Inside Google Labs

Publié le 15 novembre 2006 et mis à jour le 28 avril 2007 - 9 commentaires -
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J’ai assisté récem­ment à une pré­sen­ta­tion d’Alice Bonhomme-Biais, une ingé­nieur fran­çaise en déve­lop­pe­ment logi­ciel chez Google. Elle était des­ti­née à des élèves de l’option tech­no­lo­gies de l’information de l’Ecole Cen­trale Paris où j’enseigne sur les Stra­té­gies de l’Innovation.

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En une heure, Alice a dressé un por­trait fort inté­res­sant de la manière dont le déve­lop­pe­ment et les opé­ra­tions fonc­tionnent chez Google.

En voici un apperçu, com­plété par un peu de lec­ture personnelle, avec tout d’abord quelques remarques générales:

  • Tout d’abord, Google a des labos de déve­lop­pe­ment bien répar­tis dans le monde. Rien qu’en Europe, ils en ont un à Dublin où se trouve égale­ment un data cen­ter euro­péen, un à Londres, un à Zurich et un autre à Trond­heim, en Suède. Alice est elle-même basée à New York dans un autre labo. Donc, Google a beau être un clas­sique suc­cès de la Sili­con Val­ley, basé à Moun­tain View, ils ont rapi­de­ment éclaté géo­gra­phi­que­ment leurs déve­lop­pe­ments. C’est per­mis par une orga­ni­sa­tion du déve­lop­pe­ment logi­ciel en petites équipes : de 2 à 10 per­sonnes, et 5 en moyenne. Il y a d’un côté des ser­vices qui requièrent effec­ti­ve­ment des équipes de cette taille, comme le Calen­drier sur lequel tra­vaille Alice Bonhomme-Biais. Et de l’autre, le gros du déve­lop­pe­ment qui est orienté sur le search est lui-même découpé en autant de modules néces­si­tant des équipes de cette taille. L’éclatement géo­gra­phique du déve­lop­pe­ment répond à une logique de recru­te­ment assez simple consis­tant à cher­cher les talents là où ils sont au lieu de leur pro­po­ser tous de démé­na­ger à Moun­tain View. Au pas­sage, cela per­met de contour­ner les limi­ta­tions du nombre de visas pour l’entrée de tra­vailleurs aux USA. C’est donc bien vu! Et cer­tains éditeurs de logi­ciels pour­raient s’en ins­pi­rer! Donc, Google conti­nue de recru­ter à tour de bras et les ingé­nieurs fran­çais les inté­ressent, même s’il n’y a pas encore de labo de R&D en France même.
  • Le déve­lop­pe­ment de nou­veaux ser­vices est (serait?) piloté par les équipes pro­duits, indé­pen­dam­ment de toute démarche mar­ke­ting ou de modèle écono­mique. Le point clé est de créer des ser­vices qui ont une grande valeur d’usage pour les uti­li­sa­teurs et de géné­rer du tra­fic. Une fois seule­ment usage et tra­fic géné­rés se pose la ques­tion de la moné­ti­sa­tion. Sachant qu’en plus, Google fait très peu de mar­ke­ting de ses offres. Elles se dif­fusent en mode viral et grâce au tra­fic généré par le moteur lui-même. Ce décou­plage pro­duit / mar­ke­ting est sommes toutes encore plus fort que ce que j’ai constaté chez Micro­soft Corp. Il est contre-intuitif pour ceux - comme moi - qui pensent que le mar­ke­ting doit être impli­qué le plus en amont pos­sible de la créa­tion d’un pro­duit pour assu­rer son ali­gne­ment avec un besoin mar­ché et avec un busi­ness qui tienne la route. Google peut éviter cette démarche pour un cer­tain nombre de fac­teurs dont peu d’entreprises béné­fi­cient: une marge énorme géné­rée par le coeur de métier qui per­met de finan­cer (sou­vent à perte) de nom­breux tests de nou­veaux pro­duits, le tra­fic généré par le site Google qui per­met d’aspirer de nou­veaux clients pour ces ser­vices, et un modèle de revenu indi­rect basé sur la publi­cité et la vente de mots clés qui per­met de four­nir des ser­vices gra­tuits au plus grand nombre.
  • Cer­tains pro­jets comme Gmail sont bien nés du fameux “20% de temps libre” pour des pro­jets de son choix. Mais la part rela­tive des nou­veau­tés de Google qui en pro­viennent et celle qui est issue d’acquisitions n’est pas claire! La der­nière étant assez consé­quente en nombre de ser­vices mais pas for­cé­ment en effec­tifs de déve­lop­pe­ment puisqu’il semble qu’une grosse part de la R&D de Google soit encore foca­li­sée sur le coeur du métier: la recherche (voir “Inno­va­tion ou mar­ke­ting?” un de mes posts du prin­temps dernier).

