Les nombreux prismes du 13 novembre – 3

Publié le 4 décembre 2015 et mis à jour le 27 avril 2016 - 3 commentaires -
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Après avoir décrit quelques origines historiques de Daech et du 13 novembre, puis le rôle du climat, de l’eau et des énergies fossiles dans les conflits au Moyen-Orient, je vais traiter du rôle des sciences et de l’éducation dans l’Islam et comment ils pourraient contribuer à pacifier la région.

Je terminerai avec la réaction émotionnelle générée en France et dans le monde par les attentats et évoquer la loi du mort kilométrique qui peut avoir tendance à troubler nos jugements et politiques.

Sciences et éducation

Vous aurez peut-être l’impression que je m’éloigne un peu du sujet d’origine avec ce qui va suivre, mais vous verrez à la fin que ce ne l’est pas tant que cela.

L’histoire occidentale a quelque peu oublié l’âge d’or de l’Islam étalé entre les califats abbassides et les débuts de l’empire Ottoman entre les 8ième et 13ième siècles. Dans les sciences, de nombreuses contributions du monde islamique ont touché l’astronomie, les mathématiques, la chimie et la médecine.

Les savants de cette époque s’inspiraient de plusieurs influences : certaines issues d’Asie et notamment de Chine, et d’autres, de l’antiquité et notamment des philosophes grecs et de scientifiques chrétiens (source). Les califats omeyades ont même pratiqué de l’innovation ouverte avant l’heure en attirant chez eux des scientifiques, philosophes et artistes d’origines diverses.

Le taux d’alphabétisation dans le califat abbasside était même l’un des plus élevés du monde, atteignant 20%. La langue arabe a abondamment influencé les autres langues, dont le français qui n’était d’ailleurs pas véritablement unifié au Moyen-Age.

HeritageTimeLine

Et puis ce fut un lent déclin, à partir du 16ième siècle, tout du moins relativement aux progrès scientifiques et technologiques accomplis en Europe et qui culminèrent avec les révolutions industrielles du 19ième siècle.

Parmi les origines de ce déclin qui sont encore débattues par les historiens, on peut citer :

  • La relation à la mer des européens, des anglais aux vénitiens et génois en passant par les hollandais, les espagnols et les portugais, et la conquête des Amériques qui leur a donné accès à de nouvelles richesses.
  • Un climat se réchauffant en Europe au Moyen-Age, générant de meilleures récoltes au Nord et permettant un plus grand développement démographique.
  • L’émergence du protestantisme qui a eu une influence sur le développement du commerce de le l’industrie en Europe du Nord.
  • Le lien entre le protestantisme et la naissance du capitalisme, notamment par la création du prêt permettant le financement des investissements industriels et aussi de la marine marchande. Alors que le prêt avec taux d’intérêt n’est pas permis par le Coran. Le prêt empêchait donc l’investissement dans des outils de production automatisant les processus de fabrication. A contrario, le capital risque qui est une forme de copropriété semble plus compatible avec le Coran. Mais il n’était pas courant aux débuts du capitalisme en Europe et aux USA.
  • En enfin, le lien avec le colonialisme européen, avide de matières premières et de richesses. Ces mêmes matières premières auraient pu être exploitées par l’Empire Ottoman, mais il n’avait pas l’outil industriel pour ce faire.

Il faudrait aussi relire The Wealth and Poverty of Nations: Why Some Are So Rich and Some So Poor qui retrace l’histoire des civilisations et du développement économique.

Une autre raison mérite d’être étudiée de près car elle est encore d’actualité : le retard mis par l’Empire Ottoman à adopter une invention critique pour la diffusion du savoir : l’imprimerie. Il est bien documenté dans Printing banned in Islam et On the late adoption of the printing press in the Ottoman Empire. Ils rappellent que l’imprimerie inventée en Allemagne par Guttenberg en 1439 fut importée dans l’empire Ottoman par les juifs séfarades qui provenaient d’Espagne après leur expulsion en 1492, et notamment à Salonique en 1527. Ils furent pendant trois siècles les seuls à exercer le métier d’imprimeur (avec quelques autres imprimeurs chrétiens), mais de manière marginale et pour leurs propres besoins, notamment l’impression de livres en hébreu et en ladino, à commencer par les textes religieux de la Bible et du Talmud.

Au 18ième siècle (1727, source), la première imprimerie ottomane voit le jour mais ne produit que 142 ouvrages en un siècle, essentiellement des livres religieux. Cette lenteur dans l’adoption de l’imprimerie s’expliquerait par la résistance des scribes aux imprimeries, à l’instar de celle des luddites anglais et des canuts lyonnais qui luttèrent contre l’arrivée des machines à tisser aux débuts du 19 ième siècle. Techniquement parlant, l’impression de livres en arabes était aussi plus difficile à gérer qu’avec les alphabets romains.

