Silverlight et consors

Publié le 19 mai 2007 et mis à jour le 21 mai 2007 - 26 commentaires -
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Les annonces récentes de Micro­soft Sil­ver­light, Adobe Apollo et des évolu­tions de Flex, tout comme celle de JavaFX de Sun donnent un peu le tour­nis dans le monde des “Rich Inter­net Appli­ca­tions”. Il y a de quoi y perdre son latin car ces tech­no­lo­gies sont toutes concur­rentes, mais elles pré­sentent des dif­fé­rences cer­taines que leurs pré­sen­ta­tions mar­ke­ting ne per­mettent mal­heu­reu­se­ment pas d’identifier clairement.

Les annonces s’appuient à la fois sur les forces de leurs auteurs, et aussi de leurs fai­blesses sur le mar­ché et de leurs ambi­tions pour les résor­ber. Tout en sur­fant sur la vague du Web riche, inter­ac­tif et multimédia.

Pour faire simple:

  • Micro­soft cherche à séduire les concep­teurs et desi­gners de sites Web qui sont férus de Flash, alors qu’ils ont déjà plu­tôt la cote avec les déve­lop­peurs. Ils veulent se don­ner une image “multi-plate-forme” pour limi­ter leur image “pro­prié­taire liée à Win­dows”. Et se posi­tionnent net­te­ment sur les conte­nus riches, sur­tout vidéo.
  • Adobe cherche à séduire les déve­lop­peurs en entre­prise avec Flex et Apollo, des outils plus “sérieux” que Flash. Avec une incur­sion dis­crète dans le midd­le­ware ser­veur et une archi­tec­ture de client riche.
  • Sun pousse l’avantage multi-plate-forme de Java avec JavaFX, ciblant à l’instar de Micro­soft à la fois les postes de tra­vail, les mobiles, mais égale­ment les set-top-boxes. Mais avec la volonté de sim­pli­fier le déve­lop­pe­ment Java d’applications Inter­net riches.
  • L’open source reste créa­tif, mais quelque peu frag­menté et sans solu­tion d’ensemble répon­dant aux besoins du “rich web”. Mais comme ils dominent le reste du web avec les solu­tions LAMP, ils sont tran­quilles pour quelques temps.

Je vais dans ce post ten­ter de décor­ti­quer ces annonces en com­men­çant par Microsoft.

Micro­soft et Silverlight

Sil­ver­light a été annoncé pen­dant la confé­rence MIX de Las Vegas de fin avril 2007. C’est une tech­no­lo­gie de plug-in pour navi­ga­teur per­met­tant d’exécuter des com­po­sants logi­ciels “riches” avec toutes sortes de conte­nus inter­ac­tifs, notam­ment vidéo. Elle ne part pas de zéro puisque c’est le nou­veau nom donné à ce qui était jusqu’à pré­sent le WPF/E (Win­dows Pre­sen­ta­tion Foun­da­tion / Eve­ryw­here) dont une ver­sion d’évaluation était sor­tie en décembre 2006.

Sil­ver­light pré­sente plu­sieurs carac­té­ris­tiques intéressantes:

  • C’est la mise en oeuvre de l’architecture .NET dans un plug-in pour navi­ga­teur Web avec l’incorporation des tech­no­lo­gies que l’on retrouve dans .NET et dans Vista: le fra­me­work Win­dows Pre­sen­ta­tion Fra­me­work pour la créa­tion d’interfaces gra­phiques riches et dyna­miques, le lan­gage XAML pour la des­crip­tion en XML de ces inter­faces, et le sup­port du mul­ti­lan­gage (dans la ver­sion 1.1 de Sil­ver­light, la 1.0 se conten­tant de XAML et de JavaS­cript). C’est donc un bon moyen de pro­mou­voir les inter­faces de pro­gram­ma­tion de Vista au delà de ce sys­tème d’exploitation. Avec une carac­té­ris­tique qui semble faire la dis­tinc­tion avec les concur­rents: une excel­lente rapi­dité d’exécution des applications.
  • C’est un com­po­sant adapté au mul­ti­mé­dia, très puis­sant pour les inter­faces ani­mées et la vidéo, sup­por­tant la HD (720p) en strea­ming ou download. A ce titre, Sil­ver­light devrait être une tech­no­lo­gie de choix pour les appli­ca­tions grand public de com­merce élec­tro­nique et de télé­vi­sion numé­rique, sur PC comme sur set-top-box. Et aussi pour le mar­ché publi­ci­taire, tou­jours à la recherche de for­mats ori­gi­naux et interactifs. Silverlight arrive à point nommé alors que la vidéo envahi lit­té­ra­le­ment le Web. La tech­no­lo­gie repose sur le codec SMTPE VC1 (Win­dows Media Video) dont la per­for­mance en strea­ming est pro­ba­ble­ment la meilleure du mar­ché (taux de com­pres­sion, qua­lité d’image, charge de serveur).
  • Il remet au goût du jour la notion de “client riche”. La nuance entre client riche et client léger est d’ailleurs de plus en plus ténue, avec tous ces plug-ins popu­la­ri­sés par Flash et autres players média. C’est aussi la conso­li­da­tion d’un web dont de nom­breuses com­po­santes sont et res­tent pro­prié­taires. Micro­soft parle de “Logi­ciel + ser­vice” et pas juste de “Soft­ware as a ser­vice”. C’est la tra­duc­tion d’une réa­lité simple: les solu­tions logi­cielles d’aujourd’hui qui exploitent Inter­net sont la com­bi­nai­son de logi­ciels qui tournent sur votre ordi­na­teur (fixe, por­table, set-top-box, montre, wha­te­ver…) et de logi­ciels tour­nant sur des ser­veurs (qu’on appelle “ser­vices”). Bref, après quelques contor­sions séman­tiques, c’est le bon vieux concept du “client-serveur” qui sur­vit aux géné­ra­tions tech­no­lo­giques. Micro­soft se posi­tionne d’ailleurs des deux côtés de la chaîne de valeur avec tout ce qu’il faut du côté client (Sil­ver­light, Vista, clients riches, semi-riches, légers, etc) et du côté ser­vices (ce que pro­pose Live: Hot­mail, Pho­tos, Contacts, Vir­tual Earth, Search, authen­ti­fi­ca­tion et le nou­veau Sil­ver­light Strea­ming, un ser­vice web de strea­ming vidéo avec 4 Go de sto­ckage gratuit ).
  • Une offre très inté­grée d’outil de déve­lop­pe­ment d’applications riches: Expres­sion Stu­dio qui com­porte quatre com­po­sants (Expres­sion Web pour la créa­tion d’applications Web en rem­pla­ce­ment de Front­Page, Expres­sion Blend pour la créa­tion d’applications desk­top, Expres­sion Design pour le des­sin vec­to­riel et bit­map - résul­tat de l’acquisition de Crea­ture House en 2003 et Expres­sion Media pour l’encodage et la ges­tion des médias - issu de l’acquisition de iViews en 2006). Expres­sion Stu­dio peut être évalué gra­tui­te­ment par brique. Cette inté­gra­tion suit un décou­page fonc­tion­nel par métier (déve­lop­peur, desi­gner, média mana­ger) repre­nant une vision très tay­lo­rienne de la concep­tion de site Web riche. Mais l’approche a ses limites puisqu’Expression Stu­dio ne sup­porte pas encore l’intégration d’outils de ges­tion de ver­sion (CVS like). On se retrouve donc avec une approche du déve­lop­pe­ment à trois couches: médias/contenus/design, site web, et com­po­sants logi­ciels, ces der­niers res­tant déve­lop­pés avec Visual Stu­dio. L’ergonomie, le look et la cohé­rence de la suite Expres­sion sont vrai­ment atti­rants, par com­pa­rai­son à ce que l’on trouve chez Adobe ou Sun qui reste très aus­tère (cf exemple avec Blend ci-dessous).

