Communication schizophrénique

Publié le 21 juillet 2006 - 5 commentaires -
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Micro­soft a lancé au prin­temps 2006 à l’échelle mon­diale une cam­pagne de com­mu­ni­ca­tion dite « People Ready ». Des­ti­née aux déci­deurs des entre­prises, elle vise à démon­trer que Micro­soft four­nit les logi­ciels qui aident ses col­la­bo­ra­teurs à être plus effi­caces tous les jours. Ce n’est pas la pre­mière fois que ce genre de cam­pagne est lan­cée. Il y a eu avant notam­ment « Les logi­ciels pour les entre­prises agiles » (Busi­ness Agility).

La cam­pagne a fait pas mal jaser à son lan­ce­ment. Cer­tains la jugent incom­pré­hen­sible ou à côté de la plaque. Pour ma part, je trouve dom­mage que la publi­cité, notam­ment à la télé­vi­sion, s’adresse ainsi aux déci­deurs et pas aux uti­li­sa­teurs. Pour­tant, plus de 95% de l’audience de ces publi­ci­tés, ce sont des uti­li­sa­teurs qui ne sont pas déci­deurs de l’achat des logi­ciels dans leur orga­ni­sa­tion. On est face à un effet induit clas­sique de la publi­cité et du ciblage : la cible visée est arro­sée lar­ge­ment par le plan média, et cela arrose bien plus qu’elle. En géné­ral, cet effet induit a peu d’impact car les consom­ma­teurs arro­sés par la com­mu­ni­ca­tion qui ne sont pas dans la cible ne sont pas des consom­ma­teurs ou pres­crip­teurs poten­tiels. En res­tant dans l’informatique, les cam­pagnes de Sun sur Java ou d’Oracle sur « Unbrea­kable » (fia­bi­lité des ser­veurs de bases de don­nées) n’ont pas d’effets induits sur les consom­ma­teurs lambda car ils n’utiliseront pas direc­te­ment Java ni Oracle et ne com­prennent même pas de quoi il s’agit. Idem pour les publi­ci­tés de SAP. Il en va tout autre­ment de Micro­soft, dont les logi­ciels sont uti­li­sés grosso modo par la moi­tié de la popu­la­tion de la France.

Cette cam­pagne « People Ready » me semble inap­pro­priée pour ces rai­sons là, et pour quelques autres encore: tout d’abord, elle n’est pas liée à une actua­lité pro­duit, donc son dis­cours n’est pas facile à démon­trer avec des preuves tan­gibles. La com­mu­ni­ca­tion de Micro­soft véhi­cule des témoi­gnages clients clas­siques, qui auraient pu être inté­grés dans n’importe quelle cam­pagne de com­mu­ni­ca­tion. La per­ti­nence de la preuve n’est donc pas là. Une grande par­tie du dis­cours est de plus un peu trop don­neuse de leçons pour les entre­prises. L’autre effet indi­rect est que la publi­cité à la télé­vi­sion donne l’impression désa­gréable que l’utilisateur de l’entreprise est un bien de pro­duc­tion comme un autre, une sorte de com­mo­dité. Ce n’est pas l’effet recher­ché, mais je le res­sens. Sur­tout dans la mesure où cette cam­pagne a démarré en pleine crise du CPE en France!

Com­ment donc une telle cam­pagne peut-elle voir le jour dans une entre­prise dotée d’un mar­ke­ting si puis­sant? Il a trois rai­sons à cela :

Tout d’abord, Micro­soft est contrai­re­ment à ce qui se dit loin d’être une entre­prise « mar­ke­ting » au sens large du terme, j’y revien­drais. C’est plus une entre­prise de tech­no­lo­gie qui se cherche encore au niveau du marketing.

Ensuite, Micro­soft vou­lait tou­cher les déci­deurs pour concur­ren­cer IBM qui aurait une meilleure image auprès d’eux. Steve Ball­mer, le CEO de Micro­soft Corp, l’a ainsi déclaré lors de nom­breuses inter­views au moment du lan­ce­ment de cette cam­pagne. Comme face à Google, Micro­soft passe trop de temps à cher­cher à dépas­ser les grands concur­rents au lieu d’être soi-même. C’est-à-dire un éditeur de logi­ciel qui fait des pro­duits pour « les vrais gens ». Cette approche concur­ren­tielle a sou­vent conduit Micro­soft à se trom­per de bataille. Ainsi, en 2000, Sun était déclaré ennemi numéro un alors que Linux était déjà bien plus dan­ge­reux pour eux mais n’a généré une véri­table mobi­li­sa­tion, visible de l’extérieur, que quelques années plus tard. En 1993, Micro­soft se lance dans la créa­tion de MSN, un por­tail à la tech­no­lo­gie pro­prié­taire, en réac­tion à AOL qui fai­sait de même. En 1995, la vague Inter­net a amené Micro­soft à com­plè­te­ment refondre MSN autour des tech­no­lo­gies stan­dards du Web, à com­men­cer par HTML. Mais MSN est lancé en août 1995 sur tech­no­lo­gie pro­prié­taire, “mort né” au moment même où Nets­cape est intro­duit en bourse.

