Les infrastructures de France Télévisions - Workflow numérique

Publié le 12 février 2012 et mis à jour le 14 février 2012 - 5 commentaires -
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Après avoir décou­vert la par­tie pro­duc­tion (stu­dios, post-production, régies), nous allons abor­der les outils numé­riques du groupe France Télé­vi­sions avec la dif­fu­sion des conte­nus sur tous les écrans connec­tés ainsi que leur Centre de Dif­fu­sion et d’Echange qui va être déployé dans les deux ans qui viennent.

Les déve­lop­pe­ments pour le web, les mobiles et tablettes

La dif­fu­sion des pro­grammes de France Télé­vi­sions sur les écrans hors TV est conso­li­dée depuis l’été 2010 sous l’offre Pluzz.

Il s’agit d’un por­tail d’accès aux conte­nus de rat­tra­page des chaines TV du groupe public. Cette acti­vité est sous la res­pon­sa­bi­lité de Vincent Nal­pas. Les cinq chaines natio­nales sont dif­fu­sées en direct dans Pluzz via l’application iOS “fran­cetv” et bien­tôt sur le web. Les neuf chaines “Pre­mières” de l’outre-mer sont dif­fu­sées avec contraintes de droits sur les conte­nus tiers (séries, films). On ne peut donc les rece­voir que dans ces zones-là. Le por­tail est un suc­cès d’audience avec 27 mil­lions de vidéos vues en novembre 2011 (sur le site Pluzz.fr + la ver­sion mobile + l’accès via les boxes FAI). La volu­mé­trie d’ensemble est impres­sion­nante avec 1200 pro­grammes en stock cor­res­pon­dant à un buf­fer d’antenne de 7 jours.

Pluzz France 2

Le por­tail est décliné sous une ver­sion web, une ver­sion pour les boxes des FAI, une ver­sion pour les smart­phones et tablettes.

Comme pour de nom­breux acteurs de la TV numé­rique, l’iPad est une pla­te­forme prio­ri­taire car ce second écran devient faci­le­ment le pre­mier pour un tas d’utilisateurs et d’usages (cf cet article d‘Eric Sche­rer “Ce soir, je regar­de­rais bien la tablette”). iOS a donc été sup­porté en pre­mier. La ver­sion Android qui est en cours de déve­lop­pe­ment a néces­sité de faire des choix tech­niques déli­cats sur le strea­ming vidéo, fina­le­ment réa­lisé en HTTP Live Streaming.

Der­rière tout cela se trouve une pla­te­forme de ges­tion et de dif­fu­sion via plu­sieurs CDN (Aka­mai, Level3, Cotendo). La répar­ti­tion de charge en fonc­tion de la per­for­mance et des coûts des pres­ta­taires est réa­li­sée avec la solu­tion de l’éditeur franco-américain Cedexis. A l’entrée, il faut récu­pé­rer les émis­sions. Une cel­lule vidéo est en charge de leur enre­gis­tre­ment (pour le live), de leur récu­pé­ra­tion sur les ser­veurs (par­fois sous-traitée), ou de leur numé­ri­sa­tion (pour les conte­nus four­nis en Betacam).

On y trouve aussi un sys­tème de ges­tion des droits de dif­fu­sion. Chaque pro­gramme est asso­cié à des droits de dif­fu­sion accor­dés par les éditeurs : par sup­port (TV, mobile, web), par tuyau (TNT, FAI, satel­lite), par géo­gra­phie (France, Outre-Mer, autres régions) et par mode de dif­fu­sion (direct, rat­tra­page, VOD). Le cas de France 3 est par­ti­cu­lier avec la chaine natio­nale et les 24 antennes régio­nales. Ces der­nières sont dis­po­nibles en rat­tra­page sur Pluzz et aussi en direct et de manière géo­lo­ca­li­sée pour les mobiles. La géo­lo­ca­li­sa­tion est plus facile à faire pour ces der­niers que pour les TV connec­tées. Pluzz com­prend égale­ment les neuf chaines “Pre­mières” de l’outre-mer et les cinq chaines natio­nales. Les chaines de l’Outre-Mer sont dis­po­nibles en mode géo­lo­ca­lisé uni­que­ment depuis leur région de dif­fu­sion hert­zienne du fait de droits de dif­fu­sion limi­tés à ces zones. A noter que le contenu du guide de pro­grammes dans Pluzz est adapté selon le lieu.

