Capital Week 2009 – Les infos

Publié le 10 avril 2009 et mis à jour le 12 avril 2009 - 9 commentaires -
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Dans cette seconde par­tie de mon débrie­fing de Capi­tal Week, je vais cou­vrir les thèmes de la pre­mière jour­née (Capi­tal Work­shop) dédiée à la for­ma­tion des entre­pre­neurs en herbe, sur­tout issus de la recherche. En abor­dant aussi les points qui n’étaient pas trai­tés dans les pré­sen­ta­tions, poli­ti­cally cor­rect oblige.

Un compte-rendu plus syn­thé­tique est dis­po­nible sur le blog de Romain Boh­da­no­wicz.

Prêts d’honneur

Hugues Franc du Réseau Entre­prendre a pré­senté cette pra­tique com­mune à son réseau et au réseau France Ini­tia­tive dont Scien­ti­pôle Ini­tia­tive fait par­tie. Les prêts d’honneur peuvent aller de 15K€ à 50K€ (60K€ chez Scien­ti­pôle Ini­tia­tive qui fonc­tionne sur un même modèle). Sur Paris, 170 chefs d’entreprise sont dis­po­nibles dans le Réseau Entre­prendre pour coa­cher les star­tups. 300 busi­ness plans sont reçus par an et 40% des dos­siers sélec­tion­nés arrivent à mener à bien leur levée de fond ensuite.

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Une ques­tion a été posée sur la ges­tion de la confi­den­tia­lité des dos­siers ? Les experts et membres de comité de sélec­tion sont sous le cou­vert d’un accord de confi­den­tia­lité. Reste à véri­fier qu’ils le res­pectent bien et qu’il n’existe pas de conflit d’intérêt.

Ce que l’on ne dit pas : cer­taines star­tups se plaignent de la len­teur du pro­ces­sus d’attribution de ces prêts d’honneur. Leur rap­port “qua­lité prix” n’est pas tou­jours évident car le pro­ces­sus de “due dili­gence” est par­fois bien long, jusqu’à un an. Mais, ces cas de figure tra­duisent la mau­vaise qua­lité d’un dos­sier et son por­tage à bout de bras par les per­ma­nents des asso­cia­tions concernées.

Oséo Inno­va­tion

Cette pré­sen­ta­tion était assu­rée par deux repré­sen­tants d’Oséo Inno­va­tion : Domi­nique Cha­pard, Res­pon­sable FCPI et Gilles Le Coc­guen, en charge des événe­ments et des ser­vices en ligne.

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Donc, une occa­sion reba­layer à nou­veau le long cata­logue des aides et outils Oséo, tou­jours autant usine à gaz :

  • L’aide anté-création, qui va jusqu’à 30K€ et 70% des dépenses.
  • Le prêt de créa­tion d’entreprise, de 2K€ à 7K€. Com­plé­ment du concours ban­caire pour la créa­tion de l’entreprise.
  • L’aide au pro­jet d’innovation, une fois la star­tup créée. Avance à taux 0%, couvre la for­mu­la­tion et la fai­sa­bi­lité du pro­jet, les recru­te­ments, le déve­lop­pe­ment et la pré­pa­ra­tion du lan­ce­ment indus­triel. Elle couvre jusqu’à 50% à 60% des dépenses. C’est cette aide qu’il est de plus en plus dif­fi­cile d’obtenir.
  • Le Concours Natio­nal de l’aide à la créa­tion d’entreprises de tech­no­lo­gies inno­vantes. Avec deux caté­go­ries : entre­prise émer­gente ou en déve­lop­pe­ment (res­pec­ti­ve­ment 45K€ et 450K€ d’aide). C’est une source de finan­ce­ment inté­res­sante, très foca­li­sée sur les pro­jets issus de la recherche et un peu trop ali­gnée sur l’année sco­laire puisque les gagnants sont annon­cés en juin après avoir déposé leur dos­sier en jan­vier. Un prix qui ne fonc­tionne pas du tout à la vitesse de l’Internet !
  • Le Contrat de déve­lop­pe­ment créa­tion qui est un prêt mez­za­nine de 24K€ à 80K€, sur­tout une aide pour la consti­tu­tion de BFR (fond de roulement).
  • La qua­li­fi­ca­tion FCPI qui est asso­ciée à une ana­lyse technico-économique du pro­jet. A noter que cela n’enclenche pas auto­ma­ti­que­ment le label JEI, qui est donné par l’administration fis­cale et per­met d’obtenir diverses exo­né­ra­tions fis­cales (IS, charges patronales).
  • La mise en rela­tion avec les grands comptes, par le pro­gramme Pacte PME.
  • Oséo Finan­ce­ment, qui four­nit des avances de tré­so­re­rie pour cou­vrir les créances de grandes entre­prises. Rare­ment uti­lisé par les startups.
  • Le site Capi­tal PME qui rap­proche les star­tups et les busi­ness angels. Avec 1400 entre­prises dans la base, 2700 inves­tis­seurs, 70 visites du site par société, 495 inves­tis­se­ments réa­li­sés, 121K€ inves­tis par société (où il y a eu un investissement).
  • Le site Invest­Net avec 800 entre­prises, 200 inves­tis­seurs et 10 levées de fonds. Dif­fé­rence avec Capi­tal PME ? Visi­ble­ment, plu­tôt pour les levées de fond via le capi­tal risque.

