La crise financière et les startups

Publié le 22 novembre 2008 et mis à jour le 14 décembre 2008 - 4 commentaires -
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J’ai eu l’occasion d’animer cette semaine un débat inté­res­sant sur le web 2.0 et la Sili­con Val­ley, le “SF Val­ley”. Il s’agissait d’une visio­con­fé­rence avec d’un côté envi­ron 200 per­sonnes dans l’amphithéâtre des Jar­dins de l’Innovation de France Télé­com à Issy les Mou­li­neaux, et de l’autre, une demi dou­zaine d’entrepreneurs sis dans l’Orange Lab de San Fran­cisco, ani­més par Lae­ti­tia Mailhes, cor­res­pon­dante per­ma­nente des Echos aux USA. La confé­rence était orga­ni­sée sous l’égide du G9+ (qui ras­semble les grou­pe­ments infor­ma­tiques des asso­cia­tions d’anciens élèves de grandes écoles d’ingénieur et de com­merce) et pilo­tée par des anciens de Cen­trale Marseille.

Les inter­ve­nants côté US étaient Daniel Laury (de LSF Inter­ac­tive, une agence web, égale­ment active en France), Béa­trice Tarka (de Mobis­simo, un site web de voyage), Renaud Laplanche (de Len­ding Club, un site de prêt en peer to peer), Marc Dan­geard (d’Entre­pre­neur Com­mons, une asso­cia­tion qui pro­pose des prêts aux entre­pre­neurs) et JD Ber­ge­ron (de Kiva, une ONG de micro­cré­dit pour les pays émer­gents). Nous avions sinon Thierry Bon­homme, Direc­teur de la R&D de FT ainsi que Georges Nahon, patron des Orange Labs de San Fran­cisco.

On devait par­ler web 2.0. Mais la thé­ma­tique de cette confé­rence de plus de deux heures a net­te­ment pen­ché sur l’impact de la crise finan­cière dans le monde des star­tups. Et de com­pa­rer la rési­lience des nos écono­mies res­pec­tives face à cette crise.

L’occasion m’en est donc don­née de faire ici le tour de la ques­tion en com­pa­rant l’impact de cette crise entre la Sili­con Val­ley et la France. Et en mélan­geant ce que j’ai pu entendre jeudi der­nier et aussi via pas mal d’autres sources.

Le finan­ce­ment des startups

Est-ce que la crise du cré­dit impacte le finan­ce­ment des star­tups ? Cer­tai­ne­ment, mais pas de la même manière aux USA et en France.

Les mon­tants inves­tis par les VCs aux USA se sont ralen­tis sur le troi­sième tri­mestre ($7,4B sur 583 deals, une décrois­sance de 7,2% par rap­port à 2007 sur 673 deals. Et on s’attend à un très mau­vais Q4. La ten­dance des VCs est de finan­cer des seconds et troi­sièmes tours de socié­tés qui ont fait leurs preuves et beau­coup moins d’amorçage. C’est ainsi que les VCs uti­lisent les fonds qu’ils ont levés en 2007. Ils s’orientent aussi net­te­ment sur des sec­teurs por­teurs comme les green­techs, où la Sili­con Val­ley est très active. La crise du finan­ce­ment a en tout cas refroidi les VCs qui finan­çaient encore beau­coup trop de star­tups web 2.0 fonc­tion­nant sur un modèle publi­ci­taire. Les VCs pri­vi­lé­gient main­te­nant les modèles écono­miques capables de géné­rer du revenu rapi­de­ment. La crise va sérieu­se­ment assai­nir le marché !

En France, nous n’avons pas encore de don­nées sur Q3 2008. La loi TEPA a quelque peu gon­flé le finan­ce­ment de FCPI, un véhi­cule pri­vi­lé­gié pour de nom­breux VCs. Ce qui donne un peu de mou aux VCs pour inves­tir pen­dant 2008 et 2009. Mais Q3 et Q4 2008 ne devraient pas être bien brillants. On attend donc l’indicateur de Chaus­son Finance sur fin 2008 !

Autre impact : les valo­ri­sa­tions des socié­tés baissent avant les tours de finan­ce­ment. Les entre­pre­neurs peuvent s’attendre à des négo­cia­tions dif­fi­ciles sur ce point avec autant les VCs que les busi­ness angels. Bien entendu, il est bon d’avoir une valo­ri­sa­tion qui limite la dilu­tion à chaque tour de finan­ce­ment. Mais elle doit être jus­ti­fiée par la créa­tion de valeur de la société, une com­bi­nai­son de la valeur de l’équipe, du pro­duit et des clients déjà cap­tés. S’il y a bien une bulle web 2.0 qui se dégon­flera, c’est sur les valos ! Evi­dem­ment, il y aura aussi moins de sor­ties (acqui­si­tions et intro­duc­tions en bourse) pen­dant quelques temps. Ce qui posera des pro­blèmes pour clo­tu­rer les fonds des VCs.

