Business Angels du logiciel

Publié le 23 octobre 2007 et mis à jour le 17 février 2008 - 3 commentaires -
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Lundi 22 octobre avait lieu l’événement de lan­ce­ment d’une ini­tia­tive fort inté­res­sante: la créa­tion d’une filière logiciels/internet de France Angels, l’association fran­çaise des busi­ness angels qui fédère de nom­breuses asso­cia­tions locales de busi­ness angels comme Paris Busi­ness Angels. Cela m’a per­mis de décou­vrir ce mou­ve­ment, son fonc­tion­ne­ment, ses forces et ses fai­blesses et cer­tains éléments d’articulation entre busi­ness angels et VC dans le finan­ce­ment des star­tups. Par­ta­geons cela! Avec en ita­liques, mes com­men­taires per­son­nels sur la syn­thèse que je fais des pro­pos des intervenants.

Logo France Angels

Jacques Col­lin (co-président de France Angels et VP de Paris Busi­ness Angels) a com­mencé par expli­quer pour­quoi il y avait un sens à créer une filière logi­ciel dans France Angels. Il y a d’abord des rai­sons liées à ce sec­teur d’activité :

  • La crois­sance écono­mique est de plus en plus por­tée par l’immatériel, comme en attes­tait le rap­port Levy-Jouyet de l’année der­nière. Même si au demeu­rant, ce n’est pas un rap­port excellent, trop orienté sur l’aspect médias et publi­cité du fait du par­cours de Mau­rice Levy chez Publi­cis.
  • L’enjeu écono­mique en emplois. L’édition de logi­ciels occupe 60000 emplois en France, mais le logi­ciel au sens large du terme occupe pro­ba­ble­ment plus de 300000 per­sonnes. Chaque entre­prise qui a pignon sur rue et sur le web devient éditeur de logi­ciels sans le savoir!
  • Les atouts de la France: il y a de bons déve­lop­peurs, des com­pé­tences poin­tues en mathé­ma­tiques, un tis­sus indus­triel solide et de grands acteurs mon­diaux (même si l’un d’entre eux vient de se faire absor­ber par un confrère alle­mand…). C’est un argu­ment tarte à la crème qui revient assez sou­vent et n’explique pas nos fai­blesses! A mon sens, le tis­sus indus­triel fran­çais tra­di­tion­nel avec ses grosses indus­tries de pro­duits com­pli­qués pro­duits en faible volume (aéro­spa­tial, nucléaire, arme­ment) consti­tue un obs­tacle à la créa­tion d’une indus­trie du logi­ciel. Thom­son, Sagem(Safran) et Alca­tel sont en train de se désen­ga­ger de toutes leurs acti­vi­tés grand public! Ceci montre que ce qui manque, c’est la capa­cité mar­ke­ting à déve­lop­per des mar­chés. Pas la capa­cité tech­no­lo­gique à créer des produits.
  • Les logi­ciels sont un puis­sant moteur d’innovation : la conver­gence numé­rique, la numé­ri­sa­tion des ser­vices, l’e-commerce, l’évolution de la vie des Inter­nautes consti­tuent autant d’opportunités mon­diales à saisir.

Et puis, il y a une rai­son struc­tu­relle : le besoin d’un réseau natio­nal sur le logi­ciel pour concen­trer l’expertise dans le domaine. Aujourd’hui, le logi­ciel repré­sente envi­ron 20% des pro­jets finan­cés par des BAs (Busi­ness Angels). Dans l’Internet, il y a bien du logi­ciel! Les socié­tés dites “Inter­net” font donc bien par­tie du lot.

De manière plus géné­rale, Jacques Col­lin notait que les BAs cherchent sur­tout un “revenu psy­cho­lo­gique” en plus d’un retour finan­cier. Mais atten­tion, ils ne font pas pour autant de la philantrophie.

Claude Rameau (Co-Président de France Angels) a ensuite uti­le­ment rap­pelé la défi­ni­tion d’un busi­ness angel: c’est une per­sonne phy­sique qui inves­tit dans une entre­prise inno­vante à fort poten­tiel de crois­sance et qui four­nit du temps gra­tuit avec des com­pé­tences, du rela­tion­nel, et un enthou­siasme mâtiné de sérénité.