Nous avons dans cette confé­rence sur­tout fait le tour du coeur de métier de Google, le search. Qui est découpé en tranches:

  • Le craw­ler qui scanne les sites Web pour y détec­ter tous les mots clés uti­li­sés. Il s’appuie sur des mil­liers de ser­veur qui scannent de façon récur­sive tous les liens de toutes les pages de tous les sites Web détec­tés. Toutes les URL d’Internet ne peuvent être récu­pé­rées. Google s’aide de dif­fé­rents arti­fices, notam­ment des Site­maps qui per­mettent aux sites d’informer Google de leur struc­ture et de leur mise à jour.
  • L’index qui pour chaque mot liste les pages et les posi­tions dans les pages où on les trouve. Il fonc­tionne en mode mul­ti­lingue et stocke égale­ment les infor­ma­tions de lieu et de temps sur les pages indexées. Le lieu s’identifie pro­ba­ble­ment via l’adresse IP des sites. Il y plu­sieurs copies de l’index répar­ties géo­gra­phi­que­ment et elles tiennent toutes en RAM sur les ser­veurs. En 2006, Google indexe­rait envi­ron trois fois plus de pages que ses prin­ci­paux concur­rents (donc: Yahoo et Micro­soft). Ils indexent aussi 2 mil­liards d’image, 35 mil­lions de docu­ments non HTML et un mil­liard de mes­sages Use­Net. L’ensemble fait des Tera­oc­tets, bien évidem­ment. L’indexation d’une nou­velle page qui appa­rait sur Inter­net prend entre 15 minutes et quelques heures selon l’importance et le tra­fic du site.
  • Le ran­king des mots, Page­Rank, qui évalue la per­ti­nence des pages liées à la com­bi­nai­son de mots clés d’une recherche en fonc­tion de dif­fé­rents cri­tères, notam­ment le nombre des liens qui abou­tissent à cette page, et la posi­tion des mots dans les pages. Pour­quoi les sites de com­merce arrivent-ils presque tou­jours au début des résul­tats lorsque l’on recherche un pro­duit? Ce ne serait pas lié à de la vente de pla­ce­ment, mais à une bonne opti­mi­sa­tion de ces sites qui connaissent bien le fonc­tion­ne­ment de Page­Rank. La force de Page­Rank, c’est d’exploiter la mine d’or géné­rée par l’index et par l’usage. Tout repose sur des ana­lyses statistiques.
  • L’affi­chage, tout ce qui relève de la pré­sen­ta­tion des résul­tats dans un navi­ga­teur Web, et l’intégration des autres com­po­sants de nature publi­ci­taire dans les pages. Pour tes­ter les évolu­tions de son inter­face, Google dis­pose d’un “usa­bi­lity lab” à l’échelle pla­né­taire. Ils “servent” les nou­veau­tés à tes­ter à un faible pour­cen­tage de leurs uti­li­sa­teurs (genre 1%), mais qui suf­fit à en avoir des mil­lions, et ils com­parent les résul­tats: temps passé dans la recherche, taux de clic, etc. Sou­vent, une modi­fi­ca­tion mineure ne serait-ce que d’un seul pixel d’interlignage peut avoir des réper­cus­sions signi­fi­ca­tives. La force du nombre leur apporte des don­nées sta­tis­tiques extra­or­di­naires. Quant au “spell check” de Google qui pro­pose une ortho­graphe dif­fé­rente aux termes recher­ché, il s’appuie lui-aussi sur des sta­tis­tiques et non pas sur un dic­tion­naire tra­vaillant sur la dis­tance des mots, approche trop limi­tée pour la ges­tion des noms propres. Ils s’appuient donc sur des algo­rithmes de pro­ba­bi­lité de conco­mit­tance (pro­ba­bi­lis­tic co-occurrence)! Une simple recherche sur Google génère côté ser­veurs la lec­ture de plu­sieurs cen­taines de Mo de don­nées et le site en reçoit des mil­liers par seconde!