  • Une ouver­ture qui s’étoffe mais qui reste limi­tée : le plug-in Sil­ver­light fonc­tionne sous Win­dows (y com­pris Win­dows Mobile) et MacOS. Il sup­porte Inter­net Explo­rer, Fire­fox, Opera et Safari. Linux n’est pas au pro­gramme et ne le sera pas avant long­temps car Micro­soft évite de tou­cher à ce sys­tème par peur du côté viral de la licence GPL (même s’il a des offres qui touchent bien à Linux notam­ment dans le domaine de la vir­tua­li­sa­tion). Micro­soft s’appuiera donc sur le pro­jet Mono mené par Miguel Iquaza chez Novell pour faire fonc­tion­ner Sil­ver­light sous Linux. Du côté déve­lop­pe­ment, Sil­ver­light peut être pro­grammé avec le très popu­laire lan­gage objet Ruby, en plus des lan­gages clas­si­que­ment sup­por­tés par .NET tels que C# ou Python. L’ouverture n’est par contre pas le fort de Sil­ver­light du côté de la vidéo : il ne sup­porte que le for­mat SMTPE VC1 (de la HD au mobile). Aucune infor­ma­tion n’a fil­tré sur une éven­tuelle archi­tec­ture de codecs pour sup­por­ter d’autres for­mats vidéo. Donc, des conver­sions de for­mats sont pré­vues au pro­gramme - avec Expres­sion Media Enco­der - pour les Divx, H264, MPEG2 et autres MPEG4. En audio, le choix est légè­re­ment plus ouvert avec le sup­port du WMA et du MP3. Enfin, et ce n’est pas de l’ouverture mais plu­tôt de la cap­ture de part de mar­ché de concur­rent, un outil de conver­sion est fourni pour pas­ser de Flash à Silverlight.

D’un point de vue pra­tique, l’ins­tal­la­tion de Sil­ver­light (1.0 beta) est rapide, avec un télé­char­ge­ment de moins de 2 Mo. Tout du moins sous Win­dows Vista ou sous Win­dows XP SP2 qui dis­posent déjà du fra­me­work .NET. Dans le cas contraire, on est bon pour 50 Mo de télé­char­ge­ment. Une fois le plug-in ins­tallé, on peut tes­ter quelques petites appli­ca­tions de démons­tra­tion comme cet outil de pré­sen­ta­tion de bandes annonces de Fox:

En fait, il y a coexis­tence entre la bêta de Sil­ver­light 1.0 (2 Mo) et une alpha de Sil­ver­light 1.1 (4 Mo). C’est vrai­ment un comble! Cette der­nière ver­sion qui seule sup­porte la CLR et les lan­gages de pro­gram­ma­tion de .NET per­met de visua­li­ser quelques démons­tra­tions comme ce Sil­ver­light Air­lines qui per­met visuel­le­ment d’identifier le meilleur vol et par­cours pour aller d’une ville à une autre des USA:

 

Dans son lan­ce­ment de Sil­ver­light, les pre­mières réfé­rences clients de Micro­soft étaient très orien­tées ‘médias’ et réduites aux USA: CBS (pour un site com­mu­nau­taire en cours de créa­tion, à la MyS­pace), Fox que l’on a déjà vu, Major League Base­ball (télé­vi­sion en direct et à la demande), Skin­kers (push strea­ming vidéo sur mobiles), Limelight Deli­very Net­work (dis­tri­bu­tion de conte­nus médias) et enfin Net­flix pour la consul­ta­tion d’extraits vidéos.