Béa­trice Tarka de Mobis­simo signa­lait un autre phé­no­mène dans le débat SF Val­ley : l’insécurité du cash levé par les star­tups. Placé dans le sys­tème ban­caire, il est fra­gi­lisé car les banques peuvent faire faillite et leurs garan­ties sont faibles (<$250K). Il leur faut donc envi­sa­ger un inves­tis­se­ment “sûr”, par exemple en bons du tré­sor, les pays occi­den­taux en émet­tant des wagons en ce moment. Jusqu’au jour où ces pays subi­ront eux-aussi une crise de type Argentine !

La crise favo­rise sinon le déve­lop­pe­ment de solu­tions alter­na­tives de finan­ce­ment. Le prêt mutua­lisé est la for­mule pro­po­sée par Len­ding Club et Entre­pre­neur Com­mons, deux solu­tions pré­sen­tées pen­dant le débat “SF Val­ley”. Mais en masse, cela semble bien mar­gi­nal au regard des $30B que les VCs inves­tis­saient en 2007 et à peu près autant pro­ve­nant des busi­ness angels. Aux USA, ces der­niers sont en train de bais­ser la voi­lure où à cher­cher des ren­de­ments à court terme, incom­pa­tibles avec le risque du finan­ce­ment des star­tups qui res­semble plu­tôt à un jeu de casino… sur le Titanic.

Qu’avons-nous du côté de la France ?

  • La loi TEPA et l’exonération d’ISF de 75% pour les inves­tis­se­ments dans les PME inno­vantes va conti­nuer à drai­ner un bon volant de busi­ness angels. Une bien rare excep­tion qui fera de l’ISF un atout pour la France ! Le rôle des asso­cia­tions de busi­ness angels et des SIBA (socié­tés d’investissement de busi­ness angels) va être cri­tique pour régu­ler ce flot de finan­ce­ment assez “ama­teur” par les temps qui courent.
  • Les finan­ce­ments publics, même s’ils s’assèchent rapi­de­ment, consti­tuent une autre spé­ci­fi­cité fran­çaise qui sou­tient bien les star­tups en phase d’amorçage. Mais on entend dire qu’Oséo va réduire ses aides en phase d’amorçage et favo­ri­ser les aides au déve­lop­pe­ment des gazelles, une prio­rité gouvernementale.
  • On voit appa­raitre quelques sites de dés­in­ter­mé­dia­tion entre inves­tis­seurs indi­vi­duels (busi­ness angels) et entre­pre­neurs comme Inves­tigo et Fai­son­sAf­faires. Ils se rému­nèrent au pour­cen­tage des mon­tants levés (envi­ron 5%) mais le modèle n’est pas très sca­lable. Et puis, il est concur­rencé par le site d’Oséo qui rap­proche les inves­tis­seurs des PME inno­vantes (res­pec­ti­ve­ment 3590 et 2297, tous sec­teurs confon­dus). Mais il est dif­fi­cile d’y trou­ver les star­tups du numé­rique, caté­go­rie qui n’existe pas dans leurs cri­tères de sélec­tion ! Toutes ces dés­in­ter­mé­dia­tions vont mettre de l’huile dans les rouages, sauf qu’il risque de ne plus y avoir beau­coup d’engrenages !

Oséo Capital PME

  • Enfin, il y a l’appel aux dons, une méthode ori­gi­nale quoiqu’un peu dépla­cée. Elle est uti­li­sée par exemple par Mobuzz.TV, une web TV spé­cia­liste… du buzz ! Ils cherchent tout de même 150K€ par ce biais ! Pour­quoi ? Levée de fonds dif­fi­cile. Pour­quoi ? Il suf­fit de voir le site et son modèle publicitaire…

Bref, en France, nous aurons un peu plus d’air sur le finan­ce­ment d’amorçage qu’aux USA. Mais cela n’améliorera pas pour autant les chances de réus­site des startups.

La ges­tion des coûts

Réduire au maxi­mum les coûts est le mot d’ordre. Les star­tups doivent durer avec les fonds qu’elles ont levé et réduire au maxi­mum la voi­lure, sur­tout si elles ne génèrent pas encore de revenu.