Pluzz doit aussi gérer les “incrus­ta­tions CSA” qui indiquent les pro­grammes qui ne sont pas recom­man­dés aux moins de 10, 12 et 16 ans. D’où un “espace de confiance” en cours de créa­tion sur tous les sup­ports avec les pro­grammes des­ti­nés à tous les publics et une par­tie pro­té­gée et qui est en clair seule­ment dans le cré­neau de 22h30 à 5h du matin, lorsque les enfants sont cen­sés dor­mir. Quels pro­grammes sont concer­nés par ces inter­dits ? Quelques rares films ou séries ou documentaires.

Les conte­nus sont tag­gés sachant que le groupe FTV tra­vaille sur un plan d’ID unique pour les pro­grammes. La société Plu­ri­me­dia gère pour eux les méta­don­nées des pro­grammes. Côté “ana­ly­tics”, l’outil Xiti est exploité pour les sta­tis­tiques d’accès web clas­siques, y com­pris pour les pla­te­formes mobiles. Ceci créé de nou­velles sources de don­nées qui peuvent être exploi­tées par les équipes marketing.

Notons une par­ti­cu­la­rité de ces ser­vices : ils per­mettent d’engranger des reve­nus publi­ci­taires et ceux-ci ne sont pas contraints par la loi de l’audiovisuel de 2009 qui a réduit les res­sources publi­ci­taires du groupe FTV. L’apport reste cepen­dant encore mar­gi­nal : il devrait pas­ser de 7m€ en 2010 à 25m€ en 2015, à com­pa­rer aux res­sources publi­ci­taires glo­bales de FTV de 485m€ en 2010.

Il serait inté­res­sant de com­pa­rer la per­for­mance “hors TV” des grands groupes de TV fran­çais (TF1, FTV, M6, Canal+) en termes d’audience par écran et de revenu publi­ci­taire ou autre mais je n’ai pas trouvé d’étude sur le sujet. Si vous en connais­sez l’existence, n’hésitez pas à la partager !

Les déve­lop­pe­ments de France Télé­vi­sions pour les TV connectées

Au delà des mobiles que nous venons de cou­vrir, France Télé­vi­sions sup­porte tous les écrans de TV connec­tés. Cela com­mence avec les pla­te­formes pro­prié­taires des construc­teurs (Sam­sung, LG, Sony, Toshiba, Pana­so­nic, Phi­lips) et cela conti­nue avec les set-top-boxes des FAI. La frag­men­ta­tion du mar­ché fixe et mobile conduit ainsi France Télé­vi­sions à mener en per­ma­nence une dou­zaine de pro­jets de déve­lop­pe­ments logi­ciels en parallèle.

Exemple : le déve­lop­pe­ment d’une appli­ca­tion pour le por­tail des TV connec­tées de Phi­lips. Il est natif et a été réa­lisé par la star­tup Josh­fire. Il com­prend tous les prin­ci­paux jour­naux télé­vi­sés à la demande du groupe ceux de France 2, de France 3 et même ceux des régions de France 3 et ceux de France O. Une évolu­tion du ser­vice com­pren­dra le cha­pi­trage de chaque sujet des jour­naux télé­vi­sés. Pour­tant, Phi­lips est loin d’être un lea­der en France ou dans le monde dans les ventes de TV, à for­tiori connec­tées ! Et bien­tôt, il leur fau­dra peut-être aussi sup­por­ter les pla­te­formes spé­ci­fiques de nou­veaux entrants comme le chi­nois Haier.

