Les photographes face à la révolution numérique 1/2

Publié le 27 août 2013 et mis à jour le 30 août 2013 - 13 commentaires -
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Après les banques et les chaines de télévision, passons à un tout autre secteur d’activité qui a eu fort à faire de la révolution numérique : celui des photographes professionnels.

Avec le secteur de la musique, c’est probablement l’un des secteurs d’activité qui a le plus souffert de l’avènement du numérique dans son domaine. Rapportées dans le Rapport Lescure du l’Acte 2 de l’Exception Culturelle (déjà couvert ici), les données quantitatives sont en effet catastrophiques : la moitié des entreprises françaises de photographie ont disparu entre 2000 et 2010. Selon l’association PAJ, les revenus des photographes auraient été divisés par 7 et selon une étude de France Image Pro (en Bretagne), les marges auraient baissé de 40%. C’est confirmé par les rencontres que je peux faire dans les grands événements auxquels je peux participer : les photographes professionnels que l’on y croise “crèvent la dalle”. Il y aurait environ 14000 photographes professionnels en France (source).

Alors, pourquoi en est-on là ? Est-ce que cela peut-être évité ? Que faire ? Innover, bien sûr, s’adapter, bien évidemment.

Le marché professionnel a été bien cartographié par deux universitaires, Nathalie Moureau et Dominique Sagot-Duvauroux, dans un article paru en 2007 dans la revue “Cultures Etudes” du Ministère de la Culture. Le Rapport Lescure le segmente en grandes parties : la presse, l’illustration (publicité, édition, entreprises, photo de mode, art) et les particuliers (événements familiaux). On parle ici de segmentation de clients car de nombreux photographes professionnels peuvent cibler plusieurs de ces marchés simultanément même si une grande partie d’entre eux sont plutôt spécialisés.

Marches de la photographie

Dans les deux premiers segments, les photographes professionnels font face à une concurrence type “longue traine” avec la profusion de sources et de banques d’images disponibles sur Internet. Dans le dernier, l’érosion du marché est liée au do-it-yourself et à la démocratisation de la photographie numérique, notamment avec des appareils milieu et haut de gamme réflex.

Dans ce qui suit, nous allons essayer d’identifier ce qui distingue cette industrie : la démocratisation des outils de création et de diffusion, la structure artisanale du métier de photographe, les nouvelles intermédiations de l’image, l’évolution du modèle économique des clients professionnels, et une régulation assez faible.

Des outils de création qui se démocratisent

Les transformations du secteur sont venues de la prolifération des sources de création de photos. Cette démocratisation est arrivée en plusieurs vagues avec au moins :

  • Les appareils compacts arrivée à la fin des années 1990 qui ont permis à tout un chacun de se passer de l’argentique et de profiter de la souplesse du numérique : plus de limites sur le nombre de prises de vue, facilité de tri des photos et ensuite, d’envoi sous forme dématérialisée au reste de la famille et des amis. Cependant, les photos réalisées avec des compacts étaient au départ encore loin de rivaliser avec les appareils argentiques. Mes premières photos numériques (avec des compact Olympus acquis en 1997 et 1998) faisaient respectivement 300K et 1,3 Mpixels. Leur colorimétrie était plus qu’approximative. Et ne parlons pas de sensibilité !
  • Les réflex numériques (DSRL) qui se sont démocratisés un peu plus tard, à partir du milieu des années 2000 après être apparus en 1999 (Nikon D1). L’amélioration de la résolution et des capteurs a petit permis aux réflex haut de gamme d’atteindre la qualité des appareils argentiques pour les usages courants. C’est particulièrement vrai avec les appareils à capteurs plein format (full frame) sans compter évidemment les grands formats dédiés à la prise de vue de studio que l’on trouve notamment chez l’allemand Hasselblad. L’usage des appareils réflex est associé à celui d’optiques interchangeables, dont des optiques à grande ouverture qui ouvre des capacités créatives qui rapprochent les amateurs des professionnels. Tandis que le marché des compacts s’est effondré ces dernières années, celui des réflex a continué de croitre puis s’est stabilisé (cf les données GFK ci-dessous pour 2012 en France). Ceux qui ont gouté à la photo numérique et en ont les moyens financiers cherchent toujours à améliorer le niveau de leur matériel. Notons au passage que pour créer une photo de qualité “print” couleur pour du A4 (en 300 DPI), il faut en théorie avoir un capteur d’environ 24 millions de pixels. Les professionnels se sont mis en masse au numérique plus tardivement que le grand public. Environ au milieu des années 2000 ce qui est sommes toutes assez récent.
  • Les smartphones, tous équipés de capteurs photographiques, qui ont ajouté une connectivité permanente à des outils, certes basiques, mais dont la qualité s’améliore sans cesse. Cela a généré une profusion de création d’images, publiées dans les réseaux sociaux tels que Facebook. C’est l’ère “Instagram”. Au passage, les ventes de compact ont chuté. Et pas seulement parce que le taux d’équipement des foyers est élevé (74% en 2013 en France selon GFK) mais aussi parce que les smartphones les ont remplacé dans la majorité des usages. Et l’amélioration de qualité entre un smartphone et un compact n’est pas si fantastique que cela. Il faut passer à l’hybride ou au réflex pour que cela se voie vraiment. C’est notamment lié aux effets de profondeur de champ que l’on ne peut obtenir qu’avec de grandes ouvertures ET de grands capteurs. Ce sont les lois de l’optique qui gouvernent cela, pas le marketing !

