Une startup française derrière la standardisation des ebooks

Publié le 2 mars 2010 et mis à jour le 3 mars 2010 - 9 commentaires -
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Autre lieu, autre décou­verte d’une star­tup un peu hors du com­mun, cette-fois ci lors du Trem­plin Entre­prises Sénat le 12 février 2010 der­nier : Feed­books. En fait, c’est plu­tôt une redé­cou­verte car je les avais déjàs croi­sés lors du tour des Tra­ve­ling Geeks à la Can­tine en décembre 2009 et sur Capi­tal Week en avril 2009.

Feed­books est à la fois un site web de dif­fu­sion de livres élec­tro­niques et un ser­vice “en cloud” asso­cié, mai­tri­sant diverses tech­no­lo­gies logi­cielles de publi­ca­tion d’ebooks.

Leur acti­vité est inté­res­sante à plus d’un titre. D’abord, bien entendu, parce que le mar­ché du livre élec­tro­nique est en pleine expan­sion. Mais sur­tout parce que leur approche du mar­ché est plu­tôt ori­gi­nale comme nous allons le voir.

Feedbooks home page

Ce qui est sédui­sant au pre­mier abord dans cette star­tup, c’est son impli­ca­tion dans la stan­dar­di­sa­tion des ebooks. Un sujet cri­tique dans un monde qui verra coha­bi­ter des uni­vers fer­més (à la Ama­zon Kindle) et des uni­vers ouverts (à la ePub).

Le for­mat ouvert (et sans royal­ties) le plus répandu est l’ePub. Il est sup­porté dans de nom­breux ebooks comme le Sony Rea­der, les Boo­keen, les Plas­tic Logic, le Nook de Barnes & Noble et aussi dans l’iPad d’Apple (ces trois der­niers n’étant pas encore dis­po­nibles), un construc­teur pour­tant pas un grand adepte des for­mats ouverts. Il est aussi sup­porté sur Android. ePub est issu d’un consor­tium, l’International Digi­tal Publi­shing, qui com­prend de nom­breux membres, éditeurs et asso­cia­tions d’éditeurs, construc­teurs de ebooks, construc­teurs infor­ma­tiques comme HP et aussi Adobe. Ce forum était ancien­ne­ment l’Open eBook Forum et ePub a rem­placé le for­mat Open eBook qui pro­ve­nait de la société E-Book Sys­tems, éditrice du logi­ciel Flip­Vie­wer de consul­ta­tion de livres électroniques.

L’ePub est un for­mat à base XML. Il contient du “texte cou­rant” qui peut être mis en page auto­ma­ti­que­ment en fonc­tion de la taille de l’écran, un peu comme une page web. Ce qui est par­fait pour du texte simple ou du texte avec des illus­tra­tions en ligne, mais n’est pas adapté aux mises en pages com­plexes (for­mats maga­zines, bande des­si­née, ou équi­va­lents). Il sup­porte des solu­tions de DRM. L’ePub est en tout cas le for­mat le plus sup­porté par les ebooks avec le PDF (lui aussi sup­porté sur le site de Feedbooks).

L’équipe de Feed­books est un gros contri­bu­teur aux évolu­tions du stan­dard ePub, ayant rejoint l’IPDF en 2008. Il est aussi le prin­ci­pal archi­tecte de l’OPDS (Open Publi­ca­tion Dis­tri­bu­tion Sys­tem), un for­mat XML qui per­met la dis­tri­bu­tion d’ebooks sous forme de cata­logues au for­mat stan­dar­disé qui s’appuie sur le for­mat ePub pour les ebooks eux-mêmes. Evi­dem­ment, le site web de Feed­books implé­mente ce for­mat, encore à l’état de proposition.

L’approche d’écosystème et de par­te­na­riats de Feed­books est par­ti­cu­liè­re­ment bien déve­lop­pée, avec une cou­ver­ture inter­na­tio­nale plu­tôt rare chez nos startups :

  • Le site est exploi­table sous la forme d’un ser­vice Web via des APIs docu­men­tées. Petit bémol sur leur site : ils n’expliquent pas à quoi peuvent ser­vir ces APIs. Le tra­vail de vul­ga­ri­sa­tion reste à faire !
  • Même si Feed­books est un grand pro­mo­teur du for­mat ePub, son site sup­porte les Kindle d’Amazon et son for­mat d’ebooks asso­cié, le MobiPocket.
  • Stanza, le lec­teur d’ebooks pour iPhone de Lex­cycle uti­lise les APIs cata­logue de Feed­books. 75% des télé­char­ge­ments d’ebooks avec cette appli­ca­tion pro­viennent du site Feedbooks.

