Les technologies de séquençage du génome humain - 7

Publié le 26 août 2012 et mis à jour le 3 septembre 2012 - 3 commentaires -
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Voici la der­nière par­tie de cette série sur le séquen­çage du génome humain qui est dédiée à son exploi­ta­tion dans la créa­tion de thé­ra­pies géniques.

Je vais me foca­li­ser ici sur ce que fait le Géné­thon et les mala­dies rares d’origine géné­tiques. La rai­son ? J’ai eu l’occasion de le visi­ter en août 2012 ! Mais pas seule­ment puisqu’on a vu dans la par­tie pré­cé­dente que le Géné­thon avait été cen­tral dans l’histoire du séquen­çage du génome humain en France.

Généthon Evry

Le Géné­thon est une sorte de labo­ra­toire de recherche privé créé en 1990 et dont l’essentiel du finan­ce­ment pro­vient de l’AFM-Téléthon qui orga­nise la cam­pagne annuelle de col­lecte qui a lieu pen­dant le Télé­thon début décembre chaque année depuis 1987. Une col­lecte qui récu­père près de 100m€ par an auprès d’environ 2 mil­lions de dona­teurs. Soit, l’une des plus grandes opé­ra­tions de crowd­fun­ding en France, devant les Res­tos du Cœur (75m€ de res­sources annuelles) et Emmaüs (103m€ de res­sources, d’origines mul­tiples). Le Géné­thon gère un bud­get d’environ 28m€ par an dont l’essentiel – 87% - pro­vient de l’AFM. C’est dans les faits la plus grosse “bio­tech” de France avec 220 per­sonnes. C’est même un lea­der mon­dial des thé­ra­pies géniques. Il gère entre autre la plus grande biblio­thèque d’ADN et de cel­lules d’Europe concer­nant les mala­dies géné­tiques humaines avec 236000 échan­tillons pro­ve­nant de 73000 indi­vi­dus et cou­vrant 413 mala­dies, des échan­tillons dont l’ADN est séquencé selon les besoins.

L’AFM-Téléthon a ceci de par­ti­cu­lier que c’est l’association de per­sonnes affec­tées de patho­lo­gies la mieux orga­ni­sée et la mieux finan­cée en France. Et sur­tout, elle a déve­loppé son propre agenda scien­ti­fique avec une obses­sion clé, au-delà d’un plan d’action pour amé­lio­rer les condi­tions de vie des malades : gué­rir les myo­pa­thies et par exten­sion, s’attaquer aux plus de 6000 mala­dies rares qui affectent, en France, 3 mil­lions de per­sonnes. Il se trouve que les mala­dies rares sont géné­ra­le­ment d’origine géné­tique et fai­ble­ment influen­cées par l’environnement ou le mode de vie, contrai­re­ment à un grand nombre de can­cers ou de patho­lo­gies car­diaques. L’action scien­ti­fique passe à la fois par le finan­ce­ment de pro­jets de recherche, le plus sou­vent de labo­ra­toires publics et en com­plé­ment des (maigres) finan­ce­ments publics et par son propre labo­ra­toire de recherche, le Généthon.

C’était au lan­ce­ment de l’AFM en 1987 une vision très long terme. Vingt-cinq ans plus tard, l’association n’a pas à rou­gir des pro­grès accom­plis. Ils ont démarré par une par­ti­ci­pa­tion active au séquen­çage du génome humain et sur­tout à la car­to­gra­phie des gènes vers 1992-1993. Ils se sont pour­sui­vis avec une recherche effré­née de thé­ra­pies géniques. Les pre­miers résul­tats sont arri­vés sur une tren­taine de mala­dies rares, avec autant d’essais cli­niques de lan­cés, le plus sou­vent avec suc­cès, dont un qui a concerné les bébé-bulles vic­times d’insuffisances en pro­tec­tions immu­ni­taires. En fait, les myo­pa­thies ne sont pas les seules patho­lo­gies cou­vertes par les recherches finan­cées par l’AFM.

