10 ans de Scientipôle Initiative

Publié le 2 avril 2012 - 13 commentaires -
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Mer­credi 28 mars 2012, Scien­ti­pôle Ini­tia­tive fêtait ses 10 ans en grandes pompes à la Mai­rie de Paris.  Avec une valo­ri­sa­tion de ses meilleurs star­tups lau­réates dont cer­taines expo­saient sur place, des débats, et les inter­ven­tions de Jean-Louis Mis­sika (Mai­rie de Paris) comme celle de Jean-Paul Plan­chou (Région Ile de France), ainsi que Laure Rein­hart et Eric Vays­set res­pec­ti­ve­ment Pré­si­dente et Direc­teur des Opé­ra­tions de Scien­ti­pôle Ini­tia­tive (pho­tos ici).

Panorama Grande Salle Mairie de Paris 1

Si vous lisez ce blog depuis quelques temps, vous savez que je cite fré­quem­ment cette asso­cia­tion qui contri­bue par ses prêts d’honneur au finan­ce­ment d’amorçage des star­tups fran­ci­liennes. Et pour cause puisque j’y offi­cie depuis cinq années comme expert, membre et pré­sident (par rota­tion) du comité d’agrément des pro­jets pré­sen­tés. Avec une arri­vée à la mi-vie de l’association, j’y suis presque devenu un “ancien”.

SI_h logo_ couleur

Je vais m’adonner ici à un petit bilan de ces années pas­sion­nantes et lever un coin de voile sur les pro­ces­sus de cette asso­cia­tion. Je suis juge et par­tie dans cette affaire, mais j’assume. Et les entre­pre­neurs pas­sés par là pour­ront com­men­ter libre­ment mes pro­pos pour les vali­der ou les invalider.

L’association a donc été créée en 2001 à l’initiative d’un cer­tain Jacques Bardes, du CEA, qui sou­hai­tait aider les entre­pre­neurs issus des labo­ra­toires de recherche à créer leur entre­prise. L’association a obtenu le sou­tien finan­cier de col­lec­ti­vi­tés locales comme la Région Ile de France, les Conseils Géné­raux de ses dépar­te­ments (sauf les Hauts de Seine, allez savoir pour­quoi…), la Ville de Paris ainsi que la CDC, quelques banques et des par­te­naires indus­triels tels que Bouygues Télé­com Ini­tia­tives. Avec son évolu­tion, le péri­mètre s’est agrandi et les star­tups issues de labo­ra­toires aidées par Scien­ti­pôle Ini­tia­tive sont deve­nues lar­ge­ment minoritaires.

Son acti­vité s’articule autour de l’octroi de prêts d’honneurs sans garan­tie per­son­nelle allant jusqu’à 20K€ à des entre­pre­neurs ayant créé leur entre­prise depuis moins de trois ans, et à concur­rence de 60K€. Ces prêts sont rem­bour­sés sur quatre en démar­rant avec un an de dif­féré. Ils sont consi­dé­rés comme des fonds propres par les banques et servent donc d’effet de levier pour obte­nir des prêts et avances rem­bour­sables divers. Le prêt d’honneur est asso­cié à une acti­vité d’accompagnement des entre­pre­neur qui com­mence par le suivi par un des char­gés d’affaire per­ma­nents de l’association (ci-dessous), une exper­tise par… un expert et des formations.

Chargés d'affaire Scientipôle Initiative (6)

Les pro­jets sont géné­ra­le­ment finan­cés en amont des / ou paral­lè­le­ment aux busi­ness angels. Ils sont donc accom­pa­gnés au moment de la plus grande prise de risque.

Ces acti­vi­tés sont com­plé­tées par Scien­ti­pôle Crois­sance, nou­vel­le­ment créé, qui vise à accom­pa­gner les entre­prises lau­réates dans la durée et à les mettre en réseau et avec Scien­ti­pôle Capi­tal, un petit fonds d’amorçage qui a pour voca­tion d’entrer au capi­tal de quelques-uns des meilleurs lau­réats de Scien­ti­pôle Ini­tia­tive, qui sont à ce jour 17.

Voilà pour le dis­po­si­tif d’ensemble. Nous allons main­te­nant lever le voile sur le pro­ces­sus de labellisation.

