Au delà des résul­tats qui sont main­te­nant tom­bés, ces élec­tions euro­péennes 2009 étaient bien exo­tiques. Avec plus de 20 listes et de bien curieuses variantes dans leur pro­mo­tion géné­rant une impres­sion de chaos et un usage du numé­rique quelque peu déva­lo­ri­sant. Je m’intéresse ici aux moyens de pro­mo­tion des listes, à l’usage de l’Internet dans la cam­pagne, et au mode de scrutin.

Il y avait pour com­men­cer les listes clas­siques avec par­tis connus, pros­pec­tus, affiches et cam­pagne offi­cielle à la télé­vi­sion (FN, UMP, Modem, PS, Eco­lo­gie, Nou­velle Gauche, NPA). Elles ont raflé comme prévu les 72 sièges de la France. Liber­tas, la liste de De Vil­liers, aurait récu­péré un siège.

Un parti béné­fi­ciait du temps de parole à la télé­vi­sion dans la cam­pagne offi­cielle mais ne se pré­sen­tait pas (les Radi­caux de gauche). Pour­quoi ? Parce que leur temps de parole semble lié à leur nombre d’élus exis­tants et pas au fait qu’ils se pré­sentent ou non. Un comble !

Les pan­neaux d’affichage étaient à moi­tié uti­li­sés par les listes.

Enfin, il y avait des listes pour les­quelles on pou­vait voter en télé­char­geant son bul­le­tin de vote sur leur propre site web. Et qui sont évidem­ment défa­vo­ri­sées si l’envie prend de voter pour elles lorsque l’on se rend au bureau de vote. Tient, il y a une liste pour les roya­listes… Tient, il y a une liste de “l’Union des gens” (40 voies à Paris !), etc. Alors, pour voter, il faut com­men­cer par aller sur leur site (mais com­ment savoir qu’ils existent ?), consul­ter leur pro­gramme, leur pro­fes­sion de foi, puis télé­char­ger leur bul­le­tin de vote en PDF et l’imprimer pour l’emporter avec soi au bureau de vote.

Une belle bar­rière à l’entrée ! Mais à part elles, qui va s’en plaindre ? Ces listes consti­tuent un véri­table roman.  A croire par­fois que l’on serait dans le pays de Gro­land (cf l’émission de Canal+). Je me demande aussi si cette mul­ti­pli­cité de listes ne contri­bue pas aussi à géné­rer un peu plus d’abstentions à cette élec­tion, la pire du genre de ce point de vue.

En plus des listes sus­ci­tées, nous avions donc par exemple le “Parti de la France” avec des dis­si­dents du Front Natio­nal, le Ras­sem­ble­ment pour l’initiative citoyenne qui veut juste chan­ger la consti­tu­tion fran­çaise pour per­mettre des réfé­ren­dums citoyens (rap­port avec le schmil­blick ?), le parti Bre­ton, deux par­tis basques (l’Eusakal Her­ria­ren Alde et Eus­kadi Euro­pean), le Parti Huma­niste et Solidarité-liberté, jus­tice et paix qui veulent que l’on res­pecte plus la per­sonne humaine, la terre sinon rien qui veut revi­si­ter la notion de crois­sance mesu­rée uni­que­ment par le PIB (un vrai sujet), et Europe Décrois­sance qui est plus directe en prô­nant la décrois­sance, Can­na­bis sans fron­tière et des com­mu­nistes dis­si­dents. Il y avait aussi la can­di­da­ture encore plus lou­foque “Europe de Gibral­tar à Jéru­sa­lem” dont les pro­po­si­tions valent le détour.

Avec dans le dis­cours poli­tique, le grand para­doxe des petites listes : elles se réclament repré­sen­ta­tives des “vrais” citoyens, demandent à être élues (enfin, …), et si elles sont élues, devien­draient des poli­tiques comme les autres. Fina­le­ment, les vrais gens en poli­tique, ce sont ceux qui ne sont pas élus, et qui influencent la poli­tique par d’autres moyens que les élec­tions. On appelle cela la société civile, les experts, ou les lob­bies, selon. Et ceux que l’on retrouve dans ces dif­fé­rentes listes citoyennes font d’ailleurs tout pour res­ter dans la caté­go­rie des non élus. Sans comp­ter le fait qu’elles se foutent sou­vent de l’Europe comme d’une guigne. La poli­tique de cer­tains  de ces ama­teurs n’est sommes toutes pas meilleure que celle des professionnels…

Profession de foi Union des Gens 

Bulletin de vote Union des Gens

Au total, ces listes ont recueilli 768375 voies, plus 42969 pour les listes régio­nales. Soient 4,71% des suf­frages expri­més. En baisse semble-t-il par rap­port à 2004 où elles auraient ras­sem­blé plus de 8% d’électeurs. La liste anti­sio­niste qui elle, avait des bul­le­tins dans les bureaux de vote en Ile de France où elle se pré­sen­tait, a tout de même obtenu 1,3% des votes ! Le cin­quième de ce qui était néces­saire pour obte­nir une place au par­le­ment euro­péen… et heureusement.

