Les français de la TV connectée : TDF

Publié le 19 juillet 2012 - 8 commentaires -
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TDF est loin d’être une star­tup et pour­tant elle fait bien par­tie du pay­sage de la TV connec­tée. J’ai eu l’occasion de le décou­vrir avec le lan­ce­ment du nou­veau ser­vice HbbTV Salto par France Télé­vi­sions dont la réa­li­sa­tion a été entiè­re­ment pro­duite par TDF et ses dif­fé­rentes filiales.

TDF logo

Un peu d’histoire

TDF (Télé­Dif­fu­sion de France) est l’une des sept socié­tés issues du décou­page de l’ancienne ORTF en 1975. Avec TF1, France 2, France 3 (fusion­nés dans France Télé­vi­sions en 1999), l’INA, la SFP et Radio France. Trois de ces socié­tés ont depuis été pri­va­ti­sées : TF1 en 1987, acquise par le groupe Bouygues, la SFP en 2001, acquise par le groupe Euro­Me­dia, et TDF en 2002. Ce der­nier était devenu une SA en 1986 pen­dant le gou­ver­ne­ment Chi­rac, et était une filiale à 100% de France Télé­com de 1991 jusqu’en 2002. A cette date, France Télé­com a cédé ses parts à divers inves­tis­seurs : la Caisse des Dépôts et le fonds anglais Char­te­rhouse, actuel­le­ment à 14%. A suivi l’arrivée du fonds amé­ri­cain Texas Paci­fic Group en 2006 (qui gère plus de $50B d’actifs), à hau­teur de 42% sachant qu’Axa Pri­vate Equity en détient 18%. Bref, à ce jour, avec TPG et Char­te­rhouse, TDF est sous contrôle étran­ger. Comme un autre indus­triel fran­çais du sec­teur, Sagem­Com, détenu majo­ri­tai­re­ment par Carlyle.

Cela fait drôle pour un opé­ra­teur d’un ser­vice cri­tique comme les antennes d’émissions hert­ziennes. Mais il faut dire que cette acti­vité n’est plus un mono­pole de l’Etat depuis 2005 et que ce mar­ché a été ouvert à la concur­rence, avec des socié­tés comme Tower­cast du groupe NRJ ou One­cast du groupe TF1, même si TDF reste lar­ge­ment le plus gros acteur du sec­teur, avec notam­ment 75% du mar­ché fran­çais de la dif­fu­sion de la TNT. Le chiffre d’affaire a connu un tas­se­ment récent, pas­sant de 1,52 Md€ en 2010-2011 à 1,44 Md€ dans sa der­nière année fis­cale 2011-2012. Et comme la société n’est pas côtée en bourse, il est dif­fi­cile d’en savoir plus sur ses comptes finan­ciers qui ne sont pas publics.

En tout cas, le nou­veau sta­tut de TDF lui a donné des ailes et le groupe se déve­loppe signi­fi­ca­ti­ve­ment à l’échelle euro­péenne depuis 2007. Il a pro­cédé par acqui­si­tions de socié­tés : en Alle­magne, Fin­lande, Espagne, Hon­grie, Pologne, Fin­lande, Esto­nie et aussi à Monaco. 53% du CA est réa­lisé en France et 29% en Alle­magne. Dans la pra­tique et dans son top mana­ge­ment, TDF est en fait deve­nue une société franco-allemande.

TDF en Europe

L’activité d’opération des émet­teurs de TV ana­lo­gique repré­sen­tait 13% du CA en 2011 et est pas­sée à zéro en France cette année avec la cou­pure des émis­sions de ce type, rem­pla­cées par la dif­fu­sion en TNT. 20% du CA sont réa­li­sés dans la radio qui -  elle - sub­siste essen­tiel­le­ment dans la bande FM. Le groupe TDF est aussi pré­sent dans la mobi­lité avec des infra­struc­tures d’hébergement mutua­li­sées d’émetteurs mobiles pour les opé­ra­teurs télé­coms, en propre ou par­ta­gées avec celles de France Télé­com. TDF est ainsi pré­sent avec ses antennes sur de nom­breux “points hauts” comme la Tour Eif­fel (ci-dessous, vue du toit de l’immeuble de Cognacq Jay Image). En tout, TDF opère 11100 sites en Europe dont 9200 en France, soit… plus que de col­la­bo­ra­teurs qui sont 4500 dont 2400 en France et 925 en Alle­magne ! Il opère notam­ment les antennes du réseau de Free Mobile, au tra­vers de sa filiale Gobé.

