Dans l’écosystème des star­tups, il n’est pas rare de ren­con­trer des entre­pre­neurs qui vous demandent votre avis sur leur pro­jet de manière infor­melle, très en amont du cycle de créa­tion et de financement.

On se retrouve en géné­ral face à trois prin­ci­paux cas de figure :

  • Le pro­jet enthou­sias­mant qui a l’air bien ficelé et bâti sur une idée nou­velle qui va appor­ter quelque chose au marché.
  • Le pro­jet inté­res­sant mais sans plus car un peu trop “me-too” mais pas infaisable.
  • Le pro­jet qui a l’air d’aller dans le mur soit du fait de l’équipe, soit du fait de l’idée elle-même, soit les deux.

Com­ment don­ner un feed­back construc­tif dans ce der­nier cas ? Sur­tout lorsque l’on a l’être l’impression d’être la pre­mière per­sonne un peu cri­tique que l’entrepreneur ren­contre dans sa quête de feedback ?

Audience

On est sou­vent par­tagé entre le sou­hait de ne pas décou­ra­ger les envies d’entreprendre, notam­ment chez les jeunes, la peur (du ridi­cule) de se trom­per et de lais­ser pas­ser une bonne idée que l’on aurait mal ana­ly­sée, et puis l’envie d’éviter un échec fla­grant à l’entrepreneur. Presque un cas de conscience ! Sur­tout lorsque le nombre de variables à chan­ger dans le pro­jet semble trop impor­tant pour le mettre sur de bons rails : une équipe sous-dimensionnée sans comp­ter le cas de l’entrepreneur isolé, un pro­duit qui ne répond pas à un besoin bien clair, une solu­tion me-too qui n’apporte par grand chose à l’état de l’art, une capa­cité d’exécution en appa­rence très faible ou néces­si­tant des moyens énormes au delà de ce que l’on peut trou­ver comme finan­ce­ment en France, un mar­ché trop étroit, un busi­ness model impos­sible qui néglige des coûts impor­tants, ou au contraire basé sur une illu­soire publi­cité en ligne, etc.

Et si on se trom­pait ? Si on peut faci­le­ment se trom­per sur la valeur d’une idée et sur l’appétence du mar­ché pour une inno­va­tion, c’est plus rare sur la capa­cité d’exécution d’une équipe. Il s’agit d’avoir un peu de dis­cer­ne­ment, basé sur l’expérience acquise dans l’industrie et dans l’environnement des star­tups. Il faut en tout cas savoir conve­na­ble­ment étayer une intui­tion avec des faits, des don­nées, des ana­lo­gies, des retours d’expérience.

Ceux qui vont “dans le mur” sont eux-mêmes sou­vent dans trois cas de figure typiques :

  • De jeunes entre­pre­neurs en herbe. Jeunes, ce qui est une bonne chose pour la dyna­mique d’une écono­mie. La moti­va­tion d’entreprendre est crois­sante notam­ment dans les écoles de com­merce et les écoles d’ingénieur. Autant par rejet de la  grande entre­prise qui attire moins du fait d’une image sérieu­se­ment écor­née (un effet col­la­té­ral des sui­cides chez France Télé­com) que par véri­table atti­rance pour l’entreprenariat. En tout cas, nombre de jeunes qui se lancent sont trop peu for­més et fai­ble­ment accom­pa­gnés. Ils manquent sou­vent d’un réseau suf­fi­sam­ment dense pour se faire aider. Ce cas de figure est assez fré­quent chez les can­di­dats de la Star­tup Aca­demy.
  • Les “inven­teurs” de tous âges qui pensent avoir une idée valant de l’or, mais oubliant que la capa­cité à l’exécuter reste l’élément clé pour cette créer cette valeur. Ces inven­teurs peuvent être soli­taires, dotés d’une écoute moyenne, et ont du mal à bien s’entourer. Ils pri­vi­lé­gient le plus sou­vent la tech­nique sur les autres dis­ci­plines néces­saires à la réus­site d’une star­tup. Qui plus est, ils sont aussi très sou­cieux de pré­ser­ver leur idée, ce qui confine faci­le­ment à la para­noïa. Para­noïa qui va com­pli­quer la tâche de recherche d’associés, de par­te­naires et de financements.
  • Les anciens cadres de grandes entre­prises qui négligent les carac­té­ris­tiques clés d’une star­tup comme l’absence de noto­riété et les dif­fi­cul­tés à per­cer dans les entre­prises (pour le btob) quand on part de zéro. Ces équipes vont plus pêcher dans les aspects quan­ti­ta­tifs de leur busi­ness plan que dans l’idée et la créa­tion de la solution.