Une ques­tion a été posée sur le ratio de fonds propres demandé pour obte­nir une avance rem­bour­sable. Les taux élevés que j’avais évoqués dans cet article semblent anor­maux. Pas de réponse de l’équipe Oséo qui ne savait pas trop. En aparté, il sem­ble­rait que les ratios de fonds propres dont j’avais fait état étaient anor­ma­le­ment élevés (1 à 5 voire 1 à 6). 

Ce que l’on ne dit pas : qu’Oséo est plus contraint bud­gé­tai­re­ment en Ile de France que dans les régions, d’où l’astuce consis­tant à ins­tal­ler un (petit) bout de la R&D en région, où il est bien plus facile d’obtenir les aides Oséo. Que le pou­voir au sein d’Oséo a été pris par la branche “banque” qui ajoute une lour­deur de plus aux pro­cess d’allocation de prêts. Qu’Oséo est en train de se détour­ner des star­tups pour se foca­li­ser sur les “gazelles”, et en réa­lité, de sou­te­nir à bout de bras les PME qui sont loin d’être des gazelles, dans le cadre du plan de relance.

Busi­ness angels et TEPA – ISF

Trois inter­ve­nants ont cou­vert ce sujet : Vanina Paoli-Gagin (avo­cate, conseillère du séna­teur de l’Aube Phi­lippe Adnot à l’origine de cer­taines dis­po­si­tions de la loi TEPA), Anna­belle Thief­fine, avo­cate chez PMR et Jeremy Oinino, DG de la Hol­ding Cap ISF.

On y appre­nait notam­ment le rôle des hol­ding ISF dans les­quelles un assu­jetti à l’ISF peut inves­tir et béné­fi­cier de la même exo­né­ra­tion d’ISF (75%) que pour un inves­tis­se­ment en direct, plus ris­qué. A noter que l’exonération d’ISF s’applique pour un inves­tis­se­ment dans n’importe quel pays de l’Union Euro­péenne. Donc, vous pou­vez inves­tir dans une star­tup danoise, anglaise, espa­gnole et même rou­maine et béné­fi­cier de cette même déduc­tion ! Cela doit être cepen­dant rare.

J’ai aussi mieux com­pris la notion des “pla­fonds des mini­mis”,  ces règles euro­péennes qui défi­nissent le pla­fond des aides que le sec­teur public d’un pays peut accor­der aux entre­prises sans avoir à se jus­ti­fier devant la Direc­tion de la Concur­rence de la Com­mis­sion Euro­péenne. Le pla­fond est de 200K€ sur trois ans sur une entre­prise don­née sur 2006-2008 et de 500K€ sur la période 2008-2010 (cf expli­ca­tion ici) pour les aides fis­cales dont le CIR. Il est de 2,5m€ pour les inves­tis­se­ments dans les PME don­nant droit à une exo­né­ra­tion d’ISF (FCPI, Fonds ISF et inves­tis­se­ments directs de busi­ness angels), une règle qui a du être créée spé­ci­fi­que­ment pour la France et qui montre qu’il y a donc du mou pour rele­ver le pla­fond d’exonération aujourd’hui de 50 K€ et qui pour­rait bien mon­ter à 100K€.