GFK Marche Photo

Depuis, le marché s’est encore re-segmenté, avec des hybrides (appareils à grands capteurs et optiques interchangeables mais sans miroirs) et divers appareils connectés (compacts, etc).

Cette démocratisation s’est accompagnée d’une inflation des coûts pour les photographes professionnels. Pour une part, parce qu’il leur faut se différentier des amateurs mais pour une autre, parce que le numérique, cela peut couter très cher ! L’équipement d’un photographe professionnel en réflex, c’est au moins deux boitiers haut de gamme (D3X en Nikon, 1DX en Canon) à au moins 6K€ pièce, plus une palanquée d’objectifs à grande ouverture zoom ou focale fixe qui valent entre 1000€ et 3000€ pièce (sans compter les gros téléobjectifs des paparazzis qui valent plus de 10K€ mais c’est un petit marché). Chez Nikon (monture F depuis 1959) et Canon (monture EF depuis 1987), les objectifs de l’ère argentique sont compatibles avec les réflexes numériques mais ils ont en général été poubellisés car les objectifs pour les appareils numériques intègrent des innovations maintenant incontournables comme l’autofocus et la stabilisation. Pourquoi indispensables ? Car on fait les photos plus vite et ces automatismes font gagner du temps.

Il faut y ajouter les flashes, pieds, sacs et autres accessoires. Sans compter les flashes de studio pour ce genre d’exercice. En tout, un équipement professionnel représente un investissement de plus de 20K€ et il faut le renouveler assez fréquemment du fait des évolutions technologies continues (et des effets de mode). Enfin, les photographes doivent ensuite s’équiper pour le workflow numérique : ordinateur (souvent un Mac… cher), de grands écrans calibrés, du stockage pour les sauvegardes de fichiers volumineux (un RAW dépasse allègrement les 20 Mo !), des imprimantes, etc.

En tout cas, tous les Internautes ou presque sont maintenant producteurs de photos. Cette démocratisation est bien plus marquée que dans la musique (avec les Home Studio MIDI) ou même la vidéo car la création de photos est en apparence plus simple. Alors que composer et jouer de la musique, même avec un synthé, nécessite quelques aptitudes et connaissances préalables que tout le monde n’a pas.  Après, il y a photo et photo, évidemment mais c’est une autre histoire que nous verrons plus loin.

Des clients professionnels mal en point

Les principaux clients des photographes étaient historiquement la presse. Or celle-ci va mal, aussi du fait du numérique. Cela concerne aussi bien la presse écrite “papier” dont les ventes baissent régulièrement que ses déclinaisons en ligne dont les modèles économiques relèvent structurellement du “low cost”.

Les journaux qui achètent des photos appliquent d’eux-mêmes une règle “multicanal” : un prix = une diffusion sur tous les supports, physiques ou en ligne. Au grand dam des photographes qui se sentent floués. Ceci étant, les médias qui sont passés au numérique ont vu leur revenu chuter dans le même temps. Le cumul print + numérique est toujours en baisse pour la plupart des médias de la presse écrite. Si leur revenu baisse, il est logique que les fournisseurs de contenus en amont en subissent les contrecoups. C’est ce qui arrive à toutes les “supply chain” des secteurs en crise, comme par exemple dans l’automobile. Le numérique n’a pas généré de source de revenu additionnelle pour les médias. C’est juste un remplacement très partiel du revenu qui disparait dans les supports traditionnels. La même question se pose d’ailleurs pour les droits de diffusion de fictions à la TV dans les approches multi-écrans.

Evolution CA Presse Ecrite France 1985-2011

Comme le soulignait Laurent Joffrin du Nouvel Observateur dans un colloque du PAJ  au Sénat en 2012 : “il y a plus de photos, plus d’images mais elles sont beaucoup plus faciles à acquérir, et donc il y a une situation de surproduction, comme pour l’agriculture”. Ce qui fait s’effondrer les prix. A ceci près que les taux de surproduction du lait, par exemple, dont peut-être de 1 à 2 ou 3 maximum. Alors que là, on est plutôt dans un facteur 1 à 10 voire 1 à 100.

