Les propagandes de l’innovation – 4

Publié le 13 mai 2014 et mis à jour le 16 février 2016 - 24 commentaires -
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Dans les trois premiers articles de cette série sur les propagandes de l’innovation, j’avais commencé à poser le sujet en décrivant pourquoi le marketing de l’innovation était rentré dans le champ de la propagande, puis illustré comment les données de marché étaient souvent présentées en trompe l’œil, et enfin passé en revue  quelques exemples d’erreurs scientifiques, pratiques ou économiques.

Dans cette quatrième partie, je m’attaque à une technique qui n’est pas nouvelle ni spécifique à la technologie. Elle est couramment pratiquée en politique pour faire dire à un politique ce qu’il n’a pas vraiment dit. Elle est pratiquée aussi bien par les ennemis politiques que par les médias. Il s’agit des citations fabriquées et de la contre-propagande. Je vais prendre l’exemple spécifique des Bitcoins où le phénomène semble assez aigu dans les deux sens.

Dans le marketing, il est clé d’avoir des “références clients” pour vendre ses produits. Mais lorsqu’il s’agit de tendances sectorielles, le besoin se situe à un niveau différent : les régulateurs, les leaders de l’industrie, les grands patrons en vue à l’échelle mondiale (Richard Brandson par exemple) et les gourous sont sollicités pour donner leur avis sur les tendances. Il s’agit de bâtir un environnement inspirant la confiance, ce qui est particulièrement important pour les questions financières et monétaires.

Le cas exemplaire de la citation de Ben Bernanke

On en a pu observer avec consternement un cas extraordinaire de manipulation des propos destinée à générer de la confiance autour des Bitcoins lorsque le patron de la Federal Reserve Bank US, Ben Bernanke, s’est exprimé sur le sujet de la régulation monétaire auprès du congrès. Il l’avait fait par courrier en septembre 2013.

Bernanke Bitcoin Long Term Promise

Aux USA comme en France, les titres de la presse faisaient état d’un soutien de Bernanke au Bitcoin. “Bitcoin hoping for the best after Bernanke’s endorsement”, “Feds give thumbs up to bitcoin”, “Bernanke’s bitcoin comments signal growing acceptance” et “Ben Bernanke fait flirter le bitcoin avec les 800 dollars”. Je cite : “Deux jours à peine après avoir atteint 500 dollars, la devise électronique flirtait lundi soir avec les 785 dollars, suite à l’intervention du patron de la Fed, Ben Bernanke qui lui a donné son onction” (en novembre 2011).

On est édifié de lire cette fameuse onction : “For example, in 1995, the U.S. House of Representatives held hearings on “the future of money” at which early versions of virtual currencies and other innovations were discussed. Vice Chairman Alan Blinder’s testimony at that time made the key point that while these types of innovations may pose risks related to law enforcement and supervisory matters, there are also areas in which they may hold long-term promise, particularly if the innovations promote a faster, more secure and more efficient payment system”.

Il ne s’agissait que de la citation d’un ancien Vice-Chairman de la Fed datant de 1995, qui traitait des monnaies électroniques en général et n’évoquait évidemment pas spécifiquement le Bitcoin qui n’existait pas alors ! Au plus pourrait-on en déduire au vu de la description qui suit (“faster, more secure and more efficient payment system”) que c’est une validation… de l’activité de Paypal, mais elle aussi n’existait pas encore en 1995 !

L’objet de la lettre de Bernanke était surtout de faire le point sur les possibilités de régulation des monnaies électroniques, argüant du fait que la Fed n’était pas en position de jouer ce rôle de régulateur au regard du droit américain. En gros, il faisait un appel du pied pour que ce droit soit transformé ! Résultat : un doublement de la valeur du Bitcoin !

Le comble, c’est qu’un malin a lancé un site web de crowdfunding pour financer l’assassinat de Ben Bernanke, entre autres ! Avec du crowdfunding en Bitcoins, évidemment, pour tirer parti d’une de ses caractéristiques : la préservation de l’anonymat.

Autre exemple de communication sur l’adoption du Bitcoins : l’annonce du lancement d’un second fonds indexé en Bitcoins par SecondMarket devenue “Wall Street comes on board” (ci-dessous) du fait d’un raccourci un peu express. SecondMarket n’est qu’une startup créée en 2004 qui aide les entreprises non cotés à accéder aux marchés financiers. Le raccourci ne relève pas des pratiques habituelles de la presse car il s’agit ici d’un site d’information dédié aux Bitcoins. A priori, le biais de ce média est donc pour le moins favorable aux Bitcoins.