D’où un gel des embauches voire des licen­cie­ments pré­ven­tifs. Un phé­no­mène qui a affecté aussi bien de grandes entre­prises comme HP, Dell, Amdocs, Xerox et Yahoo que des socié­tés du  web 2.0 comme Pan­dora, Tech­no­rati, Sees­mic, Twit­ter, Hi5, Adbrite, Zivity, Mahalo (qui a main­te­nant du cash pour tenir sans reve­nus jusqu’à 2012 et avec 30 per­sonnes après en avoir viré 10%…). Ce qui n’a pas empê­ché Lin­ke­dIn de lever $26m en octobre por­tant le total à $100m. Mais qui licen­cie tout de même ! Ces licen­cie­ments sont sui­vis par Tech­Crunch qui a créé un Layoffs Tra­cker et en a tota­lisé 78751 à ce jour dans la high-tech et par­ti­cu­liè­re­ment dans la Sili­con Val­ley ! Ce qui a aug­menté le chô­mage dans la Sili­con Val­ley à 6,6%.

TechCrunch Layoff Tracker

Mais où vont tous ces chô­meurs dans la mesure où les grandes boites de la high-tech gèlent aussi plus ou moins leurs recru­te­ments ? On pou­vait apprendre dans le débat SF Val­ley que l’écosystème de la Sili­con Val­ley béné­fi­cie d’une grosse variable d’ajustement : les nom­breux étran­gers qui tra­vaillent dans la SV avec un visa de tra­vail H1B1. Plus de bou­lot, plus de visa, et ils doivent retour­ner dans leur pays. Ou deve­nir clan­des­tins. Un ajus­te­ment qui fonc­tionne peut-être dans la Sili­con Val­ley mais ne sera pas opé­rant à Détroit avec les dif­fi­cul­tés de Gene­ral Motors.

La grande flexi­bi­lité du tra­vail aux USA créé cette flui­dité qui sim­pli­fie la vie des entre­prises lorsqu’il faut s’adapter et dégrais­ser. Les inter­ve­nants de SF Val­ley indi­quaient que cela per­met­tait de trou­ver des talents de qua­lité alors que c’était très dif­fi­cile. Mais qui peut encore embau­cher ? Peut-être quelques rares star­tups pro­fi­tables ou les grandes entre­prises qui ne licen­cient pas et gèrent leur turn-over.

Les modèles économiques

Quel est l’impact de la crise sur les modèles écono­miques des startups ?

Les modèles pure­ment publi­ci­taires (au CPM ou CPC) seront très affec­tés car ils ne per­mettent pas d’être ren­tables à moins d’avoir un tra­fic énorme, et encore. Daniel Laury de LSF Inter­ac­tive confir­mait cette ten­dance : les modèles atten­dus par les clients sont de plus en plus basés sur la per­for­mance : le CPA/CPL (coût à l’action, au lead). Ils déplacent le risque des annon­ceurs vers les sites et les régies publi­ci­taires et rendent pré­dic­tibles les inves­tis­se­ments publi­ci­taires : un $ de pub génère x $ de revenu incré­men­tal. Encore faut-il que la construc­tion du site soit adap­tée à ce besoin.

Le modèle « on créé de l’audience et on verra plus tard pour le modèle de revenu » va à mon sens battre de l’aile. C’en est presque devenu un mythe lié au cas de Google qui fait rêver. Mais Google est un cas par­ti­cu­lier qui n’est pas faci­le­ment répli­cable. Google a créé le modèle de revenu struc­tu­rel­le­ment le meilleur du web : le search (qui per­met de la publi­cité très contex­tuelle) et le volume (un outil pour tous uti­lisé tout le temps). La plu­part des sites web 2.0 ne créent pas cette com­bi­nai­son de contex­tua­lité et de volume. Seuls quelques réseaux sociaux gagnent leur vie car ils ont une forte part de contenu dans leur mix (MyS­pace, Sky­blog). Une star­tup qui pré­voit de se finan­cer par la publi­cité devra avoir une stra­té­gie très affi­née de moné­ti­sa­tion et la faire cor­res­pondre aux méthodes du mar­ché (régies pubs, com­por­te­ment des annon­ceurs, modes de seg­men­ta­tion dans les pra­tiques mar­ke­ting des boites btob). Le busi­ness plan de la star­tup qui indique “finan­ce­ment par la pub” sans autre pré­ci­sion risque d’être pou­bel­lisé rapi­de­ment ! Même dans les ins­tances de finan­ce­ment issues du sec­teur public.

