­tielle 2012. Elle n’est pas réel­le­ment ter­mi­née car nous allons remettre cela pour les légis­la­tives jusqu’au 17 juin 2012. Après avoir décor­ti­qué les cli­vages de la pré­si­den­tielle sur le numé­rique, je vais reve­nir sur un point qui la dif­fé­ren­tiait des pré­cé­dentes : l’importance de l’économie dans les dis­cours et le rôle crois­sant du “fact che­cking” dans les médias. Et essayer de seg­men­ter et iden­ti­fier l’origine de ces erreurs fac­tuelles qui émaillèrent cette cam­pagne, pro­ve­nant de presque tous les camps.

Tour d’horizon des sites de fact-checking

Le fact-checking est par­tout. Dès qu’un can­di­dat ouvre le bec à la radio, à la télé­vi­sion ou dans un mee­ting poli­tique, les médias s’en emparent et se lancent dans les véri­fi­ca­tions. Le Nou­ve­lObs a bien décrit ce phé­no­mène en rap­pe­lant qu’il accom­pagne une baisse des moyens de la presse pro­fes­sion­nelle. Il est aussi ali­menté par la ten­dance du “data jour­na­lism” qui s’est déve­loppé outre-Atlantique et est arri­vée chez nous. Cette ten­dance est elle-même asso­ciée à celle de l’open data qui voit un nombre de plus en plus grand de don­nées publiques publiées par les gou­ver­ne­ments et autres col­lec­ti­vi­tés locales.

Une majeure par­tie des sites de fact-checking sont ani­més par des jour­na­listes pro­fes­sion­nels et pas tant que cela par la contri­bu­tion de lec­teurs. On note au pas­sage qu’une majo­rité de ces sites de fact-checking sont liés à des médias plu­tôt posi­tion­nés à gauche ou au centre-gauche. Le média le plus posi­tionné à droite, Le Figaro, n’a pas de pages dédiées au fact-checking. Comme si le fact-checking était en fait sur­tout une arme anti-Sarkozy.

En vrac, nous avons donc :

  • Desin­tox (Libé­ra­tion) : qui est natu­rel­le­ment orienté anti-Sarkozy en cohé­rence avec la ligne édito­riale de Libé­ra­tion, mais épingle égale­ment Fran­çois Hol­lande pour faire bonne figure. L’approche édito­riale est bien construite car basée à la fois sur les chiffres, mais aussi sur le fonds des sujets. Le site ne se contente pas d’alimenter la bataille des chiffres.

Veritometre

  • Véri­to­mètre (Owni) qui a déve­loppé une approche quan­ti­ta­tive de la cré­di­bi­lité des can­di­dats. Cela donne 63% pour Jean-Luc Mélen­chon, 58% pour Eva Joly, 55% pour Fran­çois Hol­lande, 46% pour Nico­las Sar­kozy et 44% pour Fran­çois Bay­rou ex-aequo avec Marie Le Pen. Mélen­chon pre­mier et Bayou au même niveau que Le Pen… cela per­met de se poser quelques ques­tions sur la métho­do­lo­gie employée. Quand tous les faits sont mis au même niveau, l’approche sta­tis­tique non pon­dé­rée génère ce genre de bizar­re­ries. Le site se dis­tingue en pro­po­sant un inven­taire de don­nées de bases qui ont pu ali­men­ter les débats, mais qui est assez incom­plet comme j’ai pu le consta­ter au sujet de l’immigration. La démarche va en tout cas dans le bon sens. C’est une pre­mière. Elle va donc sans doutes s’améliorer dans les éditions suivantes.
  • Contrôle Tech­nique (Rue 89) : qui traite de tous sujets et pas seule­ment des can­di­dats à la présidentielle.
  • L’addition s’il vous plait (Nou­vel Obser­va­teur) : qui foca­lise son contrôle sur les don­nées chif­frées des pro­grammes économiques.
  • Les Déco­deurs (Le Monde) : le site est très bien fait avec une approche édito­riale voi­sine de celle de Desin­tox trai­tant à la fois des don­nées chif­frées et du fonds des débats.
  • Détec­teur de Men­songes (Jour­nal du Dimanche) : on pour­rait s’attendre à une approche anti-Hollande mais les deux can­di­dats semblent en prendre pour leur grade dans ce site.
  • Vigie2012 : un site de fact-checking rela­tif à l’Europe qui épingle à la fois Fran­çois Hol­lande et Nico­las Sar­kozy. Et pour cause, les deux ont uti­lisé à foi­son des sta­tis­tiques écono­miques euro­péennes pour défendre leur point de vue. Les fran­çais mai­tri­sant déjà mal les gran­deurs écono­miques concer­nant notre pays, ils sont encore plus lar­gués sur les approxi­ma­tions quan­ti­ta­tives concer­nant nos voi­sins. Et plus c’est gros plus ça passe ! L’Europe a pas mal besoin d’être aidée par les temps qui courent tel­le­ment on lui fait por­ter le cha­peau des dif­fi­cul­tés du moment.
  • Média­part : a publié divers docu­ments de fact che­cking sur la cam­pagne et en géné­ral à charge contre Nico­las Sar­kozy, comme “Men­songes et approxi­ma­tions à la chaîne” de Carine Fou­teau, Mathieu Magnau­deix et Mar­tine Orange juste après le débat du 2 mai 2012. Au pas­sage, un édito­rial d’un blog­geur du site épingle le prin­cipe même du fact-checking, trou­vant que son impact “à-pos­té­riori” des inter­ven­tions poli­tiques est bien mineur, et ne rem­place pas la pug­na­cité qui manque des jour­na­listes qui inter­viewent nos hommes poli­tiques. Mais au vu du câblage d’Edwy Ple­nel, il s’attaquera sans doutes aux dérives du nou­veau pou­voir qui s’installera la semaine prochaine.
  • Fact­Wat­chers, un site de fact-checking col­la­bo­ra­tif créé par une équipe de nan­tais qui ouvre ses don­nées via des APIs. L’approche est dans le prin­cipe très sym­pa­thique, mais le site est pour l’instant assez peu garni. Il a été lancé en avril 2012 et a donc peut-être un peu loupé le coche de la pré­si­den­tielle 2012. Pas facile de faire sa place dans un pay­sage déjà bien encom­bré de fact-checkeurs !
  • Pipo­li­tique est un autre site de fact-checking col­la­bo­ra­tif qui mélange com­men­taires qua­li­ta­tifs des inter­nautes et évalua­tion quan­ti­ta­tive. Les décla­ra­tions rete­nues ne sont pas seule­ment celles de can­di­dats mais aussi d’hommes et femmes poli­tiques de tous bords et niveaux voire au delà (avec Jacques Attali par exemple) y com­pris des poli­tiques étran­gers. L’inventaire du site reste mal­gré tout assez limité.
  • L’Obser­va­toire des Men­songes de la Gauche, ali­menté par l’UMP, s’est arrêté de fonc­tion­ner fin 2011. Essouf­fle­ment ? Manque de res­sources ? Taris­se­ment de la source (de men­songes) ? Le site de cam­pagne du PS et celui de Fran­çois Hol­lande font égale­ment leur propre fact-checking. Il est clair en tout cas que les sites des par­tis poli­tiques n’ont pas la même cré­di­bi­lité que les sources indé­pen­dantes et (en appa­rence) neutres. Mais comme on l’a vu ci-dessus, les sources neutres sont bien rares. On doit donc en per­ma­nence aiguisé son esprit cri­tique, même après avoir consulté les sites de fact-checking. Les don­nées sont faci­le­ment pré­sen­tées en trompe lœil ou de manière parcellaire.