En obser­vant les résul­tats de cette élec­tion euro­péenne, comme celui des pré­cé­dentes, on peut sur­tout consta­ter à quel point la France serait ingou­ver­nable si l’Assemblée Natio­nale était élue au suf­frage pro­por­tion­nel (comme en 1986 ou avant la 5eme Répu­blique). En effet, avec ce genre de suf­frage, les majo­ri­tés doivent se consti­tuer après les élec­tions et de petits par­tis au centre comme aux extrêmes se retrouvent en situa­tion d’arbitre et désta­bi­lisent en per­ma­nence les gou­ver­ne­ments. Le scru­tin majo­ri­taire actuel est peut-être moins démo­cra­tique en appa­rence, mais plus effi­cace pour sta­bi­li­ser les gou­ver­ne­ments. Après, que les grands par­tis soient par­fois médiocres, ce n’est que le reflet de notre propre société et de la manière dont fonc­tionnent les élites. Il n’y a d’ailleurs pas beau­coup de pays où les citoyens sont fiers de leurs hommes politiques.

Sinon, le scru­tin régio­na­lisé qui nous a été imposé depuis 2003 méri­te­rait d’être remis en cause. Rap­pe­lons nous qu’il a été mis en place pour rap­pro­cher les citoyens des can­di­dats et pour réduire l’abstention. Ces deux objec­tifs ini­tiaux n’ont pas été rem­plis donc la solu­tion n’était pas la bonne ou elle n’était pas bien mise en oeuvre. De plus, la majo­rité des pays euro­péens votent au scru­tin pro­por­tion­nel natio­nal. Le seul avan­tage de ce scru­tin régio­na­lisé est d’éviter l’émiettement de la repré­sen­ta­tion natio­nale au par­le­ment euro­péen mais celui-ci n’a pas véri­ta­ble­ment évolué avec les dif­fé­rents chan­ge­ments de mode de scru­tin depuis 1979. Son incon­vé­nient prin­ci­pal est de régio­na­li­ser le débat alors que celui-ci doit être inter­na­tio­nal et euro­péen, et même pas natio­nal ! Il ne contri­bue pas à sa lisibilité.

Et Inter­net ?

Mais reve­nons sur ces bul­le­tins à télé­char­ger sur Inter­net. Pra­tique bien curieuse qui ne s’applique qu’aux petits par­tis folk­los et désar­gen­tés. N’il y aurait-il pas des moyens plus nobles d’utiliser l’Internet dans le cadre des élections ?