Le Centre de Recherche Islamique du Roi Faycal rappelle que le Prophète faisait injonction aux musulmans de lire et d’apprendre. C’était avant 632, bien avant l’invention de l’imprimerie, à une époque où, partout dans le monde, la lecture n’était pratiquée que chez les élites religieuses et politiques. La transmission du savoir était essentiellement orale. En tout cas, c’est un bon point de départ !

Retour à notre ère : qu’en est-il de l’accès au savoir dans les pays arabes et/ou musulmans ? Il existe peu d’indicateurs comparatifs. J’en ai trouvé un : dans l’ensemble des pays arabes et en 2011, 18 000 nouveaux livres ont été publiés, dont 2 700 issus de traductions (source). Couvrant une population de 360 millions d’habitants, ce volume est de l’ordre de grandeur de la publication de livres en Roumanie (21 millions d’habitants) ou de l’Ukraine (45 millions). En Israël (7 millions d’habitants), environ 7500 nouveaux livres sont publiés chaque année en hébreu (source) sachant que le pays est gros consommateur d’ouvrages écrits en langues européennes du fait de l’origine d’une bonne part de ses habitants.

Ces différences ne s’expliquent pas seulement par un taux d’alphabétisation plus faible dans les pays arabes vis à vis de l’Europe (<80% vs >98%), sachant que c’est l’Afrique qui est le continent où l’alphabétisme est le moins développé dans le monde.

Il faudrait comparer ces données avec d’autres pays émergents. Au Brésil sont publiés  plus de 20000 livres par an pour une population de 206 millions d’habitants. Cela double donc le ratio de livres/habitants alors que le PIB par habitant y est plus faible ($11K vs $14K). Il en va de même avec les pays musulmans non arabes comme l’Iran, la Malaisie, l’Indonésie et la Turquie, où la publication de livres est plus intense (cf les données ci-dessous). Reste le Pakistan qui est en-dessous du niveau des pays arabes ainsi que de nombreux pays africains, mais dont le PIB par habitant est beaucoup plus faible (sources : Wikipedia et World Bank).

Livres vs GDP

Qu’en est-il de la variation de cet indicateur dans les principaux pays arabes ? Le pays qui publie le plus est l’Arabie Saoudite, probablement du fait de leur rôle important dans les publications religieuses de référence, suivi de la Tunisie, ce qui n’étonne pas au vu de sa tradition laïque et de ses efforts dans l’enseignement mixte depuis son indépendance. L’Algérie est au niveau du Pakistan. En queue de peloton, la Libye avec seulement 26 livres de publiés. Les données datent de 1996 sauf pour la Syrie (2004), donc bien avant que l’Internet joue un rôle dans la propagation du savoir. Il faudrait idéalement compléter cet indicateur par la consommation de livres, notamment issus de l’étranger. Je n’ai pas réussi à mettre la main sur ce genre d’information.

Tout ceci illustre le défi concernant l’accès à la culture et aux sciences dans les pays émergents en général, et dans les arabes en particulier. L’accès à Internet qui est développé un peu partout compense probablement ce décalage dans l’accès au savoir mais dans des proportions difficiles à évaluer. Le temps passé à se cultiver “à l’ancienne” sur Internet est assez faible et dans toutes les régions du monde.

Qui plus est, certains auteurs s’expriment au risque de perdre leur liberté voire leur vie, notamment en Arabie Saoudite. A ce sujet, voir “The Great Silencing: Intolerance and Censorship in the Arab World” du Brookings Institute, datant de 2009. Au moins, il semblerait que cette censure ne porte pas sur les livres scientifiques. C’est déjà ça de gagné !

La majorité des bibliothèques publiques d’Arabie Saoudite est dédiée aux études de l’Islam. Elles ne risquent pas de couvrir les religions du monde car aucune autre pratique religieuse que l’Islam n’est tolérée dans le pays. Ils ont tout de même une bibliothèque numérique. Consacrée aux sciences sociales : histoire, droit, religions, économie et psychologie, elle ne comporterait que quelques milliers de textes historiques. La grande King Abdulaziz Public Library (ci-dessous) rassemble quand à elle 8300 ouvrages historiques. Heureusement, il existe cependant des bibliothèques universitaires plus fournies, totalisant quelques centaines de milliers d’ouvrages dans différents domaines (cf cet inventaire un peu ancien).

King Abdulaziz Public Library

A titre de comparaison, la bibliothèque du Vatican comprend 1,6 millions de livres antiques et modernes, celle du Congrès des USA rassemble plus de 32 millions de livres et la BNF, plus de 20 millions. Heureusement, l’Egypte rattrape le coup avec la nouvelle bibliothèque d’Alexandrie, inaugurée en 2002 et qui est dimensionnée pour accueillir 8 millions d’ouvrages.