Bitcoin and Wall Street

Ces deux exemples, en plus de tout ce qui va suivre, ne sont pas du meilleur effet pour inspirer la confiance !

Les avancées de l’adoption du Bitcoin

Les exemples se suivent depuis trois ans de business qui adoptent le Bitcoin comme monnaie de paiement. Ils sont plutôt anecdotiques mais suffisent à alimenter l’actualité et donner une impression d’adoption par la sphère marchande.

Bitcoin Accepted Here

9000 endroits où dépenser ses Bitcoins sont ainsi référencés à l’échelle mondiale sur le site SpendBitcoins dont le modèle économique consiste visiblement à vendre des Bitcoins. On y trouve beaucoup de services en ligne. 9000 est évidemment très anecdotique comme nombre à l’échelle mondiale.

Dans les annonces marquantes, il y a deux curieux oiseaux : Virgin Galactic, pour payer son futur voyage dans l’espace, Richard Branson s’étant en effet déclaré fan du Bitcoin et Tesla pour la commande de ses voitures électriques à plus de $65K l’unité. Pas très grand public !

Il y a sinon le retailer TigerDirect, les jeux en ligne de Zynga, le service d’hébergement de WordPress (pas pour le logiciel lui-même qui est open source et gratuit), le site The Pirate Bay de référencement de contenus partagés sur BitTorrent qui accepte des donations en Bitcoins (les ayant-droits apprécieront !), le service de rencontres OkCupid ou le système de bookmarking Reddit pour sa version payante. On trouve aussi des sites de vente en ligne dédiés à l’achat en Bitcoins comme BitCoffee.eu pour le café. Le café vient du monde entier mais il n’est pas précisé s’il provient de commerce équitable. La startup est tchèque.

BitCoffee

eBay et Paypal seraient “intéressés” et envisageraient l’adoption du Bitcoin comme moyen de paiement, à côté des autres, mais n’ont rien fait pour l’instant, une manière de ne pas hypothéquer le futur. Mais un équivalent Bitcoin de Paypal a été lancé : BitPay, avec déjà 30 000 clients “business”.

Début mai 2014, la commission électorale américaine a annoncé que le financement des campagnes électorales pourra s’effectuer en Bitcoins. On peut espérer que cela sera cadré et ne permettra pas les dépassements des plafonds autorisés par la loi électorale américaine.

En France, Monoprix a décidé d’adopter le paiement en Bitcoins dans ses magasins pour être prêt en 2015 avant tout le monde si ce moyen de paiement décolle. C’est de l’innovation préemptive.

A noter aussi un effet indirect lié à la technique du mining : les Bitcoins accélèrent les progrès dans les méthodes et matériels de calculs !

Un petit tour sur Google Trends montre que l’intérêt pour les Bitcoins est marqué par l’actualité : les déclarations de la Fed en décembre 2013 et la faillite de MtGox en février 2014. Chose curieuse, la première requête concernant les Bitcoins est “bitcoin mining”, qui suit exactement la même courbe que Bitcoin. Il est aussi intéressant de constater qu’à l’échelle mondiale, les Bitcoins intéressent plus les Internautes que le prix de l’or. C’est particulièrement vrai en Inde sans qui la courbe d’intérêt pour l’or est bien plus faible dans le reste du monde.

Bitcoin and Gold Price in Google Trends

Sur 2012, 2013 et 2014, la courbe Google Trends suit d’à peu près la masse monétaire en Bitcoins. Après avoir cru de manière exponentielle jusqu’en décembre 2013, celle-ci est à la baisse et avait atteint un peu moins de $6B en mai 2014. On est en plein dans la vallée des larmes du Gartner ! Au mieux. L’un des avantages des Bitcoins, c’est que l’on peut suivre en temps réel l’ensemble des transactions, anonymisées bien entendu. Exemple ici sur Coinmetrics qui fournit par ailleurs une comparaison des transactions réalisées avec les principaux systèmes de paiement dans le monde. En un an, $33B en Bitcoins et $16,5T en Visa. Les BitCoins sont derrière Western Union qui en est à $216B de transferts réalisés sur 12 mois.