Il iden­ti­fie trois seg­ments de BAs:

  • Les plus âgés, proches de / ou à la retraite. Aux­quels il agglo­mère les 45-60 ans qui veulent deve­nir BAs mais ne sont pas vrai­ment disponibles.
  • Les serial entre­pre­neurs, plus jeunes, et qui sont de plus en plus nombreux.
  • Les “family offices” qui regroupent et mutua­lisent les inté­rêts de grandes familles. Cou­rant aux US, appa­rait en France. Fédé­ra­tion fran­çaise créée en 2006.

Vu des BAs, il est dif­fi­cile de trou­ver les bons dos­siers sans avoir à en fil­trer des cen­taines et être sol­li­cité de toutes parts. D’où m’intérêt de mutua­li­ser leur recherche. France Angels et les asso­cia­tions de BAs apportent cette capa­cité d’accéder aux bons dos­siers, de les évaluer et de pro­cé­der à l’ingénierie de pro­po­si­tions d’investissements. De plus, l’approche en réseau pour la détec­tion comme pour la sélec­tion limite les risques qui sont déjà très élevés. Deux tiers des dos­siers sont élimi­nés en pre­mière phase d’évaluation (fina­le­ment, pas tant que ça…). Les dos­siers rete­nus sont pré­sen­tés en comi­tés de sélec­tion devant les busi­ness angels pré­sents. Ceux qui sont inté­res­sés se mani­festent ensuite, ils prennent connais­sance avec les entre­pre­neurs et les deals se font… ou pas.

On compte 51 réseaux de BAs en France, struc­tu­rés sur une base essen­tiel­le­ment géo­gra­phique. France Angels les fédère et fait à sont tour par­tie de l’European Busi­ness Angels Net­work (EBAN). On trouve deux types de struc­tures de Busi­ness Angels: d’un côté, des asso­cia­tions 1901 cou­vrant la phase de sélec­tion des dos­siers et de l’autre, des socié­tés finan­cières qui gèrent des fonds d’amorçage inves­tis par les BAs. France Angels sou­haite de plus regrou­per les plus gros BAs pour cou­vrir les dos­siers avec des finan­ce­ments indi­vi­duels de 200K€ à 500K€. His­toire de consti­tuer des sortes de fonds inter­mé­diaires entre les BAs et les VCs, ces der­niers cou­vrant plu­tôt les tranches 1-5m€ de finan­ce­ment, sachant qu’au delà de 10m€, il y a encore un autre trou en France dans le finan­ce­ment de l’innovation qui n’est géné­ra­le­ment pas à la por­tée des BAs.

En tout cas, la route est tra­cée pour la filière logi­cielle. France Angels cherche main­te­nant les res­pon­sables opé­ra­tion­nels de cette initiative!

Marc Jala­bert (Direc­teur de la Divi­sion Déve­lop­peurs Pla­te­formes et Eco­sys­tème de Micro­soft France) inter­ve­nait car Micro­soft France est par­te­naire de l’opération. Une de plus! Lui aussi expli­quait pour­quoi le logi­ciel est impor­tant. Micro­soft prêche natu­rel­le­ment pour le bien fondé de son métier. Et illustre le poten­tiel fran­çais par quelques opé­ra­tions récentes qui ont mis en valeur nos com­pa­triotes à l’échelle inter­na­tio­nale. Tout d’abord, avec Ima­gine Cup, le concours de déve­lop­pe­ment logi­ciel ouvert aux étudiants où la France a ramassé 4 prix sur 9 domaines en juillet 2007, devant la Chine et avec 12000 par­ti­ci­pants sur 100000 à l’échelle mon­diale. Avec la pro­chaine édition de la finale qui a lieu en France en juillet 2008. Sinon, avec le site Quick­Sil­ver Pre­mium déve­loppé en France sous Sil­ver­light et uti­li­sée par Steve Ball­mer lors de son key­note à la Confé­rence Web 2.0 O’Reilly la semaine der­nière aux USA.

