J’étais invité à Nice les 1ier et 2 novembre 201 au G20 Young Entre­pre­neur Sum­mit qui est orga­nisé dans les pays qui accueillent le G20 des chefs d’états depuis 2009. La pré­cé­dente édition était à Séoul et la sui­vante aura lieu à Mexico. Cette confé­rence est un outil de pro­mo­tion du rôle des jeunes entre­pre­neurs dans la crois­sance. Dans ce compte-rendu, je vais décrire l’objectif et le for­mat de l’événement, les meilleures inter­ven­tions ainsi que les études, rap­ports et recom­man­da­tions pré­sen­tés à cette occasion.

Logo G20 YES 2011

Influen­cer les poli­tiques publiques de l’entreprenariat

S’appuyant sur des études Ernst & Young et McKin­sey, les orga­ni­sa­tions d’entrepreneurs de chaque pays membres qui consti­tuent le G20 YES ont rédigé un ensemble de pro­po­si­tions des­ti­nées aux chefs d’état du G20 (voir à la fin de l’article). Ils ne sont d’ailleurs pas les seuls : le B20 qui ras­semble les MEDEF du G20 avait lieu en même temps que le G20 à Cannes et devait aussi publier une décla­ra­tion à des­ti­na­tion des chefs d’Etat du G20. Le mes­sage est assez clas­sique : la sor­tie de la crise, la reprise et la crois­sance pro­vien­dront des entre­pre­neurs et de l’innovation. Il faut donc créer les meilleurs condi­tions pour leur per­mettre de se déve­lop­per : au niveau de l’écosystème, du finan­ce­ment, de la fis­ca­lité et enfin, de la pro­mo­tion de la culture entre­pre­neu­riale… sur­tout en Europe.

Amphitheatre EDHEC - Panorama 1

Le G20 des chefs d’Etat était dans l’air de Nice même s’il avait lieu quelques jours plus tard à Cannes. L’événement est de la dimen­sion d’un grand congrès : il mobi­li­sait 15000 per­sonnes, dont rien que 800 per­sonnes et quatre ou cinq avions qui débarquent à Nice pour Barack Obama et la délé­ga­tion amé­ri­caine. C’était donc une sorte de Méga-Davos ! Pen­dant ce G20 YES, la ville de Nice était bien gar­dée et sem­blait plu­tôt vide, his­toire de limi­ter l’impact des mani­fes­ta­tions de alter-mondialistes et autres indi­gnés. De quoi faire bais­ser les sta­tis­tiques de cri­mi­na­lité pen­dant quelques jours !

For­mat de la conférence

La confé­rence qui avait lieu à l’EDHEC durait trois jours et ras­sem­blait envi­ron 400 per­sonnes. Je n’ai assisté qu’à la der­nière jour­née, les deux pre­mières étant consa­crées à des échanges de bonnes pra­tiques, à des témoi­gnages et à des ate­liers. Si les pre­mières jour­nées étaient inégales, la der­nière était de bonne fac­ture avec quelques très bons inter­ve­nants, un fac­teur clé de suc­cès d’une confé­rence avec la qua­lité de l’audience.

Nice - Villa Masséna (1)

Mon pre­mier contact avec cette confé­rence fut quelque peu décon­cer­tant. Je me suis rendu le soir de mon arri­vée dans un cock­tail d’accueil orga­nisé dans la belle et his­to­rique Villa Mas­séna de Nice (ci-dessus). En che­mise et le réflex sous le bras, je me suis retrouvé dans une récep­tion de la “haute société”, tous les convives étant en cos­tard cra­vate et les femmes tirées à quatre épingles. Avec une moyenne d’âge plu­tôt située dans les qua­dras que dans les “jeunes” (ci-dessous). Une ambiance qui rap­pelle plus celle des récep­tions à l’Elysée que des confé­rences entre­pre­neurs du numé­rique ou encore les récep­tions pour entre­pre­neurs sou­vent orga­ni­sées à la Mai­rie de Paris.

