Grandeur et décadence des foires aux startups - 2

Publié le 27 septembre 2008 et mis à jour le 19 novembre 2008 - 4 commentaires -
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Après avoir cou­vert les deux grands événe­ments amé­ri­cains que sont Tech­Crunch 50 et Demo, fai­sons un petit tour en France.

Les événe­ments n’y manquent pas pour per­mettre aux star­tups de pré­sen­ter leurs pro­jets à des inves­tis­seurs poten­tiels. Il y a un peu de tout, de quelques grandes messes à des réunions en petit comité pour busi­ness angels. Et dans le pays du mil­lion d’associations 1901, les ini­tia­tives ne manquent pas. Il y a presque trop d’initiatives, trop frag­men­tées, d’où un phé­no­mène de déper­di­tion et un impact moins fort, au moins média­ti­que­ment, que les événe­ments équi­va­lents aux USA.

Les prin­ci­pales “foires aux startups”

J’en loupe pro­ba­ble­ment quelques uns, mais en voici une petite liste :

LeWeb08

La confé­rence LeWeb orga­ni­sée par Loic et Géral­dine Lemeur arrive ici en pre­mier. C’est la pre­mière confé­rence Inter­net en France, si ce n’est en Europe, avec près de 2000 par­ti­ci­pants en 2007. Une tren­taine de star­tups y pré­sentent leurs pro­jets à des inves­tis­seurs de tous bords et de tous pays, sur­tout euro­péens. J’avais fait un tour des pro­jets pré­sen­tés en 2006 et 2007. LeWeb est une confé­rence impo­sante par la masse des par­ti­ci­pants, par la qua­lité des inter­ve­nants des confé­rences, sur­tout amé­ri­cains, et par son impact média­tique des deux côtés de l’Atlantique. Il est dom­mage que les pré­sen­ta­tions de star­tups ne soient pas le plat de résis­tance de l’événement. Elles ont lieu dans une salle à part, pas dans la salle des plé­nières. Et en paral­lèle avec ces der­nières ! Résul­tat, un petit bout de l’audience y participe.

En 2006, les condi­tions tech­niques des pré­sen­ta­tions étaient assez médiocres : réseau chao­tique, son moyen, salle bis­cor­nue et capa­cité limi­tée. En 2007, les condi­tions se sont bien amé­lio­rées avec une salle plus grande. Il en coute 1500€ pour les star­tups qui pré­sentent, ce qui pourra en cho­quer cer­taines, mais per­met un mini­mum de fil­trage. En fait, ces frais couvrent l’entrée à la confé­rence pour deux per­sonnes. Ce qui fait donc une réduc­tion de 1000€ sur le “prix public”. Evé­ne­ment inter­na­tio­nal oblige, les pré­sen­ta­tions sont faites en anglais.

La pré­sen­ta­tion des star­tups est gérée par l’équipe de Seed­Camp qui a une bonne expé­rience dans ce domaine. Après la pro­ces­sus de sélec­tion par le jury, un podium ras­semble trois élus. En 2007, la star­tup fran­çaise Goo­jet avait tenu la pre­mière place. Un petit tour vers le jury s’impose. On y trouve sur­tout des VCs, puis quelques entre­prises du sec­teur (eBay, Micro­soft), star­tups et jour­na­listes. Ils jouent un rôle de coach pour les six pre­mières star­tups sélec­tion­nées. La ten­ta­tion est grande notam­ment pour les VCs de pous­ser leurs pou­lains. Avec comme consé­quence de trou­ver dans les star­tups pré­sentes un nombre signi­fi­ca­tif qui ont déjà levé des fonds. Sinon, l’agenda  annoncé de la pro­chaine édition reste allé­chant même si on y trouve beau­coup de têtes connues et qui pour­raient user à la longue : Robert Scobble, Mike Arr­ning­ton, Jason Cala­ca­nis, Yossi Yardi ou Marc Simoncini.