Les lau­réats de Scien­ti­pôle Initiative

Les lau­réats de Scien­ti­pôle Ini­tia­tive sont issus de nom­breux sec­teurs de l’innovation. Ils com­prennent une sur-représentation de pro­jets de l’économie numé­rique, mais égale­ment des pro­jets inté­res­sants issus d’autres sec­teurs et notam­ment dans les med­tech, bio­tech et green­techs. On y trouve des pro­jets à forte conno­ta­tion tech­no­lo­gique mais égale­ment d’autres qui relèvent d’innovations de ser­vices et por­tés par des pro­fils “business”.

Voici ici un échan­tillon des lau­réats de ces 10 der­nières années et vous en connai­trez sans doutes quelques-uns si vous gra­vi­tez dans l’écosystème des star­tups franciliennes :

  • Inter­net / ecom­merce avec des solu­tions aussi bien des­ti­nées au grand public qu’aux entre­prises : I-DISPO, Scan & Tar­get, Nyou­link, Xilo­pix, Admi­nium, Nova­post, Bee­zUp, Car­net de Mode, Cas­sette Voyage, Cli­ris, SoCloz, Comuto/Covoiturage (une par­tie de leur équipe ci-dessous, gagnante d’un des tro­phées des 10 ans de Scien­ti­pôle Ini­tia­tive), Digi­kaa, Doog, Eva­neos, Eva­way, Février 46, For­beez, French Kitch, Hel­lo­cot­ton, Kame­leoon, Lin­gueo, Jee­meo, Kadeal, Moxity, Naven­dis, Shop&Tip, Nete­ven, Pre­viz­net, Ske­rou, Qui­vidi, Same Story, Seeing, Stribe, Stu­dyka, Syn­the­sio, Up&Net, Wibi­long, Wiz­boo, Wor­kit, Yoo­casa, YouMetrip.

Equipe Covoiturage (16)

  • Logi­ciels et notam­ment des outils de déve­lop­pe­ment et de tra­vail col­la­bo­ra­tif : Soft­fluent, All­MyApps, Aspec­tize, doc­Tra­ckr, Isthma, Kwaga, Lokad, Mat­chic Labs, Jaek­soft, Kle­ver­ware, Kwaga, Media­tech, Net­SAS, Noe­lios Tech­no­lo­gies, Opase, Out­wit Tech­no­lo­gies, OWI Tech­no­lo­gies, Per­so­nAll, Polan­tis, Por­ta­neo, Praxedo, Run­My­Pro­cess, Safety Line, Squid Solu­tions, Syl­labs, The Coding Machine, Potati, Vco­dyne, Weco­next, Witch­bird Contract Live, Xamance, Xedix, XWiki.
  • Contenus/médias, une caté­go­rie très bien repré­sen­tée, et aussi celle où je réa­lise la plu­part des exper­tises chez Scien­ti­pôle (en bleu): Rue89, Mad­magz, Agence de Dou­blure Numé­rique, XD-Motion, Ayotle, Digi­tey­zer, Fire­fly Cinema, Spi­deo, Stu­pe­flix, WebTV Inter­ac­tive, Gym­glish, Adves­tigo, Babe­lio, Bee Light, Binocle, Creer­Mon­Livre, Curioos, Digi­tal Media Solu­tions, Dvi­dea, Enigma Sys­tems, For Bet­ter Dreams, Web TV Inter­ac­tive, Mili­bris, Kuj­juk, Lin­gueo, Olo­neo, Paper­blog, Pyro­lia, Spi­deo, Ste­reo­labs, Story 42, Supa­monks, Take Part Media, Trin­nov, Ubi­cast, Ublo, Vec­to­riel, Vixid, Vod­kas­ter, Wee­zic, Xilopix.
  • Publi­cité en ligne avec notam­ment des outils de mesure de la per­for­mance :  AdFe­ver, AdLedge, Alenty, Mathic Labs.
  • Finance avec notam­ment du crowd­fun­ding mais aussi des sys­tèmes de paie­ment divers : Capi­tal Koala, Cre­di­Do­mus, Lemon­way, Limo­ne­tik, Linxo, micro­DON, Neofi Solu­tions, Octo­plus, Pay­mium, Pers­pec­teev, Ris­ke­lia, Semio, Sys­te­ma­thics, Think Straight, TicketSurf.
  • Télé­coms / Mobi­lité avec une très grande diver­sité de pro­jets, sachant que Scien­ti­pôle est par­te­naire de l’incubateur Paris­tech Tele­com : Ane­via, Plug&Surg, Tiki­labs, Air­Tag, AlphaUI, Appoke, Connec­things, Creova, Dis­moiou, Meilleur Mobile, Mobi­near, Luceor, Meo­Meo, Monex­tel, My Stream, Navx, Pry­los, Senda, Sen­ti­nello, Sonear, Sys­tème Polaire, Tele­quid, tru­sin­cloud, Ubi­kod, Vedi­cis, Vocally, Vox­ler, Yel­low Sat.
  • Gaming : ePawn, Brain­box, Kon­test, Lillo, Meta­phormes, MyWit­ty­Games, ND Inter­ac­tive, Owclient, Play­touch, Pretty Simple, Tetraedge, Vil­lage Media.
  • Hard­ware / semi­con­duc­teurs : Alde­ba­ran Robo­tics, Plu­gn­surf, Nano­plas, News­tep Tech­no­lo­gies, NIT, Ray­ponse, Secure Inc, Sim­pulse, Z2 Inno­va­tion (mal­heu­reu­se­ment, le por­teur du pro­jet est décédé il y a quelques années).