Réception G20YES Villa Masséna

Les par­ti­ci­pants à cette confé­rence ? De jeunes entre­pre­neurs des pays du G20 (mais pas 400…), sou­vent repré­sen­tants d’associations d’entrepreneurs locales, des entre­pre­neurs incar­nant la réus­site dans leur pays – pas for­cé­ment jeunes -, des inves­tis­seurs et aussi visi­ble­ment pas mal de res­pon­sables RSE (res­pon­sa­bi­lité sociale et envi­ron­ne­men­tale) de grandes entre­prises fran­çaises telles sur Renault et Danone. En tout cas, la notion de “jeune” n’était pas bien claire. Cela res­sem­blait à la mienne (ceux qui sont moins âgés que moi), ce qui donne pas mal de monde…

Des par­ti­ci­pants fran­çais, j’ai pu iden­ti­fier quelques têtes connues comme Isa­belle Bor­dry (Badi­liz), Sté­phane Trep­poz (Sarenza), Thierry Beche­toille (Qos­mos), Domi­nique Res­tino (Mov­Jee), Phi­lippe Colom­bel (Par­tech), Céline Lazorthes (Lee­chi) et Emi­lie Gobin (L’Usine à design). Ce n’était pas pour autant une confé­rence sur l’entrepreneuriat dans le numé­rique ! J’ai ainsi croisé un jeune entre­pre­neur fran­çais qui s’est lancé dans la créa­tion d’une col­lec­tion de chaus­sures pour hommes ou une femme de 24 ans des Emi­rats Arabes Unis venant de créer une société de soins pour ani­maux domes­tiques, avec déjà 10 salariés.

Quelques moments forts

J’ai noté cinq très bonnes inter­ven­tions pen­dant la jour­née ce qui est un excellent palmarès :

Shai Agassi ( Better Place) (5)

Shai Agassi (Bet­ter Place) a fait un tabac en racon­tant son par­cours per­son­nel, son départ de SAP pour créer Bet­ter Place et les carac­té­ris­tiques clés d’un entre­pre­neur inno­va­teur. Son dis­cours me sem­blait plus char­penté que son inter­ven­tion en décembre 2010 pen­dant LeWeb. Shai Agassi a grandi en Argen­tine, est devenu entre­pre­neur en cofon­dant Top­Tier Soft­ware où il était le CTO, une société qu’il a “revendu deux fois léga­le­ment”, la der­nière à SAP. Puis au lieu de par­tir rapi­de­ment de SAP comme le font régu­liè­re­ment les fon­da­teurs de boites acquises, il y est resté six ans comme CTO et a failli en deve­nir le CEO. Il pilo­tait une R&D d’un bud­get de $1B et de 20000 per­sonnes, dont un labo à Sophia Anti­po­lis. Et puis, lors de Davos, il a été mis au défi de résoudre un pro­blème dif­fi­cile pour “chan­ger le monde”. Il a plan­ché sur l’idée de réduire la dépen­dance aux hydro­car­bures dans les voi­tures qui a abouti à la créa­tion de Bet­ter Place (cf plus d’infos sur la société dans cet article, après une visite de leurs bureaux de la Sili­con Valley).

Pour Agassi, il faut avoir de “grandes idées, résoudre des pro­blèmes dif­fi­ciles, amé­lio­rer en per­ma­nence l’idée, ensuite trou­ver du finan­ce­ment en secouant les arbres des VCs à Sand­Hill Road” (la rue de Palo Alto où ils sont par­qués). Il faut ima­gi­ner sans limites mais ensuite exé­cu­ter en tenant compte des réa­li­tés. Dans Bet­ter Place, il a ainsi plan­ché sur les piles à com­bus­tibles et le bio­fuels mais en se ren­dant compte qu’ils n’étaient pas pra­ti­que­ment viables. Il s’est aussi rendu compte que pour char­ger une bat­te­rie de voi­ture de 500 Km d’autonomie en 3 minutes, il fal­lait une ali­men­ta­tion du gaba­rit de celle de l’Empire State Buil­ding. D’où l’idée de faire des échanges stan­dards de bat­te­ries dans les stations-services en une minute et de prendre son temps pour char­ger les bat­te­ries, dans cer­tains cas avec de l’énergie solaire photovoltaïque.