CapitalIT

Capi­tal Week est une confé­rence de plu­sieurs jours ras­sem­blant inves­tis­seurs et entre­pre­neurs chaque mois d’avril. Comme LeWeb, l’événement com­bine confé­rences plé­nières et pré­sen­ta­tions de star­tups. A ceci près qu’il n’y a pas de plé­nières pen­dant les pré­sen­ta­tions de star­tups, mais que celles-ci sont écla­tées en deux salles en paral­lèle avec une ses­sion pour les busi­ness angels et une ses­sion pour les VCs (“early stage” et “deve­lop­ment”). Une seg­men­ta­tion pas for­cé­ment heu­reuse, plus de 100 per­sonnes pour les BAs pour une tren­taine avec les VCs. Autant n’avoir qu’une seule ses­sion et en plénière.

Les pré­sen­ta­tions des star­tups font 5 mn sui­vies de 5 mn de ques­tion réponses de la salle et coor­don­nées avec un ani­ma­teur de Martech&Finance (voir un sur­vol des star­tups IT com­men­tées pour l’édition 2008). L’organisateur de la confé­rence, Emma­nuel Libau­dière de Mar­tech & Finance assure avec son équipe un coa­ching des inter­ve­nants en amont des présentations.

Le pro­ces­sus de sélec­tion des star­tups en plu­sieurs étapes démarre en jan­vier et donne lieu en mars à des pré­sen­ta­tions orales des pro­jets devant le jury. Les frais de par­ti­ci­pa­tion étaient de 600€ HT en 2008. Au total, une tren­taine de star­tups pré­sen­tées sous le label “Best Innov” et quatre gagnantes (2 meilleures inno­va­tions, 2 meilleurs poten­tiels de crois­sance). Les star­tups béné­fi­cient d’un coin rendez-vous et d’une logis­tique de prise de rendez-vous avec les inves­tis­seurs. En avril 2008, nombre de star­tups se plai­gnaient du manque de fia­bi­lité des inves­tis­seurs ins­crits aux rendez-vous… non honorés !

Les confé­rences de l’événement sont sinon très inté­res­santes pour les star­tups, cou­vrant notam­ment les “how to” du finan­ce­ment et autres aspects pra­tiques de la créa­tion d’entreprises.

TremplinSénat

Trem­plin Entre­prises Sénat. Comme pour Capi­tal IT, pro­ces­sus de sélec­tion avec sélec­tion des “demi-finalistes” (en avril) puis pré­sen­ta­tion de pro­jets sélec­tion­nés dans deux salles en paral­lèle (déci­dé­ment!) pen­dant à peu près la moi­tié de l’événement qui dure deux jours début juillet. Quatre caté­go­ries de pro­jets: logi­ciels, maté­riaux com­po­sants et sys­tèmes, science de la vie, et Inter­net et ser­vices. Avec sept sélec­tion­nés et un élu par caté­go­rie. Cha­cun des quatre prix est doté d’une récom­pense de 15000€. Comme par­tout, le jury com­prend une domi­nante d’investisseurs ins­ti­tu­tion­nels plus quelques par­te­naires. L’ambiance est feu­trée, Sénat oblige. Trem­plin Sénat fêtait sa dixième édition en juillet der­nier. Reste à savoir si le pro­chain pré­sident du Sénat, Gérard Lar­cher, pour­sui­vra cette ini­tia­tive sou­te­nue par son pré­dé­ces­seur Chris­tian Poncelet ?

Et ensuite, en vrac, nous avons une flo­pée d’événements de moindre importance:

  • Les Seed­Camps, une ini­tia­tive euro­péenne de pré­sen­ta­tion de pro­jets en phase d’amorçage/early stage dont la pre­mière édition pari­sienne a eu lieu en  juin 2008 (chez Micro­soft) avec une ving­taine de pro­jets (bien com­men­tés ici). Les star­tups béné­fi­ciaient d’un coa­ching de la part des membres du jury, dont Mike But­cher de Tech­Crunch UK. Au Seed­Camp UK, le prin­cipe est de sélec­tion­ner trois star­tups en early stage qui pour­ront béné­fi­cier d’un inves­tis­se­ment de 50K€ pour une dilu­tion de 10% de leur capi­tal (une valo­ri­sa­tion un peu arbi­traire mais une dilu­tion raisonnable).
  • Le Tech­Tour est une “foire aux star­tups” Euro­péenne qui passe de temps en temps en France, la der­nière édition datant de novembre 2005. Avec une tren­taine de star­tups pas­sées au grill, triées sur les 150 can­di­dats ini­tiaux. Quand on regarde la liste 2005, on y trouve quelques unes qui ont fait leur trou depuis : Bizanga (main­te­nant établi dans la Sili­con Val­ley), Boonty, DXO, Exp­way, Idealx, Net­size, Per­ti­nence (acquis par Inter­cim en 2007), Spa­rus, Strea­mezzo, Total Immer­sion, Trace One et Varioptic.
  • Les prix divers comme le prix “lea­der de la ITech-Economie” de l’IE Club. Il doit y en avoir des paquets dans cette veine.
  • Le Grand Prix de Paris Inno­va­tion avec 8000€ à la clé et une place dans l’un des incu­ba­teurs de la Ville de Paris, et un élu pour six fina­listes. Une opé­ra­tion pas très visible pour l’instant, peut-être parce que trop ins­ti­tu­tion­nelle. Et on doit en trou­ver du même genre dans le reste de la France.
  • La confé­rence Red Her­ring ETRE qui a lieu en Europe en géné­ral et est pas­sée dans un for­mat réduit à Lyon en 2008. Elle est orga­ni­sée par Red Her­ring Events, une des acti­vi­tés de Red Her­ring sous la coupe d’Alex Serge Vieux qui était à la tête de Dasar à la fin des années 90. Il gérait notam­ment le Com­dex à Paris, devenu ensuite le “FIHT”, avant de mou­rir de sa belle mort au début des années 2000. J’ai eu vent des méthodes dou­teuses employées par l’organisation : d’un côté, des “invi­tés” par des canaux divers qui reçoivent des fac­tures de $3000 sans avoir rien demandé. Et de l’autre, des star­tups qui pré­sentent leur pro­jet, au même tarif, et qui se voient mal­me­nées incon­ve­na­ble­ment par les ani­ma­teurs - et non pas de manière bien­veillante - pen­dant leur pré­sen­ta­tion. Je n’y étais pas mais deux témoins dégou­tés m’ont raconté la scène !
  • Les pré­sen­ta­tions devant des clubs de busi­ness angels. Ce sont des pitches de 5 minutes + 5 minutes de ques­tions devant les membres d’associations de busi­ness angels avec envi­ron 20 per­sonnes pré­sentes (à Paris). Les par­ti­ci­pants sont membres d’un club, donc les pré­sen­ta­tions ne sont pas ouvertes à un public large, ni ne donnent lieu à une cou­ver­ture médiatique.

J’en oublie sûre­ment. A vous de m’aider à compléter !

Les points à améliorer

Ces dif­fé­rents événe­ments ont en com­mun quelques aspects qui méritent des amé­lio­ra­tions notables, sur­tout au regard de ce qui se pra­tique aux USA :