En pratique, les monarchies pétrolières financent en priorité la recherche sur l’Islam. Au-delà de la construction de mosquées et autres écoles coraniques, l’Arabie Saoudite et le Qatar financent aussi des centres d’études islamiques et pas n’importe où : à l’Université de Cambridge ou à l’Université de Harvard (via le prince Saoudien Alwaleed Bin Talal). La Fondation du Roi Faycal finance et récompense des projets avec comme thématiques prioritaires, dans l’ordre : le service à l’Islam, les études islamiques, la langue et la littérature arabes, la santé et les sciences. Ouf, quand même ! Mais l’ordre en dit beaucoup sur la place des sciences  ! Elle est bien trop souvent subordonnée à la religion dans les états musulmans non séculiers. Comme c’était le cas pour l’église catholique aux débuts de la Renaissance avec les procès de Giordano Bruno (entre 1592 et 1600) et de Galilée (1633) par l’église de Rome qui marquent le début d’une longue période de défiance mutuelle entre religions et sciences, bien documentée dans “Religion et sécularisation, science et religion” du sociologue des religions Jean-Louis Schlegel.

Cette défiance continue aujourd’hui avec les débats enflammés entre évolutionnistes et créationnistes qui ont court, en particulier chez les chrétiens fondamentalistes aux USA mais que l’on retrouve aussi du côté de l’Islam. Pour ce dernier, vous en avez des exemples ici et , où l’on confond allègrement mensonge et éventuelle erreur scientifique et où la tonalité du propos est bien violente, frisant la dénonciation d’un complot.

L’américain Sean B. Carroll démonte ces visions anti-évolutionnistes quelle qu’en soit leur origine dans  “The making of the fittest” qui s’appuie sur les recherches les plus récentes, s’appuyant notamment sur le séquençage de l’ADN de nombreuses espèces vivantes. En plus trash, on notera les propos du singulariste Ray Kurzweil selon qui, dans “The Age of Spiritual Machines” écrit en 1999, si Dieu existe, il est infinitésimalement intelligent car très lent, du fait des milliards d’année qui ont été nécessaires pour faire émerger la vie et l’homme sur terre. Par contre, ce serait un physicien hors pair qui aurait conçu avec précision toutes les grandes constantes de la nature (vitesse de la lumière, forces gravitationnelles, etc) qui régissent l’existence de la matière et de l’univers !

D’une manière plus générale, le ressentiment historique des pays arabes vis à vis de l’occident qui a démarré aux alentours de l’invasion de l’Egypte par Napoléon s’est accompagné d’une méfiance vis à vis des sciences et des technologies occidentales. Pour des raisons économiques, au 20ième siècle, l’investissement dans les sciences et technologiques a été faible : soit que le niveau de développement économique était trop bas, soit qu’il était artificiellement élevé grâce à la rente des énergies fossiles.

On saluera au passage les propos et travaux de l’astrophysicien Nidhal Guessoum qui ambitionne de réconcilier Islam et sciences. Cf son interview dans “L’Islam, l’évolution, l’homme et l’univers” parue en 2010, son très bon débat avec un Imam dans “Le Coran et la théorie de Darwin” et son livre “Islam et science : Comment concilier le Coran et la science moderne” paru en 2013. Même si valider la compréhension du monde et des sciences qui évolue sans cesse en s’appuyant systématiquement sur l’interprétation de textes écrits entre le 9ième siècle avant JC et le 7ième siècle peut laisser songeur !

J’en viens au point clé : le développement économique et démocratique des pays musulmans passe et passera par l’éducation et les sciences. Ce sont les états musulmans les plus séculaires – séparant la chose publique et la chose religieuse – qui ont le plus investi dans l’enseignement. Manque de bol, il s’agissait aussi de dictatures !

L’impact des politiques d’éducation est d’ailleurs significatif dans la résilience politique des pays arabes au fondamentalisme. La Tunisie est le pays qui a le mieux résisté à l’islamisme djihadiste parmi ceux qui ont connu une révolution arabe en 2011. Et c’est le pays où l’effort dans l’éducation est des meilleurs, notamment pour les femmes et dans l’enseignement supérieur.

L’Irak d’avant le milieu des années 1980 avait un très bon niveau d’éducation. La guerre avec l’Iran et les deux guerres du Golfe ont détourné les ressources de l’Etat vers l’armée et détruit progressivement l’acquis d’un régime politique au départ plutôt laïc et progressiste. En 20 ans, la part de l’éducation dans le budget de l’état est passée de 20% à 8%. Cela n’explique pas le foutoir laissé par les américains après 2003, mais est un élément de contexte de plus. L’enseignement fonctionnait relativement bien en Syrie avant la guerre avec 8 millions d’élèves dont 2,5 millions dans le supérieur pour une population de 22 millions d’habitants. Il a quasiment disparu dans la partie du pays contrôlée par Daech. Le bon niveau d’éducation n’a ici pas suffit à protéger le pays. Mais la vulnérabilité ne s’est pas traduite par une poussée des fondamentalistes aux élections puisqu’il n’y a pas eu d’élections !