Il raconte ensuite qu’il ne faut pas faire confiance aux études de mar­ché avec quelques anec­dotes sur des mar­ke­teurs d’Apple qui ne croyaient pas au web en 1995 (tient… France Télé­com n’était pas seul !). Le mar­ché évolue de manière chao­tique avec des courbes d’adoption en S et une bru­ta­lité lorsque l’adoption est là ! On l’a vu sur les tablettes.

Il évoque le coa­ching dont il a béné­fi­cié de la part de Shi­mon Perez, qui lui a recom­mandé de trou­ver du finan­ce­ment hors d’Israël mais de créer des emplois dans le pays. Il a cher­ché à ren­con­trer cinq construc­teurs auto­mo­biles à Davos. Deux se sont poin­tés. L’un était arque-bouté sur ses véhi­cules hybrides et l’autre, Car­los Ghosn de Renault-Nissan a mordu à l’hameçon. En conclu­sion, il nous dit que la seule chose qui nous bloque est la peur de nos propres peurs. Il faut savoir sau­ter du der­nier étage du buil­ding ! Tout en s’assurant d’éviter le sol… Hop là ! Et une belle stan­ding ovation.

Husnu Ozyegin (Fiba Group) (7)

Husnu M. Ozye­gin, fon­da­teur du groupe turc Fiba Group et de l’Université Ozye­gin Uni­ver­sity a raconté son par­cours exem­plaires. Il débute avec un MBA à Har­vard qu’il finance par des petits bou­lots qui lui rap­portent $8K par mois, soit le double de ses frais de sco­la­rité qui étaient de $4K (à l’époque). Le gars a ensuite entre­pris dans dif­fé­rents domaines où il a créé ou contri­bué à créer 75 socié­tés dans 10 pays. Il pos­sède encore 56% d’une banque ven­due pour $6B, créée avec un inves­tis­se­ment ini­tial de $6m – dont une filiale en Rus­sie de 130 bureaux et 5000 per­sonnes, cin­quième dans le pays, de la pro­mo­tion immo­bi­lière de centres com­mer­ciaux en Rou­ma­nie, en Tur­quie et en Chine, dans le com­merce de détail dans l’habillement en Rus­sie, Ukraine et Turquie.

Autre inves­tis­se­ment notable qui rap­pelle les actions de mil­liar­daires amé­ri­cains : la créa­tion d’une uni­ver­sité en Tur­quie, au sta­tut de fon­da­tion, qui fait notam­ment la pro­mo­tion de l’entreprenariat. Pas éton­nant dans ces condi­tions qu’un inter­ve­nant de sa table ronde, l’égyptien Ash­raf El Gazayerli indique que le modèle écono­mique et de société pour les pays pas­sés par les révo­lu­tions du prin­temps arabe soit la Turquie !

Samantha Davies (Yathcman of the Year 2010) and Husnu Ozyegin (Fiba Group) (3)

La lumi­neuse Saman­tha Davies, skip­per de l’année 2010 qui se pré­sen­tait avec une petite vidéo sous fond musi­cal du thème des Pirates des Caraïbes (dont le com­po­si­teur est l’énorme Hans Zim­mer…) évoquait tout le tra­vail d’entrepreneuse qu’elle avait mené pour ses dif­fé­rentes courses à la voile. Avec toutes les com­po­santes clés : la pas­sion, le rêve, le risque (de perdre la vie…), le finan­ce­ment, la créa­tion et l’animation d’une équipe à qui il faut savoir délé­guer et faire entiè­re­ment confiance. Saman­tha est un “role model” uti­li­sable dans toutes les entre­prises qui veulent insuf­fler une bonne dose de lea­der­ship dans leurs équipes.

Muhammad Yunus (Grameen Bank) and Bruno Fuchs (Strategies & Medias) (9)

Le ban­gla­dais Muham­mad Yunus, l’économiste pro­mo­teur du micro-crédit, créa­teur de la Gra­meen Bank et prix Nobel de la Paix a fait un véri­table tabac, obte­nant une stan­ding ova­tion avant même son inter­ven­tion (ci-dessus). Il a expli­qué sa démarche qui donne dans le “think dif­ferent”, à savoir faire les choses de manière oppo­sée aux habi­tudes. Les banques prêtent de grosses sommes d’argent aux hommes dans les entre­prises ou les familles aisées situées en ville. Lui, il prête de petites sommes à des pauvres dans les cam­pagnes, hommes comme femmes. Il n’a pas de grand immeuble pour le siège de sa banque. Ce sont sur­tout 25000 col­la­bo­ra­teurs qui sillonnent les cam­pagnes en Inde pour aller cher­cher des “clients”. Il prête même de l’argent aux plus insol­vables des clients ima­gi­nables : les men­diants. Au-delà de l’Inde, il a lancé une opé­ra­tion équi­va­lente à New York et à Omaha (Nebraska, ville de nais­sance du mil­liar­daire War­ren Buffet…).