  • Sor­tir du Web 1.0 !  Tous ces événe­ments ont des sites web pous­sié­rieux repré­sen­tant l’état de l’art de 1997. Et en par­ti­cu­lier, ils pré­sentent très peu d’informations après l’événement : pas de liste des­crip­tive des star­tups pré­sentes, et sur­tout, pas de vidéos des pré­sen­ta­tions des star­tups. Résul­tat : elles tombent dans l’oubli et l’impact média­tique et au niveau des moteurs de recherche est faible. Les événe­ments amé­ri­cains comme Tech­Crunch ou Demo vivent long­temps après la réunion phy­sique, grâce à ces vidéos – sans comp­ter le live qui y est main­te­nant géné­ra­lisé. Comme les pré­sen­ta­tions de star­tups dans les grands événe­ments n’ont pas lieu en plé­nière, ils passent trop sou­vent à la trappe de la vidéo ! Peut-être une ques­tion de moyens, mais aussi de moti­va­tion. Pour­tant, les spon­sors inté­res­sés par l’enregistrement des ses­sions ne manquent pas (Vpod, Tivi­pro, etc). Et je ne parle pas de tech­niques modernes (et encore cou­teuses) comme les sys­tèmes de vote inter­ac­tif sur les présentations…
  • La visi­bi­lité don­née aux jeunes entre­pre­neurs. C’est un manque, comme aux USA. Un meilleur sour­cing des pro­jets dans les incu­ba­teurs des grandes écoles pour­rait amé­lio­rer la situa­tion. Les orga­ni­sa­teurs pour­raient com­men­cer par ouvrir leurs événe­ments aux élèves de l’enseignement supé­rieur avec par exemple un quota de places gra­tuites. His­toire de don­ner envie d’entreprendre !
  • La foca­li­sa­tion ! Les pré­sen­ta­tions des star­tups sont trop sou­vent la cerise sur le gâteau d’une confé­rence thé­ma­tique comme au Web3. La France a besoin d’un grand événe­ment type Demo pour rendre ses meilleures star­tups très visibles. Et pour une masse cri­tique de star­tups. Nous avons suf­fi­sam­ment d’entrepreneurs pour en trou­ver au moins une soixan­taine comme aux US.
  • La qua­lité de l’organisation. La logis­tique à la fran­çaise déçoit tou­jours un peu : un jour, c’est l’accès à Inter­net qui ne fonc­tionne pas bien pour les star­tups, un autre, c’est la scène qui n’est pas adap­tée ou le son qui défaille. Et les salles ne sont pas for­cé­ment confor­tables pour écou­ter lon­gue­ment des pré­sen­ta­tions à la chaine. Il y a aussi les tran­si­tions entre pré­sen­ta­tions, pas tou­jours bien ani­mées, ce qui aug­mente le coef­fi­cient d’endormissement de l’audience. La for­mule de Capi­tal IT semble la meilleure, avec une bonne inter­ac­tion avec un ani­ma­teur et avec la salle.
  • La qua­lité des inter­ve­nants. Ne nous cachons pas : la com­mu­ni­ca­tion est le talon d’Achille de la plu­part de nos entre­pre­neurs. Le cas clas­sique : des pré­sen­ta­tions trop concep­tuelles où l’on ne com­prend pas ce que fait le pro­duit. A force de vou­loir faire du mar­ke­ting à com­men­cer par mettre en avant les béné­fices, les pré­sen­ta­teurs en oublient la réponse à deux ques­tions bêtes: “ça fait quoi et pour qui” ? Et je passe sur ceux qui lisent leurs notes ou n’ont pas prévu que la liai­son Inter­net pour­rait être défaillante. Là encore, un bon point pour les orga­ni­sa­teurs qui coachent les star­tups pour leur com­mu­ni­ca­tion pen­dant le pro­ces­sus de sélec­tion (Capi­tal IT, Seed­Camp, LeWeb).
  • La qua­lité, la quan­tité et le com­por­te­ment de l’audience qui dira-t-on sont cor­ré­lés à celle des pré­sen­ta­tions. Une audience peu nom­breuse et peu atten­tive (Capi­tal IT). Les “vrais” inves­tis­seurs ne sont pas for­cé­ment là car ils pensent déjà tout connaitre du mar­ché. La méthode de Tech­Crunch a peut-être du bon : les pro­jets pré­sen­tés sont inédits (pas de cou­ver­ture presse ou blog), pous­sant les VCs à venir. Sinon, les VCs sont “nor­ma­le­ment” au cou­rant de l’existence des star­tups et les ont sou­vent déjà ren­con­trées si ils font bien leur tra­vail de veille. Consé­quence : on vient à ces confé­rences avant tout pour “réseau­ter”, et beau­coup moins pour s’instruire et décou­vrir des pro­jets. Il fau­drait pou­voir faire les trois et bien. Par­fois, il suf­fit du sym­bole de quelques per­sonnes de haut niveau dans l’audience pour drai­ner le reste et don­ner un côté un peu solen­nel aux pré­sen­ta­tions. Un peu comme dans les grandes entre­prises où la pré­sence est plus assi­due aux réunions lorsque les grands chefs y assistent ou y interviennent !
  • Le rôle des médias qui ne débordent pas d’enthousiasme pour cou­vrir les événe­ments. On a bien le plus sou­vent Les Echos, La Tri­bune et quelques web­zines (NetEco, etc). Mais cela ne sort pas d’un petit cercle de médias que l’on pour­rait qua­li­fier d’élitistes.

Bon, ce n’est pas for­cé­ment la déca­dence du titre accro­cheur de cette série d’articles, mais il y a fort à faire pour élever le niveau !

On notera une grosse dif­fé­rence avec les USA : les spon­sors de ces événe­ments sont très ins­ti­tu­tion­nels en France tan­dis qu’ils sont plu­tôt pri­vés aux USA. Mais cela ne semble pas avoir d’influence notable sur les écueuils évoqués ci-dessus.