Troi­sième rai­son qui relève de l’exécution : l’approche du com­pro­mis. Ces cam­pagnes sont créées par une agence de com­mu­ni­ca­tion mon­diale, pro­ba­ble­ment McCann Erick­son ou Wun­der­man. Pour un tas de pays. Donc, au sein de l’agence comme au sein de Micro­soft, ces cam­pagnes sont sou­mises au crible de la confor­mité à des cultures très dif­fé­rentes. Elles donnent donc lieu à une faible prise de risque. La liste des choses à ne pas faire, ne pas mon­trer et ne pas dire est incroyable, et s’ajoute à la com­plexité de la publi­cité sur un logi­ciel, pas facile à mon­trer visuel­le­ment (ce qui est d’ailleurs para­doxal vu qu’il s’agit de pro­duits à com­po­sante gra­phique)! Le mes­sage ne risque alors pas d’être très tran­chant. Le com­pro­mis pro­vient égale­ment du cahier des charges four­nit à l’agence. Il est en géné­ral très com­pli­qué. Cela vient du fait que les gens de Micro­soft sont com­pli­qués et nom­breux. Com­pli­qués car très « smart », sur­tout à la tête de l’entreprise. On dit sou­vent de Micro­soft que c’est une branche entière de l’association Mensa (de sur­doués). C’est un peu vrai, c’est un véri­table nid de sur­doués, sur­tout aux USA. Mais mal­heu­reu­se­ment, ils fonc­tionnent plus avec la rai­son qu’avec le coeur, avec le ration­nel plus qu’à l’intuition. Cer­veau gauche vs cer­veau droit. Le résul­tat est donc une cam­pagne qui est cor­recte du point de vue de la rai­son ration­nelle et du cahier des charges, mais qui est à côté de la plaque côté émotionnel.

Je disais il y a un ins­tant que Micro­soft n’était pas une boite mar­ke­ting. Curieux n’est-ce pas, sur­tout pour moi qui ait pra­ti­qué le mar­ke­ting plus de 10 ans chez eux en France ! Je pense sur­tout à mes ex-confrères aux US. Il ne faut en effet pas confondre les moyens mar­ke­ting que l’entreprise se donne (ils sont impor­tants, mais dis­per­sés), la noto­riété qu’elle a acquise ces vingt der­nières années et sa pro­pen­sion à faire un bon mar­ke­ting. Du côté de la Cor­po­ra­tion à Red­mond, Micro­soft est une entre­prise où les gens qui ont du pou­voir sont plu­tôt à la R&D. Le mar­ke­ting est un « after thought » de la R&D. A savoir qu’il inter­vient trop sou­vent en aval de la concep­tion des pro­duits. Ceci se cumule à un eth­no­cen­trisme de la R&D. Les ingé­nieurs là-bas, et sur­tout les mana­gers, vivent dans un cocon, croyant que le monde entier est aussi équipé qu’eux en gad­gets tech­no­lo­giques et sans limites de bud­get. Par­fois, ils pensent aussi qu’ils sont aussi tech­no­logues qu’eux. Je viens encore d’en faire l’expérience en confi­gu­rant mon nou­veau PDA/Smartphone Qtek 9100 sous Win­dows Mobile! Un enfer! Alors que dans les entre­prises dites « mar­ke­ting », comme Apple, les pro­duits sont conçus dès le départ avec la par­ti­ci­pa­tion active du mar­ke­ting en amont de la concep­tion et avec une véri­table empa­thie pour les clients visés.

