Lytro va-t-il révolutionner la photographie numérique ?

Publié le 24 juin 2011 et mis à jour le 22 octobre 2011 - 41 commentaires -
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Si vous êtes pas­sion­nés de photo, vous n’avez pas pu pas­ser à côté du buzz de la semaine concer­nant la star­tup Lytro.

Le buzz autour de Lytro s’explique par l’innovation de cette star­tup qui pour­rait révo­lu­tion­ner le mar­ché de la pho­to­gra­phie numé­rique. Il s’agit d’un pro­cédé per­met­tant de prendre des pho­tos sans se sou­cier de la mise au point et de la pro­fon­deur de champs. Il per­met de régler ces para­mètres par logi­ciels après avoir pris la photo, par exemple pour choi­sir où la mise au point doit être faite comme dans l’exemple ci-dessous. On parle d’appareil photo “plénoptique”.

Lytro example

L’annonce du 21 juin 2011 était double :

  • Une levée de fonds qui tota­lise les inves­tis­se­ments dans cette société à $50m. Les inves­tis­seurs sont K9 Ven­tures (amor­çage), Grey­lock Part­ners (seed), NEA (série A) et Andree­seen Horo­vitz (der­nier tour de $37m). A ce jour, l’article le plus détaillé sur Lytro a été publié dans le New York Times.
  • Une annonce du lan­ce­ment du pre­mier appa­reil photo de Lytro d’ici la fin 2011. Ce qui veut dire que sa concep­tion est déjà bien avancée.

Je ne peux m’empêcher d’écrire un article sur ce sujet pas­sion­nant. Ce, pour au moins trois rai­sons en plus de ma pas­sion pour la pho­to­gra­phie numérique :

  • Nous sommes face à un cycle clas­sique “comme dans les livres” de l’innovation tech­no­lo­gique qui démarre avec une thèse de doc­to­rat réa­li­sée à Stan­ford et publiée en 2006, une publi­ca­tion scien­ti­fique, un pro­to­ty­page en labo­ra­toire, la créa­tion d’une star­tup, puis  l’industrialisation du pro­cédé. Un pro­cédé “game chan­ger” qui peut poten­tiel­le­ment révo­lu­tion­ner toute une industrie.
  • Le pro­cédé est très inté­res­sant d’un point de vue tech­nique. Il faut par­cou­rir les 187 pages de la thèse du créa­teur de Lytro pour (ten­ter de) com­prendre les enjeux et la pra­ti­cité de cette inven­tion. Quand on y regarde de plus près, on com­mence à com­prendre com­ment cela fonc­tionne, la valeur d’usage du pro­cédé et quelques-unes de ses limitations.
  • La société a levé $50m auprès de VCs, en trois tours de finan­ce­ment. On est aux USA, pas en France ! Sky is the limit ! Et la stra­té­gie d’industrialisation de Lytro est intéressante.

Le pro­cédé tech­nique de l’appareil photo plénoptique

On se demande évidem­ment, “com­ment ça marche ?”. Après avoir lu la thèse, je pense avoir com­pris, mais… ne suis pas sûr à 100%. Cela demande des notions d’optique (restes de classes pré­pa­ra­toires…) et de mathé­ma­tiques (trans­for­mées de Fou­rier et com­pa­gnie). Alors, il me faut reprendre par inté­rim ma cas­quette d’ingénieur généraliste.

Le prin­cipe repose sur le fait que les cap­teurs photo actuels n’enregistrent que la lumi­no­sité qui arrive sur leur plan. La lumière qui arrive sur le cap­teur com­prend bien plus d’informations que cela. Elle est com­po­sée de rayons qui arrivent sur le cap­teur sous plu­sieurs inci­dences. Selon l’incidence, le rayon ne pro­vient pas du même endroit et a par­couru un che­min dif­fé­rent qui dépend de la posi­tion des dif­fé­rents éléments optiques de l’objectif. Lorsqu’un point qui se situe dans le plan de focale - la zone où l’image va être nette – il émet un cône de lumière qui va entrer dans l’objectif et conver­ger sur un point dans le cap­teur. Un point (lumi­neux et visible de l’appareil photo) qui est hors de ce plan va géné­rer un cône de lumière conver­geant soit avant soit après le cap­teur dans l’appareil photo. Au lieu de géné­rer un point sur le cap­teur, il va géné­rer un cercle flou. D’où les flous d’arrière ou d’avant plan des images prises avec une grande ouver­ture, sur­tout sur les réflex.

L’appareil photo plé­nop­tique capte les rayons lumi­neux qui arrivent sur le cap­teur (et pour chaque cou­leur pri­maire) mais en plus de leur lumi­no­sité, l’angle d’incidence des rayons. Ainsi, un point hors du plan de focale va-t-il géné­rer une tâche de lumière dont chaque point pré­sen­tera une inci­dence repré­sen­tant le cône de lumière entrant dans le cap­teur. La cap­ta­tion des rayons lumi­neux et de leur inci­dence sert à enre­gis­trer un champ lumi­neux dans son ensemble et pas seule­ment la lumi­nance arri­vant sur le plan du capteur.

Le pro­cédé exploite un masque de micro­len­tilles qui est placé devant un cap­teur pho­to­sen­sible CMOS ou CCD clas­sique. Chaque micro­len­tille couvre un carré de plu­sieurs pixels. Elle va per­mettre d’enregistrer sur une zone non pas plu­sieurs pixels, mais la mesure de la lumière sous plu­sieurs inci­dences qui arrive à cet endroit là. Une trans­for­mée de Fou­rier logi­cielle est ensuite appli­quée aux pixels enre­gis­trés pour recons­truire l’image cor­recte et modi­fier ses para­mètres pour contrô­ler la pro­fon­deur de champ et la net­teté. Il faut donc un logi­ciel spé­ci­fique pour trai­ter l’image. Notons que les appa­reils pho­tos uti­lisent déjà des micro­len­tilles, mais une seule par pixel, pour mieux concen­trer la lumière des­sus et gagner en sen­si­bi­lité (schéma ci-dessous).

Microlentilles capteur Canon 5D II

Le logi­ciel de recons­truc­tion des images uti­lise un algo­rithme de “ray tra­cing” simi­laire à ceux que l’on emploie dans la géné­ra­tion d’images de syn­thèses. On part du plan du cap­teur, on lance (vir­tuel­le­ment) des rayons à l’incidence choi­sie (qui va déter­mi­ner ce qui est net et flou dans la photo) et on obtient une lumi­no­sité cor­res­pon­dante (et pour chaque cou­leur primaire).

Lytro process explained 1

Les pho­tos doivent être prises avec une ouver­ture autour de f/4 pour béné­fi­cier du maxi­mum de rayons lumi­neux qui arrivent sur le cap­teur dans plu­sieurs direc­tions. Avec une trop petite ouver­ture, les rayons sont trop direc­tion­nels (schéma ci-dessous, à droite) et avec une trop grande ouver­ture (ci-dessous à gauche), les rayons débordent sur les zones adja­centes. Mais l’ouverture opti­male dépend de la focale de l’optique et donc du fac­teur d’agrandissement dans le cas d’un zoom. Ceci pou­vant être cal­culé auto­ma­ti­que­ment sans inter­ven­tion de l’utilisateur. Les pho­tos seront théo­ri­que­ment plus rapides à prendre car il n’y a pas besoin de faire la mise au point. La mise au point sera peut-être rem­pla­cée par un cal­cul d’ouverture auto­ma­tique qui va opti­mi­ser l’éclairage des lentilles.

L’absence de besoin de mise au point est par­ti­cu­liè­re­ment inté­res­sant pour les appa­reils com­pacts qui sont assez lents dans ce domaine. Tout devrait être auto­ma­tique. Et en mode “manuel”, l’utilisateur ne tou­chera visi­ble­ment pas à l’ouverture. Il pourra donc modi­fier les deux autres para­mètres clés que sont la sen­si­bi­lité (de 100 à 3200 ISO en géné­ral) et le temps de pose. Avec une ouver­ture de 4 en moyenne, on sera sou­vent un peu juste en basse lumière. Il fau­dra mon­ter à 3200 ISO et avoir un temps de pose infé­rieur à 1/60s sus­cep­tible de géné­rer un flou de bou­ger (de l’appareil ou des per­sonnes à pho­to­gra­phier) qui n’est pas facile à trai­ter par logi­ciel. Pour­tant, dans sa lit­té­ra­ture, la société indique que l’appareil plé­nop­tique est très per­for­mant en basse lumière.