En tout cas, la chasse aux busi­ness angels est ouverte jusqu’au 15 juin prochain.

Ce que l’on ne dit pas : que la pro­gres­si­vité du risque dans ces divers inves­tis­se­ments n’est pas prise en compte par le légis­la­teur car il n’y a pas d’avantage à inves­tir en direct par rap­port à un inves­tis­se­ment dans une hol­ding ISF. Qu’il est bien dif­fi­cile de trou­ver les chiffres réels de l’impact de cette loi sur les inves­tis­se­ments directs de busi­ness angels, et par indus­trie. Et que toute cette méca­nique com­pli­quée est une manière de sup­pri­mer dis­crè­te­ment l’ISF sans le sup­pri­mer l’ISF com­plè­te­ment, ce qui serait trop lourde de sym­boles poli­ti­que­ment sur­tout en ce moment.

Levée de fonds

Jean-Denis Cor­nillot d’Acta Finance est tou­jours aussi péda­gogue dans sa des­crip­tion du pro­ces­sus de la levée de fonds. Il prêche pour sa paroisse, évide­ment, mais c’est plein de bon sens.

Le leveur est indis­pen­sable pour gagner du temps, pour bien cibler sa recherche, éviter de se décré­di­bi­li­ser en inon­dant le mar­ché avec sa recherche de fonds et aussi éviter les escrocs. Une solu­tion qui per­met d’éviter les déboires évoqués au sujet des FCPI indé­li­cats. Mais il y a-t-il des leveurs indé­li­cats ? Yo no se.

Dans une ren­contre avec un VC, la pre­mière impres­sion est la bonne… ou la mau­vaise. Dif­fi­cile de reve­nir des­sus. L’entrepreneur doit savoir écou­ter et réagir pen­dant la pre­mière réunion, ne pas être obtus, faire preuve de sou­plesse tout en étant asser­tif. Un bel exer­cice d’équilibrisme pour le gars pas­sionné par son pro­jet. Le VC se demande: “est-ce que je vais appré­cier de tra­vailler avec ce gars pen­dant plus de cinq ans, et notam­ment dans les situa­tions dif­fi­ciles”. Il mesure la capa­cité de résis­tance avec des ques­tions désta­bi­li­santes. Par pour le plai­sir, mais pour vali­der ce point.

Dans le pitch, il ne faut pas être tech­nique et aller droit au but : votre truc sert à quoi, pour qui, quelle valeur apporte-t-il, à quel prix, com­ment il se dif­fé­ren­tie par rap­port à la concur­rence, quel est le mar­ché. C’est plus un plan mar­ke­ting qui est demandé qu’autre chose. Il faut se mettre dans la peau du VC qui voit pas­ser des cen­taines de dos­siers et n’a pas beau­coup de temps, mais a tout de même une connais­sance pro­bable de votre marché.

Jean-Denis recom­mande de ne pas aller seul à la pré­sen­ta­tion et à la négo­cia­tion. Sous entendu, sans leveur. Mais aussi/ou, avec un busi­ness angel, un coach ou un men­tor expé­ri­menté, qui même s’il sera silen­cieux pourra aider à débrie­fer. Et d’ailleurs, un bon pro­jet n’est pas pré­paré seul.

Il rap­pelle que les fonds durent envi­ron 10 ans : les deux pre­mières années pour l’investissement, 4 à 6 ans pour la matu­ra­tion des entre­prises, et 1-2 ans pour gérer la sor­tie. Sachant que les grands VCs gèrent plu­sieurs fonds en paral­lèle à des stades dif­fé­rents, tout du moins lorsque l’économie est stable.