Dans les pays qui vivent essentiellement des énergies fossiles, les travailleurs sont étrangers qu’il s’agisse des quasi-esclaves du bas de l’échelle issus de l’Asie du Sud-Est ou des cadres occidentaux en haut de l’échelle. Les classes dirigeantes sont propriétaires du pays et y jouent le rôle de rentiers, quand ce n’est pas la corruption qui règne.

La situation est aussi très contrastée d’un pays à l’autre sur l’effort réalisé dans les domaines scientifiques. Dans le schéma suivant exploitant d’autres données issues de la Banque Mondiale sur l’année 2011, j’ai croisé un indicateur du développement scientifique bien renseigné sur la plupart des pays, à savoir le nombre de publications scientifiques et techniques par million d’habitants et le pourcentage du PIB issu des énergies fossiles. On constate l’écart entre pays occidentaux et les autres. Dans le meilleur des cas, il est de 1 à 8. Mais au sein des autres pays ici étudiés, la variance est tout aussi importante, voisine de celle que nous avons vue au sujet de la publication de livres.

Fossil energy vs scientific development

Les pays non occidentaux de ce panel qui sont les plus avancés sont l’Iran et la Turquie, ce qui compte-tenu de la taille de leur population est plutôt encourageant. A contrario, on constate que les pays en situation de conflit, l’Irak, la Syrie et la Libye sont bien mal en point sachant que les statistiques ci-dessus correspondent à la période précédant les révolutions arabes de 2011. De nombreux pays dont la richesse dépend des énergies fossiles accordent peu d’importance aux sciences et technologies. Dans la plupart des cas, ils ne renseignent même pas le % de budgets publics alloués à la R&D dans les indicateurs mondiaux.

D’ailleurs, les trois prix Nobel scientifiques attribués à des musulmans proviennent de pays dont l’économie ne dépend pas significativement des énergies fossiles : l’Egypte, la Turquie et le Pakistan. C’est un signe intéressant.

L’Iran, qui a un niveau d’éducation plutôt élevé, a réagit à cette “injustice” en créant le grand prix du Prophète, histoire d’éviter de dépendre de l’occident (“Great Prophet World prize”). Seulement voilà, ce prix qui a lieu tous les deux ans n’a récompensé que des artistes ayant créé des films et œuvres diverses autour de l’islam (en 2014). Il y a encore du taf pour associer religion et sciences ! On peut surtout saluer les Takreem Awards d’origine libanaise et privée qui récompensent des scientifiques arabes. La plupart des élus l’ont cependant été pour des travaux réalisés en occident.

Le journal “Jeune Afrique” se lamente à ce sujet de la trop faible importance donnée aux sciences dans le monde arabe, en 2014 : “Amin Kassis, le professeur de Harvard lauréat du Takreem sciences en 2013, dresse un constat désabusé : “Aujourd’hui, le monde arabe ne cumule que 1 400 brevets, 1 800 fois moins que les 2 568 000 brevets américains ! En novembre, des États du Golfe ont acheté pour 100 milliards de dollars (73,8 milliards d’euros) d’avions de ligne. Quel dirigeant arabe aurait l’idée d’investir ne serait-ce qu’un dixième de cette somme dans notre développement scientifique et technologique ? Alors seulement, au lieu d’en être de simples consommateurs, les Arabes pourraient redevenir exportateurs de sciences et de technologies.”

C’est une véritable catastrophe sur le long terme. Ces pays ne préparent pas assez le futur. Le monde arabe dans son ensemble doit aussi faire sa révolution culturelle : augmenter le niveau d’éducation, de la recherche scientifique, de l’innovation et de l’entrepreneuriat, et notamment de l’entrepreneuriat féminin.

Il faudrait idéalement accélérer ces progrès avant une éventuelle transition démocratique, comme ce fut le cas pour la Tunisie. Menée dans l’autre sens, l’expérience montre qu’elle porte au pouvoir les fondamentalistes, comme avec l’Egypte et l’élection à la régulière de Mohammed Morsi en 2012, issu des Frères Musulmans, ensuite déposé par le coup d’état militaire du Maréchal al-Sisi en 2013.