Ca n’a pas loupé, un entre­pre­neur de Gui­née (Afrique) lui a demandé com­ment déployer cela en Afrique dans la mesure où New York ne lui parais­sait pas prio­ri­taire. Réponse : c’est pos­sible mais il faut tout de même trou­ver des sources de finan­ce­ment. Il fai­sait aussi remar­quer que les indi­gnés et autres mani­fes­tants comme à Wall Street se révol­taient mais que ces opé­ra­tions ne per­met­taient pas de construire des solu­tions viables (ou pas d’ailleurs…).

Muham­mad Yunus aurait sinon tra­vaillé sur une solu­tion de micro-crédit pour le G20 et Nico­las Sar­kozy. A noter que le per­son­nage est très sym­pa­thique et abor­dable. Il est resté toute la jour­née dans la confé­rence, écou­tant d’autres inter­ve­nants, ren­con­trant de jeunes entre­pre­neurs, se fai­sant prendre en photo de manière décon­trac­tée. Un vrai pro de la com­mu­ni­ca­tion, mais sans fard, nature, quoi !

Xavier Fontanet (Essilor) (6)

Der­nier des “grands” de cette confé­rence, Xavier Fon­ta­net, Chair­man d’Essilor, repre­nait un thème qui lui est cher sur l’expansion inter­na­tio­nale des socié­tés. J’avais eu l’occasion de le voir dans une confé­rence à Bercy il y a un an. Il raconte une anec­dote inté­res­sante : il est un jour invité à Tokyo par le patron du japo­nais Hoya, qui est son concur­rent le plus féroce (dans les verres cor­rec­tifs, mais est aussi pré­sent dans les optiques dans la photo et la vidéo, ainsi que dans les filtres). Il lui raconte qu’il va par­tir à la retraite et que depuis des années il sait tout de ses faits et gestes et le suit à la trace dans tous ses dépla­ce­ments. Ils se remer­cient mutuel­le­ment d’être des com­pé­ti­teurs et inno­va­teurs, qui se chal­lengent sans cesse. Beau res­pect mutuel des combattants !

Sur ce, Xavier Fon­ta­net explique que l’exposition à la concur­rence inter­na­tio­nal est un bien­fait : la concur­rence est certes plus rude, mais cela pousse à s’améliorer sans cesse, on découvre de nou­veaux besoins clients : les chi­nois son myopes et ont des lunettes avec de grosses len­tilles d’où un effort chez Essi­lor pour créer des verres cor­rec­teurs très fins. Pour réus­sir à être un lea­der mon­dial, il faut avoir confiance en soi. Il faut se com­por­ter comme tel avec ses col­la­bo­ra­teurs. La créa­ti­vité vient quand on a confiance en soi ! Et de conclure par quelque chose qui va à contre-courant de la pen­sée unique et même de cer­taines études : les gens qui sont “nice” réus­sissent mieux. Ca fait plai­sir à entendre même si ce n’est mal­heu­reu­se­ment pas tou­jours vrai.

Autres inter­ven­tions

Il y avait une bonne ving­taine d’autres inter­ve­nants que je ne peux pas tous citer, la plu­part s’exprimant dans des tables rondes.

