Le plan de résistance bancal des chaines face à Google TV

Publié le 30 novembre 2010 et mis à jour le 13 décembre 2010 - 12 commentaires -
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Le 19 octobre 2010, les diri­geants des prin­ci­pales chaines de la TNT publiaient une chartesur les moda­li­tés d’affichage des conte­nus et ser­vices en ligne sur les télé­vi­seurs et autres maté­riels vidéo connec­tés publiée”. Sans que son nom soit cité, la charte vise sur­tout Google et son ser­vice Google TV qui fait craindre le pire aux chaines. Elles lèvent ainsi les bou­cliers pour éviter la goo­glei­za­tion de leur busi­ness, à savoir la fuite de leurs reve­nus publi­ci­taires vers le numéro un de l’Internet. Aux USA, les prin­ci­paux net­works de chaines TV, celui de Via­com (MTV, etc) ayant réagi en der­nier, n’y sont pas allés par quatre che­mins. Point de charte, mais un simple refus de voir leurs conte­nus exploi­tables via Google TV, assorti d’un blo­cage tech­nique de cet usage (limité en tout cas à la web vidéo strea­mée, pas à celle qui est broad­cas­tée, qui n’est pas contrô­lable facilement) !

L’approche mérite d’être exa­mi­née un peu plus en détails. C’est une étude de cas en deve­nir d’une indus­trie qui résiste aux coups de bou­toir de l’innovation tech­no­lo­gique dans son sec­teur et qui cherche à pré­ser­ver son modèle écono­mique menacé. Elle pose plu­sieurs ques­tions clés que je vais essayer de trai­ter dans cet article :

  • Quelle est la menace réelle sur ces chaines TV qui pour l’essentiel vivent du revenu publicitaire ? 
  • Est-ce que leur approche défen­sive est la bonne face à Google ? Est-ce que leur plan de résis­tance est vain ?
  • Les chaines ont-elles d’autres options ? Qui pour­raient bien être les alliés des chaines dans cette lutte ?
  • Quelle peut-être l’atti­tude de Google et de ses par­te­naires face à la résis­tance des chaines TV ?
  • Quelle est la place du consom­ma­teur et de ses besoins dans cette petite guerre de survie ?

Le contenu de la charte

En géné­ral, une charte ras­semble dif­fé­rentes par­ties qui se mettent d’accord sur un “gent­le­man agree­ment” pour régu­ler telle ou telle indus­trie ou pan de la vie publique.

Ici, les chaines TV se sont orga­ni­sées en car­tel pour impo­ser leurs vues. Le pro­pos est simple voire sim­pliste : leur contenu ne sera dif­fu­sable que via les acteurs indus­triels qui res­pec­te­ront les prin­cipes de la charte. A savoir que le contenu et l’expérience du télé­spec­ta­teur dans et à par­tir de ce contenu doivent res­ter entiè­re­ment sous le contrôle des chaines TV. Rien que ça !

Charte Chaines TV

Le prin­cipe est détaillé dans la seconde page de cet oukase de trois pages. Mais avec quelque ambigüité car il ne pré­cise pas si les ser­vices sont inter­dits uni­que­ment dans la fenêtre vidéo de la chaine (en cas d’écran par­tiel) ou autour, voire avant ou après. Une nuance importante !

Affichage limite

Enfin, les chaines TV affichent leur pré­fé­rence pour une solu­tion tech­no­lo­gique qui garan­tisse la charte, et sans la nom­mer. Mais cela res­semble fort à un sou­tien de HbbTV, ce stan­dard franco-allemand que les chaines TV cherchent à imposer.

Soutien deguise dans HbbTV

Ce stan­dard défi­nit la manière dont des ser­vices inter­ac­tifs issus de l’Internet sont asso­ciés aux conte­nus TV broad­cas­tés, quel que soit le tuyau (hert­zien, satel­lite, câble, IPTV). Pour faire simple, HbbTV per­met aux chaines TV d’associer leur contenu TV à des ser­vices en ligne faciles d’accès à par­tir de la télé­com­mande. En d’autres termes, c’est une forme de migra­tion du Télé­texte vers l’Internet pour ces chaines. En théo­rie, les carac­té­ris­tiques tech­niques de HbbTV per­mettent aussi de créer des ser­vices en ligne indé­pen­dants des chaines TV. Ils sont déve­lop­pés à par­tir de tech­no­lo­gies de type web (HTML, etc). HbbTV va appa­raitre dans les pre­miers télé­vi­seurs en 2011 et pour­rait être sup­porté par les FAI dans la même période, sachant que ce sup­port est inté­gré dans les géné­ra­tions de pro­ces­seur les plus récentes de ST Microe­lec­tro­nics et appa­rai­tra égale­ment chez Broad­com. Ce sont les deux pre­miers concep­teurs mon­diaux de pro­ces­seurs pour set-top-boxes !

HbbTV Logo

La charte est en tout cas pour le moins curieuse dans la forme:  les chaines sont d’accord avec elles-mêmes ! Elles imposent leurs vues. On peut se deman­der quelle est la léga­lité de l’approche. Le droit semble quelque peu dépassé par les événe­ments et la technologie !