Lytro process explained 2

Au pas­sage, la thèse indique que le logi­ciel de trai­te­ment de l’image des appa­reils plé­nop­tiques per­met­tra de mieux cor­ri­ger les aber­ra­tions des optiques, ce phé­no­mène qui créé des franges de cou­leurs sur le bord des objets dans cer­taines conditions.

Il sem­ble­rait qu’il faille dyna­mi­que­ment régler la dis­tance entre le cap­teur et le réseau len­ti­cu­laire. Donc un réglage en rem­place un autre. S’il est auto­ma­tique, cela ne posera pas de pro­blème à l’utilisateur.

Est-ce qu’il y aura un impact sur les objec­tifs ? A priori non car le sys­tème sem­bler fonc­tion­ner avec toutes les optiques : télé, grand angle et macro. Par contre, les para­mètres pré­cis de chaque optique devront être inté­grés au logi­ciel pour le trai­te­ment des pho­tos. Un peu comme le font des logi­ciels tels que ceux de DxO ou bien Ligh­troom et Pho­to­shop chez Adobe pour cor­ri­ger les défor­ma­tions et aber­ra­tions connues des optiques des appa­reils réflex.

Où est le lézard ?

L’inconvénient prin­ci­pal de cette tech­no­lo­gie semble être la faible réso­lu­tion des images pro­duites. Plu­sieurs pixels du cap­teur sont néces­saires pour cap­ter un pixel d’image final. Cette dimi­nu­tion de réso­lu­tion est envi­sa­geable grâce à l’augmentation constante – et par­fois absurde – du nombre de pixels des cap­teurs photo.

Le pre­mier pro­to­type a été réa­lisé en 2006 avec un appa­reil photo à grand cap­teur Kodak de 16 Mpixels, ce qui était le top à ce moment-là. Le test uti­li­sait des micro­len­tilles qui cou­vraient des car­rés de 14 pixels de côté, ce qui donne une réso­lu­tion de 7 angles dif­fé­rents dans toutes les direc­tions pour la mesure de l’incidence des rayons lumi­neux. Cela donne 196 pho­to­sites par micro­len­tille, ce qui rédui­sait la réso­lu­tion de la photo à 87K pixels ce qui est très faible. La thèse évoque le besoin d’avoir des cap­teurs de 100 mpixels, ce qui don­ne­rait au final 500K pixels, ce qui est assez faible. En pas­sant à 8 pixels de côté pour la taille des len­tilles, on abou­ti­rait à une image résul­tante de 1,5 mpixels ce qui com­men­ce­rait à être accep­table. Sachant qu’il faut au mini­mum 1 mpixels pour impri­mer une photo au for­mat A5 et 2 mpixels pour le A4.

Mais on est loin d’avoir 100 mpixels sous la main ! On voit là une limite claire du pro­cédé avec l’état de l’art actuel des cap­teurs pho­to­gra­phiques ! Les appa­reils haut de gamme de stu­dio type Has­sel­blad grand for­mat ont des cap­teurs Kodak qui montent à 50mpixels voire 80 mpixels. Canon a aussi annoncé avoir pro­to­typé un cap­teur de réflex APS-H de 120 mpixels en août 2010, mais sans pou­voir indi­quer de date de com­mer­cia­li­sa­tion. Quand à avoir 100 mpixels dans un cap­teur d’appareil com­pact, beau­coup plus petit, cela don­ne­rait des pho­to­sites bien trop petits - aux limites de l’intégration des semi-conducteurs - et sur­tout très peu sensibles.

Ter­mi­nons cette des­crip­tion tech­nique sur une ana­lo­gie avec le pro­cédé des réseaux len­ti­cu­laires pour affi­cher des images 3D sans lunettes, comme chez Alio­scopy. C’est en exa­gé­rant un peu le même type de pro­cédé mais à l’envers, pour l’affichage au lieu de la cap­ture d’image. Et le réseau len­ti­cu­laire des écrans 3D autos­té­réo­sco­piques (ne néces­si­tant pas de lunettes) est consti­tué de len­tilles ver­ti­cales fai­sant la hau­teur de l’écran, et pas de len­tilles cir­cu­laires, plus nombreuses.

L’analogie ne s’arrête pas là puisqu’en théo­rie, la tech­no­lo­gie de Lytro devrait théo­ri­que­ment per­mettre de recons­truire une vue 3D de la scène puisque chaque rayon peut remon­ter à sa source en pro­fon­deur (Z).

La valeur d’usage et les appli­ca­tions de l’appareil plénoptique

Alors, main­te­nant que vous avez tout com­pris sur son fonc­tion­ne­ment (heuh…), revenons-en aux basiques : cette tech­no­lo­gie est-elle “Nice to have” ou “must have” et pour qui ?

L’objectif de Lytro est de fabri­quer un appa­reil photo très grand public, plu­tôt for­mat “compact”.

Et l’on est face à quelques contra­dic­tions de ce point de vue là.

  • La pre­mière est que les notions de pro­fon­deurs de champs sont géné­ra­le­ment igno­rées par les pho­to­graphes ama­teurs équi­pées de com­pact. Pour­quoi donc ? Parce que la pro­fon­deur de champs est très grande dans les pho­tos prises sur mobiles et com­pacts (cf exemple ci-dessous à gauche où tout est net dans la photo). Elle n’est contrô­lable qu’avec les appa­reils réflex et les optiques à grande ouver­ture (cf exemple ci-dessous à droite, avec réflex plein for­mat). C’est une ques­tion de phy­sique et de taille de cap­teurs et d’optiques. Plus le cap­teur et l’optique sont petits, plus la pro­fon­deur de champs est grande. Ce qui donne des pho­tos où tout est net de l’avant à l’arrière-plan. Avec les réflex et une grande ouver­ture, on peut réduire la pro­fon­deur de champs, ce qui pré­sente deux avan­tages : l’un qui est artis­tique et qui valo­rise ce que l’on pho­to­gra­phie en ren­dant flou l’arrière-plan, et l’autre, pra­tique, car avec une grande ouver­ture on peut faire une “bonne” photo sans flash dans des condi­tions de basse lumière.

Photo nettePortrait avec profondeur de champs

  • La seconde est que les pho­tos devront être enre­gis­trées dans le for­mat RAW du cap­teur (et pas le JPEG) puisque le post-traitement de l’image requiert d’avoir une bonne pré­ci­sion dans l’éclairage de chaque pixel. En RAW, on stocke la lumi­no­sité de chaque pixel sur 12 à 14 bits selon les appa­reils alors qu’en JPEG, elle est de 8 bits et que l’image subit un trai­te­ment de com­pres­sion spa­tiale. Cela va alour­dir les trai­te­ments, néces­si­ter de la puis­sance machine sur ordi­na­teur per­son­nel et de l’espace de sto­ckage. Alors que les uti­li­sa­teurs d’appareils pho­tos com­pacts sont habi­tués à récu­pé­rer direc­te­ment leurs pho­tos JPEG en sor­tie d’appareils. Quand ce n’est pas pour les publier direc­te­ment sur Inter­net lorsqu’elles sont prises avec leur smartphone !

J’ai donc l’impression que le pro­cédé de Lytro fonc­tionne en fait mieux avec un réflex voire avec des appa­reils grand for­mat de stu­dio (et qui valent la peau des fesses) qu’avec des com­pacts. C’est d’ailleurs la seule manière à moyen terme d’employer des cap­teurs avec la très haute réso­lu­tion requise par le procédé.

Je ne serais pas étonné que l’appareil qui sor­tira en fin d’année fasse aux alen­tours de 20-24 mpixels avec un cap­teur assez grand que l’on trouve dans les appa­reils hybrides et plu­tôt carré vus les exemples four­nis sur leur site (à moins que ce ne soit un leurre). Et avec des micro­len­tilles de 6 à 8 pixels de côté, per­met­tant d’impressionner la gale­rie avec le pro­cédé mais sans pou­voir le gérer avec une grande finesse pour le contrôle de la pro­fon­deur de champs. Il y aura en tout cas sans doutes des com­pro­mis que nous décou­vri­rons à la sor­tie de l’appareil.