Ces cir­cons­tances expliquent quelques échecs ou bourdes du mar­ke­ting de Microsoft :

  • Le lan­ce­ment de Win­dows NT en 1993. C’était une belle tech­no­lo­gie créée entre autre par Dave Cut­ler, le père de VMS chez Digi­tal. Mais il a fal­lut deux ans à Micro­soft pour trou­ver com­ment expli­quer à quoi cela ser­vait et à défi­nir un dis­cours intel­li­gible évitant de par­ler de mul­ti­threa­ding ou de 32 bits. Cela n’a pas été trop dom­ma­geable à Win­dows NT puisque côté ser­veur, cette tech­no­lo­gie a conquis plus de la moi­tié du mar­ché en cinq ans. Conquête ali­men­tée par les erreurs de Novell qui n’avait pas vu venir l’intérêt de pro­po­ser un ser­veur poly­va­lent pour l’infrastructure et les appli­ca­tions métiers, et pas une bonne exé­cu­tion sur le ter­rain avec géné­ra­tion de demande, for­ma­tion des par­te­naires, etc. Dans ce cas, le mar­ke­ting “amont” était très faible au départ, et s’est amé­lioré ensuite. Et le mar­ke­ting “aval” a été déroulé à la perfection.
  • Le lan­ce­ment de Hail­storm (.NET My Ser­vices) en 2001, alors que non seule­ment le monde n’était pas prêt à faire confiance à Micro­soft pour gérer des don­nées per­son­nelles, mais sur­tout, alors qu’aucun modèle écono­mique n’avait été conçu pour le ser­vice. Nor­mal, Hail­storm avait été conçu par une équipe de R&D, sans dia­logue avec le mar­ke­ting. Sans mar­ke­ting du tout d’ailleurs. Le nom de code de ce ser­vice Web était incroya­ble­ment mal choisi. C’était sim­ple­ment le nom du ser­veur où étaient sto­ckés les sources des logi­ciels. Et de nom­breux ser­veurs de ce genre ont des noms de phé­no­mènes météo­ro­lo­giques (à la Thun­der, Light­ning, …). En 2005, ces ser­vices ont été aban­don­nés en cati­mini pour néan­moins se retrou­ver intro­duits ailleurs, notam­ment dans MSN qui a lui, un modèle écono­mique viable, et dans Win­dows Live qui est en bêta.
  • Ori­gami, ou les Ultra Mobile PCs. Belle idée annon­cée à grand ren­forts de mar­ke­ting viral en mars 2006 et démon­trée pour la pre­mière fois au Cebit. Mais elle relève clai­re­ment de cet eth­no­cen­trisme déjà men­tionné. Qui va ache­ter pour $800 ce genre d’outil qui est redon­dant avec le ou les lap­tops du foyer et le reste de l’électronique de loi­sir, au moment où ceux-ci renou­vellent leurs postes de télé­vi­sion pour des écrans plats haute défi­ni­tion et tout ce qui va avec? Pas grand monde, tout du moins pen­dant quelques années encore.
  • Win­dows Live. Qui donne lieu à plein de déve­lop­pe­ments de la part de petites équipes pro­duits dis­po­sant d’une grande auto­no­mie et réac­ti­vité. Il semble qu’en quelques mois, ils aient réussi à créer de nom­breux ser­vices Web 2.0 et à mieux armer Micro­soft face à Google et autres grands de l’Internet et dans la vague du “soft­ware as a ser­vice”. En novembre 2005, Steve Ball­mer et Bill Gates annoncent que le revenu logi­ciel va de plus en plus pro­ve­nir de la publi­cité. Mais en pra­tique, com­ment faire ? Pas évident qu’ils aient encore trouvé la solu­tion. Ils y pensent encore. Et pas for­cé­ment en ayant bien syn­chro­nisé leurs efforts de R&D avec cet impé­ra­tif de moné­ti­sa­tion. Et puis, géné­rer du revenu publi­ci­taire au tra­vers de logi­ciels pour les entre­prises (plus de 80% du revenu de Micro­soft) n’est pas trivial.
  • La com­plexité du déve­lop­pe­ment de Vista qui a généré le retard que l’on connaît, en déca­lage com­plet avec les pro­grammes de licences logi­cielles pour entre­prises qui sont fon­dés sur une mise à jour majeure des pro­duits au moins tous les trois ans.

J’évoquais dans le titre d’une forme de schi­zo­phré­nie non avouée de Micro­soft. Elle pro­vient de ce que plus de 95% de ses uti­li­sa­teurs ne sont pas des déci­deurs ou des pro­fes­sion­nels de l’informatique, mais que plus de 80% du chiffre d’affaire pro­vient de déci­sions d’achat faites par une popu­la­tion res­treinte de déci­deurs (moins de 5% de la popu­la­tion). Avec une gamme pro­duit qui couvre le grand public et les entre­prises. Autant pour les uti­li­sa­teurs de part et d’autre, sou­vent les mêmes, que les pro­fes­sion­nels avec les outils de déve­lop­pe­ment et les logi­ciels ser­veurs (Win­dows Ser­ver, Exchange, SQL Ser­ver, etc). C’est une posi­tion inex­tri­cable d’un point de vue mar­ke­ting et rela­ti­ve­ment unique dans l’industrie high-tech.