La bien com­pli­quée dystrophine

Les myo­pa­thies se sont retrou­vées un peu plus loin dans la road­map des thé­ra­pies géniques finan­cées par l’AFM. Pour­quoi donc ?

Il faut reve­nir aux sources. Les myo­pa­thies sont géné­ra­le­ment liées à une insuf­fi­sance de pro­duc­tion d’une pro­téine par un grand nombre de types de cel­lules mus­cu­laires, et notam­ment celles du cœur, la dys­tro­phine. Elles affectent 1 per­sonne mâle sur 3500. Rappelez-vous l’épisode 1 de cette série : les pro­téines sont des molé­cules com­plexes qui sont des suites d’acides ami­nés pro­duites à par­tir de la par­tie codante des gènes. Il y a envi­ron 30000 gènes dans l’ADN humain, qui servent donc à coder au moins autant de pro­téines. La dys­tro­phine est une molé­cule qui en gros sert de liant entre l’intérieur de la cel­lule mus­cu­laire, juste en des­sous de la mem­brane cel­lu­laire, et la lami­nine, une molé­cule externe à la cel­lule qui assure la cohé­sion inter­cel­lu­laire du muscle.

Dystrophine in muscle

Manque de bol, la dys­tro­phine est la pro­téine la plus com­plexe des cel­lules humaines. Son gène, le DMD (pour Dys­tro­phie Mus­cu­laire de Duchenne), vient du chro­mo­some X, celui qui est com­mun aux deux sexes. Il com­porte 2,4 mil­lions de bases d’ADN, sur les 3 mil­liards du total d’un génome humain. Son adresse pré­cise : les paires de bases 31137344 à 33357725 dans ce gène X.

Sur ces 2,4 mil­lions de bases, il y en a seule­ment 14000 qui sont codantes, à savoir, qui, une fois mises bout à bout par trans­po­si­tion dans l’ARN mes­sa­ger et épis­sage (élimi­na­tion des bouts non codants), servent à “enco­der” la molé­cule de la dys­tro­phine. Re-manque de bol, ces 14000 bases sont répar­ties dans 79 exons (séquences codantes dans le gène) qui sont épar­pillés dans les 2,4 mil­lions de bases du gène. Qui plus est, la trans­po­si­tion de ce gène en ARMm est déclen­chée par sept pro­mo­teurs alter­na­tifs (les pro­mo­teurs étant de petites séquences d’ADN qui servent de point de départ à la trans­po­si­tion d’un gène en ARN mes­sa­ger). Ce qui conduit à la pro­duc­tion de sept formes dif­fé­rentes de dys­tro­phine selon les cel­lules. Tout ça, on le sait depuis 1987, l’année de créa­tion du Téléthon.

La molé­cule de la dys­tro­phine fait 427 Kd. Ces kilo-daltons mesurent la masse ato­mique, un dal­ton cor­res­pon­dant à un dou­zième de la masse d’un atome de car­bone nor­mal (car­bone 12). Vu dans le Genome Brow­ser de l’UCSC, le gène DMD cela donne ceci, ce qui nous avance bien. Chaque petit trait ver­ti­cal dans les variantes du DMD en haut cor­res­pond à un des exons (séquences codantes) du gène. Il faut zoo­mer des­sus pour voir les séquences d’ADN cor­res­pon­dantes et sur­tout, les poly­mor­phismes asso­ciés, les variantes d’un indi­vidu à l’autre qui sont iden­ti­fiées par séquençage.