Lexcycle Stanza home page

  • Le lec­teur d’aldiko pour Android fait de même en sup­por­tant aussi les APIs de Feed­books. Ce lec­teur devrait être inté­gré dans les smart­phones Android de Moto­rola. D’une manière géné­rale, l’équipe de Feed­books pari sur une dif­fu­sion large des ebooks sur les smart­phones. Pour 3 mil­lions de Kindle ven­dus en 2009, il y aura 76 mil­lions de smart­phones Android en 2012 et 71,5 mil­lions d’iPhone.

Aldiko Home Page

  • D’autres lec­teurs d’ebooks sup­portent le ser­vice Feed­books : FBrea­der (mul­ti­pla­te­forme) et Book­shelf (pour iPhone).
  • La star­tup a signé des accords de dif­fu­sion d’ebooks avec les grands de l’édition : Ran­dom, Oreilly, Hachette, Har­per Col­lins (ou est en cours de négo­cia­tions…). Ils font une marge de 30% sur la vente de livres, sachant que leur prix est situé à envi­ron 30%/40% du prix des livres papier aux USA.
  • Leur site per­met aussi l’autopublication, à savoir que tous les auteurs peuvent direc­te­ment y publier leurs ouvrages.

En février 2010, selon Feed­books, 100K ebooks étaient télé­char­gés chaque jour sur leur site. A com­pa­rer aux 2 mil­lions par mois chez Ama­zon pour le Kindle, mais évidem­ment payants, alors que la part des ebooks gra­tuits est pré­pon­dé­rante chez Feed­books. Autre point éton­nant :  85% du tra­fic de Feed­books pro­vien­drait des USA et moins de 2% de France ! En consul­tant Google Trends for Web­sites, Alexa ou Com­pete, on n’obtient mal­heu­reu­se­ment pas les bonnes indi­ca­tions. Il sem­ble­rait que les US repré­sentent tout de même au moins trois fois le site de la France et que le site en UK ait un tra­fic équi­va­lent à celui de la France.

Feed­books a été créé par deux ingé­nieurs et un cher­cheur : Loic Rous­sel, Hadrien Gar­deur et David Julien (issu du labo­ra­toire LIP6). Ils ont été lau­réats du Concours Natio­nal de la Créa­tion d’Entreprises de Tech­no­lo­gie Inno­vante pour un total de 300K€ deux années de suite. Ils cherchent actuel­le­ment 300K€ de d’investissements en capi­tal pour finan­cer leur crois­sance, com­plé­tant un apport ini­tial des fon­da­teurs et de quelques busi­ness angels.

Alors, comme je le men­tion­nais en 2008, feront-ils le poids face à Ama­zon ? C’est la ques­tion que peuvent se poser tous les offreurs d’alternative à la com­bi­nai­son du Kindle et du site de vente en ligne qui s’est mis aux ebooks. On pour­rait ten­ter un paral­lèle : Feed­books pour­rait au moins ten­ter d’être l’Android des ebooks, Ama­zon jouant le rôle (domi­nant) d’Apple avec son iPhone. On est évidem­ment encore loin du compte car le mar­ché des ebooks est très frag­menté dans toutes ses com­po­santes (écrans, devices, sites, logi­ciels, for­mats), le propre des mar­chés encore très jeunes. Feed­books fait aussi beau­coup de choses, ce qui est à la fois une ori­gi­na­lité, mais ouvre la porte à dif­fé­rents modèles de moné­ti­sa­tion. A ceci près que la par­tie tech­no­lo­gique de l’offre est très “open source / open for­mat”. Très bien pour l’état d’esprit. Mais un gros obs­tacle pour créer de la valeur qui soit “sca­lable”. La prin­ci­pale valeur écono­mique de la société réside donc le % récu­péré sur les ventes des livres payants réa­li­sées sur le site. Dans un uni­vers où la concur­rence est très rude. Qui néces­si­tera des inves­tis­se­ments mar­ke­ting consé­quents et une approche un peu moins “geek” qu’aujourd’hui.

En tout cas, l’approche “OEM”, d’API ouvertes et autour de la stan­dar­di­sa­tion de cette société ne peut pas lais­ser indifférent.