Marc insiste au pas­sage sur l’importance de la qua­lité des déve­lop­peurs. Sinon c’est “gar­bage in, gar­bage out”. Un bon déve­lop­peur pro­duit plus qu’une dou­zaine de mau­vais déve­lop­peurs! ll remarque comme d’autres qu’il n’y a pas assez de capi­tal d’amorçage. Aux USA, les inves­tis­se­ments pro­ve­nant des BA ($25,5B en 2006) seraient supé­rieurs à ceux qui pro­viennent des VCs.  On en est loin en France!

Exer­cice des plus rares chez Micro­soft : Marc a fait son inter­ven­tion de près d’une demi-heure sans Power­point. Une bonne mise en appli­ca­tion du prin­cipe ini­tia­lisé récem­ment à DEMO Ger­many où les pitchs des star­tups étaient impo­sés sans slides. Bravo!

Table ronde

Nous avons eu droit à cet exer­cice de style habi­tuel de toute mani­fes­ta­tion, qui met un peu de sel et créé de la dyna­mique. Ani­mée par la jour­na­liste Agathe Zil­ber, ex rédac-chef de Capi­tal­Fi­nance, la table ronde regrou­pait San­dra Legrand, CEO de Canal CE, une société pro­po­sant des offres de ser­vices pour les Comi­tés d’Entreprises, Oli­vier Bockel, ex diri­geant et cofon­da­teur de Repu­blic Alley, Phi­lippe Colom­bel, de Par­tech, Jean-Louis Mis­sika, ici, comme Busi­ness Angels, par ailleurs conseil indé­pen­dant, auteur spé­cia­liste des médias, et égale­ment ensei­gnant à Science Po, Marc Rou­gier, fon­da­teur avec Cédric Giorgi de Goo­jet qui four­nit un envi­ron­ne­ment de “gad­gets” logi­ciels pour mobiles, et enfin, Pierre Kociusko-Morizet de Price Minis­ter, que l’on ne pré­sente plus.

Quelques constats par­ta­gés ou pas selon :