Christian Estrosi (Maire de Nice) (4)

Chris­tian Estrosi, Maire de Nice et ancien Ministre a fait son inter­ven­tion en fran­çais, un mal­heu­reux clas­sique de trop de poli­tiques fran­çais, à l’exception notable de Chris­tine Lagarde ! Dans un dis­cours pro-entrepreneurs et pro-innovation, il est remonté à la stra­té­gie indus­trielle de Col­bert et s’est adonné à quelque approxi­ma­tion his­to­rique en indi­quant que Napo­léon III avait fait de la France la pre­mière puis­sance indus­trielle au monde. Il a sur­tout mis en avant les atouts de son dépar­te­ment et de Nice : l’EDHEC, qua­trième école de com­merce de France, l’aéroport de Nice, second en France devant Orly, un pôle de solu­tions com­mu­ni­cantes et sécu­ri­sées, qui a fait la billet­te­rie des JO de pékin, la volonté de deve­nir le pre­mier ter­ri­toire de France dans les éco-industries, le paie­ment sans contact (Tram, cinéma, com­merces, etc) et la voi­ture élec­trique à Nice.

Grégoire Sentilhes (G20YES France, Nextstage) (2)

Gré­goire Sen­tilhes, Chair­man du G20 YES 2011 et de la société de ges­tion Nexts­tage rap­pelle que les entre­pre­neurs sont le moteur du 21ième siècle, mais qu’ils sont par­fois des étran­gers dans leur propre pays. Si le sys­tème finan­cier va à vau l’eau, la banque de l’intelligence et du pro­grès n’a pas fait faillite. Il se lance ensuite dans un plai­doyer à la sauce “I have a dream” pour que tous les entre­pre­neurs puissent pros­pé­rer, que l’Europe se redresse, que les US reviennent à leurs valeurs clés, etc. Et d’annoncer qu’il va por­ter les pro­po­si­tions du G20YES aux chefs d’Etats du G20 en per­sonne le ven­dredi 4 novembre après-midi. On demande à voir cela ! Mais petit conseil : reprendre le credo de MLK est rare­ment du meilleur effet. Il faut trou­ver d’autres pirouettes !

L’indien Anand Mahin­dra qui évoque le besoin de conci­lier cer­veaux droit et gauche chez l’entrepreneur, d’avoir une bonne vision d’ensemble, d’être curieux et d’apprendre constam­ment et rapi­de­ment et de savoir gérer dans l’incertitude. Pour lui, on n’enseigne pas l’entreprenariat, on peut ensei­gner la pas­sion. Il faut lais­ser les élèves poser des ques­tions ! Il faut apprendre aux jeunes à avoir confiance en eux-mêmes (écho aux pro­pos de Xavier Fontanet).

L’américaine Maria Pinelli de Ernst & Young pour qui il faut répé­ter douze fois le même mes­sage pour qu’il soit digéré, et le double pour les gou­ver­ne­ments. Et de rap­pe­ler que les chi­nois ont tous un rêve tan­dis qu’une majo­rité des occi­den­taux ont plu­tôt des angoisses.

Le fran­çais Emma­nuel Faber, Vice Chair­man de Danone, qui dit s’investir dans le “Social Forum” (à Belem) et pas à l’Economic Forum de Davos. Et qui raconte la longue his­toire de la res­pon­sa­bi­lité sociale et envi­ron­ne­men­tale chez Danone (depuis Antoine Riboud). Danone Com­mu­ni­ties aide d’ailleurs l’action de Muham­mad Yunus.

L’italien Mario Moretti Pole­gato, fon­da­teur de Geox qui explique com­ment il a monté son busi­ness de chaus­sures qui évitent les mau­vaises odeurs en évacuant l’eau de trans­pi­ra­tion par la semelle en caou­tchouc. Je n’ai pas suivi, ce qui ne veut pas dire que je n’en ai pas besoin, comme une grande par­tie de la popu­la­tion… :)

L’italienne Sil­via Gatti, de Plas­ve­roi Inter­na­tio­nal (pein­tures et ver­nis) pour qui les pro­fes­seurs ne peuvent pas ensei­gner l’entrepreneuriat. Il faut des “pra­ti­ciens”. C’est d’ailleurs vrai dans tous les domaines et métiers.

Le fran­çais Dov Zérah, de l’Agence Fran­çaise de Déve­lop­pe­ment qui parle en fran­çais alors que son agence est tour­née vers le monde. Affli­geant. Mais aussi peut-être parce qu’elle tra­vaille beau­coup avec l’Afrique francophone.