Il y avait égale­ment quelques logi­ciels ou maté­riels en tirant parti: Roxio Buzz, un outil gra­tuit de mon­tage vidéo relié aux plates-formes de strea­ming comme Sil­ver­light Strea­ming (ver­sion payante pour sup­por­ter les codecs vidéo comme le MPEG2, MPEG4 ou AAC d’Apple), Top­ba­nana de Meta­liq, un outil de mon­tage vidéo équi­va­lent issu d’une jeune star­tup, et enfin Tarari qui annonce un enco­deur vidéo maté­riel (pour le VC1 de Silverlight).

Bref, avec Sil­ver­light, on béné­fi­cie de spé­ci­fi­ci­tés de .NET et de Micro­soft: un choix de lan­gages de pro­gram­ma­tion et d’outils de déve­lop­pe­ment modernes, la meilleure per­for­mance d’exécution et une plate-forme d’outils de créa­tion adap­tée à tous les métiers. Par contre, c’est mal­gré un peu d’ouverture, un monde assez “Micro­soft cen­tric”. Vous vou­lez en savoir plus? L’occasion vous en est don­née en par­ti­ci­pant à la confé­rence Mix à Paris, au Cirque d’Hiver, le 21 juin. Vous pou­vez aussi lire divers compte rendu de l’annonce de MIX Vegas, notam­ment chez Fred Cavazza. Et aussi la des­crip­tion assez com­plète de Sil­ver­light faite par Scott Guthrie de Micro­soft Corp.

Au pas­sage, les rumeurs sur l’acquisition de Yahoo par Micro­soft me semblent peu fon­dées. Contrai­re­ment à l’idée répan­due chez ses détrac­teurs, Micro­soft fait très rare­ment l’acquisition de concur­rents, à for­tiori de grande taille. Les redon­dances entre MSN/Live et Yahoo sont trop consé­quentes (mail, mes­sa­ge­rie ins­tan­ta­née, por­tail, blog, par­tage photo/vidéos, etc) pour qu’une inté­gra­tion puisse fonc­tion­ner sans pertes et fra­cas. Par contre, il n’est pas impos­sible que Micro­soft dis­cute avec Yahoo de par­te­na­riats tech­no­lo­giques divers. Pour­quoi pas, rela­tifs à l’usage chez Yahoo de Sil­ver­light! Mais je peux me trom­per, on verra bien…

Sinon, Micro­soft vient de faire, comme ça, l’acquisition de aQuan­tive hier pour la modique somme de $6B. C’est sa plus grosse acqui­si­tion historique. Faute d’avoir pu gober Dou­ble­Click, attrapé par Google il y a quelques semaines pour $3B. aQuan­tive est l’un des prin­ci­paux concur­rents, certes moins connu, de Dou­ble­Click. Il faut dire que aQuan­tive avait un atout de taille: ils sont basés à Seat­tle! Mais ceci n’a pas de rap­port avec Sil­ver­light, mais plus avec la volonté de Micro­soft de moné­ti­ser ses ser­vices Inter­net par la publi­cité, face à l’omniprésent Google.

Adobe, Apollo et Flex

Apollo d’Adobe est l’équivalent le plus proche de Sil­ver­light. A ceci près que ce run-time per­met de mixer dans le même com­po­sant logi­ciel du code HTML, JavaS­cript en plus du Flash et au pas­sage du PDF.

Un plug-in Sil­ver­light sera écrit dans un lan­gage sup­por­tant .NET, puis fera appel à XAML pour la des­crip­tion gra­phique de l’application. Et il sera exé­cu­table dans le contexte d’une page HTML, elle-même ren­due par un navi­ga­teur. Alors qu’un com­po­sant Appolo est en fait une appli­ca­tion qui s’exécute direc­te­ment à par­tir du bureau.

Du côté outil de déve­lop­pe­ment, Adobe pro­pose Flex pour créer ces appli­ca­tions Apollo. Flex com­prend Flex Buil­der, un envi­ron­ne­ment de déve­lop­pe­ment (IDE) basé sur Eclipse (illus­tra­tion ci-dessous), Flex Fra­me­work, un modèle de pro­gram­ma­tion, et Flex Data Ser­vices, un ser­vice d’accès (écrit en Java) aux don­nées gérant la syn­chro­ni­sa­tion entre client et ser­veur. L’interface des appli­ca­tions Flex est codée avec MXML, une sorte d’équivalent du XAML de Microsoft.

Sur le poste de tra­vail, l’application Apollo s’exécute avec un run-time Apollo. Une appli­ca­tion Flex se contente du Flash Player. Dans les deux cas, on a une bonne vieille appli­ca­tion “client riche” dotée des moyens de com­mu­ni­ca­tion avec les ser­veurs sur Inter­net. Voici pour résu­mer tout cela une cette com­pa­rai­son sché­ma­tique d’architecture entre les appli­ca­tions Sil­ver­light, Flex et Apollo (cli­quer des­sus pour agran­dir le schéma):

Au delà de cette notion de client riche “stan­da­lone”, ce qui est un peu nou­veau dans l’architecture d’Adobe, c’est l’intrusion dans le ser­veur. Jusqu’à pré­sent, un plug-in Flash s’exécutait tout seul sur le client, sur lequel il avait été télé­chargé comme simple fichier à par­tir d’un ser­veur. Une appli­ca­tion Flex ou Apollo feront appel aux Flex Data Ser­vices tour­nant sur ser­veur. Ce n’est pro­ba­ble­ment qu’un début et il ne serait pas éton­nant de voir un jour Adobe étof­fer son offre de midd­le­ware ser­veur à par­tir de cette tête de pont.