Hors numé­rique, nous avons aussi :

  • Santé avec de nou­velles thé­ra­peu­tiques et des ser­vices à la per­sonne : ABge­no­mica, ADDENFI, ADIMEL, Ael­red, Aid­se­nior, DNA The­ra­peu­tics, Dream­touch, eye­brain, Easy­life Science, Endo­diag, Genos­tar, Genos­plice Tech­no­lo­gies, Iso­nic Medi­cal, LK2, Mem-X, Neu­ro­wa­ken, Nokad, Nova­cyt, Nutri­ver­cell, Osseo­ma­trix, Pro­fi­lo­mic, Vigi­lio, Vitamfreo.
  • Green­tech avec notam­ment de la ges­tion et de la pro­duc­tion d’énergie et des solu­tions de recy­clage :  Nas­keo, Amoes, Smart Impulse, Smart Side, Ver­teego, Accu­watt, Adde­lys, Deways, Kweo, Liso­therme, Neo­biol, Pho­to­fuel, Solar­net, Sol­sia, Sparks, Ton­deu­sEco, Tri­nov, Tune­char­ger, EnergyGo
  • Optique et notam­ment des solu­tions d’éclairage LED : Effi­lux, Leos­phere, Kwea, Pha­se­view, Pha­sics, Tho­mas Sin­clair Labo­ra­toires, Vec­tra­wave, Zamensis.
  • Trans­ports avec des véhi­cules inno­vants ou des sys­tèmes faci­li­tant les trans­ports et le par­king : Dream­slide, Ray­vo­lu­tion, Remake Design, Smartgrains.
  • Maté­riaux / construc­tion : Ivea, Mag­pie Poly­mers, Nanoe, NECS, Ore­lia, Pegastech.
  • Divers : Concept Foot­wear Solu­tion (ci-dessous, Tania Heath expli­quant la phy­sique de ses chaus­sures à talons amo­vibles), Gobi­labs, Labo­ra­toire Shi­gheta, Natu­ral Grass.

Tanya Heath (Concept Footwear Solutions) (2)

Là-dedans, il y a un peu à boire et à man­ger et sur­tout, plein de choses très inté­res­santes ! La plus grande dif­fi­culté pour ces pro­jets étant d’accéder au mar­ché et de se finan­cer conve­na­ble­ment. Cer­tains pro­jets peuvent man­quer d’ambition car ils se posi­tionnent dans des mar­chés de niche un peu étroits. Mais plu­sieurs ont un beau poten­tiel de crois­sance et de créa­tion de valeur.