Mais les chaines TV pour­raient ne pas en res­ter là et à l’envie déployer leur lob­bying pour faire évoluer la règle­men­ta­tion. Une menace à ne pas sous-estimer pour le consom­ma­teur voire pour les autres acteurs indus­triels tant l’exception cultu­relle fran­çaise peut-être le pré­texte à moult gali­pettes règlementaires !

La menace sur les chaines TV

Les chaines TV réagissent ainsi pour des rai­sons qui se com­prennent : elles vivent pour l’essentiel du revenu publi­ci­taire et les évolu­tions tech­no­lo­giques type “TV connec­tées” peuvent consti­tuer des menaces mor­telles pour elles. Mais ce fut égale­ment le cas des enre­gis­treurs numé­riques de télé­vi­sion, popu­la­ri­sés il y a dix ans par TiVO et main­te­nant plu­tôt com­muns depuis que la plu­part des opé­ra­teurs et construc­teurs en pro­posent. Ils per­mettent de faci­le­ment zap­per la publi­cité. Pour­tant, mal­gré les sons de cloche alar­mistes, les PVR (per­so­nal video recor­ders) n’ont pas sérieu­se­ment entamé les reve­nus publi­ci­taires des chaines. Il faut dire qu’en France, l’usage du PVR ne s’est pas for­te­ment déve­loppé, han­di­capé entre autres par la taxe sur la copie pri­vée qui grève le cout des disques durs inté­grés dans les set-top-boxes.

Chaines de la charte TV connectees

Le pire des cas de figure serait pour les chaines de voir Google TV se déployer à grande échelle sur les nou­velles TV connec­tées, et que l’on assiste à une migra­tion de valeur de la publi­cité TV vers Google. Qui plus est, comme sur Inter­net, la délo­ca­li­sa­tion du chiffre d’affaire publi­ci­taire hors de France pri­ve­rait l’ensemble des acteurs écono­miques de cette manne de reve­nus. Google ferait son beurre avec de la publi­cité contex­tua­li­sée liée aux besoins des consom­ma­teurs et appa­rais­sant avant ou après les pro­grammes, voire pen­dant si Google ne res­pec­tait pas la charte. La publi­cité contex­tua­li­sée deve­nant le fort de Google, il res­te­rait un peu de “brand mar­ke­ting” pour les chaines TV. De plus, la consom­ma­tion de conte­nus vidéos sur les Google TV serait for­te­ment déli­néa­ri­sée, et pilo­tée pour l’essentiel par la fonc­tion de recherche. Les menaces sur les chaines TV pèse­raient par rico­chet sur la pro­duc­tion ciné­ma­to­gra­phique fran­çaise. Les chaines TV, et pas seule­ment Canal+, contri­buent en effet lour­de­ment à la pro­duc­tion locale ! Les chaines gra­tuites ont ainsi financé 110m€ et les chaines payantes 195m€ des 1259m€ de la pro­duc­tion ciné­ma­to­gra­phique fran­çaise en 2009, soit le quart (source: CNC). Sans comp­ter les téléfilms !

Cela fait pas mal de “si”. Car pour que ce scé­na­rio se réa­lise, il fau­drait que non seule­ment Google TV soit pré­sent sur une masse cri­tique de télé­vi­seurs (on n’y est pas encore), et que l’usage suive la dis­po­ni­bi­lité de la fonc­tion. Or, dans l’électronique de loi­sirs, il y a tou­jours un grand déca­lage entre la dis­po­ni­bi­lité d’une fonc­tion et l’usage pro­pre­ment dit…

L’approche défen­sive est-elle la bonne ?

On peut se deman­der si les chaines ne se trompent pas de bataille. Le risque le plus impor­tant n’est-il pas de voir la consom­ma­tion de TV et de vidéo évoluer vers d’autres conte­nus que ceux des chaines ? Le risque le plus grand n’est-il pas de voir les grandes séries TV amé­ri­caines dif­fu­sées direc­te­ment via des offres type Net­flix ? Ou de voir les télé­spec­ta­teurs pas­ser plus de temps dans You­Tube et autres Dai­ly­Mo­tion que sur leurs pro­grammes habituels ?

A force de vou­loir limi­ter la manière dont leurs conte­nus sont consom­més, les chaines TV ne se tirent-elles pas une balle dans le pieds alors qu’elles devraient pro­po­ser des usages nou­veaux (un peu comme France 2 l’a fait à l’IBC 2010 dans sa démo de HbbTV sur TV LG) plu­tôt que de créer des inter­dits stériles ?

Avec leur charte, les chaines TV  :

  • S’érigent en freins appa­rents à l’innovation. C’est une atti­tude rétro­grade néga­tive. C’est certes une ques­tion de sur­vie, mais on ne sur­vit pas en limi­tant la liberté des autres ! Ainsi, quid de fonc­tions de recom­man­da­tions qui per­met­traient de connaitre l’offre de films d’un acteur ou réa­li­sa­teur d’un film en train de pas­ser en direct sur une chaine, que l’on a déjà vu, mais dis­po­nible sur d’autres chaines ou en VOD, dans le pro­lon­ga­tion d’une inter­face du type de la Neuf­Box Evo­lu­tion (ci-dessous) ? Verboten ?