L’archi­tec­ture ser­veur s’appuie sur quelques carac­té­ris­tiques ori­gi­nales et mai­son qui font des labos de Google une sorte de véri­table labo­ra­toire de R&D de sys­tème d’exploitation et de midd­le­ware réseau et de ges­tion de don­nées distribués:

  • Les racks de ser­veur sont bâtis sur une archi­tec­ture phy­sique opti­mi­sant leur rem­pla­ce­ment ainsi que celui des disques durs: au lieu de vis pour les fixa­tions, ils uti­lisent du Vel­cro ! En effet, sur 5000 machines envi­ron par data cen­ter, il y a régu­liè­re­ment une dizaine de pannes par jour. Donc, cela fait gagner du temps. Ces ser­veurs sont des lames stan­dard de type PC tour­nant sous Linux. Ce sont des machines “peu fiables” aux dires de Google, mais peu importe, c’est l’architecture logi­cielle qui apporte la fia­bi­lité à l’ensemble. Ce ne sont pas les machines les plus puis­santes du moment, mais celles qui apportent le meilleur rap­port puissance/prix du moment. Les racks ont 40 à 80 ser­veurs cha­cun, connec­tés entre eux en 100 mbits/s, le rack étant lui-même en liai­son Giga­bit avec les autres. Chaque ser­veur a une durée de vie de 2 à 3 ans. L’alimentation élec­trique et le refroi­dis­se­ment de ces racks sont des défis de taille à eux seuls qui entrainent moutle cal­culs tech­niques et écono­miques pour opti­mi­ser l’ensemble, la fac­ture d’électricité de Google étant l’une de ses plus grosses charges d’exploitation!
  • Il y a plu­sieurs clus­ters d’environ 5000 ser­veurs répar­tis dans le monde entier, ce qui apporte une forte tolé­rance aux pannes de réseau sur Inter­net. La répar­ti­tion de charge s’effectue au niveau DNS pour iden­ti­fier le clus­ter le plus proche de l’utilisateur au niveau temps de latence réseau.
  • Google s’est créé son propre sys­tème de ges­tion de fichiers dis­tri­bué, qui tourne sous Linux: le Google File Sys­tem. Il dis­tri­bue les recherches de fichiers sur plu­sieurs ser­veurs de façon extrê­me­ment effi­cace. C’est un peu grâce à lui que le résul­tat d’une recherche abou­tit dans notre navi­ga­teur en quelques mil­li­se­condes de traitement.
  • GFS est com­plété par Big­Table, une sorte de base de don­nées hié­rar­chique (donc non rela­tion­nelle) sca­lable pour la ges­tion de gros volumes de don­nées qui doivent être accé­dés très rapi­de­ment. Cela sert notam­ment à Google Ana­ly­tics (l’outil d’analyse du tra­fic sur son propre site Web où l’on a placé de la publi­cité Google AdSense, 200 tera­oc­tets de don­nées rien que pour le sto­ckage des clicks sur les sites abon­nés au ser­vice), Google Earth et à Per­son­na­lize Search, une fonc­tion mécon­nue qui per­son­na­lise les résul­tats de la recherche pour les uti­li­sa­teurs qui sont iden­ti­fiés sur le moteur de recherche par un logon, le logon com­mun à Gmail et autres ser­vices per­son­nels de Google.
  • Ils ont défini leur propre archi­tec­ture de paral­lé­li­sa­tion des trai­te­ments avec le Glo­bal Work Queue et MapRe­duce qui per­met de décou­per un trai­te­ment en mor­ceaux. MapRe­duce est uti­lisé au tra­vers d’un lan­gage de pro­gram­ma­tion mai­son Saw­zall. Au pas­sage, l’architecture de Google béné­fi­cie donc à plein des nou­veaux pro­ces­seurs à hyper­threa­ding et multi-coeurs qui per­mettent de paral­lé­li­ser les trai­te­ments sur une même machine.