Le pano­rama ne serait pas com­plet sans citer les “com­pa­ra­teurs de pro­grammes”. Les sites Voxe.org, Social­Com­pare, Pour­Qui­Vo­ter, celui du Figaro et du jour­nal Le Monde se contentent de pro­po­ser la mise en regard, sou­vent de manière tabu­lée, des pro­grammes des can­di­dats. Mais ce n’est pas asso­cié à du fact che­cking, donc la matière est à la fois bien pauvre et bien sèche. Il y en a cer­tains comme l’application mobile Bous­sole Elec­to­rale qui posent un tas de ques­tions pour vous aider à vous posi­tion­ner sur l’échiquier poli­tique. Pas sûr que cela ait influencé beau­coup d’électeurs, même les tant cour­ti­sés indécis !

Consé­quences du fact-checking ? Comme l’indique un article de Erwan Des­planques de Télé­rama, il com­mence à avoir un impact sur la parole poli­tique elle-même qui sait qu’elle est plus faci­le­ment prise au piège de ses men­songes. Et le métier des jour­na­listes est à nou­veau valo­risé. Sur­tout dans la mesure où dans le même temps, on ne peut pas dire que le débat poli­tique sur les réseaux sociaux tels que Twit­ter ait été d’un bon niveau. La domi­nante était aux blagues vaseuses à pro­fu­sion ou de mes­sages creux de mobi­li­sa­tion pro­ve­nant de tous les camps, ali­men­tés notam­ment par des cohortes de mili­tants peu­plant les web-war-rooms des candidats.

Le grand défi reste pour les jour­na­listes de por­ter la contra­dic­tion aux poli­tiques en direct pen­dant leurs inter­views plu­tôt qu’a pos­te­riori. Un peu comme essayait de le faire Fran­çois Lan­glet de BFM pen­dant “Des paroles et des actes”. Les expé­riences de fact-checking en direct à la TV semblent pour l’instant remises au pla­card car trop com­plexes à mettre en œuvre. On peut espé­rer que le pro­chain quin­quen­nat et les évolu­tions de la TV connec­tée don­ne­ront lieu à quelques inno­va­tions en la matière, notam­ment sur les “seconds écrans” comme les tablettes !

D’autres nou­veau­tés pour­raient aussi appa­raître dans les sites de fact-checking. Ils pour­raient publier leurs tableaux de bord en “open data” pour qu’il soit facile de récu­pé­rer les erreurs des uns et des autres, clas­sées par thème. On pour­rait aussi ima­gi­ner inté­grer à ces sites de la cura­tion de conte­nus per­ti­nents per­met­tant d’en savoir plus sur les sujets trai­tés. Ces sites pour­raient aussi ouvrir leur contenu aux com­men­taires des lec­teurs, une approche pour l’instant écar­tée. A moins que les fact-checkeurs aient peur du fact-checking de leur propre travail ?