La position de Daech vis à vis des progrès scientifiques et techniques est inexistante. Construire un état moderne n’est pas encore dans leurs préoccupations. Leur programme, publié dans The Guardian, fait état dans la case éducation que d’une islamisation de l’éducation, d’une rupture avec le reste du monde et se focalise sur l’enseignement du Coran. Leurs amis et affiliés du groupe terroriste nigérian Boko Haram ont un nom qui signifie “l’éducation est interdite”. Joli programme, qui, soit dit en passant, fait aussi la promotion de l’esclavage des enfants. Ca aussi, c’est dans le Coran ? Oui (source) et non (source) selon les modes de lecture ! L’Islam est décidément une religion quantique ! Au point d’amener les extrémistes à oublier l’existence de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

Les pays islamiques ont créé leur propre déclaration des droits de l’homme, plusieurs fois mise à jour avec la déclaration de Decca en 1983 et déclaration du Caire en 1990. C’est assez bien documenté sur le site Oumma. On y trouve une bien curieuse notion de la liberté (article 11 a) qui conditionne celle-ci à une soumission à Dieu et aussi, à la Charia (articles 24 et 25). De deux choses l’une : soit cette déclaration ne concerne que les musulmans et c’est acceptable, soit elle est censée s’appliquer à tous les hommes et elle est donc structurellement liberticide. La rédaction est quelque peu ambiguë sur ce dernier point ! Depuis septembre 2015, l’Arabie Saoudite est à la tête du comité consultatifs sur les droits de l’homme de l’ONU, ce qui peut laisser pantois (réactions en plein et en creux).

Daech voue tous l’occident à la destruction mais utilise bien les technologies qui en sont issues quand ça l’arrange, l’Internet, les satellites (qui leur servent  à accéder à Internet), les armes et les médicaments. Ils veulent éliminer les civilisations à l’origine de ce qu’ils utilisent au quotidien : les processeurs de leurs smartphones, les médicaments, les armes, toutes les technologies qu’ils utilisent sont d’origine occidentale ou asiatique.

On se dit que les barbares de Daech ne peuvent pas gagner contre le monde entier, même en s’attirant les faveurs d’une partie des musulmans du monde entier. Est-ce que l’occident gagnera grâce à sa maîtrise des technologies ? Les civilisations les plus avancées technologiquement gagnent-elles toujours ? Ce n’est pas évident avec deux exemples si l’on s’en réfère au lent déclin de l’empire Romain.

Les pays modernes ont rarement gagné les guerres asymétriques, comme les USA au Vietnam. A contrario, la technologie a permis aux américains de l’emporter avec leurs alliés sur les allemands, qui n’étaient au demeurant pas mauvais dans le domaine. A contrario, les guerres terroristes asymétriques n’ont jamais fait véritablement gagner ceux qui les initiaient. Le terrorisme de l’OLP et du FPLP dans les années 1970 a laissé place à l’Autorité Palestinienne qui s’est ensuite fait déborder par le Hamas.

Comme le thème est à la mode, on peut aussi se demander si les technologies exponentielles (dite “de la singularité”) pourraient changer la donne face au terrorisme et au fondamentalisme ? Avec une fin hypothétique de la mort, que deviendrait le concept même de Dieu ? Les divers points de singularité à venir dans les décennies 2030-2040 seront peut-être les germes de diverses réactions terroristes d’un nouveau genre ! Et pas forcément uniquement en provenance de terroristes islamiques.

Bref, le sujet de l’éducation et des sciences est clé pour faire évoluer ces pays, les préparer à un futur qui ne sera pas évident et pour lutter indirectement contre le fondamentalisme religieux. Il est du devoir des dirigeants de ces pays de bien comprendre cela et d’agir, et pour les pays occidentaux, de les aider à prendre ce chemin. L’effort nécessaire est immense. On peut même juger qu’il relève du fantasme. En effet, la montée en puissance de l’éducation et des sciences commence par leur sécularisation. Et on en est encore très loin dans les pays du Moyen-Orient !

Ce n’est qu’un petit morceau d’un ensemble de solutions à un problème complexe. Il faut aussi s’y attaquer en France quand bien même certaines études montrent que les terroristes viennent de milieux sociaux différents et pas simplement des couches les plus défavorisées. Il faut créer les conditions pour que les jeunes puissent bénéficier d’un enseignement, d’une formation professionnelle et d’un avenir, d’où qu’ils viennent.

Les réactions émotionnelles en France et dans le monde

J’essaye ici de prendre un peu de recul sur l’impact des attentats en France et dans le monde. En précisant au passage que je ne suis évidemment pas insensible aux victimes ! J’en connaissais bien une, Charlotte Méaud, 29 ans, chargée d’affaire à Scientipôle Initiative, tuée avec sa sœur jumelle au Carillon. La réaction émotionnelle du pays était à la fois immense et dérangeante.