TDF (Toit Cognac Jay) (3)

Enfin, l’activité mul­ti­mé­dia repré­sen­tée par la Divi­sion Ser­vices Média avec pour l’instant 4% du CA et 500 col­la­bo­ra­teurs, filiales com­prises. Mais ce pan d’activité est amené à croitre rapi­de­ment. Le métier d’origine de TDF tour­nait autour de la dif­fu­sion des signaux audio­vi­suels par tous les “tuyaux”. La dif­fu­sion audio-visuelle via le broad­band com­plète natu­rel­le­ment l’historique du broad­cast et des ondes hert­ziennes. Pour ce faire, la société com­mencé à se diver­si­fier et à mener des acqui­si­tions, comme celle de la star­tup fran­çaise Smart­Jog en 2006, qui avait quatre ans à l’époque, spé­cia­li­sée notam­ment dans la dif­fu­sion de conte­nus vidéo pro­té­gés, en par­ti­cu­lier à des­ti­na­tion des salles de cinéma numé­riques (sous la forme de “Digi­tal Cinema Packages” qui sont des for­mats “contai­ners” inté­grant toutes les don­nées per­met­tant une pro­jec­tion). Cette struc­ture tou­jours établie en filiale, occupe une tren­taine de déve­lop­peurs. TDF est un gros opé­ra­teur de ges­tion et trans­mis­sion de conte­nus vidéo numé­riques, notam­ment via ses filiales. C’est ainsi par exemple que Cognacq Jay Image gère la banque d’image de Canal France Inter­na­tio­nal qui ali­mente les chaînes des TV afri­caines francophones.

Logo SmartJog

En 2010, TDF lan­çait son plan TDF 3.0 “Trans­cen­ding Digi­tal Fron­tiers” repré­sen­tant un inves­tis­se­ment de 2 Md€ sur 10 ans. Cela l’a notam­ment amené à deve­nir un opé­ra­teur de CDN (Content Deli­very Net­work) en 2011, dans la dif­fu­sion de conte­nus audio­vi­suels. Là-dessus se sont ajou­tées des exper­tises dans le déve­lop­pe­ment d’applications côté TV connec­tée et autres écrans. L’offre de CDN est com­mer­cia­li­sée par Smart­Jog sous la marque Media­Con­nect. Son archi­tec­ture réseau est dis­tri­buée sur les dif­fé­rents sites du groupe TDF à Lille, Mar­seille, Lyon, Bor­deaux, Stras­bourg et Rennes. Ces dif­fé­rents sites sont reliés entre eux par des “fibres noires” (fibre optiques dédiées) et sont capables d’alimenter simul­ta­né­ment jusqu’à un mil­lion d’Internautes en flux vidéo.

Media­Con­nect ali­mente en flux vidéo et audio uni­cast (char­gés à la demande par les uti­li­sa­teurs) les appli­ca­tions seconds-écrans de clients comme Canal+ et NRJ. Cela couvre aussi bien la dif­fu­sion en direct de chaînes TV et radio que les ser­vices de télé­vi­sion de rat­tra­page (catch-up).

Cette acti­vité de CDN s’appuie sur des accords pas­sés avec les opé­ra­teurs télé­coms natio­naux, notam­ment pour le “pee­ring” (liai­sons entre CDNs et équi­li­brage de charge). Smart­Jog rému­nère ces opé­ra­teurs télé­coms afin d’assurer la meilleure expé­rience uti­li­sa­teur dans la consom­ma­tion des conte­nus broad­band, sachant qu’à l’autre bout de la chaîne de valeur, ce ser­vice est payé par les chaînes TV clientes de TDF. Ces solu­tions de CDN sont répli­quées en Alle­magne, Fin­lande et Hon­grie. L’acquisition de Yacast Media, filiale de la société Yacast France, en juin 2012, a per­mis de com­plé­ter cette offre de dif­fu­sion de conte­nus audio­vi­suels vers tous les écrans connec­tés (PC, tablettes, smart­phones, TV Connectées).