  • La France a besoin d’exister dans le logi­ciel. Et on a besoin de Busi­ness Angels qui ont le sens de l’intérêt géné­ral, et pas seule­ment l’appât du gain. S’il n’y a que l’appât du gain, c’est une condi­tion d’échec cer­taine du pro­jet (pour Jean-Louis Missika).
  • Ce qui compte dans les star­tups, ce sont avant tout les qua­li­tés humaines. Le busi­ness plan va chan­ger plu­sieurs fois, donc il importe mar­gi­na­le­ment. On entend cela par­tout, mais bon, pré­pa­rez tout de même un busi­ness plan bien construit. Il ser­vira notam­ment à jau­ger la qua­lité de l’équipe…
  • Atten­tion : 90% des Busi­ness Angels ne servent à rien et peuvent même faire perdre du temps aux entre­pre­neurs. Notam­ment les BAs retrai­tés qui n’ont visi­ble­ment pas la cote! C’est par­ti­cu­liè­re­ment vrai des BAs ancien diri­geants d’entreprises ou cadres supé­rieurs qui n’ont pas perdu leurs anciens réflexes de diri­geants. La pos­ture de coa­ching est dif­fé­rente de celle de dirigeant!
  • L’argent est une com­mo­dité, pas les com­pé­tences (selon Phi­lippe Colom­bel). Pour Jean-Louis Mis­sika, l’argent est tou­jours dif­fi­cile à trou­ver. Une quin­zaine sur les 500 VCs iden­ti­fiés en Europe font de l’amorçage d’après Phi­lippe Colom­bel! Et encore, les fonds asso­ciés à l’amorçage comme iSource ou Man­grove n’en font pas tant que cela (pour Jean-Louis Mis­sika)! J’avais noté dans ce docu­ment sur l’aide aux entre­pre­neurs que le finan­ce­ment de l’amorçage en France était très sou­vent d’origine publique et très mor­celé. Mais le dégrè­ve­ment d’ISF à hau­teur de 75% du finan­ce­ment d’entreprises inno­vantes, et pla­fonné à 50K€ intro­duit dans le paquet fis­cal de juillet 2007 va sûre­ment créer un appel d’air de busi­ness angels prêts à finan­cer des pro­jets! Encore faut-il régu­ler cet appel d’air et les asso­cia­tions de busi­ness angels peuvent y contribuer.
  • Le temps de réponse des BAs dans France Angels est trop long, voir plus long qu’avec les VCs. Pour l’association, c’est un peu nor­mal car l’activité asso­cia­tive est basée sur du béné­vo­lat. Donc, il vaut mieux avoir ses entrées.
  • Atten­tion au mix produits/services dans le logi­ciel (selon Jean-Louis Missika): les dif­fi­cul­tés d’une star­tups poussent leurs inves­tis­seurs à géné­rer du revenu à court terme et donc à orien­ter l’activité vers le ser­vice. Or celui-ci n’a qu’un impact local alors que pour finan­cer des pro­jets mon­diaux, il faut avoir une approche pro­duits. Il y a trop de belles idées en friche faute de prise de risque suf­fi­sante par les VCs.
  • On peut regrou­per un grand nombre de busi­ness angels pour un pre­mier tour d’amorçage, et sans VCs. C’est l’expérience de Pierre Kociusko-Morizet qui avait réuni 60 BAs en 2001 pour lan­cer Price Minis­ter et levé 3 m€ d’amorçage! Et ensuite 12 m€ avec 2 VCs en 2005, en fai­sant sor­tir juste 4 des BAs du départ. Cet impres­sio­nant appel à des BAs a été faci­lité par l’activation des réseaux très com­plé­men­taires des cinq fon­da­teurs de la société.
  • Il faut se battre pour négo­cier la valo­ri­sa­tion pen­dant les phases de levées de fonds, que ce soit avec des BAs ou des VCs. En phase d’amorçage, de nom­breux VCs ont ten­dance à étran­gler les entre­pre­neurs en impo­sant des valo­ri­sa­tions trop faibles qui ferment ensuite la porte pour ouvrir le capi­tal à d’autres et lever des sommes signi­fi­ca­tives. En effet, avec une faible valo­ri­sa­tion au moment d’un finan­ce­ment d’amorçage, un entre­pre­neur évitera d’intégrer des Busi­ness Angel dans ce tour pour éviter une trop forte dilu­tion. Et dans un second tour, il sera dif­fi­cile de lever des fonds avec une dilu­tion rai­son­nable (selon Jean-Louis Mis­sika). Tout ceci est contra­dic­toire avec le fait que les VC cherchent des BA en phase d’amorçage (selon Phi­lippe Colombel).
  • Le nombre de BAs en France serait sous estimé à cause de la fis­ca­lité ambiante. Je n’en suis pas bien sûr. On n’a pas eu assez de “sor­ties” en France comme dans la Sili­con Val­ley. Cela a limité la géné­ra­tion de BAs ori­gi­naires de l’industrie des TICs.

Et vous, avez-vous des trucs pour atti­rer de bons busi­ness angels dans un pro­jet, à part acti­ver son réseau personnel?

Publié le 23 octobre 2007 et mis à jour le 17 février 2008 Post de | Associations, Economie, Entrepreneuriat, France, Innovation, Internet, Logiciels, Startups | 7328 lectures

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Les 3 commentaires et tweets sur “Business Angels du logiciel” :

  • [1] - Louis van Proosdij a écrit le 3 novembre 2007 :

    Excellent compte-rendu, as usual!
    Oli­vier, as-tu entendu par­ler de Fund­Camp sur lequel on tra­vaille (à l’initiative de Fré­dé­ric Baud) ? Ça t’intéresserait peut-être d’y par­ti­ci­per ?
    http://www.fundcamp.org/

  • [2] - Olivier Ezratty a écrit le 3 novembre 2007 :

    Oui oui, Fré­dé­ric m’en a parlé. Il fau­drait que j’aille y faire un tour lors de la pro­chaine édition. Ne serait-ce que pour le citer dans mon doc sur l’aide aux entrepreneurs!