Le gouvernement et les médias français ont mis le paquet. Trois jours de deuil national, les annulations nombreuses d’événements, même les plus anecdotiques dans la semaine qui a suivi, la cérémonie du 27 novembre 2015 aux Invalides en mémoire des 130 victimes des attentats et les appels au déploiement de drapeaux français. Facebook avait lancé le mouvement avec l’option de transformation des photos de profils avec un drapeau français. Facebook a aussi mis en place une intéressante et très simple solution pour vérifier que ses amis étaient sains et saufs… et s’est ensuite vu reprocher de ne pas payer ses impôts en France.

On s’est dit que notre art de vivre et notre culture étaient attaqués. Les parisiens ont même “résisté” un temps en continuant à aller sur les terrasses de café, qui, soit dit en passant sont alimentées par des chauffages au gaz ou électriques extérieurs maintenant que la température extérieure tourne autour des 10°C. Les rodomontades de jeunes comme dans “Regarde-nous en face et comprends que tu ne gagneras pas” tout comme la réaction de Michel Hazanavicus un peu bobo sur les bords : “Mais vous ne gagnerez pas. Et ceux qui resteront continueront de baiser, de boire, de dîner ensemble, de se souvenir de ceux qui seront morts, et de baiser.”, donnent un curieux arrière-goût d’insouciance.

Nous étions dans l’application parfaite du principe du mort kilométrique, enseignée dans les écoles de journalisme, qui veut que l’on se préoccupe toujours bien plus des victimes qui sont proches de nous que de celles qui sont lointaines. Les américains et les européens ont embrayé le pas et se sentent plus proches et solidaires de la France que du Soudan, du Nigéria ou du Pakistan quand des centaines d’enfants y sont tués.

Recensés par Le Monde, les 83 et quelques attentats revendiqués par Daech ont fait en tout 1600 morts. En comparaison, la guerre civile en Syrie a fait plus de 250 000 morts depuis 2011. Les attentats continuels en Irak (source précise) et en Afghanistan ont fait des dizaines de milliers de morts, très souvent musulmans (les chiites faisant des attentas contre les sunnites et réciproquement). Presque tous les jours de l’année sont des vendredi 13 novembre pour les habitants de ces pays. Cette animation couvrant 2001 à 2015 l’illustre parfaitement. Elle rappelle que les principales régions ciblées par le terrorisme sont l’Afrique et notamment le Nigeria, la Syrie, l’Irak et l’Afghanistan. Les attentats dans les pays européens sont relativement rares en proportion.

15 years of terror

Une nouvelle rhétorique guerrière a immédiatement accompagné ce tsunami émotionnel. Paris et Saint Denis ont été décrits comme des théâtres de guerres, même si l’on est encore loin des guerres qui détruisent des rues ou des villes entières. Notre réaction militaire a consisté à tripler le nombre d’avions bombardant des zone contrôlées par Daech, du fait de l’envoi du porte-avions Charles de Gaulle. On est donc passé de 12 à 38 avions.

Cyrille de Lasteyrie (aka Vinvin) s’est inquiété de voir la légèreté avec laquelle on démarre une guerre, la fleur au fusil, dans “C’est donc comme ça comme débutent les guerres”, dénonçant l’esprit va-t-en guerre consécutif aux attentats. Mais nous ne sommes ni en 1914 ni en 1939. Dans la pratique, nous sommes dans une guerre mondiale “light”, liée pour la France à nos moyens de projection limités et à la volonté d’éviter d’entrer dans le conflit par la voie terrestre. Elle est loin d’être “light” dans la région au vu de son impact sur les populations civiles.

Sans grande surprise, nombre de politiques ont été déplorables. Pour ne prendre que quelques exemples, Laurent Wauquiez a proposé de créer une sorte de Guantanamo français. Xavier Bertrand a proposé que la HADOPI piste les terroristes sur Internet alors qu’elle ne dispose d’aucun moyen technique pour ce faire (en plus d’un mandat), le pistage des pirates étant sous-traité aux ayant-droits. Nicolas Sarkozy s’est plaint de ce que l’un des terroristes n’aie pas fait de prison alors qu’il était condamné… pendant la période où il était Ministre de l’Intérieur et Président. Et ne parlons pas des ténors du Front National !

J’ai plus de mal à me prononcer sur François Hollande et ses Ministres. L’exécutif a établi l’état d’urgence permettant aux forces de l’ordre d’agir rapidement, ce qui est du bon sens en cas de crise. Cela génère de graves effets de bord notamment lors de perquisitions qui n’ont rien à voir avec les menaces terroristes et visiblement, réalisées pour “protéger” la COP21. Les conséquences sont graves sur les libertés et même sur le respect des droits de l’homme. Des portes ont été brisées sans raison apparente, mais il n’y a pas eu de mort ou d’emprisonnement injustifié. Se pose l’éternelle question de l’équilibre entre sécurité et liberté, qu’il s’agisse ou pas de notre vie sur Internet. L’adage dit que lorsque l’on veut les deux, on n’obtient aucune des deux ! A contrario, l’inaction ne serait pas tolérée. Quoi que fasse l’exécutif, il sera critiqué. Il faut savoir être critique et en même temps faire un tant soi peu confiance, sinon, c’est la débandade !