ICGS Genome Base DMD gene

Les myo­pa­thies sont pro­vo­quées par un ou plu­sieurs défauts dans l’expression du gène de la dys­tro­phine avec des bouts d’ADN du gène man­quants ou répli­qués. Ces modi­fi­ca­tions d’ADN entrainent soit l’absence com­plète de pro­duc­tion de dys­tro­phine (myo­pa­thie de Duchenne) soit une alté­ra­tion de sa pro­duc­tion (myo­pa­thie de Decker, moins inva­li­dante). Plus de 5000 muta­tions du gène DMD ont pu être obser­vées grâce au séquen­çage du génome de per­sonnes atteintes de myo­pa­thies. L’essentiel des décou­vertes sur ces modi­fi­ca­tions sont inter­ve­nues pen­dant les années 2000 (source), ce qui a per­mis de mettre en place un diag­nos­tic pré­cis de ces maladies.

Le rôle du séquen­çage de l’ADN (et de l’ARN) ? C’est un ins­tru­ment qui fut utile dans toutes ces recherches mais pas le seul. En effet, le séquen­çage ne per­met que de déco­der l’ADN. Mais pas de com­prendre tout le fonc­tion­ne­ment qui en résulte avec l’expression des gènes, des pro­téines, l’épigénétique, etc. Le champ de la recherche géné­tique ne peut pas se conten­ter du séquen­çage. Ce n’est qu’un outil parmi d’autres.

Les thé­ra­pies géniques

Com­ment trai­ter ces patho­lo­gies ? Pour mémoire, la myo­pa­thie de Duchenne entraine une atro­phie des muscles qui inva­lide les gar­çons atteints dès leur plus jeune âge. La mala­die devient létale car elle atteint le muscle du cœur. L’espérance de vie est de 20 ans.

Des trai­te­ments divers inven­tés dans les années 90 et 2000 ont cepen­dant per­mis de la ral­lon­ger mais pas de manière satis­fai­sante. Ils ne s’attaquent pas au gène de la dys­tro­phine mais à sa péri­phé­rie. Des cor­ti­co­sté­roïdes (Pred­ni­sone ou Del­fa­za­cort) peuvent ainsi ralen­tir la fra­gi­li­sa­tion et la des­truc­tion des cel­lules mus­cu­laires pro­vo­quées par l’absence de dys­tro­phine ou sa pré­sence sous une forme altérée.

Des ami­no­gly­co­sides (sortes de sucre) ont été tes­tés pen­dant les années 2000 pour empê­cher l’action d’un codon STOP iden­ti­fié dans les gènes défi­cients de la dys­tro­phine, concer­nant 15% des per­sonnes atteintes de DMD. Ce codon est une séquence par­ti­cu­lière de trois bases dans l’ADN qui indique à l’ADN poly­mé­rase d’arrêter la trans­po­si­tion de l’ADN du gène en ARN mes­sa­ger. Ce codon empêche la pro­téine d’être construite entiè­re­ment après pas­sage via le ribo­some qui trans­code l’ARNm en pro­téine. Mais ça ne marche pas. Tout comme tout un tas d’autres trai­te­ments tes­tés pen­dant les années 2000.

Res­tent les thé­ra­pies géniques qui inter­viennent au niveau du gène lui-même.

Sont tes­tées des “anti­sense oli­go­mers” qui per­mettent de modi­fier le gène défec­tueux de la dys­tro­phine en sup­pri­mant un ou plu­sieurs exons (zone codante de pro­téine) qui empêche la pro­téine de se construire en entier. Cela per­met au gène modi­fié d’engendrer une forme légè­re­ment rétré­cie et fonc­tion­nelle de la dys­tro­phine. Des tests de ce genre sont en cours aux USA dont les résul­tats devraient arri­ver en 2014.