D’où viennent les erreurs des politiques ?

Le men­songe est vieux comme la poli­tique. Les liber­tés prises avec les les faits ont tou­jours servi à mani­pu­ler les foules. La lit­té­ra­ture est abon­dante sur le sujet (exemple ici). Elle relève que le men­songe est très payant en poli­tique puisque le men­teur est sou­vent gagnant au détri­ment du poli­ti­cien hon­nête. Et mal­gré son effet posi­tif, la ten­dance du fact-checking n’a pas eu l’air de cal­mer tant que cela le rythme des erreurs fac­tuelles qui émaillent les inter­ven­tions de nos poli­tiques. On peut espé­rer cepen­dant que cela aura un impact posi­tif sur le moyen terme. Le fact-checking est un contre-pouvoir en devenir !

Mais d’où viennent ces erreurs ? Uni­que­ment du machia­vé­lisme des poli­tiques qui veulent nous faire pas­ser des ves­sies pour des lan­ternes ? Des poli­tiques qui comptent sur le fait que leurs erreurs, même révé­lées à pos­té­riori, ne leur por­te­ront pas pré­ju­dice ? Il y a de cela, mais pas seule­ment. Ces erreurs ont des ori­gines bien diverses. La clas­si­fi­ca­tion ci-dessous pour­rait éven­tuel­le­ment ser­vir aux sites de fact-checking !

Pré­ci­sion des chiffres

Les erreurs les plus cou­rantes portent sur la pré­ci­sion des chiffres et non sur leurs ordres de gran­deur. Ce sont en géné­ral des erreurs bénignes qui n’invalident pas le pro­pos. Elles ne sont pas le propre du poli­tique. On tra­duit faci­le­ment dans la vie cou­rante un “+78%” en “le double”. Cela com­mence à déli­rer quand cela devient “le triple ou le qua­druple”. Notre cer­veau mémo­rise à la fois des don­nées chif­frées et des ordres de gran­deur en “logique floue”. On retient en géné­ral plus faci­le­ment les ordres de gran­deur que les don­nées elles-mêmes sur­tout si l’on est abreuvé de don­nées comme un poli­tique. Nos can­di­dats sont expo­sés à des quan­ti­tés d’informations qui dépassent l’entendement sur tous les sujets concer­nant le “busi­ness plan France”. Et très sou­vent, elles sont par­cel­laires, sous forme de notes courtes. Le résumé pré­paré par les conseillers a ten­dance à sim­pli­fier les pro­pos et les chiffres.

Voici deux exemples bénins sur des erreurs de Nico­las Sar­kozy rele­vées par Owni sur le nombre de sol­dats en Afgha­nis­tan (ci-dessous). Ici, les erreurs sont de 14% à 23% sur la bonne don­née. L’ordre de gran­deur est donc cor­rect et le pro­pos valable. Mal­gré tout, c’est comp­ta­bi­lisé comme “Incor­rect” dans les sites de fact-checking. Idem pour Fran­çois Bay­rou qui évaluait à 15 mil­lions le nombre de fran­çais allant aux urgences vs 16 à 17 mil­lions. Pas de quoi fouet­ter un chat ! Même topo chez Fran­çois Hol­lande lorsqu’il évalue à 20 Md€ le défi­cit de la sécu­rité sociale alors qu’il était de 22,8 Md€ en 2010 ! Un inven­taire de ses erreurs chif­frées dans le Veri­to­mètre montre qu’une grande par­tie d’entre elles sont dans cette caté­go­rie. Mais lorsqu’il apos­trophe Nico­las Sar­kozy en lui deman­dant d’où vient son évalua­tion à 90% de la part des musul­mans dans les immi­grés non euro­péens, ce der­nier semble exact tout du moins si l’on se réfère aux reli­gions domi­nantes des pays d’origine des immi­grés (cf ici sur la “base installée”).

Autre erreur que l’on peut ran­ger dans cette caté­go­rie, la confu­sion sur les pour­cen­tages. Exemple avec Nico­las Sar­kozy qui évoque une aug­men­ta­tion de 210% du taux de chô­mage en Espagne sous Zapa­tero alors qu’elle n’est que de 104%. Soit un dou­ble­ment. Dou­ble­ment devient faci­le­ment 200% dans la tête de cer­taines personnes… !

Veritometre Afghanistan France Sarkozy

Don­nées mouvantes

Seconde source d’erreurs, les don­nées qui évoluent très vite. C’est le cas en écono­mie, pour l’évolution des taux de chô­mage, de la balance com­mer­ciale, du cours du pétrole ou de la légis­la­tion dans d’autres pays.

Ainsi, Fran­çois Hol­lande et Nico­las Sar­kozy ont-ils plan­ché pen­dant leur débat le poids du pétrole dans le défi­cit de la balance com­mer­ciale fran­çaise. Nico­las Sar­kozy évoquait une fac­ture éner­gé­tique de 65 Md€ expli­quant le défi­cit com­mer­cial. Fran­çois Hol­lande rétor­quait que le pro­blème était le même sous Lio­nel Jospin.