Nombre de ces aspects sont docu­men­tés dans des publi­ca­tions scien­ti­fiques des Google Labs dis­po­nibles sur leur site : http://labs.google.com/papers/. Ce domaine est pas­sion­nant et on pour­rait y pas­ser des heures pour décor­ti­quer son fonc­tion­ne­ment. Cer­taines socié­tés de ser­vice en ont d’ailleurs fait leur métier pour aider les sites Web à bien se faire réfé­ren­cer sur Inter­net! Il sera aussi inté­res­sant de voir docu­men­ter la ges­tion des vidéos main­te­nant qu’il ne s’agit plus que de les indexer avec Google Video, mais égale­ment de les sto­cker et de les dif­fu­ser, via YouTube!

Com­pa­rai­son inévi­table avec Micro­soft. L’éditeur a égale­ment une grande tra­di­tion de publi­ca­tion de tra­vaux scien­ti­fiques, notam­ment par le tru­che­ment du site de Micro­soft Research. Mais la par­tie du site qui relève du search évoque la créa­tion d’un labo­ra­toire com­mun sur le search avec MSN en Chine, mais rien de plus. Et cela ne concerne pas ce qui est en exploi­ta­tion comme Google. La par­tie est dif­fi­cile pour Micro­soft car rat­tra­per le savoir faire de Google, quand on se plonge dedans, est loin d’être évident. Micro­soft parie sur­tout sur des évolu­tions d’interface comme pour la recherche de pho­tos pré­sen­tée de façon sym­pa­thique avec la pos­si­bi­lité de choi­sir la taille des “thumb­nails”. Mais c’est loin d’être suf­fi­sant pour faire la dif­fé­rence. C’est un sujet à creu­ser car le manque d’informations de la part de Micro­soft ne veut pas dire qu’ils sont inac­tifs en R&D sur le search, loin s’en faut!

J’évoquais au début cette marge énorme de Google lui per­met­tant de finan­cer des tests de ser­vices sans se sou­cier trop de logique écono­mique au départ. Google “crache” en effet aujourd’hui une pro­fi­ta­bi­lité nette de 27%, soit celle la moyenne de celle de Micro­soft ces der­nières années. Soient presque $3B pour 2006, extra­po­lés des $2046m sur les 9 der­niers mois. Leur bilan en octobre 2006 com­pre­nait envi­ron $10B de cash dis­po­nible. Mais tout ceci, c’est le pro­fit et le cash géné­rés après les dépenses en R&D, en infra­struc­ture et en acqui­si­tions évoquées dans cet article! Ils ont donc un sacré mou pour prendre des risques. C’est le grand pri­vi­lège des numéro un dont la taille cri­tique leur per­met d’absorber la valeur de leur secteur!

Alice Bon­homme fai­sait cette confé­rence aux élèves cen­tra­liens dans le cadre de ses 20% de temps consa­cré à des pro­jets libres de son choix. Car Google recrute à tour de bras pour sup­por­ter sa crois­sance qui n’en finit pas. Mais elle a oublié de citer le béné­fice du “free lunch” à ces recrues poten­tielles. Car chez Google, c’est bois­son et repas gra­tuits, en plus du plai­sir de pou­voir venir tra­vailler accou­tré comme bon vous semble! Tout du moins dans les labs… :) .

Ce post fai­sait lui aussi par­tie de mon “20% de temps libre”… pour de la veille technlologique!


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Publié le 15 novembre 2006 Post de Olivier Ezratty | Google, Internet, Microsoft, Technologie | 9 commentaires

Les 9 commentaires sur “Inside Google Labs” :

  • Bon­soir Olivier,

    Bravo et merci d’avoir eu le cou­rage de retrans­crire cette ses­sion très inté­res­sante. Avoir accès à des gens de Google qui parlent de Google est suf­fi­sam­ment rare pour être sou­li­gné, voire fêté.