L’autre méthode consiste à prendre un gène de la dys­tro­phine sain et com­plet et à en injec­ter les séquences codantes d’une manière ou d’une autre dans les cel­lules qui ne l’ont pas et le rendre actif pour qu’il ini­tie la fabri­ca­tion de dys­tro­phine. C’est évidem­ment plus facile à énon­cer qu’à faire ! Aussi curieux que cela puisse paraitre, la dif­fi­culté ne se situe pas tant que cela au niveau des tech­niques de sélec­tion et décou­page du gène dans un ADN sain. Ca, on sait faire. La dif­fi­culté consiste plu­tôt à trou­ver un véhi­cule pour trans­por­ter le gène sain dans les cel­lules à trai­ter et à faire en sorte qu’il y soit accepté et qu’il n’y ait pas de rejet. C’est d’autant plus dif­fi­cile que ce gène est très long et que la quan­tité de muscles à trai­ter est impor­tante et qu’ils sont situés par­tout dans le corps. Dont un muscle bien par­ti­cu­lier qu’il faut trai­ter sans le bru­ta­li­ser : le cœur.

adenovirus2

On s’appuie pour ce faire sur des “vec­teurs”. Ils sont en géné­ral de deux sortes : des virus (ren­dus non patho­gènes, exemple ci-dessus) ou des lipo­somes (sphère en lipides qui entourent le gène et seront digé­rés par les cel­lules). Les virus ont soit un ARN (rétro­vi­rus) soit un ADN (adé­no­vi­rus) capable de gref­fer leur séquence codante dans les cel­lules “infec­tées”. Là encore, nous avons plus d’une dou­zaine d’années de recherche der­rière nous.

Ces méthodes ont été tes­tées pour dif­fé­rentes mala­dies rares. Ont été expé­ri­men­tées des thé­ra­pies géniques pour trai­ter l’immunodéficience de “bébés bulle” en 1999, avec 8 enfants gué­ris sur 10 à l’époque mais avec des effets secon­daires. Il y a aussi l’adrénoleukodystrophie, une mala­die qui s’apparente à celle de Creutzfeld-Jacobs et détruit la myé­line dans le cer­veau. Deux enfants ont été trai­tés en France avec suc­cès en 2009 par trans­plan­ta­tion du gène res­pon­sable, lui aussi pré­sent dans le chro­mo­some X. Idem avec la beta-thalassémie, une mala­die géné­tique qui affecte la pro­duc­tion de glo­bules rouges et impose une trans­fu­sion san­guine toutes les trois semaines, que l’on sait trai­ter par thé­ra­pie génique depuis 2010 (source 1 et source 2). Autre exemple, enfin, avec des mala­dies rares de l’œil ren­dant aveugles. Des chiens aveugles de nais­sance ont été trai­tés en 2001 et plus récem­ment en 2011 et 2012 par thé­ra­pie génique (achro­ma­top­sia, et reti­ni­tis Pig­men­tosa, cf cette vidéo sur You­Tube). Mais jusqu’à pré­sent, les thé­ra­pies géniques n’ont jamais fait des mer­veilles à grande échelle.

Sur la DMD (mala­die de Duchenne), la méthode sur laquelle planche le Géné­thon semble être basée sur l’usage d’un sys­tème com­pli­qué décrit dans “The Jour­nal of Viro­logy” : “Trans­fer of the Full-Length Dystrophin-Coding Sequence into Muscle Cells by a Dual High-Capacity Hybrid Viral Vec­tor with Site-Specific Inte­gra­tion Abi­lity“. Avec des vec­teurs adé­no­vi­rus (AAV) hybrides dits inté­gra­tifs, où est inté­gré un double gène DMD humain codant la dys­tro­phine (avec 14 Kbases et non pas les 2,4 mbases d’origine inté­grant les zones codantes et non codantes) qui va s’insérer non pas dans le chro­mo­some X mais dans le chro­mo­some 19 dans un endroit pré­cis qui s’appelle le locus AAVS1. Le tout pas­sant par tout un tas d’étapes com­pli­quées que je vous épargne. Sachant que l’administration de ce virus n’est pas orale. Il s’agit d’injections réa­li­sées direc­te­ment dans les muscles concer­nés et en milieu hos­pi­ta­lier. C’est plus com­pli­qué qu’un simple com­primé d’aspirine !