  • [3] - Fred a écrit le 6 janvier 2008 :

    seloger.com
    Posté par selo­ger le 12.12.2007
    Inter­view Boursorama

    Jean-Fabrice Mathieu, Direc­teur géné­ral de SeLoger.com
    le 21/11/2007 13:57:00

    (Boursorama.com) Votre chiffre d’affaires sur les 9 pre­miers mois est en hausse de 58,4%. Com­ment l’expliquez-vous ?

    L’ensemble des acti­vi­tés connaît une pro­gres­sion sou­te­nue. Pour le coeur de métier, les petites annonces et média (79% du chiffre d’affaires), la crois­sance s’établit à 48,3%. Il faut noter le carac­tère par­ti­cu­liè­re­ment dyna­mique des ventes en pro­vince avec une pro­gres­sion de 66,9%.

    L’activité de publi­cité en ligne et par­te­na­riats (5,4% du chiffre d’affaires) a connu une hausse de 93,6%. Cette per­for­mance tra­duit la capa­cité du groupe à moné­ti­ser son audience par­ti­cu­liè­re­ment ciblée.

    Enfin, l’activité ser­vices (21% du chiffre d’affaires) a bondi de 112,5%. Elle béné­fi­cie notam­ment de l’intégration de Péri­clès, logi­ciel de ges­tion lea­der en France pour les agents immobiliers.

    Vous obser­vez une forte aug­men­ta­tion des petites annonces. Ceci signifie-t-il que la par­tie est plus facile entre par­ti­cu­liers ? Pourquoi ?

    Peu d’études per­mettent de chif­frer pré­ci­sé­ment la part des tran­sac­tions de par­ti­cu­liers à par­ti­cu­liers. Mais il est clair que le mar­ché tend à se pro­fes­sion­na­li­ser et la part des par­ti­cu­liers se réduit.

    Les pro­cé­dures de vente sont de plus en plus com­plexes : chaque pro­prié­taire doit pro­duire pour la vente de son bien un cer­ti­fi­cat loi Car­rez, un cer­ti­fi­cat sur la pré­sence de plomb, d’amiante, de ter­mites, de per­for­mance énergétique .

    Depuis le 1er Novembre, il doit égale­ment pro­duire un cer­ti­fi­cat de diag­nos­tic gaz. Pour les propriétaires-vendeurs, la ten­ta­tion devient grande de faire appel à un professionnel.

    Par ailleurs, plus le mar­ché se tend, moins il est facile de trou­ver des acqué­reurs par soi-même et plus les pro­prié­taires sont inci­tés à uti­li­ser les ser­vices d’un pro­fes­sion­nel pour vendre leur bien.

    Vous envi­sa­gez d’augmenter votre taux de pénétration ?

    Notre taux de péné­tra­tion est en aug­men­ta­tion constante. Fin 2006, nous avons atteint un taux de 36%, en avance sur notre plan de marche puisque nous ne pré­voyions que 35%.

    Nous nous sommes enga­gés vis-à-vis du mar­ché bour­sier à atteindre un taux de péné­tra­tion de 45% à fin 2007. Nous étions à 44% fin sep­tembre. Nous devrions cette année encore dépas­ser notre objectif .

    Nous res­tons donc confor­tables par rap­port à l’objectif de 70% de péné­tra­tion à fin 2009.

    Com­ment envisagez-vous de faire ?

    La conquête de clients en pro­vince repré­sente envi­ron 80% de notre conquête totale. La pro­vince consti­tue notre prin­ci­pal moteur de croissance.

    Nous visons un taux de péné­tra­tion de 70% fin 2009 . Compte tenu de notre rythme de crois­sance actuel, nous sommes en bonne voie pour atteindre cet objectif.

    Quel regard por­tez vous sur l’arrivée du modèle low cost avec les sites comme efficity.com et
    site-leader-immobilier.fr ?