Au passage, la photographie présente une caractéristique unique par rapport aux autres médias (musique, cinéma, livres) : le “piratage” quand il existe ne vient pas du grand public mais des professionnels : journaux, entreprises, institutions. Ce qui explique indirectement pourquoi la photo n’a jamais été traitée lors du vote de la loi HADOPI en 2009 ! La Mission Lescure a notamment relevé l’usage quelque peu abusif des “Droits Réservés”, une mention permettant aux publications de retarder la rémunération des auteurs voire de tout bonnement l’oublier.

Du côté du marché des particuliers, c’est aussi la surproduction qui pose problème. Prenez un mariage : dans les amis ou la famille, il y aura toujours plusieurs personnes bien équipées de réflex qui se substitueront au photographe professionnel d’antan (bon, pas toujours en full frame et avec objectifs à grande ouverture…) . Et quand il y en a un, la famille va parfois lui demander de livrer les photos au format numérique, pour les faire tirer elle-même en ligne. Alors que la marge vient des tirages.

De nouvelles intermédiations déflationnistes

La photo est à l’image des contenus sur Internet : c’est une économie de l’abondance. Dans ce domaine, ce sont les intermédiaires qui tirent leur épingle du jeu en aiguillant la demande sur l’offre.

Plusieurs types d’acteurs clés ont émergé : les banques d’image traditionnelles des agences (Getty Images, Corbis, etc), les banques d’images libres de droit comme Fotolia ou Shutterstock, toutes deux des sociétés américains, les réseaux sociaux tels que Facebook qui ont tous une fonctionnalité de partage de photos et enfin les moteurs de recherche comme Google Image. Les banques d’image et les moteurs de recherche sont utilisés par les professionnels à la recherche de photos. Les réseaux sociaux, un peu moins, mais cela change avec l’émergence du “citizen journalism”.

Les banques d’image libres de droit ont profité de l’abondance d’images produites par des photographes amateurs et professionnels pour casser les prix. Le prix de référence est maintenant la photo “libre de droits” à 1€. Selon les créateurs de Fotolia (deux français, en 2004), il s’agissait de trouver aussi une solution face aux prix exorbitants des agences d’images traditionnelles. Par certains côté, c’est l’aspect “low cost” de l’Internet qui a entrainer les prix vers le bas.

Fotolia est une base d’image à usage professionnel. Les prix y sont présentés sous forme de “crédit”, sachant que ces crédits s’achètent chez Fotolia avec un tarif dégressif. La dégressivité s’applique ainsi au volume d’affaire généré par Fotolia et pas aux photographes eux-mêmes. la progressivité du tarif est fonction du nombre de pixels. Ce qui signifie qu’une photo utilisée pour une publication en ligne rapporte évidemment bien moins que pour du print, très exigeant en résolution (et qualité d’ensemble au passage). Le prix de la photo varie dans un ratio de 1 à 10 ou 30. Le photographe touche entre 30% et 50% du prix payé par le client. On est loin des 70% de l’appstore d’Apple !

Recherche Photo sur Fotolia

Sur les 23 794 293 photos disponibles dans Fotolia au moment de la rédaction de cet article, 20 702 667 étaient “libres de droit”. Cela ne veut pas dire qu’elles sont gratuites ! Cela signifie que leur prix n’est pas lié au volume de leur diffusion ni à une fenêtre de temps d’utilisation. Le “libre de droit” est une conséquence de l’Internet : il est difficile de mesure l’usage qui est fait d’une photo. Il est donc difficile de vendre ce que l’on ne peut pas facilement mesurer. Donc, le tarif est fixe. Pour “scaler”, il faut avoir beaucoup de clients. Fotolia le permet en théorie puisque la plateforme est utilisée à l’échelle mondiale. Mais comme il y a des dizaines de milliers de photographes contributeurs, pros comme amateurs, difficile de s’y faire une place. Fotolia met en exergue le cas d’un photographe scandinave qui génère plus de 1m€. C’est comme souvent en pareil cas le “tip of the iceberg” qui sert à faire rêver les autres. Comme le chanteur coréen Psy (Gangnam Style) qui a généré plus de $8m grâce à la diffusion de son clip sur YouTube. La seconde plus grosse boite de production de contenus sur YouTube (Machinima) fait environ $40m de CA alors que YouTube, c’est entre $3 et $4B.

Dans le cas de Fotolia comme celui de YouTube, l’économie de volume fonctionne surtout pour l’intermédiateur. Au passage, Fotolia se présente comme hébergeur et non comme diffuseur, ce qui limiterait sa responsabilité juridique. Cela explique pourquoi Fotolia est devenu la principale bête noire du Rapport Lescure d’avril 2013 pour ce qui concerne la photo !