Signa­lons au pas­sage que ce pro­cédé ne peut pas fonc­tion­ner en mode vidéo. Pour­quoi donc ? Parce que les appa­reils pho­tos qui enre­gistrent de la vidéo font au mieux du 1080p (1920x1080 pixels), soit 2 mpixels, ce qui est bien insuf­fi­sant pour la mise en œuvre du pro­cédé. La super-haute défi­ni­tion du futur de la NHK dite 16K néces­site des cap­teurs de 33mpixels (avec déma­tri­çage de Bayer). Et elle génère des débits numé­riques mons­trueux impos­sibles de trai­ter dans un appa­reil photo avec l’état de l’art actuel des semi-conducteurs. Mais bon, le contrôle de la pro­fon­deur de champs empêche moins de vidéastes que de pho­to­graphes de dormir.

L’approche indus­trielle de Lytro

Bonne nou­velle : il ne s’agit pas de l’invention d’un nou­veau type de cap­teur, donc les pro­ces­sus exis­tants peuvent être conser­vés. A ceci près nous avons vu que le pro­cédé néces­site tout de même des cap­teurs de très très haute résolution.

Il faut “juste” insé­rer un filtre devant le cap­teur, l’histoire ne disant pas s’il faut conser­ver l’habituel filtre anti­alia­sing qui équipe les appa­reils pho­tos, sauf excep­tions comme dans le LEICA M9. Il semble cepen­dant qu’il fau­dra pou­voir contrô­ler méca­ni­que­ment et avec pré­ci­sion la posi­tion du filtre lenticulaire.

Of course, l’ensemble va néces­si­ter du logi­ciel pour récu­pé­rer les images et défi­nir mise au point et pro­fon­deur de champs !

Lytro explained

Pour dif­fu­ser la tech­no­lo­gie, la société avait en gros deux options devant elle :

  • Créer une tech­no­lo­gie ven­due sous licence aux fabri­cants d’appareils pho­tos, et aussi la par­tie logi­cielle sous licence aux Adobe, Google et autres éditeurs de logiciels.
  • Conce­voir ses propres appa­reils pho­tos et aussi les logi­ciels qui vont avec. Choix cornélien.

Le pre­mier choix est per­ti­nent si la tech­no­lo­gie est ame­née à se géné­ra­li­ser et devient un “must have”. Mais avant qu’elle le soit, il faut qu’elle soit éprou­vée. Le second choix, qui semble a été retenu par la société, consis­tera à com­mer­cia­li­ser un appa­reil photo com­pact uti­li­sant le pro­cédé. Et pro­ba­ble­ment avec une optique zoom non inter­chan­geable. L’appareil sera fabri­qué en sous-traitance à Taï­wan. Les limites théo­riques du pro­cédé can­ton­ne­ront pro­ba­ble­ment l’usage de l’appareil à quelques domaines au début de sa car­rière. Si l’usage peut être géné­ra­lisé, les grands de la photo vou­dront sans doutes s’approprier le pro­cédé pour l’intégrer à leurs appa­reils. Sur­tout dans la mesure où cela ne semble pas remettre sérieu­se­ment en cause les pro­ces­sus habi­tuels de fabri­ca­tion d’appareils photos.

Cette aven­ture inté­res­sante ne semble pos­sible qu’aux USA tel­le­ment les moyens néces­saires (et la prise de risque) sont impor­tants ! Ce, d’autant plus que l’industrie amé­ri­caine est qua­si­ment inexis­tante dans la photo numé­rique, domi­née par les japo­nais. Sauf quelques rares excep­tions comme avec les cap­teurs de Kodak.

Ima­gi­nez un cher­cheur de SupOp­tique qui pon­drait la thèse de Ren Ng et qui cher­che­rait à révo­lu­tion­ner la pho­to­gra­phie numé­rique. Il obtien­drait 30K€ d’Oséo pour son pro­to­type, un prêt d’honneur de 60K€ chez Scien­ti­pôle Ini­tia­tive ou dans le Réseau Entre­prendre (avec deux asso­ciés), puis une avance rem­bour­sable de 200K€ et/ou une sub­ven­tion de 450K€ gagnée au concours de l’entreprise inno­vante toutes deux condi­tion­nées par des fonds propres équi­va­lents. Il irait voir des busi­ness angels qui met­traient 300K€ pour voir, et ensuite des VCs qui iraient jusqu’à 5m€ dans un pre­mier temps. Cela ne serait pas impos­sible d’obtenir les moyens de Lytro, mais cela serait bien plus dif­fi­cile qu’aux USA.

L’équipe de Lytro

Ter­mi­nons avec quelques mots sur l’équipe de cette star­tup. Son fon­da­teur est Ren Hg, 31 ans, qui est l’auteur de la thèse de Stan­ford de 2006 décri­vant le pro­cédé. Cela veut dire que le gars cra­vache depuis cinq ans pour avan­cer et pro­to­ty­per son appa­reil photo révolutionnaire.

La société compte déjà plus de 40 per­sonnes. Son CTO est Kurt Ake­ley, un ancien de Sili­con Gra­phics et de Micro­soft Research. L’équipe diri­geante est mixte avec 4 femmes sur 9 personnes.

Lytro team

Petits détails, la société a deux prix Nobel dans son Advi­sory Board et son Board com­prend un cofon­da­teur de TiVO.

Le siège de la société ? Moun­tain View, à deux pas de Google, Palo Alto et sa pompe à finan­ce­ment de Sand­hill Road, Stan­ford et tout le toutim !

Publié le 24 juin 2011 et mis à jour le 22 octobre 2011 Post de | Innovation, Photo numérique, Silicon Valley, Startups, Technologie, USA | 36388 lectures

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Les 41 commentaires et tweets sur “Lytro va-t-il révolutionner la photographie numérique ?” :

  • [1] - Pierre Metivier a écrit le 24 juin 2011 :

    Oli­vier,

    Superbe article, incroya­ble­ment docu­menté. bravo.

    Tu poses les bonnes ques­tions - “Nice to have” ou “must have” et pour qui ?

    et tu apportes les éléments de réponse - le concept de pro­fon­deur de champ - inconnu de la plu­part des pos­teurs de pho­tos sur FB, le pre­mier site de photo (devant Fli­ckr), et le for­mat RAW, itou.

    On ne peut que sou­hai­ter bonne chance à Lytro et sa techno, mais basé sur les infos par­ta­gées ici, je pense que nous soyons sur un mar­ché de niche plu­tôt qu’un mar­ché grand public, un vrai mar­ché par ailleurs comme le prouve une société comme DXO.

    Mes 0,02 €

    • [1.1] - Olivier Ezratty a répondu le 24 juin 2011 :

      Espé­rons pour eux que leur suc­cès ne sera pas empê­ché par une erreur de posi­tion­ne­ment ! Atten­dons la fin de l’année pour voir et juger sur pièces ! Je n’ai fait ici qu’essayer de com­prendre le contenu de la thèse du créa­teur de la star­tup. La thèse datant de 2006, il n’est pas impos­sible que depuis, ils aient réa­lisé des pro­grès signi­fi­ca­tifs qui ne sont pas encore docu­men­tés, et/ou sont dans des bre­vets en cours de dépôt.

      • [1.1.1] - Blaise a répondu le 25 juin 2011 :

        J’ai eu la chance d’ptre l’eleve puis le col­legue de Kurt. Un mec incroya­ble­ment smart. Il est spé­cia­liste de la 3D, et je pense que les appli­ca­tions 3D e l’outil ne lui echappent pas :-)

        Il a une ten­dance a être lar­ge­ment en avance de son temps en revanche

  • [2] - APG a écrit le 24 juin 2011 :

    Ques­tion de néo­phyte : est-ce qu’un prin­cipe du même type (ou même ce prin­cipe) ne per­met­trait pas aussi de gérer les lumi­no­si­tés pour gérer l’effet HDR en post-traitement en une seule photo ?