Le VC dit sou­vent au leveur “je ne le sens pas”. Il faut alors lais­ser tom­ber, sur­tout quant on sait que le part­ner doit pré­sen­ter ensuite le pro­jet à ses col­lègues et doit obte­nir l’unanimité du comité d’investissement de son fond pour ren­trer dans le capi­tal de la star­tup. Jean-Denis recom­mande aux entre­pre­neurs de faire aussi leur “due dili­gence” sur les inves­tis­seurs poten­tiels. Quelle est leur répu­ta­tion sur le marché ?

Pour le fonc­tion­ne­ment d’un leveur : un “retai­ner” est payé au démar­rage (part fixe de sa rému­né­ra­tion) et ensuite, le variable qui est un % de l’investissement obtenu et cor­res­pond géné­ra­le­ment à plus de 90% de la rému­né­ra­tion du leveur. Dans le pro­cess, il faut comp­ter 8% à 10% de la levée pour payer les inter­mé­diaires : leveurs, avo­cats, com­mis­saires aux comptes. C’est l’entreprise qui paye tout après la levée.

Ce que l’on ne dit pas : les VCs ver­ront plus faci­le­ment un pro­jet recom­mandé par une connais­sance com­mune, qui les ras­su­rera. C’est clas­sique dans les affaires ! De nom­breux VCs sont en mode “gel d’investissements” et se foca­lisent sur leur por­te­feuille exis­tant. Par ailleurs, ils se plaignent, comme les busi­ness angels, de la médio­crité de nom­breux dos­siers. Les entre­pre­neurs en herbe sont en géné­ral mal accom­pa­gnés et ne font pas assez de “qua­lité” (des busi­ness plans, des sup­ports de pré­sen­ta­tion, des démons­tra­tions, de la clarté de leur discours).

Centre Fran­ci­lien de l’Innovation

Je découvre la créa­tion de cet orga­nisme qui regroupe main­te­nant les CRITT de l’Ile de France, avec une cin­quan­taine de per­sonnes. Les CRITT sont des asso­cia­tions liées aux régions qui apportent diverses aides aux star­tups. Notam­ment des aides finan­cières non foca­li­sées sur la R&D, ce qui est de fort bon aloi.

Ce que l’on ne dit pas : le dou­blon de struc­ture que les CRITT génèrent par rap­port à Oséo et aux incu­ba­teurs, sans comp­ter les CCI.

Cré­dit Impôt Recherche

Beau­coup de remps passé là des­sus dans deux inter­ven­tions qui rap­pellent la défi­ni­tion stricte de ce qui peut être rem­boursé par le CIR : de la recherche fon­da­men­tale ou appli­quée, et pas la créa­tion de pro­duits. Et elle doit être réa­li­sée par des ingé­nieurs ou cher­cheurs BAC+5 mini­mum. Pro­fes­seurs Tour­ne­sol auto­di­dactes s’abstenir ! Les grandes entre­prises pro­fitent aussi du CIR lorsqu’elles sous-traitent de la recherche à des labo­ra­toires (qui compte double dans leur exo­né­ra­tion) et à des startups.

guide CIR

Expli­ca­tions du res­crit qui est une demande d’avis préa­lable de l’administration fis­cale. Il y a main­te­nant un rem­bour­se­ment anti­cipé du CIR qui a l’air très rapide (un mois).

Le CIR est devenu le prin­ci­pal outil bud­gé­taire de l’Etat pour encou­ra­ger l’innovation avec 3,5md€ en 2008 ! 