Les mau­vaises langues se demandent sou­vent pour­quoi on aide tant de pro­jets avec de l’argent public. C’est un peu le propre de l’innovation : il faut lan­cer des pistes dans un tas d’endroit pour en faire res­sor­tir des pépites. Seul un petit nombre de ces pro­jets donnent lieu à la créa­tion d’entreprises attei­gnant le sta­tut de la “PME”. Plus de 500 entre­prises inno­vantes ont été aidées pen­dant ces 10 années et elles ont créé 6 emplois en moyenne. Les finan­ceurs de Scien­ti­pôle Ini­tia­tive sont sur­tout inté­res­sés par la créa­tion d’emplois et comme ici, il s’agit de prêts, le coût de (la contri­bu­tion à la) créa­tion des emploi est assez rai­son­nable par rap­port à de nom­breux autres dis­po­si­tifs d’aide.

Pro­jets accep­tés et reje­tés, longueur du processus

Finan­cer sa star­tup est habi­tuel­le­ment un bon par­cours du com­bat­tant qui dure de longs mois, et notam­ment avec les clubs de busi­ness angels et les VCs. Chez Scien­ti­pôle, le pro­ces­sus est d’une durée assez élas­tique : il va d’un mini­mum d’environ deux mois à plus d’un an selon la matu­rité du pro­jet. Plus le pro­ces­sus est long, plus c’est le signe d’un manque de matu­ra­tion du pro­jet. Le feed­back du chargé d’affaire est pris en compte par les por­teurs de pro­jets qui revoient leur copie et reviennent à la charge. Un expert est sol­li­cité et cela abou­tit à une pré­sen­ta­tion en comité.

Le “pipe” de pro­jets qui abou­tit chez Scien­ti­pôle Ini­tia­tive est d’environ 500 pro­jets par an, soit une bonne par­tie des pro­jets de star­tups fran­ci­liennes. En 2011, il y eu 100 lau­réats en bout de chaîne et 120 sont pré­vus en 2012. Le taux de rejet en comité de sélec­tion est assez faible (<10%). C’est en amont du comité que les pro­jets se font reje­ter le plus fré­quem­ment, notam­ment quand l’équipe n’est pas suf­fi­sam­ment solide et consti­tuée, avec des entre­pre­neurs trop seuls et/ou man­quant de com­pé­tences clés et lorsque le pro­duit est encore à l‘état de plan “papier” sans bêta (imma­té­riel) ni pro­to­type (maté­riel). Il peut aussi arri­ver que la confiance du chargé d’affaire dans le modèle d’ensemble du pro­jet soit trop faible (valeur du pro­blème traité, approche marketing/vente, approche d’industrialisation). Mais les cri­tères d’acceptation des pro­jets sont bien plus souples dans l’ensemble que dans les canaux de finan­ce­ment privés.

Le niveau de risque pris par Scien­ti­pôle reste élevé parce que les star­tups sont très en amont de leur cycle de vie. Et aussi parce que les membres du comité d’agrément sont certes res­pon­sables, mais ce n’est pas leur propre argent qu’ils prêtent aux star­tups ! Si c’était le leur, ils seraient beau­coup plus sélec­tifs ! De plus, les inno­va­tions de ser­vices sont accep­tées ce qui est rare­ment le cas chez Oséo.

Rôle des experts

Le rôle des experts est de vali­der un pro­jet dans son ensemble ou sur un point par­ti­cu­lier en fonc­tion de la demande du chargé d’affaire. Dans la plu­part des cas, les experts font des ana­lystes géné­ra­listes qui couvrent le pro­duit, le mar­ché, le busi­ness model, l’écosystème, le modèle mar­ke­ting et vente et les aspects finan­ciers. Par­fois, ils se foca­lisent sur le mar­ke­ting, les aspects finan­ciers voire juridique.

Les experts sont de pro­fils très variés : pas mal d’anciens cadres supé­rieurs de grandes entre­prises tech­no­lo­giques (Intel, Sun, Micro­soft, HP, télé­coms), des entre­pre­neurs notam­ment de l’Internet, des pres­ta­taires de ser­vice (conseil, com­mu­ni­ca­tion), des finan­ciers, des busi­ness angels et aussi des pro­fes­sion­nels de la santé (pour les pro­jets dans les medtech/biotechs), le tout avec une domi­nante d’ingénieurs de for­ma­tion. Leur pyra­mide des âges est très étalée : de la tren­taine à la soixantaine.