TDF et ses CDN

Le groupe TDF a enfin inves­tit sérieu­se­ment le champ de l’HbbTV qui fait très bien la join­ture entre ses  acti­vi­tés broad­cast et broad­band, ce d’autant plus que HbbTV est un stan­dard “broad­cas­ter friendly”. Et comme les chaînes TV sont les prin­ci­paux clients du groupe, tout s’explique !

Ces acti­vi­tés mul­ti­mé­dia sont notam­ment situées sur le site de la rue Cognacq Jay à Paris qui opère des ser­vices de têtes de réseau, des régies finales de chaînes TV (émises en broad­cast comme en webTV ou IPTV), des trai­te­ment de vidéo à la demande (enco­dage, encryp­tion) et les appli­ca­tions de TV connectées.

Il y a aussi un site de la Direc­tion Tech­nique de TDF qui est dédié aux pla­te­formes audio­vi­suelles. Il est ins­tallé à Ces­son Sévi­gné près de Rennes au pied de la Tour TDF et est issu du CCETT, ce Centre de Recherche com­mun à France Télé­com et TDF qui a for­mel­le­ment dis­paru en 2000. Cette équipe d’une quin­zaine de per­sonnes a notam­ment une exper­tise dans la dif­fu­sion “antenne” de HbbTV et la ges­tion de car­rou­sels et la syn­chro­ni­sa­tion entre le live et les appli­ca­tions. Une com­pé­tence que nous avions déjà croi­sée chez httv. Cette équipe avait aussi plan­ché sur la stan­dar­di­sa­tion de l’envoi de firm­ware dans les boi­tiers et TV TNT avec l’Association du Télé­char­ge­ment Hert­zien (qui semble inac­tive depuis) et le Sima­ve­lec (syn­di­cat des fabri­cants d’électronique grand public).

On peut enfin citer l’activité d’autres filiales : Media­mo­bile, qui pro­pose des ser­vices d’information et de pré­vi­sions sur le tra­fic rou­tier en temps réel (pour les construc­teurs auto­mo­biles comme Toyota, d’électronique grand public, sites web ou opé­ra­teurs télé­coms), l’espagnol BeBanjo qui édite des logi­ciels de backof­fice pour la catch-up et la VOD (acquis en 2011) et le sué­dois Qbrick (égale­ment acquis en 2011) qui pro­pose des solu­tions clé en main de ges­tion et mise en ligne de conte­nus vidéo et de CDN. Il y a aussi Media Broad­cast en Alle­magne qui opère notam­ment le por­tail de ser­vices HbbTV expé­ri­men­tal DVB-T Plus.

Les per­sonnes que j’ai eu l’occasion de ren­con­trer font par­tie de dif­fé­rentes enti­tés du groupe. Il s’agissait de Muriel San­gouard (au centre ci-dessous), qui est direc­trice du busi­ness déve­lop­pe­ment des acti­vi­tés de TV connec­tée, Simon Laroque (à droite), chef de pro­jet dans l’activité “Online Video Plat­form”, Arnaud Blan­din (à droite de Simon Laroque), direc­teur com­mer­cial des acti­vi­tés de CDN chez Smart­Jog, Ivan Dul­gue­rian (à gauche), Direc­teur Mar­ke­ting (en pro­ve­nance de Média­mé­trie) et enfin Ysa­belle Alcide (à gauche de Muriel San­gouard), qui gère les opé­ra­tions mar­ke­ting à des­ti­na­tion des régies de dif­fu­sion, des chaines TV et opérateurs.

Ivan Dulguerian Ysabelle Alcide Muriel Sangouard Simon Laroque Arnaud Blandin (TDF à Cognac Jay) (1)