Vous me direz bien entendu qu’on trouve aussi plé­thore de pro­jets qui vont dans le mur parmi les star­tups très bien finan­cées à hau­teur de mil­lions d’Euros par le capi­tal risque. Si c’est fort pos­sible, c’est tou­te­fois moins fré­quent que dans les cas précédents.

J’ai aussi constaté que les entre­pre­neurs mal entou­rés rece­vaient de faux signaux posi­tifs sur leur pro­jet. Il y a d’abord l’avis géné­ra­le­ment posi­tif de l’environnement proche de l’entrepreneur (famille, amis, col­lègues). Il y a aussi ces inves­tis­seurs “TEPA” égarés qui sont prêts à inves­tir dans leur pro­jet plus par volonté de réduire leur obole ISF à l’Etat que par convic­tion de faire un bon inves­tis­se­ment. Il faut donc savoir se méfier du feed­back de l’entourage de l’entrepreneur et par­fois même de ses pre­miers clients qui font sou­vent par­tie de son réseau immé­diat et ne sont donc pas repré­sen­ta­tifs du reste du mar­ché visé par la startup.

Receiving and Giving Effective Feedback

Si on est franc du col­lier, on peut don­ner un feed­back construit à l’entrepreneur pour lui expli­quer les points faibles de son pro­jet. Le mieux étant d’avoir une conver­sa­tion franche avec lui ou elle. Là inter­vient un moment clé : l’entrepreneur écoute-t-il et tient-il compte des aver­tis­se­ments ? A-t-il du répon­dant ? Si oui, c’est un bon signe pour la suite et pour sa capa­cité d’adaptation. Où alors il fait un “push-back” sans nuance démon­trant une faible capa­cité d’écoute, géné­ra­trice d’échec par la suite.

Le cas de l’entrepreneur qui va dans le mur est inté­res­sant car il n’est pas rare. C’est même la domi­nante ! La grande masse des entre­pre­neurs n’arrive pas à faire décol­ler leur star­tup. C’est une des grandes lois de l’innovation : parmi l’étendue du pos­sible, seul un nombre limité d’entre elles percent sur le mar­ché en com­bi­nant une rare asso­cia­tion de besoin latent, de solu­tion à ce besoin, de condi­tions de mar­ché, d’effets de levier, d’équipe et de qua­lité d’exécution. Et puis, l’échec a une grande valeur. Il est utile si on apprend vite et qu’il ne coute pas trop cher (aux USA, les suc­cès comme les échecs sont mieux finan­cés…). Dans divers comi­tés de sélec­tion de star­tups, on croise ainsi fré­quem­ment des “serial entre­pre­neurs” qui ont raté une ou deux star­tups avant de se lan­cer dans la troi­sième, qui aura peut-être des chances d’aboutir. L’échec est mal­gré tout tabou, sur­tout en France. Il est alors éclipsé dans la pré­sen­ta­tion du par­cours des entre­pre­neurs. Une star­tup reven­due peut ainsi cacher un échec, sur­tout si le mon­tant de la revente n’est pas pré­cisé ! En France et dans le logi­ciel et l’Internet, on constate aussi de fré­quentes recon­ver­sions des pro­jets vers des acti­vi­tés de conseil et de ser­vice. Rien ne se perd, tout se recycle !

L’écosystème d’accompagnement des star­tups est heu­reu­se­ment là pour limi­ter les échecs. Les efforts asso­cia­tifs (France Ini­tia­tive, Réseau Entre­prendre, etc), les réseaux de busi­ness angels, les incu­ba­teurs dans les écoles, uni­ver­si­tés et col­lec­ti­vi­tés locales apportent un pre­mier feed­back struc­turé aux entre­pre­neurs en herbe. Le jeune entre­pre­neur aura tout à gagner à faire appel à ces diverses struc­tures pour col­lec­ter des avis de pro­fes­sion­nels expé­ri­men­tés sur leur pro­jet. Là aussi, il leur fau­dra faire preuve de dis­cer­ne­ment car on trouve aussi à boire et à man­ger dans ces réseaux.

Et vous, avez-vous ren­con­tré ce genre de situa­tion, autant comme entre­pre­neur que comme per­sonne sol­li­ci­tée par un entre­pre­neur ? Com­ment l’avez-vous gérée ?