On retrouve à peu près les mêmes pro­fils pro­fes­sion­nels dans le comité d’agrément, la plu­part de ses membres étant aussi des experts de Scien­ti­pôle Ini­tia­tive. Cela amène par­fois à des déca­lages entre l’audience très jeune visée dans de nom­breux pro­jets et la moyenne d’âge du comité d’agrément. C’est un déca­lage que l’on retrouve aussi sou­vent dans de nom­breux clubs de busi­ness angels.

Le tout est mal­heu­reu­se­ment à forte domi­nante mas­cu­line, à l’image de ce qui se passe dans l’écosystème de l’innovation. Les can­di­dates sont donc les bienvenues !

Pour être tota­le­ment trans­pa­rent, les experts sont rému­né­rés 1000€ par dos­sier mais la par­ti­ci­pa­tion aux comi­tés d’agrément n’est pas rémunérée.

Le pas­sage en comité d’agrément

Les entre­pre­neurs pré­sentent leur pro­jet pen­dant 15 minutes au  comité d’agrément qui com­prend de cinq à une dou­zaine de membres selon l’affluence. Suivent 20 à 25 minutes de questions/réponses et 20 minutes de déli­bé­ra­tion du comité une fois les entre­pre­neurs par­tis. Ce trai­te­ment de chaque dos­sier pen­dant une heure per­met donc de faire un bon tour d’horizon du pro­jet et d’évaluer l’équipe.

Voici quelques conseils qui s’y appliquent ainsi que dans de nom­breuses autres occa­sions de pit­cher un projet :

  • Pré­sen­ter l’équipe au début et rapi­de­ment, sachant que tous les deman­deurs du prêt d’honneur qui peuvent être jusqu’à cinq doivent être pré­sents. Il est utile que cha­cun puisse s’exprimer pour que son rôle et la cohé­sion de l’équipe soient bien valo­ri­sés. Il est sou­haite d’avoir 2 à 3 per­sonnes qui s’expriment dans la pré­sen­ta­tion et que les autres, s’il y en a, le fassent pen­dant les questions/réponses.
  • Bien décrire le pro­blème des clients que vous vou­lez résoudre, et la seg­men­ta­tion de ces der­niers. Puis la solu­tion, avec si pos­sible une démons­tra­tion, ou au pire des slides avec copies d’écrans, une démons­tra­tion enre­gis­trée ou une vidéo. Même si il y a géné­ra­le­ment du Wifi de dis­po­nible, tou­jours pré­voir le cas où il n’y en a pas. Il faut que l’on com­prenne bien ce que vous faites.
  • Bien posi­tion­ner votre acti­vité : éditeur de logi­ciel, site web, four­nis­seur de tech­no­lo­gie, pres­ta­taire de ser­vice, mix produit/service dans votre activité.
  • Ne pas pipo­ter ni men­tir, par exemple en enjo­li­vant votre pipe com­mer­cial. D’abord, parce que ce n’est pas bien… et aussi parce que, en plus de l’expert qui a plan­ché sur votre dos­sier, il y aura pro­ba­ble­ment un membre du comité d’agrément qui connai­tra votre sec­teur, un de vos clients, par­te­naires voire ancien employeur. Et que cer­taines de vos réfé­rences sont faciles à vali­der en quasi-temps réel. Il m’est arrivé de le faire pen­dant les comi­tés ! Il n’est pas non plus néces­saire de sur-jouer le coup de “l’innovation tech­no­lo­gique de rup­ture” pour un simple site web qui exploite PHP et MySQL… ! Notons cepen­dant que les por­teurs de pro­jets peuvent consul­ter le CV des membres du comité d’agrément juste avant de pit­cher. Ils savent ainsi à qui ils ont affaire, ce qui n’est pas le cas dans toutes les ins­tances de ce genre.
  • Bien écou­ter les ques­tions et répondre de manière concise.
  • Ne pas pit­cher en lisant vos notes. Cela arrive par­fois et les por­teurs perdent faci­le­ment des “points de vie” en agis­sant de la sorte.
  • Faites en sorte que vos slides soient les plus simples et ima­gés pos­sibles. Vous ne serez pas Steve Jobs mais vous pou­vez vous en ins­pi­rer. Un bon test consiste à véri­fier sur son lap­top que ses slides sont lisibles à envi­ron 2 mètres de l’écran.