  • Pre­mière curio­sité, nous avons une cam­pagne offi­cielle à la télé­vi­sion mais elle n’a pas son équi­va­lent sur Inter­net qui est pour­tant un média bien ancré dans les usages. Pour­quoi n’aurait-on pas un por­tail digne de ce nom avec les listes qui se pré­sentent et avec toutes les infor­ma­tions les concer­nant, et notam­ment leurs spots télé­vi­suels pré­sen­tés de la même manière, et tous les bul­le­tins et de vote et pro­fes­sions de foi au lieu sim­ple­ment de devoir aller sur les sites des listes, dont les URL étaient en géné­ral plus que cryp­tiques ? Il y a bien ce site issu de la Fon­da­tion Robert Schu­man, mais s’il explique bien le pour­quoi du com­ment de ces élec­tions, il ne pré­sente aucu­ne­ment les listes. Aucun site “offi­ciel” ne pré­sente les listes. Et le site du Minis­tère de l’Intérieur est à pleu­rer tel­le­ment il est mal construit.
  • Second point, les petites listes ont certes toutes un site web, mais il n’est qu’une vitrine déva­lo­ri­sante de leur ama­teu­risme et de leur faibles moyens. Dans leur cas, l’Internet est certes un moyen d’expression facile d’accès, mais il n’est pas vrai­ment effi­ca­ce­ment uti­lisé. Ces ini­tia­tives citoyennes, par­fois inté­res­santes, sont bien trop mor­ce­lées pour avoir un impact sérieux. Elles me font pen­ser à toutes ces star­tups qui pensent que le “buzz” sera leur plan mar­ke­ting. Sans tenir compte du bruit ambiant, de la plé­thore d’offres dis­po­nibles pours les Inter­nautes, de leur temps dis­po­nible qui est fini et de l’impérieuse néces­sité d’avoir un mes­sage de qua­lité et bien seg­men­tant pour les audiences ciblées.
  • La pré­sen­ta­tion des résul­tats est qua­si­ment impos­sible à obte­nir de manière intel­li­gible et avec un peu de détails, par liste et par région et dans une syn­thèse natio­nale par parti décrit en toutes lettres.
  • Enfin, comme Fré­dé­ric Filloux le pro­pose à Natha­lie Kosciusko-Morizet dans son article “Contre l’abstention, votons sur Inter­net” publié dans Slate, un vote sur Inter­net se serait-il pas envi­sa­geable, sur­tout pour élar­gir l’assiette des votants, sans remettre en cause le vote dans l’isoloir ? Il y a mal­heu­reu­se­ment plein d’objections rece­vables et de ques­tions tech­niques à résoudre pour garan­tir l’anonymat du vote. Mais sur ce genre d’élections, cela vau­drait peut-être la peine de creu­ser la ques­tion et de le tester.

il y a sinon bien eu des usages spo­ra­diques de Face­book et Twit­ter dans cette élec­tion, mais on est encore bien loin d’un bon usage de l’Internet dans ce genre d’élection. Notam­ment pour mieux faire connaitre les pro­grammes des can­di­dats et amé­lio­rer le débat démo­cra­tique. Or cette élec­tion n’intéressait pas les citoyens euro­péens car ses enjeux étaient com­plexes et les pou­voirs des élus dif­fi­ciles à cer­ner. Rai­son de plus que de se poser les ques­tions de la péda­go­gie poli­tique et d’un meilleur usage de l’Internet.


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Publié le 8 juin 2009 Post de Olivier Ezratty | France, Politique | 12 commentaires

Les 12 commentaires sur “Bulletins de vote à télécharger” :

  • [1] - leafar a écrit le 8 juin 2009 :

    Tres juste, je me suis fait la meme remarques pour les bul­le­tins à télé­char­ger. Le parti du can­na­bis heu­reux m’a fait sou­rire au regard de la liste antiosioniste.

    Bref la démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive n’est pas vrai­ment encore là ! Vive­ment que le web amé­liore cela.

    Chaque liste devrait avoir un bud­get web pour crée un site avec du contenu qui seraient ensuite tous listé sur un site natio­nal qui per­met­trait de lire des pro­po­si­tions réelles et pas trois bul­lets points per­dus sur un bout de papier par­fois glacé.

  • Sur la cri­tique de la pro­por­tion­nelle pour la France:

    Nos ins­ti­tu­tions sont le reflets de notre men­ta­lité. En France, le par­le­ment n’a plus aucun inté­rêt dans la conduc­tion des poli­tiques natio­nales de part son mode de scru­tin majo­ri­taire à deux tours et du calen­drier élec­to­ral qui place les élec­tions légis­la­tives juste après les Pré­si­den­tielles. Avant le fait que les deux scru­tins étaient déca­lés offrait au moins la pos­si­bi­lité aux élec­teurs de mettre en place une coha­bi­ta­tion bien que nous avons bien vu l’inefficacité de ce mode de gou­ver­nance tout comme nous voyons la dérive auto­ri­taire de la gou­ver­nance actuelle (et ce n’est pas dû qu’à la per­son­na­lité de notre Président)…

    En France le mot consen­sus ne semble pas exis­ter, il faut tou­jours faire le choix entre le blanc et le noir (ou le bleu ou le rouge…). Le scru­tin majo­ri­taire pour­rit nos ins­ti­tu­tions et donne trop d’importance au scru­tin pré­si­den­tiel qui à chaque fois se résume en une guerre de per­sonne au relents nau­séeux. Le dés­équi­libre entre les corps ins­ti­tu­tion­nels est mal­sain… Le par­le­ment qui a pou­voir de ren­ver­ser le gou­ver­ne­ment n’existe plus (à titre de com­pa­rai­son, c’est le par­le­ment euro­péen qui choisi le Pré­sident de la Commission).

