Trop d’Etat, oui mais où ça? (1)

Publié le 20 février 2007 et mis à jour le 7 mars 2007 - 9 commentaires -
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Dans le débat de la pré­si­den­tielle et depuis bien avant, il est de bon ton de fus­ti­ger le “trop d’Etat”!

  • droite, Nico­las Sar­kozy a ainsi inté­gré dans son pro­gramme le fait de ne pas rem­pla­cer la moi­tié des fonc­tion­naires qui partent à la retraite. Effet de manche et de com­mu­ni­ca­tion car une telle mesure, si elle a peut-être un sens au niveau glo­bal, ne peut pas s’appliquer de manière uni­forme dans tous les ser­vices de l’Etat et des col­lec­ti­vi­tés locales. On entend aussi par­ler de gains d’efficacité, mais sans plus de détails (voir le pro­gramme de l’UMP pour 2007 qui sert de socle à celui de Nico­las Sarkozy).
  • A gauche, on évite soi­gneu­se­ment ce sujet qui pour­rait fâcher. On parie sur la relance de l’économie par la confiance. Et ainsi, de résor­ber les défi­cits. On parle aussi de foca­li­ser les aides aux entre­prises là où elles sont vrai­ment néces­saires, en fus­ti­geant régu­liè­re­ment les grands groupes indus­triels (voir le pro­gramme de Ségo­lène Royal qui est sou­tenu et détaillé dans le pro­jet du Parti Socia­liste).
  • Chez d’autres, on prône la réduc­tion ou la sup­pres­sion des charges sociales, qui pèsent effec­ti­ve­ment lourd sur les charges des entre­prises, notam­ment des PME. Mais on oublie évidem­ment que ces charges servent à finan­cer la pro­tec­tion sociale. Et que les sup­pri­mer vise­rait à sup­pri­mer au pas­sage cette protection.

Le pro­blème de la démarche comme des prises de posi­tion de la tota­lité des can­di­dats à la Pré­si­den­tielle, c’est qu’elle est indif­fé­ren­ciée et qu’elle évite soi­gneu­se­ment de dire où il a trop d’Etat. C’est plus facile de dire qu’il fau­dra ajou­ter des hôpi­taux ici, des juges là, ou telle aide par ci ou par là, que de don­ner des indi­ca­tions de là où devront être effec­tuées des coupes sévères. Car il en fau­dra si l’on veut déga­ger des marges de manoeuvre pour à la fois réduire la dette publique et finan­cer des avan­cées écono­miques et sociales dans le pays.

Evi­ter les pro­blèmes qui fâchent est “nor­mal”. C’est la poli­tique. C’est la déma­go­gie qui consiste à ne pas frois­ser telle ou telle par­tie de l’électorat. Tout du moins, avant les élections.

Pour­tant, une telle démarche devrait être enta­mée pour savoir où est donc ce “trop d’Etat” en France. Le niveau des pré­lè­ve­ments en France qui financent la puis­sance publique est en effet l’un des plus élevés du monde.

Des bench­mark qua­li­ta­tifs et quan­ti­ta­tifs s’imposent entre grands pays. Pour­tant, il n’en existe pas de sérieux qui pointe là où se situent les dif­fé­rences. Avec une ana­lyse des bud­gets, des effec­tifs, autant de fonc­tion­naires que de socié­tés pri­vées qui assurent des mis­sions publiques, comme le recou­vre­ment des impôts, qui est sous-traité dans cer­tains pays scandinaves.

Il y a alors quelques prin­cipes simples qui pour­raient être appli­qués dans la manière de gérer l’Etat pour faire quelques écono­mies. Nous y reviendrons.