Bitcoin Masse Monetaire Mai 2014

Alors, y croire ou pas ? Pour éviter de se planter, nombre d’analystes pensent que le Bitcoin pourrait marcher. Ou une autre crypto-monnaie, histoire de ne pas trop de mouiller.

La contre-propagande du Bitcoin

Le Bitcoin fait aussi l’objet d’une contre-propagande assez dynamique !

Il faut dire qu’il traverse des hauts et des bas et tend régulièrement la verge pour se faire battre ! La volatilité du cours, les usages délictueux encouragés par l’anonymat, le price fixing du taux de change, la faillite de MtGox qui aurait fait s’évaporer 6% de la masse monétaire en Bitcoins en un seul jour à cause d’une forme particulière de piratage informatique et l’interdiction partielle ou totale dans divers pays (Chine, Thaïlande, Vietnam).

D’où les réactions mitigées, surtout outre-Atlantique qui dénoncent un schéma de Ponzi : “The Bitcoin is victim of a Ponzi scheme while regulators sleep” du belgo-américain Georges Ugeux,  aussi en français dans les blogs du Monde, “Four reasons why you shouldn’t buy Bitcoins” dans Forbes et aussi “Bitcoin is evil” de Paul Krugman qui soulève à juste titre l’ambigüité du Bitcoin, positionnée selon les cas comme monnaie de flux ou de stock. En mai 2014, la SEC émettait un avertissement : les Bitcoins sont sujets à des fraudes et, rebelote, à la propagation de pyramides de Ponzi.

Bitcoin SEC

Un article anodin du Monde rappelait la position générique de Bercy comme quoi toute source de revenu régulière doit être déclarée et se trouve imposable. C’est devenu “La France taxe des Bitcoins” dans la presse internationale, comme pour dénoncer une fois encore ce pays devenu rétif aux innovations d’usages (exemple) !

Certains mettent en avant les pratiques frauduleuses de “price fixing” courantes autour du BitCoin et le fait que les Bitcoins circuleraient beaucoup trop au regard des échanges commerciaux qu’ils supportent. D’autres, le fait que les Bitcoins servent surtout à l’économie sous-terraine, la partie restante étant surtout occupée par les paris en ligne. L’économie marchande traditionnelle semble être très loin dans les usages des Bitcoins. Il est ainsi frappant de mettre en regard la croissance de l’usage des Bitcoins et l’aspect assez marginal des commercants qui l’acceptent comme mode de paiement.

Le bénéfice principal des Bitcoins, au-delà de l’anonymat, serait de réduire les frais de transaction. Les marchands économisent les frais de gestion par rapport aux méthodes de paiement classiques, notamment les cartes bancaires – le pire étant l’Amex – et surtout les systèmes de paiement anonymes de type Western Union.

Ces commissions de paiement payées habituellement par les sites marchands sont en fait cachées ailleurs : une partie se retrouve dans les commissions de change entre Bitcoins et monnaies traditionnelles et sont donc réparties entre vendeurs et acheteurs. Mais elles peuvent être réduites si le fruit de la vente est réutilisé en Bitcoins, ce qui est parfaitement plausible dans l’économie du partage.

Une autre partie est répartie chez les “miners” qui fournissent la puissance de calcul qui permet les transactions en Bitcoins. Cette rémunération représenterait actuellement plus de 3% du montant des transactions, ce qui en fait des commissions plus élevées que celles des cartes bancaires comme la Visa. Et l’élite bancaire qui gère les plus monétaires est remplacée par une élite de geeks et entrepreneurs capables de déployer les infrastructures réseaux les plus efficaces et scalable pour miner les bitcoins en masse, tel Dave Carlson. Quand le nombre maximum de Bitcoins sera atteint vers 2140, les miners seront rémunérés avec une commission traditionnelle et on reviendra à la case départ ! Mais de l’eau aura coulé sous les ponts d’ici là. Le rythme de la création monétaire des Bitcoins est divisé par deux tous les quatre ans. Cette évolution “en escalier” va certainement générer des effets de bords indésirables quand on passera d’une marche à l’autre !