Les Anonymous ont organisé une riposte de hackers à Daech et à son arme de propagande sur Internet (cf “Riposte des Anonymous, le vrai et le faux” sur Le Monde). Même Google s’y est mis ! Même la Ville de Paris qui organise début janvier un hackathon pour améliorer la sécurité dans la ville ! Tout cela, en théorie, afin de riposter de manière ingénieuse sans réduire forcément les libertés.

Il y a bien entendu une prolifération de théories conspirationnistes très orientées, la pire étant celle qui prétend que ce sont les services secrets français qui ont provoqué les attentats (“La preuve que les attentats de Paris sont un false-flag”). C’est aussi délirant que ceux qui expliquent que le 9/11 a été provoqué par la CIA ou le Mossad. D’autres laissent à croire que le pouvoir socialiste en place préparait depuis longtemps la mise en place d’une dictature. Faudrait se calmer un peu !

Finalement, heureusement que l’on a aussi eu droit à de l’humour, mis à toutes les sauces. Et notamment John Oliver de HBO, dans une version cow-boy à l’américaine (vidéo) et Andrew Neil de la BBC, dans une version anglaise et distinguée (vidéo).  On a eu droit aux parodies du locataire de squat de Saint Denis sur Twitter, Jawad Bendaoud et l’appel à la soirée pyjama chez lui.  Il y a aussi ce schéma qui ne fera rire que les non croyants (source). Et puis, nous avons aussi la politique de l’autruche, parfaitement illustrée ci-dessous :

Réduire la peur du terrorisme

Heureusement, nous avons aussi eu droit à des réactions bien documentées sur les événements, leurs causes multiples et leur origine historique. En témoignent les nombreux liens récents qui ont servi de références bibliographiques à la création de cette série d’articles. Ces trois articles visaient à en faire une sorte de compilation raisonnée pour se dégager un peu de l’afflux d’émotions.

Au-delà du court terme

Selon Kader Abderrahim, chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques, “La défaite de Daech a eu lieu le vendredi 13 novembre à Paris”. En créant un Pearl Harbour à la française, il a réveillé la France qui a déclenché une coalition internationale.

Il faut dire que Daech a réveillé en même temps la Russie avec l’attentat du Sinaï qui a fait plus de morts que les attentats du 13 novembre, et la Chine avec cinq meurtres (deux otages en Syrie et trois dans l’attentat de Bamako). Il ne manque plus que l’Inde pour être complet au niveau des pays les plus peuplés ! Bref, en secouant toutes les grandes puissances de la planète, Daech ne risque pas de se faire beaucoup d’alliés ! Mes points sur le climat, l’eau et les énergies fossiles montrent en tout cas que d’autres Daech verront le jour si l’on n’y prend garde.

On peut se demander comment les conflits complexes, intégrant des questions religieuses ou pas, ont été résolus dans l’histoire. En Irlande ? En Afrique du Sud ? La guerre d’Algérie ? C’est une combinaison d’évolution de la société, d’usure, de réalité économique, d’une volonté de vivre normalement. Et des méthodes associant dialogue, reconnaissance de l’autre, de médiations et d’équilibres. Et aussi de l’apparition de leaders raisonnables. Avec une forte volonté de vivre, pas de mourir pour quelque Dieu que ce soit.

L’un des problèmes les plus difficiles à traiter est ce conflit de quatorze siècles entre les chiites et sunnites. On n’en voit pas l’ombre d’une solution, à part revenir à des régimes politiques laïcs comme ceux qui prédominaient du temps des dictatures arabes. Au demeurant, on peut se demander ce qu’il adviendrait de l’occident si ce conflit s’estompait. Serait-ce une nouvelle boite de Pandore d’ouverte ?

Pour éviter que ces attentats ne soient le début d’une longue série, plusieurs transitions clés qui vont s’étaler sur plusieurs décennies seront à gérer :

  • La transition énergétique dans les plus gros pays générateurs de CO2 est un premier incontournable pour éviter le chaos à grande échelle. Que se passera-t-il lorsque les énergies renouvelables prendront progressivement le dessus des énergies fossiles et que le PIB des pays de l’OPEP ne sera plus alimenté par cette rente ? Echéance : entre 20 et 60 ans.
  • Quand le réchauffement climatique produira non pas des millions mais des dizaines voire des centaines de millions de réfugiés climatiques, comment le monde les accueillera ? Quels conflits pourraient émerger et être prévenus ? Echéance : entre maintenant et 100 ans.
  • Comment aider les pays concernés à investir dans l’éducation, l’enseignement supérieur, la recherche, l’innovation, le développement économique et les droits des femmes qui sont les meilleurs moyens de faciliter des transitions progressives vers des démocraties ? Echéance : maintenant !
  • Comment réduire la fracture sociale dans les pays occidentaux et  les inégalités issues d’une intégration toujours pas achevée ? Notamment en France. Echéance : maintenant !