Véri­fi­ca­tions faites, pas tout à fait : le baril est passé de $20-$30 à plus de $120 le baril entre la période Jos­pin et les deux der­nières années du quin­quen­nat Sar­kozy. Nos impor­ta­tions d’énergies fos­siles repré­sen­taient 22 Md€ en 2002 contre 60 Md€ en 2011, alors que notre défi­cit com­mer­cial 2011 était de 70 Md€ pour un équi­libre en 2002. Donc, 54% du défi­cit com­mer­cial de 2011 s’explique par l’augmentation du prix des éner­gies fos­siles et le reste par le manque d’exportations et donc de compétitivité.

On pour­rait pour­suivre sur l’énergie avec le bien com­pli­qué débat sur le blo­cage des prix de l’essence pro­posé par Fran­çois Hol­lande et contesté par Nico­las Sar­kozy. Une folie pour ce der­nier, et une prise en compte des besoins de cer­taines popu­la­tions éloi­gnées de leur lieu de tra­vail pour le pre­mier. Fran­çois Hol­lande pro­po­sait au départ de blo­quer le prix pen­dant trois mois en modu­lant la TIPP, mais pen­dant le débat du 2 mai, il a aussi évoqué l’idée consis­tant à réduire les marges des inter­mé­diaires. Cela n’a pas le même impact, d’autant plus que cette marge est assez faible, pro­ba­ble­ment lar­ge­ment infé­rieure aux 7% de marge brute pour les dis­tri­bu­teurs ! Et puis, que se passera-t-il si le gou­ver­ne­ment bloque les prix pen­dant une période où, par le plus grand des hasards, le prix du pétrole est rela­ti­ve­ment stable, et aug­mente sou­dai­ne­ment après ?

Le diable est tou­jours dans les détails !

On constate au pas­sage l’intérêt péda­go­gique des gra­phiques qui valent sou­vent mieux que de longs dis­cours, mais qui sont assez peu uti­li­sés dans les sites de fact-checking.

Don­nées sujettes à caution

Il y a aussi les don­nées qui sont cor­rectes mais sujettes à cau­tion car pro­ve­nant de l’exécutif.

C’est par exemple le cas des sta­tis­tiques sur la délin­quance et la cri­mi­na­lité, très uti­li­sées par le camp Sar­kozy. Mais on sait que les poli­ciers ont ten­dance à comp­ta­bi­li­ser ce qui arrange le pou­voir (taux d’élucidations) et à mini­mi­ser ce qui ne l’arrange pas (en décou­ra­geant cer­tains dépôts de plaintes). Le mana­ge­ment de la fonc­tion publique par les chiffres a tou­jours cette consé­quence ! Les citoyens vic­times de cette délin­quance se foutent roya­le­ment des pour­cen­tages et on sait vers quel bord cela peut les entrai­ner. Quant aux autres, ils gobent faci­le­ment ou ne se sentent pas concernés.

Coût des programmes

Les coûts des pro­grammes méritent aussi d’être scru­tés, une tâche réa­li­sée par les sites spé­cia­li­sés dans l’économie comme Débat&Co. On a aussi vu des débats hal­lu­ci­nants entre Jérome Cahu­zac (PS) et Natha­lie Kosciusko-Morizet (UMP) où bien malin était celui qui arri­vait à jon­gler avec les mil­liards d’Euros qui tra­ver­saient la table. On sait de toutes manières que la crois­sance sera sur­éva­luée tout comme les recettes fis­cales tan­dis que les dépenses seront sous-évaluées. Un bon pro­gramme écono­mique devrait au pire être iso-budget… Et on en est loin en général.

Jusque là, rien de bien grave ou sus­cep­tible de nous fâcher avec la poli­tique. C’est après que cela com­mence à se gâter. Nous avons égale­ment au menu :

Pro­po­ser des choses qui existent (plus ou moins) déjà

C’est une pra­tique cou­rante dans l’opposition et pour cause, puisqu’elle n’est pas au pou­voir. Ce n’est pas comp­ta­bi­lisé comme inexact dans les sites de fact-checking et pour­tant, cela méri­te­rait que l’on s’y attarde.

C’est par exemple le cas de la créa­tion de la Banque Publique d’Investissement pro­po­sée par Fran­çois Hol­lande et dont la pro­po­si­tion a été construite sous la coor­di­na­tion d’Alain Rous­set, pré­sident du conseil régio­nal d’Aquitaine. Cette banque res­semble à peu de choses près à une conso­li­da­tion des acti­vi­tés de prêt et de garan­tie d’Oséo et d’investissement en fonds propres de la Caisse des Dépôts. Cette der­nière dis­pose de tous les outils d’investissement ima­gi­nables : inves­tis­se­ment direct dans les entre­prises (via le FSN et le FSI), sub­ven­tions de pro­jets col­la­bo­ra­tifs (dans le cadre des appels à pro­jets du Pro­gramme d’Investissements d’Avenir), inves­tis­se­ment dans les fonds d’amorçage (FNA) et dans les fonds de capi­tal risque (via FSI France Inves­tis­se­ment). Et Nico­las Sar­kozy a aussi créé dans la hâte une Banque de l’Industrie en début d’année, par réal­lo­ca­tion d’une par­tie des fonds inuti­li­sés du grand emprunt, l’autre nom du pro­gramme d’investissement d’avenir.