Ce que l’on ne dit pas : que le guide du CIR du Minis­tère de la Recherche n’est pas à jour (2008), que tout le monde truande le sys­tème en maquillant de la créa­tion de pro­duit (déve­lop­pe­ment) en recherche, que les grandes entre­prises trustent la majeure par­tie du CIR, et que les star­tups en géné­ral ne sont pas là pour faire de la recherche, mais des pro­duits et les vendre. Le CIR est un monstre qui aide sur­tout les grandes entre­prises mais c’est un contre­sens com­plet pour les star­tups, sur­tout dans le numé­rique et l’immatériel. Le CIR peut avoir un sens pour les entre­prises de bio­tech qui tra­vaillent sur des cycles longs de R&D. Sans comp­ter le fait que la com­plexité du sys­tème a fait ger­mer des socié­tés de conseil spé­cia­li­sées pour aider les entre­prises, sur­tout grandes, à opti­mi­ser leur CIR et à éviter l’impact néga­tif d’un contrôle fis­cal trop tâtillon. Elles captent aux alen­tours de 20% des CIR obte­nus, par­fois de manière récur­rente. Une belle perte en ligne pour le dis­po­si­tif ! Les mil­liards de “dépenses fis­cales” du CIR per­mettent certes d’afficher des taux plus élevés de R&D par rap­port au PNB. Mais ils feraient mieux d’être injec­tés dans la recherche publique direc­te­ment, ou sous forme de contrats de recherche du public vers le privé comme c’est le cas aux USA. Et une petite réal­lo­ca­tion du CIR vers des aides directes aux star­tups cou­vrant l’ensemble des coûts de l’innovation serait bien plus effi­cace pour les faire gran­dir (cf la pro­po­si­tion de Cré­dit Impôt Inno­va­tion du Comité Riche­lieu).

Recru­te­ment

Pré­sen­ta­tion de Jacques Frois­sant d’Altaïde qui rap­pelle à juste titre que ce sont les hommes qui font avant tout le suc­cès d’une star­tup. Il y décrit les pré­cau­tions et méthodes pour recru­ter dans une star­tup. A noter qu’il faut faire une annonce ANPE pour pou­voir ensuite recru­ter un étran­ger qui aura besoin d’une carte de séjour. Il recom­mande d’embaucher un “office mana­ger” à par­tir d’une dou­zaine de per­sonnes pour la logis­tique et la finance. Jacques recom­mande aussi de ne payer les recru­teurs qu’au fixe (pas un % du salaire de la per­sonne à recru­ter), et avec un tout petit acompte. Il insiste sur l’importance des réseaux sociaux pour le recrutement.

Ce que l’on ne dit pas : les jeunes veulent entre­prendre, mais pas for­cé­ment comme sala­riés de startups !

Mar­ke­ting

Les star­tups sont en géné­ral nulles dans le domaine. Mais ce n’est pas une science exacte. Il faut accep­ter l’incertitude, et en même temps ration­na­li­ser son approche, sur­tout pour cibler un mar­ché avec l’offre adé­quate. Les cher­cheurs qui s’y lancent finissent par appré­cier l’exercice, tout du moins du mar­ke­ting stratégique.

Séve­rine Her­lin de la société de conseil mar­ke­ting Via­no­veo basée à Sophie Anti­po­lis nous a pré­senté la méthode ISMA360 (Inno­va­tion Sys­te­mic Mar­ke­ting Ana­ly­sis). Inté­res­sante et qui relève beau­coup du bon sens mar­ke­ting. Créée en 2004 par Domi­nique Vian, pro­fes­seur au CERAM, la méthode s’applique sur­tout aux entre­pre­neurs qui ont une solu­tion tech­nique et cherchent le pro­blème à résoudre et les clients avec. On part de l’invention ou du para­digme, puis on défi­nit le domaine de l’innovation, puis les besoins, les deman­deurs et les solu­tions exis­tantes. On en déduit les fonc­tions et les appli­ca­tions à créer, les offres, les uti­li­sa­teurs. En paral­lèle, on struc­ture la chaine de valeur et l’intégration des éléments externes (régu­la­tions, influen­ceurs, etc). Cela se ter­mine par une seg­men­ta­tion des clients, la défi­ni­tion des couples produits/marchés et du modèle écono­mique. Et enfin, par un plan mar­ke­ting opérationnel.

Séve­rine Her­lin recom­mande aux entre­pre­neurs de ne pas entiè­re­ment sous-traiter les études de mar­ché à des tiers et d’en mai­tri­ser le pilotage.