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Publié le 2 mars 2010 Post de Olivier Ezratty | Actualités | 9 commentaires

Les 9 commentaires sur “Une startup française derrière la standardisation des ebooks” :

  • [1] - Stephane a écrit le 2 mars 2010 :

    Merci Oli­vier pour cette note qui évoluera sûre­ment beau­coup au moment de la sor­tie de l’iPad qui chan­gera pro­ba­ble­ment les choses.

  • Bravo à Feed­books (et à Oli­vier pour cet article, tou­jours aussi bon).
    Il me semble que cet article met en évidence un sujet de plus en plus pro­blé­ma­tique : la France est très bien orga­ni­sée pour faire émer­ger des star­tups for­te­ment inno­vantes, mais il y a une dif­fi­culté pour qu’elles se trans­forment en suc­cès écono­miques. La dis­tri­bu­tion de ser­vices gra­tuits par inter­net est-elle com­pa­tible avec la taille du mar­ché fran­çais ?
    Pour le lan­ce­ment de notre acti­vité, nous avons déli­bé­ré­ment exclus cette orien­ta­tion (finan­ce­ment par sub­ven­tion et capi­tal, recon­nais­sance par tra­fic). Je ne sais pas si notre choix est le bon. Au contraire, je suis très inté­ressé à com­prendre com­ment peut s’organiser le pas­sage d’un modèle “blog” (forte audience, mais sans chiffre d’affaires) à un modèle sim­ple­ment ren­table.
    Si quelqu’un a des pistes de réflexion sur ce sujet, je suis preneur.

  • [3] - Olivier a écrit le 4 mars 2010 :

    @Christophe, au sujet de cette pro­blé­ma­tique, un article de Yann Verdo dans les échos (http://www.lesechos.fr/info/hightec/020381514097-start-up-informatiques-razzia-sur-les-pepites.htm) rap­pelle ces faits et mets en exergue une cita­tion de Gérard Berry qui résumé à mon avis très bien la situa­tion :
    «La France n’a peut-être pas de pro­blème par­ti­cu­lier avec le “start”, mais elle en a bel et bien un avec le “up”.»

    • [3.1] - Olivier Ezratty a répondu le 4 mars 2010 :

      Quelques nuances :
      - Quelque soit le pays, le sort le plus stan­dard d’une star­tup est d’abord de se plan­ter (plus de 1 chance sur 2), puis de vivo­ter (4 chances sur 10) puis de se faire rache­ter (1 sur 10), et seule­ment enfin (1 sur 1000…) d’atteindre la taille cri­tique (ratios don­nés pour celles qui sont finan­cées par des VCs). Donc, il ne faut pas se plaindre du second étage de la fusée. Son exis­tence fait par­tie de la chaine ali­men­taire de l’innovation.
      - Pour que les star­tups se fassent rache­ter par des entre­prises locales de taille cri­tique, encore faut-il qu’il y en ait. Nous payons aujourd’hui les échecs ou rela­tifs échecs indus­triels que sont nos Alca­tel, Thomson/Technicolor et autre Sagem. Et aussi le syn­drome “NIH” de nos élites, tous busi­ness confon­dus. Les entre­prises “riches” des NTIC en France sont les tel­cos, mais ils n’ont pas une approche tech­no­lo­gique du mar­ché, et font peu d’acquisitions, et seul FT a un busi­ness inter­na­tio­nal. Donc, l’amorçage de la chaine ali­men­taire en France est pour l’instant mal barré. Mais c’est un pro­blème com­mun à la plu­part des pays euro­péens. A ceci près que Nokia a mieux réussi qu’Alcatel (mais bat un peu de l’aile en ce moment) et que SAP et Sage ont atteint la taille cri­tique tan­dis que les SSII pro­li­fé­raient avec du “cus­tom” dans notre pays.
      - Il n’y a pas trente six solu­tions pour créer des entre­prises de taille cri­tique dans les NTIC. Il faut atta­quer les mar­chés mon­diaux le plus rapi­de­ment pos­sible. A com­men­cer en géné­ral par mettre un (gros) pieds voire les deux aux USA. C’est là que le mar­ché mon­dial se défi­nit, car il y est (rela­ti­ve­ment) homo­gène et mas­sif (envi­ron 10x la France dans les TICs, sur­tout dans le btob). Dans cer­tains busi­ness (mobi­lité, hard­ware), il faut aller plu­tôt en Asie. La seconde est d’avoir l’envie et les com­pé­tences. La troi­sième est de trou­ver le finan­ce­ment. Mais en met­tant le pieds aux USA, une bonne équipe, une bonne idée, l’envie et les com­pé­tences per­mettent d’y trou­ver des financements.