Indus­tria­li­ser la production

Une fois une thé­ra­pie génique iden­ti­fiée, il faut pou­voir la tes­ter et indus­tria­li­ser sa mise en œuvre. C’est là qu’intervient le troi­sième étage de la fusée du Géné­thon, après les recherches sur le génome et sur les thé­ra­pies : la pro­duc­tion ! Le pro­blème à résoudre est que les thé­ra­pies géniques reposent sur de la pro­duc­tion ex-vivo de virus que l’on mul­ti­plie dans des étuves. Cela dure des heures et n’en pro­duit qu’une très faible quan­tité au regard du besoin pour trai­ter les malades. Même à l’étape des tests cliniques.

C’est pour­quoi le Géné­thon s’est lancé dans un pro­jet très ambi­tieux avec la créa­tion du labo­ra­toire Géné­thon Bio­Prod, construit à Evry, à proxi­mité de son labo­ra­toire de recherche. Le labo­ra­toire a été construit en 2010-2011. Les infra­struc­tures sont actuel­le­ment en place et le labo­ra­toire est en cours d’équipement pour un lan­ce­ment opé­ra­tion­nel d’ici la fin 2012.

Ce labo repré­sen­tera la plus impor­tante capa­cité de pro­duc­tion au monde de médi­ca­ments de thé­ra­pie génique. L’imposant bâti­ment com­prend 5000 m2 dédiés à la bio­pro­duc­tion et au contrôle des pro­duits dont 2500 m2 de labo­ra­toires clas­sés L3 et confi­nés et quatre suites de pro­duc­tion. La capa­cité de pro­duc­tion sera de 20 lots cli­niques par an pro­duits avec 800 litres de culture en bio­réac­teurs pour les vec­teurs de type AAV et 100 litres de culture pour les vec­teurs de type len­ti­vi­rus. Ces bio­réac­teurs, d’origine alle­mande, sont les plus puis­sants et rapides qui soient. Les bio­réac­teurs sont capables de trai­ter des cel­lules en sus­pen­sion et non en dépôt, ce qui per­met d’aller vite.

Voici le labo­ra­toire en question :

Généthon BioProd (8)

Au der­nier étage, le niveau tech­nique com­prend une quin­zaine de cen­trales de trai­te­ment de l’air qui renou­vèlent  tout l’air des salles de pro­duc­tion des dizaines de fois par heure et de manière sépa­rée. C’est une sacrée infrastructure.

Généthon BioProd (4)

Et de longs cou­loirs le long des salles de pro­duc­tion où l’on ne peut entrer qu’au tra­vers de sas et pro­pre­ment équipé. C’est encore un peu vide car toutes les machines ne sont pas encore ins­tal­lées. La pro­duc­tion néces­site la mise en place de pro­ces­sus qua­lité très rigou­reux avec sépa­ra­tion des flux en entrée et en sor­tie dans le labo­ra­toire, confi­ne­ment des dif­fé­rentes étapes de pro­duc­tion, salles blanches, etc. C’est une his­toire de qua­lité et de processus.

Généthon BioProd (3)

Ce labo­ra­toire a repré­senté 28m€ d’investissements finan­cés à hau­teur de 5m€ par l’AFM, 8 m€ par le Conseil Régio­nal de l’Ile de France, 7 m€ par le Conseil Géné­ral de l’Essonne et par le parc de recherche Géno­pole pour 8 m€, qui est lui-même financé par les col­lec­ti­vi­tés locales, l’état et l’AFM.

Au bout du bout : la pro­duc­tion des pre­miers tests cli­niques de thé­ra­pies géniques pour trai­ter la myo­pa­thie de Duchenne. Les résul­tats sont atten­dus pour 2013, 26 ans après la créa­tion du Télé­thon. Quelle patience, quelle téna­cité ! Mais qui auront été payantes au bout du compte !