Publié le 11 mai 2010 Post de | Entrepreneuriat, Internet, Logiciels, Startups | 7385 lectures

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Les 11 commentaires et tweets sur “Le feedback aux entrepreneurs qui vont dans le mur” :

  • [1] - _JustinMiles_ a écrit le 12 mai 2010 :

    Article très inté­res­sant et courageux.

    Cou­ra­geux car il est effec­ti­ve­ment tabou d’aborder l’entreprenariat sous l’angle du ques­tion­ne­ment des poten­tiels fac­teurs d’échecs.

    A vrai dire, la dif­fi­culté est double pour le don­neur de feedback.

    Un feed­back non sin­cère est-il un bon feed­back ? Non ! J’ai trop sou­vent été le témoin de feed­backs qui, gui­dés par la peur de frois­ser, se sont révé­lés être de mau­vais conseils car arti­fi­ciels. Pour­tant cette peur est tout à fait légi­time. Elle tient du fait que l’entrepreneur froissé peut dès lors très vite décon­si­dé­rer l’avis ayant pro­vo­qué chez lui cet état d’âme, voir même dans les cas les plus extrêmes, décon­si­dé­rer la per­sonne ayant for­mu­lée cet avis. Or un feed­back méprisé a-t-il une uti­lité ? Assu­ré­ment non ! Pour faire qu’un feed­back soit retenu tout en étant sin­cère, le don­neur dis­pose d’une arme : l’empathie. Quel entre­pre­neur n’y est pas sensible ?

    Sin­cé­rité et empa­thie, tel sont les deux maîtres mots d’un bon feedback.

  • [2] - Alexbro a écrit le 13 mai 2010 :

    Excellent oli­vier ce feed back est sin­cère :-) . Etant dans le cas de l’ancien cadre d’une grande entre­prise qui monte sa boite (www.atriem.com, un petit coup de pub :-) ), le meilleur feed-back lorsqu’on monte une boite est l’engagement com­mer­cial les four­nis­seurs envers vous et votre busi­ness plan et le sup­port que vous pou­vez obte­nir d’eux pour conqué­rir un mar­ché. C’est mon vécu personnel…

  • [3] - Michel Safars a écrit le 14 mai 2010 :

    Oli­vier, on sent “le vécu” dans tes pro­pos aux­quels je souscris.

    Sur la base de l’excellent prin­cipe que “l’expérience est une chan­delle qui n’éclaire que celui qui la porte - Confu­cius”, je ne vois que quelques variables d’ajustement qui ont un coût dif­fé­rent pour celui qui est en pos­ture de vou­loir accom­pa­gner ou aider des primo-entrepreneurs.

    Pre­mier conseil :
    Com­men­cez (s’il n’est pas trop tard) par être un n°2 ou n°3 dans une star­tup en posi­tion de co-fondateur avec un “vieux” en posi­tion n°1. Vieux, vou­lant dire : expé­ri­menté pour avoir déjà créé ou fait par­tie d’une star­tup. Celle-ci devra avoir été suf­fi­sam­ment loin dans son déve­lop­pe­ment pour que l’expérience de la per­sonne, et son réseau per­son­nel, soient signi­fi­ca­tifs.
    Deuxième conseil :
    Quand vous vous lan­cez en primo-entrepreneur, faites l’effort d’avoir à convaincre au moins un asso­cié qui ne soit pas lui-même un autre primo-entrepreneur. J’entends par entre­pre­neur, un co-fondateur actif, mais pas néces­sai­re­ment un CEO.

    Dans les 2 cas, vous aurez inté­rêt à vous consti­tuer un Advi­sory Board (que j’appelle sou­vent un Smart Group pour lui reti­rer le coté un peu offi­ciel, qui n’est pas l’essentiel) de très grande qua­lité. Si vous réus­sis­sez, c’est un excellent signe pour la suite. Si vous n’y par­ve­nez pas, c’est qu’il faut en ana­ly­ser sérieu­se­ment la raison.

    Après des années de pra­tique que ce soit en tant qu’entrepreneur, ou dans mon métier à INRIA-Transfert, ou bien encore avec mes élèves, ces conseils ont aidé de jeunes créa­teurs. Ils n’étaient d’ailleurs pas tous jeunes…

    A nous de faire men­tir Jacob Braude qui ne s’inscrit pas tout à fait dans l’esprit de Confu­cius et à qui l’on doit:
    “Le pire con, c’est le vieux con. On ne peut rien contre l’expérience”

  • [4] - Daniel COHEN-ZARDI a écrit le 14 mai 2010 :

    Bravo Oli­vier encore pour cet article qui a le mérite d’aborder un sujet à la fois vital et épineux.