Il serait aussi inté­res­sant d’analyser ce que deviennent toutes ces star­tups avec un peu de recul. Mais il ne faut pas trop en deman­der aux orga­ni­sa­teurs ! Je me pen­che­rai sur la ques­tion un de ces jours ! Sachant que l’on manque de bases de don­nées de star­tups en France, comme Crunch­Base aux USA. Oséo a bien une base des nom­breuses star­tups pas­sées dans ses filets mais elle n’est ouverte qu’aux inves­tis­seurs poten­tiels. C’est donc une source d’information fer­mée, ce qui est bien dom­mage. Voilà une oppor­tu­nité pour une orga­ni­sa­tion publique ou pas de chan­ger la donne dans la connais­sance des star­tups en France !

Quelques conseils

Je vais ter­mi­ner avec quelques recom­man­da­tions aux star­tu­pers inté­res­sés par ces “foires aux startups” :

  • Ne pas céder aux sirènes qui vous poussent à par­ti­ci­per à tous ces ras­sem­ble­ments par­tout pour obte­nir prix et visi­bi­lité. Concentrez-vous sur les événe­ments à un fort impact : soit média­tique, soit au niveau des prix, soit sur­tout au niveau de la mise en réseau qu’ils faci­litent. Et évitez de conqué­rir à plus de deux événe­ments dans l’année. Par contre, n’hésitez pas à écou­ter les pré­sen­ta­tions de vos concur­rents poten­tiels pour votre propre veille.
  • Uti­li­ser ces pré­sen­ta­tions comme un moyen de peau­fi­ner votre mar­ke­ting. Les pré­sen­ta­tions durent géné­ra­le­ment cinq minutes, ce qui consti­tue un excellent exer­cice de syn­thèse. Il doit don­ner envie d’aller plus loin et être très accro­cheur. Au même titre, il est bon de créer un lot de scripts pré­sen­tant la société en une phrase, en un para­graphe, en une demi-page et en une page. His­toire de s’adapter aux for­mats qui vous seront deman­dés selon les occa­sions. Et cinq minutes de pré­sen­ta­tion, c’est moins d’une page de texte ! Faites la même pré­pa­ra­tion et le même exer­cice en anglais. Et sur­tout, faites en sorte de bien décrire ce que fait votre pro­duit ou ser­vice, pour qui, et ensuite, avec quels béné­fices. Nombre de star­tups ne passent même pas ce simple test avec suc­cès mal­gré la pré­sé­lec­tion et le coaching !
  • Soyez affir­més dans votre pré­sen­ta­tion. Par­lez haut, fort et posé­ment. Faites inter­ve­nir l’ensemble des asso­ciés his­toire de mon­trer que votre équipes est sou­dée et com­plé­men­taire. Concluez en expli­quant pour­quoi vous êtes là : vous cher­chez tel niveau de finan­ce­ment pour inves­tir dans X ou Y (R&D, déve­lop­pe­ment com­mer­cial, inter­na­tio­nal, etc). Vous ren­con­tre­rez après votre pré­sen­ta­tion des inves­tis­seurs poten­tiels inté­res­sés par votre entre­prise. C’est alors que com­mence un acte de vente qui pren­dra peut-être plu­sieurs mois. La pre­mière impres­sion comp­tant, soyez pro­fes­sion­nels jusqu’au bout des ongles !
  • Créez des sup­ports de qua­lité. Vos sup­ports visuels doivent être lisibles de loin. Sur un lap­top, vous devez pou­voir lire les textes en vous met­tant à envi­ron 1,5 mètre du lap­top. Figno­lez votre pré­sen­ta­tion pour que la typo­gra­phie soit homo­gène, les fautes d’orthographe cor­ri­gées, les majus­cules res­pec­tées en début de “bul­let point”. Limi­tez les énumé­ra­tions à  3 ou 5 éléments. Copiez sur une clé USB votre pré­sen­ta­tion avec divers for­mats : Power­point (ou autre, sur 2003 comme 2007), PDF, autre. Vous pou­vez aussi pré­voir de dis­tri­buer des flyers décri­vant la société aux par­ti­ci­pants et/ou au jury.

  • Faites l’effort d’apprendre à pré­sen­ter votre société avec ou sans sup­ports visuels. Si vous pré­voyez une démons­tra­tion, pré­voyez tou­jours une solu­tion de rem­pla­ce­ment avec des copies d’écrans dans une présentation.