Le “rat­tra­page immé­diat” avec Salto

Début juillet 2012, TDF lan­çait le ser­vice Salto pour France Télé­vi­sions. C’était un peu l’objet de ma visite chez eux ! Ce ser­vice comble un vide dans l’univers de la télé­vi­sion connec­tée : le rat­tra­page immé­diat. En effet, les ser­vices clas­siques de TV de rat­tra­page ne sont dis­po­nibles pour un pro­gramme qu’après sa dif­fu­sion, et par­fois quelques minutes voire heures après. La rai­son est avant tout tech­nique : les opé­ra­teurs de catch-up TV attendent la fin du pro­gramme pour les enco­der dans un for­mat vidéo adapté à la consom­ma­tion sur Inter­net. Cet enco­dage peut prendre du temps, sur­tout si le pro­gramme est long. Il faut donc patien­ter ! Avec Salto, le rat­tra­page est immé­diat : quand un pro­gramme a démarré et est en cours, le télé­spec­ta­teur peut le vision­ner immé­dia­te­ment à son début. Rien d’extraordinaire d’un point de vue tech­no­lo­gique par rap­port à l’état de l’art de l’encodage vidéo, mais cela néces­site de s’organiser pour et d’y mettre les moyens tech­niques et humains.

Pour l’instant, ce ser­vice est pro­posé pour l’ensemble des chaînes de France Télé­vi­sions dif­fu­sées sur la TNT, pen­dant les heures de grande écoute entre 20h et minuit, modulo les droits dont dis­pose France Télé­vi­sions sur les pro­grammes. Salto est d’ailleurs une marque de France Télé­vi­sions, incar­na­tion vir­tuelle du sauf périlleux… arrière. Vous pou­vez l’expérimenter sur votre TV connec­tée si celle-ci est un modèle pos­té­rieur à avril 2011, et en véri­fiant que HbbTV y est bien activé (ce qui n’est pas tou­jours facile). Il sem­ble­rait que HbbTV soit activé par défaut sur la plu­part modèles de TV connec­tées sor­tis depuis 2012. Ce n’était pas le cas en 2011 à l’exception des modèles de Sony.

Quand vous regar­dez un pro­gramme de France Télé­vi­sions sur votre TV connec­tées à la TNT par son antenne et à Inter­net par son câble réseau voire exten­sion Wi-Fi, il appa­raît une pop-up indi­quant que le bou­ton rouge per­met d’accéder aux ser­vices inter­ac­tifs de la chaîne. Dans les heures du prime time, une pop-up sup­plé­men­taire appa­raît (ci-dessous) qui indique que le bou­ton bleu de la télé­com­mande per­met d’activer cette fonc­tion de rat­tra­page ins­tan­tané. Une fois pressé le bou­ton bleu, la TV vous pré­sente le pro­gramme à son début, éven­tuel­le­ment pré­cédé des ban­deaux des par­rains de l’émission. Il n’est pour l’instant pas pos­sible de se dépla­cer dans ce contenu, mais c’est une fonc­tion­na­lité qui pour­rait voir le jour un de ces quatre.

France Televisions Salto

Le contenu visua­lisé ne vient alors plus de la TNT mais d’Internet. Il est streamé sur trois débits constants qui dépendent de la qua­lité de votre connexion Inter­net : 2 Mbits/s, 1,4 Mbits/s et 2 Mbits/s. A ce der­nier niveau, on obtient une image “SD” en qua­lité conve­nable, voi­sine de celle que l’on retrouve dans les ser­vices de TV de rat­tra­page. Le for­mat vidéo qui a été sélec­tionné après de nom­breux tests est le MPEG-TS.

Contrai­re­ment aux habi­tudes du sec­teur, avec un écla­te­ment des grands pro­jets sur plu­sieurs inter­ve­nants, le ser­vice Salto a été fourni par TDF de manière com­plè­te­ment inté­gré à France Télé­vi­sions. Le déve­lop­pe­ment de la pop-up et de la dif­fu­sion au for­mat HbbTV a été réa­lisé chez TDF Rennes, les conte­nus vidéos sont  pré­pa­rés par Cognac Jay Images à Paris et ils sont dépo­sés sur les CDN de TDF Smart­Jog. Ce “one stop shop­ping” est une approche qui per­met de garan­tir une qua­lité de ser­vice et d’expérience uti­li­sa­teur. Mais bon, un inté­gra­teur comme Altran ou ATOS World­line pour­rait aussi inté­grer des briques de dif­fé­rents opé­ra­teurs pour pro­po­ser le même type de ser­vice. Des briques tech­no­lo­giques tierces-parties sont bien entendu uti­li­sées et notam­ment les solu­tions d’encodage du franco-américain Envi­vio, celles d’enregistrement et de décou­page vidéo du fran­çais Ane­via (Via­Mo­tion) et enfin, l’inserteur HbbTV de httv (httvS­tream HbbTV). Le ser­vice Salto est sinon prêt pour sup­por­ter la pro­chaine ver­sion 1.5 de HbbTV et notam­ment le for­mat vidéo Dash qui uni­for­mise l’encapsulation de for­mats vidéos et per­met de faire de l’adaptatif, c’est-à-dire, d’envoyer la vidéo dans un for­mat qui s’adapte dyna­mi­que­ment à la vitesse dis­po­nible sur sa connexion haut débit.