Le sec­teur public en France

En fait, le sec­teur public en France com­prend trois com­po­santes qui inter­agissent d’une manière com­plexe d’un point de vue budgétaire:

  • L’Etat et ses ser­vices géné­raux qui assurent l’éducation (+ ensei­gne­ment supé­rieur + recherche), la défense, la sécu­rité, la jus­tice, les affaires étran­gères, l’équipement, la culture et un tas d’autres mis­sions diverses.
  • Les Col­lec­ti­vi­tés Locales qui assurent une part de la pro­tec­tion sociale comme le RMI, les infra­struc­tures - notam­ment de l’éducation - et des ser­vices locaux divers.
  • La pro­tec­tion sociale et de santé qui couvre les dépenses de santé, de retraite, l’assurance chô­mage, le sou­tien aux familles, et tout un tas d’allocations spé­ci­fiques (aide au loge­ment, etc).

Dans cha­cune de ces branches, la France pré­sente des spé­ci­fi­ci­tés qui expliquent une dépense publique élevée, et la néces­sité de réformes et d’économies. Mais il est dif­fi­cile de les “choi­sir” juste sur un plan émotion­nel. Il faut y regar­der de près sur les chiffres. 

Avant de se lan­cer dans des plans sur la comète sur les écono­mies à faire, il est bon d’avoir une vue d’ensemble des bud­gets cor­res­pon­dants. Ce que qua­si­ment per­sonne n’a. Sauf quelques spé­cia­listes et poli­tiques, pro­ba­ble­ment un peu per­dus devant l’immensité du domaine.

Struc­ture de la dépense publique

Com­men­çons en approche “top bot­tom”, avec la struc­ture des dépenses publiques en France par grandes caté­go­ries, telles que struc­tu­rées par l’INSEE (source des don­nées ici):

La pro­tec­tion sociale arrive en pre­mier, sui­vie des ser­vices géné­raux de l’Etat (qui agglo­mèrent un tas de choses), puis l’enseignement, les affaires écono­miques, la défense, etc. Cela repré­sente aux alen­tours de 55% du PIB de la France. Même si la dépense est ensuite, heu­reu­se­ment, réin­jec­tée en grande par­tie dans le sec­teur privé. C’est d’ailleurs là que le bas blesse en France : on croit que c’est un cercle ver­tueux alors qu’il ne l’est pas vrai­ment. La dépense pri­vée créa­trice de richesses nettes en France relève de la pro­duc­tion maté­rielle ou imma­té­rielle de biens, et de leur expor­ta­tion. Le reste est de l’économie interne au pays.

Si l’on zoome dans l’Etat et les Col­lec­ti­vi­tés Locales, voici une petite ana­lyse per­son­nelle des grandes masses de flux finan­ciers, des recettes aux dépenses (voir l’image en grand au for­mat PDF, source: moi-même):

J’ai essayé en un coup d’oeil de mon­trer le poids de la dette publique et les flux asso­ciés, et l’articulation entre Etat, Col­locs et Union Euro­péenne. Chaque flèche mérite un roman. Le mieux pour en savoir plus est de consul­ter la Loi de Finances 2007. Mais ce n’est pas de la tarte de s’y retrou­ver dans la compta publique!

La France emprun­tera donc en 2007 l’équivalent de 6% de son PIB, soient 105md€ pour finan­cer son défi­cit bud­gé­taire de l’Etat et le rem­bour­se­ment de sa dette. Le défi­cit est d’ailleurs indi­rec­te­ment alloué qua­si­ment inté­gra­le­ment au finan­ce­ment des inté­rêts de la dette. Le défi­cit des col­lec­ti­vi­tés locales est assez modéré et en voie de résorp­tion, ne serait-ce que parce que les com­munes n’ont pas le droit d’avoir de bud­gets défi­ci­taires. Et les comptes de la pro­tec­tion sociale sont régu­liè­re­ment au rouge, et finan­cés chro­ni­que­ment par l’Etat et la RDS. Mais ce défi­cit n’est qu’aux alen­tours du tiers de celui de l’Etat. Le poids de la dette, de plus de 1000md€ est évide­ment insup­por­table, même s’il est voi­sin de celui de grands pays comme les USA ou le Japon et un peu supé­rieur à la moyenne euro­péenne. Cumulé aux retraites à venir, il fait peser sur les géné­ra­tions futures un risque finan­cier bien trop élevé.