Le photographe lui, ne peut pas facilement construire de modèle économique “scalable” dans sa vente de photo. Les tarifs pratiqués par les acheteurs, notamment les médias, sont en cohérence : ce sont des prix à la prestation, pas au volume de diffusion. Dans les faits, cela a éloigné les photographes de l’usage du droit d’auteur. Il ne reste plus que le droit moral, et encore ! C’est un peu comme si un auteur de livre était payé par son éditeur au nombre de signes. Comme un journaliste pigiste, sommes toutes ! Par ailleurs, ces intermédiateurs font écran entre les photographes et les clients professionnels. A l’instar d’un Apple qui empêche les éditeurs d’applications de connaitre leurs utilisateurs. Dans ce marché, seuls quelques grands noms arrivent à se vendre à bon prix.

Quand à Google Image et les réseaux sociaux, ce sont devenus des réservoirs de photos pour les médias dans lesquels ils n’hésitent pas à puiser sans toujours se soucier de l’origine des photos et des droits associés.

Au fait, quel est le modèle économique des sites de partage d’image comme Picasa Web Albums ou Flickr ? Ce n’est pas la publicité ! Il n’y en a pas. Nada ! Flickr vend du stockage, c’est tout. C’est du “cloud” de base vendu au Go sur abonnement mensuel. Google ne gagne rien avec Google Image et Google Picasa Web Albums. Il n’existe pas encore de mécanismes de monétisation aussi efficaces que les publicités pre-roll dans les vidéos YouTube. Une pub avant chaque photo serait insupportable ! Pas étonnant donc que les résultats financiers de ces activités ne soient pas publiés par leurs maisons mères ! Ces services font partie d’une stratégie de “cross selling” pour capter les informations et activités des utilisateurs quels que soient leur activité et pour la monétiser ailleurs, notamment dans le moteur de recherche. Il en va de même pour Instagram chez Facebook.

Picasa Google Image et Flickr

Alors, où migre la valeur dans la photo ? Qui la capte ?

S’agit-il des sites en ligne de partage de photo ou les banques d’images ? Pas vraiment. Fotolia est certes un succès avec un CA de plus de $100m. C’est le leader mondial pas loin de Shutterstock. Fotolia a été créé par des français mais la société est basée à New York.

Le tirage de photos en ligne ? Il a récupéré la valeur des petits laboratoires de quartiers ou de ceux de la Fnac. Photoways, encore créé par des français, est un leader sur ce marché qui reste assez local ou tout du moins régional, délais de livraison obligent. Et on a une foultitude de services spécialisés, que ce soit pour les tirages haut de gamme (l’activité de Darqroom et de YellowKorner, ce dernier disposant de boutiques en ville) ou les services dédiés à l’impression d’albums comme MonAlbum.fr qui est dans le giron de M6.

La valeur a surtout migré vers le matériel : les constructeurs d’appareils photos et d’accessoires et maintenant, ceux de smartphones et tablettes, Apple et Samsung en tête. Ils sont essentiellement japonais mais il y a aussi quelques européens (Leica, Hasselblad, Zeiss). Les chinois n’ont curieusement pas encore inondé ce marché, sauf peut-être avec des compacts no-name. C’est encore un marché où la marque “prime”, on est Canon, Nikon ou Leica (pardon pour les autres…) ! Il faut aussi compter avec les fabricants d’imprimantes couleur, HP en tête et leur juteux business de vente de cartouches d’encre (même si réussir ses impressions photos chez soi n’a jamais été facile, qui n’a pas pesté contre ses cartouches “sèches”).

Imprimante HP

Nous avons aussi un industriel méconnu du secteur de la photographie : l’anglais PhotoMe qui avait fusionné avec le grenoblois KIS en 1994, créé par l’ingénieur français Serge Crasnianski, et notamment connu pour ses minilabs d’impression photo professionnelle. PhotoMe possède aussi Photomaton ! Après une histoire compliquée (fonds de pension, baisses de chiffre d’affaire, pertes, restructurations, redressement, retour à la profitabilité), Serge Crasnianki a perdu puis retrouvé son rôle de patron opérationnel du groupe.

Adobe Creative Suite Master Collection

Et les logiciels ? Il y a un leader des logiciels professionnels : Adobe, avec sa Creative Suite et Photoshop, sans compter Lightroom, et aussi Apple avec Aperture. Adobe est passé en 2012 à un modèle de “cloud” en faisant la promotion d’un système de licence à l’année. Un modèle de revenu récurrent qui lisse le chiffre d’affaire. Un plus pour les photographes ? Pas évident !

En France, nous avons un petit leader : l’éditeur DXO, avec des produit eux-aussi plutôt destinés aux professionnels. Les particuliers peuvent eux se contenter des logiciels livrés avec leur appareil photo ou même d’un Picasa qui est finalement pas si mal, tout du moins si on ne fait que gérer des photos JPEG (il supporte toutefois le RAW mais le workflow est déficient).