    Sinon, si cette tech­no­lo­gie dépasse ses limites, il me semble qu’elle va tota­le­ment trans­for­mer le mar­ché de la photo en un mar­ché de post-traitement : les artistes / spé­cia­listes / etc. seront ceux qui sont devant leur ordi­na­teur, pas ceux qui tiennent l’appareil. Evo­lu­tion intéressante !

    Merci (et féli­ci­ta­tions) pour ce superbe article pédagogique !

    • [2.1] - Olivier Ezratty a répondu le 24 juin 2011 :

      Il ne me semble pas que le prin­cipe de Lytro per­mette d’améliorer la dyna­mique des cap­teurs et donc de se pas­ser de prendre plu­sieurs pho­tos de suite pour géné­rer une image à haute dyna­mique (HDR). Pour faire du HDR en une prise, il fau­drait amé­lio­rer les cap­teurs et notam­ment leur capa­cité à dis­tin­guer encore mieux les nuances de hautes et basses lumières. C’est un pro­blème de pho­to­nique et de semi-conducteurs.

      Pour ce qui est du mar­ché du post-traitement, la trans­for­ma­tion est déjà bien en cours, même si les per­sonnes sont sou­vent les mêmes au début et à la fin du pro­cess. Chez les uti­li­sa­teurs de réflexes, les mani­pu­la­tions des pho­tos à par­tir du for­mat RAW apportent une énorme sou­plesse que l’on n’a pas au moment de la prise de vue. Sans comp­ter le tra­vail des pho­to­graphes de mode qui passent des heures à retou­cher les pho­tos des top-models. Même si celui qui fait les retouches n’est pas for­cé­ment celui qui a pris les clichés.

      A l’autre extré­mité du spectre des uti­li­sa­teurs, les appli­ca­tions mobiles comme Ins­ta­gram et com­pa­gnie per­mettent de rajou­ter des fio­ri­tures autour de ses pho­tos avant de les envoyer dans les réseaux sociaux.

      La trans­for­ma­tion du mar­ché ne serait pas si radi­cale que cela. L’innovation évite des mani­pu­la­tions irré­ver­sibles lors de la prise de vue et apporte plus de sou­plesse dans l’usage des pho­tos prises. C’est une évolu­tion dans la lignée de l’apparition du for­mat RAW avec les cap­teurs réflex qui a per­mis de cor­ri­ger la lumi­no­sité des pho­tos, ou la lumi­no­sité dans les hautes ou basses lumières, alors que le JPEG ne le per­met­tait pas aussi bien car il détrui­sait des infor­ma­tions utiles dans les pho­tos au moment de la com­pres­sion (du 12/14 bits au 8 bits pour le nombre de cou­leurs dif­fé­rentes gérées par pixel et cou­leur pri­maire). Avec le plé­nop­tique, au lieu de perdre une infor­ma­tion cap­tée (du fait de la com­pres­sion JPEG), on en ajoute (la lumière incidente).

      • [2.1.1] - APG a répondu le 25 juin 2011 :

        Merci !

        Pour l’évolution je suis d’accord qu’elle est déjà bien enta­mée, mais il reste que l’expertise de l’opérateur (ici : le pho­to­graphe, qui tient l’appareil) est encore déter­mi­nante. Je m’étais une fois amusé à me mettre der­rière un pho­to­graphe de mode pour prendre exac­te­ment les mêmes pho­tos que lui … et com­pa­rer les dif­fé­rences (très dur pour l’ego ! :-) )

        Là, on peut ima­gi­ner un auto­ma­tisme com­plet :
        - Plu­sieurs prises de vue en rafale pour la lumière
        - Le sys­tème Lytro pour la mise au point
        Aura-t-on encore besoin d’un opé­ra­teur hau­te­ment spé­cia­lisé pour la prise de vue ? (pour la mode il res­tera bien sûr les sty­listes décors, les spé­cia­listes lumières, les maquilleurs, coif­feurs, etc. etc.)

        Der­nière ques­tion tech­nique : les demos de Lytro mettent en oppo­si­tion le flou et le net. Est-ce que le sys­tème per­met d’avoir tout net (exemple : trans­for­mer la photo de che­mise noire en l’équivalent du jeune gar­çon) ? Ou est-ce qu’il recal­cule l’ensemble de la photo selon un point de vue unique qui oblige une cer­taine pro­fon­deur de champs et donc à cer­taines zones floues ?

        • [2.1.1.1] - Olivier Ezratty a répondu le 25 juin 2011 :

          Ce genre de tech­no­lo­gie ne va pas cor­ri­ger l’un des prin­ci­paux écueils des pho­to­graphes ama­teurs (même équi­pés de réflexes) : la com­po­si­tion et le cadrage ! Il reste à créer un logi­ciel intel­li­gent embar­qué qui aler­te­rait le pho­to­graphe des erreurs en cours : visage au centre au lieu d’être en haut de la photo, pas assez de marges, marges pas équi­li­brées, règles des tiers pas res­pec­tée, jambes cou­pées au mau­vais endroit, etc.

          Pour ce qui est de la pho­to­gra­phie pro­fes­sion­nelle, notam­ment pour de la mode ou des por­traits, on a encore besoin de vrais pho­to­graphes, même si leur métier est de plus en plus dif­fi­cile. Il ne faut pas négli­ger un point TRES impor­tant : la rela­tion entre le pho­to­graphe et les per­sonnes pho­to­gra­phiées. Cela va de la mise en confiance aux conseils pour la pose, si ce n’est vers une notion de “direc­tion artistique”.

          Pour la techno Lytro, il me semble qu’elle per­met de recons­ti­tuer une vue avec pro­fon­deur de champ maxi­male ren­dant presque tous les plans nets dans l’image. Cela traî­nait quelque part dans les exemples fournis.

  • [3] - Benjamin a écrit le 25 juin 2011 :

    La par­tie sur Oseo est tel­le­ment réa­liste que j’ai rigolé … jaune (étant dans la même situation).

    C’est donc tel­le­ment connu que les inves­tis­se­ments en France sont si… nuls bas ?

    • [3.1] - Olivier Ezratty a répondu le 25 juin 2011 :

      Ne cra­chons pas sur la soupe. Cf le débat du post pré­cé­dent qui n’est pas ter­miné d’ailleurs !

      La France est à l’image du reste de l’Europe. Je pense que la fai­blesse de nos inves­tis­se­ments est le résul­tat direct de la frag­men­ta­tion du mar­ché euro­péen. Petits mar­chés locaux => petits mar­chés pour démar­rer => démar­rage plus lent => suc­cès plus dif­fi­ciles + concur­rents US qui vont plus vite => plus dur de se faire finan­cer => pas de réamor­çage de la pompe pri­vée du finan­ce­ment par les suc­cès. Seconde rai­son clé : la culture du risque et un manque d’ambition, consé­quence de notre géo­gra­phie. Les anglais sont une excep­tion en Europe et se portent mieux. Pro­ba­ble­ment parce qu’ils parlent anglais et sont proches cultu­rel­le­ment des USA où ils s’implantent plus faci­le­ment et plus directement.

      Le bazar de nos finan­ce­ments publics est un pal­lia­tif aux insuf­fi­sances du sec­teur privé, lui-même lié à ce que je viens d’écrire. Pour en sor­tir, il faut réamor­cer la pompe des suc­cès et encou­ra­ger plus nos star­tups à s’ouvrir sur le monde.

  • [4] - Frederic a écrit le 25 juin 2011 :

    Oli­vier, tu es un génie (si, si) de la vulgarisation !

    Pour faire mon focus group (quel jeu de mots…) à moi tout seul : je serai enchanté de retrou­ver les pos­si­bi­li­tés de jouer avec les pro­fon­deurs de champ que j’ai qua­si­ment aban­don­nées depuis que j’ai quitté mon reflex argen­tique pour n’avoir plus que des APN com­pacts… Le suc­cès des petites applis iPhones Ins­ta­gram et consorts me laisse croire que les uti­li­sa­teurs sont nom­breux à envie de twee­cker leurs photos…

  • [5] - Mathieu a écrit le 25 juin 2011 :

    Bravo pour cet article impres­sio­nant de détail.
    Très intéressant !!!