Un avan­tage à signa­ler pour l’offre Adobe: elle est “plus” mul­ti­pla­te­forme car l’éditeur sup­porte lui-même Linux. Même s’il ne sup­porte offi­ciel­le­ment que Red­Hat et Novell Suse. Sa stra­té­gie pour les mobiles semble par contre moins avan­cée que celle de Micro­soft et de Sun, que l’on verra juste après.

Micro­soft et Adobe ont deux approches pro­prié­taires qui se battent en duel. Ils riva­lisent d’ouverture dans leur monde pro­prié­taire: Micro­soft a fait stan­dar­di­ser le VC1, le C#, la CLR, et a mis en open source la DLR, un bout du run-time de Sil­ver­light. Mais le lan­gage script de Flash, Action Script, est aussi un stan­dard ECMA, orga­nisme conver­tis­sant régu­liè­re­ment des spé­ci­fi­ca­tions pro­prié­taires en stan­dards de jure. L’annonce de la mise des outils Flex 3.0 en open source suit cette ten­dance. Quand ont lit entre les lignes, on constate que seuls cer­tains com­po­sants de Flex seront mis en open source. Et que cela ne concerne pas les exten­sions à Eclipse ni les Flex Data Ser­vices. L’approche open source est donc uti­li­sée plus à des fins mar­ke­ting qu’autre chose, tout en pré­ser­vant le côté pro­prié­taire des com­po­sants clés de la plate-forme Flex et Apollo. A l’instar de Micro­soft avec Visual Stu­dio et Expres­sion, le Flex Buil­der d’Adobe reste bien payant.

Adobe a pour lui la chance qu’a Micro­soft dans d’autre domaine : l’inertie de mar­ché. Qui fait qu’il sera dif­fi­cile de délo­ger Flash. Le web conti­nuera donc d’être un bric à brac qui voit se côtoyer de nom­breuses tech­no­lo­gies ouvertes et pro­prié­taires, avec une palan­quée de plug-ins et autres com­po­sants logi­ciels incom­pa­tibles entre eux.

Avec Adobe, on est donc dans le stan­dard du moment, un peu plus proche des stan­dards Web, et on est plus multi-plate-forme qu’avec Microsoft.

Sun et JavaFX

Sun a annoncé JavaFX quelques jours après l’annonce de Sil­ver­light par Micro­soft. On pour­rait dire: “en réac­tion à”. D’un point de vue du timing, c’était à l’occasion de la confé­rence JavaOne qui avait alors lieu, et de toutes manières, ces choses là ne se pré­parent pas en quelques semaines. Même s’il appa­rait que l’annonce est maigre et ne consti­tue pas une avan­cée autant que celles d’Adobe ou de Microsoft.

JavaFX Script est un lan­gage de scrip­ting qui fonc­tionne sur toute machine vir­tuelle JavaSE. Sorte d’intermédiaire entre Java et JavaS­cript, il s’appuie sur la biblio­thèque de com­po­sants Swing ser­vant à décrire les éléments de l’interface gra­phique. Mais l’ensemble ne semble pas per­mettre la créa­tion d’applications aussi riches visuel­le­ment que Sil­ver­light ou Flex.

Alors, où est l’interpréteur de ce lan­gage? L’histoire ne le dit pas et le mar­ke­ting de Sun est assez obs­cur de ce point de vue là. L’interpréteur doit se char­ger avec l’application, étant lui-même écrit en Java. Ou bien JavaFX n’est qu’un nom mar­ke­ting pour un sous-ensemble de Java ou de JavaS­cript. En tout cas, ceci n’augure rien de bon en termes de per­for­mances. Les appli­ca­tions JavaFX sont des fichiers .jar char­gés à par­tir d’un navi­ga­teur et qui s’exécutent ensuite dans leur propre fenêtre.

Sun pro­pose aussi JavaFX Mobile, un midd­le­ware pour mobile per­met­tant d’exécuter ces nou­veaux scripts. Un bon point pour Java qui est effec­ti­ve­ment très pré­sent sur ce marché.

Autre bon point pour Sun et Java, le côté multi-plate-forme qui est bien meilleur que pour Micro­soft Sil­ver­light et Adobe Flex/Appolo. Car Java sup­porte à peu près tout ce qui existe comme sys­tème d’exploitation. De plus, JavaFX en open source, of course.

On déve­loppe les appli­ca­tions JavaFX à par­tir de Net­Beans, l’environnement de déve­lop­pe­ment gra­tuit de Sun écrit lui-même en Java.

Donc, what’s new? Pour­quoi a-t-on besoin d’un lan­gage de scrip­ting lui-même tour­nant au des­sus de Java? La lit­té­ra­ture indique que cela per­met d’ouvrir Java à un plus grand nombre de déve­lop­peurs. Mais n’est-ce pas le rôle de JavaS­cript? Mys­tère pour moi…

Sur le site de JavaFX, on pou­vait tes­ter quelques petites appli­ca­tions de démons­tra­tion comme celle de Moto­rola qui a l’air bien ani­mée et rapide:

Et une autre de Tesla Motors. Mais, dif­fé­rence notable par rap­port aux démons­tra­tions de Micro­soft et Adobe: il n’y a pas de vidéos! Pour­tant, cela doit être possible.

Au bilan, avec Sun et Java, on n’est pas très avancé, sauf peut-être sur les mobiles où Java est très présent.