A la clé de la pro­po­si­tion de Fran­çois Hol­lande : plus de cré­dits (20 Md€), qu’il trou­vera en dou­blant le pla­fond du Livret A pour le trans­for­mer en “Livret de l’Industrie”, une régio­na­li­sa­tion de la banque (nor­mal au vu de l’inspirateur) et un gui­chet unique pour les entre­prises. Les paris sont ouverts pour véri­fier que l’usine à gaz qui rem­pla­cera l’usine à gaz pré­cé­dente sera moins com­pli­quée ! Ce sont les mêmes hauts-fonctionnaires qui vont gérer le tout, donc méfiance !

Comme ces 20 Md€ vont aller à des entre­prises qui n’arrivent pas à se finan­cer par d’autres moyens, on peut ima­gi­ner un ren­de­ment finan­cier assez médiocre si ce n’est néga­tif. Il fau­dra alors finan­cer ce trou par des reve­nus plus sûr pour que le taux d’intérêt de ces livrets ouverts au grand public ne soit pas néga­tif. Et com­ment donc ? Par des divi­dendes de socié­tés… du CAC 40. Les mêmes qui ver­ront aussi leur impôt sur les socié­tés aug­men­ter. Ce phé­no­mène de vases com­mu­ni­cants est rare­ment évalué comme une “erreur”.

Don­nées en trompe l’œil

Effet de manche clas­sique où l’on ne conserve que ce qui appuie le pro­pos, et en évacuant le reste. C’est un peu l’origine de l’erreur fac­tuelle de Fran­çois Hol­lande sur l’augmentation de la dette pen­dant le quin­quen­nat de Sar­kozy pen­dant le débat du 2 mai : 500 Md€ pour Sar­kozy et 600 Md€ pour Hol­lande. En fait, Sar­zozy a compté 5 années et Hol­lande, 6 années (2007, démar­rée sous Chirac/Villepin à 2012, qui n’est pas terminée).

Même topo au sujet de l’immigration où les deux fina­listes se sont bataillés sur les chiffres de l’immigration légale (envi­ron 185000 en 2011) et illé­gale (supé­rieure aux 27K à 30K recon­duites aux fron­tières par an depuis 2007). Alors que le débat est bien plus com­plexe : le solde migra­toire est bien plus faible (envi­ron 77K en 2011) parce que des étran­gers et des fran­çais quittent aussi la France régu­liè­re­ment, notam­ment une bonne part des (envi­ron) 65K étudiants étran­gers qui arrivent chaque année en France. Et dans le même temps, il y a envi­ron 140000 natu­ra­li­sa­tions par an. Bref, les flux migra­toires méri­te­raient un beau schéma pour être com­pré­hen­sibles. Sinon, cela devient une sté­rile bataille de chiffres contre une bataille de res­sen­tis. Et cela ali­mente les extrêmes qui eux aussi savent ana­ly­ser les chiffres (cf La Dés­in­for­ma­tion autour de l’Immigration qui semble en phase avec les pro­pos de Marine Le Pen).

La poli­tique uti­lise bien évidem­ment des tech­niques mani­pu­la­toires mais elle fait face à la com­plexité de sujets dif­fi­ciles à vul­ga­ri­ser. C’est le cas en économie.

Erreurs par omission

Les erreurs par omis­sion sont cou­rantes sur des sujets com­plexes. C’était le cas du thème de la com­pé­ti­ti­vité dans le débat du 2 mai 2012.

Pour Fran­çois Hol­lande, la solu­tion est dans le finan­ce­ment public des entre­prises (BPI, Livret Indus­trie) alors que la France est déjà l’un des pays les plus inter­ven­tion­nistes. Pour Nico­las Sar­kozy, le dis­cours tourne sur­tout autour de la baisse du coût du tra­vail, foca­li­sée sur les bas salaires, une vue quelque peu étri­quée du problème.

Cha­cun sait pour­tant que notre (absence de) com­pé­ti­ti­vité dépend de plein d’autres para­mètres, moins por­teurs poli­ti­que­ment : notre culture entre­pre­neu­riale encore défi­ciente, la rela­tion au risque, la mai­trise de l’anglais, une culture mana­gé­riale qui n’évolue pas assez vite, un manque d’éthique dans les affaires et notam­ment entre grandes entre­prises et PME, la lour­deur bureau­cra­tique où nous sommes en 116ième place sur 142 pays évalués (en ordre crois­sant de bureau­cra­tie pour les entre­prises), le manque de sou­plesse du mar­ché du tra­vail, etc. La com­plexité des sujets que les poli­tiques ont à trai­ter est donc indi­rec­te­ment géné­ra­trice de nom­breux men­songes par omis­sion et de sim­pli­fi­ca­tions outrancières.

D’ailleurs, qui a parlé des entre­pre­neurs dans cette cam­pagne ? Sar­kozy ? A peine ! Hol­lande ? C’est lui qui va “mettre les emplois” là et là grâce à diverses sub­ven­tions. Les autres ? Pas beau­coup mieux à part peut-être Fran­çois Bay­rou qui est l’un des rares à s’être inté­ressé à la question.

Complexite administrative en France

Et pour ter­mi­ner cette clas­si­fi­ca­tion, nous avons dans le pire des erreurs où il faut se bou­cher le nez :

Tech­niques d’amalgammes

Quand la logique floue inter­fère trop dans les pro­pos, les amal­games sont très courants.