    J’ai beau­coup aimé la der­nière phrase de votre “L’éclatement géo­gra­phique du déve­lop­pe­ment répond à une logique de recru­te­ment assez simple consis­tant à cher­cher les talents là où ils sont au lieu de leur pro­po­ser tous de démé­na­ger à Moun­tain View. Au pas­sage, cela per­met de contour­ner les limi­ta­tions du nombre de visas pour l’entrée de tra­vailleurs aux USA. C’est donc bien vu! Et cer­tains éditeurs de logi­ciels pour­raient s’en inspirer!”));

    Si vous le per­met­tez, je sou­hai­te­rais com­plé­ter votre très exhaus­tif compte-rendu par deux points qui m’ont paru importants:

    1) le fait que les équipes pro­jets soient for­mées d’ingénieurs purs et durs; sans ‘pro­ject mana­ger’, sans réelle hié­rar­chi­sa­tion. C’est à mon avis très béné­fique pour le nombre de pro­jets en incu­ba­tion, et ça favo­rise cer­tai­ne­ment l’homogénéisation vers le haut des pra­tiques de déve­lop­pe­ment logi­ciel. Main­te­nant, j’y vois un élément néga­tif majeur: com­bien y a-t-il de pro­jets appe­lés pour com­bien d’élus? Si Google s’est ins­piré des méthodes d’autres éditeurs de logi­ciels, alors ce n’était pas une best prac­tice à reti­rer. Il faut bien à un moment que le client dicte sa loi, que les ingé­nieurs répondent à un réel besoin de niche ou de masse. Sinon la plu­part des pro­jets sont condam­nés à res­ter dans des pla­cards, ou à deve­nir des logi­ciels de geeks pour geeks.

    2) ça peut paraître com­plè­te­ment sym­bo­lique et futile, mais chez Google, les mar­ke­teurs sont tous “Sales Engi­neers” et les ingé­nieurs tous “Soft­ware Engi­neers”. Ca me fait tou­jours mar­rer, par exemple dans les banques de voir les titres des gens dans les socié­tés. Au moins chez Google, et je trouve ça vrai­ment très posi­tif, tout le monde est logé à la même enseigne et l’entreprise peut vrai­ment se pro­cla­mer méritocratiques.

    Voilà, c’était ma maigre contri­bu­tion à votre magni­fique post. Et puis j’oubliais: le t-shirt Google éveille pas mal la curio­sité (j’ai eu l’occasion de le por­ter en jouant au foot, je ne vous raconte pas les plai­san­te­ries à chaque fois que mes passes ne trou­vaient pas preneur).

  • [2] - Olivier Ezratty a écrit le 16 novembre 2006 :

    Sur le 1), cela m’étonnerait que Google fonc­tionne entiè­re­ment sur le modèle de l’autogestion. Il est pro­bable que le modèle s’inspire de cer­tains modes de fonc­tion­ne­ment du déve­lop­pe­ment de logi­ciels libres. Même s’il n’y a pas for­cé­ment for­mel­le­ment de pro­ject mana­gers, il doit cer­tai­ne­ment y avoir dans chaque équipe quelqu’un qui par sa sénio­rité et son cha­risme joue ce rôle taci­te­ment. Tout groupe de tra­vail auto­géré génère sa propre méri­to­cra­tie, au minimum.

    Et oui, le fait que les ingé­nieurs tra­vaillent sans lien direct avec le client ou approche mar­ke­ting peut cho­quer. Ceci étant, ils sont direc­te­ment reliés aux clients et peuvent tes­ter en temps réel leur approche. Il serait bon de creu­ser le modèle d’évaluation des col­la­bo­ra­teurs de Google pour mieux com­prendre cela.