Dans l’écosystème de la photo, il faut aussi intégrer la presse spécialisée dans la photo (Chasseur d’images & co) qui voit le nombre de titres fleurir et aussi les écoles professionnelles de la photo. Il y a même un magazine spécialisé pour le métier de photographes professionnels : Profession Photographe ! Un beau sacerdoce compte-tenu de la situation de la profession.

Site Profession Photographe

J’aimerai bien faire un beau chart synthétisant avec des données chiffrées cette migration de valeur sur la durée. Mais les données ne sont pas faciles à récupérer, voire sont indisponibles, donc, bien non, pas cette fois-ci !

Nous avons en Europe et surtout en France finalement le même problème que dans l’informatique d’entreprise : c’est une économie de services mais pas une économie de production industrielle. Comme si on n’avait pas du tout de SSII et que des développeurs indépendants obligés de se vendre tous à 300€ la journée, au mieux.

_______________

Dans la seconde partie de cet article, je creuserai la dimension artisanale du métier de photographe professionnel, les aspects règlementaires et le lobbying de la profession et enfin, quelques pistes d’innovation du secteur.

RRR

 
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Publié le 27 août 2013 et mis à jour le 30 août 2013 Post de | Photo numérique | 25914 lectures

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Les 13 commentaires et tweets sur “Les photographes face à la révolution numérique 1/2” :

  • [1] - @BigAusieTaz a écrit sur Twitter le 27 août 2013 :

    Très bon post de mon point de vue http://t.co/S9FO5Pv5Du

  • [2] - jeremie a écrit le 27 août 2013 :

    moi j’attends la suite, je viens du monde de la 3d et cela ressemble beaucoup à photographe, beaucoup d’école, beaucoup de matériel très couteux, peu débouchés réels.

  • [3] - XavR a écrit le 27 août 2013 :

    Article intéressant, merci.

    Ce que vous citez sur les banques d’images est juste, mais cela est aussi en partie dû aux photographes eux-mêmes.

    Certes, et de manière légitime, ils aimeraient qu’on protège leur profession, mais ils auraient aussi pu commencer par se protéger en refusant de vendre le produit de leur travail sous cette forme..

    Le débat peut être long, bien évidemment certains attirés par l’appât du gain et/ou par un moment de leur carrière avec une baisse de leur CA ont pu facilement accepter la proposition alléchante (mais pas très honnête) des banques d’images, mais 15 ans plus tard une profession se meure et ils « critiquent » la facilité de jadis.

    Je n’ai pas de solution pour inverser la tendance de la problématique que vous soulevez (si ce n’est de continuer dans ma partie à refuser de baisser mes tarifs), cela n’est pas dans mes compétences, mais de la même manière j’observe un déclin du journalisme en France, à force de lecture d’e-journaux et webzines. Entre les trop nombreux (mauvais) copiés-collés depuis l’AFP et les demandes de contribution de la part des lecteurs (You du Parisien, mais également iTV, BFM et consorts), dans quelques années vous écrirez certainement le même type d’article que celui-ci au sujet de cette profession.
    Et je ferai certainement le même commentaire ; à « autoriser » cela, les journalistes d’aujourd’hui le regretteront demain…

    Au plaisir de vous lire..

    • [3.1] - Olivier Ezratty a répondu le 27 août 2013 :

      L’UGC a eu en effet cet impact dans tous les métiers qui relèvent des contenus.

      La différence est peut-être dans le volume. Il y a énormément de photographes amateurs au regard des photographes professionnels et l’appoint de revenu qu’un Fotolia leur procure ne leur pose pas de problème si les tarifs sont bas. Et un grand nombre d’amateurs font un bon boulot, mus par la passion et un temps significatif qui lui est alloué.

      Dans le journalisme, c’est un peu différent. Le nombre de contributeurs qui savent bien écrire des articles ne sont pas aussi nombreux.

      Il y a un déclin lié au fait que les rédactions online ont une pression du temps et des coûts telles qu’il est impossible pour les journalistes de faire leur métier de base (enquêter, interviewer, …). Un quotidien génère entre 10 et 20 fois moins de revenu dans la version online vs la version papier. Cela se retrouve dans le boulot rédactionnel pour les articles publiés uniquement en ligne, sauf dans de rares exceptions.

      D’où les répétitions des dépêches d’agence. Dans les médias aux cycles plus longs (notamment les hebdos), il subsiste encore des journalistes qui font un vrai boulot de journalisme. J’en connais, en tout cas dans le secteur de la high-tech, qui font encore de l’investigation, se lancent dans le fact checking, etc !