Les modèles de com­merce élec­tro­nique sont plus sains mais peuvent aussi être affec­tés par la baisse de la consom­ma­tion des ménages et des entre­prises. Les modèles qui fonc­tion­ne­ront le mieux devront être en phase avec l’évolution des modes de consom­ma­tion : prix plus bas, etc.

Seront donc (encore plus) favo­ri­sée par les inves­tis­seurs les entre­prises qui :

  • Pro­posent une « busi­ness value » claire et per­cu­tante, per­met­tant par exemple aux entre­prises de réa­li­ser des écono­mies sub­stan­tielles. Avec un chif­frage pré­cis de l’équation écono­mique et sa rela­tion avec le temps.
  • Dont les modèles génèrent du revenu au gré de l’augmentation du volume, et pas après par effet de seuil. Par exemple dans la mobi­lité si le revenu peut être par­tagé avec les telcos.
  • Qui ont déjà un pro­duit et des clients et une évolu­tion déjà bien lan­cée de leur CA.
  • Ont éven­tuel­le­ment un bon por­te­feuille de pro­priété intel­lec­tuelle (poten­tiel ou exis­tant) et moné­ti­sable assez rapidement.

C’est en tout cas la fin du finan­ce­ment des me-toos comme les innom­brables réseaux sociaux voire de social shop­ping. Une fin qui avait déjà démarré avant sep­tembre. La crise n’annonce pas la fin des grands prin­cipes du web 2.0 et notam­ment de l’UGC (User Gene­ra­ted Content). Mais ceux qui vont en pro­fi­ter seront les plus gros acteurs, ou bien les acti­vi­tés « non-profit » (blogs, asso­cia­tions, ONG, éduc, etc).

Chose sur­pre­nante, la crise n’empêche aucu­ne­ment les entre­pre­neurs de mani­fes­ter une créa­ti­vité débri­dée. J’ai récem­ment décou­vert un blog US, KillerS­tar­tups, qui décrit cinq nou­velles star­tups par jour. C’est à la fois varié et on y trouve un véri­table bêti­sier des star­tups “fea­tures com­pa­nies” et sans modèle économique.

KillerStartups

Plus de la moi­tié des star­tups sur­vivent après quatre ans d’existence dans la Sili­con Val­ley. Au vu de ce cata­logue, c’est fran­che­ment surprenant !

Les mar­chés

La crise impacte les clients des star­tups et de dif­fé­rentes manières :

  • Les cycles de vente s’allongent. La prise de risques s’amenuise. Les star­tups vont en souf­frir et par­ti­cu­liè­re­ment en France qui ne brille pas par la culture du risque.
  • Les bud­gets mar­ke­ting sont sou­vent des variables d’ajustement. Depuis le début de 2008, les bud­gets publi­ci­taire online étaient les seuls à aug­men­ter alors que le offline bais­sait par­tout. Mais sur la fin 2008, il sem­ble­rait que même les bud­gets online soient en dimi­nu­tion aux USA. Et donc ailleurs.
  • Des spon­sors se désen­gagent d’opérations. Un diner-débat d’une asso­cia­tion pro­fes­sion­nelle auquel je devais par­ti­ci­per en octobre a été annulé pour cette raison !
  • Les cadres des grandes entre­prises sont encore plus pru­dents, pro­tègent leur place, et le stress au tra­vail aug­mente en conséquence.
  • Le poids de l’état est tel que la com­mande publique pour­rait avoir un rôle clé chez cer­taines star­tups, notam­ment dans les orga­ni­sa­tions telles que la Mai­rie de Paris qui sou­haitent pro­mou­voir l’innovation.

Quelques busi­ness sont por­teurs dans cette phase de réces­sion : la vente de coffres forts, les matières pre­mières (quoique sujettes à de fortes varia­tions comme le pétrole), la grande dis­tri­bu­tion (Wall­mart est l’une des rares valo­ri­sa­tions bour­sières à avoir aug­menté depuis le début de l’année, cf ci-dessous, le Mon­drian de Smart­Mo­ney), les écrans plats (vs les vacances), les logi­ciels libres, la pré­ven­tion dans la santé, les ser­vices de base, les anxio­ly­tiques et les ventes de pro­duits sucrés (qui ont un effet antidépresseur).