France Télé­vi­sions est aussi un pré­cur­seur de l’adoption de HbbTV en France. D’abord comme un des ini­tia­teurs de ce stan­dard euro­péen et à l’occasion de Roland Gar­ros en mai 2011 avec la pre­mière dif­fu­sion de ser­vices contex­tuels sur un pro­gramme télé­visé en direct durant cette quin­zaine spor­tive. Le groupe a été récom­pensé à l’IBC d’Amsterdam en sep­tembre 2011 par un Award, aux côtés de ses deux par­te­naires tech­no­lo­giques IBM et Wiztivi.

Le groupe a ensuite lancé son por­tail de ser­vices sur HbbTV fin aout 2011 acces­sible depuis les chaines France 2 (HD) et France 4, puis en novembre pour France 2 (SD), France 3, France 5 et France O. Il est donc doré­na­vant natio­na­le­ment depuis ces chaines dif­fu­sées par la TNT sur tout le ter­ri­toire mais aussi par satel­lite depuis l’offre FRANSAT d’Eutelsat. Les canaux de dif­fu­sion sur IPTV ou ceux des câblo-opérateurs sup­por­te­ront peut-être à terme ces ser­vices. Les dis­tri­bu­teurs concer­nés doivent pour cela mettre à niveau leur tête de réseau et leur parc de set-top-box déployées. Le por­tail HbbTV de France Télé­vi­sions a été déve­loppé par WizTivi.

Pour mémoire, HbbTV est un récent stan­dard euro­péen de dif­fu­sion (2010) dédié à la TV connec­tée pour des ser­vices asso­ciés ou non aux pro­grammes de télé­vi­sion dif­fu­sés. Ce stan­dard ouvert uti­lise les grands stan­dards de l’internet comme HTML (pour l’instant 4), JavaS­cript, CSS et un codec vidéo H264. Il est aujourd’hui adopté par qua­si­ment tous les fabri­cants de télé­vi­seurs qui ont choisi de l’intégrer dans leur firm­ware à côté de leur midd­le­ware de Smart TV. Ils pro­posent ainsi dans un télé­vi­seur des offres propres aux chaines de télé­vi­sion et d’autres liées au non à ces chaines au sein de por­tails appli­ca­tifs propres à cha­cun des fabricants.

Ainsi sous HbbTV une par­tie de ces ser­vices peut-être dif­fu­sée direc­te­ment dans le canal broad­cast de la chaine sans néces­si­ter de rac­cor­de­ment du télé­vi­seur à inter­net et une autre via Inter­net, si le récep­teur est connecté. L’équilibre entre les deux est un choix de la chaine TV, on parle de ser­vices hybrides.

On va avoir trois types de cas de figure :

  • La dif­fu­sion est hybride avec une par­tie “de base” des conte­nus dif­fu­sés dans le canal broad­cast et le reste via Inter­net. C’est le choix qu’a fait France Télé­vi­sions pour qu’un mini­mum de ser­vices soient visibles y com­pris pour les pos­ses­seurs de TV connec­tées sup­por­tant HbbTV mais qui ne sont pas reliées à Inter­net. La par­tie “broad­cast” de l’HbbTV est ainsi un digne suc­ces­seur du Télé­text qui avait encore 10 mil­lions d’utilisateurs en 2003. Pour le reste des ser­vices, France Télé­vi­sions l’offre en mode connecté à Inter­net, par exemple l’accès à de la TV de rat­tra­page, des don­nées de tout ordre, des fils d’information ou de la météo. C’est à ce jour le seul éditeur à uti­li­ser plei­ne­ment en France le stan­dard hybride qu’est HbbTV.
  • La dif­fu­sion des conte­nus addi­tion­nels à la vidéo passe uni­que­ment par Inter­net. C’est le choix qui a été retenu par les autres chaines en France pour le moment. Le flux broad­cast com­prend juste les tags qui per­mettent d’afficher une popup, qui est tou­jours en haut et à droite de l’écran, per­met­tant avec une touche de la télé­com­mande d’accéder aux ser­vices inter­ac­tifs de la chaine. C’est aussi le moyen qui est uti­lisé pour accé­der au por­tail d’une émis­sion lorsque celle-ci n’est pas dif­fu­sée au moment où on la visualise.
  • La dif­fu­sion de conte­nus est issue d’éditeurs qui ne sont for­cé­ment liés aux chaines de TV, par exemple des pure-player du web comme dans le por­tail expé­ri­men­tal « messervices.tv » ini­tia­lisé par l’AFDESI et réa­lisé par Altran. Tout le contenu passe par Inter­net et là encore le signal broad­cast ne dif­fuse que les don­nées de ren­voi vers le mode connecté via un por­tail d’accueil. A terme, si ces ser­vices sont déployés, il appar­tien­dra au CSA d’en fixer les règles d’attribution et d’usage, puisqu’utilisant une res­source hert­zienne pour être pro­mus et utilisés.