Ce que l’on ne dit pas : la métho­do­lo­gie ISMA360° ne semble pas cou­vrir la notion d’écosystème et de plate-forme exten­sible, cri­tique dans le numé­rique, ni l’industrialisation de l’offre, la répar­ti­tion pro­duit / ser­vice, quel ser­vices pour les tiers, et l’impact de tout cela sur le pro­duit. La méthode ne couvre pas non plus les aspects opé­ra­tion­nels du mar­ke­ting: viral/buzz, com­mu­ni­ca­tion, rela­tions presse et influen­ceurs, etc. Et il n’y avait qua­si­ment rien sur l’international dans ce work­shop. Il se dit qu’il est trop tôt pour par­ler d’international, mais inté­grer cette dimen­sion tôt dans la vie de l’entreprise me semble néces­saire. Ne serait-ce que pour éviter des erreurs coû­teuses sur le moyen terme côté produit.

Pro­chain et der­nier épisode : quelques une des star­tups inté­res­santes (dans le numé­rique) vue sur les trois journées.

Publié le 10 avril 2009 et mis à jour le 12 avril 2009 Post de | Entrepreneuriat, Innovation, Management, Startups, Technologie | 6378 lectures

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Les 9 commentaires et tweets sur “Capital Week 2009 – Les infos” :

  • [1] - Romain Bohdanowicz a écrit le 10 avril 2009 :

    J’adore la cri­tique du CIR !
    Effec­ti­ve­ment on sen­tait bien l’envie de truan­der dans les questions/réponses de l’intervention avec l’inspecteur géné­ral des impôts ;)

  • [2] - Pierre a écrit le 12 avril 2009 :

    “Ce que l’on ne dit pas : les jeunes veulent entre­prendre, mais pas for­cé­ment comme sala­riés de star­tups !“
    Pas for­cé­ment donc cela n’exclut rien, n’ets ce pas.
    Sous-entendez vous qu’il serait plu­tôt prêt à le faire comme asso­cié d’une start-up, ou que tous seraient suf­fi­sam­ment créa­tif et inno­vant pour entre­prendre depuis leur propre idée ?
    Dans vos divers articles sur le sujet vous décri­vez par­fois les pro­fils type (et leur incor­po­ra­tion pro­gres­sive selon lecycle de vie de la start-up) qu’il est bon d’avoir dans une équipe. Y en a-t-il un pour un jeune qui n’est pas du noyau inno­va­teur d’origine ?

    Au fait on est jeune jusqu’à quand pour un investisseur?

    Pierre, jeune.

  • [3] - Fred A. a écrit le 12 avril 2009 :

    Audi­teur de cette belle jour­née en tant que futur entre­pre­neur, je me disais bien aussi que toutes les aides accor­dées ne sem­blaient pas faci­le­ment “décro­chables” par toutes start-up.

    En effet, bcp d’aide semblent spé­ci­fi­que­ment dédiées à des PME presque établies, et les nou­velles règles ne servent qu’à contour­ner une régle­men­ta­tion rigide pour leur don­ner accès à ces fonds…

    J’avais d’ailleurs une ques­tion que je n’ai pu poser ce jour là : dans le Busi­ness Plan, dans le besoin de fond ini­tial que l’on demande, doit-on inclure le “salaire” des créa­teurs?
    Je pose cela car la CCI du coin m’oppose le sta­tut de l’entrepreneur, en m’expliquant qu’il est pré­fé­rable de se prendre les divi­dendes, plu­tôt que de se payer sur les apports initiaux.

    Le sou­cis, c’est qu’en ce moment, je suis sala­rié et j’ai des traites genre habi­ta­tion, assu­rances, nour­ri­ture, etc… comme tout un cha­cun. Et les divi­dences, dans une start-up, on ne peut en espé­rer avant un bail, et perso, mon ban­quier me sera passé des­sus bien avant!!!