Regarder_la_TV_E12

  • Cherchent à contrô­ler une réa­lité tech­no­lo­gique qui leur échappe. Elles ignorent ainsi plu­sieurs scé­na­rios d’usages comme le multi-écrans, où un écran tel qu’un smart­phone ou une tablette pilote le contenu affi­ché sur la télé­vi­sion. Dans un pareil cas, la charte des chaines pour­rait être par­fai­te­ment res­pec­tée mais pas l’esprit. Ce qui montre un peu son absur­dité. Et quid des micro-ordinateurs, de plus en plus uti­li­sés par les jeunes pour regar­der la TV, avec un simple tuner TNT de 40€ ?

Elles devraient plu­tôt maxi­mi­ser l’audience sur tous les sup­ports au lieu de créer des bar­rières dans ces usages. Leur atti­tude limi­tant par exemple l’usage du “live” dans les solu­tions multi-écrans des FAI est risible, même s’il y a quelques rai­sons cachées plus ou moins valables (mesure de l’audience, peur de la copie, etc) ! Il en va de l’absence de TF1 et M6 dans la solu­tion SFR Neuf­Box Evo­lu­tion sur smart­phones et tablettes, tout comme celle des mêmes chaines sur VLC lorsque l’on veut voir ces chaines sur son PC chez Free ! Leur “wall-gardenisation” (si je peux me per­mettre) de la TV de rat­tra­page est un autre moyen de leur part de limi­ter la flexi­bi­lité d’usage des consom­ma­teurs. Elle force les uti­li­sa­teurs à aller dans les por­tails de catch-up de chaque chaine au lieu de per­mettre l’émergence de solu­tions multi-chaines plus faciles d’usage !

Les risques “d’overlay” évoqués par la charte sont-ils réels ? Ce n’est pas l’approche de Google. Celui-ce cherche sur­tout à habiller la recherche des conte­nus et à faire de la publi­cité ciblée avant et après visua­li­sa­tion des conte­nus. Le risque est encore plus faible sur le “live”. Si les conte­nus sont de bonne qua­lité, les télé­spec­ta­teurs conti­nue­ront d’en pro­fi­ter. Si le “live” est tou­jours consommé, la publi­cité qu’il contient sera tou­jours effi­cace. Mais le pire, pour les chaines, est que Google est en fait capable de cap­ter leur valeur tout en res­pec­tant leur cahier des charges défen­sif ! Quand on est sur un site web via Google, on ne voit rien de Google lorsque l’on est sur le site et pour­tant, Google a capté une grande par­tie de la valeur par le moteur de recherche et sa publi­cité, la plus contex­tuelle de toutes sur le web.

On aurait pu en tout cas rêver d’une charte plus posi­tive et ave­nante, avec des enga­ge­ments de ser­vices et d’innovations ! Une charte qui pro­pose plus qu’une charte qui impose !

Les chaines ont-elles d’autres options ?

Les chaines TV font bloc contre la menace de Google TV parce qu’elles en ont les moyens. D’autres indus­tries qui se sont fait Naps­te­ri­sées (musique) ou goo­glei­zées (presse) n’ont pas eu cette chance. Mais elles ont connu des dif­fi­cul­tés parce qu’elles n’ont aussi pas su évoluer en temps et en heure.

Les chaines TV ont quelques autres options sous le coude pour lut­ter contre Google et la menace sup­po­sée associée :

  • Trou­ver de alliés objec­tifs. Les FAI pour­raient jouer ce rôle. Eux-aussi sont mena­cés par Google TV car il remet en cause leur rôle de tuyau à valeur ajou­tée avec leurs set-top-boxes TV. Ils ont encore leur mot à dire et peuvent inno­ver dans leurs solu­tions triple play comme le démontrent notam­ment SFR avec la Neuf­Box Evo­lu­tion et avec la très atten­due Free­box 6 qui devrait sor­tir avant la fin de l’année. De plus, la clien­tèle des FAI cor­res­pond à peu de choses près à la clien­tèle poten­tielle de Google TV, avec un nombre de foyer adres­sable inter­mé­diaire entre les 6 mil­lions dis­po­sant de l’IPTV et les 12 et quelques mil­lions ayant un débit d’au moins 4 mbits/s. Pour­tant, nous avons vu que les chaines limitent aussi sérieu­se­ment ce que peuvent faire les FAI dans leur set-top-box. Pour­quoi s’aliéner des alliés objec­tifs alors que la menace est sérieu­se­ment contin­gen­tée dans leur canal de diffusion ?
  • Adop­ter ou ampli­fier une stra­té­gie de dif­fu­sion tout azi­mut, un peu comme Canal+ qui cible tous les tuyaux (hert­zien, satel­lite, câble, ADSL) et tous les écrans (TV, TV connec­tée, smart­phones, tablettes, PC, consoles de jeu) pour maxi­mise la capil­la­rité de sa dif­fu­sion. Canal+ est pour­tant cosi­gna­taire de la charte, mais son revenu est fait d’abonnements et très peu de publi­cité, un modèle assez pro­tégé par rap­port à celui des chaines qui vivent de la publicité.
  • Faire preuve de plus de sou­plesse pour la dif­fu­sion de conte­nus dans les pla­te­formes “mono appli­ca­tions” telles que les smart­phones, tablette et consoles de jeu. L’absence de mul­ti­fe­nê­trage limite les risques d’overlay à la Google.
  • Inven­ter des ser­vices en ligne qui l’enrichissent l’expérience télé­vi­suelle. Tout reste à faire dans le domaine ! Dans le sport, les jeux, la TV réa­lité, les docu­men­taires, les infor­ma­tions, les débats poli­tiques, les séries TV, tout comme dans la “Social TV”. Sans comp­ter les diver­si­fi­ca­tions cohé­rentes, un peu à l’instar de celle de M6 qui s’implique dans le com­merce en ligne liée à la vie quo­ti­dienne en liai­son avec ses conte­nus (cui­sine, habi­tat, look, etc).
  • Enri­chir leurs guides de pro­grammes exploi­tables par Google et les autres. Ces guide sont actuel­le­ment très pauvres. Or, dans un monde d’abondance, il fau­dra maxi­mi­ser la capa­cité à trou­ver ce que l’on cherche. Mal­gré elles, les chaines devront ainsi adop­ter des stra­té­gies de “Search Engine Opti­mi­za­tion” de leurs conte­nus télévisuels !