    Ce qui me tra­casse, et il y a un “pat­tern” voi­sin à celui de Micro­soft, c’est effec­ti­ve­ment la capa­cité à lan­cer des pro­jets indé­pen­dam­ment de toute logique écono­mique. L’ensemble étant financé par la ou les vaches à lait de la société. Ce n’est pas for­cé­ment une bonne dis­ci­pline d’un point de vue busi­ness. Mais comme le nom de la R&D de Google l’indique (Google Labs), Google est peut-être le pre­mier labo­ra­toire de R&D direc­te­ment connecté à son mar­ché et lar­ge­ment auto­fi­nancé qui existe en informatique!

    Sur le 2), le titre de “Sales Engi­neer” semble ali­gné sur “Sof­ware Engi­neer”, fine. Mais en France, dans les boites d’informatique qui font du btob, on dit bien “Ingé­nieur d’Affaire” au lieu de “Com­mer­cial”. C’est du pareil au même! Et ces com­mer­ciaux sont sommes toutes assez clas­siques :q ils vendent de l’espace au kilo à des annonceurs.

  • J’avais effec­ti­ve­ment posé la ques­tion sur le 1); l’un des membres de l’équipe joue le rôle d’interface avec le monde exté­rieur, mais ce n’est pas for­cé­ment le plus expé­ri­menté ni le plus charismatique.

    Sur le 2): certes pour le com­mer­cial, mais dans les SSII, on com­mence ‘ingé­nieur d’affaires’, puis on est ‘ges­tion­naire de grand-compte’ (ex. res­pon­sable des ventes Car­re­four), puis direc­teur d’agence, puis…Le titre en était presque devenu un moyen de rétri­bu­tion. Chez Google, du junior sales au VP Sales, tout le monde est Sales Engi­neer sans pas­ser par les cases junior ou VP. Et je trouve ça plu­tôt sain, mais ce n’est que mon humble avis.

  • [4] - Olivier Ezratty a écrit le 16 novembre 2006 :

    Il y a quand même des Vice Pre­sident chez Google! Il ne faut pas croire qu’une boite de cette taille (bien­tôt 10 mil­liards de $) puisse s’en passer.

    Cf http://www.google.com/corporate/execs.html qui liste leurs VP et Exec VP.

  • Bien sûr, j’épaississais le trait…

  • Ce n’est pas exac­te­ment ça, même si la boite est orien­tée ‘Engi­neers’ et reste une boite tech­no­lo­gique, il y a quand même une fonc­tion Mar­ke­ting, une fonc­tion Sales, etc. Les reve­nus res­tent des reve­nus publi­ci­taires. Tout le monde n’est pas Sales Engi­neer ou Soft­ware Engi­neer ;)
    Je n’ai pas pu assis­ter à cette confé­rence que j’avais contri­buée à orga­ni­ser, mais ce compte-rendu est excellent. Merci Olivier !

  • [7] - Olivier Ezratty a écrit le 5 décembre 2006 :

    Il y a effec­ti­ve­ment du sales, mais avec une carac­té­ris­tique propre au modèle écono­mique de nom­breux sites web: la vente ne consiste pas à com­mer­cia­li­ser le pro­duit final aux uti­li­sa­teurs, mais de l’espace publi­ci­taire à des annon­ceurs. Par contre, le mar­ke­ting, assez dis­cret et donc cer­tai­ne­ment effi­cace, contri­bue à géné­rer de l’usage chez les internautes.

  • Bon­jour Lim­vi­rak! Vous blog­ger? Quelle bonne sur­prise. Bravo si vous aviez co-organisé la confé­rence, c’était tout à fait éclai­rant. J’ai beau­coup rit à la lec­ture de “Je bosse dans une start-up qui a bien grandi” sur votre blog…)))

  • Juste pour cla­ri­fier. Le titre de Sales Engi­neer est loin d’etre le titre par defaut a Google et pour tout dire, il n’y en a que tres peu. Les titres sont un peu les memes que dans toutes les autres com­pa­gnies, et il y a de meme plu­sieurs niveaux parmi les Sales Engi­neers. A ce pro­pos, et si vous etes inter­esses par cette posi­tion, n’hesitez pas!
    http://www.google.com/support/jobs/bin/answer.py?answer=46403




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