MarketMap

La crise a au moins du bon dans un domaine : la réces­sion réduit semble-t-il la consom­ma­tion d’énergie. Avec le recul,  la course à la crois­sance est dan­ge­reuse pour la sur­vie de l’humanité à moyen terme du fait de l’épuisement des res­sources de la pla­nète et de son impact envi­ron­ne­men­tal. Trou­ver le moyen de gérer une “décrois­sance posi­tive” serait un beau pro­jet pour la sur­vie de l’humanité…. mais on s’éloigne.

Quelques conseils

Le tableau est bien sombre, et mal­gré tout, les créa­teurs d’entreprises n’ont jamais été aussi nom­breux. C’est ras­su­rant car cela montre l’énergie qui sub­siste, notam­ment chez les jeunes. Alors, voici à leur inten­tion quelques conseils basiques :

  • Consti­tuez une équipe très solide (interne, board, advi­sory board, …).
  • Créez un ser­vice ou pro­duit avec des fac­teurs dif­fé­ren­tia­teurs clairs et forts par rap­port à la concur­rence ou aux solu­tions établies. Evi­tez la solu­tion “nice to have”. Votre pré­sen­ta­tion doit géné­rer chez le client le sen­ti­ment pres­sant du “je le veux tout de suite” !
  • Tra­vaillez fine­ment la moné­ti­sa­tion de votre offre. Ne la repous­sez par au jour où vous ferez de l’audience. Soyez à la fois pré­cis et souples dans votre modèle de monétisation.
  • Trou­vez des sources de finan­ce­ment diverses non dilu­tives pour créer le pro­duit et atti­rer les pre­miers clients / consom­ma­teurs. Puis faites appel à des busi­ness angels en pro­fi­tant de l’effet Loi TEPA qui, on l’espère, ne va pas entiè­re­ment dis­pa­raître du fait de la crise. Ne faites pas trop de plans sur la comète sur une levée de 3m€ dans 12 mois. Vos chances, certes non nulles, sont très faibles d’y par­ve­nir (moins de 200 pro­jets par an en France en tout et pour tout).
  • Faites de la qua­lité : pré­sen­ta­tions, sup­ports, produit/service, rela­tions, fia­bi­lité. Il y a encore trop de médio­crité, et la qua­lité, cela se remarque !

Et si vous en avez la pos­si­bi­lité, venez à la confé­rence Leweb pour vous remon­ter le moral avec son thème “Love”. Quitte, vu le prix, à être invité par l’un des spon­sors, ou à y assis­ter à dis­tance par l’un des web­casts qui ne man­que­ront pas de la relayer !

PS du 14 décembre 2008 : le trans­cript de la confé­rence SF Val­ley est main­te­nant dis­po­nible.


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Publié le 22 novembre 2008 Post de Olivier Ezratty | Economie, Entrepreneuriat, France, Internet, Logiciels libres, Silicon Valley, Startups, Technologie, USA | 4 commentaires

Les 4 commentaires sur “La crise financière et les startups” :

  • Deux tres bons articles sur l’impact de la crise sur la créa­tion des star-ups par

    -Forbes
    http://www.forbes.com/global/2008/1110/030.html

    -et le fon­da­teur de Y Com­bi­na­tor Paul Gra­ham
    http://www.paulgraham.com/badeconomy.html

    Que je reprends sur
    http://www.smartpressreview.com/?p=136

    Pour tra­cker les nou­velles, start-ups, plus que Killer Star­tup c’est You­Noo­dle qui fait du bruit dans la vallée!

    Maud

  • [2] - Olivier Ezratty a écrit le 24 novembre 2008 :

    Merci Maud.

    La cou­ver­ture média/blogs sur le sujet est en effet assez pro­lixe aux USA depuis au moins 3 mois ! Un signe que le sujet est pris sérieu­se­ment, et que la Sili­con Val­ley sait s’adapter rapi­de­ment à la nou­velle donne.

    A noter égale­ment ce compte rendu de la confé­rence du G9+ par Oli­vier Rafal, du Monde Informatique.

  • Oli­vier, encore merci pour ce tra­vail de synthèse.

    Concer­nant les conseils de crise et le finan­ce­ment, j’ajouterai : pre­nez un leveur de fonds. Je sais , je sais! Le fait que je sois de la par­tie, devrait me rendre peu cré­dible. Mais quand les temps sont durs, le pro­cess est encore plus ardu, et être accom­pa­gné d’un pro­fes­sion­nel est un réel avantage.

  • [4] - Olivier Ezratty a écrit le 9 décembre 2008 :

    Prendre un leveur est un excellent conseil, et il n’est pas vrai­ment lié à la crise actuelle. Il était 150% valable avant !




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