Si l’on zoome sur les dépenses de l’Etat par poste, on découvre ceci, à savoir le poids de chaque Minis­tère et la répar­ti­tion entre dépenses de per­son­nel, de fonc­tion­ne­ment, d’investissement et d’interventions ou subventions:

Dans la loi de finance 2007, 82% du bud­get de l’Etat est concen­tré sur les pôles de l’enseignement et de la recherche, de la défense, la sécu­rité et la jus­tice, travail/transport/villes, et sur la ges­tion des finances publiques.

Autre point clé, c’est l’évolution de ces dépenses publiques. En fait, ce sont les col­lec­ti­vi­tés locales qui ont vu leurs dépenses pro­gres­ser le plus ces 10 der­nières années, et pas seule­ment du fait du trans­fert de res­pon­sa­bi­li­tés de l’Etat. L’effectif des Col­locs a ainsi aug­menté de plus de 40% en 20 ans tan­dis que celui de l’Etat n’augmentait que de 11% (don­nées consul­tables dans le Rap­port sur la Fonc­tion Publique).

Leur pyra­mide des âges explique l’intérêt de Sar­kozy pour ne pas rem­pla­cer la moi­tié des fonc­tion­naires qui partent à la retraite, c’est  (même source, Rap­port Fonc­tion Publique):

Les fonc­tion­naires actifs sont bien plus âgés que les sala­riés du privé. Je n’en connais pas la rai­son exacte. En tout cas, cette pyra­mide des âges entraine un énorme nombre de départs en retraite dans les 2-3 années qui viennent, départs qui vont s’atténuer ensuite, une fois pas­sées les géné­ra­tions du baby boom des années 1940. Donc, l’opportunité est là de rapi­de­ment bais­ser les effec­tifs de la fonc­tion publique. Encore faut-il savoir où.

Du côté des dépenses de santé et de pro­tec­tion sociale, la méca­nique est en appa­rence plus simple, tant que l’on ne rentre pas dans le détail des régimes spé­ciaux divers (voir l’image en grand au for­mat PDF):

Se pose ici l’équilibre de la branche mala­die, tou­jours mis à mal, et sur­tout celui de la branche vieillesse. On peut en fait réa­li­ser quelques écono­mies en mai­tri­sant les dépenses de santé, et effec­tuer quelques ajus­te­ments (dou­lou­reux) entre le régime géné­ral et les régimes spé­ciaux des retraites pour au mini­mum assu­rer une meilleure équité de traitement. Après se pose l’inévitable ques­tion de la date des départs en retraite. Ques­tion macro-économique inté­res­sante. Faut-il ne pas y tou­cher pour, comme disait Ségo­lène Royal hier soir sur TF1, éviter de créer plus de chô­mage? Ou au contraire, le ral­lon­ger pour aug­men­ter la pro­duc­tion de tra­vail par habi­tant et la richesse du pays, comme le prône la droite? A priori, il sem­ble­rait que la quan­tité de tra­vail glo­bale par habi­tant et par sala­rié soit un gage de com­pé­ti­ti­vité et de créa­tion de richesse. C’est comme cela que l’on peut inter­pré­ter cer­taines statistiques.

Fin des préliminaires…

Je vais conti­nuer dans un post sui­vant en évoquant les spé­ci­fi­ci­tés peu sou­vent évoquées de ces dif­fé­rentes dépenses publiques. Et don­ner quelques pistes d’économies.

Au pas­sage, grande ques­tion: pour­quoi donc me suis-je lancé là dedans? Et bien, c’est la cam­pagne pré­si­den­tielle qui m’y incite. Je suis agacé du manque de péda­go­gie des poli­tiques et des médias et des ana­thèmes et autres pro­po­si­tions jetées un peu en l’air, sans en com­prendre les tenants et les abou­tis­sants. Donc, je creuse pour en savoir plus à la fois pour ma gou­verne per­son­nelle et pour en faire pro­fi­ter les autres. Et comme l’économie et l’innovation sont liées indi­rec­te­ment à la dépense publique, je ne m’éloigne pas tant que cela de mon che­val de bataille: com­ment réus­sir dans l’innovation, par­ti­cu­liè­re­ment en France. On y arri­vera d’une manière ou d’une autre.