Ce sont des approches qua­li­ta­tive qui méri­te­raient évidem­ment une ana­lyse plus quan­ti­ta­tive de leur impact. Ces options seraient en tout cas d’un bien meilleur effet, car plus proac­tives, plus posi­tives, plus inno­vantes. Il vaut mieux sur-innover que résis­ter aux inno­va­tions du moment !

Quid de l’attitude de Google ?

Pour l’instant, Google fait un peu le dos rond !

Non seule­ment, il se voit oppo­ser ces fins de non rece­voir des chaines TV, sur­tout aux USA, mais son offre ne reçoit pour l’instant pas un accueil très favo­rable. Le pro­duit Google TV est certes pro­met­teur mais sa pre­mière mou­ture est encore déce­vante, un peu trop “geek” à l’image des télé­com­mandes : celle de Sony avec petit cla­vier inté­gré (ci-contre) ou le cla­vier pro­pre­ment dit de Logi­tech. Sony Google TV RemoteSans comp­ter les limi­ta­tions dans l’accès à la TV broad­cas­tée, illus­trée par le com­pli­qué mon­tage avec l’opérateur satel­lite Dish TV.

La capil­la­rité de dif­fu­sion de Google TV reste très faible avec juste Sony et Logi­tech sans comp­ter, aux USA, les efforts nuls de Best Buy dans la dis­tri­bu­tion pour en assu­rer la pro­mo­tion auprès des consommateurs.

La donne pour­rait chan­ger en jan­vier 2011 avec l’annonce atten­due du sup­port de Google TV par Sam­sung, LG et/ou Toshiba au CES de Las Vegas. Elle pour­rait créer un bon effet d’entrainement et stan­dar­di­ser l’architecture logi­cielle des TV connec­tées dès 2011, comme MS-DOS a stan­dar­disé le PC à par­tir de 1981. C’est certes une com­mo­di­ti­sa­tion dan­ge­reuse des construc­teurs mais un pis aller par rap­port à une frag­men­ta­tion sui­ci­daire du mar­ché. L’inconnue res­tant la lati­tude des construc­teurs dans la per­son­na­li­sa­tion de Google TV, qui semble moins grande qu’avec Android dans les smartphones.

Face aux chaines TV, Google est sur­ement en pleine dis­cus­sion. Il découvre que des négo­cia­tions sont néces­saires chaines par chaine et pays par pays, que la TV n’est pas un busi­ness facile, que les acteurs locaux sont puis­sants et savent se pro­té­ger. Google pourra ainsi choi­sir d’intégrer le sup­port de HbbTV dans son logi­ciel pour juste deux pays, l’Allemagne et la France ? Sachant qu’au Royaume Uni, il leur fau­drait sup­por­ter un autre stan­dard équi­va­lent, Can­vas. L’Allemagne étant un mar­ché plus por­teur pour Google TV que la France, Google adop­tera peut-être dès facto une stra­té­gie de contour­ne­ment en s’attaquant sérieu­se­ment au mar­ché le plus facile à péné­trer. Google sera aussi peut-être amené à devoir sup­por­ter le broad­cast et des tuners TV dans son midd­le­ware. En effet, la consom­ma­tion de conte­nus broad­cas­tés reste clé dans l’expérience télé­vi­suelle, quelle que soit le pays.

Il existe une autre grande incer­ti­tude concer­nant Google : est-ce que son modèle publi­ci­taire est repro­duc­tible avec le même suc­cès sur les TV connec­tées ? Rien n’est moins évident ! Qui dit que les taux de click seront les mêmes sur la TV sur les publi­ci­tés contex­tuelles ? Est-ce que la TV est le meilleur écran pour aller sur un site web d’un annon­ceur ? On manque cruel­le­ment de recul dans le domaine. Il y a peut-être plus de peurs que de mal. Yahoo s’est déjà cassé les dents dans les TV connec­tées alors qu’il avait pour­tant réussi à impo­ser ses Wid­gets à presque tous les construc­teurs de TV connec­tées il y a deux ans. Même si Google s’y prend mieux, son suc­cès n’est pas assuré. Cela ne serait ni le pre­mier ni le der­nier acteur de l’informatique ou du web à se cas­ser les dents sur le mar­ché de la TV “du futur” !