      Donc, on peut crier au loup et dénon­cer le manque de finan­ce­ments et de busi­ness angels etc en France. Mais quand bien même on aurait l’argent qu’il faut, si on ne l’utilisait pas pour conqué­rir les mar­chés mon­diaux à com­men­cer par les USA, on n’irait pas bien loin. Or les inves­tis­seurs fran­çais ont peur de mettre le pieds aux USA. Ils ont été échau­dés par quelques échecs et cela les a para­ly­sés. Un peu bête­ment. Alors que ces échecs devraient plu­tôt per­mettre d’apprendre et de recommencer.

      In fine, ce qui manque, oui c’est le “up”. Mais c’est sur­tout la stra­té­gie, l’ambition et les com­pé­tences pour y aller. Cf aussi la struc­ture de notre ensei­gne­ment supé­rieur et de nos élites qui sépare trop net­te­ment les dis­ci­plines scien­ti­fiques des sciences molles utiles au business.

      Et atten­tion, évitons de nous gar­ga­ri­ser avec nos “bonnes idées” et avec “l’excellence” de notre ensei­gne­ment supé­rieur, de nos ingé­nieurs et de nos cher­cheurs. Il y en a d’aussi bons dans plein d’autres pays. C’est de moins en moins un dif­fé­ren­tia­teur de poids dans la com­pé­ti­tion de l’innovation. Le dif­fé­ren­tia­teur, c’est la capa­cité à conqué­rir les mar­chés inter­na­tio­naux. Deux exemples clés : les Coréens qui taillent des crou­pières aux Japo­nais car ils sont plus tour­nés vers les mar­chés mon­diaux, et les Israé­liens qui trustent une part incroyable des boites du Nas­daq et ont créé en 20 ans plus de boites dans les NTIC dépas­sant le mil­liard de dol­lars que la France, le Royaume Uni et l’Allemagne réunis il me semble. Dans les deux cas, leur pays est petit ou ridi­cu­le­ment petit, et ils n’ont d’autres choix que d’aller ailleurs pour vendre. Nous, nous vivons dans l’illusion de notre mar­ché inté­rieur douillet (et pour­tant, si réfrac­taire aux inno­va­tions, sur­tout dans les entre­prises) et dans celle de la créa­tion d’un mar­ché euro­péen uni­fié (bien dif­fi­cile, mal­gré l’Euro, car trop frag­menté). Cela rap­pelle la manière dont la France a abordé l’émergence de la mon­dia­li­sa­tion du com­merce mon­dial entre le 15eme et le 18eme siècle face aux Anglais ou aux Hol­lan­dais, sans comp­ter Venise.

      Pour répondre à Chris­tophe, oui, la France a ten­dance a faire émer­ger beau­coup de modèles écono­miques fon­dés sur le gra­tuit. Ne serait-ce qu’une adop­tion assez forte des modèles open source. A ma connais­sance, les seuls fran­çais qui ont réussi à créer de la valeur écono­mique à une dimen­sion rai­son­nable dans ce cré­neau l’ont fait en met­tant les pieds ou en s’établissant aux USA : JBOSS (racheté par Red Hat), DivX (passé à un modèle com­mer­cial), et peut-être bien­tôt Talend. Ceux qui sont res­tés en France (Open­Trust, etc), font moins de $20m de CA, dans le meilleur des cas. Dans le web, c’est encore plus vrai : les modèles fon­dés sur le gra­tuit ont besoin de volume (d’utilisateur). Donc, une fois encore, il faut aller ailleurs d’une manière ou d’une autre, et ne pas res­ter en France.

  • [4] - JCB@LGC a écrit le 4 mars 2010 :

    Excellent post. Plu­sieurs mérite à celui-ci: une syn­thèse, en quelques lignes, sur les normes en matière de livres élec­tro­niques - j’avoue ne suivre ce mar­ché que de très loin ; la décou­verte d’une éditeur plus qu’intéressant et nova­teur. Une ques­tion, effec­ti­ve­ment: tiendra-t-il le coup face à l’armada US, si prompte à “chi­per” les idées, à les indus­tria­li­ser “world­wide” tout en les moné­ti­sant. Jean-Christophe

  • “En février 2010, selon Feed­books, 100K ebooks étaient télé­char­gés chaque jour sur leur site. A com­pa­rer aux 2 mil­lions par mois chez Ama­zon pour le Kindle”.
    Cela ferait un chiffre men­suel de 3 mil­lions soit 50% de plus qu’Amazon, dif­fi­cile à croire sans preuves.
    Entre un modèle écono­mique de créa­tion d’API gra­tuite (créa­tion de répu­ta­tion posi­tive) et de libraire (mar­ché très concur­ren­tiel et nou­veau métier), il me sem­ble­rait plus réa­liste au regard de ses moyens finan­ciers qu’elle vende ses com­pé­tences sous forme de pres­ta­tions aux éditeurs de livres et jour­naux.
    Basé son modèle écono­mique sur la gra­tuité est sou­vent un moyen de fuir la dure réa­lité de trou­ver des clients payants faute de com­pé­tences et d’appétence pour le mar­ke­ting et la vente.