Le por­tail HbbTV de France Télé­vi­sions se déclenche avec une touche de la télé­com­mande une fois qu’une popup arrive quand on change de chaine sur une chaine du groupe. L’emplacement de cette popup a été stan­dar­disé par les chaines de la TNT fran­çaise. Tout comme l’usage de la télé­com­mande : le bou­ton OK per­met d’accéder aux conte­nus contex­tuels du pro­gramme en cours et le bou­ton rouge au por­tail de la chaine en cours.

On a alors accès à un menu qui per­met d’accéder aux infor­ma­tions, à des infor­ma­tions spor­tives, à la météo, à un guide de pro­grammes. Le pro­gramme TV que l’on regarde reste affi­ché dans une zone redi­men­tion­née en bas à gauche de l’écran. Il y a deux ban­deaux d’autopromotion ou publi­ci­taires, l’un qui est hori­zon­tal en haut de l’écran et l’autre qui est ver­ti­cal à sa droite. Le por­tail HbbTV de France Télé­vi­sions est le seul qui soit multi-chaines dans le PAF fran­çais. C’est donc le plus sophis­ti­qué que l’on puisse se mettre sous le coude à ce jour.

L’interface uti­li­sa­teur semble rudi­men­taire par rap­port à l’état de l’art du gra­phisme sur PC ou tablettes, voire sur de set-top-boxes comme la Free­box Revo­lu­tion. C’est lié à deux fac­teurs : HbbTV s’appuie sur HTML et JavaS­cript, mais avec peu de fio­ri­tures. On n’y exé­cute pas d’applications Flash, à la fois une dépen­dance du pro­ces­seur CPU et du GPU qui sont inté­grés dans les TV connec­tés mais aussi pour diverses rai­sons busi­ness liées à des licences et bre­vets. Ces pro­ces­seurs pro­viennent notam­ment des taï­wa­nais M-Star et Media­tek, de Sam­sung et aussi de STMi­croe­lec­tro­nics. Comme ce stan­dard est déployé sur de gammes très larges de télé­vi­seurs, un com­pro­mis doit être fait entre inter­face et réac­ti­vité des équi­pe­ments. Il est à noter tou­te­fois que ces mêmes pro­ces­seurs sont uti­li­sés au sein du firm­ware des mêmes équi­pe­ments pour pilo­ter le fonc­tion­ne­ment des por­tails d’application pro­prié­taires de ceux-ci, de ce fait HbbTV béné­fi­cie lar­ge­ment des capa­ci­tés de ceux-ci, mémoire comme CPU. Cer­tains fabri­cant ont même décidé d’utiliser qua­si­ment la même tech­no­lo­gie (CE HTML) pour leur ser­vice appli­ca­tif de Smart TV et ceux sous HbbTV.

Portail HbbTV (2)

Pro­ve­nant des rédac­tions de France Télé­vi­sions, les infor­ma­tions sont pour l’instant tex­tuelles et illus­trées d’une image. A terme, on pourra accé­der à des extraits vidéos d’agence ou de jour­naux télévisés.