      Pour ma part, j’évite en tout cas le jeu que me proposent plein de médias. Ils me demandent d’écrire pour eux plus ou moins gratuitement (et même le tarif pigiste est dérisoire) et qui plus est de manière régulière. Je leur réponds : j’écris pour mon site et au cas par cas, vous pouvez reprendre mes posts en re-publication, mais je n’écrirais pas spécialement pour vous. Après, si un papier relève d’une campagne de comm ou de lobbying défendant telle ou telle cause et méritant un relais dans des médias de grande diffusion, pourquoi pas. Les occasions sont rares.

      • [3.1.1] - XavR a répondu le 28 août 2013 :

        En effet, je le relevais ce soir en regardant une émission avec un ami “il y a encore de bons journalistes”.
        Ils paraissent juste encore plus rares avec l’immensité du web..

        Merci pour votre réponse, et votre blog où l’on peut exprimer ses idées et en débattre sans heurts ^^

  • [4] - @conumnet a écrit sur Twitter le 27 août 2013 :

    Comme d’hab, super article de Olivier Ezzraty sur le métier de photographe :… http://t.co/VuMdq4izpX

  • [5] - Pierre Mawas (@PemLT) a écrit sur Twitter le 28 août 2013 :

    A lire : Les #photographes face à la #révolution #numérique 1/2… Par @olivez http://t.co/7NQzbw5mpr #mutation #pics

  • [6] - gogmsa a écrit le 30 août 2013 :

    Article très instructif, merci! Je tique un peu (c’est un mini détail je le reconnais) sur la phrase:
    “Notons au passage que pour créer une photo de qualité “print” couleur pour du A4 (en 300 DPI), il faut en théorie avoir un capteur d’environ 24 millions de pixels.”

    Naïvement et sans jamais avoir tenté le coup je tombe sur moins de 10 millions de pixels en comptant le nombre de points sur le papier A4… C’est également ce que je lis sur le net. Du coup je suis interessé par le calcul qui mène à 24!

    • [6.1] - Olivier Ezratty a répondu le 30 août 2013 :

      Pour être précis, je parlais plutôt de 300 PPI (pixel per inch) ce qui est différent de 300 DPI (dots per inch).

      Voici le raisonnement :

      21×29,7 cm = 11,69 x 8,26 pouces
      300 PPI au carré fois cela donne 8,7 millions de pixels.

      Il y a plusieurs techniques différentes d’impression couleur. En print, la plus courante est l’offset avec en quadrichromie, de la synthèse soustractive dans laquelle pour chaque “pixel” imprimé, il faut au moins 4 “dots” utilisant les trois couleurs primaires cyan-magenta-jaune et le noir. Ils sont de diamètre variable pour donner l’illusion – de loin – de la gradation de luminosité.

      Pour chaque générer chaque pixel RBG d’une photo converti ensuite en CMYK, on peut se contenter au niveau capteur photo d’avoir autant de photosites de couleurs primaires RGB mais cela fera le tiers d’information pour chaque couleur primaire + dématricage de Bayer (cf http://fr.wikipedia.org/wiki/Matrice_de_Bayer) qui interpole dans chaque position la valeur des photosites adjacents.

      Pour être parfait, il faudrait à la fois avoir 3 fois plus de photosites que de pixels demandés, et que les photosites RGB soient superposés pour éviter les artifacts de la matrice de Bayer. Un seul capteur fait cela, le Fovéon de Sigma, mais il n’est pas très performant en sensibilité ce qui se comprend aisément du fait de l’empilement des récepteurs photosensibles.

      Dans le marketing des constructeurs d’appareils photos, “un pixel” c’est en fait un photosite de couleur primaire (photosite CCB ou CMOS avec filtre de Bayer devant le capteur qui est en fait “noir et blanc”). Par dématriçage de Bayer, l’appareil va générer un fichier RAW ou JPEF d’autant de pixels RGB que de photosites.

      Mais ce n’est que de l’interpolation puisque l’on a trois fois plus d’information à l’arrivée qu’au départ. Donc, idéalement, il faut sur-échantillonner au départ avec 24 millions de photosites pour atterrir à 8 millions de pixels RGB convertis ensuite en pixels CMYB pour l’impression. Et je ne parle même pas des filtres antialiasing, un grand sujet de discussion avec les phrographes “Leica” dont les appareils sont dépourvus, donnant un meilleur piqué aux images.

      Un 5D Mark II, c’est 22,1 millions de photosites, dont la moitié en vert, le quart en rouge et le quart en bleu. Et en sortie, cela génère au max en JPEG et RAW, un fichier de 22,1 millions de pixels RGB (donc avec 3 informations de luminosité, une par couleur primaire en synthèse additive).

      Les Sony Alpha haut de gamme font exactement 24Mpixels, le Nikon D800 fait 36mpixels. Et je ne parle même pas des Hasselblad qui montent à 50 mpixels. Ces niveaux “délirants” pour le commun des mortels sont utiles pour la sortie en print de haut niveau de qualité.