Jean-Yves Gilet (FSI) (4)

Le fran­çais Jean-Yves Gilet – ci-dessus - du FSI (Fonds Stra­té­gique d’Investissement) qui en explique le fonc­tion­ne­ment, et qui, lui, s’exprime en anglais. Le FSI inves­tit de manière contra-cyclique dans les entre­prises. Il com­plète mais ne concur­rence pas le capi­tal risque (ce qui n’est pas entiè­re­ment vrai au vu de la manière dont s’est passé l’investissement du FSI dans Daily Motion). Le FSI inves­tit aussi en mez­za­nine dans 221 fonds d’investissements (repre­nant la mis­sion de feu France Inves­tis­se­ment). A ce jour, le FSI a investi 4,1Md€ en direct et 5,6Md€ en tout en com­pre­nant les fonds de fonds, et dans 1000 entre­prises. Ils ont notam­ment inves­tit dans STMi­croe­lec­tro­nics et dans Qos­mos, ce qui leur per­met d’accélérer leur déve­lop­pe­ment international.

Mou­nia Sepehri, Exe­cu­tive Vice Pre­sident chez Renault qui a lu un dis­cours un peu terne sur l’innovation dans l’automobile, sur les pers­pec­tives de l’automobile élec­trique (10% du mar­ché en 2020) qui fera aux autres voi­tures ce que l’iPhone a fait aux “fea­ture phones”. Le tout sans aucun échange avec la salle contrai­re­ment à la plu­part des autres inter­ve­nants. Pas glop !

Pas­sage de témoin au Mexique

La fin de la confé­rence a été dédiée au pas­sage de relai à l’équipe mexi­caine qui va orga­ni­ser le pro­chain G20 YES. Avec vidéos de pro­mo­tion – voire de pro­pa­gande - et décla­ra­tion du pré­sident Cal­de­ron à l’appui. Une équipe pleine d’énergie ! Mais en voyant cela, je ne pou­vais m’empêcher de pen­ser à Flo­rence Cassez.

G20YES 2012 Mexican Team (10)

SpotMe

J’ai décou­vert pour la pre­mière fois ce “mobile appliance” de la société suisse SpotMe qui sert à plein de choses. On l’utilise pour savoir qui est à proxi­mité dans une confé­rence, on peut échan­ger avec, gérer un cour­rier, échan­ger les cartes de visite en frot­tant deux SpotMe. Cela per­met aussi de faire des son­dages en direct. Pour les orga­ni­sa­teurs, cela per­met aussi de savoir quels sont les par­ti­ci­pants à leur confé­rence qui sont par­tis faire l’école buis­son­nière touristique…

Le truc existe depuis au moins 2008 ! L’appareil est un peu “bulky” avec son sli­der et un cla­vier des­sous. Il fait plus de 2 cm d’épaisseur. Il était prêté à tous les par­ti­ci­pants de la confé­rence (sauf moi…) qui le ren­daient à la fin.

A sa vue, on se dit : mais pour­quoi ne développent-ils pas une appli­ca­tion pour smart­phone fai­sant la même chose ? A part la mise en contact de deux appa­reils pour échan­ger les cartes de visite, rien de ce que fait cet appa­reil semble inac­ces­sible aux smart­phones. Mais comme les spé­ci­fi­ca­tions maté­riels du bou­sin ne sont pas indi­quées sur le site de la société, on est mal placé pour jugé. On ne sait même pas quelle liai­son radio est uti­li­sée (Wifi, 3G ou autre).

Eric Ingargolia (MEDEF) et device SpotMe (1)

Réfé­rences documentaires

Voici quelques poin­teurs sur des études et docu­ments cités ou pré­sen­tés pen­dant cette conférence :

  • Les pro­po­si­tions du YES au G20, sous la forme d’un com­mu­ni­qué de presse. Comme tout texte résul­tant d’un consen­sus inter­na­tio­nal, il s’en tient à des géné­ra­li­tés, au nombre de cinq : recon­naitre le rôle socio-économique de l’entreprenariat dans la créa­tion d’emplois, mettre en œuvre des poli­tiques de sou­tien à l’innovation et à l’entrepreneuriat, s’appuyer sur des finan­ce­ments pri­vés et publics pour sou­te­nir les entre­pre­neurs, prendre en compte les défis démo­gra­phiques, et enfin, encou­ra­ger l’entreprenariat sans dis­tor­sion de mar­ché ni concur­rence déloyale. Avec ça, on a déjà tout bon en France et pour­tant, il y a fort à faire !