L’injection des infor­ma­tions du conduc­teur des jour­naux télé­vi­sés dans le sys­tème n’est pas évidente. Ces conduc­teurs ne sont pas exploi­tés pour un usage externe, conte­nant des codes divers pour chaque séquence. En consé­quence, un tra­vail d’éditorialisation manuel des conduc­teurs est néces­saire pour ali­men­ter tout cela !

Portail HbbTV (3)

Le guide de pro­gramme com­prend les conte­nus dif­fu­sés en cours avec un résumé, à l’instar de ce que l’on peut avoir sur n’importe quel télé­vi­seur TNT aujourd’hui. Il y a égale­ment les conte­nus sui­vants et ceux de la soi­rée. Ils sont tous illus­trés d’une image. Les émis­sions pour­ront sous peu être « Twit­tées » ou « Face­boo­kées » depuis un clic de télécommande.

Portail HbbTV (1)

La météo est pré­sen­tée gra­phi­que­ment et on peut sai­sir son code pos­tal pour avoir la météo de sa ville (si le TV est reliée à inter­net), ce code étant conservé ensuite dans un cookie pour ne pas avoir à le sai­sir plu­sieurs fois. On peut aussi accé­der au der­nier flash météo en vidéo à la demande.

Portail HbbTV (4)

France Télé­vi­sions était l’un des prin­ci­paux spon­sors de LeWeb 2011 et y dis­po­sait d’un grand stand avec un petit stu­dio. Ber­nard Fon­taine y démon­trait une nou­velle appli­ca­tion pro­to­type d’interaction entre pro­gramme TV en direct sur un télé­vi­seur com­pa­tible HbbTV et un smart­phone que France Télé­vi­sions a fait déve­lop­per par Altran. Un des objec­tifs état de pou­voir uti­li­ser n’importe quel marque de télé­vi­seur sous HbbTV avec n’importe quel smart­phone. Le scé­na­rio pré­senté était le sui­vant : une émis­sion par­ti­ci­pa­tive de France 3 (chat Info de F3 Bre­tagne) affiche en over­lay une petite noti­fi­ca­tion sur l’écran du télé­vi­seur dif­fu­sée via la TNT sous HbbTV. On clique des­sus avec la télé­com­mande et un QR Code appa­rait. On le sai­sit via son smart­phone et se lance sur celui-ci l’application cor­res­pon­dante au pro­gramme. Elle per­met d’envoyer très faci­le­ment un mes­sage, beau­coup plus faci­le­ment qu’avec la simple télé­com­mande du télé­vi­seur, mes­sage qui sera ensuite modéré par la chaine et affi­ché à l’écran du TV via le navi­ga­teur HbbTV. Dans ce pro­to­type il est impos­sible de dif­fé­ren­cier l’habillage gra­phique vidéo tra­di­tion­nel du contenu inter­ac­tif. France Télé­vi­sions a com­plè­te­ment inté­gré les deux, aug­men­tant agréa­ble­ment l’expérience poten­tielle de l’utilisateur.

De plus, sur le smart­phone sont visibles toutes les loca­li­sa­tions des villes d’où émanent les ques­tions des télé­spec­ta­teurs, pou­vant ainsi les mettre eux-même en rela­tion directe via un chat si la chaine le souhaite.

Un peu comme dans les émis­sions “C en l’air” d’Yves Calvi, qui uti­li­saient jusqu’à pré­sent les SMS pour ce faire. Ces SMS lui étaient d’ailleurs trans­mis dans l’oreillette pour orien­ter les débats et ques­tion­ner de manière avi­sée les inter­ve­nants du plateau.

Portail HbbTV à LeWeb (3)Portail HbbTV à LeWeb (1)

A noter que le strea­ming live n’est pas encore inté­gré dans le stan­dard d’HbbTV actuel. HTML 5 n’en fait égale­ment pas par­tie car sa stan­dar­di­sa­tion n’a elle-même pas encore abou­tie. La tech­nique uti­li­sée est celle du “pro­gres­sive down­load” comme pour You­Tube et sans adap­ta­tion auto­ma­tique à la bande pas­sante dis­po­nible. Ces évolu­tions sont annon­cées pour cette année 2012 avec le pas­sage de la ver­sion 1.1.1 de HbbTV à 1.5 signant l’arrivée de MPEG DASH, autre stan­dard euro­péen pour la vidéo lui, qui com­plè­tera uti­le­ment la ver­sion actuelle.