      Dans les imprimantes couleurs à jet d’encre, certaines montent à 1200 DPI, ce qui permet de faire du bon 300 PPI… :).

      En tout cas, pour faire simple : l’exigence de résolution pour faire du print de qualité est très élevée et seuls les appareils haut de gamme et avec une haute résolution répondent au cahier des charges. Pour les puristes, seul l’argentique convient…

      Verstanden ?

  • [7] - Yann BUISSON a écrit le 1 septembre 2013 :

    Merci Olivier pour cet état des lieux fidèle.

    J’ajouterais sur l’analyse de la situation actuelle et l’illusion des microstocks la concurrence internationale, 1$ n’offre pas le même pouvoir d’achat à Delhi, ou Prague qu’à Londres ou Paris, particulièrement pour un revenu complémentaire.
    Attendu que la scission pro/amateur à l’heure actuelle est très floue, nombre d’amateurs font de très bonnes photos, nombre de professionnels (au sens ou ils vendent la prestation de faire des photos) en font de mauvaises.

    Mes observations vont dans 2 sens :
    – Pléthore de neo photographes qui bradent leurs services et leurs images peu qualitatives en utilisant un reflex milieu/bas de gamme. Ils vont parfois jusqu’à donner du temps et le fruit de leur travail (aussi peu qualitatif soit-il) pour une entrée en boîte et une conso… (syndrôme soonnight ou weemove).
    On assiste même à la présence de ces esclaves de la photo sur des gros évènements ou les accréditations sont extrêmement difficiles à avoir (Festival Garorock, Main Square, Solidays). Je me demande dans quel cadre légal évoluent ces gosses, a mon sens c’est du travail déguisé. Pour un professionnel encore une fois, impossible de lutter contre la gratuité, le bénévolat, l’exploitation, etc.
    Quand bien même ils se vendent, il y a eu explosion d’auto-entrepreneurs souvent étudiants, ou en parallèle d’un autre job, comme revenu d’appoint, grappillant des parts de marchés à une profession dont le marché était déjà fragilisé.

    – Nivellement par le bas de toute la sphère imagerie au sein même des bastions qui me semblaient regardants en terme de qualité.
    Des grosses boîtes de BTP ne savent plus reconnaitre ce qu’est une bonne photo d’architecture, ni n’imaginent le temps ni le matériel spécifique à déployer. Culturellement ils n’ont aucun référentiel, inondés qu’ils sont par des centaines de photo/jour.
    La presse (et pas seulement la presse gratuite) vire petit à petite sa cutie se fournissant sur instagram/twitter/flikr, encore une fois la gratuité l’emporte sur la qualité. Avec force emploi du DR, souvent synonyme de piqué sur le net, mais bon “pas vu, pas pris”.
    Medias (radios, presse en ligne, pqr) qui communiquent à base de photos au smartphone sur leurs réseaux sociaux, y compris pour des campagnes de communication ne nécessitant pas d’instantanéité. On banalise l’image médiocre.

    Il existe sur la photo la même dynamique malsaine ou l’illusion du “tout gratuit” qu’il peut y avoir sur la musique ou la vidéo, la jeune génération est friande d’images, mais souvent incapable de juger de leur qualité “photographique” au delà du post traitement, ni de mettre des budgets en face (comment il faut des heures pour bien faire un portrait ?), c’est ce que j’appelle le syndrôme Instagram.
    Une photo est réduite bien souvent à sa caricature (HDR, filtres divers, fausses fuite de lumière, virage coloré, curseurs tirés à fond…) au détriment de sa composition, de sa netteté, voir de son exposition.
    Pourquoi ?
    Par ce que la photo n’est maintenant plus envisagée que comme une vignette en 800×600 sur un réseau social. Là ou un tirage pleine page ne pardonne pas le flou, l’absence de netteté, de piqué, le bruit, de zones cramées…

    Alors que reste-t-il ?
    Des miettes.
    La pub, la mode, le(s) sport(s) pour les pros ou les agences.
    La photo sociale pour les artisans ou une spécialisation technique (panoramas, pause longue, stacking, sous marin, aérien, collodion, strobists, etc.)
    La formation
    Shift vers la vidéo

    Yann

  • [8] - Olivier Ezratty a écrit le 5 septembre 2013 :

    Vécu récent avec un journal de la presse écrite professionnelle qui me demande une photo d’une entrepreneuse en haute résolution. Je lui propose un prix modeste pour soutenir l’opération http://www.qfdn.net.

    Réponse :

    “Bonjour,

    Merci pour votre réponse, cependant, et malheureusement, nous n’avons pas de budget photo pour cette rubrique.

    Bien cordialement,

    x x
    Service Photo”

    Le boulot de ce service, c’est donc de demander à des photographes des photos gratuites pour les intégrer dans le canard ! La valeur proposée en échange : on mentionnera votre nom (ce qui est obligatoire…) !