Au moment où la Com­mis­sion Euro­péenne déclenche une pro­cé­dure anti­trust contre Google, l’entreprise va en tout cas décou­vrir à ses dépends ce que doit être une atti­tude indus­trielle “res­pon­sable” ! Et il ne suf­fira pas de créer un centre de recherche et un centre cultu­rel en France !

Et le télé­spec­ta­teur dans tout ça ?

On a un peu ten­dance à l’oublier dans cette bataille indus­trielle. Quels sont ses besoins ? Quel est son intérêt ?

Il faut peut-être com­men­cer par appli­quer une seg­men­ta­tion de l’audience, certes un peu simpliste :

  • La “Géné­ra­tion X” et celle des “baby boo­mers” a une consom­ma­tion plus clas­sique de la TV et son pou­voir d’achat est le plus élevé. Elle ne cèdera pas aussi rapi­de­ment que la géné­ra­tion Y aux sirènes des solu­tions connec­tées du type Google TV. C’est un mate­las d’audience et de revenu publi­ci­taire pour les chaines.
  • La “Géné­ra­tion Y” se détourne de la télé­vi­sion mais pas de la consom­ma­tion télé­vi­suelle. Elle a déjà adopté des modes de consom­ma­tion non clas­siques : déli­néa­ri­sée, sur PC, sur mobiles, le télé­char­ge­ment de séries, mul­ti­tâche et multi-écrans, etc. Avec ou sans Google TV, elle pose pro­blème aux chaines !
  • Les enfants et ados, plus jeunes que la géné­ra­tion Y, ne sont pas à oublier. Ils ont une consom­ma­tion plus tra­di­tion­nelle de la télé­vi­sion. Mais adop­te­ront les nou­veaux usages aussi faci­le­ment que la géné­ra­tion Y, si ce n’est mieux.

Quoi qu’il en soit, ce sont les consom­ma­teurs qui auront le der­nier mot. Même si on leur impose les Google TV dans leur TV Sam­sung ou autre, ils l’utiliseront… ou pas ! Ils choi­si­ront l’usage qui leur conviennent, en inven­te­ront de nou­veaux, sélec­tion­ne­ront les conte­nus qu’ils appré­cient, cli­que­ront ou pas sur la publi­cité cli­quable. Ils contour­ne­ront aussi comme d’habitude les éven­tuelles mesures tech­niques les empê­chant de consom­mer les conte­nus comme ils l’entendent.

Heu­reu­se­ment que cette incer­ti­tude subsiste !

Publié le 30 novembre 2010 et mis à jour le 13 décembre 2010 Post de | France, Google, Innovation, Médias, TV et vidéo, USA | 12978 lectures

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Les 12 commentaires et tweets sur “Le plan de résistance bancal des chaines face à Google TV” :

  • [1] - LvP a écrit le 30 novembre 2010 :

    Les chaînes ne peuvent inter­dire :
    - d’aller aux toi­lettes pen­dant la pub
    - par­ler à son/sa voisin(e) de canapé devant la tv
    - appe­ler grand-mère au télé­phone pen­dant la pub
    - envoyer un SMS à sa copine (et pas à la chaîne)
    - lire son jour­nal ou un bou­quin devant la tv
    - feuille­ter un maga­zine devant la tv
    - faire sa gym devant la tv
    - repas­ser devant la tv
    - regar­der son assiette devant la tv
    - cou­per le son de la tv
    - DORMIR devant la tv

    Alors elles inter­dises les wid­gets :-)
    Et la géné­ra­tion Y, et les autres, ces­se­ront de regar­der ces chaînes au pro­fit de ser­vices plus adap­ter à leurs envies…

  • [2] - Alban a écrit le 30 novembre 2010 :

    Ce nou­veau sujet sur l’overlay par Goo­gleTV me fait pen­ser qu’il existe la fonc­tion PIP sur la plu­part des TV à par­tir du milieu de gamme. Elle per­met déjà d’afficher des pro­grammes autour des dif­fu­sions TV, ou vice-versa : l’écran de son PC en train de sur­fer en fenêtre prin­ci­pale, une chaîne TV en incrustation.

    Cepen­dant, il me semble que cette fonc­tion déjà ancienne n’est pas vrai­ment uti­li­sée par beau­coup de monde. C’est une impres­sion basée uni­que­ment sur l’observation de mon entou­rage et de mes clients (et moi-même d’ailleurs vu que je n’utilise jamais cette fonction).

    Ok, Goo­gleTV la sim­pli­fie et rajoute la sur­im­pres­sion, mais si on veut vrai­ment, on peut déjà faire quelque chose qui va à l’encontre de cette charte. Et si on le fait, que font les chaînes TV ? Quelle action peuvent-elles entre­prendre ? Elles demandent et s’opposent, mais il n’y a pas de loi ou de sanc­tion der­rière tout cela.