    Il m’est arrivé fré­quem­ment de me retrou­ver dans ce type de situa­tion, au sein des entre­prises que je croise dans les réseaux de star­tups, d’incubateur ou d’anciens Microsoft.

    En tant qu’entrepreneur, il m’est moi-même arrivé de sen­tir aussi le doute plus ou moins affi­ché de mes inter­lo­cu­teurs à la créa­tion de Soft­Fluent. C’est d’ailleurs d’autant plus gra­ti­fiant de voir aujourd’hui ce doute for­te­ment s’estomper avec le temps.

    A mon sens, il ne peut y avoir qu’une réponse au cas par cas, dépen­dante du niveau de confiance et d’écoute que l’on peut avoir de l’entrepreneur. Lorsque cela m’est arrivé sur des per­sonnes proches à qui je veux du bien, j’ai essayé en géné­ral :
    - De ne pas décou­ra­ger l’esprit d’entreprise.
    - D’expliciter mes doutes en posant des ques­tions ciblées sur ce qui me sem­blait être les points faibles, qu’ils soient de l’ordre du pro­jet ou de la réelle per­son­na­lité d’entrepreneur de la personne.

    Le for­mu­ler sous forme de ques­tion per­met d’éviter les juge­ments hâtifs et, de deux choses l’une :
    - Soit la per­sonne a une bonne capa­cité d’écoute, et il inté­grera le feed­back pour ajus­ter son par­cours.
    - Soit il ne le fera pas, et ce n’est pas en y allant de front avec une cri­tique viru­lente que cette per­sonne m’aurait mieux écouté.

    J’essaye aussi d’inciter les per­sonnes à cher­cher le même type de feed­back, car c’est la répé­ti­tion des doutes qui peut faire prendre conscience à une per­sonne de cer­tains éléments faibles de son projet.

    Enfin, tu évoques le fait que les pro­jets sou­te­nus par le capital-risque sont sta­tis­ti­que­ment moins enclin à ce type de faiblesse.

    Je ne sais abso­lu­ment pas le chif­frer, mais, s’il est clair que des capitaux-risqueurs vont éviter le syn­drome de l’entrepreneur naïf, il ne faut pas non plus négli­ger le dan­ger que consti­tue en lui-même le pilo­tage d’une entre­prise par des fonds ayant “en géné­ral” des rai­son­ne­ments extrê­me­ment court-termistes.

    Les fonds amènent en par­ti­cu­lier deux types d’erreur assez fré­quentes :
    - Une abon­dance d’argent qui s’avère dan­ge­reuse pour la boîte (inca­pable d’arriver un jour à un quel­conque modèle ren­table) : le syn­drome Tem­po­soft qui a tout de même brûlé 40 mil­lions d’Euros pour finir au tri­bu­nal de com­merce (avec les meilleurs fonds du mar­ché, il suf­fit de lire les articles encore trou­vables sur le net, et je suis sûr qu’on peut trou­ver des dizaines d’exemple de ce style)
    - Le recru­te­ment de cadres de grandes entre­prises qui sont dans le cas de figure numéro 3 que tu évoques, et dont le pro­fil n’est pas du tout adapté à la ges­tion d’une petite entre­prise de crois­sance qui néces­site d’être très opé­ra­tion­nel et de “mouiller la chemise”.

    J’ai per­son­nel­le­ment croisé des “serial entre­pre­neurs” habi­tués du capital-risque, qui ne sont rien d’autres que des gens bien vus dans le réseau du capital-risque et qui n’ont d’entrepreneur que le nom. Je ne sau­rais donc pas affir­mer que les pro­jets finan­cés par le capital-risque vont dans le mur de manière moins fré­quente. Après tout, les sta­tis­tiques du capital-risque vont plu­tôt dans le sens d’un risque supé­rieur au risque de créa­tion d’entreprise, cela fait par­tie du modèle…

  • [5] - OlivierM / 42Stores a écrit le 16 mai 2010 :

    En tant que créa­teur, ce n’est tou­jours pas facile d’arriver à vrai­ment écou­ter les cri­tiques construc­tives. C’est sur­tout dif­fi­cile de faire de tri.

    On entend tel­le­ment de cri­tiques néga­tives, que l’on fini par se “blin­der”. Pour­tant, aujourd’hui, avec 2 ans de recul, je suis bien conscient que l’on te tiens pas assez compte de ces remarques qui partent tou­jours d’une réalité.