Vous trou­ve­rez bien d’autres trucs de ce genre dans le Guide des Star­tups, quin­zième édition, dont je suis en train de pré­pa­rer la seizième.

Les ques­tions ? Elles portent le plus géné­ra­le­ment sur les points les moins bien abor­dés dans la pré­sen­ta­tion et très sou­vent sur la concur­rence, le modèle écono­mique, les efforts com­mer­ciaux et mar­ke­ting et notam­ment le cycle de vente typique de votre offre (étapes, durée, coût), les éléments finan­ciers avec le compte d’exploitation pré­vi­sion­nel et le plan de finan­ce­ment du pro­jet, la pro­priété intel­lec­tuelle, et par­fois les bar­rières à l’entrée même si le comité d’agrément sait rela­ti­vi­ser leur rôle.

Eco­sys­tème de Scien­ti­pôle Initiative

D’où viennent donc les pro­jets qui abou­tissent chez Scien­ti­pôle Ini­tia­tive ?  Il y a bien entendu les can­di­da­tures directes sou­mises via le site web de l’association. Mais celle-ci a bâti de nom­breux par­te­na­riats avec les incu­ba­teurs publics et pri­vés, ceux des écoles d’ingénieur et de com­merce comme ceux qui sont liés à la recherche comme Ago­ra­nov et Incu­bal­liances et les accé­lé­ra­teurs comme LeCamping.

En aval, les pro­jets abou­tissent sou­vent dans les pépi­nières et incu­ba­teurs. Ils sont ensuite finan­cés par les busi­ness angels, Oséo, les fonds d’investissement régio­naux et de capi­tal risque. Et aussi Scien­ti­pôle Capital.

Scien­ti­pôle Ini­tia­tive est une des 241 asso­cia­tions membres du réseau France Ini­tia­tive. C’en est la plus impor­tante en nombre de prêts et l’une  des rares qui soit aussi spé­cia­li­sée dans les pro­jets à conno­ta­tion tech­no­lo­gique. En région, vous pou­vez faire appel aux autres asso­cia­tions membres des réseaux Réseaux Entre­prendre et France Ini­tia­tive, à ceci près qu’elles sont bien moins rare­ment spé­cia­li­sées dans les technologies.

Voilà pour ce petit bilan des 10 ans. Vous enten­drez tou­jours par­ler sur ce site de quelques star­tups que je ren­con­tre­rai et/ou exper­ti­se­rai chez Scien­ti­pôle Ini­tia­tive comme j’ai pu le faire au sujet du cinéma numé­rique !

Publié le 2 avril 2012 Post de | Associations, Cleantechs, Entrepreneuriat, Innovation, Internet, Logiciels, Loisirs numériques, Mobilité, Startups | 8638 lectures

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Les 13 commentaires et tweets sur “10 ans de Scientipôle Initiative” :

  • [1] - Olivier a écrit le 2 avril 2012 :

    Pour avoir béné­fi­cié de ce prêt d’honneur alors que nous étions encore en pépi­nière, je peux dire que l’aide des experts vaut au moins autant que l’argent apporté. Plus de 5 ans après on tra­vaille tou­jours avec une de ces expertes (en RH), et je peux dire qu’elle a joué un rôle déci­sif dans notre développement.

    Féli­ci­ta­tions à Scien­ti­pôle donc, pour nous ce fut une vraie aide !

  • [2] - edc a écrit le 2 avril 2012 :

    Bravo Oli­vier - excellent résumé - clair et suc­cinct - des lau­réats et pour l’activité de SI jusqu’au pas­sage en comité. Des bons conseils aux por­teurs à venir ! Petite cor­rec­tion - dans le passé le CG 92 a fait un petit apport à SI et pas tous les autres CG financent ou ont financé Mais il y a une bonne col­la­bo­ra­tion avec leurs ser­vices … :)

  • [3] - Michel Nizon a écrit le 3 avril 2012 :

    Le pro­blème fis­cal avec le prêt d’honneur est qu’il est prêté à l’entrepreneur et que pour le rem­bour­ser la start up doit à un moment donné ver­ser un sup­plé­ment de salaire à l’entrepreneur sou­mis à charges sociales sou­vent et à l’Impôt sur le revenu pour le béné­fi­ciaire. Tout ceci repré­sente des coûts cachés.