Exemple avec la dénon­cia­tion des “chèques faits aux riches” par les socia­listes alors qu’il s’agit d’un rem­bour­se­ment d’un trop-perçu dans le cadre du bou­clier fis­cal qui peut être certes contesté dans son prin­cipe. D’une manière géné­rale, “les riches” n’étant pas clai­re­ment défi­nis, les “cadeaux aux riches” per­mettent tous les abus de langage.

Ce fut le cas avec la fameuse loi TEPA fourre-tout de 2007 qua­li­fiée de “cadeaux aux riches” par le PS à lon­gueur d’année, alors que les véri­tables cadeaux aux riches repré­sen­taient une petite part des dépenses fis­cales de cette loi. De toutes manières, comme 50% des foyers ne payent pas d’impôt sur le revenu et que celui-ci est concen­tré en valeur sur les 20% les plus aisés, ce sont eux qui servent de variable d’ajustement de l’IR et de l’ISF. Et Fran­çois Hol­lande a tou­jours négligé d’évoquer les aug­men­ta­tions de l’IR dans les tranches hautes et sur les reve­nus du capi­tal intro­duites dans la loi de finances 2012. Et l’on se trouve dans une situa­tion curieuse où un pré­lè­ve­ment excep­tion­nel de 3% pour les hauts reve­nus (250€ à 1m€/an selon la situa­tion) va rap­por­ter 200 m€ tan­dis que le fameux taux d’imposition de 75% à par­tir de 1m€ de revenu par an ne rap­por­te­rait… rien, d’autre que des voix d’électeurs.

Au pas­sage, cela m’a tou­jours étonné que l’on n’intègre pas les reve­nus des jeux de hasard (Loto, etc) dans l’impôt sur le revenu. Gagner 1 m€ ou plus au Loto n’est ni un revenu du tra­vail, ni un revenu du capi­tal. Pour­quoi cette excep­tion ? Parce que la dis­tri­bu­tion des gains est déjà taxée en amont ?

Autre abus de lan­gage contre Sar­kozy : il aurait “créé” le bou­clier fis­cal alors qu’il n’a fait qu’en abais­ser le seuil de 60% à 50% et à en chan­ger certes égale­ment la défi­ni­tion de ce qu’il inté­grait (CSG, plus grand abat­te­ment sur rési­dence prin­ci­pale, etc). Il l’a d’ailleurs inté­gra­le­ment sup­primé dans la loi de finances 2012, en bais­sant au pas­sage les taux d’imposition de l’ISF ainsi qu’en aug­men­tant le plan­cher. Enfin, les “cadeaux aux riches” seraient res­pon­sables de l’augmentation de la dette de 500 Md€ pen­dant les cinq der­nières années alors qu’ils n’en expliquent qu’au plus un ving­tième (ça dépend de ce que l’on intègre dans ces cadeaux).

Les par­tis extrêmes sont aussi une belle source d’amalgames et de contre-vérités. Là, il faut faire du déco­dage en mot à mot. Notam­ment lorsque la dette est dénon­cée comme une créa­tion des ban­quiers alors que son ori­gine réside dans les défi­cits publics incon­trô­lés des Etats.

Erreurs gros­sières

Les dis­cours sont sou­vent émaillés d’erreurs gros­sières qui inva­lident com­plè­te­ment le propos.

Nico­las Sar­kozy en est assez cou­tu­mier notam­ment lorsqu’il évoque la situa­tion écono­mique d’autres pays euro­péens comme en Espagne ou en Alle­magne. A répé­ti­tion, on a eu droit par exemple à la sup­pres­sion de l’ISF en Espagne… qui y a été réta­bli pour deux ans en 2011. Et aussi lorsqu’il traite du niveau des pré­lè­ve­ments obli­ga­toire où la France n’est certes pas la der­nière de la classe, mais pas loin quand même (7ième). Au lieu d’évoquer le niveau de la dépense publique par rap­port au PIB où la France est en meilleure (moins bonne…) troi­sième position.

Nico­las Sar­kozy s’est aussi entiè­re­ment trompé au sujet du taux d’encadrement des élèves où nous sommes au plus bas au lieu d’être au plus haut comme il l’affirmait. Et cette his­toire des horaires de pis­cines à Lille mon­tée en épingle par l’UMP. Emmê­lage de paluches ou erreurs volon­taires ? A force de vou­loir par­ler avec ses tripes et d’avoir l’œil rivé sur les son­dages, il en est venu à élimi­ner la raison !

Men­songes sur l’inavouable

Je n’ai jamais vu un poli­tique admettre un finan­ce­ment occulte de cam­pagne élec­to­rale sauf en fin de pro­cé­dure judi­ciaire le concer­nant, et lorsqu’il était encore sain d’esprit (ce qui est n’est plus le cas de Chi­rac qui se la coule mal­gré un bon paquet de casseroles).