A vous main­te­nant de par­ta­ger quelques retours d’expérience !

Pro­chain épisode : je revien­drai sur quelques unes des star­tups pré­sentes à Tech­Crunch 50 et DemoFall.


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Publié le 27 septembre 2008 Post de Olivier Ezratty | France, Innovation, Internet, Logiciels, Loisirs numériques, Médias, Startups, Technologie | 4 commentaires

Les 4 commentaires sur “Grandeur et décadence des foires aux startups - 2” :

  • Merci Oli­vier pour cet article !

  • En effet merci Oli­vier. J’ai tou­jours été un peu scep­tique par rap­port à ces grandes messes pour une rai­son: il me semble que sauf rare excep­tion, (en tant qu’ancien inves­tis­seur), ça n’était pas le lieu idéal pour le “mat­ching”. Que veulent les entre­pre­neurs: du mar­ke­ting, du finan­ce­ment? J’ai ten­dance à pen­ser que c’est sur­tout du finan­ce­ment. Dans ca cas rien ne rem­pla­cera jamais le “one on one”. J’ai bien conscience qu’il y a une pres­sion à par­ti­ci­per, mais je reste pru­dent quant à l’impact…

  • Pour moi clai­re­ment LeWeb a pris le pas sur les autres en France. Pour­quoi ? pas seule­ment par le nombre de par­ti­ci­pants mais aussi par la diver­sité de l’audience (qui est passé en 4 ans de réunion de geeks blo­gueurs à une vraie conf). Les VCs sont de plus en plus nom­breux, le nombre de médias repré­sen­tés est impo­sant (300 jour­na­listes accré­di­tés l’année der­nière!), les grandes socié­tés sont aussi pré­sentes (genre Danone, L’Oréal,…). Le tout offrant à la fois une oppor­tu­nité de net­wor­king colos­sale, et une très forte visi­bi­lité pour les start-up lau­réates. Goo­jet me confir­mait l’autre jour avoir eu des retom­bées bien au delà de ce qu’ils avaient osé rêvés.

    Capital-IT a entamé un lent déclin mal­gré les efforts d’Emmanuel et de son équipe. Les VCs ne viennent que par “obli­ga­tion vis à vis du mar­ché” et res­tent 1 ou 2 heures entre deux rdv. A part 4 ou 5 jour­na­listes habi­tués que tu cites, per­sonne! Pour moi une start-up pourra y aller pour acqué­rir le label Best-IT (qui reste une réfé­rence) mais per­dra son temps sur le net­wor­king par rap­port à d’autres événements.

    Un Demo fran­çais serait une bonne for­mule, mais atten­tion le suc­cès de Démo c’est pas seule­ment les VC dans la salle, c’est sur­tout plein de jour­na­listes spé­cia­li­sés mais aussi grand public. Il faut un lieu attrac­tif, confor­table avec une tech­nique à la hau­teur (donc de gros moyens), des key spea­kers de niveau mon­dial,…=> cela res­sem­ble­rait à LeWeb en fait. ;-)

    PS : j’ai par­ti­cipé (ou spon­so­risé) aux 3 confé­rences et parle en connais­sance de cause. ;-)

  • [4] - Olivier Ezratty a écrit le 2 octobre 2008 :

    100% d’accord : par­ti­ci­per à un tel événe­ment est une com­po­sante clé d’un plan média pour une star­tup. D’où le besoin de ne pas se lou­per sur le mes­sage et la démo !

    Oui, LeWeb est devenu le pre­mier événe­ment géné­ra­liste en France, tou­te­fois foca­lisé sur le web, et pas sur d’autres mar­chés comme le logi­ciel ou le hard­ware où il y a aussi des star­tups inté­res­santes (et dont on risque d’entendre plus par­ler avec les déboires des boites web 2.0 qui s’annoncent).

    Mon sou­hait serait que LeWeb “théâ­tra­lise” et valo­rise un peu plus les pré­sen­ta­tions de star­tups dans l’agencement de son programme.

    Sinon, Capi­tal IT nous rap­pelle sur­tout que l’on ne peut plus rai­son­ner uni­que­ment dans le péri­mètre France pour ces mar­chés hightech !




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