  • [6] - Quentin a écrit le 25 juin 2011 :

    Je pense égale­ment que tout cela est plus per­ti­nent pour des appli­ca­tions spé­cia­li­sées (scien­ti­fiques / mili­taires)
    Erreur de posi­tion­ne­ment ? L’avenir le dira …

  • [7] - arnol a écrit le 26 juin 2011 :

    Je tire mon cha­peau à Oli­vier Ezratty pour cet article d’une très grande qua­lité, sur la clarté rédac­tio­nelle, sur la péda­go­gie du contenu et sur la per­ti­nence de l’analyse, ça fait plai­sir au milieu de la soupe pré­ma­chée de dépeches ou de vul­ga­ri­sa­tion pour bulots décérébrés.

    Sur le fond, je rejoins com­ple­te­ment la consta­tion du pro­ble­men, et l’objectif mar­ke­ting est contra­dic­toire avec les contraintes techniques :

    Sur un por­table ou un ultra­com­pact, on a des objec­tif qui oscil­lent entre la tete d’epingle et la piece de 10c, donc impos­sible d’ouvrir grand; et de l’autre coté on a des cap­teurs de quelques mil­li­metres à peine,
    et plus on case de pixels, plus ils sont ser­rés ;)

    sur un com­pact à 12 Mpixels fer­més à f4 ou 5 , il faut savoir que les pho­to­sites ne recoivent plus des points mais des taches, qui débordent alle­gre­ment sur les pixels voi­sins ! (cf Tache d’Airy à 7,5 microns sur une ouver­ture à 4,5)

    Donc même en pro­je­tant un iPhone8 a 30Mpixels, on res­tera sur des objec­tifs tetes d’epingles à men­dier du pho­ton, l’equation semble impossible.

    Quand je vois des news du type
    http://www.mobiles-actus.com/actualite/htc-wp7-16-megapixels.htm , je me fend la poire .. le cap­teur 16Mpixels de sony par ex est annoncé être un 1/2,8″ (9mm) , soit si mes cal­culs sont bons, 2 pixels à se tas­ser comme des sar­dines dans 1,6 microns..
    Même ouvert à f2,8, avec une tache de 3.8 µm, la bouillie qui en résulte ramène phy­si­que­ment à moins de 4million de pixels effectifs..

    Sur un full­frame 24x36 bien ouvert, c’est bien sûr dif­fé­rent , un 50Mpixels fait (opti­que­ment) sens et la techno pren­drait alors tout son intérêt.

    Pour les petits cap­teurs, je crois beau­coup plus à ce qui bouillonne en ce moment sur les matrices de cap­teurs, qui abou­tissent au même résul­tat (choix de la PF après la prise de vue) et bien d’autres (recons­ti­tu­tions d’images cachées der­riere la branche de l’arbuste, mieux que pho­to­shop!) , avec une techno qui est indus­triel­le­ment beau­coup plus facile à mettre en oeuvre sur des APN bas de gamme et autre télé­phones por­tables,.
    A lire l’article très inter­es­sant sur http://www.jvrb.org/archiv/2578,

    et à suivre ce que fait la société pelicanimaging.com sur le sujet.

    J’imagine volon­tier le com­pact de 2020 inté­gra­le­ment recou­vert de petits cap­teurs sur ce facade, au lieu d’un gros objectif.

    - Arnaud

    • [7.1] - Olivier Ezratty a répondu le 26 juin 2011 :

      Merci pour cette très inté­res­sante pers­pec­tive qui explique bien pour­quoi la course aux pixels n’a pas de sens dans les com­pacts et les smart­phones. Elle valide indi­rec­te­ment le fait que l’appareil de Lytro sera pro­ba­ble­ment un hybride (cap­teur réflex sans miroir).

      Je découvre Peli­can Ima­ging. C’est encore une star­tup basée à Moun­tain View, comme Lytro, et qui a levé $17m (cf http://www.crunchbase.com/company/pelican-imaging). Mais avec une dif­fu­sion de la tech­no­lo­gie en OEM visiblement.

      Le pro­cédé uti­li­sant une matrice de petits capteurs+optiques semble inté­res­sant. Il faut juste espé­rer que les pro­blèmes de réso­lu­tion d’optique ne se posent pas à cette échelle ! Sans comp­ter la pré­ci­sion des pro­ces­sus de fabri­ca­tion. C’est là que le bât peut blesser !

      Une autre société à sur­veiller est Variop­tic, fran­çaise cette fois-ci. Elle a déve­loppé une tech­no­lo­gie de len­tilles fluides pro­gram­mables (par champs élec­trique je crois). Cela fait des années qu’ils existent (2002 + $16m de levés en troi­sième tour, donc pro­ba­ble­ment au moins $20 au total). Leur tech­no­lo­gie semble avoir été inté­grée dans des blocs optiques d’origines variées (http://www.varioptic.com/en/partners.html). Mais dans quels smart­phones au final ?

  • [8] - Dedou26 a écrit le 27 juillet 2011 :

    Bizarre de déve­lop­per ce genre de pro­cess : je suis per­son­nel­le­ment passé au réflex notam­ment pour pou­voir jouer avec la pro­fon­deur de champ… Si cela ne fonc­tionne pas sur des APN de base, ceux qui inves­tissent dans des réflex s’intéressent - a priori - aux tech­niques pho­tos et donc à mai­tri­ser ce flou voulu.
    Je ne vois donc pas trop l’utilité de cette inno­va­tion ? Enfin, ce que j’en dis..

    from : une pas trop Pho­to­sho­peuse :)

  • [9] - Olivier Ezratty a écrit le 20 octobre 2011 :

    Petit auto-commentaire main­te­nant que l’on en sait plus sur l’appareil qui vient d’être dévoilé et pré-commandable en ligne pour $400 à $500 selon la capa­cité mémoire : https://www.lytro.com/camera.

    - Le cap­teur : il est bien carré mais fait seule­ment 11 mpixels. J’avais com­pris que cela géné­re­rait des images d’une défi­ni­tion très infé­rieure à cause du sys­tème de micro-lentilles, décrit dans mon article. Les images publiées sur le site de Lytro sont de petite taille et sur écran uni­que­ment. Quelle est la réso­lu­tion exacte que per­met­tra ce pro­cédé ? C’est encore une incon­nue. Mais peut-être une bonne sur­prise au bout du compte.

    - La taille du cap­teur n’est pas indi­quée ni si c’est un CCD ou un CMOS, et on n’en sait pas plus sur sa sen­si­bi­lité. Il semble en tout cas que le pro­cédé lui-même per­mette d’obtenir une très grande sen­si­bi­lité et de prendre des pho­tos conve­nables en basse lumière. L’objectif ouvre à 2.0 ce qui en est un bon gage. Et puis, l’appareil n’est pas doté d’un flash !

    - Le form fac­tor est curieux. Il n’a pas l’air d’être bien ergo­no­mique pour la prise de pho­tos, ni même pour prendre des vidéos (ce qu’il ne sait pas faire). J’ai l’impression que ce form fac­tor a été choisi pour “faire dif­fé­rent” et aussi parce que son coût de fabri­ca­tion doit être réduit. Il revient moins cher de plier une tôle en quatre que de créer un moule de fon­de­rie ou pour mou­ler un plas­tique quel­conque voire pour asso­cier les deux. Autre inter­pré­ta­tion : une approche “Apple-ienne” de la boite qui a rai­son contre la pen­sée unique du moment. On verra bien à l’usage. Il est aussi pos­sible que cela soit lié à la forme et à la lon­gueur du zoom à l’intérieur du corps de la caméra. Le zoom fonc­tionne visi­ble­ment avec une optique mobile à l’intérieur de l’appareil.

    - La pré­ci­sion de la mise au point : dans les exemples du site, on peut effec­ti­ve­ment faire la mise au point sur l’avant plan ou l’arrière plan. Il y a quelques cas où l’on peut jouer avec finesse sur des plans inter­mé­diaires. Je me demande encore quelle est la réso­lu­tion de pro­fon­deur. A savoir sur com­bien de plans peut-on faire la mise au point ? Compte-tenu du pro­cédé, ce nombre de plans devrait être fini (dis­cret) et pas infini (n’importe quel plan).