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Publié le 20 février 2007 Post de Olivier Ezratty | France | 9 commentaires

Les 9 commentaires sur “Trop d’Etat, oui mais où ça? (1)” :

  • >Donc, je creuse pour en savoir plus à la fois
    >pour ma gou­verne per­son­nelle et pour en faire
    >pro­fi­ter les autres.
    C\‘est tout à ton hon­neur :-)

    >Chez d’autres, on prône la réduc­tion ou la
    >sup­pres­sion des charges sociales, …

    >pro­tec­tion sociale. Et que les sup­pri­mer vise­rait
    >à sup­pri­mer au pas­sage cette pro­tec­tion.
    je ne pense pas qu\‘il faut voir les choses comme cela, ce qui conduit à ne rien vou­loir remettre en cause.
    Il y a d\‘autres pistes, d\‘autres idées, qu\‘il faut écou­ter et peut être oser dis­cu­ter.
    Cer­tains parlent de sup­pri­mer l\‘IRPP (qui n\‘est pas tout à fait un impôt juste) et d\‘augmenter la TVA (qui est à priori un impôt plus \“juste\”).
    Il y a même d\‘autres pistes (c\‘est fouillé, comme tu l\‘aimes) : http://jdch.blogspot.com/2007/01/irpp-retenue-la-source-une-opportunit.html

  • [2] - Olivier Ezratty a écrit le 21 février 2007 :

    Oh, oui, il y a à remettre en cause les choses, mais en regar­dant bien les comptes recettes et débit, et pas un seul côté de l’équation dans ces pro­po­si­tions de baisse des charges sociales.

    Pour ce qui est de la jus­tice de l’IR par rap­port à la TVA, tout dépend de ce que l’on entend par “juste”. L’IR est plus redis­tri­bu­teur des richesses que la TVA. A ce titre, il est donc consi­déré comme plus juste par le tenants de la redis­tri­bu­tion. L’IR en France n’est pas si élevé que cela main­te­nant, il est plu­tôt dans la moyenne des pays déve­lop­pés. Il ne rap­porte que 57md€ par rap­port à la TVA qui en rap­porte plus de 170md€.

    Je connais bien le blog de Cham­bo­re­don, qui est effec­ti­ve­ment excellent et plein de très bonnes pro­po­si­tions de ration­na­li­sa­tion. J’essaye d’apporter une approche “visuelle” com­plé­men­taire et sur des domaines moins cou­verts. Et aussi, de com­prendre un peu plus à fond la struc­ture des dépenses publiques. C’est l’objet des posts qui suivent.

  • >Pour ce qui est de la jus­tice de l’IR par rap­port à
    >la TVA, tout dépend de ce que l’on entend par
    >“juste”.
    J’ai une défi­ni­tion toute bête … c’est juste quand cela touche tout le monde (et de la même façon … mais çà, c’est une autre his­toire).
    Je suis contre et mille fois contre des mesures “popu­listes” qui tendent à nive­ler tout vers le bas.
    Allez, au risque de me faire trai­ter d’affreux, je vais pré­ci­ser :
    - je ne trouve pas nor­mal que l’on arrive à tota­le­ment exo­né­rer d’effort col­lec­tif tout un ensemble de la popu­la­tion. Cha­cun peut contri­buer à sa mesure, cela va pour le haut, mais aussi pour le bas. Même 50 euros … c’est pour le sym­bole.
    - je ne trouve pas nor­mal que l’on ait trans­formé le sys­tème de santé Fran­çais en un “machin” où plus per­sonne ne com­prend (et ne sait) le juste prix des choses.
    - Je ne trouve pas nor­mal que l’on veuille nous faire le coup de la rete­nue à la source, qui aurait l’effet per­vers de com­plè­te­ment dé-responsabiliser la majo­rité de l’effort de guerre que nous nous devons pour main­te­nir un sys­tème public de bon aloi.