    Après, se pose la ques­tion du consom­ma­teur : veut-il réel­le­ment quelque chose qui res­semble à Goo­gleTV ? Cela répond-t-il à un réel besoin ?

    Que ce soit des deux côtés qui s’opposent avec cha­cun leur solu­tion, Google avec Goo­gleTV et les chaînes avec HbbTV, je ne suis pas cer­tain que ces deux solu­tions répondent à quelque envie ou besoin que ce soit, même venant de la géné­ra­tion post-Y. A part peut-être pour voter plus faci­le­ment que par SMS pen­dant un jeu de télé-réalité, et encore.

    Sans aucune volonté de géné­ra­li­ser, mais pour don­ner un exemple, j’ai autour de moi des membres de la géné­ra­tion post-Y, ceux qui n’ont jamais acheté un CD de leur vie et qui n’en achè­te­ront jamais. Ils consomment la TV à l’ancienne, c’est-à-dire en mode tota­le­ment pas­sif, chips et glan­douille. Pour eux, le mode actif devant la TV, c’est l’ordi sur les genoux ou la Wii.

    J’attends avec impa­tience les études sur l’utilisation réelles des ser­vices inclus dans les TV connec­tées actuelles, mais aussi des attentes ou envies des télé­spec­ta­teurs en terme de tech­no­lo­gie ajoutée !

    • [2.1] - Olivier Ezratty a répondu le 30 novembre 2010 :

      En effet, un scé­na­rio plau­sible est “tout ça pour ça”, à savoir beau­coup d’inquiétude pour un pro­blème qui n’en est pas un. Ou un pro­blème qui exis­tait déjà et qui ne fai­sait pas tant de mal que ça.

      Les grandes chaines de TV ont sur­tout subit la baisse de leur audience du fait de l’accroissement du nombre de chaines per­mis par la TNT ! Pas à cause de l’Internet, de l’overlay et autres écrans connectés.

  • [3] - macha a écrit le 30 novembre 2010 :

    Dites, que faites vous pour la JEI ? Finies les exo­né­ra­tions… va fal­loir payer… jeune ou pas.
    Google pro­fite de l’Irlande et devra payer une taxe (taxe google pour les ser­vices sur inter­net) pour la France. Phi­lippe Marini est foca­lisé sur la baisse du défi­cit public à toute allure… L’Etat n’est pas là pour finan­cer les hauts salaires des ingé­nieurs de star­tups… Ya pas mar­qué pigeon sur son front.
    http://www.lepost.fr/article/2010/11/30/2323952_taxe-google-sauvetage-de-l-irlande-bouclier-fiscal-philippe-marini-repond-aux-questions-des-internautes.html
    Avec toutes les taxes inter­net qui vont nous tom­ber des­sus, le consom­ma­teur va sur­tout choi­sir de réduire la voi­lure et se pas­ser de très nom­breux ser­vices web même sur la tv connec­tée qui sera plom­bée par la rede­vance aussi.… Ou bien il va y avoir de la fraude, du tra­fic de PC (un mar­ché au noir)… Les années 30…
    Tant mieux après tout, sur­tout quand on voit que cela pro­fite aux mul­ti­na­tio­nales amé­ri­caines… tous ces bidules du web.
    On va enfin pou­voir tri­co­ter tran­quille au coin du feu… c’est la crise !!

    • [3.1] - Olivier Ezratty a répondu le 30 novembre 2010 :

      Je suis l’affaire JEI & autres de loin. Les pôles de com­pé­ti­ti­vité ont ren­con­tré Eric Bes­son hier. J’ai bien peur cepen­dant que le gou­ver­ne­ment soit autiste et ne change pas de posi­tion. Les star­tups n’ont aucun poids poli­tique. Les JEI ? 2000 entre­prises pour l’essentiel des TPE. Ce n’est rien face aux dizaines de mil­liers de cafés res­tau­rants, des taxis, agri­cul­teurs et autres pro­fes­sions qui savent mieux se faire entendre, sou­vent grâce à un pou­voir de nui­sance certain.

      Il ne faut pas tom­ber non plus dans le catas­tro­phisme. Ce n’est pas 1% de taxe sur la pub en ligne qui va chan­ger l’équation écono­mique des star­tups. Ce qui m’inquiète, c’est plu­tôt la pape­ras­se­rie que cela va géné­rer pour pas grand chose. Comme sou­vent en France, les micro-taxes créent des macro-pertes de temps et d’efficacité qui s’additionnent en ren­dant infer­nale la vie des entre­pre­neurs, et sur­tout de ceux qui ont en charge la ges­tion finan­cière et de la paye.

      La rede­vance TV ? Elle ne s’additionnera pas à la rede­vance que l’on paye déjà dans un foyer qui dis­pose de TV si je com­prend bien. Elle consti­tuera une nou­velle rede­vance seule­ment pour ceux des foyers qui n’ont pas de TV et achètent les appa­reils concer­nés (PC, tablettes, etc). Il s’agit d’une mino­rité de foyers en géné­ral, à ceci près qu’ils sont plu­tôt jeunes. Comme ils peuvent aussi rece­voir les chaines TV via la TNT ou l’IPTV, c’est une simple ques­tion d’équité. Vus les taux d’équipement qui dépassent les 95%, la rede­vance TV devrait être appli­cable à tous les foyers fis­caux sans se cas­ser la tête de savoir quel est leur équi­pe­ment. Et en conti­nuant à appli­quer des exo­né­ra­tions pour les per­sonnes non impo­sables. Donc, le mar­ché noir ou gris de PC n’est pas à craindre.