Alors, HbbTV va-t-il deve­nir la prio­rité de France Télé­vi­sions ? Le groupe s’en défend car il entend bien sup­por­ter toute la diver­sité tech­no­lo­gique du mar­ché. Il n’a pas décidé de pri­vi­lé­gier HbbTV au détri­ment des pla­te­formes pro­prié­taires du mar­ché. Pour­tant, le mar­ché euro­péen gagne­rait bien à se stan­dar­di­ser autour de HbbTV et de ses évolu­tions qui res­tent nom­breuses à conce­voir (cf mon opus : La stra­té­gie euro­péenne de la TV connec­tée). Il faut du lea­der­ship pour y arri­ver et les groupes de TV publique euro­péens semblent être les mieux à même d’entrainer le mouvement !

Centre de Dif­fu­sion et d’Echange (CDE)

Le CDE est un gros pro­jet de cen­tra­li­sa­tion des conte­nus des­ti­nés à l’antenne et aux dif­fé­rents écrans dans les nou­veaux modes de consom­ma­tion dits “non linéaires”. Il s’agit de sto­cker et gérer de manière cen­tra­li­sée tous les conte­nus dits “prêts à dif­fu­ser” (PAD) : films, docu­men­taires, émis­sions en dif­féré, publi­ci­tés, jingles et habillage. Ces bases seront ali­men­tés en amont par l’ingestion de conte­nus exté­rieurs et leur véri­fi­ca­tion préa­lable. En aval, elles ali­mentent à la fois les régies finales des chaînes du groupe et les moyens de dif­fu­sion “non linéaire” des conte­nus sur les autres écrans (web, tablettes, TV connec­tées) que nous avons cou­verts précédemment.

Le pro­jet du CDE a été lancé en 2009 et il va s’achever vers 2013/2014. Il est actuel­le­ment sous la res­pon­sa­bi­lité de Yves Le Bras, qui est Direc­teur de l’Innovation et du Déve­lop­pe­ment. Pour­quoi est-ce si long ? Parce que c’est un pro­jet très lourd. Il a com­mencé par la rédac­tion des spé­ci­fi­ca­tions fonc­tion­nelles. Il a donné lieu à un appel d’offre. Le gagnant a été Sony accom­pa­gné de la société J3TEL pour la par­tie réseau, sachant qu’un grand nombre de pro­duits tiers sont uti­li­sés, comme les logi­ciels du fran­çais MBT (Media & Broad­cast Tech­no­lo­gies) pour l’ingestion des conte­nus. Le pro­jet en est actuel­le­ment à la rédac­tion des spé­ci­fi­ca­tions détaillées par Sony.

Puis inter­vien­dra le déploie­ment qui va pas­ser par une refonte interne des bâti­ments avec un démé­na­ge­ment de la régie finale de France 2 d’un étage à l’autre au siège et la construc­tion d’un nou­veau stu­dio inté­gré dans cette régie finale, qui sera mis aux normes d’isolation pho­nique comme les stu­dios que nous avons vus dans le pre­mier article. Cette régie finale sera multi-chaines et cou­vrira égale­ment France 3 Natio­nal, France 4 et France 5 (si j’ai bien compris).