Schéma simplifié et explications

D’un point de vue opé­ra­tion­nel, le fonc­tion­ne­ment de Salto s’appuie sur l’alimentation d’un conduc­teur des pro­grammes des chaînes par France Télé­vi­sions à TDF. Celui-ci indique si les conte­nus dif­fu­sés à l’antenne doivent l’être aussi dans le ser­vice Salto.

TDF (Cognac Jay Image Salto Making Of) (1)

Pour l’instant, une per­sonne de Cognacq Jay Image est en charge du calage du début de l’enregistrement sachant que c’est la chaîne qui décide si le par­rai­nage de l’émission doit être visua­lisé avant l’émission ou pas. Cette mani­pu­la­tion sera à terme auto­ma­ti­sée. En tout état de cause, l’objectif clé est d’assurer une qua­lité de ser­vice du niveau de celle du broad­cast. Ce n’est pas encore du 24x7 puisque Salto n’est dis­po­nible qu’entre 20h et minuit par choix édito­rial et écono­mique de France Télé­vi­sions, mais c’est prêt pour le faire.

TDF (Cognac Jay Image Salto Making Of) (2)

Nous n’en sommes ici qu’aux bal­bu­tie­ments de ce genre de ser­vice, dont l‘audience est encore très modeste à ce stade de l’adoption. Il est clair qu’il sera amené à se déve­lop­per : d’abord sur l’ensemble des chaînes puis sur tous les cré­neaux horaires et enfin, avec plus de sou­plesse dans la navi­ga­tion au sein des conte­nus tout comme dans les guides de pro­grammes. Pour­quoi pas un “reverse EPG” avec un guide de pro­gramme de la TNT qui intè­gre­rait en plus du pré­sent et du futur proche, le passé pour pro­fi­ter de ser­vices du type Salto tout comme de ceux, plus clas­siques, de la TV de rat­tra­page ? Et bien entendu, il fau­dra aussi ali­men­ter les “seconds écrans” en tout genre.

Du poten­tiel

On le voit au tra­vers de ses acti­vi­tés, TDF est très for­te­ment pré­sent dans la chaîne de dif­fu­sion des conte­nus audio et vidéo, quel que soit le moyen employé. Ils res­tent dans les couches basses de ser­vices : ges­tion, enco­dage et dif­fu­sion. Le pas­sage à la TV hert­zienne numé­rique a bien dyna­misé les dix der­nières années et il s’agit main­te­nant de faire pro­gres­si­ve­ment migrer une par­tie des acti­vi­tés dans le broad­band du fait de l’évolution des moyens de consom­ma­tion et notam­ment du fameux “over the top”. Leur infra­struc­ture de CDN leur per­met­tra de deve­nir un four­nis­seur de ser­vices d’infrastructure “TV cloud” clés en main à même de bien suivre les évolu­tions de ce marché.

Sur le papier, TDF pour­rait même deve­nir un four­nis­seur clé d’un acteur de solu­tions “over the top” comme Apple si celui-ci sou­hai­tait lan­cer sa TV en Europe en s’appuyant sur des chaînes TV locales. Comme quelques autres, TDF a sinon fait le pari natu­rel d’accompagner le déve­lop­pe­ment puis l’adoption de HbbTV. Natu­rel car ce choix allait dans le sens du vent de ses prin­ci­paux clients, les chaînes de TV broad­cast. Le vent conti­nuant à souf­fler dans cette direc­tion et à l’échelle euro­péenne, TDF pour­rait en reti­rer une bonne crois­sance d’activité dans les années qui viennent.

Publié le 19 juillet 2012 Post de | Startups, TV et vidéo | 8679 lectures

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