Solu­tions open source

Le monde de l’open source est très divers et son approche est donc assez frag­men­tée. Même si elle pré­sente l’approche de ne pas être pro­prié­taire et proche des stan­dards du Web.

His­to­ri­que­ment, les évolu­tions du déve­lop­pe­ment Web dans ce monde pas­saient par Ajax et ses évolu­tions comme XAP (sou­tenu par Nexa­web) ou implé­men­ta­tions diverses comme chez Helmi, tout comme XUL - un vague équi­va­lent open source du XAML de Micro­soft - et SVG, un for­mat d’image vec­to­riel 2D dérivé de XML. (NB: Micro­soft four­nit aussi une implé­men­ta­tion d’Ajax sur ASP.NET avec Atlas).

C’est le pro­jet Open­Laszlo, d’origine italienne, qui semble le plus proche de Sil­ver­light et de Flex. Il s’appuie sur un lan­gage LZX de des­crip­tion d’interface gra­phique simi­laire à XUL (Mozilla Foun­da­tion), XAML (Micro­soft) et MXML (Adobe) et sur un logi­ciel ser­veur qui com­pile le code pour l’envoyer aux navi­ga­teurs au for­mat Sho­ck­wave reconnu par le player Flash ou bien en JavaS­cript. Les quelques démons­tra­tions d’applications réa­li­sées avec sont assez clas­siques dans la forme.

Enfin, du côté du consor­tium Object­Web, il n’y a pas de signe de vie d’une plate-forme inté­grée pour le “rich web”. Ce qui s’explique par l’orientation midd­le­ware ser­veur et déve­lop­pe­ment d’applications en entre­prise du consor­tium et de ses dif­fé­rents membres.

A ce stade, aucune solu­tion open source n’a réussi à véri­ta­ble­ment égra­ti­gner Adobe côté part de mar­ché, ou Micro­soft du côté de la cohé­rence de l’architecture.

Conclu­sion

Je constate au vu de ces acteurs du mar­ché que leur mar­ke­ting est assez cryp­tique. Leurs expli­ca­tions contiennent peu de sché­mas qui expliquent qui fait quoi, quel logi­ciel tourne où et s’interface avec quoi. Le manque de péda­go­gie est fla­grant. Adobe n’est pas trop mau­vais, Sun est une catas­trophe, et Micro­soft se situe entre les deux.

Je note aussi une consé­quence de l’émergence de ces appli­ca­tions “riches” qu’il ne faut pas négli­ger: elle peut fer­mer l’Internet et notam­ment empê­cher l’indexation de conte­nus, s’ils sont tous encap­su­lés dans ces applications.

Bref… net net, Adobe et Micro­soft res­tent les deux acteurs en lice dans ce web propriétaire!

Encore faut-il faire la part des choses sur le mar­ché concerné. Il s’agit ici du mar­ché des “appli­ca­tions riches”. Mais l’essentiel du web, ce sont des appli­ca­tions “pauvres” - certes dyna­miques - qui n’ont pas besoin d’être “riches”. Donc, les appli­ca­tions Web déve­lop­pées avec des outils plus tra­di­tion­nels comme le bon vieux PHP et le JavaS­cript, conti­nue­ront de domi­ner l’Internet pen­dant longtemps.

Article très légè­re­ment mis à jour le 20 mai 2007

Publié le 19 mai 2007 et mis à jour le 21 mai 2007 Post de | Internet, Logiciels, Microsoft | 27165 lectures

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Les 26 commentaires et tweets sur “Silverlight et consors” :

  • [1] - rthomas a écrit le 19 mai 2007 :

    Pour les déve­lop­peurs il faut noter que Sil­ver­light est dans la direc­tion d’une uni­fi­ca­tion des appli­ca­tions. Les dif­fé­rences entre dev « Web » et dev « EXE » deviennent assez sub­tile et vont à terme disparaître.

    Rémi

  • [2] - Olivier Ezratty a écrit le 19 mai 2007 :

    Juste une dif­fé­rence entre URL et UNC? C’est aussi une affaire de stan­dards et de pro­to­coles utilisés.

    Il n’y a en tout cas pas vrai­ment uni­fi­ca­tion (c’est plu­tôt le bazar) et toutes les appli­ca­tions ont une dose client et une dose ser­veur, le dosage étant très variable. Mais un brow­ser, à la longue, c’est devenu un client riche…

  • [3] - Jeremy Fain a écrit le 19 mai 2007 :

    Bon­jour Olivier,

    Vous écri­vez “l’essentiel du web, ce sont des appli­ca­tions “pauvres” - certes dyna­miques - qui n’ont pas besoin d’être ‘riches’. Donc, les appli­ca­tions Web déve­lop­pées avec des outils plus tra­di­tion­nels comme le bon vieux PHP et le JavaS­cript, conti­nue­ront de domi­ner l’Internet pen­dant longtemps.”

    Pas si cer­tain. Car, même s’il est pro­bable que les logi­ciels en ‘client lourd’ ne seront jamais aban­don­nés, le mar­ché appelle à ce que de plus en plus d’applications tournent direc­te­ment dans le navi­ga­teur. Ce qu’a rendu pos­sible la tech­no­lo­gie Ajax notamment.

    Jusqu’ici, les appli­ca­tions web étaient effec­ti­ve­ment rela­ti­ve­ment ‘pauvres’ en rai­son comme vous l’avez sou­li­gné de la len­teur de Flash, et de la non com­pa­ti­bi­lité de cer­tains navi­ga­teurs (obli­ga­tion de télé­char­ger un plug-in, etc.).

    Main­te­nant que le pro­blème de la lour­deur en télé­char­ge­ment comme en char­ge­ment est résolu, il est pro­bable que les inter­faces rich media décollent une bonne fois pour toutes.