    >L’IR est plus redis­tri­bu­teur des richesses que la
    >TVA… ne rap­porte que 57md€ par rap­port à la TVA
    >qui en rap­porte plus de 170md€.
    pour moi dis­tri­buer 170 G$ c’est mieux que d’essayer de cou­per les che­veux en 4 à par­tir de 57 G$, sur­tout que je suis qua­si­ment cer­tain (mais tu nous le confir­me­ras peut être) que le “ROI” de ces 170 G$ est bien meilleur que celui des 57.
    Allez, je vais encore dire une bétise … ima­gi­nons … 2 points de plus sur la TVA, cela donne quoi en recette ?
    OK, on va me rétor­quer que Bruxelles, que l’on ne va faire que conti­nuer d’inciter à ne plus ache­ter en France, déjà que nous avons un euro fort … etc etc … que tout n’est pas si simple … etc …
    Je n’ai pas de solu­tion, si ce n’est que je ne pense pas que d’écarter des pistes à priori (par exemple le fameux “on ne touche pas à l’ISF de notre actuel pré­sident”) soit une solu­tion pour nous remettre TOUS sur les rails.

  • [4] - Olivier Ezratty a écrit le 21 février 2007 :

    Un pre­mier rai­son­ne­ment consiste déjà à bench­mar­ker la France avec d\‘autres pays:
    - Tous les pays ont un IR, sauf quelques para­dis fis­caux. La France n\‘est pas une biza­re­rie du point de vue de l\‘IR.
    - Les nom­breux pays qui gèrent le pré­lè­ve­ment à la source n\‘ont pas déva­lo­risé la contri­bu­tion à l\‘effort col­lec­tif pour autant. La France est d\‘ailleurs le seul pays de l\‘OCDE à ne pas le faire. Est-ce que les alle­mands, les anglais, les scan­di­naves, à domi­nante pro­tes­tante, déva­lo­risent cultu­rel­le­ment le tra­vail et l\‘effort col­lec­tif? Et c\‘est une méca­nique plus effi­cace car elle fait gagner du temps au contri­buable. Pour moi, gagner du temps et moins de pape­ras­se­rie, repré­sente beau­coup de valeur dans notre petite \“vie à durée indé­ter­mi­née\” (VDI) …et limi­tée!
    - L\‘ISF est plu­tôt rare dans le monde. Il est \“moral\” pour cer­tains, et écono­mi­que­ment inef­fi­cace pour d\‘autres. Com­ment conci­lier la morale des uns et l\‘efficacité des autres? Il fau­drait beau­coup de cou­rage poli­tique que même la droite n\‘a pas aujourd\‘hui pour sup­pri­mer l\‘ISF, quitte à aug­men­ter en com­pen­sa­tion la CSG/RDS pour les reve­nus du capi­tal à par­tir d\‘un cer­tain seuil. Petite mise en pers­pec­tive: l\‘ISF rap­porte 3,8md€, alors que les béné­fices de la Fran­caise des Jeux qui vont à l\‘Etat sont de 2md€. Ce qui veut dire que l\‘ensemble de la popu­la­tion s\‘auto-taxe de la moi­tié de l\‘ISF pour… rêver un peu à deve­nir riche!

    Sinon la redis­tri­bu­tion est effec­ti­ve­ment décon­nante lorsqu\‘elle abou­tit à des situa­tions où il vaut mieux ne pas tra­vailler que tra­vailler lorsque l\‘on est au bas de l\‘échelle. Les per­sonnes concer­nées n\’ y sont d\\\‘ailleurs pas pour grand chose. Il y a un bon dos­sier sur le sujet dans le Marianne de cette semaine (\“Les pièges de l\‘assistanat\”), un jour­nal qui par ailleurs me donne sou­vent de l\‘urticaire par ses posi­tions extrêmes notam­ment sur la dic­ta­ture soit-disante \“pou­ti­niène\” des médias.