 Ernst And Young - Entrepreneur Speak Out - Call to action to G20 GovernmentsErnst and Young - Nature or nurtureMc Kinsey The power of many

  • Le baro­mètre Ernst & Young “Entre­pre­neur Speak Out – A call to action for G20 govern­ments” qui ana­lyse par son­dage l’état d’esprit des entre­pre­neurs dans les pays du G20. Dont une sta­tis­tique – ci-dessous - qui fait mal : la France est le pays où les entre­pre­neurs jugent que la culture locale favo­rise le moins l’entreprenariat. Le rap­port émet des recom­man­da­tions pour les gou­ver­ne­ments comme “aider les incu­ba­teurs”, “sim­pli­fier les for­ma­li­tés admi­nis­tra­tives pour les entre­pre­neurs”. Non, c’est médi­sant. Le docu­ment est plu­tôt bien foutu et repose sur des des­crip­tions de meilleures pra­tiques, pays par pays.

Culture Entrepreneurship Ernst Young

  • L’étude Ernst & Young “Nature or nur­ture” Deco­ding the DNA of the entre­pre­neur qui a décou­vert que l’entrepreneuriat rele­vait de l’acquis et pas de l’inné. Le tout est basé sur une enquête à base de son­dage d’entrepreneurs. On y retrouve les fac­teurs clés de suc­cès de l’entrepreneuriat : les com­pé­tences, la consti­tu­tion des équipes et le finan­ce­ment. Pas une grosse sur­prise ! Et de décrire l’ADN de l’entrepreneur comme ceci :

Entrepreneur DNA according to Ernst & Young

  • Le rap­port McKin­sey : “The power of many” qui fait la pro­mo­tion du rôle des star­tups et des PME dans la crois­sance et l’emploi et iden­ti­fie une cor­ré­la­tion entre la culture locale de l’entrepreneuriat et la part de la popu­la­tion qui entre­prend. Elé­men­taire chez Wat­son ! Ici encore, des best prac­tices sont évoquées, dont un grand nombre sont fran­çaises : la créa­tion de star­tups par spin-off, visi­ble­ment une allu­sion au congé de créa­tion d’entreprise, le sta­tut JEI (heuh heuh…), le Cré­dit Impôt Recherche, le sta­tut d’auto-entrepreneur et le FSI et le finan­ce­ment de fonds d’investissements en mode fonds de fonds.

Côté médias, vous trou­ve­rez une vidéo d’ambiance sur le site du G20YES et une vidéo de Marion Moreau de French­web. Il doit bien y avoir les vidéos de la confé­rence quelque part mais je n’ai pas encore trouvé où.

Enfin, vous pour­rez consul­ter le reste de mes pho­tos de cette confé­rence sur ce port­fio­lio Dar­q­room. A com­pa­rer à celle d’un pro qui était à mes côtés. La dif­fé­rence ? Je regarde aussi du côté de la salle et je fais des panoramiques !

Publié le 6 novembre 2011 Post de | Entrepreneuriat, Innovation, Management, Startups | 3808 lectures

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Un commentaire sur “L’entrepreneuriat, potion magique de la croissance pour le G20YES” :

  • [1] - Michel Nizon a écrit le 8 novembre 2011 :

    Pour com­plé­ter la bio­gra­phie, je cite le nou­veau livre de Sarah Lacy (Senior Edi­tor Tech­crunch): “Brilliant, Crazy, Cocky How the Top 1% of Entre­pre­neurs pro­fit from Glo­bal Chaos”, qui raconte son tour du monde des entre­pre­neurs et des star­tups pour illus­trer que la Sili­con Val­ley n’a plus le monopole…




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Voici les compte-rendu de divers voyages d'études où j'ai notamment pu découvrir les écosystèmes d'innovation dans le numérique de ces différents pays :

Chine (2010) à Shanghai et Beijing
Israël (2010) à Tel Aviv
Japon (2009) à Tokyo
Japon (2011) au CEATEC de Tokyo