    L’idéal serait de noter les cri­tiques au fur et à mesure. C’est pour ça il faut tout le temps être à plu­sieurs, dont un qui est là sans par­ler, mais en ne fai­sant qu’écouter. C’est ce que j’essaye de faire main­te­nant, notam­ment je note tou­jours toutes les ques­tions qui ne sont posés… pour les ana­ly­ser tran­quille­ment plus tard !

  • [6] - Mikael a écrit le 17 mai 2010 :

    Récem­ment, j’ai ren­con­tré cette situa­tion, en tant que jeune entre­pre­neur por­teur de projet.

    Je pen­sais mon idée très bonne, à la fois utile pour les consom­ma­teurs et for­te­ment géné­ra­trice de revenus.

    J’ai donc crée une société, et com­mencé le déve­lop­pe­ment tech­nique du ser­vice.
    Limité finan­ciè­re­ment et seul, j’ai rapi­de­ment entre­pris l’élaboration d’un Busi­ness Plan & Excu­tive Sum­mary, pour sol­li­ci­ter les fonds d’investissement.

    C’était une erreur.

    Je n’ai pas pro­cédé dans l’ordre ! Il fal­lait d’abord consti­tuer une équipe autour de mon pro­jet, sor­tir le ser­vice coute que coute, avoir une pre­mière base de clients, et ensuite seule­ment sol­li­ci­ter les Busi­ness Angels.

    Pour obte­nir un avis sur mon dos­sier, et sur la façon dont il était pré­senté (élabo­rer un BP répond à des cri­tères bien pré­cis), j’ai sol­li­cité par mail l’aide d’un expert, connais­sant par­fai­te­ment l’écosystème des star­tups, avec de l’expérience dans ce domaine.

    Gra­tui­te­ment, rapi­de­ment, avec hon­nê­teté et dis­cer­ne­ment, il m’a exprimé que mon pro­jet n’était pas viable.

    L’idée n’était pas mau­vaise, mais ne répon­dait pas/plus à un besoin pré­cis, obte­nir des clients dans ce seg­ment allait être très dif­fi­cile, le besoin de finan­ce­ment était mal cali­bré, et l’équipe trop faible.

    Après 1 mois à m’investir beau­coup, j’ai très bien reçu ses conseils.

    Je ne me suis pas du tout décou­ragé. J’ai repris mon che­min en consi­dé­rant que je conti­nuais d’apprendre.

    En réa­lité, ce pre­mier feed­back m’a per­mis de gagner du temps.

    De pas­ser rapi­de­ment à d’autres pro­jets, et de me (re)centrer sur les points essen­tiels lorsqu’on monte une entre­prise : le mar­ché, le modèle éco, l’acquisition de clients..

    En fait, avoir une idée ne suf­fit pas. C’est dans l’exécution, que géné­ra­le­ment, se fait la dif­fé­rence.
    Et en cela, l’expérience et le recul comptent énor­mé­ment. Deux points qui manquent sou­vent aux entrepreneurs..

  • [7] - Vincent a écrit le 17 mai 2010 :

    Cet article est intéressant.

    Quelques pré­ci­sions :

    1. Quick fail :
    Si vous devez échouer, faites le rapi­de­ment, au bout de quelques mois maxi­mum. Ne vous poin­tez pas avec un pro­duit fini sur lequel vous aurez passé un an de déve­lop­pe­ment sans lever le nez pour vous faire rem­bal­ler en vous ren­dant compte que fina­le­ment ça ne mar­chera pas. Entourez-vous des bonnes per­sonnes, dis­cu­tez beau­coup, recueillez de nom­breux avis et analysez-les.

    2. Ce que je vais dire va peut être faire bon­dir du monde, mais mal­heu­reu­se­ment, pour cer­taines per­sonnes, lever des fonds per­met de vivre dou­ce­ment pen­dant un moment en écou­lant tran­quille­ment les fonds… C’est triste mais c’est ainsi. Un entre­pre­neur doit être MOTIVE ! et près à pas­ser BEAUCOUP de temps sur le projet.