Mais ce n’est pas tout. Une fois que les tests cli­niques auront eu lieu et on l’espère avec suc­cès, il fau­dra pas­ser aux étapes sui­vantes. Les équipes du Géné­thon et de l’AFM sou­haitent accé­lé­rer le pro­ces­sus d’enregistrement des thé­ra­pies dans les grandes agences de santé : l’ANSM en France, l’EMA à l’échelon euro­péen et la FDA aux USA. L’objectif est de rac­cour­cir les délais à deux ans avec l’introduction d’au moins une thé­ra­pie nou­velle par an. L’AFM et le Géné­thon ambi­tionnent aussi de faire en sorte que les trai­te­ments soient com­mer­cia­li­sés à un coût rai­son­nable, d’où un tra­vail sur la pro­priété intel­lec­tuelle et sur la rela­tion avec les labo­ra­toires phar­ma­ceu­tiques qui indus­tria­li­se­ront la fabri­ca­tion et la dis­tri­bu­tion des thé­ra­pies géniques. Une tâche ardue car il s’agira sou­vent de pro­duits d’administration unique, comme une greffe, avec des modèles de reve­nus non récur­rents. Ensuite, il fau­dra aussi trans­po­ser les méthodes et le savoir dans d’autres mala­dies rares comme la mala­die de Hun­ting­ton qui affecte le sys­tème ner­veux et puis à terme celle de Par­kin­son. Et pour­quoi pas, ulti­me­ment sur de nom­breux can­cers dont il sem­ble­rait qu’à terme ils puissent être trai­tés plus effi­ca­ce­ment par thé­ra­pies géniques.

Dans ma petite inves­ti­ga­tion sur cette série d’articles, j’ai été mar­qué par le côté très col­la­bo­ra­tif et inter­na­tio­nal de la recherche. Cela touche aussi bien au séquen­çage du génome humain (Human Genome Pro­ject) que le par­tage des don­nées liées aux efforts qui ont suivi (1000genome, bases diverses mutua­li­sées) que sur la recherche fon­da­men­tale sur le fonc­tion­ne­ment des cel­lules ou sur diverses thé­ra­pies. Les efforts du Géné­thon s’inscrivent dans ce cadre et ont eu et auront un impact majeur sur les pro­grès en matière de santé, très cer­tai­ne­ment lar­ge­ment au-delà des mala­dies rares. Les thé­ra­pies géniques sur les can­cers pour­raient en être un abou­tis­se­ment mais il fau­dra encore de longues années avant d’y arriver.

Et le séquen­çage du génome dans tout ça ? C’était une étape lourde et utile qui a occupé le Géné­thon pen­dant les années 80 et 90. Mais une étape inter­mé­diaire seule­ment. Ce qui a suivi s’est s’appuyé sur d’autres méthodes de recherche qui concernent le fonc­tion­ne­ment des cel­lules et la méca­nique com­plexe des thé­ra­pies géniques. Le savoir faire cumulé dans le séquen­çage a cepen­dant bien servi dans la créa­tion de thé­ra­pies géniques car les bases sont voi­sines : com­ment fonc­tionne la répli­ca­tion de l’ADN, sa trans­po­si­tion en ARNm puis en pro­téines, com­ment l’ADN se recom­bine, se modi­fie, quels sont les éléments exté­rieurs (pro­téines, etc) qui condi­tionnent l’expression des gènes, etc. Dans le même temps, les avan­cées dans le savoir faire sur le séquen­çage a fait avan­cer l’outillage de labo­ra­toire. Il y en a eu en paral­lèle sur les outils dits “bio­puces” (DNA Arrays) qui ne font pas du séquen­çage mais de l’identification en masse de gènes ou poly­mor­phismes dans l’ADN. Dans les deux cas, cet outillage est très utile pour accé­lé­rer la créa­tion de thé­ra­phies géniques, un long pro­ces­sus comme nous l’avons vu.