    Car si jusqu’ici le rich media était can­tonné à la publi­cité inter­ac­tive, les uti­li­sa­teurs comme les déve­lop­peurs et les gra­phistes vont décou­vrir qu’il est pos­sible d’embarquer de l’intelligence dans du beau grâce à ces réelles inno­va­tions que sont les pla­te­formes Apollo d’Adobe et Sil­ver­light de Microsoft.

    Le com­bat entre les deux éditeurs amé­ri­cains pour la domi­na­tion de ce très juteux mar­ché risque d’être féroce et passionnant.

    Comme l’utilisateur se fiche éper­dum­ment de savoir si l’appli tourne en Apollo ou Sil­ver­light, la clé du suc­cès rési­dera pro­ba­ble­ment dans l’évangélisation des web agen­cies, et là Adobe, his­to­ri­que­ment et avec le rachat de Macro­me­dia, a une sacré avance.

  • [4] - Olivier Ezratty a écrit le 19 mai 2007 :

    La ques­tion est de savoir où l’on place le cur­seur pour le “rich media”. On peut déjà faire pas mal de “media” avec les tech­nos web traditionnelles…

  • [5] - genium a écrit le 20 mai 2007 :

    Bon­jour Olivier,

    AMHA, On devine l’imminence d’une oppo­si­tion RIA/Web dans l’esprit de l’affrontement WS-*/REST.

    Les rai­sons du déclin iné­luc­table des “techno” WS-* & co au pro­fit des archi­tec­tures REST sont assez simples: WS-* viole (ou au mieux ignore) les prin­cipes d’architecures du Web.

    Dans ces pro­blé­ma­tiques d’architecures, les RIA ne feront pas le poids face aux appli­ca­tions Web.

    Ma seule crainte, c’est que Micro­soft ver­rouille le web au niveau du W3C. Il fau­dra suivre l’évolution des spec HTML 5 comme des tra­vaux du whatwg (avec les prin­ci­paux acteurs du web, comme mozilla, opera, google, safari…)

    Cor­dia­le­ment.

    Nota bene:

    - A suivre égale­ment l’évolution de Micro­soft:
    “REST is totally swee­ping Micro­soft“
    http://www.25hoursaday.com/weblog/PermaLink.aspx?guid=be04ab7c-428d-4173-8d41-dbe374e5a4c1

    - A lire: RES­T­ful Web Ser­vices
    http://www.oreilly.com/catalog/9780596529260/

  • [6] - frenchy a écrit le 20 mai 2007 :

    “”“Du côté déve­lop­pe­ment, Sil­ver­light peut être pro­grammé avec le très popu­laire lan­gage objet Ruby, en plus des lan­gages clas­si­que­ment sup­por­tés par .NET.”””

    C’est d’abord Python qui est dis­po­nible, par l’intermédiaire de la DLR, qui est la couche dyna­mique au des­sus du CLR qui per­met à terme d’interfacer qua­si­ment n’importe quel lan­gage dynamique.

    je suis pas en grand fan de Micro­soft mais per­mettre aux déve­lop­peurs d’utiliser leur lan­guage favo­ris côté client (et non plus seule­ment javas­cript) et de béné­fi­cier de toutes les biblio­thèques .Net (quelque soit le lan­guage d’écriture) est un argu­ment très fort pour un développeur.

    Pour mieux com­prendre le fonc­tion­ne­ment et l’intérêt de la DLR, voir le Blog Jime Hugu­nin, lead déve­lop­peur d’IronPython chez Micro­soft et qui tra­vail aussi sur la DLR:

    http://blogs.msdn.com/hugunin/archive/2007/04/30/a-dynamic-language-runtime-dlr.aspx

    “”“
    We’re ini­tially buil­ding four lan­guages on top of the DLR - Python, JavaS­cript (EcmaS­cript 3.0), Visual Basic and Ruby. We ship­ped today both Python and JavaS­cript as part of the Sil­ver­light 1.1alpha1 release today.
    ”””

  • [7] - philippe a écrit le 20 mai 2007 :

    merci pour cette ana­lyse très vaste mais pré­cise. Peut-être pourrait-on aussi inclure Ajax comme can­di­dat pour la bataille des clients riches. Car si le besoin (et la frus­tra­tion des créa­tifs) pour des appli­ca­tions plus riches se fait sen­tir, les dif­fé­rents fra­me­works dis­po­nibles per­mettent de résoudrent de nom­breux pro­blèmes, même si ques­tion “whaou”, ce sera sûre­ment moins bon… Mais dans cet ensemble, qui aura le der­nier mot, voilà de quoi rédi­ger un nou­veau post tout aussi passionnant.

  • [8] - Olivier Ezratty a écrit le 20 mai 2007 :

    Phi­lippe,

    J’ai cité Ajax dans les tech­nos open source, même si elles sont égale­ment uti­li­sées chez MS (dans Atlas). Ajax per­met de créer des sites dyna­miques, mais pas for­cé­ment du rich media (“whaou” comme vous dites) comme les solu­tions d’Adobe et sur­tout MS le pro­posent. Mais comme indi­qué dans la conclu­sion, reste à savoir quel est le réel besoin du mar­ché dans son ensemble.

    Au pas­sage, on est tous en tant qu’utilisateurs, plu­tôt aga­cés par ces sites vitrines d’entreprises qui démarrent avec une ani­ma­tion Flash. C’est une véri­table pol­lu­tion du Web qui méri­te­rait d’être limi­tée. Mais que le rich media ne va pas arrê­ter, malheureusement!