    • [5.1] - Olivier Ezratty a répondu le 5 mars 2010 :

      Oui, je le cite plus loin, les chiffres de télé­char­ge­ment et de tra­fic sont tou­jours sujets à cau­tion. Il est facile par exemple d’extrapoler une pointe ponc­tuelle de tra­fic en mul­ti­pliant par le nombre de jour du mois…

      L’API est certes gra­tuite, mais c’est un accé­lé­ra­teur de tra­fic lui-même aug­men­tant les ventes de livres, ce n’est donc pas juste du “goodwill”.

      La prin­ci­pale dif­fi­culté est effec­ti­ve­ment d’augmenter la part des livres payants dif­fu­sés via le site, donc de nouer les bons contrats avec les éditeurs. C’est un peu dur d’inférer que Feed­books “fuit la dure réa­lité de trou­ver des clients payants”. Mais il est vrai que les com­pé­tences mar­ke­ting et vente semblent man­quer dans cette équipe, comme au demeu­rant dans 90% des star­tups du numé­rique en France.

    • Feed­books dis­pose d’un large écosys­tème de clients basé sur son cata­logue OPDS, dont des logi­ciels comme Stanza (plu­sieurs mil­lions d’utilisateurs iPhone), Aldiko (> 250.000 uti­li­sa­teurs) ou encore Goo­dreads (réseau social spé­cia­lisé le plus popu­laire aux USA). Cet écosys­tème explique en grande par­tie les chiffres avan­cés ci-dessus.

      Concer­nant Ama­zon: il n’y a aucune source fiable étant donné qu’ils n’ont jamais com­mu­ni­qué la des­sus, mais ne comp­ta­bi­li­sez pas les télé­char­ge­ments Ama­zon comme étant sys­tè­ma­ti­que­ment des ventes. En un petit coup d’oeil sur le Kindle Store, on s’aperçoit vite que les télé­char­ge­ments gra­tuits de livres dans le domaine public dominent les clas­se­ments aussi.

      Quand à la ques­tion de la gra­tuité: ce n’est en aucun cas un “modèle” ici. Dans une indus­trie émér­geante comme celle-ci il faut que les éditeurs conver­tissent leurs livres et mettent en place les bons réseaux de dis­tri­bu­tion.
      La gra­tuité pour Feed­books est prin­ci­pa­le­ment un moyen de tes­ter des tech­no­lo­gies et des usages (le tra­vail sur OPDS est le fruit de nom­breux retours suite à des expé­ri­men­ta­tions datant du lan­ce­ment de Stanza et donc de l’AppStore) et de cap­ter des uti­li­sa­teurs en atten­dant de pou­voir moné­ti­ser d’autres types de contenus.

  • [6] - macha a écrit le 7 mars 2010 :

    Pour qu’une star­tup numé­rique se déve­loppe à l’international, il faut donc qu’elle fasse de la crois­sance externe (rachat de star­tups ailleurs)pour vite s’imposer. Pour cela il faut beau­coup d’argent et donc avoir du chiffre d’affaires en moné­ti­sant son ser­vice. Et sou­vent, au fur et à mesure la déten­tion du capi­tal évolue aussi… C’est du don­nant don­nant. Et il faut aussi que l’entreprise inves­tisse dans sa tech­no­lo­gie tout le temps. Bref, il faut dépen­ser à mort… Et sur­tout, notre Etat doit les pro­té­ger pour qu’elles res­tent fran­çaises. Autre­ment, ça ne sert à rien tout ça.
    Quand on voit le bla­bla sur les relo­ca­li­sa­tions indus­trielles en ce moment, on se demande vrai­ment si nos poli­tiques ont bien tout com­pris.
    La mode est aux Entre­prises de Taille Inter­mé­diaire : les boites pro­vin­ciales, fami­liales… les boîtes à papa. Il fau­drait peut être arrê­ter les sottises.




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