Sony MBC

Sony va déployer des ser­veurs stan­dards et son logi­ciel “Media Back­bone Conduc­tor” pour gérer le work­flow des conte­nus. basé sur une archi­tec­ture “SOA” (Ser­vice Orien­ted Archi­tec­ture) et un “Enter­prise Ser­vice Bus” (ESB). En lan­gage, clair, c’est un logi­ciel modu­laire qui per­met d’intégrer d’autres modules logi­ciels. Le sys­tème qui s’appuie sur Web­Me­thods, le midd­le­ware de Soft­ware AG. Il per­met d’orchestrer et auto­ma­ti­ser le work­flow des conte­nus archi­vés avec un sys­tème à base de règles. Tout le sys­tème de work­flow est indé­pen­dant des for­mats média uti­li­sés. Aujourd’hui c’est du 1080i, demain, cela pourra pas­ser au 4K (réso­lu­tion double du Full HD dans les deux sens, cf le Rap­port du CES 2012 sur le sujet).

France Télé­vi­sions a sou­haité éviter toute per­son­na­li­sa­tion du logi­ciel. A tout nou­veau besoin cor­res­pon­dra une évolu­tion du logi­ciel de Sony. C’est une bonne démarche. Elle per­met de s’assurer que la qua­lité du code “spé­ci­fique” béné­fi­cie de meilleurs contrôles qua­lité car il est dif­fusé à un grand nombre de clients tan­dis que du véri­table spé­ci­fique mono-client serait bien moins testé.

D’un point de vue pra­tique, ces logi­ciels seront uti­li­sés avec trois appli­ca­tions prin­ci­pales sur les postes de tra­vail des per­son­nels concer­nés qui sont au nombre de 140 : dans les régies finales des chaînes, dans l’ingestion et pour la véri­fi­ca­tion des contenus.

Les ser­veurs de ce CDE seront répar­tis sur deux sites, tolé­rance de panne oblige : l’un est le siège de France Télé­vi­sions, et l’autre est chez France 3, rue Varet à Paris, à quelques enca­blures. Les deux centres seront reliés par une fibre optique four­nie par l’opérateur COLT.

Conclu­sion

Voilà, cette petite visite en trois par­ties est ter­mi­née. Elle est cer­tai­ne­ment incom­plète tant les infra­struc­tures d’un tel groupe média sont complexes.

Le contraste avec le groupe M6 est sai­sis­sant : le groupe France Télé­vi­sions est bien plus grand. Le nombre de ses chaines natio­nales et régio­nales avec de nom­breux moyens de pro­duc­tion est impres­sion­nant. Il rend plus dif­fi­cile et lent les évolu­tions tech­no­lo­giques tant pour des rai­sons tech­no­lo­giques qu’humaines. La conver­gence des moyens tech­niques prend donc plus de temps que prévu. Dans son rap­port du 8 février 2012, la Cour des Comptes  fait le point sur l’évolution des finances de France Télé­vi­sions par rap­port à ses propres recom­man­da­tions datant de 2009. Elle recom­mande d’accélérer la conver­gence tech­no­lo­gique dans le groupe en fai­sant sur­tout état des accords avec le per­son­nels qui devraient être négo­ciés glo­ba­le­ment et pas par filière. Comme quoi la ges­tion du chan­ge­ment n’est évidem­ment jamais qu’affaire de technologie !

Le groupe est sous la pres­sion des pou­voirs publics et des élus pour réduire ses dépenses. La loi de l’audiovisuel de juillet 2009 a réduit ses dépenses publi­ci­taires. Mais celles-ci ont été com­pen­sées par une nou­velle taxe de 0,9% pesant sur le chiffre d’affaire grand public des opé­ra­teurs télé­coms, d’ailleurs remise en cause par Bruxelles. Le graphe ci-dessous montre que les res­sources du groupe France Télé­vi­sion ont en fait aug­menté entre 2008 et 2010 mais devaient bais­ser dans le bud­get 2011 (les comptes finaux 2011 n’étant pas encore publiés). Mais le péri­mètre du groupe est en chan­ge­ment constant avec des par­ti­ci­pa­tions dans des chaînes diverses (Arte, etc) qui entrent et sortent. Le tout dans un envi­ron­ne­ment sous pres­sion avec une baisse de l’audience qui affecte aussi bien TF1 que France Télé­vi­sions et un coût des pro­grammes qui croit, que ce soit pour ceux qui sont pro­duits en interne ou ceux qui sont acquis.