La géné­ra­tion de demande a été his­to­ri­que­ment très orien­tée vers les uti­li­sa­teurs, lorsque l’entreprise ven­dait à l’unité des logi­ciels et des sou­ris pour la bureau­tique, au moment où les indi­vi­dus s’affranchissaient des Direc­tions Infor­ma­tiques dans leur équi­pe­ment. Depuis le début des années 1990, avec l’émergence de l’activité ser­veur qui repré­sente main­te­nant envi­ron un quart du chiffre d’affaire de Micro­soft et la reprise en main de la micro par les Direc­tions Infor­ma­tique, l’orientation de la com­mu­ni­ca­tion vers l’entreprise est mar­quée chez Micro­soft. Quand Micro­soft com­mu­nique direc­te­ment sur les uti­li­sa­teurs des entre­prises, les DSI ne sont en effet pas contents car cela leur force la main. Qu’ils ne veuillent ou non d’ailleurs, l’adoption des nou­velles tech­no­lo­gies passe main­te­nant par le grand public et ils doivent suivre tant que pos­sible. Micro­soft le fait tout de même, mais incons­ciem­ment, et équi­libre cela avec une com­mu­ni­ca­tion des­ti­née aux entre­prises. Mais l’entreprise est une notion abs­traite, et la com­mu­ni­ca­tion qui leur est des­ti­née est fran­che­ment ennuyeuse au regard de la com­mu­ni­ca­tion des­ti­née au grand public. Il n’est pas éton­nant donc que le mar­ke­ting d’Apple soit plus attrayant que celui de Micro­soft. Apple ne com­mu­nique qua­si­ment pas à des­ti­na­tion des entre­prise. Pas éton­nant égale­ment que les offres les plus grands publics de Micro­soft donnent lieu à une com­mu­ni­ca­tion de marque qui efface Micro­soft au pro­fit du pro­duit : c’est le cas de la XBOX et de MSN.

Fina­le­ment, Micro­soft n’est pas for­cé­ment la boite que l’on croit. Elle a des qua­li­tés insoup­çon­nées (la force de sa R&D sur laquelle j’aurais l’occasion de reve­nir) qui méritent d’être mieux mises en avant, et des forces sur­éva­luées (une par­tie de son mar­ke­ting et sa vision stra­té­gique) qu’il est bon de relativiser.

Pour ce qui est de la cam­pagne People Ready, on peut espé­rer qu’il s’agit d’une cam­pagne de tran­si­tion et que lorsque Win­dows Vista et Office 2007 arri­ve­ront, la com­mu­ni­ca­tion sera plus des­ti­née aux uti­li­sa­teurs. Car ces deux logi­ciels sont pleins de res­sources et de nou­veau­tés fort inté­res­santes pour toutes les audiences, infor­ma­ti­ciennes ou pas.


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Publié le 21 juillet 2006 Post de Olivier Ezratty | Microsoft | 5 commentaires

Les 5 commentaires sur “Communication schizophrénique” :

  • Cultu­rel­le­ment par­lant, les spots de pub TV de Micro­soft sont sou­vent un désastre. Du local, du local, il y aurait vrai­ment besoin de prendre en compte les codes cou­leurs et un peu de sémio­lo­gie locale… Certes, ce n’est pas le seul acteur mon­dial infor­ma­tique à être si “lisse”.

  • [2] - Olivier Ezratty a écrit le 23 juillet 2006 :

    Il y a eu des hauts et des bas effectivement.

    La cam­pagne “Rea­li­zing Poten­tial” avait béné­fi­cié d’un spot tourné à Paris avec une jeune femme rêvant à la créa­tion d’une entre­prise de cha­peaux. Tour­née “à la Amé­lie Pou­lain”. Le comble, c’est que le tour­nage de cette publi­cité avait été per­turbé par une grève d’intermitents du spectacle!

    L’actuelle cam­pagne “People Ready” est très stan­dard, donc avec les canons amé­ri­cains habituels.

    La chose la plus curieuse qui affecte presque toutes les publi­ci­tés TV Micro­soft côté “busi­ness to busi­ness”, c’est qu’il est dif­fi­cile de les recon­naitre, qu’elles sont trop élip­tiques et que la marque Micro­soft n’apparait que fuga­ce­ment à la fin. Il n’y a géné­ra­le­ment pas de trace d’humour non plus.