  • [4] - Thierry a écrit le 3 avril 2012 :

    Très bon article qui me per­met de notam­ment de prendre la mesure de ma mis­sion en tant que nou­veau membre du comité d’agrément :-)

  • [5] - INVESTESSOR (@investessor) a écrit sur Twitter le 3 avril 2012 :

    10 ans de Scien­ti­pôle Ini­tia­tive http://t.co/wSQ0e2Nc

  • [6] - Arnaud a écrit le 3 avril 2012 :

    Bon­jour et Merci à Oli­vier pour cet article
    Il y a 2 cas pos­sible pour les rem­bour­se­ments :
    L’entrepreneur apporte les fonds en capi­tal et il y a effec­ti­ve­ment un impact social car l’entrepreneur doit se ver­ser une rému­né­ra­tion sup­plé­men­taire pour rem­bour­ser le prêt, l’entreprise ne pou­vant rem­bour­ser le capi­tal apporté par les asso­ciés.
    L’entrepreneur apporte les fonds en compte cou­rant et là il n’y a pas de charge sup­plé­men­taire car le méca­nisme uti­lisé est le sui­vant : scien­ti­pole prête à l’entrepreneur, l’entrepreneur prête les fonds à l’entreprise en compte cou­rant simple par exemple. L’entreprise rem­bourse ensuite le diri­geant et le diri­geant rem­bourse Scien­ti­pole. Dans ce 2ème cas, il y a même pos­si­bi­lité de blo­quer les fonds pen­dant un an (durée du dif­fé­rée de rem­bour­se­ment) et de les déblo­quer en fonc­tion de l’échéancier.
    J’espère avoir pu vous éclair­cir sur ce point.

  • [7] - Connecting Startups (@Connect_StartUp) a écrit sur Twitter le 3 avril 2012 :

    @OEzratty dresse le bilan de 10 années sur Scien­ti­pole Ini­tia­tive… http://t.co/gZSc2m86

  • [8] - ScientipôleInitiativ (@ScientInitiativ) a écrit sur Twitter le 3 avril 2012 :

    Très bonne syn­thèse d’@olivez sur les 10 ans et l’activité de @ScientInitiativ http://t.co/IsikE5ic

  • [9] - (@corinnedangas) (@corinnedangas) a écrit sur Twitter le 4 avril 2012 :

    [Très intéressant]10 ans de Scien­ti­pôle Ini­tia­tive via@olivez http://t.co/Jt4VTRQD

  • [10] - Sandrine Roussel (@RousselSandrine) a écrit sur Twitter le 4 avril 2012 :

    J’y étais, très inté­res­sant ! RT @adeforsan 10 ans de Scien­ti­pôle Ini­tia­tive http://t.co/kVeniODX




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“Non, position différente des acteurs. Apple est un "problème" dans le rapport. Un grand américain qu'il faut juguler/réguler et qui pourrait/devrait contribuer au financement de la culture, même si les yeux sont plu...”
“Merci de ces éclarcissements à travers cet article très bien rédigé et qui résume les grandes lignes du rapport Lescure notamment. Oui Michel Nizon, votre constat met en lumière la french -don't- touch !...”
“Blog très didactique de @olivez sur les composants optoélectroniques @BellLabs @Alcatel_Lucent...”
“Comme d'habitude un billet de fond, à lire ! L’Acte 2 en trompe l’oeil de l’Exception Culturelle...”
“Analyse de l'exception culturelle française par @olivez ...”


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Voici les compte-rendu de divers voyages d'études où j'ai notamment pu découvrir les écosystèmes d'innovation dans le numérique de ces différents pays : Chine (2010) à Shanghai et Beijing Corée du Sud (2009) à Séoul Israël (2010) à Tel Aviv Japon (2009) à Tokyo Japon (2011) au CEATEC de Tokyo Japon (2012) au CEATEC de Tokyo Silicon Valley (2007) Silicon Valley (2011)