    Ton sym­bole sur les 50 euros me semble être un réflexe de per­sonne \“aisée\”. Les gens qui vivent au SMIC avec deux enfants n\‘ont même pas de quoi nour­rir leur famille. Ils sont bas dans la pyra­mide de Mas­low (l\‘échelle de la recon­nais­sance) et en sont à lut­ter pour pour­voir à des besoins vitaux. Ils ont cer­tai­ne­ment soif de recon­nais­sance de la société, soif qui doit se tra­duire d\‘abord par un véri­table rôle social - notam­ment par le tra­vail, avant celui du plai­sir de payer 50€ d\‘IR pour la cause commune.

    Pour ce qui est des allo­ca­tions, le moins que l\‘on puisse dire, c\‘est qu\‘il y en a trop. En voici une petite liste par­tielle:
    - Prime de Noël
    - Allo­ca­tion de soli­da­rité spé­ci­fique (ASS)
    - Allo­ca­tion d\‘insertion (AI)
    - Allo­ca­tion équi­va­lent retraite (AER)
    - Allo­ca­tion per­son­na­li­sée d\‘autonomie (APA)
    - Allo­ca­tion de parent isolé (API)
    - Allo­ca­tions fami­liales
    - Allo­ca­tion de jeune enfant
    - Allo­ca­tion paren­tale d\‘éducation
    - Pres­ta­tion d\‘accueil du jeune enfant
    - Com­plé­ment fami­lial
    - Allo­ca­tion d\‘adoption
    - Aide à la famille pour l\‘emploi d\‘une assis­tante mater­nelle agréée (Afeama)
    - Allo­ca­tion de pré­sence paren­tale
    - Allo­ca­tion de ren­trée sco­laire
    - Allo­ca­tion de garde d\‘enfant à domi­cile
    - Prime de déménagement

    Effec­ti­ve­ment, cela méri­te­rait un peu de sim­pli­fi­ca­tion. Un petit exemple: rem­pla­cer les 11 dis­po­si­tifs de cette liste liés à la famille par des allo­ca­tions fami­liales modu­laires en fonc­tion de la situa­tion. Cela per­met­trait au moins de faire des écono­mies dans le backof­fice et les guichets!

    Sinon, j\‘augmenterai bien un peu la TVA et les taxes à l\‘importation, mais pas en échange de la baisse de l\‘IR, mais plu­tôt des charges sociales. Ainsi, on ferait bais­ser le coût appa­rent du tra­vail sans chan­ger les recettes du sec­teur public, même s\‘il fau­drait alors aug­men­ter les trans­ferts de l\‘Etat vers la pro­tec­tion sociale.

  • Je vois que le débat est bien engagé !

  • >Ton sym­bole sur les 50 euros me semble être un
    >réflexe de per­sonne \”aisée\”.
    un peu court comme réflexion, jeune homme.

    >Les gens qui vivent au SMIC avec deux enfants
    >n\’ont même pas de quoi nour­rir leur famille.
    on ne va pas tom­ber dans la faci­lité habi­tuelle, non, pas toi ?

    >pour­voir à des besoins vitaux. Ils ont
    >cer­tai­ne­ment soif de recon­nais­sance de la
    >société, soif qui doit
    >se tra­duire d\’abord par un véri­table rôle social
    >notam­ment par le tra­vail, avant celui du plai­sir
    >de payer 50€ d\’IR pour la cause com­mune.
    mouais … les blogs démarrent des conver­sa­tions … mais on ne voit de cette “conver­sa­tion” que le bout qui arrange.
    Et si tu regar­dais autre­ment ? ceux qui gagnent peut être bien plus que toi et qui ne payent pas d’impôt ? et à l’autre bout, ceux qui tra­vaillent à orga­ni­ser leur insol­va­bi­lité ou leur impôt 0 ?