Ressources France Television 2005-2011

Encore une fois, mes remer­cie­ments vont à Eric Sche­rer, Ber­nard Fon­taine, Vincent Nal­pas, François-Xavier Geor­get et à Yves Le Bras qui m’ont per­mis de faire ce petit tour des infra­struc­tures de France Télévisions !

Je signale au pas­sage la décou­verte d’un blog inté­res­sant qui vous fait aussi visi­ter plein de stu­dios de TV : Média un autre regard.

Pro­chaines étapes : TF1 et Canal+ !

Publié le 12 février 2012 et mis à jour le 14 février 2012 Post de | Loisirs numériques, Mobilité, TV et vidéo | 5772 lectures

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Les 5 commentaires et tweets sur “Les infrastructures de France Télévisions - Workflow numérique” :

  • [1] - EasyDashBoard.net (@easydashboardfr) a écrit sur Twitter le 12 février 2012 :

    Les infra­struc­tures de France Télé­vi­sions – Work­flow numé­rique http://t.co/GvZk4heb #entrepreneurs

  • [2] - Square Partners S.A. (@squarepartners) a écrit sur Twitter le 13 février 2012 :

    [CONTENU] Les infra­struc­tures de France Télé­vi­sions Work­flow numé­rique - http://t.co/oVpcGGMe /via @distriforce

  • [3] - Sébastien Faure (@_adVid_) a écrit sur Twitter le 13 février 2012 :

    cc @JeromeColombain #Miss­Pluzz RT @verodesroques: Les infra­struc­tures de France Télé­vi­sions – Work­flow numé­rique http://t.co/WhZfYsuS

  • [4] - Sebastien a écrit le 19 février 2012 :

    A pro­pos de l’application sous Android, il ne fal­lait donc pas com­prendre ce tweet au pre­mier degré ;) http://twitter.com/#!/brunopatino/status/144856073541656577

    En uti­li­sant Pluzz, on se rend compte par­fois que les pro­grammes sont enre­gis­trés sur le flux dif­fusé de la chaîne. Pour les JT et le sport, cela est logique, pour les pro­grammes pré­en­re­gis­trés et donc déjà sur disque dur, un peu moins. Pour­quoi ne pas uti­li­ser direc­te­ment, ou dupli­quer, les fichiers uti­li­sés pour la dif­fu­sion du flux TV ? Pour éviter de devoir incrus­ter les logos, syn­thés et autres affi­chages du CSA ? L’ID unique pour les pro­grammes est semble-t-il source de pro­blèmes techniques.

    En ce qui concerne l’interaction, comme dans « C dans l’air », l’utilisation des SMS a aujourd’hui son modèle écono­mique. Le pas­sage à d’autres moyens, à priori gra­tuits, n’en est-il pas freiné ?

    Bonne démarche de ne pas per­son­na­li­ser les logi­ciels à une époque où l’obsolescence est grande.

    Ce serait aussi inté­res­sant de voir les infra­struc­tures des chaines de l’AEF.

    Merci encore pour cette série d’articles docu­men­tés et plus géné­ra­le­ment pour ce blog.

  • [5] - rédaction web a écrit le 20 février 2012 :

    De la docu­men­ta­tion en veux tu en voila.

    Comme dis pré­cé­dem­ment il y a clai­re­ment un modèle écono­mique pro­noncé pour l’essor impor­tant de ce type de ser­vice et de tech­no­lo­gie. Avec de nom­breux pro­duits appe­lés à être com­mer­cia­lisé sous peu comme la Google TV etc…, c’est clai­re­ment une bonne direc­tion à prendre pour l’avenir.

    L’actualité de France télé­vi­sion est d’ailleurs très inté­res­sante actuel­le­ment, avec le duel France Télé­vi­sion Canal + pour les pro­grammes et PDM de la TNT qui elle aussi à su se faire une belle part dans le sec­teur de la télévision.




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