Pour nous répa­rer, nous qui ne sommes que pous­sière d’étoiles recy­clée et assem­blage biochimique… !

Making of

Ouf, fin des devoirs de vacances… ! Mais quel par­cours passionnant.

Vous vous deman­dez peut-être com­ment j’ai pu m’y prendre pour rédi­ger tout ça sachant que je n’avais aucune connais­sance préa­lable du sujet. Un petit “making of” s’impose en guise de chute.

Ici, pas de salon de visité ni de confé­rence. Le salon, c’est Inter­net ! Celui qui per­met d’apprendre. Le point de départ de cette quête sont les articles de Wiki­pe­dia, de pré­fé­rence en anglais, qui sont assez bien docu­men­tés et consti­tuent une véri­table frac­tale infor­ma­tion­nelle. Puis Google Search pour affi­ner les recherches une fois iden­ti­fiés les termes tech­niques clés du domaine.

La consul­ta­tion des sites des fabri­cants était évidem­ment indis­pen­sable. Leur ten­dance à sim­pli­fier les choses pour des rai­sons mar­ke­ting est com­pen­sée par les publi­ca­tions scien­ti­fiques qui accom­pagnent géné­ra­le­ment toute intro­duc­tion de nou­veau pro­cédé tech­nique. Il existe de nom­breux sites de publi­ca­tions scien­ti­fiques et heu­reu­se­ment, une part signi­fi­ca­tive des articles y sont dif­fu­sés gra­tui­te­ment. Il faut géné­ra­le­ment s’accrocher pour les piger, d’où l’ingurgitation préa­lable d’un voca­bu­laire assez dense de bio­lo­gie molé­cu­laire. On trouve aussi par­fois des thèses de doc­to­rat très inté­res­santes qui brossent un tableau com­plet du sujet, le plus sou­vent en anglais.

Il existe aussi quelques sup­ports de cours d’universités de méde­cine qui m’on servi de guides. A ceci près qu’ils ne sont pas tou­jours bien à la page. Ils traitent des prin­ci­pales méthodes de séquen­çage mais très peu des méthodes les plus récentes dites de troi­sième géné­ra­tion. C’est un peu le lot com­mun de l’enseignement supé­rieur lorsque la tech­no­lo­gie évolue très vite. Côté illus­tra­tions, j’ai puisé égale­ment dans ces dif­fé­rentes sources mais je n’ai pas hésité à créer les miennes lorsque cela me sem­blait utile pour mieux vul­ga­ri­ser cer­tains principes.

Mes articles sont aussi des frac­tales. Au départ, je me dis que je vais écrire “un article”. Et je me rend compte qu’il est trop grand. Je le coupe en deux. Quand j’avance dans la seconde par­tie, même constat et redé­cou­page en deux. Ainsi de suite jusqu’à épui­ser le sujet, et ici, en sept par­ties. Pour cette der­nière par­tie, mais en fait au début de ma série, j’ai fait une petite visite au Géné­thon et ren­con­tré son Direc­teur Géné­ral, Fré­dé­ric Revah, qui m’a mis sur plu­sieurs pistes d’investigation et fourni les éléments d’informations rela­tif à cet épisode de la série. Puis quelques sug­ges­tions de lec­teurs, eux-mêmes par­fois entre­pre­neurs dans le domaine comme Patrick Merel de Por­table Genomics.

Je vou­lais lever le voile sur ce qui était pour moi un véri­table mys­tère tech­no­lo­gique. Le voile est levé en grande par­tie. Mais ce n’est pas comme lorsque l’on découvre com­ment un tour de magie est réa­lisé, où l’on se dit “ah, c’était juste ça…” et que l’on res­sort un peu déçu. Non. Ici, c’est dif­fé­rent. L’exploration de l’infiniment petit dans le vivant est un puits sans fonds. Le sujet est très com­plexe. J’ai été fas­ciné de décou­vrir tout ce que l’on savait mais aussi tout ce que l’on ne savait pas. La bio­gé­né­tique est por­teuse de nom­breuses pro­messes qui vont sans conteste faire pro­gres­ser notre santé, notre qua­lité de vie voire notre lon­gé­vité dans de bonne condi­tions. Cela vaut le coup de se pen­cher des­sus et ça vous change de la TV numé­rique que j’aborde abon­dam­ment dans ce blog !