    Main­te­nant la ques­tion est de savoir si un scru­tin pro­por­tion­nel pour­rait mar­cher en France? Je suis sûr que oui car il marche très bien au par­le­ment Euro­péen et dans la majo­rité des par­le­ments natio­naux de nos voi­sins euro­péens!
    Le résul­tat? Des poli­tiques non-partisanes et des majo­ri­tés qui se forment sur des com­bats d’idées et non des luttes de pou­voir! Une repré­sen­ta­tion du peuple fran­çais fidèle à ce qu’il est et une expres­sion citoyenne qui passe déjà par les corps de pou­voir plu­tôt que par la rue!

    Je suis d’ailleurs per­suadé que c’est de là que nous pou­vons faire évoluer notre men­ta­lité natio­nale qui pousse à l’extrême hié­rar­chi­sa­tion de nos modes de gou­ver­nance. L’exemple doit venir du haut!

  • [3] - Olivier Ezratty a écrit le 10 juin 2009 :

    Je suis plus cir­cons­pect sur le suc­cès des régimes par­le­men­taires à scru­tins pro­por­tion­nels. L’histoire des 3ieme et 4ieme répu­pliques en France avec ces chan­ge­ments de pré­sident du conseil à répé­ti­tion au gré des alliance. L’émiettement de la repré­sen­ta­tion natio­nale abou­tis­sant à des négo­cia­tions de cou­loir pour la consti­tu­tion de majo­ri­tés par­le­men­taires fra­giles comme en Israël.

    Les pays où le com­pro­mis est dif­fi­cile d’un point de vue cultu­rel ne sont pas prêts pour la pro­por­tion­nelle inté­grale. Les pays où la culture du com­pro­mis est plus forte, comme en Suède, peuvent plus faci­le­ment sup­por­ter la pro­por­tion­nelle. Après se pose l’autre ques­tion du mono- ou bi-caméralisme…

    Le modèle mêlant pro­por­tion­nelle et scru­tin majo­ri­taire existe dans les élec­tions muni­ci­pales. C’est un com­pro­mis accep­table à cette échelle mais moins à celle d’un pays.

    La syn­chro­ni­sa­tion entre pré­si­den­tielle et légis­la­tives en France en place depuis 2002 a effec­ti­ve­ment ren­forcé le régime pré­si­den­tiel fran­çais. Une solu­tion existe outre atlan­tique ou le tiers du sénat est renou­velé dans les mid-term elec­tions abou­tis­sant à une forme de coha­bi­ta­tion entre un exé­cu­tif et un légis­la­tif de bords dif­fé­rents (comme en fin de second man­dat Bush II), dif­fé­rente de nos coha­bi­ta­tions de l’ère Mitterrand.

    Bon, mais ce blog n’est pas spé­cia­lisé dans le droit constit.

  • [4] - Fabien a écrit le 10 juin 2009 :

    Et pour­tant le dés­équi­libre exis­tant entre exé­cu­tif et légis­la­tif fera que de nom­breuses déci­sions, pou­vant tou­cher les entre­prises, vont être votées sans que les sen­si­bi­li­tés autres ne puissent s’exprimer. Nous ferons un bilan un jour ou l’autre.

    Par ailleurs, si le vote était élec­tro­nique, je ne pense pas que les par­tis de droite feraient un très bon score, compte tenu de l’âge moyen des élec­teurs concernés…

    Mais vous avez rai­son, il serait logique que très bien­tôt inter­net soit uti­lisé pour voter. Le mode actuel est bien trop rin­gard et tota­le­ment éloi­gné du mode de vie contem­po­rain de la pgrande majo­rité de nos concitoyens…

    Enfin, il serait aussi un peu plus cor­rect que des films écolos ou des venues de chefs de d’Etat très impor­tants (Outre Atlan­tique) ne viennent pas faus­ser le juste temps de parole des uns et des autres dans les médias… et mani­pu­ler l’opinion publique déjà assez per­due comme cela…

    Inter­net pour­rait aider à faire son choix dans des condi­tions plus pré­cises, avec des débats, la lec­ture pous­sée des pro­grammes des uns et des autres…

    Voter c’est démo­cra­tique, voter en toute connais­sance de cause c’est encore plus démo­cra­tique et plus honnête…

  • Bien entendu, quand je parle de pro­por­tion­nelle je n’entend pas pro­por­tion­nelle abso­lue (comme dans la 4ème répu­blique) qui dans ce cas deviens aussi peu pro­duc­tif. Il faut don­ner l’avantage aux majo­ri­tés sans pour autant écra­ser les mino­ri­tés qui ont un poids cer­tain et qui dans cer­tains cas ne sont pas si mino­ri­taire que cela. Com­ment jus­ti­fier que deux par­tis qui font moins de 50% des voix peuvent obte­nir 90% des sièges?