    3. Le cli­ché des ingé­nieurs sor­tant de “grandes boites” qui soit disant ne sau­ront pas s’adapter ou “mouiller la che­mise” me fait dou­ce­ment rigo­ler des genoux. Il est tout à fait pos­sible de bos­ser dans une grande boite pen­dant un moment pour apprendre des BONNES PRATIQUES qui seront au com­bien utiles pour une star­tup !! Tout cela dépend de la PERSONNALITE de la per­sonne et il ne faut pas en faire une générailté…

    • [7.1] - Olivier Ezratty a répondu le 18 mai 2010 :

      Pour ce qui est du point 3, évitez de me faire dire ce que je n’ai pas dit.

      “Les anciens cadres de grandes entre­prises qui négligent les carac­té­ris­tiques clés d’une star­tup comme l’absence de noto­riété et les dif­fi­cul­tés à per­cer dans les entre­prises (pour le btob) quand on part de zéro. Ces équipes vont plus pêcher dans les aspects quan­ti­ta­tifs de leur busi­ness plan que dans l’idée et la créa­tion de la solution.”

      Pas d’ingénieurs ni de mouillage de che­mises dans ces propos !

      Oui, les grandes boites per­mettent d’acquérir de nom­breux savoirs et bonnes pra­tiques. Mais dans des envi­ron­ne­ments avec beau­coup de res­sources et de sup­port interne, que l’on ne retrouve pas dans les star­tups. Il faut donc s’adapter à un envi­ron­ne­ment contraint en res­sources, tout en ne pou­vant plus s’appuyer sur la puis­sance de la noto­riété d’une grande marque. Comme les grands clients sont le plus sou­vent réti­cents à faire appel à des star­tups, la décon­ve­nue peut être dif­fi­cile. Les cycles de vente vont se ral­lon­ger, et la pers­pec­tive du break-even s’éloigner d’autant dans l’exécution du plan.

      Ceci étant, les cadres de grandes boites ne sont pas les plus mal armés pour démar­rer une startup.

    • [7.2] - fabien a répondu le 19 mai 2010 :

      Etes vous sala­rié d’une grande boîte sou­hai­tant créer sa start-up ??? Allez y fon­cez. N’attendez pas. La période est pro­pice. J’en connais plein qui n’en peuvent plus du har­cel­le­ment actuel en entre­prise, avec un manque cruel de moti­va­tion sur la situa­tion euro­péenne. Se mettre à son compte et se défon­cer pour soi. C’est indis­pen­sable aujourd’hui. D’autant que vous pou­vez aussi ten­ter sur les mar­chés asia­tiques en plein essor.
      Je suis en train d’aider mon neveu et plu­sieurs de ses col­lègues à fran­chir le pas…

  • [8] - macha a écrit le 17 mai 2010 :

    Qui peut réus­sir aujourd’hui ? Per­sonne. A moins d’être aidés par papa maman…
    Sor­tons de la zone euro et tout ira mieux.
    Pen­dant ce temps, NKM se fait cha­hu­ter par un Geek dans le Monde d’aujourd’hui. C’est vrai elle fait quoi au juste ?
    http://www.lemonde.fr/opinions/chronique/2010/05/16/elle-fait-quoi-nkm_1352394_3232.html

  • [9] - L'entrepreneur a écrit le 2 juin 2010 :

    Bon­jour,

    J’ai trouvé votre article très per­ti­nent car ce sujet, étant assez sen­sible, n’est pas abordé par tout le monde !
    Je sou­hai­tais juste m’attarder un peu plus sur les incu­ba­teurs, que vous men­tion­nez à la fin de votre article!
    Il est vrai que ce genre de struc­ture d’accompagnement pré­sente plu­sieurs avan­tages, comme un ser­vice de finan­ce­ment et d’accompagnement per­son­na­lisé en plus de celui d’hébergement. Cepen­dant, il ne faut pas oublier que sa durée est limi­tée et un cer­tain nombre d’entreprises ne peuvent plus assu­rer une fois que la durée arrive à sa fin.
    Il existe d’autres struc­tures d’accompagnement, comme les pépi­nières d’entreprises, les cou­veuses… pré­sen­tant égale­ment des avan­tages et des incon­vé­nients à bien iden­ti­fier avant de s’y installer.

    Cor­dia­le­ment




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Voici les compte-rendu de divers voyages d'études où j'ai notamment pu découvrir les écosystèmes d'innovation dans le numérique de ces différents pays : Chine (2010) à Shanghai et Beijing Corée du Sud (2009) à Séoul Israël (2010) à Tel Aviv Japon (2009) à Tokyo Japon (2011) au CEATEC de Tokyo Japon (2012) au CEATEC de Tokyo Silicon Valley (2007) Silicon Valley (2011)