    Depuis son ori­gine, SeLoger.com s’est déve­loppé dans un envi­ron­ne­ment concur­ren­tiel. Régu­liè­re­ment, des acteurs choi­sissent d’adopter un posi­tion­ne­ment low cost. Mais les agents immo­bi­liers et les inter­nautes sont d’abord à la recherche d’efficacité.

    Regrou­pant près de 900 000 petites annonces en France, le site SeLoger.com est de loin le numéro un sur Inter­net. Les inter­nautes ne s’y trompent pas : le tra­fic du groupe s’établit à plus de 1,2 mil­lion de visi­teurs uniques par mois.

    Que pensez-vous de la volonté de Nico­las Sar­kozy de faire de la France “un pays de pro­prié­taires” ? Ce sou­hait vous semble-t-il concrétisable ?

    La France connaît un taux de pro­prié­taire de 58%, ce qui est faible par rap­port à la plu­part des autres pays d’Europe. Il est logique de vou­loir faire pro­gres­ser ce chiffre. Dans la pers­pec­tive de retraites moins assu­rées que par le passé, il est logique de pré­fé­rer avoir son propre toit.

    Les mesures fis­cales qui viennent d’être adop­tées pour l’achat de la rési­dence prin­ci­pale devraient avoir un effet favo­rable même dans le contexte actuel de hausse des taux d’intérêt.

    On assiste à une baisse des prix de 0,9% sur le mar­ché. Peut-on dire que les prix de l’immobilier ont cessé de flam­ber ? Pensez-vous que cette ten­dance à la baisse a voca­tion à s’inscrire dans le temps ?

    Il semble que le mar­ché de l’immobilier ait trouvé un cer­tain équi­libre entre les ache­teurs et les ven­deurs puisque les prix tendent à se sta­bi­li­ser. Il existe tou­jours des dis­pa­ri­tés entre la plu­part des agglo­mé­ra­tions de pro­vince et Paris où la ten­dance semble tou­jours être haussière.

    Il n’est pas cer­tain que le mar­ché de l’immobilier soit à un tour­nant. Pour l’instant, le mar­ché semble plu­tôt avoir atteint un plateau.

    Com­ment réagissez-vous face à cette baisse des prix sur le marché ?

    La baisse des prix du mar­ché n’a pas d’incidence directe pour SeLoger.com. En revanche, si les condi­tions de mar­ché se dur­cissent, les agents immo­bi­liers auront ten­dance à pri­vi­lé­gier les sup­ports de com­mu­ni­ca­tion offrant le meilleur rap­port coût/efficacité.

    Ils devraient donc accé­lé­rer le trans­fert de leurs dépenses mar­ke­ting des jour­naux vers l’Internet. Cette ten­dance est très posi­tive pour SeLoger.com.

    Peut-on craindre une conta­gion de la crise des sub­primes en France ?

    Les banques fran­çaises appliquent des règles d’octroie des cré­dits très strictes par rap­port à celles de cer­tains orga­nismes aux Etats-Unis. Le niveau de sol­va­bi­lité des accé­dants à la pro­priété en France est donc élevé. De plus, la plus grande part des cré­dits immo­bi­liers accor­dés en France est à taux fixe.

    Dans ces condi­tions, on peut consi­dé­rer que le com­par­ti­ment d’emprunteurs sub­prime n’existe pas en France. Si une conta­gion devait avoir lieu, ce serait au niveau macro-économique, l’économie euro­péenne ayant des dépen­dances non-négligeables avec l’économie américaine.

    Le cabi­net Pre­cepta (groupe Xerfi) indique que les condi­tions sont réunies pour que le mar­ché de l’immobilier en France subisse “un ajus­te­ment for­te­ment bais­sier”, et que les prix reculent “de 18% d’ici à 2010”. Qu’en pen­sez vous ?

    C’est une pers­pec­tive très sombre, pro­ba­ble­ment pes­si­miste. Il ne faut pas oublier que le mar­ché de l’immobilier reste sou­tenu par des fac­teurs démo­gra­phiques forts et de long terme : allon­ge­ment de la durée de la vie, nais­sances, aug­men­ta­tion du nombre de foyers mono parentaux…

    Pro­pos recueillis par Imen




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