    Quid des opi­nions qui s’expriment au alen­tour de 15% et qui ne sont abso­lu­ment pas repré­senté, muselé? C’est ça qui favo­rise l’émergence des extrêmes en les pla­çant dans une pos­ture de victime.

    Le vote élec­tro­nique? Jamais de la vie. C’est une dan­ger absolu pour la démo­cra­tie. Il n’est pas ques­tion de mas­quer la trans­pa­rence (prin­cipe fon­da­men­tale de la démo­cra­tie) der­rière un algo­rithme opaque… D’ailleurs le vote par machine élec­tro­nique est en recul par­tout dans le monde pour cause de fraude, de bug, de dan­gers etc…

  • [6] - Olivier Ezratty a écrit le 11 juin 2009 :

    Les élec­teurs votent-ils pour des per­sonnes, pour des idées géné­rales ou pour des pro­grammes pré­cis ? Le tout en fonc­tion de leur niveau d’éducation et d’information. Accepte-t-on de confier les clés à des res­pon­sables qui décident ensuite en s’entourant ou de spé­cia­listes ou de lob­byistes ? Com­ment sont gérés les contre-pouvoirs, les flux d’idées et la remise en cause des propositions ?

    La réponse est en géné­ral assez décevante !

    On se rap­proche d’une vraie démo­cra­tie lorsque l’équilibre entre les trois ins­pi­ra­tions des votes est res­pecté, tout comme le pro­ces­sus élec­to­ral asso­cié. Comme dans cer­tains pays (Suisse, USA, etc) où ont lieu des réfé­ren­dums d’initiative popu­laire. Mais par­fois, la majo­rité peut impo­ser des vues liber­ti­cides à une mino­rité, comme dans le cas du mariage gay en Californie.

    Même les grecs de l’antiquité qui servent sou­vent de réfé­rence n’étaient pas parfaits…

  • Je suis bien d’accord et c’est pour cela qu’il faut réta­blir un cer­tain équi­libre dans nos ins­ti­tu­tions françaises.

    Ya qu’à voir, même pas un an après des élec­tions pré­si­den­tielles, la pre­mière pré­oc­cu­pa­tion de la classe poli­tique rede­vient les pro­chaines élec­tions pré­si­den­tielles. Elles repré­sentent beau­coup trop d’enjeux ce qui incite les inté­res­sés à une ten­ta­tive de prise de pou­voir permanente.

    Mal­heu­reu­se­ment nous ne pou­vons qu’attendre qu’un Pré­sident décide de chan­ger tout cela, pour que ça change.

  • [8] - Jean a écrit le 13 juin 2009 :

    Les élec­tions iran­niennes démontrent encore des doutes de fraude. Nos méthodes laissent trop de place à la tri­che­rie. Ne serait il pas pos­sible de sécu­ri­ser au maxi­mum les votes via les moyens élec­tro­niques actuels et futurs ? Je trouve que depuis 2002, les élec­tions sont frau­dées dans le monde entier, y com­pris en Europe de l’Est et bien sûr en Afrique. Si ce sys­tème n’est pas sûr, la démo­cra­tie est en dan­ger et les risques de mani­pu­la­tion de l’opinon et de dic­ta­ture sont énormes.

  • [9] - Olivier Ezratty a écrit le 13 juin 2009 :

    Dans les pays où la fraude est ins­ti­tu­tion­na­li­sée, elle le serait autant si ce n’est plus avec des moyens de vote électroniques !

  • [10] - Jean a écrit le 17 juin 2009 :

    En atten­dant, grâce à Inter­net, les Ira­niens nous font par­ve­nir des infor­ma­tions très inter­es­santes. Les You­tube et autres pla­te­formes telles que Twit­ter sont uti­li­sées à bon escient. Ne trou­vez vous pas ??? Il s’agit là d’un suc­cès phé­no­mé­nal de la Toile pour la liberté d’expression et la démocratie.