    Tiens, un jour, va dans une phar­ma­cie et regardes 2 minutes ce qu’il se passe … entre celui qui insulte le phar­ma­cien de devoir payer 1€50 un médi­ca­ment non vital, parce qu’avant, il n’a jamais rien payé.
    Entre celui qui refuse les génériques …

    Chez les autres cela fonc­tionne mieux ??? … la rete­nue à la source et tout et tout … OUI peut être … mais ils sont habi­tués et dis­ci­pli­nés.
    Je te rap­pelle que nous sommes plus latins qu’ostro-hongrois ou nor­vé­gien ou anglais. Et si je ne veux pas m’habituer à la chose ? et si on ne veut pas être “men­sua­lisé” ? et si on ne peut pas ? tout cela, les spé­cia­listes l’ont ils mesuré ?
    Je suis désolé, mais je redoute, comme la peste, d’avoir à gérer une entre­prise, avec de nom­breux sala­riés, qui se ver­ront ampu­tés leur feuille de paye direc­te­ment et ne per­ce­vront plus que … beau­coup moins qu’avant (et je ne parle même pas des entre­prises qui vont devoir faire un tra­vail de folie pour gérer l’ingérable).
    Car in finé, ce sont les entre­prises qui feront, si elles le peuvent, le samu social. Avant quand on ne pou­vait pas payer ses impôts, on allait voir le tré­sor public … demain, on vien­dra voir qui ?

    Tu sais, der­rière l’économie et les chiffres, il y a la force de l’habitude, des men­ta­li­tés, des fata­lismes et çà, c’est bien plus grave qu’un point de plus ou de moins sur le PIB. Je le répète 10 fois par jour … nous n’avons qu’un vrai pro­blème … celui de ne pas savoir ou de ne pas vou­loir nous orga­ni­ser col­lec­ti­ve­ment … cela ne veut pas dire ne pas res­pec­ter la veuve et l’orphelin, bien au contraire. Cela veut dire res­pec­ter tout le monde … à chaque maillon de la chaîne et avoir envie que l’autre réussisse.

  • Struc­ture de la dépense publique…

    Qui est capable de don­ner une répar­ti­tion à peu près exacte de la dépense publique? Oli­vier Ezratty en donne une vision claire sur son blog, que je me per­mets de repro­duire ici:Où l’on constate que le cout de la pro­tec­tion sociale repré­sente deu…

  • [8] - Olivier Ezratty a écrit le 26 février 2007 :

    JM, oui, il y a des abus dans tous les sys­tèmes, mais la majo­rité des RMIstes ou autres “alloués” sont-ils contents de leur situa­tion? Jus­te­ment, nous avons un réfé­ren­tiel qui n’est pas le leur. Des gens sans for­ma­tion, sans réseau, sans grandes attaches fami­liales n’ont pas le même réfé­ren­tiel de valeur que ceux qui vivent bien d’un tra­vail intéressant.

    Le débat poli­tique actuel a effec­ti­ve­ment de néfaste qu’il oppose le suc­cès des uns aux échecs des autres. Alors que le suc­cès des uns est à encou­ra­ger pour entrai­ner dans son sillon les autres.

    Ceci étant, que prône tu pré­ci­sé­ment? Un impôts moins pro­gres­sif qui fait contri­buer même les plus pauvres? Quitte à bais­ser la TVA donc? Car 19% du salaire des per­sonnes qui ne payent pas d’impôts repartent tout de même en TVA (certes, dite indo­lore). Même s’ils la retrouvent par­fois sous forme d’allocations diverses.

    En fait, la méca­nique de redis­tri­bu­tion génère un énorme “ove­rhead” pour prendre ici et redon­ner là, par­fois aux mêmes, par­ti­cu­liers comme entre­prises. Elle pour­rait être beau­coup plus simple. Avec moins de taxes diverses d’un côté, et moins d’allocations cham­pi­gnons de l’autre. On gagne­rait le coût de ges­tion asso­cié qui repré­sente plu­sieurs % des mon­tants en ques­tion (sur­tout côté allo­ca­tions car côté recettes, le coût de la col­lecte est d’environ 1% en moyenne). Exemple: cette stu­pide “taxe sur les salaires” (qui rap­porte 500 mil­lions d’Euros) et évidem­ment la taxe professionnelle.

  • […] Trop d’Etat, oui mais où ça? (1) Trop d’Etat, oui mais où ça? (2) Trop d’Etat, oui mais où ça? (3) Trop d’Etat, oui mais où ça? (4) Trop d’Etat, oui mais où ça? (5) Trop d’Etat, oui mais où ça? (6) […]




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