    ALors, com­ment gère t’on, en géné­ral, cette période?
    On est pas tous étudiant…

    De même pour la levée de fond avec des inves­tis­seurs : faut il par­ler rému­né­ra­tion du patron?
    J’ai l’impression que ces ques­tions sont sou­vent éludées dans ce que je peux lire.

    En vous remer­ciant d’avance

  • [4] - Fred A. a écrit le 12 avril 2009 :

    A noter que, comme Pierre, je me pose bien des ques­tions sur le recrutement.

    Dans l’équipe d’origine, on est deux, mais je sens bien que pour avoir cer­taines com­pé­tences, il fau­dra recru­ter, ce qui semble vou­loir dire en fait, accroitre la base des entre­pre­neurs ori­gi­naux.
    Est-ce faux?

  • [5] - Olivier Ezratty a écrit le 12 avril 2009 :

    @Romain ; il y a effec­ti­ve­ment beau­coup de non dits dans ces conférences !

    @Pierre : c’est le résul­tat de mes obser­va­tions d’enseignant dans le supé­rieur. Je trouve bien plus fré­quem­ment des jeunes qui veulent entre­prendre que des jeunes qui veulent inté­grer des star­tups comme sala­riés. La volonté d’entreprendre est liée à au moins trois fac­teurs : l’indépendance, la volonté de créer quelque chose en le mai­tri­sant, et un cer­tain appât du gain (très poten­tiel), le tout au prix d’un peu de risque. Pour un sala­rié de star­tup, il n’y a ni l’indépendance, ni toute la créa­ti­vité, ni le gain. Sauf à deve­nir par­te­naire de la société.

    Qu’est-ce qu’un jeune ? Dans mon vocable sur l’entrepreneuriat, c’est sur­tout quelqu’un qui sort de ses études. Il y aussi les jeunes qui ont déjà une expé­rience pro­fes­sion­nelle, même comme sala­riés. J’ai une autre défi­ni­tion : ce sont les gens qui sont moins âgés que moi (47 ans)… :)

    @Fred : très bonnes ques­tions, que je vais ajou­ter dans le Guide. Il n’est pas absurde de pré­voir un salaire des diri­geants dans un BP, sur­tout lorsque ceux-ci n’ont pas d’économies ou de moyens per­sos. Dans le cas d’anciens cadres aux ASSEDIC (18 mois pour créa­tion d’entreprise), on en fait l’économie au début de l’existence de l’entreprise. Il est bon que ce salaire soit rai­son­nable. Je vois cou­ram­ment des salaires com­pris entre 1 et 2 SMIC pour com­men­cer. C’est lorsque l’entreprise com­mence à faire du chiffre d’affaire et à être break-even que le diri­geant peut envi­sa­ger de s’augmenter au delà. Sou­vent, l’arrivée d’un VC per­met de s’augmenter un peu avant cette étape, car la société dis­pose de plus de moyens. Mais c’est à com­plé­ter par des recru­te­ments de qua­lité qui eux aussi devront être payés à un prix de marché.

    Se payer avec les divi­dendes ? A mon avis, très loin­tain pour les star­tups qui sont en forte crois­sance. Les divi­dendes, c’est pour les PME (ou + grosses entre­prises) pro­fi­tables qui font peu de crois­sance. Lorsque l’on fait beau­coup de crois­sance, que l’on doit se déve­lop­per à l’international, il faut inves­tir pour la finan­cer et cela mord méca­ni­que­ment sur des divi­dendes éven­tuels dans un compte d’exploitation. Ce d’autant plus que la marge réelle des entre­prises est très sou­vent bien infé­rieure à ce qui figure dans les busi­ness plans à trois ans.

    Les diri­geants de star­tups se payent d’abord en salaire, et ensuite en reven­dant leur société lors de la “sor­tie”. Sachant que cette sor­tie met du temps à se concré­ti­ser, et elle a lieu assez rare­ment d’un point de vue statistique.

  • [6] - Fred A. a écrit le 12 avril 2009 :

    @Olivier : Merci bcp pour ces pré­ci­sions, cela me ras­sure un peu.