Il est temps main­te­nant de reve­nir à une acti­vité nor­male. La ren­trée va me voir faire un tour habi­tuel aux Uni­ver­si­tés d’Eté du MEDEF et je vais sur­tout ensuite visi­ter l’IBC à Amster­dam, ce salon étant la Mecque de la télé­vi­sion numé­rique. Puis en octobre, seconde visite au CEATEC à Tokyo. Entre temps, je vais pour­suivre ma série d’articles sur les fran­çais de la télé­vi­sion connec­tée com­men­cée en avril 2012. En plus de mon acti­vité de conseil dans la TV numé­rique qui est la par­tie immer­gée de l’iceberg.

Publié le 26 août 2012 et mis à jour le 3 septembre 2012 Post de | Santé | 4870 lectures

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Avec Marie-Anne Magnac, j'ai lancé #QFDN, l'exposition photo des femmes du numérique. Installée depuis le 16 octobre 2012 à l'espace Soleilles Cowork de Paris, elle a aussi été présentée et sera présentée dans différentes manifestations. Et je continue régulièrement à enrichir les 200 portraits initiaux de l'opération !
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Cocktail Orange France lors de la Conférence LeWeb 2012 le 8 décembre 2012. Conférence annuelle des anciennes de l'ESCP organisée au siège du MEDEF le 17 janvier 2013. Conférence La journée de la femme Digitale organisée par Catherine Barba et Delphine Rémy-Boutang le 8 mars 2013. Conférence Osons la France le 5 avril 2013, à l’Espace Cardin. MipTV au Palais des Festivals de Cannes des 8 au 11 avril 2013. Au Web2Day, organisé à Nantes les 16 et 17 mai 2013. A Futur en Seine, organisé en Ile de France par le pôle de compétitivité Cap Digital, dans le cadre du Village des Innovations au 104 à Paris, du 13 au 16 juin 2013. Dans la conférence USIevents, organisée par la SSII Octo et destinée aux DSI, les 24 et 25 juin 2013 au Palais Brongniard.

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“Il parait que les bonnes entreprises innovantes sont toujours sur le fil rouge....”
“Je lis ce guide depuis 2011, c'est LA mine d'or des startuper en herbe, et des plus aguerris ! Un grand merci à Olivier Ezratty et tous les experts qui ont contribué à cette 17 ème édition ! A bientôt, Yanis K....”
“Non, position différente des acteurs. Apple est un "problème" dans le rapport. Un grand américain qu'il faut juguler/réguler et qui pourrait/devrait contribuer au financement de la culture, même si les yeux sont plu...”
“Merci de ces éclarcissements à travers cet article très bien rédigé et qui résume les grandes lignes du rapport Lescure notamment. Oui Michel Nizon, votre constat met en lumière la french -don't- touch !...”
“Blog très didactique de @olivez sur les composants optoélectroniques @BellLabs @Alcatel_Lucent...”


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Les clivages de la présidentielle 2012 sur le numérique :
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Voici les compte-rendu de divers voyages d'études où j'ai notamment pu découvrir les écosystèmes d'innovation dans le numérique de ces différents pays : Chine (2010) à Shanghai et Beijing Corée du Sud (2009) à Séoul Israël (2010) à Tel Aviv Japon (2009) à Tokyo Japon (2011) au CEATEC de Tokyo Japon (2012) au CEATEC de Tokyo Silicon Valley (2007) Silicon Valley (2011)