  • [9] - links for 2007-05-20 a écrit le 21 mai 2007 :

    […] Sil­ver­light et consors Le point de vue sur la guerre des solu­tions de rich inter­net appl­cia­tions par Oli­vier Ezratty (ex Micro­soft donc point de vue for­cém­ment un poil biaisé). Dom­mage qu’il oublie Mozilla XUL / XUL­Run­ner. (tags: sil­ver­light flash apollo ria gui f3) […]

  • [10] - imbolcus a écrit le 21 mai 2007 :

    Vous dites que le Libre est mor­celle et a du mal a four­nir une solu­tion com­plete. C’est sans comp­ter la deci­sion de Adobe de libe­rer Flex… De ce fait, Flex est une techno Libre, non mor­cel­lee et lea­der sur son marche pour l’instant ;)

  • [11] - Olivier Ezratty a écrit le 21 mai 2007 :

    Pour moi, Adobe Flex est plus “open source” que “libre” dans la phi­lo­so­phie. C’est un bout de techno en open source lié à plein de tech­no­lo­gies et outils pro­prié­taires. Et une palan­quée de bre­vets logi­ciels à n’en pas douter.

    Bref, un posi­tion­ne­ment “open source” très marketing.

  • [12] - Laurentj a écrit le 21 mai 2007 :

    Vous avez oublié dans votre ana­lyse, au niveau open­source, Xul­Run­ner (de Mozilla). Apollo est au niveau archi­tec­ture une copie conforme de Xul­Run­ner : inter­face en XUL + javas­cript (ecmas­cript) + html + SVG + css + plein d’autres tech­nos (stan­dar­di­sées pour la majo­rité), fichiers ras­sem­blés dans un zip et exé­cu­tés sur le desk­top au moyen de Xul­Run­ner. D’ailleurs au niveau concep­tuel, MXML res­semble plus à XUL qu’à XAML. Et pour ce qui est du coté mul­ti­mé­dia, on peut trés bien, dans une appli XUL, se baser sur du flash, ou des plu­gins audio/video comme VLC

  • [13] - Jean-Marc Fontaine a écrit le 21 mai 2007 :

    XUL - un vague équi­va­lent open source du XAML de Microsoft

    Je vous trouve bien sévère avec XUL. Sur­tout qu’historiquement c’est XAML qui est une copie de XUL.

  • [14] - jimich a écrit le 21 mai 2007 :

    Pour en reve­nir à XUL …
    Jamais entendu parlé de Joost des frères Kazaa et Skype? :-)
    http://www.joost.com/
    Jamais entendu parlé de Song­bird?
    http://www.songbirdnest.com/

    2 petites appli­ca­tions XUL basées sur XUL run­ner et com­bi­nant une dose de XML (XUL), de javas­cript et de code compilé …

    et ne pas oublier quand même que fire­fox et thun­der­bird (et Sea­Mon­key, et nvu, et … ) ont une inter­face gra­phique décrites en XUL par des­sus la pla­te­forme mozilla

  • [15] - Olivier Ezratty a écrit le 21 mai 2007 :

    Laurent,

    Bon point, effec­ti­ve­ment, Adobe s’est appuyé sur des briques open source XUL. Tout en les ren­dant pro­prié­taires mal­gré tout dans leur assemblage.

    Jean-Marc,

    Remarque exacte sur le timing : XUL date de la fin des années 1990 et XAML a vu le jour – au niveau des labs - aux alen­tours de 2001/2002, avant la sor­tie de la pre­mière Alpha de Vista (Lon­ghorn). Prises iso­lé­ment, toutes ces tech­no­lo­gies s’inspirent les unes des autres. Et cela remonte sou­vent loin dans le temps. Doit-on cepen­dant com­pa­rer XUL à XAML iso­lé­ment du reste ? XUL d’intègre à Gecko, le moteur de Mozilla inté­gré dans Fire­fox. XAML s’intègre au fra­me­work .NET 3.0 de MS, avec une cou­ver­ture fonc­tion­nelle très large. Je pense en par­ti­cu­lier à l’architecture qui relie XAML au moteur gra­phique de Win­dows et aux dri­vers de carte gra­phique, en par­ti­cu­lier pour les ren­dus vidéo et la ges­tion de tex­tures. Ega­le­ment au trai­te­ment 2D qui peut être appli­qué à l’ensemble d’une fenêtre et de ses objets, au pla­cage de vidéo (fichier ou strea­mée) sur n’importe quelle sur­face 2D ou 3D. Archi­tec­ture qui n’a à ma connais­sance par d’équivalent dans XUL/Gecko, et pour cause, car cette tech­no­lo­gie est indé­pen­dante de l’OS. Ensuite, XUL est inter­prété alors que XAML est com­pilé, avec un impact sur la per­for­mance et sur la capa­cité à créer des appli­ca­tions riches et rapide et pas seule­ment des wid­gets pour le navi­ga­teur. Il est plus appro­prié de com­pa­rer des archi­tec­tures que des lan­gages « tags à tags » comme le font cer­tains au sujet de XUL et XAML. Dans ce contexte, l’approche inté­grée de Micro­soft a les avan­tages de ses incon­vé­nients et réci­pro­que­ment: cohé­rente de l’interface au hard, mais pro­prié­taire et non stan­dard (de jure). Le monde du libre reste encore frag­menté et divisé, ce qui nuit à sa com­pé­ti­ti­vité dans ce domaine face à Micro­soft et à Adobe. Cela n’a pas été arrangé par la perte de lea­der­ship du W3C qui n’a pas réussi à s’imposer dans les dia­lectes XML de spé­ci­fi­ca­tion d’interface gra­phique (cf l’état des lieux sur http://www.w3.org/2006/appformats/).