    - Tout est auto­ma­tique : il n’y a ni besoin d’autofocus ni de ges­tion de l’ouverture. Fina­le­ment, il reste le temps de pose et les ISO.

    - Le posi­tion­ne­ment : le prix de la caméra et sa sim­pli­cité d’usage en font un outil pour les ama­teurs et réso­lu­ment pas pour les pro­fes­sion­nels. Mais on peut cepen­dant s’attendre à un engoue­ment, au même titre qu’il en existe pour les Lomo, les Pola­roid à l’ancienne voire pour des Leica hors de prix.

    - Un détail qui compte : le logi­ciel de trai­te­ment des images ne fonc­tionne pour l’instant que sur Macin­tosh. Une ver­sion Win­dows est pré­vue pour plus tard.

    Il reste à attendre début 2012 pour en savoir un peu plus.

    En tout cas, le lan­ce­ment par étape suit son cours et le buzz est ins­tan­tané sur Internet.

    A ce stade, le nou­veau Canon EOS 1D X me fait plus rêver avec son cap­teur très haute sen­si­bi­lité full-frame et une cadence de prise de vues de 12 images/secondes. Mais il est à $6800. Argh ! Ce n’est pas la même cour.

  • [10] - Pierre a écrit le 20 octobre 2011 :

    “Mais on peut cepen­dant s’attendre à un engoue­ment, au même titre qu’il en existe pour les Lomo, les Pola­roid à l’ancienne voire pour des Leica hors de prix“
    Un bon scé­na­rio (au sens happy-end) serait que les uti­li­sa­teurs trouvent à cette tech­no­lo­gie un inté­rêt pas for­cé­ment prévu par ses concep­teurs qui per­met­trait par exemple de pro­duire après trai­te­ment des images com­plè­te­ments dif­fé­ren­tesdes pho­tos que l’on peut pro­duire aujourd’hui et très carac­té­ris­tique de l’appareil. Qui sait ce qu’un créa­teur saura pro­duire à par­tir d’une image ou a priori il peut avoir tous les plans(ou presque tous) mis au point ou flou à la demande et les com­bi­ner ensemble.
    En tout cas mettre leur inno­va­tion dans un pro­duit pour la mettre le plus tôt pos­sible sur le mar­ché (vous m’arrêterez si en disant cela je dis une bêtise) sans ce sou­cier du carac­tère par­fai­te­ment abouti me semble avoir des avan­tages: feed­back rapide des uti­li­sa­teurs et com­men­cer avec un peu de chance à géné­rer des $ pour pour­suivre. Qu’en pen­sez vous ?

  • [11] - Lefrançois a écrit le 20 octobre 2011 :

    Perso, je scin­de­rai la mémo­ri­sa­tion des sources de l’image, de l’image elle-même, ainsi avec un résul­tat brut, je pour­rais effec­tuer un post-traitement sur ordi­na­teur de cette image, c’est à mon sens tout l’intérêt du dispositif…jusqu’à la 3d.
    On peut même ima­gi­ner un résul­tat pré­traité et une rétro-ingénierie per­met­tant de reve­nir à une image non trai­tée pour lui appli­quer ses propres modifications.

  • [12] - Dominique a écrit le 20 octobre 2011 :

    Bon­jour.

    Merci pour cette expli­ca­tion four­nie sur le système.

    Cepen­dant, il y a quelques erreurs qu’il serait bon de cor­ri­ger.
    La pre­mière, qui dimi­nue de beau­coup la com­pé­tence de cet article est le mot “réso­lu­tion” uti­lisé à la place de “Défi­ni­tion”. Jamais un nombre de pixels n’a consti­tué une réso­lu­tion.
    La deuxième est une erreur d’un fac­teur 1000 concer­nant la défi­ni­tion du futur de la NHK : elle n’est pas de 32kilopixels mais 32 Méga­pixels (en fait 33)
    Enfin, la troi­sième est l’abusif “zoom fixe”. Pour­quoi pas une mon­tagne plate ? Uti­li­ser plu­tôt le terme “focale fixe”.

    • [12.1] - Olivier Ezratty a répondu le 20 octobre 2011 :

      Je pen­sais (en juin) à une optique zoom non inter­chan­geable, ce qui est bien le cas au bout du compte. Cor­rigé pour le reste.

      Réso­lu­tion et défi­ni­tion, abus de lan­gage en effet. Pas facile à vul­ga­ri­ser en plus car la défi­ni­tion d’un cap­teur a un sens dif­fé­rent avec celle des images géné­rées du fait du déma­tri­cage de Bayer géné­ra­le­ment uti­lisé sauf dans les cap­teurs type Fovéon où les pixels RGB sont super­po­sés et non pas répar­tis dans une matrice de Bayer.

  • [13] - Waglioni a écrit le 20 octobre 2011 :

    Merci pour votre article. Je pen­sais avoir com­pris le truc à la lec­ture d’un article du maga­zine de Stan­ford il y a de cela un ou deux ans. Mais votre article est beau­coup plus détaillé. Veuillez cepen­dant rec­ti­fier : Fou­rier et non pas Four­rier, il serait dom­mage de ter­nir le brillant de votre démons­tra­tion par cette faute regret­table qui écorche le nom du géant de la phy­sique mathé­ma­tique (Joseph Fou­rier, 1768-1830), l’inventeur des fameuses “séries” qui per­mettent la trans­for­ma­tion de n’importe quelle fonc­tion en formes pério­diques, et réciproquement.

  • [14] - jpb a écrit le 20 octobre 2011 :

    Avoir des idées, c’est bien, avoir en plus le finan­ce­ment, c’est mieux. Peu importe la tech­no­lo­gie, on est fata­le­ment à la traîne…
    La taille euro­péenne est indis­pen­sable, et au lieu de spé­cu­ler sur des mar­chés finan­cier ten­tant de nous noyer, l’argent doit être col­lecté mas­si­ve­ment par le biais des états euro­péens pour ali­men­ter le nerf de la guerre écono­mique. Mais on tombe sur un pro­blème politique..

  • [15] - Waglioni a écrit le 20 octobre 2011 :

    Je vous signale que la seconde occur­rence n’a pas été cor­ri­gée : “Une trans­for­mée de Four­rier logi­cielle”. Merci (pour lui) de rectifier.

  • [16] - jimv a écrit le 20 octobre 2011 :

    Sur quelle dis­tance de mise au point est réglé l’objectif d’un smart­phone ?
    J’en sais rien, pro­ba­ble­ment ” au pif” (tolé­rances de mon­tage) ou car­ré­ment sur l’infini.

    • Juste un peu sur la pro­fon­deur de champ (champ net sur la photo pour une dis­tance de mise au point):
    Elle est régie par les lois de l’optique et de la défi­ni­tion de la plaque sensible.

    On peut dire que la pro­fon­deur de champ:

    - Dépend de la défi­ni­tion de la plaque sen­sible.
    - Qu’elle aug­mente au plus on ferme le dia­phragme: limi­ta­tion de la taille de la base du cône d’entrée de la lumière (qui dépend lui aussi de la taille de la len­tille) .
    - Qu’ elle croit si on dimi­nue la focale de l’objectif.

    • Dans les anciens appa­reils “fix-focus” type “ins­ta­ma­tic” ou tous ceux qui ont un dia­mètre de len­tilles suf­fi­sam­ment consé­quent. Le but était que n’importe qui puisse faire sans tra­cas des pho­tos nettes: “Clic-clac Kodak !” ( et ici point d’élucubrations sur le cadrage, le posi­tion­ne­ment, qui sont d’un autre domaine et pas réser­vés aux pos­ses­seurs de reflex … loin s’en faut) .

    Donc, on fai­sait un choix focale/ouverture . Petit à petit la focale a dimi­nué (pour essayer d’éviter le syn­drome de la “femme-tronc”). Et l’ouverture pour essayer d’éviter la photo “fro­mage blanc” l’été en plein midi ou le “trou noir” dès 5 heures du soir.