Pour ce qui est donc des affaires Kara­chi et de la Libye, il fau­dra attendre quelques années pour que le voile se lève sur les aspects les plus sombres de ces affaires, les révé­la­tions de Média­part n’étant pro­ba­ble­ment qu’un tout petit bout de l’histoire. Ou bien une calom­nie mon­tée de toutes pièces par ven­geance de l’entourage de Kadhafi comme le fut en son temps l’affaire des dia­mants de Gis­card, pro­vo­quée par Bokassa et ali­men­tée par cer­taines offi­cines du RPR de l’époque pres­sées de se débar­ras­ser de VGE. Un empres­se­ment confirmé ensuite par la fameuse tra­hi­son de Chi­rac contre son propre camp en 1981.

Patience, la vérité verra le jour pro­gres­si­ve­ment… ! D’ailleurs, si on savait tout ce qu’on ne sait pas, on tom­be­rait par terre ! C’est mal­heu­reux à dire.

Les pra­tiques

Le niveau des erreurs dépend de la manière dont fonc­tionnent les par­tis poli­tiques et les can­di­dats. Elle dépend aussi de leur éthique.

La capa­cité de tra­vail des poli­tiques… peut ainsi jouer. Ceux qui bossent bien leurs dos­siers et qui ont une bonne mémoire et un peu d’éthique ont des chances de faire moins d’erreurs que les autres. Mais par­fois cela peut leur jouer des tours.

Le fonc­tion­ne­ment interne des for­ma­tions poli­tiques joue aussi. On ima­gine sans dif­fi­culté le blanc bec d’une équipe de cam­pagne trop content d’avoir trouvé un chiffre ou un fait inté­res­sant qui pour­rait nuire aux par­ties adverses, qui les remonte dans la hié­rar­chie. Et de fil en aiguille, qui arrive jusqu’au can­di­dat qui les uti­lise sans filets et sans suf­fi­sam­ment de véri­fi­ca­tions. Peu importe les véri­fi­ca­tions si cela ali­mente un dis­cours qui en a besoin.

Et puis, il faut citer une grande et bien vieille astuce per­met­tant d’éviter les erreurs : l’usage abu­sif de la rhé­to­rique et de l’idéologie.

Allez par exemple ten­ter l’exercice du fact-checking du dis­cours de Marine le Pen de l’Opéra du 1ier mai 2012 ! Pas de chiffres, pas de risques ! Le pire, c’est que c’est dia­ble­ment effi­cace car c’est très bien écrit. Quand elle évoque la pré­si­den­tielle trans­for­mée en “entre­tien d’embauche d’un direc­teur des opé­ra­tions à la solde du FMI et de la Banque Cen­trale Euro­péenne” ou la “gauche ultra-libérale”, son effi­ca­cité dans la mani­pu­la­tion des foules fait froid dans le dos.

Est-ce que cela doit détour­ner les autres poli­tiques de la rai­son ? Ils doivent  asso­cier la rai­son, l’empathie (autre mot pour déma­go­gie pour les mau­vaises langues) et les valeurs fon­da­men­tales de la répu­blique. La contra­po­sée de l’abus de rhé­to­rique et de l’idéologie est l’évocation des “valeurs” (jus­tice, équité, tra­vail, famille, selon). C’est un exer­cice où Fran­çois Hol­lande a quelque peu dépassé Nico­las Sar­kozy pen­dant cette élec­tion. D’où au pas­sage les reproches qui lui étaient faits sur l’absence de pré­ci­sion de ses propositions.

Citoyen­neté

Au final, toutes ces erreurs comptent en appa­rence bien peu puisque la grande majo­rité des élec­teurs ne s’appuie pas sur les faits et les chiffres pour choi­sir. La rumeur et le res­senti comptent bien plus en géné­ral. Il n’y avait qu’à obser­ver la grande dif­fé­rence d’appréciation de Fran­çois Fillon et Nico­las Sar­kozy dans les son­dages alors qu’ils appli­quaient pour­tant exac­te­ment la même politique.

Pour­tant, encou­ra­ger les citoyens à creu­ser les sujets de la cam­pagne, à s’éduquer, à ten­ter de mieux com­prendre les sou­bre­sauts de l’économie, à appor­ter un peu de ratio­na­lité dans leur juge­ment reste une œuvre de salut public. “Le peuple” est mis à toutes les sauces en période de cam­pagne. Le fact-checking va dans le bon sens, conti­nuons à l’encourager et à en pro­fi­ter pour déve­lop­per notre esprit cri­tique ! C’est devenu l’un des moyens d’action des contre-pouvoirs dont la presse n’est pas la seule composante.

Etre citoyen va au delà du vote. Un vote ne doit pas être un blanc-seing quelles que soient ses opi­nions et convic­tions ! Il faut s’approprier les thèmes et si pos­sible un peu au delà de sa propre fenêtre ce qui n’est pas évident. Quel que soit l’élu de dimanche, même si on a une petit idée du résul­tat, il fau­dra pour­suivre le fact-checking.

Je me suis un peu détourné de ma ligne édito­riale habi­tuelle avec cet article de cir­cons­tance. Mais je revien­drai dans les bonnes habi­tudes en conti­nuant dans la lan­cée du quin­quen­nat qui s’achève. A décor­ti­quer les poli­tiques de l’innovation du futur gou­ver­ne­ment, notam­ment dans le numé­rique et à conti­nuer de faire quelques pro­po­si­tions dans ce domaine.

Bon vote et bon week-end !