  • [11] - Bill a écrit le 20 juin 2009 :

    A priori, les infor­ma­tions des Ira­niens sur les pla­te­formes inter­net seraient influen­cés par les lobby occi­den­taux, car il paraît que le vote n’était pas tru­qué. Les mani­fes­tants devraient ces­ser leurs attaques.
    Il est vrai qu’Internet aujourd’hui n’est plus tout à fait un moyen d’expression tout à fait neutre et tout à fait libre.
    Hervé Novelli a fait sup­pri­mer une dif­fu­sion de France 3 Centre (via le CSA) qui indi­quait son passé de sym­pa­thi­sant d’extrême droite. H. Novelli a dans le passé tra­vaillé pour Made­lin et Lon­guet. M. Novelli est adjoint au maire de Riche­lieu (com­mune d’Indre et Loire, région Centre). Pou­vez vous nous dire si le Comité Riche­lieu qui gère le Pacte PME a un lien plus poussé poli­ti­que­ment avec Hervé Novelli, le secré­taire d’état aux PME et au tou­risme ? Il y a le mot “Riche­lieu” en com­mun, et aussi des actions de lob­bying sur la sim­pli­fi­ca­tion des pro­cé­dures admi­nis­tra­tives pour les PME
    http://www.enjeux.org/index.php?entry=entry090618-093606
    Hervé Novelli a annoncé son sou­hait de sim­pli­fier les dis­po­si­tifs exis­tants de JEI et de gazelle. Le Comité Riche­lieu a pré­senté il y a quelques jours à son cabi­net des pro­po­si­tions à ce sujet.
    Le Comité Riche­lieu appré­cie beau­coup la volonté du gou­ver­ne­ment de sim­pli­fier l’existant, comme il l’a fait l’année der­nière avec le cré­dit d’impôt recherche. Il sug­gère d’abandonner la logique qui sous-tendait le dis­po­si­tif gazelle, à savoir un cri­tère d’éligibilité basé sur la crois­sance pas­sée, et la rem­pla­cer par une approche cen­trée sur le poten­tiel de crois­sance futur des entre­prises. Pour cela, le Comité Riche­lieu pro­pose d’étendre le béné­fice du dis­po­si­tif JEI aux entre­prises qui consacrent au moins 15 % de leurs dépenses à des dépenses de R&D ou d’exportation. Il demande égale­ment que le dis­po­si­tif ne soit plus limité aux entre­prises de moins de 8 ans, et que les ETI (Entre­prises de Taille Inter­mé­diaire ; tiens, les revoilà) y soient éligibles.
    http://www.comite-richelieu.org/article/381/le-comite-richelieu-en-faveur-d-un-nouveau-statut-d-entreprise-de-croissance-base-sur-l-innovation-et-l-exportation

    Il me semble que la Loi TEPA a été lar­ge­ment pré­pa­rée par Novelli en 2007 déjà (heures sup, ISF PME, etc).

  • [12] - fab a écrit le 20 juin 2009 :

    Je viens de vision­ner le repor­tage. Effec­ti­ve­ment. Il fait un paral­lèle entre l’extrême droite et un cer­tain patro­nat à l’ancienne (métal­lur­gie)
    http://www.dailymotion.com/video/k59gTqyn6gxmOlZvHw
    Riche­lieu pour­rait être une sorte de code, puisque le ministre est aussi maire de la ville Riche­lieu. Dans l’histoire,le Car­di­nal Riche­lieu est le pre­mier à avoir mis en place le libé­ra­lisme poli­tique sous louis XIII, à avoir proné le pou­voir absolu du roi…
    Pour le paral­lèle avec le Comité Riche­lieu (asso­cia­tion influente), effec­ti­ve­ment : Éminence grise est une expres­sion dési­gnant un conseiller influent qui reste dans l’ombre d’une per­son­na­lité poli­tique ou autre. Cette expres­sion fut pour la pre­mière fois employée pour Joseph Fran­çois Leclerc du Trem­blay dit aussi le Père Joseph (1577-1638) conseiller occulte de Riche­lieu, Pre­mier ministre de Louis XIII. Parce qu’il était capu­cin, il por­tait une bure grise, parce qu’il fut créé car­di­nal peu avant sa mort, et qu’on le consi­dé­rait aussi puis­sant que Riche­lieu, il eut droit au titre d’éminence.
    Le Car­di­nal Riche­lieu était dépeind par Alexandre Dumas (3 Mous­que­taires) comme l’homme d’Etat par excel­lence. Riche­lieu est dépeint par Vigny comme un être omni­po­tent, quasi-omniscient, machiavélique…




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