    Bon, mais chez Micro­soft, on attend tou­jours des appli­ca­tions sérieuses déve­lop­pées en .NET en XAML, hors Win­dows Live ! A croire que c’est « pour les autres ».

  • [16] - philippe a écrit le 21 mai 2007 :

    Oli­vier, si je pen­sais à Ajax, c’était suite à ta réflexion sur l’indexation des appli­ca­tions web. Les outils “com­pi­lés”, tant qu’ils n’offriront pas des pos­si­bi­li­tés d’introspection stan­dar­di­sée (java le per­met en théo­rie) ne pour­ront per­mettre des indexa­tions effi­caces. L’exemple de flash est révé­la­teur : l’outil de publi­ca­tion HTML se contente d’exporter tous les textes des ani­ma­tions dans le code HTML, sans dis­tinc­tion, sans pos­si­bi­lité d’accéder direc­te­ment au contenu (à moins d’un tra­vail manuel du fla­sheur). On ima­gine dif­fi­ci­le­ment moins per­ti­nent, plus “bruyant”. L’avantage d’une appli­ca­tion Ajax est qu’elle livre du HTML, c’est déjà ça, et le contenu sera indexable sauf si il est chargé dyna­mi­que­ment. Car c’est bien le contenu que l’on cherche à indexer, non les trai­te­ments.
    Et si le web sta­tique côté client n’en com­porte que de très légers (des trai­te­ments), les appli­ca­tions rich media sont jus­te­ment là pour en mettre à foi­son. D’ailleur dès lors qu’elles s’y limitent, elles ne pose­ront pas de pro­blème à l’indexation sur­tout dans le cas du couple Ajax+HTML.
    Je pense qu’il s’agit là d’un choix qui appar­tient aux concep­teurs d’applications et sur lequel il convient d’être très pru­dent : dyna­mi­ser les trai­te­ments, oui, mais sur un contenu acces­sible sta­ti­que­ment et conforme aux standards.

  • [17] - Olivier Ezratty a écrit le 21 mai 2007 :

    A Jimich: je connais­sais Joost mais pas Song­bird, que je viens de télé­char­ger pour le tes­ter. L’outil est sympa mais n’est pas très inno­vant en matière d’interface gra­phique. Un arbre, des listes, des bou­tons. Vouala!

  • [18] - Olivier Ezratty a écrit le 21 mai 2007 :

    Phi­lippe, oui, ce qui compte c’est de pou­voir indexer les don­nées expo­sées par les appli­ca­tions web. C’est un choix. Et cer­tains font expli­ci­te­ment le choix de la non indexa­tion, de la non-URLization des don­nées (hot­links), etc. On peut donc effec­ti­ve­ment se méfier des tech­no­lo­gies qui ferment le web. Tout du moins, en tant qu’utilisateur qui subit plus qu’autre chose les choix des créa­teurs de sites.

    Mais pour reve­nir à Ajax, c’est sympa pour limi­ter les allers et retours avec les ser­veurs Web dans la ciné­ma­tique des appli­ca­tions, mais cela ne per­met pas de créer des inter­faces gra­phiques du même niveau de richesse et d’interactivité qu’avec XUL ou XAML/WPF. Isn’t it?

  • [19] - Simon Mourier a écrit le 23 mai 2007 :

    Bon­jour Oli­vier :-)

    Je connais au moins une “appli­ca­tion sérieuse” écrite en .NET FX 3.0, dont le client est entiè­re­ment basée sur XAML, et les ser­vices sur WCF, une appli­ca­tion dans le monde du retail de la société VCS­Ti­me­less (éditeur fran­çais il faut le souligner!):

    http://www.vcstimeless.com/retail_software/retail_technology.asp

    PS: Concer­nant XAML, il est plu­tôt copié sur le modèle ASP.NET (iden­tité graphe d’objet - mar­kup depuis .NET FX 1.0) que sur XUL, mais on le remarque très rare­ment car tout le monde pré­fère faire du code behind que de l’objet … :-)

  • [20] - Tom a écrit le 23 mai 2007 :

    Un petit site en Flex, qui n’a pas l’air de beau­coup mar­cher, mais bon :)

  • [21] - Tom a écrit le 23 mai 2007 :

    le XHTML marche pas ?
    Le lien :
    http://www.oneyeartobecomemillionaire.com/

  • [22] - Olivier Ezratty a écrit le 23 mai 2007 :

    C’est limite spam ce truc…

  • [23] - Revue de Presse Xebia par J2EE, Agilité et SOA : Le blog de Xebia France a écrit le 28 mai 2007 :

    […] Lors du der­nier JavaOne, Sun a annoncé JavaFX. La guerre à Flash et autres Sil­ver­light est ouver­te­ment décla­rée. Une petite expli­ca­tion et un com­pa­ra­tif entre Sil­ver­light, JavaFX et Flex d’Olivier Ezratty Sil­ver­light et consor. […]

  • [25] - Opinions Libres - Le blog d'Olivier Ezratty a écrit le 4 juin 2007 :

    […] du direct le 15 mai 2007. Il reprend et syn­thé­tise deux posts de mon blog: l’un sur Sil­ver­light et consors, l’autre sur […]

  • [26] - Denis Dollfus' Blog a écrit le 9 juin 2007 :

    Un essai de site Web pour la veille sur Flex et Silverlight…

    La pro­blé­ma­tique du veilleur tech­no­lo­gique est tou­jours la même : com­ment être sûr de ne pas man­quer une info impor­tante sans crou­ler sous une trop grande quan­tité de news ? Une des solu­tions venues avec le Web 2.0 est de…




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