Publié le 4 mai 2012 et mis à jour le 19 mai 2012 Post de | Actualités, Economie, France, Internet, Médias, Politique | 11164 lectures

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Les 10 commentaires et tweets sur “Fact-checking récursif de la présidentielle” :

  • [1] - Alain Kaim (@akaim) a écrit sur Twitter le 5 mai 2012 :

    Belle réflexion, merci! - Fact-checking récur­sif de la pré­si­den­tielle http://t.co/9HsYDRHe

  • [2] - Hugues Severac (@h64s) a écrit sur Twitter le 5 mai 2012 :

    excellent bien qu’un peu indul­gent “@olivez: “Fact-checking récur­sif de la pré­si­den­tielle” http://t.co/ItbxrfGj

  • [3] - Alexis MONS (@AlecM) a écrit sur Twitter le 5 mai 2012 :

    Fact-checking récur­sif de la pré­si­den­tielle http://t.co/v1QM5w3M Excellent topo et bel éclai­rage des causes d’erreurs !

  • [4] - (@olivcim) (@olivcim) a écrit sur Twitter le 5 mai 2012 :

    “Fact-checking récur­sif de la pré­si­den­tielle” de @olivez sur http://t.co/CUu2fHLb - Très com­plet tour d’horizon

  • [5] - Pierre a écrit le 5 mai 2012 :

    Merci pour ce post très com­plet ! Sacré bou­lot sur le cata­logue des erreurs poli­tiques… Appa­rem­ment tous nos poli­tiques ont lu “l’Art d’avoir tou­jours rai­son” de Schoppenhauer…

    Juste une petite pré­ci­sion concer­nant le site col­la­bo­ra­tif nan­tais : c’est Fact­Wat­chers et non FactCheckers.

    Par ailleurs, il est vrai que nous sommes parti un peu tard du point de vue de la cam­pagne pré­si­den­tielle, mais nous sommes dans les star­ting blocks pour les législatives !

    J’en pro­fites pour vous sou­mettre ce lien vers un billet de notre blog qui dresse un pre­mier bilan d’audience de notre site qui, je le rap­pelle, est le seul en France à per­mettre aux inter­nautes d’intervenir eux-mêmes dans le fact checking :

    http://blog.factwatchers.com/post/22374110514/fact-checking-du-debat-du-2-mai-merci

  • [6] - Pierre a écrit le 7 mai 2012 :

    Bon­jour,
    Votre article tombe à pic. Après un début de débat avec des amis sur les réseaux sociaux au sujet des chiffres et de leur inter­pré­ta­tion (et des mes­sages par­ti­sans que cela génère sur FB et Twit­ter) je me fai­sais la réflexion sui­vante “Pour­quoi Oli­vier Ezratty n’a pas encore abordé ce sujet, ça col­le­rait quand même assez bien avec sa ligne édito­riale” et bing! moins de 24h après, l’article est là.
    Va-t-on voir appa­raitre main­te­nant des “sco­re­cards” pour voir si les objec­tifs annon­cés (en poli­tique on emploie plu­tôt le terme de pro­messes) sont tenus ?

    • [6.1] - Olivier Ezratty a répondu le 7 mai 2012 :

      Il y en aura comme il y en a bien eu pour Sar­kozy dans la presse heb­do­ma­daire et men­suelle. Pour ma part, je me foca­li­se­rai sur ce qui concer­nera l’entrepreneuriat et le numérique.

      La pro­chaine étape est déjà d’observer qui va être nommé aux postes clés et com­ment les res­pon­sa­bi­li­tés seront répar­ties dans les Minis­tères. La plus grande crainte des indus­tries du numé­rique, par exemple, et de se voir inté­grées dans un Minis­tère qui cou­vri­rait aussi la culture.

  • [7] - Laurent a écrit le 7 mai 2012 :

    Merci pour cette ana­lyse très pré­cise du fact-checking. Ce qui m’étonne aujourd’hui c’est que mal­gré cette ten­dance à la véri­fi­ca­tion de l’information, la plu­part des élec­teurs ne se foca­lisent plus sur ces aspects. J’ai la triste impres­sion que ce n’est plus une ques­tion de fond mais plu­tôt de forme.

    Cec idit, j’aime bien l’idée des scorecards !

  • [8] - dh a écrit le 9 mai 2012 :

    Bon­jour,

    Merci pour ce post sur un sujet qui semble impor­tant pour la démocratie.

    Je me per­met d’ajouter un liens vers l’institut Mon­taigne:
    http://www.chiffrages-dechiffrages2012.fr/comparaison/francois-hollande_nicolas-sarkozy

    Qui est une bonne source d’information pour la caté­go­rie “Coût des programes”.

  • [9] - El Fredo a écrit le 29 mai 2012 :

    Merci pour cet excellent article. Jus­te­ment notre forum d’actualité poli­tique vient de lan­cer sa rubrique fact-checking :

    http://actu-politique.info/actu-politique-lance-le-fact-checking-t7091.html

    Nous espé­rons affi­ner notre métho­do­lo­gie en tenant compte des dif­fi­cul­tés que vous évoquez à pro­pos des sites exis­tants, notam­ment à l’aide d’un pro­ces­sus trans­pa­rent qui vise à attri­buer un score de véra­cité mais aussi un score de per­ti­nence à chaque élément ser­vant à la vérification.




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