  • [4] - Vincent a écrit le 30 novembre 2010 :

    Mes remarques sur cet excellent billet qui méri­te­rait néan­moins une ana­lyse pros­pec­tive un peu plus ambitieuse:

    - Une réac­tion nor­male de la part des chaines
    La télé­vi­sion connec­tée fait peur aux chaines. OK. Pour­quoi faire mine de s’en éton­ner? Ce sont des gens intel­li­gents qui les dirigent. Leur réac­tion de pro­tec­tion est ins­tinc­tive, nor­male. Les chaines pro­tègent leur busi­ness model actuel qui conti­nue à bien fonc­tion­ner quoi qu’on en dise.

    - Per­mettre de s’organiser
    Ce regrou­pe­ment sous une même ban­nière (le front du refus) va leur per­mettre d’acheter du temps… Au lieu de se pré­ci­pi­ter et de nouer de nom­breux par­te­na­riats bila­té­raux qui auraient pour effet de conti­nuer à frag­men­ter les audiences, les chaines vont favo­ri­ser l’émergence de standards.

    - Stra­té­gie de marque
    Ainsi, sur ces pla­te­formes techno neutres (=stan­dar­di­sées) sur les­quelles elles essaient d’avoir la main (cf. Charte), les chaines pour­ront répli­quer le modèle de concur­rence dif­fu­seur TV clas­sique, entre elles, en excluant au maxi­mum les nou­veaux entrants (pur web) afin d’éviter la frag­men­ta­tion des audiences. Cela se fera si besoin avec l’aide du légis­la­teur: les chaines contri­buent au finan­ce­ment d’oeuvres cultu­relles et obtiennent des contreparties.

    Une telle stra­té­gie peut elle fonc­tion­ner?
    Clai­re­ment, oui. Mme Michu veut sa télé. Moderne et tout, mais une télé. Les géné­ra­tions X,Y,Z se fra­cassent sur la bar­rière des 30 ans. Bcp deviennent des Mme Michu (c ma nou­velle théo­rie du moment, je teste l’effet…)

    Les chaines devront s’adapter, inno­ver, se méta­mor­pho­ser pour:
    - uti­li­ser le poten­tiel tech­no­lo­gique de la TV connec­tée (inter­ac­tion avec les pro­grammes)
    - faire du multi-screen pour mul­ti­plier les points de contact avec leurs marques
    - per­son­na­li­ser les expé­riences: une même marque (ou chaine) résonne dif­fé­rem­ment en cha­cun d’entre nous ; notre expe­rience avec cette chaine doit donc être adaptée

    Bon je m’arrête là, je ne veux pas squat­ter ce blog.
    Bises

  • [5] - Social TV a écrit le 1 décembre 2010 :

    Comme sou­vent, je suis en phase avec les ana­lyses et les hypo­thèses for­mu­lées dans le billet et dans les com­men­taires. Très inté­res­sant, Olivier !

    Du point de vue uti­li­sa­teur, je crois en effet plus à l’expérience géné­rique de la “télé connec­tée” en multi-screen qu’à celle du “télé­vi­seur connecté” qui relève d’avantage du fan­tasme des tech­no­logues de la conver­gence. D’ailleurs, seul 20% des télé­vi­seurs connec­tables sont réel­le­ment connec­tés. Et puis la “télé­vi­sion connec­tée” existe déjà depuis des années au tra­vers des Box d’opérateurs. Pour aller plus loin, il serait inté­res­sant d’accéder à des études quali/quanti sur les usages sur le parc actuel et de mesu­rer la satisfaction/les attentes des télé­spec­ta­teurs en matière de ser­vices dits interactifs.

    Juste un bémol sur le modèle publi­ci­taire de Google. Tu le décris comme étant basé sur le CPC en affi­chage contex­tuel et donc inadapté à la Google TV. Certes, ce modèle au clic vaut tou­jours pour le moteur de recherche Google, mais plus pour You­tube qui vend ses audiences à des CPM bien supé­rieurs à une dizaine d’euros et sur des volumes consi­dé­rables. Pour info, You­tube se targue d’être le 2e acteur du mar­ché publi­ci­taire en France sur le nombre d’in-stream ser­vis en pré-roll avant des vidéos (le numéro 1 étant pro­ba­ble­ment le groupe TF1). En agré­geant des flux vidéo live ou on-demand, en par­te­na­riat avec des pro­duc­teurs et des dif­fu­seurs de taille moyenne ou petite, You­tube a sûre­ment moyen de moné­ti­ser la TV connec­tée sur un modèle au CPM.

    Simple inter­ro­ga­tion : et si Google deve­naient la régie publi­ci­taire ultime dans le digi­tal avec une offre multi-screen (Web, mobile, tablettes, TV connec­tée) et multi-format (clic, dis­play, in-stream) pour les annonceurs ?