On peut aussi remarquer que les Bitcoins sont trustés et contrôlés par un tout petit nombre de personnes. Fin 2013, 47 personnes possédaient 28,9% des Bitcoints et 880 les 21,5% suivants. Donc, la moitié sont possédés par moins de 1000 personnes, ce qui alimente la théorie du “price prixing”. On retrouve une distribution pyramidale de la richesse comme dans l’économie habituelle ! Ici, moins de 1% des utilisateurs contrôlent la moitié des Bitcoins. Aux USA, les 1% les plus fortunés possèdent 35,4% de la richesse du pays (source). A l’échelle mondiale, 0,6% de la population consolide 39,3% du patrimoine (source). Le Bitcoin reproduit donc les schémas d’accumulation de richesses de l’économie capitaliste traditionnelle, quelles qu’en soient les raisons.

Bitcoin Pie Ownership

Enfin, le Bitcoin génèrerait une autre forme de migration de valeur : l’empreinte carbone du mining qui pourrait devenir astronomique car son coût augmente avec l’ancienneté de la monnaie et le nombre de fois qu’elle a été échangée depuis sa création ! Qui plus est, la durée du mining augmente avec le temps et peut dépasser plusieurs minutes, ce qui pourrait être gênant pour les achats d’impulsion. Ceci étant, cela suit une certaine logique car c’est le mining qui augmente le nombre de bitcoins en circulation.

Le Bitcoin est une monnaie qui s’accommoderait bien de la mise sur le marché de groupes électrogènes utilisant la fusion froide nickel-hydrogène vue dans le précédent papier ! L’autre méthode consiste à distribuer les traitements sur les ordinateurs d’utilisateurs, avec ou sans leur consentement. Du vol d’électricité en quelque sorte !

Quand sa valeur augmentait, jusqu’à fin 2013, les Bitcoins étaient une valeur spéculative, pas véritablement une simple monnaie d’échange. Le Bitcoin pourra servir de monnaie d’échange pour les transactions commerciales traditionnelles quand sa volatilité se réduira. Ainsi, il ne sera pas trop risqué de ne pas convertir immédiatement tous les Bitcoins en monnaie traditionnelle après chaque vente, limitant ainsi les frais de change.

La ruée vers l’or des startups Bitcoins

Comme toute nouvelle vague d’innovation, les Bitcoins ont généré une palanquée de création de startups associées. J’en avais vu moins d’une dizaine au CES 2014 dans un “side event”, ce qui était sommes toutes très faible. Mais 302 startups autour du Bitcoin sont référencées dans Angel List, certaines étant cartographiées ici (ci-dessous).

Bitcoin Startups

La plupart se positionnent dans la frontière entre la monnaie traditionnelle et le bitcoin. Ce sont des “agents de change”. Suivent les sociétés fournissant des technologies ou services de mining, reproduisant le fameux modèle des vendeurs de pelles de la ruée vers l’or. Il y a même des ATM en Bitcoins (distributeurs automatiques) qui prennent des Bitcoins en entrée et génèrent du cash standard en sortie, ou au contraire, acceptent du cash pour alimenter votre compte en Bitcoins. Enfin, on trouve pas mal de sites d’information dédiés aux Bitcoins qui sont de bons relais marketing de cette monnaie.

Dans la startup Coinsetter, une bourse d’échange de Bitcoins, les salariés sont payés en Bitcoins, forme moderne des stock-options ! La boucle du schéma de Ponzi sera bouclée lorsque les particuliers investiront dans ces startups en Bitcoins ! Un bon moyen d’isoler une bulle financière du reste de l’économie !

On retrouve la culture de l’anonymat aussi bien au niveau de l’origine du Bitcoin que de ses utilisateurs, et même des startups. Ainsi, Blockchain qui gère le porte-monnaie en Bitcoin de plus d’un million d’utilisateurs et publie tout un tas de statistiques très intéressantes sur l’usage du Bitcoin n’indique rien sur son origine et ses créateurs. Il faut googleiser la société trouvée dans le disclaimer, Qkos, pour trouver son créateur, un certain Ben Reeves, basé à New York. Et le fait que son activité d’origine est le développement d’applications mobiles !

On retrouve ce phénomène dans toutes les vagues d’innovations : elles attirent des entrepreneurs aventuriers qui ne sont pas originaires du secteur de l’innovation. Mais il arrive à plein de startups de protéger l’anonymat de leur créateur dans d’autres domaines. Souvent, par volonté de ne pas en montrer l’origine géographique ou autre, de peur de ne pas inspirer confiance aux clients potentiels.