    Pour­tant, plu­sieurs agences de com­mu­ni­ca­tion dif­fé­rentes ont été impli­quées ces 10 der­nières années!

    Du côté XBOX ou MSN, la créa­ti­vité est meilleure. Pour la XBOX, une par­tie des publi­ci­tés euro­péennes ont été créées au Royaume Unis. Ceci explique peut-être cela.

  • La schi­zo­phré­nique de Micro­soft ?
    (j’aime bien le titre)

    Quand j’ai com­mencé l’informatique de manière pro­fes­sion­nelle (il y 20 ans), il y avait les sta­tion de tra­vail de type SUN et les PC de bureau­tique. Win­dows occupe aujourd’hui tout les seg­ments et équipe aujourd’hui aussi bien le PC d’un ana­lyste finan­cier ou un ingé­nieur que celui de mon oncle et de ma tante. C’est un choix logique en terme de ratio­na­li­sa­tion des efforts de déve­lop­pe­ment (un seul code source) ou de com­mu­ni­ca­tion (une seule marque) qui devient de plus en plus dif­fi­cile à tenir.

    Micro­soft doit faire avec Win­dows le grand écart : sim­pli­fier pour mon­sieur et madame tout le monde et com­plexi­fier pour la grande entreprise.

    L’avenir de win­dows ? c’est un for­mi­dable logi­ciel pour les entre­prises (comme l’était OS2) mais qui devrait perdre des part de mar­ché dans le seg­mennt grand publique. Une géné­ra­tion d’ordinateurs sim­pli­fiés accé­dant aux outils on-line de google va voir le jour.

    Le dan­ger vien­dra des FAI qui pour vendre leurs abon­ne­ment ADSL ont besoin de PC simple et pas cher. Les 1er FAI concerné seront ceux des pays émer­geants, les autres pour­raient suivre rapi­de­ment par ricochet.

  • [4] - Olivier Ezratty a écrit le 24 juillet 2006 :

    On enten­dait cela dès 1996, à l’époque de la pro­mo­tion des “Net­work Com­pu­ters”. Et plus récem­ment, avec le PC à mani­velle de Negro­ponte. Depuis, le PC (au sens large du terme qui englobe les Macin­tosh) a la vie dure.

    La rai­son me semble simple: c’est l’outil le plus poly­va­lent qui soit. Certes, on pour­rait se conten­ter d’un ter­mi­nal Inter­net “à la Mini­tel”. Mais on a encore besoin de puis­sance de cal­cul locale et d’une cer­taine auto­no­mie, ne serait-ce que pour sto­cker et mani­pu­ler musique, vidéo et photos.

    Autre loi qui me semble immuable: la bande pas­sante d’un PC et la vitesse de son bus seront pen­dant encore très long­temps tou­jours plus per­for­mantes de plu­sieurs ordres de gran­deur que celles des moyens de com­mu­ni­ca­tion. Cela jus­ti­fiera encore long­temps d’avoir des trai­te­ments, une intel­li­gence et des don­nées locales.

    Il n’en reste pas moins vrai que le grand écart de Micro­soft avec Win­dows reste un défi de taille en termes d’engineering. Win­dows ne s’en sort pas si mal aujourd’hui, en étant avec Linux, la seule plate-forme allant du mobile aux ser­veurs en pas­sant par les desk­tops, les por­tables et les Media Cen­ters. Mais les ver­sions extrèmes n’ont pas grand chose de com­mun à part le nom et quelques APIs (inter­faces de programmation).

    Autre domaine assez méconnu du grand public: la grande variété des sys­tèmes embar­qués qui intègrent Win­dows XP Embed­ded ou Win­dows CE (voir http://www.windowsembeddeddevices.com/). La poly­va­lence de Win­dows est démon­trée, et bien au delà de la logique clas­sique desktop/server.

  • [5] - Marie a écrit le 16 août 2006 :

    Excel­lente ton ana­lyse de l’implication du mar­ke­ting chez MS ! C’est une prise de conscience pour moi. Il y a une dizaine d’années j’ai fait un pas­sage pro­fes­sion­nel chez Reckitt & Col­man, une espèce de boîte à la Proc­ter, une vraie boîte mar­ke­ting du coup. On parle de crème à épiler ou de pro­duit pour WC, pas de logi­ciel… Mais l’équipe mar­ke­ting avait les idées, la R&D était là pour les rendre réelles. Une chose que je n’ai jamais retrouvé chez Microsoft…




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