    Ceci étant fait il fal­lait encore régler la dis­tance de mise au point fixe (comme sur les smart­phone). Les ingé­nieurs opti­ciens la réglaient sur la dis­tance hyperfocale.

    “Qués aquo ?”

    C’est tout sim­ple­ment la dis­tance de mise au point qui per­met (à cette ouver­ture et focale) d’ obte­nir une photo qui soit nette de l’infini au plus proche possible.

    Sans cal­culs, pour exemple, si vous réglez votre appa­reil sur l’infini la photo ne sera nette que jusqu’à 3,5 mètres de l’objectif, quid des por­traits de Mamy ?
    Mais si on règle la dis­tance de mise au point en fonc­tion de la pro­fon­deur de champ on peut la mettre à 2,5 mètres ce qui per­met­tra d’avoir l’infini net mais de pou­voir pho­to­gra­phier la tête de mamy à 90 cen­ti­mètres, sans qu’elle res­semble à une gelée. (pho­to­gra­phier Mamy de plus près relève pour moi de l’inconscience !).

    En fin de compte je pense que les objec­tifs des smart­phones sont réglés quelque part entre cette dis­tance hyper­fo­cale et l’infini, a priori, tout le reste étant laissé aux aléa de la fabrication.

    C’est jus­te­ment là que la tech­nique que vous évoquez est révolutionnaire.

    • [16.1] - Olivier Ezratty a répondu le 21 octobre 2011 :

      Les lois de l’optique ont aussi un impact sur les cap­teurs des smart­phones : la petite taille du cap­teur, de l’optique et de leur proxi­mité entraîne des pho­tos avec une très grande pro­fon­deur de champs, c’est-à-dire que tous les plans sont nets en géné­ral. Plus le cap­teur et l’optique sont grands (et l’ouverture élevée) plus on peut “contrô­ler” la pro­fon­deur de champs. C’est la rai­son du suc­cès du Canon EOS 5D Mark II pour des tour­nages de films. Son cap­teur est deux fois plus grand que celui des camé­ras vidéos stan­dard pro pour le cinéma dites Super35 mm. Consé­quence, avec les optiques Canon à grande ouver­ture, on peut encore mieux contrô­ler cette pro­fon­deur de champs. Cela donne des effets de flous et nets artis­tiques. Mais les réa­li­sa­teurs peuvent en abuser.

  • [17] - Mouah a écrit le 20 octobre 2011 :

    Com­prends pas.
    Puisqu’il y a toute l’information suf­fi­sante dans le fichier, pour­quoi ne pas construire un JPG nulle part flou ? Les gens aiment qu’il y ait des zones floues ?

    • [17.1] - Olivier Ezratty a répondu le 21 octobre 2011 :

      Oui pour des rai­sons “artis­tiques” et pour bien valo­ri­ser un élément de la photo. Un exemple est donné dans l’article.

  • [18] - Olivier Ezratty a écrit le 21 octobre 2011 :

    Grâce à cet article du Figaro de Ben­ja­min Fer­ran qui pointe sur l’article ici pré­sent, on peut décou­vrir des ver­sions pro­fes­sion­nelles de l’appareil de Lytro avec ceux de la société alle­mande Ray­trix. Cela four­nit indi­rec­te­ment des infor­ma­tions inté­res­santes sur la défi­ni­tion des images qu’un sys­tème plé­nop­tique à base de micro-lentilles(lightfield sen­sor) peut géné­rer. Leur R29 qui est un modèle haut de gamme est doté d’un cap­teur de 29 Mpixels et aurait une réso­lu­tion effec­tive de 7,5 Mpixels (oui, c’est bien de réso­lu­tion qu’il s’agit, Dominique !).

    Leur R5 génère quant à elle des images de 1 Mpixels avec un cap­teur de 5 Mpixels de un demi pouce de dia­go­nale, qui est assez petit et uti­lisé par peu d’appareils grand public (comme le Fuji F80EX). On retrouve donc un ratio d’environ 1 à 5 entre défi­ni­tion du cap­teur et celle des images géné­rées. La R5 sup­porte 32 plans de mise au point ce qui est lar­ge­ment suf­fi­sant dans la pratique.

    Bref, tout ceci semble indi­quer que la tech­no­lo­gie de Lytro pour­rait bien si elle se déve­lop­pait avec les cap­teurs les plus récents géné­rer des images avec une défi­ni­tion fort conve­nable. Et celle du pre­mier modèle pour­rait atteindre 2 Mpixels si le ratio capteur/image est le même qu’avec la R5 de Raytrix.

  • [19] - gargamel a écrit le 21 octobre 2011 :

    Je ne vois pas l’intérêt qu’offre une mise au point à pos­tiori, les auto­fo­cus actuels des réflex sont très per­for­mants et si on veut que tout soit net, on se place à petite ouver­ture f 11 à 16 avec tou­te­fois le rique d’un léger pro­blème de dif­frac­tion. A moins que dans l’avenir les cap­teurs mul­ti­plient infi­ni­ment le nombre de pixels, dans ce cas ce sys­tème élec­tro­nique pour­rait éven­tuel­le­ment rem­pla­cer un sys­tème méca­nique… mais si on veut que tous les plans soient nets, cela serait alors impos­sible avec ce sys­tème qui ouvre à f4…Beaucoup de tra­vail pour un flop?

    • [19.1] - Olivier Ezratty a répondu le 21 octobre 2011 :

      Ca a l’air d’etre inter­es­sant en situa­tion de basse lumiere et a grande ouverture.

  • [20] - Waglioni a écrit le 21 octobre 2011 :

    Sou­vent, quand je prends des pho­tos de fleurs ou d’insectes en macro, dans la nature, j’en manque beau­coup faute de mise au point, qui sou­vent se fait sur un plan de feuilles légè­re­ment en arrière. Avec ce sys­tème, quand il auto­ri­sera le macro (ce qui semble n’être pas le cas actuel­le­ment), tous les ama­teurs comme moi pour­ront mieux sai­sir les beau­tés de la nature. Mais il y a cer­tai­ne­ment déjà d’autres appli­ca­tions inté­res­santes d’un point de vue artistique.

  • [21] - PetitMowgli a écrit le 21 octobre 2011 :

    Un article inté­res­sant, qui a le mérite de vul­ga­ri­ser où il se doit et de répondre à cer­taines ques­tions, même si je conti­nue de res­ter scep­tique sur l’application au grand public pour un cer­tain nombre de rai­sons (connais­sance des aber­ra­tions chro­ma­tiques, de la pro­fon­deur de champ, du déve­lop­pe­ment d’un RAW et de ce que cela implique en connais­sance photo).

    J’aimerais juste démys­ti­fier un point : les pho­tos sur leur site web. Je pense que les pho­tos ne sont qu’une mise en situa­tion, et non des cli­chés au tra­vers d’un rendu Lytro.

    En effet, il suf­fit de prendre une photo avec une mise au point dif­fé­rente sur 3 plans, de décou­per le tout sous Pho­to­Shop, puis de les super­po­ser dans Flash et de coder quelques effets pour avoir un effet paral­laxe. La preuve est qu’en f/4, on devrait avoir beau­coup plus de pro­fon­deur de champ en fonc­tion du point visé, alors que sur leur site, c’est le plan qui apparait.

    La photo du papillon illustre bien cela : les fleurs devant le papillon ne sont pas sur le même plan que le papillon. En fai­sant une mise au point sur ces fleurs, en f/4, le papillon devrait com­men­cer à flou­ter. Or ici, peu importe où l’on clique, c’est le pre­mier plan (ou défini comme tel) qui apparait.

    De plus, la théo­rie explique que l’on devrait avoir une assez grosse puis­sance de cal­cul pour pou­voir chan­ger la mise au point.

    Ma conclu­sion : les pho­tos sur leur site ne sont qu’une mise en situa­tion de ce que l’appareil pour­rait faire, et non le rendu réel de l’appareil…

    Mes 2 centimes…

    • [21.1] - Olivier Ezratty a répondu le 22 octobre 2011 :

      Il reste en effet des ques­tions sur la ges­tion de l’ouverture à éclair­cir. Mais les médias à qui l’appareil a été pré­senté dans la Sili­con Val­ley ont pu tes­ter le pro­cédé eux-mêmes sur l’écran de l’appareil. Des vidéos sur You­Tube en attestent. Le pro­cédé fonc­tionne donc vrai­ment et les images pré­sen­tées n’ont pas l’air d’être fake. Ce, d’autant plus, que le pro­cédé plé­nop­toique est validé scien­ti­fi­que­ment et qu’il en existe des variantes de mise en oeuvre avec la société Raytrix.