  • [6] - Olivier Ezratty a écrit le 1 décembre 2010 :

    @Social TV : bonne remarque sur CPC vs CPM. Quel sera le modèle pour les pubs pre et post-roll non pas de conte­nus pro­ve­nant de You­Tube mais de conte­nus pro­ve­nant direc­te­ment des chaines broad­cast, le jour où elles accep­te­ront ce mode de dif­fu­sion ? Quant à Google = régie publi­ci­taire ultime, c’est bien leur ambi­tion. Même dans le offline, mal­gré l’abandon du print aux USA en 2009 (http://techcrunch.com/2009/01/20/google-bails-on-print-ads-and-newspapers/).

    @Vincent: “Ce sont des gens intel­li­gents qui les dirigent”. Ach ! La plu­part des boites qui prennent de mau­vaises déci­sions sur le moyen/long terme sont rem­plies de gens intel­li­gents. Les entre­prises et orga­ni­sa­tions humaines hié­rar­chiques sont ainsi faites. Sinon, nous sommes en phase: l’appétence du mar­ché n’est pas démon­trée et sera au mieux très dif­fé­rente selon les seg­ments socio-démo, lais­sant en effet du temps aux chaines pour se retour­ner. Il n’empêche qu’elles conti­nuent à se tirer une balle (voire plu­sieurs) dans le pieds avec leur atti­tude. Notam­ment sur les seg­ments jeunes qui consomment la TV sur PC.

  • [7] - Emmanuel a écrit le 8 décembre 2010 :

    Pas­sion­nant comme tou­jours tou­te­fois par pur esprit de contra­dic­tion je m’étonne qu’on n’aborde pas la ques­tion d’une autre point de vue:
    Google ne par­vient pas à convaincre ses par­te­naires poten­tiels d’adopter sa pla­te­forme. Pour­quoi? Google écoute-t-il les besoins de ses par­te­naires pour les convaincre? Quelles sont ses pro­po­si­tions, sont-elles à la hau­teur?
    D’ailleurs on peut s’interroger Google considere-t-il les chaînes comme des clients, des par­te­naires ou des uti­li­sa­teurs? Dans n’importe quelle société on consi­de­re­rait que l’approche com­mer­ciale est à revoir car ne cor­res­pond pas néces­sai­re­ment aux attentes du mar­ché.
    Et si au moins une par­tie du pro­blème venait de là? D’un pro­fond mal­en­tendu entre des par­te­naires qui attendent d’être trai­tés en clients tan­dis que Google estime que l’adoption de sa pla­te­forme est “néces­saire” et consi­dère que les acteurs du mar­ché doivent adop­ter ses règles qui ne sont la plu­part du temps, pas négociables.

    Sans remettre en cause le rai­son­ne­ment de cet article je pense utile que l’on garde à l’esprit qu’il pro­cède d’une vision orien­tée, même si assumée.

    • [7.1] - Olivier Ezratty a répondu le 8 décembre 2010 :

      Oui, le point de vue côté Google mérite d’être exa­miné. En fait, la boite cherche d’abord à impo­ser son modèle et ensuite, va faire les ajus­te­ments mini­mum pour le faire accep­ter par les “sta­ke­hol­ders”. Ils apprennent en mar­chant. Cela reste une approche très expé­ri­men­tale “à l’américaine” sans for­cé­ment avoir de grand plan super-structuré comme on aime à l’interpréter vu de France.

      • [7.1.1] - Emmanuel a répondu le 8 décembre 2010 :

        Je sais que tu com­mentes la démarche des chaînes fran­çaises via leurs Charte mais je crains que le point de vue ne soit pas si dif­fé­rent outre-atlantique même s’il peut s’exprimer de façon dif­fé­rente. A vrai dire j’en suis sûr car il pré­cede de plu­sieurs mois les dis­cus­sions en France…

        • [7.1.1.1] - Olivier Ezratty a répondu le 8 décembre 2010 :

          J’évoque aussi la réac­tion des net­works amé­ri­cains. Elle est plus expli­cite. Mais par cer­tains côtés plus adap­tée. Les net­works refusent la moné­ti­sa­tion sau­vage de leurs conte­nus strea­més via Inter­net par Google, par une mesure de blo­cage tech­nique. Cela cor­res­pond bien aux nou­veaux usages.

          Les chaines TV fran­çaises bloquent la dif­fu­sion de leurs conte­nus broad­cas­tés tra­di­tion­nel­le­ment autant que ceux qui sont strea­més. En ce sens, les chaines fran­çaises sont plus res­tric­tives que les net­works amé­ri­cains qui sont déjà habi­tués à des solu­tions type Sling­box et à l’usage des PVR (mal­gré le mal que cela leur fait dans les reve­nus publi­ci­taires, ils n’ont pas pu y résister).

          Bon, en même temps, j’écris cela en étant à LeWeb où France Télé­vi­sion a un très beau stand et une approche “social net­works” inté­res­sante pour une chaîne publique. TF1/LCI est de son côté par­te­naire de longue date de l’événement (via la contri­bu­tion notable de Cédric Ingrand de l’émission Plein Ecran).




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