    Je n’aurai pas - trop - à prendre toute la vin­dicte ban­caire, si j’arrive à rame­ner un salaire à peu près stable, même si infé­rieur à celui actuel.

    Mais que ne ferait-on pas pour vivre nos rêves?
    Heu­reu­se­ment, j’ai la tête sur les épaules, et ne sau­te­rais dans le vide que lorsque les choses seront bien calées pour ma futur entreprise.

    Merci encore!

  • [7] - Emmanuel a écrit le 13 avril 2009 :

    Très bon article de syn­thèse, merci Oli­vier. Quelques remarques et réactions !?

    1) Oui, il existe des leveurs indé­li­cats. L’important c’est de deman­der des réfé­rences… et de ne pas hési­ter à les contac­ter pour se ren­sei­gner ! Le “dan­ger” étant je pense plus élevé pour les indé­pen­dants que pour les “boutiques”.

    2) La rému­né­ra­tion des inter­mé­diaires de 8 à 10% me semble un peu élevée par rap­port à ce que j’ai pu consta­ter par le passé. La four­chette est cor­recte pour les levées de petite taille (=1-2 m€ chez des VCs), mais le % est moindre pour les levées plus impor­tantes (= 5-10m€)

    3) Le CIR est un dis­po­si­tif abso­lu­ment inouï pour les start-ups de bio­tech­no­lo­gies. D’ailleurs le syn­di­cat France Bio­tech fait un lob­bying très actif sur le sujet (et le sta­tut JEI aussi). Pour les start-ups dans les TIC, je connais moins.

  • [8] - JustinThemiddle a écrit le 14 avril 2009 :

    Très inté­res­sant.

    Concer­nant l’Oséo, je m’interroge tou­te­fois sur la per­ti­nence de sou­mettre les sub­ven­tions à une contre­par­tie en capi­taux. D’autant plus pour le concours ! Quelle start-up peut pré­tendre à tou­cher 450K€ si elle est émer­gente ?! Même à ima­gi­ner de répar­tir cette sub­ven­tion sur 3 ans (ce qui est pos­sible me semble-t-il), il fau­drait que cette start-up soit capi­ta­li­sée à 150K€ mini­mum ?!
    Mon point de vue est que l’Oséo com­pense son défi­cit d’expertise, de res­sources et de méthodes pour l’évaluation des dos­siers par des garan­ties finan­cières appor­tées par ceux que l’Oséo est lui même censé aider finan­ciè­re­ment. Para­doxal non ?
    Plus glo­ba­le­ment, je pense que l’évaluation des pro­jet est une vraie pro­blé­ma­tique car l’examinateur externe ne pourra jamais avoir une aussi bonne com­pré­hen­sion du pro­jet que son ini­tia­teur qui ration­nel­le­ment mas­quera les zones d’ombres de son pro­jet de manière plus ou moins intelligente.

  • [9] - S Herlin a écrit le 14 mai 2009 :

    Merci pour votre ana­lyse pré­cise et bien vue de la méthode ISMA360. Je per­mets néan­moins de réagir à votre com­men­taire.
    Je cite : “la métho­do­lo­gie ISMA360° ne semble pas cou­vrir la notion d’écosystème et de plate-forme exten­sible, cri­tique dans le numé­rique, ni l’industrialisation de l’offre, la répar­ti­tion pro­duit / ser­vice, quel ser­vices pour les tiers, et l’impact de tout cela sur le produit. ”

    Faux, elle le couvre mais évidem­ment en 10 minutes de pré­sen­ta­tion je n’ai pas eu le temps de pré­ci­ser le contenu de chaque étape. A votre dis­po­si­tion pour en discuter !

    Je cite : “La méthode ne couvre pas non plus les aspects opé­ra­tion­nels du mar­ke­ting: viral/buzz, com­mu­ni­ca­tion, rela­tions presse et influen­ceurs, etc.“
    Vrai, c’est une méthode de mar­ke­ting stra­té­gique et effec­ti­ve­ment nous n’abordons pas l’aspect opé­ra­tion­nel. Il faut savoir res­ter sur son coeur de métier !

    Séve­rine Herlin




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