J’y ajoute des éléments de prospective auxquels vous êtes déjà habitués à la lecture de ce blog et qui sont aussi liés au sujet :

  • Quand la singularité rendra les ordinateurs plus puissants que le cerveau humain dans sa capacité de raisonnement, quel rôle auront-ils dans la résolution de ces conflits ? Ou au contraire, vont-ils générer d’autres conflits ? Les pays développés vont aussi devoir développer une nouvelle forme de résilience aux crises financières et de l’emploi, notamment du fait de la poursuite de l’automatisation de nombreux métiers. Echéance : entre 15 et 40 ans selon les prévisions.
  • Quand l’ordinateur sera capable de simuler le vivant et de contribuer à la prolongation radicale de la durée de la vie, quand le transhumanisme prendra forme, quel sera son impact sur la société, mais aussi sur les croyances et les religions ? Est-ce que ces technologies vont générer une nouvelle sorte de guerre de religions ? Echéance : pas si lointaine que ça !

C’est un bien vaste programme mondial et qui va bien au-delà des actions policières et militaires du moment !

RRR

 
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Publié le 4 décembre 2015 et mis à jour le 27 avril 2016 Post de | Actualités, Enseignement supérieur, Environnement, Innovation, Sociologie | 43402 lectures

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Les photos et les bios de ces femmes du numérique sont présentés au complet sur le site QFDN ! Vous pouvez aussi visualiser les derniers portraits publiés sur mon propre site photo. Et ci-dessous, les 16 derniers par date de prise de vue, les vignettes étant cliquables.
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Elise de Préville
Elise est consultante en Data Privacy et Cyber sécurité chez KPMG.
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Aroussia Maadi (Orange)
Aroussia est team Manager chez Orange, en charge d'une équipe de spécialistes en bases de données à la DSI d''Orange. Elle accompagne les applications du SI dans la construction d'architectures de bases de données et assure le maintien en conditions opérationnelles des plateformes. Elle est aussi investie dans la société civile, pour l'empowerment des femmes, en particulier en Afrique.
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Amina Maïza
Amina est ingénieure études et développement en Java/JEE chez Vizeo Technologies.
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Maud Franca (CDC)
Maud est Directrice Adjointe du Programme des Investissements d’Avenir en charge de l’économie numérique, Banque des Territoires, Groupe Caisse des dépôts (CDC). Membre de la cellule nationale French Tech, mentor et aux boards de startups.
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Chloé-Agathe Azencott
Chloé-Agathe est chargée de recherche au Centre de Bioinformatique de MINES ParisTech et de l'Institut Curie. Cofondatrice de la branche parisienne du meetup Women in Machine Learning and Data Science.
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Béatrice Moulin et Clara Deletraz (Switch Collective)
Béatrice et Clara sont cofondatrices de la startup Switch Collective.
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Laurence Devillers
Laurence est chercheur et Professeur en Intelligence Artificielle à Sorbonne Université/LIMSI-CNRS, équipe de recherche "Dimensions affectives et sociales dans les interactions parlées". Membre du comité de réflexion sur l’éthique du numérique (CERNA) d’Allistène, Auteure de « Des Robots et des Hommes : mythes, fantasmes et réalité », Plon 2017.
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Sophie est Directrice de la Web@cadémie, de la Coding Academy by Epitech et directrice pédagogique du Samsung Campus.
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Laura Jacquemod
Laura est consultante digitale au sein de Nexworld, accompagnant notamment ses clients dans l'intégration d'Intelligence Artificielle, comme dans un chatbot.
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Anaïs est co-fondatrice et présidente de DAMAE Medical, elle est en charge de la stratégie globale de la société ainsi que des problématiques marketing et financières. La startup développe un dispositif médical permettant au dermatologue au sein même de son cabinet d’acquérir des images d’anomalies de la peau, en profondeur, de manière non invasive. #entrepreneuse
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Virginie est ingénieure en innovation spécialisée en Intelligence Artificielle (IA) et objets connectés (IoT), chargée de Recherche et Développement dans l’équipe innovation de TeamWork (InTW’IT), société de services du numérique.
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Catherine est fondatrice et dirigeante de SFI, une ESN de 25 personnes. Aussi co-présidente de Digital League, Cluster des entreprises du numérique en Auvergne Rhône-Alpes. Membre de l’association Femmes & Business et du Pôle Femmes à la CPME Loire. #entrepreneuse
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