      Moyen de répondre indi­rec­te­ment au com­men­taire un peu dédai­gneux et pas bien construc­tif de Benoit en [23]…

  • [22] - PetitMowgli a écrit le 21 octobre 2011 :

    A moins que ce soit avec un f/2..? J’ai un doute là tout de suite…

  • [23] - Benoit a écrit le 22 octobre 2011 :

    Com­men­taire pas nul mais qui flâte sur­tout l’égo de son auteur…Typiquement pari­sien! Quelqu’un pond un truc pas mal dans le monde.…mais MOI avec MON dipôooooooome JE … m’enfin. Tech­ni­que­ment ce n’est vrai­ment pas la peine de par­ler de four­nier, il s’agit sim­ple­ment d’un algo­rithme, et vrai­ment cela n’a rien de com­pli­qué. Pour la taille des cap­teurs il y aura bien cer­tai­ne­ment des pro­grès très rapide et cette nou­velle tech­no­lo­gie et sim­ple­ment une bonne idée. En fait du bla­bla­bla habi­tuel e fran­çais, moyen donc.

    • [23.1] - Waglioni a répondu le 22 octobre 2011 :

      Ce qui est vrai­ment très “bla­bla­bla habi­tuel et fran­çais, moyen donc”, c’est d’écrire “four­nier” au lieu de Fou­rier, car cela dénote bien l’attitude “je m’en fous et je vous emm…”, très beauf, typique, reven­di­quant une inculture.

  • [24] - vieux mandarin a écrit le 22 octobre 2011 :

    Sin­cères et vives féli­ci­ta­tions pour les qua­li­tés de votre article, clair et conci­liant péda­go­gie et pré­ci­sion. On a l’impression que l’emploi qu’en fera l’usager lambda reste à décou­vrir. En tout cas il ne s’agit plus d’une photo papier, figée in eter­nam, mais d’un objet inter­ac­tif, dont on découvre les mul­tiples aspects sur son écran. Une belle his­toire de thèse appli­quée en tout cas.

  • [25] - FWron a écrit le 22 octobre 2011 :

    Je me pose des ques­tions sur l’affichage, le trai­te­ment et l’impression des pho­tos faites avec le Lytro.
    Affi­chage : le for­mat RAW (dont j’ignore tout) peut-il s’afficher sur les lec­teurs de pho­tos usuels de Win­dows et autres OS ? Ou faut-il conver­tir la photo en JPEG ? Dans les deux cas, puisque le lec­teur actuel n’a pas la fonc­tion per­met­tant de régler la mise au point sur telle ou telle zone, quelles par­ties de la photo seront affi­chées nettes par défaut ? Sur les exemples four­nis, quel logi­ciel affiche la photo sur MON écran, qui per­met de sélec­tion­ner la zone nette ? (je pense, comme l’auteur du mes­sage 21, que c’est un tru­cage rudi­men­taire ; votre réponse sur “les vidéos sur You­Tube” me laisse dubi­ta­tif car un écran de 4 cm de large filmé avec une web­cam et dif­fusé sur You­Tube ne montre pas grand’chose)
    Trai­te­ment : pour mani­pu­ler les pho­tos faites avec Lytro, faudra-t-il des ver­sions “Lytro” de Pho­to­shop et com­pa­gnie ? Ou bien Lytro va-t-il vendre son logi­ciel “pro­prié­taire” d’édition de pho­tos ?
    Impres­sion : ques­tion simi­laire avec les logi­ciels d’impression actuels : quelles zones seront nettes par défaut ? Et faudra-t-il créer des logi­ciels “ver­sion Lytro” pour impri­mer nettes les zones que l’on veut ?

    • [25.1] - richard a répondu le 20 mars 2013 :

      Bon­jour,
      Même si j’interviens avec 3 guerres de retard dans ce fil, je pro­fite de ces échanges très inté­res­sants pour don­ner quelques infor­ma­tions sup­plé­men­taires.
      Infor­ma­tions basées sur le fait que je suis pos­ses­seur d’un Lytro.
      Lytro a besoin d’un logi­ciel dédié pour fonc­tion­ner: Lytro Desk­top. C’est un logi­ciel assez basique et qui a besoin d’énormément pro­gres­ser car il n’offre que peux de réglages et rien pour les réglages les plus basiques que sont le contraste / expo­si­tion ou satu­ra­tion.
      La ges­tion de la biblio­thèque est égale­ment très limi­tée (impos­si­bi­lité de copier une photo dans une autre par­tie de la biblio­thèque, à la manière de Ligh­troom).
      Réim­por­ter une photo effa­cée sur le PC (mais pré­sente sur le Lytro) est impos­sible.
      Etc…
      A l’heure actuelle, ce logi­ciel est le vrai point faible du Lytro sur­tout si on est habi­tué à de la grosse artille­rie…
      Même la fonc­tion d’exportation JPEG est cachée…
      Le besoin de puis­sance de cal­cul est égale­ment non négli­geable car vider une tren­taines de pho­tos sur un PC équipé un Intel Core i7 prends un temps cer­tains !
      Côté prise de vues, l’appareil est déli­cat à uti­li­ser à cause de son cadrage carré où il faut coha­bi­ter une image qui devrait avoir de la pers­pec­tive… Il faut avoir l’oeil.
      Pour finir, on bute à des lois de la phy­sique concer­nant la pro­fon­deur de champ. Si les sujets sont proches, comme avec un reflex, la photo sera nette sur les deux sujets. Idem s’ils sont éloi­gnés.
      Donc afin de tirer au maxi­mum parti du Lytro et de ses Living Pic­tures un tra­vail de com­po­si­tion est néces­saire et indis­pen­sable, sinon on est face à une photo nette de 0 à l’infinie et tout l’intérêt d’une photo plé­nop­tique est balayé…
      Bilan pour moi du Lytro: super appa­reil photo mais qu’il faut ache­ter en connais­sance de causes sinon on se retrouve face à des pho­tos que réus­si­rai le moindre smart­phone mais avec une reso­lu­tion 10x plus faible.
      Petite pub pour mon blog où je teste le Lytro: http://richard-olier.dyndns.org

      • [25.1.1] - Olivier Ezratty a répondu le 21 mars 2013 :

        Merci Richard pour ce très inté­res­sant retour d’expérience. Pour l’instant, le béné­fice pro­duit semble encore en retrait par rap­port aux limites et contraintes. Cela s’améliorera sans doutes.

        De mon côté, je suis plus en attente de pro­grès dans la sen­si­bi­lité des cap­teurs et leur capa­cité colo­ri­mé­trique (gamut) que dans cette ges­tion un peu com­pli­quée de la pro­fon­deur de champ.

        • [25.1.1.1] - richard a répondu le 21 mars 2013 :

          Côté cap­teur, j’attends une dyna­mique en hausse car celle-ci stagne depuis des ans.
          Seul fuji tirait son épingle du jeu.
          Le RAW ne per­met pas tout :-)

          Pour reve­nir au Lytro, son autre défaut est la néces­sité de pas­ser par du tout “Lytro” pour récu­pé­rer ou dif­fu­ser ses images:
          - Appli­ca­tion dédiée pour lire les fichiers LPF
          - Site web, géré par Lytro, pour dif­fu­ser ses pho­tos sur inter­net.
          Un envi­ron­ne­ment qui reste fermé et fra­gile car on est face à une star­tup qui peu dis­pa­raître à tout moment…

          Reste le côté Fun et magique de réus­sir une belle Living Pic­ture…
          Comme je l’ai écrit…faire “juste une photo” est la quasi cer­ti­tude de rien tirer de bon. Et d’être déçu…

          Le Lytro reste un superbe objet tech­no­lo­gique.
          J’espère qu’il saura avoir une descendance.

          Richard.




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