  • [9] - @stelio_31 a écrit sur Twitter le 30 janvier 2016 :

    https://t.co/K1seJK4G74 Très bon article traitant de l’évolution du marché de la photographie face à la révolution numérique ! #Concurrence




Répondre au commentaire suivant de @stelio_31 publié le 30 janvier 2016 :

https://t.co/K1seJK4G74 Très bon article traitant de l'évolution du marché de la photographie face à la révolution numérique ! #Concurrence


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Avec Marie-Anne Magnac, j'ai lancé #QFDN, l'initiative de valorisation de femmes du numérique par la photo. Installée depuis début octobre 2015 au Hub de Bpirance à Paris, elle circule dans différentes manifestations. L'initiative rassemble plus de 650 femmes du numérique (en juillet 2017) et elle s'enrichi en continu. Tous les métiers du numérique y sont représentés.

Les photos et les bios de ces femmes du numérique sont présentés au complet sur le site QFDN ! Vous pouvez aussi visualiser les derniers portraits publiés sur mon propre site photo. Et ci-dessous, les 16 derniers par date de prise de vue, les vignettes étant cliquables.
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Kheira Benmeridja (SETL)
Kheira est Product Owner, responsable du développement d’infrastructures de marché utilisant la technologie blockchain, chez SETL.
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Joëlle Toledano
Joëlle est Professeure d’économie (numérique, concurrence, ..), passionnée de politique publique (régulation, fréquences, blockchain, …) et impliquée dans le développement de startups.
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Marie-Line Ricard (Sia Partners)
Associée au sein du cabinet Sia Partners, dans le secteur financier autour des problématiques traditionnelles et des évolutions réglementaires et dans les nouvelles technologies telles que la #Blockchain, les ICOs, et plus globalement la token economy.
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Francesca Gatti Rodorigo (Awaywegals)
Francesca est développeuse web full-stack, Fondatrice et CEO de awaywegals.com, une plateforme web développée sur blockchain et dédiée aux voyageuses qui sera lancée en 2020.
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Ying-Huei Chu (MoneyTrack)
Ying-Huei est Product Owner chez MoneyTrack, une startup dont la solution permet de tracer l'utilisation de fonds avec le blockchain, l'indemnisation d'assurance, le budget de l'état, les bourses scolaires, etc.
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Stéphanie Flacher (Maslow Capital Partner)
Stéphanie est Directrice du département Blockchain de Maslow Capital Partner, banque d'affaires indépendante spécialisée dans l'accompagnement des entreprises européennes à forte croissance.
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Jeanne Dussueil
Jeanne est journaliste économie et tech, fondatrice du nouveau média GlobalizNow.com et coordinatrice de l’association Fais Ton Réseau.
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Liz NDouga (SII)
Liz est consultante et développeuse Blockchain chez SII (Société pour l'informatique industrielle), une entreprise de services numériques basée à Paris, implantée partout en France et à l'international. En parallèle, donne des cours sur la Blockchain à l'école d'ingénieurs ECE Paris.
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Elise de Préville
Elise est consultante en Data Privacy et Cyber sécurité chez KPMG.
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Aroussia Maadi (Orange)
Aroussia est team Manager chez Orange, en charge d'une équipe de spécialistes en bases de données à la DSI d''Orange. Elle accompagne les applications du SI dans la construction d'architectures de bases de données et assure le maintien en conditions opérationnelles des plateformes. Elle est aussi investie dans la société civile, pour l'empowerment des femmes, en particulier en Afrique.
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Amina Maïza
Amina est ingénieure études et développement en Java/JEE chez Vizeo Technologies.
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Maud Franca (CDC)
Maud est Directrice Adjointe du Programme des Investissements d’Avenir en charge de l’économie numérique, Banque des Territoires, Groupe Caisse des dépôts (CDC). Membre de la cellule nationale French Tech, mentor et aux boards de startups.
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Chloé-Agathe Azencott
Chloé-Agathe est chargée de recherche au Centre de Bioinformatique de MINES ParisTech et de l'Institut Curie. Cofondatrice de la branche parisienne du meetup Women in Machine Learning and Data Science.
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Béatrice Moulin et Clara Deletraz (Switch Collective)
Béatrice et Clara sont cofondatrices de la startup Switch Collective.
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Laurence Devillers
Laurence est chercheur et Professeur en Intelligence Artificielle à Sorbonne Université/LIMSI-CNRS, équipe de recherche "Dimensions affectives et sociales dans les interactions parlées". Membre du comité de réflexion sur l’éthique du numérique (CERNA) d’Allistène, Auteure de « Des Robots et des Hommes : mythes, fantasmes et réalité », Plon 2017.
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Sophie est Directrice de la Web@cadémie, de la Coding Academy by Epitech et directrice pédagogique du Samsung Campus.

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