Un sujet politique

Pourquoi relier le sujet du Bitcoin et des propagandes numériques ? Parce que le Bitcoin est un projet avant tout libertaire, qui vise à s’affranchir des Etats et de leur monnaie. C’est un projet politique transnational, le Bitcoin n’étant pas géré de manière centralisée par les banques centrales. Mais c’est un peu une vue de l’esprit car du fait du price fixing et de la concentration de la distribution des Bitcoins que nous avons vus, cette monnaie reproduit différemment les modèles existants. Et même s’il existe des Banques Centrales comme la Fed aux USA ou l’ECB Européenne, la création monétaire provient en grande partie de l’émission de crédits par les banques privées. Malgré la régulation des banques centrales, la monnaie traditionnelle est gérée dans les faits de manière assez décentralisée.

Dans les débats qui ont court sur la monnaie, notamment sur l’Euro, les états irresponsables sont souvent opposés aux citoyens ! Comme si les citoyens n’étaient pas en partie responsables de la démagogie de leurs dirigeants ! Le Bitcoin est ainsi l’un des projets visant à isoler les citoyens, par essence vertueux, des Etats qui ne le seraient pas. Ils s’inscrivent dans un climat de démagogie et de populisme assez prononcé en ce moment, et en particulier dès que l’on parle de l’Euro et de l’Europe.

L’autre caractéristique des Bitcoins est que leur fonctionnement est assez complexe à appréhender, notamment au niveau du mining, de la grande fluctuation de son cours et de la gestion de l’anonymat et de la sécurité. Ces écueils sont évacués côté communication par un effet bien connu dans le numérique : la pression virale de l’adoption, qui voit des gens adopter un système parce que les autres l’ont fait. C’est le summum de la propagande : quand vous avez adopté une innovation, vous ne savez même plus pourquoi !

Une fois que l’on commence à comprendre le fonctionnement des Bitcoins, on peut revenir à la question fondamentale : “ça sert à quoi ?” et en quoi c’est une solution préférable aux modes de paiement classiques ? La réponse n’est pas si évidente que cela pour les besoins courants ! Par exemple, en comparaison du mode de commande One Click chez Amazon et du système de paiement Paypal qui conservent vos informations de cartes de paiement. La principale valeur d’usage de ces deux systèmes est leur simplicité de l’acte d’achat. On ne peut pas en dire autant, actuellement, du Bitcoin.

Début 2014 était annoncée la création d’un espace de coworking dédié à Paris pour populariser la nouvelle monnaie : la “Maison du Bitcoin”. Lancée par deux entrepreneurs, elle est notamment promue par Philippe Herlin, par ailleurs très investi dans le commerce de l’or. L’or a en effet pas mal de parenté avec le Bitcoin au niveau de la gestion de sa rareté et comme valeur refuge (tant que qu’il n’y a pas trop de monde dans le marché).

En termes de communication, vous pourrez visionner les presque deux heures d’explications dans les vidéos produites par Gabriel Rabhi, un informaticien, dans le site Inter-Agir et dans une version plus courte de 3,5 minutes dans cette vidéo d’un designer, Duncan Helms. Dans les deux cas, la tonalité est intéressante avec quelques raccourcis historiques et des boucs-émissaires (les banques, les Etats). Même si ce qui est dit dans ces vidéos n’est pas forcément faux, l’assemblage et la tonalité font vraiment penser à de la propagande. Et il faut se documenter pour comprendre ce que l’on vient de voir. Si on a le temps !

On peut aussi se calmer en lisant cet édifiant papier “Game over – Bitcoin monnaie virtuelle” qui descend en flèche le Bitcoin pour promouvoir des solutions alternatives et open source originaire de France : Open Universal Dividend Currency. Et on reboucle sur une autre solution à décortiquer, qui en est encore au stade de la geekerie incompréhensible par le commun des mortels.

___________________________

Dans l’épisode suivant de cette série, je traite de la construction de mythes autour du numérique : les foules intelligentes, la fin de la propriété, le consommacteur, la confiance, la génération Y, l’économie à coût marginal nul et la fin du capitalisme entrainée par le numérique. Vous ne pourrez surement pas être d’accord avec tout !

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Publié le 13 mai 2014 et mis à jour le 16 février 2016 Post de | Internet, Sociologie | 45832 lectures

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